RECOUVREMENT (re-kou-vre-man) , f. m
Il 1° Action de recouvrer ce qui pouvait être perdu. Recouvrement de titres, de pièces. Le recouvrement de la santé, des forces. Ils appellent le peuple au recouvrement de la liberté, d'ablarc. Arr. i , 4. Il 2° Perception, recette de deniers dus. Je ne suis point assurément de l'avis des sots et des ignorants qui pensent que les chevalieu romains, chargés du recouvrement des impôts publics, n'étaient pas des citoyens nécessaires et estimables, volt. Lett. à M. d'Agencourt, n iléc. t770. Le mari s'est chargé du recouvrement des rentes; la femme en dirige l'emploi ; et c'est dans l'harmonie qui règne entre eux qu'est la source de leur richesse, J. J. ROUSS. Ilél. V, 2. Il 3° Au plur.' Créances d'une étude ou d'une maison de commerce, d'un percepteur sur les imposés. Ce notaire a vendu «on étude et ses recouvrements.
- HIST. XI' 8. Ambure [tous deux) [il] ocit sans nul recœvrement, Ch. de Roi. cxxiii. |l xii* ». El Gautier, sire, por Dieu omnipotent. Nos cinq espées te sont ci en présent; Nos n'i arons mais nul recovrement, Raoul de C. 2(o. yxvi' s. La conservation et recovrement de la santé, paré, xxiv, 53.
- ÉTYM. Recouvrer; provenç. recobranteu ; ano. espagn. recobramiento ; portug. recobramento ; ital. ricuperamento.
RECOUVRER (re-kou-vré), v. a. || 1° Rentrer en possession de ce qu'on a perdu. Viens, suis- moi j va combattre, et montrer à ton roi Que ce qu'il peri' au comte il le recouvre en toi, cohn. Cid, ui, 6. Ainsi mon père Eson recouvra sa jeunesse, id. Uédée, I, I . (Maurice] Tu recouvres deux fils pour mourir après toi, Et je n'en puis trouver pour régner après moi, id. Héracl, iv, 4. Depuis qu'il [Tobie] eut recouvré la vue, il vécut quarante-deux ans, SACi, Bible, Tobie, xiv, t. Tu peux recouvrer mon estime, bac. Alex, iv, 3. Par le crédit de Mécène et de Pollion, tous deux protecteurs des gens de lettres, il [VirgilèJ recouvra son champ, et fut remis en possession de son patrimoine, rollin, Hist. anc. liv. XXV, ch. I, II, 2. L'attachement et les soins gagnent les cœurs; mais ils ne les recouvrent guère, J. J. Booss. Ém. V. La difficulté qu'ont les aveugles à recouvrer les choses égarées, les rend amis de l'ordre, dider. Letl. sur les aveug. Un insolent ministre [Alberoni] fit manquer à l'Espagne l'occasion de recouvrer Gibraltar, duglos, (Euv. t. v, p. 36). Il [un soldat français que les Anglais au Canada trouvèrent glacé de froid) recouvre assez de voix pour dire qu'une armée de dix mille. Français est aux portes de la place [Québec), et il meurt, raynal, Uist. phil. XVI, 22. Je recouvrais à la fois la raison et le courage, genlis, Yœux téméraires, t. Il, p. 210, dans pouoENS. || Absolument. Un Etat n'est proprement riche que par les denrées qui se consomment pour se reproduire, et qui se reproduisent pour se consommer; voilà l'image de notre bonheur ; manquer et recouvrer, manquer et recouvrer encore, et ainsi tant que nous vivrons, condil. Hist. anc. m, 24. ||2° Il se dit quelquefois de ce ^Jji vient entra les mainï. N'importe que cet
REC
auteur [ Viguier ] se soit trompe aans la date et dans quelques autres circonstances de l'histoire, il n'avait pas vu 'les actes qu'on a recouvrés depuis ; lioss. Var.xifiS. Enfin Aristote n'était pas connu à Rome, parce que ses ouvrages n'avaient pas encore été recouvrés, CONDILL. Hist. anc. Xl, 5. || 3° Toucher une somme due, faire la levée des impôts. Recouvrer les contributions. || 4° Terme de marine. Re- «ouvrerune manœuvre, la tirer dans le vaisseau.
— REM. Il faut se garder de confondre recouvrer etrecouvrir, c'est-à-dire d'employerrecoutirir au lieu de recouvrer. Cette faute est dans Malherbe : N'y en a-t-il pas eu qui, pour être tombés en cœur de l'hiver dans une rivière, ont recouvert leur santé, que toutes les drogues des apothicaires ne leur avaient su rendre? malh. le Traité des bienf. de Sénèque, vi, 8. Cette faute était fréquente du temps de Vaugelas et au xvi* siècle.
— HIST XI' s. De ses mellurs que il put reouvrer, Ch. de Roi. xxvi. || xii* s. U fiz Geofroi d'Anjou recovra sa vertu, Ronc. p. (96. E s'a sun enemi (de Dieu] vus turnez e pernez, Jà n'aureix mais s'amur tant cum vivre porrez, Ne sa grâce à nul jùr jà ne recoverrez, Th. le mart. (33. Mors est li quens [le comte], n'a nul recovrior, H. de Cambrai, 6. Lez lui fist un penon porter, Où lor gent puissent recouvrer jse réunir], Roman de Rou, ms. p. 206, dans lacuRNE. Il xm' s. Mais demorez [dans la terre sainte], si ferez grant vigor. Tant que France ait jà recovré s'onor [son honneur], ouesnes, Romane, p. (0(. Par Grèce ert [sera] recovrée la sainte terre d'outremer, se jamais est recovrée villeh. uij Li bois recovrent leur verdure. Qui sunt sec tant cum yver dure, la Rose, 63. Se tu pues [peux] encore tant vivre Que d'amors le voies délivre, Le tens qu'auras perdu plorras, Mes recovrer ne le porras, ib. 4640. Et puis qu'il avoit l'une de ces voies prises, il ne les pooit pas lessier por recouvrer à une des autres voies, beaum. lx, 3. Encor y puet on bien greigneur [plus grand] amor trover; Car il [Jésus] se volt faire homme pour homme recovrer, ]. DE MEUNG, Test. 4 28. Guys feri [frappa] Erart un trop merveilleus coup, et eust tantosi recouvré l'autre [frappé un second coup], se il no l'eust recongneu à la vois, du cange, recuperare. || xv s. Il envoya ses lettres et ses messages partout où il cuidoit recouvrer de bons compagnons, proiss. i, i, 29. Le roi et son conseil ne purent sitost recouvrer de tant d'argent que les chevaux montoient.... in. i, 1, 44. On ne trouve rien sur le pays [d'Ecosse] : à grand peine y recuevre l'on du fer pour ferrer les chevaux, id. ii, ii, 228. || xvi' s. Gentille Agnès plus d'honneur tu mérites, La cause estant de France recouvrer, Que ce que peut dedans un cloistre ouvrer Close nonnain ou bien dévot hermite, FRANÇOIS I", Vers sur un portrait d'Agnès Sorel. De venaison, l'on ne peut tant soubdain recouvrir, fors unze sangliers.... rab. Garg. i, 37. La paroUe recouverte, elle parla tant et tant que son mary retourna au medicin pour remède de la faire taire, ID. Pant. m, 34. Hz faisoient couvrir leurs chiennes, et leurs juments par les plus beaux chiens et les meilleurs estalons qu'ils pouvoienl recouvrer, amyot, Lyc. 3U. Si d'adventure il perdoit, il taschoit à se recouvrer et à remplir ses pertes par autres nouvelles entreprises, id. Pyrrh. 69. Soigneux, à fort grande despense, de recouvrer des hommes suffisants en tout genre de sciences, qu'il tenoit continuellement autour de luy, homt. i, (44.
— BTYM. Provenç. et espagn. recobrar; ital. recxvperare; du lat. reewperare, qui, d'après Corssen, Aussfrr. 2» édit. p. 334, vient de cuprus, mot latin indiqué par Varron comme signifiant bon : recuperare serait rendre de nouveau bon, valable, restituer ; d'où le nom des juges recuperatores, qui font recouvrer une chose contestée.
RECOUVRIR (re-kou-vrir), v. a. Il se conjugue comme couvrir. |{ 1° Couvrir de nouveau. Recouvrir le terre les semences. Recouvrir un toit. |{ 2° Il se dit quelquefois simplement pour couvrir. Ces béliers détournent la neige qui recouvre l'herbe.et les bœufs les font retirer pour en manger, buff. Quadrup. t. vni, p. 94. Il 8" Fig. Cacher sous des apparences. Recouvrir de beaux prétextes une mauvaise action. ||4° Se recouvrir, e. réfl. Se dit des plaies faites aux arbres lorsqu'elles se cicatrisent. || Le temps se recouvre, il se couvre, il s'obscurcit de nouveau.
— REM. L'usage, au xvii* siècle, avait tellement conluiiilu recouvert et recouvré que Ménage admettait qu'on pouvait se servir indifféremment de l'un ou de l'autre avec le sens de recouvré; et Bonheurs dit : « Recouvrir ne se met jamais pour recouvri'r, quoique rfcourert se mette souveul pour recouvré. •
Heureusement le bon usage a fini par remédier à un pareil abus, et aujourd'hui il n'est plus permis de confondre recouvert et recouvré.
:— HIST. xm' s. U la recuevrent chaut et de gris et d'ermin, Berte, lv. [| xvi' s. Quand l'un d'entre eulx [éléphants] se treuve prins dans certaines fosses qu'on leur prépare, et les recouvre l'on de menues brossailles pour les tromper.... mont, ii, (76.
— ËTYM. fle..., et couvrir; wallon, rikovri, rakovri; prov. recobrtr ; anc. cat. ricobrir; ital. ricoprire.
RECRACHÉ, ÉE (re-kra-ché, chée), part, passé. RECRACHER (re-kra-ché), ti. a. Cracher de nouveau. Il crachait et recrachait. Il recrache dii sang. Il Rejeter ce qu'on avait dans la bouche. Recrache ce morceau.
— HIST. XVI* s Après que tout le monde eut sonorement et theologalement toussy, craché et recraché, pour l'ouyr plus attentivement.... Sat. Uén. p. 65.
— RTYM. Re..., el cracher.
t RECRAN (re-kran), s. m. Ancien terme de marine, synonyme de crique.
— ETYM. Probablement re..., et cran, entaille. RÉCRÉANCE (ré-kré-an-s") , s. /■. || 1° Terme de
droit canon. Jouissance provisionnelle des revenus d'un bénéfice en litige. || 8" Lettres de récréance, lettres remises à un ambassadeur pour les présenter au souverain d'auprès duquel on le rappelle; et aussi lettres qu'un prince donne à l'ambassadeur ou ministre rappelé d'auprès de lui pour les remettre au prince qui le rappelle. Le nonce Delini ne put avoir ni audience de congé, ni même audience secrète, ni lettres de récréance, st-sih. 74, 2h.
— HIST. XIII' s. Recreance, si est r'avoir ce qui fu pris por donner seurté de remettre le en le [la] main du preneur, beaum. lui, 2. Li bateres doit estre pris et tenus sans recreance fere, dusqu'à tant c'en voie que par le [la] dite bature il n'i ait point de péril de mort, id. xxx, )7. ||xvi' s. En simple saisine ne se fait aucun rétablissement, ains un simple ajournement; et n'y a lieu de recreance ni séquestre, LOYSEL, 763.
- ÊTYM. Bas-lat. recredentia; du bas-lat. recredere, ancien franc, recroire, qui signifie croire, confier, remettre de nouveau; de re..., et croire.
RÉCRÉATIF, IVE (ré-kré-a-tif, tl-v'), adj. Qui récrée, divertit. Lecture récréative. Homme récréatif. Casser les vitres, les miroirs ; rompre, briser les meubles; mettre le feu à la maison; il y a cent petites choses récréatives comme cela, baron, Coquette el fausse prude, v, 2.
— HIST. xvT s. Les dames mesme ne se purent garder de rire, auxquelles il s'attacha d'autres propos récréatifs, maho. JVouv. xi. Quoyqu'il fust gay et récréatif en compagnie.... amyot. Démet. 3. Les peintres broyent des couleurs plaisantes et récréatives, ID. Com. discern.'le flatt. (9.
— ÊTYM. Récréer.
RÉCRÉATION '(ré-kré-a-sion ; en vers, de cinq syllabes), s. f. || l" Ce qui, interrompant le travail, en délasse. Il faut donner à l'esprit des moments de récréation. Il y a des récréations et des divertissements dans la vie de plus d'une espèce, bourdal. 3' dim. après Pdq. Dominic. t. ii, p. ((». |{ Par extension. Je pris goût A cette récréation des yeux [l'étude des plantes] qui dans l'infortune repose, amuse, distrait l'esprit et suspend le sentiment des peines, i. J. Honss. 7« promen. || i° L'heure de récréation, de la récréation, ou, simplement, la récréation, temps accordé aux élèves d'un pensionnat, aux pensionnaires d'une communauté, et, en général, à un enfant, pour jouer, se reposer. X vos heures de récréation vous lui enseignerez les petites choses que son âge la rend susceptible d'apprendre, genlis, Ad. et Théod. t. m, p. 7, dans pougens. ||Cet écolier, ce religieux est à la récréation, en récréation, il est avec les autres pendant le temps de la récréation. || On dit de même : les élèves sont en récréation. || 3° Au plur. Nom donné à quelques ouvrages où l'on tire des sciences certaines opérations récréatives. Les récréations mathématiques. Un livre de récréations arithmétiques adressé à M. de Toumon, où il [Méziriac] enseigne toutes les subtilités qu'on peut faire dans les jeux par les nombres, pellisson, Hist. Acad. iv, Uéiiriac.
— SYN. RÉCRÉATION, DIVERTISSEMENT. Le divertissement fait diversion; arrache à des préoccupations ; il est vif, animé, bruyant; on le prend par plaisir, non par besoin. Les récréations sont des intervalles pour des gens, fatigués qui ont besoin de se refaire, et qui doivent bienlât se remettre à l'oeuvre.
— HIST. XIII' s. Eûmes pain et iauwe à nonne, Sans autre récréation, Baudouin de condr, t. i, p. 229. Ilxiv s. Repos et récréation, oresme. Thèse de meunier. [St Louis envoie demander à ceux de Cagliari] que les malades de son ost peussent prendre récréation au chastel, Chron. de St-Denis, t. ii, f° 90, dans lacurne. ||iv' s. [La veille de la bataille de Crécy Philippe de Valois pria au souper tous les hauts princes qui adonc estoient dedans Abbeville....] et fut ce soir on grant récréation et en grant parlement d'armes.... fboiss. i, i, 283. Ha ! vierge, coin beneùrée Récréation [reconfort] ay eii Do ce que ci vous ay veû ! Mystère de linrl. et Josaph. dans gui de cambbai, p. iia. Il xvi' s. Il fut question de faire des jeux de récréation [petits jeux], par l'avis mesme de la jeune vefve, desper. Contes, i.xvi. Et cependant luy s'en alla visiter la Grèce, en se donnant une récréation honorable,
AMYOT, P. /Em. 46.
— ÉTVM. l'rov. recreatio; espagn. recreacion; ital. recreazione ; du \a.t. recreationem, derecreare, recréer.
t RÉCRÉATIVEMENT (ré-kré-a-ti-ve-man), ode. D'une manière récréative.
— HIST. xvr s. Recreativement, cotgrave.
t RÉCRÉDENTIAIRE (ré-kré-dan-si-ê-r"), s. m. Celui qui obtient la récréance d'un bénéfice.
— ÉTYM. Bas-latin, recredentia (voyez recreance).
RECRÉÉ, ÊE (re-kré-é, ée), pari, passé de recréer. Créé de nouveau. One charge supprimée, puis recréée.
RÉCRÉÉ, EE (ré-kré-é,ée), part, possède récréer. Récréé par une agréable musique.
RECRÉER (re-kré-é), v.a. Il se conjugue comme créer. Créer de nouveau ; donner une nouvelle existence. La création et le déluge étant passés, et Dieu ne devant plus détruire le monde non plus que le recréer, pasc. Pens. xv, (,édit. havet. Avec une souveraineté de peu d'étendue, les Médicis enrichirent Florence de grands monuments, et recréèrent tous les arts du dessin, mongez, Instit. Ilém. lilt. et beaux-arts, t. i, p. 6(6.
— REM. Il ne faut pas confondre recréer avec récréer, bien que ce soient des doublets étymologiques du latin recreare.
— ÊTYM. Lat. recreare, de rc, et creare, créer. RÉCRÉER (ré-kré-é) , v. a. 11 se conjugue
comme créer. {| 1" Ranimer comme par une seconde existence. Le vin récrée les esprits. Le soleil dissipe la nue, Récrée et puis pénètre enfin le cavalier, LA font. Fabl. VI, 3. Je suspendais mon application, et je récréais mes yeux avec de la musique, j.j. rouss. Confess. v. || Le vert récrée la vue, i! fait plaisir à la vue. Il 2° Par extension , délasser du travail par quelque amusement. Il faut des jeux qui récréent, et qui ne fatiguent pas l'esprit. Les chagrins ne sauraient faire impression sur toi ; chaque instant te montre des choses nouvelles ; tout ce que tu vois te récrée et te fait passer le temps sans le sentir, MONTESQ. Lett. pers. ». || 3° Se récréer, v. réjl. Prendre de la recréation, se distraire. Il faut que l'esprit se récrée de temps en temps.
— HIST. xiv s. Et teles delettacions ontceulxqui querent eulz réfère ou recréer pour ester deiïaute et indigence, obesme, FAh. 224. || xvi" s. Pantagruel, quelque jour, pour se recréer de son estude, se pourmenoyt vers les faulxbourgs Saint-Marceau, rab.
.Pant. II, (5. Cest appétit de variété ne se peult mieulx recréer [satisfaire] que en l'histoire, amyot, Préf. XIII, 42. Quand il se vouloit un peu recréer et reposer, il passoit son temps à composer des livres, id. Caton, 6(.
— ËTYM. Provenç. et espagn. recrear; ital. ricreare; du lat. recreare (qui, entre autres, a aussi le sens de réjouir), de re, et creare, créer.
RÉCRÉMENT (ré-kré-man), s. m. \\ 1° Se dit des impuretés mêlées à diverses substances. Il y a près de Saint-Étienne en Forez une mine de charbon qui brûle depuis plus de cinq cents ans, auprès de laquelle on avait établi une manufacture pour tirer de l'alun des récréments de cette mine brûlée, buff. Jftn. t. n, p. 319. jl a- En physiologie, humeur qui, après avoir été séparée du sang par un organe sécréteur, est reportée dans le sang par la voie de l'absorption.
— ÉTYM. Lat. recrementum, ordure, excrément, de re, et cernere, séparer (voy. excrément).
RÉCRÉMENTEHX, EUSE (ré-kré-man-teû, teû-z'), adj. Synonyme de récrémentitiel.
RÉCRËMENTITEEL, ELLE (ré-kré-man-ti-si-èl, è-l'), adj. Terme de physiologie. De récrément. Humeurs récrémentitielles.
REC
REC
REC
f BECRËPER (re-krê-pé), V. a. CrSper de nou- TOau, Cheveux recrêpés.
— HIST. xiii* s. Sus ce flueve, que ge ne mente, Zephirus nule fois ne vente, Ne ne li recrespit [soulève] ses undes, Qui moult sunt laides et porfondes, la Rose, 6059. || xvi* s. Kay luy premier [d'abord] les cheveux ondelez, Serrez, retors, recrespe^, annelez, rons. h».
— ETYM. fie..., et crêper.
RECRËPI, lE (re-ltré-pi, pie), part, passé de recrépir. Mur recrépi. || Fig. et familièrement. Sa fadeur naturelle [de Dangeau], entée sur la bassesse du courtisan et recrépiedel'orKUeil du seigneur postiche, fil un composé que combla la grande maîtrise de l'ordre de Saint- Lazare, sr-siM. 39, (98. Toujours refaite, étagée et recrépie de siècle en siècle par des métaphysiciens irlandais ou espagnols, elle [la scolastique] se soutint h peu près jusqu'à la découverte du nouveau monde, baynal , Hist. phil. «x, 13.
t RECRfiPIMENT (re-kré-pi-man), s. m. Synonyme de recrépissage. Les réparations à faire aux âtres, contre-cœurs, chambranles et tablettes de cheminées, au recrcpiment du bas des murailles des appaitemenls et autres lieux d'habitation, à la hauteur d'un mètre. Code Map. art. 1753.
RECRËPIR (re-kré-pir), v. a. || l» Crépir de nouveau. Becrépir une muraille. |i Fig. [Vous dites à chaque génération] : Recrépis le vieux mur écroulé sur ta race, LAMAHT. Hartn. iv, <3. 112° Par extension. Recrépir un visage, en cacher les rides à l'aide du fard. Une, pommade du Pérou qui rend le teint uni comme un miroir, et recrépit les trous de la petite vérole, dancourt, l'Opér. Barry, prol. se. 4. |{ 8° Fig. Donner à un ouvrage de littérature un remaniement qui en masque quelques défauts comme fait le recrépissage d'un mur. Ce qu'il y a de-plaisant, c'est qu'en reorépissant ce vieux genre subalterne [Arlequin et Scaramouche], l'auteur prétend avoir ressuscité le bon comique de Molière, laharpe, Correspond, t. m, p. <89. Lemierre.... a voulu recrépir un Térée qui était tombé, m. ib. t. v, p. 35(. Il Recrépir une vieille histoire, un conte, les rajeunir, leur donner une forme nouvelle. || 4° Fig. Recrépir quelqu'un, lui donner quelque fortune, quelque lustre. Saint- Hérem avait été grand louvetier, et avait vendu à Heudicourt pour le recrépir, st-sim. 97, 25. Il 5° Fig. Masquer, cacher. La dissimulation farde les amitiés nouvelles, et recrépit les vieilles haines, ddfrény, Double veuvage, m, a.
— ETYM. Re..., et crépir.
t KECRÉPISSAGE (re-kré-pi-sa-j'), s. m. Action de recrépir.
t RECREUSER (re-kreû-zé), v. a. Creuser de nouveau. Il Creuser plus avant.
— HIST. XVI' s. Recreuser, cotgkave.
t RECRIER (re-kri-é), V. n. Il se conjugue comme crier. Crier une seconde fois.
— ÈTYM. Re...., et crier.
RÉCRIER (SE) (ré-kri-é), v. réfl. Il se conjugue comme crier. || 1" Faire une exclamation sur quelque chose qui surprend, qui frappe, qui plaît. Le galant se récrie Comme la dame était jeune et jolie, la FONT. Confid. J'enrage de voir de ces gens.... qui, ians une comédie, se récrieront aux méchants endroits, et ne branleront pas à ceux qui sont bons, MOL. Critique, e. On ne vous demande pas.... de vous récrier : c'est un chef-d'œuvre de l'esprit, la BRUY. I. À peine ouvrail-il la bouche, que tout le monde se récriait pour admirer ce qu'il allaitllire, FÉN. Tél. xiv. Tous les vieillards qui avaient connu Pisistrate se récriaient sur la ressemblance [de Périclèsaveclui], p. l. cour. ic». ii, 328. || Absolument. Aimez qu'on vous conseille et non pas qu'on vous loue; Un flatteur au.isitôt cherche à se récrier; Chaque vers qu'il entend le fait extasier, boil. Art p. 1. Pour sa figure, il n'y avait pas de quoi se récrier, hamilt. Gramm. a. \\ Avec ellipse du pronom personnel. Ce palais, ces meubles, ces jardins, ces belles eaux vous enchantent, et vous font récrier d'une première vue sur une maison si délicieuse, LA BRUï. VI. Il 2° Réclamer, protester contre quflque chose. ...Il a tort en effet. Et vous vous êtes là ju.stement récriée, mol. F. sav. v, 4. Ceux qui se récriaient contre un scandale si public, hamilt. Gramm. n.||3° Terme de chasse. Redoubler de VOIX, en parlant des chiens relançant l'animal qui les avait mis en faute. Les chiens se récrient.
— ÉTYM. Re...., et écrier.
t RÉCRIMINATEUR, TRICE (ré-kri-mi-na-teur, tri-s'), adj. Qui récrimine. Quelques-uns d'entre eux [enfermés dans les maisons de santé], caractères réodfflinateurs et acrimonieux, pour lesquels la
plainte est un besoin de nature, suin, Rapport au Sénat, Monit. univ. 3 juill. <8«7, p. 857, 3< col.
RÊCRIMIIVATION (ré-kri-mi-na-sion ; en vers, de six syllabes), s. f. Reproche qu'on oppose à un autre reproche. Il était malaisé de lui répondre [."i Luther, contre Zwingle]; aussi ne lui répondit-on & Zurich que par une mauvaise récrimination, Boss. Var. 2. Il me suffit de remarquer qu'une récrimination n'est pas une apologie, duclos, Œuv. t. m, p. ♦. Il Terme de rhétorique. Figure par laquelle on rétorque une accusation.
— ETYM. Récriminer.
RÉCRIMINATOIRE (ré-kri-mi-na-toi-r') , adj. Qui
contient une récrimination. Plainte récriminatoire. RÉCRIMINER (ré-kri-mi-né), 1). n. Répondre à des accusations pard'autres accusations. Récriminer contre quelqu'un. Récriminer n'est pas se justifier; mais celui qui, pour toute défense, ne sait que récriminer à faux, a bien l'air d'être seul coupable, j. 1. Rot'ss. Lett. à l'arch. de Par. \\ Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— HIST. XVI' S. Il semblerait que je vous voulsisse souspeconner.... et récriminer de ne croire pas....
— ÉTYM. Lat. re, et criminari, accuser, de crimen (voy. crime).
RÉCRIRE (ré-kri-r'), v. a. Il se conjugue comme écrire. |{ l'Écrire de nouveau ce qui est déjà écrit. Pour moi, s'il fallait, quand je vous ai écrit, récrire une aussi grande lettre, je vous l'ai déjà dit, je m'enfuirais, sÉv. B37. || 2° Rédiger de nouveau. Ce morceau n'est pas bien écrit ; il faudra le récrire. La pièce est certainement réparée à neuf, et récrite d'un bouta l'autre, grimm. Correspond, t. i, p. (33, dans POUGENs. || 3° V. n. Écrire une nouvelle lettre. Vous lui avez écrit; il faut récrire. Le duc, n'étant pas satisfait, récrivit fortement à ce sujet, duclos, Œuv. t. II, p. 4((. Il Faire réponse par lettre. 11 m'a écrit, il faut que je lui récrive. Je les ai écrites [les lettres à Racine], la plupart avec la même rapidité que je vous écris celle-ci, et sans savoir souvent où j'allais ; M. Racine me récrivait de même, et il faudrait au.5si ravoir les siennes, boil. IMt. àBrosselte, XXVI. Il Fig. Il ne sait à qui en récrire, se dit d'un homme embarrassé dans ses affaires.
— HIST. XIII' s. Li reis lor rescrit que s'il eussent bien entendu la meniere de la prière, qu'il ne se fussent jà mervillié.... Livre dejostice, ç. (7. {| xv s be ces nouvelles fut le roi anglois joyeux, et rescripvit au dit marquis que.... froiss. i, i, 76. Si luy en rescripvit le roy par plusieurs fois, comm. v, (7.
— ETYM. Lat. rescribere, de re, et scribere, écrire. RÉCRIT, ITE (ré-kri, kri-t') , part, passé de récrire. Une page récrite.
jRECROBILLER (SE) (l:e-kro-bi-llé, Il mouillées), V. réfl. Se retirer, se contracter, en parlant du parchemin, du papier, etc. Les feuilles se recrobillenl, par la chaleur. || Fig. Regimber, résister. Le maréchal de Noailles, le plus valet de tous les hommes, ne laissa pas de se recrobiiler, st-sim. (96, ((9.
— HIST. XIII' s. Recorbillées et croçues Avoit les mains icele ymage, la Rose, 1 86.
— ÉTYM. Recrobiller ou recorbiller a probstblement pour radical cnurbe, avec re.
t RECROISER (re-kroi-zé), v. a. || 1° Croiser de nouveau. {| Fig. Recroiser ses pattes, cesser d'agir. Je pleure que les patlus de Monsieur de Carcassonne soient recroisées : eh ! mon cher beau seigneur, encore un petit effort, ne les recroisez pas sitôt, achevez votre ouvrage [il s'agit d'une aile qu'il avait promis de bâtir au château de Grignan], sév. 17 juill. (689. ]] 2° Fig. Faire un nouveau croisement entre des espèces, des races. Les métis actuels [dans l'Amérique du Sud], incessamment recroisés avec la souche supérieure, s'éloignent de plus en plus de leurs caractères mixtes originels, pf,rier, Mém. de la soc. d'anthrop. t. n, p. 344. || 3° Se recroiser, V. ré/l. Se couper de nouveau par intersection. Ils [les rayons] se croisent, puis se recroisent de rechef, DESc. Dioptr. vm.
t RECROISETÉ, ÉE (re-kroi-ze-té, tée), adj. Terme de bla.son. Se dit d'une croix dont chaque branche est terminée par une autre petite croix.
— HIST. xV s. Le premier jour vint le conte Hostindon en très bel estât, qui aussi fist mettre sa baimiere semée de croisettes d'or recroisetées aux longs pieds, J. de Saintré, 54.
— ÉTYM. Re... , elcroisette.
RECROÎTRE (re-kroî-tr'), v. n. Il se conjugue comme croître. Croître, pousser de nouveau. L'herbe coupée recroît plus drue. |{ Devenir plus grand de nouveau. Cassini remarqua que la durée des éclipses d'un même satellite [de Jupiter] était variable ; elle
décroissait pendant trois années, et mettait trois autres années à redevenir la plus longue, puis décroissait et recroissait dans l'autre demi-révolution de Jupiter, bailly, Hist. asir. mod. t. ii, p. 332. Il II se conjugue avec l'auxiliaire oiotr quand on veut. exprimer l'acte: L'herbe a recru; avec être quand on veut marquer l'état : L'herbe est recrue.
— HIST. xiii' s. Le diluve qui noia Fors Noé, qui eschapa. Dont par lui s'aiesona. Recrut et recomença Li mondes des lors en cha , Hist. litt. de la France, t. xxui, p. 569. L'endemain se recrurent d'une route [troupe] de serjans à cheval, villeh. cxn. Il xv s. Tout se destruit, comment puet il recroistre ? Vray pape n'est n'empereur en l'église, E. DESCH. Poésies mss. f° 326. || xvi' s. Et souventesfois on n'avance rien à couper l'ongle [daiisl'onyxis]; car, recroissant, il fait le semblable mal, paré, xv, 3( ,
— ÊTYM. Re..., et croître.
RECROQUEVILLÉ, ÊE (re-kro-ke-vi-llé, liée) , part.
pas$é de recroqueviller. Pafier tout recroquevillé. RFXROQUEVII.LER (re-kro-kivvi-llé. Il mouillées, et non re-kro-ke-vi-yé), v. réfl. Il se dit du parchemin ou du cuir ou substances analogues qui se retirent quand on lesappruclie du feu, ou des feuilles qui sa dessèchent par l'effet du soleil. Le caoutchouc, exposé à un feu violent, se ramollit, se fond, se boursoufle, exhale une odeur fétide, se recroqueville comme quelques matières animales, four- CROY, Conn. chim. t. vm, p. 40.
— HIST. XVI' s. Recroquebillc, cotgrave.
— ÉTYM. Mot défiguré de recoquiller, dit Scheler en y faisant entrer l'idée de croc, chose recourbée, repliée. On trouve aussi recroquiller.
t RÉCROUIR (ré-krouir),«. a. Se dit des métaux qu'on a fait recuire. Les parties [de l'acier] qui ont été les plus récrouies et qui sont par conséquent devenues les plus dures, buff. Min. t. iv, p. (96.
— ÉTYM. Re..., et écrouir.
I. RECRU, UE (re-kru, krue), adj. Excédé de fatigue. Il n'est plus courtisan de la cour si recru. Pour faire l'entendu, qu'il n'ait.... bégnieb. Sut. X. Des troupes recrues et harassées, pebrot. Tac. 296. II y aura de la différence entre les esprits d'un animal qui aura sa vigueur entière et ceux d'un animal déjà épuisé et recru, boss. Connaiss. v, (3. Le voilà chasseur s'il tirait bien : il revient de nuit mouillé et recru sans avoir tué, la bruy. vu. Elle sç plaint qu'elle est lasse et recrue de fatigue, id. xi.
— IIIST. XII' s. Et s'il vous fait requerre chevage ne trett [tribut]. Ne soiomes pour ce maté ne recréa, Sax. xxviii. Il XIII' s. Quant il furent el tertre amont, Li chien sont las, recreû sont, Ren. (258. ||xv's. Mieux vaut que nous nous défendions de bonne volonté, que, en fuyant comme lasches et recreus, nous soyons pris et déconfits, proiss. i, i, 827. Il xvr s. La fortune.... comme si elle en eust esté recreue [de faveurs faites], PASQmEH, lett. vu, 10. On voyoit les autres incontinent recreuz et rompuz du travail, ou bien amoUiz et énervez de délices, et luy au contraire invincible de l'un et de l'autre, AMYOT, Caton, (O. Les reithres par ces deux furieuses charges avoient fort harassé et quasi recru leurs chevaulx, carl. vm, 36. Jamais François ne furent veus recreus de bien faire, cotgrave.
— ÉTYM. Recreu, pan. de l'anç. verbe recroire, bas-latin recredere se, (de re, et credcre, croire, confier), se remettre, se rendre, et par conséquent être rendu, las de corps, faible de courage ; comparez ànayopeÛM , proprement dire non, et, parsuite, être rebuté, harassé. Piovenç. recrezut, ital. recreduto. L'ancienne langue avait aussi le part, présent recréant, qui s'est conservé dans le picard : ercrant, las. Ce terme énergique avait aussi son substantif, recreontjse.
t 2. RECRC (re-kru), s. m. Terme d'eaux et forêts. Ce qui a poussé de nouveau dans une forêt après la coupe sombre Défendre un taillis contre la dent dévastatrice des bestiaux, qui dévorent le bourgeon et anéantissent le recru, forfait, Instit. Mém. tcienc. t. v, p. 3(7. Pour ne pas briser le recru, qui, dans les bois d'arbres résineux, est extrêmement abondant, id. ib. p. 3 12.
— ÉTYM. Be..., et cr« I. , REChO, UE (re-krû," krue), part, passé de recroître. Les arbres recrus.
t RECRUCIFIER (re-kru-si-fi-é), v. a Crucifier de nouveau. Le maire de Veretz a battu le curé, et, en le battant lui a dit.... que sa messe ne valait rien, que, chaque fois qu'il la disait, il commettait un sacrilège et recrucifiait Jésus-Christ, p. l. cour. Gax. du viU. n' 4.
— ETYM. Re..., et erucifier; lat. recruci/igere.
t RECRUDESCENCE (re-kru-dè-ssan-s") , 1. f.
REC
Terme de médecine. Retour des symptômes d'une maladie, avec une nouvelle intensité, après une rémission momentanée. || Par extension, recrudescence! du froi<l. Il Fig. La recruiln.scence des troubles civils.
— ÉTYM. Lat. recrudescere, devenir plus violent, de re, elcrudescere, s'irriter, de crudus, dur, cruel, proprement cru (voy. chu 2).
RECRUE (re-krue), s. f. || !• Nouvelle levée de soldats pour remplacer ceux 'qui maiu|uent. La recrue de 502 soldats est arrivée à Calais deux jours après que j'en suis parti, Corresp. de Colhert, Lett. <73. Il y a quinze jours que je devrais avoir amené la recrue au régiment, et nous n'avons pas encore la moitié de nos gens, dancourt, ia Gaiette, se. t. Des troupes do recrue ni disciplinées ni complètes étaient au centre, volt, louis XIY, 20. Claude doit partir pour suivre la recrue, 3. i. Rouss. Hél. I, 40. Il Fig. Les hommes étant destinés pour réparer les ruines que l'orgueil de Satan a faites dans le ciel, c'est une sage dispensation d'envoyer les anges à notre secours, afin qu'ils travaillent euxmêmes aux recrues de leurs légions, en ramassant cette nouvelle milice qui doit rendre leurs troupes complètes, boss. Sermons, Anges gardiens, 4. Il 2° 11 se dit des soldats de nouvelle levée, nouveaux soldats. Armée de recrues. Un vieux soldat parvenu par «on courage ou plutôt par sa patience à l'emploi de sergent dans sa compagnie vint faire des recrues à Madrid, lesage, Diabl. boit. ch. 7. Le bruit continuel de décharge d'armes à feu dans l'intérieur de leur ligne [des Russes], ne nous annonçait-il pas qu'une multitude de recrues s'y exerçaient, à la faveur de l'armistice? ségub, Uist. de Nap. viu, io. || Fig. et familièrement. Vous m'avez flatté aussi que l'empereur était dans la voie de perdition; voilà une bonne recrue pour la philosophie, volt. Lett. au roi de Prusse, 21 nov. )770. || Au sing. La recrue, les soldats de recrue. 11 y faisait ses enrôlements et enivrait la recrue, lesage, Diabl. boit. ch. 7. Il 3" Action de lever des hommes pour des recrues. On a cessé la recrue. || Fig. Cette recrue continuelle du genre humain, je veux dire les entants qui naissent, à mesure qu'ils croissent et qu'ils s'avancent, semblent nous pousser de l'épaule et nous dire : retirez-vous, boss. Sermon sur la mort, 1. Il i" Fig. Gens qui arrivent dans une compagnie sans y être attendus. C'est un de ces enfants dont la folle récrue Dans la société vient tomber tous les ans, Et lasse tout le monde, excepté leurs parents, GUE.sSET, Méch. u, f. Il Faire la recrue de quelqu'un, l'adjoindre, l'introduire. U faut que je vous dise que j'ai fait la recrue d'un jésuite; il est venu à Genève.... volt. Lett. d^Alembert, 8 juill. (757.
— HIST. XVI* s. Deux cho.ses firent résoudre de passer le Rosne, l'une pour r'afraichir l'armée de nouvelles recreues.... d'aob. Ilist.i, 92o. A Artenai ils trouvèrent une recreue de filles de joie, qui pensoient encores aller au siège, ID. ib. 11, (03. Les armes de recrue [rechange] estoient 7uoo harquebuses et leur fournimens, id. ib. ui, 88.
— ÉTYM. Recrue est le féminin, pris substantivement, de recrû.
RECRUTÉ, ÉE (re-kru-tê, tée), part, passé de recruter. Des hommes recrutés à la hâte.
RECRUTEMENT (re-kru-te-man), s. m. \\ i' Action de recruter. Recrutement fait avec une extrême rigueur. Le recrutement de l'armée. La loi du recrutement. || 2° Action de jeter de nouvelles drogues dans la cuve à teindre.
— ÊTYM. Recruter.
RECRUTER (re-kru-té), v. a. || 1° Levar des gens de guerre. La nécessité de recruter continuellement ses troupes, d'entretenir ses garnisons et les corps d'armée... tout cela avait coûté à la Suède, jiendant le cours de la guerre, plus de 2B0000 soldats, VOLT. Charles XII, 6. Ces misérables restes d'un corps de sept mille hommes qui n'avait jamais été recruté, et qui, aidé de quelques miliciens, de quelques sauvages, avait fait de si grandes choses, furent enfin réduits à capituler, raynal, JïtsJ. p/iti. XVI, 22.1,2° Fig. et familièrement. Attirer dans une compagnie, dans une partie. U recrutait avec ardeur des associés. || Absolument. Quoil d'indignes enfants de Mars Briguaient une livrée, Quand ma muse éplorée Recrutait pour leurs étendards, béhanger, Ad. àla gloire. || 3° Mettre de nouvelles drogues dans la teinture. Il 4° Se recruter ,«. rt/I. Recevoir des recrues. Le régiment s'élant recruté. || Fig. Le sénat romain se recrutait parmi les chevaliers. Ce qui prouve que, dès ce temps, Londres, bien loin de suffire à sa population, avait besoin de se recruter tous les ans de plus de la moitié du nombre do ses n.iit.- ««nces, BUFr. Prob. de la vxe, Œuv. t. x, p. m7.
REC
— R8H. Recruter est un néologisme qui s'est fait dans le xvii* siècle, comme le montrent les passages suivants: Vous y pourrez apprendre [dans la Gazette de Hollande] ceitains termes qui ne valent rien, comme celui de recruter, dont vous vous servez; au lieu de quoi il faut dire faire des recrues, rac. Lett. à son fils, i . Vous me permettrez de vous dire que le mot de recruter est depuis longtemps fort en usage dans les pays étrangers, quand on y écrit ou que l'on y parie français ; Lafont, qui a mis les ga- .■îettes de Hollande françaises dans la plus haute réjintation où elles aient été et qui vivait quelques années avant la guerre de (672, se servait souvent de ce mot, BAYLE, Lett. à l'abbé Dubos, :t janv. (697.
— ÉTYM. Recrue. Dans le xvii* siècle, recruter était, comme on a vu, un néologisme condamné, à cause du t qui y est contre l'analogie; aujourd'hui le mot est pleinement accepté, et ce qu'il avait de désagréable s'est effacé par l'usage^
RECRUTEUR (re-kru-teur), j. m. Celui qui fait des recrues. || Adj. Oflicier recruteur. || Fig. et poétiquement. Le messager de mort [celui qui appelle les condamnés à mort], noir recruteur des ombres Remplira de mon nom ces longs corridors
sombres, a. chén. ïambe iv.
— ÉTYM. Recruter.
t RECT.... ou RECTl.... Mot qui en composition signifie droit, et vient du lat. rectus, droit , particiiie passif de regere, diriger (voy. régir).
RKCTA (rè-kta), adv. Exactement, ponctuellement. 11 3 payé recta à l'échéance.
— ÉTYM. L'adv. lat. recta, tout droit, de rectum, droit (voy. rect...).
+ RECTAL, ALE (rè-ktol, kta-l'), adj. Qui appartient au rectum. Veines rectales.
RECTANGLE {rè-ktan-gl'), adj. Terme de géométrie. Qui a les angles droits. Une figure rectangle. Il S. m. Un rectangle, un parallélogramme rectangle. Tracer un rectangle. || Produit de deux lignes quelconques de grandeurs différentes.
— ÉTYM. lAi, reetiangulus (qdicherat, jlddcnda), Aerectus, droit (voy. rect....), et angulus, angle.
RECTANGULAIRE (rèktan-gu-lê-r') , adj. Terme de géométrie. Qui a la forme d'un rectangle, c'està-dire d'un parallélogramme dont les angles sont droits. Solution générale de la question de la propagation uniforme de la chaleur dans une lame rectangulaire, FouMEH, Inst.Uém. scienc. f8i9 et 1820, t. IV, p. 3)9. Il Coordonnées rectangulaires, celles qui sont perpendiculaires entre elles. || Section rectangulaire du cône, nom que les anciens donnaient à la parabole.
— ÉTYM. Rectangle.
t RECTANGULARITÉ (rè-ktan-gu-la-ri-té), s. f. Forme rectangulaire. Le peu de volume des cristaux bien limpides fait qu'on ne peut jamais, en les polissant, conserver rigoureusement leur rectangularité, biot, Inst. Mém. acod. scienc. t. m, p. 377.
t RECTEMBRYÉ, ÉE (rè-ktan-bri-é, ée), adj. Terme de botanique. Qui a un embryon dont la radicule est droite. || S. f. pi. Les rectembryées, nom donné par Candolle à l'une de ses deux grandes divisions de la famille des légumineuses : elle renferme les genres dont la radicule est droite.
— ÉTYM. Bect..., et embryon.
1. RECTEUR (rè-kteur), ». m. || 1° Celui qui dirige, régit. Le pape peut être appelé le recteur de l'Ëghse universelle, parce qu'en vertu de sa primauté, il a une inspection générale sur l'Église universelle, dumars. Lib. égl. gall. part. 11, max. 8.
Il 2° Autrefois, chef d'une université Marchant
à pas comptés. Comme un recteur suivi des quatre facultés, BOlL. Sat. m. Charles llollin, ancien recteur de ''l'université et professeur royal, est le premier homme de l'université qui ait écrit purement en français pour l'instruction de la jeunesse, volt. Temple du Goût. \\ 3" Aujourd'hui, chef d'une des académies qui composent l'université de France. Le recteur de l'académie de Bordeaux. || 4° Il se dit dans quelques provinces, particulièrement en Bretagne, du curé d'une paroisse; dans les lieux où le curé d'une paroisse s'appelle recteur, on nomme curé celui qui est dit ailleurs vicaire. Il vint une grande assemblée de recteurs pour assister à la cérémonie de notre chapelle [aux Rochers près Vitré], sÉv. ibdéc. 1676. Il 5° Titre que les jésuites donnaient aux supérieurs de leurs collèges. || On donne aussi, dans plusieurs couvents, communautés et hôpitaux, le nom de recteur à ceux qui gouvernent la maison.
— lllST. XIV s. Suy les diex conduiseurs et retteurs, qui jadis signifièrent que ton chief [tête]
I auroit clarté royal. HERcnEiHE, f. 20, verso.;] xv s. I Le roi uaada le recleuï et les maislres et docteurs
de l'université de Paris, fboiss. u, u, 48. || xvi's. Les tyrans spirituels, qui contrefont les evesques et recteurs des âmes, calv. Instit. 027. Titus fut eleu juge et recteur des jeux, amyot, Flamin. 23. J'ay veu en mon temps cent artisans, cent laboureurs plus sages et plus heureux que des recteurs de l'université, et lesquels j'aimerois mieulx ressembler, MONT. II, 207. S'il [un testament] est faict durant la maladie, ou par personne qui ne sache signer, sera requis qu'il soit signé du recteur [curé] de la paroisse et d'un notaire, Coust. génér. t. 11, p. 790.
— ÉTYM. Provenç. et e.spagn. rector.port. retfor,' ital. rettore ; du lat. rectnrem, de regere (voy. régir) .
2. RECTEUR, RECTRICE (rè-kteur, klri-s'), adj. Oui dirige. || Ancien terme de chimie. Esprits recteurs, les corps que l'on considérait comme le principe etlasourcede l'odeur dans taules les substances odorantes. Esprit recteur de lavande. || Terme de zoologie. Pennes rectrices, ou, substantivement, les rectrices, les pennes de la queue qui dirigent le vol.
— ÉTYM. Voy. RECTEUR I.
t RECTICORNE (rè-kti-kor-n') , adj. Terme d«
zoologie. Oui a les antennes droites.
— ÉTYM. Rect..., et corne.
t RECTIFIABLE (rè-kti-fia-bl'),od;.|| l»Oui peut être rectifié. Krreur rectifiable. || 2" Terme de géométrie. Qui peut être rendu équivalent à une ligne droite. Tantôt on trouve que ces suites [des nombres] qui comprennent une infinité de termes ne valent néanmoins qu'un certain terme fini, et alors le» courbes qu'elles représentent sont ou rectifiables ou carrables, tantôt.... FONTi'.N.BemouiK. Il donnait dans le second mémoire l'équation générale des courbes rectifiables, et, dans certains cas, de celles dont la rectification dépend de leur quadrature, condorcet, Bezout.
t RECTIFICATEUR (rè-kti-fi-ka-teur) , s. m. Celui qui rectifie. || Appareil qui sert à rectifier de» liqueurs, à les distiller une seconde fois.
— HIST. XVI' s. Rectificateur, cotgrave.
t RECTIFICATIF, IVE (rè-kti-fi-ka-tif, ti-v'), 0(^". Qui rectifie Article rectificatif,
RECTIFICATION (rè-kli-fi-ka-sion; en vers, de six syllabes), s. f. \\ 1° Action de rectifier, de rendre droit. La rectification d'une route. H 2° Action de corriger ce qui est fautif, La rectification d'une erreur, d'un compte. Les jugements de rectification seront inscrits sur les registres par l'officier de l'étal civil, aussitôt qu'ilsluiauront été remis. Code Nap. art. )0<. Il 3" Terme de géométrie. Rectification d'une courbe, opération par laquelle on trouve une ligne droite égale en longueur à la courbe donnée. Les rectifications des courbes, qui ne sont pas encore aujourd'hui fort communes, l'étaient alors i)eaucoup moin», FONTEN. Tschimhaus. \\ 4° Terme de chimie. Espèce de distillation par laquelle on purifie les liquides tantôt en en séparant de plus volatils qui les altèrent, tantôt en les volatilisant eux-mêmes pour les isoler des matières fixes qui leur étaient leur pureté. Sont exempts de l'accise les alambics et les colonnes distillatoires, servant soit à la distillation, soit à la rectification ; on entend par distillation, la bouillée des matières premières ; par rectification, la bouillée des flegmes, loi belge du S7 juin (842, sur les distilleries, art. i", § 2,
— HIST. XIV' s. Là rectification des lèvres d'une plaie, H. DE MONDEviLLE, f° 47. Rectification: nous qui ores sommes, voion toutes les manières estre defaillables.... id. f" (02, verso.
— ÊTYM. Rectifier; provenç. rectificatio; espagn rectificaiion; ital. rettificaiione.
RECTIFIÉ, ËE (rè-kti-fi-é, ée), part, passé de rectifier. || 1* Rendu droit. La route rectifiée par les ingénieurs. || 2° Termede chimie. Ëpuré. Et chaque fois, avant de mettre le feu sous leurs chaudières, de faire leurs déclarations.... de la qualité des eauxde-vie qu'ils feront façonner, simples, rectifiées ou esprit de v'm, Déclarât, du roi, M janv. t7i7. || Fig. Abondance de ce sang bénin et rectifié qui fait U joie, le jésuite LEMOiNE, dans pasc. Prov. ix.
RECTIFIER (rè-kti-fi-é),». o. Je rectifiais, nous rectifiions, vous rectifiiez ; que je rectifie, que nous rectifiions, que vous rectifiiez. |{ !• Rendre droit. Rectifier le tracé d'une route. || Terme militaire. Rectifier un alignement, rendre droit le front d'une troupe dont l'ordre s'est dérangé. X peine eut-elle [la jeune garde] fait quelques pas, que lui-même (Napoléon] lui cria de s'arrêter; toutefois le comte de l.obau la faisait avancer peu à peu, sous prétexte de rectifier des alignements, ségur, Hist. de Nap. vil, <o. ||2» Fig. Redresser, corriger. Et de rectifier le mal de l'action Avec la pureté de notre intention, tioL. Tart. IV, 6. Rectifiez votre imajjiuaiioa
REC
REC
«ur tout cela : ma jambe n'est ni enflammée ni enflée, sÊv. ♦ févr. («85. Ouaiiil quelqu'un de nos sens nous trompe, nous pouvons aisément rectifier ce mauvais jugement par le rapport des autres sens et par la raison, boss. Cnnn. ni, 8. Tous sortaient p!us éclairés d'avec lui [le grand CoHdé], et rectifiaient leurs pensées ou par ses pénétrantes questions, ou par ses réflexions judicieuses, IR. Lnuii de Bourbon. 11 est bon de connaitre la source des plaisirs dont le goût est la mesure : la connaissance des plaisirs naturels et acquis pourra nous servira rectifier notre goût naturel et notre goût acquis, MONTESQ. Goût, Des plaisirs de l'dme. J'ai réformé cette histoire [de Charles XII] sur le journal militaire de M. Adierfeld, qui est très-exact, el qui a servi i rectifier quelques faits et quelques dates, VOLT. Mél. hist. Fragm. sur l'hist. xi. Daniel, jésuite, historiographe de France, né à Rouen en (649, a rectifié les fautes de Mézeray sur la première et seconde race, id. Louis XIV, Écrivains, Daniel. || 3° Terme de géométrie. Rectifier une courbe, trouver une ligne droite qui lui soit égale en longueur. || 4° Terme de chimie. Rectifier une liqueur, la rendre plus pure en la distillant de nouveau. Pour rectifier l'éther, on le met d'abord en digestion pendant une à deux heures, avec la <5* ou 16* partie de son poids de pierre à cautère, dans un flacon que l'on agite de temps en temps, the- NARD, Traité de chim. t. in, p. 278, dans pougens. Il B" Se rectifier, v. rêfl. Être redressé, corrigé. Le goût se rectifie par la lecture des lions auteurs. Si TOUS savez rencontrer le pointparoîi il faut regarder les choses, toutes les inégalités se rectifieront, et vous ne verrez que sagesse où vous n'imaginiez que désordre, boss. i"sermon, 2'sem. de carême, t. Il est sans difficulté que cet établi.ssement fera quelque peine la première année ; mais, la deuxième, tout se rectifiera et reviendra à cette proportion tant désirée, vadb. Oime, p. i4o.
— HIST. xiv s. Puis soient eslargi» et rectefiés les pulvilles [bourdonnets], H. de mondeville, f" 40, verso. Geste ointure rectefie et aide les lieux par oii la doleur doit monter'en la teste [dans une piqûre de nerfs], i.anfbanc, f" 9, verso. Il s'en suit que celi qui est libéral donne et face son operacion pour bonne fin, et avecques ce que elle soit rettifiée et modérée par raison, ohesme, Eth. <04. Mais, premier, il falloit yssir, Et séparer les elemens Et tous les quatre meslemens; Et, pour le mieulx purifier, Chascun à part rectifier, l'Alch- à nat. 506. |{ xvr s. Au moyen de la soudaine et inopinée joie, les esprits se revigorèrent, le sang se rectifia, desper. Contes, xci. Kau de vie bien rectifiée, paré, vi;, )3.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. rectificar; ital. rettificare; du lat. recti^care, de reclus, droit (voy. BECT....), et facere, faire.
t RECTIFLOUE (rè-kti-flo-r'), adj. Terme de botanique. Qui a des fleurs droites.
— ETYM. Rect..., et lat. flos, fleur.
RECTIMGNE (rè-kti-li-gne), adj..\\ !• Terme de
géométrie. Oui est en ligne droite. Le mouvement rectiligne est celui qui se fait en ligne droite; il a toujours lieu dansles mouvements simples, bhisson, Traité de phys. t. i, p.> 72. On aura, à l'instant du milieu de l'éclipsé, les distances rectilignes de Jupiter à la terre et au soleil, en parties de la distance du soleil à la terre, laplace, ,f ipos. i,7. || Triangle rectiligne, triangle terminé par des lignes droites, par opposition au triangle sphérii|ue, dont les côtés sont des arcs de cercle. || Cartes rectilignes, par opposition à cartes globulaires ou curvilignes. Il î° Terme de botanique. Qui est allongé en ligne droite et n'offre ni courbures ni sinuosités. || 3°Fig. et néologisme. Qui suit une logique esagérée, qui ne tient compte ni des faits ni des minagemenls. lîsprit rectiligne. || Qui ne dévie pas des principes. Conduite rectiligne.
— Hi.sT. xiv- s. Figures rectilignes ou angulaires, ORESMB, Thèse de meunier. |j xvi* s. Quant les lignes qui contiennent l'angle sont droictes, il se nomme angle rectiligne, forcadel. Éléments d'Euclide, p. 2.
— KTYM. Lat. reclilineus, de reclus, droit (voy. BECT....), et linea, ligne.
t RECTILIGNEMENT (rè-kti-Ii-gne-man), adv. En ligne droite, poncelet, Rapj). sur les mach. et
outils, t. I, p. 265.
t RECTINERVE (rè-kti-nèr-v'), adj. Terme de botani(|ue. Qui a des nervures droites : telles sont les feuilles des graminées.
— ÉTYM. Rect..., et lat.ncrtjus, nervure.
t RECTIROSTRE (rè-k(i-ro-str'), adj. Terme de zoologie. Qui a le bec droit.
— Btym. Rect..., et lat. roslrum, bec.
t HECrrsfiRIÉ, ÊE ( rè-ktisé-ri-é , ée ), adj. Terme de botanique. Qui est en série droite. Feuilles rectisériées.
— RTYM. Rect..., et série.
t RECTITE (rè-kti-f), s. f. Terme de médecine. Inflammation du rectum.
— ËTYM. Rnlum, et la finale médicale il» indiquant inflammation.
RECTITUDE (rè-kti-tu-d") , ï. f. \\ 1* Qualité d'être droit et non courbe." Le soleil, quoique éclipsé,' et malgré sa défaillance, ne laisse pas de conserver .la rectitude de son mouvement, BoimnAi.. dans lapaye, Syn. Les chemins [chez les Romains] étaient tirés en ligne droite ... des pierres étaient placées de mille en mille, et portaient leur numéro ; cette rectitude des lignes, et ces divisions en parties assez petites par rapport à la longueur totale rendaient les mesures itinéraires fort sûres, rqllin, dans LAFAYE, t6. Les caractères communs à ces quatre familles d'oiseaux sont la longueur du cou et la rectitude du bec, buff. dans lafate, ib. jj 2" Fig. Conformité à la raison, à la règle, au devoir. Rectitude de jugement, d'intention. Mais cette rectitude Que vous voulez en tout avec exactitude, Cette pleine droiture où vous vous renfermez, La trouvez- vous ici dans ce que vous aimez? mol. Mis. 1, (.Le maréchal de Lorge trouva dans ce mariage une femme adroite pour la cour et ses manèges, qui suppléa à la roideur de sa rectitude, st-sim. h 2, 2)7. Son entendement , n'ayant point été courbé par l'erreur, était demeuré dans toute sa rectitude, volt. Ingénu, a. Ce fond de rectitude et de bonté morale, qui est la base de la vertu,
MARMONTEL, Mém. XII,
— REM. Bouhours, Suite des Rem. p. 33, dit que rectitude s'entend peu à la cour; mais il ne doute pas qu'il ne s'établisse, ajoutant que l'abbé de Rancé l'emploie souvent, par exemple : Les meilleures intentions ne lui donnent point de rectitude [à une action répréhensible); et encore : Rentrer dans la rectitude des Pères. Ce mot était, comme on verra par l'historique, beaucoup plus ancien dans la langue que Bouhours ne le supposait; et aujourd'hui l'usage l'a pleinement adopté.
— SYN. droiture, rectitude. Ces deux mots ont une étymologie équivalente ; droit, représentant le latin direclus. Droiture regarde proprement l'âme, pour marquer la probité, la bonne foi, des vues honnêtes et pures. Rectitude a un sens plus étendu; il se dit, non-seulement d'un cœur honnête, mais surtout d'un bon esprit.
— HIST. XIV* s. Eubulie est rectitude de conseil, 0RE6ME, Thèse de meunier. Rettitude et faire adroit qui est contraire et opposite à perversité vicieuse, ID. Eth. 46. Il XVI* s. Celluy qui donne aux bons béatitude Le veult ainsi par sa grand rectitude, j. ma- ROT, V, 934. Les muscles droits ainsi appelles pource qu'ils descendent selon la rectitude du corps, joint aussi qu'ils ont leurs fihres droites, pare, i, 2.
— ÉTYM. Provenç. rccfefuf; cat. rectitut; espagn. reclitud; ital. rettitudine ; du lat. rectitudinem, «le reclus, droit (voy. rect...).
t RECTIUSCCLE (rè-kti-u-sku-l')', adj. Terme d'histoire naturelle. Qui est à peu près droit, sans l'être tout à fait.
— ETYM. Diminutif du latin reclus, droit (voy.