‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 42 sur 754 · MATE · texte numérisé non relu

MATE

RÉGNANT, ANTE (ré-gnan, gnan-t') , adj. \\ 1° Qui règne. La reine régnante. Race [les Capétiens] qui se voit, seule dans tout l'univers, toujours couronnée et toujours régnante, depuis sept cents ans entiers sans interruption, Boss. Polit, vu, vi, 14. J'ai dit la plus exacte vérité sur les choses essentielles [du règne de Louis XIV] ; le roi régnant m'a rendu publiquement cette justice, volt. Lett. TWriot (sans date), 1 768. Il 11 se dit aussi d'un souverain qui n'a pas le titre de roi. L'empereur régnant. Le grand-duc régnant. || Maison, famille régnante, la maison, la familledontle chef règne. Alors ou la licence excessive, ou la patience poussée à l'extrémité menacent terriblement les maisons régnantes, boss. Jietne d'Àngl. La famille régnante changea [lors do l'avènement des Capétiens], et la couronne fut unie à un grand fief, MONTESQ. Esp. XXXI, 32. || Particulièrement. Famille régnante, celle dont les membres ont droit su trône par ordre de naissance. Ce n'est pas pour la famille régnante que l'ordre de succession est établi, mais parcequ'il est de l'intérêt de l'Ëtat qu'il y ait une famille régnante, montesq. Esp. xxvi, te. Il 2" Ville régnante, la capitale d'un État. Combien de fois, dans les calamités qui affligeaient le royaume, une ville régnante [Paris] vit-elle notre saint roi traversant les rues.... mass. Panégyr. saint Louis. La ville régnante [Paris], l'abord de toutes les nations, et qui rassemble le choix comme le rebut de nos provinces, id. Louis le Grand. 113° Fig. En parlant des choses, qui domine. Le goût régnant. L'opinion régnante. C'est de là [les grandes fortunes] que naissent ces péchés régnants, qui ne se contentent pas qu'on les souffre ni même qu'on les excuse, mais qui veulent encore qu'on les applaudisse, BOSs. Sermons, Impénit. 1. 1| Maladie régnante, maladie qui sévit actuellement sur beaucoup de gens. Il Terme de marine. Se dit des vents qui soufflent le plus habituellement dans tel ou tel parage, et du vent qui souffle au moment où l'on parle.

RÈGNE (rè-gn'; au xvt» siècle, on prononçait rêne, d'après Bèze), s. m. || 1° Gouvernement d'un prince souverain, roi, reine, empereur, duc, etc. D'un règne commençant la première action Fait dessus les esprits beaucoup d'impression, koir. Antig. iv, i. J'ai malgré leurs efforts soumis à votre règne Ce que le Tibre lave et que le Gange baigne, id. Bélis. I, 6. Votre nom s'est rendu célèbre jusqu'aux îles les plus reculées, et vous avez été aimé dans votre règne de paix, saci. Bible, Ecdésiastiq. xlvii, 47. Enfin, des légions l'entière obéissance Ayant de votre empire affermi la puissance. On vit Claude ; et le peuple, étonné de son sort. Apprit en même temps votre règne et sa mort, rac. Brit. iv, 2. Un mauvais règne fait quelquefois la calamité de plusieurs siècles, fén. Tél. xxiv. Le règne du feu roi [Louis XIV] a été si long, que la fin en avait fait oublier le commencement, montesq. Lelt. pers. 4 ii . Je crois qu'on ne peut mieux faire dans ce silence de la chronologie, que de recourir à la règle de Newton, qui, ayant composé une année commune des années qu'ont régné les rois des difféRents pays, réduit chaque règne à vingt-deux ans ou environ, volt. Mœurs, 1.112° Avant-règne, règne anticipé. En un chn d'oeil, ce pupille [de M. de Beauvilliers] devient Dauphin, en un autre.... il parvient à une sorte d'avant-règne, st-siu. t. ix, p. ï88, édit. ché-

RUEL. Il 3° Par extension, il se dit de la domination d'un ministre, d'un favori, d'une compagnie. Le» méchants et les impies qui ont leur règne sur la terre, BOSS. Sermons, Septuag. préambule. TremUe, son jour (de Dieu] approche, et ton règne est passé, rac. Esth. m, B. Us [les jésuites] eurent, dans les dernières années de leur trop long règne, le malheur ou la sottise d'attaquer.... d'alehbert. Éloges, Crébillon. \\ 4° Le règne de Dieu, le triomphe de la grâce. Que le règne de Dieu s'accomplisse dans noirs cœur, MASS. Carême, Tiéd. 4. i|Dans le style de l'Ë criture sainte, le règne de Jésus-Christ sur lésâmes. Il eût été inutile à notre Seigneur Jésus-Christ, pour éclater dans son règne de sainteté, de venir en roi, pasc. Pens. xvii, i, éd. havet. || En théologie, le règne de la grâce, le pouvoir de la grâce Le règne du péché, l'empire du péché sur les hommes. Il 5° II se dit de ce que l'on compare à une autorité régnante. Le règne des lois. Aussitôt qu'on cesse pour nous de compter les heures.... sortis des figures qui passent et des ombres qui disparaissent, nous arrivons au règne de la vérité, où nous sommes affranchis de la loi des changements , boss. Duch. d'Orl. Cette tyrannie [de l'amour] qu'on y étale [sur le théâtre].... asservit l'un et l'autre [sexe] au règne des sens, id. Comédie, 6. Un roi dont la vie fut le règne de la religion, fléch. le Tcllier. J'ai vu finir le règne de la raison et du goût; je vais mourir en laissant la France barbare [il s'agit de Shakespeare et des drames], volt. Lett. d'Argenlal , 30 juill. 4776. Le règne de l'amour est passé; que celui de l'amitié commence, i. j. eouss. Hél. vi, 3. Il On dit de même : être en règne (locution qui vieillit). Le pays où les préjugés sont le plus en règne, id. Ém. V. Il 6" Terme d'histoire naturelle. Les grandes divisions qui comprennent tous les corps de la nature. Le règne minéral, le règne végétal, le règne animal; ou bien le règne inorganique (minéraux) et le règne organique (animaux, végétaux). La terre offre à l'homme, dans l'harmonie des trois règnes, un spectacle plein de vie, d'intérêt et de charmes, I. J. ROUss. 7* prom. Le règne animal a aussi ses terres australes, où probablement ce n'est point la mode d'avoir un cerveau, un cœur, un estomac... bonnet, Conlempl. nat. Œuv. t. vni , p. 1 82, dans pouGENS. Théophraste est le premier qui ait parlé du règne végétal en philosophe et en naturaliste, v.iv.bel, Instit. item, scienc. 4 809, p. 546. || 7° La triple couronne du pape, dite aussi trirègne. Je vis mettre le règne sur la tête de Paul V, quand je le vis couronner à Rome, balz. Socrate chrétien, x. || Nom donné aussi aux couronnes qui sont suspendues sur le maître-autel des églises. || 8' Il s'est dit autrefois pour royaume. [Le sultan] Qui, paisible oppresseur de la Grèce abattue. Partage à notre vue La plus belle moitié du règne des Césars, j. b. rouss. Odes, III, 4. Il Particulièrement, le Règne, le royaume de Naples. Autrefois, à la cour, ceux qui italianisaient en français appelaient les coursiers de Naples les chevaux du Règne, balzac, Socrate chrét. x.

— HIST. XI* s. De plusors règnes viendront li hom: estrange, Ch. de Roi. cov. || xii* s. Chascun ira al reigne [pays] où il fu nez, Ronc. p. 3. Teles leis volt [veut] li reis en sun règne establir. Th. le mart. il. || xiii* s. Si a moult grant merveille pourquoi vos estes entrés en sa terre ne en son reigne, viLi.EH. Lxvi. Et se vous en faictes roi, li règnes en pora bien empirier, Chr. de Bains, p. 3. Se tu os el règne terrestre. Je sui el paradis celestre, lien. 6760. Si chantent li uns rotruenges, Li autres notes loherenges, Por ce qu'en set en Lohcreigne [Lorraine] Plus cointes notes qu'en nul règne [royaume], la Rose 756. || xiv" s. Ferry le duc d'Allemaigne, qui, nepveu à l'empereur Henry, voulut avoir le règne et l'empire après son oncle, Chr. de St-Denis, t. i, f. 269,dansLACURNE. || xv s. Esquels conseils estoit première appelée Jeanne la pucele, qui pour ce temps estoit en grand règne, monstrei.. 2, 60. Le roy Charles huytiesme, qui est au règne aujourdhuy [qui règne aujourd'hui], comm. iv, ii.

— ÉTYM. Provenç. règne; espagn. rejno; ital. rcgno; du lat. regnum : reg-num, de regere (voy. régir) , avec le suffixe participial num. L'ancien français avait aussi régné ou regnet, qui venait d'un mot fictif regnatus, formé sur le modèle de principatus.

RÉGNER (réi-gné ; au xvi" siècle, d'après Paisgrave, p. 6 1 , el d'après Bèze, on prononça it rèner. La syllabe reprend un aocentgrave quand la syllabe qui suit est muette : je règne, excepté au futur et au conditionnel : je régnerai), v. n. || 1° Gouverner un État à litre de souverain, de roi, de reine, d'empereur, d'électeur, de prince, de duc. Le moyen qu'ont les rois de se faire bien obéir est de bien régner; et le bien ré-

REG

gner, à mon avis, ne consiste en aucune chose tant qu'en la distribution des cliargos aux personnes de mérite, malh. Lettres, ii, 6. Jamais la piété ne peut accompagner Un cœur préoccupé du dessein de régner, TRISTAN, if. de Chrispe. iv, t. Règne; de crime en crime enfinte voili roi, corn. Borfog. v,4. Car c'est ne régner pas qu'être deux à régner, ID. l'omp. I, 2. On «ent croître en régnant le désir de régner, mairet, Solitn. II, 2. Le plus court chemin pour bien régner est de considérer ce qu'on approuve dans les autres princes, d'ablanc. l'acite, Uxst. i, 5. Il [Jésus] n'a point donné d'invention [il n'a point été inventeur], il n'a point régné ; mais il a été humble, patient, saint, PASC. Pens. xvii, (, éd. havet. Adorez donc, ô grand roi, celui qui vous fait régner, qui vous fait vaincre.... Boss. Mar.-Thér. Si elle eut de la joie de régner sur une grande nation, id. Reine d'AngIct. Charles I", roi d'Angleterre, était juste, modéré, magnanime, très-instruit de ses affaires et des moyens de régner, id. ib. Qu'il règne ce héros, qu'il triomphe toujours; Ou'avec lui soit toujours la paix ou la victoire; Que le cours do ses ans dure autant que le cours De la Seine et de la Loire, bac. Idylle tur la paix. Veut-il [le prince] savoir le grand art de régner? qu'il approche de lui l'honneur et la vertu, qu'il appelle le mérite personnel, montesq. Fsp. XII, î7. On peut régner sur beaucoup d'Etats, et n'être pas un puissant prince, volt. Xœurs, ()9. Il Kig. Saint Louis conserve sa dignité même dans les fers, et règne sur les débris et sur les ruines de sa fortune, fléch. Panég. St Louis. \\ Dans les gouvernements parlementaires, remplir les fonctions de roi , mais sans prétendre diriger le gouvernement, qui appartient aux ministres, expression directe de la volonté du parlement. Le roi règne et ne gouverne pas. || Par extension et en plaisantant. Après avoir reconnu ce principe, comme font la plupart des hommes d'esprit, qu'en ménage la femme règne et gouverne, ch. de Bernard, la Chasse aux amants, § m. || 2° 11 se dit de ceux qui tiennent le pouvoir souverain à un titre quelconque. Si je réduis Pompée à chasser Emilie, Peut-il, Sylla régnant, regarder l'Italie? corn. Sert, i, 3. Il 3" Régner, se dit de Dieu. Celui qui règne dans les cieux, et de qui relèvent tous les empires, boss. Reine d'Ànglet. || 4° Fig. Régner sur, commander à. Madame, je suis reine, et dois régner sur moi, CORN. D. Sanche, i, 2. Si quelque chose les empêche de régner sur nous, ces saintes et salutaires vérités [du christianisme], boss. Duch. d'Orl. Moi, régner ! moi ranger un État sous ma loi. Quand ma faible raison ne règne plus sur moi ! rac. Phèdre, III, I. Il Prévaloir. Il m'adresse pour vous Ces mots où l'amitié règne sur le courroux, corn. Rodog. V, ♦. Posons cette grande entreprise comme un devoir sacré qui doit régner sur tous les autres, j. j. Rouss. Letl. à a— .... 27 sept. 1766. La dignité d'épouse et de mère régnait sur tous ses charmes, id. Hél. v, 2. || S° Il se dit de la domination exercée par une personne puissante, ou par un État. Pendant que ce favori et ses créatures régnaient à la cour. Mais si vous ne régnez [il s'agit des prétentions d'Agrippine], vous vous plaignez toujours, RAC. Brit. iv, 2. Quand Venise aspirait à régner sur les eaux, ducis, Othello, i, 7. || Par extension. Le cygne règne sur les eaux. || 6° Régner dans le cœur , posséder l'affection. Ne souhaite régner dans le cœur de personne; Non plus ne fais régner personne dans le tien, corn. Imit. ii, 8. Mais il [Assuérus] ne put si tôt en bannir la pensée, Vasthi régna longtemps dans son âme offensée, rac. Esth, i, 1. Il [le roi] règne dans tous les cœurs, PÉN. Tél. II. Il II se dit de l'empire de l'amour. Après tant de hauts faits, il m'est bien doux, seigneur. De voir encor mes yeux régner sur votre cœur, CORN. iVicom. 1,4. Mais j'adore Plauline, etje règne en son âme, id. Olh. i, 2. Vos yeux assez longtemps ont régné sur son âme, rac. Andr. m, 4. Il 7° 11 se dit des choses dont on compare l'autorité, la domination à un règne. Tous ses sentiments [du jeune marquis de Grignan] sont tout neufs, toutes ses paroles ont leur force; la vérité règne dans tout ce qu'il dit, sÉv. 4 janv. 4 890. Il ne faut pas permettre à l'homme de se mépriser tout entier, de peur que, croyant avec les impies que notre vie n'est qu'an jeu où règne le hasard, il ne marche sans règle et sans conduite au gré de ses aveugles désirs, BOSS. Duch. d'Orl. Ces lois qu'il [Charles II, d'Angleterre] a protégées, l'ont rétabli presque toutes seules; il règne paisible et glorieux .jur le trône de ses ancêtres, et fait régner avec lui la justice, la sagesse et la clémence, id. Reine d'Anglet. Songeons qu'il [Louis XIV] ne l'établit [ la

RÉG

religion] partout au dehors, que parce qu'il la fait régner au dedans de lui-même et au milieu de son cœur, jn. J/ar.-rft^r. La noblesse de ses expressions [de Louis XIV] vient de celle de ses sentiments; et ses paroles précises sont l'image de la justesse qui règne dans ses pensées, id. «6. La sagesse et l'ordre régnaient partout dans la maison de Marie-Thérèse, FLÉcii. Mar.-Thér. Ici régnent les armes. Nous ne connaissons point les prières, les larmes, volt. Orphel. V, 2. Quand on voit un pipe, un archevêque, un prêtre méditer un tel crime [l'assassinat des Médicis], et choisir pour l'exécution le moment où leur Dieu se montre dans le temple, on ne peut douter de l'athéisme qui régnait alors, id. Mœurs, (06. L'univers, disioz-vous, au mensonge est livré; La calomnie y règne, w.Tancr. iv, 2. Durant tout le temps que la philosophie d'Aristote a régné, c'està-dire pendant plusieurs siècles, d'alemb. Ab. de de la crit. Œuv. t. iv, p. 217, dans pougkns. Il n'y a pas longtemps que les hypothèses régnaient dans l'histoire, parce qu'elles régnaient encore dans la philosophie, condill. Hist. anc. xi, 2. || 8° Exister, se faire remarquer, durer plus ou moins longtemps. L'hiver règne dans ce pays neuf mois de l'année. L'inimitié qui règne entre nos deux partis, corn. Sertor. m, 2. Je suis tellement libertine quand j'écris, que le premier ton i|ue je prends règne tout du long de ma lettre, sév. d Itussy, 20 juill. 1679. La violence et le brigandage régnaient partout dans la ville, BOSS. Ilist. ii, 8. Vous savez.... que la flatterie jusqu'ici n'a pas régné dans les discours q,ie je vous ai faits, fléch. Duc de itontaus. Dans le réduit obscur d'une alcôve enfoncée.... Là, parmi les douceurs d'un tranquille silence. Règne sur le duvet une heureuse indolence, boil. Lutr. i. Un désordre éternel règne dans son esprit, rac. Phèdre, I, 2. Enfin avec des yeuï où régnait la douceur.... ID. Esth. i, I. Les plaisirs commençaient à régner dans la cour, hamilt. Gramm. 5. Après Sévère, on vit régner toutes les horreurs, montesq. Rom. (6. Un silence profond règne au loin dans Pergame : Tout dort, DELILLE, ^n. II. Au Parnasse, la misère Longtemps a régné, dit-on, bérang. Gueux. || Impersonnellement. Cela est bien imaginé et bien ordonné; il règne ici un bon goût et beaucoup d'intelligence, LA BRUY. XVI. Il règne en cet ouvrage un grand art de mettre des idées abstraites dans leur jour, de les lier ensemble, de les fortifier par leur liaison, fonten. Malebr. || 9° Il se dit des maladies qui s'étendent sur beaucoup de personnes. La grippe règne depuis deux mois. On [Hambourg] refusa de les recevoir [des fugitifs d'Altona], parce qu'il régnait dans Altona quelques maladies contagieuses, VOLT. Charles XII, 7. Il régnait de ce côté là, tout le long de la Seine, une fièvre put 'de d'une dangereuse malignité, marmontel, Me'm. ix. || 10° En parlant du vent, être fixé à un certain point. Un vent d'orient qui règne de temps en temps sur ces côtes [du Kamtschalka] en hiver, bcff. Quadrup. t. XI, p. tu. Quelque heureuse que paraisse la position de Mitylène, il y règne des vents qui en rendent le séjour quelquefois insupportable, barthél. Anach. ch. 3. ||11» S'étendre en longueur. Il y a de fortes chaînes de pierres qui régnent jusqu'au comble, vaugel. Q. C. viii, io. Ici s'offre un perron, là règne un corridor, boil. Art p. I. Autour de cet amas de viandes entassées. Régnait un long cordon d'alouettes pressées, iD. Sat. m. X l'égard des montagnes, débarquez au cap de Bonne-Espérance, vous trouverez une chaîne de montagnes qui règne du midi au nord jusqu'au Monomotapa, volt. Dict. phil. Fleuves. La couleur orangée règne autour des yeux et sur les joues [du grand écureuil du Malabar], BVFF.Quadr. t. xiii, p. B2. Qui partageait en deux un grand balcon régnant sur la cour, J. i. novss. Conf. n. C'est une grande galerie voûtée et enrichie intérieurement d'une colonnade qui règne de droite et de gauche, dideb. Salon de (767, Œuv. t. XIV, p. 403, dans pougens.

— HIST. XIV' s. Belle chose leur sembloit, que les leur régnassent à Rome, bercheure, ^ 29, verso. Il XV* s. Le jeune duc de Bourgogne qui regnoit pour le temps, froiss. liv. i, p. 240. Les cardinaux qui pour ce temps regnoient, firent un pape et y nommèrent.... id. liv. u, p. 6i. En celuy temps regnoit [vivait, florissait] une moulte saincte et dévote femme, sœur Collette, o. de la marche, Mém. liv. i, p. 4 16, dans LACURNE. Pour hoirs avoir, pour vivre et pour régner [vivre en honneur], Sages est cilz qui ainsy se marie, e. desch. Poésies mss. 1° 26i. Ceux qui régnent aux grandes seigneuries, comm. i, 7. U dit et conclud à luy mesme qu'il est ainsi malheureux, et que c'est fortune qui luy court sus

VÈO

et qui règne contre luy. Les quina joyes du m»riage, p. 1 4 o, dans lacdrne. || xvi* s. C'est l'art de bien régner qu'il faut apprendre aux princes, desportes. Tombeau de Desportes. Nostre grand et glorieux chef d'œuvre, c'est vivre à propos; toutes aultres choses, régner, thésauriser, bastir, n'en sontqu'appendicules et adminicules, momt. iv, 396.

— ÉTYM. l'rovenç. regnar, renhar; espagn. retnar; ital. regnare ; du lat. tegnore, dénominatif de regnum (voy. bêgnk).

RÉGNICOLE (règh-ni-ko-l"), i. m. || !• Terme de jurisprudence et de chancellerie. Il se dit des habitants naturels d'un royaume, d'un pays, considérés par rapport aux droits dont ils peuvent jouir. En 1682, on permit également aux régnicoles et aux étrangers de faire pendant cinq ans le commerce des Indes sur les vaisseaux de la Compagnie, rat- NAL, Hist. phil. IV, 46. Il II se dit, par extension, des étrangers naturalisés à qui ces mêmes droits sont accordés. Les Guise firent comprendre dans le nombre des cent [chevaliers de l'ordre du St-Esprit] les huit prélats et les chevaliers étrangers non régnicoles, ST-siM. <2l, 77. Il i' Adj. Un habitant régnicole. || Il est rarement employé comme adjectif.

— IIIST. XVI' s. Estrangers et régnicoles, d'aub. Ilist. 1, 108. Un Florentin, nommé Guidotti, regnicole d'Angleterre, cahl. m, 24.

— ÉTYM. Lat. regnicola, de regnum, règne, royaume, et colère, habiter (voy. culture).

REGONFLÉ, ÊE (re-gon-fié, fiée), part, passé de regonfler. Un ballon dégonflé, puis regonflé.

REGONFLEMENT (re-gon-fle-man), s. m. || l" Action de regonfler. Le regonflement d'un ballon. Il 2° Gonflement d'une eau dont le cours est arrêté par quelque obstacle.

— ÉTYM . Regonfler.

REGONFLER (re-gon-flé), V. a. || !• Gonfler de nouveau. Regonfler un ballon. || 2° Il se dit aussi en parlant des parties qui se tuméfient. Il m'envoie promener, c'est-à-dire à Livry, de peur que l'habitude de faire de l'exercice dans cette saison ne me regonfle la rate, d'où viennent mes oppressions, sév. 301. 113° K. n. Devenir de nouveau tuméfié. La goutte le reprit, et les orteils regonflèrent. || 4° S'élever, s'enfler, en parlant des eaux dont le cours est arrêté par quelque obstacle. La rivière regonfla, étant barrée par un éboulement. || 6° Se regonfler, v. réfl. Redevenir tuméfié. La main malade se regonfla.

t REGORGEANT, ANTE (re-gor-jan, jan-f), adj. Qui regorge. J'écris à Jore une longue lettre bien détaillée, bien circonstanciée, bien regorgeante de vérité, VOLT. Lett. Cideville, 30 mai 4 736. Euménides.... Vous connaissez trop bien ces détestables lieux, Ce palais plus rempli de malheurs ou de crimes. Que vos gouffres profonds regorgeants de victimes, id. Oreste, iv, 4.

REGORGE.MENT (re-gor-je-man), 1. m. Action d'un liquide qui regorge. Le regorgement de la Seine par les égoûts. Le regorgement des humeurs. La principale pièce de la vaillance ne dépend point des organes du corps, et n'est pas un simple regorgement de bile, balz. la Gloire. Il en est de même d'un corps dont on presse toutes les parties, hors une seulement; car il s'y fait une enflure par le regorgement des autres, pasc. Équil. des liqueurs, vi.

HIST. XVI* s. Toute la plaine, qui est entre

deux, est noyée des regorgemens du fleuve de Mêlas, AMYOT, Pdlop. 29. Il s'y fait [dans la hernie (Hranglée] un regorgement de la matière fécale, que le malade rejette par la bouche, paré, vi, 4 5.

— ÉTYM. Regorger.

REGORGER (re-gor-jé. Le g prend un e devant a et o ; regorgeant, nous regorgeons), v. n. || 1° Rendre par la gorge. Je suis si plein que je regorge, RÉGNIER, Êp. m. Ils [les enfants] mangeront jusqu'à regorger, j. j. rouss. Ém. 11. || Fig. Faire regorger, obliger de rendre ce qui a été mal acquis. On faisait regorger aux traitants les biens qu'ils avaient acquis dans la maltôte. || Absolument. Il faudra que ce fripon regorge. || 2' En parlant d'un liquide, s'épancher hors de ses limites, comme ce qui revient par la gorge. La rivière barrée regorgeait. Il Par extension, refluer. Leur sang partout regorge, et Jason au milieu Reçoit ce sacrifice en posture d'un dieu, cobn. Tois. d'or, v, a. On verra, sous le nom du plus juste des princes. Un perfide étranger désoler vos provinces. Et dans ce palais même, en proie à son courroux. Le sang de vos sujets regorger jusqu'à vous, rac. Esth. m, 4. Si un fleuve qui se présenterait pour entrer dans un autre fleuve, ou dans la mer, n'était pas assez fort pour en surmonter la résistance, il s'élèverait, ou parce que sa vitesse serait retardée, ou parce qu»

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