HEC
REC
grande imagination de peintre est un recueil immense de toutes ces expressions, dider. Eu. sur la jteint. 4.
— SYN. BKCUEii-, COLLECTION. Collection ne se dit jjue de grandes réunions de pièces : La collection *yes conciles, des l'ères de l'Efçlise. Kecueil est
plus géni^ral; il se dit d'une petite réunion aussi Lien que d'une grande.
— HIST. XV* s. Et luy porta ce voyage grant honneur et granl pronffit; car, se autrement en fust allé, il eust trouvé peu de recueil, comm. v, 3. Bruges (|ui est ung lieu de grant recueil de marchandise et grande assemblée de nations estranges, ID. V, tfi. Ilemeura le comte de Pedrac en la chambre des dames, par le congé de la royne, en grant joye et en grant recueil, jusques au soir, Perce forest , t. II, f" 8. Il XVI' s. Parce que l'esternuement vient de la teste, nous luy faisons cet honneste recueil, MONT, IV, 2. C'est un recueil abbregé de tout tfequia esté faict do plus mémorable, amyot, Épit. Hz prieront les tribuns, qii'ilz feissent un peu sursoir le recueil des voix et suffrages du peuple, lo. P. Mm. 52.
— Etym. Voy. RECUEiLLiB. /lecuBiJ avait Un double sens, celui de collection, et celui d'accueil.
RECUEILLEMENT (re-keu-lle-man , U mouillées, et non ro-keu-ye-man), s. m. \\ 1° Action de recueillir, de réunir, de ramasser. Le retueillement des suffrages, j. i. rouss. Conlr. soc. iv, 4.||2°Fig. Action de se recueillir; état d'une personne qui se recueille. Il me semble que je reconnais celte modestie, cette paix, ce recueillement que nous lui voyions devant les autels, iioss. Mar.-Thér. Dans toutes leurs épîtres, les apôtres ne nous prêchent que la fuite du monde, que la retraite, que le recueillement intérieur.... bourdal. Pensées, t. I, p. »(. Des communions faites sans recueillement et sans attention sur soi-même, m. ih. t. m, p. 3)0. Mme la Dauphine se prépare à ses prières par le recueillement, s'y soutient par la ferveur, et s'y perfectionne par les désirs, fléch. Dauphine. On assure qu'il ne voulut jamais faire de remèdes pour sa surdité, soit qu'il désespérât d'en guérir, soit qu'il se trouvât bien de ce redoublement d'attention et de recueillement qu'elle lui procurait, fonten. Amonlons. Je crois que la campagne est plus propre pour le recueillement d'esprit que le tumulte de Paris, volt. Lelt. Condit/ac, janvier «756. Écrasé d'un travail trop au-dessus de mes forces intellectuelles, sans cesse ravi au recueillement et à la méditation qui sont les premières puissances de l'homme.... Mirabeau, Collection, t. m, p. 342. D'un rejios occupé le doux recueillement, delil. Ilnm. des ch. i. Du peuple agenouillé le saint recueillement, p. LEBRUN, le Cid d'And. ii, 3.
— ÉTYM. Recueillir.
t KECUEILLEUR (re-keu-lleur, U mouillées), ». m. Celui qui recueille.
— HIST. XVI" s. i^es recitateurs et recueiUeurs Icompilateurs], mont, iv, 48.
RECUEILLI, lE (re-keu-lli, Uie, Il mouillées), part, passé de recueillir. || 1° Amassé, serré, en parlant de fruits, de produits. Fruits recueillis sur les arbres. |l 2° Keçu humainement. Recueilli dans leur port, actTu lie leurs soldats, Nous verrons notre camp grossira chaque pas, rac ilfi7/ir. m, 1. 113° Fig. Oui se recueille. On se sent tout recueilli en soimôrae,toiit pénétré d'une joie céleste et intérieure, BOiiRDAL. Pensées, t. m, p. 220. S'il marche par la ville et qu'il découvre de loin un homme devant qui il est nécessaire qu'il soit dévot, les yeux baissé», la démarche h nte et modeste, l'air recueilli, lui sont familiers, la bkuv. xiii. Vous savez bien quelle prodigieuse différence il y a entre un esprit recueilli dans la retriiite et un esprit dissipé dan« le monde, VOLT. Leil. Thiriot, 30 juin, I73(. C'est l'heure où la mélancolie S'assied pensive et recueillie Aux bonis silencieux dos mers, lamabt. Médit, i, 21. Il Fig. La lampe.... D'un jour plus recueilli remplit le sanctuaire, lamabt. If^dit. i, 6. || 4° Fig. Qui se concentre. Elle [Mme du FiesnoyJ est tellement recueillie dans sa beauté, que je irouvc qu'elle ne dit précisément que les paroles qui lui siéent bien, sf.v. 29 janv. 4672. Kifen ne paraît plus singulier que cette activité des plaisirs bruyants, quand l'ilme est tnut entière recueillie en elle-même, STARL, Corinne, ix , ). || Uccueilli à. Cette conteiiiplation où l'âme demeure toute recueillie à un jeul objet, nicolk, Essais, t. viii, p. 46, lettré fio.
RECUEILLIR (re-keu-Uir ; Il mouillées, et non re-keu-yir), t). a. lise conjugue comme cueillir. || 1» Kéunir les fruits, les produits, faire récolte. Vous recueillereî beaucoup d'olives cette -année.
On a déjà recueilli le miel. C'est un pays où l'on ne recueille pas de vin. Provinces qu'ils (les ennemis] avaient déjà ravagées dans la pensée, vous avez encore recueilli vos moissons, elêch. Turenne. Il Ab.solumenl. On demande pourquoi [un fermier lorrain ne veut plus payer le même fermage).... il répond que, du temps de M. de Turenne, on pouvait recueillir et compter sur les terres de ce payslà mais que depuis sa mort tout le monde quittait, croyant que les ennemis y vont entrer, sÉv. 21 août 1675. Il Fig. Et, comme il n'a semé qu'épouvante et qu'horreur. Il n'en lecueille enfin que trouble et que terreur, cobn. Héracl. i, «. Car, au nom des dieux, je vous prie. Quel fruit de ce labeur pouvezvous recueillir? la font. Pahl. xi, 8. Avec quelle joie il recueillit ce qu'il avait semé dans l'âme de ce jeune prince [le Daupliin] I fléch. Duc de Mont. Elle recueille les bénédictions du pauvre, la reconnaissance et les regrets de l'amitié, et l'admiration publique, genlis. Mères riv. t. m, p. 335, dans P0UOENS. Il 2" Recevoir par héritage. Il y a une noblesse d'esprit plus glorieuse que celle du sang.... la sage Julie d'Angennes semblait avoir recueilli cette succession spirituelle, fléch. Duch. de Mont. Il se donne pour l'héritier légitime de tout vieillard qui meurt riche et sans enfants, et il faut que celui-ci le déshérite, s'il veut que ses parents recueillent sa succession, la brut. xiii. Heureux nos fils! heureux cet âge Qui, fécondé par nos leçons. Viendra recueillir l'héritage Des dogmes que nous lui laissons! lamart. Hédit. i, 10. || 3" Recevoir ce qui coule, ce qui découle. On recueillera les eaux du toit dans une citerne. Le suc de cette plante est bon à recueillir. Pour fruit de tant d'amour j'aurai le triste emploi De recueillir des pleurs qui ne sont pas pour moi, rac. Bérén. ni, 2. {| 4° Rassembler, réunir des choses dispersées. U recueillait à grand' peine les restes de sa fortune. Je les ai reçues [des lignes écrites] avec la même vénération que l'on recueillait les feuilles où la sibylle écrivait les oracles, voit. Lett. 30. Il vd, recueillir au delà du Rhin le débris d'une armée défaite, FLÉCH. Turenne. Philoctète recevra dans son sein mon âme prête à s'envoler : c'est lui qui recueillera mes cendres, fén. Tél. xv. || Fig. Vous avez recueilli toutes les plaintes qui s'élevaient contre lui. Chaque représentation de mon Œdipe était pour moi un examen sévère, où je recueillais les suffrages et les censures du public, et j'étudiais son goût pour former le mien, volt. Œdipe, Lett. 5. Recueillez les voix [sur l'Êpître à Henri IV), je vous en prie, et instruisez-moi de ce qu'on dit, afin que je sache ce que je dois faire, id. Lett. Villette, 4 janv. 1760. Il Recueillir les bruits de ville, se dit d'un homme curieux de tous les propos de la ville. {| Recueillir les voix, les suffrages, les avis, faire le recensement des voix, des suffrages, des avis. |] Recueillir ses esprits, ses idées, concentrer son attention. Donnezmoi le temps de recueillir mes idées. || L'usage est de dire: recueillir sesesprits. Mais ce serait une locution inusitée que de mettre : Une nécessité soudame recueille mes esprits, pour me forcer à fixer mon attention. On la trouve pourtant dans Balzac: Que si quelquefois le bruit des victoires du roi va recueillir leurs lâches esprits [des princes efféminés], BALz. le Prince, ch. h. {| Recueillir ses forces, les réunir pour tenter un effort. Vous dirai-je qu'elle recueillit mille fois ce qui lui restait de force pour s'acquitter de ses devoirs ordinaires? fléch. Duch. de Mont. || 5° Saisir ce qui tombe. Toi que j'ai recueilli sur sa bouche expirante Avec son dernier souffle et son dernier adieu , Symbole deux fois saint, don d'une main mourante. Image de mon Dieu, LAMABT. Nnuv. Médit, le Crucifix. || Fig. Saisir ce qui s'échappe des lèvres d'un autre. Il y eut des gens qui recueillirent soigneusement ce propos. Un discours qui fut recueilli par la médisance. Le pasteur qui recueillit ses derniers soupirs, boss. Anne de Gonz. Je puis bien ici répéter devant ces autels les paroles que j'ai recueillies de sa bouche, puisqu'elles marquent si bien le fond de son cœur, id. Louis de Bourb. Vous savez l'horreur qu'on ade recueillir ces soupirs contagieux [dans la peste] , qui sortent du sein d'un mourant pour faire mourir ceux qui vivent. FLÉCH. Duch. de Mont. Philociès,... était charmé de voir avec quelle avidité Idoménée recueillait au fond de son coeur toutes les paroles qui sortaient comme un fleuve de sagesse de la bouche de cet étranger [Mentor], fén. Tél. xiv. Je n'ai de ces discours recueilli que cela, lanooe. Coquette corr. v, l . [La laijipe;du sanctuaire] Kmblème consolant de la bonté qui veille Pour recueillir ici les soupirs des mortels, LAMART. Médit. 1, 22. 116» Faire un recueil. 11 a re-
cueilli ce qu'il y a de meilleur dans les écrivains de l'antiquité. Recueillir des sentences, des apophthegmes. Ce grand homme [Moïse] recueillit l'histoire des siècles passés : celle d'Adam, celle de Noé, celle d'Abraham, celle d'I.saac, celle de Jacob, celle de Joseph, ou plutôt celle de Dieu même et de ses faiLs admirables, boss. Ilist. ii, 3, Je me mis à recueillir les lettres et papiers qui pouvaient guider ou réveiller ma mémoire, j. J. Rouss. Confess. x. Il 7° Résumer. Pour recueillir ce discours, avant que de passer à une autre matière, cobn. 2" dise. Avant que de passer à l'usage que l'âme en fait [des sensations] pour le corps et pour elle-même, il est bon de recueillir ce qui vient d'être expliqué, et d'y faire un peu de réflexion, boss. Conn. m, 6. Pour recueillir tout mon dessein et tout le caractère de saint Charles en peu de mots : il a édifié son peuple par ses exemples, il l'a réformé par ses instructions, il l'a nourri par ses aumônes, fléch. Panég. de St Charles. U est souvent à propos de faire à la fin une récapitulation qui recueille en peu de mots toute la force de l'orateur, et qui remette devant les yeux tout ce qu'il a dit de plus persuasif, fén. Dial. sur l'éloq. ii. || Inférer. Recueillons de ces notions que la^ravitation est le principe du cours des planètes, volt. Newlnn, u, 7. || Recueillir à, concentrer en. Quoiqu'il pût se glorifier de sa naissance, il recueillit toute sa gloire à être enfant de Jésus-Christ , fléch. Panég. de St François de Sales. Il 8" Retirer pour donner refuge. Ce furent des corsaires qui nous recueillirent ma mère et moi sur un débris de notre vaisseau, mol. l'Av. v, 6. Je n'aime que vous d'affection, je ne tiens sur la terre qu'à vous qui m'avez recueillie si charitablement, Marivaux, Marianne, T part. Une vieille tante l'avait recueillie chez elle, genlis. Mères riv. t. i, p. i5, dans POUGENS. Plus loin, voici l'asile où vint chanter le Tasse, Quand, victime à la fois du génie et du sort. Errant dans l'univers, sans refuge et sans port, La pitié recueillit son illustre disgrâce, lamart. Médit, i, 21. Il 9° Chez les papetiers, enlever le papier feuille à feuille des cordes de l'étendoir. || Chez les cordiers, rouler la ficelle sur le recueilloir. ]| 10° Terme de construction. Raccorder une reprise en sous-œuvre d'un mur de face ou d'un mur mitoyen avec ce qui est au-dessus. || 11° Se recueillir, être recueilli, pris, amassé. Ecoute, Israël.... écoute à l'endroit où la vérité se fait entendre, où se recueillent les pures et simples idées, boss. Élév. sur les myst. i, 4. La sagesse ne se recueille pas sur la terre comme la succession d'un père faible et mortel, mass. Or. fun. Villars. || 12° Rassembler toute son attention pour ne s'occuper que d'une seule chose. Je reçois à la fois quatre lettres de Votre Altesse royale.... je suis ébloui de tant de biens; j'ai une pein^ extrême à me recueillir pour vous remercier, volt. Lett. au pr. roy. de Prusse, mars 1 737. Orbassan permettra que ce cœur étonné.... Se recueille un moment dans le sein de son père, id. Tancr. i, 3. Qu'on se recueille dans le silence et dans l'obscurité, le plus petit bruit ou la moindre lueur suffira pour distraire, si l'on est frappé de l'un ou de l'autre au moment qu'on ne s'y attendait point, CONDILL. Coitn. hum. ii, ii, 3. || 13" Terme de dévotion. Détacher .son esprit des choses de la terre, se livrer à la méditalion religieuse. Ménager, chaque année, chaque mois, chaque semaine, et même chaque jour, quelque temps pour se recueillir, eourdal. Pensées, t. j, p. 83. On demande assez communément des pratiques pour se recueillir au dedans de soi-même dans les différentes occupations de la vie, ID. ib. t. Il, p. 41. Au milieu des jeux et des assemblées où l'âme se dissipe et s'évapore ordinairement, la sienne se recueillait en elle-même, FLÉCH. Mar.-Thér. U entre une autre fois dans un lieu saint, perce la foule, choisit un endroit pour se recueillir, et où tout le monde voit qu'il s'humilie, LA BRiiY. XIII. Il 14" Ra.ssembler toutes ses forces. Dans les maux violents, la nature se recueille tout entière, fléch. Duch. de Mont. \\ IB" Se résumer. Donc, messieurs, pour me recueillir en trois paroles, vous voyez.... patru. Plaidoyer x. [j 16° Être inféré, conclu. Cela se recueille manifestement de ce qu'il [saint Thomas] croyait que l'Évangile eût été prêché par toute la terre dès le temps des apôtres, LA MOTHE LB VAYER, VeTtu des paxens, i, Élal de la grâce.
— HIST. XI» s. Et tous les cuers [des morts] en pailerecuillir, Ch.de Bol. ccx. Il passe avant, le don en requeillil, ib. ccxxxi. j] xii' s. Mors est Herbers, ice saichiés de fi : De sa grant terre ai la don recoilli, Raoul de C. 40. Jo ving en plusieurs lius que 1> reis outsaisiz; N'i esteit nuls des bostes ne poTra
REC
recuilli/-, Th. te mort. 6i. Cil de Chariathiarium vinilient ; l'arche reciiillirent e enmeiiereiit e hout'Htemcm lierhergerenl, Hois, p 2;i.||xiii' s. [Les bassins] Qui l'aiguë versent et recuellent, Partovop. V. 4043. Car icil rekeut ki plus seuime, Homan de Mahomet, y. 75. Alons i prendre port, et requeillons les viandes et les blés, vili.eh. lxii. Assez ot de lableterresses [joueuses]. Qui moult savoicnt bien jocr, Et ne finoientde ruer Le tymhre [tambourj en iiaut, si recuiUoient Sor un doi, c'oiiques n'i failloiont, io Rose, 762. Sire, fis-ge à Bel-Acueil, Geste promesse en gré recueil, ib. 2820. Mais voirs [vrai] est que seli sergans n'avoit recoilli les deniers et il me disoit.... beaum. xxxiv, 6. L'une des foiz requeilli [reçut] Guillaume de lioon le pot de feu gregeoiz à sa roelle [sur son bouclier], joinv. 228. Au requeillir [retour] que nous feismes en nostre' nef, il nous failli un de nos mariniers, m. 286. Avant que Damiete fust rendue, avoit l'en recueilli la royne en nos nez [navires] et toute nostre gens qui esloient en Damiete, id. '.!48.'|1 xiV s. Car apriès ciaux [ceux] qui les blés cuellent. En awost, vont cil qui recuellent Ce qui lor ciet [tombe], et si l'assamblent, j. de condé, t. il, p. aoR. RequeiUez et mettez d'une part, Ménagier, ii, 5. || xV s. Ces archers estoient recueillis et alliés plus de six mille ensemble, froiss. i, i, 3i. Point ne s'espargnoit, mais se tenoit tout devant en très bon convenant, et recueilloit les horions moult vaillamment.... id. I, I, 86 Si fit bien matin recueillir en grant liaste tentes et trefs et trousser, et se mit à chemin.... id. I, I, 3(9. De première venue, il y eut dur encontre et fort boutis; et s'adressa le roi [d'Angleterre] dessus messire Eusiache de Ribeumont, lequel esloit moult fort chevalier et hardi et de grant emprise, et qui recueillit le roi moult chevaleureusement, non qu'il le connust, ni il ne savoit à qui il avoit à faire, id. l, l, S28. Les ungs les recueiUoient [les envoyés] avec grosses parolles et grosses menaces, COMM. II, 3. Et puis relourna en son pays, où il fut recueilli à grant gloire, id. ii, 4. Et se leurs gens en bataille nous chargent, nostre avant garde viendra' au devant de nous quinous recuildri, le Jouvencel, p. 65, dans LACURNE. Il XVI' s. 11 me semble raisonnable que meshui je m'appile et me recueille en ma coque, comme les tortues, mont, iv, il 7. Recueillant leurs discours [des doctes] comme des oracles, ID. 2, 1 36. Je me contente d'une mort recueillie en soy, quiète et solitaire, id. iv, « h . 11 n'estoii pas de ceux qui iaissoient tomber le bien en terre sans le recueillir, mabg. Nouv. xxviii. Les femmes du pays recueillirent humainement Ariadne, amyot, Thésée, 24. C'est ce que nous avons pu recueillir, qui soit digne de mémoire, des faicts de Romulus et de Theseus, id. Thés, et liom. t . Hoc âge : c'est un advertissement aux assistans, desoy recueillir pour penser à ce qui se tait, id. Numa, 24. Recueillir les voix, id. Publ. t ( . Grande moisson l'obéissant recueille, cotgbave.
— ÊTYM. Provenç. recoillir, recttelhir, reculhir ; cat. recuUir: espagn. recoyer ; portug. recolher; ital. raccogliere ; du lat. recoUigere, de re, et colligere, cueillir.
t RECUEII.LOIR (re-keu-lloir,II mouillées), s. m. Morceau de bois pour peloter la ficelle ou la corde terminée.
— ÊTYM. Recueitlir.
RECUIRE ( re-kui-r") , v. a. Il se conjugue comnae cuire. )| 1° Cuire de nouveau. Recuire des confitures. Il 2" Dans plusieurs arts, remettre l'ouvrage au feu, puis le laisser refroidir lentement. On recuit le fer battu et la fonte pour les adoucir. On recuit l'acier trempé pour le ramener au degré de dureté désirable. || Arche à recuire ou carcaise, galerie carrée en briques, destinée à empêcher le brusque refroidissement du verre. {| 3" Recuire une pièce de métal, la faire rougir dans le feu pour la plonger ensuite dans l'eau seconde. || 4° Faire sécher, puis rougir à blanc un four de glacerie nouvellement construit. || 5" F. n. Être soumis à une nouvelle cuisson. Les confitures ont recuit. || 6° Se recuire, v. réfl. Être soumis à la chaleur, puis au refroidissement graduel. Avant que le quartz se soit entièrement consolidé en se recuisant lentement. BUFF. Min. t. I, p. 29.
— HiST.xii's. Cestui voiljo, fait if, que vushonurez tuit[tous]; Mielz s'est ui esmerez | purifié] de l'or [que l'ori set fez [sept fois] recuit. Th. le mart. 4 09. Ors cent mile fois esmerez. Et puis autantes fois reculs, la Charrette, (488. |)im« s. 11 n'a, ce cuit, de ci à Rome Plus recuit [fin, madré] de vos ce plus sage, Ren. 4t883.L'en sleult [on a coutume] dire, et voirs est, ce cuit [je pense] ; Encontre vezié
OICT. DK Là LAMSUS yHAM(AlaS<
[rusé] recuit, la Hose, 7360. || xvi* s. En recuisant et bruslant nos concupiscences vicieuses, qui sont comme superduitez et ordures, calv. lintit. 4(4. 11 se fit dans son corps un amas de sang recuit, ilont il se ilechargea heureusement un jour par déniera, en forme d'un petit saumon de plomb, d'adb. Vie,
— ETYM. Provenç. recoser; catal. recourer; espagn. rcmcer; portug. recoter; ital. ricuocere; du lat. recoquere, de re, et coquere (voy. cuihk).
t RKCUISSON(re-kui-son), s. f. Action de recuire. Il Action de chauffer la matière des glaces au plus grand feu possible.
— HIST. XVI* s. Recuisson, cotgrave.
— frrVM. Re..., et cuisson.,
(.RECUIT, UlTE (re-kui, kui-t'), part, passé de recuire. ;| l°Cuit de nouveau. Un gigot recuit, parce qu'il n'était pas assez cuit. || 2° Extrêmement cuit. Croûtes recuites. La cendre qui est recuite et entassée dans le foyer, desc. Météor. 6 || 3" Ancien terme de médecine. Il se dit des matières échauffées. Comme ces humeurs ont été engendrées par une longue succession de temps, elles y sont recuites et ont acquis cette malignité qui fume vers la région du cerveau, mol. Am. méd. u, 6. |{ 4° Fig. Retors, subtil (sens vieilli). M. Guillemeau a été un courtisan recuit et rusé, GUI PATIN, Lettres, t. ii, p. 266.
2. RECUIT (re-kui) s. m. || 1° Action de remettre au feu différents ouvrages. Tandis que la surface de cette même masse, frappée du refroidissement, n'a pu, faute de recuit, prendre aucune solidité, BUFF. kin. t. I, p. 27. Le recuit, qui consiste à chauffer modérément l'acier, et à le laisser ensuite refroidir lentement à l'air, brisson. Traité de phys. t. i,p. 35. On modère par le recuit la propriété trop cassante de l'acier, id. ib. t. ii, p. 262. || Recuit du verre, action d'une température rouge sombre sur le verre. || 2° Opération par laquelle le peintre sur verre ou en émail parfond ses couleurs en soumettant la pièce peinte à l'action du feu. 113° Mur de l'atelier lait de manière à résister au feu, et qui laisse de l'espace entre son pourtour et le parement de la fosse. || 4" Partie pierreuse qu'on trouve dans la chaux mal faite.
— ÊTYM jRecutI ( .
RECUITE (re-kui-f) , s. f. || 1° Synonyme de recuit 2. La recuite de la porcelaine. || 2° Synonyme de séracée.
— ÊTYM. Recuit 4.
t RECUITEUR (re-kui-teur), ». m. Ouvrier qui recuit les métaux.
RECUL (re-kul), s. m. || 1° Mouvement en arrière que fait un corps. || Particulièrement, en artillerie, mouvement en arrière que prennent les armes à feu pendant le tir. Le recul est produit en vertu d'un théorème de mécanique : quand un système n'est soumis qu'à des forces intérieures, la somme des projections des quantités de mouvement de ses différentes parties sur un axe doit rester constante; cette somme, qui est nulle avant le tir, doit rester encore nulle pendant qu'on l'effectue ; la vitesse que prennent dans un sens le projectile, les gaz (le la poudre et l'air ambiant, nécessite de la part du canon et de son affût une vitesse en sens contraire. Le premier coup fut tiré à recul libre, et l'on tira les autres à recul arrêté, andhéossy, Instit. Mém. scienc. t. vn, p. (82. Je ne sais si le recul d'une seule pièce ne ferait pas crouler tous ces vieux créneaux, cbateaub. Itin. *• part. Il 2° Recul du cœur, phénomène d'hydrodynamique qu'éprouve le cœur lors de la propulsjion du sang par les parois qui se contractent; ce recul du cœur fait que la pointe soulève la paroi du thorax, et produit ce qu'on nomme le battement du cœur. Il 3° Terme de marine. Vents de recul, ceux qui, après avoir monté du sud-sud-ouest au nord-nordouest, et même au nord en passant par l'ouest, reviennent ou descendent vers le sud-sud-ouest en passant par l'ouest. || 4° Terme d'horlogerie. Échappement de recul, celui qui fait reculer la roue de rencontre. || 5° Chute, dans les régulateurs de la lumière électrique, d'une armature mobile que le passage du courant fait tomber, et qui, tombant ainsi , produit, entre les extrémités libres des charbons, l'espacement nécessaire pour que la lumière se manifeste et persiste.
— HIST. xvi' s. Recul du canon, montluc, Uém.
t. I, p. 532, dans LACURNE.
— ÊTYM. Substantif verbal de reculer.
RECULADE (re-ku-la-d'), t. f. \] 1" Action de reculer. Le général Brown a fait faire à M. de Mirepoix d'énormes reculades, volt. Lett. en vers et en prose, 67.112" Action d'une voiiuie qui recule. La
reculade dus voilures effraye la foule. Vous avez tiré Mme du i.hfttelet du plus grand embarras du momie ; car cet embarras coniinençait à la Croix des petits champs et finissait à l'hôtel de Cliaro.st; c'étaient dos reculades de deux mille carrosses en trois files, volt. Lett. Uénault, «4 sep. (744.||ll se dit aussi de toute autre chose qui recule. C'était UD plaisir de; voir M. d'Heudicourt couper au lansquenet, et faire de brusques reculades de son tabouret à renverser ceux qui l'importunaient derrière. ST-siM. 218, (83. Il 8° Fig. Action de ceux qui sont obligés de reculer, de céder, pour s'être trop avancés. Une honteuse reculade.
— ÊTYM. Reculer. Au xvi* siècle on disait reculée.
RECULÉ, ÉE (reku-lé, lée) , part, passé de reculer. Il 1" Porté en arrière. Une muraille reculée par autorité de justice. Il 2° Porté plus loin, plus avant. Des frontières reculées par la con(|uête. || 8* X quoi on a mis un intermédiaire de plus. Ces comtes qui rendaient autrefois la justice dans les plaids du roi ; ces comtes qui menaient les hommes libres à la guerre, se trouvèrent entre le roi et ses hommes libres ; et la puissance .se trouva encore reculée d'un degré, MONTESQ. Esp. XXXI, 28. Il 4° Ajourné, retardé. Les autres prétendants [à l'ordre du Saint- Esprit] prendront patience, s'il leur platt ; ce n'est pas sans chagrin qu'ils verront leurs espérances reculées, sÉv. 29 avr. (686. Le traité de M. de Lorraine est rompu, après avoir été assez avancé ; voilà votre pauvre amie [Mme de Vaudemont] assez reculée, id. 8 avr. (672. Son hymen reculé flattait mon espérance, th. corn. Anone, i, (. Tite, par vingt années de service dans une seconde place, n'est pas encore digne de la première, qui est vacante.... il naît de dessous terre un autre clerc pour la remplir; Tite est reculé ou congédié, la bhuï. XIV. Il B" Écarté, éloigné, lointain. Quel pays reculé le cache à mes bienfaits? bac. Esth. ii, 3. Les Cretois nous conduisirent dans un bois antique et sacré, reculé de la vue des hommes profanes, fén. Tél. V. U se renfermait dans le lieu le plus reculé de son palais, pour mieux cacher sa défiance, et pour n'être jamais observé quand il préparait ses repas, iD. ib. viii. Les dissolutions des grands ne meurent point; leurs exemples prêcheront encore le vice ou la vertu à nos plus reculés neveux, mass. Pet. carême, Exemples des gr. Ces traditions, qui remontent jusqu'aux siècles les plus reculés, prouvent au moins l'antiquité des peuples de l'Egypte, coNDii.. Hist. anc. i, 2. Il [Thémistocle] voit l'amour des Grecs, la considération de l'étranger, son nom porté aux deux bouts de la terre et transmis à la postérité la plus reculée, id. ib. m, 24. Quand, sorti vers le soir des grottes reculées, U s'égare à pas lents au penchant des vallées, a. ché- NiKR , Elégies, iv. Non : trop loin de ce lieu sa chambre est reculée, P. lebrun, U Cid d'And.u, 9. Il 6° Arriéré, peu avancé. Cet écolier est bien reculé. Les nations musulmanes sont aujourd'hui très-reculées.
RECULÉE (re-ku-lée), ï. f.i\i° Espace qui permet de se reculer. D'où l'on doit inférer qu'il n'y eut dans cet intérieur [du char funéraire qui transporta de Babylone en Egypte le corps d' vlexandre] ni l'emplacement suffisant.... ni assez de reculée pour voir les tableaux qu'on voudrait y ranger, QUATHEMÈHE DE ouiNCY, Irtst. Mém. hist. et litt. anc. t. iv,p. 371. Il 2° Feu de reculée, feu qui oblige à se reculer. Ils sont allés chercher du bois et du charbon, et ils font des feux de reculée.
— HIST. XIII* s. Des maus qu'el [la luxure] fet ne sai le nombre, La somme en est en une essombre. En une reculée obscure, kuteb. h, 40. Tandis que le roy oy ses grâces, je alai à une fenestre ferrée qui estoit en une reculée devers le chevet du lit du
roy, JOINV. 266.
— ETYM. Reculé.
RECULEMENT (re-ku-le-man), t. m. || 1* Action de reculer. Le reeulement d'une voiture. Embarras de carrosses, cris dans la rue, flambeaux allumés, reculements et gens roués, SÉv. 388. 112" Fig. Action de mettre dans une position mauvaise, d'écarter. U n'est inquiété que du reeulement de ses affaires, BALZ. le Prince, ch. (6. Ubilla trouva les affaires si à l'abri de toutes contradictions intérieures par le reeulement de la reine.. . si-sim. 8, 57. ]| 3° Fig. Action d'étendre, de porter plus loin. Une vaste capacité qui s'étend non-seulement aux affaires du dehors, ....au reeulement des frontières par la conc|uête de nouvelles provinces..., mais qui sache pussi se renfermer au dedans, LA brut. X. Il 4° Terme de sellier. Pièce du harnais qui soutient la voiture quand le cheval recule.
REG
REC
RËC
— HIST. XIV* s. far dessus son commandement vou» ne devez avoir recalement, relTus, retardement ou delay, Hénagier, i, 6. || xvi" s. Ils ne font point ces cessions et ces reculemens là pour révérence qu'ils portent à la vertu.... amyot, Com. dùcem. le fiât. 29. Les reculements de messieurs de Montmorency et de Brion [reculés, mis à l'écart par François I"], MONT. II, (44. Que les hommes ne peuvent bien s'accommoder et faire leur proffit sans le dommage et reculement les uns des autres, CHARRON, Delà Sagesse, i, 41.
— ETYM. Reculer.
♦ .RECCLER(re-ku-lé),c.o. || 1* Porter en arrière.
Reculez la table. Reculez cette chaise de la cheminée. || 2° Reporter plus loin. Il faut reculer cette muraille. {| Reculer les bornes, les frontières d'un État, l'agrandir. Trajan, qui avait rétabli la gloire du nom romain chez les étrangers, et reculé les frontières de l'empire par des victoires signalées, coNna. Étud. hist. m, 3. Et toujours créateur même alors qu'il imite. De son art étonné recule la limite, MiLLBv. Inverti, poét. |( 3° Écarter, éloigner. Mais il est des objets que l'art judicieux Doit offrir à l'oreille et reculer des yeux, boil. Art p. m. La lumière du jour ....ne renaît que pour éclairer sa nudité, son impuissance [du voyageur perdu > dans le désert], et pour lui présenter l'horreur de sa situation en reculant à ses yeux les barrières du vide, BUFF. Quadrup. t. v, p. (5. ||4° Éloigner quelqu'un dii but, une affaire de son is.sue. La disgrâce de son protecteur l'a bien reculé Celte indiscrétion de ma part servirait plutôt à reculer vos affaires qu'à les avancer, volt. Lett. d'Argence, 3 sept. (770. Il B' Ajourner, retarder. Tous mes soins, tous mes vœux hâtent cette vengeai]ce. Ta perte la recule, et ton salut l'avance, corn. Pnmp. iv, 4. N'eût-il [Horace] que d'un moment reculé sa défaite, Rome eût été du moins un peu plus tard sujette, id. Uor. m, 6. C'est un accident qui a fait reculer son mariage, mol. iféd. m. lui, 11, 6, Je crois que la pension des menins n'a point été retranchée ni reculée, sév. 23 avr. )«90. fPhilopœmen] à voir agir les Romains dans la Maçjdoine, jugea bien que la liberté de la Grèce allait expirer, et qu'il ne lui restait plus qu'à reculer le moment de sa chute, Boss. Hist. m, 6. Sans reculer plus loin l'effet de ma parole, Je vous rends dans trois mois au pied du Capitule, hac. Milhr. m, 1. Lorsque étendu sur le lit de voire douleur, la mort sera à la porte , vous la croirez encore loin ; vous reculerez encore l'affaire de votre salut et la proposition .qu'on vous fera, d'appeler un ministre de Jésus-Christ, mass. Carême., Impén. fin. || 8° Porter au loin dans le temps. Ces peuples (les Japonais] ont eu aussi la manie de reculer leur origine, dider. Opin. desane. philos. [Japonais]. || 7° V. n. Aller en arrière, exécuter la progression en sens inverse de la direction ordinaire et naturelle. La voiture recula. Ce cheval a de la peine à reculer. Reculez un peu pour la troisième frévérencej, mol. Bourg, gent. ni, )». f| Kig. Les femmes qui se sentent finir d'avance par la perte de leurs agréments, voudraient reculer vers la jeunesse, MONTESQ. Lett. pers. 5î. || Terme de marine. On dit que les vents reculent, lorsque, au lieu de tournerde gauche à droite, comme lorsqu'ils vont du sud au nord en passant par l'ouest, ils reviennent du nord au sud en passant de même par l'ouest. || S. m. Terme de manège. Le reculer, action par laquelle le cheval se déplace dans un ordre inverse à celui des mouvements progressifs. || 8* Il se dit des armes à feu que l'explosion fait aller en arrière. Un canon recule par l'effet de la réaction égale à l'action. Il 9" Se retirer en arrière. Pourrait-on reculer en combattant sous vous? corn. Uédée, iv, 3. Ahl coquin lah! canaille I vous en voule» par làl... soutenez, marauds ; soutenez.... comment, vous reculez! MOL. Fourher. 11, ». si je me défends, ce n'est qu'en reculant, id. F. sav. iv, a. Hé quoi I loin d'approcher, vous reculez tous deux! rac. Théb. iv, 8. Et toi, soleil.... Toi qui n'osas du père éclairer lefeslin, Recule, ils t'ont appris ce funeste chemin, id. Iphig. v, t. Le flot qui l'apporta recule épouvanté, id. Phèdre, V, 6. Il II ne recule jamais, on ne l'a jamais vu reculer, se dit d'un homme très-brave. C'est Merci avec ses braves Bavarois, enflés de tant de succès et de la prise de Fribourg; Merci qu'on ne vit jamais reculer dans les combats, boss. Louis de Scurbon. || Cela se dit aussi de celui qui soutient son opinion avec fermeté. || On dit dans le même sens : Il aimerait mieux se faire hacher en pièces que de reculer. || iO« Flg. Renoncer, céder, en parlant des personnes. J'accepte la proposition, et ne sius pomt personne à reculer lorsqu'on m'attaque
d'amitié, MOL. t'ourber. m, (.Vous reculez, lui dis-je en l'interrompant, vous reculez, mon père: vous abandonnez le principe général, pasc. Prov. iv. Poursuis, Néron ; avec de tels ministres Par des faits glorieux tu te vas signaler ; Poursuis; tu n'as pas fait ce pas pour reculer, bac. Brit. v, 0. 11 était dangereux pour vous de reculer, m. Hajaz. v, i . C'est un mauvais orgueil de croire qu'on ne peut avoir tort ; c'est une faiblesse de n'oser reculer, quand on sent qu'on nous a fait faire une mauvaise démarche, mass. Pet. carême, Écueilspiét. grands. Je crois qu'il ne peut plus reculer sur ce point, destouches, Irrésolu, i, 2. Quand il devrait un peu m'en coûter [pour le Corneille avec les commentaires], je ne reculerai pas, VOIT. Lett. d'Argental, '^8 juin. (761. Savoir reculer à propos pour gagner en.suire plus de terrain, d'alemb. Éloges L. Verjus. Il Reculer pour mieux sauter, temporiser pour mieux prendre ses avantages. Si je recule, c'est pour mieux sauter, cyhano de bebg. Pédant joué, IV, 2. On recule souvent, dit-on, pour mieux sauter, TH. CORN. D. Ces. d'Avalos, 11, 1. 1| Il a reculé pour mieux sauter, il a sacrifié un petit avantage présent pour en obtenir plus lard un beaucoup plus grand. || Cela se dit aussi quand, après un mauvais succès, on en obtient un signalé; et, en sens inverse, quand on évite un petit inconvénient pour tomber dans un plus grand. Hll" Il se dit des choses qui ne réussissent pas. Ses affaires reculent au lieu d avancer. || 12° Être ajourné. Le baptême de M. le duc de Chartres recule ; et je ne puis partir qu'il ne soit fait, maintenon, Lett. à l'abbé Gobelin, 3 .sept. («7B. liia- Perdre l'avance qu'on avait. La civilisation recula dans ce pays sous la domination des conquérants étrangers. Qui n'avance pas dans les voies de Dieu recule, mass. Profess. relig. 2. Les Espagnols avancent quand nous reculons ; ils ont fait plus de progrès en deux ans que nous n'en avons fait en vingt, volt. ie<(. d'Argental, 6 mai •(768.(114° Aller plus loin, s'écarter. L'homme a fait reculer peu à peu les bêtes féroces, il a purgé la terre de cesanimaux gigantesques.... buff. Anim. domestiques. \\iS° Différer, éviter de faire. On le presse d'agir, il recule toujours. 11 recula devant une proposition si hardie. || Reculer à, ne pas se soumettre à, craindre de. Hé bien! oui, puis qu'il veut te choisir pour juge, je n'y recule point, MOL. l'Av. IV, 4. Comme je l'avais sur moi, et qu'apparemment je reculais à l'ôter, n'y a-t-il plus rien à mettre, disais-je, est-ce là tout? Marivaux, Marianne, 3' part. || Il ne recule à rien, il n'est aucun travail qu'il n'accepte. Je ne recule à rien, tout tombe sur mon dos, hauteroche, Deuil, se. 9. Il La Fontaine a dit dans ce sens: reculer de. Avant le coup demandez la cédule: De la donner je ne crois qu'il recule, la font. Sav. || Il n'y a plus moyen de reculer, il n'y a plus à reculer, on ne peut plus échapper, différer. Mes révérends pères, il n'y a plus moyen de reculer : il faut passer pour des calomniateurs convaincus, et recourir à . otre maxime, que cette sorte de calomnie n'est pas un crime, pasc. Provinc. iv. Comment lui déclarer votre mariage T cependant il n'y a plus à reculer, d'allainval, Éc. des bourg, i, 2. || Reculer trop loin à, trop différer. Ayant rejeté les yeux sur votre lettre, j'ai vu qu'elle était datée du 7 courant, et que ce serait reculer trop loin à vous faire connaître que je l'ai reçue, corn. Lett. au P. Boulard, 30 mars I6B2. Il 16' .Se reculer, v. réfl. Aller en arrière, s'écarter. Et pour la décevoir, il use d'une feinte. Se recule en passant, et se laisse frapper, mairet, Jf. d'Asdrui). v, (. Les premiers jours, il fallait voir comme elle se reculait d'auprès de moi, et puis elle reculait plus doucement, et puis petit à petit elle ne reculait plus, mariv. Double inconst. i, 6. Il 17' Être différé. C'est toujours dans cette vue de vous plaire que je me conserve et que j'ai soin de moi, étant très-psrsuadée que l'heure de ma mort ne se peut ni avancer, ni reculer, sÉv. 3(8. Le retour du roi se recule toujours, id. ("juillet (67«.
— HIST. xu" s. Guidiez vos ore qu'alasse reculant? Je nel feroie porl'onor d'Abilant, Li coronemens Looyt, V. 2438. Plus d'une archiée ont païen reculé. Bat. d'Àleschans, v. B866. || xiir s. L'en doit bien reculer pour le plus loin saillir, Berle, xiii. Et fist le llun escluseret reculer contremont, Chr. de Hains, (02. Chascuns Turs de bien faire moult formenl.se pena, Dusqu'au chief d'une rue nos François recula, Ch d'Ant. VI, »I9. Si brisa leur navie (contre une lie], et péril grand multitude de l'ost, si que il n'en escliappa que environ xxx mille hommes, qui se reculèrent [réfugièrent] sur ceste isle, marc pol p. 646. Il xiv s. Kl les eirus.jues légions n'ont mie'
reculé, bercheure, f 44, recto. || xv «. Ils ressoignent et reculent, car ils nesont pas genspourcomhattre à nous, fboiss. 1,1, (2i. Ils se reculèrent dr.dt vers les seigneurs, comm. i, ((.Il [Louis XIJ reoulla de luy toutes gens que ilavoil acoustumé, lu. vi, 7. Il xvi° s. Hz reculoienl tousjours à mettre la main àl'œuvre, AMïOT,Cam. B2. Les ennemis s'espouvanterent si fortqu'ilz reculèrent arrière.... ilenfit fou r les uns jusques aux plus reculez paniers de la ville, les autres de frayeur se rendirent, m. Cor. (O. Hz se retirèrent en reculant pas à pas en arrière, ID. Pélop. 69. Il n'yavoil soile de combat à laquelle il reculast, id. Marcel. 2. Toutes choses estoient si prestes, qu'il ne pouvoit reculer à ce vojage, id. Cimon, 34. X mesure que la mémoire leur fournit la chose entière et présente, ils reculent si arrière que leur narration..., mont, i, 34. Le reculer leur estant interdict par la foule, m. 11, 38. Ny noslre hardiesse, nynostre couardise ne la peuvent advancerou reculer [la mort], id. m, 1 3 1. De cheval qui recule au plus tost te délivre, cotgrave. Pour néant recule qui malheur attend, ID. Qui contre esguillon reculeiffeux fois se poind, id.
— ÊTYM. fle..., et culer; wallon, reskoulé; bourguig. reqweuJat; provenç. etespagn. recutar; liai rinculare.
t 2- RFXULKR (re-ku-lé), ». m. Sorte de lime d'horloger.
RECULONS (\) (re-ku-lon), loc. adv. \\ t' En allant en arrière. Les cordiers filent à reculons. Le travail qui s'est fait à reculons [dans un siège) .... pellisson, Lett. hisl.l. m, p. .132. Les sages quelquefois, ainsi que l'écrevisse, Marchant à reculons, tournent le dos au port, la font. Fabl. xii, (O. On n'a pas la ressource de descendre à reculons, parce que ce couloir se subdivise en plusieurs endroits el qu'il faut avoir la tête en avant, pour voir où l'on s'enfile, SAUSSURF., Fot/. Alpes, t. 1, p. 258, dans pougens. Il Ils sont comme des cordiers, ils gagnent leur vie à reculons, se dit de gens qui font mal leurs affaires. Il Fig. et familièrement. Cette affaire marche à reculons, au lieu d'avancer vers une solution, elle s'en éloigne. Le mariage de notre petite Mme de Rabutin ne va-t-il point à reculons? sRv. I8 sept. • 676. Il 2° Dans une posture où l'on tourne le dos à la route que l'on suit. On l'a remise dans le même tombereau [Mme de BrinvilliersJ où je l'ai vue, jetée à reculons sur de la paille, sëv. 298. Quelque mal de cœur que me causât le balancement de la voiture et cette allure à reculons, j'en souffris l'incommodité , mahmontel, JUém. 11.
— HIST. xiir s. Et Ysengrin escout la teste. Et rechine, etfet lede chiere. X reculons se tretariere, Ben. ((02. ...Cacus ot emblés Ses bues [les bœufs d'Hercule), et les ot assemblés En son recept qui moult fut Ions, Par les queues à reculons, la Rose, (6784. [L'hippopotame] manjue blés de champ, oîi il va à reculons por les agaiz des homes, brun, latini. Trésor, p. (89. || xvi* s. Ce n'est pas merveille si, à reculons, des enfants aux pères, l'affection n'est pas si grande, mont, ii, «9. Comme on dict d'Epimenides, qu'il devinoit à reculons [les choses passées], id. 111, (37.
— RTVM. Bourguig. ai requelon. À reculons et l'ancien d genoillons, qui signifiait à genoux, sont composés l'un de recul, l'autre de genoil, et de la finale on, au pluriel, pour marquer la réitération. À califourchon s'écrivait jadis à califourchons.
t RKCCLTIVER (re-kul-ti-vé), v. a. Cultiver de nouveau.
— HIST. xvi* s. Recultiver, cotgrave.
t RÉCUPËRATION ( ré-ku-pé-ra-sion ) , *. f.
Action de récupérer.
— HIST. XVI' s. Récupération, oudin, dict.
— ETYM. Ital. recuperazione ; du lat. recuperationem, de recuperare, récupérer.
RÉCUPÉRÉ, ÉE (ré-ku-pé-ré, rée), part, passé de récupérer. Argent récupéré.
RÉCUPÉRER (re-ku-pé-ré. La syllabe pé prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette: je récupère, excepté au futur et au conditionnel : je récupérerai, récupérerais), v. a. Recouvrer. 11 ne peut récupérer ses avances. || Se récupérer, II. réfi. Se dédommager. Se récupérer de ses pertes. Il Absolument. Il parvint à se récupérer.
— ÉTYM. Lat. recuperore, dont l'ancienne langue a fait recouvrer (voy. ce mot).
t RÉCURAGE (ré-ku-ra-j'), s. m. Action de récurer. |] Chambre où l'on rince les feuilles de fer à blanchir.
RÉCURÉ, ÊE (ré-ku-ré, rée), part. posi« de récurer. Casseroles récurées.
, RÉCURER (ré-ku-ré), V. a. || i' Nettoyer. Récurai
REG
RED
RED
cette marmite avec du tripoli. || I* Terme rural. Ijonner un Iroisirme labour & la vigne.
— HIST. xvr s. Celui qui prend à faire vigneà parlie... s'il n'a rebiné avant vendante, il doit recurer incontinontaprft.ivendaniçe, Couxt.génér.l. i. p. Mi.
— Etym. fie..., et écurer; wallon, ri/iuri'.
t KECUKRENCE (ré-ku-rran-s'), s. f. Terme d'anatomie. Êlat de ce qui est récurrent. La récurrence des nerfs laryngés inférieurs.
t RÉCURRENT, ENTE (ré-ku-rran, rran-t'), adj. il 1° Terme d'anatomie. Qui remonte yers son origine. Artères récurrentes, nom donné à plusieurs artères de l'avant-bras et à une artère de la jambe, ainsi dites parce qu'elles semblent remonter par l'origine du tronc qui leur a donné nai.ssance. Il Nerfs récurrents, nerfs inférieurs du larynx. Il 8° Terme de physiologie. Sensibilité récurrente, sensibilité observée sur les racines antérieures des nerfs rachidiens; si l'on coupe une de ces racines, le bout coupé correspondant à la moelle épinière est irusensible, tandis que celui qui correspond à la périphérie du corps, ne communiquant plus avec l'encéphale, est sensible. || 3° Terme d'algèbre. Série récurrqnte, toute série dans laquelle chaque terme est formé avec un certain nombre de termes qui le précèdent combinés d'après une même loi. Ce même ouvrage renfermait des réflexions sur les séries récurrentes, dont, peu d'années après, il [Daniel Bernoiilli] donna le premier une théorie générale, condorcet, Daniel Bernoulli || 4° Vers récurrent, voy. rétboghade.
— HIST. XVI' s. 11 faut relever les clavicules bien haut, pour mieux demonstrer les nerfs recurrens, PABÉ, II, 5.
— ÉTYM. Lat. recurrmtem, de recurrere, courir en arrière {voy. hecourib).
t RËCCRSOIRE (ré-kur-soi-r'), adj. Terme de palais. Qui donne on recours. Je ne veux pascourir les chances d'une action récursoire contre moi, dans le cas où vous ne pourriez pas payer, rooheb, Uoniteur', 12 avril »867, p. 443, 4' col.
— ÊTYM. Lat. recur.':us (voy. recours).
■j RÊCURVIFOLIÉ, ÉE re-kur-vi-fo-li-é, ée), ad;. Terme de botanique. Qui a les feuilles recourbées de dedans en dehors.
— ÉTYM. Lat. recurvus, et folium, feuille.
t RÉCCRVIROSTRE (ré-kur-vi-ro-str') , adj. Terme de zoologie. Qui a le bec recourbé de bas en haut.
— ÉTYM. lat. recurtJUi, recourbé, et roîtrum.bec. RÉCUSA BLE (ré-ku-za-bl'), adj. jj 1» Oui peut
être récusé. Témoin récusable. Le récit précédent suffit Pour montrer que le peuple est juge récusable, LA FONT. Fabl. VIII, 26. || 2° À qui on est dispensé d'ajouter foi. Et peut-être quelqu'un m'en tiendrai! récusable, corn. D. Sanche, i, 4. Il est vrai que je suis un peu récusable, et que je passe pour être bien indulgent sur ces intérêts, volt. Lett. Urne du Deffant, 24 nov. 1774. || lise dit aussi des choses. Autorité récusable. Que les jugements du public... soient donc, si l'on veut, infaillibles ; mais distinguons-les de son goût, qui parait récusable, VAUVEN. Du goût.
— HIST. xvr s. Pour tous les autres qui ont escript, ils sont recusables, comme s'estants monstrez parties, d'acb. Hist. Préf. B.
t RÉCUSANT, ANTE (ré-ku-zan, zan-t'),s. m. et f. Celui, celle qui récuse un juge, un juré, un témoin, un arbitre, etc. {| Il s'est dit aussi, dans les querelles de religion, de ceux qui rejettent les principes étahlis.
RÉCUSATION (ré-ku-za-sion ; en vers, de cinq syllabes), s. f. Action de récuser. On donna pour commissaires à M. Arnauld ses ennemis déclarés, et l'on n'eut égard ni à ses récusations ni à ses défenses; on lui refusa même de venir en personne dire ses raisons, rac. Hisl. Port-Royal. Le granri nombre de récusations que l'on peut faire en Angleterre, MONTESQ. Esp. XI, 18. L'accusé et le procureur général pourront exercer un nombre égal -de récusations. Code d'instr. crim. art. 401.
— ÉTYM. Provenç. récusation : espagn. recusacton; ital. recusasione ; du lat. recusationem, de recusare, récuser.
RÉCUSÉ, ÉE (ré-ku-zé, zée), part, possède récuser. Un juré récusé par l'accusé.
RÉCUSER (ré-ku-zé), D.o. || l» Refuser un juge, un juré, qu'on soupçonne de partialité. Oue dites-vous de cette modération [de Pussort, qui avait été trèsviolent contre Fôucjuet]? c'est à cause qu'il est Dncle de M. de Colbert, et qu'il a été récusé qu'il a voulu en user si honnêtement, sév. i7 déc. (664. Il faul même que, dans les grandes accusations, le
criminel, concurremment arec la loi, se choisisse des jugos, ou du moins qu'il en puisse récuser un .si grand nombre que ceux qui restent soient censés être de son choix, montesq. Esp. xi, 6. Le duc de Venise, Jean, ayant assassiné un évêque. est accusé devant Charles, et ne le récuse pas pmir juge, voi.T. /Inn. Emp. Charlemaqne, «oa. L'accusé premièrement ou son conseil, et le orocureur général récuseront tels jurés qu'ils jugeront à propos, Code d'instruction cnm.art. 399. || 2° Il se ditaussi d'un témoin, d'un expert contre lequel on allèfçue quelque reproche. Récuser un expert. Dandin : Pourquoi les récuser (des témoins]? — L'intimé : Monsieur, ils sontdu Maine, bac. Plaid, m, 3. || Fig. Vos services, mes yeux, le trouble de votre âme. L'exil que mon hymen vous devait imposer , Sont-ce là des témoins, seigneur, à récuser? corn. Pulch. v, ». || 3" Il se dit pareillement de toute personne dont on rejette l'autorité, le témoignage. Des philosophes ne doivent pas récuser Bayle, volt. Phil. ignnr. 24. Il i" Il se dit de même, en parlant d'un témoignage, dune autorité. Madame, il» ne vous croiront pas ; Us sauront récuser l'injuste stratagème D'un témoin irrité qui s'accuse lui-même, rac. Brit. m, 3, En croirai-je la prévention et la flatterie, qui publient hardiment votre mérite? elles me sont su.spcctes, je les récuse, labruy. ii. Elle cherchait à se tromper elle-même, et à récuser le témoignage de ses yeux, J. J. Bouss. Hél. vi, )t.l| 5° Se récuser, ». réfl Déclarer que l'on n'est pas compétent pour juger une cause, trancher une question. M. de la Salle, ce M. de la Salle, conseiHer à la cour de Toulouse, qui était si persuadé de l'innocence des Calas, et qui les a fait rouer en se récusant, est-il à Paris? VOLT. Leit. d'Àrgenlal, *o janv. 1763.
— HIST. xiii* s. Et dura la bataille une nuit et deux jorz sans reuser, et toz joiz fu li rois en mi la bataille, ilferJm,f° 70, rec(o. || xiv* s. Sans ce qu'il y eusl nul qui 'recusast, berchkurk, f" 67, verso. 11 fuient et récusent ou heent [haïssent] deshonneur ou damage, 0RESMK,r/ièsc de meunier. || xvi* s.Lesloix des Grecz saiges et vertueuses, De deshonneur les jeunes accusoient, Quand au travail ou douleur recusoient, marot, vi, 250. Cela fut cause de faire récuser Caton à juge, avant qu'il donnast sa sentence, AMïOT, Pomp. 80.
— ÊTYM. Provenç. et espagn. recusar; ital. ricusare\ du lit. recusare, de re, en arrière, et eusare, pousser, fréquentatif de cudere, battre, frapper.
RÉDACTEUR (ré-da-kteiir), .«. m. (| l" Celui qui rédige. Le rédacteur d'un procfs-verbal, d'un journal. Si le rédacteur de ce roman avait eu la moindre étincelle d'esprit, volt. Phil. Ex. milord Bolinghr. 32. || /Iji /i'mmtn (qui n'est pas donné par l'Académie). La rédactrice de ce feuilleton. |{ 2" Rédacteur se dit, dans certaines administrations, d'emfiloyés qui sont particulièrement chargés de la rédaction des rapports, des réponses. || 3° Terme de chemijt de fer. Nom des ouvriers emballeurs chargés de mettre les suscriptions aux colis.
— REM. Rédacteur est un néologisme du xviii* siècle ; il ne se trouve dans le Dictionnaire de l'Académie qu'à partir de l'édition de (7«2.
— ÉTYM. Lat. redactum, supin de redigere, rédiger (voy. rédiger).
RÉDACTION (ré-da-ksion ; en vers, de quatre syllabes), s. f. || 1° Compilation de plusieurs clioses dans un ordre qu'on leur donne entre elles. La rédaction de la Coutume de Paris. ||2° Action de rédiger. La rédaction d'une loi. De toutes les choses humaines, je n'en connais qu'une où le despotisme soit non-seulement bon, mais nécessaire : c'est la rédactiçn ; et ces mots comité et rédaction huilent d'efl'roi de se voir accouplés, «irabead, Collection, I. II, p. 32. Damoville avait été chargé de la rédaction d'un journal, genlis, Veill. du chdt. t. MI, p. 95, dans POUGENS. I) Chose rédigée. Corrigez cette rédaction qui est incorrecte, [j 3' Ensemble des rédacteurs d'un journal. || Salle où s'assemblent les rédacteurs. Aller à la rédaction.
— ÉTYM. Voy. rédacteur. On trouve un verbe redacter, dans le Coiist. gén. t. i, p. 341.
REDAN (re-dan), s. m. |{ 1" Retranchement simple composé de deux faces qui se coupent en formant un angle saillant. Les deux tranchées ont des places d'armes fréquentes et des communications par des lignes et des redans parallèles à la place, PEi.LissoN, I.etl. hist. t. m, p. 7. Ils vous étourdissent de flancs, de redans, de ravelins, de fausses braies, de courtines et de chemins couverts, la BRUY. XII. Il Ligne à redans, retrancliement à intervalles ou continu composé de redans, ou de redans et de lignes droites. Il Batterie i redans, batterie
dont la crête intérieure est brisée de manière i former des angles saillants et des angles rentrants. Il 2" Ressauts que l'on fait de distance en distance, en construisant un mur sur un terrain en pente, pour conserver le niveau. || 3° Par analogie, il se dit de la disposition d'un terrain, de montagnes en redans. Je lui faisais observer les redans des montagnes dont les angles correspondants et parallèles foiment dans l'espace qui les sépare un lit digne du fleuve qui le remplit, j. j. rolss. Hél. iv, I7. Â chaque redan du rocher croissaient des touffes de chênes nains, des buis et des lauriers-roses, chateaubr. Itin. part. ». || 4" Gradin d'un banc d'ardoise en exploitation. || 6" Terme de marine. Se dit des entailles faites en sens opposés, dans deux pièces qu'on veut rendre solidaires l'une de l'autre.
— HIST. XVI* s. Redent, cotgrave.
— ÊTYM. L'orthographe redent donne aussitôt l'étymologie ; re, et dent, ouvrage à dents. Pellisson écrivait au.ssi redent.
t REDANSER (re-dan-sé), v. a. Danser de nouveau. El comme on le voulait obliger à redanser le ballet, n'ABLANC. Lucien, De la danse.
tREnARDER(re-dar-dé), t). a. Darderde nouveau.
— HIST. xvr s. Redarder, cotgrave. RÉDARGUÉ, ÉE (ré-dar-gu-é , ée), pari, passe
de rédargiii'r. Rédargué par ses supérieurs.
RÉDARGUER (lé-dar-gii-é), je rédarguais, nous rédarguions, voUs redarguiez ; que je rédargué, que nous rédarguions, que vous redarguiez, v. a. Terme vieilli. Blâmer, reprendre.
— HIST. XIV* s. Et après il en sont redargués et repris, oresme, Eth. 125. ||xv*s. Tu qui defl'endoies jadis, Comme docteur, de femme prendre, Par esoriptiire et par tes dis Monstrant les penils d'y descendre, Te voy celé doleur emprendre En redarguant ta parole, v.. desch. Poésies ms. t° 46i.
1 XVI* s. Nous ne pouvons pas tellement prétendre ignorance, que nostre propre conscience ne nous redaigiie tant de paresse que d'ingratitude, calv. Inslit. 26. Tant y a que, Michel Servet dès lors commençant à semer de ses erreurs, Calvin ne refusa pas de conférer avec lui pour essayer de le réduire, ou bien pour le convaincre et redarguer par la parole de pieu, bêze, Vie de Calvin, p. 22.
— ÉTYM. Prov. redarguire; espagn. redarguir ; ital. redarguire; du lat. redarguere, de red ou re, et arguere (voy. arguer).
REDDITION (rè-ddi-sio;i ; en vers, de quatre syllabes), s. f. Il 1" Action de rendre. {| 2* Action de rendre une place à ceux qui l'assiègent. Hier matin arriva la nouvelle de la prise de Saint-Guilain, ou, pour mieux dire, de la reddition, prllisson, Lett. hist. t. III, p. 300. Ils envoyèrent des députés pour traiter, avec Philippe, de la reddition de leur ville, hollin, llist. anc. (£«11. t. viii, pi 205. || 8* Reddition de compte, action de présenter un compte pour qu'il soit examiné. || Il se dit aussi pour rendre compte, exposer. Votre lettre est une confession , ou du moins une reddition de compte à son directeur, MAiNTENON,/,eM. à Mme de la Viefville, i*'mai (707.
— HIST. XV* s. Es redditions d'iceulx comptes, DO GANGE, referendarius . || xvi* s. En la reddition des comptes de ceste charge là, amyot, Péricl. *3. Accusé de trahison pour la reddition du fort de Pyle, iD. Cor. 19.
— ÉTYM. Lat. redditionem, de reddere, rendre (voy. rendre).
fREDÉBATTRB (re-dé-ba-tr'), v. a. Débattre do nouveau.
— HIST. XVI* s. Redebatre, cotgrave.
t REDÉBUTER (re-dé-bu-té), v. n. Débuter do nouveau. On a fait redébuter cette actrice àl'Odéon.
t REDÉCUAUSSER (ré-dé -chô-sé), v. a. Déchausser de nouveau.
— HIST. XVI* s. Ou'au bout d'autres deux ans, les arbrisseaux , redeschaussés, soient couppés de leur mère et comme sevrés, 0. de serres, «73.
t REUÉCORER (re-dé-ko-ré), v. a. Décorer do nouveau.
— HIST. xvi* s. Redecorer, cotgrave.
t REDÉDIER (re-dé-di-é), v. a. Dédier de nouveau. Il Redédier une église, la rebénir après une profanation.
— HIST. xvi* S. Rededier, cotorave.
REDËFAIRG (re-dé-fè-r'), v. a. Il se conjugue
comme faire. Défaire de nouveau. Refaire et redéfaire un ouvrage.
— HIST. XVI* s. Ce qui est a esté, et cela qui doit estre, De ce qui est passé doit recevoir son estre: Le fait sera desfait et puis sera refait. Et puis estant refait se verra redesfait, bons. 811.
— ÉTYM. Re.:., et défaire : wallon, ridfi.
RÉD
REDÉFAIT, AITE (re-dé-fè, fe-t'); part, passé de redéfaire.
t RKDÉFIER (re-dé-fl-é), e. a. Défier de nouveau.
— HIST. XVI' s. Redesfier, cotgrave.
t REDÉJEUNER (re-dé-jeu-né), v. n. Déjeuner do nouveau.
t REDÉUBÉRER (re-dé-li-bé-ré>, v. n. Délibérer de nouveau.
— HIST. XVI» s. Redeliberer, cotgravk.
t RÉDELIN (ré-de-lin), *. m. Sorte de bateau en usage sur le Rhin, d'après st-sim. 22, 267.
t REDEMANDAGE (re-de-man-da-j'), s. m. Rappel, devant le public, des acteurs qui viennent de jouer leur rôle.
REDEMANDÉ, ÉE (re-de-man-dé, dée), part, passé de redemander. Voulez-vous sur la scène lUaler des ouvrages Où tout Paris en foule apporte ses suffrages,' Et qui, toujours plus beaux , plus ils .sont reg.'irdés, Soient au bout de vingt ans encor redemandés, boil. Art p. lu.
REDEMANDER (re-de-man-dé), v. a. \\ 1° Demander de nouveau. Votre hardie.sse à redemander d'être servi faisait sa récompense; son sublime amour-propre n'en connaissait point de plus touchante, MARiv Marianne, B* part. || 2° Demander la restitution d'une chose. C'est là, selon le langage (le l'Évangile, que Dieu redemaui'e tout, et qu'il fait tout pay^r jusqu'à un denier, BOUiinAL. Pensées, t. m, p. H4. Je deviens parricide, assassin, sacrilège ; Pour qui? pour une ingrate à qui je te promets.... et quand je l'ai servie. Elle me redemande et son sang et sa vie [de Pyrrhus assassiné], hac. Andr. v, 4. Le pape ordonna que la congrégation qui en était chargée [d'une affaire sur le calendrier grégorien] consultât M. Cassini ; l'Italie semblait redemandera la France ce qui venait d'elle, fontkn. Cassini Insensé, on va peut-être au premier jour vous redemander votre âme, mass. Carême, Délai. Allons redemander à ces murs abattus Des souvenirs plus doux, des ombres plus heureuses, Lamartine, JPrem. Méditations, Baia. || Il se dit aussi en parlant des personnes qu'on redemande. Lui seul [un médecin] y fit longtemps la publique misère: Là le fils orphelin lui redemande un père, boil. Art poét. iv. Je vous redemandais à vos tristes États, hac. Bérén. l, 4. Tarquin.... N'a pas même aux Romains redemandé sa fille, VOLT. Brut, m, 6. |j Dans le langage biblique, redemander le sang, punir un meurtre. 11 mourra dans son péché ; et la mémoire de toutes les actions de justice qu'il avait faites sera effacée ; mais je vous redemanderai son sang, saci, Bible, Êzéchiel, m, 2<>.
— HIST. XII' s. Et cil lui redemande puis : Dameisele, sevos ilaigniez Ces deux voies nous enseignier, la Charrette, 676. {| xiii' s. Li demaiuleres ne pot jamés redemander celé coze qu'il a perdue, beaum. VI, '20. Il XIV" s. La meisme semblance de périls redemandoit l'aide que il leur avoient donné, beb- CHEURK, f" 58, verso. Il XVI' s. [Contre la mort volontaire] les loix nous redemandent compte de nous pour leur intere.st^ et ont action d'homicide contre. nous, mont, ii, 26. Quand le philosophe Diogenes avoit faulte d'argent, il disoit qu'il le redemandoit à ses amis, non qu'il ledemandoit, ID. 1, 2<6.
— ÉTYM. Re...,et demander; wallon, redmandé; provenç. redemandar.
t REDÉMETTRE (SE) (re-dé-mè-tr') , v. réfl. Être luxé de nouveau. Le duc de Coislin quitte prise et remue sa main ; c'est que son pouce s'était redémis, ST-SlM. uo, (84.
f Ria)ËMOLIR (re-dé-mo-Iir), ». a. Démolir de
— HIST. XVI' s. Redemolir, cotgrave.
RÉDEMPTEUR (ré-dan-pteur), s. m. || 1° Terme
de théologie. Celui qui a racheté le genre humain. La religion chi'ctienne, qui consiste proprement au mystère du rédempteur, qui, unissant en lui les deux natures humaine et divine, a retiré les hommes de la corruption du péché pour les réconcilier à Dieu en sa pers(mne divine, pasc. Pens. xi, 10 bis, éd. HAVET. Il n'y a point de rédempteur pour les païens, car ils n'en espèrent pas seulement; il n'y a point de rédempteur pour les Juifs, ils l'espèrent en vain ; il n'y a de rédempteur ique pour les chrétiens, ID. tb. XV, 4 1 . Ils [Jésus -Christ et les apôtres] nous ont appris que les ennemis de l'homme sont ses passions ; q ue le Rédempteur seraitspirituel et son règne spirituel; qu'il y aurait deux avènements : un de misère, pour abaisser l'homme superbe, l'autre de gloire, pour élever l'homme humilié, i». ib. xvi, 7. Il 2" Se dit des religieux de la Merci qui vont racheter les captifs. Il 3° Ordre du Rédempteur, ordre
RED
fondé parV. de Gonzagiie, ducde Mantoue, en 1808. On l'appelle aussi ordre de .Saint-André et ordre du Précieux Sang. || 4" Hédempleur trice, adj. Qui opère la rédemption. [Tous] au nom du saint pasteur Ont porté vers leur front le signe rédempteur, P. lebuun. Voy. de Grèce, viii, 5.
— ÉTYM. Provenç. redémpfor; espagn..redeiUor ; ital. redentore; du lat. redemptorem, de redimere (voy. rédimer).
RÉDEMPTION (ré-dan-psion ; en vers, de^ quatre syllabes), s. /■. || 1° Terme de théologie. Rachat du genre humain par Jésus-Christ. Le Fils de l'homme n'est p.is venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie pour la rédemption de plusieurs, Saci, Bible, Êvang. St Math, xx, 28. La foi chrétienne ne va principalement qu'à établir ces deux choses: la corruption de la nature et la rédemption de Jésus- Christ, PASC. Pensées, ix, t, édit. havet. J'ai vu sa main iléfaillante chercher encore en tombant de nouvelles forces pour appliquer sur ses lèvres ce bienheureux signe de notre rédemption [un crucifix], r,oss. Duchesse d'Orléans. Ce même sang qui devait être la ressource de tout Israël et leur rédemption, est devenu, selon qu'ils s'y étaient euxmêmes condamnés, leur perte et leur destruction, BOUBDAL. Kxhort.sur lejug. du peuple cnnire J G. t. Il, p. 59. Il 2° Rédemption ou remède de l'âme, nom donné dans les anciens textes au secoursque le mort reçoit de ses bonnes œuvres ou desactes et prières de ceux qui lui survivent. || 3° La rédemption des captifs, le rachat des chrétiens au pouvoir des infidèles. Il II y a deux ordres de la Rédemption descaplifs: l'un nommé autrementdelaTrinité, et fondéversl'an (200 par Jean de Matha, gentilhomme provençal ; l'autre, dit autrement de la Merci, fondé en <228 par Pierre de Nolasque, gentilhomme du Languedoc, Raymond de Rocliefort, et Pierre, roi d'Aragon. Ils reviennent d'Alger, où les pères de la rédemption les ont été racheter, lesage, Diable boit. t». Il 4° Rédemption, nom des anciens établissements des jésuites au Paraguay. Les conventuelles rédemptions des jésuites dans le Paraguay ne me paraissaient pas propres à représenter un peuple usantde toutes ses facultés physiques et morales, bebn. de ST-p. Pr. à VArcadie.WS' Action de rédimer, ou son résultat. La rédemption d'un droit.
— HIST. XII' s. Il chantad e prophetizad de l'incarnatiun nostre Seignur et de la nostre redemptiun, Rots, p. 2)0, Il xiu's. Puis fuprise la sainte croix de no rédemption , et fu commandée au chapelain Phelippe pour chou [ce] que il la portast, n. de VALENC. VI. Lors se recorilerent que Dieux estoit leur aide et leur secours et leur redemptio'ns. Psautier, f" 94. || xV s. L'argent de la rédemption [de la ville] vint au profit du duc de Lancastre; le mareschal en otmille francs, peoiss. ii,iii, 3». || xvi* s. Il a esté le conducteur du peuple en la rédemption d'Egypte, CALv. Inst. 32t. Il fit argent de tout pour la rédemption et nourriture des poures, id. ib. «62.
— ÉTYM. Provenç. redempcio : espagn. redencion; \Ia]. redengione ; du lat. redemptinnem ; voy. rédempteur. Rédemption est la forme calquée mécaniquement sur le latin dès le xii' siècle ; mais il en est une autre qui est organique, c'est raançon, aujourd'hui rançon (voy. ce mot).
t RÉDEMPTORISTE (ré-dan-pto-ri-sf), s. m. Membre de l'ordre du Rédempteur ou de celui de la Merci.
t REUÉNONCER (re-dé-nôn-.sé. Le c prend une cétiille devant o et o : redénonçant), e. o. Dénoncer de nouveau.
— HIST. xvi' s. Redenoncer, cotgrave.
t REDÉPÊCIIER (re-dé-pê-ché), V. a. Dépêcher de nouveau; renvoyer un homme vers l'endroit d'où il vient. Il y a eu avant-hier un courrier de M. le Prince, qu'on a redéfiêché aujourd'hui, pf.llisson, Lett. hist. t. Il, p. B8. Oubliez la pièce, renvoyez-la moi; je vous la redépêcherai sur-le-champ, volt. Lett. d'Argental, 27 nov. )76i. || Absolument. Redépêchez-moi en toute diligence, Utt. de Louis XIV, dans Lettres, etc. de Colbert, vi, 3)8.
— HIST. XVI' s. M. le prince de Condé avoit jà mandé à M. d'Andelotde retourner en diligence; il lui redepescha encore pour le haster, craignant que le lendemain on ne le vinst rattaquer, langue, 62);
t REDÉPOUILLER (re-dé-pou-Ué, Il mouillées), V. n. Dépouiller de nouveau.
— HIST. xiir s. [La roche] Aucunes fois se redespoille De l'iauve qui toute la moiUe, la Rose, 6953. Il XVI' s. De trois en trois ans est le droict tailler de ces arbres aquatiques, aiant, dans ce temps-là, rejette à suffisance pour les redespouiller, o. de
serres, 8f0.
t REDÉRAN6EB (re-dè-ran-j*. Le g prend un 4 devant o et o : redérangeant), d. a. Déranger de nouveau. J'avais rangé tout cela d'une autre façon et même pour l'amour de vous; mais votre litière me redérange tout, sÉv. 27 avril )67l.
REDESCKNDRE (re-dè-san-dr'), v.n. || 1' Descendre de nouveau. Il est monté d.ins sa chambre, il va redescendre. || 2° Descendre après s'être élevé. Le baromètre redescend. Redescendez, mes yeux, des célestes campagnes, lamart. Harm. i, lO. ||Fig. Tel est capable d'arriver aux plus hautes connaissances, qui n'est pas capable d'y conduire, les autres, et il en coûte quelquefois plus à l'esprit pour redescendre que pour monter, fonten. Bernoulli. Veux-tu qu'au rang du peuple on fasse redescendre Tous ces grands noms dont Rome a conservé la cendre? m. j. chén. Gracques, ii, 3. Après des lettres déchirantes où le cœur de Lovelace semble torturé par les furies de l'cnler, on l'a vu retomber à .ses joies profanes, à ses plaisanteries scandaleuses; on l'a vu redescendre à lui-même, villemain, Lilt. franc, xviii* siècle, i" leçon. Il 3° Terme de marine. On dit que les vents redescendent, ou simplement , qu'ils descendent, lorsqu'ils changent dans la direction du nord vers le sud. Il 4° V. a. Mettre de nouveau plus bas. Redescendez ce tableau. ||S° Parcourir en descendant. Redescendre une montagne, un escalier, des degrés, une rivière.
— HIST. XVI' s. Redescendre, coïgrave.
REDESCENDU, UE (re-dè-san-du, due), part.
passé de redescendre. Le baromètre redescendu annonçait la pluie.
fBEDÉSIRER (re dé-zi-ré), v. a. Désirer de nouveau.
— HIST. xvi' s. D'autres, au contraire, après .s'estre repus de la viande, non pour n'en retaster, mais pour en redesirer de diverse..., langue, b20.
f REDESSINER (re-dè-si-né), v. a. Dessiner de nouveau. Dessiner ce globe, le redessiner, j.j.rouss. Ém. III.
t REDÉTRUIRE (re-dé-trui-r'), v. a. DéUuire de nouveau.
— HIST. xnr s. Quant est destruis, por redestruire.... Partenopex, ms. f" <43, dans lacubnk.
REDEVABLE (re-de-va-bP), odj. || l" Qui doit encore après un payement fait. Il m'est redevable de peu de chose || 2° Par extension, il se dit d'un débiteur quelcoiii|ue. Il m'est redevable de six cents francsque je lui ai prêtés. || 3° Fig. Qui a obligation à quelqu'un. Jamais à son sujet un roi n'est redevable, corn. Cid, II, ). Je sais combien l'Eglise est redevable à leurs ouvrages, pasc. Proi;. xvi. Aux uns [des dieux] ils [les hommes] croyaient être redevables de la sérénité de l'air et d'une heureuse navigation; aux autres, de la fertilité des saisons, MASS. Avcnl, Circoncision. Si on ne voit plus sur la scène César et Ptolomée, Athalie et Joad, Mérope et son filsentourésetpressésd'une foule déjeunes gens, si les spectacles ont plus de décence, c'est à vous seul qu'on en est redevable, volt. Ecossaise, Ép. à Lauraguais. Je n'ai point dit que les sciences fussent plus redevables aux Français qu'à aucune des autres nations; j'ai dit .seulement, et cela est vrai, que l'astronomie physique leur est aujourd'liui plus redevable qu'aux autres peuples, d'alemb. Lett. à Voltaire, )3 mai )7B9. Le cardinal Alberoni, dont la fortune a été si brillante, en était redevable à Campistion, ID. Éloges, Campistron. \\ 4° Qui est tenu à certaines obligations. Ce domestique m'est redevable de son travail, mais je lui suis redevable de mon zèle [pour le soin de sa conduite] ; il me doit une espèce de service ; et moi je lui en dois une autre, bourdal. Dimanches, t. ii, p. 47, Soin des domestiques. Quoique saint Louis se crût redevable à tous, il pensa qu'il était encore plus obligé d'avoir soin des pauvres , fléch. Pattcg. Saint Louis. Ils [les justes] savent qu'ils ne sont redevables qu'à la vérité, mass. Carême, Mélange. Plus on est grand, plus on est redevable au public, m. Pet. carême , Tentât, des gr. || 5° S. m. et f. Celui , celle qui redoit une certaine somme. L'administration avertit les redevables de payer. 11 est notre redevable. |{ Fig. Celui, celle qui a ur.e obligation à quelqu'un. Philippe lui répondit que nonseulement d l'écouterait, mais encore se tiendrait grandement son redevable, malh. I,e xxxiii' livre de T. Livc, ch. 35. Vous ne pouviez donner celte place à personne qui s'en tînt votre redevable en un plus haut point, corn. Disc, d l'Acad. franc. Mais l'homme charitable est des pauvres aimé. Et de tous ses amis en fait ses redevables, racan. Psaume 36. Moi, madame, qui suis votre redevable
RÉD
par tant de titres, maintenon, Leit. à Mme Fouquet, * sept. «659.
— HIST. Xï* s. Et comme il soit de bonne coustume ancienne et comme redevable, les roys estre conseillés par les prélats, christ, de pisan, Charles V, I, iR. Il XVI* S. Tousjnurs prest à faire de bien en mieuxpour ceux qui luy estoient redevables, afin de les entretenir en sa dévotion, amïot, Flamin. t.
— ËTYM. Hedevoir.
REDEVANCE (re-de-van-s'), ». f. Rente, somme payable à termes fixes. Redevance en argent. Redevance en nature. Il me faut des terres, des hois, des gardes, des redevances, des honneurs seigneuriaux, J. J. Bouss. Ém. IV.
— HIST. xiM' s. Et se il ne sont haubanier, il doivent les redevances du mestier comme forains, Liv. des met. b. L'eir (l'héritier] deit faire au seignor.... (juanquele fié deit dehomage et deservise, et totes les autres redevances que le fié deit, Ass. de J. I, 222. Donc ne porroit nulz dire, tant fust enlangagiez [habile à parler], En com grant redevance homs estoil engagiez [par le péché], j. de meuno, Test. )3:i.
— f.TYM. Redevoir.
REDEVANCIER, 1ÈRE (re-de-van-sié, siè-r'), ». m. et/". Celui, celle qui est obligé àdes redevances.
REDEVENIR (re-de-ve-nir) , v. n. Il se conjugue comme devenir || 1* Devenir de nouveau. X mesure quejecontinue ces remèdes, majambercdevientdans son naturel, sans douleur, sans contrainte, sf.v. t7 juin 4885. Si vous redeveniez amoureux de Florise, GBESSET, Méch. iv, 9. Étes-vous heureux? — Je l'étais avant de vous connaître; mais je ne puis le redevenir, genlis, Hères riv. t. ii, p. 95, dans pouGENS. Jeté 'en Europe par un coup de la fortune, entré dans la carrière des armes, trop noble pour lui, il [un renégat] est redevenu extérieurement chrétien, CHATEAUBB. iVatc/t. liv. 111. || i' Devenir, même pour la première fois, tel qu'on était en germe. Je suis ce qu'il plaît aux hommes tant qu'ils peuvent agir sur mes sens ; mais, au premier instant de relâche, je redeviens ce que la nature a voulu, J. J. RODss. Promen. 8. Cet enfant qui pleurait redevint un héros. Et son dernier regard fît pâlir ses bourreaux, c. delav. Vêpres ticil. i, 2. || 11 se conjugue avec l'auxiliaire être.
— HIST. xiii* s. Kt seiche redevint l'olive, Qui doist estre empoignant et vive, la Rose, B992.
— ËTYM. Re..., et devenir; wallon, ridiini. REDEVENU, UE (re-de-ve-nu, nue), part, passé
de redevenir. Les compagnons d'Ulysse, changés en bêtes, puis redevenus hommes.
I REDÉVIDER (redé-vi-dé), V. a. Dévider de nouveau. || Fig. C'est une vérité; je vous parcours, je vous dévide, je vous redévide; je passe par mille endroits tristes, fâcheux, d'autres doux et sensibles, sKv. à Urne de Grignan, 2) mai 1680.
— ÉTYM. Re..., et dévider; wallon, ridvôti. REDEVOIR (re-de-voir), v. a. 11 se conjugue
comme devoir. Etre en reste, devoiraprès un compte fait. Il m'avait fidèlement envoyé mon petit bapagp, quoique je lui redusse assez d'argent, J. J. Rouss. Confess. iv. || Fig. Si ces dieux dont un jour tout doit être la proie Se montrent trop jaloux de la fatale soie Que vous leur redeve^, j. b. houss. Odes, in, 4. Ce prix.... acquittera tout ce que mon cœur redoit au vôtre, j. j. bouss. Hél. vi, 6.
— HIST. XII* s. Et il comhatre se redurent. Brut, 39, dans I.ACURNE. Il iiii* s. Moult redoit estre famé liée [joyeuse], Quant ele a s'amor emploiée En biau valet cortoi.-i et sage, la Rose, 837).
— ÉTYM. Re..., et devoir; wallon, ridveur.
t REDGEB (rè-djèb), s. m. Nom du 7* mois de l'année arabe.
RÉDHIBITION (ré-di-bi-sion), s. f. Terme de jurisprudence. Action par laquelle l'acheteur peut faire annuler la vente d'une chose défectueuse.
— ÊTYM. Lat. redhibilionem, de redhibere, ravoir, de red ou re, et habere, avoir.
KËDHIBITOIRE (rédi-bi-toi-r'), adj. Qui concerne la rédhibition. La garantie que le vendeur doit à l'acquéreur a deux objets: le premier est la possession paisible de la chose vendue; le second, les défauts cachés de cette chose, ou les vices rédhibitoires, Code Nap. art. (625. L'action résultant des vices rédhihiioires doit être intentée par l'acquéreur dans un bref délai, suivant la nature des vices rédhibitoires et l'usage du lieu où la vente a été faite, tb. a-t. 4648. (| Cas rédhibitoires, nom des maladies ou défauts dont l'existence est une cause de nullité pour la vente d'un animal domestique. Il Fig. Il se ilil dans le langa;;e général comme excuse que l'on donne de ue pas l'aire quelque chose.
REI
— HIST. Tiv* S. Action redhibiloire, comme quand, après aucun marché fait, on trouve qu'il y a vice ou fraude en la chose, boutbiller, Somine rural, p. t!'3, dans LACDUNR.
— ÊTYM. L;it. redhibitorius (voy. rédhibition). tREDICTF.R (re-di-ktéj, v. a. Dicter rie nouveau.
— HIST. XVI" s. Je redicterois plus volontiers encores autant d'Essais que de m'assujeltir à resuyvre ceulx-ci pour cette puérile correction, uont. iv, 92.
t REDIFFAMER (re-di-ffa-mé), v. a. Diffamer de nouveau.
— HIST. xvi* s. RedifTamer, cotgrave.
RÉDIGÉ, ÉE{ré-di-jé, jée), part, passé de rédiger.
Procès-verpaux des séances rédigés par le secrétaire. RÉDIGER (ré-di-jé. Le g prend un e devant o et 0 ; rédigeant, rédigeons), v. a. \\ 1° Compiler et mettre en ordre. Rédiger les ordonnances de nos rois, lia* Réduire un écrit, un discours à ce qu'ils ont d'essentiel, les mettre en moins de paroles. [Fonteiielle] ayant rédigé en français, avec un grand succès, la savante Histoire des oracles de Van Dale, les jésuites le parsécutèrcnt, volt. Hél. lilt. Lett. au prince de "",\-u, Funtenelle. 113° Mettre par écrit avec ordre et suite. Vous rédigerez ce qui a été dit dans la séance. Rédiger un article, un feuilleton. L'abbé Gérard, qui rédigea, dans l'onzième siècle, la vie d'Abeilaid, abbé de Corbie, DUCLOS, Œuvr. t. IX, p. 245. Il 4° Rédiger un journal, y faire les principaux articles, et aussi diriger le reste de la rédaction.
— HIST. xvi* s. Et poiirce que nous sommes maintenant au principal poinct de la matière, rédigeons [réduisons] la chose sommairement, calv. Inst. 2)5. Le feu bruslera et rédigera en cendres le cors et les os, bab. Pant. m, 62. Pourquoy les Lacedemonien^ ne redigeoient par escript les ordonnances de la prouesse, et ne les xionnoient à lire à leurs jeunes gents, mont. i. )87.
— ÉTYM. Lat. redigere, de red ou re, et agere, pousser, conduire.
RËDIMË, ÉE (ré-di-mé, mée), part, passé de rédimer. || Villes rédimées, en matière de contributions indirectes, villes où l'exercice est supprimé, grâce à la conversion des droits de détail et d'entrée sur les boissons en une taxe unique aux entrées, et, en matière de contributions directes, villes où le montant de la contribution personnelle et mobilière est acquitté, en tout ou en partie, par un prélèvement sur le produit des octrois. || Débitants rédiniés, ceux qui payent à l'arrivée le droit de consommation sur les eaux-de-vie, esprits ou liqueurs, et sont ainsi exemptés des exercices; pour en être exemptés au sujet du vin ou du cidre, il faut être abonné.
RÉDIMER (SE), V. réfl. Se racheter, se délivrer. Les païens, gentils et idolâtres.... ne peuvent en nulle façon s'être rédimés de la peine du péché originel, LA M THE LE VAYER, Vertu des païens, i. État de la loi. 11 fit cette donation pour se rédimer de son vreu, patbu, Plaidoyer 3. En )762, le feu roi de Sardaigne abolit dans tous ses États cet esclavage chrétien [ le servage de mainmorte , sous les abbayes].... il prêta même de l'argent à tous les colons qui n'en avaient pas pour se rédimer, volt. Lett. Dupont, 2a févr. )776. || Il se dit de poursuites judiciaires, de vexations. La ville prise se rédima du pillage par une forte contribution.
— HIST. xiii' s. Et prisent [ils prirent] consel entre aus [eux], qu'il envoiieroicnt en Osteriche au duc, pour' le roi raiiembre, Chron. deRains, p. B6. Et se je preste à ton procurator deniers à rembre ton gage, vors cui ai-je aucion [action] 1 Liv. de jost. )06. Il XVI* s. Rédimer, cotgrave.
— ÉTYM. Lat. redimere, racheter, de red ou re, et emere, acheter. Redimere, ayant l'accent sur di avait donné dans l'ancienne langue reembre ou raembre^ racheter.
tREDINER(re-di-né),i;. n'. Dîner une seconde fois.
— HIST. xvi* s. Redisner, cotgrave.
RKDINGOTE (re-din-go-t'), *■. f. Vêtement différent de l'habit parce que les pans de la jupe y sont entiers, tandis que ceux de l'habit sont coupés sur le devant. Mettre une redingote par-dessus son habit. En grosse redingote et le fouet à la main, Sur sa vieille jument il s'est mis en chemin, hestouches, Homme sixg v, l). Le froid était excessif; presque tous les courtisans portaient de ces manteaux qu'on nomme par corruption redingotes, volt. Louis XV, 37. Il La redingote grise s'est dit quelquefoi:!, parmi les soldats, de l'empereur Napoléon i", à cause do son habitude de porter une redingote grise. Il avait petit chapeau Avec redingote grise [Napoléon], bÉHANG. Souv. du peuple. || Redingote à la proprié-
RED
taire, sorte de redingote qui se boutonne depuis le haut jusqu'en bas.
— ÊTYM. Corruption de l'angl. riding coat, vêtement pour chevaucher, do ride, chevaucher, allem. reiten (voy. reîthe) , et coat, habit (voy. cotte).
t RÉDINTÉGRATION (ré-din-té-gra-sion), s. f. Terme de médecine. Réparation des forces ou d'une partie du corps.
— ÉTYM. Lat. redintegrationem, de re ou red, et integrare, dénominaiif d'integer, entier (voT. intêobe) : action de rendre entier.
REDIRE (re-di-r'), v. a. Il se conjugue Comme dire, et par conséquent il fait à la 2* pers. du plur. de l'indicatif présent et del'impératifrelites. || l°Dir8 de nouveau, dire une même chose plusieurs fois. Il l'interrogea, et lui fit redire plusieurs fois toutes les circonstances de ce songe, rticn. Uist. deThéodose, IV, 54. M. Letellier sut quelquefois employer son temps pour compatir à des misérables à qui il ne reste d'autre consolation que celle de redire ennuyeusement leur misère, ID. Letellier. Obéissez; c'est trop vous le faire redire, rac. Hithr. m, t . Je me souviens toujours que je vous dois l'empire ; Et, sans vous fatiguer du soin de le redire.... id. Brit. IV, 2. J'ai dit et je redis que la mort de la . maréchale d'Ancre et celle du maréchal de MariUac .sont la honte éternelle des lâches barbares qui les condamnèrent, volt. Polit, et lég. la Héprise d'Arras. Si tôt que j'ai su chanter des airs notés, je n'en ai pu retenir aucun, et je dcute que de ceux que j'ai le plus aimés, j'en pusse aujcjurd'hui redire un seul tout entier, j. j. houss. Confess. viii. Le roi se fit redire ces vers jusqu'à trois fois, loua beaucoup l'épllre, et fit la guerre, d'alemb Éloges, Despréaux. || Ne pas se le faire redire, obéir aussitôt à un avis, à une injonction. L'autre deux fois ne se le fait redire, la font. Lun. || î° Répéter ce qu'un autre a dit. L'écho redit la dernière syllabe. On dit, et sans horreur je ne puis le redire, Qu'aujourd'hui par votre ordre, Iphigénie expire, rac. Iph. iv, 6. Les pères raconteront à leurs enfants le bonheur qu'ils eurent de vivre sous un si bon maître; ceuxci le rediront à leurs neveux, mass. Pet. carême. Incarnat. Ils lui répondirent avec beaucoup de respect, que c'était une chose qu'on n'osait redire à une grande reine, et se défendirent longtemps de la répéter, ponten. Dial. i. Morts mod. \\ Raconter. Muse, redis-moi donc quelle ardeur de vengeance De ces hommes sacrés rompit l'intelligence, boil. Lutr. 1. Ce prince, dont mon cœur se faisait autrefois Avec tant de plaisir redire les exploits, rac. Andr. V, 1. Muse, redites-moi ces noms chers à la France, Consacrez ces héros qu'opprima la licence, volt. Henr. iv. jlFig. Et toujours mes soupirs vous rediront ma peine, rac. Thèb. v, 6. Ma joie, mes soupirs etmes larmes même, te rediront sans cesse mes amours, montesq. Temple de Gnide, 6. || 3" Révélerparindiscrétion. Cet homme n'est pas sûr, il redit ce qu'il entend. Vous êtes donc un causeur, et vous allez redire ce qu'on vous dit en secret, mol. G. Dandin,ii, 7. ||4° Blâmer, censurer; il ne s'emploie en ce sens qu'à l'infinitif et avec à. Ils prendront droit parla de me persécuter plus quejamais, et voudront trouver à redire aux choses les plus innocentes qui pourront sortir de ma plume, mol. 2' p/ace/ ou roi. IL... penseque louer n'est pasd'un bel esprit. Que c'est être savant que trouver à redire, m. Mis. ii, 5. Je ne suis donc bonne qu'à discourir, à trouver à redire à ce qui est mal, sév. 603. La principale chose que l'on irouve à redire dans la manière dont M. Descartes fait naître le soleil, les étoiles, la terre et tous les corps qui nous environnent, c'est qu'elle parait contraire à ce que l'Écriture sainte nous apprend de la création du monde, malebr. Rech. vi, n, 4. Us sont trois ou quatre qui portent chacun une aune de ses cheveux en bracelets, sans qu'on y trouve à redire, hamilt. Gramm. 9. || Trouver à redire, regretter, être sensible à la perte, à la privation, à l'absence de
Nous badinâmes quelque temps; et ce fut là où nous commençâmes à vous trouver à redire, bussy, à Mme de Sévigné, )" sept. (677. Je vousai trouvée bien à redire depuis quinze jours, m. )5sept. )677 II Aimer à redire, aimer à reprendre, à blâmer. Il X redire, s'emploie aussi en parlant d'un compte, d'une appréciation qui ne sont pas fidèles, d'une espérance qui est trop grande. Il y avait à redire aux comptes qu'il a remis. Il se flatte de faire vite fortune, peut-être y trouvera-t-il à redire. Des cadeaux si vous faites cas. Vous y trouverez à redire [vous n'en aurez pas autant que vous en espérez], BÉRANGER, Filleiue. || 6° Se redire, v. réfl. Être redit. Les vérité' utiles ne sauraient trop se redira
153it
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— HIbT. XII* S. Deus nostre sires dit : les raeies leis l'mes lois] guardez : Li prophètes redit : wai vus [milheur avons] qui esterez Les loisdefelunie, e vusqui les guardez, Th. le mort. 80. || xiii* s. Lors li dit lo roy, que il redeist tout ce que il avoit dit au niatin, joiNV. 259. Tôt cil qui voient, redisoient Oue si bi.-^l homme ne savoienl, Le beau drsconnu, dans Arch. des missionsscienti/iques, l.v,f. {1,9, ||xv's chacun s'alire Le mieulx qu'il pot de vesture, et se mire, Si qu'en l'atour il n'y ait que redire, christ, iie PISAN, Li dit de Poùst/. || xvi* s. 11 n'est pas loisilile de publier ny redire à autruy ce que l'on y a cogneu, AMTOT, Fab. «o. Elle ne peut produire un homme si parfaict ne si bien composé à la vertu, qu'il n'y ait tousjours quelque chose à redire, li). Cimnn, B. Nostre charge [dans les leçons reçues] ce n'est que redire ce qu'on nous a diot, mont, i, i60. Le serviteur, pourn'estre plus en peine de luy redire si souventmesmc chose.... id. h, (08. Les paroles redictes [rapportées] ont, comme aultre son, aullre sens, ID. IV, 230. Elle [Catherine de Médicis] estoit joviale, et aimoil A dire le mot, et où il y avoit à redire, brant. Dames illustres, p. 4».
— ËTYM. Re..., et dire; provenç. redire, redir; espagn. rcdecir ; ital. ridire.
REDISEUR, EUSE (re-di-zeur, zeû-z'),t. m. et {. Il 1° Celui, celle qui répète les mêmes choses. Une vieille rediseuse. Vous m'avertissez quelquefois de ne dire certaines cho.ses qu'aux échos; vraiment je me garderai bien de leur confier la moindre chose: nous en avons un dans cette place, Coulanges, qui est comme celui de la Trousse, et qui est petit redisourmotà mot jusque dans l'oreille, sév. 26oct. (689. ....bientôt mille jaseurs Adoptent son avis comme loi souveraine, Et ce torrent de rediseurs Grossit si fort qu'il nous entraîne, lamotte, Fahl. v, \b. Il V Celui, celle qui répète par indiscrétion ou par malignité. Rediseurs, espions, gens à l'air gracieux, LA PONT. Fahl. XII, ti. Si vous prenez le parti de vous éclaircir avec l'archevêque [d'Aix]... vous viderez bien des affaires en peu de temps, ou vous ferez taire les rediseurs, SÊv. I7 janv. <6K9.
— ÉTYM.JRedtre.
t RËDISSOUDRE (re-di-sou-dr'), v. a. Dissoudre de nouveau.
t REDISTILLER (re-di-8ti-lé),e.â.Distil!erdi! nouveau, guyton de morv. /nst. Mém. scient. i809,p. 277.
t REDISTRIBUER (re-di-stri-bu-é), v. a. Distribuer de nouveau.
t REDISTRIBUTION (re-dî-stri-bu-sion), s. f. Seconde, nouvelle distribution. La redistribution des terres.
REDIT, ITE (re-di, di-t'), part, passé de redire. Il 1* Dit de nouveau, dit plusieurs fois. Des contes cent fois redits. || 2* S. m. Redits, rapports, commérages. Élevé dans les redits dont Monsieur vivait, et dont sa cour était remplie, M. le duc d'Orléans en avait pris le détestable goilt et l'habitude, st-sim. 390, 17. Il On le joint d'ordinaire à dits. Vous devez être fatiguée des dits et reditsdes conversations passées, retz, m, 3io. Pour M. d'Aix, je vous avoue que je ne croirais pas les Provençaux sur son sujet; je me souviens fort bien qu'ils ne se font valoir et ne subsistent que sur les dits et redits, SÉV, 3 janv. 4 689. J'ai si bien pris mon parti sur ces dits et redits de commères, qu'ils sont pour moi comme n'existant pas, i. 3. roi ss. Corresp. du Peyrou, t. m, p. «63, dans pougens.
REDITE (re-di-t') , s. f. \\ 1° Répétition fréquente. Nos meilleurs livres modernes ne sont que les redites et les copies des livres anciens, ou, pour le plus, que leurs gloses et leurs paraphrases, balz. liv. xn, lett. )8. C'est le propre de la passion d'user des redites, et d'exprimer la même pensée avec toutes les paroles qui se pré.sentent, vaugel. Hem. not. Th. Corn. t. 11, p. 9i6, dans pouoens. Tout ce qu'il disait était court, précis, nerveux; jamais il ne faisait aucune redite, fén. Tél. x. 11 est impossible que vous ne tombiez dans une infinité de redites, et les redites ont un droit d'ennuyfr qu'elles ne perdent jamais, font. Lelt. ga'ant. 21. Les confessions ne sont plus que des rediles qui se ressemblent, MASS. Carême, Tted. <. Ce conte [de l'œuf tenant sur sa pointe] est rapporté du Brunelleschi, grand artiste, qui réforma l'architecture à (•'lorence, longtemps avant que Colombo existât ; la plupart des bons mots sont des redites, volt. Mœurs, >\f>. Non-seulement on lui pardonne [à Massillon] ces douces et tendres redites, mais on lui sait gré du motif touchant qui les multiplie, d'alemb. Éloges, Mast. Il [l'abbé de Saint-Pierre] consentait même qu'on semoquftt de ses redites, pourvu qu'en se moquant on les citât, id. Êleges, l'Àb. deSt-^.
!| i' Il s'emploie quelquefois pour rapports, commerages. Monsieur l'avait aussi découvert [que Vardps était un fuurbej par des redites qu'il [Vardes] avait faites entre le roi et lui, la fat. Ilist. Henr. d'Anglet. III.
— HIST. XV* s. Faulcette confite En plaisant parler. Laissez la aHer, Car je la de.spite. Ce n'est que redite De tant l'esprouver, en. d'orl. Rondel. Ilxvi* s. Les vieillards perdent la Souvenance de leurs redictes, uont. i, 46. La redicte est partout ennuyeuse, feust-ce dans Homère, m. iv, 87. Les rues estoient toutes pleines de Parisiens, qui ne pouvoient se rassasier de la redicte de cette nouvelle, CARL. VIII, 4(. Chose bien dite n'a réplique ne rediote, cotgrave.
— ÊTYM. Redit
t REDIVIMSER (re-di-vi-ni-zer), v. a. Redonner un caractère divin. Mais, Iris, pour finir l'affaire.... Sa forme redivipisa, Fit voir son arc dans une nue, scabr. Virg. v.
t REDIVISER (re-di-vi-zé), v. a. Diviser de nouveau.Chacune [des petites parties des corps terrestres] pourrait être redivisée en une infinité de façons, DESc. Météor. t.\\S& rediviser, «. r^/l. Être redivisé. Après la mort d'Attila toutes les nations barbares se reiiivisèrent, montesq. iRom. t».
t REDOMPTER (re-don-té), v. a. Dompter de
— HIST. XVI* s. Redompter, cotùrave.
t REDONDAMMENT (re-don-da-man), adv. D'une manière redondante.
— HIST. xvi* s. Redondamment, cotgrave.
REDONDANCE OU REDONDANCE (re ou ré-don-
dan-s; l'Académie admet les deux orthographes et les deux prononciations; mais la première est beaucoup plus usitée), s. f. Excès dans l'abondance ou les ornements du style. Ce serait un pléonasme, une redondance oiseuse dans une étrangère qui raconterait les amours de Phèdre; mais c'est Phèdre amoureuse et honteuse de sa passion, volt. Dict. phil. Amplification. Cheville I redondance inutile, J. i. Rouss. Ém. n. |{ En bonne part. L'homme né de la femme [dans Job].... cette circonstance, né de la femme, est une redondance merveilleuse, chateaubr. Génie, 11, vi, 2.
— HIST. XIV" s. Tant estoit grande la lueur.... Et puis faisoit sa redondance Jusqu'au saint corps par habondance, Hist. des trois Maries, ms. p. 29), dans LACUHNE. Il XV' S. Ouelquesfois par obstruction et redondance, ou quelque trop grande inflammation, tel esprit ne peut.... paré, Introd. (O.
'' — ETYM. Lat. redundantia, de redundans. redondant.
REDONDANT OU REDONDANT (re ou ré-dondant; voy. rédonBance), adj. Oui .surabonde, qui est de trop, en parlant des paroles. Ce terme est redondant. Quand certaines façons de parler ont été autorisées par une longue pratique, et qu'elles sont reçues parmi les honnêtes gens de la nation, nous devons les admettre, quoiqu'elles nous paraissent composées de mots redondants et combinés d'une manière qui ne nous parait pas régulière, dumars. ffiue. t. V, p. 253. Dans Tancrède je croyais voir la décadence d" son style, des vers lâches, diffus, chargés de ce.* mots redondants qui déguisent le manquedeforceetde vigueur,MABMONTEL, Mém. vu. Il Styleredondant, style qui pèche par la redondance.
— HIST. xiii* s. Et encore est-il [le Saint-Esprit] redondans En chascun.s'en lui ne demeure, de meung,
,rr. 4)2). Il XVI' s. Regarde qu'en ton vers n'y ait rien dur, hiulque ou redondant, dubell. i, 33, verso.
— ÉTYM. Redonder.
REDONDER ou RÉDONDER (re ou ré-don-dé; voy. redondance) , v. n. || 1" Être de trop dans le discours. Voilà des répétitions qui redondent. Il 2° Avoir en trop, en parlant du style. Le style de cet auteur rédonde d'épilhètes.
— HIST. XIV* s. Et est voir que se il redonde as mors aucune chose pour les fortunes de leurs amis vivans.... ORESME, Eth, 27. || xv" s. Prince, tenez que soubz le firmament. En temps d'esté, n'a place plus plaisant ; Car des beaux prez et des flours y redonde La douce odeur, e. desciI. Poés. mss. t" 324. Il XVI* s. Donc puisqu'en vous joye et soûlas redonde Durant les jours à rire convenables.... marot, II, 258. Cest humeur redonde principalement en automne, ou en l'aage déclinant, paré, Intrnd. «.
— fiTYM. Prov. redondar; espagn. redundar ; ital. ridondare ;. du lat. redundare, de red ou re, et unda, onde.
REDONNÉ, ÉE (re-do-né, née), pan. passé de redonner. Je suis en peine de la santé de M. le chevalier [de Grignan], et de l'effet du quinquina re
donné dans sa dose ordinaire, sÊv. )S noT. )«8». REDONNER (re-ilo-né), v. a. \\ 1° Donner de nouveau la même chose. Vous m'avez tout donné, redonnant à mes yeux Ce chef-d'œuvre des cieux, MALH. V, 24. Attendez, je crois que je serai mieux .sans robe.... non, redonnez-la moi, cela ira mieux, MOL. Bourg, gent. i, 2. Vous savez.... avec quelle franchise je vous redonnai toute la part que vous aviez jamais eue dans mon amiUé, sÉv. d Bussy, 26juill. 1668. Relevez vos idéespour M. deLauzun ; le rui lui a redonné ses entrées; c'est une grande affaire qui a surpris tout le monde, ID. 7 févr ) 689 11 n'y a nulle difficulté à redonner le viatique au tiout de neuf ou dix jour.s, pourvu qu'on soit en éta«, Boss. Lelt. Alb. 75. Toute ma douleur, tous mes remords sont inutiles, je ne regagnerai jamais votre confiance. — Je vous la redonne, madame, interrompis-je tout attendri, lesaoe, Diabl. boit. 1 3. |{ Se redonner, donner de nouveau à soi-même, causer à .soi-même. Il fait toutce qu'il peut pour se redonner cette vue dont il conserve nuit et jour une si chère idée, MOL. Mal. imag. 11, 6. Mme de la Fayette s'est redonné son mal de côté en allant en carrosse à deux pas de chez elle, sév. 22 juill. )685. || 2" Terme de vénerie. Redonner un cerf aux chiens, le relancer. Il 3° Rendre, donner, même pour la première fois, une chose quand celui à qui on la donne l'a déjà eue. Au milieu de cette véritable tendresse, j'ai eu la force de vous redonner votre liberté, persuadée que, si vous pouviez venir, cela était plus capable de vous décider que de vous arrêter, sÊv. 329. La vieille.sse et un peu de maladie donnent le temps de faire de grandes réflexions; mais ce que j'épargne sur le public, il me semble que je vous le redonne, id. 8 juin 1876. Dieu ne nous fait sentir notre faiblesse, que pour nous rodonner de nouvelles forces, maintenon, Lett. à Mme de Ventadour, )8 mars i7uo. Et redonnant le calme à vos sens désolés.... rac. Ale.x. iv, 2. Toutes nos fonctions les plus pénibles se bornent à effacer les taches que le temps y a fait naître [dans l'édifice de la religion] ; à redonner à c« qui est noirci son premier état.... MASS. Conférences, Zèle contre les scandales. || Par exagération. Ce remède m'a redonné la vie, il m'a, dans une maladie dangereuse, rendu la santé. Mme de la Fayette prend des bouillons de vipères, qui lui redonnent une âme, et lui donnent des forces à vue d'œil, sêv. 20 oct. )679. Il Fig. Ah I monsieur, vous me redonnez la vie I MOL. Impromptu, 40. Ce qu'avait dit Mme de Clèves de son portrait lui avait redonné la vie, en lui faisant connaître que c'était lui qu'elle. ne haïss,iit pas, laf atette, Princ. de Clèves, ŒurS. compl. t. II, p. 466, dans pougens. U [Segraisj rassemblait chez lui les membres les plus estimables de l'Académie de Caen, à laquelle il redonna une espèce de vie, d'alemb. Êloge.i, Segrais. |{ 4° Il se dit des personnes en un sens analogue. Tandis que la Castille armait dix mille bras Pour redonner ce prince aux vœux de ses États, mol. D. Gare, i, 2. On m'a assuré que le chevalier [de Grignan] se portait un peu mieux ; j'espère en sa jeunesse.... je prie Dieu de tout mon cœur qu'il nous le redonne, sF.v. 6 févr. 4 672. Elle [Mme de Montespan] a su qu'on se plaignait qu'elle empêchait toute la France de voir le roi ; elle l'a redonné, comme vous voyez, m. 29 juill. 4 676. Toujours aise que le temps passe et m'entraîne avec lui. afin de me redonner à vous, lu. à Mme de Grigndi, 9 févr.46SO. HB* Transmettre. Vraiment, ma fille, je suis ravie que mes lettres et les nouvelles de mes amis que je vous redonne, vous divertissent comme elles font, sÉv. 444. Il Répéter, redire. Elle [Mlle du Plessis] a retenu certaines choses que vous disiez ici, qu'elle nous redonne avec la même grâce [que quand elle me copie; la phrase est ironique], sÉv. à ilme de Grignan, T ima 467). L'abbé Têtu est toujours fort touché de son commerce [de Mme de Coujanges], et redonne avec plaisir toutes ses épigrammes, id. 22 avr. 4 676. L'auteur [d'une géographie, Hubner] admet la fable de la royauté d'ïvetot.... c'est ainsi qu'on nous redonne tous les jours d'anciennes erreurs avec des litres nouveaux, volt. Dict. phil. Géographie. || Rappeler. Dès que nous revoyons la plu» petite de vos lettres, et la moindre période qui nous redonne ce style qui a trouvé si particulièrement le secret de nous plaire, sÉv. d Moulceau, 29 févr. )69e. il 6° Faire reparaître. Cela [l'envoià la monnaie des meubles d'argent du roi, de Monsieur et de Monseigneur] fait beaucoup de millions, et redonnera de l'espèce, qui manquait, sév. )4 déc. 4689. ||7° V. n. Se laisser aller de nouveau, se livret de nouveau. Il a redonné dans les folles dépenses.
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L'expérience ne le corrige pas; il redonne dans les mêmes pièges. || Familièrement. La pluie redonne de plus belle, elle redouble. || 8" Terme de fauconnerie. Redonner à propos, se dit de l'oiseau qui se remet sans peine à la poursuite d'un gibier. || 9° En termes militaires, revenir à la charge. L'infanterie, repoussée d'abord par le feu de la redoute, redonna avec une nouvelle vigueur. || 10° Se redonner, o. réfl. Se donner de nouveau à quelqu'un. Son amour sp ralluma, et il se redonna tout à elle, vaugel. Q. C. viu, 3. Il ne manquait plus à mon malheur que d'apprendre que Belasire m'aimait encore, qu'elle se (ùl peut-être redonnée k moi, sans te dernier effet de mon extravagance, la pat. Zayde, Œuv. t. I, p. Î36, daiïs poUGENS. Il 11° Se donner de nouveau l'un à l'autre. Vous m'auriez bien étonnée de me renvoyer ce que je vous ai dit de Mme de la Sablière.... mais ne nous mettons point cela dans la. tète, j'ai pensé mille fois à vous redire, dans mes lettres, des endroits et des tours si bons et si agréables des vôtres, que nous ne ferions plus que nous redonner à nous-mêmes, SÉV. à Urne de Grignan, 4 août )680. || 12° Se livrer de nouveau à quelque chose. Se redonner aux affaires. Cet amant se redonne aux soins de son amour, bac. Bérén. I, 3.
— HIST. XII' s. Passum cest glaive e cest turment, Desque Deus nos redunt victurie [victoire], benoît, I, '.iOi9. Ijxm' s. L) diex d'amor, qui tout depiece Mon cuer dont il a fait bersaut [cible], Me redonne un nouvel assaut, la Rose, <8«». l| ïvi° s. Si un asne m'avoit donné un coup de pied, voudriez-vous que je luy en redonnasse un autre? amyot, Comme il faut nourrir les enf. H. Qui du sien donne, Dieu luy redonne, cotohave. Dieu nous donne les mérites, et nous redonne le loyer, calv. Instit. 467. Toutte l'armée impériale cria victoire, quand le duo de Guise, r'alliant Thavanes, le fit donner et redonner aux Allemans devant lui, d'aub. Uist. l, 22. Aiant reconnu aux habitans un ferme désir de se redonner au roi, id, tb.iii, 350. Vous les saupoudrerez [des prunes pelées] avec du sucre, les remettrés au soleil pour un jour, leur redoiu.erés du sucre.... 0. DE SERRES, 875. Ce peuple [de Bordeaux] qui employa touts les plus extrêmes moyens qu'il eust en ses mains à me gratifier.... et feit bien plus pour moi en me redonnant ma charge, qu'en me la donnant premièrement, mont, iv, 474. Nous avions [en France] assez d'ames mal nées, sans gaster les bonnes «t généreuses; si que, si nous continuons, il restera malayséementàqui fier la santé de cet estât, au cas que la fortune nous la redonne, id. iv, (99.
— ÉTYM. Re..., et donner; wallon, ridné.
REDORÉ, ÉE (re-do-ré, rée), part, passé de redorer. Les montagnes redorées par le soleil qui sortait des nuages.
REDORER (re-do-ré), V. a. Dorer de nouveau. Redorer un cadre. || Par extension. Le soleil redore les coteaux. || Fig. Enrichir, orner. Pour lui redorer sa tiare. Tu nous surchargerais d'impôts, bérang. Malh. Brun. D'où vient que me voilà, seul et dans la nuit noire, Grave et triste, essayant de redorer ta gloire'? v. hugo. Crépusc. t2.
— HlST. XIV* s. Les autres pièces dudit faudestueil [fauteuil] furent par ledit orfèvre lavées, nestoiées, rebrunies, redorées et mises sus, delaborde, Émaux, p. 340. Il XVI* s. Quand ceste belle fleur premièrement je vey. Qui nostre aage de fer de ses vertus redore.... du bellaï, vi, 48, recto.
[■ REDORMIR (re-dor-mir), v. n. Dormir de nouveau.
t REDORTE (re-dor-t') , s. f. Terme de blason. Se dit d'une branche d'arbre tortillée en anneaux les uns sur les autres.
— ETYM. Lat. retortus, de retorquere, de re, et lorquere, (voy. tordre).
REUOliBLÉ, ÉE (re-dou-blé, blée), part, passé de redoubler. || 1° Réitéré avec une sorte d'augmentation. Des nouvelles redoublées qu'on a que nonseulement M. le duc de Lorraine, mais aussi toutes les troupes de Lunebourg vont marcher sur la Moselle, pELLissoN, Lett. hist. t. Il, p. 365. Mme de Coulanges soutint fort bien sa réputation; elle brilla dans toutes ses réponses; les épigrammes étaient redoublées, et la Dauphine entend tout, sEv. «19. Du salpêtre en fureur l'air s'échaulVe et s'allume, Et des coups redoublés tout le rivage fume, BoiL. Ép. IV. Si j'en crois ses serments redoublés mille fois, bac. Bérén. i, 4. Quelle insolente main frappe à coups 'edoublésT id. Alhal. v, 4. La vertu ne laisse pas d j réussir quelquefois, mais ce n'est qu'à force de cemps et de preuves redoublées, fon- TEN. Vauhau. \\ ï° Augmenté bea\icoup. Une dose redoublée de quinquina supprima la ûcvre. Mon
crime redoublé n'émeui loint ta colère T corn. Wor. IV, 7. J'opine à n'aller n Rennes que pour la semaine sainte, afin de n'être point exposée à l'éloquence redoublée des prédicateurs en faveur du parlement, sêv. 49 févr. 1890. Chez tous les conviés la joie est redoublée, boil. Sal. m. \\ 8° Uui offre des replis. En cercles redoublés De son corps sinueux les replis sont roulés, deul. Paradis perdu, IX. Il 4° En termes militaires, pas redoublé, pas qui se fait une fois plus vite que le pas ordinaire. || Kn musique, pas redoublé, marche sur le rhythrae du pas redoublé. L'ouverture du Serment par Auber contient un pas redoublé. || Fig. Votre pouls inégal marche à pas redoublés, BOIL. Èp. ni. Il 5° Ri mes redoublées, se dit quand, dans une pièce ou un fragment de pièce de poésie, les mêmes rimes reviennent sans autre condition que l'alternance régulière des masculines et des féminines. Il n'est pas vrai qu'il [Chapelle] fut le premier qui se servit des rimes redoublées; d'Assouci s'en servait avant lui, volt. Louis XIV, Écrivains, Chapelle. \\ 6° l'eime de musique. Intervalle redoublé, intervalle simple porté à son octave. Il 7° En grammaire, prétérit, parfait, redoublé, prétérit, parfait caractérisé par le redoublement. Il 8° S. m. Le redoublé, culture qui succède à une autre de même sorte.
REDOUBLEMENT (re-dou-ble-man), s. m. || 1° Action de redoubler, augmentation considérable. On va commencer à respirer [après les succès qui suivirent le passage du Rhin] ; mais quel redoublement de douleur à Mme de Longueville et à ceux qui ont perdu leurs chers enfants I sÉv. 20 juin I672. Ce redoublement d'amour lui parut une infidélité, et lui causa le môme déplaisir que la diminution lui en aurait dû causer, lafayette, Zayde, Œuvres, 1. 1, p. 357, dans pouGENS. Le redoublement de larmes, lorsqu'il lui avait parlé de la mort du prince de Navarre, l'avait frappé, m. Comtesse de Tende, Œuvres compl. t. ii, p. 282. Ils sentent un redoublement d'ardeur et de force, pléch. Aiguillon. Mon partage [après le Commentaire sur Corneille] fut le redoublement de la haine et de la calomnie de ceux que mes faibles succès rendaient mes éternels ennemis, volt. Letl. la Harpe, 22 janv. (773. ||il° En termes de médecine, augmentation périodique ou irrégulière d'une maladie en général. La pauvre Mme de Coulanges a une grosse fièvre avec des redoublements, SÉv. 34 3. Et le bonhomme enfin, i quatre-vingt-neuf ans, Malgré sa fièvre lente et ses redoublements.... regnard, Distrait, u, 4. Comme un homme qui, ayant soutenu longtemps les atteintes d'une vive douleur, fait enfin connaître son mal par un cri qu'un redoublement aigu lui arrache, volt. Zadig, vin. |{ Fig. Le repos et la nourriture ne sont-ils pas de faibles remèdes de la contiuuelle maladie qui nous travaille "? et celle que nous appelons la dernière, qu'est-ce autre, à le bien entendre, qu'un redoublement et comme le dernier accès du mal que nous apportons en naissant? Boss. Mar.-Thér. Cette maladie [l'augmentation des troupes] a ses redoublements, et elle devient nécessairement contagieuse, montbsq. Esp. xiii, (7. U est dans un état d'admiration continue avec des redoublements, bonnet, 6* lett. hist. nat. || 8° En grammaire grecque, sanscrite, latine, gothique, réduplicalion de la syllabe radicale du verbe, plus ou moins affaiblie, qui sert à caractériser surtout des parfaits, et aussi des verbes intensifs et désidératifs, ou primitivement intensils, daddmi, 8i5M|xi. Il 4° Terme de musique. Note qui, dans un accord, est doublée, répétée à une ou plusieurs OQitaves.
— HIST. xvi* s. Redoublement, cotgravb.
— ÉTYM. Redoubler.
REDOUBLER (re-dou-blé), ». o. || 1° Réitérer, renou\eler avec une sorte d'augmentation. Tu trahis mes bienfaits, je les veux redoubler, corn. Cinna, v, ■I. Qu'on redouble demain les heureux sacrifices, id. ib. Le lendemain qui était vendredi, j'allai chez elle [Mademoiselle, à qui le roi avait défendu de se marier à Lauzun] , je la trouvai dans son lit : elle redoubla ses cris en me voyant, elle m'appela, m'embrassa, et me mouilla toute de ses larmes, sÉv. 4 2. Il reprend sa première ardeur, et redouble le pas dans la carrière qui lui est marquée, BOURDAL. Pensées, t. ii, p. 430. Le poison e>t tout prêt; la fameuse Locuste A redoublé pour moi ses soins officieux, HAC. Brit. iv, 4. Redoublez au Seigneur votre ardente prière, ID. Ath. v, 4. Mais enfin, lui disait-on, vos larmes ne la rendront pas à la vie : • Eh ! c'est ce qui les redouble encore, • répondit-il, bartiiBl. Anach. ch. 8. |{ 2° Augmenter du double. ....Tout hors d'haleine, il [Curiace] prend pQ^rtant sa place [de sou frère], Et redouble bientôt la
victoire d'Horace, corn. Hor. iv, ». |{ 8' Augmenter beaucoup. Redoubler la dose d'un remède. Vous redoublez ma honte et ma confusion, corn. Hor. IV, 2. Il (Mérion| en était estimé [pour .son habileléà danser] non-seulement des Grecs, mais des Troyens, parce qu'il en avait meilleure grAce .sous les armes et que cela redoublait son adresse et son agilité, d'ablanc. Lucien, D» la danse. Le vieux prince d'Orange di.sait(|ue le moment où l'on reçoit les plus heureuses nouvelles, était le moment où il fallait redoubler son attention pour les petites, retz. Kém. liv.ii, t. I, p. 369, dans podgens. La rigueur des parents, la contrainte cruelle.... Ne font que redoubler une amitié fidèle, UOL. Pourceaugn. i, 2. La comparaison du flambeau qui redouble sa lumière en finissant, est juste pour lui [Séguier, chancelier] , sév. 4 4 6, Adieu, ma chère enfant, ne redoublez point vos peines : redoublez seulement votre cour;ige cl vos bonnes résolutions, id. 4 9 janv. 4689. Tout l'appareil de la mort ne fit que redoubler le zèle et la componction de Mme la Dauphine, flEch. Dauphine. Et même en le voyant, le bruit de sa fierté A redoublé pour lui ma curiosité, rac. Phèd. ii, 4 . Ces flambeaux allumés ont redoublé le jour, volt. Alx. II, 6. Il 4° Terme d'escrime. Se dit de l'action de celui qui tire plusieurs coups de suite sans se relever. || 6° Remettre une doublure. Faites redoubler ma redingote dont la doublure est déchirée. Il 6° V. r^. Recevoir beaucoup d'augmentation. Suivez, suivez, seigneur, le ciel qui vous inspire : Votre gloire redouble à mépriser l'empire, corn. Cmna, u, i. Vous vous étiez donc réchauffé pour moi en me voyant, c'est un bon signe quand l'amitié redouble par la présence, sÉv. à Bussy, 4 3 oct. 4 677. Le courage de M. de Turenne sembla s'échauffer dans les guerres étrangères, et l'on vit redoubler sa valeur, fléch. Turenne. Les cris ont redoublé, mon âme est interdite, volt. Sémiram. i, 2. Je ne sais rien de si convaincant et de si touchant [que le mémoire de M. de Beaumont sur les Calas] ; mon indignation contre l'arrêt de Toulouse en a redoublé, ID. Lett. Beaumont, 22 sept. 4 7«2. Le sentiment de nos maux redouble par le souvenir de nos plaisirs, bern. de st-pif.rre, Paul et Yirg. |{ 7° Terme de médecine. Avoir un redoublement, en parlant d'une maladie. La fièvre lui redouble tous les jours, le soir. || 8° Apporter un effort considérable. avec un nom de personne pour sujet. Il faut essuyer de découvrir le caractère des personnes qu'on ne connaît pas, et redoubler d'attention pour les pénétrer si l'on soupçonne que ce sont des hommes profonda, le p. coubbeville, dans desfontaines. Je redoublai de politesse «t de modestie avec me» compagnes, ce qui fit qu'à leur tour elles redoublèrent d'amitié pour moi , mariv. Marianne, &• part. Il Redoubler de soins, augmenter ses soins. Il Redoubler de jambes, marcher plus vite. || 9* Su redoubler, v. réfl. Recevoir beaucoup d'augmentation. Son orgueil se redouble étant en liberté. Et devient plus hardi d'agir en sûreté, corn. Place Roy. v, 2. Mes soupirs se redoublent sans cesse, et mon cœur est accablé de douleur, saci. Bible, Jérémie, Lament. l, 22. L'horreur de ces lieux solitaires Par mon art va se redoubler, quin. Arm. m, a. Son courroux se redouble.... id. Isis, v, 4. || 10° Se replier en replis venant les uns sur les autres. Le serpent se redoublait pour s'élancer.
— HIST. XVI* s. En te voyant toute venue en ça, X redoubler leur joye commença, marot, u, 308. Les plaisirs mesmes.... me redoublent le regret de sa perte [de la Boétie], mont, i, 219. On entendit les canonnades redoublées qui se tiroyent dudit camp, langue, 568. Quand les hommes sont picquez de la nécessité, leurs courages se redoublent, ID. 643, L'escuyer redoubloit [repli(|uaitj : c'est toi qui l'a flatté en cette opinion, d'aub. Fœn. m, 49. 11 luy faulsa sa cuirace, et le porta par terre, non encore mort pourtant, mais il redoubla soudain deux ou trois coups, dont il l'acheva de tuer, amïot, Marcel. 8. Ce cry fut d'une part et d'autre redoublé par plusieurs fois, id. Marius, 34. En attirant la pierre au col de la vessie, l'intestin se replie et redouble, PARÈ, XV, 44. C'est ung pisse temps que de veoir ung lièvre doubler et redoubler, palsgh. p. «82.
— ÉTYM. Re...,etdoubler; wallon, ridoblé;houirg. redôbU.
REDODL (re-doul), s. m. Voy. roidou.
REDOUTABLE (re-dou-ta-bl'), adj. Qui est à redouter. Dès sa première campagne, le duc d'Enghien passa pour un capitaine également redoutable dans les sièges et dans les batailles, BOSs. Louis de Bourbon. Cet homme [Retz] si fidèle aux particuliers, si redoutable i l'État, id. le Tellier. Les rois d'As^vri*
RED
RED
devenaieol de plus en plus redoutables à tout l'Orient, ID. Hist. l, 7. Condé même, Coudé, ce héros fcirraidable, Et, non moins qu'aux Flamands, aux flatteurs redoutable, boil. Êpitre ix. Le cruel Dieu des Juifs l'emporte aussi sur toi; Jeté plains de tomber dans ses mains redoutables, bac. Ath n, 5. Mon fils, avec respect posez sur cette table De notre sainte loi le livre redoutable, ID. ib. iv, t. Sa voix redoutable [de Circé] Trouble les enfers ; Un bruit formidable Gronde dans les airs, J. B. rouss. Cantate, Circé. Charles-Quint devenu si redoutable, VOLT. Mœurs, <3B. || Il se dit de celui ou de celle dont on craint le pouvoir en amour. Vous l'avez trouve redoutable , Puisque vous craignez de le voir, QuiN. Pers. i, 4.
— HlST. XIII' s. Corrumpu sunt itel chaitif par art de deable, et sunt fait redoutable [abominabiles], Psautier, f° 63. || xiv" s. Afin que il ne puissent doubler nullui, il se font tout de gré redoubtables,
BEKCHEUliE, f" 72, VerSO.
— ETYM. Redouter; provenç. redoptable, redotable; ital. ridoltabile.
REDOUTE (re-dou-f), s. f. || 1° Ouvrage de fortification, complètement fermé et ne présentant pas d'angles rentrants (si l'ouvrage présente des angles rentrants, c'est un fort). Redoute carrée. Redoute circulaire. Les ennemis en étaient encore à la première redoute, dont ils n'avaient pu même gagner le .fossé, PELLissoN, Letl. hist. t. ii, p. I64. On ne voyait que des hommes et des femmes occupés à mettre à l'abri les meubles et les troupeaux de leurs habitations, à élever des redoutes, à creuser des fo.'sés, CHATEAUB. Notch. 2* partie. Sur ce sol désolé [à la MoskowaJ gisaient trente milliers de cadavres à demi dévorés ; quelques squelettes restés sur l'éboulement de l'une de ces collines dominaient tout; il semblait que la mort eût établi là son empire; c'était cette terrible redoute, conquête et tombeau de Caulaincourt, ségur, Hist. de Nap. ix, 7. F.iites promptement fortifier la gorge de la redoute avec ces chariots , mériméb, VEnlétement de la redoute. Il 2° Autrefois , nom donné à deux grands bateaux joints par de grosses poutres; les deux bateaux et l'intervalle qui les sépare forment un grand carré environné de balustres; le pontet l'iniérieur portent environ douze cents hommes; les quatre coins sont garnis de bastions avec des canons; cet engin sert à traverser les lleuves, pellisson, Lett. hist. t. i, p. (24.11 S" Il se dit dans quelques villes d'un endroit public où l'on danse, où l'on joue. Les tjazetiers ont traduit le mot ridotto par redoute, qui signifie une espèce de fortification ; mais un homme qui sait la langue consei-vera toujours le mot d'assemblée, VOLT. Dict. philos. Langues. Il y a ce soir à la redoute un grand bal paré et masqué, où toute la ville doit se rendre, picard. Aie. de Holorido, i, i .
— HIST. XVI* s aussi tost fist une ferme et
rude sortie, met en fuitte l'armée, prend tentes leurs redotes, d'aub. Hist. n, «7. Les Espagnols.... commencèrent une grande tranchée eu prenant leur ligne à un angle avec des rameaux, grandes ridoules pour le combat, id. ib. ii, «4.
— ÉTYM. Ital. rido«o, réduit, retraite, de ridurre, réduire ; c'est l'équivalent de notre réduit, s. m. On voit comment le mot peut signifier à la fois un ouvrage de fortification et un lieu où 1 on danse.
RKUOCTÉ, ÉE (re-dou-té, tée) , part, passé de redouter (. Ouelcharmel'attiraitsurcesboidsredoiites [les enfers]? rac. Phid. n, t. Et mon frère est perdu puisqu'il est redouté, volt. Oresle, l, 3. [Louis XIJ aimé du peuple, haï des grands, redouté de ses ennemis, et respecté de toute l'Europe, duclos, Œuv. p. 33». Il Très- redouté seigneur, se disait, dans le moyen âge, des rois, des ducs et seigneurs souverains, en parlant d'eux ou en leur parlant.
REDOUTÉE (re-dou-tée), *. f. Genre de belles plantes exotiques de la famille des malvacées, ainsi dit parce qu'il est dédié au peintre Redouté.
) . REDOUTER (re-dou-té), e. o. |1 1° Craindre fort. Je redoute qu'il n'apprenne cette fatale nouvelle sans y avoir été préparé. Je te donne à combattre un homme à redouter, corn. Cid, i, 8. Ah ! perfides, qui nous aviez donné votre foi, ne redoutezvous point les dieux? u'ablanc. Retraite, li, 3. On m'a voulu uiener voir Mme la Dauphine.... le premier coup d'oeil est à redouter.... mais il y a tant d'esprit, de mérite, de bonté.... sÉv. )7 mars issu. Fait même à ses amants trop faibles d'estomac Redouter ses baisers plems d'ail et de tabac, boil. Sot. X. Plus même de ce Juif la race est odieuse. Plus j'assu.'-e ma vie, et montre avec éclat Combien Âssuérus redoute d'être ingrat, râc. Esth. ii, «. J'aime les Muses pout* elles-mêmes, comme Féneloc
voulait qu'on aimât Dieu ; maisje redoute le public, VOLT. Lett. Mme du Bocage, 3 sept. (758. || 2° Se redouter, V. réfl. Avoir la crainte de soi-même. Ce qui paraît de si violent dans ses discours n'est que la délicatesse d'une conscience qui se redoute ellemême, ou l'excèî d'unamour qui craintde déplaire, Boss. Anne de Gonz.
— REM. Redouter suit la règle île craindre, voulant le subjonctif avec ne (ce ne peut être omis en poésie). Avec un infinitif, il prend de.
— HIST. XII' s. Ne regarder [je] n'os [ose] son simple visage. Tant [j'] en redout mes ieuz à départir, Couci, XIX. Quant li baron l'entendent, chascuns s'est arrier trais. Tout ainsi com li asnes qui redoute le fais, Sax. xv. Li dreiz de sainte iglise fu iluec obliez, Ne damne Deus n'i fu d'un sul point redoutez, Th. le mart. 58. || xiii' s. La quarte bataille fist li quens Looys de Blois et de Chartain ; et moult ert [était] grans et redoutée, que moult i avoit de bone gent et bons chevaliers, villeh. lxix. Sejo sui apersus, sachez, à escient Demain perdrai la teste el palais l'amirant; Gardés que ne soies envers moi redolant. Et que j'aie pensé traïson tant ne quant, Ch. d'Ant. VI, B86. || xiV s. Il creint et redoubte à mentir, obesme, Éth. t34. ||xv' s. Ces deux sont grands seigneurs [Guillaume et Jean de Hainaut] craints et redoutés de leurs ennemis.... froiss. i, i, 12. Noz redoublées damoiselles, Aujourd'hui avons seu nouvelles Du grief, du mai.... [redoublées est ici un terme de respect], e. dksch. Puésies mss. ^ 426. Il XVI' s. Aymé aux cieulx el redoublé en terre, J. mabot, v, 56.
— ETYM. Re..., et douter; provenç. redoptar; ital. ridotlare. Dans l'ancien français, douter avait la signification de craindre.
f 2. REDOUTER (re-dou-lé), e. n. Douter une seconde fois.
— HIST. xvi' s. Nous doublons sur Ulpian et redoutons encores sur Bartolus, mont, iv, 235.
— ETYM. Re..., et douter.
t REDOWA (ré-do -va), s. f. Espèce de valse ou
danse à trois temps qui a beaucoup d'analogie avec la mazurka. || Air sur lequel elle s'exécute. Jouer une redowa.
t RËDRE (rè-dr'), f. m. Grand filet qui sert à la pêche du hareng.
tREDRESSAHLE (re-drè-sa-bl) , adj. Qui peutêtre redressé. || Terme de botanique. Se dit lorsque les feuilles ou les folioles de la même paire se rapprochent par leur face supérieure sans s'appliquer el forment un angle plus ou moins ouvert. Feuilles redressables.
t REDRESSAGE (re-drè-sa-j'), *. m. Action de redresser.
t REDRESSE (re-drè-s'), s. f. Terme de marine. Cordage très-solide, employé à relever ou à redresser un bâtiment abattu eu carène.
REDRESSÉ, ÉE (re-drè-sé, sée),por«. possède redresser. Il 1° Rendu droit. Ses serpents [de la Furie], redressés sur sa tête effroyable, Poussent tous à la fois d'horribles sifflements, delille, Enéide, vu. Terme de botanique. Se dit quelquefois d'une tige dont le bas est couché sur la tf.rre, et qui se dresse ensuite. Il 2° Relevé. Un rival orgueilleux.... A détruit le lutrin par nos mains redressé, BOlL. Lutr. v. ' !l 3° Corrigé. Hé ! mon Dieu 1 nos Français, si souvent redressés, Ne prendront-ils jamais un air de gens sensés? mol. Fdch. i, t. Montrez aux enfants que c'est par le besoin qu'ils ont d'être redressés, que vous êtes attentif à leur conduite, fén. t. xvii, p. 1 5. Il 4" Fig. Ton redressé, ton d'un homme qui se redresse, ton de supériorité. Je trouve beaucoup de raison dans la vôtre [lettre]; mais j'y vois en même temps un certain ton redressé, cent fois pire que l'humeur el les injures, j. j. rouss, Lett. à iSoultou, 26 févr. 1763. Il B° Dont on a refait la toiletie (sens vieilli, con.servé en anglais dans to dress, habiller). Elle [Mme de Brinvilliers] monta seule.... sur l'échafaud, et fut un quart d'heure mirodée, rasée, dressée et redressée par le bourreau, sfiv. 297.
REDRESSEMENT(re-drc-se-man), s. m. i| l' Action de redresser; effet de cette tiction. Le redressement d'une règle faussée. Le redressement des tiges et le retournement des feuilles s'exécutent dans l'eau comme dans l'air, bonnet, Contempl. nat. vi, 4. 112" Fig. Action de corriger. Il est certain que le redressement d'une erreur est aussi utile à l'avancement des sciences que la découverte d'une vérité, J. SENNEB1ER, Ess. art d'observ. t. i, p. 372 dans P0IJGENS. L'objection porte sur un principe faux dont le redressement va nous conduire à un résultat opposé, uiRABBAU, ColUclion, t. m, p. 4t6. lIRéparatioB. Ceux qui la conduisaieut [la bourgeoisie de
Genpve] cherchaient moins le vrai redressement de» griefs que l'occasion de se rendre nécessaires, j. j. ROUSS. Confess. xii.
— HIST. XI" s. Ele est lumière à pécheurs, Redrecemenl, voie [voie] et secors, wace. Vierge Marie, p. 56. Il XVI' s. En ces redressemens [réformes] ici il faut vertu et authorité, lanoue, 277. Nul acte ne peut estre plus juste que de pourchasser en ceste partie de l'Europe subjuguée le redressement de l'ordre politique, id. 386.
— ETYM. Redresser.
REDRESSER (re-drè-sé), t). o. || 1' Rendre
droit ce qui est courbé, penché, aiwissé. Ce poteau penche, on le redressera. Le jardinier a redressé l'allée. Redresser la taille d'un enfant, à l'aide d'un corps de baleine. Il [Jésus] avait éclairé les aveugles, guéri les paralytiques, redressé les boiteux, MASS. Carême, Passion. Le dessus de la tête est orné de longues plumes noires, que l'oiseau redresse à sa volonté en forme de huppe, buff. Ois. t. VIII, p. 243. Il faut recommander aux forgerons de ne point redresser leur? barreaux à froid, mais de les faire chaufl'er toutes les fois qu'il est besoin de les redresser; car les barreaux qu'on a redressés à froid reprennent leur courbure lorsqu'on les trempe, brisson, Traité de phys. t. m, p. ^411. J'aimais à voir les bois battus par les tempêtes Abaisser tour à tour et redresser leurs têtes, uelw,. Hom. des ch. i. Tantôt au fond des bois, à l'enlour du vieux tronc, 11 [le boa] enlace sa queue et redresse son front, id. Trois règnes, vu. || 2° Plier une peau en deux et l'étirer, pour effacer les plis. || â" Relever ce qui était renversé, ériger de nouveau. Vous redressiez vous-même un trône renversé, tristan, M. de Chrispe, ii, «. Pour donner plus de réputation à son parti, il fil redresser les statues de Galba, n'ABLANC. Tacite, Hist. m, 2. Sous les ordres d'un Tri aussi pieux que puissant, M. de Turenne abattait de? remparts, el son illustre neveu redressait des autels, fléch. Turenne. Toutes nos fonctions
les plus pénibles se bornent à redresser te
qui tombe t«us les jours; ^ soutenir ce qui chancelle et menace ruine, mass. Confér. Zèle contrt les scandales. \\ 4" Remettre dans le droit chemin (sens qui vieillit). Je m'étais égaré, j'ai rencontré un paysan qui m'a redressé. || 6° Fig. Remettre dans la bonne voie, en parlant des personnes que l'on corrige, éclaire. Parce qu'il [ie Seigneur] est lui-même le guide de la sagesse, et que c'est lui qui redresse les sages, saci. Bible, Sagesse, vu, I5. Elle [la Palatine] en revint toutefois plus tôt et plus aisément, en faisant réflexion sur la constitution des affaires, qui, dit-elle très-sen.sément, redresseront les hommes, au lieu que, pour l'ordinaire, ce sont les hommes qui redressent les choses, retz, Mém. t. II, liv. III, p. 443, dans pougens. Quand un maître ne songe pas à ce qu'il fait, une servante bien sensée est en droit de le redresser, mol. Mal. imag. i, 6. 11 [Charles de Sévigné] me croit autant qu'il peut, il me prie de le redresser, je le fais comme une amie, sÉv. 44. On redresse les esprits, à force de causer et de faire entendre la raison id. 15 déc. (684. Par des réflexions sur le passé, il tâchait à le redresser sur le présent, ou à linstruire sur l'avenir, hamilt. Gramm. 6. Le secours des avis el des sages conseils, qui nous redressent sans nous aigrir, mass. Profess. relig. 2. ||6°Fig Corriger, rectifier, avec un nom de chose pour régime. J'espère que mes nouvelles redresseront en quelque chose celles qui vous auront été données plus promptement, pellisson, Lett. hist. t. i, p. 133. Vous m'étonnez de Pauline ; ah ! ma fille, gardez-la auprès de vous; ne croyez point qu'un couvent puisse redresser une éducation ni sur le sujet de la religion.... ni sur les autres choses, sÉv. 24 janv. 1689. Dieu redresse quand il lui platt le sens égaré, BOSS. Hist. m, 7. Combien de fausses venus la reine a-l-elle redressées par les règles qu'elle prescrivit à la sienne I fléch. *ar.- Th^. Appliquezvous à redresser leurs moeurs, à leur inspirer la justice, la sincérité, la crainte des dieux, l'humanité, FÉN. Tél. XXIV. Il 7° Fig. Réparer, faire justice. L'édit de Clotaire redressa tous les griefs, monteso. Espr. XXXI, 2. Il démêle de justes griefs qu'il redresse, J. J. aouss. Ém. 1. 1{ Dans le langage des romans de chevalerie, redresser les torts signifiait secourir les opprimés et réparer les torts qui leur sont faits; aujourd'hui, il ne se dit plus que familièrement ou ironiquement. || 8" 11 se dit quelquefois par ironie pour châtier, mortifier. Il faisait l'impertinent, mais on l'a bien redressé. |{ 9° Familièrement. Tromper, attraper. Un fripon l'a redressé au jeu. Il 10° Se redresser, c. réfl. Redevenir droit
RED
«près avoir été courbé, penché, baissé. Sa tête se redressa. Antoine me saluait toujours très-honnctement quand personne ne le voyait; mais, comme il était fort bas à la cour et fort timide, il se redressait en public, retz, Mém. t. iv, liv. v, p. 61, dans pouGKNS. Les corps durs qui font ressort, se redressent lorsqu'on les a courbés, malebr. Rech. lois des mouv. part. 2. En général, il faut se redresser pour être grand ; il n'y a qu'à rester comme on est pour être petit, mahivaux, Marianne, 3« part. Faites travailler vos soldats à la porfeclion des chemins.... le soldat se courbe en remuant la terre ; mais il se redresse en marchant à l'ennemi, volt. Pol. et lég. Instr. pour le prince de '"', 8. {| Redressezvous, se dit k une jeune fille pour l'avertir de se tenir droite. |1 Kamilièrement. Elle se redresse, elle commence à se redresser, se dit d'une femme, d'una fille qui veut attirer les regards sur elle. Je me redressais, car c'est par où commence une vanité novice, MARiv. Marianne, part. I. || Fig. 11 se redresse, il témoigne par son attitude quelque satisfaction d'amour-propre. Voilà Mlle Rose et sa gouvernante; comme la demoiselle est modeste et jolie I comme sa bonne a l'air d'une brave fille 1 alors je me redressais, j'en étais toute fière, a. duval, Jeun, de Richel. I, 2. Il Fig. Se redresser, prendre un ton, un air de supériorité. Quand j'aurai tort, dites-moi mes vérités franchement et durement; mais ne vous redressez pas, je vous en conjure j car cela finirait mal, I. J. Bouss. Lett. à Monltou, 26 févr. <763. Il Fig. Se redresser, commencer à se redresser, se dit de tous ceux qui paraissent enorgueillis de quelque nouvel avantage. Il 11° Se remettre debout. Tombé, il essayait de se redresser. || Fig. Quand mon heur abattu pourrait se redresser.... malh. vi, 4 1. Il 12° Fig. Se corriger. On l'avait trompé [M. de Montausier], et on avait corrompu son langage; on s'est redressé, et lui aussi; il l'avoue; c'est une sincérité et une honnêteté de l'ancienne chevalerie, sÉv. 4 août 1077. Ce qui montre que, se redressant d'un côté, il [Grotius] retombait de l'autre dans les plus grossières erreurs, comme un homme qui.... n'avait point de principe fixe, Boss. 2° instr. sur les passages, Dissert, sur Grotius, e. Un ecclésiastique à qui vous conseillerez de se retirer durant quelque temps dans un séminaire, pour se recueillir et se redresser contre ses dissipations, id. Élév. sur myst. xviii, 3. Après m'être condamné, je me redresse et me corrige, fén. Dial. des morts anc. <7. — HIST. XI* s. Du faldestod il se redrece en piez, Ch. de Roi. cxcvi. || xn°s. Helies apelad tut le pople, et redresçad le altel nostre Seignur, Rois, p. 3i7. ||xiu' s. Plaise toi que tu nos faces redrecier du tonnent où nos somes par nos péchiez. Psautier, f» 7 1 . As piez li chiet [tombe] à oroison, Et l'ermite l'aredrecié. Puis li dist.... Ren. <3095, De loing le vilain [il] espia, Qui delez son plessié estoit , Et une viez soif [haie] redreçoit, ib. )64i«. Hé I Diex, com grant domage quant l'esteut tresbuschier; Ainçois que li frans hom se petlst redrescier, Ot de Turs enlour lui assés plus d'un milier, Ch. d'Ant, VII, 01. Si que, s'il a aucun lai [laï(|ue] qui mescroic en le [la] foy, il soit radreciés à le [la] vraie foy par l'ensegnement, beaum. xi, 2. || xv° s. Et aussi les ungs radressent les autres, comm. u, 2. || xvi" s. Nous debïons redresser en la voye son bœuf et son asne, quand ils seront esgarez, calv. Instit. 315. Et quelle sorte de philosophie est-ce la leur, de vouloir redresser les choses tortues par ce qui est encores plus tortu? lanoue, 509. Les guides reconurent qu'ils s'estoyeut escartez du chemin, et, en pensant se redresser, ils se fourvoyèrent davantage, iD. 568. Redresser la pratique d'une chose [la remettre en vigueur], id. 148. L'empereur, ayant sceu que le roy au partir de Dinan faisoit mine d'assiéger Namur, redressa son armée, d'aub. Hist. 1, 2) . 11 redressa la discipline de la chose publique romaine, amyot, Caton, 38. Caesar, par ceste humanité d'avoir fait redresser les statues de Pompeius, «voit asseuré les siennes, m. Cic. 51. 11 avoit à manier et redresser un peuple..., id. Cic. et Dém. 3. Ordonner à l'ame.... de ser'allier à luy [le corps]... le conseiller, le redresser.... mont, m, 40.
— ÊTYM. fie..., et dresser; bourguig. redreussai; picard, eurdrecher; wallon, ridressi, radressi; provenç. redressar; ital. ridrifiare.
REDRESSEUR (re-drè-seur), s. m. || 1° Redresseur de torts, chevalier qui se faisait le vengeur des injustices ou de la violence, et le défenseur des opprimés. || Familièrement et ironiquement. Celui qui veut réformer ou corriger les autres, qui se mêle d'empêcher ou de punir les méfaits, les injustices du monde. Ferons-nous d'Emile un redres-
SICT. DE LA LANOUE KRANÇAISE.
RÉD
seur de torts? j. i. rooss. Ém. iv. Me voilà déjà redresseur de torts, id. Conf, 1. 1| 2° On a jadis nommé redresseurs les filous et tous ceux qui employaient leur industrie à tromper pour vivre et faire figure aux dépens d'autrui. || 3° Outil pour redresser les piles de formes dans une raffinerie de sucre. Il 4° Terme de chirurgie. Redresseur utérin, instrument destiné à redresser l'utérus.
— Rtym. Redresser.
t REDRESSOIR (re-drè-soir), s. m. Outil du potier d'étain pour redresser les bosses des pots.
■j- REDRUGE (re-dru-j'), s. m. Terme rural. Nouvelles pousses des pois, des fèves et de la vigne, qui ont repoussé après qu'elles ont été pincées.
— ÉTYM. Re..., et un radical druge, qui paraît être de même origine que drageon (voy. ce mot).
t REDRUGER (re-dru-jé. Le g prend un e devant a et 0), V. a. Retrancher les redruges.
REDC, UE (re-du, due), part, passé de redevoir. Une somme redue. || S. m. Ce qui reste dû après compte fait. Le redil monte à tant.
t RÉDUCTEUR (ré-du-kteur), s. m. \\ 1° Celui qui réduit. Il 2» Adj. En chimie, réducteur, réductrice, qui a la propriété de désoxyder. Agents réducteurs.
— HIST. xvi* s. Que les assistants se taisent et escoutent le réducteur [renoueur], paré, xiii, 4
— ÉTYM. Lat. reductorem, de reducere, ramener
(voy. RÉDUIRE).
t RÉDUCTIBIUTÉ (ré-du-kti-bi-li-té) , s. f, Qua^ lité, état de ce qui est réductible.
RÉDUCTIBLE (ré-du-kti-bV), adj. \\ 1° Qui peut être réduit, diminué. Toutes donations faites aux époux par leur contrat de mariage seront, lors de l'ouverture de la succession du donateur, réductibles à la portion dont la loi lui permettait de disposer, CodeNap. art. (090. || 2° Qui peut être ramené à, mis sous la forme de. Un trapèze est réductible à un parallélogramme. Le beau naît de la variété réductible à l'unité, vauven. Esp. hum. 48. 11 ne s'agit pas toujours de s'assujettir à la forme du syllogisme; mais il faut que tout raisonnement soit réductible à cette forme, dider. Opin. des anc. philos. {Leihnitiianisme). Les forces parallèles pouvant être supposées se réunira une dislance infinie, elles sont réductibles à une résultante égale à leur somme et qui leur est parallèle, laplace, Expos, m, 3. Les phénomènes de polarisation produits par le mica, la chaux sulfatée, le cristal de roche, sont réellement réductibles à des forces attractives et répulsives, émanées de leurs axes, biot, Instit. Mém. scienc. 4812, 4" sem. p. 370. || 8° Terme de mathématique. Qui peut être abaissé de degré. Une nouvelle méthode pour la résolution des équations réductibles du troisième et du quatrième degré, de la quadrature du cercle infiniment approchée, de la cubature de certaines portions sphériques, ponten. Lagny. \\ 4° Terme de chirurgie. Qui peut être réduit, ramené à sa place. Fracture réductible. Une hernie qui n'est pas réductible. Une luxation facilement réductible. || 5° Terme de chimie. Se dit d'un oxyde qui peut-être désoxygéné par la chaleur et les agents désoxydants. (| Autrefois, susceptible d'être réduit en chaux. La pierre gypseuse est bien plus aisément réductible que ne l'est la pierre de corne, qui soufi're, sans se calciner, le feu nécessaire pour la fondre, bufp. Mém. t. m, p. 4 03.
— HIST. xvi* s. Le prix de la rente constituée estoit au denier douze, par l'ordonnance du roi Charles VII de l'an 4444, réductible et rachetable à ce prix s'il n'apparoissoit du contraire, loïsel, 508. Toute rente constituée en grain ou autre espèce est réductible à argent, id. 610.
— ÉTYM. Lat. reductum, supin de reducere (voy. HÉDUinE). Paré, v, 4, a dit reduisible.
RÉDUCTIF, IVE (ré-du-ktif, ti-v'), adj. Terme di<lactique. Qui a la faculté de réduire. Procédés réductifs. La chimie a des sels réductifs.
— HIST. xiv° s. Médecine reductive de sartiïPSSÎif estre plus fort ou lieble selonc la cause de la maladie, H. DE MONDEVILLE, f° 73, VCrsO.
— ÊTYM. Lat. reductum, supin de reducere (voy. réduire).
RÉDUCTION (ré-du-ksion ; en vers, de quatre syllabes), s. f. || 1° Proprement, action de réduire. Il 2° Terme de chirurgie. Opération chirurgicale qui a pour but de ramener, de remettre à leur place les os luxés ou fracturés, ou les parties molles quelconques qui ont formé hernie. La réduction d'une fracture, d'une luxation, d'une hernie. || 8° Terme de chimie. Opération qui a pour but de ramènera l'état métallique les composés où le métal est combiné soit avec l'oxygène, soit avec le soufre, etc. La réduction s'emploie cour faire reparaître lus oxydes
des métaux sous la forme métallique; on la nomme aussi révivificalion ; c'est une véritable désoxydation, FOURcnoY, Conn.cUim.i. i, p. 95. || 4° Terme de géométrie. Action de ramener une figure à une autre semblable, mais plus petite. Échelle de réduction. Il Opération parla(|uclle on divise une figure plane en plusieurs parties. Réduction d'un polygone en triangles. Il Opération par laquelle on change une figure eu un polyèdre en un autre équivalent. La réduction d'un polygone en un parallélogramme. || 5° Terme de peinture. Copie d'un objet dans une grandeur moindre que l'original. || Carreaux de réduction, carreaux que l'on trace sur un modèle, pour le copier en le ré- , duisant, ou sur un transparent, à travers lequel on regarde ce modèle. || On dit de même : faire la réduction d'un plan. || 6° Terme de musique. Faire la réduction d'una partition, mettre les parties des divers instruments en une seule pour piano ou pour piano et chant, ou pour chant et quatuor, etc. || Terme de plain-chant. Suite de notes qui descendent diatoniquement. {[ 7° Opération par laquelle on trouve le rapport entre les différents nombres, les difl'éreiites mesures, les différentes monnaies, etc. Faire la téduction des deniers en sous, dessous en livres, des fractions en entiers, etc. La réduction des francs en livres et des livres en francs. || Terme d'arithmétique et d'algèbre. Conversion d'une quantité en une autre équivalente, mais plus simple. || La réduction de fractions au même dénominateur, opération par laquelle on ramène plusieurs fractions à un même dénominateur; ce qui permet de les additionner, de les soustraire. Il 8° Terme d'astronomie. Action de corriger une observation des effets de la réfraction, de la parallaxe, ;de la précession, etc. || Terme de marine. Quartier de réduction, instrument qui sert à résoudre plusieurs problèmes de pilotage, par les angles semblables. || Réduction d'une route, recherche de la différence en latitude et longitude donnée par une route cinglée. {{ Se dit aussi de l'action de déduire une roule unique do deux ou pli>sieurs routes partielles. |{ Se dit enfin de l'action de déterminer la forme de tous les couples à l'aide de celle des couples extrêmes et du maître couple. Il 9° Terme de logique. Réduction à l'impossible, à l'absurde, démonstration qui consiste à faire voir que le contraire d'une proposition serait impossible ou absurde. || 10° Action do diminuer (signification qui est provenue des opérations de géométrie, do peinture par lesquelles on change une figure en une figure semblable, mais moindre). Réduction des dépenses. Sa fortune a subi une grande réduction. La réduction d'un liquide par l'évaporation. La réduction [de la valeur du denier romain] était bien considérable, puisque la république gagnacinq sixièmes sur toute la monnaie de cuivre, montesq. Espr. des lois, xxii, 42. La réduction des espèces [d'animaux] suppose beaucoup de connaissances, de réflexions et de comparaisons, au lieu qu'il n'y a rien de si aisé que d'en augmenter la quantité, bufp. Ois. t. i, p. 100. Il Terme de jurisprudence. La réduction d'un legs, la diminution d'un legs plus fort que la loi ne permet de le faire. {[ On dit de même : la réduction d'une donation. || La réduction d'une rente, diminulion d'une rente qu'on meta un taux plus bas. |{ Réduction de la rente, opération financière par laquelle l'État offre à certains de ses créanciers un intérêt moindre ou le remboursement. La réduction du 5 p. 0/0 en 4 4/2 et en 3 p. o/o. || 11» Gêne où l'on tombe d'un état meilleur; .sens qui a vieilli. U se voit dans une étrange réduction, après avoir été dans la prospérité, richelet. || 12° Exténuation. Les Hollan^ dais eurent l'impudence de faire sentir à M. d'Harlay, dont la maigreur et la pâleur étaient extraordinaires, qu'ils le prenaient pour un échantillon de la réduction où se trouvait la France, st-sim. 27, 60. Il 13° Action de subjuguer; sens qui vient de ce que réduction s'est dit de l'action de ramener sous l'autorité ce qui s'y était soustrait. La réduction des rebelles. Il [le prince d'Orange] s'était excusé du peu de secours qu'ils [ses alliés] avaient reçu de lui, sur la nécessité où il s'était vu d'employer à la réduction de l'Irlande la meilleure partie de ses forces, rac. Siège de Namur. La réduction du royaume de Macédoine en province de l'empire romain, rollin, Hist. anc. xxv, ch. ii, i, 2. C'est de l'année 4392 qu'on peut compter la réduction entière de la Bulgarie sous la domination ottomane, siLV. de saci, Inst. Mém. inscr. et bell. lettr. t. vu, p. 316. || 14° Il se disait autrefois, dans les Indes occidentales, des peuples gouvernés par les jésuites. Les réductions du Paraguay. Â mesure que les Églises indiennes s'élevèrent, elles furent comprises sous le nom général de réduction. chate,\usb. Génie, iv, iv, 6.