RAB. HT
— ÉTYM. ta.t. refractarius, rebelle, de re^roe«ui», supin de refringere, de re, contre, et frangere, briser (voy. fracture).
t RÊFRACTARIAT (ré-fra-kta-ri a), *. m. Néologisme. État de réfractaire; l'ensemble des réfractaires.
RÉFRACTÉ, ÉE (ré-fra-kté, ktée), part, passé de réfracter. || 1° En été, les rayons sont plus approchés de la perpendicule et plus réfractés sur notre horizon septentrional, volt. Lett. au pr. roy. de Prusse, avril 1738. Le mouvement réfracté est celui d'un corps qui passe obliquement d'un milieu dans un autre, bsisson. Traité de phys. t. i, p. 7S. Il 2° Terme de médecine. Dose réfractée, dose divisée par petites proportions. Administrer le sulfate de quinine à doses réfractées.
RÉFRACTER (ré-fra-kté), v. a. Produire la réfraction. L'eau réduite en vapeurs réfracte les rayons du soleil, BERN. DE ST-p. Liv. II, Uarmon. aquat. 1 1 Absolument. Elle [la vapeur d'eau] réfractée fort peu près comme l'air atmosphérique, à force élastique égale, BioT et arago, Instit. Mém. scienc. 18O6, 1" sem. p. 352. Il Se réfracter, v. rcfl. Éprouver la réfraction. En passant d'un milieu dense dans un autre, la lumière s'y réfracte, de manière que le» sinus d'incidence et de réfraction soient en raison constante, LAPLACE, Exp.iv, 17.
— ÉTYM. Lat. refractum, supin de refringere, réfracter, briser (voy. réfringent).
t RÉFRACTEUR (ré-fra-kteur), s. m. Nom de certaines lunettes astronomiques.
— ÉTYM. Réfracter.
RÊFRACTIF, IVE (ré-fra-ktif, kti-v'), adj. Qui produit la réfraction. Les bornes de notie atmosphère réfractive, bailly, llisl. astron. mod. t. u, p. 340. Il Puissance réfractive, la force que les corps diaphanes exercent sur les rayons lumineux pour les détourner de leur direction primitive, et qui es? une force accélératrice agissant perpendiculaire-
REF
REF
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ment à la surface de ces corps. L'hydrogène est celui [gaz] qui réfracte le plus; son pouvoir réfiactif est six fois aussi grand que celui de l'air atmosphérique, BiOT etARAGO, lustit. Mém. scienc. isoe, (" sem. p. 320.
— ÉTYM. Lat. refractivus {refractiva verba, verbes réfléchis), de re/'rmffere (voy. béfrinoent).
RÉFRACTION (ré-fra-ksion ; en vers, de quatre syllabes), t. f. || 1° Terme de physique. Action d'un corps qui brise l'impulsion d'un autre corps et le dévie. La balle souffre réfraction, quand elle entre obliquement dans l'eau, desc. Monde, <4. Quelques mémoires qu'il donna à l'Académie des sciences en 4739 et en 1740, entre autres un mémoire sur la réfraction des corps solides, qui contenait une théorie curieuse et nouvelle de cette réfraction, d'alemb. Mém. Œuv. t. i, p. xxxj, dans pougens. Il 2° Terme d'optique. Phénomène qui consiste en ce que les rayons lumineux obliques, traversant certains corps diaphanes, éprouvent, de la part de ces corps, une action particulière, en vertu de laquelle ils subissent un changement de direction et se trouvent brisés à l'endroit où ils pénètrent. Les astronomes calculent mal la quantité des réfractions des cieui , desc. Monde, 9. L'œil a ses humeurs et son cristallin ; les réfractions s'y ménagent avec plus d'art que dans les verres les mieux taillés, boss. Connaiss. iv, 2. Tout le monde sait que l'on a dressé des tables de réfractions pour les observations astronomiques, lesquelles tables donnent, pour les différents degrés de liauteur des planètes, différentes élévations apparentes, fondées sur ce que je viens de dire, malebr. Rech. ter. Rép. à Régis, ch. i. Tycho s'était aperçu le premier que les réfractions augmentaient les hauteurs apparentes des astres sur l'horizon, fonten. Cassini. Au commencement du dernier siècle, on ne croyait pas que la réfraction s'étendît au delà de 45 degrés de hauteur, bailly, Hist. astr. mod. t. i, p. 202. Dominique Cassini trouva par observation que la réfraction était à l'horizon de 32 minutes 20 secondes, et, à dix degrés de hauteur , de 6 minutes 28 secondes, m. ib. t. II, p. 36). Hauksbee avait montré qu'un air condensé au double, pesant une fois plus, donnait une réfraction double, id. ib. t. m, p. 92. L'effet de la réfraction pour le climat de Paris nous lait paraître le soleil, lorsqu'il est à l'horizon, plus haut de 32 ou 33 minutes de degré qu'il ne l'est réellement, BBissON, Traité de phys. t. m, p. i 57. Descartes, le premier qui ait publié la vraie loi de la réfraction ordinaire, que Kepler et d'autres physiciens avaient inutilement cherchée, laplace, Instit. Mém. scienc. (809, p. 309. Il Double réfraction: on dit qu'un miflcral a la réfraction simple, lorsque les objets qu'on regarde à travers paraissent simples; on dit qu'il a la réfraction double, lorsque ces objets paraissent doubles. C'est sur ce spath transparent qu'Erasme Bartholin a observé le premier la double réfraction de la lumière ; et, peu de temps après, Huyghens a reconnu le même effet dans le cristal de roche, bufp. Jftn. 1. vil, p. <57. La pierre nommée zircon, et celle qui est appelée vulgairement spath d'Islande, jouissent éminemment de la double réfraction, A. BRONGNiART, Traité de min. t. i, p. 32, dans POUGENS. J'appelai double réfraction attractive celle qui rapproche de l'axe le rayon extraordinaire, et double réfraction répulsive celle qui l'en éloigne, BIOT, Instit. Mém. acad. scienc. t. m, p. <93.
— HIST. XVI' s. Les perturbations de l'ame produisent de merveilleux effets en nos corps, par la refraction et condensation, retraction et effusion des humeurs et des esprits, paré, Inlrod. 25.
— ÉTYM. Lat. refractionem, de refractum, supin de refringere (voy. réfringent).
+ RÉFRACTOIRE (ré-fra-ktoi-r'), adj. Terme de physique. Qui appartient à la réfraction. Courbe réfractoire.
— ÉTYM. Lat. refractum, supin de refringere (voy. réfringent).
REFRAIN (re-frin), s. m. || !• Un ou plusieurs mots répétés à chaque couplet d'une chanson, d'un rondeau. Marot, bientôt après, fit fleurir les ballades.... X des refrains réglés asservit les rondeaux, boil. Art p. I. Il n'est pas besoin de dire qu'il faut ménager à ces refrains des chutes heureuses ou tout au moins justes, fonten. Disc, sur l'églogue. Elle a la voix juste et pure. Sait les plus joyeux refrains bérang. Jeorvne. || Fig. C'est le refrain de la ballade' ou, simplement, c'est le refrain, c'est là qu'il en ■ veut venir, c'est par là qu'il termine son discours. C'est toujours le refrain qu'ils font à leur ballade Régnier, Sat. a. Le refrain fut d'offrir sa personne et son bras, la font. Fiatus. 2° rig- et familière-
ment. Ce qu'on ramène incessamment en ses discours. Il fit des exclamations dont le refrain était.... BAHiLT. Gramm. 3 . La destruction de Carthage était le refrain de tous les discours de Caton au sénat, d'alemb. Lett. à Voltaire, 8 sept. 4762. || Avec lui, c'est toujours le même refrain, il répète sans cesse la même chose. || 8° Terme de marine (peu usité). Le retour des vagues qui se sont brisées contre les rochers.
— HlST. xui* s. En la fin tuit cil i chantoient. Au refret d'amors s'acordoient. Roman de la poire. Il XV' s. J'ay en mon cueur joyeusement Escript, afin que ne l'oublie. Ce refrain qu'ayme chierement : C'estes vous de qui suis amye, ch. d'orl. Bail. 46. Il xvi« s. Ayons tousjours ce refrain de la souvenance de nostro condition, mont, i, 76. Leur mot sacramental [des pyrrhoniens], c'est iuéy.to, c'est-à-dire je soustiens, je ne bouge; voylà leurs refrains et aultres de pareille substance, id. ii, 234.
— ÉTYM. Prov. refranh, refrim; cat. refrd; espagn. re/ron ; port, refrào. Ces formes se rattachent à l'ancien verbe refraindre, tiré du lat. refrangere ou refringere; la forme refret de l'historique vient de refractus, part, passif de refringere (voy. réfringent). Le refrain est donc ce qui se réfléchit, se répète. Il y avait un ancien verbe refréner, dire des refrains (Ben. 4570). Le picard refrain, qui est de même origine, signifie dégoût, répugnance.
RÉFRANGIBILITË (ré-fran-ji-bi-li-té), s. f. Terme de physique. Propriété dont .jouissent les rayons lumineux de s'éloigner ou de s'écarter de la perpendiculaire au point d'immersion, quand ils tombent obliquement d'un milieu diaphane dans un autre de densité différente. La différente réfrangibilité des rayons rouges, jaunes, verts et bleus, violets et de toutes les couleurs intermédiaires en nombre infini, propriété qu'on n'avait jamais soupçonnée et à laquelle on ne pouvait guère être conduit par aucune conjecture, est la découverte fondamentale du traité de M. Newton, fonten. Newton. Maintenant que l'on sait corriger en grande partie les effets de la différente réfrangibilité des rayons, BUFF. Hist. min. introd. Œuv. t. vu, p. 255. Les rayons qui ont le plus de réfrangibilité sont aussi ceux qui se réfléchissent le plus facilement, bris- SON, Traité de phys. t. 11, p. 364.
— ÉTYM. Réfrangible.
RÉFRANGIBLE (ré-fran-]i-bl'), adj. Terme de physique. Qui est susceptible de réfraction. Le plus habile physicien pourrait-il nous dire précisément pourquoi un rayon rouge est moins réfrangible qu'un rayon violet? bonnet, Palingén. xii, 4. Le rayon le plus réfrangible est le violet, ensuite l'indigo, le bleu, le vert, le jaune, l'orange et le rouge,
LAPLACE, Expos. I, 4 6.
— ÉTYM. Mût formé de refrangere, qui ne se disait pas (parce que les Latins, toutes les fois qu'un verbe simple entre en composition, en changent la voyelle, particulièrement l'a en t ou en e), et qui est équivalent de refringere (voy. réfringent).
REFRAPPÉ, ÉE (re-fra-pé , pée), part, passé de refrapper. Frappé et refrappé, il tomba.
f REFRAPPEMEMT (re-fra-pe-man), s. m. Action de refrapper. Le refrappement des monnaies.
— HIST. ivi' s. Refrappement, cotgrave.
REFRAPPER (re-fra-pé), v. o. || 1" Frapper de
nouveau. Refrapper des monnaies. || 2° Absolument. Donner de nouveaux coups. Personne ne dit mot ; l'on refrappe plus fort, régnier. Soi. xi. Et moi je frappe et je refrappe, scarr. Yirg. ii.
— HlST. XVI" s. Comme on voit un caillou refrappé maintes fois Par force avec du fer servir d'amorce au bois, desportes, les Amours d'Hippolyte, Liv. La faveur du soleil refrappant par-après sur les raisins, o. de serres, 209.
— ÉTYM. Re..., et frapper.
t REFRAYER (re-frè-ié), v. a. Frayer de nouveau. Il Rendre la poterie plus unie, avant de la cuire.
— HIST. XVI' s. Frayant sans nul repos une ornière éternelle, Qui tousjours se retrace et se refraye en elle, rons. 880.
t REFREDONNER (re-fre-do-né), v. a. Fredonner de nouveau.
— HIST. XVI' s. Je ne veux pourlant entonner Les alarmes de sons lyriques, Et moins eneor refredonner Les chants des poètes antiques, jaques tahu- REAU, Poésies, p. 92, dans laccrne.
I REFRÉMIR (re-fré-mir), v. n. Frémir de nouveau.
— HIST. xiv s. Adonc comroença son cheval à refremir, et à estre aussi ccmme demy forcené,
I Chron. de Si Pénis, t. u, f- 4-34, dans lacurne.
t BEFRÉICATION (re-fré-na-sion), t. m. Action de refréner. Refrénation des passions.
— HIST. xvi* s. Refrénation, cotgbave.
—ÉTYM. Lat. refrenationem, derefrenare, refréner. REFRÉNÉ, ÉE (re-fré-né, née), part, passé de refréner. Les passions refrénées par la raison.
t REFRÈNEMENT (re-frè-ne-man), s. m. Néologisme. État de ce qui est refréné. Le refrènement de la politique de conquête, de lavelete, Rev. des Deux-Mondes, 4867, novembre, p. 4i.
REFRÉNER (re-fré-né. La syllabe fré prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : je refrène, excepté au futur et au conditionnel : je refrénerai), c.o. Mettre un frein, réprimer. Refréner cette licence si funeste, bourdal. Carême, ii, Parf observ. de la loi, 4 87. Le principal but de Lycurgue dans l'établissement de ses lois.... était de réprimei et de refréner l'ambition de ses citoyens, rollin, Hist.anc. Œuv. t. ii, p. 54l,danspoDGENS.
— HIST. XII' s. Si refrenout [refrénait] U duxses gens Par merveilles esperimens, E par signes espoentables ; De justice n'esteit muables, benoît, II, 7448. Pur ço s'est mult li reis de s'ire refrénez, Th. le mort. 43. || xiu' s. S'en enfer me devoit mener. N'en puis je mon cuer refréner, la Rose, 6948. Il xv s. Si se rapaisa et refréna son mautalent.... FROiss. I, I, 214. Toute la première vertu Est de sa langue refréner; Car taire en tempsaplusvalu A pluseurs que le trop parler, e. desch. Poésies mss. f° 447. U est expédient d'aulcunes foiz restraindre et refréner ses désirs, supposé mesmes qu'ils soyent bons, Intern. consol. u, 44. || xvi' s. Refréner la fierté et l'insolence d'un peuple enorgueilly, amyot, Pèr. et Fab. comp. 3.
— ÉTY.M. Provenç. et espagn. refrenar; ital. raffrenare ; du lat. refrenare, de re, et frenare, dompter, de /'renum (voy. frein). Dans l'anc. franc, il y avait le verbe refraindre (de refringere), qui a souvent un sens très-voisin de refréner, et qu'on est tenté de confondre avec lui.
t REFRÉQUENTER (re-fré-kan-té), ». a. Fréquenter de nouveau.
— HIST. xvi' s. Refrequenter, cotgrave.
t REFBICASSER (re-fri-ka-sé), v. a. Fricasser de
nouveau.
— HIST. XVI' s. Refricasser, cotgrave.
RÉFRIGÉRANT, ANTE (ré-fri-ié-ran, ran-t'), adj.
Il 1° Terme de physique. Qui a la propriété de déterminer le refroidissement. La force réfrigérante de l'évaporation, saussurb, Voy. Alpes, t. v, p. 359, dans pouGENS. || Mélange réfrigérant, mélange de glace et de certaines substances, par exemple de deux parties de glace pilée et d'une partie de sel marin, lequel produit un grand froid. || 2° Terme de médecine. Qui rafraîchit. Remède réfrigérant. Il S. m. L'orgeat est un bon réfrigérant. || 3° .S. m. Vaisseau qui entourait autrefois le chapeau d'un alambic, et qu'on remplissait d'eau froide pour favoriser la condensation des vapeurs qui s'élèvent des matières soumises à l'action du feu; aujourd'hui l'on fait passer directement la vapeur dans le serpentin, que le réfrigérant enveloppe de toutes parts.
— HlST. xvr s. Une maladie chaude, comme phleg mon ou erysipelas, demande viandes réfrigérantes, PARÉ, Inlrod. 4 4.
RÉFRIGÉRATIF, IVE (ré-fri-jé-ra-tif, ti-v'), odj. Terme de médecine. Propre à rafraîchir. || Substantivement. Un réfrigératif.
— HIST. XIV' s. Avoir vertu refringerative ou d« causer froidure, oresme. Thèse de meunier. || xvi* s. Medicamens refrigeratifs et humectatifs, paré,