VIII
— ÉTYM. Voy. RÉFRIGÉRER.
RÉFRIGÉRATION (ré-fri-jé-ra-sion; en vers, de six syllabes), s.f. \\ 1" Terme de physique. Action d'abaisser la température ; résultat de cette action. Viennent ensuite les réfrigérations accélérées d'octobre et de novembre,- elles peuvent affecter les glaciers, fournet. Comptes rendus, Acad. des se t. LI, p. 959. Il 2° Particulièrement, l'opération qui consiste à abaisser la température d'une enceinte close, à l'effet de soustraire l'homme à l'influence d'une chaleur excessive.
— HIST. ivi' s. Prens donc pitié de l'humble requérant, Qui l'eau de grâce à ton puys vient querant Pour luy donner réfrigération, J. marot, v, 268.... Nonobstant que la respiration serve à la re-frigeration du cœur, paré, Introd. 9.
— ÉTYM. Lat. refrigerationem, de refrigeran, réfrigérer.
f RÉFRIGÉRER (ré-fri-jé-ré. La syllabe gé prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : je réfrigère,' excepté au futur et au condi*
REP
REF
REF
tionnel : je réfrigérerai, v. a. Produire la réfrigération.
— HIST. XVI' s. Pour réfrigérer et nourrir la cha- Itur naturelle fixe, paré, i, 4. Si la cause est froide •t venteuse, elle réfrigère tout le corps, id. xviii, 52.
— ÊTYM. Lat. refrigerare, de re, et frigus, froid (voy. froid).
t RÉFRINGENCE (ré-frin-jan-s'), s. f. Terme de physique. Propriété de déterminer une réfraction de la lumière. Newion conjectura la combustibilité du diamant d'après la grande réfringence qu'il faisait éprouver aux rayons du soleil, sennebier, Ess. art d'observ. t. ii, p. 252, dans pougens.
— ÉTVM. Réfringenl.
RÉFRINGENT, ENTE (ré-frin-jan, jan-t*), adj. Terme de physique. Qui cause une réfraction. On explique la cause de la vue courte d'une manière assez satisfaisante par le trop grand renflement des humeurs réfringentes de l'œil, buff. Uisl. nal. Nom. Œuv. t. IV, p. 46 1 . Que les forces réfringentes des corps sont à peu près en proportion de leur densité , BRissoN , Trailé de phys. t. m , p. 374. Il Milieu réfringent, celui qui a fait changer de route aux rayons lumineux, à l'instant où ils entrent pour le traverser. || Pouvoir réfringent d'un corps, le quotient de sa puissance réfractive par sa densité. La force réfringente de l'air n'est point changée par l'accroissement de la température, et elle est constamment proportionnelle à sa densité, biot, Instit. Uém. sciene. <807, 2' sem. p. 40. || Faces réfringentes, les deux seules faces à travers lesquelles la plupart des minéraux doués de la double réfraction offrent deux images d'un même objet, quand on regarde celui-ci à travers, ces deux faces faisant entre elles un certain angle. || Angle réfringent, celui que forment les deux faces dont l'une reçoit le rayon lumineux qui se réfracte dans l'intérieur du corps, et l'autre lui olTre une issue à son retour dans l'air. Il Prisme biréfringent , prisme composé d'une substance qui fait éprouver la double réfraction. || Substantivement. Les réfringents.
— ÉTYM. IM.refringenlem, àerefringere, briser, ià re, et frangere, briser (voy. fracture).
t REFRIRE (re-fri-r'), v. a. Faire frire de nouveau. Elle passe son temps à frire et à refrire. Ce mets a déjà été frit et refrit.
— HIST. xvi* s. Refrire, cotgrave.
t REFRISER (re-fri-zé). || 1° V. a. Friser de nouveau. 112" Y. n. Redevenir frisé. Ses cheveux refrigent. Il Se refriser, v. réfl. Refaire sa frisure.
— HIST. XVI* s. Pour toy des grands forests la fueiUe renaissante Tous les ans se refrise, et les fleuves sinon Ne courent dans la mer que pour bruire ton nom, bons. 800.
t REFRISSONNEH (re-fri-so-né), v. n. Frissonner de nouveau.
— HIST. XVI' s. Refrissonner, cotgrave.
REFROGNÉ, ÉE (re-fro-gné, gnée) ou RENFRO- GNÉ, ÉE (ran-fro-gné, gnée), part, passé de refrogner ou renfrogner. Un autre renfrogné, rêveur, mélancolique, Régnier, Sat. 11. Et un : «vous êtes de bons sots, » que la Baguenodière, d'un visage refrogné, leur lâcha assez mal à propos, leur apprit qu'il prenait assez mal la chose, scarh. Rom. com. II, <7. Brinon, que les questions du gouverneur avaient impatienté, revint plus renfrogné qu'un vieux singe, hamilt. Gramm. 3. Éaque et Rhadamanthe étaient à ses côtés, plus refrognés et plus sombres qu'à l'ordinaire, fonten. Jugem. de Plut,
REFROGNEMF.NT (re-fro-gne-man) ou RENFRO- GNEMENT (ran-fro-gne-man), s. m. Action de se refrogner. Le refrognement de son visage.
— HIST. XVI' s. Refrongnement, cotgrave.
t REFROGNER (re-fro-gné) ou RENFROGNER (ran-fro-gné), v. a. || 1° Contracter et plisser le visage en signe de mécontentement ou de douleur. Il se refrogna le visage. Puis renfrognant sa maigre et dolente effigie, Qui par le chambertin ne fut jamais rougie, dei.ille, Convers. 11. || 2° Se refrogner ou se renfrogner, v. réfl. Devenir refrogné. Miss Betzi trouve que je me renfrogne à vue d'oeil, M"" HiccoBONi, Fanni Buttler, Lettre 61 .
— HIST. XV' s. Ce seigneur vint tout refrongné Vers l'hostesse par bon moyen, Et luy dit : mon cas va très bien, villon, 2* rep. || xvi' s. Ces discours ont accoustumé d'esgayer et resjouir ceulx qui les traictent, non les renfrongner et contrister, mont. i. (75. Alors il refroigna son front et s'attrista jusqu'aux larmes, m. 11, I7I. Un chancelier n'a pas seulement à servir à sa conscience.... refrogner aux délits des courtisans, faire teste aux puissans principaux, résister à leurs fieres et félonnes actions, DU VEEDiER, Biblioth. p. <74, dans la-
CDRNE. Un regard triste, morne et refrongné, tktiit, Introd. a.
— ÊTYM. Be...., et l'ancien verbe (rogner, qui signifiait froncer la bouche, le front ; Le cheval, qui sentoit les chevaux des Anglois, commença à hennir et à frongnier et à frapper du pied en terre, FROiss. II, III, ) 24. Frongnier dérive de l'ancien adjectif/run : Li deables.... Li frunz, 11 fel, li annuieux, ruteb. t. 11, p. 304. Il est probable que le même radical est dans l'italien ;tn frigno, ridé; patois lombard, frignare, pleurer, contracter la bouche; génev. refrougné; picard, erfrigné, racafrogné; Diez rattache ce radical au germanique : ail. fleunen, se tordre la bouche; suéd. flina; dan. fline. L'anglais (0 frown est le français (rogner.
f REFROID (re-froi), s. m. Terme de corroyeur. Mettre les cuirs au refroid, les étendre sur des perches au sortir de l'étuve.
REFROIDI, lE (re-froi-<ii,die), part, passé de refroidir. Il 1° Devenu plus froid. M. Brydone rapporte qu'après plus de quatre ans, la lave qui avait coulé en ) 766 au pied de l'Etna, n'était pas encore refroidie, BUFF. Add. théor. terre, Œuv. t. xm, p. I60. ||a°Fig. Qui a perdu son caractère de chaleur, en parlant des sentiments. Votre ardeur vous séduit; mais, quoi qu'elle vous die. Quand vous la sentirez une fois refroidie.... corn. Poly. v, 4. Ce zèle avec lequel Mme d'Aiguillon ranimait la charité en un siècle où elle était non-seulement refroidie, mais presque éteinte, fléch. Aiguillon. || S» Il se dit aussi des personnes dont les sentiments ne conservent plus la même ardeur. Il était tout à fait refroidi sur cette poursuite, hamilt. Gramm. 4. Il paraît d'ailleurs un peu refroidi pour moi, j. j. rouss. Hél. V, 1 2. Il A' En argot, refroidi, tué, réduit à l'état de cadavre.
REFROIDIR (re-froi-dir), v. a, \\ 1° Rendre froid. L'un [souffler froid] refroidit mon potage ; L'autre [souffler chaud] réchauffe ma main, la font. FaU. v, 7. Il faut un an pour refroidir une lave de deux cents pieds d'épaisseur assez pour qu'on puisse la toucher sans se brtller à un pied de profondeur, BUFF. Addit. théor. terre Œuv. t. xm, p. <49. Il 2» Fig. Diminuer l'ardeur, l'activité. Mais si la pesanteur d'une charge si grande Résiste à mon audace, et me la refroidit, malh. iv, 4. Ceci pourrait suffire à refroidir une âme, réonier, Sat. XII. Le plus violent bouillon de mon zèle serait refroidi par la seule crainte de vous fâcher et de contester avec vous, sÉv. à Guitaut, 9 févr. <683. Quelquefois, le dirai-jeî un remords légitime Au fort de mon ardeur vient refroidir ma rime, boil. Au roi, Ép. viii. Cet affront donna du courage à ses ennemis, et refroidit l'affection de ses alliés, rollin, Hist. anc. Œuvr. t. ix, p. 198, dans pougens. Vous-même qui vous plaignez que les croix dont le Seigneur vous afflige, vous découragent et vous refroidissent sur le désir de travailler à votre salut.... MASS. Avent, A(lîict. Vous verrez des âmes que la^, miséricorde de Dieu a rappelées de l'égarement.... en renversant une fortune établie, en refroidissant une faveur enviée, id. ib. Britannicus est empoisonné; mais que devient Junie? c'est cet éclaircissement qui allonge et refroidit le cinquième acte de Britannicus , mabmontel, Œuv. t. v, p. 38. User de ses droits refroidit le cœur plus que les prétentions injustes, stael, Corinne, xx, 4. || Absolument. Quand l'amour n'émeut pas, il refroidit, VOLT. Mérope, Lett. \\ 8° F. n. Devenir froid. Une d'elles [demoiselles] soufflera le fourneau, et l'autre ne fera autre chose que mettre du sirop sur des assiettes pour le faire refroidir et me l'apporter de temps en temps, voit. Lett. 9. Un engourdissement général saisit les membres d'Atala, et les extrémités de son corps commencèrent i refroidir, chateaubr. Atala, le drame. || Fig. Les siècles qui ont vu refroidir le zèle des chrétiens sur tous les autres devoirs de la religion, n'ont pu, ce semble, le ralentir sur celui-ci [entendre la parole de Dieu], mass. Carême, Parole. Avez-vous fait l'estampe des Calas 1 il ne faut pas laisser refroidir la chaleur du public; il oublie vite, et il passe aisément du procès des Calas à l'Opéra-Comique, volt. Lett. Damilaville, 7 juin I76B. Il Familièrement. Laisser refroidir une chose, ne pas la faire sur-le-champ. Je voudrais bien, ma fille, que vous n'eussiez pas laissé refroidir la réponse de la bonne princesse [de Tarente] ; vous m'eussiez fait un grand plaisir d'entrer un peu vite dans toute la reconnaissance que je lui dois, SÉV. tB mars (676. M. de Marsillac, à présent M. de la Rochefoucauld [après la mort de son père].... ne trouvez-vous pas que le nom de la Rochefoucauld est quasi aussi chaud à prendre que celui de monsieur
d'Aleth [un pieux évêque] T M. de Marsillac voulait le laisser refroidir ; mais le public ne l'a pas voulu, ID. 36 mars I68O. || Refroidir,», n. Se conjugue avec le verbe avoir pour signifier l'action : Le bouillon a refroidi pendant que vous veniez; avec le verbe être pour marquer l'état : Le bouillon est refroidi depuis longtemps. || 4" Se refroidir, v, ré(l. Devenir froid. Le ilîner se refroidit; voilà M. Fréret qui arrive; mettons-nous à table, volt. Dial. ixvi, 2. On conte qu'une certaine comète, passant auprès de cet astre [le soleil], devint deux mille fois plus brûlante que le fer rouge, et ne put se refroidir qu'en cinquante mille années, volt. Dial. xxix, <o. L'or et le plomb, qui sont beaucoup plus denses que le fer et le cuivre, néanmoins s'échauffent et se refroidissent beaucoup plus vite, buff. Hist. min. Introd. Œuvr. t. vi, p. 242. Le corps noirci se refroidit constamment plus vite que le corps poii, ri.'MFORd, Instit. Mém. sciene. t. vi, p. 93. || 6' Fig. N'avoir plus la même ardeur. Le lendemain, le courage de ceux d'Othon s'étant refroidi, ils dépêchèrent vers les Vitelliens, d'ablanc. Tacite, Hist. II, < I. Je reçois votre lettre; elle me ravit; ne craignez pas, ma bonne, que ma joie se refroidisse ; elle a un fond si chaud qu'elle ne peut être tiède, SÉV. 6 févr. 1674. Pendant que la charité se refroidissait partout ailleurs, Boss. Polit, vu, vi, (4. Ils se refroidissent bientôt pour les expressions et les termes qu'ils ont le plus aimés, la bhuï. i. Si vous vous refroidissez, Dieu se refroidit à son tour, mass. Carême, Tiéd. 11. Pourquoi notre siècle, en se refroidissant sur l'églogue, semble-t-il se refroidir aussi sur le genre le plus opposé au bucolique, sur le genre de l'ode ? d'alemb. Réfl. sur la poés. Œuvr, t. IV, p. 106, dans pougens. Je sentais mon talent se refroidir, stael, Corinne, xiv, i. Notre amitié s'est depuis refroidie, m. j. cuén. Gracques, 1, 5.
— HIST. XI' s. Et par ces prez les laissez [les chevaux] refreider, Ch. de Roi. clxxvii. || xii' s. Iluec curreit une ewe de mestier en mestier : Là se baignout les seirs [les soirs] pur sa char refreidier, Th, le mort. 94. jj xm' Ne vous lessiés pas refroidir, Ne trop vos membres enroidir, (a Rose, (9897. Enfans, qui les Hors aies querre Et les freses naissans sus terre, Li mau serpent refroidissant. Qui se vet ici tapissant.... Pensez, enfans, de l'eschever [esquiver], ib. 16799. Se la desevrance [séparation] dure trop longuement, elle fait refroidir et oblier l'amistié, brun, latini. Trésor, p. 3i2. ||xiv' s. Li Gaules, pour cause de l'interposicion de la nuit, avoient jà aucunement refredi leurs courages de l'ardeur de la bataille, bercheure, f m 2. Et après, quant vient as perilz et leur premier mouvement est passé et reiïroidi ou destaint comme une legiere flamme.... oresue, Eth. 82. || xv s. Si se refroida grandement de cette croix emprise et preschée.... FROiss. I, I, 63. Marchandises par mer [le commerce par mer] en estoient refroidies et toutes perdues, id. II, II, 239. Ils se vouloient entretuer; mais les sergents les menèrent refroidir en prison, louis xi, Nouv. xcii. Il xvi' s. Il luy refroidira l'envie de s'attacher au prince aultrement que par un debvoir publioque, mont, i, i67. Ce cry refroidit un peu la chaleur de ceulx qui avoient bonne envie de combatre, amyot, Aie. 61. Il appercevoit que les alliez et confederez qu'il avoit en Italie se refroidissoient, ID. Pyrrh. 48.
— ÉTYM. Re..., et froid; wallon, rifrendi; Berry, rafrédir, raferdir, refrédir, refredxir ; provenç. re(reidar, re(reydir, re(regir, re(reiir; espagn. res(riar et re(reir; ital. raffreddare et rifriggere. L'ancienne langue avait deux conjugaisons de ce verbe, refroidier et refroidir.
t REFROIDIS (re-froi-di) , s. m. Terme rural usité en quelques cantons. Culture qui se fait pendant l'année de jachère. || Semer sur refroidis, semer en champ qui n'a pas cessé de rapporter chaque année. || Faire des refroidis, supprimer la jachère.
f REFROIDISSANT, ANTE (re-froi-di-san, san-t'), ad/. Qui a la propriété de refroidir. Sa congélation et sa cristallisation opérées par divers moyens re' froidissanls, fourcrot, Conn. chim. t. i, p. cxxi
REFROIDISSEMENT (re-froi-di-se-man), s. m. Il 1° Abaissement de la température d'un corps. Le refroidissement de la ferre jusqu'à la température actuelle, buff. Hist. min. introd. Œuv. t. vi, p. 622. Que le temps du refroidissement du fer est à celui du refroidissement du cuivre , au point tfe le tenir [à la main], comme 53 J est à 45, id. ib, t. VI, p. 251 . J'ose vous presser, monsieur, de croire au refroidissement de la terre, comme vous avez cru à l'attraction de Newton, bailly, Atlantide, p. 440, Il %° Fig. Diminution d'affection de zèle. etc.
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Elle [Mme de GuénégaudJ était irritée de son malheur; cela se répandait sur tout, et servait peutêtre de prétexte au refroidissement de ses amis, sÉv. 348. 11 y a ici deux choses k distinguer, une rupture entière de l'homme avec Dieu, et un simple refroidissement entre l'homme et Dieu, bourdal. Exhort. sur Vobserv. des règles, t. i, p. 208. La faveur ou le refroidissement des princes de la terre, MASS. Profess. relig. t . Je sentais un refroidissement graduel dans les lettres de Mme d'Houdetot, J. i. Bouss. Confess. x. Il apprit avec surprise le refroidissement si marqué de la reine pour Mlle de la Fayette, genlis, Mlle de la Fayette, p. 248, dans POUGENS. Il 8° Indisposition causée par le froid qui saisit au moment où l'on a chaud. Je suis enroué, c'est la suite d'un refroidissement. || 4° Maladie du cheval causée par le passage subit d'une action vive ou forcée au repos par un temps froid, ou à l'ingestion d'une eau froide, l'anima! ayant chaud.
— HIST. XVI' s. Aussi leur advient aux cuisses un refroidissement et abolissement de sentir et mouvoir, paré, xix, <b.
— ÉTYM. Refroidir. On trouve aussi refroidement, de refrnider ou refroidier.
t REFROIDISSEUR (re-froi-di-seur), adj. || 1° Qui refroidit. Le rôle de refroidisseurs que les savants anglais font jouer aux courants descendants [dans l'atmosphère du soleil], paye, Acad. des se. Compl. rendus, t. lxvii, p. <95. || 2» S. m. Vase où l'on refroidit quelque chose. Lorsqu'il [le sirop] commence à filer, il faut se hâter de le verser dans un quatrième et dernier bassin de bois, appelé le refroidisseur, chateaubr. Amer. Récolte du sticre d'érable.
t REFROIDISSOIU (re-f'-oi-di-soir),*. m. || fCave où les tablettes de chocolat durcissent, se refroidissent et se contractent; ce qui permet de les extraire sans peine du moule. || 2° Bac refroidissoir, vase servant à refroidir la bière. Loi belge du 2 aolll <822, sur les bières et vinaigres, art. s.
t REFROISSÉ, ÉE (re-froi-sé, sée), adj. Terres refroissées, se dit, aux environs de Paris, des terres qu'on cultive au lieu de les laisser en jachère.
— ÉTYM. fie..., et froisser.
t REFROrrER (re-fro-té) , v. a. Frolterde nouveau.
— HIST. xiv s. Bien frotter de sel et re frotter, ilénagier, ii, 5.
REFUGE (re-fu-j'), s. m. \\ 1° Lieu où l'on s'enfuit, où l'on se retire pour être en sûreté. Mais chercher ton asile en la maison du mort! Jamais un meurtrier en fit-il son refuge? corn, le Cid, lit, 1. Il [Dieu] sera voire juge : Vous ne trouverez point devant lui de refuge, id. Poly. v, 2. Les coupables du même crime cherchent naturellement un même refuge, boss. Déf. Yar. i«' dise. 4o. Dans celte inconstance des choseshumaines.... celui-là me semble heureux qui peut avoir un refuge, id. Sermons, Amour des plaisirs, 2. Là [dans la tour de Mont- Ihéri], depuis trente hivers un hibou retiré Trouvait contre le jour un refuge assuré, boil. Lwlr. m. || Lieu où se rendent des gens qui ne sont guère reçus ailleurs. Votre maison est le refuge ordinaire de tous les fainéants de la cour, moi.. Critique, t. || 2° Kig. Appui, soutien, en parlant des personnes qui servent de refuge. Tous nos maux en ce monarque Ont leur refuge et leur secours, malh. ii, 4. Ce lion ayant été contraint pour quelques raisons d'État de sortir de Libye avec toute sa famille.... je crois que vous ne trouverez pas indigne de vous d'être le refuge des lions affligés, voit. te». 4i. Dieu est notre refuge et notre force, Saci, Bible, Psaumes, xlv, 2. l'iometlez.... Que, sévère aux méchants et des bons le refuge. Entre le pauvre et vous, vous prendrez Dieu pour juge, bac. Athal. iv, 3. || Il se dit aussi des choses. N'a-t-on point de présent à faire. Point de pourpre à donner, c'est en vain qu'on espère QueUiue refuge aux lois... la font. Fabl.xi, 7. La reine voulait que les rebelles trouvassent leur refuge dans sa parole, boss. Reine d'Angl. \\3° h'ig. Prétexte pour s'excuser, raison apparente dont on cherche à se couvrir. On l'a poursuivi dans tous ses refuges. Vous voulez dire que la cour ne se connaît pas à ces choses; et c'est le refuge ordinaire de vous autres messieurs les auteurs, mol. Critique, se. 7. C'était le dernier refuge des manichéens, BOSs. Nouv. myst. ta. 114° Maison de refuge ou, simplement, refuge, maison d'asile pour les indigents, ou de correction pour des femmes ru'on veut retirer du désordre. Je me trouve fort offensée de la proposition de ce milieu entre le monde et le refuge, maintknon, Lelt. à Mme de fillette, <3 aoiit <708. || B° Ordre du refuge, ordre de religieuses fondé à Nancy en 4617 et établi pour la retraite des femiues et des filles dérangées.
Il 6° Chez les Hébreux, refuges ou villes de rehige, villes où se retiraient ceux qui avaient commis un meurtre involontaire.
— HIST. xii* s. E faiz est Ii sires refuges al povre. Liber psalm. p. 9. Pur ceo vos requerum merci. De defendement suffraitus, Et de refuge besoignus, BENOÎT, II, 293. Ne il ne poent contre lui Aver défense ne refui, Grégoire le Grand, p. eo. Pur ço est France franche, par les sainz ù je fui, Que cil ki mestier unt i viengent à refui, Th. le mart. 64. U est mis escudz [mon bouclier] e ma salveted; il me eslieved , e il est mun refui , Rois , p. 20B. Il xni* s. Sont en terre establi Ii juge Por estre defîense et refuge X cel cui 11 monde forfet, la Rose, B486. Il xiv s. Il cuident et tienent que en tel cas le seul et singulier refuge c'est à ses amis, OBESME, Eth. 229. {| XV* S. Il connoissoit bien les adreces et les refuges du pays, comme celuy qui en estoit, froiss. liv. i, p. 9i. Au fort, puisqu'on ce point je suy. Je porterai ma grant penance. Ayant vers loyauté refui. Où j'ay mis toute ma fiance, CH. d'obl. Bail. (7. |{ xvi* s. U fut contraint de se retirer pour son dernier refuge par devers luy, AMYOT, Marius, i*.
— lïTYM. Provenç. refug, refuy, refuch, refut ; espagn. refugio; ital. rifûgio ; du lat. refugium, de refugere (voy. refuib). On remarquera les deux formes refui et refuge.
RÉFUGIÉ, ÉE(ré-fu-ji-c, ée), part, possède réfugier. Il 1° Qui a cherché un refuge. Le roi et la reine de Pologne réfugiés en Silcsie, boss. Anne de Gong. Réfugié dans une cabane, je n'ai de ressource que ma pêche, et je ne prends pas un poisson, volt. Zadig, «e. || Substantivement. Un réfugié, une réfugiée, celui, celle qui s'est retirée dans un autre pays pour échapper à la persécution. Les réfugiés polonais. || 2" Il se dit des calvinistes chassés de France par la révocation de l'édit de Nantes. En 1687, la nation anglaise, sentant de quel avantage lui seraientles ouvriers français réfugiés chez elle... VOLT. Mœurs, 4 82. || Substantivement. Il y a dix mille réfugiés français à Berlin, qui ont fait de cet endroit sauvage une ville opulente et superbe, id. Frag. sur Vhisl. xxviii. ||i4d;. Style réfugié, style des auteurs protestants qui, résidant en pays étranger, depuis la révocation de l'édit de Nantes, n'écrivaient pas avec pureté, ou, du moins, n'avaient pas suivi les changements de la langue. Bayle n'avait pas h; style réfugié; il ne péchait que par une familiarité qui approche quelquefois de la bassesse, VOLT. Louis 17 r, écrivains, Saurin.
UfiKl'GIER (SE) (ré-fu-ji-é),je me réfugiais, nous nous réfugiions, VOUS vous réfugiiez;que je me réfugie, que nous nous réfugiions, que vous vous réfugiiez, r. r(!/J.||l° Se retirer en lieu de sûreté. Ellese vit, douze jours après, contrainte de prendre la fuite pour se réfugier en France, boss. Reine d'Anglet. Le malheureux prince fPrusias], abandonné de tous ses sujets, se réfugia dans un temple, où il fut tué par (les soldais qu'avait envoyés Nicomède, hollin, llisl. anc. Œuv. t. ix, p. 207, dans pougens. Alexandre 111 se réfugie en France, asile naturel de tout pape ennemi d'un empereur, volt. Mœurs, 48. Il Fig. La pudeur s'est enfuie des cœurs, et s'est réfugiée sur les lèvres, volt. Cant. des cant. Précis. Julie [d'Éianges] est restée dans le monde, elle se réfugie en secret auprès de Dieu, chateaub. Génie, II, m, B. ||2° Fig. Avoir recours.il se réfugie dans des subtilités, dans des mensonges. || 9° V. a. Mener en un refuge. Je vins réfugier mes dieux pénates sur cette côte déserte, où je ne trouvai que des terres incultes, fén. Tél. ix. || 4° Donner asile (en ce sens il n'est usité qu'en langage historique). Ceux qui dans ce cas [le meurtre d'un maître] réfugiaient un esclave pour le sauver étaient punis comme meurtriers, montesq. Esp. xv, te.
— ÉTYM. Refuge.
f REFUI (re-fui), s. m. Terme de vénerie. Asile.
— ÉTYM. Voy. befuge à l'historique.
REFUIR (re-fuir), v. n. || t° Terme de chasse. Il
se dit du cerf et des animaux qui reviennent sur leurs pas pour donner le change. || Se dit aussi du gibier qui fuit simplement devant les chasseurs. Il 2° Même sens que fuir, mais avec un degré d'énergie de plus. Mais il y faut venir : c'est en vain qu'on recule, C'est en vain qu'on refuit, tôt ou tard on s'y brûle, cobn. Mél. i, t. || 3° V. a. Éviter, se détourner de. C'est ainsi que la terre, au retour du printemps. Des grâces du soleil se défend quelque temps, De ses premiers rayons refuit les avantages, Et pour les repousser élève cent nuages, cohn. 'Victoires du roi. Que tout ce qu'il abhorre et tout ce qu'il refuit, Si tôt que cette grâce [de Dieu] entre
dans la balance, Devient tout ce qu'il aime et tout ce qu'il poursuit, id. Imit. ii, 4 2. Vois arriver sans trouble et supporte sans bruit Tout ce qu'obstinément ta volonté refuit, id. ib. ii, 40.
— HIST. XIII' s. De vous amer onques ne me refui; Puis celé heure, dame, je vostre fui, Que mes fins cuers [cœur] vous fist tant à moi plaire, Thibaut, Chansons mss. p. 32, dans lacuhne. Cil qui en chastel assegé sont. Quant sont environné entour. Il refuient tout ce qu'il ont Et le retraient en la tour, DU cange, refugium. || xV s. Et ne sçai où refuir Pour garir Ne amenrir [amoindrir] Les grieftés qu'en moi je truis [je trouve], fboiss. Poés.mss. p. 269, dans LACURNE. Il XVI' s. Les dangiers se refuyent de moy, quelque part que je soys, septlieues à la ronde, bas. Pant. m, 47. Si entendez pourquoy un cinge en une famille est toujours mocqué et hercelé, vous entendrez pourquoy les moines sont de tous refuyz, et des vieulx et des jeunes, m. Garg. i, 40. Il ne fault ny fuir la vie, ni refuir à la mort, MONT. I, 89. Mon ame, de sa complexion, refuyt la menterie, id. m, 62. Il prit une autre route pour s'en refouir en Asie par les isles, amyot, Lyc. 16.
— ÉTYM. Provenç. refugir; espagn. rehuir; ital. rifuggire; du latin refugere, de re, et fugere (voy.
FUIB).
REFUITE (re-fui-f), s. /". |] 1° Terme de chasse. Trajet que fait une bête chassée. || 2° Endroit où une bête a coutume de passer quand on la chasse. On dressa les filets dans les refuites, babthél. Anach. ch. 39. || 3° Ruses d'une bête qu'on chasse. Les refuites d'un cerf sont les ruses par lesquelles il tâche d'échapper aux chiens, ou de reprendre les voies de son buisson. Lorsque le cerf ne s'y trouve pas, il ne reste d'autre moyen que d'imaginer la refuite qu'il peut avoir faite, buff. Quadrup. t. ii, p. 22. Il Par extension. Mais celles [galères] des Grégeois se montrent mieux instruites A provoquer l'attaque et (feindre des refuites, bréb. Phars. m. Il 4° Fig. Retardements , détours d'une personne qui veut échapper à quelque chose. Mais cessez de chercher ces refuites frivoles, corn. Mél. i, 2. La chicane, maîtresse des cavillations et féconde en refuites, veut être forcée dans ses retranchemer.ts, ST-siM. 376, 60. Le duc du Maine avec ses adreises ordinaires pour éluder... Mme la duchesse ne (irit pas le change; accoutumée à ses refuites, elle le suivit jusqu'à ce qu'elle .l'eût atteint, staal, Mém. t. III, p. 4 65. || 5" En termes de charpenterie, on d«t qu'un trou a de la refuite, lorsque la mortaise est trop profonde pour l'usage qu'on en veut faire. || Donner de la refuite, donner de la facilité aux pièces emboîtées, pour qu'elles puissent être retirées.
— HIST. XV* s Il savait les adresses et les refuites |d'autres éditions ont refuges] du pays, pour ce qu'il en estoit, froiss. i, i, I6I.
— ÉTYM. Re..., et fuite.
f REFUMER (re-fu-mé), v. a. Mettre de nouveau du fumier.
— lllST. XVI. s. La vertu du fumier lui restant [à la terre qu'on destine à être en pré] pour plusieurs années, ne sera on en peine.... de la refumer de long temps, o. de serres, 263.
RKFUS (re-fù), s. m.\\ 1° Action de refuser. Mais s'il faisait refus d'abandonner la tente? mairet, Soliman, ii, 4 8. S'exposer au refus, c'est hasarder sa gloire, corn. Pulcher. i, 5. Le refus bizarre qu'on fait de les montrer [les propositions de Jansénius], PASC. Prov. 1. Industrieux à se cacher dans les actions d'éclat, il en renvoyait la gloire au ministre [Mazarin], sans craindre, dans le môme temps, de se charger des refus que l'intérêt de l'État rendait nécessaires, boss. le Tellier. La chose la plus prompte et qui se présente d'abord, c'est le refus, et l'on n'accorde que par réflexion, la brut. XI. Il [M. du Fay) savait se conduire avec les ministres, préparer de loin ses demandes, ne les faire qu'à propos, et, lorsqu'elles étaient presque déjà faites, essuyer de bonne grâce les premiers refus, toujours à peu près infaillibles, ne revenir à la charge que dans des moments bien sereins, fonten. du Fay. Catherine [la czarine] s'immortalise par sa lettre [appelant d'Alembert auprès d'elle]; et frère d'Alembert, par ses refus, volt. Lett. Damilaville, 4" févr. 4763. Le privilège d'un ancien ami n'est guère que d'être refusé de préférence, et obligé d'approuver le refus, trop heureux si, par un excès de confiance, on lui fait part des motifs, DucLOS, Consid. mœurs, 7. C'étaient les refus sérieux d'une volonté décidée, qui s'indigne qu'on puisse douter d'elle, J. J. bouss. Ém. v. Je n'ai pas le courage de décider de ta destinée; voici le premier refus que tu reçus jamais de ton amie, et je sens
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bien par ce qu'il me coûte que ce sera le dernier, lo. Hél. n, 5. Il Au refus de telle personne, telle r^""" sonne refusant, quand telle personne refuse. Mais je ne réponds pas que ce cœur inhumain [Cléopatre] Ne veuille, à leur refus [de ses fils], s'armer d'une autre main, corn. Rodog. m, 4. Lt le courroux du ciel, pour en purger la terre, Nous doit un parricide au refus du tonnerre, id. Iléracl. u, 3. |{ Avoir une chose au refus d'un autre, ne l'avoir qu'après qu'un »ulre l'a refusée. |{ Faire une chose au refus de quelqu'un, la faire après qu'un autre a refusé de s'en charger. || Familièrement. Cela n'est pas à votre refus, ce n'est pas une chose qu'on vous offre, et qu'il dépende de vous d'accepter ou de refuser. || Cela n'est pas de refus, cela n'est pas à refuser. Cela n'est pas de refus, mol. Préc. (O. i| 2° Ce qu'un autre a refusé. Elle a trop d'un amant, et, si sa flamme heureuse Me renvoyait celui dont elle ne veut plus. Je ne guis point d'humeur fAcheuse, Et m'accommoderais bientôt de ses refus, corn. Agés, iv, 3. Est-ce vous offenser que m'ofTrir vos refus, Et vous doit-il un coeur dont vous ne voulez plus? id. Tite et Bérén. III, 2. Il 3" Refus de lait, se dit d'une mère, d'une nourrice dont le sein ne donne pas de lait. Ces refus de lait sont assez communs, mais ils ne sont pas tous sur le compte de la nature : les mères pour l'ordinaire y ont bonne part, j. j. Rouss. Corresp. t. VI, p. )24, dans pouoens. || 4° Droit de refus, privilège qu'avait chacun des trois ordres, dans l'organisation des états généraux, de refuser son adhésion aux résolutions prises. || 5° Terme de chasse. Un cerf de refus , un cerf de trois ans. || 6° Terme de métier, .''usqu'à refus de mouton, jusqu'au moment où le m*uton n'exerce plus d'action sur les pieux qu'il frappe. On a enfoncé ces pieux jusqu'à refus de mouton. Savoir si les pieux ont été chassés au refus du mouton, Lett. etc. de Colbert, v, S5. || On dit ide même : Le pieu est au refus.
— HIST. XII' s. Obédience ofTristes ainz e subjectiun; En refui de ço faites puis appellatiun. Th. le mort. 85. Il XIV* s. Enquérir se il fesoient cest refus de certaine science, behcheure, f. 63, verso. || xv"s. Le duc de Bourgogne venu en Piquardie, lui ouvrirent ceux du païs cités et villes sans nul reffus. Geste lies nobles, viriville, p. 123. || xvi' s. Eu un mesme jour il souffrit deux refus, ce que jamais homme n'avoit fait au paravant, amyot. Marins, 6.
— ÊTYM. Voy. REFUSER ; provenç. refut, refui; catal. refus; ital. rifiiito.
t REFUSABLE (re-fu-za-bl'), adj. Qui peut être refusé.
— HIST. XV* s. Voslre requeste n'est pas refusable, FROiss. II, III, 52. Il XVI' s. Argumens non impertinens et raisons non refusables, bab. Pant. v, Prol.
I REFUSANT (re-fu-zan),s. m. Celui qui refuse.
— HIST. XVI* s. Si aucun refuse de donner trêves à autruy, le refusant en sera.... Cnust. gén. t. ii, p. «31.
REFUSÉ, ÉE(re-fu-zé,zée), port, passdde refuser. Il 1° Oui n'a pas été accepté. Des présents refusés. Il 2° Oui a reçu un refus, en parlant des personnes. D'autant plus que vous-même, ardente à me l'offrir fie trône]. Vous ne craigniez rien tant que d'être refusée, RAC. Bajas.v, 4. 11 disait que ceux dont on refusait le secours avaient eu l'art de s'attirer ce refus, ou n'avaient pas eu l'art de le prévenir, et qu'ils étaient coupables d'être refusés, fonten. Des Billeltes. Il Substantivement, les refusés, les peintres dont les tableaux, les sculpteurs dont les ouvrages n'ont pas été admis à l'exposition publique. || 3° Qui n'est pas accordé. Du souvenir la faculté puissante. Donnée à l'animal, refusée à la plante, delille, Trois règnes, vu.
REFUSKR (re-fu-zé), v. a. \\i' Ne pas accepter ce qui est offert, présenté. Refuser une offre. Il a refusé de se servir de mon bras. J'aurais refusé également la religion de Mahomet et celle de la Chine.... par cette seule raison que l'une n'ayant pas plus de marques de vérité que l'autre.... pasc. Perts. xiv, i, édit. HAVET. Les Juifs le refusent [Jésus], mais non pas tous; les saints le reçoivent, et non les charnels, id. ib. xix, 5 bis. Comme il n'a jamais refusé ce qui était raisonnable étant vainqueur, il a toujours rejeté ce qui était faible et injuste étant captif, Boss. Reine d'Anglet. La paix que vous avez tant de fois refusée, fléch. Turenne. D'Alembert est pauvre, et il n'est pauvre que parce qu'il a refusé cinquante mille livres de rentes en Russie, VOLT. Lett. Richelieu, 6 avr. 1772. || 11 se dit des pièces de théâtre que les auteurs présentent, et que les comédiens ne veulent pas jouer. La tragédie de Sylla fut présentée aux comédiens et refusée, volt. Louis HV, Écrivains, le P. de la Rue. On assure
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que. Voltaire ayant fait présenter aux comédiens sa tragédie de Mérope, sans leur apprendre qu'il en était l'auteur, elle fut refusée, parce qu'il n'y avait point dans cette pièce d'autre amour que la tendresse maternelle, d'alemb. Êiog. la Chauts. note 2. ||a° Ne pas consentir à ce qui est demandé, ordonné. Il a refusé son consentement. Refuser obéissance. Que dirai-je des difficultés qu'on suscite dans l'exécution, lorsqu'on n'a pu refuser la justice à un droittrop c!air?Boss. Je TcÙier.On nese trompe pas quand on attribue tout à la prière; Dieu, qui l'Inspire, ne peut lui rien refuser, id. Uar.-Thtr. M. de Lamoignon refusa-t-il à quelqu'un la liberté de lui dire les choses nécessaires? flécii. Lamoignon. Et Pégase pour eux refuse de voler, boil. Disc, au roi. Les dogmes de l'impiété n'ont rien de plus clair et de plus intelligible que les mystères delà religion; et, en refusant de croire, on perd la foi, sans que la raison y gagne et s'éclaircisse, MASS. Or. fun. Conti. Je suis obligé de m'excuser de mon voyage à Berlin auprès d'un cœur comme
10 vôtre. ...j'ai refusé au roi de Prusse deux jours de plus qu'il me demandait, volt. Lett. d'Argenlal, 6 janv. <74l. Le régent ne savait rien refuser; et ce qu'il ne donnait pas, on le lui arrachait, duclos, Œuv. t. V, p. 372. On offre les services, on refuse les secours, m. Consid. mœurs, 7. On refuse durement le nécessaire, on accorde aisément le superflu, ID. t6. Il Absolument. Il s'est trouvé des hommes qui refusaient plus honnêtement que d'autres ne savaient donner, la bruy. vin. L'impossibilité d'obéir n'a plus d'autre nom que la rébellion et la mauvaise volonté qui refuse, mass. Pet. carême, Tentât, des gr. Pouvant refuser avec aménité, je refusai avec dureté, et voilà en quoi j'eus tort, j. j. rouss. Conf. XI. Il Refuser la porte à quelqu'un, ne pas lui permettre l'entrée de quelque lieu. Il se présenta pour entrer au bal, on lui refusa la porte.
11 3° Refuser quelqu'un, ne pas l'accepter. Ce domestique a été refusé. On lui présenta des commis; il les refusa. || Refuser une fille en mariage, veut dire qu'on la refuse à l'homme qui la demande, ou que l'homme à qui on la propose la refuse. || On dit de même, en parlant de mariage : Cet homme a refusé un bon parti; Cette fille a refusé un parti ^'^■antageux; On lui a refusé la main de cette jeune personne. Il 4° En parlant des personnes, ne pas leur accorder ce qu'elles demandent. Ce n'est pas toujours jeu sûr de refuser de plus grand que soi, retz, II, 343. Ne les pressez point tant, ces dieux qui vous refusent; Ils savent mieux que nous d'où dépend notre bien, quinault. Agrippa, iv, 2. Dieu vous refuse ? mais c'est pour vous obliger de le prier plus longtemps, mass. Carême, Prière 2. Je dois te refuser, hélas ! et ne le puis, c. df.lav. le Paria, iv, 2. Il Refuser quelqu'un de quelque chose, ne pas lui accorder cette chose. Le comte: Qui peut mieux l'exercer [un emploi] en est bien le plus digne. — D. Diègue: En être refusé n'en est pas un bon signe, CORN, le Cid, i, 6. Voilà tout mon souhait et toute ma prière ; M'en refuserez-vous ? id. Hér. iv, 4. Vous ne l'avez jamais refusé de rien [le cardinal de Richelieu], Lett. de l'Acad. franc, au chevalier Servien, dans pellisson, Hist. de l'Acad. iv. Quelle plus grande honte y a-t-il d'être refusé d'un poste que l'on mérite, ou d'y être placé sans le mériter? LA BBUY. viii. Un homme de mérite se donne, je crois, un joli spectacle, lorsque la même place à une assemblée ou à un spectacle dont il est refusé, il la voit accorder à un homme qui n'a point d'yeux pour voir, ni d'oreilles pour entendre, id. viii. En le refusant [le régent] des 60000 livres de rente sur Lyon , il [Villeroy] ne refusait rien en effet, st-sim. 474, 76. Il 5" Ne pas accorder, sans idée que rien soit demandé. Ma voix, depuis dix ans qu'il commande une armée, A-t-clle refusé d'enfler sa renommée? CORN. Nicom. IV, 2. Si mon cœur prévenu refuse de vous croire? hauteroche, Esp. foll. m, 2. Avec tant de grandes et tant d'aimables qualités, qui eût pu lui refuser son admiration? boss. Duch. d'Orl. On dit qu'il [Scipion Emilien] ne put refuser des larmes à la malheureuse destinée de Carthage, HOLLiN, Hist. anc. Œuv. t. i, p. 567, dans pougens. Au milieu des douleurs les plus aiguës, il refuse même à ses souffrances ces plaintes innocentes qui semblent les soulager, mass. Or. fun. Conti. \\Ne pas consentir à, ne pas accepter. Refusant tous les autres noms, elle s'obstine à dire qu'elle est la princesse, BOSS. Duch. d'Orl. \\ Refuser avec que et le subjonctif. Puisque vous avez toutes autres sortes d'avantages sur moi, je ne refuserai point que vous ayez encore cettui-ci, malh. Lett. 1,0. || Ne pas laisser aller &. Quoique vous soyez de profession mi-
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litaire, je ne tous refuse point aux affaires de notre métier, balz. liv. vin, lett. 3». Des haines plus modérées et plus tranquilles.... qui, en refusant le cœur au devoir, ont assez d'empire sur elles pour donner les apparences au monde, mass. Carême, Pardon. || 6" Fig. il se dit des chose.'! auxquelles on altribuecn quelque sorte un refus. La nature a refusé la vigne aux contrées équatoriales. |Le vieillard] Inhabile aux plaisirs dont la jeunesse abuse. Blâme en eux les douceurs que l'âge lui refuse, BOIL. Art p. III. Des déserts que le ciel refuse d'éclairer, RAC. Alex. V, 4. Il 7° Se priver de. Passer se* jours dans le repos et dans le plaisir, ne rien refuser à sa sensualité et à ses désirs, hourdal. Pensées, t. m, p. H3. Il 8° Se refuser une chose, la refuser à soi, s'en priver, ne pas se l'accorder. Ces idoles que le monde adore, à combien de tentations délicates ne sont-elles pas exposées?... et que se peut refuser la faiblesse humaine, pendant que le monde lui accorde tout? boss. Duch. d'Orl. Il ne se refusait aucune dépense, montesq. Lett. pers. <4i. Il Familièrement. 11 ne se refuse rien, il se donne tout ce qui lui est agréable. Faire tout ce qu'on veut, vivre exempt de chagrin. Ne se rien refuser, voilà tout mon système; Et de mes jours ainsi j'attraperai la fin , regnard , Folies amour. Divert. Mur. de la folie, 1. 1| 9° Terme de guerre. L'ennemi refusa sa droite, il évita de l'engager. || 10° V. n. Il ne refuse à rien, il se charge de toutes les besognes. Il U" Terme de manège. Ce cheval refuse, il ne peut pas ou ne veut pas obéir. || 12° En termes de métier, on dit d'un outil (mouton, couteau, charrue), qu'il refuse, quand il ne peut enfoncer, pénétrer, couper. || Terme de marine. En parlant du vent, changer de direction, de manière à rendre impossible la continuation d'une route commencée au plus près. X six heures et demie, les vents refusantde plus en plus, et la marée contraire étant assez forte.... BouGAiNviLLE, Voyage, 1. 11, p. 288. || Refuser de virer, se dit d'un navire qui n'a pas exécuté le mouvement qui devait, portant sa proue dans le lit du vent, le faire virer ainsi vent devant. || 13° Se refuser, v. réfl. Etre refusé, n'être pas accepté. De pareilles propositions ne se refusent pas. || N'être pas donné. Achèverai-je d'accabler ton pauvre cœur, ou t'offrirai-je des consolations qui se refusent au mien? J. J. Houss. Hél. I, 30. Il 14° Se refuser à une chose, ne pas vouloir la faire. Il se refuse à travailler. Il se refuse à tout ce qu'on exige de lui. || Il nese refuse à rien, il est prêt à tout faire. || 1B° Se refuser à une chose, ne pas s'y livrer, ne pas s'y rendre. Cependant à leurs vœux votre âme se refuse. Tandis qu'en ses liens Célimène l'amuse, mol. Uis.i, t. Lorsqu'on se voit tout d'un coup élevé aux places les plus importantes.... on ne se possède plus.... c'est aux hommes vulgaires un trop grand effort, que celui de se refuser à cette éclatante beauté qui se donne à eux, boss. le Tellier. Je n'ai pour tout accueil que des frémissements; Tout fuit, tout se refuse à mes embrassements, rac. Phèdre, m, 5. Un cœur qui se refusait aux excès, qui ne paraissait point fait pour le dérèglement, mass. Carême, Mot. de conv. On l'a vu, en garde contre luimême, se refuser aux goûts les plus innocents, id. Or. fun. Conti. Vous vous êtes si longtemps refusé à Dieu , malgré les plus vives inspirations de sa grâce, id. Carême, Prière 1. 1| Fig. Se refuser se dit de choses qui n'accomplissent pM leur office. La plume se refuse à décrire de pareilles horreurs. La langue se refuse à la foi qui l'anime, les forces manquent, la parole cesse, mass. Or. fun. Conti. Il Le temps se refuse à cela, les circonstances s'y refusent, le temps, les circonstances ne le permettent pas. {{ On dit de même : Ma fortune se refuse à une si grande dépense. || Proverbe. Tel refu.se qui après muse, ou qui refuse muse, t'est-à-dire on se repent d'avoir refusé ce qui était offert. || A Genève on dit : qui refuse n'use.
— REM. 1. Avec un infinitif, refuser prend ordinairement la préposition de : Il a refusé de marcher; il vous a refusé de faire la démarche. Quand il s'agit de choses pour lesquelles, si on les accordait, on pourrait dire, donner à, refuser prend la préposition d ; 11 lui a refusé à dîner, à déjeûner. Il 2. Corneille a dit : J'aurais peine, seigneur, à lui refuser grâce , corn. Sertor. i, 3. On a contesté la correction de cette phrase. Mais pourquoi ne dirait-on pas refuser grâce, comme demander grâce?
— HIST. XI* s. Qui dreite lei et droit jugement refusera. Lois de Guill. 4i.||xii*s. Et mes fins cuers [cœur] me fait d'une amorete Si douz présent que [jej ne l.'os refuser, Couci, vi. Par sainte obédience [il] a iuandé [àl saint Thomas, Que s'il puet
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faire pes, qu'il ne la refust pas, TK. le mort. ui. Hais âltrement font ces choses 11 ellieu fies clusj et altrement li renfuseit fies refusés], Job, p. 452
I XIII' s. Et cil n'alglonj qui les oils fyeujt] remue en face du soleil], est refusez et gitez dou nif comme jastars, brun, latini, Trésor, p. 1 96. La vie contemplative refuse le monde, et se délite fdélecte] en Dieu seulement, ID. ib. p. 458. Uoï parler de la grant carité de l'hospital d'Acre, et ol dire que nus mesaisiés fmalado] n'i estoit refusés, Chr. dellains, p. <07. Ele [la dame] a, espoir [peut-être], tel refusé Dont ele se repentiroit, S'ele recouvrer i pooit. Lai du conseil. Riens n'i perdent li refusé. Fors tant cum il i ont musé, la Sose, 7009. Qui ne les refuse [les juges] avant que jugement soit fes, il ne les pot refuser fors par apel, beaum. lxvi, i. I| xvs. Ils refuseront à payer, froiss. i, i, 275. [Ils] esperonnerent leurs chevaux de grand voulonté ; mais à ceste première lance ils faillirent, car les chevaux refusèrent, ID. liv. IV, p. 41. Son mary l'a refusée d'une robbe, dont elle est bien couroucée. Les i 5 joyes du mariage, p. 8i, dans lacurne. Tel reflfuse au premier jour l'ng marché, qui au second le octroyé , Pcrceforest, t. iv, {'tu. \\ xvi* s. Chiron refusa l'immortalité, mont, i, 89. Qu'il ne semble pas reprocher à aultruy tout ce qu'il refuse à faire, id. i, 166. La philosophie ne doibt estre refusée nyaux festins nyaux jeux, id. i, 4 82. Je ne veulx pas qu'on refuse, aux charges qu'on prend, l'attention.... et le sang au besoing, id. iv, «52. Il ne le demanda point [à être censeur], pour la doubte qu'il eut d'en Estre refuzê, amyot, Marius, 55. Ib, refuzerent de passer oultre, id. Lucul. 63. Et qui plus est, quand il cuida entrer au logis de Caton, on luy refusa la porte, à cause que... id. C. d'Ut. 49.
— ÉTVM. Provenç. refusar, refudar, refuidar; espagn. rehu.'iar; ital. rifiutare. Mot incertain. L'italien rifiutare vient du latin refutare qui avait pris de bonne heure dans la basse latinité le sens de refuser. Mais le changement du t en s ne s'explique ni dans l'espagnol rehusar, ni dans le français refuser. Diez suppose qu'il y a eu confusion entre le latin rccusare et refutare, et qu'il en est résulté un verbe mixte où se trouvent 1'^ et l's. Cette conjecture est ingénieuse, sans être tout à fait sûre. Recusare avait donné reûser.
t REFUSEUR, EUSE (re-fu-zeur, zeû-z'), s. m. et f. Celui, celle qui fait un refus.
— HIST. XVI' S. X bon demandeur, bon refuseur,
COTGRAVE
KÉFCSIOîf (ré-fu-zion ; en vers de quatre syllabes), s. f. Il 1' Action de répandre sur, de reporter sur. Il me semble que l'amour que nous avions pour mon père ne doit pas être perdu, et que nous en devons faire une réfusion sur nous-mêmes, et que nous devons principalement hériter de l'affection qu'il nous portait, pour n?us aimer encore plus cordialement s'il est possible, pasc. Lelt. à M. Périer, <7 oct. (65). 112° Terme d'ancienne pratique. Réfusion de dépens, action de rembourser les frais d'un défaut faute de comparoir, afin d'y être reçu opposant.
— HIST. XVI" s. Ceux qui reçoivent deniers en vertu d'hypothèques, sont tenus de bailler caution.... pour les rendre en cas de refusion, Coust. génér. t. 1, p. 775.
— ÉTYM. Lat. refusionem, de refundere (voy. refonurk).
+ RÉFUTABLE (ré-fu-ta-bl'), adj. Qui peut-être réfuté. Argument rifutable.
t RÉFUTATECR (ré-fu-ta-teur), s. m. Celui qui réfute. Je puis bien vous assurer que le réfutateur n'avait pas entendu cet essai, bonnet, Lett. div. t. XII, p. 24, dans pougens. Pour ce qui est de mon ami Morellet, aujourd'hui mon réfutateur, galiani, Lelt. à lime d'Épinay, 40 juin, )775. Un autre système [sur l'auteur des sculptures du Parthénon] a eu pour réfutateur Otfried Mûller, dans un de ses mémoires sur Phidias, ronchaud, Phidias, p. 24t.
— ÉTYM. Lat. refutatorem, de refutare, réfuter. RÉFUTATION (ré-fu-ta-slon; en vers, de cinq
syllabes), s. f. || 1° Discours écrit par lequel on réfute. Nous ne croyons pas qu'on attende une sèche réfutation de cet ouvrage de ténèbres, qui n'était digne que dii feu, boss. Aven, sur le livre Réfl. nor. II. Il a joint à tout le livre une réfutation du êystème de Spinosa, fonten. Régis. C'est une belle réfutation de Machiavel que le livre du roi de Prusse, VOLT. Mél. litt. VAnti-Mackiavel. || Figurément. Ses actions sont la réfutation de ses paroles.
II 2' Terme rie rhétorique. Partie du discours qui répond aux objections.
— ÉTYM. Lat. refutationem, de refutare, réfuter.
REG
t RÊFCTATOIRE (ré-fu-ta-toi-r'), adj. Qui concerne la réfutation ; qui contient une réfutation.
— ÊTYM. Lat. refutatorius, de refutare, réfuter. RÉFUTÉ, ÉE (ré-fu-té, tée), part, passé de réfuter. Argument .réfuté vingt fois.
RÉFUTER (ré-fu-té), v. o. || 1' Prouver qu'une proposition, un argument, etc. n'est pas fondé. Les autres erreurs de Pierre de Bruis que ce vénérable auteur a réfutées, boss. Variât, xi, 66. Un esprit juste, en lisant l'histoire, n'est presque occupé qu'à la réfuter, volt. Mœurs, 51. Vous n'avez eu que des bûchers et des injures pour réfuter mes raisonnements, J. j. Houss. Lett. à l'archev. de Paris. Saumaise et quelques autres commentateurs pensent que les colonies latines ne furent composées que (l'affranchis ; mais il y a longtemps que divers savants ont réfuté cette opinion d'une manière victorieuse, BOLCHAUD, Instit. scienc. mor. et pol. t. m, p. 131 . Il II se dit dans le même sens des personnes. Répondre à ce rebelle, et daigner m'avilir Jusqu'à le réfuter quand je le dois punir! volt. Alz. m, 5. Cette police est commode et sûre pour avoir toujours raison; il y a plaisir à réfuter des gens qui n'osent parler, j. j. rouss. Ém. iv. || Réfuter un livre, un auteur, démontrer la fausseté des principes, des opinions que le livre contient, que l'auteur soutient. Il [Platon] réfuta fort au long, dans le premier livre de la République, un certain Thrasymaque qui prétendait que les sujets étalent nés pour le prince, et non le prince pour ses sujets, rollin, Hist. anc. Œuv. t. iv, p. 460. Un livre vous déplaît-il? réfutez-le; vous ennuie-t-il? ne le lisez pas, volt. Dict. phil. Liberté d'imprimer. || 2° Se réfuter, V. réfl. Être réfuté. Cela se réfute aisément.
— HIST. XVI' S. Et d'avantage ilz sont réfutez par l'expérience ordinaire de ceulx qui fouillent es mines des metaulx, amyot, P. Mm. 93. Pour le moins est-il possible de réfuter ce poinct, que Demosthenes n'a pas esté homme de cueur assez ferme.... ID. Cicér. et Démos. 5. Tous les abus du monde s'engendrent de ce qu'on nous apprend.... que nous sommes tenus d'accepter tout ce que nous ne pouvons réfuter, mont, iv, I83.
— ÉTYM. Lat. refutare, de re, et futare, arguer, que les étymologistes latins rattachent à un radical latin fut, dans futire, fulilis (voy. futile), et qu'on regarde comme équivalent à fus lie fundere: refutare serait analogue à confundere, qui veut dire confondre au propre et au figuré.
t REGABELER (re-ga-be-lé), v. n. Terme vieilli. Chercher des difficultés sur. Je ne laisse pas d'être bien aise d'avoir rencontré avec saint Augustin, quand ce ne serait que pour fermer la bouche aux petits esprits qui ont tâché de regabeler sur ce principe, desc. Corresp. édit. cousin, t. viii, p. 42f.
— ÉTYM. Re...., et gabelle : faire comme fait la gabelle, tracasser.
REGAGNÉ, ÉE (re-ga-gné, gnée) , part, passé de regagner. Gagné après avoir été perdu. De l'argent regagné.
REGAGNER (re-ga-gné), v. a. || 1° Gagner ce qu'on avait perdu. Regagner son argent. || Réparer une perte faite. On peut tâcher de regagner cela sur autre chose, mol. l'Av. l, B. Sacrifiez dans le premier âge [de l'enfant] un temps que vous regagnerez avec usure dans un âge plus avancé, j. j. rouss. Ém. ii. Il FIg. Regagner le temps, faire plus tard les progrès qu'on n'avait pas faits auparavant. Nous [Français] nous sommes formés bien tard en tout genre ; mais nous avons regagné le temps perdu, volt. Lett. Paidet, 22 avr. 4 768. || 2° Reprendre. J'ai cru qu'Antlochus les tenait éloignés. Pour jouir des États qu'il avait regagnés, corn. Rod. 11, 2. Regagner ces drapeaux que le Parthe a gagnés, Et venger de Crassus les mânes indignés, brébeuf, Pharsale, 1. Un succès si heureux et si prompt, qui regagnait l'empire d'Occident, et assurait celui d'Orient à Théodose et à ses enfants, fut publié par tout le monde, fléch. Hist. de Théodose, m, 98. Après la célèbre bataille de Norlingue, on ne s'attendait pas que les Autrichiens et les Bavarois regagneraient tout d'un coup le pays perdu par cette bataille, volt. Ann. emp. Ferdinand 111, 4 645. Il 8' Fig. Se concilier de nouveau. Sur quel espoir croit-il que je me sois rendue, Et qu'il ait regagné mon amitié perdue? bac. Baj. m, 6. Elle [Mme de Montespan] voulut regagner par l'intrigue ce qu'elle avait perdu par son humeur, m" de catlus. Souvenirs,ç. 113, dans pouGENS. Louis XL... perdit dèsce moment [où il livra des lettres aux Gantois] toute la confiance de Marie [de Bourgogne], et ne put jamais la regagner, duclos, Œuv. t. m, p. 449. || Regagner quelqu'un, se remettre klen arec quelqu'un.
REG
Je voudrais qu'on apprît une bonne fois, dans ce pays-ci, à respecter les talents dont on a besoin pour son plaisir et pour son instruction, et à ne pas croire qu'après les avoir outragés et avilis on le» regagne par des caresses, d'alemu. Lett. à Yoltaire, 43 août 4765. Il 4» En termes deguerre. Regagner un ouvrage de fortification, le reprendre sur l'ennemi qui s'en était emparé. |{ Regagner du terrain, regagner son terrain, faire reculer l'ennemi devant qui oa avait d'aberd reculé. || Fig L'opposition a regagné du terrain. {| On dit de même ; regagner le dessus, regagner l'avantage, reprendre le dessus, reprendra l'avantage. || 5° Terme ie manège. Regagner le terrain, reprendre le terrain qu'on a quitté, en aidant le cheval du côté opposé au terrain qu'il a perdu. Il 6° Terme de marine. Regagner le dessus du vent ou regagner le vent sur un vaisseau, sur l'ennemi, reprendre l'avantage du vent. || Fig. et familièrement. Regagner le dessus du vent, reprendre l'avantage , rétablir ses affaires. || 7° Rejoindre , ratteindre; retourner, rentrer dans un lieu. Les siens en ce désastre, à force de ramer, L'éloignent de la rive, et regagnent la mer, corn. Pomp. 11, 2. Destin devina ce qui en était ; chacun regagna son lit, et crut ce qu'il voulut de l'aventure, scarron, Rom. com. 1, 4. La rivière devint tout à coup agitée; X toute peine il [le chien] regagna le bord, LA font. Fabl. VI, 47. Des chantres désormais la brigade timide S'écarte, et du palais regagne les chemins, boil. Lutr. iv. Osez chercher ailleurs un destin plus paisible, Regagnez l'Hellespont et ces bordsécartés Où vos aïeux errants jadis furent jetés, RAC. Esth. m, I . Il faut partir, monsleurValentin, regagnons Paris, dancocrt, Cur. Compiègne, se. (8. Je suis vexé de tous côtés; c'est la destinée des gens de lettres; ce sont des oiseaux que chacun tire en volant, et qui ont bien de la peine à regagner leur trou avec l'aile cassée, volt. Lett. d'Argental, a oct. 4767. Il 8° Se regagner, v. réfl. Être regagné, être concilié de nouveau. Des cœurs comme le sien, vous le savez assez, Ne se regagnent plus quand ils sont offensés, rac. Baj. iv, B.
— HIST. XII* s. Tex [tel] a perdu, qui regaaignera. Bat. d'Aleschans,v. 8027. ||xiii' s. Et se il avenolt cose que il (le franc homme] acatast [achetât] ne acensesist par rewaignier [faire un regain], il deveroit tonlieu ainsi que feroit uns vilains, tailliab. Recueil, p. 464. Car en regaaingneroient il petit, se ce qu'il aroient por cauze de francise demouroit en servitude, beaum. xlv, 27. || xiv s. Car che que Godefrois de Buillon aquesta. Et Bauduins ses frères, ensou temps qu'il régna, Ichius [ce] Salehadins très tout regaaingna, Baud. de Seb. m, 336. || xvi* s. Ei ne peurent chasser les Turcs ni les Sarrazins des païs qu'ils avoyent regaignez, lanoue, 440. Et se les rendoit amis, au lieu qu'ilz lui estoient ennemis, et les regaignoit en ce faisant, amyot, Agés. 3 1 . Luy mesme, parmy la foule des fuyans, fut contrainct de regaigner son camp de vitesse, id. Sylla, 62.
— ÉTYM. Re..., et gagner.
f REGAGNON (rega-gnon), s. m. Terme rural. Variété de froment, cultivée dans le département des Hautes-Alpes.
t REGAILLARDIR (re-ga-llar-dir , U mouillées), V. a. Rendre plus gaillard, plus vif. Cinq ou six coups de bâton, entre gens (|ui s'aiment, ne font que regaillardir l'affection, mol. Méd. m. lui, i, 3. Cette chanson me semble un peu lugubre, elle endort, et je voudrais que vous la pussiez un peu regaillardir par-ci par-là, id. Bourg. 1, 2. i| Se regaillardir, v.réfl. Reprendre sa bonne humeur. || On dit plus souvent ragaillardir.
— ÉTYM. Re...., et gaillard.
REGAIN (re-ghin), s. m. || 1° Nom donné à la seconde coupe des prairies naturelles et aux dernières coupes des prairies artificielles. Regain ou revivre, VAUB. Dîme, p. 4 93. Ne parlez pas à un grand nombre de bourgeois, ni de guérets, ni de baUveaux, ni de provins, ni de regains, si vous voulez être entendu ; ces termes pour eux ne sont pas français, la brly. vu. Toutes ces herbes aqueuses, telles que celles des regains, genlis. Maison rust. t. 1, p. 246, dans pougens. || Se dit aussi de cette herbe quand elle a été séchée comme le foin. Il 2° Seconde fructification du figuier. Il 3° Fig. et familièrement. Le retour de fraîcheur, d'embonpoint, de vigueur qui se manifeste quelque fois chez les femmes ou chez les hommes qui ont déjà vieilli. Pour vous.... je suis persuadée qu'à quatrevingt-six ans le régime que vous observerez et le choix des bonnes viandes vous feront un regain de vie pour vingt ans, sév. à Bussy, 34 déc. 4 684. Il On dit dans le même sens : regain de jeunesse.
REG
RÉG
Tout vieux que je parais, l'âge encore me laisse Des restes de chaleur, des regains de jeunesse ; Mon poil blanc couvre encore un sang subiil et chaud, QUiNAtiLT, Mère coquelle, i, ♦. || 4» Terme de construction. Ce qu'il ï a de trop à une pierre, à une poutre, pour la place à laiiuelle elle est destinée.
— HIST. ivi' s. En somme on en vient là par les faveurs, par les gains ou regains que l'on a avecques les tyrans, que.... la boêtie, 63. Le pré en demeure plus promt à produire le regain et seconde herbe, o. de serres, 269.
— ÉTYM. Picard, reguin, rouain;yf aWon, rigain; de re..., et gain. Dans l'ancienne langue, gaagner veut dire cultiver la terre, paître; gaain, la culture, le pâturage. Gaain a en effet le sens de regain (gaîn, Ren. Ii, (33). Plusieurs formes parallèles à gaain se trouvent dans les patois et ailleurs avec le même sens : wallon, wayen; lorrain, veyen; norm. vout'n {vuin se trouve aussi dans l'ancien français); ital. guaime. Tous ces mots dérivent de l'ancien haut-allemand, weidanjan, paître; toeida, pâture. Le Berry, qui dit reguiner, pousser un regain, a aussi regouive, s. f. et le verbe regouiver; ces mots, comme on voit, ne sont pas des barbarismes et tiennent aux anciennes formes.
RËGAL (ré-gal), s. m. || 1» Anciennement, fête, divertissement, collation, partie de plaisir offerte aux dames, ou à quelque personne de distinction. On dit dans le beau style un régal de conversation, on nous donne un régal de musique, marg. buffet, Observ. p. 3a, (668. L'on ne sait point dans l'Ile qu'André brille au Marais.... du moins, s'il était connu dans toute la ville et dans ses faubourgs, il serait difficile qu'entre un si grand nombre de citoyens qui ne savent pas tous juger sainement de toutes choses, il ne s'en trouvât quelqu'un qui dirait de lui : il est magnifique, et qui lui tiendrait compte des régals qu'il fait à Xanthe et à Ariston, la broy. vu. Il C'est un régal pour moi de le voir, c'est un grand plaisir. Cette lecture est pour moi un régal. || Fig. Et la plus glorieuse [estime] a des régals peu chers. Dès qu'on voit qu'on nous mêle avec tout l'univers, mol. Ùis. I, <. Il Fig. et ironiquement. Il se lèvera d'auprès de vous dès quatre heures du matin pour voir panser ses chevaux ; le beau régal pour une femme 1 dancourt, Chev. à la mode, i, ». || 2° Gratification. Le présent [une bourse de jetons] n'est pas important ; mais c'est le présent d'une grande cité [Bordeaux], et ce régal aurait encore très-bon air en Italie, MONTESQ. Correspondance, «o. Les Turcs s'attendaient à ce qu'ils appellent le régal, ciuTEAnBB. /tin. 2» part. || 3° Grand repas, festin. Le régal fut fort honnête; Rien ne manquait au festin, la font. Fabl. I, 9. Nous nous mîmes à table, c'est-à-dire que nous nous assîmes à terre autour du régal, chateaubr. Itin. i" part. || Par extension. C'est un régal pour moi, c'est un mets qui me plaît beaucoup. Quelques racines étaient pour nous un régal, j. }. Houss. Ém. 1. Il 4"" La demi-tasse et le petit Terre d'eau-de-vie pris dans un lieu public. Il 5° Terme de féodalité. Régal de mariage, pain et viande que le vassal qui se mariait donnait à son seigneur. \\Au plur. Des régals.
— REM. Molière écrit d'habitude régate; ce qui est contraire à l'usage : D'oii vient qu'il n'est pas venu à la promenade ? — Il a quelque chose dans la tête qui l'empêche de prendre plaisir à tous ces beaux régales, Am. magnif. Il, 3. Mais quoi parlir ainsi d'une façon brutale. Sans me dire un seul mot de douceur pour régale! Amph. i, i.
— ÉTYM. Voy. RÉGALER < ; génev. regale, s. f. ; port, regalo, manchon pour les dames, plaisir, satisfaction de la magnificence; ital. regalo.
RÉGALADE (ré-ga-la-d'), *. f. \\i° Terme familier. Action de régaler. Il nous a donné une bonne régalade. || 2° Boire à la régalade, boire en versant dans la bouche sans que le vase touche les lèvres. Il 3° Il se dit aussi d'un feu clair et vif qu'on fait pour réchauffer ceux qui arrivent. Faire une bonne iégalade. Athanase et sa mère se trouvaient, après îeur dîner, devant On petit feu de bourrées, nommées des régalades, et que la servante leur allumait au dessert dans le salon, h. de balzac, la Vieille fille.
— ÉTYM. Régaler t.
t RÊGALAGE (ré-ga-la-j'), t. m. ]| 1* Terme de ponts et chaussées. Opération qui consiste à étendre les terres d'un remblai, en leur donnant la saillie ou la pente qu'elles doivent avoir. || 2° Terme do point d'Alençon (dentelle réseau). Action de régaler.
— ÉTYM. Régaler 2.
RÉGALANT, ANTE (ré-ga-lan, lan-t'), adj.
Terme familier. Qui divertit, qui régale. Cet espiègle de Camille Desmoulins qui aurait pris plaisir à
signer un autre feuilleton des plus régalants..., SAINTE-BEUVE, Noureoux lundis, t. i, p. 7), art. Veiiillot. Il II se dit souvent ironiquement, pour marquer un désappointement, et avec la négation ou l'interrogation. Diable! cela n'est pas régalant, carmontelle, Proverb. Chapon au gros sel, se. s.
— ÉTYM. Régaler t .
t. RÉGALE(ré-ga-r),s. m. || i°Termede musique. Un des jeux de l'orgue , dont les tuyaux ont des anches, qui est dit aussi voix humaine, et qui est à l'unisson de la trompette. || 2° Instrument de musique, voy. échelette.
— HIST. XVI' s. Le charlatan espagnol estoit monté sur un petit eschaffaut jouant des regales, et tenant banque, Sat. Mén. p. 3.
— ÊTYM. Ital. regale, du lat. regalis, royal (voyez royal).
2. RÉGALE (ré-ga-l'), î. f. || i° Droit considéré comme inhérent à la royauté, tel que celui de battre monnaie. La régale monétaire. || 2° Droit qu'avaient les rois de France de pourvoir à tous les bénéfices simples d'un diocèse pendant la vacance du siège, et d'en économiser à leur gré les revenus. En 1673, le chancelier Etienne d'Aligre scella un édit par lequel tous les évêchés du royaume étaient soumis à la régale, volt. Louis IIV, 35. Il Régale temporelle, droit qu'avait le roi de percevoir le revenu des évêchés et archevêchés, le siège vacant, jusqu'à ce que l'évêque ou l'archevêfjue eût fait son serment de fidélité au roi. || Régale spirituelle, droit qu'avait le roi de nommer, pendant la vacance du siège, aux chapelles, aux prébendes et à tous les bénéfices non cures, qui étaient à la collation de l'évêque ou de l'archevêque. || Bénéfice vacant en régale, le bénéfice qui se trouvait vacîmt pendant la vacance de l'évêché. || Être pourvu en régale, obtenir des provisions pour un bénéfice vacant en régale.
— HIST. xiii' s. L'en ne racheste pas de nul, se il n'est sires dou leu [du lieu], et tel qui puisse recevoir homenage ; si comme l'en dit de regale et de ce cas semblable, Liv. de jost. 234. Com li chanoine de Paris eussent esleu evesque, et le présentèrent le roi, li rois ne le vost recevoir, ne rendre son regale, ib. *o. \\ xiv" s. Les églises de nostre royaume esquellos nous avons droit de regale, Ordonn. des rois de France, t. il, p. 102. Avons donné à nostre très-cher frère le duc d'Anjou toutes et chascuncs les restes, debtes ou arreraiges, tant en regales comme en fiefs, ib. t. v, p. 603.
— ÉTYM. Lat. regalis, royal (voy. royal).
3. RÉGALE (ré-ga-l'), adj. f. Terme d'arts. Eau régale, mélange d'acide chlorhjdrique et d'acide azotique, dont on se sert pour dissoudre l'or et le platine. L'or est indestructible; l'eau qu'on appelle régale, parce qu'on a donné à l'or le nom de roi des métaux, le dissout, volt. Uél. hist. Un chrél. contre six juifs, ».
— ÉTYM. Lat. regalis, royal (voy. royal).
t *. RÉGALE (ré-ga-l'), s. f. Convention particulière qu'un marchand fait avec les bûcherons pour la façon des pièces qui ont beaucoup dé nœuds.
— ÉTYM. Régaler 2.
1 . RÉGALÉ, ÉE (ré-ga-lè, lée), part, passé de régaler t. Qui a reçu un régal. C'est merveilleusement assaisonner la bonne chère que d'y mêler la musique, et je me vois ici admirablement régalée, mol. Bourg, gent- iv, i.
2. RÉGALE, ÊE (rè-ga-lé, lée), part, passé de régaler 2. Aplani. Terrain régalé.
RÉGALEMENT (ré-ga-le-man), s. m. \\ 1» Travail que l'on fait pour mettre un terrain de niveau. Le régalement d'une aire, d'une superficie. || 2° Répartition ou distribution proportionnée d'une taxe, d'une somme entre contribuables. || Fig. Que n'estil permis de troquer et de faire un commerce sur ce point [les avantages, les qualités] ? on changerait ce qu'on a de trop d'un cOté, pour en acquérir de l'autre ; ce régalement ferait de trop grandes perfections, sév. 8 févr. 1690.
— ÊTYM. Régaler 2.
t. RÉGALER (ré-ga-lé), V. a. \] !• Donner un divertissement. Cet époux prétendu doit aujourd'hui régaler sa maltresse d'une promenade sur mer, MOL. Festin, i, 2. Je la régalai d'une sérénade, le- SAGE, Gil Blas, IX, c. [Fouquet coupable] d'avoir fait du bien aux soigneurs indigents de la cour, d'avoir même régalé son maître en sa terre de Vaux avec trop de splendeur, duclos, (Euv. t. x, p. 266. Il Se disait autrefois des présents qu'on faisait en certaines occasions. Le prince d'Orange n'eut pas plus tôt envie de me régaler, qu'il en eut la petite vérole, dont il est mort, scarr. IMt. Œuv. t. i.
p. <78, dans pouoENS. Notre héroïne lui demanda s'il trouverait bon qu'elle le régalât de quelques présents, la font. Psyché, t. i, p. «2. D'un chat digne de moi sa bonté me régale, desiioul. Poét. t. Il, p. 171. Il Fig. Indemniser. Mais pour vous régaler Du souci qui pour elle ici tous inquiète. Elle TOUS fait présent de cette cassolette, mol. VÉt. u\, 1 3. Il 2* Il se dit des choses qu'on fait pour réjouir ses amis, pour leur être agréable. Il les régala d'un conte charmant. Il nous régala d'un concert. || Ironiquement et par antiphrase. Nous allons régaler, mon père, votre abord D'un incident tout frais qui vous surprendra fort, mol. Tart. m, &. || 8* Fig. Donner un plaisir comparé à un divertissement. J« vous recommande surtout de régaler d'un bon visage cette personne-là, mol. VAvare, m, 4. Il y » plaisir k travailler pour des personnes qui sachent faire un doux accueil aux beautés d'un ouvrage, et, par de chatouillantes approbatibns, vous régaler de votre travail, id. Bourg, gent. i, <. Nous avons été régalés de bien des gens de Vitré.... et je n'ai senti de joie que lorsque tout s'en est allé à six heures, sév. h mai (680. Aujourd'hui c'est ma démission dont je régale Son Excellence, p. l. cour. Lett. I, 289. Il 4° Donner un régal, un festin. Avint qu'un soir Camille régala De jeunes gens.... la FONT. Court. Ceux qui voulaient les régaler à leur tour, HAMiLT. Gramm. 6. Dans la joie où il était de toucher au terme de ses fatigues, il régalait la maison de notre hôte, chateaubr. /«in. part. i. Je veux demain, bravant la médisance, Au Cadran bleu te régaler sans bruit, bérang. Célib. || Fig. Voilà du fruit nouveau dont son fils le régale, regnard. Joueur, i, 7. Il Dicton que les perdants disent à celui qui a gagné la partie très-vite : Quand vous régalez, on n'est pas longtemps à table. || Absolument. Demandez à Lisette de quelle manière je régale pour mon compte, etjugezparlàdece que je sais faire, lorsque je régale aux dépens des autres, lesage, Turcaret, m, < . Il Absolument, il se dit aussi pour : payer de quoi régaler. C'est son tour de régaler. C'est moi qui régale. || 6" Fig. Il se dit quelquefois pour toute espèce de plaisir qu'on procure. Quatre fois l'an, de grâce spéciale, Notre docteur régalait sa moitié, la font. Calendr. || 6° Ironiquement. Maltraiter. On le régala de vingt coups de bâton. || 7° Se régaler,*, r^/l. Manger des choses qui plaisent, faire un bon repas. Ma femme, avec un peu de lard, fait une soupe aux choux dont le roi mangerait; et, le dimanche, nous nous régalons, et nous buvons un petit coup de vin, marmontel. Contes mor. Misanthr. corr. .^ous la plus sérieuse des croyances [la religion catholique], on se régale à l'occasion des mariages, des baptêmes et même des sépultures, brillatsavarin, Phys. du goût, médit, nv. || Fig. et familièrement. Et je veux que demain tout Bordeaux se régale Des charmantes douceurs de crier au scandale, c.delav. les Comédiens, iv, 6. || Se donner des repas les uns aux autres. Ces jeunes gens ont formé une société, ils se régalent tour à tour.
— HIST. xiv* s. Ne nulle furi n'y a que régaler. Tant sont plaisans [ces lieux], christ, de pisan. Dit de Poissy. || xv* s. Et désir, espoir, use et gaste Au long aller. Sans y laisser que régaler, al.chartieb, le Livre des quatre dames. Je suis de cette opinion, Que à Orléans devez aller Avecques- la fille de nom [Jeanne d'Arc) ; Cela je vueil bien conseiller. Et que vous devez regaller Vos villes d'environ Orléans, Et faire Anglois tant recuUer Qu'i n'y re- Tiengnent de mil ans, Uisiere d'Orléans, p. 580.
— ÉTYM. Espagn. et port, regalar; ital. regalare. Origine incertaine. On l'a fait venir du lat. regalis, royal;mais la forme ne convient pas ; regalis, dans le langage populaire, n'aurait pas donné régaler. On peut conjecturer re, et l'ancien verbe galer (voy. GALA et galant), qui signifie s'amuser, se réjouir, étaler de la magnificence : Hz estoient du prince très bien galez, bonivaro, Chron. de Genève, ii, 24. Cette dérivation paraît la plus probable; mais Diez a une tout autre opinion : d'abord il maintient que le mot vient de l'espagnol dans l'italien et la français où il n'est pas ancien ; ceci ne peut pas être admis complètement pour le français; car l'historique montre régaler dès le xiv* siècle. Ensuite il veut établir que le latin regelare et l'espagnol regalar se, qui tous deux veulent dire dégeler, se fondre, sont le même mot. La difficulté est dans la transformation de ge en ga ; il l'écarté en montrant dans l'ancien espagnol plomo regalado, et dans d'anciennes gloses plumbum regelatum. Enfin il établit que, du sens propre de fondre, regalar a passé à celui de caresser, faire des présents, régaler. Ce qui manque à cette ingénieuse conjecture, c'est la preuve que regalar,
REG
fondre, et regalar, régaler, ne sont pas deux mots différents, ou, autrement, que la signification de fondre a pu, métaphoriquement, devenir celle de caresser. Cependant il faut ajouter un autre argument de Diez : dans le Chant d'Eulalie, qui est du X' siècle, on lit : Pormanalce regiel ne preiement; Dlez donne à regiel le sens de caresse, et en fait le substantif d'un ancien verbe regeler, qui, représentant le latin regelare, aurait eu dès cette haute époque le sens de régaler. De sorte que le sens métaphorique de regelare se trouverait dans le français au X* siècle, se serait perdu dans cette langue, et aurait été repris dans le xiv à l'espagnol sous la forme régaler. Ces hypothèses, sans être impossibles, sont compliquées. D'ailleurs, le sens de regiel n'est pas bien assuré, car c'est jusqu'à présent un mot unique.
S. RÉGALER (ré-ga-lé), v. o. || 1' Dresser, aplanir un terrain après avoir enlevé ou rapporté des terres. Il faut régaler les terres après le remblai. Il 2° Terme de construction de chemins de fer. Répandre également le ballast sur les voies ferrées. Les ouvriers montent sur les wagons qu'ils viennent de charger de ballast, vont les vider aux points convenables, et régalent le ballast sur la voie, Presse scientifique, iseï, t. m, p. 232. |] 8° Terme de forestier. Régaler une coupe, recéper tous les bois exploités. || 4» Étendre la chaux sur une peau. Il 5" Terme de point d'Alençon (dentelle réseau). Réparer les avaries causées par les ouvrières et par l'opération de l'enlevage du parchemin. L'assembleuse assemble au moyen d'une couture les morceaux régalés. || 6° Anciennement, faire entre contribuables la répartition d'une taxe, d'une somme imposée.
— ÉTYM. Re...., et égaler.
f 3. RÉGALER (ré-ga-lé), e. a. Ancien terme de féodalité. Hégaler un fief, le prendre par droit de régale.
— ÉYM. Régale 2.
t RÊGALECR (ré-ga-leur), s. m. Terme de ponts et chaussées. Celui qui étale la terre à mesure qu'on la décharge, ou qui la foule avec une batte.
— ÉTYM. Régaler 2.
t RËGALEUSE (ré-ga-leû- z') , ». f. Terme de point d'Alençon (dentelle réseau) . Celle qui fait le régalage.
— ÉTYM. Régaler 2.
t RÉGALIA (ré-ga-lia), adj. f. Cigares régalla, ou les régalia, sorte de cigares de la Havane. Les cigares panetelas ayant environ quinze centimètres de longueur, tandis que les cigares régalia n'en ont que douze et demi, Circul. des ccmlrib. indir.
24 juin 1844, n°299.
RÉGALIEN, lENNE (ré-ga-liin, liè-n'), ad;. Qui appartient à la royauté. C'est [la variabilité de la valeur des métaux précieux]' ce qu'ignorait l'ancienne monarchie, qui, regardant la monnaie comme un signe régalien, se permettait de temps à autre d'en abaisser, ou, au besoin, d'en relever le titre au profit du trésor royal, michbl chevalier, Journ. des Débats, ("nov. 4866. || Droits régaliens, droits qui sont propres aux rois et aux souverains, tels que faire des lois, accorder des grâces, battre monnaie, etc. La monnaie qui fut fabriquée en son nom [le pape Adrien I] fait voir qu'il eut les droits régaliens, volt. Mœurs, I3. |{ Maisons régaliennes, celles qui descendent d'anciens rois. .
— ÊTYM. Lat. regalis, royal. • '
t RÉGALIN, INE (ré-ga-lin, li-n'), adj. Terme d'ancienne chimie. Qui appartient à l'eau régale. Dissolution régaline. Sel régalin.
— ÉTYM. Régale 3.
t RÉGALIS (re-ga-11), s. m. Terme de vénerie. Se dit de la place où le chevreuil a gratté du pied.
— ÉTYM. Régaler i.
t RÉGALISATION (ré-ga-li-za-sion) , s. f. Terme d'ancienne chimie. Opération produite par l'eau régale.
— ÉTYM. Régale 3.
RÉGALISTE (ré-ga-li-sf), t. m. Celui qui était pourvu par le roi d'un bénéfice vacant en régale.
— HIST. ivi* s. La regale n'est sujette à la reigle de paeificis, sinon quand le diff'erend est entre deux regalistes qui s'aident de leur possession,
p. PITH0U,66.
— ÉTYM. Régale 2.
RI=:GARD (re-gar; le d ne se prononce ['as et ne «e lie pas ; au pluriel, 1'» ne se lie pas : des re-gar itonnés; cependant quelques-uns la lient : des regar-z étonnés), t. tm. || 1° Attention qu'on a pour (sens primitif déterminé par garder qui est dans l'étymologie de regard). Le regard de la volonté de Dieu comme justice fait la piété des vrais
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chrétiens sur la terre, et elle fera dans le ciel l'étemelle félicité des bienheureux, nicole, Ess. mor. 2" traité, ch. to. Je trouvai cette amitié, cette douceur, cette reconnaissance en ce pauvre malade [Saint-Aubin], et, par-dessus tout, ce regard continuel à Dieu, sÉv. <» nov. (688. Ceux qui.... se donnent tellement à Dieu, qu'ils ont toujours un regard au monde, boss. 2* panég. St Joseph, 4. Il 11 se dit au pluriel dans le même sens. Ce livre est indigne de vos regards. Cette guerre fixe les regards de tous les politiques. Arrètez-ici vos regards : il se prépare contre le prince quelque chose de plus formidable qu'à Rocroy, BOSS. Louis de Bourbon. L'attention à s'attirer les regards publics dans la pratique des œuvres saintes, mass. Carême, Resp. hum. Le duc de Bourgogne est mort, sans soupçonner jamais que sa femme eût des regards pour un autre que pour lui, st-sim. 439, 35. Pourtant ma douce muse est innocente et belle. L'astre de Bethléem a des regards pour elle, v. HUGO, Odes, II, 40. Il Aux regards de, au jugement de. Aux regards de celui qui fit l'immensité. L'insecte vaut un monde : ils ont autant coûté, la- MART. If^d. 11. Il 2° Il se dit de Dieu qui exerce sur l'homme une action de grâce ou de colère. Que restait-il à une âme qui, par un juste jugement de Dieu, était déchue de toutes les grâces? il restait ce secret regard d'une providence miséricordieuse qui la voulait rappeler des extrémités de la terre, BOSs. Anne de Gonx. J'espère que Dieu lui continuera ses regards, m. Lett. rel. *6. Que Dieu jette sur vous des regards pacifiques! rac. Esth. i, 2. Hél qui jamais du ciel eut des regards plus doux? id. ib. Il, 4. Pouvons -nous éviter ses regards [de Dieu], ou peut-il lui-même les fermer à nos crimes? MASS. Carême, Avenir. \\ 3° Par un transport de l'attention morale à l'attention physique. Action de la vue fixée ou dirigée exprès sur l'objet. Et le front désarmé de ce regard terrible Qui dans nos escadrons guide un bras invincible, corn. Sert, m, 2. Incessamment Constance le regarde [un jeune homme]; Et puis soupirs et puis regards nouveaux, LA FONT. Courlis. L'attachement paraît plus grand qu'il n'a jamais été;ilsen sont aux regards, sév. 342. Vous me peignez fort agréablement la conduite des regards de Mme D***; c'est une économie à l'égard de ses amants qui serait digne d'Armide, m. 31 mai 4 680. Cette vigilance doit nous faire prendre garde à toutes les occasions qui pourraient nous faire perdre la grâce; elle nous apprendra à ôter le regard avant que le coeur soit blessé, boss. Pensées chrét. viii. On le vit [Condé à Rocroy].... mettre en fuite l'Espagnol victorieux, porter partout la terreur, et étonner de ses regards étincelants ceux qui échappaient à ses coups, m. Louis de Bourbon. Avezvous vu Marie-Thérèse distraire sa foi par un regard curieux ou par une parole indiscrète? fléch. Jfar.- Thér. Un roi sage, ennemi du langage menteur. Écarte d'un regard le perfide imposteur, rac. Eslh. m, 3. Dans leur sang odieux j'ai pu tremper mes mains; Et mes derniers regards ont vu fuir les Romains, ID. Mithr. y, 6. Tous vos regards sur moi ne tombent qu'avec peine, lo. Iphig. ii, 3. Je l'observais hier [Athalie], et je voyais ses yeux Lancer sur le lieu saint des regards furieux, m. Athal. ], < . Moi qui, de mes parents toujours abandonnée. Étrangère partout, n'ai pas même, en naissant, Peut-être reçu d'eux un regard caressant, id. Iph. II, 3. Ses yeux éteints roulaient dans sa tête et jetaient des regards farouches, fén. Tél. viii. Je suis convaincu que cette intrigue s'est passée en regards et en quelques lettres tout au plus, m"* de caylus, Souvenirs, p. 279, dans pougens. Damis : On dit, je vous aime, avec un regard, et on le dit bien. — Lucile : Non, monsieur, un regard I c'est encore trop ; je permets qu'on le rende, mais non pas qu'on le donne, mariv. Serm. indiscr. ii, 4 0. Les regards d'un héros produisent les grands hommes, volt. Poëmet, Sur les évén. de 4 744. La bouche la plus ingénue ne peut être que l'interprète de la pensée ; elle ne peut que la traduire ; et les regards peignent la pensée même, genlis, Mères riv. t. ii, p. 4 80, dans poijgens. || Fig. La pénitence a deux regards : elle regarde la vie passée et elle s'affiige et elle gémit d'avoir ofl'ensé un Dieu si bon ; elle regarde les occasions où son intégrité a tant de fois fait naufrage.... boss. Sermons, Rechutes, 2. ||Fig. Jeter un regard favorable sur, favoriser. Il est vrai que du roi la bonté secourable Jette enfin sur la muse un regard favorable, boil. Sot, i. || Fig. Tourner ses regards vers \p ciel, l'implorer. Elle lui a montré [au Dauphin] à lever ses mains pures et innocentes vers le ciel, i tourner ses premiers regards vers son
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créateur, Pléch. Duch. de Montaus. || Fig. Tourner de tristes regards vers, regretter. Combien de fois Mme d'Aiguillon tourna-t-elle ses tristes regards vers l'autel d'où l'on venait de l'arracher? fléch. Aiguillon. \\ i' Manière de regarder. Un modesta regard, et pourtant l'œil luisant [chez le chat], la PONT. Fab. VI, 6. Ces longs soupirs que laisse échapper votre cœur. Et ces fixes regards, si chargés de langueur. Disent beaucoup sans doute à des gens de mon âge, mol. ]'r. d'Él. i, 4. Je suis fort aise que, contre votre coutume, vous ayez dit à M. Gaillard le souvenir que j'ai de son mérite et de ses regards perçants, sév. bo6. Me refuserez-vous un regard moins sévère? rac. Àndr. i, 4. Caché près de ces lieux, je vous verrai, madame.... Vous n'aurez point pour moi de langages secrets; J'entendrai des regards que vous croirez muets, id. Brit. u, 3. J'ai lu dans ses regards sa prochaine vengeance, id. Mithr. iv, 2. D'un regard enchanteur connaît-il le poison? id. Brit. il, 2. Mentor observait tous ces mouvements, et ne parlait plus àTélémaque.... il jetait souvent sur lui des regards de compassion, fén. Tél. vu. Avec un son de voix qui allait au cœur, et un regard qui dans les larmes avait un charme inexprimable, marmontel, Mém. m. En levant doucement et languissamment les yeux, et les baissant aussitôt avec précipitation, regard très-connu et qui dit bien des choses, genlis, Âd. et Théod. t. lu, p. 348, dans pougens. || Fig. Après que tous les partis furent abattus, il [Retz] sembla encore se soutenir seul, et seul encore menacer le favori victorieux, de ses tristes et intrépides regards, boss. le Tellier. || 6° 11 se dit des femmes qui pendant leur grossesse ont été frappées de quelque objet extraordinaire, et qui mettent au monde des enfants marqués de quelque signe qu'on attribue à cette cause. Avoir un regard. || 6° Mauvais regard, influence funeste qu'on attribuait aux regards de certaines personnes surnaturellement puissantes. Quelques-uns de ses disciples [de Juda] ayant osé le quitter pour aller faire une intercalation à Lydde, ils eurent tous un mauvais regard, c'est-à-dire qu'ils moururent tous d'un châtiment exemplaire, dider. Opin. des anc. phil. {Juifs). || 7° Terme do peinture. Deux portraits peints de telle manière que les deux figures se regardent l'une l'autre. Il a dans son cabinet un regard d'un Christ et d'une Vierge. Le frère et la sœur se sont fait peindre en regard. Il Se faire peindre en regard, se dit aussi de deux personnes qui sont peintes dans le même ta bleau, et qui se regardent. || 8° Orientation. Les portiers étaient logés selon le regard des quatre vents, c'est-à-dire à l'orient, à l'occident, au septentrion et au midi, saci. Bible, Paralip. i, ix, 2*. Il 9° Terme d'astrologie. Aspect, situatien de deux astres qui se regardent. Regard sextile, se dit lorsque les astres sont éloignés l'un de l'autre de soixante degrés. || 10" Ouverture qu'on fait de distance en distance dans un aqueduc, pour observer les défauts et faciliter les réparations de la conduite, et à laquelle sont quelquefois établis des robinets pour la distribution des eaux. Le roi et Monseigneur allèrent à Marly, qu'on trouva fort avancé ; ensuite on passa aux regards de M. Deville pour voir arriver les eaux, dangeau, i, 2B, 4 3 juin 4 684. Il 11° En regard, loc. adv. Vis-à-vis. Une traduction avec le texte en regard. Deux lions de forme colossale, sculptés des deux côtés de cette porte, en sont le seul ornement : ils sont représentés en relief, debout et en regard, chateai'bh. Itin. part. I. Il 12° Au regard de, loc. prép. En ce qui concerne, par rapport à. [Penser que] tout ce qui manque de nous réussir est, au regard de nous, absolument impossible, desc. Méth. m, 4. Aussi empêché de soutenir son opinion au regard des justes qu'au regard des pécheurs, pasc. Prov. iv. Après cela oserons-nous nous plaindre de notre condition, et en alléguer les soins, pour justifier nos dissipations criminelles au regard du salut? bour- DAL. 44» dim. apr. la Pentec. Dom. t. m, p. 408. Je pourrais compter que mes lettres d'état ne seraient cassées qu'au seul regard de M. de Luxembourg, ST-SIM. 4 8, 215. Il En comparaison, au prix. Veux-tu savoir, d,t-il, combien les hommes forts Au regard de la gloire estiment peu leurs corps? du rter, Scévole, V, 4. Il 13° Pour ou par le regard de, par rapport à.... (locution qui vieillit). Voulons.... qu'il [Richelieu] en autorise les officiers, les statuts et les règlements [de l'Académie française], sans qu'il soit besoin d'autres lettres de nous que les présentes, par lesquelles nous confirmons, dès maintenant comme pour lors, tout ce qu'il fera pour ce regard, Lett. patentes, dans pellisson, Hist. de l'Àcad. l. Soit
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par le regard spirituel, soit par le regard temporel, Boss. Yar. t b. |{ Pour mon regard, à mes yeux ; pour son regard, k ses yeux. I,e jugement de Rome est peu pour mon regard ; Camille, je suis père, et j'ai mes droits à part, corn. Ilor. iv, t. Comme on pouvait dire que son fils était mort pour son regard, id. Bérad. Examen. M. de Beauvillier croyait Stre obligé de dire cela à Sa Majesté, mais pour son regard à soi avec une entière inditférence, 8T-SIM. 221, 238. Ce corselet, étant de lin avec beaucoup d'animaux en tissu, est admiré pour ce regard, p. l. coub. Trad. d'Ilirod.
— HIST. XI' s. E al reguard e al contenement [contenance], Ch. de Roi. cxxiii. || xii* s. Regart de félon, Ronc. p. 20. Son douz regart, qui vient d'une estincele Mon cuer en moi ferir, Coud, xvm. Seigneur baron, fait-il, ci a mauvais regard, Sax. xix. Del présent out primes [eut d'abord] Deus sa part, puis al evesche fist bel reguard. Rois, p. 6. Tintansel est bien defensables, N'estoit par nul engin prenables, De faloise est close et de mer ; Qui seul le port pourra garder. Mal aura double ne regart, Que homme y entre d'autre part, Brut. ms. f° 66, dans LACURNE. Il XIII' s. Uns dous regars en larrechin soutiens [subtil furtivement].... Bibl. des chartes, t. V, 4' série, p. «70. Et cuidoit-il qu'il deûssent bien seûrement venir sans regart d'autrui, villeh. cxux. Tant [elle] fuit que de li [elle] perdent li serjant le regart, Berte, xxii. || xiv s. Comme nos- Ire cliier peie eust fait certaines ordonnances par considération, regart et grant délibération de son conseil pour la grant destruction de poissons des rivières Ordonn.de Phil. le long, Bibl. des chartes, 3' série, t. IV, p. 54. L'en nous loe par relacion et en regart ou rapport à aucune autre chose, ORESME, Eth. 28. Jou [je] Hellins, ayant rouvart et considération.... no canoë, regardum. Item deux cens de regars [redevances] deus à Noël, tant en capons que en gelines, id. «6. Pierre Cargoet, sergent et regarde (surveillant] du petit guet... fust parti pour le regart et Visitation dudit petit guet, id, regardator. Comme le suppliant feust alez veoir la feste du regart qui se faisoit en Tbostel du prevost des marchands [de Paris] pour une sienne fille, id. receptum. || xv" s. Ils [les nobles] n'estoient qu'une poignée de gens au regard de la communauté du royaume d'Angleterre, fhoiss. i, i, 32. [Le roi d'Angleterre se range de l'avis de messire Godefroy et lui dit : ] Messire Godefroy, vous estes notre marescbal : ordonnez en avant ainsi que bon vous semble • car dessus vous, tant qu'à cette fois, ne vcuil
je point mettre de regard, id. i, i, 272 S'on
labour tart, Le fruit ne peut avoir si bon regart Pour la terre, quant elle est désertée , Comme celle qui en bon temps s'espart, e. desch. Poésies mss. f° 4 48. Le suppliant et Pierre Depitres ont fait compte ou regard ensemble, du cange, regardum. Nalurellement la plus part des gens ont l'œil ou à s'acroistre ou à se saulver.... autres y en a si bons et si fermes qu'ilz n'ont nulz de ces regardz, mais peu, coMM. i, 9. Nous sommes bien subjeclz à nous diviser.... sans avoir grant regard à la conséquence, id. i, <6. Et au regard de moy je me attendz d'estre gouverneur de Flandre et me y faire tout d'or, ID. v, 13. Voici beau regard de chastel ; car je voy la praerie grande et ample et pleine de tous deduitz d'oiseaulx, et la forest près là où on peult chac;-î-, Perceforest,t.n, !°3. \\ xvi's. Là haut assis, il JDieu] voit tout de ses yeux. Et son regard les humai»w note et marque, uarot, iv, 247. Le médecin respont'ra qu'il a ousjours une mesme reigle, mais qu il a regard à l'aage, calv. Inst. 352. Ils (les apôtres] ont tenu pour fable ce que les femmes racontoyent [de la résurrection de Jésus], jusques à ce qu'ils en ont eu plein regard, ID. ib. 794. Tout ce que les œuvres ont de valeur et estime, elles l'ont au regard de l'obéissance que nous rendons à Dieu, laquelle seule il regarde, id. ib. 956. Congnoissant vostre cueur comme je foys, je suis seure que vous n'aurez regard à nul hazard, et que l'honneur vaincra tousjours en vous tous aultres regards et conseils que vous puissiez avoir, marg. Lett. cxxxm. Les sages disent que pour le regard du sçavoir il n'est que la philosophie, et pour le regard des effects, que la vertu, qui.... mont, i, 290. Nous appelons laideur une mesadvenance au premier regard, iD. IV, 222. 11 estoit effroyable au son de la voix, et au regard terrible à l'enncmy, amyot, Cor. )0. Il «voit le regart et mouvement des yeulx douli, VD. Pomp. 2. Lors la fontaine eust peu durer, et n'y eust fallu faire tant de regards, palissy, 147.
— ÉTVM. Voy. regarder; prov. regart, reguart; ancien espagn. reguardo; ital. riguardo.
t REGARDABLE (re-gar-da-W), adj. Qui peut être regardé, qui vaut la peine d'être regardé.
— HIST. XIV' 8. Regardables, tpectabilis, le p. LABBE, Closs.
REGARDANT, ANTK (re-gar-dan, dan-t'), adj. Il 1° Qui regarde. La duchesse de Bourgogne était à sa toilette, comme partout ailleurs, regardante et parlante, st-sim. 282, si . jj Terme de blason. Se dit d'un animal dont on ne voit que la tête et le cou, et aussi des animaux qui ont la tête tournée comme s'ils regardaient leur queue. |{ Substantivement. Celui qui regarde. Les corps qui envoient des rayons contre les yeux des regardants, desg. Monde, I5. Ce n'est pas sur l'habit Que la diversité me plaît; c'est dans l'esprit : L'une fournit toujours des choses agréables; L'autre, en moins d'un moment, lasse les regardants, la font. Fabl. ix, 3. || Proverbe. Il n'y a pas tant de marchands à la foire que de regardants. H 2° Fig. Qui regarde de trop près à quelque chose, qui ménage avec excès. Ils ne sont pas si près regardants qu'un vieux valet de chambre aflectionné à leurs intérêts, genlis, Thédt. d'éduc. les Faux amis, i, i.
— HIST. XVI' s. Oii il n'y a point de juge, de contreroolleur, de regardant, ';et oii nous n'imaginons poinct de peine ou recompense, nous nous portons bien plus laschement et nonchalamment, CHARH0N, Sagesse, i, b5.
REGARDÉ, ÉE (re-gar-dé,dée), port, possède regarder. Il 1" Qui attire l'attention. Un acte n'est point intéressé lorsqu'il a pour fin naturelle et premièrement regardée la gloire de Dieu, boss. Et. d'orais. m, ». Vous voulez que je fasse du bruit dans le monde, que je sois dans une place regardée, en un mot qu'on parle de moi, id. Disc, vie cachée. Nous écrivons sans savoir comment, une fois que nous avons appris.... les lettres, souvent regardées, ont fait une telle impression sur le cerveau.... m.
Conn.v, 3. 1(2° Sur qui le regard est porté quand
du Sauveur il [Pierre] se vit regardé.... malh. i, 4. Je ne saurais mourir quand je suis refardé, Et mon trépas ainsi se verrait retardé, mol. leDép.iii, <i. (( 3° Fig. Considéré. L'oraifon des prétendus parfaits.... réduite à ces idées générales et indistinctes, où les personnes divines n'entrent point, et où Jésus-Christ ne se trouve qu'un Dieu regardé confusément, boss. Et. d'orais. 11, <2.
REGARDER (re-gar-dé), v. a. || !• Avoir égard à, en parlant de personnes (sens primitif qui vient de garder qui est dans regarder) . || Faire acception. Ne regardez point les personnes, dit le Seigneur, boss. Polit. VIII, v, ). Il Avoir en considération, en estime. Les hommes sont très-mal dans mon esprit; et je ne regarde pas les femmes, jjaintenon, Lett. au d. de Noailles, 24 juillet <706. Le lendemain de sa mort [du roi], ni son successeur ni tout ce qui vous caresse ne vous regardera ni vous ni Saint-Cyr, id. Lett. àtnie d'Aubigné, u mai <693. Montalte, profond dans ses vues et dans ses voies, que tous regardaient, mais sans se fixer à lui, st-sim. 8, 49. Plein des espérances dont on l'avait enivré, il partit pour Versailles et n'y fut regardé de personne, d'alemb. Éloges, Cr^6t7lofi. || Regarder quelqu'un, s'intéresser à lui. Les dieux, après six mois, m'ont enfin regardé, rac. Phèdre, m, b. La comtesse s'aperçut que le roi la regardait, iiamilt. Gramm. 6. Il Attacher de l'importance à, en parlant de choses. Vous regardez fort peu ce qui nous vient de honte, CORN. Hor. m, 6. Pour moi, je ne regarde rien quand il faut servir un ami, mol. Bourg, gent. m, 8. Et l'honneur dans ce choix [un mariage] ne fut pas regardé, boil. Sat. x. || 2° Par extension de l'attemion morale à l'attention physique, porter, attacher la vue sur. Sachez-le de lui-même, il entre et vous regarde, corn. Sophon, iv, ). Si j'avais su qu'elle eût été femme de mon Gange que j'ai tant vu, il me semble que je l'aurais regardée toutd'une autre façon, sÉv. 685. Regardez un peu la lune, cette lune que je regarde aussi ; nous voyons la même chose, quoiqu'à deux cents lieues l'une de l'autre, ID. 31. Considérez ces grandes puissances que nous regardons de si bas, boss. Duch. d'Orl. De quels yeux les officiers ennemis [pris à Rocroy] regardèrent-ils le jeune prince, dont la victoire avait relevé la haute contenance! id. Louis de Bourbon. Lors même qu'ils souhaitent l'immortalité, ils voudraient arrêter la mort qui les y conduit; et, s'approchant du ciel où ils aspirent, ils regardent encore, presque sans y penser, la terre qu'ils quittent, fléch. Duch. de Montaus. L'objet croît toujours à mesure qu'il est regardé de plus près, fonten. Delisle. Jusqu'à présent on vous a vue dans le lieu où vous avez été; mais personne ne vous a encore
regardée, hormis moi, id, Lett. gai. 11, )0. Les passants ne regardent les chiens que quand ils aboient, et on veut être regardé ; tout est jalousie de métier dans ce monde, volt. Dial. 2(. C'est à elle que son amant disait un soir qu'elle regardait une étoile : Ne la regardez pas tant, ma chère, je ne puis pas vous la donner, marmontel, Uém. iv. Ne me regardez pas avec cet œil terrible, c. delav. Une fam. au temps de Luther, ib. || Se regarder la main, le pied, etc. regarder sa propre main, son propre pied, etc. De regarder le soleil d'un œil ferme et immobile depuis son lever jusqu'à son coucher, d'avoir les bras élevés toute leur vie, de se regarder sans cesse le bout du nez, cir.ER. Opin. des anc philos, (brachmanes) . || Regarder quelqu'un aux mains, au visage, etc. regarder les mains, le visage de quelqu'un. Il le regarda aux mains, et vit qu'elles étaient calleuses. Sans oser de longtemps regarder au visage Celui qu'elles [les grenouilles] croyaient être un géant nouveau, la font. Fabl. m, 4. Il Vous n'avez qu'à regarder la porte, se dit i quelqu'un qu'on chasse ou qu'on menace de chasser. Il II n'oserait le regarder en face , le regarder entre deux yeux, se dit d'un homme qui en craint un autre. || Regarder quelqu'un sous le nez, aller le regarder de très-près pour le reconnaître ou le braver. || Je ne veux pas seulement le regarder, se dit de quelqu'un qu'on méprise, qu'on ne veut pas voir. Il 3° Regarder de haut en bas, diriger, étant sur un lieu élevé, l'œil en bas. Vous nous regardez du haut en bas de votre château, m"' de codlanges, lett. à Wme de Sévigné, p. 74, dans pougens. || Fig. Regarder de haut en bas, regarder d'un œil d'orgueil et de dédain. Les femmes qui... regardent un chacun du haut en bas, mol. Impr. t. || Fig. Regarder quelqu'un de travers, de côté, de mauvais œil, lui témoigner du mépris, de la malveillance. || Regarder en dessous, regarder d'un air mécontent et dissimulé. || Regarder du coin de l'œil, regarder avec une convoitise mal dissimulée. || Regarder quelqu'un favorablement, de bon œil, lui marquer de la bienveillance. Cyriis.... Regarda notre peuple avecdes yeux de paix, rac. Esth.n, *. || Regarder quelqu'un en pitié, le regirder avec un sentiment de compassion, et aussi de dédain. Il regarde en pitié tout ce que chacun dit, mol. ifù. xi, 5. || Dieu l'a regardé en pitié, l'a regardé avec des yeux de miséricorde, se dit d'un homme dans l'affiiction à qui le ciel accorde quelque chose d'heureux. Dieu regarde en pitié son peuple malheureux, rac. Eslh. m, 4. || On dit dans un sens opposé: regarder en colère. Dieu regarde en colère les juges injustes, boss. Politique, viii, I, ). (( 4° Se faire regarder, se donner en spectacle. Toujours au plus grand nombre on doit s'accommoder; Et jamais il ne faut se faire regarder, MOL. Ec. des mar. i,i. || Être regardé, attirer les regards publics. Des lieux obscurs où les mauvais exemples, n'étant pas si regardés, ne sont pas si dangereux, balz. De la cour, 6' dise. Dieu l'avait élevée sur le trône, afin qu'elle honorât sa religion; unie au plus grand roi du monde , afin que sa vertu fût plus regardée, fléch. Mar.-Thér. \\ h° Discerner dans une chose ce qui mérite d'être noté. Je crois qu'il faut plus de temps pour apprendre à regarder un tableau, qu'à sentir un morceau de poésie, DiDER. Pensées sur la peinture. \\ 6° Fig. Examiner, considérer. Quand je regarde Auguste au milieu de sa gloire, corn. Cinna, i, 1. Une pensée frivole, et sans regarder les conséquences, me fit regretter... SÉv. 6 janv. «689. Quand je regarde des années si pleines et si bien marquées par les bonnes œuvres, boss. le Tellier. Tout est vain dans l'homme si nous regardons le cours de sa vie mortelle, id. Duch. d'iMcans. Dans dei fautes si glorieusement réparées.... il ne faut plus regarder que l'humble reconnaissance du prince qui s'en repentit, et la clémence du grand roi qui les oublia, id. Louis de Bourbon. Souvenez-vous de ces cabinets [chez Mme de Rambouillet] qu'on regarde encore avec tant de vénération, où l'esprit se purifiait..,. FLÉCH. Duch. de Mont. Lorsque ce prince fut parti, que Mme de Clèves demeura seule, qu'elle regarda ce qu'elle venait de faire, elle en fut si épouvantée, qu'à peine put-elle s'imaginer que ce fût une vérité, la pat. Pnnc. de Clèv. Œuv. t. 11, p. tes, dans podgens. Ne me regardez point vaincu, persécuté; Revoyez-moi vainfjueur et partout redouté, BAC. Uithr. IV, 4. Je regarde les femmes avec indifl'érence, et je leur rends bien tous leurs mépris et les tourments qu'elles m'ont fait souffrir, montesq. Lett. pers. 9. || Avoir en vue. Chacun de vous, dans l'avis qu'il me donne, Regarde seulement l'État et ma personne, corn. Cinna, u, i. Un véritable roi
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n'est ni mari m pire ; Il regarde son trône et rien de plui... ID. Nieom. iv, s. Je ne comprends pas qu'on puisse avoir un moment de repos en ce monde, si l'on ne regarde Dieu et sa volonté, sÉv. 6 janv. < aso. Il fallait se retirer des affaires, ou n'y regarder que le bien public, boss. Bist. m, 5. Elle confesse humblement que.... de ce jour seulement elle commence i connaître Dieu, n'appelant pas le connaître que de regarder encore tant soit peu le monde, ID. Duch.d'Orl. ô vous qui ne regardez le ciel qu'après que le monde a cessé de vous regarder, et qui ne donnez au soin de votre salut que ces vieux jours qui.... FLÉCH. Mme d'Aiguillon. || V Rejgarder comme, tenir pour, réputer. Jl faudrait avoir une raison bien épurée pour regarder comme un autre homme le Grand Seigneur, environné, dans son superbe sérail, de quarante mille janissaires, pasc. Pens. m, 3, éd. HA VET. Nous regardons les mœurs de ce peuple [delà Bétique] comme une belle fable, et il doit regarder les nôtres comme un songe monstrueux, FÉN. Tél. viii. Il paraît par une harangue de Démosthène, qu'on ne la regardait point [Artémise] à Athènes comme une veuve désolée qui négligeât les affaires de son royaume, bollin, Hist. anc. Œuv. t. V, p. 007. Il [LycurgueJ regardait l'éducation des enfants comme la plus grande et la plus importante affaire d'un législateur, m. ib. t. ii, p. 622. L'avenir sur mon front n'eicite aucun nuage, Et, bien loin de craindre la mort, Tant de fois battu par l'crage. Je la regarde comme un port Où je n'essuierai plus tempête ni naufrage, chaul. Rép. à l'abbé Couriin. Il y avait alors [sous Théodose] dans Alexandrie une fille nommée Hypatie, qu'on regardait comme un prodige de la nature, volt. Pol. et lég. Paix perpél. 23. J'ai toujours regardé l'athéisme comme le plus grand égarement de la raison, id. Lett. Mme de St-Julien, 4 6 déc. 47i56. Les biens étaient en commun [chez les pythagoriciens] ; et, si quelqu'un d'eux voulait se retirer, on lui rendait ce qu'il avait apporté, ou même au delà; mais on le regardait comme mort, condil. Hist. anc. ni, 15. Il regardera l'univers comme sa patrie, et tous les hommes comme ses frères, dioeb. Opin. des anc. philos, ipythagorisme). || Corneille a supprimé conim« dans une construction qui n'est pas à louer: Et je l'ai regardée, après votre alliance. Bien moins Persane de naissance Que Grecque par adoption, corn. Agés. ni, 3. Il Regarder pour, même sens. Malgré les tristes assurances que vous m'avez données que vous ne me regardiez plus pour votre fils, J. j. souss. i" lettre de sa correspond, à son père, <732. || Regarder en, même sens. Et je puis, .sans rougir, faire un aveu si doux X celui que déjà je regarde en époux, mol. Éc. des mar. ii, u. Je la regarde en femme, aux termes qu'elle en est, lo. Éc des femmes, ii, t.[\i° Etre tourné vers. L'aiguille aimantée regarde toujours le nord. Les pas empreints sur la poussière Par ceux qui s'en vont faire au malade leur cour. Tous, sans exception, regardent sa tanière; Pas un ne marque de retour, la font. Fabl.vi, 4 4. Les royaumes de Danemark et de Norwége appartiennent au même maître ; ils regardent, au levant, le royaume de Suède; au couchant, l'Angleterre, regnabd, Yoy. de Danemark. La face de la tune qui nous regarde, bdff. Théor. terr. part. hyp. Œuv. t. ix, p. 4U8. Il II se ditaussi du pointdu ciel qui est en face d'un lieu. Qu'Ismaël en sa garde Prenne tout le côté que l'orient regarde, bac. Ath. v, 5. || 9° Avoir rapporta, intéresser. Le sort d'Héraclius tout entier me regarde, corn. Héracl. v, 4. Mes amis, dit le solitaire, Les choses d'ici-bas ne me regardent plus, LA FONT.FaW. vu, 3. Les maximes qui regardent les gentilshommes, pasc. Prov. vi. L'outrage me regarde; et, quoi qu'on entreprenne, Je réponds d'une vie où j'attache la mienne, rac. Iphig. m, 6. L'espérance, seul adoucissement des peines des hommes, n'est plus un bien qui me regarde, fén. Tél. XX. Pourquoi vous mêler de ce qui ne vous regarde pas? PICARD, Provinc. à Paris, i, 4 4. || Cette succession, cet'« charge le regarde, locution vieillie qui signifie : elle doit lui venir, ou il y peut prétendre. Tu sais que tout son bien ne regarde que moi, CORN. Yeuve, n, 6. Il [Absalon] était le fils aîné du roi ; le trône le regardait, boss. Politique, ix,iii, 6. Il 10' V.n. Faire attention, prendre garde, Ovoir soin de. Nous n'en viendrons pas là ; regarde oeulement X te payer d'estime et de remercîment, CORN. Mél. II, 4. Vous devriez un peu mieux regarder aux choses que vous dites, mol. Bourg, gent. iv a. Il faut toujours regarder à l'intention, et régler par là notre reconnaissance, sév. 7 août <676. Il faut que M. Griflard consente au mariage, ou que le diable l'emporie; car j'y ai regardé, dancùuut,
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Foire Bexons, se. )*. II ne regarde pas au peu que vous lui offrez, et il vous donne plus qu'il ne reçoit de vous, MASS. Pro(. relig. 4. Vous regardez à de fausses convenances qui ne vous vont point, j. j. ROUES. Hél. II, 27. Il Ne pas regarder à la dépense, faire ce qu'il convient de faire, sans être arrêté par la considération d'argent. Dans un jour de plaisir et de magnificence. On ne regarde pas, mon frère, à la dépense, baron. École des pères, v, 8. || Familièrement. Y regarder à deux fois, prendre garde à ce qu'on va faire. || 11 ne faut pas y regarder après lui, il ne faut pas regarder aprèslui, c'est un homme exact, probe, etc. à qui l'on peut s'en rapporter. Il Par plaisanterie. Vous me baillez un louis d'or de plus; mais je ne regarde pas après vous, dancourt, Prixde l'arqueb. se. 47. || Regarder que, faire attention que. Je regarde que votre sauté n'est point affermie, et je sais combien de vies tiennent à la vôtre, vaugel. Q. C. 4I9. Toi, rends grâces à Rome, et sans cesse regarde Que, comme son pouvoir est la source du tien, En perdant son appui tu ne seras plus rien, corn. Nicom. iv, 4. Ceux-ci [les révolutionnaires anglais] occupés du premier objet qui les avait transportés, allaient toujours, sans regarder qu'ils allaient à la servitude, boss. Reine d'Anglet. || Être d'avis que. Sa clémence fut insultante; on regarda qu'il neipardonnait pas, mais qu'il dédaignait de punir , montesq. Boni. 4). Il 11° Porter la vue sur. Regarder de côté. Regarder devant sol. Ne va pas regarder à tout le monde aux yeux; Je te fais maintenant un discours sérieux, mol. le Dép. v, 9. Aussitôt qu'il m'aperçut, il vint à moi, et me dit en regardant dans un livre qu'il tenait à la main.... pasc. Prov. ix. Personne, comme lui, n'a le talent de regarder et de ne rien voir, dider. Père de famille, v, 7. Nos yeux voient nécessairement tout ce qui fait impression sur nous ; mais, parce qu'il ne suffît pas de voir pour se faire des idées, je dirai qu'ils ont besoin d'apprendre à regarder, condil. Traité des sensat. m, 3. Le commun des hommes regarde sans voir; l'homme de génie voit si rapidement, que c'est presque sans regarder, marmontel, Œuv. t. VIII, p. 6. Il Regarder à ses pieds, regarder où l'on met le pied en marchant. || S'enfuir sans regarder derrière soi, s'enfuir en toute hâte. Allons, mon maître, suivons le conseil de la vieille, partons et courons sans regarder derrière nous, volt. Cand. 4 4. Il II regarde de près, il est myope. || Fig. Regarder de près, être exact, faire attention même aux plus petites choses. Toutefois, en y regardant un peu de près, je reconnais que cela ne peut être, desc. Médit, m, 4 9. Oh! j'y regarderai d'aussi près que vous, legrand, le Philanthr. se. 4. || Il n'y regarde pas de si près, il ne fait pas les choses avec beaucoup d'attention ni d'exactitude. || C'est un homme avec qui il ne faut pas regarder de si près, c'est un homme sujet à caution et pour qui il faut avoir de l'indulgence. Il On n'y regarde pas de si près, il est des choses sur lesquelles il faut passer. ï doit-on regarder de si près entre amis? th. corn. Comt. d'Orgueil, i, 4 . On n'y regarde pas de si près avec un contrôleur général des finances, MAiNTENON, Lett. à M. d'Aubigné, 4 sept. 4677. Il Terme de manège. Regarder dans la volte, se dit du cheval, lorsque, en faisant des voltes des deux pistes, il a la tète tournée du côté où il va ; ou lorsque aux voltes d'une piste il a la tête tournée vers le centre de la volte. || 12° Être tourné vers. La porte [le portail | qui regardait vers l'orient avait trois chambres d'un côté et trois chambres d'un autre, saci. Bible, Ezéchiel, xl, 4 0. Elles l'ont vu fie roi] de dessus le balcon, sur lequel tout son appartement regarde, pellisson, Lett. hist. 1. 1, p. 382. Votre fille.... est montée vite dans sa chambre, et, pleine de désespoir, a ouvert la fenêtre qui regarde sur la rivière, mol. Am. méd. i, 6. || Terme de marine. Une poulie, un clan sont dits regarder de l'avant, de l'arrière, etc. lorsqu'ils sont placés de manière que le filin, lorsqu'il en sort, se dirige vers l'avant, vers l'arrière, etc. {| 13° Se regarder, v. réfl. Porter la vue sur soi-même. Il se faut bien regarder, reprit la cadette; comment ferait-on autrement pour s'ajuster comme il faut? la font. Pysché, II, p. 436. Il 14° Porter la vue l'un sur l'autre. L'on se donne à Paris, sans se parler, comme un rendez-vous public, mais fort exact, tous les soirs, au Cours et aux Tuileries, pour se regarder au visage et se désapprouver les uns les autres, la bbuy. vu. Les deux citoyens [à qui Socrate expliquait le jour et la nuit sans les chevaux du soleil et de la lune] se regardèrent et ne répondirent rieu, VOLT. Dict. phil. Socrale. || Fig. Ils se regar-
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daient d'un œil jaloux et semblaient nés pour se disputer l'empire du monde, noss. Ilist. i, 8. || Ler deux armées ont été longtemps à se regarder avant que de combattre, elles ont été longtemps en présence sans en venir aux mains. || 15° Fig. S'examiner soi-même. Regardez-vous tandis que votre juge [Dieu] vous regarde ; voyez dans votre âme ce qu'il y voit, ce nombre innombrable de péchés.... boss. Réfl. sur l'état des pécheurs. Je ne puis sans horreur me regarder moi-même, rac. Phèdre, ii, «. Il 16° Fig. Se regarder comme, se considérer comme. Lors même qu'il commande aux troupes, il se regarde comme un simple soldat de Jésus-Christ, FLÉCH. Turenne. Ne vous regardez plus comme un homme ordinaire, volt. Sémir. iv, 2. Je puis bien dire que je ne commençai de vivre que quand je me regardai comme un homme mort, j. j. rouss. Conf. VI. Je me regardai dans sa maison comme dans ma famille, genlis, Théât. d'éduc. March. de modes, se. b. || On a supprimé quelquefois comme. Je me regarde moi-même vengé par l'arrêt qui prononce leur innocence, chateaubb. (Eue. t. xxviii, p. 4 8i,édit.FURNE,gr.in-8». llÊtreconsidérécomme. L'embarras devint grand : notre affaire se regardait comme déplorée, st-sim. 4 8, 21B. || 17° En parlant des choses, se faire face. Il [le phoque] a sur le dos deux croissants noirs, dont les pointes se regardent, buff. Quadrup. t. XI, p. 464. Nos deux coteaux se regardaient, MARMONTEL, Mém. XI. Une communication si naturelle entre des côtes qui se regardent, raynal, Hist. phil. XI, 9. Des plafonds d'un seul bloc couvrant de vastes salles. Où, sans lever jamais leurs têtes colossales. Veillaient, assis en cercle et se regardant tous. Des dieux d'airain posant leurs mains sur leurs genoux, v. hugo. Orientales, 1. 1| Teimo d'astrologie. Se regarder, se dit de la situation des astres à l'égard les uns .des autres. Mars et Vénus se regardent par un trigone, par un quadrat. || Provep. bes. Un chien regarde bien un évêque, voy. chien. Il II faut plutôt regarder à ses mains qu'à ses pieds, se dit pour taxer un homme d'être fripon.
— KF.M. Quand regardé signifie concerné, on ne peut pal l'employer passivement, et dire : je suis regardé par cela, pour équivalent de : cela me regarde; mais, dans les temps composés de l'actif, il suit la règle de tous les participes passés, en s'accordant avec le régime direct qui le précède. Oui, mesdames, ce placement vous aurait regardées. Ces ventes, messieurs, vous auraient regardés.
SYN. regarder, concerner. Concerner marque
que la chose nous affecte plus que quand on se sert de regarder.
— HIST. XI* s. Quant l'ot [ouit] li reis, fièrement le regarde, Ch. de Roi. lvii. Rollans reguardet es monz et es lariz, tb. cxxxviii. Rolanz reguarde Olivier al visage, ib. CXLV. || xii* S. Lasl pourquoi l'ai de mes ieuz regardée, La fausse rien qui douce amie a nom? Couci, vi. Reguarde en mei, sire Deus, e merci aiesdemei, Liber psalm. p. 4 23. Atant se regarda li dux Miles arrier, Sax. xi. [Il] Ne sera tant hardizque des ieux [il] nous regart, ib. xxix. Et quant il se départent, [que] jà nus [nul] ne s'en regart [inquiète], tb. XIX. Al bon prince devreies Constentin reguarder; Quant um out fait les clers devant li amener E um les acusa, tuz les laissa ester, Th. le mart. 73. || xiu* s. Por regarder quel famé li porront aviser, Berte, no. Qui bien laregardast àdroi' et à loisir, Bien deist que plus belle ne peUst-on choisir [voir], ib. lxiii. Li message vindrent au moustier, où il furent moult regardé de maintes gens qui onques mais ne les avoient veus, villeh. xvi. Or dit l'en que la constitucions ne regarde pas le tans qui est passez, mes regarde le tans qui est à venir. Lie. dejust. 40. Il fut regardé qu'il ne convenoit pas tel cas mètre el jugement des homes le conte.... beaum. XXX, 20. Sire, vos frères et les riches hommes qui ci sont, ont regardé à vostre estât, et ont veu que vous n'avez pooir de demeurer en cest pais, joinv. 254. Il xiv s. Cil qui est regardé du basilique sans atouchement corporel, est tué par l'air que il atrait, H. de mondeville, f- 88, verso. Que l'en devrait attendre à resgarder la fin, comme disoit Solon, ORESME, Eth. 22. || XV' S. Tout bien regardé, nostre seuUe espérance doit estre en Dieu, comm. i, 4. Atant le fist le seigneur du chastel coucher en une chambre, et sa plaie fist regarder, qu'il avoit dangereuseet travaillée, Perce/'oreit, t. vi, f° "7. || xvi's. 11 seroit bien marry de donner un sol pour wn carolus; aussi y regarde il de bien près, Caquets de l'accoucht'^ p. 94. En la chambre de la dame y avoit une fenet»»i qui n'estoit guère haute et regarloit dedans ur jetit jardin, marg. Nouv. lui. Les loix qui regardent les trespassez, mont, i, 4 2. Voyant
mettre le ISu a une pièce qui le regardoit, id. i, bo. Vous ne leur feriez pas seulement regarder en face les ennemis, in. i, 64. L'invention des parfums aux églises regarde à cela, de nous resjouir, esveiller et purifier le sens, m. i, 393. Toutes les pièces de l'univers me regardent; la terre me sert à.... id. h, 274. Ne regardez pas à cette voit piteuse [d'une femme dont le mari vient de mourir], regardez ce teinct, ID. III, (78. De ces deux sortes d'histoires, l'une regarde plus les choses, l'autre les personnes, AMYOT, Préf. XX, 47. L'image de Mercure, qui est au coslé de ce temple regardant vers le soleil levant, ID. Thésée, < 4. Non moins regardé, prisé et estimé de tout le monde pour estre honeste et bien appris, que pour estre beau filz, id. Marcel. 2. Il ne vouloit point de trésorier qui regardas! de si près à sa despense, id. Cat. 7. Lucullus luy respondit qu'il feroit regarder s'il en avoit [des tuniques], et qu'il les luy presleroit, id. LhcuI. 79. Le roi de Pologne et la reine mère (qui avoient eu l'eslection désagréable) regardoient l'evesque de Valence de
costé, d'aub. Hist. II, lOB Et soit que j'aille
ou que je tarde, Tousjours après moy je regarde Si je verray venir la mort, hons. 493. De serviteur qui se regarde, donne toy soigneusement garde, COTGRAVE. Quand d'aulruy parler tu voudras, regarde toy, et tu te tairas, id.
— ÉTYM. He...,et l'anc. verbe esgarder, faire attention à (voy. éoard); Berry, argarder, argader; bourguig. regadai; provenç. regardât, reguardar; ital. riguardare.
f REGARUECR (re-gar-deur), t. m. Celui qui regarde.
— HlST. xiv s. Qu'ilz ne soient pas regardeurs de comédie jusques à tant qu'ilz ayent l'eage, OBESME, Thèse de meunier. En tous les mestiers et toutes les marchandises qui sont et se vendent à Paris, aura visiteurs, regardeurs et maistres qui regarderont par lesdits mestiers et marchandises, Ordonn. des rois de Fr. t. ii, p. 379. || xvi* s. Puis dit ainsi : loing de nous pour le moins. Sont à présent regardeurs et tesmoings, marot, iv, 80. X Paris il ne faut qu'un regardeur pour amener le reste, Coules d'Eutrapel, fol. (97.
— ÉTYM. Regarder; provenç. regardaire; ital. riguardatore.
t REGAKDEZ-MOI (re-gar-dé-moi), t. m. Nom qu'on a donné quelquefois à la scabieuse noirepourpre.
REGARNI, lE (re-gar-ni, nie), part.' passé de regarnir. Une robe regarnie.
REGARNIR (re-gar-nir), ». a. Garnir de nouveau. Regarnissez votre garde-manger. |{ Regarnir une étoffe de laine, en tirer une seconde fois le poil avec un chardon.
t RÉGATE (ré-ga-t'),ï. f. \\ i° Coursesde barques, qui se font à certains jours de fête sur le grand canal de Venise. Cette régate est une course de gondoles sur le grand canal [à Venise], avec des prix pour les vainqueurs, duclos. Œuv. t. vu, p. (86. La régate est une course de bateaux; on la donnaitdans des circonstances extraordinaires, au passage d'un prince étranger de sang royal, foiifait, Inslit. Mém. sciene. t. v, p. 326. [1 2° Par extension, course d'embarcations, qui, à la voile ou à l'aviron, se disputent le prix de la vitesse.
— ÉTYM. Ital. regatta, régate, proprement émulation, contention.
t REGAYËR (re-ghè-ié) , e. a. II se conjug>:e comme payer. Passer le chanvre dans le regayoir pour en faire sortir les ordures.
+ RÉGAYER (ré-ghè-ié), ». a. Il se conjugue comme égayer. Égayer de nouveau, rendre la gaieté.
— ËTYM. Re.. ., et égayer.
REGAYOIR(re-ghè-ioir), *. m. Espèce de peigne
pour nettoyer le chanvre.
— ÉTYM. Regayer.
t REGAYURE (re-ghè-iu-r"), ». f. Ce qui reste dans le regayoir.
— ÉTYM. Regayer.
t REGAZONNEMENT (re-ga-ro-ne-man), ». m.
Action de regazonner. Fixation du périmètre des terrains dans lesquels il est nécessaire d'exécuter le reboisement ou le regazonnement, Décret du <0 no». 48(i4, tit. II, i l'série, n° 12703 du Rullelin des lois. Le remède [aux inondations] est le reboisement et le regazonnement des Alpes, des Cévennes et des Pyrénées, Le joum. la Presse, 3 oct. (888.
t REGAZONNER (re-ga-zo-né), v. a. Revêtir de gazon un terrain qui en avait été couvert précédemment. Art. 7.... Les terrains à regazonner et les terrains i reboiser sont représentés par des teintes plates de couleur dilîërente pour chacune de ces
deux catégories. Art. (9: Si le propriétaire offre d'abandonner sa propriété, ou le quart de sa propriété, selon que les terrains ont été reboisés ou regazonnés, il est procédé par un agent forestier et le propriétaire ou son délégué à la division du terrain..../)^cre( du 10 nov. 1884, tit. u, (i* série, n" ( 2703 du Bulletin des lois.
t REGAZODILLER (re-ga-zou-Ué, Il mouillées), ». n. Gazouiller de nouveau.
— HlST. XVI* s. Regazouiller, cotorave.
t REGEL (re jcl), s. m. || 1- Nouvelle gelée. Il 2* Terme de physique. Phénomène qui consiste en ce que deux morceaux de glace fondante appliqués l'un sur l'autre se soudent immédiatement par la solidification de la couche liquide qui en mouille les surfaces. Le regel se produit lorsque, à la suite d'un commencement de fusion de la glace, 1,1 température ambiante vient à s'abaisser de nouveau. Quand les enfants font de la neige, en la comprimant, une pelote dure, il se passe un phénomène de regel.
— ËTYM. Re..., et gel.
t REGÉLATION (re-jé-Ia-sion), s. f. Synonyme
de REGEL.
t REGELER (re-je-lé).||l° F. o. Il se conjugue comme geler. Geler de nouveau. Notre rivière est prise ; il neige et gèle et regèle en même temps ; on ne se soutient pas dans les rues, sÉv. ( 4 janv. (689. Le soleil venant à fondre la glace du côté du midi, il en résulte une humidité qui regèle sitôt après que le soleil a disparu, buff. Exp. sur les végét. 4' mém. || 2° V. a. Faire de nouveau prendre en glace. Le froid a regelé la rivière. || 3° Se regeler, V. réft. Être de nouveau pris en glace. Le peu de liqueur s'y regela [dans la neige] tout aussitôt, DESc. Méléor. 6.
— HIST. XVI' s. Regeler, cotorave.
RÉGENCE (ré-jan-s'), s. f. || 1° Gouvernement
(sens propre, aujourd'hui peu usité). Qui ne s'est obligé qu'à la perte d'un homme Acquiert à peu de frais la régence de Rome, fotk. Bélis. 11. 8. || 2° Dignité de la personne qui gouverne un État pendant l'absence ou la minorité d'un souverain. Là on célébra Rocroy délivré.... la régence affermie, la France en repos.... Boss. Louis de Bourbon. La régence d'Anne d'Autriche aurait été tranquille et absolue, si on avait eu un Colbert ou un Sully pour gouverner les finances, comme on avait un Condé pour commander les armées, volt. Hisl. parl.uv. Louis XV était un enfant orphelin ; il eût été trop long, trop difficile et trop dangereux d'assembler les états généraux pour régler les prétentions à la régence, ID. Louis XT, (. Les grands mots ne changent rien à la nature des choses; et la régence, après tout, n'est qu'une tutelle, mirabeau. Collection, t. v, p. 468. Sitôt que l'assemblée [du parlement] fut formée, il [le duc d'Orléans] remontra en peu de mots son droit à la régence, anquetil, Louis II V, sa cour et le régent, année )7ib. || Fonction de régent ou régente. Les régences mâles, hardies et insolentes de Frédégonde et de Bruiiehauld avaient moins étonné cette nation qu'elles ne l'avaient avertie, MONTESQ. Esp. XXXI, 2. || Temps que dure la régence. Les troubles d'une régence. En France, la régence du duc d'Orléans, que ses ennemis secrets et le bouleversement général des finances devaient rendre la plus orageuse des régences, avait été la plus paisible et la plus fortunée, volt. Louis IV, 2. Il 3° La régence se dit particulièrement de l'époque pendant laquelle Philippe d'Orléans gouverna la France (t 7 1 5-1723). C'était la régence alors.... La France était folle; Tous les hommes plaisantaient, Et les femmes se prêtaient X la gaudriole, bérang. Gaudriole. || Fig. Type ou symbole d'une grande liberté de mœurs et de folles dépenses. L'opéra s'en va; c'est désolant pour nous autres, jeunes gens d'esprit et de plaisir, nous la nouvelle régence, SCRIBE, Maurice, § 2. || Adj. intar. Dans le langage familier, digne des roueries galantes de la cour du régent. Des moeurs régence. Ma conduite est un peu régence, j'en conviens, CH. de Bernard, la Cinquantaine, § (0.|| 4° Se dit des administrations municipales d'Allemagne, de Hollande et de Belgique. La régence d'Amsterdam. |] 6" Gouvernement de certains petits États musulmans, ainsi dit parce que les souverains y étaient (et le bey de 'funis l'est encore) investis par le sultan de Constantinople et subordonnés à son autorité. Les régences barbaresques ; il y en avait trois, Alger, Tunis et Tripoli. || Territoire de ces États. Les ruines de l'ancienne Carthage sont dans la régence de Tunis. || 6° Fonctions do régent dans un collège. L'important pour un principal serait de former lui-même de bons sujets dans son
collège, et de les préparer de loin à la régence, HOLLiN, Traiti det El. liv. vi, 2» part, ii, l.
— HIST. XVI' s. Le dire humaia ne se doibt servir de la dignité, majesté, régence du parler divin,
— ÉTYM. néqent.
RÉGÉNÉRATEUR, TRICK (ré-jé-né-ra-leur, tri- *')> "'^j- 0"' régénère. Principe régénérateur. Il Substantivement. Régénérateur, régénératrice, celui, celle qui régénère.
— ÉTYM. XVI' 8. U faculté régénératrice, paré, XV, B2.
— ÉTYM. Régénérer.
t RÉGÉNÉRATIF, IVE (ré-jé-né-ra-tif, ti-v'), adj. Qui a la vertu de régénérer.
— HIST. XIV' s. Medicines regeneratives, lai»- FRANC, 1* 117. Il XVI' s. Médicament sarcotique, c'est à dire regeneratif de chair, est celuy qui par une siccité aide nature à r'engendrer chair en ulcère cave, PAHÊ, XXV, (6.
RÉGÉNÉRATION (ré-jé-né-ra-sion; en vers, de six syllabes), ». f. \\ 1' Reproduction d'une partie détruite. Les blessures qu'on voit se fermer et en même temps les chairs revenir par une assez prompte régénération, boss. Connaiss. il, (0.|| Reproduction. Ce qui fait durer si longtemps la douleur de la goutte ou de la colique, c'est la continuité, c'est la continuelle régénération de l'humeur mordicante qui la fait naître, boss. Connaiss. m, 6. Je ne me sers ici du mot régénération que pour désigner la simple évolution de parties préexistantes, et qui, en se développant, remplacent celles qui ont été retranchées, ou que des parties ont détruites, iiONNET, Palingén. phil. x, 5. || Reproduction d'un objet sous sa première forme. Régénération des métaux. |l 2° Fig. Réformation, renouvellement moral. Il paraît positivement par les inscriptions que ce sacrifice [les tauroboles] était pour ceux qui recevaient le sang une régénération mystique et éternelle, fonten. Oracles, n, 4. Rome [des papes].... aurait grand besoin d'une régénération, DUCLOs, Œuv. t. VII, p. 51. Puissent les principesêtre le germe d'une régénc ration trop juste pour être refusée, et trop désirée pour n'être pas inévitable ! MIRABEAU, Collection, I, p. 82. Il Dans un sens ironique, prétendue amélioration de la nature et du sort des peuples. La régénération humaine m'asjiégsait sous toutes les formes, reybaud, Jér. Paturot, i, *. Il 3° Renaissance, en parlant du baptême. Rien du vieil homme n'entrera dans le ciel que par la régénération en Jésus-Christ, sÉv. 44 1. 11 n'est pas nécessaire de savoir précisément comment se fait la régénération des enfants, pourvu qu'on admette en eux une véritable régénération, ou une justification intérieure et réelle, causée, si on le veut, pales actes qui accompagnent le sacrement, ualebr. Bech. éclaircissements, i.
— HIST. xiv s. Cicatrization, c'est régénération de cuir semblable, n. de mondeville, f° 3.ï, verso. La régénération et consolidation [d'une plaie], m. f" 7B bis. La regeneracion des pels [poils], beiin. db GORDON, Trad. franc, t, 2t. [[xvi's. Voilà comment nostre Seigneur appelle le baptesme régénération; il demonstre la façon comment Dieu nous régénère, assavoir en eau et en esprit, calv. Instit. 1084.
— ÉTYM. Lat. regenerationem, de regenerare, régénérer.
RÉGÉNÉRÉ, ÉE (ré-jé-né-ré, rée), part, passé de régénérer. Reproduit. L'écotce régénérée. || Fig. Qui a reçu une nouvelle naissance par le baptême. Calvin soutenait qu'un fidèle régénéré une fois ne pouvait perdre la grâce, boss. Variât, viii, 38.
RÉGÉNÉRER (ré-jé-né-ré. La syllabe né prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : je régénère, excepté au futur et au conditionnel : je régénérerai),», a. || 1' Produire par une nouvelle génération. Le procédé vital qui régénère les chairs. C'est de cette terre, de cette poussière que nous foulons aux pieds, que la nature sait tirer ou régénérer la plupart de ses productions en tous genres, buff. Min. t. ii, p. (60. || 2° Terme mystique. Donner une nouvelle naissance. De là vient qu'autrefois ceux qui avaient été régénérés par le baptême, et qui avaient quiué les vices du monde pour entrer dans la piété de l'Eglise, retombaient si rarement de l'Église dans le monde, pasc. Penséessur te pape et l'ÉgliiC, Réflexions, etc. éd. faugêre. || 3° Fig. Réformer, améliorer. Ca projet généreux dont il fut le martyr Vengerait la nature en régénérant Rome, v. I. CHÉNIER, Gracques, i, b. Il y eut un moment où je me crus appelé à régénérer le monde, à lui prêcher un évangile nouveau [l'évangile saint- simonien], reybaud, Jér. Paturot, i, 2. \[ 4° Se régénérer.
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V. réfl. Être régénéré. Combien de nerfs se régénèrent dans les diflïrentes opérations qu'on fait subir \ la salamandre I bonnet, Paling. x, t. |{ B» Être renouvelé en devenant meilleur. Un peuple qui se régénère. Les mœurs s'étant régénérées.
— HIST. Il* s. De saint batesme l'unt fait régénérer, St. Alexis, VI. Il xu* s. Lors fu li bers batlsiés et levés, Et dou saint cresme d'oile régénérés, Guill. d'Orange, Variantes, t. ii, p. 312. Frère, dit ele, ne me devez celer Se Looys t'a fet régénérer [baptiser]. Bat. d'Alesehans, v. 7679. ||xiv' s. Mondefier, régénérer et cicatrizer, lanfranc, f° «I9. Il XVI* s. Les dents se peuvent régénérer quand elles sont perdues, paré, iv, 2. Ils [certains sauvages] mangent leurs parents pour les régénérer par la transmutation en leur chair vifve, au moyen de la digestion et du nourrissement, mont, ii, 346.
— ÉTYM. Lat. regenerare, de re, et generare, engendrer (voy. génération).
RÉGENT, ENTE (ré-jan, jan-f), ad/. |H« Qui exerce la régence. Le prince régent, la reine régente. Il Substantivement. Le régent, la régente du royaume. Après avoir fait sentir aux ennemis durant tant d'années l'invincible puissance du roi, s'il fallut agir au dedans pour la soutenir, je dirai tout en un mot : il fit respecter la régente, boss. Louis de Bourbon. || Se dit, absolument, de Philippe d'Orléans, régent de France pendant la minorité de Louis XV. Il Nom d'un diamant de la ' couronne, évalué (2 millions, et qui fut acheté par Philippe d'Orléans. || Tabac du régent, tabac à priser, préparé avec des aromates. || i° S. m. Régent de la banque de France, membre du conseil général de la Banque. || 3° Un des officiers de la chancellerie romaine. || 4° Autrefois, ceux qui enseignaient dans un collège; dès le xii* siècle, regere scholas signifiait professer ; on s'habitua à dire par abréviation regere ; magisler regens était un maître qui enseignait, CH. THtiBOT, De l'organisât, de l'enseign. dans l'univ. de Paris ou moyen âge, p. 90. Outre ces instructions publiques et communes, le régent peut encore beaucoup servir aux écoliers, par l'attention qu'il a sur. leur conduite, eollin, Traité des Et. Devoirs des régents. \\ Fig. Ecoutons les régents du monde sur ce sujet, pasc. dans cousin. Mais lui, qui fait ici le régent du Parnasse, N'est qu'un gueux revêtu des dépouilles d'Horace, boil. Sal. ix. || Au féminin. Instruit, formé par leurs leçons fréquentes, Bientôt l'élève égala ses régentes, gress. Ver-vert, ch. II. Il Aujourd'hui, régent, professeur dans un collège communal. Le régent de la rhétorique. || 6° Anciennement, docteur régent, titre des docteurs professeurs en théologie, en droit, en médecine.
— HIST. XV* s. Et croit monseigneur que ceux de Nantes soient en nouvel traité avecques le jeune régent de France, lequel on doit à celle toussaint couronner, fhoiss. ii, ii, 73. Messire Jean de Hainaut qui estoit régent et gardien de tout le pays, ID. I, I, 4 4 5. Tel doit estre régent. Lent de pugnir, aux bons non faire ennui. Et aux mauvais rendre droit jugement, e. desch. Vertu nécess. au pr. Il xvi* s. Le premier prince qui se feit appeller régent de nostre France fut Philippe le Long pendant la grossesse de la royne Clémence sa belle sœur veufve du roy Louys Hutin, pasquier, Rech. II, p. 4 33, dans LACURNE. Nous avons non-seulement appelez regens ceux qui enseignoient la jeunesse en humanité et aux arts, mais aussi docteurs regens en décret, en médecine et aux lois, ID. ib. IX, p. 794 . Aimer mieuli e-itre régent et précepteur d'erreur et de mensonge, que d'estre disciple en l'eschole de vérité, mont, ii, 224.
— ÉTYM. Lat. regentem, part. prés, de regere (voy. régir).
t RÉGENTATION (ré-jan-ta-slon), t. f. Action de régenter.
— HIST. XV* s. Nonobstant luy appartenrst la regentation du royaume de France.... laissa tout es mains des autres princes ses frères, christ, de
PISAN, Ch. V, II, 44.
RÉGENTÉ, ÉE (ré-jan-té, lée), Tpart. possède régenter. Cet homme régenté par sa femme.
RÉGENTER (ré-jan-té) , e. n. || 1° Être régent dans un collège. Il régente dans tel collège. Denys le tyran, régentant à Corinthe, la uothe le vayer, Vertu des païens, ii, Pyihagore. || 2° Fig. Dominer, gouverner, faire la leçon. Vous ne me reconnaissez plus ; me voilà une vraie commère [s'occupant de ia nourrice et de l'enfant de Mme de Grignan] ■ je m'en vais régenter dans mon quartier, sÉv. 8 avr. 4674. Langlée régentait au Palais-royal, chez M. le Grand et chez ses frères, st-sim. 75, 234. Tout y régente, et c'est li qu'à bon titre Les ânes mèmea
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sont docteurs, lamotte, Fabl. i, 2. || 3* V. a. Faire une classe en qualité de régent (vieilli en cet emploi). 11 a longtemps régenté la troisième. Le P. Sanlecque, religieux de Sainte-Geneviève, excellait à régenter l'éloquence et les humanités, st-si- MON, 352, 4 34. Il Fig. Enseigner comme un régent. La grammaire, qui sait régenter jusqu'aux rois, Et les fait, la main haute, obéir à ses lois, mol. F. sav. Il, 6. La vieillesse est toujours sujette à radoter; Cependant les vieillards veulent nous régenter, destouches. Irrésolu, ii, 40. D'ignorants barbouilleurs qui ont assez d'araour-propre pour régenter devant le public un homme qui en sait cent fois plus qu'eux, laharpe. Cours de litt. t. viii, p. 230.
— HIST. XV* s. [Un vieux roi] estoit fort ancien pour régenter [gouverner], Perceforest, t. iv, f» 66. Il XVI* s. Edouard qui régenta [gouverna] si longtemps nostre Guienne, mont, i, i. Cette amitié qui possède l'amc, la régente en toute souveraineté, ID. I, 24 6. Les enfants en nos jours régentent les plus vieux sur les lois ecclésiastiques, id. i, 4oo. Quand Platon faict le législateur, il emprunte un style régentant et asseverant, iD. ii, 244.
— ÉTYM. R<<gent.
t RÉGENTEUR, EDSE(ré-jan-teur, teû-z*), s. m. et f. Celui, celle qui régente, qui aime à régenter.
— HIST. XVI* s. Fuis ces images regenteuses et inciviles, et cette puérile ambition de vouloir paroistre plus fin, pour estre autre, mont, i, 4 66.
f REGERMER (re-jèr-mé), v. a. Germer de nouveau. Car Dieu fait quelquefois, sous ces saintes rosées. Regermer des fleurons.... v. hugo, Crépuse. xi.
— HIST. XVI* s. Enfant dont la race fatale Dedans la terre occidentale Fera regermer ton nom, bons. 326.
t REGESTE (ré-jè-sf), s. m. Terme d'histoire du moyen âge. Répertoire chronologique dans lequel sont enregistrés les actes émanés des pouvoirs publics ou intervenus entre les particuliers, durant une période déterminée. Le regeste genevois.
— ÉTYM. Lat. regesta, registres, de regero, rassembler, qui vient de re..., et gero, porter (voy. gestion).
RÉGI, lE (ré-ji, jie), part, passé de régir. Un Etat régi par un prince habile. L'ablatif régi par la préposition ab.
RÉGICIDE (ré-ji-ci-d'), s. m. ||1° Assassin d'un roi. Il Nom donné, lors de la restauration des Stuarts et de celle des Bourbons, aux hommes qui avaient condamné à mort Charles I*' et Louis XVI. || 2* Assassinat d'un roi. J'ai eu le plaisir de vérifier dans saint Thomas, le docteur angélique, toute la doctrine du régicide, volt. Lett. d'Argental, 4 5 février 4 763. On les représentait [les jésuites] à la fois comme idolâtres du despotisme pour les rendre vils, et comme prédicateurs du régicide pour les rendre odieux ; ces deux accusations pouvaient paraître un peu contradictoires, d'alemb. Destr. des jésuites, (Eue. t. V, p. 54, dans pougens. ||II se dit de la condamnation à mort de Charles I" et de Louis XVI. Il 3° Adj. Qui est relatif au meurtre d'un roi. N'estce pas le fanatisme religieux qui seul s'arroge le droit de les soulever [les peuples], de les enivrer, de leur mettre en main le couteau régicide? d'hol- BACH, Essai préj. ch. 4 2, dans dumarsais, t. vi, p. 283. Moi qui suis né d'un vieux sang régicide. Je fais l'aumône au dernier de nos rois, uérang. Nostrad. \\ Doctrine régicide, doctrine qui excite à l'assassinat d'un souverain.
— ÉTYM. Lat. fictif, regicida, regicidium, de rex, roi, et cxdere, tuer.
RÉGIE (ré-jie), î. f. \] i' Administration de biens, à la charge de rendre compte. Mettre une succession en régie. || Régie intéressée, celle où le régisseur a une part des produits. || Mettre des travaux publics en régie, les faire exécuter au compte de l'État, et sous la surveillance d'un de ses agents. 112° Mode de lever les impôts, dans lequel l'État les perçoit directement pour son compte par ses agents ; il se dit par opposition à la levée des impôts par traitants, où les fe.'-miers, payant à l'Etat une somme convenue, gardent le reste pour eux. La régie est l'administration d'un bon père de famille, montesq. Esp. xiii, 4 9. Par la régie, le prince est le maître de presser ou de retarder la levée des tributs, ou suivant ses besoins, ou suivant ceux de ses peuples; par la régie, il épargne à l'État les profits immenses des fermiers, qui l'appauvrissent d'une infini téde manières, lo. ib. Dans les républiques, les revenus de l'État sont presque toujours en régie; l'établissement contraire fut un grand vice Ca gouvernementde Rome, id. ib. La régie était un chaos..., le brigandage au comble, volt, iouts XIV, 4. 113° Particulièrement. Administration chargée de
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la perception des impôts. La régie des contribu» tiens indirectes. M. d'Arci imagina de suspendre un petit canon à un pendule, et de juger de la force de la poudre par l'arc que le recul ferait décrire à ce canon ; cet instrument a été adopté par la régie des poudres, condorcet, d'Arci. || Les bureaux de la régie. Aller à la régie. || Les employés de la régie. La régie a saisi plusieurs ballots de marchandises prohibées.
— HIST. XVI* s. Ceux-cy [le consistoire à Genève] ne atendent pas que l'on se présente à eux, ains sçavent un chascun sa régie [portion de la ville] à luy commise par le public, laquelle est partie en diverses dixairies, bonivabd, Ane. et nouv. police de Genève, p. 4 56.
— ÉTYM. Régi.
t REGIMHEMENT (re-jin-be-man), t. m. Action d'un animal qui regimbe.
— HIST. XVI* s. Regimbement, cotgrave.
REGIMBER (re-jin-bé), v. n. \\ 1° Ruer au lieu
d'avancer, en parlant des bêtes de monture, quand on les touche de l'éperon, de la boussine, de l'aiguillon. Oza, qui vit qu'un des bœufs avait fait un peu pencher l'arche en regimbant, étendit la main pour la soutenir, saci. Bible, Paralip. i, xin, ». Il Fig. Regimber contre l'éperon, résister inutilement. Il vous est dur de regimber contre l'aiguillon, SAa, Bible, Act.desap6t.xxvi, 4 4. || 2° Fig. Se montrer récalcitrant, résister. Auguste, qui ne s'accommodait pas de louanges ordinaires et qui regimbait comme un cheval chatouilleux contre ceux qui le flattaient grossièrement, i. bruslé, Lucien en beUt humeur, t. i, p. 448, dans pougens. Lorsque vous ne faites que secouer le mors et regimber contre toutes les lois, sans vouloir souffrir ni qu'on vous retienne, ni qu'on vous enseigne, ni qu'on vous conduise, boss. 2* sermon. Purification, 4. Non que tu sois pourtant de ces rudes esprits Qui regimbent toujours, quelque main qui les flatte, boil. àSeignelay, Ép. ix. Platon ne peut s'empêcher de se plaindre que son disciple [Aristote] avait regimbé contre lui, fén. Arist. Le corps contre l'e.'-prit regimbe à tout moment, regnard, Démocr. i, 2. Nous avons quatorze éditions de ce livre [de Henri Estienne, Àpol. pour Hérodote] ; car nous aimons les injures qu'on nous dit en commun, autant que nous regimbons contre celles qui s'adressent à nos personnes en notre propre et privé nom, volt. Ùict. phil. Diodore. Messieurs les critiques, j'en appelle au parterre, adieu; laissez-moi le droit de regimber, mais donnez-moi toujours cent coups d'aiguillon, id. Lett. Thiriot, 4"déc. 4738. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— HIST. XII* s. Estroitement font les chevax tenir, Que il ne puissent regimber ne hennir, Raoul de C. 264. Il XIII* s. Cui ge porré bien asener N'aura talent de regiber, Ren. 7588. || xiv* s. Quant le cheval senti qu'il estoit formenez, Dessouz le chevalier a si fort regibé. Que li chevaliers est à la terre versez, Guescl. 2549. || xv* s. Tu fais que fol et que félon De regiber contre aguillon, Mart. de St Paul. Le suppliant dist à icelle Jehanne que si feroit, ou elle en seroit courrouciée, et ladite Jehanne lui dit qu'elle le feroit si bien courroucier, qu'elle le garderoit bien de regipper, du cange, repedare. Il XVI* s. Il n'est plus temps de regimber, quand on s'est laissé entraver, mont, m, 322.
— ÉTYM. Bourguig. regippai; Berry, regiper, reginguer. Nicot le tire de re, et jambe; mais Diez élève des doutes, à cause de regiber, la nasale d'ordinaire étant intercalée, non supprimée. Le Poitevin a giber, ruer. Reginguer du Berry vient de gigue.
t REGIMBEUR, EUSE. (re-jin-beur, beû-z'), s. m. et f. Celui, celle qui regimbe.
— HIST. XVI* s. Regimbeur, cotgrave.
RÉGIME (ré-ji-m'), i. m. || 1° Action de régir, de
gouverner, de diriger. Oui, créature chérie, homme que Dieu a fait à sa ressemblance, ta devais être spirituel même dans le corps, parce que ce corps que Dieu t'a donné devait être régi par l'esprit.... mais ô changement déplorable! la chair a pris la régime, et l'âme est devenue toute corporelle, boss. 1" sermon. Purifie. 2. || 2° Manière de gouverner, d'administrer un État. Régime despotique. Ils vivaient sous un régime paternel. j| Le régime féodal, l'organisation féodale. || Régime représentatif, gouvernement où les représentants de la nation ont part à la puissance législative. || Le nouveau régime, la nouvelle forme de gouvernement; l'ancien régime, l'ancienne forme. Dans l'histoire de France, ancien régime, le temps avant la révolution de 4 789; nouveau régime, le temps qui la suit. || Par extension. Diodore, qui fut un des derniers [pythagoriciens],
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affecta des noms plus austères, un extérieur plus négligé, des vêtements plus grossiers; il eut des partisans, et l'on distingua dans l'ordre ceux de l'ancien régime et ceux du nouveau, bartuél. Anaeh. ch. 7b. || i° Administration de certains établissements publics et des maisons religieuses. Le régime des prisons, des hôpitaux. Régime pénitentiaire. Il Dans les communautés religieuses, régime annuel, triennal, perpétuel, celui dans lequel les supérieurs sont élus pour un an, pour trois ans, à vie. Il Régime forestier, mode d'administration des forêts de l'État. || Régime sanitaire, ensemble des mesures et des règlements qui ont pour objet de prévenir le développement et d'empêcher la propagation des maladies réputées pestilentielles, notamment de la peste d'Orient, de la fièvre jaune et du choléra-morbus. || 4° Terme de jurisprudence. Régime dotal, celui sous lequel les biens apportés par la femme peuvent être constitués inaliénables parle contrat; régime de la communauté, celui qui régit la société conjugale en communauté de biens. Se marier sous le régime dotal, sous le régime de la communauté. || Régime hypothécaire, rensemble;des lois relatives aux hypothèques. {| 6° Ménagement, tempérament. Il faut laisser la liberté à nos amis de nous servir à leur mode; il me paraît qu'ils [Pompone et Mme de Vins] ont observé beaucoup de régime et de ménagement du côté de la Provence, SÉV. 2 févr. (67«. Il 8' Usage raisonné et méthodique des aliments et de toutes les choses essentielles à la vie, tant dans l'état de santé que dans celui de maladie. C'est une ennuyeuse maladie que de conserver sa santé par un trop grand régime, LA BOCHEFOtic. Prem. pens. 99. Je me ménage pour l'amour de vous ; je ne mange que ce qu'il me faut, que ce qui est bon ; point deux repas égaux ; Mme de Chaulnes et Mme de Kerman sont dans ce régime, sév. à Mme de Grignan, 30 avr. H89. Ainsi sans changer de maxime, Suis exactement le régime Où La Fare et moi t'avons mis; Fais lever matin tes commis ; Pour toi, passe les nuits à table, CHADL. à J. B. Rouss. sur la direction. Us s'appliquaient à les tenir proprement [les malades].... à leur faire garder un régime de sobriété exacte dans leur convalescence, fén. Tél. xvii. Il, faut présentement songer à réparer Les désordres qu'a pu causer la maladie, Vous faire désormais un régime de vie. Prendre de bons bouillons, de sûrs confortatifs, REGNAHD, le Légat, i, 4. Elle serélablit peu à peu, et j'espère qu'elle se conservera par un régime exact, le seul remède auquel j'ai confiance, d'alemb. Lett. ou roi de Pr. 1 7 sept, ^^ei. Il [FontenelleJ a rempli un siècle par sa conduite, et non par un régime superstitieux, peut-être aussi contraire à la nature que des excès, duclos, (Eue. t. ix, p. si 8. Il Par extension. Mon principal régime est la patience et la résignation aux ordres immuables de la nature, VOLT. Lett. Damilaville, a juin t'6i. Quand il s'agit de fêter Jeanne, Mon seul régime est la gaieté, bebang. M. de tante. \\ Fig. M. d'Hacqueville me dit.... qu'il augmenterait plutôt d'une lettre [par semaine] que d'en retrancher une : vous jugez bien que, puisque le régime que je lui avais ordonné ne lui plaît pas, je lâche la bride à toutes ses bontés, et lui laisse la liberté de son écritoire, sév. 226. Il 7° Absolument. Manière de vivre qui consiste dans l'atténuation quant à la nourriture, et dans les précautions quant aux autres influences. User de régime. 11 ne faut seulement que du régime et prendre un petit bouillon de séné tous les mois, sév. 248. La princesse eut grande attention de n'en point boire [du vin de Chiras], disant que sou médecin l'avait mise au régime, volt. Princ. de Babj/i. 4. Si vous aviez vu milord Tirconel et la Métrie, [qui venaient de mourir] , vous seriez bien étonné que ce fût moi qui fusse en vie ; le régime m'a sauvé, iD. Lett. Bagieux, 10 avr. (752. Vous voilà autorisé à le tenir au régime, j. l. rouss. Étn. ii. Il Vivre de régime, s'obeerver sur toute chose, dans la Tue de ne pas déranger sa santé. Mais il [le héron] crut mieux faire d'attendre Qu'il eût un peu plus d'appétit: Il vivait de régime, et mangeait à ses heures, LA FONT. Fabl. VII, 4. Il On dit de même: Il vit d'un grand régime. || Etre au régime, n'user que d'une alimentation réduite. || On dit de même : le médecin l'a mis au régime. || Fig. Être au régime, éprouver des privations. Gourmands, cessez de nous donner La carte de votre dîner ; Tant de gens qui sont au régime Ont droit' de vous en faire un crime, bérang. Gourmands. \\S° Terme de grammaire. Dépendance d'un nom ou d'un pronom par rapport à un autre mot de la même phrase. De tous les substantib, il n'y a que les pronoms seuls qui
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puissent régulièrement précéder le verbe dont ils sont le régime simple, Opusc. long, franc, p. ï53, dans pouGENS. Elle [la particule en] suppose toujours la préposition de ; ainsi, n'étant pas un régime simple, mais un régime composé, elle ne doit point influer sur le participe, nucLOS, (Euv.l. ix, p. 194. Il Régime direct, celui sur lequel tombe directement l'action du verbe. Dans je lis un livre, livre est régime direct. || Régime indirect, celui sur lequel l'action du verbe ne tombe pas directement, c'est-à-dire a besoin d'une préposition, ou d'un cas équivalant à une préposition. Dans je donne un livre à Pierre, Pierre est le régime indirect. 1| Régime simple, celui qui n'est représenté que par un mot ; régime composé, celui qui est représenté par plusieurs mots. Il 9° Manière dont se fait l'écoulement d'une eau courante. Les cours d'eau à régime uniforme. 1 1 10° Terme de botanique. Assemblage de fruits à l'extrémité d'une branche de palmier, de bananier, etc., ainsi dit parce que les fruits y sont .soumis à un régime, à un ordre. Des bananiers, qui donnent toute l'année de longs régimes de fruits, ber. de st-p. Paul et Virg. || Il se dit des fleurs dans le même sens. Ce palmier est monoïque, les fleurs mâles étant sur des régimes séparés de ceux qui portent les fruits, LABiLLARniÈRE, hut. Mém. scienc. t. iv, p. 209.
— SYN. RÉGIME, COMPLÉMENT. Régime Se dit surtout des compléments des verbes et des prépositions. Complément a une signification plus étendue : il se dit non-seulement des verbes et des prépositions, mais aussi de tout ce qui complète un sens. Toutefois la vraie différence, c'est que complément a rapport à l'idée, et régime à la forme grammaticale. Dans nos langues modernes où les noms changent très-peu, on emploie beaucoup plus le mot complémentque celui de régime. Au contraire, en grec et en latin où le verbe actif régit l'accusatif, dans amo Dcum, Deum est le complément d'omo, mais l'accusalif est le régime et non le complément du verbe actif.
— HIST. XV* s. A vous, beaux oncles d'Excestre, je vous laisse seul et pour le tout le régime d'Angleterre, car je sçay bien que moult bien le sçaurez gouverner, j. lefevre de st-rbmy, llist. de Charles YI, p. <63, dans lacuhne. Et au cas que beau frère de Bourgogne voudra entreprendre le régime de ce royaume, je vous conseille que vous lui baillez, MONSTREL. 1, 27B. |{ ivi* S. Le régime qui arreste le beuveur avant l'yvresse, le paillard avant la pelade..., n'est ennemy de nos plaisirs, mont, i, 177. Une diète et régime de vivre trop exquis, AMYOT, Agésil. 66.
— ÉTYM. Lat. regimen, de regere (voyez régir). RÉGIMENT (ré-ji-man), s. m. || 1° Corps de gens
de guerre, composé de plusieurs bataillons ou escadrons, subdivisés eux-mêmes en compagnies, et dont le chef se nomme colonel. Régiment d'infanterie, de cavalerie, d'artillerie, du génie. Il nous a écrit fort joliment de la joie toute naturelle de dire mon régiment ; en vérité cette place est bien agréable à dix-huit ans, sév. 608. N'entehdrai-je donc plus bourdonner d'autre chose [que de la guerre] parmi vous? le monde ne se divise-t-il plus qu'en régiments et en compagnies? la bruy. xii. Chaque matin les régiments partaient en ordre de leurs bivouacs; mais, dès les premiers pas, leurs rangs desserrés s'allongeaient en files lâches et interrompues; les plus faibles, ne pouvant suivre, se laissaient dépasser, sÉGUR, Hist. de Nap. vi, 6. On le vit [Napoléon] s'entourer successivement de chaque régiment comme d'une famille; là, il interpellait A haute voix les officiers, les sous-officiers, les soldats, demandant les plus braves entre tous ces braves ou les plus heureux, et les récompensant aussitôt, lo.t'b.vi, 8. Il Dans l'ancienne armée, régiments royaux ou bleus, ceux qui avaient pour colonels le roi, la reine ou les enfants de France. || Autrefois, les vieux régiments, les six plus anciens régiments de l'armée ; petits vieux, les six régiments suivants; ces douze-là avaient le privilège de ne point changer de nom en changeant de colonel. || 2° Fig. et familièrement. Grand nombre, multitude. Il y a chez lui un régiment de valets. Cette femme a un régiment d'enfants. On disait dans le pays qu'il était sans parents; et voilà qu'il en est arrivé tout à coup un régiment, A. DijvAL, les Héritiers, se. t.
— HIST. XV" s. [Les oncles du roi Charles VI] eurent le régiment du royaume et de ses finances, Hist. de Loys III, duc de Bourbon, p. aoo, dans la- CURNE. Il XVI* S. De quel régiment [genre, secte] estoit ma vie, je ne l'ay apprins qu'aprez qu'elle est exploictée et employée, mont, ii, 294. Il n'en prit pas ainsi à nostre Budé dans nostre France;
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d'autant qu'une infinité de bons esprits se mirent sous son régiment [direction], fasquieb, Rech. ix, p. 866, dans LACURNE. Pour dire un régiment, ils disent un régime; dont il me semble que j'ay parlé d'un régime ordonné de M. Aquaquia ou M. Fernel, grands médecins, bhant. Cap. fr. t. iv, p. 227, dans LACURNE. Ayant rallié un bon régiment d'anges, [Jésus] fit mener les enfants perdus par saint Georges, tout accoutumé à combattre les diables, le lit soutenir par saint Michel.... d'adb. fxnesle, édit. jannkt, p. 269.
— ÊTYM. Provenç. régiment; espagn. regimienlo; ital. reggimento; du latin regimentum, de regere (voy. RÉGIR). Régiment signifie administration, puis chose administrée, puis corps déterminé de troupes. Ce nom fut donné d'abord par Montlucsous le règne de François I*' à plusieurs bandes réunies en un corps dans une armée sous les ordres d'un mestre de camp. C'est de là que le nom passa aux régiments proprement dU«.
KÉGIMENTAIRE (ré-ji-man-tê-r'), adj. Qui est relatif aux régiments. || École régimentaire, école formée auprès des différents corps de l'armée ou dans les corps mêmes, pour développer ou commencer l'instruction des hommes qui appartiennent à ces corps.
t REGINGLETTE (re-jin-glè-f), f. f. Piège pour les petits oiseaux ainsi construit : on prend une longue branche de châtaignier ou autre bois Gexihle, que l'on replie de force sur elle-même, de manière néanmoins à lui laisser tout son ressort; on parce à travers le corps de la branche un trou, par lequel on fait passer l'extrémité repliée, qui porte une planchette placée perpendiculairement; cette planchette est tenue écartée du corps de la branche par une autre planchette horizontale très-mobile, placée en équilibre ; l'appât est mis sur la planchette perpendiculaire; la reginglette est plantée en terre; l'oiseau se pose sur la planchette horizontale pour prendre l'appât, fait trébucher cette planchette ; et la planchette perpendiculaire, n'étant plus retenue, vient frapper l'oisillon qu'elle blesse ou tue. Quand reginglettes et réseaux Attraperont petits oiseaux, la font. Fabl. I, 8. Il Autre espèce de reginglette : piège composé d'une branche fortement courbée et d'une ficelle double qui sous-tend cette manière d'arc; l'oisillon, attiré par l'appât de quelque graine, se pose, pour la becqueter, sur une chevillette qui échappe, la branche se redresse, et la petite bête se trouve arrêtée par la patte. On les prend [les rossignols] aux gluaux.... dans des reginglettes tendues sur la terre nouvellement remuée, buff. Ois. t. IX, p. )B6.
— ÉTYM. Reginglette tient au mot du Berry reginguer, regimber, lequel reginguer vient de gigue, jambe, avec intercalation de la na.sale.
RÉGION (ré-ji-on), t. f. || 1* Grande étendue de pays. Les régions à l'ouest du Mississipi. Vous possédez l'amour de quatre légions Qui vous peuvent donner autant de régions, mairet, Sophon. m, i . On peut se servir de la direction de l'aiguille aimantée pour connaître les régions du monde, et pour savoir par quel rumb de vent on doit naviguer, ROLUN, dans lafaye, Synon. Un illustre exilé, qui dans nos régions Fuit une cour féconde en révolutions, volt. Scythes, i, 6. Le lama et le paco habitent les régions les plus élevées du globe terrestre, et semblent avoir besoin de respirer un air plus vif, buff. dans la faye, Synon. \\ Région botanique , étendue de terrains caractérisés par une végétation particulière ou par la présence d'espèces végétales prédominantes. || Région des bois, région des neiges, se dit, dans les montagnes, des zones occupées par les bois, par les neiges. Les laves du sommet et les collines qui se trouvent audessous dans la région des bois, buff. Addit. Théor. terre, Œuv. t. xui, p. 8t. || %' Espace que présente le ciel. Les régions célestes. Les augures romains divisaient le ciel en quatre régions. || 8° Terme de physique ancienne. Hauteurs, couches différentes de l'atmosphère. || La basse région, celle qui touche la terre immédiatement. || Fig. Le feu que vous avez senti n'est pas un feu de la basse région, boss. Lett. Corn. t26. ||La moyenne région, celle qu'on suppose commencer au-dessus des plus hautes montagnes. Quand elles [les grues] m'eurent approché, elles me prirent pour un des Pygmées avec lesquels vous savez bien qu'elles ont guerre de tout temps, et crurent que je les étais venu épier jusque dans la moyenne région de l'air, voit. Lett. ». On fut choqué [dans les Maximes des saints] de l'élévation et de la recherche des pensées qui faisaient perdre haleine, comme dans l'air trop subtil de la moyenne
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région, ST-siK. 46, n. Il La haute région, ou région supérieure, celle qui s'étend par delà la moyenne. Il Suivant les philosophes anciens, la région ou sphère du feu, la région au-dessus de celle de l'air; la région éthérée ou l'éther, la région supérieure à celle du feu et où se mouvaient les astres. Il 4° En parlant de la philosophie, des sciences, etc. degré, point où l'on s'élève. Se perdre dans la région des hypothèses. Habitez, par l'essor d'un grand et beau génie. Les hautes régions de la philosophie, mol. Fem. sav. i, t. L'éloquence de la chaire a cherché sa victoire dans une région plus élevée [que les anciens], ciiATEAUim. Génie, m, iv, ). || B° Régions élevées, hautes régions, se dit quelquefois, par une autre figure, des hauts rangs, rois, princes, etc. Tel est le procédé de ces sages dans l'administration de l'État et dans la haute région du ministère, BAi,z. De la cour, 5* dise. Dans ces régions élevées où dire la vérité est un crime, la faire goûter au prince un crime plus grand encore; où la faveur justifie le scélérat, et la disgrâce rend coupable l'homme vertueux, barthél. Anach. ch. 3H. Il [le ministre] nous voit si petits de ces hautes régions où la faveur l'emporte, qu'à peine il nous distingue, p. L. COUR. Lettre vin. || Les régions Inférieures, les classes qui sont situées au-dessous des grands. Comme le vice est contagieux, il se répand de là [la cour] dans les régions inférieures des royaumes, FLÉCH. Mar.-Thér. \\ 6° Fig. Il se dit de ce que l'on compare à une région. Le monde est une région malheureuse où la corruption est si générale qu'être corrompu et corrompre les autres, c'est la fonction mutuelle des hommes, flécii. dans planche, Dict. de la langue oratoire, au mot région. || 7° Se dit des différentes parties de la surface visible de la lune. 118" Terme d'anatomie. Nom donné à des étendues circonscrites de la masse du corps ou de la surface des organes. Toute cette basse région [le ventre] qui commence à l'estomac est séparée de la poitrine par une grande membrane musculeuse, Boss. Connaiss. ii, 4. Une plaque noire qui couvre la région de l'oreille [chez un oiseau], bupf. Ois. t. VIII, p. 25. Une douleur avec tension et une extrême chaleur dans la région ombilicale, portal, Inst. Mém. scienc. tsn et <822, t. v, p. 6i. Il 9° Terme de musique. Région du chalumeau, se dit de l'octave basse de la clarinette.
— SYN. RÉGION, PATS, CONTRÉE. Ces mots servent i désigner les divisions de la terre. Pays vient du latin pagus, village : ce qui est autour du village ; «ontrée vient du latin contra, en face : ce qui est en face ; région vient du latin regere, diriger, ce qui est dans une certaine direction. Région par rapport à pays indique quelque chose de plus indéterminé; l'Europe est une région, et non un pays. La France est un pays et non une région. Par rapport à contrée, il y a celte difl'érence que contrée se dit des plus petites étendues (suivez ce ruisseau, la contrée est pittoresque), tandis que région ne peut se prendre ainsi ; d'autre part, région a une idée de compartiment qui n'est pas dans contrée ; on dit la région des neiges éternelles, et non la contrée. Pays et contrée ont cela de commun qu'ils peuvent se dire de petites étendues : une contrée boisée, un pays boisé ; mais, en vertu de leur étymologie, contrée est moins déterminé que pays : la France est un pays, et non pas une contrée.
— HIST. xii's. De Cappadoce [il] tenoit la région, Ronc. p. 76. N'avoit si bêle famé en nule région, Soi. XIV. || xvi* s. En la région de l'os coccyx ou caudae, qu'ils appellent les reins, paré, xviii, 4J. Il divisa toute la mer d'entre les terres en treze régions, amyot, Pomp. H.
— ÊTYM. Provenç. regio, rcio ; espagn. région; ital. regione ; du lat. regionem , proprement direction, puis portion déterminée, du lat. regere (voy. régir).
t RÉGIONAL, ALE (ré-ji-o-nal, na-1'), adj. Qui appartient à une région. Maladies régionales. || Écoles régionales, écoles d'agriculture instituées par décret du 3 octobre 1 848 : « Art 7. La France sera divisée en régions culturales ; dans chaque région il y aura une école régionale. » Cette institution est tombée en désuétude, ou, pour mieux dire, n'a été réalisée qu'imparfaitement, jj Concours régionaux, concours d'agriculture ou d'industrie entre plusieurs départements formant une région.
— ÉTVM. Lat. regionalis, de regto, région.
RÉGIR (ré-jir), v. a. || 1° Diriger le gouvernement, la conduite. Cet évêque a bien régi son diocèse. Les lois qui régissent ce pays. Montrez-lui comme il faut régir une province, corn. Cid, i, 8. Selon vos volontés vous gouvernez la vôtre [pupille] ; Laissez-moi, je vous prie, à mon gré régir
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l'autre, mol. Éc. des mar. i, a. Assez de gens qui n'ont pu gouverner une servante et un valet, se sont mêlés de régir l'univers avec leur plume, volt. Dt'at. xxiv, 6. Un bon pays se rétablit toujours par lui-même, pour peu qu'il soit tolérablement régi, iD. Dict. phil. Economie. Dieu, source unique de toute intelligence, régit l'universel le.s espèces entières avec une puissance infinie, buff. Anim. domestiques. Il Absolument. Le grand art de régir, CORN. Otfton, III, 3. Il a° Servir de règle. L'innocence, la bonne foi, la candeur étaient ses compagnes inséparables [de l'abbesse] ; elles conduisaient ses desseins, elles ménageaient tous ses intérêts, elles régissaient toute sa famille, boss. Toi. de Monterby. Il 8° Administrer, gérer. Régir une succession. Régir les finances de l'Etat. [Du temps de Colbert] les fermes n'étaient point régies pour le compte du roi, VOLT. Pol. et lég. Embell. de Paris. || i' Terme de grammaire. Avoir, exiger pour complément, en parlant d'un verbe ou ^'une préposition ; exiger tel cas d'un nom, tel mode d'un verbe. La préposition latine cum régit l'ablatif. Cette conjonction régit le subjonctif. Régir, c'est obliger un mot à occuper telle ou telle place dans le discours, d'olivet, Ess. gramm. i, <. || B» Se régir, v. réfl. Être régi. Les pays de France qui se régissent par le droit romain,
MONTESQ. Esp. XXVII, I.
— HlST. XVI' s. Que le terme qui va devant. Volontiers regist le suivant, marot, m, 68. L'art du mesnage tient ne sçay quoy de la science politique, qui est de sçavoir bien régir une chose publique, AMYOT, Crass. 3. Malaisé à régir et à manier aux magistrats, id. Pomp. 87. S'ilz eussent voulu régir et gouverner en paix ce qu'ilz avoient conquis.... ID. Pomp. (00. Nos inclinations mesmes, nos discours, nos volontez qu'ils [les astresj régissent, MONT. II, 153. La charge de régir lui appartenant [à l'àme], id. m, 382.
— ÉTYM. Lat. regere, proprement, étendre, dresser (voy. recta), et, de là, diriger (voy. roi).
t RÉGISSANT, ANTE (ré-ji-san, san-t), adj. Terme de grammaire. Qui régit. On distingue les mots en régissants et en régimes; le régissant est celui qui détermine le genre, le nombre, la place ou la préposition qui doit précéder un mot subordonné ; le régime est celui qui ne prend tel genre, tel nombre, telle place ou telle préposition, que parce qu'il est subordonné à un autre, condil. Art d'écr. I, 2.
RÉGISSEUR (ré-ji-seur), s. m. Hl" Celui qui régit, qui est chargé de ré;,'ir, à la charge de rendre compte. Régisseur d'un théâtre. Le régisseur d'un domaine. {| 2° H s'est dit quelquefois du propriétaire lui-même considéré comme administrant. Quel charme de voir de bons et sages régisseurs faire de la culture de leurs terres l'instrument de leurs bienfaits, leurs amusements, leurs plaisirs! J. j. rouss. Hél. v, 7. Il 3" Titre d'employé dans les douanes.
— ÉTYM. Régir.
RÊGISTRATEUR (ré-ji-stra-teur), s. m. Titre d'office de la cour de Rome. Les régistrateurs des bulles et des suppliques sont au nombre de vingt-quatre.
REGISTRE (re-ji-slr'; plusieurs disent re-jî-tr' ; prononciation qui est celle de Chifflet, Gramm. p. 236), s. m. Il 1° Livre où l'on inscrit les actes, les affaires de chaque jour. Les registres du greffe, de l'étal civil. Il [le doyen de la faculté de médecine] garde nos registres, qui sont de plus de cinq cents ans, GUI patin, Lettres, t. ii, p. 3C6. Comment ranger cette chevance? Quels registres, quels soins, quel temps il leur fallut ! la font. Fabl. vu, 6. Le registre qu'on tenait des choses passées servait de règle à la postérité, boss. Hist. m, 5. Ce fut François !"■ qui, en 1539, ordonna que tous les curés tiendraient des registres de baptême et de mort, richelet. Il est plus aisé d'aller chercher dans les registres de baptême si Pierre est fils de Paul, que d'aller prouver ce fait par une longue enquête, MONTESQ. Espr. xxviii, 44. Los Phéniciens, étant de si grands commerçants, cultivèrent nécessairement l'art de l'écriture; ils tinrent des registres, ils eurent des archives, volt. Phil. Déf. mil. Bolingbr. 9. L'Académie française a inscrit dans ses registres la lettre dont vous avez honoré M. d'Alembert à ce sujet [la statue de Voltaire, par Pigal], id. Lett. roi de Pr. 20 août <770. Les Chaldéens paraissent avoir connu la période de dix-huit ans qui ramène les éclipses de lune dans le même ordre, et que la simple inspection de leurs registres devaitpromptement leur donner, cuviEH, Révol.f. 234. || Fig. De tels ministres [instruits des choses passées] sont des registres vivants qui, toujours portés à conserver les antiquités, DS les changent qu'étant forcés par des nécessités
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imprévues et particulières, boss. Polit, x, ii, ï. H y a des esprits, si j'ose le dire, inférieurs et subalternes, qui ne semblent faits que pour être le recueil, le registre ou le magasin de toutes les productions des autres génies, la brut. i. || Kig. Les registies du temps, les annales. Les désastres se succMent et sont à la longue effacés des registres du temps, VOLT. Louis XIV, 34. Il Charger un registre, écrira sur le registre. Décharger un registre, donner une décharge et l'écrire sur le registre. || Faire registre de quelque chose, l'inscrire sur le registre. L'avocat général Lamoignon.... parla de l'honneur que la cour [du parlement] recev»U ce jour-là, et l'on en fit registre, duclos, Œuv. \. v, p. 30i.]| Tenir registre de quelque chose, écrire quelque chose sur un registre. Nous serions tous bien honteux, si nos parents avaient tenu registre de toutes les choses dures, cruelles même, que nous avons dites ou faites, quand nous étions jeunes, dider. Lell. à tille Voland, 1 1 nov. I760. || Fig. Tenir registre de tout, remarquer tout ce qui se passe et s'en souvenir. Comme s'ils [les hommes] avaient une infinité de temps à perdre, il ne leur suffit pas de s'informer de ce que les choses sont en effet; mais ils tiennent aussi registre de toutes les fantaisies que les autres ont eues sur les mêmes choses, nicoi.e, Ess. de mor. 4" traité, ch. 6. Qui pourrait avoir tenu registre de tout ce qui se fit autour de toi ? j. j. houss. Hél. I, 34. De ses faits je tiens registre. C'est un homme sans égal, bérang. Sénateur. || Cet homme est sur mes registres, il est écrit sur mes registres, je me souviendrai du déplaisir qu'il m'a fait. J'étais bien sûr d'être inscrit en encre rouge sur les registres du roi de Prusse [à cause d'un distique qu'il avait mis au bas du portrait du roi], i. J. rouss. Conf. xn. Il II se dit aussi en bonne part. Reçois avec plaisir l'épitre De ton ami ressuscité. Cher Rousseau, qui se sent flatté D'être par toi sur le registre De ceux dont la fidélité A le mieux mérité ce titre, la fare, à Rouss. \\ i° Ancien terme de finance. Registre sexte, registre dit aussi cadastre, dans lequel sont contenus les noms des habitants des paroisses et les sommes imposées par les collecteurs des tailles, le nombre des personnes dans chaque famille et ce qu'ils ont pris de sel au grenier, etc. Il 3° Officiers du registre, se dit, eu cour de Rome, du vice-chancelier du collège des scripteurs des brefs, des douze maîtres du registre et des régistrateurs. || 4° Registres d'orgue, règles de bois que l'organiste tire pour se servir des différents jeux. Il B° Terme de musique. Changement dans l'étendue de la voix d'un chanteur. Les registres de la voix sont des changements qui vont du bas en haut de la voix. || 6° Plaque, ordinairement de tôle, soit ronde, soit en parallélogramme, qu'on pousse, tire ou tourne en différents sens pour activer ou diminuer le tirage d'un fourneau, d'un poêle, d'une cheminée dont ce registre occupe tantôt l'entrée, tantôt le tuyau, afin de donner plus ou moins de passage à l'air, legoahant. Des fourneaux entourés de briques, où l'on a ménagé des registres pour diriger l'air et le porter aux parties qui en ont besoin, BUFF. Jlin. t. Ii, p. 390. 1] Terme de mécanique. Dans certaines machines à vapeur, appareil qui met la chaudière en communication alternative avec le dessous et le dessus du piston. Il 7°Terme d'imprimerie. Correspondance exacte des lignes du recto avec celles du verso d'un feuillet. Il Bon registre, l'exactitude de cette correspondance ; mauvais registre, le défaut de cette correspondance. || Faire son registre, tirer l'une sur l'autre les deux pages d'un feuillet, de manière que les lignes se répondent exactement.
— HlST. XII' s. Doit l'en les vers et les regestes Et les estoires lire as festes, wace, Hou, au commencement. Il XIII' s. Or dist li contes et li registres de sainte Eglise qui le tesmoignent, que.... BRUN. LATiNi, Trésor, p. 88. Il xiv s. Et garde les registres [règlements], bons usaiges et coustumes, DU CANGR, regestum. Cuides tu avoir cinquante sols de ta jument, mesel [lépreux] pourri, et plusieurs autres registres, injures et villenies, id. tb. || xV s. Que sceuist-on qui fu Gawains.... Li roi Artus, et il roi Los, Se ne fuissent li registre Qui euls et leur fes aministre? froiss. Buiss. de jonece. Gracieux et sachant homme, qui avoit hanté la cour, et estoit, au vrai dire, le registre d'honneur, louis XI, Kouv. XXXV. Il XVI' s. Est enjoint à touts hostelliers et autres personnes qui logent gens, tenir registre du jour qu'ils seront arrivés et partis de leurs logis et iceluy registre apporter chacune semaine deux' fois, CONDÉ, Kémoires, p. 606. Toutes appretiations de bleds, vins, bois, et autres choses se doi-
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yent faire sur le registre du rapport [la (mercuriale] qui s'en fait en justice, et selon l'estimation commune de l'année qu'elles estoient dues, lotsel, 089. Ils receurent au nombre des citoyens romains tous ceulx qui se présentèrent pour estre enregistrer es registres publiques, amyot, Flamin. 35. Sa langue esloit comme un instrument de musique à plusieurs jeux et plusieurs registres, m. Anton. 32. Le registre des négoces du mesnage où se logent les menus comptes, payements, marchés qui ne requièrent la main du notaire, mont, i, 257.
— ÊTYM. l'rovenç. registre; <!spagn. et ital. regislro ; portug. registo ; du lat. regesta, regestorutn, ciioses reportées (de regerere, de re, et gerere, porter, voy. oéker), d'où livre où on les reporte.
REGISTRE, ÊE (re-ji-stré, strée, ou re-jî-tré), part possède registrer. Déclaration du roi en faveur du duc du Maine et comte de Toulouse, du 5 mai 1649, registrée le 8 du même mois et an, st-sim. 360, 6.
REGISTRER (re-ji-stré ou re-jl-tré), v. a. Terme de formule qui se dit quelquefois pour enregistrer. Les articles du contrat sont registres dans les gazettes, iiRUEYs, l'Important, iv, 6.
— REM. Ménage : « Regltrer, c'est comme ce mot se dit à Paris; enregltrer est de province. » Aujourd'hui registrer est peu usité et l'on dit enregistrer.
— HIST. xiu* s. Tex [telles] coustumes qui maintenant sont uzées [en usage] sont bonnes et pourfitables à escrire et à registrer, beauman. Prologue. Il XV* s. Afin que honorables emprises et nobles aventures soient notablement registréeset mises en mémoire perpétuelle, froiss. Prologue.
— ÉTYM. Registre; provenç. et espagn. registrar ; ital. reqistrare.
HEGÎTRE s. m. Voy. begistbe.
BEGÎTRER, «. a. Voy. registrer.
t RÉGLAGE (ré-gla-j'), s. m. \\ 1" Action de régler, de faire marcher régulièrement. Le réglage des chronomètres et des montres. || 2" Action de régler le papier.
t RÉGLANT, ANTE (ré-glan, glan-t'), adj. Qui règle Comme elles [ces puissances] ont besoin d'une puissance réglante pour les tempérer, montesq. Esp. XI, 8.
RÈGLE (rè-gl'), s. f.W 1° Instrument long et droit qui sert à tirer des lignes droites. Règle de bois, de cuivre, d'acier. Notre assassin [un médecin] renonce à son art inhumain, Et désormais, la règle et l'équerre à la main. Laissant de Galien la science suspecte, De méchant médecin devient bon architecte, iioiL. Art p. IV. [Une coudée trouvée en Egypte] c'est une règle de bois dur de Méroé, de neuf lignes d'épaisseur, travaillée avec soin, et couverle d'hiéroglyphes, girard, Inst. ttém. scienc. t. ix, p. 603. Il Règle à main, petite règle de vitrier. Il Règle à calcul, règle à coulisse marquée de divisions et de chiffres, à l'aide de laquelle on fait trèsrapidement les calculs. On dit aussi règle logarithmique, parce que les résultats des opérations se trouvent par les logarithmes. || On a fait des règles i calcul de forme circulaire. {| Règles de proportion, règles divisées comme celles <lu compas de proportion. || En astronomie, règle parallactique, instrument servant à déterminer la parallaxe. 11 [Copernic] fit construire un quart de cercle, des règles parallactiques, enfin tous les instruments dont Piolémée avait donné les principes et enseigné la construction, bailly, Ilist. astr. mod. ix, 6t. Il Terme de marine. Règles de marée, planches graduées pour marquer la hauteur de l'eau. 1| 2° f'ig. Ce qui sert à diriger, à conduire, à régir. Vous qui tenez pour règle certaine que toutes les personnes de cette sorte ne peuvent aimer.... voit. Lett. ao. Votre avis est ma règle, et par ce seul moyen Je [Auguste] veux être empereur, ou simple citoyen, CORN. Cinna, ii, t. Il [Alexandre] crut qu'il devait donner ses actions pour règle de la justice, plutôt que de prendre la justice pour règle de ses actions, d'ablancourt, Arrien, iv, 4. Votre goût a servi de règle à mon ouvrage, la font. Fabl. v, ) . Règle : il faut juger de la doctrine par les miracles, il faut juger des miracles par la doctrine; tout est vrai, mais cela ne se contredit pas, pasc. Petts. xxiii, I ter, édit. havet. Les chrétiens ont été astreints à prendre leurs règles hors d'eux-mêmes, et à s'informer de celles que Jésus-Christ a laissées aux anciens pour être transmises aux fidèles, id. ib. xxiv, 41. Je ferai ma règle de vos désirs, sÉv. 48. Le roi, dont le jugement est une règle toujours sûre, a estimé la capacité de Madame, et l'a mise par son estime au-dessus de tous nos éloges, boss. Duchesse d'OrUani. Vous voyez, chrétiens, que, pour trouver k règle des mœurs, il faut tenir le milieu entre les
deux extrémités [la rigueur et le relftchcmcnt], ID. Cornet. On remarque qu'il [Rpaminondas] avait pour règle de ne mentir jamais, même en riant, ID. Ilist. i, 8. Les plus grands saints de l'Église de Dieu et les âmes les plus élevées par leur piété se sont fait et se font tous ou presque tous une règle de communier souvent, bourdal. Dim. oct. du Saint-Sacrem. Dominic. t. ii, p. 327. À prendre la chose dans son principe, Dieu est la règle primitive et essentielle de toutes nos actions, ID. Exhort. sur l'observ. des règles, t. i, p. 202. Dans les choses les moins importantes il ne laissa pas de suivre les grandes règles, pléch. Lamoignon. Mme la Uauphino regardait les observances de l'Eglise, non pas comme des coutumes de bienséance, mais comme des règles et des pratiques de salut, iD. Dauphine. Combien de fausses vertus la reine a-t-e!le redressées par les règles qu'elle prescrivait à la sienne! id. ilar.-TMr. Et vous, à cette loi, votre règle éternelle, Roi, ne jurez-vous pas d'être toujours fidèle? rac. Ath, iv, 3. || Absolument. La justice, leur commune amie, les avait unis [le Tellier et Lamoignon] ; et maintenant ces deux âmes pieuses.... adorent Dieu en qualité de justice et de règle, boss. le Tellier. \\ 3" Régularité. Je lui fais crédit pour sa conduite [du cardinal de Retz, entrant dans la retraite] ....il saura très-bien soutenir la gageure par la règle de sa vie, sév. 28 avr. 1678. Il 4° Bon ordre. 11 n'y a point de règle dans cette maison. La règle rétablie dans ce collège. Vous songez à mettre la règle dans votre maison, SÉV. 61. Toute âme inquiète et ambitieuse est incapable de règle, boss. le Tellier. [Dans un Éiat en décadence] ce qui était maxime, on l'appelle rigueur; ce qui était règle, on l'appelle gêne; ce qui était attention, on l'appelle crainte, montesq. Esp.
III, 3. Dans un Etat libre oà l'on vient d'usurper la souveraineté, on appelle règle tout ce qui peut fonder l'autorité sans bornes d'un seul, et on nomme trouble, dissension, mauvais gouvernement, tout ce qui peut maintenir l'honnête liberté des sujets, m. Rom. (3. Il 5° Exemple, modèle. Il est la règle de tous ceux de son âge. Ce grand saint que les papes ont donné pour règle en cette matière, pasc. Prov. xvm. Votre exemple n'est pas une règle pour moi, RAC. itilhr. I, 3. Le siècle de Louis le Grand ayant été pour nous ce que fut autrefois celui d'Auguste pour les Romains, c'est-à-dire la règle et le modèle du bon goût en tout genre, rollin, Traité des Et.
IV, t . Il faut que la vie d'un grand roi puisse être proposée comme règle à ses successeurs, mass. Petit carême, Grand. d« /. C. || 6° Prescription, ordonnance en vertu de la loi, de la coutume, de l'usage. Les règles de la civilité. Une règle établie par la loi. Les règles de la procédure. Les seules règles universelles sont les lois du pays aux choses ordinaires, et la pluralité aux autres, pasc. Pens. VI, 7. Pour Sanzei, le voilà revenu [du siège de Philipsbourg]; il a été souvent à la tranchée; il ne s'est pas tenu dans les règles des mousquetaires, sév. (3 déc. 1688. L'Espagne sur ce sujet Iles jeûnes] a des coutumes que la France ne suit pas; mais la reine se rangea bientôt à l'obéissance ; l'habitude ne put rien contre la règle, boss. Mar.-Thér. Qu'on ne doit sortir de la règle qu'en suivant un fil qui tienne, pour ainsi dire, à la règle même, id. Letellier. Cette sagesse avancée le fit dispenser des règles ordinaires de l'âge, fléch. Lamoignon. Une libre curiosité; dit saint Augustin sur sa propre expérience, excite bien plus l'esprit dos enfants, qu'une règle et une nécessité imposée parla crainte, FÉN. Éduc. ftUes, 5. Permettez de violer la règle, lorsque la règle est devenue un abus; souffrez l'abus, lorsqu'il rentre dans la règle, montesq. Esp. xxv, 6. Chaque coterie a ses règles, ses jugements, ses principes qui ne sont point admis ailleurs, J. J. Rouss. Ilél. II, (4. ||FamHièremont. C'est la règle, c'est comme cela que l'on se conduit habituellement. Mme Oronte : Elle a peut-être une passion dans le cœur? — Lisette: Oh! madame, c'est la règle : quand une fille a de l'aversion pour un homme qu'on lui destine pour mari, cela suppose toujours qu'elle a de l'inclination pour un autre, Li SAGE, Crispin rival de son maître, 6. || De règle, régulièrement, habituellement. Cela est de règle. Je voyais de règle la duchesse d'Orléans une fois ou deux la semaine, seule ou tout au plus Mme Sforze en tiers, st-sim. 6O6, t7l. Dans un dîner de règle que l'évêque donnait aux chanoines, j. j. houss. Conf. m. Il II est de règle que.... avec le subjonctif, il est conforme à l'usage, à ii bienséance que.... N'est-il pas de règle en tout temps Que les valets disent tout aux soubrettes T imbfrt, Jaloux sans
amour, iv, 4. || Ce procédé est dans les règles, n'es' pas dans los règles, il est ou il n'est pas conforme à tel précepte de morale ou de bienséance, à l'usage reçu. Il Se mettre en règle, établir la balanc* d'un compte. Le change tient à des affaire» commencées, et ne se met en règle qu'après un certain temps, MONTESQ. Etp. XXII, <o. Il Être en règle, sa mettre en règle, être, se mettre au point, dans l'état que la loi, la coutume, l'usage prescrit. Ses créan ciers se sont mis en règle avec lui, ils l'ont fait assigner. Je suis en règle avec lui, je lui ai rendu sa visite. Il On dit dans un sens analogue : Votre affaire est en règle. Des papiers en règle. Vos papiers ne sont pas en règle. || IJn procès en règle, un procèe suivi par-devant les juges. || Une affaire en règle, un combat suivant les règles de la guerre. || Il se dit aussi d'un duel. Ils eurent une affaire en règle, où l'un des deux fut tué. || Familièrement. Un repas on règle, repas où l'ordre du service est exactement observé. |{ Dans la règle, en bonne règle, suivant la loi, l'usage ou la bienséance. Vous [hommes] avez des armes défensives, et dans les bonnes règles vous devez en guerre être habillés de fer, ce qui est sans mentir une jolie parure, la bruy. xii. || Elliptiquement. Règle générale, généralement, dans tous les cas. Il 7" Principes et méthodes qui servent à la pratique ou à l'enseignement des arts, des sciences, de la politiqi'% des jeux, etc. Attaquer une place dans les règles. Les règles du piquet, du billard. Je voudrais bien savoir si la grande règle de toutes les règles n'est pas de plaire, mol. Critique, 7. Il semble, à vous ouïr parler, que ces règles de l'art soient les plus grands mystères du monde ; et cependant ce ne sont que quelques observations aisées que le bon sens a faites sur ce qui peut ôter le plaisir que l'on prend à ces sortes de poëmes, id. tb. C'est un homme qui sait la médecine à fond, comme je sais ma croix de par Dieu, et qui, quand on devrait crever, ne démordrait pas d'un iota des règles des anciens, m. Poure. 1, 8. Il vaut mieux mourir selon les règles que de réchapper ::onlre les règles, ID. Am. méd. 11, 5. Ceux qui jugent d'un ouvrage par règle sont, à l'égard des autres, comme ceux qui ont une montre à l'égard des autres : l'un dit : il y a deux heures; l'autre dit : il n'y a que trois quarts d'heure; je regarde m» montre, et je dis.... pasc. Pens. vu, B. Ce n'est pas que je ne croie qu'il y ait des règles aussi sûres pour plaire que pour démontrer.... mais j'estime.... qu'il est impossible d'y arriver, id. Espr. géom. i. Règles pour les définitions : n'entreprendre de définir aucune des choses tellement connues d'ellesmêmes, qu'on n'ait point de termes plus clairs pour les expliquer, id. ib. Quand je commence, je ne sais point du tout où cela ira.... j'écris tant qu'il plaît à ma plume, c'est elle qui gouverne tout; je crois que cette règle est la bonne, sÉv. 3o juill. t077. Le goût qu'il eut pour la poésie et pour l'éloquence, dont il apprit non-seulement toutes les beautés, mais encore toutes les règles, flF.ch. Duc de Mont. Quelquefois dans sa course un esprit vigoureuXj Trop resserré par l'art, sort des règles prescrites. Et de l'art même apprend à franchir leurs limites, BOIL. Art p. IV. La principale règle est de plaire et de toucher ; toutes les autres ne sont faites que pour parvenir à cette première, rac. Bérin. Préf. Ceux même qui s'y étaient le plus divertis [a la pièce des Plaideurs] eurent peur de n'avoir pas ri dans les règles, et trouvèrent mauvais que je n'eusse pas songé plus sérieusement à les faire rire, m. Plaid, préf. 11 y a peu de règles générales et de mesures certaines pour bien gouverner, la bruy. X. Il serait fort utile d'avoir une balance où l'on pût, pour ainsi dire, peser les règles ; on verrait qu'elles ne méritent pas toutes une égale autorité, FONTEN. Réfl, poét. (Etiv. t. m, p. 129, dans pougens. Il y a des occasions où, pour agir sagement et je dirais presque, régulièrement, il faut s'élever au-dessus des règles, rollin, Ilist. anc. Œuv. t. m, p. 207, dans polgens. Les règles n'apprennent qu'à ceux qui savent déjà, parce que les règles no sont que des observations sur l'usage : ainsi commencez par faire Ifre les exemples des figures avant que d'en donner la définition, dumars. Tropes, m, i I . Quel homme qu'Aristote, qui trace les règles de la tragédie de la même main dont il a donné celles de la dialectique, de la morale, de la politique! VOLT. Dict. phil. Aristote. Les règles du jea sont les seules qui n'admettent ni exception, ni relâchement, ni variété, ni tyrannie, m. ib. contradictions. Ce n'est point à produire des beautés, c'est à faire éviter les fautes, que les gr^inds maîtres ont destiné les règles, d'alemb. Disc. Acad,
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franc. Il me semble que les auteurs dramatiques sont pour les règles comme les Français pour les impôts : ils y obéissent en murmurant, id. Lett. à Yolt. 27 janv. 4762. Peu de règles, beaucoup de réflexions, et encore plus d'usage, c'est la clef de tous les arts, duclos, Œuv. t. ix, p. 30. Ne nous pressons pas de faire des règles générales ; les pucerons et les polypes nous ont appris à nous en défier, BONNET, Consid. corps organ. Œuv. t. vi, p. 07, dans pouGENS. Dans les lettres et dans les arts, les règles sont les leçons de l'expérience, le résultat de l'observation sur ce qui doit produire l'elTet qu'on se propose, marmontei-, Œuv. t. x, p. 25. Les règles défendent, disait Baron, de lever les bras au-dessus de la tête ; mais, si la passion les y porte, ils seront bien : la passion en sait plus que les règles, id. ib. t. vi, p. 328. || Cette tragédie, cette comédie est dans les règles, selon les règles, elle est conforme à toutes les règles du théâtre. C'est le juste sujet d'une trai;édie dans toutes les règles du théâtre, sév. n . || FamiUèrement. Une sottise, une friponnerie dans toutes les règles, une sottise, une friponnerie complète, à laquelle rien ne manque. || Cette pièce nouvelle est tombée dans les règles, est dans les règles, se disait autrefois quand la recette commençait à être au-dessous d'une certaine somme fixée. f| Terme de beaux-arts. La règle, statue de Polyclète que les anciens avaient ainsi nommée à cause de sa perfection. || 8° Opération d'arithmétique. L'addition, la soustraction, la multiplication et la division sont les quatre premières règles de l'arithmétique, dites, par antonomase, les quatre règles. Faire la règle du plus grand commun diviseur. Vous ferez deux règles d'arithmétique, et vous copierez trois pages dans l'Imitation, genlis, Thédl. d'édue. la Lingère, i, 6. Il faut se prémunir, en calcul de finance, contre toutes les idées qui ne sont pas très-simples, parce que la science ne doit pas s'élever plus haut que celle des quatre règles de l'arithmétique, toulongeon, Inslit. Uém. se. mor. et pol. t. iv, p. 415. || Règle de trois, question où, trois termes d'une proportion étant donnés, il faut chercher le quatrième. || Règle de fausse position, règle dans laquelle, ayant à découvrir un ou plusieurs nombres inconnus, on prend faussement, à la place d'un d'entre eux, un nombre connu quelconque, avec lequel on calcule les autres; ce qui en fait connutre les rapports et par suite la valeur véritable. Il y a des problèmes que l'on ne résout commodément que par la règle de fausse position, coRDiEB, Instit. Mém. scienc. t. vu, p. S37. Il 9° Terme de musique. Règle de l'octave, formule d'harmonie pour accompagner toutes les notes d'une gamme, tant en montant qu'en descendant. Il 10° Constitutions selon lesquelles les religieux d'un certain ordre doivent vivre. La règle' de Saint- Basile, de Saint-Augustin. La vénérable mère Françoise de la Châtre, d'heureuse et sainte mémoire, abbesse de Faremoustier, que nous pouvons appeler la restauratrice de la règle de Saint-Benoît, boss. Anne de Conzague. Grâce à la Providence qui veille spécialement sur cette maison, je sais que la règle y est en vigueur et que l'obéissance s'y maintient, BOUBDAL. Exhorl. sur Vobéiss. relig. t. i, p. 272. Qu'elles gardent leurs règles; qu'elles s'éloignent du monde ; qu'elles travaillent de leurs mains, maintenon, Lett. à Urne la Yiefv. 1 4 juin 1707. Kt la règle déjà se remet dans Clairvaux, boil. Lutr. 11. Il On dit de même : Les règles et les statuts de l'ordre du Saint-Esprit. || Ce religieux fait fort bien sa règle, il l'observe exactement. || Abbaye, bénéfice en règle, abbaye, bénéfice que des religieux seuls pouvaient posséder, par opposition à abbaye, bénéfice en commende. || 11° Constellation méridionale. Il 12° iu plur. Menstruation des femmes. Ses règles ont cessé. Benjamin de Tudèle, dans son fameux Voyage, dit qu'on la voit [la femme de Loth] à deux parasanges de Sodome ; saint Irénée dit qu'elle a ses règles tous les mois, volt. Phil. Bible expl. Gen. \\ Proverbes. Il n'y a point de règle sans exception, aucune règle n'est assez générale pour s'appliquer à tous les. cas particuliers. 11 est fâcheux d'être dans l'exception de la règle.... mais néanmoins, comme il est certain qu'il y a des exceptions de la règle, il en faut juger sévèrement, mais justemetit, pasc. Pens. vu, 8. || L'exception confirme la règle, malgré l'exception qu'on est contraint de faire, la règle n'en subsiste pas moins.
— lllST. XII' s. Puis fud ouverte d'or tut à riule • a squarrie féquerre]. Rois, p. 260. || xiii* s. Et por gentillece coiiquerre, Qui moult est honorable en terre, Tuit cil qui la vuelent avoir, Cesle rieule doivent savoir, la Rose, 1 8880. Vez-ci la rigle qu'il en
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'baille; Mais il n'est rigle qui ne faille, ib. 8343.
[Elle] Fuioit les vanités du siècle. Et enseignoit la droite riegle, ruteb. Sainte Elys. p. < 58. Il n'est mie possible que universel règle soit mise ne maintenue en chascune chose partie, BKLN. LKT.Trés. 304. Il XIV" s. Si comme il est en édification de l'isle de Lcsbie là où les tailleurs de pierre ont leur règle de plunt, laquele il transmuent selon la figure de la pierre, oresme, Elh. 167. Pour entretenir la reule des trois tours d'eschevinages, Ordonn. des rois de Fr. t. v, p. <32. Il XV* s. Ainsi que je vous dis.... fut le royaume de P'rance en esmay.... par les défiances [défij qui vinrent du duo de Guéries; car elles furent fellcs et mal courtoises et hors de la rieulle des autres défiances, froiss. ii, m, 70. Il XVI' s. Il faict bon prendre des reigles, mais non s'y asservir, charbon, Sagesse, i, 39. La règle de trois est ainsi appellée, pour ce qu'elle requiert tousjours trois nombres, desquelz les deux premiers sont tousjours constituez en certaine proportion, de LA ROCHE, Arismetique , f° < 9. Mieux vault reigle que rente, cotgbave. Hors reigle et compas, je ne sçay degré ny pas, leroux de lincï, Prov. t. t. ii, p. 305.
— ÉTVM. Norm. mile, raie (Vire) ; wallon, rek, s. f.; provenç. et espagn. régla; portug. regra; ital. regola; du lat. régula, de regere (voy. régir) . Vu l'accent sur re, les formes riule, ruile, rigle, règle, sont toutes régulières.
RÉGLÉ, ÉE (ré-glé, glée) , part, passé de régler. Il 1° Sur quoi on a tiré des lignes avec la règle. Les disciples doivent avoir des cahiers propres et réglés avec du plomb ou du crayon, pumabs. Œuv. 1. 1, p. 223. J'ai décidé que les papiers au timbre de 50 c. et t fr. seraient réglés avant leur émission.... l'administration n'émettant du papier réglé qu'à titre d'essai.... il n'y aura aucune distinction à établi rentre les papiers réglés et les papiers non réglés, Circulaire, diuns le Moniteur, 29 mars 4867, p. 377, 6' col. || Il est réglé comme un papier de musique, se dit de celui qui observe avec une ponctualité scrupuleuse un certain genre dévie. Il 2° Assujetti à certaines règles. Mme de Ludrcs, laisse de bouder sans qu'on y prît garde, a enfin obtenu de son orgueil sibien réglé, de prendreduroideuxmilleécusde pension, sêv. 2 oot. 1680. L'exemple d'une vie si réglée, boss. Cornet. Une hardiesse sage et réglée, qui s'anime à la vue des ennemis, fléch. Turenne. Tandis que ma maison est réglée comme un couvent, et que les pauvres y sont plus soulages qu'en aucun couvent que ce puisse être, VOLT. Lett. Damilaville, s févr. <768. Le bon air, l'exercice, la vie réglée de la campagne, lui avaient été favorables, marmontel, Ue'm. x. Il Qui est, en parlant des personnes, assujetti à une discipline morale ou intellectuelle. C'est un jeune homme réglé dans ses mœurs. Esprit réglé. Son imagination n'est pas réglée. Vous le trouverez pour les mœurs aussi peu réglé que vous l'avez vu, SÉV. (5 juill. 1673. De tous les peuples du monde le plus fier et le plus hardi, mais tout ensemble le plus réglé dans ses conseils, le plus constant dans ses maximes, le plus avisé, le plus laborieux, et enfin le plus patient, a été le peuple romain, boss. Hist. m, 6. || 3° Décidé d'une certaine façon définitive. Les affaires ecclésiastiques prirent une forme réglée, boss. le Tellier. Cette afl'aire fut bientôt réglée, hamilt. Gramm. u. De ce grand sacrifice ainsi l'ordre est réglé, volt. Fanât, iv, 3. ||I1 est réglé que.... avec l'indicatif. Un héros de roman infidèle ! on n'aurait jamais rien vu de pareil ; il est réglé qu'ils doivent tous être constants, mariv. Marianne, S' part. || Il se dit aussi des personnes soumises à certaines règles. Les dames du palais sont réglées à servir par semaine, sÉv. 8 janv. (674. Il 4° Qui est assujetti à un mode uniforme. Les astres suivent une marche réglée. Quoique ce ne soit pas une coiffure réglée, elle l'est pourtant assez pour qu'il n'y en ait poi%t d'autre pour les jours de la plus grande cérémonie, sév. 6 mai I67(. Il [Sésostris] écoutait chaque jour, à certaines heures réglées, tous ceux de ses sujets qui avaient ou des plaintes à lui faire, ou des avis à lui donner, fén. Tél. 11. Il Un pouls réglé, bien réglé, pouls dont les battements sont réguliers, sans excès de force ni de fréquence. Il Un ordinaire réglé, un ordinaire qui est tous les jours le même. || Des bois en coupe réglée, des bois dont on coupe tous les ans une certaine étendue. || Visites réglées, visites qui se font à certains jours et à certaines heures. || Être en commerce réglé, en correspondance réglée avec quelqu'un, avoir par lettre une correspondance régulière avec lui. || Fièvre réglée, fièvre intermittente qui, d'abord irrégulière, a pris des accès réguliers. || 5* Troupes réglées , troupes perma-
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nentes, qu'on distingue ainsi des gardes nationales, des milices. Le prince Edouard disait toujours que , s'il avait eu seulement trois mille hommes de troupes réglées, il se serait rendu maître de toute l'Angleterre, volt. Louis XV, B. Les armées de Sylla, de Pompée et de César de vinrent de véritables troupes réglées qui substitua rent l'esprit du gouvernement militaire à celui du républicain, j, j. rouss. Gouv. de Polog. ch. <2. Il 6' Terme de construction. Appareil réglé, celui dont toutes les assises ont la même hauteur. || On dit semblablement : assises réglées, assises dont tous les rangs de pierres sont d'égale hauteur. Il 7° Qui se fait dans les formes. Le dimanche gras, il y eut grand bal réglé chez le roi, c'est-àdire ouvert par un branle, suivant lequel chacun dansa après, st-sim. 3, 49. Nous voilà, grâce au ciel, en conversation réglée, Marivaux, Jeux de l'am. et du lias. 1. 7. || Dispute réglée, discussion suivie et méthodique. Cette princesse engagea une dispute réglée entre les deux parties [Leibnitz et Newton], volt. JVetct. i, 2. Il Cette affaire est en justice réglée, elle est portée en justice, suivant les formes ordinaires. || 8° Modéré. Un jeu réglé avec des amis est un passe-temps honnête. || 9° Fille réglée, fille dont la menstruation a commencé. 1| Femme bien réglée, mal réglée, femme dont la menstruation est régulière, irrégulière.
— SYN. 1. RÉGLÉ, régulier. Ces deux mots ont le latin régula , règle, pour racine. Réglé, participe du verbe régler, exprime un effet; régulier, simple adjectif, marque une qualité. De là résulte ce qui les sépare. Â la vérité, quand on dit le mouvement réglé ou régulier des astres, ces deux mots se confondent; mais on voit que réglé a une acception moins déterminée. Tout ce qui est soumis à une règle, bonne ou mauvaise, est réglé; mais cela seul est dit régulier, qui est soumis soit à une bonne règle, soit à une règle générale, par exemple, aux lois de la mécanique, aux règles du bien ou du beau, etc. La même nuance se note quand il s'agit de personnes. Un homme régulier est irrépréhensible ; un homme réglé est soumis à des règles; ce qui est difi'érent. Ainsi Bossuet, dans l'exemple cité plus haut, dit que le peuple romain fut réglé, c'està-dire assujetti à la discipline qui résultait de sa nature et de son histoire ; mais on ue pourrait pas dire qu'il fut régulier. || 2. réglé, rangé. L'homme réglé se conduit sagement, en homme qui sait mettre un frein à ses passions. L'homme rangé conduit sagement ses affaires, et dispose avec ordre de ses moments et de ses revenus (lapaye) .
t RÉGLÉE (ré-glée), s. f. Pile de feuilles de carton nettoyées et équarries.
RÈGLEMENT (rè-gle-man), s. m. || l'Action de régler, de déterminer. Le règlement des limites. Amour, petit dieu qui disposes Du règlement de toutes choses, VOIT. Poés. 11, <3. || 2° Action de donner une règle morale, intellectuelle. Ce n'est point de l'espace que je dois chercher ma dignité, mais c'est du règlement de ma pensée, pasc. Pens. I, 6 bis, éd. HAVET. L'on voitassez par le règlement de nos mœurs que, si nous souffrons quelque relâchement dans lesautres, c'est plutôt par condescendance que par dessoin, in. Prou. vi. Le maître a droit d'exiger les services de ses domestiques, mais à condition de pourvoir non-seulement à l'entretien de leur vie , mais au règlement de leurs mœurs, bourdal. Dtm. t. 11, p. 4t, Soins des domestiques. Se prescrire un règlement de vie, Dict. de l'Acad. Il 3° Statut qui règle, qui détermine ce qu'on doit faire. Règlement de police, d'administration publique. C'est le génie des Français de faire de trèsbons règlements, et de les exécuter très-mal, PELLissON, Hist. Acad. iv, Bardin. Il y a un ordre dans notre société, par lequel il est défendu à toutes sortes de libraires d'imprimer aucun ouvrage de nos pères sans l'approbation des théologiens de notre compagnie, et sans la permission de nos supérieurs , c'est un règlement fait par Henri III, le 10 mai (583, PASC. Pror. ix. La justice eut des lois fixes; et des règlements utiles qui deviendront la jurisprudence de tous les règnes, furent publiés, FLÉCH. Lamoignon. Elle [la police] a plutôt des règlements que des lois, montesû. Espr. xxvi, 2i. Comme l'objet des lois civiles est d'assurer les propriétés, et par conséquent d'empêcher les crimes, l'objet des règlements de police est de conserver les mœurs, et par conséquent de les garantir de tout ce qui tend à les corrompre, condill. Hist. anc. Lois, ch. <2. Il Sur le turf, l'ensemble des dispositions qui régissent les courses. || 4« Statuts d'une assemblée délibérante. Observer le règlement. Le
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rappel nu règlement. || B" Ordre des eiercices et des travaux d'un collège, d'une communauté, d'une manufacture, etc. Se conformer au règlement. Exact au règlement. || 6° Terme de procédure. Règlement de juges, arrêt qui détermine devant quels juges un procès sera porté. Oranto plaide depuis dix ans entiers en règlement de juges, pour une affaire juste, capitale, et où il y va de toute sa fortune ; elle saura peut-être dans cinq années quels seront ses juges, et dans quel tribunal elle doit plaider le reste de sa vie, la bruy. xiv. || Dans l'ancienne jurisprudence, arrêts de règlement, dispositions réglementaires qu'arrêtaient les parlements et les conseils supérieurs, pour être publiées comme les lois dans leur ressort et en avoir l'autorité, sous le bon plaisir du roi. || 7" Règlement de compte, approbation définitive d'une dépense par l'autorité compétente. || 8° Action de régler et de réduire des mémoires de travaux. Le mémoire du menuisier montait à tant, le règlement l'a réduit d'un cinquième. Il 9° Terme de commerce. Solde d'une facture en billets.
— li:sT. xvi* s. Le règlement c'est son util [à la vraie vertul, non pas la force, mont, i, 4 77. Les femmes qui n'ont pas leurs reglemens ordinaires, ou qui ne les ont pas suffisamment, paré, xx, 23.
— ÉTYM. Régler.
BËGLÉMENT (ré-glé-man) , ad». || 1-Avec règle, d'une manière réglée. Vivre règlement. Au compas des grandeurs je ne juge le monde.... Pour être dans le ciel je n'estime les dieux. Mais pour s'y maintenir et gouverner de sorte Que ce tout en devoir règlement se comporte, bégnier, Sat. xiv. M. d'Argenson vint à exercer règlement auprès du roi un ministère secret et sans titre, mais qui n'en était que plus flatteur, et n'en avait même que plus d'autorité, fonten. Argenson. \\i° Précisément, de la même manière, dans le même temps. Nous avons oui parler d'un prince qui se retirait règlement toutes les bonnes fêtes dans les maisons religieuses, BALZAC, le Prince, ch. 8. Quelle tristesse de ne pouvoir plus recevoir règlement de vos nouvelles trois fois la semaine! sÉv. I7 avr. 1689. Une de mes premières amies [Mme de Maintenon], qui passe règlement deux heures dans son cabinet [du roi], ID. à Bussy, *i janv. <68i. Dans le» commencements, c'est une fatigue de diable, quand il faut porter règlement trois billets tous les jours, baron, Homme à bonnes fort, i, lo.
— SVN. RÈGLEMENT, RÉGULIÈREMENT. Le premier signifie d'une manière réglée, le second d'une manière régulière. Vivre règlement, c'est suivre un régime dont on ne s'écarte pas; vivre régulièrement, c'est vivre selon la régularité morale. Il y a donc la même nuance qu'entre réglé et régulier (voy. ces mots à réglé); mais, comme règlement n'est plus aussi employé qu'autrefois, régulièrement tend, à tort, à en prendre la place.
— HIST. XV" s. L'eure de son descouchier à matin estoit rigléement comme de six à sept heures, CHRIST. DE piSAN, Ch. Y, I, 16. || XVI' S. Combien ces nations [de l'Amérique], sans magistrat et sans loy, vivent plus légitimement et plus reglécment que les nostres, où il y a plus d'officiers et de loix qu'il n'y a d'aultres hommes et qu'il n'y a d'actions! MONT, u, 222. Sçavoir user des biens regléement et les perdre constamment, id. i, <77.
— ÊTYM. Réglé, et le suffixe ment, proveno. regladament; espagn. regladamente ; ital. regolatamente.
RÉGLEMENTAIRE, (rè-gle-man-tê-r') , adj.
Il 1* Qui concerne le règlement. Lois réglementaires. Il Qui est conforme au règlement. Quantité, qualité réglementaire d'une fourniture. || 2° En mauvaise part, qui multiplie les règlements. Administration réglementaire. Turgot, pour le commerce, l'industrie et l'agriculture, ne pouvait souffrir le régime réglementaire de Colbert, harmontel, Mém. xii.
— REM. On ne voit pas pourquoi l'Académie, écrivant règlement par un accent grave, écrit réglementaire par un accent aigu.
— ÉTYM. Règlement.
I RÉGLEMENTAIREMENT (rè-gle-man-tê-reman), adv. D'une manière réglementaire.
t RÉGLEMENTATION (rè-gle-man-ta-si-on) , s. f. Action de réglementer. [Dans l'église catholique] l'unité, la hiérarchie, la souveraineté non limitée et non discutée, la réglementation universelle, la perpétuité invariable des lois et des formes, en. de RÉMUSAT, Revue des Deux-Mondes, sept. <864, p. 4 38.
RÉGLEMENTER (rc-gle-man-té). || Y. n. 1° Faire beaucoup de règlements; les multiplier à l'excès. Il aime à réglementer. || 2° Y. a. Faire des règlements sur une matière quelconque.
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— REM. t. On ne voit pas pourquoi l'Académie, éciivant règlement avec un accent grave, écrit réglementer avec un accent aigu. || 2. Réglementer, v. a. n'est pas dans le dictionnaire de l'Académie.
RÉGLER (ré-glé. La syllabe ré prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : je règle, excepté au futur et au conditionnel : je réglerai),
V. a. Il 1* Tirer avec la règle dos lignes sur du papier. || Régler les cartons, en couper les bordures avec la ralissoire. || Terme de jardinage. Régler la surface d'une planche qui vient d'être plombée, passer le râteau dessus. || 2° Fig. Diriger suivant certaines règles, soumettre à la règle. J'ai de l'ambition, mais je la sais régler, corn. Pomp. ii, 3. Je verrai les lauriers d'un frère ou d'un mari Fumer encor d'un sang que j'aurai tant chéri ; Pourrai-je entre vous deux régler alors mon âme ? iD. Hor. II, 0. Heureux qui vit chez soi. De régler ses désirs faisant tout son emploi! la font. Fabl. vu, (2. S'ils [Platon et Aristote] ont écrit de politique, c'était comme pour régler un hôpital de fous, pasc. Pens.
VI, 52, éd. HAVET. Si Mme de Montausier sut régler les mouvements de son coeur, elle ne régla pas moins les mouvements de son e.sprit, flécii. SIme de Mont. Quelle discipline peut établir dans un camp celui qui ne sait régler ni son esprit ni sa
conduite ?ID. Turenne un Dieu maître du monde,
Et qui règle à son gré le ciel, la terre et l'onde.... DOiL. Épitre xii. Chacun veut en sagesse ériger sa folie, F,t, se laissant régler à son esprit tortu. De ses propres défauts se fait une vertu, id. Sat. iv. Si je ne vins pas à bout d'éteindre entièrement une passion coupable et malheureuse, j'en réglai du moins si bien les restes qu'ils ne m'ont pas fait faire une seule faute depuis ce temps-là, J. i. rouss. Conf. X. Il Régler sur, conformer à. Sur leurs hauts sentiments réglons plutôt les nôtres, corn. Hor. ni, i . Le ciel règle souvent les effets sur les causes. Et rend aux criminels ce qu'ils ont mérité, m. Pomp. V, 2. Que ne puis-je vous représenter sainte Thérèse réglant son courage, non pas sur des possibilités humaines, mais sur la confiance et la protection divine? pléch. Panég. sainte Thér. M. de Lamoignon ne régla jamais sur la faveur ou sur la disgrâce des personnes le bon ou le mauvais accueil qu'il leur pouvait faire, id. Lamoignon. Ah I sur toi tu veux régler ton père? rac. Plaid, i, 4. Sur Titus et sur moi réglez votre conduite, id. Bérén. v, 7. Ils règlent leurs mœurs sur la loi, mass. Carême, Inconst. Je te recommande, quand nous irons chez elle, de régler tes manières sur les miennes, mariv. Pays. parv. part. 2. |{ On a dit quelquefois dans le même sens : régler à. Que sur cette conduite à son aise l'on glose; Chacun règle la sienne au but qu'il se propose, mol. D. Gare, ii, ) . Vous savez mieux que moi qu'aux volontés des dieux. Seigneur, il faut régler les nôtres, id. Psyché, li, 1. L'épouse que tu prends, sans tache en sa conduite. Aux lois de son devoir règle tous ses désirs, boil. Sat. x. || 3° Servir de règle, avec un nom de chose pour sujet. La raison règle enfin l'ardeur qui les emporte, corn. Cinna, i, 3. Mais la raison n'est pas ce qui règle l'amour, mol. Mis. i, 1. Je sais que la modération et la charité doivent régler les guerres parmi les chrétiens, fléch. Turenne. Les mœurs règlent les opinions, comme les opinions règlent les mœurs, condill. Hist. anc. iv, ) . || 4° Mettre ordre à. Faire aller son ménage, avoir l'œil sur ses gens. Et régler la dépense avec économie, mol. Vemm. sav. ii, 7. Séquestrée du monde, elle s'occupa trois mois entiers à régler sa conscience et ses affaires, boss. Anne de Gons. \\ Régler sa table, son équipage, mettre un certain ordre dans les dépenses de table, d'équipage. || En cet emploi, régler signifie quelquefois retrancher de la dépense, de la table. U [le cardinal de Richelieu] ne fera plus de nouveaux édits que pour régler le luxe et pour rétablir le commerce, voit. Lett. 74. Je ne sais si vous faites bien de croire qu'il n'y ait rien à régler à vos dépenses, sÉv. d Mme de Grignan, 5 janv. 1680. Il 5° Mettre d'accord avec un mouvement, un cours régulier. Dans les beaux siècles des Arabes, les sciences et les arts fleurirent chez les Numides; aujourd'hui ils ne savent pas même régler leur année, volt. Mœurs, 1 66. || Régler une pendule, une montre, faire en sorte qu'elle n'avance ni ne retarde. Il y a soixante ans qu'on leur envoie [aux Turcs] des montres de Genève, et ils n'ont pas su encore en faire : ils ne savent pas même les régler, volt. Lett. au roi de Pr. t" mars t77i. || 11 signifie aussi : la mettre à l'heure du soleil ou d'une horloge. {| 6° Déterminer, décider d'une certaine façon définitive. On régla la préséance. On a
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réglé que les choses se passeraient ainsi. Ce sera une affaire à régler entre votre confesseur et vous, SÉV. 110. Dieu règle tous les événements de notre vie, BOss. Lib. arb. v. Il [Pompée] régla les affaires d'Orient, lo. Bist. ii, s. Vierge, effroi des méchants, appui de mes autels. Qui, la balance en main, règles tous les mortels , boil. Lutr. vi. Hé 1 monsieur, contentez- vous de donner les rangs dans l'autre monde : ne réglez point les récompense» dans celui-ci, rac. t" lettre à l'auteur des imag. Du carnage avec lui je réglai la journée, id. Esth. II, t. De sa suite avec vous qu'elle [Athalie] règle le nombre, id. Ath. v, 2. Auguste, ce maître de l'univers, cet homme qui réglait d'un mot le sort des nations, dider. Cl. et Néron, ii, 75. || Régler un choix sur, le fixer en considération de. Je crois malaisément que tes affections Sur l'éclat d'un beau teint qu'on voit si périssable Règlent d'une moitié le choix invariable, corn. Mél. i, i.|| Régler un différend, le terminer. || Régler des personnes, terminer leur différend. Pompée, que les deux frères [Hyrcan et Aristobule] appelèrent pour les régler, BOSS. llisl. Il, 5. Il Régler un compte, l'arrêter. Il Régler le mémoire d'un entrepreneur, on réduire les différents articles à leur juste valeur. || En termes d'ancienne pratique, régler les parties à écrire et produire, ordonner que les parties écriraient et produiraient dans un certain temps. || Régler de, avec un verbe à l'infinitif. Je ne puis oublier la petite Marie Blanche [fille de Mme de Grignan] ; je crois que vous réglerez de la mettre à Sainte-Marie [un couvent], sÉv. 46 avr. 4076. || 7" Il se dit aussi des chos&s qui sont causes de décision. Car ce n'est point l'amour qui fait l'hymen des rois; Les raisons de l'État règlent toujours leur choix, ID. D. Sanche, iv, 6. L'événement réglera tout; je le souhaite heureux, sSv. 24 nov. 4 673. L'amour ne règle pas le sort d'une princesse, rac. Andr. 111,2. Juges aveugles que nous sommes. Sur le mérite dos grands hommes Le sort règle nos jugements, lamotte. Odes, t. i, p. 4 42, dans pouoen». Il 8° Fixer une somme. On lui régla [au roi Jaoques II] 600 000 francs pour l'entretien de sa maison, outre les présents sans nombre qu'on lui fit, VOLT. Louis XIV, 4 5. Il 9° Régler une chose à..., disposer une chose de telle façon qu'un certain résultat soit atteint. On régla le mécanisme à trente tours de roue par minute. Ces quatre volumes contiennent trente-deux pièces de théâtre; ils sont réglés à huit chacun, corn. Théâtre, préface, édit. de 408Î. Il 10° 'ferme de pratique. Régler de juges, décider devant quels juges' une aflaire sera portée. Un arrêt va nous régler de juges, Dict. de l'Acad. Il 11" Se régler, v. réfl. Être réglé, déterminé. Le douaire se règle au bien qu'on vous apporte, mol. Éc. des femmes, iv, 2. Ses conseils se réglaient plus que jamais par la justice, boss. Louis de Bourb. Il La fièvre se règle, se dit d'une fièvre irrégulière qui prend le caractère d'une fièvre intermittente à accès réguliers. La fièvre de lady Sara, devenue moins forte en se réglant, m"' riccoboni, Jenny, t. ni, p. 38, dans pougens. || 12° Se modérer, êire sage. Ils réglèrent l'Etat et se réglèrent si peu eux-mêmes, et l'hôte tout le premier, qu'il tira sa bourse de sa pochette, et demanda à compter, scarr. Rom. corn, i, 6. [Dans la guerre] il se régla sur une prudente équité , non sur un barbare droit des armes, fléch. Duc de Mont. || Se régler sur quelqu'un, le prendre pour modèle, se conduire d'après son exemple. Sois plus femme que sœur, et, te réglant sur moi. Fais-toi de mon exemple une immuable loi, corn. Hor. iv, 7. Quand sur une personne on prétend se régler. C'est par les beaux côtés qu'il faut lui ressembler, mol. Femm. sav. i, I. Mais sur l'un de ces rois s'il fallait vous régler, rac. Athal. IV, 2. Il tient le milieu en se promenant avec ses égaux; il s'arrête et l'on s'arrête, il continue de marcher et l'on marche, tous se règlent sur lui, LA BnuY. vi. || Se régler sur quelque chose, se conformer à ce qui a déjà été fait en pareil cas. Réglez-vous là-dessus, corn. Rodog. m, 4. Que si leurs sentiments se règlent sur les vôtres, id. Nicom. IV, 3. La réputation de la Grèce excita le» Romains à se régler sur son exemple, boss. Hist. i, 8. Il ne pouvait pas se régler sur un plus parfait modèle, in. ib. m, 3. |{ Au lieu de sur, on a employé la préposition à. Mais moi qui ne me règle aux jugements des hommes, régnier, Sat. xv. || 13° Se réglera, avec un infinitif, s'astreindre régulièrement à. Je me suis réglé à rendre chacun de ses huitains parundixain,coRN. /.ouonjfjde^o Vierge \\ 14° Être réduit à sa juste valeur, en parlant d'un mémoire. Ces mémoires ne se règlent pas sur-le-champ. || Se
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dit d'un payement dont on fixe le mode et les termes. Cela se régla en billets et de mois en mois.
— IIIST. xn* s. Cist forainz habiz fu de chanoine ruilé [régulier], Th. le mart. <B5. ||xi!i' s. Corn chanoine rielé se fussent pris à estre avoquaz en cort laie [laïque], lie. de jost. )02. ||xiv's. Li sires, qui droit règle et ligne, Prent ses vengeances si obscures Maintes fois sur les créatures. Que nulz ne le porroit penser, machaut, p. 98. Et se il régule telles passions par raison, il est à loer, oresme, Eth. 43. Les eschevins de Vervin, selon la loi duquel Vervin la ville de Venderesse se riougle et gouverne, du cangr, regulare.\\xv' s. Et si il estoit mort, si se 'cudroit le royaume de France rieuler et ordonner aussi bien et mieux que par son conseil, FROiss. II, m, 71. Cestuy sage roi volt [voulut] par charité ruiler le cours de son vivre, christ, de pisAN, Charl. F, i, 32. Nul prince nelepassa jamais [le duc de Bourgogne] de désirer nourrir grans gens et les tenir bien reiglez, comm. y, 9. || xvi' s. Ce n'est pas à dire qu'on doyve régler les vestemens à la simplicité du temps ancien, langue, 95. Quatre regimnns d'infanterie, réglez à six cens hommes chacun, m. 262. Il se laissoit aller, ou le poulsoit l'impétuosité de sa nature, sans la régler et guider avec le jugement de la raison, amyot, Thém. m. En son vivre ordinaire il fut homme réglé et bien ordonné, m. Crassus, i . Ladite dame estoit bien réglée de ses mois, PARÉ, v, 18. Nos appétits simples et réglez par la condition de nostre naissance, mont, ii, 287.
— ÉTVM. Provenç. reglar ; espagn. reglar, rcffular; ital. regolare ; du lat. regulare, dénominatif de régula, règle. L'ancienne langue disait ruiler, rieuler; au xiv* siècle, il s'établit une forme calquée sur le iMin, réguler, qui n'a pas duré.
BÉGLET (rè-glè; le t ne se prononce pas et ne se lie pas), s. vi. || 1° Terme d'imprimerie. Nom donné à de petits morceaux de métal de différentes longueurs qui se mettent au-dessus des chapitres d'un livre, ou dans d'autres endroits (on dit aujoui'd'hui plutôt filet). La ligne des mots latins et celle des mots français qui sont dessous, sont enfermées entre deux réglets, afin qu'on ne puisse pas les confondre avec celles qui sont dessus ou dessous, dumars. Œuv. 1. 1, p. 96. Il La V.gne marquée par ce filet. |1 2° Terme d'architecture. Petite moulure plate et étroite qui sépare les parties des panneaux et des compartiments. Il 8" Outil de bois pour dégauchir les planches. || Règle de menuisier.
— HiST. XIV* s. Et ce que est droit comme une ligne ou un reglet, il est droit par tout, oresme, Eth. 478.
— ÊTYM. Règle.
RÉGLETTE (ré-glèf), *. f. Terme d'imprimerie.
Petite règle de bois ou de fonte dont on se sert pour les garnitures.
— ÊTYM. Dimin. de règle.
RÉGLEUR (ré gleur), s. m. Ouvrier qui règle le
papier de musique, les registres, etc. Un régleur expéditif.
— ÉTYM. Régler.
RÉGLISSE (ré-gli-s'), s. f. || 1° Plante légumi-
neuse dont la racine, longue de plusieurs pieds, de la grosseur du doigt, d'un beau jaune à l'intérieur, est employée en médecine (glycyrrhiza glabra, L.). Une plante de réglisse dont la racine était en terre, avec ce mot: Dulce meum terra tegit, BOUHOURS, Entret. d'Arist. et d'Fug. vi. || La racine même de cette plante. Un bâton de réglisse qu'il [l'enfant] peut sucer, mâcher, j. j. rouss. Ém. i. Il 2° Jus de réglisse, suc noir de cette plante, qu'on prépare en Espagne, en Italie et en Calabre, en faisant bouillir plusieurs fois la racine de réglisse, rïiprimant fortement, et faisant évaporer la liqueur dans une chaudière de cuivre. Vous toussez fort, madame. — Oui, je suis au supplice.— Vousplalt-il un morceau de ce jus de réglisse? mol. Tart. iv, B. Il Le bâton de réglisse est aus.si une petite masse de suc noir, préparée en forme de bâton. || 3° Réglisse bâtarde ou sauvage, l'astragalus glycyphyllos, L.
— HIST. xii» S. Et si croissoit li reculisses, Et 11 encens, et moult episses, Arch. des missions scientifiques, t. V, p. (73. Ilxiii- s. Jus de rioolisse ALEBRANT, ^ 28. Il peut Vendre.... poivre, coumin, oanele, regulisse, et cire qui ne soit pas ouvrée, Liv. des met. 32. Et poivre i aet citoual,et recuellisses.... Blancandin, v. 2B90. || xvr s. Une once de reglisse mondée, paré, xv, 69. On leur baille volontiers [aux enfants] un baston de reclisse trempé en bon miel ou, en lieu d'iceluy, un hochet.... id. xviii, 95. La regeulice soit racwe de ses arbres, De .succre ses rochers, de canelle ses bois, rons. 744.
— ÉTYM. Géney. et Berry, arguelisse ; picard, régoliche, ringoliche, ringoliste ; wallon, rekouliss;
provenç. regulecia, regalicia, reguelicia ; esp. et port. regalii :ita\. regoliiia,legorixia;dn\3.t. liquiritia, qui vient du grec ■(Xuxûf ^ii;o, de Y^.uxiç, doux (voy. GLYCosE),et ffîia, racine (voy. rhizome). Les langues romanes ont, dans liguiritia, interverti I et r.
t REGLISSER (SE) (re-gli-sé), v. réfl. Se glisser de nouveau. Êcrivez-moi si vous avez ou! dire que l'esprit de discorde se soit reglissé dans l'armée de M. le duc de Broglie, volt. Lett. Thiriot, ts févr. <760.
— HlST. xvi* s. La Seine, Qui, se jouant quatre fois, se rameine D'un vague ply rotors et reglissant. Et quatre fois se remonstre au passant, rons. 8I6.
t RÉGLOIB (ré-gloir), s. m. Petite règle de cirier. Il Os dont se sert le cordonnier. || Instrument pour régler le papier. || Planche à l'usage des graveurs de musique.
— ÉTYM. Régler.
t RÉGLURE (ré-glu-r'), *. f. Action de régler,
de tracer des lignes avec la règle. La réglure du papier. || Manière dont le papier est réglé. Qu'il ne sera laissé de blanc entre chacun article, que d'une réglure seulement. Arrêt de la Ch. des comptes, 7 juill. t643. Il Atelier où l'on règle le papier.
— HIST. XVI' s. Réglure, cotgrave.
— ÉTYM. Régler.
t REGMATE, mauvaise orthographe pour rheg-