PARÉ, XX
— ÊTYM. Diminutif de reine, suivant les uns; suivant les autres, ce qui est plus vraisemblable, de raine, grenouille, à cause que les reinettes sont tachetées comme la peau de la raine; en ce cas l'orthographe rainette serait meilleure.
t REINJCRIER (ré-in-ju-ri-é), v. a. Injurier d» nouveau.
— HIST. xvi* s. Reinjurier, cotgbave.
RÉINSTALLATION (ré-in-sta-la-sion), s. f. Action
de réinstaller.
— ÉTYM. Réinstaller.
RÉINSTALLÉ, ÉE (ré-in-sta-lé, lée), part, passé de réinstaller.
RÉINSTALLER (ré-in-sta-lé), e. o. Installer de nouveau.
t RÉINSCRGER (SE) (ré-in-sur-jé)), v. réfl. S'insurger de nouveau. Le prince de Condé marcherait sur Lyon, qui se réinsurgerait. Papiers saisis à Bareuth, p. 248.
REINTÉ, ÉE (rin-té, tée), adj. Terme de vénerie. Il se dit d'un chien dont les reins sont élevés en arc et larges; signe de force qui le fait préférer Ci ceux qui ont les reins étroits. || On le dit plus rarement de l'homme : Ce porte-faix est bien reinté.
— ÉTYM. Rein i.
RÉINTÉGRANDE (ré-in-té-gran-d") , s.f. Terme de jurisprudence. Action possessoire par laquelle une personne est remise en jouissance d'une chose dont elle avait perdu la possession.
— HIST. XVI* s. Bref de mariage encombré equipolle à une reintegrande, pour remettre les femmes en possession de leurs biens moins que deuement aliénez durant leur mariage, ainsi qu'elles avoient lors de l'aliénation, Coust. g^n^r. t. i,p. <026. Saditle majesté s'est relâchée de la première demande sur la possession et reintegrande audit marquisat de Saluées, Mém. de Bell, et de Sillery, p. boo, dans lacubne.
— ÉTYM. Lat. redintegrandus, devant être reintégré (voy. réintégrer).
RÉINTÉGRATION (ré-in-té-gra-sion), s. f. || 1° Action de rendre de nouveau entier. J'ai vu jusqu'à douze réintégrations successives dans le même ver d'eau douce, bonnet, 2* mém. reprod. salam. Il 2° Terme de jurisprudence. Action de réintég-erj résultat de cette action.
— HIST. XV* s. II faut que chascun s'esvertue de son costé à tirer au collier pour la réintégration du bien publique, al. chaht. (Euv. p. 436. Réintégration de pluseurs qui avoient esté desmis de leurs offices,!, lefevre de st-remy, Hist. de Charles VI, p. 40, dans lacurne.
— ÉTYM. Lat. l'edintegrationem, de redintegrare. RÉINTÉGRÉ, ÉE(re-in-té-gré,grée), part, passé
de réintégrer. Réintégré dans ses bien» dans sea emplois.
RËI
KËINTËGRER (ré-in-té-gré), v. a. Il se conjugue comme intégrer. || l" Rendre entier de nouveau- C'est d'après les nouvelles connaissances qui nous ont été rapportées que je vais tâcher de réintégrer les choses dans la plus exacte vérité, buffon, De l'homme, variétés. \\ i" Terme de jurisprudence. Rétablir quelqu'un dans la possession d'une chose dont on l'avait dépouillé. Un arrêt l'a réintégré dans cette terre. Enfin je fus admis à la communion et réintégré dans mes droits de citoyen, ). J. Rouss. ■Sonfess. vjii. || Faire réintégrer des meubles, les faire ïemettre dans le lieu d'où ils avaient été enlevés. Il On dit qu'un homme a été réintégré en prison, pour dire qu'il a été remis en prison, après en être sorti à caution par un arrêt surpris. || 3° Dans le langage général, rendre un emploi à quelqu'un qui en avait été privé. Apres enquête on l'a réintégré dans ses fonctions. || 4° Terme de mathématique. Intégrer de nouveau. Je veux réintégrer cette quantité pour voir si j'obtiendrai le même résultat que par une première intégration. || B" Se réintégrer, v. réft. Etre réintégré, réparé. Les membres de la salamandre qui [coupés] se réintègrent, avant que de paraître ànos yeux sous leur véritable forme, bonnet, î° mém. reprod. salamandres.
— IiIST. XV' s. 11 recouvra et remist en sa main les diverses parties de sa terre, qui à tort estoient usurpées par ses anciens ennemys , et réintégra sa couronne en oi peu de temps que pensée de homme ne le pourroit croire, le Jouvencel, f. B, dans LACURNB. Un roy doit avoir par escript et savoir les vrayes mectes [limites] de son royaume, et, se il en eschappe aucune chose, le réintégrer et non souffrir que rien s'en aliène, Bibl. des ch. «■ série, t. ii, p. 444. Il XVI" s. De tels delicts appartenant au roy, les gens d'église sont tenus repondre pour la prinse de leur tempoiel; et, quand ils ont respondu, s'ils sont trouvez coulpables, leur temporel est gouverné par la main du roy, jusques à ce qu'ils ayent réintégré ce qui est à réintégrer et payé l'amende, Gr. eoust. de France, i, 3. [Picrochole] espérant estre, à leur venue [des grues], réintégré à son royaulme, RAB. Garg. r, 49. Ils résolurent d'aller donner le bonjour à leurs femmes, et réintégrer les amours conjugales, rentrant en leur ancien ménage, vver, p. 64 9.
— ÉTYM. Provcnç. reintegrar; portug. redintegrar; ital. reir.iiyrare ; du lat. redintegrare, de re ou red, et integrare, dénominatif d'intejer (voy. entier).
t RÉINTERPRÉTBR (ré-in-tèr-pré-té), v. a. Interpréter une seconde fois.
— HIST. XVI* s. Reinterpreter, cotgrave.
t RÉINTERROGER (ré-in-tè-ro-jé), v. a. Interroger de nouveau.
— HlST. XVI* s. Reinterroger, cotgrave.
t RÉINVENTER (ré-in-van-té), v. a. Inventer de nouveau. L'absolutisme politique, dont il [Louis XIV] avait réinventé les maximes les plus offensives, mich. CHEVALIER, Rev. des D.-Mondes, 4867, t. vi, p. 53i. Des procédés de tournage au diamant, qui tous étaient inconnus, jusqu'à ce que l'un de nos constructeurs, M. Hermann, les ait réinventés il y a quelques années, Journ. Offic. 26 juill. 4 869, p. 4 024, 2* COl.
t BÉINVENTION (ré-in-van-sion), s. f. Action de réinventer. Deux recueils de dessins du commencement du xv* siècle.... montrent des appareils de plongeurs qui paraissent très-semblables à ceux de la réinvention moderne, a. demmin, Journal officiel
du 27 février 4869, p. 257, 3* col.
+ RÉINVITER (ré-in-vi-té), v. a. Inviter de nouveau.
— HIST. XVI* s. Reinviter, cotgrave.
REIS (rè-is'), s. m. || l* Titre de plusieurs officiers ou dignitaires de l'empire turc. || Reis-effendi, ministre des affaires étrangères. || i' Patron d'une barque turque.
— ÉTYM. Arabe, rait, chef, de rds, tête, chef.
t RÉITÉRABLE (ré-i-té-ra-bl'), adj. Qui peut être réitéré.
— HIST. XVI* s. Le cas de rançon [pour loyaux aides] est reiterable, les autres non, loysel, g06.
t RÉITÉRATECR, TRICE (ré-i-té-ra-teur, tri-s'), adj. Qui réitère. Le théodolite réitérateur a remplacé le cercle répétiteur pour les angles des triangles.
t RÉITÉRATIF, IVE (ré-i-té-ra-tif, ti-v'), adj. Oui est propre à réitérer.
•- HIST. XVI* s. Il ne trouva bon, sans reiteratif commandement du roy, de mettre lesgalleres entre les mains des impériaux, ii. dd bellay, 4 23. Le pronom mesme, reiteratif de la mesme personne, soit nom ou pronom, ueigret, dans uvet, la Gramm. franc, p. sa.
RÉITÉRATION (ré-i-té-ra-sion ; en vers, de six •yllabes), s- (. || 1» Action de réitérer. Qu'on expli-
REJ
que comme on voudra le consentement passif.... toujours bien certainement ce n'est pas une réitéralion d'un acte qui subsiste de soi, boss. Et. d'orais. 1 , 36. M. le duc d'Orléans ne fit nulle difficulté sur la protestation , ni sur la réitération de sa parole, st-simon,4I8, 29. || J-Actiond'administrer plusieurs fois le même sacrement.
— HIST. xvi° s. Ils disent que c'est seulement application du sacrifice, et non point réitération, CALV. Inst. 4451. Il y eut qui trouvoient cette réitération de mauvaise grâce [refaire un serment solennel], comme ne se perdant la virginité de la foi qu'un coup seulement, u'alb. Hist. m, 4 23.
— ÉTYM. Lat. reiterationem, de reiterare, réitérer. fRÉiTÉRATIVEMENT (ré-i-té-ra-ti-ve-man), adv.
D'une manière réitérative.
RÉITÉRÉ, ÊE (ré-i-té-ré, rée), f>art. passé de réitérer. Des ordres mille fois réitérés sans nécessité, BOURn. Serm. dim. t. Ii, 44 , Soins des dom.
RÉITÉRER (ré-i-té-ré. La syllabe fe prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette ; je réitère; excepté au futur et au conditionnel: je réitérerai), v. a. \\ 1° Faire de nouveau une chose qui a déjà été faite. Dieu leur réitère [à Isaac et à Jacob] les mêmes promesses qu'il avait faites à leur père, et les conduit comme lui en toutes choses, BOSS. Ilist. I, 3. Je vous défends de réitérer vos confessions, sous prétexte d'omission ou d'oubli, id. Leti.Alb. 44. Il Absolument. Il faut réitérer. Et de ce non content Aurait avec le pied réitéré [porté un nouveau coup], rac. Plaid, ii, 4. || 2° Se réitérer, t). réfl. Être réitéré. Il faut savoir distinguer les choses qui se réitèrent comme imparfaites, de celles qui se continuent comme parfaites et nécessaires, BOSS. Expos, de la doctr. cath. 4 6.
— HIST. XIV* s. Et ainsi soit ce réitéré trois fois ou quatre, H. de mondeville, f. 40, verso. \\ xv* s. Aux parlemens qui furent en celle saison à Londres, ot plusieurs consaulx et paroles jetées et réitérées tant pour les Flamands que pour le pays de Portingal, froiss. II, m, 4». ||xvi* s. Je vous réitère ce que je vous escripvoys par mon susdit paquet, rab. h:p. 4 0. Le roi de la Mexique changeoit quatre fois par jour d'accoustrements, jamais ne les reiteroit, mont, i, 262. Quand cette preuve [des causes d'un effet] auroit esté parfaicte, combien de fois feut elle réitérée? m. m, ï30.
— ÉTYM. Lat. reiterare, de re, et ilerare, renouveler (voy. itératif).
REÎTRE ou RÊTRE (rê-tr'), s. m. || 1* Anciennement, cavalier allemand. Les reîtres ont souvent figuré dans nos guerres de religion. C'était [Rosen] un Allemand rusé et fort délié sous une affectation de grossièreté et une manière du relire, st-sim. 408, 145. Il 2° Fig. et familièrement, en mauvaise part ou par plaisanterie, un reître, un homme que l'on compare à un soudard. Vraiment le reître avait trouvé son homme, scarr. Poésies, div. Œuv. t. vu, p. 70, dans pougens. D'Aquin était grand courtisan, mais reître, avare, avide, st-sim. i4, 4B5. Il Un vieux reître, un homme qui a vu beaucoup de pays, qui a de l'expérience, de l'astuce. Que sait-on hélas 1 le vieux rêtre, Très-choyé, très-soigneux des restes de son être. Hélas ! enterrera peutêtre Celui pour qui nous demandons, gresset. Requête au roi. || Vieux reître se dit aussi d'un homme âgé qui court après les femmes. De quoi s'avise ce vieux reître, de devenir amoureux à soixante et quatorze ans ? hauteroche, Crisp. médic. i, lo.
— HIST. xvi* s. Où les reitres ont passé, on n'y doibt point de dismes, leroux de lincy, Prov. t. n, p. 92. X ceste bataille le comte Vulfenfort avoit amené à l'empereur deux mille pistoliers qu'on appeloit reistres, et s'estoit vanté ledit comte et promis à l'empereur, qu'avec ses gens il passeroit pardessus le ventre à toute la gendarmerie et cavalerie de France, brant. Cap. fr. t. m, p. 38, dans LACORNE. Et deffenses sont faites auxdits président et élus d'entrer en la dite chambre avec chapeaux reistres et autres habits indecens, Itègl. du 7 août 1582. Au sieur de Saint- Martin, capitaine des gardes du roy, 4B5 livres tournois pour un reitre [manteau] que le roy lui a donné en recompense d'un autre qu'il avoit baillfc à S. M., Notes extraites des comptes de Jeanne d'Albret et de ses enfants, 4 558- 4608, dans Revue d'Aquitaine, mai 4867, p. 646.
— ÉTYM. AU. Reiter, cavalier, de reiten, chevaucher.
t RÉJACULATION (ré-ja-ku-la-sion) , s. ^.Action de rejeter, buff. Quadrup. t. vu, p. 239.
— ÉTYM. Re.... et éjaculation.
REJAILLIR (re-ja-Uir, Il mouillées, et non re-jayir), V. n. Il se conjugue comme jaillir. || 1° Jaillir
REJ
en sens inverse, rebondir. De sorte que le plus faibl» doit rejaillir avec un mouvement égal à la quantité du choc, ou continuer son mouvement avec une augmentation égale aussi à la quantité du choc, MALEBR. Rech. vér. lois des mouv. part. 4 . Ils se choquèrent rudement, et de ce coup ils rejaillirent chacun de leur côté, montesq. Lett, pers. 4 28. Le mouvement d'une balle de paume qui, après avoir touché le mur vers lequel on la lance, rejaillit vers celui qui l'a lancée, brisson. Traité de phys. t. i, p. 73. Il 11 se dit de la lumière. Une lumière qui tombe sur un miroir et qui en rejaillit en formant un angle de réflexion égal à celui d'incidence, bufp. Ilist. min. introd. part. exp. Œuv. t. vu, p. 317. Il Fig. Elles nous accablèrent d'abord de traits plaisants et fins, qui, tombant toujours sans rejaillir, épuisèrent bientôt leur carquois, j. i. rouss. Ilél. II, 21. Il 2° En parlant des liquides, il ne signifie souvent rien de plus que jaillir. Leursanga rejailli sur ma robe, et tous mes vêtements en sont tachés, SACi, Bitie,7sai'e,Lxiii, 3. De mille coups mortels son audace est punie, Son infidèle sang rejaillit sur Junie, RAC. Brit. v, 8. Ceux qui, sous le même règne [de Charles VI], firent rejaillir sur le Dauphin la sang de deux maréchaux de France, et qui massacrèrent dans les rues de Paris trois mille cinq cents gentilshommes, volt. Philos. Disc, de Bellegier. Il 3° Fig. H se dit du bien, du mal, de l'honneur, du déshonneur qui s'étend de quelque chose à quelqu'un ou à quelque chose. Tu veux à ce héros rendre un devoir suprême ; L'honneur que tu lui rends rejaillit sur toi-même, corn. Pomp. v, 4. D'où il s'ensuit que la malice n'en doit pas être seulement attribuée au médisant, mais qu'elle doit rejaillir sur tous ceux qui contribuent à la médisance, BOURDAL. Exhort. Faux témoignages rendus contre J. C. t. II, p. 28. Et pourquoi me cacher? et par quelle injustice Faut-il que sur mon front sa honte [d'Hélène] rejaillisse? rac. Iphig. m, 2. Le siècle fut plus grand que Louis XIV; mais la gloire en rejaillit sur lui, volt. Dict. phil. Arts. L'humeur que lui donnait sa situation [censeur] rejaillissait sur les ouvrages qui avaient le malheur de tomber entre ses mains , d'alemb. Éloges, Crébillon. La bassesse d'un secrétaire rejaillit sur son maître, genlis, Thédt. d'édue. le Magistrat, i, ( . Quelques-uns [des vainqueurs dans les jeux] font rejaillir les distinctions qu'ils reçoivent sur les chevaux qui les leur ont procurées; ils leur ménagent une vieillesse heureuse; ils leur accordent une sépulture honorable.... barthél. Anach. ch. 38. Nos fautes rejailliront sur nos fils; nous sommes tous solidaires, chateaubr.
Génie, i, i, s. || 4° Fig. Résulter Ou plutôt sans
pâlir Considérez l'henneur qui doit en rejaillir, RAC. Iphig. I, 6. Il II se conjugue avec le verbe oi-oi'r.
— HIST. XVI* s. Le dos en geroissoit, Etsansplaye l'espée en haut rejaillissoit, bons. 843. Ce qu'on void journellement au cours des fontaines qui rejaillissent en haut, 0. de SERRES, 771. Une ame forte et solide, contre laquelle les traicts de la fortune venants à donner, il est force qu'ils rejaillissent et s'esmoussent, mont, i, 388. Cette piperie rejaillit sur celui qui la faict, id. m, 285.
— ÉTYM. Be..., et jaillir.
f REJAILLISSANT, ANTE (re-ja-lli-san, san-f. Il mouillées), adj. Qui rejaillit. [Des eaux] De cascade en cascade au loin rejaillissantes, delille, Jard. III. Les flots rejaillissants arrivent jusqu'à moi, id. Passage du St-Gothard.
REJAILLISSEMENT (re-ja-lli-se-man , 12 mouillées, et non re-ja-yi-se-man), s. m. Action, mouvement de ce qui rejaillit. Le rejaillissement de l'eau. Il Fig. Que cet extérieur ne soit qu'une image et un rejaillissement de son cœur, nicole. Essais, t. v, p. 275, dans pougens. L'excellence de la beauté appartient à l'homme [par-dessus les autres animaux], et c'est comme un admirable rejaillissement de l'image de Dieu sur sa face, boss. hlévat. sur myst. IV, 40. Je n'appelle pas majesté cette pompe qui environne les rois, ou cet éclat extérieur qui éblouit le vulgaire; c'est le rejaillissement de la majesté, et non pas la majesté elle-même, id. Polit, v, iv, l.
— HIST. XV* s. Toute la campagne brilloit du rejallissement que fesoit sur elle la lueur de tant de casques, Mém. s. du G. 4 0. || xvi* s. Tant que le renflement dure, au conduit de la fontaine n'y ait.... ouverture par où, escheant faire renfler l'eau, pour le rejaillissement, de nécessité convient que l'eau ne puisse respirer, o. de serres, 774,
— ÉTYM. Rejaillir.
t REJARGONNER (re-jar-go-né), e. a. Jargonner de nouveau.
REJ
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— HIST. XVI' S. Le gresillon aux prés rejargonnoit, I. TAHUBEAD, Poésics, p. 251, dans lacurne.
f REJASER (re-ja-zé), V. n. Jaser de nouveau.
— HIST. XVI* s. Rejaser, cotohave.
fREJADGER (re-jô-jé),«. o. Jauger de nouveau.
— HIST. XVI* s. Rejauger, coTonAVE.
t REJAUMR (re-j6-nir), v. a. Rendre jaune de nouveau. |{ V. n. Redevenir jaune.
— HIST. XVI* s. Rejaiilnir, cotohave.
tRÉJECTIOÎJ (ré-jè-ksion), s. f. Action de rejeter
hors de soi. Les chenilles doivent rejeter la membrane fine.... cette réjection.... bonnet, Obs. 5* insectes. \\ Fig. Cette réjection des sacrements, bayle, art. Pellisson, note j. Sa communion [d'une Église] n'est que la réjection des autres hommes, volt. PhiL Homélies, 5. Par l'exemple de la réjection [le pouvoir ayant écarté un député qui déplaisait], la planche est faite, et désormais on n'admettra plus dans la chambre des communes que des sujets qui conviennent à la cour, j. i. rouss. Pologne, 7.
— HIST. XVI* s. I^ réjection des Juifs estoit une juste punition de leur infidélité et ingratitude, calv. Instit. 438. Bien peser ces raisons, et s'y arrester sans mespris ni réjection, carl. iv, 5.
— ÉTYM. Lat. rejectionem , de re/ecium, supin de rejicere (voy. rejeter).
REJET (re-jè ; le É ne se prononce pas et ne se lie pas; au pluriel, l's se lie : des re-jè-z heureux; rejets rime avec paix, succès, faits, etc.), s. m. ||i° Action de rejeter; état de ce qui est rejeté. Il En termes de travaux des champs , la terre rejetée de côté quand on creuse un fossé. || Terme d'exploitation. Position de couches dont une faille a dérangé le plan de stratification, de manière qu'une partie de la formation est plus élevée d'un côté de la faille que de l'autre. || 2* Seconde immersion qu'on fait subir aux laines teintes en bleu. Il 3° Terme de fontainier. Petit bout de tuyau en plomb que l'on soude sur un corps de pompe, et par où s'échappe l'eau qui est aspirée. || 4* Se dit quelquefois d'un essaim d'abeilles, de jeunes abeilles qui sortent de la ruche. || 5" Terme de chasse. Se dit de petites baguettes pliantes avec lesquelles on fait des pièges qui portent le même nom. On la prend [la bécassine] plus aisément avec un rejet semblable à celui qu'on place dans les sentiers des bois pour prendre la bécasse, buff. Ois. t. XIV, p. 258. Il 6* Terme de métrique. Mots que l'on rejette au vers suivant. Un rejet heureux. Il 7° Terme de finance. Renvoi d'une partie d'un compte sur un autre chapitre. || Dans l'ancienne administration, faire le rejet d'une taxe sur une paroisse, réimposer la paroisse pour atteindre un chiffre voulu de contribution. || 8* Fig. Action de rebuter, de ne pas admettre. Le rejet de vos propositions. Le rejet d'une loi, d'un pourvoi. || 9" Nouvelle pousse d'une plante, d'un arbre, c'est-à-dire cela qui est rejeté, ou jeté hors. Cette reconnoissance de chacune vente vous fera découvrir encore les surmesures et tous les abus qui ont été commis en l'exploitation, qui souvent ont ruiné les ventes et en ont empêché le rejet, Lett. etc. de Colbert, iv, <86.0n voyait encore dans un champ anciennement moissonné quelques rejets de maïs, chateaub. Nalch. 2* part. || 10° Rejeton. Les rejets d'un arbre.
— HIST. XVI* s. Le fossé appartient à celui sur lequel est le rejet ; car qui douve a, si a fossé, LOYSEL, 28i>. Un fol amant à maints maulx est sujet ; Après un ris on fait de lui rejet; S'il est joieus avant qu'il soit une heure. Il est dolent, et si lamente et pleure, Les triomphes de la noble dame, f* 267, dans LACURNE. Si tu permets. César, repulluler de moy Un si meschant reject, chacun dira de toi.... DUBELL. III, 73, recto. Haies vifves de grenadiers, coudriers, coigners, et semblables plantes de rejet, 0. DR SERRES, 4 49. Nul ne peut mener bestes aumailles, chevalines, chievre, ou autre, qui peuvent porter dommages au reject es bois taillis, jusqu'à ce qu'ils soient defensables, Coust. gén. t. i, p. 2to.
— ÉTYM. fle..., et iet; provenç. reget, ruade.
REJETABLE (re-j^î-ta-bl'), adj. Qui doit être rejeté. Quand il n'y aurait rien en une bulle qui la rendu rejetable par elle-même, pasc. Prov. xix,
— HIST. xvi* s. Conoissans bien que ce qu'ils rejettent n'est pas rejettable, langue, 71. Un fait contre nature est toujours rejetable, Uyst. du siège d'Orléans, Append. p. 795. Là où il y a deux tesmoings, le tesmognage n'est rejectable, bonivard, Chr. de Oenève, i, (4.
— ÉTYM. Rejeter.
REJETÉ, ÉE (re-je-té, tée) , part, pussrf de rejeter. Il 1* Jeté de nouveau ; repoussé, renvoyé. Balle jetée et rejetée. || Fig. Cependant, son nom [de Napo-
léon] sur la cité Bondissait, des canons aux clochers rejeté, v. hugo, F. d'aut. 30. || 2" Jeté hors. Les matières rejetées par les volcans, buff. 4* ép. nat. Œwi. t. xii, p. 203. Il Fig. Un simple fidèle, qui vit dans la tiédeur, n'est pas propre au royaume de Dieu, et est rejeté de sa bouche comme une boisson tiède et dégoûtante, mass. Confér.Zèle contre les scand. Il 3° Qu'on ne veut pas recevoir, ô poids des grâces rejetées, poids des bienfaits méprisés, boss. Ferveur de la pénit. ii. Il y a dans les meilleurs conseils de quoi déplaire ; ils viennent d'ailleurs que de notre esprit ; c'est assez pour être rejetcs d'abord par présomption et par humeur, la bruï. xii. L'autorité a cessé d'avoir plus de poids que la raison ; ce qui était reçu sans contradiction, parce qu'il l'était depuis longtemps, est présentement examiné et souvent rejeté, fonten. Préf. Acad. des sciences, Œuv. t. X, p. 2, dans pougens. |i II se dit des personnes en un sens analogue. Il [Jonas] se consolait en criant : Seigneur, quoique rejeté de devant vos yeux, je reverrai votre saint temple, boss. 2* instr. past. 74. Il se croit quelque enfant rejeté par sa mère, À qui j'ai par pitié daigné servir de père, RAC. Ath. I, 2. Ses prêtres [d'Israël] sont captifs, ses rois sont rejetés, m. ib. m, 7.
•)■ REJÉTEAU (re-jè-tô), s. m. Moulure à la partie inférieure du bois d'une fenêtre, pour empêcher les eaux pluviales de pénétrer dans la chambre.
— ÉTYM. Rejeter, et eau, pour rejette-eau.
REJETER (re-je-té. Le t se double quand la syllabe qui suit est muette : je rejette, je rejetterai), V. a. Il 1° Jeter de nouveau. Rejetez-moi ce livre que vous m'avez déjîi jeté. || Rejeter les yeux sur, porter de nouveau les regards sur. Bonsoir, encore une fois; si je rejette les yeux sur votre lettre, adieu le reste de la nuit, nmER. Lett. à Falconet, mars 1766. || 2° Repousser, renvoyer. Rejeter une balle. On lui jeta force dards qu'il rejetait tous contre les ennemis, vaugel. Q. C. vi, i. Marchons, et dans son sein rejetons cette guerre Que sa fureur [de Rome] envoie aux deux bouts de la terre, rac. Mithr. m, <. || 3° Jeter un objet dans l'endroit d'où on l'avait tiré. Il rejeta le poisson dans l'eau. Et des enfants du nord la horde ensanglantée Aux fers dont je sortais m'a soudain rejetée, volt. Orphel. v, I. Il 4° Jeter dehors, faire sortir hors de soi. La mer rejette sur les rivages une infinité de choses qu'elle apporte de loin, et qu'on ne trouve jamais qu'après les grandes tempêtes, buff. Hist. nat. preuv. théor. terre, Œuv. t. ii, p. <94. Je savais que les chenilles doivent rejeter la membrane fine et transparente qui revêt intérieurement le canal intestinal, et que cette réjection était un des préliminairesnécessairesàla transformation en chrysalide, bonnet, Observ. 5* insectes. Quand, muet d'épouvante et tremblant de colère. Il [Néron] apprit que ces flots, instrument du forfait. Se soulevant d'horreur, lui rejetaient sa mère, c. delav. Messéniennes, m, 4, la StbyiJe. || Rejeter du pus, et, absolument, rejeter, se dit d'une plaie qui suppure de nouveau. La plaie, qui avait semblé se fermer, rejette. || 11 se dit aussi de ce que la bouche, l'estomac jette hors de soi. Ce malade rejette tout ce qu'il prend. Les arêtes et les écailles des poissons se roulent dans leur estomac [des oiseaux pêcheurs], et ils les rejettent par le bec, buff. Ois. t. II, p. 61. La première fois qu'un sauvage boit du vin, il fait la grimace et le rejette, s. s. ROUss. Ém. II. Il Fig. Tout ce qu'on dit de trop est fade et rebutant; L'esprit rassasié le rejette à l'instant, boil. Art p. 1. 1| 5° En parlant des arbres, produire des pousses, repousser. Cet arbre a rejeté beaucoup de branches. || Absolument. Cet arbre rejette par le pied. ||6" Reporter ailleurs une chose qu'on a ôtée d'un endroit. Les ouvriers rejetèrent la terre du fossé dans le champ voisin. Le poète a rejeté ce mot d'un vers sur l'autre, pour produire un effet déterminé. Hernandez donne des espèces comme étant du genre canard, dont nous ne pouvons que rejeter ici en notes les noms mexicains, buff. Ois. t. XVII, p. 425. Il Dans l'ancienne administration, rejeter une taxe sur une ville, faire une réimposition pour achever le payement d'une taxe qui n'a pu être payée entièrement. || 7" Fig. Faire que ce qu'on éprouvait soit éprouvé par d'autres. La victoire attachée au progrès de ses armes Sur nos fiers ennemis rejeta nos alarmes, cobn. Rodog. I, ». Il Rendre responsable, attribuer. Seigneur, il est trop vrai que le peuple murmure. Qu'il rejette sur vous sa funeste aventure, corn. Œdipe, v, < . En (672, on avait l'ingratitude de rejeter sur Colbert la langueur qui commençait à se faire sei.tir dans les nerfs de l'État, volt. Louis XIV, 30. || Ae-
jeter un*, faute, un ciima sur quelqu'un, l'en accuser pour se disculper. Convaincu des plus noirs forfaits, avant d'expirer, il a publiquement fait l'aveu de l'assassinat qu'il avait rejeté sur moi, oenlis, Yeill. du chdt. t. i, p. 556, dans pougbns. || 8° Ne pas admettre, rebuter, repousser. Il vaut mieux la priver du rang qu'elle rejette, corn. Héracl. i, 3. Quoique mon cœur rejette un doute injurieux, m. cohn. Ariane, v, 3. Je passe ensuite à rejeter tout le mal que vous me dites de votre esprit et de votre corps, sév. d Mme de Grignan, 22 juill. (oss. Comme il [Charles I"] n'a jamais refusé ce qui était raisonnable, étant vainqueur, il a toujours rejeté ce qui était faible et injuste, étant captif, boss. Reine d'Anglet. Le socinianisme, où la divinité de Jésus-Christ est rejetée, lo. Variât, xv, 83. Les esprits même les plus déréglés n'en rejettent pas l'idée [de Dieu], pour n'avoir point à se reprocher un aveuglement trop visible, id. Anne de Gonl. Les libertins et les hérétiques, qui, par un esprit d'incrédulité, rejettent la foi du purgatoire, bour- DAL. Commémoration des morts, Myst. t. 11, p. 492. Vous pourrez rejeter ma prière, rac. Fsth. m, 4. Thémistocle rejeta bien loin la proposition de Pausanias, et refusa absolument de prendre aucune p»rt à ses desseins, rollin, Ilist. ane. Œuv. t. m, p. 303. Quelques-uns croient qu'Euripide était mort avant Socrale, et rejettent cette histoire, m. ib. iv, p. 442. Elle est si fière qu'elle a rejeté les vœux des premiers seigneurs d'Espagne, lesage, Diable boit. 15. Nous avons rejeté ces présents corrupteurs. Trop étrangers pour nous, trop peu faits pour nos mœurs, volt. Scythes, t. Saint Épiphane cite des Actes des apôtres qu'on croit composés par les chrétiens nommés ébionites, et qui furent rejetés par l'Église, volt. Dict. phil. .^piîtrej. || Absolument. Qui ne voit que ce droit d'approuver et de rejeter, pris dans son sens absolu, s'applique seulement aux propositions qui renferment des nouveautés? 1. 1. Bonss. Lett. de la Montagne, 8. [1 9* 11 se dit aussi des personnes qu'on repousse et condamne. Vous avez rejeté la parole du Seigneur ; le Seigneur vous a rejeté, et il ne veut plus que vous soyez roi, SACi, Bible, Rois, i, xv, 23. Le grand pontife [Jésus- Christ] nous a absous; il a voulu lui-même être rejeté, afin que par lui nous fussions reçus, boss. Sermons, Ascension, <. La raison vous choisirait; mais la folie des usages vous rejette, mariv. Marianne, 4* part Me rejetez-vous aussi comme ami? genlis, Mlle de la Fayette, p. t67, dans pougens. Je ne dois pas vous voir ; mais ce qui vous entoure est ma famille; en suis-je donc rejetée? stael, Corinne, xx, 3. Il 10° Écarter, éloigner. Cela nous rejette bien loin de notre sujet. || Remettre à un temps éloigné. Il en arrivera.... comme des six mille francs que je devais toucher à Nantes : il est sorti une chicane du fond do l'enfer, qui me rejette je ne sais où, sÉv. 30 juin 1680. Il 11° Se rejeter, v. réfl. Se porter en arrière. Les femmes qui se rejettent au fond de leurs loges quand elles voient la coupe sanglante d'Atrée tomber et se répandre sur le théâtre, d'à- LEMB. Éloges, Crébillon. Ah! l'homme en vain se rejette en arrière, Lorsque son pied sent lo froid du cercueil, bérang. Treize à table. || Fig. D'où vient que l'homme épouvanté Xl'aspect du néant se rejette en arrière? delil. Dilhyr. \\ 12° Par extension, étro reporté. [Chez les Romains] ce langage licencieux se rejeta dans les noces, où il se saisit de toutes les choses qui pouvaient être susceptibles de traits vifs et malins, Hist. des Vestales, dans desfontaines. Il 13° Fig. Parler de nouveau d'une chose déjà traitée; s'éloigner du sujet principal de la discussion, pour s'étendre sur des accessoires. Mme de Chaulnes est si surprise de tout cela [ce qu'on fait pour la ville de Rennes], qu'elle se rejette à Rome, et fait fort bien, sÉv. 2 nov. 1689. Il S'excuser. Ne sachant plus que dire, il se rejeta sur les circonstances qui l'avaient accablé.
— HIST. xiii* s. Et si ot molt parfont fossés, Trestot de novel regotés. Lai du rro<. ||xiv* s. L'iver fait mourir les porées ; mais en février les racines regettent nouvelle et tendre porée, Ménagier, 11, ï. Choux, percil et autres telles verdures qui regettent [poussent des rejetons], t6. || xvi* s. Conseil, raison, espérance et remède. Comme ennemis mon esprit vous rejette, desportes, Épilaphes, Diane, complainte. Il fault rejecter [renvoyer] tousjours chascun à son gibbier, mont, i, 68. Pour ne nous desconforter [par la vue de notre intérieur], nature a rejecté bien à propos l'action de nostre veue au dehors, m. iv, <4 5. Des sagettes si longues qu'à les reprendre à la main on les pouvoit rejecter à !a mode d'un dard, id. i, 364. La commune voix da
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peuple a tousjours accouslumé de rejetter los fautes des disciples sur leurs maistres, amyot, Préf. xxii, so. Merveilles qui ne sont point k rejetter ny à condemner légèrement, m. Cam. 1 3. Il dilayoit et rejettoit tousjours à un autre temps l'entérinement de ceste loy, id. t6. it. Ce fut la cause véritable pour laquelle il se rejetta en Italie, id. Pyrrh. fi3. 11 fut de rechef rejelté en pleine guerre par l'ambition
d'Acibiades, id. Nicias, <b Que lors il se rejctte-
roit avec luy entre les bras de la chose publique, et luy souviendroit des admonestemens de Caton, ID. C. d'Ut. 57. Le cavalier, donnant des deux à son cheval, le rejetta une seconde fois par terre tout com îrt de sang, d'aub. Vie, xxvi.
— ÉTYM. Be..., et jeter; wallon, rigeté, ressuer, rendre son humidité ; prov. regetar; port, rejeitar; ital. rigettare.
t REJETOIR (re-je-toir), ». m. ou REJETOIRE {re-je-toi-r'), t. f. Terme de chasse. Baguette de bois vert courbée, au bout do laquelle on attache un lacet, et qui, par son ressort, en serre le nœud coulant et enlève l'oiseau. Quoiqu'ils [les chevaliers, sorte d'oiseau] aillent moins de nuit, et qu'ils se promènent davantage pendant le jour, on les prend de même au rejetoir, bufp. Ois. t. xiv, p. 307.
— ÉTYM. Rejeter, à cause du mouvement du pié^e qui se rejette.
REJETON (re-jc-ton), s. m. \\ 1° Nouveau jet que pousse une plante. Cet arbre a beaucoup de rejetons. Des rejetons de différentes plantes, insérés dans la tige ou dans les branches d'une autre plante, s'y incorporent, et ne forment plus avec elle qu'un même corps organique, bonnet, Contempl. nat. III, )2. Il Kig. Nous nous plaisons à la contempler [Corinne] comme une production de notre climat [Italie], de nos beaux-arts, comme un rejeton du passé, comme une prophétie de l'avenir, stael, Corinne, II, 2. Il Terme de jardinage. Jeune pousse reproduite par une racine loin de la tige. On peut séparer le rejeton pour multiplier la plante qui l'a fourni. || 2° Dans les manufactures de tabac, le tabac qui est fabriqué avec les feuilles que la plante pousse après avoir été coupée une première fois. || 3° Kig. Enfant, descendant. Je vois qu'en sagesse et en courage tu te montres un digne rejeton de la maison de Sotcnville, mol. Georg. Dand. ii, H . Princes et princesses, nobles rejetons de tant de rois, lumières de la France, boss. louts de Bourbon. D'une tige coupable il [Thésée] craint un rejeton, rac. Phèd. i, * . il y a dans R ome et dans l'Italie beaucoup de familles descendues des peuples du Nord, et l'on n'en connaît aucune des anciens Romains; le souverain pontife est souvent le rejeton d'un Lombard, d'un Goth, d'un Teuton ou d'un Cimbre, volt. Russie, I, J. Le temps où la maison de France, qui a fourni des rois au Portugal, à l'Angleterre, à Naples, vit aussi ses rejetons sur le trône de Hongrie, lu. Mœurs, ti». Mlle de la Fayette, d'une famille illustre, était le dernier rejeton de la postérité masculine du fameux maréchal de la Fayette, genlis, Mlle de la Fayette, p. M, dans pougens.
— ÉTYM. Dérivé de rejet.
i REJETONNER (re-je-to-né), v. n. Pousser des rejetons.
— HIST. XVI* s. Le Gaulois semble un saule verdissant; Plus on le coupe, et plus il est naissant. Et rejetonne en branches d'avantage. Prenant vigueur de son propre dommage, bons. 686.
f REJETTEMENT (re-jè-te-man), s. m. Action de rejeter.
— HIST. xvi* s. Rejectement, cotgrave.
REJOINDRE (re-join-dr'), ti. a. Il se conjugue,
comme joindre, jj 1° Joindre de nouveau, réunir les parties qui avaient été séparées. Rejoindre les chairs. On rejoignit les deux fiagments de cette porcelaine. || 2° Aller retrouver des gens dont on est séparé, ô mânes de mon père I.... N'ayant pu vous venger, je vous irai rejoindre, corn. Cinna, iv, b. Vous avez perdu ces heureux moments où vous jouissiez des tendresses d'une mère qui n'eut jamais d'égale ; mais il vous reste ce qu'il y a de plus précieux, l'espérance de la rejoindre dans le jour de l'éternité, boss. Anne de Gon%. Mes sœurs, j'entends du bruit dans la chambre prochaine ; On nous appelle: allons rejoindre notre reine, rac. Esth. Il, 9. Je revins à Paris avec Sainclair, qui m'avait rejoint en route, genlis, Yeill. du chdt. 1. 1, p. 289, dans POUGENS. || Absolument. En termes militaires, se rendre à son corps. Il reçut l'ordre de rejoindre. Notre capitaine n'a pas rejoint, nous ne l'avons jamais vu, p. l. cour. 2* lett. particul. || 3* Mettre de nouveau des personnes ensemble. La mort a rejoint ce qu'elle avait séparé ; l'époux et l'épouse ne
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sont plus qu'une même cen'lre, pléch. Duc de Mont. Et déjà son courroux [de la fortune] semble s'être adouci. Depuis qu'elle a pris soin de nous rejoindre ici, RAC. Andr. I, (. Et que les mêmes coups Rejoignent les enfants et la femme et l'époux, lamotte, Inex, v, b. Rejoins un malheureux à sa triste famille, volt. Zaïre, v, <o. || 4° Fig. Joindre de nouveau par des liens moraux. La plus tendre amitié va me rejoindre à vous, volt. Ad. du Guesel. v, b. Il 5° Se rejoindre, v. réfl. Être joint de nouveau. Les chairs se rejoignirent. Ce tombeau s'ouvrirait, ces ossements se rejoindraient et se ranimeraient pour me dire : pourquoi viens-tu mentir pour moi, qui ne mentis jamais pour personne ? fléch. Duc de Montaus. Les nœuds que j'ai rompus Se rejoindront bientôt quand je ne serai plus, bac. Bajas. v, 6. Marc-Antonin, Épictète croyaient que leur monade, de quelque espèce qu'elle tflt, se rejoindrait à la monade du grand être, et ils furent les plus vertueux des hommes, volt. Dict. phil. Dieu. || 6° Se retrouver l'un l'autre. Us se rejoindront à Paris. Apprenez que des cœurs séparés à regret Trouvent de se rejoindre aisément le secret, corn. Othon, ii, 4. Il 7° Terme de vénerie. Se rejoindre, se dit d'un chien, quand, au moment où il prend le sentiment de la bête, il s'arrête pour s'assurer qu'il le reconnaît.
— HIST. XIII' s. Lors [elle] rejoignoit ses mains, et vers Dieu les tenoit, Berte, xxviii. [Que] umaine char repert [reparaisse] seur mes os, si qu'il soient rejoint. Psautier, f° 486. ||xiv* s. [L'office de chirurgie est] séparer les choses conjointes, rejoindre les choses séparées, h. de mondeville, i° 34, verso. Il XV* s. Or me tairai un petit d'eux, et parlerai d'une autre matière qui à cette se rajoindra, froiss. i, i, 64. Il XVI* s. Les forces de M. le Prince l'eussent mis en peine [un adversaire], si, du commencement toutes rejointes [en bloc], elles le fussent allées attaquer, LANOUE, 694. Quant à iEmylius, si tost qu'il se fut rejoint avec Nasica, il tira droit marchant en bataille contre les ennemis, amyot, P. yEm. 28. Rejoindre les lèvres fendues, dites bec de lièvre, paré, Introd. 2.
— ÉTYM. Re...,ei joindre; wallon, rigeond. REJOINT, OINTE (re-join, join-t'), part, passé
de rejoindre. Joint de nouveau. Les morceaux rapprochés et rejoints.
REJOINTOYÉ, ÉE (re-join-to ou toi-ié, iée), porl. passé de rejointoyer. Un mur rejointoyé.
t REJOINTOYEMENT (re-join-toî-man) , s. m. Action de rejointoyer; effet de cette action.
REJOINTOYER (re-join-to ou toi-ié), ». o. 11 se conjugue comme jointoyer. Terme de construction. Remplir et ragréer, avec du mortier de chaux et de ciment, les joints des pierres d'un vieux b&timent.
— ÉTYM. Re..., et jointoyer.
REJOUÉ ÉE (re-jou-é,ée), part, passé de rejouer. La partie rejouée fut de nouveau perdue.
REJOUER (rejou-é), v. n. \\ 1° Jouer de nouveau. 6 janvier <68B : après souper, le roi voulait rejouer au billard; mai», comme il était près de minuit, il ramena Mme la Dauphine chez elle, et se retira ensuite, dangeau, i, <06. Moi rejouer 1 non, c'est une leçon dont je me souviendrai toute ma vie, A. DUVAL, Trente et quarante, se. t2. || Activement. Rejouons la partie. La même somme fut rejouée. Il Fig. Rejouer ses vieilles pièces, s'est dit pour se répéter. Monsieur, vos faveurs ont épuisé mes remercîments; je ne sais plus que vous dire, si je ne rejoue mes vieilles pièces, et ne vous dis que votre amitié est toujours ingénieuse à obliger ceux que vous aimez, balz. liv. ix, lett. 38. || 2° V. a. Exécuter de nouveau un morceau de musique. On rejoua l'air sur le piano. || Se dit également des pièces de théâtre. Tancrède est, dit-on, rejoué et reçu avec quelque indulgence, comme une pièce à laquelle vos bons avis ont ôté quelques défauts, volt. Lett. d'Argental, H avril <76t. Mahomet ne fut rejoué que longtemps après, par le crédit de Mme Denis, malgré Crébillon, alors approbateur des pièces de théâtre, ID. Comm. œuv. aitt. henr.
RÉJOUI, lE (ré-joui, ie), part, passé de réjouir. Il 1° Qui éprouve de la joie, du divertissement. La foule réjouie parce spectacle. Je suis tout réjoui de voir cette jeunesse, rac. Plaid, m, 4. || 2° Gai. Pour avoir de la joie, il faut être avec des gens réjouis; vous savez que je suis comme on veut, mais je n'invente rien, sÉv. 16 juillet (672. |{ Substantivement. Personne qui a de l'embonpoint et de la gaieté. J'ai pris une bonne grosse réjouie, belle et de bonne humeur, dancouht. Vert gai. se. 3. C'était un gros garçon de vingt-huit à trente ans, un réjoui, dont l'huireur était si conforme à la mienne, que nous nous fiUmes l'un i l'autre dès la première vue,
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LESAGE, Estev. Gonx. vi. Elle aimait un gros réjoui. D'une humeur toute différente, volt. Thél. et Macare.
RÉJOUIR (ré-jou-ir), v. a.\\ 1° Donner de la joie. Il ne faut pas priver la jeunesse de ce qui peut la réjouir. || Donner du divertissement. Il fit venir des musiciens pour réjouir la compagnie. Nous voyageons un peu gravement; M.deCoulangesnoue eût été bon pour nous réjouir, sÉv. <6 juillet (872. La gaieté de Pomenars était si extrême, qu'il aurait réjoui la tristesse même, id. 70. Et tel mot, pour avoir réjoui le lecteur, A coûté bien souvent des larmes à l'auteur, boil. Sat. vu. |1 Réjouir la compagnie aux dépens de quelqu'un, amuser une compagnie par des plaisanteries sur quelqu'un présent ou absent. || 2° Causer une sensation agréable. Le vin réjouit le cœur. Le vert de ces prés réjouissait la vue. La peinture que vous me faites de vos orages, est tellement belle et poétique, que mon imagination en a été réjouie, sÉv. B84. Ce sont (les rois dans leur enfance] des soleils dans leur orient, qui réjouissent les yeux, et qui ne les éblouissent pas encore, flécii. Duch. de Mont. S'il passait près de nous quelque paysan retournant au travail, ses outils sur l'épaule, je lui réjouirais le cœur par quelques bons propos, par quelques coups de bon vin qui lui feraient porter plus gaiement sa misère, i. J. rouss. Emile, iv. Il Fig. Elle [Céluta] s'élevait en pensée au séjour des anges, tandis qu'elle était attachée à la terre, semblable au palmier qui réjouit sa tête dans la rosée du ciel, mais dont lé pied s'enfonce dans un sable aride, chateaubr. Natch. 2* partie. || 8° Se réjouir, M. réfl. Éprouver de la joie. J'ai reconnu qu'il n'y avait rien de meilleur que de se réjouir et de bien faire pendant sa vie, saci, Bihle, Ecclésiaste, m, (2. Pour moi je me réjouirai dans le Seigneur, je tressaillirai de joie en Dieu mon sauveur, id. ib. Hàbacuc, w, <8. Comme le Seigneur s'est réjoui vous accroissant, vous bénissant, vous faisant du bien, il se réjouira de la même sorte en vous ruinant, en vous ravageant, en vous accablant, boss. Sermons, Ferveur de la pénitence, 2. C'était une des maximes du prince de Condé qu'il fallait craindre les ennemis de loin, pour ne les plus craindre de près, et se réjouir à leur approche, id. louis de Bourbon. Réjouissez-vous : pensez à votre salut; il n'est rien de plus doux que le plaisir et la piété, maintencs, Lett. à d'Aubigné,f* oct. (sans date). Ton Dieu n'est plus irrité ; Réjouis-toi, Sion, et sors de la poussière; Quitte les vêtements de ta captivité, Et reprends ta splendeur première, RAC. Esth. III, ». Il 4° Eprouver une vive satisfaction. Les ennemis personnels de M de Turenne, n'osant s'affliger de la prospérité d'un homme qui ne leur avait jamais donné la misérable consolation de se réjouir d'une de ses fautes, FLf.cn. Tur. L'on veut le bien de ses amis ; et, s'il arrive, ce n'est pas toujours par s'en réjouir que l'on commence, LA bruy. IV. Il y a une loi naturelle, et elle ne consiste ni à faire le mal d'autrui, ni à s'en réjouir, volt. Dial. xxiv, 4. || Il se dit par compliment, dans le même sens. Je me réjouis du succès que vous venez d'obtenir. || Se réjouir de quelque chose, s'en faire un plaisir. Je me réjouis de lui apprendre cette bonne nouvelle. || 5° Passer le temps agréablement, se divertir. Cette société sait se réjouir sans dissipation. Gélaste : Vous allez là [au théâtre] pour vous réjouir, et vous y trouvez un homme qui pleure.... est-ce ainsi que l'on doit contenter ceux qui vont là pour se réjouir ? — Ariste : Ne dites point qu'ils y vont pour se réjouir; dites qu'ils y sont pour se divertir, la font. Psyché, I, p. 95. Le monde se réjouira, disait Jésus- Christ à ses apôtres : les enfants du siècle courront, en dansant, en poussant des cris de joie, se précipiter dans l'abîme, mass. Confér. Fuite du monde.
Il Ajvec ellipse du pronom personnel. Laissons, laissons réjouir le monde, et ne lui envions pas sa prospérité, boss. Sermons, Providence, i. i| 6° Se moquer de. M. le Prince, n'étant plus retenu par la crainte de la puissance ébranlée [du cardinal], se réjouissait [moquait] de ses défauts avec M. le duc d'Orléans, la hocuefouc. Mém. 76. || 7* Se réjouir, au jeu de la bête et à d'autres jeux, se dit quand, tous les joueurs ayant passé, on change la retourne qui fait l'atout.
— HIST. XIII* s. Li cuers [le cœur] de chascun s'en resjoissoit moult durement, villeh. lx. Caroles [danses], violes, romans I peust on assez oïr. Qui les amans font resjoïr, Lai du conseil ||xiv*s Aler nous faut à Burs ; je sai bien qu'il y a Un bon conseil pour moi, qui nous resjoïra, Guesel. 8532. Il XV* s. Ainsi comme la déesse Aurora par son
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es]oyssement à son lever, rent resjoys les cueurs des voyens.... christ, de pisan, Charles Y, i, <6. (I ivi* s. Lo pape dedans Rome en ce fait se resjoye ; Car cloches fist sonner, et faire feux de joye.... Le roy d'Espaigne aussi, toutefois esbahy, Selon sa contenance se montroit resjouy, J. mabot, V, Ml. Peuples l'honoroient, Enfans se resjoient, Estandars portoient, ID. v, <74. Les discours de la philosophie ont accoustumé d'esgayer et resjouir ceux qui les traiclent, mont, i, 475. La mechanique fut premièrement mise en avant par Archilas et Eudoxus, en partie pour resjouir et embellir un peu la science de la géométrie par ceste gentillesse, amïot, Marcel. 2i. II ne se rejouit point de voir son ennemy en adversité, non plus qu'il ne luy avoit onques porté envie en sa prospérité, iD. Arist. «)♦. Il envoyoit souvent convier ses voisins à venir soupper avec luy, et se resjouissoit avec eux, id. Caton, 6a.
— ÉTYM. Re..., et Éfjouir.
RÉJOUISSANCE (ré-jou-i-san-s'), t. f. || f Manifestation de joie. Le monde n'était pas triste avant Aristote et Bernia; ce ne sont pas eux qui ontcommencé sa réjouissance, balz. liv. vi, lett. 5. Un petit mot de réjouissance au père et au fils [d'Andilly et Pompone nommé ministre] ne serait -il point de bonne grâce à vous, qui êtes si aimée de toute la famille? sÉv. à Mme de Grignan, t3 sept. 467(. Quoi!.... tandis que tous mes frères campent sous des tentes.... je demeurerais seul ici dans l'oisiveté au milieu des douceurs et des réjouissances d'une famille? hass. Confér. Fuite du monde. On croirait d'abord que la joie et les plaisirs sont le partage de ce monde réprouvé, et, que, n'ayant pas de son côté le bonheur de l'innocence et de la vertu, il a du moins les douceurs et les réjouissances du vice, id. Profess. relig. Serm. 4.||Au pluriel. Fêtes publiques. Néhémias.... fut sollicité par les officiers du roi de Perse de descendre dans la plaine d'Ono pour conférer avec eux, renouveler leur alliance, et célébrer cette entrevue par des réjouissances et des festins, mass. Confér. Fuite du monde. \\ 2° Terme du jeu de lansquenet. La carte sur laquelle tous les coupeurs et les autres peuvent mettre de l'argent. S'il est quelque joueur qui vive de son gain. On en voit tous les jours mille mourir de faim, Qui, forcés à garder une longue abstinence. Pleurent d'avoir trop mis à la réjouissance, reomard, le Joueur, i, 10. Ce que je ne puis souffrir, c'est que vous soyez coiffée d'un petit clievalier joueur qui va mettre à la réjouissance les dépouilles du traitant, lesage, Turcaret, i, 4.||8° Terme de boucherie. Certaine portion de basse viande que l'acheteur est forcé de prendre, ou, plus souvent, aujourd'hui, os que les bouchers mettent dans la viande pesée à leurs pratiques. Sous le règne de Henri IV, sur la proposition du prévôt des marchands Miron , une ordonnance parut qui, vu le prix extraordinaire de la viande, décidait qu'elle serait vendue au peuple débarrassée des os; les os devaient être répartis sur la vente des qualités supérieures; le peuple accepta celte ordonnance avec grande joie; le soir, Paris fut illuminé, et de là le mot rejouissance appliqué à ce qui ne réjouit plus personne aujourd'hui. Petites ignorances de la conversation, par en. rozan.
— HIST. xvi' s. Ces despouilles monstrées de main en main partout, apportèrent aux Romains une merveilleuse resjouissance, amyot, Pyrrh. 36.
— ÉTYM. Réjouissant.
RÉJOUISSANT. ANTK (ré-jou-i-san, san-t'), adj. Qui réjouit. Vos bons mots.... par le prompt effet d'un sel réjouissant, Devenir quelquefois proverbes en naissant, boil. Ép. x. Ce qu'on appelle une jolie femme est la femme la plus réjouissante pour une heure, et la plus ennuyeuse dans la société, m'°* de puisiF.ux, Hidic. à la mode, p. 23, dans pougens.
t RKJOUTER (re-jou-té), u. n. Jouter de nouveau.
— HIST. xvi' s. Rejouster, cotgrave.
t REJUGER (re-ju-jé), V. a. Juger de nouveau. Il [Solon] voulut que l'aréopage revît l'affaire ; que, s'il croyait l'accusé injustement atsous, il l'accusât de nouveau devant le peuple; que, s'il était injustement condamné, il arrêtât l'exécution, et lui fît rejuger l'affaire, montesq. Esp. vi, 6. L'empereur fit reprendre et rejugar Rodio par les mêmes juges,
p. L. COUH. Lett. I, 213.
— HIST. xvi« s. Il [René, bâtard de Savoie] le fit juger à mort [un médecin de Lyon] par le prevost du duc... mais les sindiques [de Genève] et toute la ville le pressèrent tant, qu'il fut content que les sindiques le rejugeassent, bonivard, Chron. de Genève, II, Ht.
t REJURER (re-ju-ré),u. a. Jurer une seconde fois.
— HIST. XVI* s. Rejurer, cotgràtb.
t RELABOCREMENT (re-la-bou-ro-man), t. m. Action de relabourer.
— HIST. XVI» s. Rclabourement, cotgravb.
t HELABOURER (re-la-bou-ré), v. a. Labourer de nouveau.
— HIST. xvi* 8. Leurs ennemis, à faute de ne pouvoir brusler leurs mils et panils, pource qu'ils estoient encores en herbe et verds, les relahourerent avec grand nombre de bœufs, les renversans dans terre pour les degaster, o. de serres, (2S.
RELACHANT, ANTE (re-lâ-chan, chan-t'), adj. Il 1° Qui relâche, qui donne du relâchement. S'il y a de l'industrie, des arts, des manufactures, on doit se garder d'offrir des distractions relâchantes à l'âpre intérêt qui fait ses plaisirs de ses soins, et enrichit le prince de l'avarice des sujets, j. i. rouss. Lett. à d'Àlemb. \\ 2° Terme de médecine. Propre à déterminer le relâchement des organes qui sont dans un état de tension ou d'éréthisme ; tels sont les mucilagineux, les corps gras, etc. ||S. m. Un relâchant. Les relâchants.
4. RELÂCHE (re-lâ-ch'), s. m. || 1» Interruption d'une élude, d'un travail, d'un exercice. Votre majesté connaît.... ces relâches de la vertu qui ne s'opiniâtre pas toujours dans la fermeté, balz. Disc, à la rég. Pour moi, j'ai résolu de poursuivre ma tâche ; Se donne qui voudra, ce jour-ci, du relâche, la font. Filles de Minée. L'esprit veut du relâche, et succombe parfois Par trop d'attachement aux sérieux emplois, HOL. Éc. des mar. i, 6. L'on voit clairement qu'il est rentré au collège, et que son régent ne lui donne pas un moment de relâche, s£v. 368. Mon esprit fatigué avait besoin d'un peu de relâche pour se livrer i de nouvelles méditations, ]. j. bouss. Êm. V. Il 2° Intervalle dans un état pénible, douloureux. Flatteuse illusion.... Tu charmais trop ma peine, et le ciel qui s'en fâche Me vend déjà bien cher ce moment de relâche, corn. Hor. m, 4. Souffre un peu de relâche à mes esprits troublés. Et ne m'accable point par des maux redoublés, id. Poly. n, 3. X.e jour qui suivit cette nuit ne donna point le moindre relâche à mon affliction, scarr. Rom. com. ii, li. Quand aux bois Le bruit des cors, celui des voix. M'a donné nul relâche à la fuyante proie, LA FONT. Fabl.x, l. Dès qu'il [Newton] avait quelques moments de relâche [des souffrances que lui causait la pierre], il souriait et parlait avec sa gaieté ordinaire, fonten. Newton. Je ne songe dans les moments de relâche que me donne ma mauvaise santé qu'à me rendre un peu moins indigne de vos bontés, volt. Lett. au pr. roy. de Pr. 24 oct. 1737. ||I1 ne donne point de relâche, se dit d'un créancier qui presse continuellement son débiteur. Il 3" Suspension dans le cours des représentations théâtrales. Il y a aujourd'hui relâche aux Français. Les relâches sont fréquents à ce théâtre. On a fait relâche pendant huit jours pour réparer la salle. On donne aujourd'hui relâche au Théâtre Français, Dict. de l'Académie. Les jours de relâche* au théâtre, nous passions nos après-dîners en promenades solitaires, marmontel, Mém. m. Il 4° Sans relâche, loc. adv. Sans discontinuer. Je ne vous quitte pas un moment, je pense à vous sans relâche, sÉv. 4 8. Il fallait se résoudre à n'être jamais en paix sous l'empire d'une ville [Lacédémone] qui, étant formée pour la grerre, ne pouvait se conserver qu'en la continuant sans relâche, soss. Hist. m, 5. Les bêtes et les hommes souffrent presque sans relâche, et les hommes encore davantage, volt. Princ. d'action, 4 s. Enfin le sentiment de l'existence la poursuivait comme une douleur sans relâche, stael, Corinne, xviii, a.
— SYN. relAche, relâchement. Le relâche est une cessation de travail. On en prend quand on est las; il sert à réparer les forces. Le relâchement est une cessation d'austérité ou de zèle : on y tombe quand la ferveur diminue. L'homme infatigable travaille sans relâche. L'homme exact remplit son devoir sans relâchement (girard).
— HIST. xvi' s. Hz avoient plus tost besoing de repos et de rolasche après tant de travaux endurez, que de.... AMY0T, Cam. 52. Relasche de pendu, cotgrave. Il faut que ce soit avecques relasche et modération [que l'âme doit être exercée] ; elle s'affolle d'estre trop continuellement bandée, mont, m, S06.
— ÉTYM. Voy. RELÂCHER.
2. RELACHE (re-lâ-ch'), s. f. Terme de marine. Séjour momentané qu'on fait dans un port où l'on entre forcé par la tempête, par des avaries, ou par le besoin qu'a l'équipage de prendre du repos, de renouveler ses vivres ou de s'approvisionner d'eau, JAL. J'étais tenté de renoncer au plan que i'avaU l»rmi en partant de Maouna, de na faire au-
cune relâche jusqu'à Botany-Bay, la pérouse, Voy. t. m, p. 247, dans pouoens. Pour entretenir ses liaisons avec cette vaste région [l'Inde] et les autres établissements d'Asie, la compagnie anglaise a formé un lieu de relflche à Sainte-Hélène, raynal, Hist. phil. ai, 34. Après une relâche de quinze jours, nous quittâmes l'île Saint-Pierre, chateaub. Amer. Foy. en Amer. ||Lieu propre à relâcher. Le» bestiaux y sont dans la même abondance que dans le reste de ce pays; ce qui, joint à la salubrité de l'air, rend la relâche à Montevideo excellente pour les équipages, bougainville, Yoy. t. i, p. S4. — EtV-M. le même, sauf le genre, que reldche l. RELÂCHÉ, ÉE ;-î :a-ché, chée), part, passé de relâcher. || 1° Qui n'est plus tendu. Les cordesdu violon relâchées par l'humidité. || Fig. La main relâchée produit l'indigence; la main des forts acquiert les richesses, saci, Bible, Prov. de Salomon, x, *. Les liens de cette discipline dure et austère, qui régnait à Sparte, étaient un peu relâchés [en temps de guerre], hollin. Traité des Et. liv. v, 3» part. 2. Il [l'empereur Ferdinand il] commençait à resserrer cette ancienne chaîne qui avait lié l'Ilalio à l'empire, et qui était relâchée depuis si longtemps, VOLT. Mœurs, «78. ||2° Qu'on a laissé aller, sortir. Le comte de Bussy fut relâché au bout de dix-huit mois, VOLT. Louis XtV, 25. ||3« Terme de médecine. Ventre relâché, état où l'on va à la selle plus souvent que d'habitude. Les jaunes d'œufs durcis et émiettés ne leur sont utiles [aux poussins] qu'autant que ces petits animaux sont relâchés, oenlis. Maison rust. t. i, p. 3I3, dans pougens. || i° Qui est moins sévère dans ses moeurs, moins exact dans l'accomplissement de ses devoirs religieux. Les opinions relâchées plaisent tant aux hommes, qu'il est étrange que les leurs [des jésuites] déplaisent, PASG. Pens. xxiv, «5, édit. havet. M. de la Rochefoucauld entend sa maxime [qui vit sans folie n'est pas si sage qu'il croit] dans le sens relâché que votre philosophie condamne, sëv. 4 mars 4 6 a. Vous donc, docteurs relâchés, puisque l'Évangile est un joug, ne le rendez pas si facile, boss. Cornet. Le jugement si réglé avec lequel elle [l'abbesse] a gouverné les dames qui lui étaient confiées , toujours également éloignée et de cette rigueur farouche, et de cette indulgence molle et relâchée, 10. Yolande. Il y a dans le monde des chrétiens relâchés, qui, par une espèce d'hypocrisie, jeûnent sans faire pénitence, bodrdal. Instruct. pour le carême, Exhort. t. 11, p. 238. M. Pascal se crut obligé d'employer ce même esprit à combattre un des plus grands abus qui se soit jamais glissé dans l'Eglise, c'est à savoir la morale relâchée de quantité de casuisles, rac. Uist. Port-Royal. La morale douce et relâchée tombe avec celui qui la prêche, LA bruy. XV. Cette orthographe relâchée, Qui m'avilit aux yeux savants, lamùtte, Odes, t. i, p. 4(3, dans POUGENS.
RELACHEMENT (re-lâ-che-man) , *. m. 111° Diminution dans l'état de tension d'une chose. Le relâchement des cordes d'un violon. || État des muscles opposé à celui de contraction. Un muscle dans le relâchement || 2" Terme de pathologie. État d'abaissement, de laxité excessive de certaines parties; c'est le premier degré d'un déplacement complet. Relâchement de la luette, de l'utérus. || 3" Le relâchement du ventre, ou, absolument, le relâchement, état dans lequel on va à la selle plus souvent que d'habitude. Les pruneaux causent du relâchement. Il 4° Par extension, il se dit de la température. I! y a du relâchement dans le froid. |1 6" Il se dit d'une diminution dans l'exactitude, dans le zèle, dans l'accomplissement d'obligations. Ils ne connaissent point ces relâchements, ces ajustements comme on parle aujourd'hui en Italie, ce nécessaire milieu dont on a besoin pour conclure les marchés avec les particuliers, à plus forte raison les traités de paix entre les princes, balz. De la cour, 6* dite. Parce qu'il faut que tous ceux qui combattent vos relâchements [de vous, jésuites] soient hérétiques, et dans le point même où ils les combattent.... PASC. Prov. XVI. Adhémar est tout propre à vous conter ces bagatelles; je me sens aussi du relâchement pour les nouvelles, sachant qu'il est en lieu de vous les mander beaucoup mieux que moi, sÉv. 30 mars 4 872. Tous les parloirs sont fermés [à l'abbaye de Chelles].... toutes les matines sont chantées sans miséricorde; mille petits relâchements sont réformés, id. 30 sept. 4676. La forme du ministère apostolique ne peut recevoir d'interruption par aucun relâchement de la discipline, soss. For. V, 32. La faiblesse humaine, trop penchée par ellemême au relâchement, 10. Comédie, t. Il n'y souf-
REL
BEL
REL
frit [dans le Conseil] aucun de ces relâchements que le temps n'introduit que trop dans les compagnies les plus régulières, pléch. le Tellier. Dieu soutiendra les pieux établissements de M. de Lamoignon, malgré les relâchements du siècle, id. Lamoignon. La froideur et les relâchements dans l'amitié ont leurs causes; en amour il n'y a guère d'autre raison de ne s'aimer plus que de s'être trop aimés, la bbuy. iv. Trente ans après la mort de saint François, on remarquait déjàunrelâchementextrêmedanslesordres de sa fondation, volt. Dict. phil. QuHe. Le marquis de Torci a été un des plus honnêtes hommes de l'Europe, dans une place où la politique permet le relâchement dans la morale, m. Louis XIV, 2<. On a dit en particulier d'Esoobar, également connu par l'austérité de ses mœurs et par le relâchement de sa morale, qu'il achetait le ciel bien cher pour luimême, et le donnait à bon marché aux autres, d'a- LEMB. Destr. des jésuit. Œuv. t. v, p. 39. || Délassement, repos après un long travail. On dit [les apologistes de la comédie] qu'il faut bien trouver un relâchement à l'esprit humain, et peut-être un amusement aux cours et au peuple, boss. Coméd. <4. Dans les honnêtes relâchements que votre condition vous permet, l'abbé Régnier, dans bouhours. Il 6° S'est dit pour relâche, en termes de marine. L'intention de Sa Majesté est que vous fassiez embarquer un commis du trésor avec un fonds de mille louis d'or, avec lequel l'on pourvoira aux besoins les plus pressants de l'escadre, dans un cas de relâchement ou autre imprévu, Ponlchartrain à de Vautré, <5 fév. 4696, dans jal. Si, pendant le voyage, il est obligé de relâcher en quelque port, il déclarera au lieutenant de l'amirauté du lieu la cause de son relâchement, Ordonn. marine, août 168(.
— msT. xii's d'amor e d'allance E de boene
persévérance, U n'avienge relascliemens.... benoît, II, 644). Il XVI* s. Les veines humides causent un perpétuel sommeil, flux de ventre, avec relaschement de tous les nerfs et jointures, paré, xxiii, 6.
— ÉTYM. Relâcher; prov. relaxamen; esp. relaxamiento; ilal. relassamento.
RELÂCHER (re-lâ-ché), v. a. |H° Faire qu'une chose soit moins tendue, moins serrée. Au moyen d'une vis on tend, on relâche cette membrane. Ses ais demi-pourris [d'un lutrin], que l'âge a relâchés, Sont à coups de maillet unis et rapprochés, boil. Lutr. m. Il Fig. Je m'en vais écrire à Vivonne pour un capitaine bohème, afin qu'il lui relâche un peu ses fers, sÉv. 62. S'il [un bon citoyen dans un État despotique] aimait l'État, il serait tenté de relâcher les ressorts du gouvernement , monteeq. Esp. IV, 3. Elle- va former de nouvelles chaînes qui relâcheront les doux liens de l'amitié, J. J. rouss. Hél. Il, 16. Il Fig. Relâcher l'esprit, donner du délassement à l'esprit. Il est nécessaire de relâcher un peu l'esprit, pasc. Pens. div. 27, édit. faugère. Il Se relâcher l'esprit, relâcher à soi l'esprit, se reposer, interrompre le travail. Dans les divertissements qu'il [le czar] prenait avec sa cour, tels que quelques révélations nous les ont exposés, on peut trouver des restes de l'ancienne Moscovie; mais il lui suffisait de se relâcher l'esprit, et il n'avait pas le temps de mettre beaucoup de soin à raffiner sur les plaisirs, fonten. Pierre I". || 2° Rendre plus doux, en parlant de la température. Le vent tourna au sud et relâcha le temps. || 3° Rendre plus lâche, plus mou, moins sévère, laisser perdre de sa force. Mais je crains qu'après tout son âme irrésolue Ne relâche un peu trop sa puissance absolue, corn. Tite et Bérén. iv, 2. Ne pas exiger de ses amants tout le mérite d'Artamène, et leur relâcher quelque chose, surtout ce respect outré qu'il avait pour sa maîtresse, fonten. Lett. gai. ii, 7. De deux grands empereurs, Adrien et Sévère, l'un établit la discipline militaire, l'autre la relâcha, montesq. Rom. le. Il Relâcher à, faire qu'on se laisse aller à, par une sorte de relâchement. Et quand le souvenir d'avoir le mieux vécu Relâche la ferveur à quelque vaine gloire. Qui s'assure de vaincre est aisément vaincu, corn. Imit. I, 2B. Que dis-tu de me voir tomber si promptement De toute la chaleur de mon ressentiment. Et, malgré tant d'éclat, relâcher mon courage Au pardon trop honteux d'un si cruel outrage ? MOL. Z>. Garcie, III, (. || 4" Diminuer, Ôter. Lorsque je relâche quelque chose de mou attention, desc. Médit, m, 20. Rodrigue suit ici son devoir sans rien relâcher de sa passion, corn. Cid, Exam. \\ 5° Renoncer en partie à..., remettre quelque chose de ses droits, de ses prétentions. Je lui ai relâché la moitié de ce qu'il me devait. On ne se figure plus être si fort au-dessus de l'agresseur, on n'est plus si persuadé qu'il doive nous relâcher tout et condes-
cendre à toutes nos volontés, bourdal. Car. 1, l'en sées de la mort, 2). Rebuté des affaires et des procès dont son esprit était incapable, il relâcha ce qu'on voulut, et crut que c'était un gain que de savoir perdre, pléch. duc de Montaus. Je répondais que je saurais bien tenir les peuples dans leur devoir, en me faisant aimer d'eux; en ne relâchant rien de mon autorité, quoique je les soulageasse, FÉN. Tél. XIII. 116° Laisser aller, remettre en liberté. Antigone, ayant appris la détention de son père, fut pénétré de la plus vive douleur, et écrivit à tous les rois et à Séleucus lui-même, pour le prier de relâcher Démétrius, s'oflrant en otage pour lui, rollin , Hist. anc. Œuv. t. vn, p. 294, dans pougens. Philippe le Long, à peine roi de France, avait assemblé les cardinaux dans cette ville libre [Lyon] ; et, après leur avoir juré qu'il ne leur ferait aucune violence, il les avait enfermés tous et ne les avait relâchés qu'après la nomination de Jean XXII, volt. Mœurs, 68. || Fig. Et la mort, en grondant, a relâché sa proie, delil. Parad. perdu, xii. || Terme do marine. Relâcher un navire, c'est, après l'avoir arrêté, lui laisser la faculté de reprendre sa route. Il 7° K n. Rabattre de sa première exactitude, ardeur, sévérité, etc. J'ai honte que mon cœur, auprès d'elle attaché. De son ardeur pour vous ait souvent relâché, cobn. Clit. v, l . il [Mazarin] relâcha même beaucoup de la morgue des cardinaux lesplus ordinaires, betz, Mém. 1. 1, liv. 11, p. 97, dans POUGENS. Si nos pères n'eussent un peu relâché de la sévérité de la religion pour s'accommoder à la faiblesse des hommes, pasc. Prov. vu. Ayez affaire à de pauvres gens chargés d'une grande famille, souvent vous les trouverez droits, modérés, capables de relâcher pour la paix et d'une facile composition, boss. Semions, Oblig. et. relig. i. La nature, en cette occasion [en temps de peste], relâche beaucoup de ses droits et de ses obligations ordinaires, pléch. Duch. de Mont. Et vous avez pu voir Combien je relâchais pour vous de mon devoir, BAC. Andr. m, 2. Il faudra disputer, contester, conjurer, s'insinuer, relâcher même des règles, pour vous faire agréer les remèdes, mass. Carême, Pass!OM. Il 8° Terme de marine. Discontinuer le cours de sa navigation, pour mouiller dans quelque lieu stjr, lorsqu'on y est forcé par le mauvais temps ou engagé par d'autres raisons. Pendant notre navigation les vents nous ont contraints de relâcher dans l'Ile de Cypre, fén. Tél. iv. On relâcha en Corse et à Monaco à cause d'une tempête et surtout de la flotte anglaise, volt. Louis IV, 21. Houtman reconnut les côtes d'Afrique et du Brésil, s'arrêta à Madagascar, relâcha aux Maldives, et se rendit aux îles de la Sonde, baynal, Hist. phil. 11, 3. C'est sûrement un grand bien pour les équipages de faire le tour du monde sans relâcher à O-Taïti, la pé- ROUSE, Yoy. t. IV, p. 224. || Fig. et absolument. Mais quoi ! ma barque vagabonde Est dans les Syrtes bien avant ; ....Je ferai mieux de relâcher , Et borner le soin de te plaire Par la crainte de te fâcher, MALH. IV, 6. |j 9° Terme employé par les pécheurs pour dire que les anguilles descendent les rivières ou s'abandonnent au cours de l'eau. Il 10° Se relâcher, v. ré(l. Être détendu. Des cordes qui se relâchent. || Le temps se relâche, il s'adoucit. Il 11° Il se dit des choses qui perdent de leur force, de leur activité. Il paraît que la fièvre de ce pauvre chevalier s'est relâchée, et lui a donné un jour de repos, sév. 688. La prospérité a attiré les pertes, la grandeur est venue, et la discipline s'est relâchée, uoss. Sermons, Église, 3. Mais sa haine, sur vous autrefois attachée. Ou s'est évanouie, ou s'est bien relâchée, rac. Phèd. 1, t. Insensiblement, cette désolation à laquelle je m'étais abandonnée se relâcha, mamv. Harianne, part. 6. || Avec ellipse du pronom réfléchi. Distrait par un autre attachement, je sentis relâcher le mien pour elle, 3. J. ROUSS. Conf. VIII. Il 12° Rabattre de la première ardeur, exactitude, sévérité, etc. Je n'entends plus un lâche Qui dès le premier pas chancelle et se relâche, ROTR. St Gen. m, 4. Il y a des hommes qui s'exposent volontiers au commencement d'une action, et qui se relâchent et se rebutent par sa durée, LA HocHEFOuc. Réft. mor. n° 2(5. Quelque violence que lui pût faire sa passion, il est certain qu'elle [Chimèn^ ne devait point se relâcher dans la vengeance de la mort de son père, Àcad. Sentim. Cid. Il [un Juif annonçant la ruine de Jérusalem] continua durant sept ans à crier de cette sorte sans se relâcher, et sans que sa voix s'affaiblit, boss. Bist. 11, 8. M. de Lamoignon jamais ne se démentit, jamais ne se relâcha, pléch. Lamoignen. Ses travaux [de Pierre le Grand], dont
il no se relâcha jamais, augmentèrent son mal et hâtèrent sa fin, volt. Russie, 11, <7. Ces anciens philosophes étaient outrés dans leurs préceptes, parce qu'ils savaient par expérience qu'on se relâche toujours assez dans la pratique, dider. Opin. (les ane. phil. {cynique, secte). \\ Se relâcher à, se laisser aller à. Il y a des gens de bien qui, examinant la vie de saint Thomas de Cantorbéry, sont portés à croire qu'il aurait pu, .sans violer les lois d« l'Église, se relâcher à beaucoup de choses que le roi Henri II désirait de lui, nicole, Conlin. des Essais, 8' tr. cbap. 6. ||Avec ellipse du pronom réfléchi. Et ce qu'il leur prescrit d'user de prudence, sachez et entendez , 6 pécheurs, que ce n'est pas pour les faire relâcher à cette condescendance molle et languissante que votre cœur insensible et impénitent exige d'eux, noss. Sermon pour le mardi de la Passion, i. \\ 13° Céder de ses droits, de ses prétentions. Relâchez-vous un peu des droits de la naissance, MOL. Tart. iv, 3. Ne vous relâchez pas; et faites bien en sorte D'empêcher que sur vous ma mère ne l'emporte, m. Femm. sav. v, 2. Pour la paix du pape, l'abbé Bigorre nous assure qu'elle n'est point du tout prête, que le saint père ne se relâche sur rien, sÉv. bio. Le pape, traîné d'esil en exil, et toujours durement traité par l'empereur, meurt enfin parmi les souffrances, sans se plaindre ni se relâcher de ce qu'il doit à son ministère, Bcss. Hist. 1, 41. Saint Louis, se relâchant volontiers sur les injures qui n'attaquaient que sa personne royale, bourdal. Serm. Dim. t. 11, p. 37, Soin des domestiques. Représentez-vous cette île fameuse où deux hommes cliargés des intérêts et du destin des deux nations [Espagne et France].... tantôt se soutenant avec grandeur, tantôt se relâchant avec prudence.... pléch. Mar.-Thér. Elle [la véritable grandeur] s'abandonne quelquefois, se néglige, se relâche de ses avantages, toujours en pouvoir de les reprendre et de les faire valoir, la broy. II. Ils me demandèrent toujours trente tomans, et ne se relâchèrent jamais d'un seul, montesq. Lett. pers. 67. L'empereur.... étouiïe pour quelque temps les troubles naissants, en accordant.... tout ce que les protestants demandent.... on ne pouvait se relâcher davantage; c'était aux Turcs que les luthériens devaient cette indulgence, volt. Ann.Emp. Charles-Quint, 1 632. ([Avec ellipse du pronom réfléchi. Que sa bonté l'ait fait relâcher de ses droits aux dépens de sa justice, bourdal. Car. m, Conv. de Magd. 120. || Se relâcher de, être moins sévère. La loi de Moïse était bien rude fau sujet des esclaves].... quel peuple que celui oii il fallait que la loi civile se relâchât de la loi naturelle! monteso- Esp. XV, 17. Il 14° Se livrer à un délassement. L'esprit se relâchait, pendant que les mains industrieuseraent occupées s'exerçaient dans des ouvrages dont la piété avait donné le dessin, boss. Anne de Goni.
— HIST. xiii* s. Esgarde, Dieus, m'umilitei, El relaixe iniquitei, Psaumes en vers, dans Liber psalm. p. 277. Il pechierent encore après ce que Dieux les relâcha de tormenter. Psautier, f° 94. Il xvi* s. Au baptesme toutes les peines temporelles des péchez nous sont relaschées [remises], calv. Instit. 508. Tout cela destrempe et relasche celte soudure fraternelle, mont. 1, 208. Us ayment mieulx la mort que de relascher un seul poinct d'une grandeur de courage invincible, ID. i, 24t. Touts les navires qui relaschoient du port de Pyrée y abordoient, id. h, 220. Sohman.... ayant sceu que Mercurin et les habitans de Castro estoient détenu» prisonniers.... manda qu'on les relaschast, m. m, B3. Pericles, relaschant encore plus alors la bride au peuple, faisoit toutes choses pour luy aggreer et complaire, amyot, Péric. 22. Il relascha à tous les habitans de l'Asie le tiers des tributs (ju'ilzpayoient, ID. Ces. 82. Appliquer lenitifs, à fin de relascher et raréfier les parties, paré, v, 8. Quelquesfois aussi les accidens se relaschont, in. xxiv, <8.
— ÉTYM. /ie..., et lâcher; provenç. reUixar, relachar ; espagn. relaxar; ital. rilassare.
t BELAI (re-lè), s. m. Seconde eau que le saunier fait passer sur les sables chargés de sel.
i. RELAIS (re-lê), s. m. || 1° Chevaux frais et préparés de distance en distance pour remplacer ceux qui sont fatigués. Comme j'avais quarante relais placés entre Nantes et Paris, je serais arrivé infailliblement le mardi avant la pointe du jour, RETZ, Mém. t. m, liv. iv, p. 468, dans pougens. Sa Majesté va demain voir Ath, sans la reine ni les dames, en relais de calèche, pour revenir le soir, PELLissoN, Lett. hist. 1. 1, p. 36 , On dit que Monsieur y doit aller ; je pense même que ce fut hier avec Mme de Montespan; ils devaient faire celle dili-
REL
gence en relais, sans y coucher, sÉv. 307. Nous allâmes d'une traite à Paris en relais, st-sim. 09, 63. Il Par extension. Des relais d'hommes établis de demi-lieue en demi-lieue portaient les ordres, VOLT. Jfflpurs, M8. Il Fig. La petite duchesse vous enverra sûrement jusqu'à Nemours, où certainement vous trouverez des amis, et le lendemain encore des amis; ainsi, en relais d'amis, vous vous trouverez dans votre chambre, sÉv. 4 nov. <676. Il vint un marchand d'appétit, me demandant si je voulais qu'il me vendît des relais d'estomac pour manger toute la journée, fên. t. xix, p. 40. |i Avoir des chevaux de relais, des équipages de relais, avoir des chevaux, des équipages en assez grand nombre'pour pouvoir se servir tantôt des uns, tantôt des autres. Il Fig. Avoir des habits, des meubles de relais, avoir des habits, des meubles de rechange. || Fig. Être de relais, n'avoir point d'occupation présente. Le docteur, un beau jour le voyant sombre et triste. Lui dit : notre féal, vous voilà de relais, la font. Candaule. \\ i° Terme de chasse. Chiens qu'on poste à la chasse du cerf ou du sanglier. Nous avions, comme il faut, séparé nos relais, mol. Fdch. II, 7. Quand le loup est détourné, on amena les lévriers qui doivent le chasser; on les partage en deux ou trois laisses; on n'en garde qu'une pour le lancer, et on mène les autres en avant pour servir de relais, bufp. Loup. || Donner le relais, l&cher après la bête les chiens postés en relais. Monseigneur courut le cerf dans la forêt de Saint-Germain, avec les chiens de M. de Furstemberg; on donna les relais à l'envers c'est une manière de chasser extraordinaire; on ne laissa pas de prendre le cerf et même fort vite, dangeau, i, )29, 2 mars 1885. Ils ont pris ici les sept cerfs qu'ils ont courus, et ce qu'il y a d'extraordinaire, c'est qu'ils donnent leurs relais à l'envers ; leurs vieux chiens sont à la meute, et les chiens les plus vites sont au dernier relais, id. i, H4, 30 mars «685. || Fig. Donner le relais, lâcher quelqu'un pour qu'il agisse, fasse impression. Nous lui donnâmes [au parlement] à cet instant le troisième relais, qui fut l'apparition du maréchal de la Mothe, qui se mit au-dessous de H. de Bouillon, et qui fît à la compagnie le même compliment que lui, retz, Mém. t. i, liv. ii, p. 280, dans FOUGENS. || Relais volant, celui qui suit la chasse. || 3° Lieu où est le relais de voyage ou de chasse. Au premier relais. Au second relais. || Il se dit particulièrement des stations de poste. II y a tant de relais d'ici à tel endroit. || i° Distance fixe que parcourt chaque ouvrier transportant des terres à la brouette. || 5» Terme de fortification. Ancien synonyme de berme (c'est un espace qui est laissé). Il 6" Le terrain que laisse à découvert une eau courante qui quitte une rive pour se porter à l'autre. Il II se dit aussi des terrains que la mer abandonne entièrement. Les lais et relais de mer. || 7° Terme de manufacture. Les ouvertures que l'ouvrier laisse dans une tapisserie, quand il change de couleur et de figure.
— HIST. xvi* s. Les Genevois [Génois] s'efTorçoient à relais [en se relayant] de gaigner la place, jean d'auton. Annales de Louis XII, p. 78, dans la- CUBNE On ne peut faire marcher ce meschant relez, d'aub. Fxn. I, 1 . Le comte de Mansfeld avait partagé ses reistres en autant de relez qu'il y avoit de trouppes, ID. Hist. i, 32:i. Ils eurent bien tost aux fesses le duc de Guise jusques à Montfort, et là il leur decoupla en reliais S. Léger; mais ce fut en vain, ID. ib. ii, 20. Les dix canons des princes n'avoient équipage que pour trois, et 1rs falloit desgager par relaiz, iD. ib. m, 273. Ils demandèrent des eschelles qu'on leur porta; au bout de ces esch-Jles ils demeurèrent sur un reloz entre le rempart et la ruine quiestoit large, id. Ilist. m, 250. Un relais de muraille lui sauva la vie, id. ib. m, 280. Les sièges et relais [sorte de chaise] lui soient d'ivoire blanc, du BELLAY, VI, 63, recto. Les Romains avoient dos chevaux qui se menoient à dextre ou à relais, pour les prendre tous frais au besoing, mont, i, 358.
— ÊTYM. Relaisser; Berry, relais, repos, relâche; ital. rilascio; bas-latin, relaxus. Ces forme» ne laissent aucun doute sur l'origine; \'s y est '. dicale et non adventice, malgré relayer (voy. •* mol). Relois veut dire proprement : ce qui est laissé, relaissé : xr s. Nului ne toiUe à son seignor son dreit service par nul relais [arriéré] que il li ait en arere. Lois de Giiill. 34. || xii* s. K'ainc puis ne fu un jur u nuit qu'il eûst pes, Oue il ne fust batuz cinc feiz u quatre adès, U treiz à tut le mains, n'en volt avoir relais, Th. le mart. I03. || xiv s. Â Robin Garnier, coffrier, pour deux coffres de relais, fermans chacun à deux ferreures, ferrez et clouez
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ainsi qu'il appartient pour mettre et porter en chariot le linge de relaiz de Ms. le duc d'Orléans, de LABORDE, Émaux, p. 477. Coulez [passez] par l'estamine, puis rebroyez les relais [ce qui reste], iUnagier, 11, 6. || xvi* s. Ils se entrelaissoient tousjours au despartir l'un d'avec l'iiutre un aguillon de désir et un reste et relais de chaleur amoureuse, AMYOT, lyc. 28.
RELAISSÉ, ÊE (re-lê-sé, sée), port, passé de relaisser. Arrêté, en séjour. J'avais mieux aimé le venir voir [le roi], tout en arrivant, comme ma seule maîtresse, que de demeurer quelques jours relaissé à Paris, comme faisaient les jeunes gens avec les leurs, st-sim. 41, 223. || Terme de chasse. Un lièvre relaissé est un lièvre qui, après avoir (jté longtemps couru, s'arrête de lassitude. || L'Académie, qui n'a pas le verbe relaisser, considère relaissé comme un adjectif et un terme de chasse.
t RELAISSER (SF,) (re-lê-sé), o.rt/2. |1 1° S'arrêter, prendre séjour. M. de Cambrai partit pour son diocèse : il tomba malade, se relaissa chez Malezieux, son ami et domestique, st-sim, 4 6, )9. Une pie s'étant relaissée un jour dans un arbre, on ne pouvait l'en faire sortir à coups de pierre et de bâtons, id. 62, H 4. Il 2° Terme de chasse. Se dit d'une bête qui, après avoir été longtemps courue, s'arrête de lassitude. || Fig. C'est une des belles chasses qu'il est possible de voir, que celle que nous faisons après M. de Bellièvre et M. de Mirepoix ; ils courent, ils se relaissent, ils se forlongent, ils rusent; mais nous sommes toujours sur la voie, sév. <2 juill. 1675.
— HIST. xii* s. Seignur, fait il, j'apel : car mestier en est grant; Car cist curuz me vait mult durement grevant. Sire, fait cil de Lundres, de tant me relaissiez, Th. Zemar(. 41. Il xiii' s. Kttout ausino come li autre firieu [Grecs] avoient guerpie l'autre cité, ensi avoient il ceste relessiée, villeh. clxv. Quant raison m'ot [entend], si s'en retorne; Si me relest pensant et morne, la Rose, 7268. Que se l'apeleor se voleit relaissier de son appel et desdire sei à court.... Ass. de Jérus. 1, (56. ||xvi"s. [Il] l'avisa comme il se relaissoit dans un hallier, d'aub. Hist. II, (82. Cela apprit aux soldas relîormez qui s'estoient relaissez dans les régiments catholiques, que les leurs tenoient la campagne, id. ib. m, to.
RELANCE, ÉE (re-lan-sé), pari, passé de relancer. Lancé de nouveau. Bientôt je [Empédocle] fus précipité dans la mer, rejeté sur la terre, lancé dans le soleil, relancé dans le tourbillon des airs, barthél. Ariach. ch. 64. Tes traits aigus [ les chansons], lancés au trône même. En relombint aussitôt ramassés. De prés, de loin, par le peuple qui t'aime, Volaient en chœur jusqu'au but relancés, bérano. Adieu, chansons.
RELANCER (re-Ian-sé. Le c prend une cédille devant a et 0; relançant, relançons), v. a. || 1" Lancer de nouveau. Relancer une balle. || 2° Terme de chasse. Lancer de nouveau, c'est-à-dire faire repartir la bête qui, après avoir été lancée, se repose. Je le relance seul [le cerf], et tout allait des mieux, mol. Fdch. u, 7. Ainsi, lorsque, du cerf poursuivant le trépas. Un chien tout haletant le relance dans l'onde, delille. En. xu. Nous formons une enceinte, nous relançons le loup, genlis. Mères riv. t. III, p. H5, dans pouGENS. Il 3" Fig. et familièrement. Aller trouver quelqu'un dans ie lieu où il est pour l'en chasser, et aussi pour obtenir de lui quelque chose dont il ne se soucie guère. Darius disait qu'il s'en irait faire sortir Alexandre de sa tanière, et le relancer dans son fort, vaugel. Q. C. m, 8. Me venir relancerjusqu'en mon cabinet I destoich, Phil. marié, m, 2. L'amitié me rappelle à Cirey; on est venu me relancer ici [en Hollande], volt. ieit. ou pr. roy. de Pr. févr. <737. Un homme impatient, qui venait à tout moment me relancer pour des comptes, pour des signatures, picard, U. Musard, se. t. Il 4° Fig. Gourmander, traiter mal en parole ou en action. Caron.... le relança à grands coups d'aviron, J. bruslé, Lucien en belle humeur, t. i, p. 306, dans POUGENS. Oui-da, il voulait raisonner; mais nous l'avons relancé, hauteroche, Crispin médecin, 1,8. On ne parla que de vous.... et du dessein de parler comme il faut à Merlusine [Mme de Marans] ; je vous réponds qu'elle sera bien relancée, sév. 6 févr. )67t. Le marquis est adroit; comme il l'a relancél th. corn. Comt. d'Orgueil, 11, to. Si vous voyez notre ami, je vous supplie de le bien relancer sur la belle idée qu'il aeue, volt. Lett. Mme de Fontaine, 17 juin 1756. Au premier moment où Mme de Luxembourg me vit en particulier, elle me relança vivement sur ce conseil qui me parut l'avoir alarmée, j. j. houss. Conf. XI. Il S» Terme de jeu. Proposer plus que l'adversaire; synonyme de renvier.
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— HIST. XIV" S. Houlier et ribaut et paillart. Qui tousjours la guerre commencent, Kn Normandie se relancent, o. guyart, dant le l)ict. de dochez. Il XVI* s. Relancer une femme, oudin, Curios. franc.
— ÊTYM. Re..., et lancer; Berry, arlancer.
RELAPS, APSE (re-laps, la-ps'), adj. || fQui retombe dans l'hérésie, après en avoir fait l'abjuratioa publique. Les ligueurs, voulant exclure Henri IV comme hérétique relaps, st-sim. 36 i , 22. Si, par malheur, il vous arrivait de retomber entre nos mains, vous seriez puni comme relaps, et, par conséquent, brûlé, LRSAGE, Est. Gonx. 42. La Ligue osa appeler ces princes relaps [Henri de Navarre et le prince de Condé, qui s'étaient faits catholiques à la Saini- Barthélemy, et qui, libres, étaient retournés au protestantisme]; ils ne l'étaient point; on les avait forcés, VOLT. Fragm. sur l'hist. vu. Ses juges [de Jeanne d'Arc], qui n'étaient pas a.ssurément en droit de la juger, puisqu'elle était prisonnière de guerre, la déclarèrent hérétique relapse, id. Mœurs, 80. Il Substantivement, un relaps, une relapse. Les relaps, lorsque la rechute est bien constatée, doivent être livrés à la justice séculière, quelque protestation qu'ils fassent pour l'avenir, et quelque repentir qu'ils témoignent, volt. Diet. phil. Inquisition. Il Fig. Si le délinquant, s'étant rangé, retombe, il commet un nouveau délit plus grave et qui mérite un traitement plus rigoureux ; il est relaps, et les voies de le ramener à son devoir sont plus s^ vères, j. j. rodss. Lett. de la Mont. 5. || 2° Dans l'Église, celui, celle qui retombe dans le péché pour lequel pénitence a déjà été faite. La possibilité de la conversion pour les pécheurs même relaps, bourdal. Serm. is' dim. après la Pentec. Dominic.i. iv, p. I33.
— HIST. [Ils accouraient au roi] sans se soucier de ces mots bruyantsde relaps dont les ligueurs faisoient tant de parade, sully, dans le Dict. de dochkz.
— ÉTYM. Lat. relapsus, retombé, de re, et lahi, tomber (voy. laps).
t RELAUGAGE (re-lar-ga-j'), s. m. Action de verser dans l'huile la lessive destinée à faire le savon, et de brasser le tout exactement.
RÉLARGI, IE (ré-lar-ji, jie], port, passé de rélargir. Une rue rélargie.
RELARGIR (ré-lar-jir), v. a. Rendre plus large.
— HIST. XII' s. Tout ce que nous bouchions de flum devers nous, il relargissoient devers eulx pour les eaues que il fesoient, joinv. 221.
— ÊTYM. Re..., et élargir; wallon, rildrgi.
I RÉLARGISSEMENT (ré-lar-ji-se-man), *. m. Action de rélargir.
RELATÉ, ÉE (re-la-té, tée), par», passé de relater. Il 1° Raconté. Les faits relatés dans le procèsverbal. Il 2° Mentionné. L'acte relaté dans cette transaction. La pièce relatée ci -dessus. On dirait de même : l'acte susrelaté, la pièce susrelatée.
RELATER (re-la-té), v. a. Raconter. Il relata toutes les circonstances de l'événement. || Mentionner. Relater une pièce dans un procès-verbal.
— HIST. XV' s. Et relata son message bien et duement, ainsi qu'il appartenoit, froiss. 1,1, il». La furent toutes les paroles au-devant dites relatées et proposées, entendues et accordées, id. i, i, os.
— ÉTYM. Ital. relalare; du lat. relatus, participe passif de referre (voy. relation).
(■ RELATEDR (re-la-teur), *. m. Celui qui relate. Vos historiens nous sont inconnus; on n'en a que des morceaux extraits et rapportés par des relateurs peu critiques, FÉN. t. xix, p. <5i. H Celui qui fait la relation d'un voyage, d'une aventure. Les anciens relateurs ont écrit que l'urine des chameaux produit, sur les sables salés de l'Arabie et de la Libye, du sel ammoniac en grande quantité, buff. Mm. t. ui, p. 444.
— HIST. XVI* s. Relateur, cotgrave.
— ÊTYM. Ital. relalore; du lat. relalorem, de re- (otutn, supin de referre (voy. relation).
RELATIF, IVE (re-la-tif, ti-v'), adj. || 1* Qui s« rapporte à. Cette clause est relative à la succession. Il prétend que tous les événements relatifs à lui qui paraissent accidentels et fortuits, ne sont que de successifs développements concertés d'avance, J. ;. Rouss. 2' dial. On disait alors que les Américains ne connaissaient pas le prix de l'or et de l'argent ; on parlait comme si ces métaux devaient avoir une valeur absolue ; on ne songeait pas qu'ils n'en ont qu'une relative aux usages de l'homme, et que, par conséquent, ils n'en ont point pour un peuple qui n'en fait rien, condil. Comm. gouv. i, 15. Il Absolument. Le plaisir relatif est celui qui naît de la comparaison que l'âme fait entre ses idées ou entre ses situations, bonnet, Ess. anal, dme, <7. Est-elle [Mme de Montespan] jalouse delà
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bonté que le roi me témoigne? mais cette bonté n'est que relative. — Relative? eh bien! voilà ce que personne ici ne croit, genlis, Mme de Maintenon, t. 1, p. «90. Il 2° Il se dit de certains noms dont l'idée en emporte une autre. Père est relatif parce que son idée emporte celle de fils. Le mouvement et le temps sont relatifs l'un à l'autre, pasc. Espr. giom. I. Cause et effet sont des termes relatifs, CONDIL. Traité des syst. ch. <o. US" Synonyme de contingent, accidentel, variable, par opposition à absolu. Les idées relatives. La position relative de l'homme dans l'univers. Distinguant l'adoration souveraine d'avec l'inférieure, et la relative d'avec l'absolue, boss. Lett. sur Vador. de la Croix, l'oute grandeur, toute force, toute puissance est relative, liONTESQ. Esp. IX. 9. Le mouvement, le temps, la dureté, la mollesse, les dimensions, l'éloignemcnt, l'approximation, la force, la faiblesse, les apparences de quelque genre qu'elles soient, tout est relatif, volt. Dict. phil. Apparence. Pour connaître les corps il ne suffit pas d'en observer les qualités absolues; il faut encore en observer les qualités relatives ; et, par conséquent, il faut, à mesure qu'on les analyse, les comparer les uns avec les autres, condil. Gramm. Préc. des leç. prél. art. 4. Les mœurs locales et la vérité relative, marmontel, Œuv. t. x, p. 467. Il S. m. Terme de philosopbie. Le relatif, opposé à l'absolu. Il 4° Terme de grammaire. Pronom relatif, ou, substantivement, le relatif, pronom qui a rapport à un nom ou à un pronom qui précède, et qu'on appelle antécédent. Qui, lequel sont des pronoms relatifs, sont des relatifs. Ce que nous avons dit des deux usages du relatif, l'un d'être pronom, et l'autre de marquer l'union d'une proposition avec une autre.... duclos, Œuv. t. ix, p. U\. || Certains grammairiens donnent à ces pronoms le nom d'adjectifs relatifs. || Proposition relative, par opposition à proposition absolue, celle qui est jointe à une autre, et qui forme avec elle une proposition composée. || 5° Terme de musique. Un ton majeur est dit relatif par rapport à un autre ton mineur, et vice versa, lorsque tous deux ont, cbacun dans sa gamme diatonique respective, six notes communes sur sept, ou, plus simplement, quand ils ont le même nombre de dièses ou de bémols à la clef.
— HIST. xm* s. Es choses relatives, brun, latini, Très. p. 324. Il iiv' s. Grand et petit sont noms relatis, ORESME, Thèse de meunier. || xvi" s. Je n'aime point cette suffisance relative et mendiée [science prise dans les livres], mont, i, 44.
— ÊTYM. Prov. relatiu ; espagn. et ilal. relativo ; du lat. relativus (voy. relation).
RELATION (re-la-sion; en vers, de quatre syllabes), i. {.\\ 1° Ëtat d'une chose qui tient à une autre. Une étroite relation lie ces deux questions. Il a régné pendant quelque temps une sorte de conversation fade et puérile, qui roulait toute sur des questions frivoles qui avaient relation au cœur et à ce qu'on appelle passion ou tendresse, la bruy. V. La relation sociale des sexes est admirable ; de cette société résulte une personne morale dont la femme est l'œil et l'homme le bras, J. i. bouss. Ém. V. La nature en Italie fait plus rêver que partout ailleurs; on dirait qu'elle est ici plus en relation avec l'homme, STAËL, Corinne, y, 3. || 2° 'ferme de philosophie. Rapport entre deux personnes, entre deux choses, considérées respectivement l'une à l'autre. La relation du père au fils et du fils au père. Le ministre [Jurieu] croit m'étonner en me demandant si je prêche à mon peuple les notions, les relations, les propriétés des trois divines personnes ; et il est assez ignorant pour se moquer, en divers endroits, de ces expressions de l'école, boss. 6» avert. < I2. Comme nous avons des relations différentes avec les différents objets qui sont hors de nous, chacune de ces relations produit un genre de sensations et d'idées différentes, buff. Ess. arith. mor. Œuv. t. x, p. 203. ||3° Liaison, commerce, correspondance. Nous sommes en relation d'amitié avec lui. Relations commerciales, politiques. Corbinelli a été ici deux jours.... c'est lui qui maintient l'union.... tout a relation et se mène par Corbinelli, sév. 2 sept. 1676. Quelles pensez-vous que furent les voies qui le conduisirent à cette fin? la faveur ? il n'avait eu d'autres relations à la cour que celles que lui donnèrent ou ses affaires ou ses devoirs, fléch. Lamoignon. Je crains que des relations avec Mme des Ursins et même avec M. de Chalais ne l'aient rendu suspect, maintenon, Lett. à Mme de Dangeau, 18 déc. t7i8. Il n'est pas savant, il a des relations avec des savants, la brut. n. J'ai beaucoup de relations avec l'Espagne pour la vente des montres de ma colonie, volt. Lett.
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Mme du Délirant, s janv. )77). Sa timidité souffrait de se trouver tout à coup dans une relation habituelle avec un homme qu'il ne connaissait pas, STAËL, Corinne, i, 3. II croyait que les relations de la vie sociale devaient l'emporter sur tout, id. ib. XIII, 3. Notre génie [italien] nécessairement dépendant des relations sociales et des circonstances extérieures, id. ib. ii, 2. !| Les personnes mêmes avec lesquelles on est lié. Il a de belles relations. Il <• Terme de musique. Rapport des sons, intervalle. Il Fausse relation, se dit des intervalles superflus ou diminués. || 5° Terme d'anatomie. Position respective des parties l'une par rapport à l'autre. Les relations d'une artère avec un nerf. || 6' Récit, narration d'un fait, d'un événement. M. de Saint- Surin m'a fait là-dessus d'excellentes relations, balz. Liv. V, lett. s. Adieu, je sens que l'envie de causer me prend, je ne veux pas m'y abandonner : il faut que le style des relations soit court, sév. à Pompone, il nov. <664. Vous me faites une relation divine de votre entrée dans Arles, id. 6 mars 467). Oui croirait que cet Alfred [roi d'Angleterre], dans des temps d'une ignorance générale, osa envoyer un vaisseau pour tenter de trouver un passage aux Indes par le nord de l'Europe et de l'Asie? on a la relation de ce voyage écrite en anglo-saxon, volt. Mœurs, 26. J'ai reçu.... une lettre que je ne me lasse point de relire, et qui contient des relations d'un paysan plus sage, plus vertueux .... que tous les philosophes, j. j. rouss. Lett. à Hub. 24 déc. 1761. Ils [les Spartiates] reçurent de Lysander, général de leur armée, une lettre conçue en ces termes : Athènes est prise. Telle fut la relation de la conquête la plus glorieuse et la plus utile pour Lacédémone, barthél. Anach. ch. 48. || Terme de relation, se dit des mots donnés par les voyageurs comme étant employés dans les pays qu'ils ont visités.
— HIST. XIV* s. L'en fait tousjours relation à aucune espccial malice, oresme, Eth. <43. L'en nous loe par relacion et en regart ou raport à aucune chose meillour, id. ib. 28. || xv* s. Ouand celle response [du comte de Flandre] fut faite et la connoissance en fut venue à cent de Gand par la relation faite de ceux des consaulx des trois pays.... FROiss. II, II, ISO. Et dès lors le roy [Charles Vlll] commandoit, qui n'avoit que treize ans, à la relation de cedit conseil, comm. v, 18. ||xvi' s. Les choses mortes ont encores des relations occultes à la vie, MONT. I, 20. La correspondance et relation qui engendre les vrayes amitiez, id. i, 208. Un ordre et une relation infaillible des unes choses auxaultres, ID. Il, 4. Cela fut cause de le faire débouter d'un troisième tribunal, combien qu'il eust le plus grand nombre de voix en sa faveur, parce que ses compagnons en feirent injusiement et malicieusement une fausse relation, amïot, Gracques, 46.
— ÉTYM. Prov. relation; espagn. relacion; ital. relaxione; du latin relalioncm, de relatiu, part, passif de referre, rapporter.
t RELATIONNAIUE (re-la-sionê-r'), s. m. Néologisme. Celui qui compose ou qui publie des relations de voyage.
— ÉTYM. Relation.
RELATIVEMENT (re-la-ti-ve-man), adv. |j 1° Par rapport à. Les aimants ne sont pas tous d'égale force, à beaucoup près; plus les pierres d'aimant sont grosses, moins elles ont de force attractive, relativement à leur volume, buff. Min. t. ii, p. 135. On ne trouve point ici [à Athènes] des fortunes aussi éclatantes que dans la Perse ; et, quand je parle de l'opulence et du faste des Athéniens, ce n'est que relativement aux autres peuples de la Grèce, bartbél. Anach. ch. 20. Rosine : Et vous appelez cela un défaut? — Figaro : X la vérité ce n'en est un que relativement à sa mauvaise fortune , beaumarch. Barb. de Sév. Il, 2. Il 2° D'une manière relative. Cela n'est vrai que relativement, et non d'une manière absolue.
— HIST. XVI' s. Toutes les choses sont ou absolument et simplement en leur estre, ou relativement eu esgard à nous, amyot, De la vertu mor. 9.
— ÉTYM. Relative, et le suffixe ment; prov. relativamen; espagn. et ital. relativamente.
t RELATIVITÉ (re-la-ti-vi-té), s. f. Terme de philosophie. Qualité de ce qui est relatif.
t RELATTER (re-la-té), v. a. Garnir de lattes do nouveau.
— ÉTYM. Tic et/a{(er. Relatare se trouve dans
un texte de 1409.
UELAVÉ, EE (rcla-vé,vée), part, passéia relaver.
RELAVER (re-la-vé), v. a. Laver de nouveau. Après avoir longtemps lavé, Et relavé son œil crevé, scARR. Virg. m.
— HIST. xiv s. Froter en rivière, puis relaver en
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eaue tiède, Ménagier, ii 6. || xvi« s. Lave moi, sire, et relave bien fort De ma commise iniquité mauvaise, mabot, IV, 294. Faites tremper ceste graisse dans l'eau roze l'espace de six heures, puis relavésla par douze fois différentes avec du vin blanc,
RELAXATION (re-laxa-sion) , ». /. || 1" Terme de médecine. Synonyme actuellement inusité de relâchement, de tension diminuée. La relaxation des fibres. Il 2''Termede jurisprudence. La relaxation d'un prisonnier, sa mise en liberté, jj 3° En droit canon, relaxation des peines, diminution ou entière rémission des peines.
— HIST. XV' s. Edifier fayde paix un autel, Du jou [joug] pesant fay relaxation, E. desch. Poésies mss. f» 59. Il XVI* s. L'aneurisme est engendrée.... par dilatation ou relaxation d'une artère, parê, v, 30. La relaxation de la matrice, id. vi, 15.
— ÉTYM. Prov. relaxatio; espagn. relaxacion ; ital. rilassassione; du lat. relaxationem , de rclaxare (voy. relâcher).
RELAXÉ, ÉE (ro-la-ksé, ksée), pari, passé de relaxer. Mis en liberté. Un prisonnier relaxé.
RELAXER (rela-ksé), v. a. || 1° Terme de médecine. Synonyme aujourd'hui inusité de relâcher, rendre moins tendu. Des muscles relaxés. || 2° Terme de palais. Remettre en liberté. Que tu es cruelle à ceux que tu enfermes, et que tu ne relaxeras jamais I LE p. SIMON MARS, Myst. du roy. de Vieu,
p. 24, dans POUGENS.
— HIST. XV* s. Si fut cette journée relaxée, jusques à une autre fois que on auroit plus grand loisir, FROiss. i, I, 3 H . Il XVI* s. La friction molle amollit et relaxe, et rend le cuir doux et poly, paré, Introd. 15. Medicamens anodins, lenitifs et relaxans, id. ib. 5. Le pape la relaxe du vœu, pasquieb. Recherches, VIII, p. 740, dans lacurne.
— ÉTYM. Relaxer est, sous la forme latine, le même mot que relâcher (voy. ce mot).
RELAYÉ, ÉE (re-lè-ié, iée),part. possède relayer. Des ouvriers relayés sans cesse par des survenants.
RELAYER (re-lè-ié), v. a. 11 se conjugue comme payer. || 1° lise dit des personnes qui les unes après les autres prennent un travail. Dix pionniers relayaient de deux heures en deux heures ceux qui creusaient le fossé. Elle fit appeler sa femmede chambre pour relayer cette nuit la Kancbon, j. j. rouss. Ilél. VI, 11. ||Fig. C'était le dessein d'être relayé par un autre d'une dépense qui.... hamilt. Gramm. 6. Une meute de jansénistes, qui aboie après moi depuis si longtemps, qui relaye les jésuites Nonotie et Patouillet, volt. Lett. d'Argental, 3 nov. 1/76. Il 2° Occuper l'un après l'autre. Relayant ainsi l'esprit et le corps l'un par l'autre, j'en tirais le meilleur parti qu'il m'était possible, sans jamais fatiguer aucun des deux, j. j. rouss. Ém. v. || 3° V. n. Prendre des relais de chevaux frais. Mon père, qui remarqua l'impatience du roi [Louis XIII] à relayer, imagina de lui tourner le cheval qu'il lui présentait, la tète à la croupe de celui qu'il quittait, st-sim.6, 81. Il II se conjugue avec l'auxiliaire avoir. Il a relayé en tel endroit. || 4" Se relayer, v. rcfl. Travailler alternativement. Les loups, les renards, les "chiens sauvages se réunissent, s'entendent, s'aident, se relayent et partagent la proie , buff. Chien. Les bourreaux fatigués se relayaient les uns les autres, chateaub. les Mart. liv. xxi. || Fig. Il croit que tons les yeux sont ouverts sur lui, et que les hommes se relayent pour le contempler, la bruy. ii. U semblj qu'elles [les femmes d'un sérail] se relayent pour m'ejercer, et que leurs fantaisies se succèdent, montesq. Lelt. pers. 9. On se relayait pour le tromper [Louis XIV] ; pouvait-il résister à la séduction? VOLT. Pol. et lég. Delà toUrance, post-scriptum.
— HIST. XVI* s. Il se sauve par la porte St-Antoine, n'allant quelque fois que le trot, et trouve un cheval d'Espagne pour le rellaierpar delà le petit St-Anthoine, d'aub. Hist. ii, 13.
— ÉTYM. Origine incertaine. Du Cange le tiré d» lée, voie large; Frisch, de l'angl. lo relay, placer, mettre ; Diez, avec doute, du latin religarc. Le mot paraît tout récent;s'iircsteneffet, ilnepeutavoirété formé à une telle époque, soit de lée, soitde torelay, soit de religare ; mais la date récente permet de croire que le verbe a été fait irrégulièrement de relais, en négligeant l's, qui ne se prononçait pas; comme formation populaire négligeant une finale non pr"^ noncée, notez ornemaniste pour ornemcntiste.
t RELAYEUR (re-lè-ieur), s. m. Celui qui entretient des relais de chevaux. Chaque relayeur a des marchés écrits avec les voituriers par eau, et doit parcourir les relais dans un temps donné, e. ghan- GEZ, Voies navigables de France, p. 108.
REL
BEL
REL
t RELECTUBE (re-lè-ktu-r") , t. f. Action de relire, seconde lecture.
RELCGATION (re-lé-ga-sion ; en ver», de quatre syllabes), *. f. Confinement en un lieu déterminé, avec conservation des dioils politiques et civils, à la différence du bannissement qui les ôtait. Nous ne voyons dans le Digeste et dans les codes de Théodose et de Justinien qu'infamies, qu'amendes pécuniaires, qu'exils, que relégations, que mains coupées, MURET, Cérim. funèbres, p. ïso, dans
POUGENS
— HIST. xiv* S. Relegacion, c'est bouter hors les gens excellcns et les cbacler de la cité, oresmb, Thèse de meunier.
— ÊTYM. LAi.relegationem, de rrfejare, reléguer. RELÈGUE, ÉE (re-lé-ghé, ghée) , part, passé de
reléguer. |1 1° Confiné en un lieu déterminé. Le duc d'Épernon, qui avait faitdonner la régence à la reine [Marie de Médicis], alla la tirer du cliâteau de Blois, où elle était reléguée, volt. Mcrurs, 175. || Substantivement. Quelles vues, quels desseins, quels projets peuvent avoir des esclaves sans âme, ou des relégués sans puissance [11 s'agit des animaux sauvages repoussés au loin par l'homme] f bufp. Quadr. t. m, p. 40. Il S" Mis à l'écart. Il vivait relégué sur les bords de l'Euphrate, tristan, Marianne, iv, t. Les méchants et les impies, qui ont leur règne sur la terre, seront honteusement relégués aux ténèbres extérieures, boss. Sermons, Septuagésime, préamb. Un petit animal [l'homme] relégué dans un coin de cet espace immense qu'on appelle monde, la bruy. XVI. Il II se dit aussi des choses. L'on ne peut pas douter que le soleil ne soit environné d'une sphère de matières volatiles que sa violente chaleur tient suspendues et reléguées à des distances immenses, BUFP. t" ép. nat. Œuv. t. xii, p. 84. {| Fig. Ces usages, ces préjugés sont relégués au village, on ne les trouve plus que parmi les gens de campagne. Il 8° S. m. Se disait, dans le corps des gendarmes du roi et dans celui des chevau-légers, delà retraite accordée à celui qui avait servi pendant un certain nombre d'années.
RELÉGUER (re-lé-ghé. La syllabe W prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : je relègue, excepté au futuret au conditionnel : je reléguerai ; je reléguais, nous reléguions, vous reléguiez; que je relègue, que nous reléguions, que vous reléguiez), ». a. || 1" Confiner en un endroit déterminé, avec conservation des droits civils et politiques, à la différence du banni qui les perJait {Quippe relegatus, non exiul dicor.... Nec mihi jus civis, née mihi nomen abett, a dit Ovide, Tristes, ii, <35). L'empereur ne le fit point condamner [Ovide] par un arrêt du sénat, et il se servit du terme de reléguer, qui, dans le droit romain, était plus doux que le terme bannir, rollin, Hist. ane. liv. xxv, i, 2, 2. Il 2° Dans le langage général, infliger le confinement en un lieu déterminé. S'il [le mortl est trouvé coupable de crimes qui soient d'un genre à pouvoir être expiés, il est relégué dans le ïartare pour un temps seulement, et avec assurance d'en sortir quand il aura été suffisamment purifié, rollin, Hist. anc. Œuv. t. iv, p. 490, dans pougens. Le parlement de Paris vient d'être relégué dans une petite ville qu'on appelle Pomoise, montesq. Lett.pers. uo. Dépouillé de tous ses biens, qui étaient immenses, il [Basile Galitzin] fut relégué sur le chemin d'Archangel, volt. Russie, i, 5. || Par extension. Ce n'est pas assez de faire une guerre heureuse contre ces barbares [les Turcs].... ce n'est pas assez de les humilier, il faudrait les reléguer pour jamais en Asie, volt. Lett. à Catherine ii, février 1769. Il 3" Mettre, tenir à l'écart. Il relégua son fils à la campagne. Pourquoi, de cette gloire exclu jusqu'à ce jour, M'avez-vous, sans pitié, relégué dans ma cour? HAC. Brit. Il, 3. Les deux princes ne furent pas plutôt en âge de régner, qu'ils reléguèrent Œdipe au fond de son palais, barthél. Anach. Introd, part, t . Il Fig. Ce n'est pas qu'on y jouât alors [dans la tragédie, chez les anciens] les passions des jeunes gens; nous avons vu à quel rang on les reléguait [dans la comédie], boss. Coméd. iS. || 4" Fig. Il se dit des choses qu'on met à l'écart. Il faut reléguer ces vieilleries au grenier. Il faut reléguer au rang des fables ces majestueux palais destinés à loger les incas dans le lieu de leur résidence et dans leurs voyages, baynal, Jlist. phil. vu, 6. || 5° Se reléguer, V. réjl. Se retirer, se mettre à l'écart. Ses disciples [d'Iidesius] l'empêchent d'aller, par une crainte indigne d'un philosophe [la persécution], se reléguer dans le fond d'une forêt, uider. Opin. des anc. philos, (éclectisme).
— HIST. xiv* S. Ne bannir ne reléguer, oresme.
Thèse de meoniïb. || xvi* s. Les Athéniens le bannirent et reléguèrent hors de leur ville pour cinq ans. amvot, Thém. 43. L'heremite relégué aux déserts d'Arabie, mort, iv, (56.
— ÉTYM. Provene. relegar, releguar-, espagn. relejar: ital. relegare; du lat. relegare, de re, et tegare, envoyer (voy. légat).
RELENT (re-lan), s. m. Mauvais goût que con tracte une viande dans un lieu humide. Goût de relent. Odeur de relent. IJFig. Mme de Maintenon avait de ces modesties qui sentaient le relentde son premier état, mais qui pourtant ne passaient pas l'épiderme, st-sim. «29), )75.
— HIST. xm* s. Que li blés soit tenus netement, ne mie en fosse ne en relent, ains doit iestre en maisons oii vens puist entrer, alebrant, f. 4i. Il XV* s. Ains que [avant que] nappes soient lavées, Put en ta chambre li relans, Tes linges sont ors et puans, E. DESCH. Poésies mss. f. 378. ||xvi" s. Les marchands font mettre en cuves et celliers leur sel, au moyen de quoy il ne peut bonnement sécher, mais demeure moite et relant.... Ordonn. H nov. 4 508. Mais quant à la moysissure et au reland du dedans de son ame, il ne l'eschauffe ny ne l'esclaircit point par la philosophie, amyot. Comment ouïr, 30. La nuict desur la terre à tes flancs reposer. S'endormir près de toy sur les herbes relantes, BONS. 794. Une grotte relente, in. 935. Les vers qui naissent es chairs pourries et relentes, cbarles iz. Chasse roy. vi.
— ÉTYM. Génev. lent : cette viande sent le lent; provenç. reles; catal. relient. Origine controversée. Ménage indique le latin raneidus, rance; mais il n'est pas possible de passer d'une forme à l'autre. On a proposé le latin redolens, qui a de l'odeur; mais, quand même la dérivation serait facile, redojens ne satisfait pas au sens d'humide et visqueux qu'a eu reient. Ce sens est le primitif; il conduit au latin lentus, visqueux, glutineux. Lent a à Genève le sens de relent, et à Paris au xvii* siècle (voy. vau- GELAS, Rem. t. II, p. 827) le peuple lui donnait la signification d'humide. La forme catalane s'y prête très-bien; en catalan, l'J du radical se redouble après re; relient est formé comme relluir. Seule la forme provençale fait difficulté; mais, en présence de l'accord des formes française et catalane, en présence de laconformité du sens avec le latin lentus, on peut croire que le provençal a formé le mot comme s'il venait d'un adjectif relensus, comme pes, de pensum.
t RELENTI, lE (re-lan-ti, tie), adj. Qui a goût, odeur de relent (terme vieilli). Cette fange relentie, NAUDÉ, Rosecroix, m, 2.
t RËLER (SE) (rê-lé), V. réfl. Se fendre de haut en bas, sous la forme d'une vis ; se dit en parlant du suif fondu. ||Se fendre à la tète; se dit des pains de sucre.
— ÉTYM. Norm. raile, raie (voy. railure); pommes railée', pommes rayées.
t RELEVAGE (re-le-va-j'), s. m. \\ !• Action de relever. || i' Particulièrement, action de retirer les lettres des boites qui les ont reçues. Le relevage des boîtes n'avait pas encore été effectué. || 3° Action d'éplucher et de nettoyer le papier encore humide, qui vient d'être fabriqué.
RELEVAILLES (re-le-vâ-U', Il mouillées, et non re-le-vâ-ye), s. f. pi. Cérémonie qui se fait à l'église, lorsqu'une accouchée y revient pour la première fois et se fait bénir par le prêtre. Figurez-vous qu'on m'avait ordonné une grande pièce de théâtre pour les relevailles de Mme la Dauphine, que j'en étais au quatrième actequand Mme la Dauphine mourut.... VOLT. Lell. Cideviile, 1 9 août 4 740. A la cérémonie des relevailles, on chantait le psaume Nisi Dominus, chateaubr. Génie, iv, i, 3. || Petit repas qui se fait au retour de l'église, à cette occasion.
— HIST. XV* s. [Le duc d'Anjou] eut volonté de retourner arrière vers Toulouse et de voir sa femme qui estoit relevée d'un beau fils; et vouloit à ses relevailles à Toulouse tenir et faire une grande Teste, FROiss. ii, ii, 4 2.
— étyji. Relever. On trouve aussi relevée au sens de relevantes, et le simple levailles : Les commères viennent, et se font les levailles belles et grandes, Les quinze joyes de mar. p. 78.
t RELEVANT, ANTE (re-le-vail, van-t'), adj. Il 1° Qui est dans la mouvance d'une seigneurie. Il y eut toujours depuis [François I"] des gentilshommes de la nation qui furent pairs du royaume ; leur pairie fut attachée à leurs terres relevantes immédiatement de la couronne, volt. Hist. pari. VIII. Il 2° Fig. Qui dépend de, qui se rapporte à. Nous ne voyons pas dans ces faits tant exagérés sur
Libérius et sur le concile de Rimini, qu'il y ait l'ombre seulement d'une inlerru(ition ; les autres fait* sont bien moins relevants, boss. 2* instr. past. <os. RELEVÉ, ÉE(re-le-vé,vée),par». possède relever. Il 1" Remis debout. Votre llionencor peut sortir de sa cendre; Je puis, en moins de temps que les Grecs ne l'ont pris,Dans ses murs relevés couronner votre fils, BAC. Andr. i, 4. Le bourbier de Vincennes est desséché et relevé, on n'y versera plus, la bruy. vu. Un mur de six milles de longueur, souvent releva et abattu, fermait l'isthme, chateaubr. /tin. part. 4. Il Dressé, droit. Avec leur ton de poule laitée, leurs trois brins de barbe relevés en barbe de chat.... MOL. l'An. II, 6. Le sourcil relevé, l'oeil vif, l'oreille rouge, les lèvres vermeilles, l'air fier, volt. Cand, 14. Le touraco du cap de Bonne-Espérance ne diffère de celui d'Abyssinie que par la huppe relevée en panache, bufp. Ois. t. xi, p. 422. || Régnier a dit : relevé de moustache pour portant moustache relevée : Quand un jeune frisé, relevé de moustache. Sol. viii. Il 2° Sur pied, après des couches. Le roi donna une fête à Marly à Mme la duchesse de Bourgogne, alors relevée, st-sim. 4 35, 243. || 8° Terme de manège. Les airs relevés, la pesade, le mésair, la courbette, la croupade, la ballottade, la cabriole, le pas et le saut. || Dans un sens analogue. Il marchait d'un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette, la pont. Fabl. i, 4. || Terme de danse. Pas relevé ou neuf, celui qu'on fait lorsque, après avoir plié au milieu du pas, on se relève en le finissant Il 4° Terme de sculpture et de broderie. Ouvrages relevés en bosse, ouvrages de relief qui sont attachés à un fond. Judith voyant Holopherne assis sous son pavillon qui étaitde pourpre en broderie d'or, relevé d'émeraudes et de pierres précieuses, saci, Bible, Judith, i, 19. Une tapisserie relevée d'or, LA FONT. Psyché, I, p. 42. Une jeune dame couchée dans un lit de satin cramoisi, relevé d'une broderie d'or, LESAGE, Diabl. boit. 8. || 6° Qui a obtenu de ne pas accomplir son vœu, son serment, etc. L'abbé de Vertot, qui, emporté dans sa jeunesse par une fièvre de dévotion, avait commencé par se faire capucin, et qui, relevé de ses vœux, devint membre de l'Académie des belles-lettres et un de nos historiens les plus estimés, d'alemb. Élog. l'Ab. de St-Pierre, note 2. Si vous me cachez jamais les moindres circonstances de vos aventures, je me tiens, en conscience, relevée du serment de fidélité que je vous ai fait, comte de caylus, Œuv. t. xii, p. 53, dans pougens. || 6° Une sauce relevée, sauce d'un haut goût. On tombe dans le défaut de répandre un peu trop de Sel, et de vouloir donner un goût trop relevé à ce qu'on assaisonne, pén. t. xxi, p. (93. Il Par extension. Il ne manquerait pas.... de vous parler.... de perdrix relevées d'un fumet surprenant, mol. Bourg, gent. iv, 4 . || 7* Fig. Qui est remis en un état plus haut, meilleur. Que ne puis-je révéler les secrets de sa charité?... là, un mérite naissant qu'aurait accablé le poids de sa mauvaise fortune, relevé par ses libéralités.... pléch. Duc de Mont. \\ 8» Fig. Noble, fier. Sa mine relevée [de Salomon] le faisait aimer; mais sa justice le faisait craindre, boss. Sermons, Devoirs des rois, 2. Il 9" Fig. Qui est rehaussé, rendu plus remarquable. Et la science relevée par l'éclat de l'autorité, pasc. dans cousin. U [Royer] joint l'esprit de Lulli à la science de Rameau, le tout relevé de beaucoup de modestie, volt. Lett. Thiriot, «9 déc. (754. || 10° Qui a de l'élévation morale ou intellectuelle. Tes écrits.... Qu'ils soient pleins, relevés, et graves à l'oreille, uâoNiER, Sal. IV. Les conceptions de vos lettres.... sont conformes au sens commun de ceux qui ont le jugement relevé, balz, liv. i, lett. ). S'il ne s'y rencontre point [dans un ouvrage de théâtre] de péril de vie, de pertes d'Éiats, ou de bannissement, je ne pense pas qu'il ait droit de prendre un nom plus relevé que celui de comédie, corn. (•' discours. Ce sentiment sans doute est noble et relevé, mol. Tart. II, 4. Nous avons ici la lettre de M. de Saint- Cyran de la Vocation, imprimée depuis peu; elta est fort relevée, pasc. Lett. à Mme Périer, i" avril (648. Je vous souhaite, madame, la continuatioa des grâces [de Dieu] que vous avez et l'augmentation , parce qu'on n'en saurait trop avoir ; après ce ton si relevé, pourrais-je vous parler du besoin que j'ai que mon fermier.... sév. à Mme de Guitaut, I" janv. (894. Les sectateurs de Platon et de Pythagore, qui, du commun consentement de tout le monde, sont ceux qui de tous les philosophes ont eu les connaissances les plus relevées, boss. (" serm. Démons, préambule. Je le déclare donc... Pradon comme un soleil en nos ans a paru.... Saufal est le phénix des esprits relevés, boil. Sat. ix. U peut haïr les
BEL
REL
REL
hommes en général où il y a si peu de veitu; mais il excuse les particuliers, il les aime même par lies motifs plus relevés, la bruy. xi. L'opinion peu relevée qu'on se forme communément dans le monde de l'état des gens de lettres, d'alemb. Œhv. X. m, p. 76. Il Dans un sens défavorable. Il a des mots hargneux, bouffis et relevés, Qui du peuple aujourd'hui ne sont pas approuvés, bégnier, Sat, ix. Il Être d'une condition relevée, être de grande qualité. Pour empêcher que les grandes fortunes et les états de la vie plus relevés ne servissent à exciter l'ambition des hommes et à l'entretenir, bourdal. Dim. de la septuagés. Dominic. t. i, p. 370. |{ Dans «n sens analogue. Elle n'a pas toujours été aussi relovée que la voilà, mol. Bourg.gent.in, (2. || 11 S. m. Action de relever. Le clin d'oeil renferme trois points successifs : l'acte de la volonté qui le commande, l'abaissement de la paupière, et son relevé. Il la* Terme de maréchal. Se dit en parlant d'un fer qui, bon encore, mais déformé ou ayant perdu plusieurs clous, est entièrement détaché par le maréchal, qui le passe au feu, le bat au besoin, et l'applique chaud, au moyen de clous neufs, sur la corne parée à cet effet. || 13° Terme de cuisine. Un nouveau service, ou un nouveau plat qui en remplace un autre. Un relevé de potage. || 14° Terme de vénerie. Temps où la bête sort de son gîte. || 15° Relevé à bout, reprise totale du nivellement des pavés, pour rectifier le premier tassement du terrain, GANDRY, Traité du domaine, ii, 6, art. 239. || 15° Tableau, état. Relevé de la dépense. Les relevés officiels. || Extrait des articles d'un registre, d'un compte, etc. C'est ce qu'on a calculé sur les relevés des registres de nos plus grandes villes, voi.t. Mœurs, Déluge. \\ Faire le relevé de toutes les fautes d'un ouvrage, en faire une liste. || 16° Relevé de déchéance, acte qui relève de sa déchéance une compagnie qui n'a pas accompli les stipulations établies dans le marché.
RELEVÉE (re-le-vée), s. f. Terme de procédure. Le temps de l'apiès-midi. Le parlement ne répondit à cet arrêt du conseil que par un avis donné aux députés de se trouver à deux heures de relevée dans la salle de Saint-Louis, retz, ii, <07. W Audiences de relevée, celles qui se donnent dans l'après-midi.
— HIST. XIII' s. Cel jur meïsme, ainz [avant] relevée, Fu la dame el vergié alée, marie, Gugemer. Avint un jur de relevée, Re l'ure jà estoit passée, Keli moine dussent lever, Edouard le conf. v. 4379. Se li ajornemens est fes à rele'' ée ou as vespres, BEAUM. II, 32. Le soudanc venoittouz jours jouer aus eschez après relevée sur les nates qui estoient au piez de son lit, joinv. 2)3. |{ xiv* s. i le [la] relevée de medame la ducoise [la duchesse , accouchée d'un garçon], caffiaux, Régence d'Aubert de Bavière, p. 61. Il XV' s. On me picquera en défaut. Se je ne vois [vais] à m'ajournéc.; Mon seigneur, à de relevée, Et, s'il vous plaist, vous y viendrez, Patelin, ▼. (073. Il XVI' s. Il se pourmenoit en la grande salle comme tous les autres postulants qui attendent la relevée du Conseil, carl. v, 30.
— ÊTYM. Relevé. Ce mot vient de ce que, autrefois, on faisait la méridienne sur des lits de salle dits grabats; on nommait relevée le temps où l'on se relevait pour aller à son travail.
t RELÈVE-GRAVURE (re-lè-ve-gra-vu-r'), s. m. Terme de cordonnier. Outil pour parer les coutures des souliers.
RELÈVEMENT (re-lè-ve-man) , s. m. || 1° Action de relever une chose. Le relèvement d'un mur. Le rétablissement d'un gouvernement sage et mesuré, le relèvement de la noblesse anéantie, ruinée, st-sim. S97, 4 70. La libération d'un prisonnier opprimé pour quelques dettes peu considérables, mais désastreuses, le relèvement de quelque honnête famille ruinée. Testament de Commerson (xviii' siècle), dans cap, Philibert Commerson. || 2° Terme de marine. Parties d'un bâtiment plus exhaussées que les autres. L'avant de ce vaisseau n'a pas assez de relèvement. 113° État, tableau, énuméiation. Le relèvement de tant de pièces détachées n'est pas l'ouvrage d'un jour, BALz. Dise, à la rég. || 4° Terme de topographie et d'hydrographie. Action de déterminer la position d'un objet. Les relèvements que nous fîmes au lever du soleil nous apprirent que les courants nous avaient entraînés dans le sud plusieurs milles audelà de nptre estime, bougainville, Voy. t. ii, p. < 47. Il savait fort bien que c'étaient des relèvements que je prenais, Saussure, Voy. Alpes, t. vi, p. 478, dans POUGENS. Il Terme de marine. Des vaisseaux rangés sur une ligne et gouvernant à une même aire de vent qui n'est pas celle de la direc-
tion de cette ligne, sont dits lur une ligne de relèvement.
— HIST. XIII' s. Or sui en grant afondement. Se par cels n'ai relèvement, Qui jusqu'à ci M'ont secoru, la lor merci, ruteb. H. || xv s. Pour li relievement de noz peuple et subgiez et obvier aux grans maulx, Ordonn. des rois de Fr. t. ix, p. 635. Ung tel ainsi afflict et désolé n'est pas sans relèvement de consolacion, Intern. consol. i, 12. || xvi' s. Les adventures de Demetrius, les ruinemens et relevemens de ses affaires, amyot, Démétr. 64. Aussi leur devons nous un soin plus exprès pour leur relèvement, qui est une pièce rare aux décadences des partis, d'aub. Hist. m, 1 1.
— ÊTYM. Relever; provenç. rehoamenl ; ital. rilevamento.
t RELÈVE-MOUSTACHE (re-lè-ve-mou-sta-che) , s. m. Pince à l'usage de l'émailleur, || Auplur. Des relève-moustaches.
t RELÈVE-QUARTIER (re-lè-ve-kar-tié) , ». m. Espèce da chausse-pied de corne.
RELEVER (re-levé. Ve prend un accent grave, quand la syllabe qui suit est muette : je relève, je relèverai),», a. \\ 1° Remettre debout, sur ses pieds, dans sa position naturelle. || 2° Au jeu, relever les cartes, les mains. || 3° Relever la balle, une bille. Il 4° Trou.sser, retrousser. || 5° Hausser, rendre plus haut. Il 6° En manège, relever un cheval. || 7° Relever en broderie. Relever une maille, du velours. Il 8° Relever en maçonnerie, en pavage, en marbrorie, en menuiserie, en peinture de décor. Il 9° Relever un fer de cheval. || 10° Melever, en termes de chaudronnerie, de tanneur. || ll°Rétablir co qui était tombé en ruine, ce qui avait été renversé. Il 12° Retirer d'un état malheureux. Relever le courage, l'espérance. || 13° Donner de l'élévation morale. || 14° Relever une race, l'améliorer. Il 15° Rendre plus éminent. || 16° Relever la conversation. Il 17° Donner un haut goût, un goût plus piquant. || IS' Donner plus de relief, plus d'éclat. Il 19° Faire valoir, louer, exalter. || 20° Faire remarquer en bien ou en mal. Relever quelqu'un de quelque chose, le reprendre de quelque chose. Il 21' En vénerie, relever le défaut. || 22° Noter, consigner, enregistrer. || 23° Déterminer la position d'un objet, dessiner une vue, un aspect. || 24° Remplacer une autre personne dans une occupation. Il 25° En termes de guerre, mettre un homme, une troupe en place d'un autre homme, d'une autre troupe. Il 26° En termes de cuisine, remplacer un service, un plat par un autre. || 27» Tirer de terre un plant. || 28° Libérer d'un engagement. || 29° En féodalité, relever le fief. || 30° V. n. Lever les pieds très-haut en galopant. || 31° Etre dans la mouvance d'une seigneurie, et, par extension, dépendre. Il 32» Relever de maladie. || 33° Sortir de la maison après ses couches, aller entendre la messe, et recevoir la bénédiction du prêtre. || 34* Se dit de labéte qui sort le soir de son buisson. || 35° V. réfl. Se lever après avoir été à terre. || 36° Se mettre droit, se dre.sser. || 37° Être remis dans sa position naturelle. Il 38° Se relever d'une côte, en termes de marine. Il 39° Sortir de ses ruines. || 40° Reprendre des forces, de la puissance, du crédit. || 41° Reprendre l'élévation morale, l'innocence morale. || 42° Se rétablir de ses couches. || 43» Se remplacer, se relayer. Il 44° Être rehaussé, recevoir plus de relief. {| 46» Se rattacher à, se rendre dépendant de.
1° Remettre debout, sur ses pieds, dans sa position naturelle. Marin, viens m'aider à me relever. — Hé monsieur, j'aurais besoin qu'on me relevât moimême, HAUTEH. Crisp. mid. m, 3. Il [le fils du prince de Condé] voit [à Senef] ce grand prince renversé dans un fossé sous un cheval tout en sang; pendant qu'il lui offre le sien et s'occupe à relever le prince abattu.... boss. louif de Bourbon. Hazael, me regardant [moi agenouillé] avec un visage doux et humain, me tendit la main et me releva, FÉN. Tél. IV. XI a été plus aisé [au gouvernement pontifical] de relever les obélisques et de construire des palais et des temples, que de rendre la nation commerçante etopulente, volt, i/œurs, (85. || Terme de marine. Relever un navire, remettre à flot un navire que le vent ou la mer a fait échouer. || Relever l'ancre, la mettre dansune autre situation. || Relever la galère, se disait des forçats qui se soulevaient contre leurs officiers et se rendaient maîtres du bâtiment. || 2° Terme de jeu. Relever les cartes, les remettre dans l'état où il faut qu't Iles soient pour jouer un nouveau coup. || Relever les mains, relever les levées qu'on a faites, rassembler les cartes qui ont été jouées, les retourner et les mettre devant soi . || 3° Relever la balle du pied du tambour.
à la paume, prévenir avec adresse, par la volée, un coup de tambour. || Relever une bille, au billard, l'éloigner de la blouse. || 4° Trousser, retrousser. Relevez votre robe. Laissez-moi relever ces voiles détachés Et ces cheveux épars dont vos yeux sont ' cachés, RAc. Bérén. iv, 2. Non-seulement il [le merle d'Amboine] chante ses amours au printemps, mais il relève alors sa longue et belle queue et la ramène sur son dos d'une manière remarquable, buff. Ois. t. VI, p. «3. Elle avait relevé les tresse» de ses cheveux, stael, Corinne, xiii, 6. || 6° Hausser, rendre plus haut. Il faut relever ce plancher. Il Fig. Relevez vos idées pour M. de Lauzun; le roi lui a redonné ses eritr(''es, sév. 7 fév. (689. || Relever la tête, sa tête, 1h hausser lorsqu'elle était baissée. Et, relevant mon front prosterné vers son trône,[la reine] M'a vingt fois appelé l'appui de Babylone, volt. Sémiram. n, \. 11 s'approcha, guidé par un bandit. Sans résister, sans relever la tête, c. DELAv. Memmo, ch. iv. {| Fig. Relever la tête, reprendre courage. Les factions commencent à relever la tête, ô France, 6 ma patrie. Relève enfin ton front cicatrisé, bérano. Enf. de la France. || Relever la moustache avec le fer, la passer au fer chaud, afin qu'elle ne retombe pas sur les lèvres. || Fig. Relever la moustache à quelqu'un, réprimer son outrecuidance. !| 6° Terme de manège. Relever un cheval, le soutenir de la main et de l'éperon, pour lui faire porter la tête plus haute et l'asseoir sur les hanches. Il 7° Relever en broderie, rehausseï' de broderie le fond de quelque étoffe. || Terme de lingère. Relever une maille à un bas, la reprendre, la refaire. Relever du velours, le repasser à l'envers après l'avoir mouillé pour faire redresser les poils froissés. Relever un volant, une garniture, les repasser après qu'ils ont été chiffonnés. |{ 8° Terme da maçonnerie. Exhausser une maison ou un mur. || Relever les ciselures, tailler les bords d'un parement de pierre pour le dresser. || Relever à bout, démonter im pavage pour le refaire entièrement. || Terme de marbrier. Se dit de la dernière opération du polissage. Il Terme de menuisier. Déplacer un parquet pour le rétablir ou remettre des lambourdes. Relever les moulures, les achever, y faire les dégorgements nécessaires. || En peinture de décor, donner plu» de saillie à certains objets, ou en raviver les teintes. Il 9° Terme de maréchal. Relever un fer, ôter un fer qui branle et le rattacher solidement. || 10° Augmenter la grandeur d'une pièce de chaudronnerie, en étendant le cuivre à coups de marteau. || Former, sur une pièce de fer, des sillons qui font paraître les reliefs plus saillants. || Terme de tanneur. Relever des peaux sur la traite, les tirer de la chaux pour les faire égoutter sur le bord du plain. || 11° Rétablir ce qui était tombé en ruine, ce qui avait été renversé. Quand verrai-je, 0 Sion, relever tes remparts Et de tes tours les magnifiques faîtes? rac. Esth. I, 2. Relevez, relevez les superbes portiques Du temple où notre Dieu se plaît d'être adoré, ID. Fsth. III, 9. Il Fig. Relever une maison, une famille, lui rendre sa première opulence, son premier éclat. Ils [les gens de finance] relèvent toutes les grandes maisons par le moyen de leurs filles, qui sont comme une espèce de fumier qui engraisse les terres montagneuses et arides, montesq. Lett. pers. 98. Relevant ma famille au glaive dérobée, II la remit au rang dont elle était tombée, volt. Olymp. 11, 3. Il On dit de même : relever un parti. Le seul nom de Scanderbeg était capable de relever un parti, DUCLOS , Œuv. t. II, p. (36. Il 12° Fig. Relever quelqu'un, le retirer de l'état malheureux où il était. Vous avez bien raison de l'appeler [une dame] la plus belle et la meilleure du monde, puisque, de si loin, elle sait relever ceux qui sont abattus, voit. Lett. 60. Evilmérodach, roi de Babylone, tira de prison Joachin, et le releva de l'état malheureux où il était, SAC!, Bible, Rois, iv, xxv, 27. C'est de là (l'incrédulité] que nous la verrons sortir pleine de gloire et de vertu, et nous bénirons avec elle la main qui l'a relevée, boss. Anne de Goni. || Absolument. Après avoir fait ce chemin.... on décline misérablement.... néanmoins un rayon d'espérance, si bas que l'on soit, relève aussi haut qu'on était auparavant, pasc. Pass. de l'amour. |{ Cela l'a bien relevé, se dit d'un homme à qui il est arrivé quelque grande fortune. || Il se dit des choses qu'on relève. Quarante, qui l'eût cru? quarante, à leu' abord. D'une armée abattue ont relevé le sort, Du côté des vaincus rappelé la victoire.... corn. Tois. d'or, I, 2. Le Seigneur a voulu choisir son peuple pour le sanctifier, pour rendre sa loi célèbre, et pour en relever la grandeur , saci. Bible, Isaïe, xlii, 21. Pour abaisser notre orgueil et relever notre
BEL
REL
RKL
abjection, pasc. dans cousin. Le jeune Scipion.... non content d'avoir relevé les afTaiics de Rome en Espagne, alla lorter la guerre aux Carthaginois dans leur propre ville, boss. Ilist. m, 6. C'est Jésus- Christ et son Église; il a mis dans cette Église une autorité, seule capable d'abaisser l'orgueil et de relever la simplicité, iD. Anne de Gonx. la Grèce avec douleur Vous voit du sang troyen relever le malheur, hac. Andr. i, 2. {| Relever la chute de quelqu'un, le relever de sa chute, la réparer. Oui, Pompée avec lui porte le sort du monde, Et veut que notre Egypte, en miracles féconde, Serve à sa libellé de sépulcre ou d'appui. Et relève sa chute ou trébuche sous lui, corn. Pomp. i, ). || Relever sa condition, son état, sa fortune, augmenter sa dignité, ses richesses. |{ Relever le courage, les espérances, ranimer le courage, faire revivre le^' espérances. 11 a répondu que cette grice n'augmenterait pas son zèle, mais qu'elle lui relèverait bien le courage, pELussoN, Lett. hist. t. i, p 37(. Il faut relever le couraRe de ces gens timides qui n'osent rien inventer en physique, et confondre l'insolence de ces téméraires, qui produisent des nouveautés en théologie, PASc. Frag. sur le vide. La reine relevait leur espérance, boss. Reine d'Ar.glet. || 13° Donner de l'élévation morale. Je crois que cette action est belle, et elle vous relève plus que la prise de Veies, pén. Dial. des morts anc. 23. Ils [les stoïciens] ont laissé à l'homme tous les défauts qu'ils lui ont trouvés, et n'ont presque relevé aucun de ses faibles, la bruy. xi. Je ne négligeais aucune occasion de la relever à ses propres yeux, CENLis, Uéres rivales, t. i, p. 26, dans pougens. Il 14° Relever une race, l'améliorer. Tous les jours, on relève, on ennoblit les races en lescroisant, buff. T époq. nat. Œuv. t. xii, p. 36i. || 15° Fig. Rendre plus éminent. Philippe et Alexandre son fils relevèrent extrêmement la gloire de ce royaume [de Macédoine], ROLLIN, Hist. anc. Œuv. t. 11, p. 50), dans pouGENS. || 16° Relever la conversation, lui rendre de la vivacité alors qu'elle languissait. Le baron, pour relever l'entretien, se creusait la tète, et ne pouvait trouver que quelques phrases décousues, GENUS, Vœux téméraires, t. m, p. 6, dans POUGENS. Il 17° Donner un haut goût, un goût plus piquant. Le vinaigre relève une sauce. Relevez ces cardons par un peu de fromage, baron, École des pères, III, 6. Il Fig. En parlant des ouvrages d'esprit. Il sème son style de toute sorte d'agréments qui le relèvent. De nos amis une agréable troupe, Parmi des mets exquis et des vins délicats, Du sel de leurs propos relevait ces repas, chaul. à Mme d'Aligre. Il 18° Fig. Donner plus de relief, plus d'éclat. Relèvera sa grâce avec des artifices, regnier, Sat. vu.» La fortune.... laquelle, ne le pouvant encore abandonner [Alexandre] tant d'années après sa mort, ajoute à ses conquêtes une personne qui les relèvera plus que la femme et les filles de Darius, voit. Lett. 30. Quand une femme a de l'esprit, il l'anime [sa beauté] et la relève merveilleusement, pasc. Vass. de l'amour. Et vous, lorsque, tentée de relever par quelque parure cette modestie qui commence à vous paraître trop nue, boss. 4° sermon, Pâques, ) . Que dirai-je de sa libéralité?.... tantôt par des paroles touchantes, tantôt même par son silence elle relevait ses présents, id. Duch. d'Orl. Le jeune prince, dont la victoire avait relevé la haute contenance, id. Louis de Bourbon. Les ombres, les (lambeaux. Les cris et le silence, Et le farouche aspect de ses fiers ravisseurs Relevaient de ses yeux les timides douceurs, RAC. Brit. Il, 2. Et vous ne comparez votre exil et ma gloire. Que pour mieux relever votre injuste victoire, id. Iphig. 11, b. Ses longs malheurs même lui donnaient je ne sais quel éclat qui relevait toutes ses bonnes qualités, fén. Tél. viii. Toutes les personnes de notre rang et de notre âge usent de cette parure, ont recours à cet artifice pour relever une vaine beauté, mass. Carême, Confess. Quand vous relevez l'éclat de votre teint par les plus belles couleurs, montesq. Lett. pers. 26. Cet Acomat [du Bajazet de Racine] me paraît l'efl'ort de l'esprit humain ; je ne vois rien dans l'antiquité ni chez les modernes, qui soit dans ce caractère; et la beauté de la diction le relève encore, volt. Zulime, Lettre. Les éloges que j'ai donnés à ce prince [le duo de Cumberland] pour relever davantage la gloire de son vainqueur, id. Lett. d'Argenson, ao oct. 1745. Le blancde la tête était relevé par deux petites taches noires situées au-dessus des yeux, buff. Ois. X. v, p. 260. On eût dit que les défauts mêmes d'Oswald étaient faits pour relewr ses agréments, STAËL, Corinne, viii, 4. || Relever sa condition, sa dignité sa charge, donner du lustre à sa condition.
à la dignité dont on est revêtu, aux fonctions qu'on remplit. Ce que l'on garde pour relever sa condition ou celle de ses parents n'est pas appelé superflu, pasc. Réfut. de la rép. à la 4 2° lett. il 19° Fig. Faire valoir, louer, exalter. La Muse. .. De gloire et de renom relevait mon dessein, Régnier, Sat. IV. Tout relève, tout bénit sa mémoire, FLÉcii. Var.-Thér, Et relevant la naissance de notre illustre duchesse, j'irais chercher dans l'histoire ancienne les sources de la noble famille d'Angennes, dont la gloire, la grandeur et l'ancienneté sont assez connues, id. Duch. de Montaus. Platon, en plus d'un endroit, prend à tâche de relever la journée de Marathon, rollin, Hist. anc. Œuv. t. m, p. <B2, dans pougens. Homère relève dans ses héros la force, l'adresse ou l'agilité, montesq. Rom. 2. Ce qui m'a paru le plus beau dans le discours de M. le prince de Beauvau, c'est le secret qu'il a trouvé de relever tous les services que M. le duc de Choiseul a rendus à l'État, volt. Lett. ifme duDeffant, Bavr. I77i. Les livres saints, pour relever la sagesse de Salomon, mettent en opposition avec elle la sagesse des Orientaux, dider. Opin. des anciens philos. Arabes. || 20° Faire remarquer en bien ou en mal. Ce qu'il dit ne chut pas à terre, Maître iîînéas le relevant, scarr. Yirg. vu. Il y a une grande différence entre lire un livre toute seule, ou avec des gens qui relèvent les beaux endroits et qui réveillent l'attention, sév. 68. Cela ne méritait pas d'être relevé, boss. Lett. quiét. 408. L'Église ne foudroie pas toujours les erreurs naissantes; elle ne les relève point, tant qu'elle peut espérer qu'elles se dissiperont par elles-mêmes, ID. Variât, xv, I28. Une parole qu'il a dite dans le sens le plus juste et avec l'intention la plus pure et la plus innocente, ils la relèvent, ils l'empoisonnent, boubdal. Exhort. Faux témoign. rendus contre J. C. t. n, p. 7. Nous autres satiriques, Propres k relever les sottises du temps, Nous sommes un peu nés pour être mécontents, boil. ÉpitTre viii. Polybe relève, dans la conduite des Messéniens à l'égard de Sparte, un ancien défaut qui fut la cause de tous leurs malheurs, KOLLW, Hist. anc. Œuv. t. v, p. 400, dans pougens. Il ne m'échappait pas un mot qu'ils ne relevassent comme un trait admirable, lesage. Cil Bl. i, (8. Par bonheur pour nous, il [Mazarin] ne parle pas bien français.... nous relevâmes, il y a quelques jours, une faute de grammaire si grossière, qu'on en fit des farces par tous les carrefours, montesq. Lett. pers. 1 1 1 . C'est ici le cas de relever un étrange conte que font nos historiens, volt. Mœurs, Bi. Les mêmes spectateurs qui applaudissaient aux pièces médiocres des autres auteurs, relevaient les moindres défauts de Molière avec aigreur, id. Vie de Molière. Aujourd'hui la prononciation des gens du monde est si simple, que ceux qui la choquent légèrement ne peuvent être relevés que par peu de personnes, condil. Conn. hum. 11, l, 7. Qu'il fallait mépriser ces choses-là, et qu'elles tombaient d'ellesmêmes lorsqu'on ne les relevait point, marmontel, Mém. VII. On lui connaissait [à Mme de Maintenon] une mémoire prodigieuse; elle serait là [comme gouvernante] pour relever les contradictions, les inconséquences, GENLis, Mme de Maintenon, t. 11, p. <<o, dans POUGENS. Il Familièrement. Relever un mot piquant, répondre vivement à celui qui l'a dit. Il Relever quelqu'un de quelque chose, le reprendre (le quelque chose. Si vous remarquez dans vos maisons un domestique oisif, vous savez bien le relever du désordre de la paresse, bourdal. Dim. de la Septuagés. Dominie. t. i, p. 373. J'aime autant une personne qui me relève d'une erreur, qu'une autre qui m'apprend une vérité, parce qu'en efl'et une erreur corrigée est une vérité, buff. Quadrup. t. IX, p. (68. ji Absolument. Relever quelqu'un, le reprendre avec aigreur ou sévérité, en lui faisant voir qu'il a parlé mal à propos. Si quelqu'un allait attaquer quelque honnête citoyen, il ne serait pas mal relevé, montesq. Lett. pers. 36. Ni moi, ni l'illustre savant qui me relève si bien, ne savons précisément combien de temps Mahomet fut facteur de la veuve Cadige, qu'il épousa depuis, volt. Fragm. sur l'hist. xxvi. || Familièrement. Relever quelqu'un du péché de paresse, lui reprocher de manquer à ses devoirs et le contraindre à les remplir. Il 21° Terme de vénerie. Relever le défaut, ou, simplement, relever, retrouver la voie qu'on avait perdue, et lancer la bête une seconde fois || 22° Noter, consigner, enregistrer. Tous les voyageurs modernes ont visité Eleusis; toutes les inscrip.ions en ont été relevées, chateaubr. Itin. part. i. J'ai relevé sur les registres de l'Observatoire royal les observations faites pendant onze années, bouvard,
Insl. Mém. se. t. vu, p. 269. || 83° Terme d'hydrographie. Déterminer la position d'un objet que l'on aperçoit. Le 2j, nous relevâmes à midi le cap des Vierges, à quatre lieues dans l'ouest, lapérouse, Voy. t. Il, p. 46, dans pouoens. jj Terme de marine. Relever une c6te, en dessiner la vue ou l'aspect. La veille au soir, on avait aperçu du haut des mâts une petite île qui fut relevée depuis l« nord-ouest jusqu'au nord-ouest-quart-ouest du compas, BOUGAiNviLLE, Voy. t. II, p. (93. Les brumet m'ont empêché de relever les Kuriles au nord de Marikan, lapérouse, Voy. t. iv, p. 217, dans pougens. Il Terme d'arpentage. Déterminer avec la planchette, avec la boussole, des positions sur le terrain. Il 24° Remplacer une autre personne dans une occupation. Je suis fatigué de lire, relevez-moi.
11 25° Terme de guerre. Mettre un homme, une troupe en place d'un homme, d'une troupe pour un service déterminé. Relever la garde. On releva la troupe qui était à la tranchée. Relever de garde une compagnie. Il Fig. Sénèque et Burrhus sont deux soldats en sentinelle qui doivent garder leur poste jusqu'à ce que la mort vienne les en relever, DiDER. Claude et Nér. i, 46. || Absolument. On vient de relever cette compagnie. || On dit dans le même sens : relever les tranchées, les postes. |{ Relever une sentinelle, un factionnaire, et relever de sentinelle, ôter un soldat qui est en sentinelle, et en mettre un autre à sa place. |1 11 se dit aussi du corps, de la troupe même qui succède à une autre dans un poste. Cette troupe va relever telle compagnie. Les voltigeurs furent relevés par les grenadiers. || Cela se dit également du soldat qui prend la place de celui qu'on 6te de sentinelle. C'est un tel qui a relevé son camarade de sentinelle; et absolument : c'est lui qui a relevé un tel. || Fig. On le relèvera bien de sentinelle, on prendra garde à ses actions, on ne le laissera pas faillir impunément. J'admire que le jésuite se livre comme il fait ayant nos frères les jansénistes pour auditeurs, qui tout d'un coup le relèveront de sentinelle, au moment qu'il y pensera le moins, sÉv. i» sept. <676. Langlade vous mande qu'une autre fois.... il la releva bien de sentinelle sur des sottises qu'elle lui disait, 10.
12 févr. <672. Il Terme de marine. Relever le quart, le timonier, les changer. || 26° Terme de cuisine. Remplacer un service ou un plat par un autre. Il se souvient exactement de quels plats on a relevé le premier service, la bruy. xi. || 27° Relever un plant, le tirer de terre pour le repiquer. Lorsqu'on le relève [le plant de frêne] à un an, il faut lui donner le moyen de se fortifier encore une année, en le mettant en rigole, bosc, Instit. Mém. sciene. )808, p. ï2i. || 28° Terme de jurisprudence. Libérer d'un engagement. Le pape le relève [Valdemar roi de Danemark] d'un serment fait en prisoc et par force, volt. Ann. emp. Frédéric II, 1227. Je crois que cette raison seule devrait engager le souverain pontife à releverau moins de leurs vœux tous les jésuites français, espagnols etportugais,D'Ai.EMB. Œuv.l. V, p. 236. J'écrirai à l'évêque de Québec; il a les pouvoirs nécessaires pour vous relever de vos vœux, chateaub. Atala, Le drame. || Se faire relever de ses vœux, faire déclarer ses vœux nuls. Il Relever quelqu'un d'une interdiction, lever l'interdiction portée contre lui. Un moine ayant été rebuté un jour par Théodose II qu'il importunait, le moine excommunia l'empereur; et ce césar fut obligé de se faire relever de l'excommunication par le patriarche de Constanlinople, volt. Mœurs, 1 1. || Fn termes d'ancienne pratique, relever un appel, sa faire autoriser, par lettre du sceau ou par un arrêt, à poursuivre l'appel qu'on av.iit interjeté d'une sentence. Il Ancien terme de jurisprudence. Relever l'appelant, l'autorisera ne pas appeler tout de suite d'un jugement. X moins qu'il n'y ait grande et évidente cause de relever l'appelant, montesq. Ksp. xxix, )8. Il 29° Terme de féodalité. Relever le fief, donner au seigneur féodal ce que la coutume a réglé pour avoir l'investiture d'un fief comme vacant par la mort du vas.sal. || 30° V. n. Terme de manège. Lever les pieds très-haut en galopant. Les chevaux anglais ne relèvent point. Il 31° Terme de féodalité. Etre dans la mouvance d'une seigneurie. Ce fief relevait du comte de Champagne. Naples, qui relevait du pape après avoir relevé des empereurs, volt. Mœurs, (85. || Par extension, dépendre. Car, ne relevant pas de mon autorité. Le crime qu'elle a fait est d'autre qualité, roth. Aniig. iv, 4. Et vous pourriez n'oublier pas Que vous avez un cœur et des appas Qui relèvent de ma puissance, mol. Psyché, V, B. Vous dites des merveilles, ma fille, en parlant de la fierté et de la confiance de la ieunesse :
REL
il est vrai qu'on ne relève que de Dieu et de son épée; on ne trouve rien d'impossible, sÉv. 656. Celui qui règne dans les cieux, et de qui relèvent tous les empires, boss. Beine d'Anglet. Un roi qui ne relevait de personne, et qui n'avait à répondre de ses actions qu'à lui-même, fléch. llist. de Théodose, l, 27. Il 32° Relever de maladie, commencer à se porter mieux, n'être plus alité. On me mande encore que cette H.... est à la cour.... elle relève d'une maladie, sëv. 44<. Vos maladies, dieu merci, sont passagères; je ne relèverai pas de la mienne qui conduit tout doucement dans l'autre monde , VOLT. Lelt. Laharpe, 26 févr. 1772. HFig. Au sortir de Pharsale un si grand capitaine Saurait mal son métier, s'il laissait prendre haleine, Et s'il donnait loisir à des coeurs si hardis De relever du coup dont ils sont étourdis, corn. Pomp. ii, 4. || On ne troit pas qu'il en relève, il n'y a pas apparence qu'il relève de là, il est bien malade et l'on croit qu'il n'en réchappera pas. Vous ne relèverez point du lit où vous êtes, mais vous mourrez très-certainement, SACi, Bible, Rois, iv, i, 4. 1| 33» Sortir de la maison après ses couches, aller entendre la messe et recevoir la bénédiction du prêtre. Madame une telle relèvera demain. On s'établira à Versailles pour y faire les couches de Mme la Dauphine, elle en relèvera à la fin d'août, maintenon, Lett. à U. d'Aubigné, 20 févr. (882. Il Cette femme relève de couches, ou, absolument, est relevée, elle est rétablie de ses couches, elle ne garde plus le lit, elle commence à sortir. Mme de Soubise vient encore d'accoucher; mais elle relève trop grasse, cela fait qu'on n'a nulle pitié d'elle, sÉv. 6 janv. <672. Mandez-moi en quel état vous êtes relevée, si vous avez le teint beau, ID. d Mme de Grignan, s mars I670. Il 84° Terme de chasse. Se dit de la bête qui sort le soir de son buisson pour aller viander. || 35" Se relever, V. réft. Se lever après avoir été à terre. Laissez cet enfant se relever. Relève-toi, Rodrigue, corn. Cid, v, 8. Le tyran se relève, il blesse le héros, VOLT, ilérope, v, 6. Qui tombe sans frayeur se •élève intrépide, delil. Parad. ii. || Absolument. Sortir du lit où l'on était couché. Dieu se compare à cette femme des Proverbes, qui se relève la nuit sans laisser éteindre sa lampe, boss. 2* instr. pasl. 22. Il faut se relever, rallumer la lampe.... genlis, Thédl. d'éduc. Retour de Tobie, se. 2. || Sortir de son lit après une maladie. Vaincue par les transports de sa rage, la marquise tomba malade cl ne se releva plus, J. J. nouss. Hél. VI, 3.|136"' Se mettre droit, se dresser. La Mollesse, en pleurant, sur un bras se relève. Ouvre un œil languissant.... boil. Lutr. II. Il Être mis droit, être redressé. Ce banc est à peu près horizontal; il se relève cependant de quelques degrés contre le sud-est, saussure, Voy. Alpes, t. VIII, p. 25, dans pougens. || 37" Être remis dans sa position naturelle. Le navire, qui penchait, se releva lentement. || 38° Terme de marine. Se relever d'une côte, parvenir à s'en éloigner. {| 39° Sortir de ses ruines. C'est Hector qui produit ce miracle en votre âme: Il veut que Troie encor se puisse relever Avec cet heureux flls qu'il vous fait conserver, BAC. Andr. iv, ( . Son temple se relève et ses fêtes renaissent, delil. Pit. iv. || 40° Reprendre des forces, de la puissance, du crédit. Le superbe est tombé et ne se relèvera pas, disait Jérémie, boss. JJist. II, 4. La Judée, qui commençait à peine à se relever de sa ruine, id. ib. i, 8. Les Juifs ayant perdu tout espoir de se relever après les vains efforts que l'empereur Julien avait faits pour les rétablir, FLÉCH. }list. de Théodose, m, 35. L'infanterie espagnole ne s'était jamais relevée depuis la bataille de Rocroy, hamilt. Gramm. 5. La France, tant de fois prête de succomber, se releva toujours, volt. Uœurs, tes. || Se relever se dit de l'espérance, du courage. Plus on est poussé au désespoir [pécheurs pénitents], plus l'espérance se relève, boss. Et. d'orais. x, 17. || Cette pièce qui avait été froidement accueillie, s'est relevée aux représentations suivantes. On aura beau faire, la pièce ne se relèvera jamais, genlis, Ftei7J. du chdt. t. m, p. 18), dans POUGENS. Il Cela se dit aussi d'un livre. On ne pense pas que le livre de M. Audry se relève jamais du coup mortel qui lui fut porté dans cette rencontre, MAIBAN, i'/ogfs, temery. Il Se relever de quelque perte, de quelque échec, etc. se remettre de quelque perte. 11 fallait un homme [Mazarin] qui sût, selon les occasions, profiter de ses avantages, ou se relever de ses pertes, FLÉcii. le Teiiier. || Se relever d'un état d'abaissement, de décadence, etc. ou, absolument, se relever, sortir d'un état d'abaissement, de décadence, etc. || 41° Fig. Reprendre l'élévation mo- 'ale, l'innocence morale. Nous [il s'agit d'une fille
REL
de Bussy] avons aimé un homme.... nous avons été si sotte que de l'épouser.... par bonheur nous avons fait le mariage le plus insoutenable du monde ; c'est ainsi que la Providence nous a laissée tomber, et nous présente ensuite les moyens de nous relever, SÉv. 23 janv. 1682. Ils résistent rarement aux tentations, ils y succombent aisément, ils se relèvent difficilement, bourdal. Carême, t. i, p. 232. U est bien plus glorieux de se relever ainsi, que de n'être jamais tombé, fén. Tél. x;i. On se relève aisément d'une première chute, mass. Carême, Rechute, >. Il est difficile de se relever après être retombé, iD. i6. Il est juste, et d'un gouvernement sage, qu'une famille qui s'est perdue par des fautes puisse se relever par des services, duclos, Œuv. t. vi, p. ) 67. Tant l'âme qui a rampé a de peine à se relever I ID. ib. t. V, p. 291. Il Se relever d'un ridicule, échapper au ridicule encouru. Erasme , quoique longtemps moine, ou plutôt parce qu'il l'avait été, jeta sur les moines, dans la plupart de ses écrits, un ridicule dont ils ne se relevèrent pas, volt. Mœurs, 127. Il 42° Se rétablir de ses couches. Elles [les Groenlandaises] accouchent aisément, et se relèvent dès le jour même pour travailler, buff. Suppl. à l'hist. nat. Œuv. t. xi, p. 263. || 43° Se remplacer, se relayer. Nous nous relevions d'heure en heure. On ne sait [chez les Juifs] en quel rang placer les gens de guerre qui se relevaient, au nombre de vingtquatre mille , à chaque premier jour du mois, avec douze commandants, boss. Polit, ix, vi, <2. Les capucins de Meudon se relevèrent à prier Dieu auprès du corps [de Monseigneur], st-sim. 295, 20. ;|44° Être rehaussé, recevoir plus de relief. Et quand tu vois ce beau carrosse. Où tant d'or se relève en bosse. Qu'il étonne tout le pays, cotin, dans mol. l'emm. sav. m, 2. || 45° Se rattacher à, se rendre dépendant de (emploi qui n'est peut-être que dans Pascal). Toute notre dignité consiste dans la pensée: c'est de là qu'il faut nous relever, non de l'espace et de la durée, pasc. Pens. i, J, éd. havev.
— REM. On ne croit pas que notre cousine s'en relève ; dites en relève, pour se rétablir, guérir.
— HIST. XI' s. Isnelement sur lor piez [ils] relevèrent [se relevèrent], Ch. de Roi. cclx. || xii' s. N'est pas sages qui chiet [tombe] quant ne volt relever, Th. le mart. n. Berarsde Mondidier devant Karle est venuz ; X ses piez s'agenoille, ses hom est devenuz; L'empereres le baise et le relevé sus,Soa!. i, 83. Li murs de une des citez le rei fut chaud [tombé], e li reis cumandad as ducs et as princes de la terre, que il le relevassent. Rois, p. 279. |{ xiii* s. Nostre sires relieve touz ceux qui trébuchent. Psautier, ^ 175. Dou leon conte liescriz, Ki defl'ais ert [était] et enveilliz ; Malades jut mult longuement, Del relever n'i ot noient, marie, Fable 1 5. Père, trestout li anchiien [les anciens] Sont mort; mais il releveveront, Quant il le cor corner oront [ouïront], Keli sains angles [ange] sonnera, gui de cambrai, Barl. et Jos. p. 169. Mal est à celui qui va seul; car, se il chiet, il n'aqui le relieve, brun, latini. Trésor, p. 688. Fortune, qui l'ot mise jus. L'a moult tost relevée sus, FI. et Bl. 3335. X chiaus [ceux] qui sont foible et relieventde maladies, alebrant, f° 8. La royne, qui nnuvelement estoit relevée de dame Blanche dont elleavoit geu àJaffe, arriva à Sayete, ioinv. 279. Il nous fust avis que la terre Vosisl [voulût] emprendre estrif et guerre Au ciel d'estre mieux estelée ; Tant ic;rt par ses Hors relevée, la Rose, 8466. || xiv" s. Les Volsques relevez de la paour que il avoient eu, berciiEURE, f° 35, ret/o. L'autre dit que, depuis ce qu'ils estoient couchiés, il avoit fait relever sa femme, Mcnagier, l, 6. Ont grevé les povres esassietes des fouages, et relevez les plus grands et les plus riches ou au moins imposez à moindre somme qu'il ne deussent estre, on cange, rellevare. Jourdain Garnier ala en l'ostel de Jehan Decquetot, pour ce que la femme dudit Jehan, qui estoit cousine de sa femme, devoit relever cellui jour, et là fut ledit Jourdain et sa femme au diner, du cange, relevala. Il XV* s. Et fut informé que le royaume d'Escoce mouvoit de luy en fief, et que le jeune roy d'Escoce, son serurge [beau-frère], ne l'avoit encores relevé ne faict hommage, froiss. i, i, 55. Messire Pierre de Berne a do usage que de nuit en dormant il se relevé, et s'arme, et trait son espée, et se combat, et ne sait à qui, id. ii, m, (4. Le roi respondit fellcment qu'il n'en feroit rien ; le comte depuis n'osa relever le mot, mais se départit du roi et s'en alla à son hostel, id. u, u, 203. Icelle Monnelte qui relevoit laditte accouchée [la conduisait à l'église lors de ses relevailles], du cange, relevata. ||xvi' s. Je releveray Carpalim d'une poine: je iray inviter Bridoye, si bon vous semble, bab. Pant. m, 29.
REL
De clameurs,. 0 Seigneur, j'ay comblé tes oreilles.... Vas-tu donc pour les morts tes hauts faits reser vant? Se releveront-ils pour chanter tes merveilles? despobtes, Œuv. chrét. xviii, psal. 88. Une subtilité aiguë et relevée [dans la poésie] , mont, i, 2C0. Nous estions perdus si ce livre jle Plutarquo d'Amyot] ne nous cust relevez du bourbier, id. Il, 41. Si j'en estois un coup vaincu et atterré [ds peur], je ne m'en releverois jamais bien, id. iy, 4. Qu'est-il donc de faire pour abolir ces petites guerres qui se font en paix, et qui rallument les haines et relèvent les partialitez? langue, 107. Les catholiques avoyent quatre avantages sur leurs ennemis : à sçavoir l'artillerie, le nombre d'hommes, les bataillons de picques, et la place haute et relevée, id. 020. La résistance qu'elle [la Rochelle] fit releva les affaires de ceux de la religion, id. 693. L'héritier du mari doit relever l'héritage sur lequel la femme prend douaire [il en doit foi et relief, comme nu-proprietaire], loïsel, ) 54. Ce vent là portoit grand dommage aux navires barbaresques, qui avoient les proues relevées et les planchez haultz, amïot, Thém. 28. Les assistans, prenans ceste cheutte à mauvais présage, s'en troublèrent : mais luy, après s'estre relevé, leur dit.... ID. Cam. 12. Des ouvrages relevez en bosse, ID. P. jEm. 66. Il avoit aussi les cheveux un peu relevez, id. Pomp. 2. Il s'alla mettre au lict, dont il ne se releva oncques puis, id. Cicér < 1. Il est venu offrir de merveilleuses richesses pour relever la couronne d'une grande partie de ses debtos, d'auo. Fxri. III, (7. L'Estatalloitsi mal, que lesqualitez les plus relevées estoient opprimées, iD.t'i». m, 21. [Porter] lamoustache trop relevée, iD.tb. m, 23. Il chargea d'Aubigné d'aller relever les vedettes, id. Yie, xcvii. De faire sçavoir à mes enfans qui ont esté ici déclarez roturiers, que, s'ils n'ont la vertu des nobles pour s'en relever, je consens à l'arrest, id. Hist 11, 131. De là le vicomte, relevé d'une petite maladie, résolut le siège de Reolle-ville, id. t'b. u, <6i. Elle manda à ceux des Pals-bas qu'elle estoit preste de relever [réparer] la faute de son fils, id. ib. 11, 458. Fort est qui abbat, et plus fort qui se relevé, cotgrave.
— ÊTYM. Wallon, rilevé; provenç. et espagn. relevât; ital. rilevare; du lat. relevare, de re, et levare.
RELEVEUR (re-Ie-veur), adj. m. || 1° Terme d'anatomie. U se dit des diflérents muscles dont l'action est de relever momentanément les parties auxquelles ils sont attachés, lorsque celles-ci sont habituellement abaissées, ou de ramener dans leur position naturelle les parties qui n'ont été abaissées que momentanément. Le muscle releveur de l'aile du nez. Il Substantivement. Le releveur de l'aile du nez. Il 2° S. m. Ouvrier qui ne fait que relever des ornements sur le fer.
— HIST. xiii' s. Deffenderes de pèlerins. Sires de poures et de rices, Haeres [haîsseur] de fos et denices, Releveresde sainte église, ph. mouskes, nw. p 219, dans LACURNE. Il XVI* s. Le muscle, à cause de son action nommé releveur [de l'omoplate], paré, iv, < 9.
— ÉTYM. Relever.
RELLAGE (re-li-a-j'), s. m. Action de relier des tonneaux. Et en iceux [rapports] ajouter la qualité du cru du vin qu'ils reconnaîtront aisément par diversité des reliages des provinces de Bourgogne, d'Orléans, Gascogne, et autres, Arrêt de la cour des aides, 30 déc. )620.
— HIST. XV" s. Qui fait vignes, Il coux est grans; Basions il y fault à oultraige, Cuves, cuveaux, queux, reliaige, e. desch. Poésies mss. f° 363.
— ËTYM. Relier.
RELIÉ ÉE(re-li-é, ée), port, passé, de relier. Il 1" Lié de nouveau. Une gerbe déliée, puis reliée. Il 2° i quoi on a mis une reliure. L'un prend le seul Jonas qu'on ait vu relié. L'autre un Tasse français, en naissant oublié, boil. Lutr. v. Apparemment le livre relié fit retenir le paquet; j'ai appris depuis qu'il ne fallait envoyer parla posteaucun livre relié, von. Lett. Mme de Fontaine, i janv. )76). || 3° Fig. Lié, uni pardes liens de famille, d'amitié, [Mme la Duchesse] qui, reliée à lui [Monseigneur] par le mariage de leurs enfants, usurperait une puissance sous laquelle tout plierait, st-sim. t. viii, p. 220, édit. CIIÉBUEL.
RELIEF (re-lièf ; lief est monosyllabe) , s. m. Il 1° Ce qui est relevé, partie saillante d'un objet. Nous le trouvâmes occupé à faire lire son fils avec des caractères en relief, dider. Lett. s. les av. \\ Fig. Ce qui est comme en saillie dans les choses intellectuelles ou morales. Térence est plus délicat, il est vrai ; mais est-il aussi pénétrant? son comique a-t-il le relief et la vigueur de celui de Molière? mahmontel, Œuvr. t. iv, p. 4 12. 11 y eut dans les ca-
REL
ractSres Msex da naturel et lie lelief pour donner prise à la comédie, ID. t6. t. ix, p. 399. |{ Plan en relief, ou, simplement, relief, plan sur lequel on place la représentation en bois ou en plâtre de chaque objet. Le premier de ces plans en relief, qu'on voit dans Li galerie du Louvre, fut celui des fortifications de Lille, volt. Louis XIV, 8. Il [le général Pfyffer] conçut l'idée d'exécuter un relief qui représentât l'immense étendue des montagnes qui se présentent à l'œil depuis la ville de Lucerno, SAusstmE, Voy. Alpes, t. vu, p. <9I, dans pol'gens. Il 8° Ouvrage de sculpture relevé en bosse. || Haut relief, ou relief entier, celui qui est de toute l'épaisseur de l'objet sculpté. Sur le tympan du fronton se voyait la naissance de Cytliérée en figures de haut relief; elle était assise dans une conque, la font. Psyché, II, p. 488. Il Demi-relief, celui qui n'en a que la demi-épaisseur. || Bas-relief, celui qui a moins de demi-épaisseur. Une frise ornée de basreliefs. L'entente du bas-relief est la manière de disposer les plans et d'en régler l'elTet, ouii-tAOMr:, Sur les prine. du bas-relief, dans Imtit. août-sept. <806, p. 66. Il Plan du bas-relief, voy. plan i, n" 9. Il 3° Terme de graveur sur métaux ou pierres fines. Saillie. On grave en creux et en relief. II doit y avoir une diflTérence sensible entre les types des médailles et ceux des monnaies ; et cette différence consiste à employer pour les dernières le genre de gravure connu sous le nom de bas-reliefs peu saillants, en observant scrupuleusement de n'opposer jamais relief à relief, mongrz, Instit. Mém. Litt. et beaux-arts, t. ii, p. 273. || 4' Terme do maçonnerie. Tout ouvrage saillant surune surface unie. |! 6°Terme de fortification. Le relief d'un parapet est la hauteurde sa crête intérieure au-dessus ('.a sol naturel. Il Terme de marine. La hauteur d'un bâtiment audessus de l'eau. || 6° Terme de peinture. La saillie apparente des objets. Ces figures ont beaucoup do relief. Comme le relief des objets n'est pas aussi sensible dans la peinture que dans la réalité, ce jeune homme [l'aveugle de Cheselden] fut quelque temps à ne regarder les tableaux que comme des plans différemment colorés : ce ne fut qu'au bout de deux mois qu'ils lui parurent représenter des corps solides; et ce fut une découverte qu'il parut faire tout à coup, coNDiL. Traité sens, m, 6. || 7° Fig. Apparence plus vive que certaines choses reçoivent de l'opposition et du voisinage de quelques autres. Certaines couleurs opposées les unes aux autres se donnent du relief. La modestie est au mérite ce que les ombres sont aux figures dans un tableau : elle lui donne de la force et du relief, la brut. ii. Sa femme horriblement laide faisait l'adorable, et disait mille sottises assaisonnées d'un accent biscalen qui leur donnait du relief, lesage, Gil Bl. m, S. ||8° Fig. Considération qui résulte de quelque avantage. Tirer toute sa sainteté et tout son relief de la réputation de son directeur, la bruy. xm. La gloire dans les armes n'est tout au plus que la moitié du brillant qui distingue les héros ; il faut que l'amour mette la dernière main au relief de leur caractère par les travaux, la témérité des entreprises et la gloire des succès, HAMiLT. Gramm. iv. Les politiques savent assez qu'il ne faut rien négliger de ce qui peut donner du relief à une nation aux yeux de ses voisins ou de ses ennemis, ponten. Du Ilamel. L'abbé de Castres, archevêque d'.\lbi, désirait fort le siège de Keims, quoique d'un moindre revenu; l'approche du sacre du roi donnait un grand relief à ce siège, duclos, (Euv. t. vi, p. 87. || 9° Anciennement, lettres de relief, lettres de réhabilitation de noblesse, proprement lettres qui relèvent. Il Dans l'ancienne pratique, lettres de relief d'appel ou, simplement, relief d'appel, lettres de la petite chancellerie qui autorisaient à faire intimer ou assigner pour procéder sur l'appel qu'on avait interjeté. Les religieuses de Port-Royal signèrent une procuration pour obtenir en leur nom un relief d'appel comme d'abus, bac. Uist. de Port-Royal, V part. Il 10» En jurisprudence féodale, droit que le vassal payait à son seigneur, lors de certaines mutations, ainsi dit parce que le vassal, par ce droit, relevait le fief. || 11° Anciennement, l'ordre du prince qu'obtenait un officier pour être payé de ses appointements, échus pendant une absence légitime. Il lï° Ce qu'on enlève, ce qu'on relève de dessus une table. Voilà un beau relief, il reste les trois quarts du poulet. Moyennant quoi votre salaire Sera force reliefs de toutes les façons, la font. Fabl. i, 6. Autrefois le rat de ville Invita le rat des champs. D'une façon fort civile, X des .eliefs d'ortolans, id. t'aU. I, 9. Il L'Académie dit qu'il est vieux en ce sens; cependant il s'emploie encore; elle ajoute
KËL
qu'il ne se dit qu'au pluriel ; cependant la singulier est usité aussi.
— HIST. XI' s. Suz le degret où il gistsur sa nate, Iluec paist l'um del relef de la table, St Alexis, h. Il xiu* s. Saioleit [soâlés, rassasiés] sunt, si unt laissié X lor enfans de lor rellié. Psaumes en vers, dans Liber psalm. p. ï7). Icelle amende (pour meurtre] si est appellée relief d'home, Établiss. de S. Louis, iOi. Li riches hom ert [était] à grantaise, Al poure homme rien ne donoit. Pour son mehaing vil le tenoit, Ne del relief de sa maison Ne li voloit faire parchon, oui de cambrai, Barl. et Jos. p. B2. Il xiv* s. La laveure des poz et li reliés des tables, C'estoit trestouz ses vivres ; moult li fu delitable, Girqrt de Rofs. v. 2399. || xv« s. Pourquoi l'archevesque de Cantorbie avoitdit ainsi, que ores-primcs estoit le roi fourni d'âge et de sens.... pourquoi il conseilloit, pour le plus seur, que tous renouvelassent leur relief et serment de lui.... froiss. ii, ni, 8). Celui qui reput cinq mille hommes de trois pains et de douze poissons, dont demeura de reliefs douze corbeilles, louis xi, Nouv. lxxxiii. || xvi" s. Si le vassal doit relief ou rachat, qui ne sont qu'une mesme chose, doit offrir pour lesdits relief et rachat le revenu d'une année, Coust. gin. t. i, p. 235. Le vassal est tenu communiquer à son seigneur choisissant le relief [revenu d'une année], ses papiers de recette et terriers, et en bailler copie aux dépens du seigneur, loïsel, 586. Aide de relief est deue, quand le seigneur meurt et son hoir relevé vers celui de qui il tenoit son fief, du cange, auxilium.
— ÉTYM. Provenç. releu; catal. relleu ; espagn. relieve; ital. rilevo, rilievo; bas-lat. relevium, du lat. re/eiare, (voy. relever). La syllabe latine le a été renforcée en lie, qui pour cette raison est resté monosyllabe.
•f RELIEN (re-li-in),'ï.m.Terme d'artificier. Poudre grossièrement écrasée et non tamisée, dont l'action n'est pas aussi vive que celle de la poudre grenée.
RELIER (re-li-é), v. a. je reliais, nous reliions, vous reliiez; que je relie, que nous reliions, que vous reliiez. || 1° Lier de nouveau. Reliez ces bottes qui se sont déliées. 1| Fig. Relier tant de fois ce qu'un brouillon dénoue. C'est trop de patience, mol. l'Ét. m, *.\\i° Coudre ensemble les feuillets d'un livre et y mettre une couverture. Et s'il lui plaît encor, qu'il me relie en veau, Régnier, Sat. xii. Je me suis moqué de son Emile [de J. J. Rousseau], qui est assurément un plat personnage; son livre m'a ennuyé ; mais il y a cinquante pages que je veux faire relier en maroquin, volt. Lett. d'Alembert, 16 sept. 4 762. Voici la troisième partie des Lettres [la Nouvelle Héloïse copiée par Rousseau]... et, puisque vous ne dédaignez pas de les faire relier, je me propose de donner à cette copie.... i. i. Eouss. à Mme de Luxembourg, 20 juin i780. || Absolument. Cet ouvrier relie bien, relie proprement. Il 8° Mettre des cercles, des cerceaux à un tonneau. Je lui demandai qui était son père ; il me le montra qui reliait des tonneaux, j. j. bouss. Prom. 9. Il i' Unir par des voies de communication. De larges rues couvertes, qui n'occupent pas moins de Il 000 mètres de superficie, relient les pavillons [des balles de Paris], et facilitent entre eux la circulation la plus active, vinet, dans J. des Débals, 24 sept. 1864. Il Fig. Relier le présent au passé. || B°Fig. Lier, mettre en amitié. C'était elle [Mme de Fontaine Martel] qui m'avait relié avec M. le duc d'Orléans, st-sim.' 274, 102. Il 6° Se relier, v. réfl. Être rattaché, appartenir. Cela se relie à une affaire ancienne.
— HIST. xiu* s. Et lor seles erent [étaient] brisies, En plus de cent lieus reloiies. Lai du trot. || xiv s. Les hommes doivent tant seulement une journée de relier [botteler], et de fauchier, du cange, religare. Que le tonnellet soit serréement relié, qu'il n'y puisse riens entrer ne yssir, Ménagier, il, 2. || xvi's. Il m'a commandé que je luy feisse relier ce livre tout à neuf, naspEn. Cymbal. 74.
— ÉTYM. Wallon, riloy; provenç. religuar , re- Har; catal. rclligar; espagn. religar; ital. rilt^pare; du lat. religare, de re, et ligare (voy. lier).
RELIEUR (re-li-eur), s. m. Ouvrier qui relie des livres. La république [de Genève] a envoyé mon libraire en ambassade à Versailles; je m'imagine que le roi lui enverra son relieur pour mettre la paix chez elle, volt. Lett. Richelieu, 20 avr. 4 770. Il /Au féminin, relieuse, femme qui relie des livres ou qui a un atelier de reliure.
— iilST. xiv s. Jacques le relieur de livres, pour avoir relié un des bréviaires de la chapelle, Uist. htt. de la Fr. U xxiv, p. 644.
— f.TYM. Relier. On le trouve avec le sens de bolteleur (relieurs ou faucheurs, du cange, reli-
REL
gare), n avec le sens de tonnelier (ung relieur qui relioit srs pipi^s, ib.).
REI.IGIliUSICMENT ( re-li-ji-eû-z6-man ) , adv. Il 1* Avec religion. Vivre religieusement. || J" Exactement, scrupuleusement et avec respect. Elle [Mme de Marans qui avait calomnié Mme de Grignan] est fort heureuse du parti qu'on lui offre.... c'est do se taire très-religieusement, SÉV. « fév. 4 871. Les Samaritains.... les ont conservés [les livres do Moïse] aussi religieusement que les Juifs, Boss. Hist. II, 4 3. Il Dans le même sens et en se moquant. Ma capacité me valut le soin des bottes de la communauté [saint-simonienne]; pendant deux mois, je vécus dans le cirage ; chaque jour je frottais quarante paires de bottes religieusement, REYBAUD, Jérôme Paturot, i, 2.
— HIST. xii* s. Droiturelment et religieusement pensant del resuscilemcnt, ilachab. n, 42. ||xiv's. Liquelx [jeunes Romains choisis pour enlever la statue de Junon à Voies] à très grande révérence entrèrent en son temple, et y mistrent leurs mains moult religieusement, bercheure, f" 406. ||xvi's. ....Qu'il sache qu'aussi l'ai-je transcrit religieusement sur la copie, que receut un secrétaire d'Estat, d'aub. Hist. m, 64 9. Quand je me confesse à moj religieusement, je treuve.... mont, m, 87.
— ÉTYM. Religieuse, et le suffixe ment; provenç. religioxamen, religiosamens ; catal. rcligiosament ; espagn. et ital. religiosamente.
RELIGIEUX, EUSE (re-li-ji-eû, eû-z'), adj. Il 1" Qui appartient à la religion. L'Église enseigne que tout culte religieux se doit terminer à Dieu comme à sa fin nécessaire ; et, si l'honneur qu'elle rend à la sainte Vierge et aux saints peut être appelé religieux, c'est à cause qu'il se rapporte nécessairement à Dieu, BOSS. Expos, ductr. cath. 3. Nous ne saurions peindre l'émotion que nous causèrent ces chants religieux, chateaubr. Génie, m, v, 3. C'est dans les grands événements de la vie que les coutumes religieuses offrent aux malheureux leurs consolations, id. t'ft. m, v, 6. Les anciens même avaient faitaussidujour de repos un jour religieux, iD.t'b. iv, I, 4. Chez les divers peuples de la terre, les cérémonies religieuses sont nées du sacrifice, id. ib. iv, i, 6. Il Chez les anciens Égyptiens, année religicuseou secrète, année solaire ou fixe de 365 jours et un quart, d'après laquelle les prêtres égyptiens marquaient les fêtes. || Maladies religieuses, maladies qui portent sur le système nerveux, et qui naissent sous l'empire des émotions et des idées religieuses; elles sont essentiellement épidémiques. || 2" Conforme à la religion. Il [le cardinal de Retz] se porte très-bien, et fait une vie très-religieuse, sév. 34 juin. 4 675. Lorsque, pour seconder ses soins religieux [de Titus], Le sénat a placé son père entre les dieux, bac. Bérén. i, 4. Ayez vous-même un noble et religieux respect pour les vérités de la religion, MASS. Pet. carême, Re.ip. que les gr. doivent à la relig. Votre réponse est bien religieuse, repartit le docteur, bern. de st-p. C/i. ind. Le sentiment religieux unit intimement les hommes entre eux, quand l'amour-propre et le fanatisme n'en font pas un objet de jalousie et de haine, stael, Corinne, X, 5. Celle [la cloche] qu'une religieuse frayeur balançait dans nos campagnes pour écarter le tonnerre, chateaubr. Génie, iv, i, 4. L'aube.... offre de douces consonnances avec les idées religieuses, ID. t6. IV, I, 2. Il 8° Qui vit selon les règles de la religion. La sage et religieuse princesse qui fait l'objet de ce discours, boss. Reine d'Anglet. C'est une chose délicate à un prince religieux, de réformer la cour, et de la rendre pieuse, la bruy. xiii. Celui k qui l'on demande quelle est sa religion, et qui répond la religion du prince, se montre plus courtisan que religieux, dider. Opin. des anc. philos, [éclectisme], La médisance ou la calomnie accusait l'homme en place de n'être pas fort religieux, d'a- LEMb. Éloges, de Houtlev. Des anciens roisquand revint la famille, Lui [Chateaubriand], de leur sceptre appui religieux, Crut aux Bourbons faire adopter pour fille La Liberté qui se passe d'aïeux, bérano. d Chateaubriand. \\ 4° Exact, ponctuel, scrupuleux, au point de s'en faire une sorte de religion. Je les vois [les gens de Port-Royal] si religieux à se taire, que je crains qu'il n'y ait en cela de l'excès, pasc. Prov, xviii. Peut-être que les Juifs étaient plus dociles que les autres peuples, ou qu'ils étaient moins religieux à conserver leurs saints livres? boss. Hist.ii, 4 3. Les Grecs étaient fort religieux à s'acquitter de ce devoir [la sépulture dos morts], R0LLiN,|//ist. anc. Œuv. t. xi, 2* part. p. 402, dans poogens. Les Romains étaient le peuple du monde le plus religieux surlesermeni montesq. Rom. 4 . || B" Qui appartient à un ordre mo*
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nastique. L'amour de Dieu poussé jusqu'au mépris de soi-même, c'est ce qui fait la vie nouvelle du christianisme; et c'est ce qui, étant porté à la perfection, fait la vie religieuse, boss. la Vallière. Elle aimait tout dans la vie religieuse, jusqu'à ses austérités et à ses humiliations, lo. Anne de Gonx. La retraite religieuse peut nous préserver de tous les autres dangers du monde ; mais la charité n'y est pas toujours plus en assurance qu'ailleurs, bour- DAL. Instruct. charité, Exhort. t. ii, p. 366. Plus vous avancerez dans la profession religieuse, plus vous devez croître dans la grâce de votre état,' dans le désir de votre perfection, dans l'amour de vos devoirs et de vos règles, mass. Profess. relig. Serm. î. Le dépouillement religieux y met [dans les couvents] à couvert de la tentation des richesses, premier écueil de la vie humaine, id. t6. || 6° S. m. et f. Personne engagée par des vœux monastiques. Il s'est fait un miracle à une religieuse de Pontoise, qui, sans sortir de son couvent, a été guérie d'un mal de tête extraordinaire par une dévotion à la Sainte-Ëpine, pasc. Lett. à Mlle de Roannex, ». C'est la première fois que j'ai vu une religieuse parler et penser en religieuse; j'en ai bien vu qui étaient agitées du mariage de leurs parentes, qui sont au désespoir que leurs nièces ne soient point encore mariées, qui sont vindicatives, médisantes, intéressées, prévenues; cela se trouve aisément; mais je n'en ai point encore vu qui fût véritablement et sincèrement morte au monde, sév. 3S8. Les prêtres et les religieux, zélés et infatigables pasteurs de ce troupeau affligé [les catholiques anglais], BOSs. Reine d'Anglet. La princesse Anne n'aspirait plus qu'au bonheur d'être une humble religieuse d'une sœur [qui était abbesse] dont elle admirait la vertu, id. Anne de Gont. Les religieux n'ont pas l'esprit ni le cœur tourné comme les autres hommes du monde, ni même comme les ecclésiastiques; ils sont unis à moins de choses, mais ils y sont naturellement plus fortement attachés, ma- LEDR. Rech. v, 3. Une mère, je ne dis pas qui cède et qui serendà la vocation de sa fille, mais qui la fait religieuse, se charge d'une âme avec la sienne, la BRUY. XIV. La mort de cet homme qui avait passé une assez longue vie à la guerre, dans les cours, dans le tumulte du monde, fut celle d'un religieux de la Trappe, fonten. Renau. Il [Bossuet] présentait un jour à Louis XIV le P. Mabillon, comme le religieux le plus savant de son royaume.... ajoutez et le plus humble, dit l'archevêque de Reims, leTellier, qui croyait faire une épigramme bien adroite contre la modestie du prélat, d'alemb. Éloges, Bossuet. Cette multitude de religieux et de religieuses dévoués au service des hôpitaux, chateaub. Génie, IV, III, 6. Il 11 s'est dit, par plaisanterie, des femmes consacrées dans l'antiquité au culte de certaine."! divinités. Le royaume de Thoas où la belle Iphigénie fut si longtemps religieuse, volt. Lett. à Cath. 86. Il X la religieuse, chacun à part. Ils étaient sixvingts à table ; ils furent traités à la religieuse, chacun à part; ils eurent chacun quinze plats, gui patin, Lett. t. II, p. C04. Il Religieuse, nom d'uneespèce de sarcelle. Une robe blanche, un bandeau blanc avec coiffe et manteau noirs ont fait donner le surnom de religieuse à cette sarcelle de la Louisiane, BUFF. Ois. t. xvn, p. 410. Il Religieuse, nom donné par Selon k la bernache.
— Hisr. XII' s. Li religius prince, qui volt bonté amer, Doit noveles iglises drescier e alever. Th. le mart. 73. || xiii* s. N'ai-ge dont aussi bien chanté Anuit à vespres comme vous? E autant sui religions Et nez [net] et prodom de ma main, Ren. 2i408. Cist a robe religieuse, Donques est-il religieus, la Rose, H090. On apele liex [lieux] religieus les manoirs enclos de murs qui sont as gens de religion, BEAUM. XI, 22. Car plein d'orgueil et d'envie Sunt cil qui semblent meillor; Par dehors ont religions atour, Et par dedens sunt plein d'ypocrisie, cité dans coussEMAKEB, l'Art harmonique, p. 2t7. Se H pecheor vont en enfer, donc vont li religious en paradis, brun, latini. Trésor, p. 639. || xv* s. Vous avez la noble couronne de Portingal donnée à un clerc, homme religieux et bjistard, froiss. il, m, ♦. Mais soit bonne et religieuse. Et de sa besongne songneuse De son boslel à droit tenir, e. desch. Poés. mtt. ^ 492. Il xvr s. Vous estes de la religion [protestant] T — Oui, monsieur, et ne suis pas si bon religieux queje devrois, d'aub. Fxn. i, io. Les Lacedemoniens, religieux observateurs des ordonnances de.... MONT. I, (26. [Le phénix] Oiseau religieux aux mânes de son père, bons. 662.
— ÊTYM. Provenç. religios, relegios; espagn. et ital. religioso; du lat. religiosus (voy. religion).
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Une religieuse, en latin religiosa, ne se trouve dans les inscriptions qu'au commencement du vi* siècle, LE blant, Inscr. chrét. de la Gaule, Préface, p. iO. Auparavant on disait puella domini.
RELIGION (re-li-ji-on), t. f. \\ !• Ensemble de doctrines et de pratiques qui constitue le rapport de l'homme avec la puissance divine. La religion juive. La religion chrétienne. La religion païenne. La religion de Mahomet, de Bouddha. Le chevalier d'Harcourt s'y était opposé, disant que c'était une affaire entre les couronnes de France et d'Espagne, dont la religion ne se devait point mêler, pellissoN, Lett. hist. t. il, p. <94. Je vois des foisons de religions en plusieurs endroits du monde et dans tous les temps.... j'aurais refusé également la relif-'ion de Mahomet, et celle de la Chine, et celle des anciens Romains, et celle des Egyptiens, par cette seule raison que, l'une n'ayant pas plus démarques de vérité que l'autre, la raison ne peut pencher plutôt vers l'une que vers l'autre, pasc. Pens. xiv, î, édit havet. Je vois la religion chrétienne fondée sur une religion précédente, id. ib. xiv, 3. Le déisme, presque aussi éloigné de la religion chrétienne que l'athéisme, qui y est toutà fait contraire, ID. ib. XI, 40 bis. La seule religion chrétienne est proportionnée à tous, étant mêlée d'extérieur et d'intérieur ; elle élève le peuple à l'intérieur, et abaisse les superbes à l'extérieur, id. t'b. xi, 3. Toute religion est fausse, qui, dans sa foi, n'adore pas un Dieu comme principe de toutes choses, et qui, dans sa morale, n'aime pas un seul Dieu comme objet de toutes choses, id. ib. xxiii, 4. La vraie religion doit avoir pour marque d'obliger à aimer son Dieu, ID. ib. XI, 4. Ceux à qui Dieu a donné la religion par sentiment du cœur sont bienheureux et bien légitimement persuadés, id. t6. viii, 6. Fondement de la religion : c'est les miracles, id. ib. xxui, 4 8. La religion catholique n'oblige pas à découvrir ses péchés indifféremment à tout le monde; elle souffre qu'on demeure caché à tous les autres hommes ; mais elle en excepte un seul, à qui elle commande de découvrir le fond de son cœur, m. ib. II, 8. Il [Jésus-Christ] leur [aux apôtres] apprend le caractère de celte haine qu'ils auront à porter, c'est q ue ce sera une hainede religion ; qu'on les excommuniera, et qu'on les aura tellement en exécration qu'on croira rendre service à Dieu de les exterminer, BOSs. Méd. sur l'Év. 2» partie, iT jour. Par oii ont-ils [les incrédules] deviné que tout ce qu'on pense de ce premier être [Dieu] soit indifférent, et que toutes les religions qu'on voit sur la terre lui soient également bonnes? m. Anne de Gonx. 11 [un roi] protège la religion en toutes choses, et il connaît, en protégeant la religion, que c'est la religion qui le protège lui-même, puisqu'elle fait le plus puissant motif de la soumission que tant de peuples rendent aux princes, id. Instr. à Louis XIV, en 4C75. La religion s'intéresse dans ses infortunes [du cardinal de Retz]; la ville royale s'émeut, et Rome même menace, id. le Tellier. Je n'ai jamais douté, dit-il [Condé], des mystères de la religion, quoi qu'on ait dit, iD. Louis de Bourbon. Ce superbe croit s'élever au-dessus de tout et audessus de lui-même, quand il s'élève, ce lui semble, au-dessus de la religion qu'il a si longtemps révérée, id. Anne de Gonx. On énerve la religion quand on la change, et on lui Ôte un certain poids qui seul est capable de tenir les peuples, id. Berne d'Anglet. Ils [les princes] ont trop fait sentir aux peuples que l'ancienne religion se pouvait changer, ID. t'b. N'oublions pas ce qui faisait la joie de la reine : Louis est le rempart de la religion ; c'est à la religion qu'il fait servir ses armes redoutées par mer et par terre, id. Mar.-Thér. Dans un âge où l'on ne sait pas encore sa religion, M. de Monlausier défendait la sienne, flëch. Duc de Mont. L'esprit docile admet la vraie religion; et l'esprit faible, ou n'en admet aucune, ou en admet une fausse, la BituY. XVI. Si c'est le grand et le sublime de la reli-gion qui éblouit ou qui confond les esprits forts, ils ne sont plus des esprits forts, mais de faibles génies et de petits esprits ; si c'est au contraire ce qu'il y a d'humble et de simple, ils sont à la vérité des esprits forts, et des esprits plus forts que tant de grands hommes si éclairés, si élevés et héanmoins si fidèles, id. xvi. La religion vient des dieux, elle est au-dessus des rois, pén. Tél. xxiii. Observez la religion : le reste meurt, elle ne meurt jamais, id. ib. XV. La religion est environnée de deux écueils, également dangereux à l'homme, également injurieux à la divinité, savoir, de l'impiété et de la superstition, ROLLiN, Bist. ane. Œuv. t. i, p. 4 94, dans F0IIGEN8. Ce n'est pas assez pour une religion
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d'établir un dogme; il faut encore qu'elle le dirige, montesq. Espr. xxiv, 4». Comme on peut juger parmi les ténèbrrs celles qui sont les moins épaisses, et parmi les abimes ceux qui sont les moins profonds, ainsi l'on peut chercher entre les religions fausses celles qui sont les plus conformes au bien de la société, id. ib. xxiv, 4. On a beau dire qu'il n'est pas de l'intérêt du prince de souffrir plusieurs religions dans son État.... m. Lettres pers. 8B. En fait de religion les plui proches sont les plus grar.des ennemies, id. ib. 60. Genève n'est plus la Genève de Calvin.... le christianisme raisonnable de Locke est la religion de presque tous les ministres, et l'adoration d'un être suprême jointe à la morale est la religion de presque tous les magistrats, volt. Lett. Cidevillc, 42 avr. 4766.- Les religions durent toujours plus que les empires, id. Mœurs, 63. La religion n'étant que la correspondance de la pensée et de la spiritualité de l'homme avec la pensée divine, avec l'esprit universel, il s'ensuit qu'elle ne peut prendre aucune forme étroite ou légale, mieabeau, Colleetion, t. V, p. 267. ]| Les guerres de religion, le» guerres occasionnées par la différence de religion, et, particulièrement, les guerres entre catholique» et protestants en France pendant le xvi' siècle. Il Paix de religion, traite conclu à la diète d'Augsbourg, entre l'empereur et les princes protestants d'Allemagne, en 4 665. || Religion de l'État, religion d'État, celle que l'État déclare être la sienne, exclusivement à toutes les autres qu'il ne fait que tolérer, La religion catholique, apostolique et romaine eSt la religion de l'État , Charte de 4 S4 4, art. 6. Il Religion naturelle, religion qu'on suppose indépendante de toute révélation et qui est une forme du déisme. Songe que du très-haut la sagesse éternelle A gravé de sa main dans le fond de ton cœur La religion naturelle, volt. Poëmes, Pour et contre. J'entends par religion naturelle les prinripes de morale communs au genre humain, iD. Phil. Newl. I, 8. Il 2° La religion prétendue réformée, la religion réformée, ou, absolument, la religion, la croyance des calvinistes. Pour prévenir les désordres dont on était menacé par les gen» de la religion, la faï. Mém. cour de France, Œuv. t. III, p. 1 9, dans pouGENS. || 3° Foi, piété, croyance. Il a beaucoup de religion. Il est sans religion. Je parle de celte foi respectueuse qui est saisie d'une horreur de religion à la seule présence du sanctuaire, qui approche de l'autel comme Moïse du buisson sacré, mass. Àvent, Disp. à la comm. Les épicuriens, qui n'avaient nulle religion, recommandaient l'éloignement des affaires publiques, l'étude et la concorde, volt. Dict. phil. Religior^, 4. L'oubli de toute religion conduit à l'oubli des devoirs de l'homme, j. j. rolss. Ém. iv. Il 4° Sentiment de respect, de scrupule, comparé au sentiment religieux. Vous savez que M, de Grignan n'est pas sur ses intérêts comme sur ceux du roi son maître : il a une religion et un zèle pour ceux-ci, qui ne se peut comparer qu'à la négligence qu'il a pour les siens, sÉv. 4 83. Ce m'est une religion que la vénération que j'ai pour cette maison [de Toiras], id. 22 mai 4 682. Tous les Juif» y étaient accourus [à Jérusalem], afin de célébrer la pâque selon leur coutume; or chacun sait la religion de ce peuple pour toutes ses cérémonies, BOSS. Sermons, Bonté et rigueur de Dieu, 2. Saint Paul observe deux choses dans la religion du serment : l'une, qu'on jure par plus gianil que soi ; l'autre, qu'on jure par quelque chose d'immuable, iD. Polit. VII, I, 3. Ce peuple [les Juifs] est le seul.... qui devait être le dépositaire des secrets divins ; il les a aussi conservés avec une religion qui n'a pas d'exemple, id. hist. ii, (3. On lui attribuait un courage à toute épreuve, une religion inviolable pour sa parole, hamilt. Gramm. «. Ils opposèrent à cette demande la religion sacrée du dépôt, qui ne leur permettait pas de livrer à qui que ce fût celte somme du vivant de celui qui la leur avait confiée, rollin, Hist. anc. Œuv. t. ix, p. 652, dans POUGENS. Si tout meurt avec nous, ....les soins du nom et de la postérité sont frivoles, .... la religion des tombeaux, une illusion vulgaire, MASS. Carême, Avenir. || Se faire une religion d'une chose, s'en faire une obligation indispensable. Vous dirai-je qu'il se fit une religion d'écouter les raisons des parties et de lire tous leurs mémoires, quelque longs et ennuyeux qu'ils pussent être? FLecH. Lamoignon. Ne se fit-elle pas une religion de donner un frein à sa langue? id. Dauph. i| Violer la religion du serment, manquer à son serment. Il Surprendre la religion du prince, la religion d«i
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Juges, la religion d'un tribunal, surprendre la justice du prince, des juges, d'un tribunal, les tromper par un faux exposé. Il ne disait point qu'on avait surpris la religion de la cour en accusant milord Peterborough d'avoir hasardé les troupes de la reine Anne, parce que ce n'était pas une afTairc de religion, volt. Jenni, 4. || Voltaire sa trompe; il prend cette locution comme un néologisme de son temps, et il le blâme. Cette locution est beaucoup plus ancienne; elle se trouve déjà dans la première édition du Dictionnaire de l'Académie, en l eos. Il 5° L'état des personnes engagées par des vœux à une certaine règle autorisée par l'Église. Un religieux avec son habit de religion, pasc. Prov. vi. Mlle de la Basinière est en religion, tout auprès de Mme de la Fayette ; quelques intérêts de famille et une très-désagréable humeur ont causé cette retraite où elle s'ennuie fort, sëv. 4ou. Il [le concile de Latran] appelle les nouveaux ordres monastiques de nouvelles religions.... ces nouvelles religions ne font point des Églises nouvelles ; ce n'est pas la singularité de créance, mais la profession d'une piété plus particulière.... qui leur donne le titre de religion, boss. Réfut. cat. Fernj, préambule. Ne soyez pas les meurtriers barbares des enfants mêmes que vous consacrez à la religion, MASS. Prof, relig. i.|| Entrer en religion, se faire religieux ou religieuse. Toutes les langues et toutes les sciences lui sont infuses; enfin c'est un prodige [Madame Angélique Arnauld, abbesse de Port- Royal], d'autant plus qu'elle est entrée à six ans en religion, sÉv. 388. Je ne vais point dans cette maison, que je n'en sorte avec regret, et que je ne me repente de n'être point entrée en religion, maintenon, Lett. à Mme de St-Géran, 27 août (704. || Mettre une fille en religion, la faire religieuse. || Couvent. La reine a envoyé par les religions pour faire prier Dieu, afin qu'il pldt à sa sainte bonté de détourner le roi d'un dessein qu'il a [épouser une des nièces de Mazarin], oui patin, Lett. t. ii, p. (83. Ma tante de Maignelai la mit [la nièce de l'Ëpinglière] dans une religion où elle mourut huit ou dix ans après en réputation de sainteté, retz, i, 65. Les parents jettent leurs enfants dans les religions sans vocation, et les empêchent d'y entrer contre leur vocation, BOss. Pensées chrét. et mor. 42. Un religieux qui s'est sauvé dans le fond d'une religion, de peur je goûter ni de voir même les plaisirs du monde, fLÉcu. Sinnons, Jour de Noël. ||Nom de religion, nom que des religieux, des religieuses prennent en entrant au couvent. I.a sœur de M. Pascal, qui s'appelait en religion sœur Euphémie, rac. Hist. de Port-Royal, part. 2. || Fig. et par plaisanterie. Cette personne veut être de la religion de saint Joseph, avec quatre pantoufles sous le lit, elle veut se marier. Il 6° Absolument. La religion, l'ordre de Malte. Les galères de la religion.
— lilST. XI* s. Yglise de religium [monastère], Lois de Guill. t.||xiii' s. Du grant alor que ele avoit, Bien puet cognoistre qui la voit, Qu'el n'est pas de religion, la Rose, 3441. Puet l'en trover religion En séculière maison? ib. )H27. Servise de voie à cimctire est de droit privé, et por ce le puet l'en chalongier au signer cui la teneure est; et cest servise puet estre aquis por la religion de l'enterrement, Liv. de just. I38. Cil qui sunten religion ne poent pas revenir au siècle, beadm. lvi, i. Quant il veut entrer en religion, m. xxi, 4. Religions est celé vertus qui nos fait curions de Dieu et faire son servise, bbun. lat. Trésor, p. 42i . Quicunques n'est fors et fiers [ferme] en sa loi et en sa religion, à peine puet estre loiaus hom; car qui n'est loiaus vers son Dieu, comment sera il loiaus vers les homes? id. ib. || xv« s. Kt délibéra s'en aller à Romme et se mettre en une religion auprès, comm. V, 7. Il XVI* s. Quant au mot de religion, combien que Cioeron le déduise très bien du mot de relire.... j'estime que ce mot est opposé à la trop grande licence et excessive que la pluspart du monde s'est permise. — Religion donc comporte autant comme une retraite et discrétion meure et bien fondée, CALv. Inslit. 66. Y a-il une telle religion à fleschir le genouil, ou envelopper un corps mort, qu'on ne puisse laisser ces choses sans crime? m. ib. 869, Et lui défendit que jamais elle ne parlast à ce marchand, ou qu'elle la mettroit en religion, marg. Nouv. vit. Pour atteindre au sommet d'une telle équité. Il faut la pieté joincte à la charité. Et la religion dont reliez nous sommes, rons. 662. Ceux de la religion, grande pitié que j'use maintenant de ce mot, pour dire ceux de la ligue ou faction, pas- QuiER, Lett. t. 1, p. 272. Ce que ces trois filles s'estoient rendues religieuses en mesme monastère, si-
gnifioit que vostre amye et ses deux compagnes se marioient ; car, comme l'on dit, le mariage est la grande religion, l'Amant resstiscilé, p. 433, dans LACURNE. Nos rois.... Ploians la pieté au joug de leur service. Gardent religion pour ame de police, d'aub. Tragiques, Princes.
— ÊTYM. Prov. rcligio, religion; espagn. religion; ital. religione; du lat. religionem, dont l'étymologie est douteuse entre rekgere, recueillir, et religare, relier. Pour relegere, on dit que rcligare aurait fait religatio (ce qui est inexact, car re-lig-io se conçoit, exemple cpt-io), et on cite la phrase: religentem esse oportet, religiosum nefas (voy. PHEUNn) ; en ce sens, religio voudrait dire recueil (c'est probablement le sens primitif de lex), recueil de formules religieuses, de pratiques. Pour religare, on cite la phrase d'Aulu-Gelle (ii, 28) : falsa religione alligare, alium [deum] pro alio nominando ; ce serait une formule qui liait les dieux, et l'homme à eux. En latin, religio, au sens d'état monastique, se trouve dès le v* siècle.
RELIGIONNAIRE (re-li-ji-o-nê-r'), s. m. et f. Nom qu'on donnait à celui, à celle qui faisait profession de la religion réformée. Le mot de religionnaire n'est pas français; il vient du même pays que celui de doctrinaire; et ce fut sans doute un prédicateur gascon qui le débita le premier dans les chaires de Paris, balz. Socr. chrét. Disc. x. Voilà la source où nos religionnaires ont puisé; mais dès ces premiers temps l'erreur fut confondue et la vérité triompha, BOURDAL. Fête des saints, Myst. t. ii, p. 4 il .
— HEH. Religionnaire, blâmé par Balzac, étant fait de religion comme visionnaire de vision, est de formation correcte; mais on ne le dit plus pour calviniste, sinon parfois en langage historique.
— ÊTYM. Religion.
t RELIGIOSITÉ (re-li-ji-ô-zi-té), s. f. || 1* Sentiment de scrupule religieux. Avec quelle exactitude, disons mieux, avec quelle religiosité ne s'y comporterait-on pas T BOUROAL. 1 2" dim. après la Penlec. Dominic. t. m, p. 318. 1| 2° Disposition religieuse, ensemble des sentiments religieux (néologisme en cette signification), li faut que la religiosité devienne religion, religion positive, rendue visible et palpable, tout comme il faut que les principes du droit de nature, qui servent de base au droit positif, subissent la forme extérieure d'une constitution civile; la religiosité ne peut pas plus se passer de temples et de ministres, que la sociabilité ne peut se passer de tribunaux et de juges; cela posé, l'entreprise de ceux qui crurent, poussés par de petites passions, pouvoir détruire la religion positive et sauver la religiosité, fut une entreprise chimérique, viLLERs, Kant, p. 135.
— ÉTYM. Prov. reliositat; du lat. religiositatem, dt religiosus, religieux.
fRELLMAGE (re-li-ma-j'), s. m. Action de relimer.
t RELIMER (re-li-mé), t). a. \\ 1° Limer de nouveau. Il a° Fig. Polir, retoucher. De la prose Que l'art lime et relime, Régnier, Sat. ix. Je suis entouré de mes tragédies, que je relime, volt. Lett. Thiriot, 24 nov. i738.
— HIST. XVI* s. Loin de moy soit la faveur et la pompe Qui d'apparence et de lard nous retrompe, Qui nous relime et nous ronge au dedans, rons. 95 1 .
RELIQUAIRE {rc-li-kê-r'), s. m. Sorte de boite, de coffret, etc. où l'on enchâsse des reliques. Porter un reliquaire sur soi.
— HIST. XIV* s. Un angel d'argent doré qui tient en sa main une petite chapelle d'or où il y a plusieurs reliquaires, DE labobde, Émaux, p. 477. Il XV" s. Un reliquaire de cristal, à façon de boiste, où il y a eu du lait Nostre Dame, garny d'or, id. ib. p. 478. Il XVI* s. Que s'il [le français] esloit, comme la [langue] grecque et latine, pery et mis en reliquaire de livres, je ne doute point qu'il ne fust, ou peu s'en faudroit, aussi difficile à apprendre comme elles sont, du bellat, i, 18, verso.
— ÉTYM. Voy. RELIQUE ; prov. reliquiari; espagn. relicario; ital. reliquiario. On le trouve au sens de relique, au xv* siècle : Mars estoit venu recueillir aucuns vaillans hommes qui là gisoient mors, pour porter autre part; car le païs n'estoit point digne d'avoir si nobles reliquaires, Perceforest, t. iv, i' 85.
RELIQUAT (re-li-ka; le t ne se prononce pas et ne se lie pas; au pluriel, Vs se lie : des re-li-ka-z anciens), s. m. || 1° Ce qui reste dû après un arrêté de compte. La somme à laquelle s'élèvera le reliquat dû par le tuteur portera intérêt, sans demande, à compter de la clôture du compte, Code Nap. art. 474. Il a° Reste d'une maladie incomplètement guérie. 11 continue à tousser; ce rhume lui a laissé un mauvais reliquat. || 3' Au plur. Les reliquats d'un
repas, ce qui en reste. Nous dînâmes très-bien des reliquats du fe.Hin de la veille. || Vieux en ce sens.
— HIST. XIV* s. Quand on sera présent devant le grant juge, qu'on saicho do tout rendre bon compte et reliqua, le chcv. de la tour. Guidon des guerres, f* H6, dans LACURNE. Il XV' s. X la charge de tenir compte de ce qu'ils auront receu et en rendre le relicqua. Statuts des tanneurs de Coulommiers, (ixa Bulletin du Comité de la langue, t. lu, p. 56g. Il XVI* 8. Tuteurs et autres sujets à compte doivent faire recette et dépense entière, les justifier et payer le reliquat, loysel, 204. Par un reliqua d'une maladie.... PARÉ, XVI, I,
— ÉTYM. Lat. reliquatum, de reliquare, faire un reliquat (voy. relique); wallon, rejicua, graillon, reste d'un repas.
RELIQCATAIRE (rc-li-ka-tê-r*) , ». m. et f. Terme de jurisprudence et de comptabilité. Celui ou celle qui, après un compte rendu, est redevable d'une certaine somme. Je me trouve reliquataire pour le présent de i7 livres 5 sous, Papiers saisis à Bareuth, p. lou. Le mandataire doit l'intérêt des sommes qu'il a employées à son usage, à dater de cet emploi, et de celles dont il est reliquataire, à compter du jour qu'il est mis en demeure, Code Nap. art. 1990.
— ÊTYM. Reliquat.
RELIQUE (re-U-k'), «. {.\\l' Ce qui reste de Jésus-Christ, des saints et des martyrs, soit parties du corps, soit objets à leur usage, soit instruments de leur supplice. Un baudet chargé de reliques S'imaginaqu'onl'adorait; Dans ce penser il se carrait, Recevant comme siens l'encens et les cantiques, la font. Fabl. v, 14. Les corps saints sont habités par le Saint-Esprit jusqu'à la résurrection.... c'est pour cette raison que nous honoronsles reliques des morts, PASC. Lett. sur la mort de son père. Nous ne pouvons pas appeler ces précieux restes les reliques de son corps ; mais nous ne nous éloignerons pas de la raison, quand nous les nommerons les reliques de la sainteté, boss. Panég. Si Gorgon, préambule. J'ai eu le courage de revoir [après la mort de Louis XIV] les reliques que le roi portait sur lui, maintenon, Lett. à Mme de Coy Jus, 1 5 déc. 1715. On vit des généraux lever un siège et perdre une ville pour avoir une relique, montesq. Rom. 22. Les serments les plus ordinaires des anciens Français se faisaient sur les reliques des saints, tolt. bict. phil. Reliques. Le catéchisme du concile de Trente approuve la coutume de jurer par les reliques, id. ib. Les saints supposés, les faux miracles, les fausses reliques commencèrent à être décriés, id. Louis XIV, 35. Ce pèlerin espagnol, tout glorieux d'avoir visité pius de reliques qu'aucun de ses pareils, d'alembert, Éloges, St-Aulaire. Ce sont les femmes qui ont dû inventer le culte des reliques, par le même sentiment qui leur fait attacher tant de prix à un chiffre, à un nœud de ruban, ou à une boucle de cheveux qui leur vient d'un objet aimé. GENLIS, Vœux téméraires, t. 11, p. S8, dans pougens. Il Garder une chose comme une relique, la garder soigneusement. || Il en fait une relique, des reliques, se dit d'un homme qui fait grand état de quelque chose. H Familièrement. Je n'en veux pas faire des reliques, se dit d'une chose dont on veut se servir, dont on permet de se servir. || Fig. et familièrement. Je n'ai pas grande foi à ses reliques, je ne prendrai pas de ses reliques, il ne m'inspire aucune confiance. || ï° Reliques d'afTection, se disait d'objets que la piété filiale traitait comme des reliques; c'étaient des souvenirs de famille légués par affection de génération en génération, de labordi:. Ém. p. 478. \\i° Auplur. Dans le stjle élevé. Débris, restes de quelque chose de grand (mot qui vieillit, mais qui est défendu par l'autorité de Racine, et que A. de Musset a heureusement rajeuni). II ne faut pas que tu penses Trouver de l'éternité En ces pompeuses dépenses Qu'invente la vanité ; Tous ces chof-d'œuvres antiques Ont à peineleurs reliques.... MALH. n, 2. Il rentra dans Babylone avec les tristes reliques de l'armée, vaugel. Q. C. iv, i». Je les blâme de condamner reliques, qui sans doute est meilleur et beaucoup plus noble que restes dans la majesté du style de l'histoire, id. Nouv. rem. obi. de M'*' p. < 18, dans pougens. Voyons sous un tombeau ces muettes reliques, rotr. tierc. mour. iv, 3. Sur un vaisseau dans le port préparé. Chargeant de mon débris les reliques plus chères, rac. Baj. m, 2. Ils s'arrêtent non loin de ces tombeaux antiques, Où des rois ses aïeux sont les froides reliques, id. Plièd. V, 0. Il Fig. Les morts dorment en paix dans le sein de la terre ; Ainsi doivent dormir nos senlimenU éteints; Ces reliques du cœur ont aussi leur pousu.— 199
REL
sière; Sur leurs restes sacrés ne portons pas les mains, a. de musset, Poésies nouv. Nuit d'octoire.
— HIST. XI* s. Sur les reliques de s'espée jura, Ch. de Bol. XLV. Il xiii* s. Mais or sai bien ke reliques n'a mie En molt de lieus où li saint sont cuidié, MjETZNER, p. 37. Des saintuaires ne des hautes reliques qui i estoientnecovient-il mie parler, villeh. Lxxxvii. Il XIV* s. Ne passe tant d'oneur les termes, Que dedans ta chambre t'enfermes Pour homme qui veingne à ta court.... On diroit: c'est une relique Qu'on ne voit qu'une fois l'année ; Pis en vauroit ta renommée, machaut, p. h 6. X Jehan du Vivier orfèvre et variât de chambre du roy, pour avoir fait et forgié un petit reliquaire d'or pendant à une chayenne d'or, ouquel a de la vraye croix de Rodes et de plusieurs autres reliques, pour mettre et porter au col dudit seigneur, de laborde, Émaux, p. 478. Et à ce que Grisilidis n'apportast avecques soy aucunes reliques de la vile fortune de povreté.... Uénagier, i, 6. || iv* s. Conipains, compains, ce ne poet estre, Que nullement voiiés le prestre Qui jà jour ses reliques blasme, froiss. Poésies mss.ii. 39o, dans LACUBNE. Et de très grans capitaines comme.... dont je m'en tais; car ce n'est point de mon temps, combien que j'en ay veu des reliques, comm. i, 3. Il xvi* s. C'est tout ce que j'ay peu recouvrer de ses reliques [deux livres de La Boétie], mont, i, 206. S'il [l'envahissseur] venoit à la perte d'une battaille, [qu'il n'aurait] aulcun moyen de sauver les reliques de son armée, id. i, 357. II se trouveroit alors plus de douze cens gentils-hommes, qui auroyent moyen, sans solde, de l'accompagner [le roi], qui sont encores de bonnes reliques de la France ruinée, et qui feroyent autant de miracles que celles de S. Mathurin de Larchant, langue, 95. Chascun chapelain loue ses reliques, génin. Récréât, t. ii, p. 236. Brutus et Cassius, qui, se tuans, avec le temps et l'occasion perdirent les reliques de la liberté romiane,de laquelle ilsestoient protecteurs, chabbon. Sagesse, p. 382, dans lacubne.
— ÉTYM. Wallon, rt'Kft; piovenç. reKguioijespagn. et ital. reliquia ; du lat. reiiquta;, restes, de relitiquere, laisser, de re, et linquere, de même radical que Xiit dans isineiv, laisser; sansc. rie.
t RELIQCIAIRE (re-li-ki-ê-r'), s. m. Nom donné par dénigrement chez les protestants aux catholiques comme adorateurs des reliques. Leur donner par mépris [à saint Basile, saint Ambroise, etc.] une manière de nom de secte, en les appelant reliquiaires, c'est-à-dire gens qui honorent les reliques, Boss. Expos, doctr. cath. 3.
RELIRE (re-li-r'), r. a. Il se conjugue comme lire. Il 1° Lire de nouveau. Non-seulement je lis vos lettres avec plaisir, ma chère fille, mais je les relis avec une tendresse qui m'occupe et qui me fait aimer mes promenades solitaires, sév. 583. Quelle pitié de voir l'orateur entrepris Relire dans la voûte un sermon mal appris! sanlecque, dans richelet. L'Ecossais pendant ce temps-là relisait Fingal; le professeur d'Oxford relisait Homère, et tout le monde était content, volt. Dict. phil. Ane. et mod. Je vous relis toujours, et je vous aime de même, m. l.elt. d'Alembert, (6 mars (776. Le F'hilosoplie sans le savoir, mon cher ami, n'est pas, à la vérité, une pièce faite pour être relue, mais bien pour être rejouée, id. Lelt. Damilaville, t" avr. 1766. Je ne relis point les ouvrages de Sénèque sans m'apercevoir que je ne les ai point encore assez lus, dider. Claude et Mr. ii, 2. || Absolument. 11 [Godeau] disait que le paradis d'un auteur, c'était de composer; que son purgatoire, c'était de relire et de retoucher ses compositions, pellisson, Uist. Acad. iv, Godeau. Je me promène et je relis vos lettres avec une extrême tendresse; je serais bien fâchée de n'aimer point à relire, sÉv. *6 fév. 1690. X Paris, on ne relit point; vive la campagne, où le temps est à nous, voLT.ietl. d^Alemhert, 20 avr. ilii. Je suis seul, relisons, c. DELAV. Louis XI, 1, 3. X mon âge, je ne lis plus, je relis, Uot de ROYER-coLLARn. || i° Se relire, v. réfl. Lire ce qu'on vient d'écrire. Relisez-vous et ponctuez.
— HlST. xiu* s. Quant les cartes [lettres] furent escrites et saielées [scellées] et reliutes , pii. HOUSKES, mss. p. 264, dans lacurne, au mot liules. Les livres lis et les relis, Encerche bien et si eslis Qu'est vérités ne qu'est contreuve [mensonge]. Distiques de Caton.
RELIURE (re-li-u-r'), s. f. L'ouvrage d'un relieur, la manière dont un livre est relié. Ce qui fut honorable à Louis XIV, c'est que, de son vivant, on prononça douze éloges de ce monarque dans douze villes d'Italie; ils lui furent envoyés par le marquis Zampieri dans une reliure d'or, volt. Mél. litt. Sur les panégyriqttes. Le savant et pauvre Théodore de
REL
Gaza, qui, ayant dédié à Sixte IV sa traduction du livre d'Aristote sur les animaux, en reçut pour tout remerciement le prix de la reliure, que ce pape lui fit rendre, d'alemb. Éloges, Dangcau, note ). Les reliures périssent le plus souvent par les coiffes, LESNÉ, la Reliure, p. <3:i. Le mot reliure, dans sa véritable acception, ne doit pas être pris pour ce qui recouvre un livre.... ce qui la constitue, c'est la couture et l'endossement, id. tb. p. <52. || Demi-reliure, se dit quand il n'y a que le dos du livre qui soit couvert de peau, ou, en général, quand les plats sont d'une matière autre et plus faible que le dos.
— t. VM. Uelier.
RELOCATION (re-lo-ka-sion), s. f. Acte par lequel on loue de nouveau ousous-loue une chose. En cas de résiliation par la faute du locataire, celui-ci est tenu de payer le prix du bail pendant le temps nécessaire à la relocation, sans préjudice des dommages et intérêts qui ont pu résulter de l'abus. Code Nap. art. ^^B0. \\ Quand il s'agit de sous-louer, on dit plutôt sous-location.
— ÈTYM. Lat. relocare, de re, et locare, louer.
t RELOGER (re-lo-jé), v. a. Rétablir quelqu'un dans son ancien logement, et, particulièrement, le remettre en prison. Ce prisonnier s]était évadé, mais on l'a relogé en prison. || V. n. Être logé de nouveau. || Se reloger, v. réfl. Se loger de nouveau.
— HIST. XV* s. Monseigneur, comme paravant, se vint reloger emprès Madame, louis XI , Nouv. ix. Il xvi* s. [Les grues] Hautes au vent, et, débuchant les nues. Vont reloger en leurs terres cognues, BONS. 653. Jusques là tout le malheur du costé des Moscovites ; mais, après, Tovimak, r'alliant dos forces, prit quelques places et se relogea sur la frontière, d'aub. Hist. i, 250. Sans que le cours des ans, la peur, la jalousie l'.ussent pu dedans moi reloger la raison, desportes. Diverses amours, xxxii.
t RELOUAGE (re-lou-a-j ), s. m. Terme de pêche. Temps où le hareng fraye; ce qui arrive vers la fin de décembre.
— HIST. xvi's. Relouage, i\rou». coust. génér.i. 1, p. 893.
RELOUÉ, ÉE (re-lou-é, ée), part, passé de relouer 1 .
*. RELOUER (re-lou-é), v. a.\\l' Prendre ou donner de nouveau en location. Je lui avais loué ma maison pour trois ans, mais il tient à y rester, et je viens de la lui relouer à un prix différent. X l'expiration de mon bail, j'ai reloué l'appartement. || 2° Souslouer. On m'assurait que la Verron était la veuve d'un agioteur obscur et malaisé de la rue Quincampoix, qui louait, à la vérité, un corps de logis de I050 livres, mais qui en relouait une partie, volt. Polit, et lég. Déclarât, sur le procès Morangiès.
— HIST. XVI* s. Et ne pourront lesdits maistres relouer ou prendre à leur service lesdits compaignons qui seront louez auparavant à d'autres maistres pour un an, Ordonrt. des tireurs etbatteurs d'or et d^argent, )586.
t 2. RELOUER (re-lou-é) , v. a. Donner de nouvelles louanges. L'abbé Legendre, qui a écrit jusqu'à quatre éloges de M. de Harlay.... qui l'a loué une première fois en français., qui l'a reloué une troisième fois en latin.... ste-beuve, Nouveaux lundis, t. V, p. 1 59.
RELU, UE (re-lu, lue), part, passé de relire. Lu de nouveau. Les pièces relues nous ont convaincus.
t RELUCTANT, ANTE (re-lu-ktan, klan-t'), adj. Qui lutte contre, qui résiste (latinisme qui n'est pas usité). Doué d'un esprit droit plutôt qu'étendu.... fort révérencieux pour le pouvoir, un peu reluctant contre- les nouveautés, M. Gandin eût offert dans l'ancien régime le parfait modèle de ces premiers commis.... beugnot, Mém. t. v, ch. viii, p. 309.
— ÉTYM. Lat. reluclari, de re..., et luctari, lutter. RELUIRE (re-lui-r'), v. n. Il se conjugue comme
luire, par conséquent il n'a ni prétérit défini ni imparfait du subjonctif usités; cependant il n'y a aucune bonne raison pour ne pas employer ces temps, et pour ne pas dire : Le fanal reluisît toute la nuit; je n'ai pas vu d'armes qui reluisissent aussi bien que celles de ce régiment. || 1° Luire en réfléchissant la lumière. Chrispe est comme un enfant qui voit un fer reluire, Et qui le veut avoir, quoiqu'il lui puisse nuire, tristan, M. de Chrispe, m, 2. Tout y reluisait d'or et de pierreries, boss. llist. u, 4. Il apprit dans ses voyages, que, dans la Bétique, l'or reluisait de toutes parts; cela fit qu'il y précipita ses pas, montesq. Lett. pers. U2. Il Fig. La reine d'Arménie est due à ses États, Et j'en vois les chemins ouverts par nos combats; Il est temps qu'en son ciel cet astre aille reluire, corn. Nicom. n, a. || 2* Fig. Se manifester
REL
avec éclat. Et que tant de beautés qui reluisent au monde. Sont le? ouvrages de ses mains [de Dieu], MALH. I, 6. J'étais chez une dame en qui.... Reluit, environné de la divinité, Un esprit aussi grand que grande est sa beauté, bégnier. Sot. viii. X voir la sérénité qui reluisait sur ce front auguste [de Louis XIV], boss. Louis de Bourbon. Où a-t-on pris que la prière et la récompense ne soient que pour les jugements humains, et qu'il n'y ait pas en Dieu une justice dont celle qui reluit en nous ne soitqu'une étincelle? boss. ilnne de Con*. Dieu avait introduit l'homme dans le monde, oîi, de quelque côté qu'il tournât les yeux, la sagesse du créateur reluisait dans la grandeur, dans la richesse, dans la disposition d'un si bel ouvrage, id. WtsMi, tt.Cecaractère de soumission [aux puissances] reluit tellement dans toutes leurs apologies [des chrétiens], qu elles inspirent encore aujourd'hui à ceux qui les lisent l'amour de l'ordre public, id. u, 12. Joas les touchera par sa noble pudeur, Oti semble de son sang reluire la splendeur, rac. Ath. i, 2. Je m'embarquai avec les autres, et l'espérance commença à reluire au fond de mon cœur, fên. Tél. m. || Proverbe. Tout ce qui reluit n'est pas or, il ne faut pas se fier à l'éclat de l'apparence. Encore un coup il le peut prendre, En essayer, et puis le rendre, Si ce qui reluit n'est pas or, scarr. Virg. iv. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— HIST. XI* S. Contre soleil reluisent cil adoub [armures], Ch. de Roi. cxxxv. Toutli pais en reluist et esclaire, ib. clxxxvi. || xii" s. Reis, se lu es enuinz [oint], curune d'or portant. Ne deiz estre en orgueil, mais en bien reluisant, Th. le mart. 30. Il ziii* s. Mais il est droituriers sans doute; Car bontés reluit en li toute, la Rose, I739u. Et vit lonc de lui reluire l'or et l'azur des armeures, Chr. de Rains, p. 69. || xv* s. Tout n'est pas or ce qui reluit, E. Df-SCH. Poésies mss. f° 65. La cité de Jennes commençait jà à reluire en prospérité, Bouciq. u, <o. Il XVI* s. Afin que, le commencement du monde estant cognu, l'éternité de Dieu reluise plus clairement, calv. Instit. toi. L'heur et la béatitude qui reluit en la vertu, mont, i, 70. Et si est ce que partout oii sa pureté reluict, la nature faict honte à l'art, ID I, 235. Ciceron, tout aussi tost qu'il s'y fut mis, reluisît en estime de bien dire par dessus tous les autres orateurs, amyot, Cicér. 0. Tout ainsi que nous voyons nos yeux reluisans dedans les prunelles de ceulx de nos prochains.... m. Comm. ouir, 8.
— ÉTYM. Bourguig. relure; wallon, rilûr; provenç. reluser, reluiir; espagn. relucir; ital. rilucere; du lat. relucere, de re..., ellucere, luire.
t RELUISANCE (re-lui-zan-s'), s. f. Etat de ce qui reluit.
— HIST. XV* s. Et qui premier souloient estre tremblans en la reluisance de leurs espées, sont venus estre depiteux de leurs osts, o. chastelain, Chr. du duc Phil. Proesme. || xvi* s. Que la parole éternelle de Dieu a esté l'esprit de Christ en Dieu et reluisance de son idée, calv. Instit. 90.
— ÉTYM Reluisant.
RELUISANT, ANTE (re-lui-zan, zan-t'), adj. Qui
reluit Des armes reluisantes. Le corps tout reluisant d'huile, ROLLiN, Hist. anc. Œuv. t. v, p. 435 , dans pouGENS. || Elle a le visage tout reluisant de rouge, tout reluisant, elle est extrêmement fardée.
— HIST. XIII* s. Ta lainture est moult bien prenanz; Jaunes en suiet reluisanz, Ren. 12070. Ele ol la bouche petitete. Le chief ot blont et reluisant, la Rose, 855.11 XVI* s. Mais encore luy fut cest honneur plus illustre et plus reluisant par l'affection de luy gratifier, que les villes montrèrent envers luy à l'envy les unes des autres, amyot. Aie. <8.
RELUQUÉ, ÊE (re-lu-ké, kée), part, passé de reluquer. Reluqué de trop près, il se fdcha.
RELUQUER (re-lu-ké), v. a. || i° Terme familier. Lorgner curieusement du coin de l'oeil. M. Cassandre et M. Villebrequin me causent du chagrin, ils vous reluquent, la Chaste Isabelle, se. u, dans FR. MICHEL, Argot. || Fig. Désirer la possession d'une chose. Reluquer un terrain. ||2'' Se reluquer, V. réfl. Se lorgner l'un l'autre. Rien n'est si mal poli que des femmes qui se reluquent, le Mauvais ex. parade de Salle, se. 7, dans fr. michel. Argot.
— ÉTYM. Wallon, n'toukt, regarder de nouveau; génev. relucher; picard erluker; de re et dt luquer (encore usité dans les patois; wallon, louM, regarder). Luquer vient du germanique: anc. haut ail. iuog^n; anglo-sax. locian; angl. to look; comparez le sanscr. lôk, voir, qui n'est qu'une forme altérée de rue, qui équivaut à lucere.
t RELUTE (re-lu-t'), s. f. Action de relire. X la relate, oaosLBY, Vie, p. 70, éd. in-8*. [| Particuliè-
REM
REM
REM
remenf, en termes de correcteur d'imprimerie, l'action de relire les épreuves. On lui donne tant pour la relute des épreuves.
— ÊTYM. Uelu.
t RELcrrKR (re-lu-té), V. n. Lutter de nouyeau.
— HIST. XVI' s. Rcluicter, coTcnAVE.
REMÂCHÉ, ÉE (re-ma-ché, cliée), part, passé âe
remâcher. Des aliments remflchés dans la rumination, t REMACIIEMENT (re-mâ-che-man), s. m. Action de remâcher.
— HIST. XVI* s. Remaschement, cotgrave. REMÂCHER (re-mâ-ché), v. a. |l 1° Mâcher une
seconde fois. Comme un chien qui remâche une chair oubliée Sur l'os déjà rongé, v. IIUGO, Voix, 30. Il 2" Fig. et familièrement. Repasser plusieurs fois dans son esprit. En remâchant un propos avalé, RÉGNIER, Sat. viii. Le reste du jour se passa chez moi avec l'abbé Dubois, Fagon et le duc de la Force , l'un après l'autre, à remâcher encore toute notre besogne, st-sim. 6I2, 22.
— HIST. XVI' s. Remaschons soubdain : eh bien I quand ce seroit la mort! mont, i, 76. Je remaschois tantost ce beau mot d'un ancien, id. m, i. (Le lion] Allume de ses yeux les deux flambeaux ardents, Remasche sa fureur, et, d'un regard horrible. Fait cracquer hautement sa raaschoire terrible, du BELLAT, III, «6, recto.
t REMAÇONNER (re-ma-so-né), v. a. Refaire, réparer une maçonnerie.
— HIST. xiii* s. Et si comme il maisonnera à son père, tôt autressi li remaisonnera ses fils, bhun. LATINI, Trésor, p. B99. || xv s. Si regarda la tour, qui estoit haulte à merveilles, et n'y avoit huys ne fenestre qui ne fust remassonnée de bonnes pierres, Percfforest, t. m, f° I3).
t REMAIGRIR (re-mè-grir), e. n. Devenir maigre de nouveau. Je trouve qu'il a remaigri, legoabant.
t REMAILLAGE (re-ma-lla-j', 2i mouillées), s. m. Opération par laquelle le chamoiseur enlève le reste de l'épideime des peaux qu'il a préparées.
t REMAILLER (re-ma-llé, U mouillées), v. a. Il 1° Exécuter le remaillage. || i° Remailler un mur décrépit, en boucher les trous non-seulement avec du mortier, mais avec des pierres (département de la Drôme).
t RÉMAILLER (ré-ma-llé, U mouillées), «. a. Ëmailler de nouveau.
f REMANDER (re-man-dé),«. a. Mander de nouveau. L'ortlre, n'ayant pas été exécuté, fut remandé au commandant de la troupe. On avait mandé le médecin qui ne vint pas; on le remanda en toute hâte.
— HIST. XII* s. De Flandres est eissuz, à Seissuns s'enala; L'eiidemain à ses humes ariere remanda Qu'il alout [allait] à Seissuns, à lui venissent là, Th. le mort. 52. || xiii' s. Il mandèrent le conte Baudoin leur seigneur, qu'il estoient à Marseille et qu'il leur remandast sa volenté, yilleh. liv. Sachiez qu'il se tint à buer né [à bien né, à homme heureux] De ce qu'on l'avoit remandé [rappelé]. Lai de Vomhre. || xv* s. Je fus remandé, disant que toutestoit rompu, coMM. VII, 4. || xvi" s. Leduc [de Savoie] manda et remanda souvent, mais l'on [Genève] n'y voutoit obéir, bonivahd, Chron. de Genève, iv, 4.
t REMANDURE (re-man-du-r'), s. f. Série de seize cuites consécutives qu'on fait subir à l'eau dans certaines salines.
t REMANENT (re-œa-nan), s. m. Ancien terme forestier. Ce qui reste d'arbres qu'on abat. Les branchages, coupeaux et rémanents des arbres ainsi retenus pour nos bâtiments, Ordonn. des eaux et forêts, titre xxi, B.
— ÉTYM. Lat. remanere, rester, de re...., et monere, demeurer (voy. manoir).
t REMANGER (re-man-jé), ». a. Manger de nou- Teau.
— ÊTYM. Re, ei manger; wallon, rimagni.
f REMANIABLE (re-ma-ni-a-bl'), adj. Qui peut être remanié. Une épreuve dans la typographie est toujours remaniable.
REMANIÉ,ÉE (re-ma-ni-é, ée), part, passé de remanier. Il 1° Manié de nouveau. Des étoffes maniées et remaniées. || 2° Fig. Soumis à un nouveau travail. On peut croire que le basalte remanié par le feu formera de la pierre ponce noire ou noirâtre, bupf. Jfin. t. viii, p. 142. On ne sait par quelle fatalité ce sujet [Cléopatre], si favorable en apparence aux mouvements dramatiques, remanié par une foule d'auteurs, n'a pu fournir encore une tragédie dont la fortune ait été durable, d'alemb. Éloges, la Chap.
REMANIEMENT ou REMANÎMENT (re-ma-niman), s. m.|| 1* Action de remanier; résultat de cette action.' Le remaniement du pavé. || 2° Terme d'imprimerie. Travail qu'on fait quand on change
le format des pages composées, de petit en grand, de grand en petit, et aussi, quand, quelque chose étant retranché ou ajouté, il faut ou reformer phisieurs lignes de suite, ou transporter des lignes d'une page à l'autre, d'une colonne à l'autre. Pouvoir l'imprimer [une carte géographique] succes.sivement et avec un léger remaniement en autant de langues qu'on le juge à propos, Instil. Mém. lilt. et beaux-arts, t. v, p. 431. || 3° Fig. Action de composer de nouveau, de modifier un ouvrage d'esprit. Le remaniement d'une pièce de théâtre.
— ÈTYM. Remanier.
REMANIER (re-ma-ni-é), v. a. Il se conjugue comme manier. || t° Manier de nouveau. U mania et remania cette pièce pour en découvrir le mécanisme. Il En imprimerie, retourner en divers sens le papier qui a été trempé, afin que l'humidité pénètre également les feuilles. || 2° Changer, refaire certains ouvrages. || Terme de construction. Remanier à bout, refaire une toiture. || Relever un pavé, un carreau. || 3° Terme d'imprimerie. Faire un remaniement. Remanier une page, une feuille. Prault aura un peu à remanier [en faisant les corrections de Tancrède], c'est le terme de l'art; mais c'est une peine et une dépense très-médiocres, volt. Lett. d'Argental, i« déc. I70o. Iji* Fig. En parlant des ouvrages d'esprit, modifier, composer de nouveau. Je ne suis point de ces auteurs fuyant la peine.... ils allèguent, pour excuser leur paresse, qu'ils auraient peur, en les trop remaniant [leurs écrits], de les affaiblir, et de leur ôter cet air libre et facile, qui fait, disent-ils, un des plus grands charmes du discours, BOiL. Œuv. préf. de <70i. Ni son génie, ni l'habitude de réussir ne lui avaient inspiré de confiance : il ne donnait rien qu'il n'eût remanié bien des fois, fonten. BemouUi. Je l'ai remanié, corrigé, repoli de mon mieux, volt. Lett. en vers et en prose, 7i. || Terme de peinture. Se dit aussi des couleurs. Remanier et tourmenter sa couleur.
— HIST. XVI" s. Les maulx de l'ame s'obscurcissent en leur force ; le plus malade les sent le moins; voilà pourquoy il les fault souvent remanier, au jour, d'une main impiteuse, les ouvrir, et arracher du creux de nostre poictrine, mont, m, 313.
t REMANIEUR (re-ma-ni-eur), s. m. Celui qui remanie. Les remanieurs de la carte d'Europe.
t REMARCHANDER (re-mar-chan-dé), v. a. Marchander de nouveau. Il avait marchandé ces étoffes l'autre jour, et il est venu les remarchander aujourd'hui.
— HIST. XVI* s. Remarchander, cotgrave.
t REMARCHER (re-mar-ché), v. n. Marcher de nouveau; se remettre en marche. 4 juin <68B: après les courses finies, nous fîmes une petite comparse devant le roi, que S. M. trouva fort bien entendue, et ensuite remarchâmes jusque dans la grande cour du château, dans le même ordre que nous étions venus, dangeau, i, 185. Le prince Eugène remarcha en Bavière, prit les places et mit le pays en étrange état,ST-siM. 146, 58.
— HIST. XVI* s. Puis quand il avoit sa compagnie le matin, il entendoit aussi tost battre aux champs de tous costez, et se voyoit dans la nécessité de remarcher, sans avoir eu le temps de se reposer un instant, d'aub. Vie, xvi.
t REMARIAGE (re-ma-ri-a-j'), s. m. Action de se remarier; second mariage.
— HIST. xv s. Ce roi avoit deux frères de remariage [second lit], froiss. 1,1, 3i.
REMARIÉ,ÉE (re-ma-ri-é,ée), part, passéâeremarier. Le baron de Vordac est un vieillard spirituel et misanthrope,remarié en troisièmesnoees, il y a cinq ans, à unejeune personne de vingt-deux ans, GENLis, Itères riv. t. i, p. 4, dans pougens. Et.... sans l'attachement, monsieur, que j'ai pour vous, Â coup sûr, je serais déjà remariée, collin d'hablev. Vieux célib. m, 4. Il Fig. Vous avez raison de dire que je suis remariée en Provence ; j'en ferai un de mes pays, pourvu que vous n'effaciez pas celui-ci du nombre des vôtres, sÉv. 182.
REMARIER (re-ma-ri-é), ». o. Il se conjugue comme marier. || 1° Faire contracter un nouveau mariage. Et dites-moi, monsieur, la remarierez- vous ? DESTOUCH. Homme sing. i, 4. || 2° Se remarier , ». réft. Former une nouvelle union. Dans la démangeaison de se remarier. Elle nous en croira, th. cokn. Baron d'Albikrae, it, U Comment I un homme est fou, quand il se remarie? montfleury, Femme juge ei part. I, 4. Justinien accorda des avantages à ceux qui ne se remarieraient pas, montesq. Esp. xxiii, 21. Il y a dans mon voisinage de Genève une petite femme qui a toujours été d'un tempérament faible; elle a eu hier cent quatre ans très-régulièrement,
et TOUS jugez bien que les plaisants lui ont proposi de se remarier, volt. Lett. Mme du Deffant, U fév, 1762. Les mères qui se remariaient n'eurent plu» [en I B66] le pouvoir de donner leurs biens à leur second mari, id. Hisl. Pari xxvii. La femme divorci?e ne pourra se remarier que dix mois après le divorce prononcé, Code Nap. art. 296.
— HIST. XIII* s. Quant femme se remarie, ell« revient du tout en la juridiction de le [la] laie court, BEAUM. xin, 10. Et il me commencierent & rire, et me distrent en riant, que il li remarieroient sa femme, joinv. 236. ||xv« s. Et fut remarié ailleurs, là où il plut au seigneur de Bourgogne, FROiss. m, IV, »o. Il xvr s. Son père mourut, luy estant encore en sa première enfance; et sa mère se remaria incontinent à Antigonus, amyot, Démétr. m.
— ÊTYM-. lie. ., et marier; provenç. remaridar. REMARQUABLE (re-mar-ka-bl') , adj. Qui est
digne d'être remarqué en bien ou en mal. Hier moururent ici deux hommes fort remarquables en leur sorte.... oui patin, Lett. t. 11, p. 182. Ce que le prince [mourant] commença ensuite pour s'acquitter des devoirs de la religion, mériterait d'être raconté à toute la terre, non à cause qu'il est remarquable, mais à cause, pour ainsi dire, qu'il ne l'est pas, et qu'un prince si exposé à tout l'univers ne donne rien aux spectateurs, boss. Louis de Bourbon Cherchez parmi les hommes les différences les plus remarquables ; vous n'en trouverez point de mieux marquée que celle qui relève le victorieux au-dessus des vaincus qu'il voit étendus à ses pieds, id. Dueh. d'Orl. Cette date [le temps oii la loi écrite fut donnée à Moïse] est remarquable, parce qu'on s'en sert pour désigner tout le temps qui s'écoule depuis Moïse jusqu'à Jésus-Christ, id. Hist. 1, *. Ce petit nombre chéri de Dieu et remarquable par la rareté d'u!> don si exquis, a su conserver ce précieux vêtement et la grâce du baptême, vo.Mar.-Thêr. Il est assez remarquable qu'il y ait eu un temps où l'on se soit cru obligé de faire ses excuses au public de ce qu'on n'était pas Normand, fonten. Vie de Corn. S'il y a quelque différence tant soit peu remarquable dans la durée de la vie, il semble qu'on doit l'attribuer à la qualité de l'air, buff. De la vieill. et de la mort.
— HIST. XVI* s. Remarquable, epithete de livrée, Epith. de if. de la Porte. Les lieux hauts élevés, les palais remarquables. Retraites de pensers, d'ennuis et de douleurs, desportes, Bergeries, i.
— ËTYM. Remarquer.
REMARQUABLEMENT (re- mar-ka-ble-man),
adv. D'une manière remarquable. Un homme remarquablement spirituel.
— ÉTYM. Remarquable, et le suffixe ment: REMARQUE (re-mar-k'), s. f.\\i' Action de
remarquer; observation, note. J'entre dans ce beau lieu plus digne de remarque Que le riche palais.... Régnier, Sat. xi. Saint Irénée et les autres pères en ont fait la remarque [qu'on avait donné la foi à des peuples qui n'avaient pas l'Écriture sainte] dès leur temps, BOSS. i" vislr. past. 4». On fit des remarques sur ce procédé, hamilt. Gramm. t. Les savantes remarques [du président Bouhier] sur le texte de plusieurs livres de Cicéron, eollin, Hist. anc. livre •xii, 2* part, avert. 11 n'y eut rien de grande remarque pendant les dix jours que ce siège [de Namur] dura, st-sim. 4, 26. J'entreprends une édition de Corneille, avec des remarques qui peuvent être instructives pour les étrangers et même pour les gens de mon pays, volt. Lett. Mme de Fontaine, 31 mai 1761. Il Ma remarque subsiste, les objections qu'on a faites ne la détruisent pas. {[ 2° Terme de chasse. Remarque ! cri de celui qui mène les chiens quand il voit partir une compagnie de perdrix. IJ 3° Terme de marine. Points remarquables que l'on relève, pour se diriger. \\ 4° S. f. pi. Titre de plusieurs ouvrages didactiques. J'annonçai au P. Bouhours un nouveau livre qui excita fort sa curiosité; ce sont les Remarques de M. de Vaugelas, avec les notes de Thomas Corneille, bac. Lett. d Boileau, IB.
— HIST. XVI" s. On y inseroit toutes les survenances de quelque remarque, mont, i, 2B7. Chartres, ville de remarque, mais de peu d'importance, pour n'estre ni passage de rivière ni port de mer, d'aub. Hist. I, 229. Les plus grands seigneurs ont accoustumé de recevoir humainement le plein panier d'abricots bien choisis, et la douzaine de poires ou prunes de remarque, o. de serres, 629. Recevoir quelque injure ou remerque de honte, amadis ja- MIN, Poésies, p. 89, dans lacurne.
— ÊTYM. Re..., et marque. Dans les exemples de l'historique, au lieu de remarque, on dirait aujourd'hui marque.
REM
REM
REM
KEMAROCTÎ, ÉE (re-mar-ké, kée), part, passé de remarquer. Du linge démarqué, puis remarqué. Il Cette femmeremarquée à cause de sa beauté. André sans effort, a gagné son cœur, tandis que messoins n'étaient pas même remarqués, obnlis, Thédt. d'éduc. le Vrai sage, ii, *.
REMARQUER (re-mar-ké), j« remarquais, nous remarquions, vous remarquiez; que je remarque, que nous remarquions, que vous remarquiez, t;. o. Il 1° Marquer de nouveau. Lorsqu'on l'envoie [l'espèce] dans les pays étrangers pour la faire remarquer ou fondre, montesq. Esp. ixii, lO. || Régnier l'a employé au sens du simple marquer, sens qui n'est plus usité : De haies, de buissons remar(iua son partage, Sat. VI. Il 2" Faire attention à quelque chose, noter
quelque chose C'est [l'amour-propre] la père,
C'est l'auteur de tous les défauts Que l'on remarque aux animaux, la font. Fabl. xi, 6. Je ne remarque point qu'il hante les églises, moi.. Tart. ii, 2. Un religieux, curé dans mon diocèse dont je l'ai chassé, non pas, comme il s'en est vanté, à cause qu'il penchait à la réforme prétendue, car je ne lui ai jamais remarqué ce sentiment, mais parce que.... boss. «• avert. tts. Je pourrais vous faire remarquer qu'elle connaissait si bien la beauté des ouvrages de l'esprit, que l'on croyait avoir atteint la perfection quand on avait su plaire à Madame, id. Duch. d'Orl. Qui a jamais remarqué ou sur son visage un air dédaigneux, ou la moindre vanité dans ses paroles ? ID. Uar.-Thér. Souvent il se disait en son cœur, que le plus malheureux effet de cette faiblesse de l'âge était de se cacher à ses propres yeux; de sorte que tout à coup on se trouve plongé dans l'abîme, sans avoir pu remarquer le fatal moment d'un insensible déclin, id. le Tellier. On remarque dans l'Écriture, que Dieu donne aux maisons royales certains caractères propres, id. Mar.-TMr. Il n'est point d'exemple plus contagieux que celui d'un maître vivant sous les yeux d'un domestique qui l'accompagne partout et qui remarque tout, BOURDAL. Serm. Dim. t. ii, p. 20. Soins des domestiques. [Une savante] Pèse sans passior^ Chapelain et Virgile, Remarque en ce dernier beaucoup de pauvretés, boil. Sat. x. Surtout dans ce palais remarque avec adresse Avec quel soin Néron fait garder la princesse, hac. Brit. i, 4. Ah I monsieur l'bonnéte homme, enfin je vous connais : Remarquez ma maison pour n'y rentrer jamais, GBESSET, le Méch. V, 9. 11 soupirait.... ses yeux se sont tournés vers elle; Les as-tu remarqués? volt Zaïre, i, 6. Quelle en peut être la cause, demandera-t-on? je réponds que tout le monde l'aperçoit, mais on ne la remarque pas, condill. Art de penser; i, 3. On remarqua un bataillon qui, s'étant présenté de flanc aux batteries russes, perdit un rang entier de l'un de ses pelotons par un seul boulet ; vin.;t-deux hommes tombèrent par le même coup, sÉGUH, Hisl. de Nap. vi, 4. || En un sens défavorable. Noter avec quelque malignité. Avec son femelle Aristarque, Qui rien ne passe et tout remarque, Avec madame Vaugelas, Notre pauvre Chrysale, hélas! Put-il jamais dans son Plutarque Mettre en paix du moins ses rabats? oucis, le Ménage des deux Corneille. || 8° Distinguer parmi plusieurs personnes ou plusieurs choses. Parmi ces tableauxj'en ai remarqué un de Raphaël. Le roi se faisait remarquer à ses armes et à sa bonne mine, vaugel. Q. C. VI, (. Entre les plus grands rois il se fit remarquer, RAC. Alex. IV, 2. Une grande naissance ou une grande fortune annonce le mérite, et le fait plus tôt remarquer, la bbuy. vi. On remarque également dans la multitude celui qui est plus grand que les autres, et celui qui est placé sur un lieu plus élevé, DUCLos, Consid. mœurs, v. Pauline : Croyez-vous, Rose, qu'elle vous ait remarquée? — Rose : Oh non , j'étais derrière tout le monde, gen- Lis, Théât. d'éduc. la Curieuse, v, 8. || 4" Se remarquer, V. réfl. Être remarqué. La moindre ombre se remarque sur ces vêtements qui n'ont point encore été salis; et leur vive blancheur en accuse toutes les taciies, boss. Uar.-Thér.
— REM. Je vous remarquerai que.... est un barbarisme. Dites : je vous ferai remarquer que....
— SYN. BEMARQUER, OBSERVER. On remarque les choses par attention pour s'en ressouvenir. On les observe par examen pour en juger. Le voyageur remarque ce qui le frappe le plus. L'espion observe les démarches qu'il croit de conséquence. On peut observer pour remarquer, mais l'usage ne permet pas de retourner la phrase. Lorsqu'on parle de soi, l'un s'observe et l'on se fait remarquer (girard).
— HIST. xiv s. Se les pertriseaulx [perdreaux] saillent et ton esprevier s'embat, si le laisse aler.
s'il saut de près; et s'il ne sailloit bien à point, et tu en povoyes remerquior, si le laisse querre [le perdreau] à tes espaignols, Modxts, f' c, verso. || xv* s. loelle fille remerchea [marqua] au suppliant le lieu où elle avoit mis icellui enfant, du cange, remercatus. Il XVI' s. Si je me cache en l'obscur de la nuit. Ton oeil divin par les ombres reluit. Et tout soudain remarquera ma trace, desportes. Œuvres chrestienues, prière. On a remarqué qu'ils ne s'amuserent qu'à hastcr.... mont, i, 63. On a raison de remarquer l'indocile liberté de.... id. i, b7. Il apperceut ce gentilhomme qui lui avoit esté remarqué [indiqué], id. 1, <27. Les fines gens remarquent bien plus curieusement, et plus de choses, id. i, 233.
— ÉTYM. Re..., et marque.
t REMARQUEUR (re-mar-keur), s. m. || 1° Celui qui remarque. || 2" Terme de fauconnerie. Piquêur qu'on mène à la chasse pour remarquer le départ des perdrix.
t REMASTIQUER (re-ma-sti-ké), v. a. Mastiquer de nouveau; garnir d'un nouveau mastic.
+ REMAUDIRE (re-mô-di-r'), v. a. Maudire de nouveau.
— HIST. XVI" s. Remaudire, cotorave.
t REMBALLAGE (ran-ba-la-j'), s. m. Action de remballer.
REMBALLÉ, ÉE (ran-ba-lé, lée), part, passé de remballer. Des marchandises non vendues et remballées.
REMBALLER (ran-ba-lé) , v. a. Emballer de nouveau. || Fig. En conséquence on a remballé le czar, et il remarche vers Genève, m"' d'épinat, Mém. t. m, p. 347, dans pougens.
— HIST. XVI" s. Remballer, cotgrave.
— ÉTYM. Re..., et emballer.
REMBARQUÉ, ÉE (ran-bar-ké, kée), part, passé
de rembarquer. Les troupes débarquées, puis rembarquées à la hftte. || Fig. Me voici rembarqué sur la mer amoureuse, la font. Poésies mêlées, se. REMBARQUEMENT (ran-bar-ke-man), s. m. Action de rembarquer. |1 Action de se rembarquer.
— ÉTYM. Rembarquer.
REMBARQUER (ran-bar-ké). 1| 1° Y. a. Il se conjugue comme embarquer. Embarquer de nouveau. Rembarquer des marchandises. Il 2° V. n. Los marins disent souvent rembarquer pour se rembarquer, et pour passer immédiatement d'un bâtiment sur un autre. || 3° Se rembarquer, v. réfl. Se remettre de nouveau en mer. Il s'est rembarqué sur le même navire, dans le même navire. Les fautes de leur ennemi rendant le courage à ces fugitifs, ils revinrent sur leurs pas, et le forcèrent à se rembarquer honteusement, raynal, Ilist. phil. x, 9. || Fig. et familièrement. Se mettre de nouveau dans une affaire, qui offre ou quelque embarras, ou quelque inconvénient. Se rembarquer au jeu. J'avais grande raison chez madame *** de dire qu'il fallait faire sortir les violons, et qu'il ne fallait rien pour se rembarquer [à la danse], tant qu'on les voyait présents, VOIT. Lett. il).
— HIST. XVI" s. Il les feit soudain rembarquer, et se partir, amyot, Aie. f>s.
— ÉTYM. Be..., et embarquer.
REMBARRÉ, ÉE (ran-bâ-ré, ré), part, passé de rembarrer. Rembarré d'importance par son adversaire.
REMBARRER (ran-bâ-ré), v. a. || 1" Repousser vigoureusement. Vous alliez lors rembarrer le Lorrain, LA FONT. Poésies mêlées, 42, à Turenne. Le marquis, qui jadis nous prêta cent louis, Est venu brusquement lui demander la somme; Votre frère d'abord a rembarré son homme, regnard, Ménech. IV, 8. Il voulait absolument vous voir, et je le rembarrai, VOLT. Éeoss. I, 6. Il 2° Fig. et familièrement. Rembarrer quelqu'un, rejeter avec fermeté, avec indignation ce qu'il veut dire ou faire. Je pris mon temps pour rembarrer le président de Mesmes, et je lui dis ce que le respect que j'avais pour la compagnie m'avait obligé à dissimuler, et à souffrir toutes ses picoteries, RETz,liv. ii, 261. Une diablesse qui te rembarre et se moque de tout ce que tu peux lui dire, mol. Mal. imag. Interm. l. Les honnêtes gens doivent rembarrer avec vigueur les méchants allégoristes qui trouvent partout des allusions odieuses [à propos des Guèbres], volt. lett. Thiriot, 9 août 1769. Je vous promets que, s'il s'adresse encore à moi, je le rembarrerai de la bonne façon, genlis, Thédt. d'éduc. la Linyère, i, 2. || Il se dit aussi des choses qu'on repousse. L'enfant tint ferme, et rembarra toutes les importunités de sa mère, LE p. SIMON MARS, Myst. du roy. de Dieu, p. 446, dans POUGENS. Je voudrais bien qu'il y eût ici quelqu'un de ces messieurs [les médecins] pour rem-
barrer vos raisonnements et rabaisser votre caquet, MOL. Mal. imag. m, S.
— HIST. XVI" s. Ils [les assiégés] furent rembarrez jusques à leurs portes par le seigneur d'Etanges et ceux de sa compagnie, beauguB, Guerre d'Escosse, I, 6. Si j'estois grand enlumineur de mes actions, à l'adventure rembarrerois je bien ces reproches, MONT. I, <98. Estudiant au coing d'une salle qu'on luy avoit rembarré de tapisserie, m. iv, 257. Il rembarroit aussi bien vivement les orateurs qui luy estoient contraires, amyot, Phoc. 4 3.
— ÉTffM. Be..., en, et barre.
t REMEARIiURES (ran-bâru-r'), t. f. pi. Terme de construction. Plâtres qui servent à maintenir les faîtages dans leurs longueurs.
t REMBAter (ran-bâ-té), v. a. Remottre le bât. Il Fig. J'avais renoncé au tripot [le théâtre]; vous m'avez rembâté, vous m'avez renquinaudé, volt. Lett. d'Argental, 10 fév. (702.
— ÉTYM. Re..., en, elbdt.
fREMBELLIR (ran-bè-lir), t\ a. Rendre plus beau. Lecœur meditque les émeutes, les bagarres, etc. vous auront rembellie, rengraissée, caliani, Lett. à Mme d'Épinay, lo juin 4776.
REMBLAI (ran-blè), s. m. || 1" Terres rapportées et battues, gravois rapportés, soit pour faire des levées, soit pour aplanir quelque terrain, soit pour combler une cavité. On a employé bien du remblai pour cette digue. L'affaissement et les éboulements des montagnes, les remblais des vallées, buff. Add. théor. lerr. Œuv. t. xii, p. 370. La fouille que j'avais fait commencer près de ce sphinx, pour arriver au terrain vierge sur lequel repose le remblai qui supportait ces anciens monuments de Tbèbes, GIRARD, Instit. Mém. sdenc. I8I7, t. 11, p. 27B. L'avantage de moindre fouille qu'on obtient en faisant le déblai égal au remblai dans la longueur du bief, ID. ib. t. viii, p. <69. || 2° Action de remblayer. II [le mineur] fait, dans l'intérieur de la mine, un triage grossier des parties de roche qui ne renferment aucune substance métallique et qui sont abandonnées pour servir au remblai, A. brongniart. Trait, de min. t. 11, p. 307, dans pouGENS. Il 3" Action de jeter au droit d'un mur en construction les terres, à meiure qu'il s'élève, et ce jusqu'au sol, afin de lui donner plus de force. Il 4° Exploitation par remblais, méthode d'extraction qui consiste à attaquer le minerai de bas en haut, et à boucher immédiatement les excavations.
— ÉTYM. Voy. remblayer.
f REMBLAYER (ran-bla-vé), ». a. Terme rural. Semer de nouveau quand la première se maille a manqué.
— ÉTYM. Be..., et emblaver.
t REMBLAVURE (ran-bla-vu-r"), ». /. Terre emblavée deux fois.
REMBLAYÉ, ÉE (ran-blè-ié, iée), part, passé de remblayer. Des fossés remblayés.
REMBLAYER (ran-blè-ié), v. a. Il se conjugue comme payer. Apporter des terres pour hausser un terrain, pour combler une cavité. Remblayer un creux. Il Se dit aussi quand il s'agit de rehausser le pied d'une muraille, ou d'élever un terrain trop bas.
— ËTYM. Ce mot est composé avec re et en comme déblayer l'est avec de (voy. déblayer).
REMBOÎTÉ, ÉE (ran-boi-té, tée), part, passé de remboîter. Pièces de menuiserie remboîtées. Toutes les tombes [dans un cimetière gallo-romain] sont des auges monolithes, à couvercles avec filet, d'une pièce et remboîtés sur 0",)2, Bull, de la Soc. d'anthropol. t. v, p. 766.
REMBOÎTEMENT (ran-boi-te-man), s. m. Action de remboîter ; résultat de cette action. Le remboîtement de l'articulation se fit sans peine.
— ÉTYM. Remboiter. REMBOÎTER (ran-boi-té), v. a. Remettre en
sa place ce qui était déboîté. Remboîter un os. || Se remboîter, v. réfl. Être remis en place. L'os s'est remboîté à la première traction.
— ÉTYM. Re..., et emboUer.
f REMBOUGER (ran-bou-jé. Le g prend un e devant
o et 0 : rembougeons), v. a. Remettre de la liqueur, dans un vase, un tonneau, pour le maintenir plein.
— ËTYM. Re...., en, et le lat. butis, tonneau ; la j finale ger annonce un buticare lat. fictif.
t REMBOURRAGE (ran bou-ra-j'), i. m. ||1° Ao- ' tion de rembourrer. |{ Matière dont on rembourre. Novion fit rembourrer d'un pied et demi, par des- * sus le rembourrage ordinaire des bancs, les six premières places les plus proches du coin du roi, : st-sim. 374, 30. Il 2° Apprêt donné aux laines teintes.
REMBOURRÉ, ÉE (ran-bou-ré, rée), part, passé ] de rembourrer. Dans un grand berceau bien rembourré, où il [l'enfant] puisse se mouvoir à l'aies
REM
REM
REM
et sans danger, j. j. rouss. Ém. 1. 1| Fig. et familièrement. Un siège, un matelas rembourré avec des noyaux de pêche, un siège, un matelas très-dur. Il Par extension et par plaisanterie. Pour Ut, du foin ressuaat et tout mouillé, hors un seul matelas rembourré de puces, dont, comme étant le Sancho de la troupe, j'ai été pompeusement gratifié, j. j. rouss. Corresp. du Peijrou, t. m, p. 464, dans pougens.
REMUOURUKMEPrr (ran-bou re-man), s. m. Action de rembourrer; résultat de cette action. Le rembourrement d'un bât.
— ÉTYM. Bembourrer.
REMBOURRER (ran-bou-ré), e. a. || !• Garnir de bourre, de laine, de crin, etc. 11 [le père de Frédéric 11] avait beaucoup d'argent et des chaises de bois; les choses ont un peu changé ; on a conservé l'argent, on a gagné des provinces, et on a rembourré les fauteuils, volt. Lett. ^me Denis, <2janv. <75l. Il Fig. U a bien rembourré son pourpoint, il a bien mangé. |{ 2° Apprêter les laines teintes. || 3» Fig. et populairement. Se rembourrer, ». réft. Manger beaucoup à un repas.
— Hisr. XIV' s. Refaire et rembourer plusieurs des sielles des officyers de le [1^ ville, caffuux, Abattis de maisons, p. <8.
— ÉTYM. Re..., en, et bourre.
t REMBOURROIR (ran-bou-roir), s. m. Outil qui sert à reinl)Ourrer.
t REMBOURRURE (ran-bou-ru-r'),». f. || i' Bourre en crin qui sert à rembourrer. || 2° Grosse toile qui enveloppe la matière servant à rembourrer les tabourets, les chaises, les canapés.
t REMBOURSABILITÉ (ran-bour-sa-bi-li-té), s. f. Qualité de ce qui est remboursable. L'institution de la Banque de France, fondée sur la liberté de ses émissions, la remboursabilité des billets à vue, la prudence de son administration.... magne, Rapp. à l'Emp. dans Journ.of/iciel, <l janv. < 869, p. 2, 2* col.
REMBOURSABLE (ran-bour-sa-bl'), adj. Qui doit, qui peut être remboursé. Sommes remboursables à courte échéance.
REMBOURSÉ, ÉE (ran-bour-sé, sée), part, passé de rembourser. Une somme, une rente remboursée. Ce négociant remboursé de ses avances.
REMBOURSEMENT (ran-bour-se-man), t. m.
Payement en restitution d'une somme déboursée. Je vais de ce pas recevoir un petit remboursement que je veux lui remettre entre les mains pour présent de noces, dancourt, les Agioteurs, i, 3. Vous ne devez à ceux-ci que des arrérages, et point de remboursement ; vous devez à ceux-là le remboursement entier et actuel ; à d'autres enfin un remboursement successif. Rapport Uontesquiou, 27 août 1790, p. B. Il Remboursement forcé, acte par lequel l'État rend à ses créanciers, qu'ils le veuillent ou non, l'argent qu'il leur doit. Au moment de la vente totale des biens du clergé, les créanciers doivent être remboursés, et l'être de leur capital originaire, parce que c'est la loi de tout remboursement forcé, Rapport Monlesquiou, 27 août <790, p. B. Il Le remboursement est tout prêt, j'ai le remboursement tout prêt, j'ai tout l'argent comptant qu'il faut pour payer la somme que je dois.
— iilST. xvi's. Remboursement, AMV0T,JVictas, 4».
— ÉTYM. Rembourser.
REMBOURSER (ran-bour-sé), v. a. || !• Rendre de l'argent déboursé. Rembourser un billet, une somme, un contrat. Rembourser les frais d'un procès. On a toujours attaqué cet infâme abus [la vénalité des charges de magistrature] par des cris impuissants, parce qu'il eût fallu rembourser les offices qu'on avait vendus, volt. Dict. phil. Esprit des lois. Il est beaucoup plus honnête avec des amis dans le cas où je me trouve, de leur économiser la dépense, que d'offrir de la leur rembourser, j. j. ROUSS. Lett. à M. d'Yvernois, Corresp. t. v, p. 6s, dans pouGENS. Il faut rembourser toutes les charges supprimées, et restituer les cautionnements. Rapport Monlesquiou, 27 août <790, p. 5. || Rembourser une rente, en acquitter le principal. || 2° 11 se dit des personnes à qui on rond l'argent qu'elles ont déboursé. Mais si M. Terrai veut bien me rembourser, VOLT. Jean quipleure. Si vous étiez en étal de les rembourser tous [les créanciers de l'État], vous pourriez avec justice les traiter tous avec égalité, Rapport Montesquiou, 27 août 1790, p. B. || Dédommager. Cet avantage l'a déjà remboursé de cette avance, j. i. rouss. Uél. v, 2. || 3° Fig. et familièrement. Recevoir, en parlant de choses mauvaises, désagréables. Ils [le joueur et lioisseuilj s'allèrent battre sur-le-champ; Boisseuil y remboursa deux coups d'épée, de l'un desquels il pensa mourir , 8T-SIM. 219, 210. Il [M. Silhouette] ramène les temps
propices Et des SuUys et des Colbert», Et rembourse de mauvais vers Pour le prix de ses grands services, volt. Lett. en tert et en prose, «23. J'aime mieux rembourser une brusquerie qui me profite, que de garder une erreur qui me nuirait, dider. iett. à Falconet, sept. <706. ||En ce sens, il se dit pour embourser; car, s'il gardait son sens, il signifierait plutôt donner que recevoir. || 4" Se rembourser, V. réfl. Rentrer dans les sommes qu'on avait déboursées. Il s'est remboursé de toutes ses avances.
— HIST. XVI* s. Hz luy mandoient que, pour se rembourser de ce qu'on luy avoit osté, il prist cinq cents talents de l'argent du roy, amyot, Eum. 24. J'aurois, dit-il, honte de desbourser [dépenser] avec vous, et ne rembourser pas ce que je doys à cestuycy, m. De la mauvaise honte, i 3. Il n'y a rien à rembourser, tout est à boire, cotgrave.
— ÉTYM. Re..., en, et bourse.
t REMBRASER (ran-brà-zé) , v. a. Embraser de nouveau. || Rembraser une âme, rallumer l'amour dans un cœur. Une heure de froideur à propos ménagée Peut rembraser une âme à demi dégagée, CORN. Mél. IV, t.
— HlST. xvr s. Toutes autres estoient les solicitations d'Italie, d'où sortoient despesches sans cesse pour r'embraser lesguerres civiles, d'aub. Ilist. ii, 3 1 7.
— ÉTYM. Ile.. , et embraser.
t REMBRASSER (ran-bra-sé), v. a. Embrasser de nouveau. Il faut qu'en sa faveur Je t'embrasse et rembrasse, et, ma foi, de bon ccur, begnard, le Légat, ii, 8.
— HIST. xvi* s. Toutes les nuicts, impatient de haste, Entre mes bras je r'embrasse et retaste Son vain portrait en cent formes trompeur, rons. 98.
— ÉTYM. fie..., et embrasser.
REMBRUNI, lE (ran-bru-ni, nie), part, passé de rembrunir. || 1° Devenu brun, plus brun. Elle avait ce teint rembruni qui plaît tant quand il plaît, hamilt. Gramm. 9. Ils [des tableaux] ne me plaisent point du tout ; la couleur en est très-rembrunie, volt. Cand. 26. D'un pourpre rembruni l'étrangère teinture Couvre ses vêtements.... delille, En. xi. Il Terme de zoologie. Se dit d'un corps dont la couleur tire sur le brun foncé ou noirâtre. De petites plumes couleur d'or, qui font un bon efl'et sur ce fond rembruni, buff. Ois. t. v, p. 28t. || 2° Fig. Rendu triste, sombre. De tableaux sérieux quelque fois rembrunie. L'imagination, pour égayer sa cour. Permet aux ris légers d'y paraître à leur tour, delille, Imag. v. Mes chansons, comme un ciel d'automne rembrunies, v. hugo. Orient. 36. || Familièrement. Un air rembruni, un air sombre et triste. Un petit homme dont la mine était aussi dédaigneuse que rembrunie, genlis,F«W. du ehdt, t. m, p. 436, dans pougens.
REMBRUNIR (ran-bru-nir), v. a. \\ 1° Rendre brun, plus brun. Les bois peuvent s'offrir sous des aspects sans nombre; Ici des troncs pressés rembruniront leur ombre. Là.... delil. Jard. ii. || 2° Fig. Attrister, rendre sombre. La tristesse, à son tour, par de plus fortes ombres Rembrunit ses couleurs et ses nuances sombres, delil. Imag. iii. || 3° Se rembrunir, V. ré[l. Devenir plus brun. L'orage approche, le temps se rembrunit. || Fig. Je soupais de temps en temps avec des magistrats et des financiers, et j'avais remarqué qu'ils se rembrunissaient singulièrement à la fin des soirées, genlis, Uém. t. vi, p. 293. Mon Esculape a renversé mon verre; Plus de gaîté! mon front se rembrunit, bérang. Malade. Plus la figure de l'un s'épanouissait [celle d'un amoureux content de lui], plus se rembrunissait le front de l'autre, ch. de bernard, la Chasse aux amants, § ii.
— ÉTYM. Re..., en, et brun.
REMBRUNISSEMENT (ran-bru-ni-se-man), s. m.
État de ce qui est rembruni, de ce qui s'est rembruni. Le rembrunissement d'un tableau.
— ÉTYM. Rembrunir.
REMBUCHÉ, ÉE (ran-bu-ché, chée), part, passé de remlmcher. La bête rembuchée.
REMBUCHEMENT ( ran-bu-che-man ) , t. m.
Terme de vénerie. Rentrée de la bête sauvage dans son fort. Il Faux rembuchement, action d'une bête qui revient tout court sur le chemin qu'elle a pris.
— HIST. XVI" s. Si un cerf a eu effroy.... ne faudra [il ne manquera pas], devant que de faire son debuschement, faire cinq ou six ruses, afin que l'on ne puisse trouver sa sortie, et de mesme, en son rembuschement, entrera cinq ou six fois dedans le bois et en sortira autant, et cela est que l'on appelle des faux rembuschemens, Charles ix. Chasse roy. 2B.
— ÉTYM. Rembncher.
REMBUCBER (ran-bu-ché), v. a. || Terme de rénerie. Rembucher un cerf, suivre la voie jusqu'à la coulée par laquelle il est rentré dans le bois. || Se rembucher, ». ré/l. En parlant des bêtes sauvages, rentrer dans le bois. La bête s'est rembuchée. Il Par extension. Et qu'ils eurent grand'peine, avec cet air si brave, K faire rembucher au fond de votre cave, Et dans votre grenier, tous les lapins fuyards Qu'on voyait dans la rue abondamment épars, begnard, le Bat, 2.
— HIST. XVI* s. Il faut considérer en quel pals un cerf se rembusche, et par quel pals il passe, Charles IX, Chasse roy. 23. Rigaut, qui de haut nez est tou.çjours le premier. Et qui rembuche mieux un cerf de hautes erres, amadis jamin. Poésies, p. 64, dans LACUBNE.
— ÉTYM. Re..., et embûcher i.
REMÈDE (re-mè-d') , f . m. || 1* Tout ce qui peut déterminer un changement salutaire dans l'économie en général et dans un organe en particulier, que ces moyens soient hygiéniques, chirurgicaux ou pharmaceutiques. 11 [mon médecin] m'ordonne des remèdes, je ne les fais pas, et je guéris, M0L.3*pJa<;e( au roi pour Tartufe. Argan : Tant pis pour lui [.Molière], s'il n'a pointrecoui-s aux remèdes. — Béralde : U a ses raisons pour n'en point vouloir, et il soutient que cela n'est permis qu'aux gens vigoureux et robustes, et qui ont des forces de reste pour porter les remèdes avec la maladie, id. Mal. imag. m, 4. Tout le monde conte qu'on s'est tiré de toutes sortes de maux par des remèdes, et vous affectez de n'en prendre aucun; ma très-chère, ils sont pourtant nécessaires, et je m'en suis bien trouvée aux Rochers, sÉv. 358. C'est dommage que Molière soit mort ; il ferait une scène merveilleuse de Daquin [premier médecin du roi], qui est enragé de n'avoir point le bon remède, et de tous les autres médecins, qui sont accablés par les expériences, par les succès et par les prophéties comme divines de ce petit homme [l'Anglais Talbot qui donnait le quinquina], lo. 8 nov. 4 680. Il [Ch. de Sévigné] est malade des remèdes.... il en a fait dont il n'avait pas besoin, ID. tB sept. <680. Si vous trouvez que ces connaissances [de la médecine] vont lentement, et qu'on n'invente pas assez de remèdes pour vaincre tous les maux, il s'en faut prendre au fonds inépuisable d'infirmité qui est en nous, Boss. Polit, x, v, 2. U. mort se déclare; on ne tente plus de remède contre ses funestes attaques, id. le Tellier. Pouvons-nous n'apercevoir pas ce que nous perdons sans cesse avec les années? le repos et la nourriture ne sontils pas de faibles remèdes de la continuelle maladie qui nous travaille? ID. Mar.-Thér. Les maladies de langueur sont d'autant plus rudes, que l'on n'en prévoit pas la fin ; il faut supporter et les maux et les remèdes aussi fâcheux que les maux mêmes, FLÉCH. Duch. de Montaus. Beaucoup de soins, point de remèdes, voilà ma recette, maintenon, Lett. à M. d'Aubigné, IB déc. )679. Un bon médecin est celui qui a des remèdes spécifiques, la bbuy. xiv. On le voyait aller dans les tentes secourir lui-même les malades et les mourants ; il leur donnait de l'argent et des remèdes, fén. Tél. xvii. 'lantôt il donnait des remèdes qui faisaient suer, id. ib. Les remèdes sont eux-mêmes de véritables maux qui usent la nature, et dont il ne faut se servir que dans les pressants besoins, id. ib. L'amas immense des remèdes ou simples ou composés contenus dans la pharmacopée, ou dans le traité des drogues, semblerait promettre l'immortalité ou du moins une sûre guérison de chaquemaladie; mais il en est comme de la société où l'on reçoit quantité d'offres de services et peu de services, FONTEN. Lémery. \\ Être dans les remèdes, se mettre dans les remèdes, faire des remèdes, se soumettre à un traitement. Il fait des remèdes; il faut qu'il se trouve fort incommodé, puisqu'il s'y résout, SÉV. 224. Votre médecin, qui dit que mon mal sont des vapeurs, et vous.... n'êtes pas les premiers qui m'avez conseillé de me mettre dans les remèdes spécifiques, m. d Bussi/, b sept. < 674. Madame la duchesse de Bourgogne fait beaucouj de remèdes, et n'en est pas mieux, maintenon, Lett. au D. de Noailles, t. v, p. B5, dans pougens. Il Faire des remèdes, se dit aussi du médecin qui prescrit des remèdes. Parlons de votre pauvre frère; un coquin de chirurgien de Paris, après lui avoir fait bien des remèdes, l'assure qu'il est guéri, sév. 6 oct. )68u. Il Remède secret, préparation dont la formule n'est pas inscrite au codex, ou qui n'a pas été composée par un pharmacien, pour un cas particulier, sur l'ordonnance d'un médecin; ou dont la formule n'a pas été publiée par le gouvernement,
REM
REM
eonformément au décret de 4«l0 [aujourd'hui modifié par le décret du 3 mai (8B0], Cour de cassation. || Dans le langage vulgaire, le grand remèile, les grands remèdes, le mercure que l'on administre dans les maladies syphilitiques. S'il est vrai que ce témoin ait passé cette journée dans la maison où il subissait le grand remède, tout sera bientôt mis au grand jour, volt. Pol. et lég. Prolab. en fait de justice. || Familièrement. Remède de bonne femme, remède simple et populaire, et qui ne produit aucun effet. || C'est un remède à tous maux, se dit d'un remède auquel on ne croit aucune efficacité. {{ 2° Nom donné à certains médicaments plus ou moins composés dont les auteurs avaient d'abord gardé le secret. Le remède de Pradier (contre la goutte). || 3° Par euphémisme, lavement. On le prie de venir voir donner un remède à cinq heures à M. le maréchal de Grammont, sÉv. SI. Un escadron coiffé d'abord court à son aide, L'une chauffe un bouillon, l'autre apprête un remède, boil. Sat. x. J'ai bu mes eaux, pris mon bouillon, rendu mon remède, et mangé ma petite soupe, dancoubt, Eaux de Bourbon, se. 2. Un remède par moi lui vient d'être donné Tel que l'apothicaire en avait ordonné, begnabd, le Légat.
1, r 1 1 4" Fig. Ce qui sert à guérir les vices de l'âme, à calmer les souffrances morales. Beaucoup par un long âge ont appris comme vous Que le malheur succède au bonheur le plus doux ; Peu savent comme vous s'appliquer ce remède, corn. Ilor. v,
2. C'est en vain, ô hommes, que vous cherchez dans vous-mêmes le remède à vos misères, pasc. Pens. xii, 2, éd. iiAVET. Il faut qu'elle [la véritable religion] nous rende raison de ces oppositions que nous avons à Dieu et à noire propre bien ; il faut qu'elle nous enseigne les remèdes à ces impuissances, et les moyens d'obtenir ces remèdes, id. ib. xii, ). Ce qui embarrasse fort mon abbé, la Mousse et mes gens, c'est qu'il n'y a point de remède à mon chagrin, sÉv. )6 sept. (674. Un homme [Jésus] qui, joignant la force d'un Dieu à notre nature infirme, nous fit un remède de notre faiblesse, Boss. Hist. II, 12. Vous croyez donc... qu'un royaume est an remède universel à tous les maux, un baume qui les adoucit, un charme qui les enchante? iD. Mar.-Thér. Elle [la passion de l'avarice] le nourrit et s'endamme par les remèdes mêmes ^ui guérissent et éteignent toutes les autres, mass. Disc, synod. Compass. des pauvres. Quel remède essayer contre un mal qu'on ignore? c. delav. Paria, ii, «. |{ Remède de l'âme, voy. rédemption. Il Fig. et familièrement. C'est un remède d'amour, se dit d'une personne vieille ou laide. Je suis bon médecin, et je t'offre mon aide. — Lisette : Oui, vous êtes d'amour, je pense, un vrai remède, dancourt, Famille extravag. se. 7. || 8° Fig. Tout ce qui sert à prévenir, à faire cesser un malheur, une disgrâce. Ne touchez pas à des maux qui découvriront l'impuissance des remèdes, balz. De la cour, 6' dise. Mais, puisque c'en est fait, le coup est sans remède, corn. Cid, ii, t. Ayant donné remède à ce mal [une chicane], je vous écrivis une grande lettre, SÉV. à Bussy, 26 août (688. Les malheurs de l'Espagne dont on sait qu'elle [la reine Isabelle, fille de Henri IV] trouva le remède par un zèle et par des conseils qui ranimèrent les grands et les peuples, et, si on le peut dire, le roi même, boss. Mar.-Thér. Amalasonte.... est empêchée par les Goths de faire instruire le jeune prince comme méritait sa naissance, et, contrainte de l'abandonner aux gens de son âge, elle voit qu'il se perd, sans pouvoir y apporter de remède, ID. Hist. i, ( i . Contre ces dissensions domestiques [à Rome] le sénat ne trouvait point de meilleur remède que de faire naître continuellement des occasions de guerres étrangères, ID. ib. m, 7. La monarchie ébranlée jusqu'aux fondements, la guerre civile, la guerre étrangère, les remèdes de tous côtés plus dangereux que l-js maux, les princes [Condé et Conti] arrêtés avec grand péril et délivrés avec un péril encore plus grand, id. Anne de Gonx. Dieu a envoyé M. de Silhouette à notre secours [en finances] ; i'il y a quelque bon remède, il le trouvera, volt. Lett. en vers et en prose, i23. Dans le péril qui croît et nous obsède. Vous montrez tous nos maux : montrezvous le remède ? id. Rome sauv. v, 4. || 6° En termes de monnayage, remède se disait autrefois pour ce qu'on nomme aujourd'hui tolérance ; ainsi la tolérance du titre était appelée remède de loi, et la tolérance de poids était nommée remède de poids. Il Proverbes. 11 y a remède à tout, fors à la mort. || Le remède est pire que le mal , se dit d'un remède dangereux, d'une résolutiori très-hasardeuse. J'ai
peur que je ne vous épouvante trop, et que le remède dont je veux guérir votre ennui, ne soit plus violent que le mal, voit. Lett. xiv. || Aux grands maux les grands remèdes.
— SVN. REMÈDE, médicament. Remède a un sens plus étendu que médicament. Le remède comprend tout ce qui est employé pour la cure d'une maladie; le médicament est toujours une matière simple ou composée que l'on administre soit à l'intérieur soit à l'extérieur. L'exercice peut être un remède, mais n'est jamais un médicament. Le sulfate de quinine est un remède ou un médicament.
— HIST. xiii* s. Nepourquant nous y veons aucunne remède comme il poent [peuvent] avoir fief, BEAUM. XLviii, 4. Il xiv s. Se le dictateur romain n'i eust mis remède, berchehre, f° 35, recto. Il xv" s. Et se le roy l'eust tenu en son ire, il leust fait mourir sans remède, froiss. i, i, 54. Madame Jehanne veint au lieu de Digeon, à secours et à remède, devers le duo de Bourgongne, son parent, luy remontrant comme les Luxembourgeois l'avoyent dechassée de son héritage, o. de la marche, Mém. liv. I, p. 4 76, dans lacuhne. Et n'y avoit nul remède [à Fornoue] de passer que par combattre, comm. viii, 6. Il XVI' s. L'or à 24 carats, à -J de carat de remède.... sur peine de la refonte des ouvrages qui seront trouvez défectueux au dessous desdits remèdes, Ordonn. tireurs et batteurs d'or, 4 686.
— ËTYM. Provenç. remedi, remexi ; espag. et ital. remedio, du lat. remedium, de re, et mederi, guérir (voy. médecin). Remède, dans l'acception de lavement, s'est introduit du temps de Louis XIV, pour dissimuler ce que lavement paraissait avoir de grossier.
t REMËDIABLE (re-mé-di-a-bl'), adj. Se dit des choses, des maux auxquels on peut porter remède.
— HIST. XV' ». C'est quarte et la derreniere Et plus périlleuse manière [de gravelle], Qui est moins remediable Quant à médecine et curable, e. desch. Poésies mss. f° 473.
— ËTYM. Lat. remediabilis, de remediare, remédier.
I REMÉDIEMENT (re-mé-di-man), ». m. Action de remédier.
— HIST. XVI' s. Remediement, cotgrave.
REMÉDIER (re-mé-di-é), je remédiais, nous remédiions, vous remédiiez; que je remédie, que nous remédiions, que vous remédiiez,!), n. Apporter remède. F.t lorsque le malade aime sa maladie, Qu'il a peine à souffrir que l'on y remédie ! corn. Cid, ii, 5. Je tâchai de remédier au mal causé par la gelée, en faisant couper toutes les parties mortes ou malades, BUFF. Hist. nat. introd. Œuv. t. vin, p. 402.
Fig. Ceux qui, en haine de celui qui gouverne [Richelieu], haïssent leur propre pays, se moquaient de tous les préparatifs que nous faisions pour remédier à cette surprise [de Corbie, par les Espagnols], voit. Lett. 74. En attrapant du temps, à tout on remédie, MOL. Tart. II, 4. l'halante, qui voit le péril de plus près qu'un autre, ne peut y remédier, fén. Tél. xvi. Plus il paraît difficile et dangereux de remédier à un abus et à une indécence si publique [les marchands dans le temple].... mass. Confér. zèle contre les scandales. Toute équivoque est vicieuse, sans doute ; mais on ne doit pas remédier à une faute par une autre, d'ouvet, Ess. gramm. i, 2. Le centre de la ville [Paris], obscur, resserré, hideux, représente le temps de la plus honteuse barbarie ; nous le disons sans cesse ; mais jusqu'à quand le dirons-nous sans y remédier? volt. Pol. et lég. Embell. de Paris. Elia me demanda si je n'allais pas faire encore que jue folie : Non, madame, mais je vais tâcher de remédier à celles que j'ai faites, marmontel, Mém. VI. Il Terme de marine. Remédier à des voies d'eau, les boucher. |{ Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— HIST. xiv* s. Pourveoir et remédier à la chierté de la vitaille, bepcheure, f" 46, verso. || xv' s. Ceux du chastel firent descliquer quatre martinets [machines de guerre] qu'ils avoient nouvellement fait faire, pour remédier contre les quatre kas [chats, engins] dessus dits, froiss. i, i, 262. Et mainte foiz, qui bien n'y remédie. Plus y despent qui plus a de mesgnie, e. deôch. Douleur de ceux qui suivent la cour. ||xvi' s. S'il survient quelque grand inconvénient qui ne se puisse remédier, mont, ii, 222.
— ÊTYM. Provenç. remediar, du lat. remediare, qui vient de remedium, remède (voy. remède).
t REMÉFAIRE (re-mé-fê-r'), v. n. Méfaire de nouveau.
— HIST. xiii* 8. Mes quant vos remefferez primes,
flen. 4 4 847.
t REUGIL (re-mèll, U mouillées), (. m. Nom
qu'on donne à certains courants d'eau qui ne se glacent point en hiver, et où l'on trouve ordinairement des bécasses et d'autres oiseaux aquatiques.
— ÊTYM. Re..., et mouiller : ce qui reste toujours mouillé, humide, non glacé (voy. remugle, qui montre que meil peut représenter mout'i/er).
REMËLÉ, ÉE (rc-mê-lé, lée), part, passé de remêler. Tout cela a été mêlé et remêlé de tant de divers sentiments.... sÉv. 23 oct. 4680.
REHËLER (re-mê-lé), v. a. Mêler de nouveau. Remêler les cartes.
— HIST. XVI' s. Que d'estranges chaos en moy se remcsloientl desportes, Cléonice, xii. Aulcuns ont dict qu'il y avoit une ame générale, comme un grand corps duquel toutes les âmes particulières estoient extraites, et s'y en retournoient, se remeslant tousjours à cette matière universelle, mont, ii, 295. Il donne [attaque], et trouve Andelot demi armé avec huict gentils-hommes qui sortoient les uns d'une ruette, les autres d'un portai ; ils se meslent et remeslent, d'aub. Hist. i, 267. Tantost je verserois de l'eau tiède en la cuve. Et tantost de la froide, et d'un vase bouillant L'eau chaude dans la froide ensemble remeslant.... bons. 24 4.
t REMÊLEUSE (re-mê-leû-z'), s. f. Partie du mécanisme du broyage du chocolat, qui s'empare de la pâte rendue homogène, la pétrit et la repousse, en un long boudin, dans un tuyau cylindrique horizontal, qui l'amène sur le plateau d'une balance où elle tombe en tronçons d'égale longueur.
— ÉTYM. Remêler. '
REMEMBBANCE (re-man-bran-s'), *. f. Terme vieilli. Souvenir. Plus je vous vois, plus je crois voir aussi L'air et le port, les yeux, la remembrance De mon époux; que Dieu lui fasse paixl la font. Orais.
— HIST. XI' S. Repaire li [lui revient] vigor et remembrance, Ch. de Roi. cclxiv. || xui' s. Je proi à tous mes boins amis qu'il manguscent avoec moi, en ramenbrance des xii apostles qui avoec nostre signour burent et mangierent, Chr. de Rains, 4 47. Lors te vendra [viendra] en remembrance Et la façon et la semblance X cui nule ne s'apareille, la Rose, 2445. Il XVI' s. Vrai est que le monde se forge toujours de fausses remembrances de Dieu, calv. Inst. 265. Tu ne te feras image, ou statue, ou remembrance aucune, id. ib. 52. Et furent brusiez en public toutes les panchartes, anciens privilèges, remembrances, et vieux enseignemens , octrois.... carl. m, 4 3. Ces médailles, portants la remembrance du roi.... ID. VII, 26.
— ÉTYM. Ancien verbe français remembrer, qui est le même que remémorer; provenç. remembransa; espagn. rememhranza ; ital. rimembranxa.
REMÉMORATIF, IVE (re-mé-mo-ra-tif, ti-v') , adj. Qui sert à rappeler la mémoire. Les médailles sont remémorât! ves de certains événements.
— ÉTYM. Remémorer.
t REMÉ.VIORATION (re-mé-mo-ra-sion), t. f. Action de remémorer. L'intervention directe de la volonté donne lieu à un acte particulier de mémoire pour lequel le nom de réminiscence est consacré ; mais celui de remémoration serait plus exact.
— HIST. XIV* s. Pour ce leur vient remémoration, et se recordent les choses, obesme, Eth. 93. {j xvi' s. Après avoir ainsi abaissé sa fille par la représentation et remémoration de son mauvais gouvernement.... YVER, p. B05.
— ÉTYM. Lat. rernemorationem , de rememorare, remémorer.
REMÉMORÉ, ÉE (re-mé-mo-ré, rée), part, passé de remémorer. || l' Remis dans la mémoire. Les événements remémorés par ce vieillard. || 2° À qui on a remis dans la mémoire. Remémoré de lui par Mme de Beauharnais, ciiateaub. Xém. t. v, p. 268.
RE.MÉMORER (re-mé-mo-ré), v. a. \\ 1° Remettre en mémoire une chose. Tu veux, en les niant, qu'on te les remémore, mair. Solim. iv, 4. Bertheau conseil alors remémora. Qu'au chevalier on pouvait faire grâce, volt. Ce qui plait, etc. Quelque.s-uns ont été marqués par un tel sentiment de bien-être, qu'en les remémorant, j'en suis affecté comme si j'y étais encore, j. j. Rouss. Conf. m. || Se remémorer, remémorer à soi. Je me suis remémoré toutes que vous avez raconté. Elle s'est remémoré vos paroles. Il 2° Remettre quelqu'un en mémoire. Je l'ai remémoré de son rendez-vous.
— HIST. XI' s. De plusiors choses à remembrer li prist, Ch. de Roi. clxxiii. || xu' s. Remembre lor [il leur souvient] des fiez [fiefs] et des honors, Ronc. p. 37. Il XIII' s. Li aucun se ramembrent bien de ce qu'il ont veû en lor enfance, beau», xxxix, 6B. Il xiv s. Tu quiconques es ou seras prince, remem*
REM
bre toy que tu doys savoir ces peuples gouTerner, ORESMB, Prol. Il XVI' s. De Fornoue remembrant le passaige, Dont en son cueur saignoit encor laplaye, j. MAROT, y, 87. Tant plus la chose seroyt remem brée, tant plus elle plairoyt à vos seigneuries, ra- BEL. Garg. i, ». En la cène de nostie Seigneur, quand nous annonçons et remémorons sa mort, CALv. hist. (180. Ceque j'en dis, sire, n'est à autre fin que pour remémorer Votre Majesté de» choses passées, carl. v, î9. U s'en est veu [îles éléphants] qui, en leur privé, reraemoroient leur leçon, et s'exerceoient, par soing et parestude, pour n'estre tansez et battus de leurs maislres, mont, ii, <75.
— ËTYM. Provenç. rememorar , remembrar ; anc. espagn. remembrar; ital. rimembrare; angl. Jo remember; du lat. rememorare, de re et mémorare (voy. mémorable). Le latin rememorare a donne régulièrement dans l'ancien français remembrer, par la suppression de l'o bref et l'intercalation ordinaire d'un b entre la nasale em et la liquide r. Jlemembrer a. subsisté seul jusqu'au xiv siècle ; il est employé, dans le xvi', concurremment avec remémorer, qui a fini par le supplanter sans raison. H. Estienne (dans la Précell. p. 46) dit : » Au lieu de se remémorer, nos romans disoient se remembrer. »
t REMENACER (re-me-na-sé. Le e prend une cédille devant o et o : remenaçant), v. a. Menacer de
— HIST. XII* s. Et vos m'an sauriez mal gré, Et m'en remenaceriez, Chev. au lyon, v. 1684. || xvi* s. Les guerres civiles, qui commençoyent à remenacer la France, langue, 86. Et toutefois ils se remenassoient, Cliaiids de cholere et d'une ardeur ferine Qui bouillonnoit au creux de leur poitrine, RONS. 620. Lequel [l'empereur], ayant passé les rives de la Meuse, Remenaçoit Paris, ta grand cité fameuse, m. 867.
REMENÉ, ÉE (re-me-né, née), part, passé. Le médecin amené, puis remené où on l'avait pris.
■j- REMENÉE (re-me-née), *. (. Terme de construction. Espèce de petite voûte en arrière-voussure, qu'on fait quelquefois au-dessus des portes et des fenêtres, pour couronner l'embrasure.
REMENER (re-me-né), v. a. U se conjugue comme mener. || 1° Mener de nouveau, une seconde fois. Le renouvellement de l'année me donna occasion d'écrire à M. de Malesieu; je ne l'avais pas vu depuis mon affaire échouée, la duchesse n'ayant plus voulu me remener à Sceaux, staal, Jfëin. t. i, p. 4 90. Il mena son cheval à la dernière foire, et il le remènera à la prochaine, lrgoarant.-|| 2- Mener, conduire une personne, un animal au lieu d'où on l'avait amené. Remenez ces bète.» à l'étable. Qu'on le remène, Araspe, et redoublez sa garde, corn. Nicom. IV, 4. Remenez-moi chez nous, mol. le Dép. IV, 3. J'espérais qu'elle [Mme de Chaulnes] me remènerait [de Bretagne à Paris] comme elle m'avait amenée en Bretagne, sév. 6 fév. (690. Remènomoi, barbare, aux lieux où tu m'as prise, th. corn. ÀriaTie, m, 4. Il descend du palais, et, trouvant au bas du grand degré un carrosse qu'il prend pour le sien, il se met dedans : le cocher touche et croit remener son maître dans sa maison, la bruy. xi. Il En parlant des choses, les transporter là où elles étaient auparavant. Il a été obligé de remener à son magasin les marchandises qu'il avait apportées à la foire.
— lllST. XII* s. Si i alad, et remenad ses serfs. Rois, p. 232. Il XIII* s. Et pour la grant repentance que il veoitque le chevalier avoit de la folie que il avoit faite, me pria si acertes que je le remenasse en mon hostel....JoiNv. 276. || xv" s. Moultde grands seigneurs.... lui accordèrent confort et aide et alliance pour la remener [Isabelle] en Angleterre, FROiss. I, I, 8. Sire, disl monseigneur Gauvain, nous vous avons admenée ceste dame pour veoir ; nous la remerrons, s'il vous plaist, Lancelot du lac, t. i, f° 44, dans lacurne. || xvi* s. Philopœmen, voulant remener à sauveté ces jeunes hommes qu'il avoit amenez quand et luy, commencea à se retirer, AMTOT, Philop. 32. llz ne voulurent pas seulement ouïr parler d'appointement, que premièrement il n'eust remené son armée delà la mer en son royaume d'Epire, id. Pyrrh. 46. Hz les tournèrent en fuitte, et les remenerent batans jusques dedans leur fort, id. Lucul. 28.
— ÉTYM. Re..., et mener; provenç. et calai, ramenar: ital. rimenare.
t REMERCIANT, ANTE (re-mèr-si-an, anf), adj. Qui remercie. MM. Patru et Mezeray ont donné à l'Académie les épitbêtes de délibérante, de dé;jutante et de remerciante, fubetière, Factums, t. i,
REM
REMERCIÉ, ÉB (re-mèr-si-é, ée), part, passé de remercier. || l- X qui on arendu grâce. Remercié de tous ceux qui virent son zèle. || 2° Congédié. Rivas fut dépouillé des affaires étrangères, des finances et de la guerre; bientôta|irès il fut tout à fait remercié, ST-siM. 123, )00. Malgré tout votre mérite, vous seriez remercié de vos soins, j. i. rouss. Hil. i, 22.
REMERCIEMENT (re-mer-si-man), t. m. Voy.
REMKRCÎMENT.
REMERCIER (re-mèr-si-é), je remerciais, nous remerciions, vous remerciiez; que je remercie, que nous remerciions, que vous remerciiez, v. a. Il 1* Rendre grâce. De quoi remercier qui ne me donne rien? CORN. Poly. m, 3. On ne remercie point d'être passionnément aimée; votre cœur vous apprendra d'autres sortes de reconnaissances, sév. 344. 6 mort.... tu me sépar.eras de ce corps mortel ; ô mort, je t'en remercie, j'ai travaillé toute ma vie à m'en détacher, BOiss. Dourgoing. Venez remercier un père qui vous aime, rac. Iphig. iv, 4. Si un chef n'a eu que le bonheur de faire égorger deux ou trois mille hommes, il n'en remercie pas Dieu, VOLT. Dict. phil. Guerre. Ce courtisan [à Rome] à qui l'on demandait comment il était parvenu à une si longue vieillesse, et qui répondit : En recevant des outrages, et en en remerciant , diderot. Cl. et Nér. Il, 48. Il Familièrement. U peut bien remercier Dieu que son maître n'ait pas été là, il est heureux pour lui que son maître n'y ait pas été. || Fig. Remercier une chose, attribuer à une chose quelque effet. Il peut remercier l'avantage qu'il a de vous appartenir, mol. G. Dand, i, 6. || Familièrement. On je vous remercie, un remerciement. Afin qu'en ta vieillesse un livre en maroquin Aille offrir ton travail à quelque heureux faquin Qui, pour digne loyer de la Bible éclaircie. Te paye en l'acceptant d'un je vous remercie , boil. Sat. viii. Il Familièrement. En vous remerciant, c'est-à-dire je vous remercie. Monsieur le commissaire, en vous remerciant ; Vous tt vos grippechairs vous pouvez disparaître, boursault, Mots à la mode, se. 4 5. Il Ironiquement. U se dit pour se venger de quelque insulte. Oui, je suis donc un sot, un voleur, à son compte! Un sergent s'est chargé de la remercier, RAC. Plaid. II, 3. Il 2* Refuser honnêtement. Il nous a remerciés de nos offres de service. Si le roi m'en disait autant, je le remercierais de son amitié, volt. Comment, sur Corn. Cinna, v, 4. Il Ironiquement. Je vous remercie de vos conseils, se dit pour exprimer qu'on n'est pas disposé à les suivre. || On dit aussi, à propos d'un mauvais service, d'une chose désagréable : Je vous remercie de vos confitures. || 3* Fig. Congédier, destituer honnêtement. On a remercié deux surnuméraires. En remerciant ses médecins : Voilà, dit-il, maintenant mes vrais médecins, et il montrait les ecclésiastiques dont il écoutait les avis, eoss. Louis de Bourbon. M. de Beauvillier me parla de Torcy comme d'un homme qu'il était absolument nécessaire de remercier, st-sim. 306, 228. Et moi, serai-je donc seule disgraciée? Sans espoir de retour suis-je remerciée? FAGAN, Rendel-vous, se. 46. || 4° Se remercier, V. réfl. Se féliciter. Monsieur se remercia beaucoup de ce qu'il n'avait pas suivi le conseil que je lui avais donné, retz, m, 3I4. Attribuer le bon succès à sa propre force, se remercier soimême de ses bonnes œuvres, boss. 2* sermon, Pâques, 2. Sous ce prétexte [dire qu'elle s'occupe de Dieu], au fond elle [l'âme] s'occupe d'elle-même, et elle cherche à se glorifier de faire bien; ce qui est se remercier soi-même et non pas Dieu, m. Et. d'orais. v, 10. Vous (Mlle Clairon] exercez un magique pouvoir, Qui fait aimer ce qu'on ne saurait lire : On bat des mains, et l'auteur ébaudi Se remercie et pense être applaudi, volt. Ép. lxxxh. Il 5° Se congédier réciproquement. Pour moi, je n'ai jamais vu Dorante; il étaitabsent quand j'étais chez son père; mais, sur tout le bien qu'on m'en a dit, je ne saurais craindre que vous vous remerciiez ni l'un ni l'autre, mariv. Jeux de l'am. et du lias, i, 2.
— HIST. XV* s. Et remercia les chefs des seigneurs moult courtoisement, quand si appareillement ils l'estoient venus servir, proiss. i, i, 94. Il XVI* s. Hz le convoyèrent tous jusques en sa maison; Lycurgus, en les remerciant, les renvoya, AMYOT, Lyc. 46. Nous te remercions, nostre père celeste. Du repas qu'avons pris, aussi de tout le reste, marot, iv, 344. Le voleur.... le remercie [Dieu] de l'aysance qu'il a trouvé à desgosiller un passant, mont, i, 402.
— ÊTYM. Re..., et l'anc. verbe mercier (voy. merci) ; wallon, rimerst; bourguig. remarcié; provenç. remarciar. Mercier a été en usage jusque
dans le xvi* siècle; remercier paraît n'aToir commencé que vers le XV*.
REMERCImENT ou REMERCIEMENT (re-mèrsi-man), s. m. Action de grâces, discours par lequel on remercie. Pour tous remerclments il faut que je te chasse, corn. Cid, iv, 4. Il peut aller, s'il veut, dessus son monument. Recevoir ses devoirs et son remercîment, id. Pomp. i, 3. Je commencerai ce discours en faisant au Dieu vivant des remerciements solennels, de ce que la vie de celui dont je dois prononcer l'éloge.... boss. Bourgoing. Notre style [des satiriques] languit dans un remercîment, BOIL. Epitre VIII. Je conçois vos bontés par ses remerclments, rac. firi'(. m, 8. J'ai un petit ermitage auprès de Ferney que je vous céderais de tout mon cœur et qui ne vous coûterait rien, pas môme de remerclments, car cela n'en mérite pas, volt. Lett. Bertrand, 34 oct. 4 706. Le premier discours de remercîment prononcé par un académicien à sa réception, est celui de Patru, qui entra en la compagnie en 4640; elle fut si satisfaite de ce discours, qu'elle fit désormais une loi atout nouvel académicien d'en prononcer un semblable, d'alemb. Éloges, Crébillon, note 4 2. Il Remerciement à.... U faut que vous vous contentiez, quant à présent, de mon remerciement très-humble à l'atlention dont vous m'avez honoré, j. j. eouss. Lett. à M. 0 sept. 4 7bo.
— HIST. XVI* s. le peuple se prit à batre des mains, par une manière de remerciement, ahtot, Aie. 4 6.
— ÉTYM. Remercier.
RÉMÉRÉ (ré-mé-ré), t. m. Terme de jurisprudence. Convention par laquelle le vendeur d'un fonds se réserve le droit de reprendre la chose vendue en remboursant à l'acheteur le prix et le» frais de son acquisition dans un délai convenu- Il Faculté de réméré, droit, faculté d'user de \ convention dite de réméré. La faculté de rachat ou de réméré est un pacte par lequel le vendeur se réserve de reprendre la chose vendue moyennant la restitution du prix principal. Code Nap. art. 4659. Il Action de réméré, l'action qui tend à exercer le droit, la faculté de réméré. || Vente à réméré, vente avec faculté de réméré, vente sous la condition d'user de la faculté de réméré. || Pacte de réméré, la condition par laquelle on se réserve la faculté de réméré. || Rentrer dans un héritage en vertu du réméré, rentrer, en exerçant la faculté du réméré, dans un bien qu'on avait vendu.
— HIST. XV* s. Les venditions ou engagemensqui seront ainsi faits.... sur nostre dit domaine.... jusques à ladite somme de six vingt mille escus d'or, pour une fois payer à temps de réméré et rachat, auront lieu et sortiront leur plein et entier effet, Ordonn. oct. 4 494.
— ÉTYM. ilemere, forme non latine pour redimere, racheter, de re, et emere, acheter.
t REMESCRER (re-me-zu-ré), v. a. Mesurer de nouveau.
— HIST. XVI* s. Ensuite seront les bleds remesurés, pour là dessus le père de famille faire son compte, 0. de serres, 4 39.
t REMÉTRER (re-mè-lré), e. a. Il se conjugue comme métrer. Métrer de nouveau. U y a eu erreur en métrant cet ouvrage, il faudra le remêtrer.
f REMErrAGE (re-mè-ta-j'), s. m. Terme de tissage. Action de passer les fils dans les maillons qui se présentent successivement dans l'ordre de l'envergure.
t REMETTEUR (re-mè-teur), s. m. Celui qui fait des remises d'argent. Le second gain se fait sur la valeur des espèces ; ce gain dépend de l'intelligence des banquiers et de l'ignorance du remetteur d'argent, volt. Oict. phil. Banque.
t REMETTEDSE (re-mè-teù-z), s. f. Ouvrière en soie qui cliange la disposition du métier, quand la nouvelle chaîne est formée de plus de fils que la précédente.
— ÉTYM. Remettre.
REMETTRE (re-mè-tr'), ». a. Use conjugue comme mettre. || 1° Mettre une chose ou une personne à l'endroit où elle était auparavant. Ramener, reconduire. Il 2° Mettre de nouveau. || 3° Remettre sur le théâtre. || 4» Remettre en bataillon, remettre les rangs, les files. || 6* Remettre la chandelle. Passer les fils d'une chaîne dans les lisses. ||8" Remettre sous les yeux, devant les yeux; remettre dans son esprit, se remettre dans l'esprit; se remettre quelque chose, quelqu'un, s'en souvenir; remettre quelqu'un, le reconnaître. || 7* Mettre de nouveau en sa place un os cassé ou luxé. || 8* Rendre une chose à celui à qui elle est destinée, auquel elle appartient; remettre une personne à quelqu'un. Il 9* Livrer. |l 10* Faire tenir de l'argent. || 11* Met-
REM
tre de nouveau quelqu'un à quelque chose, faire «commencer. || 12» Se démettre, se dessaisir. Il 18° Mettre comme en dépôt, confier au soin, à la prudence. I| 14' Aux échecs, remettre une partie. Il 16" Renvoyer à un autre temps. || 16" Fig. Mettre dans l'ancien état. || 17" Rétablir la santé, les forces. Remettre un vin, le guéi-ir de quelque maladie. || 18" Faire revenir d'un trouble moral. Il 19" Faire grâce d'une chose qu'on était en droit d'exiger. || 20° Pardonner. || 21" Réconcilier. Il 22" Y. n. En marine, remettre à la route ; remettre à la Yoile. || 23" F. réfl. Se replacer où l'on était. Il 24* Se remettre, en parlant des perdrix. || 25" Fig. Revenir à, se replacer sous, dans. || 26° Se replacer par le souvenir; se ressouvenir. || 27° Se reconnaître l'un l'autre. || 28° Se remettre sur, revenir à un objet, s'en occuper de nouveau; s'appliquer de nouveau à. || 29" Recommencer; se remettre en mer, en route. || 30° Être différé, retardé. || 31" Se remettre à quelqu'un de quelque chose, s'en rapporter à lui pour quelque chose. || 32" Recouvrer la santé, les forces ; rétablir ses aftaires. || 33° Le temps se remet. Il 34" Revenir d'un trouble moral. H 35° Se réconcilier. Il 36" Être pardonné. || 37" Être remis, rétabli.
1" Mettre une chose ou une personne à l'endroit où elle était auparavant. Remettre l'épée dans le fourreau. Ne te l'ai-je pas donné [l'argent]? — Scapin: Non vraiment, vous l'ayez remis dans votre poche, MOL. Fourber. ii, H . Je voudrais que vous eussiez vu l'air de M. de Locmaria, et de quelle manière il ôte et remet son chapeau [dans une certaine danse], quelle légèreté, quelle justesse ! sÉv. 76. Il Fig. Il est vrai que la fortune du dé ou du lansquenet les remet [les joueurs enrichis] souvent oîi elle les a pris, la bruï. vi. || Fig. et familièrement. Remettre quelqu'un à sa place, lui faire sentir sans ménagement qu'il oublie sa position, c'està-dire qu'il parle ou agit d'une manière qui n'est pas convenable. || Reporter. Ces vents, ces mêmes vents qui vous ont enlevée. Vont rendre de tout point ma victoire achevée ; L'ordre que leur prescrit mon père Jupiter, Jusqu'en votre palais les force à vous porter. Les force à vous remettre oii tantôt leur surprise.... CORN. Androm. m, 3. || Ramener , reconduire. Soldats, remettez-la chez elle; Sa contestation deviendrait éternelle, corn. Mt!d. u, 2. Don Sanche, remettez Chimène en sa maison, in. Cid, II, 9. Remettez la princesse à son appartement, id. Perth. 1, 4. 11 la vit si troublée , qu'il n'osa lui parler, et il la remit en son carrosse sans lui rien dire, la fa y. Princ. de Clèves, Œuv. compl. t. ii, p. 2B5, dans POUGENS. Il Fig. Renvoyer. Ayant devant vous l'exemple de Mme la comtesse.... c'est là que je vous remets, et à l'assistance de Dieu, en laquelle il n'y a rien qu'une belle âme comme la vôtre ne doive espérer, malh. Lett. i, u. || 2° Mettre de nouveau. Remettre une armée sur le pied de guerre. Remettre dans le bon chemin. On vous a ôté votre muselière en ce pays-là ; nous irons vous la remettre, voit. Œuv. t. ii, p. 252. Rome, en deux factions trop longtemps partagée. N'y sera point pour moi de nouveau replongée ; Et, quand Sylla lui rend sa gloire et son bonheur, Je n'y remettrai point le carnage et l'horreur, corn. Sert, v, 6. De la main de César Brute l'eût acceptée [la liberté]. Et n'eût jamais soulTert qu'un Intérêt léger De vengeance ou d'amour l'eût remise en danger, ID. Cinna, m, 2. En cette matière vous avez tellement oublié la loi de Dieu et éteint les lumières naturelles, que vous avez besoin qu'on vous remette dans les principes les plus simples de la religion et du sens commun, pasc. Prov. xiv. Le parlement est remis à Rennes, c'est un transport de joie incroyable, SÉV. 14 sept. (689. J'ai peur que M. votre fils ne remette pas la fortune dans notre maison ; il a quelque chose de brusque et d'impétueux qui ne lui attire pas beaucoup d'amis, id. à Bussy, 28 août 4 680. On croit.... que, par le bon choix du souverain pontife, il [le cardinal de Retz] a remis dans le conclave le Saint-Esprit , qui en était exilé depuis tant d'années, id. 7 oct. ieie. Hàtez-vous lentement, et, sans perdre courage, Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage, boil. Art p. i. Puissant maître des cieux. Remets-lui le bandeau dont tu couvris ses yeux, Lorsque.... rac. Athal. V, 3. Cela est ainsi, car vous m'avez heureusement remis dans le fait ; voyez ce que c'est que de s'entendre les uns les autres, la bruï. Théophraste, vu. Dans l'assemblée suivante des amphictyons , l'affaire fut remise sérieusement en délibération, ROLLIN, ifùt. anc. Œuv. t. vi, p. t08, dans POUGENS. La législation anglaise est enfin parfeuue à remettre chaque homme dans tous les
REM
droits de la nature, dont ils sont dépouillés dans presque toutes les monarchies, volt. Dict. phil. Gouvern. vi. Un duc de Vendôme qui seul a remis Philippe V sur le trône d'Espagne, m. Facéties, Canon, de St Cucujin. Je souhaite de tout mon cœur que le parlement de Paris ne se repente pas un jour lui-même d'avoir remis dans la main de la superstition le poignard que j'en faisais tomber, J. J. Rouss. Lett. de la Montagne, 6. Le mari de Céline, moins intéressé que nous à ce qui se passait, remit bientôt la conversation sur le ton de la plaisanterie, oraffignt, Lett. péruv. 32. || Il se dit quelquefois simplement pour mettre. Des copistes qui remettent en in-octavo ou en in-douze d'anciens in-folio, volt. Dict. phil. Martyrs. Il 3° Remettre sur le théâtre, ou, simplement, remettre, jouer de nouveau. Bien que d'abord celte pièce n'eût pas grande approbation, quatre ou cimi ans après la troupe du Marais la remit sur le théâtre avec un succès plus heureux, corn. Suite du Ment. Exam. On nous flatte de remettre Rome sauvée après la St-Martin,D'ALEMB. Lett. à Voltaire, 24 août )7B2.||On dit de même: remettre une pièce au répertoire, au théâtre. H 4° Terme militaire. Remettre en bataillon, remettre les rangs, remettre les files, reprendre ses premières distances, et faire feu sur le même front où l'on était avant le mouvement. || 6" Remettre la chandelle, lui donner la troisième couche de suif. || Dans la fabrication des étoffes de soie, passer les fils d'une chaîne dans les lisses. || 6° Remettre une chose à quelqu'un devant les yeux, sous les yeux, la lui représenter, la lui faire considérer de nouveau. Tu ne dois pas craindre de nous remettre devant les yeux les choses que nous avons dans la mémoire, et qu'il faut faire rentrer dans le cœur, pasc. Lett. à Mme Périer, 6 nov. 1648. Je prétends vous remettre aujourd'hui devamt les yeux la vie mortelle de M. de Montausier, plécii. Due de Mont. Les mystères d'Eleusis n'annoncent à l'extérieur que le culte adopté par la multitude; les hymnes qu'on y chante et la plupart des cérémonies qu'on y pratique remettent sous nos yeux plusieurs circonstances de l'enlèvement de Proserpine, barthél. Anach. ch. 68. || Se remettre devant les yeux, remettre à soi, se représenter une chose. En se remettant devant les yeux ces instructions du sage.... nicole, Ess. mor. 3« traité, ch. 4. || Remettre dans son esprit, se remettre dans l'esprit, rappeler à son esprit, à son souvenir. Remets dans ton esprit, après tant de carnages. De tes proscriptions les sanglantes images, corn. Cinna, iv, 3. Remettez-vous dans l'esprit l'état où était l'Amérique avant qu'elle eût été découverte par Christophe Colomb, FONTEN. ifond. 2' soir. || Se remettre quelque chose, se remettre quelqu'un, s'en rappeler l'idée, le souvenir. Ce m'est, monsieur, un fort grand avantage. Que vous vous remettiez les traits de mon visage, hauteroche, Bourg, de quai, ii, 2. Sa mémoire au besoin est soudain revenue : Il s'est remis d'abord le soufilet.... id. Nobles de Province, in, 1. Je demandai un jour à M. le Prince à Bruxelles le dénoûment de ce que M. de Bouillon m'avait dit de cette négociation ôs Chavigné, et je ne puis me remettre ce qu'il me répondit, retz, Mém. t. II, liv. m, p. 4 27, dans pougens. Les Jeux et les Ris firent connaissance avec elle d'abord, sans se la remettre, admirant les grâces de sa personne, sa taille, ses traits, la font. Psyché, ii, p. 2H. Êraste: Vous ne vous remettez pas tout cela ? — Pourceaugnac : Excusez-moi, je me le remets ; [à Sbrigani] diable emporte si je m'en souviens, mol. Pourc. i, 6. Je comprends votre tristesse de la mort de ce jeune chanoine : je ne me le remets point, sÉv. 367. Plus je vous envisage, Et moins je me remets, monsieur, votre visage, bac. Plaid, ii, 4. Il Par ellipse du pronom réfléchi (ellipse qui ne paraît venue en usage que vers la fin du xvii" siècle), reconnaître quelqu'un. Un gueux qui avait vingt fois mérité les galères; car je te remets à présent, je t'ai reconnu à ta manière, dancourt, la Désol. des joueuses, se. 43. Il me remit dans le moment, quoique j'eusse changé d'habit, lesage. Cil Blas, m, 2. Oui, monsieur, je vous remets ; je crois que c'est vous qui étiez avant-hier dans celte maison , mariv. Pays. parv. 3* part. || 7° Mettre de nouveau en sa place un os cassé ou luxé. Remettre un bras, une jambe. || On dit vulgairement dans un sens analogue: remettre la luette, quand, relâchée, elle tombe. || 8° Rendre une chose à celui à qui elle est destinée. Remettre un paquet, remettre une lettre en main propre, à son adresse. || Rendre une chose à celui auquel elle appartient. Tout le fruit qu'a produit cette grande et victorieuse armée Tdes
Espagnols], a été de prendre Corbie pour la rendre et pour la remettre entre les mains du roi, avec une contrescarpe , trois bastions et trois demi-lunes qu'elle n'avait point, voit. Lett. 74. || On dit dans le même sens : remettre une personne à quelqu'un. La reine, dont ma course a devancé les pas, Va remettre bientôt sa fille entre vos bras, iD. Iphig. i, 4. Le neuvième jour, j'allai, à neuf heures du soir, chercher l'enfant qui me fut remis sur-le-champ, GENLis, Mères riv. t. ii, p. 4I&, dans pougens. Il 9» Livrer. Cela fit appréhender à ceux qui me tourmentaient, de me remettre encore à la merci de mes ennemies, voit. Leit. 9. Cet enfant, ce trésor qu'il faut qu'on me remette, Où sont ils? rac. Athal. V, 5. Les Carthaginois remirent à Scipion plus de cinq cents vaisseaux, qu'il fit brûler à la vue de Carthage; spectacle bien triste pour les habitants de cette malheureuse ville, rollin. Traité des Et. 3" part. ch. 4. Il Remettre un criminel entre les mains de la justice, le livrer à ceux qui sont préposés pour rendre la justice. || 10° Terme de commerce. Remettre de l'argent dans une ville, y faire tenir de l'argent par lettre de change ou autrement. En 4746, la czarine fit une ordonnance pour chasser les Juifs, parce qu'ils avaient remis dans les pays étrangers l'argent de ceux qui étaient relégués en Sibérie, montesq. Esp. xxii, 44. || Absolument. J'ai fait payer 600 000 livres à la marine, pour les armements que V. M. a ordonnés, et je commence à faire remettre en Angleterre et Allemagne pour les subsides, Lettres,- elr.. de Colbert, VI , 308. Un banquier de Paris ayant à remettre à Amsterdam, p. giraudeau, la Banque rendue facile, p. bo. || 11° Mettre de nouveau quelqu'un à quelque chose, faire recommencer. On l'a remis aux premiers éléments. || Terme de manège. Remettre un cheval, lui apprendre de nouveau les exercices du manège. || 12° Se démettre, se dessaisir de. Remettre un bénéfice, une charge. Un prince du sang doit plutôt faire la guerre civile, que de remettre rien de sa réputation ou de sa dignité, RETZ, I, 29. Mais, dit le roi, je vous ai donné une pension de douze mille francs, en attendant que vous ayez quelque chose de mieux. — Oui, sire, je la remets entre vos mains, sÉv. 4 06. |j On dit dans un sens analogue : le chancelier, le ministre de la justice a remis les sceaux, il a reçu ou il a donné sa démission. || 13° Mettre comme en dépôt, confier au soin, à la prudence. C'est une lâcheté que de remettre à d'autres Les intérêts publics qui s'attachent aux. nôtres, corn. Cinna, i, 2. Quant au grand Perpenna, s'il est si redoutable. Remettezmoi le soin de le rendre traitable, id. Sertor. iv, 2. Je n'ai pris trêve pour un moment, Qu'afin de tout remettre à votre sentiment, id. Sophon. i, 4. Je le trouve heureux [le maréchal du PlessisJ de ne point remettre au caprice de la fortune ce qu'il a acquis pendant toute sa vie, sév. 8 avr. 4 672. Le roi voulut remettre lui-même le dépôt sacré de l'éducation de son fils en des mains si fidèles, fléch. Duc de Mont. Chacun bénit tout haut l'arbitre des humains. Qui remet leur bon droit en de si bonnes mains, boil. Lutr. i. Où le sort de l'Asie en vos mains est remis, rac. Iphig. m, t. Il [un père] remet sur d'autres le foindele pleurer [son fils mort], LA BBUV. XI. Je remets en vos mains mes plus chers intérêts, lamotte, Inex de Castro, iv, 6. Je vous remets ce droit, dont j'allais abuser, volt. Orpliel. V, 6. Il Remettre à quelqu'un à, avec un infiniiif, lui abandonner le soin de. Allons voir cependant ce prince infortuné. Pleurer auprès de lui notre destin funeste. Et remettons aux dieux à disposer du reste, cobn. Œdipe, v, 4 2. (| Remettre une affaire à quelqu'un, lui en confier l'inspection, la disposition. || Remettre une affaire au jugement, à la décision de quelqu'un, consentir qu'elle soit réglée suivant qu'il en jugera, qu'il en décidera, Il 14° Au jeu d'échecs, remettre une partie, se dit quand il faut la recommencer, ni l'un ni l'autre des joueurs ne pouvant donner l'échec et mal. || Fig. La partie est remise, c'est partie remise, il n'y a rien de fait, c'est à recommencer. Il faut donc remettre la partie à demain, hauteroche, Crisp. médec. il, 5. J'avais promis dans ma troisième de vous conter quelque chose de mon couvent, je n'ai pu le faire ici, et c'est encore partie remise, Marivaux, Marianne, part. 4. Il A divers jeux, la partie est remise, ou, simplement, partie remise, se dit quand, à la fin de la partie, un joueur n'a pas d'avantage sur l'autre. [\ Au jeu de paume, au dernier à remettre, veut dire que la clias.se est au dernier, et que, si celui contre qui on joue met aussi au dernier, il faudra recommencer le coup. || 15° Renvoyer à ua
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rutre temps soit untf personne, soit une chose. On a teinis la cause à huitaine. Mon zèle mérite pour le moins que vous ne le remettiez point, balz. liv. vu, lett. *». Et [le roi] remet à demain la pompe qu'il prépare D'un sacrifice aux dieux pour un bonheur si rare, corn. Hor. iv, 2. La reine l'avait remis, aussi bien que les gens du roi, au retour de M. le duc d'Orléans, hf.tz, ilém. t. m, liv. iv, p. 48, dans pouGENS. Ce n'est pas sans déplaisir que je retarde mon voyage; il est placé et rangé comme je le désire ; il ne peut être remis sans me déranger beaucoup de desseins, sÉv. 24 juill. )«7B. Dans la rapidité d'une course bornée. Sommes-nous assez sûrs de notre destinée Pour la remettre au lendemain? j. b. BOLSs. Épod. I. Condamner, absoudre, ou remettre le jugement, montesq. Espr. vi, 4. Je songe toujours que la vie est courte, et qu'il ne faut jamais remettre à demain ce qu'on peut faire aujourd'hui, volt. Lett. d'Argental, t* cet. (763. Ils perdent plus de temps à me remettre, qu'ils n'en auraient mis à m'expédier, j. j. Bouss. Ilél. m, 23. Il Absolument. Lorsqu'on peut se venger, il ne faut point remettre, haotero- CHE, les Appar. tromp. i, t*. Je reçus votre dernière lettre avant que de partir de Bretagne; mais j'étais si accablée d'affaires, que je remis à vous faire réponse ici [à GrignanJ, sÉv. à Bussy, )3 nov. IC90. Du jour présent vous remettrez toujours au lendemain, et de ce lendemain à un autre, jusqu'à ce que vous soyez enfin arrivé à ce dernier jour qui n'aura plus de lendemain pour vous, bourdal. Purif. de la Vierge, Byst. t. ii, p. 295. Il ne veut point conclure et s'obstine à remettre, boissy, Impatient, IV, 9. Il 16" Kig. Mettre dans l'ancien état. Remettre une chose en crédit, en usage. L'arrêt remet les parties au même état. Ce grand jour où l'hymen, étouffant la vengeance. Entre le Parthe et nous remet l'intelligence, COBN. iiod. I, ). Le roi a regretté cette perte [deCondé], et a remis, pour faire plaisir à ce prince, M. le prince de Conti en ses bonnes grices, SÉV. t5 janv. 1C87. Quelquefois je suis quatre ou cinq heures tout comme un autre; mais peu de chose me remet à mon ancien état [de chagrin], ID. 18 févr. 1671. Théodose, connaissant qu'il avait été surpris, et regrettant les maux qu'elle [Olympias] avait soufferts si constamment, la remit dans ses biens, pléch. Hist. de TModose, m, 88. Relevant ma famille au glaive dérobée, 11 la remit au rang dont elle était tombée, volt. Olymp. Il, 3. Il Rarranger, raccommoder. Une lettre, monsieur, remet bien une afl"aire, begnabd, le Distr. IV, 7. Il Remettre une pension, rétablir une pension qui avait été supprimée. Mandez-moi si plusieurs pensions ont été retranchées [à M. La Garde], et s'il n'y a point d'espérance que l'on les remette quelque jour, SÉV. 28 déo. 1689. Il 17° Rétablir la santé, les forces. Les bains en remettent quelques-uns [des malades], et laissent les autres, sÉv. 26 sept. <687. Il [le cardinal de Retz] se porte très-bien; ce n'est plus comme cet hiver; le régime et les viandes simples l'ont entièrement remis, m. 24 juillet t675. 11 [le médecin] nous donne encore cette journée pour nous remettre des fatigues du voyage, maintenon, Lett. à Mme de Montespan, 20 avril 1G74. || Par extension. Remettre un vin, le guérir de quelque maladie. Pour remettre un vin clairet gâté par une lie volante, on prend deux livres de cailloux calcinés et broyés, dix à douze blancs d'oeufs, une bonne poignée de sel.... genlis, Maison rust. t. m, p. 300, dans pougens. || 18° Faire revenir d'un trouble moral quelconque. Philippe, par cet exploit, où il fut traité de la fortune autrement qu'il n'avait accoutumé, ayant remis le cœur à ses gens, se retira à Thessalonique, malh. Le xxxiii» livre de T. Live, ch. i 9. Il est comme l'envoyé du ciel, qui rassure, qui remet les peuples, qui dissipe tous leurs vains soupçons, toutes leurs fausses terreurs, PATRU, Éloge de M. de Pompone. J'en tremble encor de peur, et n'en suis pas remise, CORN. Suite du Ment, iv, t. De longtemps je ne serai remise de la joie que j'eus hier, sév. 21 déc. 4064. Ce qui me remet un peu, c'est que je vois que vous avez tiré votre épingle du jeu [votre santé s'est rétablie], ID. à Mme de Grignan, a août 1680. J'aime M. de Coulanges plus que ma vie, de TOUS avoir montré ma lettre; elle doit vous avoir remise de vos imaginations, id. (B nov. <684. Pour remettre mes sens étonnés, boss. t" sermon, Nativité, 2. Hé bien, es-tu remise un peu de ta frayeur? collin d'harleville. Optimiste, iii, 4. Cet intérêt si tendre remit son âme par degrés, STAËL, Corinne, xiii, t . || Remettre les esprits, remettre l'esprit, calmer, rassurer. Souffrez que la raison remette vos esprils, cokn. Cid, ii, ).
Oui, mais aupaiavant remettons nos esprits, m. Tite et Birén, ii, 7. Je vais lui remettre un peu l'esprit, afin qu'il ait la force de se retirer, duclos, Œuv. t. VI, p. 10. Il a paru disposé à faire tout ce que je jugerais nécessaire pour lui remettre la tête, genlis. Ad. et Th. l. I, p. 368, dans pougens. || Remettre lesesprits,rétablirlecalmedanslosesprits. || 19" Faire grâce d'une chose qu'on était en droit d'exiger. Le roi nous a remis huit cent mille francs ; nous en sommes quittes pour deux millions deux cent mille livres; ce n'e.st rien du tout, sév. 375. La maxime des grands empires d'Orient, de remettre les impôts aux provinces qui ont souffert, devrait bien être portée dans les États monarchiques, uontesq. Esp. xui, 18. Ce prince [François I"] lui fit présent [à Montholon, garde des sceaux] de l'amende de deux centmille francs à laquelle il condamna les Rochelois [pour une sédition] ; Montholon leur remit cette amende, à condition qu'ils feraient bâtir dans leur ville un hôpital pour les malades, saint-foix, Ess. Paris, Œuv. t. IV, p. 186. Le cruel hiver de 1709 força le roi de remettre aux peuples neuf millions de tailles dans le temps qu'il n'avait pas de quoi payer ses soldats, VOLT. Louis S IV, 30. Qu'on nous permette d'estimer son vainqueur [de saint Louis], Almoadan, qui le fit guérir de la peste, et qui lui remit deux cent mille besans d'or de sa rançon, m. Mél. litt. Petites hardiesses. Je vous remets la foi que vous m'avez donnée, pibon, Métrom. v, 9. || Terme de théologie. Décharger de. L'absolution sacramentelle remet la coulpe, mais ne remet pas toujours toute la peine. Si l'aumône remet le péché, ce n'est qu'en disposant Dieu â écouter vos prières, bobrdal. 8« dm. après la Pentecôte, Dominie. t. m, p. 12b. || Au jeu d'échecs, remettre un coup à quelqu'un, l'autoriser à rejouer un coup qu'il avait mal joué. || 20° Pardonner. Supposer une lettre, Ce n'est pas un forfait qu'on ne puisse remettre, corn. Mélite, iv, 8. Que veut dire cet homme? il blasphème; qui peut remettro les péchés que Dieu seul? saci, Bihle, Évang. saint Marc, n, 7. Je vous déclare que tout péché et tout blasphème sera remis aux hommes ; mais le blasphème contre le Saint-Esprit ne leur sera point remis, m. ib. Évang. St Math, xii, 31. Il [Théodose] n'avait pensé en mourant qu'à laisser la paix et l'abondance à ses sujets, en remettant les injures qu'on lui avait faites, ou les tributs qu'on leur avait imposés, fléch. Hist. de Théodose, iv, 78. Nous le prions [Dieu] de nous remettre nos offenses, et nous ne nous en repentons pas, mass. Carême, Prière 2. La bonté de Dieu lui [à la pécheresse] avait remis sa faute, et la malignité des hommes ne pouvait encore l'en absoudre, id. Carême, Médis, ù mon Dieu, tu permets qu'en partie je répare la f.iute involontaire qu'un insensé me fit commettre; que j'aie, de mon côté, quelque chose à remettre à cet époux que j'offensai, beaumarch. Mère coup. III, 2. Il Absolument. Remettez, e\ il vous sera remis, dit l'Écriture sainte. || 21° Remettre bien, ou, simplement, remettre, réconcilier. Est-ce se moquer de toi, quand je veux te remettre bien avec ta femme? hauteroche, Coch. supposé, se. 18. A vous remettre bien je me veux appliquer, mol. Femm. sav. m, 8. Je n'ai jamais douté qu'un peu de réflexion ne me remît bien avec lui, sév. 67o. Comment peut-elle faire présentement pour ne me pas dire la joie qu'elle doit avoir d'être remise sincèrement avec vous? id. 18 oct. 1680. C'est la pénitence sévère qui nous remet bien avec Dieu, et, par une suite non moins infaillible, qui nous remet bien avec nous-mêmes, bocedal. Sévérité de la pénit. 1" avent, p. 221. Mentor se servit de sa faveur pour remettre bien dans l'esprit du roi, son frère, Memnon et Artabaze, bollin, Hist. anc. Œuv. t. v, p. 523. Il 22° V. n. Terme de marine. Remettre à la route, reprendre la direction de la route que l'on tenait avant de s'en être détourné pour une raison quelconque. M. d'Aufremont me fit signal de cesser la chasse, et de remettre à la route, Hém. de Villelte-Mursay, 1685, dans jal. || Remettre à la voile, faire voile, partir de nouveau. || 23° Se remettre, «. réjl. Se replacer où l'on était. Se remettre à table. La cérémonie s'acheva, et toutes les femmes se remirent à leur place, la pat. Zayd. Œuv. t. i, p. 337, dans pougens. Elle fut obligée, dans le jour, de se remettre au lit, Marivaux, Pays. parv. part. 6. Il Se remettre en prison, se constituer prisonnier. Vous savez comme ce pauvre Luxembourg s'est remis de son bon gré à la Bastille , sév. 29 janv. 1080. Il Terme d'escrime. Se mettre en garde, après avoir allongé un coup, comme on était avant (le l'avoir porté. Avancez ; le corps ferme ; touchezmoi l'épée de quarte, et achevez de même : une,
deux; remettez-vous, mol. Bourg, gent. 11, 3. Il Terme militaire. Reprendre ses premières distances, et faire feu sur le même front oCt l'on était avant le mouvement. || 24° Terme de chasse. Se remettre, se dit des perdrix lorsque, après avoir fait leur vol, elles s'abattent en quelque endroit. Le chien fit lever une compagnie qui se remit dans un champ. Il On leditaussi absolument. J'ai vu la perdrix remettre. Elle est remise au bord du bois. || 25° Fig. Revenir à, se replacer sous, dans. Reposez-vous; craignez de vous remettre dans un état misérable, suivez les conseils de la Rouvière, sév. 12 mai 108O. C'est par la pratique de ces devoirs qu'il se remet dans la règle, bourdal. Pensées, t. m, p. 100. Tu veux que sous -ses lois [de Mahomet] Palmire sa remette? volt. Fanât, i, 4. jj 26° Se replacer par le souvenir. Ressouviens-t'en, ingrat; remets-toi dan» la plaine Que ces taureaux affreux brûlaient de leur haleine, corn. *f^d. m, 3. || Se ressouvenir de. Araminte: De quoi vous parlais-je? je l'ai oublié. — Dorante : D'un procès avec monsieur le comte Dorimont. — Araminte : Je me remets : je vous disais qu'on veut nous marier, mariv. Fauss. confid. 1, 1 5. Il 27° Se reconnaître l'un l'autre. L'officier et lui se regardaient comme gens qui se sont vus ailleurs, mais qui ne se remettent pas, mariv. Pays. parv. part. ♦. Il 28° Se remettre sur, revenir à un objet, s'en occuper de nouveau. U se remit sur ses campagnes. Enfin je me remets sur la cajolerie, Régnier, Sat. vm. Alors me remettant sur ma philosophie, ID. ib. X. U [Enée] se remit sur ces peintures [des scènes du siège de Troie], Pour y chercher ses aventures, scarr. Virg. i. \\ S'appliquer de nouveau à. Il [Racine] se remit à la poésie , mais seulement pour composer des tragédies saintes et des cantiques spirituels, d'olivet, Hist. Acad. t. 11, p. 381, dans POOGENS. Je vais me remettre un peu à la physique, volt. Leit. au pr. roy. de Pr. 28 déc. 1739. Je me suis remis à la géométrie, que j'avais comme abandonnée depuis longtemps, d'aleub. Lelt.auroide Pr. 30déc. i776. ||29° Recommencer. Il faut donc me remettre à juger chaque chose, CORN. Imit. III, 48. Je suis ravi de votre santé, mais ne vous remettez point si tôt à vous assommer d'écrire, sév. 266. Mme de Schomberg s'est remise à ra'aimer, id. 29 juill. i67«. Tout le monde s'est remis à croire à la paix, id. « août 167S. Ce n'est point assez pour lui de se remettre à la pratique de ses devoirs, aooRnAL. Pensées, t. m. o. 104. Le roi de Prusse s'est remis à m'écrire avec quelque confiance; il me mande qu'il est résolu de se tuer, s'il est sans ressource, volt. Lett. Richelieu, i757 (sans autre date). ||Se remettre en mer, s'embarquer de nouveau. Une tempête essuyée n'empêche pas un bon matelot de se remettre en mer, lesage, Crisp. riv. de son maître, 2. || Se remettre en route, en chemin, continuer son voyage, sa marche. Je suis d'avis que nous nous remettions en chemin sa: s perdre de temps, lesage. Cil Bios, v, 2. Au bout de huit ou dix jours il se remit en route, genlis, Veill. du chdt. 1. 1, p. 669, dans pougens. |] 30° Être différé, retorde. Si ce que j'avais à faire à Saint-Cyr mardi eût pu se remettre, maintekon, Lett. au card. deNoailles,uiSiTS I700. ||31" Se remettre à quelqu'un de quelque chose, se rapporter à lui, à ce qu'il dira ou fera touchant cette chose. Je me remets à vous de ce qui vous regarde, corn. OthoH, i, 4. Quand Mme Guyon se remit à moi pour prononcer sur son oraison, boss. Rem, sur la réponse, vu, iv, 21. Et, sans me repentir de ma persévérance. Je me remets sur eux [les regrets de Titus] de toute ma vengeance, RAC. Bérén. iv, 6. {j Se remettre à quelqu'un à, avec un verbe à l'infinitif. Je rends compte à M. de Monchy de l'état des choses depuis son départ, et je me remets à lui à vous en instruire, boss. Lett. 3, || S'en remettre, même sens. Pour le sceau dont elle sa servirait, et les privilèges dont elle jouirait, elle [l'Académie française] s'en remettait à son fondateur, PELLissON, Hist. Acad. I. Vous n'aviez qu'à dire que vous vous en remettiez à ce que je ferai ici, boss. Lett. Corn. 20. Et je m'en remettrais au destin des combats, rac. Andr. iv, 3. Je ne sais même encor, quoi qu'il m'ait pu promettre. Sur d'autres que sur moi si je dois m'en remettre, id. Andr. iv, 4. Cette générosité silencieuse qui s'en remettait à lai sans rien demander, sans se plaindre de rien, le touchait vivement, stael, Corinne, xvii, 6. || On dit aussi : s'en remettre au jugement, à la décision. Je veux bien m'en remettre à votre sentiment, corn. Sertor. 1, 2. Tous les pères du concile.... s'en remettent unanimement à sa décision, mass. Panégyr. St Bern. Il Se remettre entre les mains de quelqu'un, avoir recours à lui en se menant à sa disposition. || li si-
REM
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gnifie aussi être prêt à faire tout ce qui conviendra à la personne entre les mains de qui on se remet. Il Se remettre entre les mains de Dieu, entre les mains de la Providence, se résigner aux volontés Au ciel. Elle [la foi] s'en remet pour les faveurs temporelles.... aux desseins éternels que le Seigneur a formés sur nos destinées, mass. Carême, Prière 2. Contente d'avoir découvert le sujet de sa douleur, elle s'en remet du reste à la sagesse et à la clémence du Fils de David, id. ib. 2. || 32"' Recouvrer la santé, les forces, etc. Depuis huit jours que j'y suis |à Nancy], je n'ai pu encore me remettre; et plus je me repose, plus je m'en trouve las, VOIT. iett. VI. Vous devez dire : je ne puis plus voyager, il faut que je me remette, SÉV. 399. Il faisait de fréquentes et de rudes sorties, dans l'une desquelles Denis accuse une blessure dont il eut bien de la peine à se remettre, ROLLm, Hist. anc. Œuv. t. V, p. 212, dans pougens. Les filles qui se sont évanouies sont bien longtemps à se remettre avant de recevoir une visite, volt. Écoss. m, 7. Il se remit, quoique av^c peine, de son extrême épuisement,marmontel, Cont. mor. Mariag. samn. La santé de lord Nelvil se remettait par le climat d'Italie, STAËL, Corinne, xix, 7. || Rétablir ses affaires après une perte. Il s'e^t remis des pertes d'argent qu'il a éprouvées. En un mol, cette province [la Bretagne] a grand tort ; mais elle est rudement punie, et au point de ne s'en remettre jamais, sÉv. 228. || 33° Le temps se remet, il revient au beau. Si le temps se remet aujourd'hui, nous descendrons demain, j. j. Rouss. Corresp. du Peyrou, t. m, p. 60, dans ïoiGENS. Je vis avec plaisir en ouvrant mes fenêtres, que ie temps s'était remis au beau.OENLis, Slères riv. t. H, p. 84, dans POUGENS. || 34° Revenir d'un trouble moral. Remettez-vous, monsieur, d'une alarme si chaude, mol. Tart. v, 7. Mais voici ce que j'apprends en entrant ici, dont je ne puis me remettre, et qui fait que je ne sais plus ce que je vous mande, sÉv. «6. Je suis revenue tristement ici, où je ne puis me remettre de celte séparation, id. i90. X ces mots, il ramassa son épée, et, les laissant se remettre de la frayeur qu'il bur avait causée, il remonta dans son appartement, lesage. Diable boit. iv.|| Absolument. Il faut donner aux bons, pour s'entre-soutenir, Le temps de se remettre et de se réunir, CORN. Othon, V, 2. Enfin Duroc se détermine [à annoncer à Napoléon, passant une revue à Moscou, que le canon gronde] ; l'empereur changea d'abord de visage, puis il se remit promptement, et continua sa revue , sêgur , Hist. de Nap. viii , 11. Il Remettez-vous, commencez par vous remettre, se dit à une personne agitée, troublée^ fatiguée, pour l'engager à se calmer, à reprendre ses esprits. Remettez-vous, mon frère, et ne vous fâchez pas, MOL. Tart. m, 7. Remettez-vous un peu; vous voilà tout hors de vous-même, dancourt, Bourg, à la mode, u, 8.1135° Se réconcilier. Je vous prie enfin de vous remettre bien ensemble, MOL. Sicil. te. Pour Mme de Mazarin, sur tout ce qu'on lui disait ici, pour l'obligera se remettre avec son mari, elle répondait toujours en riant, comme pendant la guerre civile : Point de Mazarin, point de Mazarin , s£v. 22. || 36° Être pardonné. Si ce crimeautrement ne saurait se remettre, cobn. Place Roy. II, 1. Il 37° Être remis, rétabli. Et la règle déjà se remet dans Clairvaux, boil. lutr. 11.
— HIST. XII' s. M?"' y biauz semblanz me remet en vigour, Coud, xvu. Quant il [Dieu] les out [les princes] el mund muntez e encheriz , Mal unt encunire Deu lur mestiers acompliz ; Deus les ad à Deent remis e apovriSj Th. le mart. 76. Mult durement vers li [Thomas] en ire (le roi] s'enflamba. Et très bien li promet que il l'abaissera, E là ù il le prist, que il le remetia, ib. 28. || xiir s. Tels i ot qui se remestrent à encre [ancre], vil- LEHARo. cxiil. Li Grieu [les Grecs] lor faisoient si souvent saillies, que il ne les laissoient reposer ; et nostre baron les remetoient ens moult durement, in. Lxxv. Tout premiers, se Diex ce donne (jue vos en son héritage le puissiés remettre, il metra tout l'empire de Constantinoble à l'obédience de Rome, id. li. Et la grêle qui ert [était] sus sa robe remise [déposée], Berie, xxxi. Il savoit bien que, se il en feist un tuer, l'en y rcmeist tantost un autre aussi bien, joinv. 259. Cette dessevrance [séparation] n'est pas si fort, que il ne se repuissent remetre ensemble, beaum. xviii, 6. || xiv s. Il vivent pareceusement, et sont remis et negligens, oresme, Eth. 73. Et que Dieu l'ordena [du Guesclin] par son digne commant Pour remettre la fleur de lis en son eslant, Guescl. 18296. |{ xv« s. Ils se remirent à rcconqusf'r de nouvel, froiss. ii, n, 2)5.
Nonobstant qu'il les hayst et en eust bien cause, si vouloit il remettre ces injures et laisser en leur entier, comm. m, 9. || xvi* s. Minos, remettant à la ville d'Athènes ce tribut qu'elle luy devoit payer, amvot, Thés. Î2. Theseus remettant en bonne paix les Athéniens avec les Candiots, id. ib. 23. Les Athéniens gardèrent ce vaisseau, en estant tousjours les vieilles pièces de bois, à mesure qu'elles se pourrissoient, et en remettant des neuves en leur place, ID, ib. 27. Tatius le remettoit de jour à autre, et lui usoit tousjours de quelque desfaicte, iD. Rom. 36, La ville se trouva si affoiblie, qu'à peine se pou voit elle ravoir et remettre sus, m. ibis. Hz envoyèrent des ambassadeurs pour se remettre eulx et leurs biens à sa discrétion, id. Cam. 18. Saloninsis respondit, que, quant à cela, il s'en remettoit du tout à luy, id. Cat. 60. Hz se remeirent à courir et piller toute l'Italie, id. Crass. t4. Mon- ■iieur, dit-il, qui laisse la partie la perd, et qui la remet, langue, B64. Remettre une fracture ou luxation, paré, Pref. Un exercice ny trop remis et lasche, ny trop gaillard et brusque, id. Introd. xv. Il [Xénophon] montre que nous devons plus rarement prier Dieu, d'autant qu'il n'est pas aysé que nous puissions si souvent remettre nostre ame en ceste assiette réglée, reformée et devotieuse où il fault qu'elle soit pour ce faire, mont, i, 402. Iniques juges, qui remettent à juger alors que.... id. i,ïl. S'abandonnant et se remettant à la parde des dieux, m. i, 137. L'un de ses serfs le vint advertir que l'audience esloit remise au lendemain, id. i, 291. Donner à son ennemy moyen de se remettre sus.... des soldats ralliez et remis, id. i, ssi 11 entreprintde le tuer pour remettre son pals en liberté, id. 11, 43. J'estois ici à mesme pour payer ma debte, mais j'ay trouvé un bon créditeur qui me l'a remise, id. Lett. v.
— ETYM. 'Wallon, rimett; provenç. remetre; catal, remelrer; espagn. remitir; ital. remittere ; du latin remittere, de re..., et mitlere (voy. mettre).
REMEUBLÉ, ËE (re-meu-blé), part, passé de remeubler. Un appartement remeublé à neuf.
REMEUBLER (re-meu-blé), v. a. || 1° Regarnir de meubles. H Fig. Remeubler d'argent, remettre en fonds. Cette commission l'a remeublé d'argent, CORN. VlUus. corn, i, 3. Il Absolument. Cette commission ici me pourra un peu remeubler, maucroix, Lelt. 46, éd. L. PARIS. Il i° Se remeubler, v. réfl. Se meubler de nouveau.
— HIST. xvi* s. Et, exprès pour remeubler Chastillon, cent mille livres, qu'il toucha comptant, d'aub. Hist. II, 6. Par autre moien que par replanter de nouveau, se remeuble on d'aubergers : c'est
en....O. de SERIES, 678.
f REMEUGLE (re-meu-gV), t. m. Voy. remugle. t RÉMiFÈRE (ré-mi-fè-r'), adj. Terme de zoologie. Oui porte des parties en forme de rames.
— ÊTVM. Lat. rfmus, rame, et ferre, porter.
t RÉMIGE (ré-mi-j'j, adj. Terme d'histoire naturelle. Pennes rémiges, plumes allongées, roideset fortes, de l'aile des oiseaux qui font office de rames. Il Substantivement. Une rémige.
— f.TYM. Lat. remex, remigis, qui rame, de remus, rame.
f REMINER (re-mi-né), v. a. Miner de nouveau.
— HIST. xvi" s. Reminer, oudin, Dict.
RÉMINISCENCE (ré-mi-ni-ssan-s'), «. f. jj 1° Dans
le langage philosophique, synonyme de ressouvenir. Il semblait qu'il n'agit que par réminiscence. Et qu'il eût autrefois fait le métier d'amant, Tant il le fit parfaitement! la font. Fabl. si, 2. Cet assemblage de cercles qui forment la sphère et leurs projections sur différents plans s'imprimaient dans son esprit avec une facilité surprenante, et il semblait que, selon le système de Platon, ce ne fût qu'une réminiscence de ce que son âme avait su autrefois, FONTEN. la Hire. Observez que toutes ces manières de penser, par réminiscence, par imagination, par ampliation, par diminution, par abstraction, etc. supposent toujours des impressions antérieures immédiates, dumaes. Mél. gramm. philos. Œuv. t. v, p. 331. Il est des souvenirs aussi redoutables que le sentiment actuel; on s'attendrit par réminiscence ; on a honte de se sentir pleurer, et l'on n'en pleure que davantage, j. j. rouss. Hél. IV, t. La réminiscence est produite par la liaison que conserve la suite de nos perceptions, condil, Conn. hum. 11, t. H 2' Dans la langue commune, rappel d'un souvenir à peu près effacé; acte par lequel nous cherchons à ressaisir un souvenir incomplet. Il travailla en vain sa réminiscence durant le chemin, il ne put y retrouver ce qu'il y cherchait, bOARR. Rom. com. i, (B. Je demanderai à M. Coulmann pourquoi il appelle Réminiscences [titre de
ses mémoires] ce qu'il aurait dû intituler 5ou««nirs; évidemment le titre d'un ouvrage anglais, des Réminiscences d'Horace Walpole, l'a séduit; mais, en lai-sant à la charge de l'auteur anglais le mot de Réminiscences pris en ce sens, je nie qu'en français ce mot soit juste : qui dit réminiscences, en effet, dit ressouvenirs confus, vagues, flottants, incertains, involontaires; un poète qui, en faisant des vers, imite un autre poète sans bien s'en rendre compte, et qui refait des hémi.^tiches di^jà faits, est dit avoir des réminiscences; on dirait très-bien de quelqu'un dont la tête faiblit et qui ne gouverne plus bien sa mémoire : il n'a que des réminisiences, il n'a plus de souvenirs; la réminiscence est, en un mot, un réveil fortuit de tracns anciennes dont l'esprit n'a pas la conscience nette et distincte; le titre donné par M. Coulinann à ses Mémoires est donc assez impropre, à moins qu'il n'ait voulu se critiquer légèrement lui-même, ste-beuve, Nouveaux lundis, t. IX, p. 3«. Il 3° Pensée, expression, motif qui provient d'autrui, et qui, logé dans la mémoire, est employé par nous comme s'il était nôtre. Cet ouvrage est plein de réminiscences. Tout ce qu'il fait est de réminiscence; il copie Wouvermans et Berghem, dider. Salon de 1767, Œuv. t. xiv, p. t46, dans pougens.
— SYN. RÉMINISCENCE, RESSOUVENIR. Ces motS
annoncent, par la particule Initiale re, quelque chose d'éloigné, qui revient de loin, qui a été oublié depuis longtemps, et dont il n'y a que de légères traces dans l'esprit. Mais réminiscence reproduit le latin reminiscenlia, et ressouvenir a été formé du français souvenir. C'est pourquoi réminiscence appartient au langage de la philosophie et des arts libéraux, tandis que ressouvenir est du langage ordinaire. Ouand réminiscence est employé dans la langue commune, il indique le plus faible, le plus imparfait des souvenirs, celui qu'on ne reconnaît pas même pour une idée qu'on a déjà eue. Le ressouvenir est plus net et plus distinct, on sait au moins, on a la conviction que ce n'est pas une idée nouvelle (la faye).
— HIST. XVI* s. S'il avenoit que nous prinsions la liberté de tirer quelque mot nouveau du latin en cette terminaison ou semblable, comme par exemple si nous disions remt'ntscentio et nous en voulussions former réminiscence, nous ne l'oserions proférer autrement que par a, j. pelletier, dans livet, Gramm. franc, p. t70. On luy faict [à l'âme] recevoir le mensonge et le vice, si on l'en instruit; en quoy elle ne peult employer sa réminiscence, celte image et conception n'ayant jamais logé en elle, MONT-. II, 298. Selon l'opinion de Platon, par réminiscence de ce qu'elle [l'âme] sçavoit avant entrer au corps, charron, la Sagesse, i, 8.
— Étym. Provenç. et espagn. reminisceneia ; ital. reminiscensia ; du lat. reminiscenlia; de reim'ntscere, se souvenir, de re, et l'inusité mtnùcere, dont le radical min, est une forme affaiblie de mon, penser, se souvenir, mens, esprit, voy. ce mot.
f REMIRER (re-mi-ré), v. a. Mirer de nouveau.
— uiST. xii' s. Mais itant fu à moi reconforter, Que nuit et jor en plorant [je] la remir, Couci, x. || xiii" s. Et avint un jour que li rois Richars aloit remirant le castiel une large devant lui, Chr. de Rains, p. 79. Il XV' s. Quand il estoit armé, ce ne lui sembloit mie charge, ains en estoit si joly que il s'alloit remiranl comme une dame bien atournée, Bouciq. 1, 4.
— ÈTYM. Re..., et mirer; provenç. remirar; ital. rimirare.
REMIS, ISE (re-mt, mi-z'), part, passé de remettre. Il 1° Se dit d'une chose mise au même endroit où elle était auparavant. L'épée remise au ou dans le fourreau. Élevez un gnomon sur la cendre [de Copernic], et que le soleil, remis par lui à sa place, le salue tous les jours à midi de ses rayons juints aux vôtres, volt. Lett. au roi de Pr. 4 sept. 1 773. 112» Terme de manège. Cheval bien remis, celui à qui l'écuyer a rappris l'exercice. || 3° Rétabli dans son premier état. Le maréchal [de Bellefonds] ne résista pas [aux représentations du roi], et le voilà remis à sa place [de premier maître de l'hôtel], SÉV. 13 janv. 1672. Un roi, sur le trône remis, volt. Brutus, m, t. Il 4° Renvoyé à un autre temps. Voyage remis au mois prochain. || Partie remise, voy. remettre, n" a. || 6° Qui a recouvré la santé, les forces. Mais un moment après, entièrement remise, Elle a voulu sourire, corn. Sophon. m, t. U y avait quelque temps que Germain était remis de ses blessures, hamilt. Gramm. 7. ||6" Rassure, dont l'esprit a repris le calme. Jean, qui, remis de ses premières terreurs, vient recueillir les derniers soupirs de son maître mourant pour notre salut, bosSi
REM
REM
Panég. taint Jean, 2. Tels que vous les voyez [Jes oiseaui |dans les airs rassemblés, Et remis de l'effroi qui les avait troublés, delille, Enéide, i. || 7° Pardonné. Des péchés qui n'ont jamais été purifiés par une sincère pénitence ni par conséquent remis devant Dieu, MASS. Carême, Élus. || 8° Bien remis, ou, simplement, remis, réconcilié. Maintenant que nous voilà bien remis, et qu'il ne reste plus entre nous aucun levain d'animosité ni d'aigreur, boil. iett. à Perrault. || 9° Calme , tranquille (sens qui vieillit). Tout courtois il me suit, et d'un parler remis : Quoi, monsieur, est-ce ainsi qu'on traite ses amis? rê- GNiEn, Sat. X. Pour venger un affront tout semble être permis, Et les occasions tentent les plus remis, CORN. Poly. ni, B. Et souffrir d'un esprit remis. Lors même qu'on me persécute Pour ce que je n'ai point commis, m. Imit. m, 47. Qui ne sait, par expérience, que toutes les actions de respect demandent une contenance remise et posée? Boss. *" sermon, Comp. de la Sle Vierge, 2.
t BEMISAGK(re-mi-za-j'),s. /■. Action de remiser. Le préfecture de police.... seule adroit d'accorder des autorisations pour le remisage des voitures (publiques], DU CAMP, Rev. des Deux-Mondes (867, t. m, p. 320.
REMISE (re-mi-z'), s. f. \\ 1» Action de mettre de nouveau sur le théâtre. J'appris qu'on préparait à l'opéra une nouvelle remise du Devin du village, j. j. Bouss. Conf. X La catastrophe pleine d'horreur qui la termine, ce sang qu'Atrée veut faire boire à Thyeste, a toujours nui au plein succès de la pièce dans toutes ses remises, d'alemb. El. Créb. \\ 2° Action de remettre, de livrer. La remise du paquet. La remise du prisonnier entre les mains du geôlier. Il II se dit particulièrement en termes de jurisprudence et d'administration. La remise d'un gage, d'un cautionnement. La remise des pièces d'un proccs. Il 3° Argent, valeurs qu'un négociant envoie ou fait remettre à ses correspondants. Pour subvenir aux frais de l'entreprise. On lui donna mainte et mainte remise. Toutes à vue, et qu'en lieux différents Il pût toucher par des correspondants, la font. BelpMgor. Il y avait à Paris un banquier nommé Samuel Bernard, qui avait fait une fortune prodigieuse, tant par les remises de la cour dans les pays étrangers que par d'autres entreprises, volt. Russ. Il, 4. Heureusement je reçus de la part de M. l'ambassadeur encore une petite remise qui me fit grand bien, I. J. Booss. Confess. iv. Leurs fonds [des habitants de Lima], joints aux remises qu'on fait sans cesse de l'intérieur de l'empire, ont rendu Lima le centre de toutes les affaires que les provinces du Pérou font entre elles, RAYNAL, Hist. phil. vu, 3l. Il y a un mois qu'il attend une remise considérable que votre mari doit lui faire ; point de nouvelles, picard, M. Jlusard, se. 23. || 4°Somme que l'on donne au banquier, tant pour son salaire que pour la taxe de l'argent, et la différente valeur dont il est dans l'endroit où l'on paye, et dans celui où l'on remet. La remise de l'argent est forte dans cette ville. || S' Abandon que l'on fait à un débiteur d'une partie de ce qu'il doit. Le clerc non plus ne fit du sien [de son salaire] remise, la font. Troq. ||6» Grâce ou réduction d'une peine. Il a obtenu la remise de sa peine. || 7° Somme abandonnée à celui qui est chargé de faire un recouvrement. On lui fait une forte remise. || Rabais accordé par les libraires sur les prix du catalogue. La remise est de vingt-cinq pour cent. || 8° Retardement, renvoi à une autre époque. Muses, quand finira cette longue remise De contenter Gaston, et d'écrire de lui? malh. iv, I. Il y avait un certain P. Vinicius, de qui Asellius disait qu'il parlait à remises [en faisant des pauses, lentement], ID. /?;)!/ de Sénèque, xl. Je suis sur le point de partir sans aucune remise que jusqu'à ce que j'aie eu de vos nouvelles, voit. Lett. 18. D'obéir sans remise au pouvoir absolu, corn. Sertor. iv, 2. Mais cette réf.'ion promise. Après remise sur remise.... scahh. Virg. I. Comme on s'ennuyait en France des longues remises du concile général si souvent promis par les papes, boss. Var. ix, 90. Enfin, après bien des agitations et des remises, mass. Carême, Sur la commun. Le cardinal marque expressément qu'il faut user de remise avec l'ambassadeur du roi, DUCLOS, Œuv. t. m, p. )93. Il 9» Au reversi, au boston, remise, l'amende que l'on nomme bête à divers autres jeux. Faire la remise. || 10" Emplace ment dans une maison pour mettre les voitures à couvert. On y voit des offices, des écuries, des remises de carrosses, fén. Exist. 72. Les remises pour les carrosses seront de dix pieds de hauteur, huit de largeur, et vingt de profondeur quand on veut mettre le timon à couvert.... les remises au
nord sont les seules bonnes; au midi, tout sèche, GENLis, liaison rust. t. i, p. (80, dans pougens. I! Remise double, celle qui est disposée pour loger lieux voitures l'une à côté de l'autre. || Fig. et familièrement. Il est sous la remise, se dit d'un homme qui a perdu sa place, et aussi d'un homme que son âge ou ses infirmités empêchent de faire aucun service. J'ai vu ici deux vieillards qui ont eu, jusqu'à présent qu'ils sont un peu sous la remise..., la plus grande influence dans les affaires du gouvernement, DIDEROT, Lett. à Mlle Voland, 20 nov. I770. ||Fig. On le laisse sous la remise, se dit d'un homme qu'on pourrait employer avec succès et qu'on n'emploie pas. Il Voiture de remise, voiture de louage, mieux conditionnée que les fiacres ordinaires, et qui, au lieu de stationner sur les places, se tient sous les remises. || Au masculin, un remise, une voiture de remise. Il faisait redemander à son ami un remise qu'il l'avait forcé de prendre peu auparavant, vAuvEN. Ergaste. \\ Voitures de grande remise, voitures qu'à Paris la compagnie des voitures ou des loueurs particuliers louent à l'année , au mois, ou à la journée, sans tarif fixe, à prix débattu. Il 11° Terme de chasse. Lieu où le gihier s'arrête après qu'on l'a fait lever. Tuer des perdrix à la remise. Que faire? aller à la remise Serait une vaine entreprise; De leur premier vol toutes trois. Elles [les perdrix] ont attrapé le bois, perhault. Chasse, dans richelet. Si on leur donne la chasse [aux tétras], il faut, la première fois qu'on les fait partir, remarquer soigneusement la remise, buff. Ois. t. III, p. 338. Il Fig. Notre commerce est si dégingandé, que, n'espérant point de le mieux régler tant que nous serons si éloignés l'un de l'autre, je vous attends à la remise, c'est-à-dire à Paris, sév. Lett. à Bussy, 27 oct. (69). || Taillis qui sert de retraite au gibier. Les ombrages frais, les bocages, les doux asiles du premier, ne sont pour l'autre que des viandis, des forts, des remises, j. j. rouss. Ém. IV. Il 12° S. f. pi. Lisses de devant du métier de rubanier.
— tusT. XVI» s. Feu de fiehvre, subjeot à accez et remises, mont, i, 209. La décadence, la vigueur et la naissance, les accez et les remises de l'amour, id. m, 376. Avec ses remises et délais, amyot, Fab. 20. D'Aubigné, qui attendoitune remise de 200 mil livres de la Rochelle, fut averti que.... d'aub. Vie, cxli.
— ÉTVM. Remis.
REMISÉ, ÉE (re-mi-zé, zée), part, passé de remiser. Des voitures remisées.
REMISER (re-mi-zé), v. a || 1* Placer sous une remise. J'observai du coin de l'œil qu'on avait détaché ma malle et remisé ma chaise, j. i. rouss, Uél. IV, 6. Il Fig. Il pensa crever de rire sur votre expression, que M. Grimm avait remisé son prince à Darmstadt, galiani, Lett. à Mmed'Épinay, (i mars 1772. Il Absolument. Faire entrer une voiture sous une remise. Il a bien de la peine à remiser. || 2° Se remiser, v. réfl. Se dit des perdrix qui, chassées, vont se réfugier dans un champ, dans un taillis.
— ÉTYM. Remise.
t REMISSE (ré-mi-s'), adj. f. S'est dit, en termes de musique, d'une voix qui se relâche, se détend. Une voix rémisse et lente est une expression naturelle de tristesse, i. j. rouss. Exam. de deux princ. sur la mus.
— ÉTYM. Lat. remissus, relâché, de remittere (voy. remettre).
RÉMISSIBLE (ré-mi-ssi-bl'), adj. Digne d'être remis, pardonné. Une petite offense, laquelle est rémissible et dign?de pardon, philon, Œuv. p. 6)b.
— HIST. XVI* s. Les docteurs disent que tel péché est plus remissible, pourca que les premiers mouvemens ne sont pas en la puissance de l'homme, MABO. Nouv. xxxvi.
— ÉTYM. Lat. remissibilis, de remissus, part, de remillere, remettre.
RÉMISSION (ré-mi-sion; en vers, de quatre syllabes), s. f. Il 1" Indulgence, miséricorde d'une personne envers une autre. N'attendez de vos ennemis aucune rémission. Il a usé de rémission envers son fermier. Le pape Pascal faisait crever les yeux sans rémission à ceux qui prêchaient l'obéissance aux empereurs, volt. Ànn. Emp. Louis le Faible, 823. Il Un homme sans rémission , un homme implacal)le, qui ne pardonne pas, qui exige à la rigueur tout ce qui lui est dû. || 2° Grâce faite à un coupable de la peine qui a été prononcée contre lui. Le prince lui a accordé la rémission de sa peine. Quelles précautions n'avait-il pas accoutumé de prendre dans les rémissions et les grâces qu'il accordait, craignant également de prodiguer ou de resserrer lies bienfaits du princel fléch. le Tellier. Ce qui
plut bien plus encore que toutes ces fêtes éclatantes, ce fut une rémission entière pour tous les coupables détenus dans les prisons, VOLT. Russie, 11, (». Il On dit aujourd'hui de préférence : grâce. i| Anciennement, lettres de rémission, ou, absolument, rémission, lettres patentes expédiées et adressées aux juges, par lesquelles le roi accordait à un criminel la rémission de son crime, en cas que ce qu'il avait evposé à sa décharge se trouvât vrai. On ne peut lire sans horreur les lettres de rémission qui se sont données dans ces temps-là [xv« s.] ; à peine y avajl-il un homme de guerre qui n'eût besoin d'une abolition, et c'est parles rémissions que nous sommes instruits des crimes, doclos, Œuv. t. u, p. 24. || 3* En termes de théologie, pardon. Jean était dans le désert, baptisant et prêchant le baptême de pénitence pour la rémission des péchés, saci. Bible, Evang. St Mare, 1, 4. Personne ne niera le fait public, que les pélagiens trouvèrent toute l'Église en possession de baptiser les petits enfants en la rémission des péchés, BOSS. (~ auer». 34. L'homme de douleurs a été prêché, et la rémission des péchés a été annoncée par sa mort, id. Hiit. 11, (O. La pénitence obtient la rémission des péchés, mass. Carême, Pécheresse. Il 4° Terme de médecine. Diminution temporaire des symptômes d'une maladie, soit aiguë, soit chronique. Il y a rémission dans la fièvre. || Dans un sens plus restreint, cessation plus ou moins complète des symptômes fébriles, entre les accès d une fièvre rémittente. || On dit aussi : il y a de la rémission dans le pouls. || 6" Terme de physique. Affaiblissement, diminution d'intensité. Elle [la qualité] admet intensité et rémission, et c'est elle qui fait que les choses sont dites semblables ou dissemblables, DIDER. Opin. des anc. philos, {péripatét. philos. j.
— HIST. XII* S. En remission îles pechiés d'eus. Psautier, f° (93. Et [les croisés] l'alassent vengier [Dieu], par tel condition. Qui mort i rece "oit, il ait remission; En paradis celestre aura sa mansion, Ch. d'Ant. I, 68. Il XIV* s. Là est remission où est confession ; car confession est prouchaine à innocence, Ménagier, i, 9. || xvi* s. Qu'est-ce que remission, sinon un don de pure libéralité? car un créditeur n'est pas dit remettre, qui par sa quittance confesse le payement lui avoir eslé fait, calv. Inst.
B07 pour obtenir grâce et remission d'une
amende, amyot, Cat. 46. Il lit tout tuer sans remission, d'aub. Ilist. i, 3.i6. Et, pour remède qu'on lui feist, ne trova allégement quelconque sinon de boyre sans remission, rab. Pant. 11, 28. Telle relasche se doit plutosl appeler rémission qu'intermission, PARÉ, XX, (2.
— ÉTYM. Prov. remissio ; espagn. remission ; ital. remissione; du lat. remissionem, de remissus, purt de remillere, remettre.
RÊMISSIONNAIRE (ré-mi-sio-nê-r'), t. m. Terme de jurisprudence. Celui qui avait obtenu des lettres de rémission.
— HIST. XVI* s. Un remissionnaire ayant confessé par les lettres de remission le crime duquel il csloit accusé, Grand couslum. de France, iv, 6.
— ÉTYM. Rémission.
t RÉMITARSE (re-mi-tar-s') , adj. Terme de zoologie. Qui a les tarses en forme de rames.
— ÉTYM. Lat. remus, rame, et tarse.
t RÉMITTENCE (rémi-ttan-s'), s. f. Terme de médecine. Caractère des affections qui sont rémittentes.
RÉMITTENT, ENTE (ré-mi-ttan, ttan-t'), adj. Terme de médecine. Il se dit des maladies qui ont des rémissions, et principalement des fièvres qui, sans cesser d'être continues, ont des relâches comparables, jusqu'à un certain point, aux relâches d'une fièvre intermittente. Les fièvres rémittentes des pays chauds. Il Fièvre rémittente des enfants, fièvre lente, se manifestant dans l'enfance, et qui ressemble par ses symptômes à l'hydrocéphale.
— ËTYM. Lat. remiltentem, de remittere, remettre. t REMMAILLAGE (ran-ma-lla-j') ou REMMAIL-
LEMENT (ran-ma-lle-man, Il mouillées), s. m. Action de remmailler.
t REMMAILLER (ran-ma-Ué, Il mouillées), f. a. Relever des mailles, jj Rajouter des pièces dans un tricot, en rejoignant les mailles par un point semblable. Remmailler des bas.
— ÉTYM. Re, en, et maille (.Dans l'ancienne langue on disait : remailler un hau bert, Ch. d'Ant. 11, «27,
t REMMANCHER (ran-man-ché), v. a. Munir d'un nouveau manche.
— HIST. XVI* s. La négociation [rie la paix] s'en remmancha, estant jà le prince de Condé devant Chartres, langue, 63R.
— ÉTYM. Re..., et emmancher.
REM
REMMENE, ÊE (ran-me-né, née) , part, passé de remmener. Le cheval remmené par le palefrenier.
REMMENER (ran-me-né) , v. a. Il se conjugue comme mener. Emmener après avoir amené. M. R. De fait mention que de ramener et remmener, supposé qu'on prononce ce dernier par un a, ram; car, si on le prononce par un e, il sera semblable à remener, vaugelas, Nouv. rem. observ. de M"*,
p. H 2, dans POUGENS.
— HlST. XV* s. Et s'en affuit par devers ses naves tout déconfit, et ne remmena, de bien sept mille hommes qu'il avoit avec lui, plus haut de trois cents, FBOiss. I, I, 481. Il xvi* s. On envoia lettres particulières à un chevalier sans commission authentique pour enlever Ferez et le r'ammener à Madril,
D'aUB. Ilist. III, 3)0.
— ÊTYM. Re..., et emmener.
f REMODELER (re-mo-de-16), e. a. Il se conjugue comme modeler. Terme de beaux-arts. Modeler de nouveau.
RÉMOLADE (ré-mo-la-d') ou RÉMOULADE (rémou-la-d'), t. f. || 1* Terme de cuisine. Sorte de sauce piquante, composée de moutarde battue avec du sel, du poivre, de l'huile et du vinaigre. || Sauce verte ou rémoulade verte, sauce faite avec une poignée de cerfeuil, moitié autant de pimprenelie, de civette et d'estragon, le tout blanchi ensemble et ensuite pilé ; on pile encore, après avoir ajouté du poivre, de la moutarde, du sel, et on finit en délayant avec de l'huile, des œufs crus, du vinaigre et du vert d'épinard. || i' Onguent composé de lie de vin, de miel, de graisse et de térébenthine, qu'on applique aui chevaux pour les guérir des eflbrts d'épaule, des enflures, des foulures.
— ÉTYM. Remoudre, par remoulu.
REMOLE (re-mo-l'), t. f. Terme de marine trèspeu usité. Tournant d'eau qui peut être dangereux. Il Chateaubriand l'a fait masculin et employé dans le sens ûo remous : Ils [les castors] approchent du soupirail [trou ménagé dans la glace] ; le remole qu'ils font en nageant les .trahit, Àmér. Chasse.
— ÉTYM. Remole est une forme de remous (voj. ce mot).
+ REMONDAGE (re-mon-da-j*), s. m. Action de remonder.
t REMONDER (re-mon-dé) , v. a. Monder, nettoyer de nouveau. || Nettoyer la chaîne d'une étoffe, en ôtant les bourres et inégalités qu'elle peut contenir.
t REMOl^TADOIRE (re-mon-U-doi-r'), s. m. Sorte d'ustensile de papetier fait en forme d'écuelle.
REMONTAGE (re-mon-ta-j*), s. m. \\ l'Action de remonter une rivière. Droit de remontage des bateaux : pour le remontage de tous les bateaux à la Dointe de l'Ile de Notre-Dame.... Déclaration, 22 oct. 17<5, tarif. \\ 2° Action de remonter une horloge. Il 3° Terme d'art militaire. Ajustement des pièces d'une arme à feu, séparées par le démontage. Il Se dit aussi de l'opération qui consiste à remettre un bois neuf à une arme. || 4° Terme de cordonnier. Action de remonter des bottes. || L'ouvrage qui en résulte. Un bon remontage. || 6" Terme de commerce. Remontage des eaux-de-vie, opération par laquelle on augmente le degré d'une eau-do-vie trop faible, en la coupant avec de l'eau-de-vio naturelle plus rectifiée et plus forte.
— HIST. XV' s. Remontage d'artillerie, cotgrave.
— ÉTYM. Remonter.
t REMONTANT, ANTE (re-mon-Un, tan-t') , odj. Terme d'horticulture. Oui repousse à l'arrière-saison, qui redonne des fleurs, des fruits. Rosiers remontants. Kramboisiers remontants.
REMONTE (re-mon-f), *. (. || 1° Action de remftnter un cours d'eau. La descente et la remonte ou le double passage de bateaux qui traverseraient alternativement l'écluse en sens opposés, giraud, ïnstit. Mém. scienc. t. vu, p. n. Le fret de remonte sur la Moselle française revient, par tonne et par kilomètre, à o',04, e. grangez, Yoies navigables de France, p. 436. |] 2° La remonte, le poisson qui remonte les cours d'eau pour frayer. || 8» Action de remonter la cavalerie, de lui fournir des chevaux pour remplacer ceux qui manquent ou qui sont hors d'état de servir. Il [Annibal] tirait de lui seul la subsistance de ses troupes, la solde de ses soldats, la remonte de sa cavalerie, les recrues de son infanterie, ROLLIK '^railé des Et. 3' part. 3* morceau, II, I, 8. L'Etat a fait un marché pour cinquante mille chevaux de remonte, toulongeon, ïnstit. Mém. se. mor. et pol. t. iv, p. 44 1 . || 4° Achats de chevaux pour le service de l'armée, ou d'étalons pour le service des haras ; sujets achetés par les remontes. Officier chargé de la remonte. || Dépôt de remontes, établissements où l'on place pendant un certain
REM
temps les chevaux de remonte pour les préparer au régime militaire et leur donner un commencement d'éducation et de dressage. {| 5° Cheval de remonte. Ce second cheval devait servir de remonte, en cas qu'il arrivât quelque accident aux chevaux des voyageurs, chateaubr. Itin. part. 1. 1| 6° Terme de haras. Les sauts que l'étalon donne à la jument après le premier.
— ÉTYM. Voy. REMONTER.
REMONTE, EE (re-mon-té, tée), port, passé de remonter. || 1° Oui a monté de nouveau. Les voilà remontés à cheval. || Fig. et familièrement. Remonté sur sa bête, qui a repris force, santé, fortune. Je ne puis être fâché, ni pour la France ni pour la philosophie, de voir votre ancien disciple remonté sur sa bête [le roi de Prusse rétablissant ses affaires], d'alemb. iett. à Voltaire, ï5 sept. (762. Il 2° Goutte remontée, goutte qui quitte les articulations pour se porter sur un viscère intérieur. Picrochole avait la goutte remontée, et criait comme s'il eût vu la mort de bien près, fén. t. xix, p. 4 23. Il 3° Terme de fauconnerie. Engraissé. Ce faucon a besoin d'être remonté. || 4° Ranimé, restauré. Sitôt qu'elle se vit un peu remontée par mes soins, l. }.
Rouss. Conf. VII. Il 8° Qui a repris faveur Nous
surnagerons, j'espère, aux événements fâcheux; le Laurier [Condé] est bien remonté, je vous assure, Corresp. du gén. Klinglin, i, 438. || 6" Qui commence de bonne heure dans la matinée. Je doute que cette journée toute remontée, qui ôle tout le commerce de manger et de causer les soirs, puisse plaire à Mme de Coulanges, sÉv. 25 juin 4 690.
f REMONTÉE (re-mon-tée), t. f. L'après-midi; se dit surtout parmi les ouvriers.
— HIST. xv« s. X cette heure, quand le comte de Flandres et ses gens vinrent, il estoit haute remontée, et le soleil s'en alloit tout jus, froiss. ii, ii, 4 55. Après dormir, à remontée, grant pièce ensemble furent, luy et le roy, en bons esbatemens et parolles de vraye amour, chr. de pisan, Charles Y, m, 44.
— ÉTYM. Remonté; parce que les ouvriers «montent à l'ouvrage après le repos du milieu de la journée.
REMONTER (re-mon-té), ». n. Hl» Monter de nouveau. || 2° Aller vers la source d'un cours d'eau. \\i° Aller en haut vers le point d'où la descente s'était faite, en parlant de choses. || 4° Flg. La rente remonte. || 6° Terme de marine. Remonter au vent. Le vent remonte. || 6° Fleurir de nouveau après un arrêt. || 7' S'élever, taire un mouvement de bas en haut. Il 8* Il se dit d'un musicien qui passe à un ton plus élevé. Il 9' La goutte remonte. || 10° Les propres ne remontent pas. || 11° Revenir à un poste, à un rang d'où l'on était déchu. || 12" Tirer son origine de, s'étendre jusqu'à. |{ 13° Aller vers les origines, vers les choses anciennes, vers les hommes anciens. Il 14° Reprendre les choses de plus loin, de plus haut. Il 15° S'étendre vers le haut. || 16° Se dit d'une couleur qui prend une teinte plus forte. || 17° V. a. Monter de nouveau, gravir de nouveau. || 18° Reporter à l'endroit d'où la personne, la chose était descendue. Il 19* Donner une nouvelle monture. || 20° Équiper, pourvoir, munir de nouveau des choses nécessaires. Il 21° Raccommoder, remettre à neuf. || 22° Replacer dans l'état où elles étaient auparavant les parties d'une machine, d'une pièce de menuiserie, de charpente qu'on a démontées. || 23° Remonter une montre, un ressort. || 24° Remettre une pièce de théâtre en état d'être jouée. || 25° Remettre une parure dans sa monture. || 26° Metfre de meilleure heure, avancer. || 27° Ranimer, raviver. || 28° Engraisser un oiseau de proie. ||29° Remonter un vin. ||S0° F. réfl. Se donner une nouvelle monture. Il 31° Se fournir de nouveau des choses nécessaires. Il 82° Reprendre des forces.
1» Monter de nouveau; retourner où l'on était avant de descendre. Remonter à sa chambre. Fuyez cet avare rivage. Et remontez sur vos vaisseaux, scabr. Virg. m. Vénus remontant vers l'Olympe, je vis longtemps son char avec ses deux colombes dans une nuée d'or et d'azur ; puis elle disparut, FÉN. Tél. IV. Il voulut à toute force tenir la tête de mon cheval, tandis que j'y remontais, hamilt. Gramm. ». C'est à vous et à vos amis à décider si cette première tragédie régulière qui ait paru sur le théâtre de la France mérite d'y remonter encore, VOLT. Sophonisbe, ÉpUre. A peine fut-on remonté en carrosse.... dideh. Mém. Prom. scept. Après l'avoir quitté [le théâtre] pendant quelques années, il [Baron] y était remonté, et avait, par sa manière de reciter noble et naturelle, proscrit une déclamation chantante qui s'était introduite pendant
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son absence, duclos, Œuv. t. x, p. 77. Après cette action, Adèle remonta chez elle, beaucoup moins mécontente d'elle-même, genlis, Ad. et Théod. t. ii, p. 249, dans POUGENS. Le sang remonte à son front qui grisonne, bérang. Y. sergent. || Fig. Faire remonter, faire parvenir de bas en haut. La place de Mme de Maintenon est unique dans le monde.... vous n'aurez pas oublié au moins de lui faire remonter quelques paroles par Mme de Montchevreuil, SÉV. 27 sept. 4684. || Revenir à fleur d'eau après avoir été submergé. Lieurs armes [des barbares vaincus dans un combat naval] étaient d'une telle sorte, qu'encore qu'elles fussent assez pesantes, elles ne laissaient pas de remonter sur l'eau, fléch. Hist. de Théodose, ni, 6B. || Fig. Remonter sur l'eau, reprendre crédit, faveur, fortune. ||Fig. Remonter sur sa bête, regagner ce qu'on a perdu, reprendre un poste, un avantage qu'on avait laissé perdre. Il me semble, comme à vous, que votre ancien disciple [le roi de Prusse] est un peu remonté sur sa bête, d'alemb. Le«. à Voltaire, 4 8 oct. 4 760. || 2° Aller vers la source d'un cours d'eau. Nous remontâmes le long du Nil, jusqu'à cette fameuse Thèbes à cent portes, FÉN. Tél. II. J'étais comme un homme qui nage dans une rivière profonde et rapide, d'abord il fend les eaux et remonte contre le torrent, m. ib. iv. La rivière des Amazones, dont le cours est de plus de 4 200 lieues, si l'on remonte jusqu'au lac qui est près de Guanuco à 30 lieues de Lima, buff. Hist. nat. Preuv. th. terre, Œuv. t. ii, p. es. Mardonius n'eut pas plutôt appris que les Grecs s'étaient retirés dans le territoire de Platée, que, faisant remonter son armée le long du fleuve, il la plaça une seconde fois en face de l'ennemi, bauthél. Anach. Introd. part. 2, sect. 2. || Fig. L'homme n'a rien qui ne doive remonter vers lui [Dieu] comme à sa source et lui être rapporté, bourdal. Purif. de la Vierge, Myst. t. ii, p. 275. Par où la protection de» lois et de la justice descend du prince vers les peuples, et le respect et la fidélité des peuples remontent vers le souverain, fléch. le Tell. |{ (1 se dit en un sens analogue quand on s'élève de régions basses à des régions plus hautes. Si vous remontez à Sofola, à Quiloa, à Montbasa, à Mélinde, vous trouvez des noirs d'une espèce différente de ceux de la Nigritie, volt. Mœurs, 4 43. En remontant de la Terre de Feu tout le long des côtes occidentales de l'Amérique méridionale, l'Océan rentre assez considérablement dans les terres, buff. Hist. nat. preuv. th. terre, Œuv. t. ii, p. 4 49. || 3° Aller en haut vers te point d'où la descente s'était faite, en parlant de choses. Le baromètre, qui avait baissé, remonte. Voyez, disait Vénus, ces ruisseaux et leur course ; Ainsi jamais le temps ne remonte à sa source, LA font. Adonis. Les divers canaux qui bordaient ces îles semblaient se jouer dans la campagne : les uns roulaient leurs eaux claires avec rapidité; ....d'autres, par de longs détours, revenaient sur leurs pas, comme pour remonter vers leur source, FÉN. Tél. i. Tel aux derniers canaux arrivé dans sa course. Le sang revient au cœur et remonte à sa source, delille, Imag. iv. Tel un fleuve plein d'abondance et de limpidité, mais dont le cours n'est pas assez rapide, tourne à chaque pas dans la plaine; repoussé par les moindres obstacles, il est sans cesse obhgé de remonter contre le penchant de son onde, chateaubr. Natchei, m. || On dit que le soleil remonte, commence à remonter, quand le cercle qu'il décrit se rapproche du zénith, c'est-àdire quand, après le solstice d'hiver, les jours commencent à croître. || 4° Fig. La rente remonte, le prix moyennant lequel on en acquiert les titres, qui était descendu, redevient plus élevé. Au grand étonnement de toutes les nations, le change remonta à l'avantage de la France, raynal, Ilist. phil. IV, 18. Il Fig. et familièrement. Ses actions remontent, se dit d'un homme qui regagne en crédit et que la fortune commence à favoriser. || S° Terme de marine. Remonter au vent, louvoyer au plus près du vent. || Remonter contre mousson, naviguer diins le sens opposé à la direction de la mousson. || On dit que le vent remonte ou monte, iorsqu'il change en passant du sud vers le nord. || 6° Terme d'horticulture. Fleurir de nouveau après un arrêt. Les rosiers qui fleurissent de nouveau après la saison des roses remontent ou sont remontants. || 7° S'élever, faire un mouvement de bas en haut. Dans le jeu de la balançoire, on descend, puis on remonte. || Fig. Ces hommes orgueilleux et vils, qui regardent les gens de lettres comme des espèces d'animaux destinés à combattre dans l'arène pour le plaisir de la multitude, descendraient alors de l'amphithéâtre, et verraient leurs juges y remonter, d'alemb. Ess. sur
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la soe. det g. de lett. Œuv. t. m,, p. 88, dans pou- «ENS. Il Terme de fiuconnerie. Voler de bas en haut. Il 8° Il se dit d'un musicien qui passe à un ton plus élevé. Descendre de tierce, et remonter d'un degré, ^.HÉTHY, Méth. pour prêt. p. «2, dans pougens. Il 9° La goutte est dite remonter, quand elle quitte les articulations pour se jeter sur un organe intérieur. La santé du cardinal n'est pas mauvaise préjentement; quelquefois sa goutte fait peur : il semble qu'elle veuille remonter, sÉv. 337. Sa goutte lui est remontée dans la tête, la poitrine et les yeux, DiDER. Lett. illle Yoland, s oct. 4768. HIO" Terme d'ancienne jurisprudence. Les propres ne remontent point, c'est-à-dire les ascendants ne succèdent pas aux propres. || Par extension. Dans la famille, l'amour ne remonte pas, c'est-à-dire qu'un fils aime mieux ses enfants que son père. 11 arrive toujours que l'amour descend plus qu'il ne remonte, buff. Nat. des anim. Au dire du proverbe ancien, L'amitié ne remonte guère; Bon petit-fils, je n'en crois rien. Quand je pense à vous, ma grand'mère, bébang. It. maman. || 11" Fig. Revenir à un poste, à un rang d'où l'on était déchu. Un roi victorieux Qui vous fait remonter au rang de vos aïeux, bac. Andr. m, 8. Il faut que sur le trône un roi soit élevé, Oui se souvienne un jour qu'au rang de ses ancêtres Dieu l'a fait remonter par la main de ses prêtres, id. Athal. i, 2. Attila parut malheureusement la même année qu'Andromaque; la comparaison ne contribua pas k faire remonter Corneille à ce haut point de gloire où il s'était élevé, volt. Comm. sur Corn. Attila. On sait assez que Conradin fut invité par ses sujets et par les Romains à remonter sur son trône, id. Pol. et lég. Prix de la just. et de Vhuman. 20. || Absolument. Reprendre crédit. Celui [le curé] de Saint-Gervais, frère de l'avocat général Talon, m'écrivit dès le B • Vous remonterez ; sauvez-vous de l'assassinat; avant qu'il soit huit jours, vous serez plu.s fort que vos ennemis, RETZ, Uém. t. n, liv. m, p. 106, dans powsens. || Se relever moralement. Lorsqu'enfin,dans les occasions périlleuses, il fallait animer les soldats, noua remontions cent fois plus haut que nous n'étions descendus, MONTESQ. Lett. pers. 74. || 12° Fig. Tirer sou origine de, s'étendre jusqu'à. En sorte que, par une suite non interrompue depuis près de dix-sept cents ans, nous la voyons [l'Église] remonter jusqu'à Jésus-Christ, dans lequel elle a recueilli la succession de l'ancien peuple, et se trouve réunie aux prophètes et aux patriarches, Boss. Uist. n, «3. Aussi voit-on remonter jusqu'à ce temps [la fondation de Ninive], et pas plus naut, les observations que les Chaldéens, c'està-dire sans contestation les premiers observateurs des astres, donnèrent dans Babylone à Callisthène pour Aristote, lo. ib. i, 2. Un roi longtemps victorieux Qui voit jusqu'à Cyrus remonter ses aïeux, RAC. Mithr. III, < . Les Hébreux, dont la race en prodiges féconde Remonte dans les temps jusqu'au berceau du monde, delille, Imag. viii. {| Cette maison remonte, la généalogie de cette maison remonte jusqu'à telle personne, jusqu'à tel temps, la descendance de cette maison est bien prouvée depuis telle personne, depuis tel temps. 11 [Vespasien] se moqua publiquement de ceux qui, par une fausse généalogie, voulaient faire remonter sa maison jusqu'à Hercule, HOLLiN, Traité det Et. v, 4" part. § 8. On vient, dit-on, de faire imprimer sa, généalogie [de Pompignan], qui remont», par une filiation non interrompue, depuis lui jusqu'à son père, d'alemb. Lett. à Voltaire, i6 juin )760. || 13° Fig. Aller vers les origines, vers les choses anciennes, vers les hommes anciens. Quand je remonte jusqu'à la source de votre institution, boss. Disc. Acad. Quelque haut qu'on puisse remonter pour rechercher dans les histoires les exemples des grandes mutations, id. Betne d'Anglet. Il est de la nécessité de mon sujet de remonter jusqu'au principe et de vous conduire pas à pas par tous les excès où le mépris de la religion ancienne et celui de l'autorité de l'Église ont été capables de pousser les hommes, id. ib. Rien n'empêche que, de toutes les sectes qu'on voit aujourd'hui, et de toutes celles qu'on verra jamais, on ne remonte jusqu'à Simon le magicien et jusqu'à ce mystère d'iniquité qui commençait du temps de saint Paul, id. Var. xi, 209. Ah I si vous remontiez jusques à sa naissance [de Rome], bac. Bérén. iv, 5. Son histoire [de la Chine].... remonte par la chronologie la plus sûre jusqu'à une éclipse observée 24 65 ans avant notre ère vulgaire, volt. Unurs, 4 . Il faut remonter aux Pythagore et aux Anacharsis pour trouver de tels voyageurs [voyageant pour acquérir des connaissances], et ils n'avaient pas quitté un empire pour s'instruire, id.
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Rusti», II, . Comment retrouverons-nous la première trace de nos pensées T n'y a-t-il pas même de la témérité à vouloir remonter jusque-làî buff. Des sens. Il s'agit ici de percer la nuit des temps, de reconnaître par l'inspection des choses actuelles l'ancienne existence des choses anéanties, et de remonter par la seule force des faits subsistants à la vérité historique des faits ensevelis, in. Époq. rtat. Œuv. t. XII, p. 6. En remontant aux premières traces de mon être sensible, je trouve des éléments qui, semblant quelquefois incompatibles, n'ont pas laissé de s'unir pour produire avec force un effet uniforme et simple, J. J. Rouss. Confess. i. En quelque matière que ce soit, nous devons désespérer de remonter jamais aux premiers principes, qui sont toujours pour nous derrière un nuage, d'alemb. Réft. sur le goût, Œuvr. t. m, p. 446, dans poi'oens. Les philosophes remontent aux raisons des choses, donnent les règles des arts, expliquent ce qu'ils ont de plus caché, et par leurs leçons augmentent le nombre des bons juges, condil. Conn. hum. 11, i, 46. Si vous remontez de classe en classe, vous verrez que l'idée que vous vous faites d'une classe supérieure, n'est jamais qu'une partie de l'idée que vous avez d'une classe inférieure, id. Gramm. i, 4 2. En remontant aux originaux, j'ai trouvé qu'Acosta en 4 630 et Herrera en teoi l'avaient aussi bien décrite [la cochenille] que nos modernes naturalistes, hayyAh, Hist. phil. vi, 18. || Remonter à la source, à l'origme, à la cause, au principe, considérer une chose dans son origine, dans son commencement. Examinons ce bruit, remontons à sa source, rac. Phèdre, ir, ♦. Remontez à la source de vos dégoûts pour Dieu, et pour tout ce qui a rapport à lui ; et voyez si.... mass. Carême, Prière 4. On serait remonté à la source de ces libelles ; Mme de M*"* sa serait tirée d'affaire en me sacrifiant, et j'aurais été enfermé le reste de mes jours peut-êtie, pour m'apprendre à faire le Phébus avec les dames, j. j. rouss. Confess. v. || 14° Fig. Reprendre les choses de plus loin, de plus haut. Pour ne point remonter trop haut, fixons-nous à la renaissance des lettres, d'alemb. Disc, prélim. encyelop. Œuv. t. i, p. 248, dans pouGENS. Sans remonter bien loin, le roi François premier Fut un généreux prince, un noble chevalier, m. j. chén. Charles II, 11, 4.|| Familièrement, remonter au déluge, à la création, reprendre les choses de trop loin dans un récit. || 15° S'étendre vers le haut. Au delà, le plumage est blanc, et le blanc remonte jusque sous le bec, buff. Ois. t. VIII, p. 366. Il 16° Se dit d'une couleur qui prend une teinte plus forte. Remonter au rouge. || Remonter, V. n. Se conjugue avec l'auxiliaire avoir, quand on exprime une action : la rente a remonté hier ; avec l'auxiliaire être, quand on exprime un état : la rente est remontée. || 17° V. a. Monter de nouveau, gravir de nouveau. Remonter un escalier. Remonter une côte. || Remonter le cours d'un fleuve, ou, simplement, remonter un fleuve, naviguer contre son cours. De là nous remontons le Nil jusqu'à Memphis, FÉN. Tél. II. Les Indiens allaient en Perse s'embarquer sur la mer d'Hyrcanie, remontaient le Rha qui est le Volga, allaient jusqu'à la grande Permie par la Kama, et de là pouvaient aller s'embarquer sur la mer du Nord ou sur la Baltique, volt. Russie, i, 4 . Si Annibal a remonté l'Are en traversant les Alpes, comme le croyait M. Abauzit, Saussure, Voy. Alpes, t. V, p. 87, dans pougens. Les Espagnols... perdirent devuerorénoque; ce ne fut qu'en i635 qu'ils entreprirent de le remonter, haynal, Hist. phil. vu, 4 8. Il Remonter un fleuve, une rivière, signifie aussi côtoyer un fleuve, une rivière, en allant vers leur source. Il 'Terme de marine. Remonter la côte, ou, simplement, remonter, naviguer vers la partie de la côte d'où viennent les vents et les courants. || 18° Reporter à l'endroit d'où la personne, la chose était descendue. Aussitôt dans le chœur la machine emportée Est sur le banc du chantre àgrand bruit remontée, boil. Lutr. III. On le lie, on le remonte dans la voiture, VOLT. l'Ingénu, 9. || Elever en l'air avec des machines. Il Terme de construction. Élever un mur, un plancher plus haut qu'ils n'étaient. || Terme de fauconnerie.Remonter l'oiseau, lelâcher du hautd'un coteau. Il 19° Remonter un cavalier, lui donner une nouvelle monture. Remonter une compagnie de cavalerie, donner des chevaux à une compagnie de cavalerie qui était démontée. || Remonter une écurie, acheter de nouveaux chevaux. || 20° Equiper, pourvoir, munir de nouveau des choses nécessaires. Remonter une ferme. Remonter une fabrique, une imprimerie. Il Remonter un laboureur, l'équiper de nouveau. || Remonter un magasin de marchandises, une maison de meubles, une bibliothèque de bons
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livres, les en regarnir. || Remonter la garde-robe de quelqu'un , le pourvoir des effets d'habillement. Elle me reçut comme si j'avais rapporté des trésors, remonta peu à peu ma petite garde-robe, ;. I. Rouss. Confess, v. || Familièrement. Remonter les finances de quelqu'un, le mettre dans un meilleur état de fortune. Le produit de la lettre à d'Alembert et de la Nouvelle Héloïse avait un peu remonté mes finances, j. j. rodss. Confett. x. Il 21* Raccommoder, remettre à neuf. Remonter des bottes, ce qui se fait en renouvelant les pieds (empeignes et semelles), par opposition au ressemelage, qui ne change que la semelle. || Remonter un fusil, des pistolets, y mettre un bois neuf. Il Remonter un violon, une basse, les garnir de cordes neuves. || Fig. Quand l'Amour.... Vient remonter ce luth fragile Que Thémis a voulu briser, BÉR. Conseils de Lise. \\ 22° Replacer dans l'état où elles étaient auparavant les parties d'une machine, d'une pièce de menuiserie , de charpente qu'on a démontées. Remonter une armoire. || Terme de marine. Remonter le gouvernail d'un bâtiment, le remettre en place. || 23* Remonter une montre, une pendule, un tourne-broche, les remettre en état d'aller. || On dit de môme : remonter un ressort. [Dans les monarchies héréditaires] le peuple doit regarder comme un avantage de trouver son souverain tout fait, et de n'avoir pas, pour ainsi parler, à remonter un si grand ressort, boss. 5* avert. 66. La monarchie avait son allure par des ressorts qu'il fallait toujours remonter, montesq. Esp. xxx, 4. Il ne faut plus qu'un certain nombre d'années pour voir toutes les planètes tomber successivement dans le soleil; c'est ce qui afait dire à Newton que le monde ne subsistera qu'autant que Dieuremonteracettcimmense machine, condil. Art. de rais, m, B. || Fig. Si la bourgeoisie de Genève savait remonter ses principes, épurer ses goûts.... j. J. bouss. Lett. d Moultou, 4 8 fév. 4 766. || 24° Remonter une pièce, se dit d'un directeur de théâtre qui remet une pièce ea état d'être jouée. || 2&° Remettre une parure dans sa monture. Mme de Raisel avait fait remonter une parure de diamants exprès pour la porter ce jour-là, RiccoBONi, Œuv. t. II, p. 23, dans pougens. Il 26° Mettre de meilleure heure, avancer. Mme de Chaulnes.... part à la pointe du jour... vous savez comme, en allant à Bourbon, j'eus plutôt fait de m'accommoder à ses manières que d'entreprendre de les corriger; ainsi je m'en vais remonter ma journée, sév. 4 2 avr. 4 689. Coulanges me mande que nos états sont remontés au premier août, id. 4" juillet 4686. Il 27° Ranimer, raviver. \ln petit verre les a tous réjouis et remontés. Il fallait songer que, si le voyage était difficile.... on aurait besoin souvent de ranimer son courage, et comme de remonter son premier désir, BOss. Et. d'orais. i, 24. || Remonter le courage, l'imagination de quelqu'un, relever son courage, son imagination qui était abattue. || Remonter la tête de quelqu'un, le ramener à la raison, le guérir de fausses alarmes. || 28° Terme de fauconnerie. Engraisser un oiseau de proie. || 29° Remonter un vin, le couper soit avec un vin plus alcoolique, soit avec de l'eau-de-vie. || 30° Se remonter, v. réfl. Se donner une nouvelle monture. || 31° Se fournir de nouveau de choses nécessaires. || 32° Fig. Reprendre des force». Ceux qui gouvernent, ayant une puissance qui se remonte, pour ainsi dire, et se retait tous les jours.... montesq. Esp. xix, 27. Quand même notre littérature se remonterait, je doute qu'elle puisse de longtemps produire un homme aussi rare [Voltaire], et qui réunisse tant de talents à un si haut degré, d'alemb. Lett. au roi de Pr. 4 9 sept. 4779. Il Se ranimer, se raviver. Les hommes dans ces moments reprennent les forces nécessaires à leur malheureuse situation, et se remontent pour souffrir, font. Bonh. Œuv. t. m, p. 246, dans pougens. — HIST. xu* s. Nis [même] dous feiz [deux fois] descendirent jus des palefeiz cras, E dous feis reniunterent, que tuit dient : c'est gas [plaisanterie], Th. lemart. 4 4 4. Si remonta sour mer atout la roine, et s'en revint en France, Chr. de Rains, p. 7. Et ce qu'on dist que héritages ne remonte pas, beauh. XIV, 22. Il XIV* s. Pas ne doit trop chanter chieus [celui] qui à cheval va ; Ne trop pleurer aussi li homs qu'à piet sera; Car quant il plaist à Dieu, tantost remonté l'a. Et chieus qui trop haut chante, quant Diex volt, plourera, Baud. de Seb. ix, 9i4. Li cuers li remonte ens ou ventre, D'ire enflâmes ou tournoi rentre, j. decondé, t. ir, p. 25. || xvr s. Les propres ne remontent point, mais retour n. un aux plus prochains parens du coslé dont ils sont venus au défunt, loysel, 332. Le connestabie, porte iiar terre et remonté par Oraison.... D'AiiB. Hist. i, 467.
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Estant remonté d'un cheval frais, id. 16. 11, 394. Par ta ligature appellée des femmes nombrillere, elles sont soulagées de la pesanteur, le faix estant retroussé, l'enfant est contraint remonter plus haut,
PABÉ, XII, 6.
— ÊTYM. Re..., et monter.
t REMONI'OIR (re-mon-toir), s. m. Carré qui, à l'aide dune clef, sert à remonter une pièce d'horlogerie. Il Ressort qui fait marcher la pièce pendant qu'on la remonte. || Montre à remontoir, celle qui se remonte par le centre du cadran, au moyen de deux roues qui sont dans la cadraiure, et qui composent le remontoir. || Mécanisme destiné à donner une égalité parfaite aux horloges. Remontoir d'égalité d'un chronomètre.
— ÊTYM. Remonter.
REMONTRANCE (re-mon-tran-s'), ». f. || 1» Représentations que l'on fait à quelqu'un sur une aclion en particulier ou sur ses actions en général. Vous savez bien que vous me permettez les disputes, et que vous ne me défendez que les remontrances, MOL. Festin, m, t. Les remontrances pleines d'aigreur et de murmure sont un commencement de sédition qui ne doitpas être souffert; ainsi les Israélites murmuraient contre Moïse, et ne lui ont jamais fait une remontrance tranquille, boss. Polit. VI, II, 6. J'ai beau vous arrêter, ma remontrance est vaine; Allez, partez, mes vers, dernier fruit de ma veine, boil. Épttre x. Varron, malgré les remontrances lie son collègue, engagea la bataille près du petit village de Cannes, rollin, Traité des Et. m, t. Le roi [Louis XI] fut extrêmement offensé des remontrances du duc d'Orléans, duclos, Œuv. t. 11, p. 21 8. Il 2" Avertissement qu'un père donne à son enfant, un supérieur à son inférieur, pour l'engager à se coniger. M. leTellier fut rhoisi [lors d'une rébellion] pour chercher ces difficiles tempéraments de menace qui étonne, et de remontrance qui corrige, fléch. le Tillier. Ce sage vieillard, reconnaissant bientôt la désolation du jeune homme, changea ses graves remontraiices en des paroles de tendresse pour adoucir son désespoir, fén Tél. xvi. Dans l'enfance, la contrainte, les remontrances et même les châtiments ne sont que de petits chagrins, buff. Natur. des anim. 113" Au plur. Anciennement, discours adressés au roi par les parlements, dans lesquels ils protestaient contre un édit, une loi, etc. Ces remontrances où, mêlant le respect que doit un sujet à son souverain avec cette confiance que doit avoir un magistrat qui porte la parole de la justice devant le roi du monde le plus juste.... flECH. Lamoignon. Les premières remontrances que fit jamais le parlement furent adressées à Louis XI, sur cette fameuse pragmatique promulguée par Charles Vil, et par le clergé de France assemblé à Bourges, volt. Hisl. pari. xi. 11 [le parlement] en fil [des remontrances] pour la grille d'argent de Saint-Martin, que François I" acheta des chanoines et dont il devait payer l'intérêt et le principal sur les domaines ; voilà la première remontrance pour affaire pécuniaire, id. Dict. phil. Parlement de France.
— HlST. XV' s. Et qu'il luy avoit fait plusieurs remonstrances pour le desmouvoir de l'amytié des Angloys, COMM. iv, 8. ||xvi* s. LucuUus.... l'emplo\ oit [un soldat] à quelque exploict hazardeux, par toutes les plus belles remontrances de quoy il se pouvojt adviser, mont. 11, 5.
— ÊTVM. Remontrant ; picard, remontrance, ostensoir.
RElttONTRANT (re-mon-tran), s. m. Celui qui remontre, qui fait des remontrances. Il [le duc de Bourgogne] était trop instruit pour ignorer que ce corps les états généraux].... n'est qu'un corps de plaignants, de remontrants, et, quand il plaît au roi de le lui permettre, un corps de proposants, ST-siM. 322, 226. {| Nom donné en Hollande aux sectateurs d'Armini us; ils étaient opposés aux gomaristes. Les esprits s'échauffèrent tellement de part et d'autre sous le nom de remontrants et contreremontrants, c'est-à-dire d'arminiens et de gomaristes, que les Provinces-Unies se voyaient à la veille d'une guerre civile, boss. Variât, xiv, 48. Nicolas Harisoeker naquit à Gonde en Hollande le 26 mars <656 de Christian Hurtsoeker, ministre remontrant, et d'Anne Van der My, fonten. Ilartsoehtr. REMONTRE, ÉE (re-mon-tré, trée), part, passé de remontrer. || 1° Montré de nouveau. Une image montrée 2t remontrée aux curieux. || 2° Dont on a fait représentation, reproche. Vos torts remontrés avec modération par votre ami.
REMONTRER (re-mon-tré), v. a. || 1» Montrer de nouveau. On a mal vu cet objet; remontrez-le. Il Terme de vénerie. Donner connaissance de la bête
qui est passée, j] 2° Enseigner de nouveau. Remontrez-lui tout, car il a tout oublié. |{ 3° Montrer à quelqu'un en quoi il pèche. Monsieur alla trouver la reine, pour lui remontrer les grands inconvénients que la continuation de cette conduite produirait infailliblement, RETZ, Uém. t. m, liv. iv, p. 34, danspouGENS. Avec quelle sainte ardeur parut-il dans le concile de Sens pour remontrer à Pierre Abailard les conséquences et les erreurs de sa conduite I fléch. Panég. 11, 70. Les députés de Berne vinrent remontrer à cet ambitieux [Charles le Téméraire], que tout leur pays ne valait pas les éperons de ses chevaliers, m. Moeurs, db. || Remontrer à quelqu'un le tort qu'il a, lui remontrer sa faute, lui remontrer son devoir, faire connaître à quelqu'un le tort qu'il a, la faute qu'il a commise, le devoir qu'il a à remplir. Nestor voulut lui remontrer le tort qu'il avait, fén. Tél. XVI. J'écris à Gabriel Cramer [libraire], et je lui remontre son devoir; il aurait dû commencer par envoyer des exemplaires à l'Académie, volt. Lett. d'Alemb. *t déc. (764. || 4° F. n. Faire une remontrance. Voyez le bel oison qui remontre à sa tante, th. corn. Baron d'Albikrac, iv, 3. J'ai pris la liberté de vous faire des remontrances sur votre entreprise; mais, après avoir remontré, il faut obéir, volt. Blanc et noir. \\ En parlant du parlement, faire des remontrances. Le parlement voulut remontrer; on mit en prison un conseiller, on en exila quelques autres; le parlement se lut, volt. Louis XIV, B. Il B° Se montrer plus instruit sur, faire leçon. Il n'est vilain qui n'en ait fait son apprentissage [des armes], et qui là-dessus n'en remontre aux descendants de Duguesclin, p. l. cour. Lett. x. Il Proverbe. C'est Gros-Jean qui remontre à son curé, se dit de celui qui veut enseigner un plus savant que lui. Je suis Gros-Jean qui remontre à son curé : j'aime bien mieux lui demander sa bénédiction, VOLT. Lett. M. de Vaines, 30 mars (776. || 6° Terme de vénerie. Les chiens remontrent quand ils se rabattent de voies trop vieilles. || Un limier en remontre, quand il fait connaître qu'il trouve une voie, Alm. du chass. \\ 7° Se remontrer, v. réfl. Se faire voir de nouveau. On lui avait dit la première fois, que le marquis ne serait de retour que dans trois semaines ou un mois, et sans doute elle attendait que ce temps-là fiit passé pour se remontrer, MARIVAUX, Ifarianne, part. <i. || Reparaître, être vu de nouveau. Apollon.... Défendit qu'un vers faible y pût jamais entrer [dans le sonnet], Ni qu'un mot déjà mis osât s'y remontrer, boil. Art p. 11. La pièce, après quelques représentations, disparut du théâtre pour ne s'y remontrer jamais, d'alemb. Éloges, Genest, noie 2.
— IilST. xv s. [Messire Louis d'Espagne avoit les neuf plus beaux vaisseaux de la flotte] et entre ces neuf avoit trois galles qui se remontroient dessus tous les autres, froiss. i, i, 4 95. [Le connétable de France aux assiégés de Bergerac] leur Ht remontrer comment il tenoit tous leurs capitaines, par lesquels confort leur pouvoit estre venu, id. ii, II, 7. Pour remonstrer au roy le mauvais ordre et injustice qu'il faisoit en son royaulme, comm. i, 2. Il XVI* s. Sur quoy il me remontra que j'avois mal faict, MONT. I, 4B). Il remontra l'obligation que la nation luy avoit, id. ii, ss. Puis, ayant lavé son chef. De rechef [le soleil] Remonstre sa face claire,
— ÉTYM. Re..., et montrer; Berry, rebontrer; wallon, rimostré.
t REMONTRECR (re-mon-treur), s. m. Celui qui fait des remontrances. Je vous suis fort obligé de ce que vous me dispensez de vous en faire d'autres [remontrances] à l'avenir; c'est là tout à fait mon compte; je n'ai nullement le caractère de Bastienle remontreur; c'est un quolibet, la font. Lett. xxvi.
t REMOQUER (re-mo-ké), 1). a. Moquer de nouveau. Il Se remoquer, v. réfl. Se moquer de nouveau.
— HlST. xvi» s. [Hercule] Qui tua l'ourque, et qui par plusieurs fois Se remoqua des feintes d'A-
Chelois, BONS. 4 4 8.
RÉMORA (ré-mo-ra), s. m. || 1° Genre de poisson nommé maintenant écliénéide. || Petit poisson dit vulgairement sucet, auquel les anciens attribuaient le pouvoir d'arrêter les vaisseaux, jj 2° Fig. et familièrement. Obstacle, retardement. L'or est comme une femme : on n'y saurait toucher. Que le cœur, par amour, ne s'y laisse attacher ; L'un et l'autre en ce temps, sitôt qu'on les manie, Sont deux grands rémoras pour la philosophie, regnard, le Joueur, IV, (3. Cela me détermina à presser M. et Mme la duchesse d'Orléans de faire finir ces longueurs ; la dame d'atours [à nommer] était toujours le rémora, ST-sm. 274, 2û». Il 8° Nom de deu.\ instru-
ments de chirurgie maintenant hors d'usage, destU
nés à assujettir une partie.
— niST. xvi* s. Il y a un petit malautru poisson, nommé d'aucuns echeneis, d'autres rémora, qui.... PARÉ, Monstres, app. 4 . La remore fichant son debile museau Contre le moilte bord du tempesté vaisseau L'arreste tout d'un coup au milieu d'une flotte, DU BARTAS, la Semaine.
— ÉTYM. Lat. rémora, retard, de re..., et moro. retard, demeure (voy. mup.ule).
REMORDRE (re-mor-dr'), v. a. Il se conjugue comme mordre. || 1* Mordre de nouveau. Son chien l'a mordu et remordu. || 2° Fig. Causer des remords. Sa faute le remord; Mégère le regarde, malh. ii, 4 2. Notre conscience qui nous remord, le p. sivon MARS , Myst. du roy. de Dieu, p. 6I8, dans pougens. Il 3° Y. n. Mordre île nouveau. Ce fruit est si âpre que, quand on y a mordu, on n'y veut plus remordre. Il Fig. Remordre à l'hameçon, se laisser reprendre au piège dont on s'était échappé. || 4» Attaquer de nouveau, en parlant des chiens. Ce chien a été si maltraité, qu'il ne veut plus remordre. || Il se dit aussi de troupes qui ne veulent plus retourner à une attaque après avoir été repoussées. || Fig. et familièrement. Il n'y veut plus reinordre, il a bien de la peine à y remordre, se dit d'un homme rebuté d'une entreprise, d'une étude, et qui y renonce. Il B' Causer du remords (emploi vieilli). Il y a des consciences si tendres, ou pluiôt si importunes, qu'elles crient et qu'elles remontent sans ce.sse, LE P. SIMON MARS, Myst. du roy. de Dieu, p. m.
— HlST. xil" s. Ta conscience ne te remorderad, ne tu n'en plurras [pleureras], Rnis, p. 4 00. || xiii' s. Tout ensemlile dire ne puis; Mes tout vous conleré par ordre, Que l'en n'i sache que remordre, la Rose, 704. Et se gens encontre moi groucent. Et se troblent et se courroucent, Qui sentent que je les remorde Par ce chapitre.... ib. 4B417. || xiv s. Je ne me suis pas confessé, quand ma conscience me remordoit, Mf'^agier, l, 3. || xvi« s. Fort suis dolent, et regret me remord, mabot, ii, 326. Ils [des charlatans] le» font mordre [les aspics] dedans de gios morceaux de chair, à fin de tirer leur venin... puis ils leur font remordre sur l'heure quelque comi^osition, qui leur estouppe les conduits par lesquels le venin a de coustume de sortir, paré, xxiii, ao. [Pays où les femmes], si un poiiil les mord, sont tenues par debvoir de magnanimité de le remordre
— ÉTYM. Provenç. remordre; catal. remordir; espagn. remorder; ital. remordere; du latin remordere, de re..., et mordere (voy. mordre).
REMORDS (re-mor; l's ni le d ne se lient: un remor éternel), s. m. Reproche que le coupable reçoit de sa conscience. Un vertueux remords n'a point touché mon âme ; Pour perdre mon rival, j'ai découvert sa trame, corn. Cinna, v, 3. D'effroyables remords, mégères éternelles. Invisibles bourreaux des âmes criminelles, rotr. Antig. v, 5. Quand le moment viendra d'aller trouver les morts. J'aurai vécu sans soins, et mourrai sans remords, la font. Fabl. XI, 4. Vous savez comme je hais les remords; ce m'eût été un dragon perpétuel, que de n'avoir point rendu les derniers devoirs à ma pauvre tar te, SËV. 4 49. siècle vainement subtil, où l'on veut pécher avec raison.... où tant d'âmes insensées.... ne font d'effort contre elles-mêmes que pour vaincre, au lieu de leurs passions, les remords de leur conscience, boss. Anne de Gonz. Le remords de conscience que nous sentons après le péché est une grâce intérieure, bourdal. 9* dim. après la Pentecôte, Dominic. t. m, p. 442. L'un [le juge méchant] pèche avec connaissance, et il est inexcusable ; l'autre [le juge ignorant] pèche sans remords, et il est plus incorrigible, fléch. Lamoignon. Tes remords te suivront comme autant do furies, RAC. Brit. v, 6. La peur d'un vain remords trouble cette grande âme : Elle flotte, elle hésite ; en un mot, elle est femme, m. Ath. m, 3. On n'est plus ingénieux que pour se tromper et pour étouflér ses remords, fén. Tél. vu. Le remords qui, dans le langage de l'Écriture, est appelé le ver de la conscience, n'est proprement qu'une honte portée à l'excès, BOùLAiNviLLiERS, Réfut. de Spinoza, p. 309. Secrets persécuteurs des cœurs nés vertueux, Remords, qu'exigez-vousî crébillon, Atrée et Th. iv, 4 . Qu'on appelle la raison et les remords comme on voudra, ils existent, et ils sont le fondement de la loi naturelle, volt. Loi nat. préface. (Au théâtre] J'ai cru m'apercevoir que les remords et la religion faisaient toujours un très-grand effet sur le public, ID. Lett. Mme de Fontaine, 4 janv. 4761. Le remords s'endort durant un destin prospère et s'aigrit dan*
REM
REM
l'adversité, ». J. rouss. Confett. li. Il connut qu'un seul remords suffit pour empoisonner la félicité la plus pure, OENUs, VHU. du chdt. t. ii, p. 87, dans puiGiNS. Même avant le forfait on connaît le remords, u. J. CHÉN. Ch. IX, IV, ). Le remords quelquefois fait mieux que la vertu, deulle, PU. n. Il En vers, on peut au singulier supprimer Vs. Oui, je veux.... laisser, à ma mort. Dans ton cœur qui m'aima le poignard du remord, volt. Tancr. iv, 7. Tous à leur infortune ajoutant le remord, Sépares par l'effroi, sont rejoints par la mort, delille, Pitié, m. Souvenirs expirants, regrets, dégoûts, remord; Si du moins ces débris nous attestaient sa mort [lie la pnssion] I lamart. iléd. i, <8.
— ÈTY.M. REMORDS, REPENTIR. Le remords est plus fort et s'adresse aux grosses offenses contre la morale. Le repentir est moins spécial ; il s'applique aussi bien aux fautes qui blessent l'utilité qu'aux fautes qui blessent la morale.
— HIST. xiir s. Jusqu'au remors de consciance, RUTEB. 82. Il XIV' S. Et Se tu dis : lasl je suis mors; Car ]'ay plus de mille remors Et plus de cent mille pensées Diversement entremêlées, machaut, p. 98. Il XVI' s. Quand le duo de Glocestre vit le convenent de ces gens asvemblés contre lui, si lui vint un remords de conscience, froiss. ii, m, "9. || xvi* s. Mon ame, de sa complexion, refuyt la menlerie, et naît mesme à la penser ;.j'ai une interne vergnngne et un remords picquant, si parfois elle m'eschappe, mont, m, 52.
— ËTVM. Lat. remorsum, supin de remordere (voy. REMORORE); le d est, comme on voit, le résultat d'une orthographe faussement savante. 11 y avait dnns l'iiiicienne langue un autre remors, ou mieux remorl, qui signifiait souvenir et qui se rattrcliait à remémorer : Encor en sont biel Ii remort Ides croisades] Et Ii fait plaisant à reprendre, Baudouin ME condE, t. I, p. 7.
RKMORDU, CE (re-mor-du, duel, part, passé de •eniordre. Hemordu par le chien furieux.
nP.MOKE (rè-uio-r'), s. f. Le même que rémora (voy. ce mut), qui est plus usité. [La paresse] C'est la rémorp qui force d'ar'^ler les plus grands vaisseaux, LA roi;hefouc. Pensées, 98. Ces petites rémores qui aiféieiit tout court les plus grands vaisseaux en haiiie mer, lors même qu'ils vont à pleines voiles, PELMSsoN, llist. de l'Acad. m.
t RKSIOKQUAf.E (re-mor-ka-j'}, *. m. Opération de traînera la remorque.
RE.MOKQCE (re-mor-k'), t. f. || 1' Terme de marine. Action de remorquer. Prentlre à la remorque. Il Se mettre à la remorque, se faire remorquer. Il Fig. Se mettre à la remorque, se laisser diriger, céder aux directions d'un chef, d'un parti. || 2° Cable de remorque, ou, simplement, remorque, corde tendue dun navire à un autre, à l'aide de laquelle ce dernier est traîné par celui qui lui donne le cap ou la remorque. Donner la remorque. Prendreja remorque.
— ÊTYM. Voy. remobouer; espagn. remolque; ilal. rimnrchio.
REMORQUÉ, ÉE {re-mor ké, kée), part, passé de remorquer. Remorqué par un bâtiment à vapeur.
REMOlîQUEll (re-mor-ké), je remorquais, nous remorquions, vous remorquiez ; que je remorque, que nous remorquions, que vous remorquiez, v. a. il 1" Terme de marine. Il se dit d'un bâtiment qui en traîne un autre derrière soi. Quelques officiers de marine et M. de Chazelles avec eux imaginèrent qu'on pourrait avoir des galères sur l'Océan, qu'elles y serviraient à remorquer les vaisseaux quand le vpnl leur serait contraire ou leur manquerait»... FONTEN. Chazelles. X six heures nous sortîmes de la baie en nous faisant remorquer par nos bâtiments à rames, bougainville, roy. 1. 1, p. 284, dans pou- GENS. Il 2" Tirer des voitures sur un chemin de fer.
— REM. (In a dit remorguerrJe les voi [les Dunkerquois] dessus nos bords Exposer tous les trésors Que l'Ibère aux Indes pille, Et remorguer les grands corps Des galions de Séville, j. fr. sarazin (1663), dans JAL.
— HIST. XVI* s. Nostre nauf est elle encarée ? vertus Dieu, comment la remolquerons nous? rab. Pant. IV, 21. Hemenant toutes les galères athenienes richement parées, et en faisant remorquer après luy plusieurs autres captives, amyot. Aie. 64.
— ÉTYM. Espagn. remoicar; ital. rimorchiare ; du lat. remulcare, qui vient du grec fufioviXxsïv, de fij[i«, corde, et D.xnv, tirer.
REMORQUEUR (re-mor-keur), s. m. || 1° Terme de marine. Bâtiment qui remorque. || Adj. Bateau remorqueur. La frégate remorqueuse. || 2° Marin qui monte les bateaux remorqueurs. |1 3° Remorqueur de bateaux et de trains de bois, manœuvre qui re-
morque les bateaux, les trains de bois. || i* 5. f. Sur les chemins de fer, une remorqueuse, voiture chargée d'une machine à vapeur, pour traîner après elle un convoi de voyageurs ou de nlarchandises.
— CTYM. Remorquer.
t REMORS (re-mor) ou RtîMORS DU DIABLE, *, m. Nom vulgaire d'une srabieuse dite aussi mors du diable {scabiosa succisa, L.).
— ETYM. Lat. remorstis, coupé, écourté par une morsure, de remordere, remordre.
RÉMOTIS (A) (a-ré-mo-tis'), loc. adv. peu usitée. X l'écart. Sans mettre à rémotis une somme importante, boursallt, Leit. nouv. t. m, p. 406, dans pouoENS. Combien, dites-moi, je vous prie, Ont quantité d'argenterie, De bons écus, de bons louis, Beaux bijoux et femme jolie. Qui sont toujours à rémotis! pannard, Œuv. t. m, p. 381.
— ÊTYM. Lat. a, de, et rémotis, ablatif pluriel de remotus, éloigné (de removere, de re, et movere, mouvoir) : qui est des clioses éloignées.
t REMOUCHER (re-mouché), v. a. Moucher de nouveau, ij Kig. et populairement. Remettre à sa place quelqu'un qui se méconnaît. || Se remouclier, V. ré/î. Se moucher de nouveau. Tu ne t'es pas bien mouché, remouche-toi.
— HIST. xvi' s. Remoucher, nicot.
REMOUDRE (re-mou-dr'), v. a. II se conjugue
comme moudre. Moudre de nouveau.
RËMODDRE (ré-mou-dr'J, «. o. II se conjugue comme émoudre. Ëmoudre de nouveau.
— ÊTYM. Re... et émoudre.
t REMOUILLER (re-mou-Ué, U mouillées), v. o. Il 1° Mouiller de nouveau. U faut remouiller ce linge II 2' Renouveler le levain. || 3" Terme de marine. Mouiller de nouveau une ancre que l'on a relevée, il 4° F. n. Mouiller de nouveau au lieu où l'on avait mouillé auparavant. X peine eûmes-nous levé l'ancre, qu'un vent contraire nous força à remouiller dans le port.
— HIST. XVI* s. II faut laisser dessus un linge en double trempé, lequel sera renouvelle et remouillé souvent, paré, xxiv, 28.
t REMOniI.LURE (re-mou-llu-r', U mouillées), s. f. Renouvellement des levains, dans une boulangerie.
RÉMOULADE (ré-mou-la-d'), s. f. Voy. hémolade.
t REMOULAGE (re-mou-la-j'), s. m. Issue de la mouture du gruau.
— ÊTYM. Remoudre.
t REMOULER (re-mou-lé), v. a. Mouler de nouveau. Il Fig. 11 [Thiriot] a un peu une âme de cire; mais le cachet de l'amitié y est si bien gravé, que je ne crains rien des autres impressions, et d'ailleurs vous le remouleriez , volt. Lett. Ilelvétius, (9 févr. 1739.
RÉMOULEUR (ré-mou-leur), s. m. Ouvrier ambulant dit aussi gagne-petit, qui va dans les rues, dans les villages, aiguiser les couteaux, les ciseaux, etc. Ils [les anciens] ont connu le grès de remouleurs, et ils en faisaient les meules à aiguiser, MoNGEZ, Instit. Mém. hist. et lilt. anc. t. m, p. 469.
— ÊTYM. Rémoudre; wallon, rimoleu; picard, rameuleux ; génev. molière.
t REMOULIN (re-mou-lin), s. m. Nom qu'on donnait autrefois à l'étoile ou marque blanche, qui se voit souvent au front du cheval, et qu'on nomme aujourd'hui la pelote.
— ÉTYM. Esp. remolino, trouble, tourbillon, entortillement de cheveux, de re..., et molino, moulin (voy. ce mot).
REMOULU, UE (re-mou-lu, lue), part, passé de remouilre. Le grain remoulu à un moulin plus fort.
RÉMOULU, UE (ré-mou-lu, lue), part, passé de rémoudre. Une lame rémoulue. Un couteaUj frais rémoulu.
f REMOURIR (re-mou-rir), v. n. Il se conjugue comme mourir. Mourir une seconde fois. Nicéphore assure que deux évêques, Chrysanthe et Misonius, morts pendant les premières sessions [d'un concile], ressuscitèrent pour signer la condamnation d'Arius, et remoururent incontinent après, VOLT. Dict. phil. Conciles, ii. Renaître sans se voir et sans se reconnaître. Ce serait remourir, Seigneur, et non renaître, lamart. Joc. v, 202. || Fig. Ci-dessous gît Baour, le Tasse de Toulouse.... Qui mourut in-quarto, qui remourut in-douze, andrieux, Épigr. contre Baour de Lormian, traducteur en vers de la Jérusalem délivrée.
— HIST. XVI' s. Je tiens tout, je n'ay rien, je veux et .si ne puis. Je revy, je reineurs, ma playe est incurable, rons. 173. Villes et forts et royaumes périssent Par le temps tout exprès Pour donner place
aux nouveaux qui fleurissent, Qui remourront après,
REMOUS (re-mou) , t. m. || 1* Terme de mirine. Retour sur elle-même que l'eau, déplacée par le navire pendant sa marche, fait en arrière du gouvernail. Il 2° Reroulement de l'eau qui se t<iise contre un obstacle, contre un corps solide ,uel« conque. Mon canot était resté sur le rivage; un morceau de glace qui tomba dans l'eau à plus de quatre cents toises de distance occasionna sur le bord de la mer un tel remous, qu'il en fut renversé et jeté assez loin sur le bord du glacier, iapkhouse, Voy. t. II, p. 160, danspouGENS. || 3° Conlre-C''ur;int formé à chaque bord d'une rivière par les poriions du liquide qui se dirigent vers la source après avoir frappé la rive. Dans les grands fleuves, il y a le long des bords un remous considérable, et d'autant plus considérable qu'on est moins éloigné de la mer, et que le lit du fleuve est plus laiye, bufk. Ilist. nat. preuv. thi'or. terre, Œuv. t. 11, p. «». II 4° Il se dit d'un mouvement analogue, en parl.mt des fluides aériformes. Ceux Iles vents] que nous ressentons ne sont que les remous d' nt l'origine n'est souvent rien moins qu'éloignée, ramond, [nslit. Mém. scienc. )806, 2* sem. p. i7.
— ÉTYM. On a fait venir remous du lat removere; mais il ne paraît pas possible de sépan-r romans de remole (voy. ce mot), qui conduit à reviomlre; le mouvement de l'eau étant comparé à l'action d'une meule nu d'un moi'Un; l'espagnol y conduit aussi qui dit remolino pour tourbillon. Par la même analogie, sur la Mer de glace à Chamouni», on donne le nom de vioulins à des trous où l'eau s'engouffre en tournoyant. L'ancien français avait remous ou remours qui signifiait querelle, dispute, et dont l'étymologie n'est pas apparente.
t REMPAILLAGE (ran-pa-lla-j', il mouillées), f. m. Travail du rempailleur de chaises.
REMPAILLÉ, ÉE (ran-pa-llé, liée , Il mouillées), part, passé de rempaille . Chaises rempaillées.
REMPAILLER (ran pS-llé, U mouillées, et non ran-pa-yé), t). o. Empailler de nouveau. || Garnir d'une nouvelle paille.
— ■ ETYM. Re..., en, m paille; génev. repailler.
REMPAILLEUR, EUSE (ran-pà-lleur, lleu-z', Il mouillées, et non ran-pa-yeur), j. m. et ^. Celui, celle qui regarnit de paille les chaises, les fauteuils, les tabourets, etc.
— ETYM. Rempailler ; génev. repailleuse.
t REMPAQUEMENT ( ran-pa-ke-man) , s. m. Terme de pêclie. Action de paquer le hareng.
t RE.MPAQUER (ran-pa-ké), v. a. ferme de pêche. Faire le rempaquement.
REMPARÉ, ÉE (ran-pa-ré, rée), port, passé de remparer. Un certain coin remparé de fumier, la FONT. Belph. Chilping disait à Thierry qui voulait détruire Clermont : les murs de cette cité sont trèsforts et remparés de boulevards inexpugnables, CHATEAUBR. Voy. à Clermont. L'Italie remparée des Alpes, ID Mém. t. VI, p. t6.
t REMPAREME\T (ran-pa-reman), s. m. Action de remparer; résultat de cette action. [Ils] Font voir en un moment des torches attachées À ces remparements qui bordent les tranchées, b. ébeuf, Phar . m.
— HIST. XVI* s. Use reposoitsur les dits remparemens, aiuyot, Caton, 26.
— ÉTYM. fiemparer.
REMPARER (SE) (ran-pa-ré), v. réfl. || 1* S'emparer de nouveau. || 2° Établir un rempart, une défense pour se garantir de quelque attaque. Le régiment surpris se rempara dans la ville et se défendit dans les rues. || Par extension. Qu'il n'y avait remcde que d'entrer Au corps des gens, et de s'y remparer. D'y tenir bon.... la font. Belph. Il Fig. Voyez comme ils se remparent d'une sévérité affreuse et inaccessible, balz. De la cour, 8' dise. Il 3° Y. a. Couvrir d'un rempart (l'actif n'est pas dans l'Académie). Aux grandes commodités que ceux du dehors avaient d'entreprendre, ceux du dedans opposaient tant d'assiduité à remparer les brèches..., malh. le xxxiu* livre de T. Live, ch. 17.
— HIST. XV* s. Si fut capitaine [du chatel de Bervich] Jean Bisset, un moult vaillant escuyer, lequel le fit remparer de tous points, froiss. ii, ii, 15. Et que ce qu'ilz avoient remparé aux portes estoit jà abatu, coMM. 11, < 3. || xvi* s. Et là se remparoyt luj et ses gens, rab. Carg. i, 28. Le venin, trouvant place vuide, se r'empare [s'empare de nouveau] des parties nobles, paré, xxiv, 7. 11 avoit occupé les pas et destroits des montagnes, et les avoit remparez tant de son armée qui estoit campée au lied de la montagne, que de murailles, amvot, Cat. 26. De» chariots remparez de faulx. id. Démétr. 6». Les As-
REM
«yriens.... ne logeoient jamais en camp qui ne feust fossoyé et remparé, mont, i, 365.
— ÊTYM. 7?e..., et emparer.
REMPART (ran-par , le « ne se prononce pas et ne se lie pas : un ran-par élevé; au pluriel, l's ne se lie pas : des ran-par élevés ; cependant quelques-uns la lient : des ranpar-z élevés), s. m. {| 1° Anciennement, muraille en maçonnprie pleine, servant à entourer et à protéger une ville ou un château. Abattre, élever des remparts. Il dompta les mutins [les Juifs de Jérusalem].... Et laissa leurs remparts cachés sous leurs ruines, rac. Bérén. i, 4. || Fig. Ecoutez l'apôtre saint Paul : il faut renverser les remparts des mauvaises habitudes ; il faut détruire les conseils profonds d'une malice invétérée, noss. Bourgoing. Et s?s ruses [de la chicane], perçant et digues et remparts , Par cent brèches déjà rentrent de toutes parts, boil. Lutr. v. Sous le brillant rempart d'une forte cuirasse, lamotte, dans desfontaines. Il 2" De nos jours, enceinte rasante garnie de Lastions et de courtines, couronnée d'un parapet, garnie d'artillerie, entourée d'un fossé et percée de portes et de poternes. ||3° II se dit de quartiers d'une ville qui sont situés près des remparts ou qui en occupent la place. J'aurai, vers le rempart, quelque réduit commode Oùje régalerai les beautés à la mode, regnard, Hénechmes, iv, 2. || Fig. Mettre une femme sur le rempart, la rendre galante (les promenades sur le rempart étant un lieu de rendez-vous; locution vieillie). Vraiment, si je voulafs mettre une fille sur le rempart, je ne lui souhaiterais qu'une mère et un confesseur comme elle en a, sÉv. 25 mai 1680. 114"" Les remparts, la ville, la cité, en poésie. Quand verraije, Ô Sion, relever tes remparts Et de tes tours les magnifiques faites? rac. Esth. i, 2. Il est par un décret chassé de nos remparts, volt. Tancr. i, 4. Il S" Fig. Ce qui sert de défense. Mon nom sert de rempart à toute la Castille, corn. Cid, i, 6. Faitesvous un rempart des fils contre la mère, id. Rodog. III, 2. Le voile n'est le rempart le plus sûr Contre l'amour, la font. Ifaxet. Je saurai lui faire un rempart de cette même vie qu'il a sauvée, mol. D. Juan, III, 6. Contre la médisance il n'est point de rempart, id. Tart. i, <. [La ligue des Achéens] c'était le dernier rempart de la liberté de la Grèce, Boss. Hist. I, 8. L'amour de la justice était comme né avec ce grave magistrat.... c'est aussi de cette heureuse naissance que sa modestie se fit un rempart contre les louanges qu'on donnait à son intégrité, ID. le Tellier. La fameuse journée du Raab, où Louis, par des exploits inouïs, devint le rempart de l'Autriche, dont il avait été la terreur, id. Mar.-Tliér. Cependant Athalie, un poignard à la main. Rit des faibles remparts de nos portes d'airain, HAC. Àth. v, (.Le rempart'le plus sûr d'un État est la justice, la modération, la bonne foi, fén. Tél. x. SchuUembourg, qui fut général des Vénitiens, et à qui la république a érigé une statue dans Corfou, pour avoir défendu contre les Turcs ce rempart de l'Italie, VOLT. Charles XII, 3. Les descendants des braves aventuriers qui avaient formé ces colonies lui paraissaient [à l'Espagne] un rempart contre lequel toutes forces britanniques devaient se briser, RAYNAL, Hist. phil. X, 16.
— lllST. XVI* s. Pyrrhus, ayant ja passé la trenchée et le rempart des chariots, s'efTorceoit d'entrer en la ville, amyot, Pyrrh. 67.
— ÉTYM. Remparer; le 1 est une faute ; il aurait fallu écrire rempar ; ital. riparo.
tREMPÊTRÉ, ÉE (ran-pê-tré, trée), part, passé de rempêtrer. L'oiseau rempêtré dans le filet.
I REUPÊTRER (ran-po-tré), v. a. Empêtrer de nouveau. || Se rempêtrer, v. réft. S'empêtrer de nouveau. Mme la duchesse, qui avait secoué son joug [de Mme de Maintenon] dès qu'elle avait pu, l'avait toujours négligée depuis, de peur de s'y rempêtrer, ST-SIM. 267, (02.
— HIST. XVI* 8. Toutes fois je ne voy par quel chemin je sorte. Tant la mort me rempestre au labyrinth d'amour, rons. f 98.
— ÉTYM. Re..., et empêtrer.
t REMPIÉTER (ran-pié-té. La syllabe pié prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette ' je rempiête, excepté au futur et au conditionnel : je rempiéterai) , v. a. Rempiéter un bas, refaire en tricotant ou au métier le pied d'un bas, en commençant un peu au-dessus du talon.
— ÉTYM. Re..., en, et pied,
t REMPIRER (ran-pi-ré), v. n. Empirer de nouveau. Monsieur le baron est fort rempiré depuis hier, hauteroche, Crispin médecin, ji, 6. || Il se conjugue avec avoir quand on veut exprimer l'action : le malade a rempiré Bubitement ; avec être.
REM
quand on veut exprimer l'état : le malade est rempiré depuis hier.
— HIST. XVI* s. Bienheureux soit mon tourment qui r'empirel rons. 43.
— RTYM. Re..., et empirer.
REMPLAÇANT, ANTE (ran-pla-san, san-t"),». m.
et f. Il 1° Personne qui en remplace une autre dans une fonction, dans une occupation. On lui trouva un remplaçant. La portière, obligée de s'absenter, a mis une remplaçante. || 2° Particulièrement, celui qui remplace un jeune homme dans le service militaire. Acheter un remplaçant. Le remplacé répondait pendant un an de son remplaçant.
REMPLACÉ, ÉE (ran-pla-sé, sée), part, passé de remplacer. Les voilà tous chassés [les valets], Et chez elle à l'instant par d'autres remplacés, boil. Sat. X. Il S. m. Celui qui a un remplaçant dans un des corps de l'armée. Le remplacé sera, pour le cas de désertion, responsable de son remplaçant pendant un an, à compter du jour de l'acte passé devant le préfet, Loi du 21 mars 1832. art. 23.
REMPLACEMENT (ran-pla-se-man), s. m. \\ 1° Action de remplacer une chose par une autre. || Terme de jardinage. Art de faire naître ou pousser une branche pour remplacer celle de l'année précédente. Branches de rempla«ement. || 2° En parlant des personnes, substitution dans un emploi, dans un service. Le remplacement d'un employé décédé. Les remplacements militaires. La Martinique pourrait espérer de porter ses cultures languissantes jusqu'où elles peuvent aller, si, outre les remplacements, elle recevait chaque année une augmentation de deux ou trois mille nègres, raynal, Hist. phil. xiii, 25. Il 3* Emploi utile des deniers provenant d'un immeuble, d'une rente qu'on a vendus et qu'on est obligé de remplacer.
— ÉTYM. Remplacer.
REMPLACER (ran-pla-sé. Le c prend une cédille devant o et 0 ; remplaçonsl, t). a. || 1° Tenir la place de. Nous perdons notre appui, mais vous le remplacez, VOLT. Tancr. iv, 1. Vous ne manquerez jamais d'amis.... mais les anciers amis sont les seuls qui tiennent au fond de noire être; les autres ne les remplacent qu'à moitié, \o. Leit. Mme du Deffant, 27 déc. 1758. Comme un dot disparait sous le flot qui le suit. Un être est remplacé par l'être qu'il produit, ST-LAMi). Sais. n. Ne sais-tu pas que, si l'on peut te suppléer, on ne saurait te remplacer? GENLis, Mères riv. t. i, p i3i, dans pougens. || Tenir lieu de. Rien ne remplixe la santé. Les hommes, qui ne peuvent remplacer nos pertes, ne peuvent aussi consoler notre douleiw, mass. Carême, Prière 2. Il 2° Succéder à quelqu'Mn dans une place, une fonction, un service. Il remplaça son père dans sa charge. C'est une fille que je donne à Mme la baronne pour remplacer Mariie, les âge, Turcaret, 11, 8. Edouard : Et vous voulei, monsieur, remplacer un tel homme! — Godwin : Lui succéder; hors vous, qui peut le remplacei'? c. bel av. la Popular. IV, 2. Il Occuper momentaiifimenl la place d'un autre. Je vous ai choisi pourrae remplacer. US* Faire à la place d'un autre le teffvps de service militaire prescrit par la loi. Il est p.'xrti pour remplacer son frère. Simon Gabelin aven lu tout son bien pour acheter un homme, et se fai^ remplacer, p. l. cour. Gax. du village, n* 4. || 4* Mettre à la place d'une personne, d'un objet. Remiçlacer un domestique. Vous remplacerez ces poiriers morts par des cerisiers. Elle a suivi le mauvais «xemple de celles qui, étant sur le retour de l'âge, veulent remplacer de quelque chose ce qu'elles voinnt qu'elles perdent, MOL. Critique, 6. Andromaque, en moins d'un lustre. Remplaça deux fois Hector, j. b. rooss. Odes, II, 7. Que voulez-vous? les hommes remplacent en vanité ce qui leur minque en éducation, VOLT. Mél. litt. aux auteurs de la Bibl. Si, par quelque grande catastrophe, la nalure vivante se trouvait dans la nécessité de remplacer les formes actuellement existantes, buff. Suppl. à l'hist. nat. (Eut), t. XI, p. 67. Le hasard voulut qu'il [Gudin, tué] fût dignement remplacé ; Gérard, le plus ancien des généraux de brigade de la division, en prit le commandement, sÉGUR, Hist. de Nap. vi, 7. || Il est difficile de remplacer un tel capitaine, un tel ministre, il est difficile de trouver un homme qui ait autant de capacité que ce capitaine, ce ministre. || 5* Servir de compensation. Ce qui remplace ce malheur [la mort du prince de Condé], et qui comble de joie, c'est la parfaite santé du roi, dont on ne peut assez remercier Dieu, sÉv. 15 janv.' i«87. || 6° Faire un emploi obligé des fonds provenant de la vente d'un immeuble, en les appliquant à une acquisition équivalente. || 7° Se remplacer, ». ré<l. Prendre la
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place l'un de l'autre alternativement. Les morts et les vivants se remplacent. |l 8* Absolument. Terme de commerce. Se rassortir des marchandises qu'on a vendues. || 9° Être remplacé. Les vieilles amitiés ne se remplacent pas.
— ÉTYM. Re, en, et place.
REMPLACE (ran-pla-j'), t. m. || l'Action de remplir un tonneau où il y a quelque déchet, soit par la fermentation et la coulure, soit par quelque autre accident Sous le prétexte spécieux que ces
manquants ont servi à l'entretien et remplage de ceux [fûts] qui sont existants, ou qu'ils ont vendus en gros, Ordonn. de Vintmd. d'Àlençon, t" mai 1761. 1| Vin de remplage, le vin dont on remplit les pièces qui en ont besoin. || 2° Terme de maçonnerie. Blocage à l'aide duquel on remplit l'espace vide entre les deux parements d'un mur en pierre ; et aussi cailloux qu'on jette entre un mur de revêtement et les terres. || 3* Terme de charpenterie. Petits bois qui garnissent un pan de bois, une cloison, etc. |{ 4° Il s'est dit pour remplissage; ce qui est aujourd'hui inusité. Et Dieu sait alors si les feux. Les tlamnies, les soupirs, les vœux. Et tout ce menu badinage Servaient de rime et de remplage, corn. Pièce improv. d la suite de Clit. édit. 1632. US" Il s'est dit aussi, en termes forestiers, pour remplacement, sul>stitution. Il faut éviter, dans les ventes ordinaires, un abus considérable.... qui est que, sous prétexte de faire l'adjudication en bois plein, l'on donne un nombre considérable d'arpents de bois des meilleurs pour !e remplage, Lett. etc.de Colbert,iv, 189.
— HIST. XV* s. Se l'acteur [auteur] n'eust mie incorporé ce que, après par contentement de raison et par l'excès du remplage qui y estoit trop, il m'a fait vuidier, g. chastel. Expos, sur vérité. \\ xvi* s. La cica'rice qui par dessus se fait, se creuse, comme l'os, par faute de remplage, paré, t. m, p. 645. Ils les mettoient encore vivans dedans les gabions, qui leur servoient d'autant de remplage, id. ib. p. 722. Quand les ventes se doivent faire en nos forests.... ventes de vingt ou trente arpens, ainsy qu'ils escherront, sans faire aucun remplage. Grand coust. de France, i, 6.
— ÉTYM. L'anc. verbe empler ou rempler, qui est le même que remplir.
1. REMPLI, lE (ram-pli, plie), part, possède remplir. || 1° Rendu plein. Une pièce de vin remplie par le tonnelier à mesure qu'elle baissait. || Particulièrement, plein de nourriture. Le soir, lorsqu'en rentrant du pâturage, il [le boeuf] ne se trouve pas assez rempli, cenlis. Maison rust. t. i, p. 249, dans POUGENS. || 2* Oui a l'apparence de la plénitude, de l'embonpoint. II [Vaugelas] avait les yeux et les cheveux noirs, le visage bien rempli et bien coloré, PELLissoN, Hist. Âcad.iv, Vaugelas. || 3° Fig. Qui n'ofTre pas de vide. Qu'en un lieu, qu'en un jour un seul fait accompli Tienne jusqu'à la fin le théâtre rempli, boil. Art p. m. || Occupé. Le temps de cette navigation, celui où il fut occupé ou d'en faire les préparatifs ou de rendre compte du succès, fut une des époques les plus remplies et les plu^ heureuses de sa vie, condorcet, Courtanvaux. Voilà une journée bien remplie, genlis, Thédt. d'éduc. les Faux amis, i, 3. Quel dommage que tout mon temps soit si rempli! id. Veil. du chat. t. n, p. tse, dans POUGENS. || 4° Qui abonde en quoi que ce soit. Le temple, qui était rempli auparavant de frayeui et de tumulte, le fut ensuite d'allégresse et de cris de joie, saci. Bible, Machab. 11, m, 30. Phèdre est d'un sang, seigneur, vous le savez trop bien, Bp toutes ces horreurs plus rempli que le mien, rac. Phèdre, iv, 2. Il revoit tous ces temps si remplis de sa gloire. Depuis le fameux jour qu'au trône de Cyrus Le choix du sort plaça l'heureux Assuérus, id Esth. u, 1. Il n'y a point de rues ni de galeries si embarrassées et si remplies de monde, où il ne trouve moyen de passer sans effort, la bruy. vi. Le fils [de Saurin], aussi rempli de probité et da mérite, que dénué de fortune, m. Mél. litt. Réfut. d'un écrit anonyme. Démocrite revint dans sa patrie rempli de la sagesse de toutes les nations, dider. Opin. des ane. philos, {secte éUatique). ||8° Qui ne songe qu'à, qui est tout entier occupé par. Rempli de cette idée, il te sera facile De juger l'instabilité Qu'a le monde et sa vanité, corn. Imit. m, I6. Je suis si remplie de vous que je lâche d'être votre singe, et de vous contrefaire en tout, mol. Critique, 3. Oui, j'étais toute remplie du conte, et je brûlais de le redire, id. Fourber. m, 4. Il faudrait présentement vous redonner quelque amour.... pour vous-même; vous en êtes trop vide, et trop remplie des autres, SÉv. d Mme de Grignan, 1» fév. 1690. Plus rempli des pressentiments de sa mort que des images de
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80n triomphe, pliScr. Bist. de Théodose, iv, 7«. Le poêle, rempli de grandes et sublimes idées, estime peu le discours de l'orateur, qui ne s'exerce souvent que sur de simples faits, la bruy. xii. De ces •soins innocents l'âme heureuse et remplie Ne doute fias du Dieu qu'elle porto avec soi, lamart. Harm. I. 6. Il Un homme rempli de lui-même, homme qui a une trop haute opinion de son mérite. Loin de nous à jamais ces mortels endurcis.... Ou toujours remplis d'eux, ou toujours hors d'eux-mêmes.... Et qui n'ont point connu la douceur de pleurer! volt. JÉp. xxvii. Il 6" Accompli. Ma prophétie a été bien remplie, maintenon, Lett.àUme de Ventadour, 23 nov. 17)4. Hè bienl je meurs content, et mon sort est rempli, bac. Andr. v, 5. Tout a été fini, dès que votre nombre [le nombre d'élus déterminé par le Seigneur] a été rempli, mass. Avent, Jugement univ. Ses jours étaient remplis; il est mort à mes yeux, VOLT. Œdipe, v, 2. 1| 7° Être rempli, se disait d'un indiiltaire ou d'un gradué, lorsqu'il était pourvu d'un bénéfice assez considérable pour n'être pas en droit d'en requérir un autre en vertu de son induit ou de ses grades. || S' Terme de blason. Se dit d'une piftc* de l'éeu dont le milieu est d'autre émail que les bords. || 9° S. m. Terme de point d'Alençon. Travail dans l'intérieur des fleurs, cordons et feuilles pour la dentelle réseau. Les différents points dont se compose le rempli sont gaze ordinaire, gaze serrée, gaze claire, gaze mouchetée, gaze ombrée, point mignon, point à trou, point d'Argentan.
2. REMPLI (ran-pli), ». m. Terme de tailleur, de couturière, de tapissier. Pli que l'on fait à une étoffe pour en diminuer la longueur. || Ce qui est laissé d'étoffe dans un vêtement quelconque pour faire les coutures. Laisser un grand rempli à la couture sous le bras dans un corsage.
— ÊTYM. TIe, en, et pli.
REMPLIE, ËE (ran-pli-é, ée), part, passé de remplier. Une tapisserie rempliée.
REMPLIER (ran-pli-é), je rempilais, nous rempilions, vous rempiliez ; que je remplie, que nous rempilions, que vous rempiliez, v. a. || 1* Faire un rempli. || i' Se remplier, v. réfl. Être plié en forme de rempli. La langue est un tissu de nerfs si souples qu'elle se remplie comme un serpent, fén. Exist. 40.
— HIST. xvi* s. Ils [les chirurgiens] cachent le bout du fil d'or, le rempilant, à fin qu'il ne pique la chair qui le couvre, paré, ti, il. Alors que les "Mouches les mordent et piquent [les éléphants], ils resserrent leur cuir, qui est du tout ridé et remplie, ID. Monslr. app. 3. Et n'eust esté que je l'avois un I peu remployée par le bout [une sonde de plomb].... tD. Introd. 2.
— ÊTYM. Rempli 2.
REMPLIR (ran-plir),». o. || l'Emplir de nouveau. Il 2° Simplement, emplir, rendre plein. |{ 3° Remplir une voile. || 4° Remplir du point, de la dentelle. Il 5° Remplir une quittance, une transaction. Il 6° Remplir une place. || 7° Remplir l'oreille. i|8° Il se dit de Dieu occupant l'immensité. || 9° Il se dit de ce qui abonde dans un lieu, en occupe une grande partie, s'y étend beaucoup. || 10° Rendre complet. Il il" 11 se dit des écrits où abondent certaines choses. Il 12° Fig. Rendre plein de certaines choses iniellectuelles, morales, abstraites. || 13° Occuper, satisfaire pleinement. || 14° Ne laisser aucun vide dans un contexte. || 15° Employer, occuper, en parlant du temps, de la durée. || 16° Exécuter, accomplir, effectuer, réaliser. || 17° Répondre à l'illustration du nom, à l'étendue du mérite. || 18° Rembourser. Il 19° Donner le sentiment de la plénitude. Il 20° Remplir, au trictrac. || 21° Y. réfl. Se remplir, devenir plein. ||22° Il se dit de l'âme, du cœur, de l'esprit. Il 23" Se remplir de quelqu'un, de quelque chose, en faire tout son objet. || 24° Être remboursé.
1» Emplir de nouveau. Ce tonneau a fui, il faut le remplir. On dit remplir les tonneaux, et non pas emplir, quand, après que le vin a bouilli quelques jours au temps des vendanges, on y en remet pour les rendre pleins, Acnd. Observ. sur Vaugelas, p. < 7 1 , dans pouGENS. |{ 2° Use dit simplement pour emplir, rendre plein. Ce tonneau n'est pas plein, il faut le remplir. Remplir ses caves de vin, un grenier de blé, une basse cour de fumier. Remplir un vide. 11 y avait de grandes fondrières qu'il fallait se résoudre de remplir, vaugel. Q. C. viii, t2. Nous remplissons le ciel de tous nos empereurs, corn. Poly. IV, 6. Remplissez les autels d'ofl'randes et de sang, HAC Iphig. I, 2. La coupe dans ses mains [de Britannicus] par Narcisse est remplie, ID. Brit. v, B. De princes égorgés la chambre était remplie, JD. Ath. l, 2. Doutez-vous que, si jamais dans Constantinople,
PICT. DE LA LANSUE FKAiNÇAISS.
qui est la patrie d'Orphée, il y avait un opéra, les dames turques ne remplissent les première» loges? VOLT. Facéties, Femmes, soyex soumises. Quelque ressemblance qu'il y ait entre le Hottentot et le singe, l'intervalle qui les sépare est immense, puisqu'à l'intérieur il est rempli par la pensée, et au dehors par la parole, buff. Quadrup. t. vu, p. 4B. || Remplir un vide, le combler. || Fig. Quoique l'homme cherche de quoi remplir le grand vide qu'il a fait en sortant de soi-même, pasc. Pass. de l'amour. Il Populairement. Se remplir le ventre {c'est-à-dire remplir à soi le ventre), manger beaucoup. 113° Terme de marine. Remplir une voile, l'établir, l'orienter de manière à recevoir le vent dedans sans qu'elle batte ni ne fasie. || 4° Remplir du point, de la dentelle, refaire à l'aiguille les fleurs qui sont rompues à du point, à de la dentelle, ou y en ajouter de nouvelles. Il Remplir un canevas, une toile, un dessin, couvrir par des points à l'aiguille ce canevas, cette toile, ce dessin. || 5° Remplir une quittance, une transaction, y écrire ce qui y avait été laissé en blanc. Il Remplir un blanc-seing, écrire les stipulations d'un acte sur un papier signé d'avance. |{ Remplir des bouts-rimés, faire des vers sur des rimes données. Il 6° Remplir une place, s'y asseoir, l'occuper. Carlos : J'ai vu la place vide, et cru la bien remplir. — D. Manrique : tJn soldat bien remplir une place de comte ! corn. D. Sanehe, i, 3. Il faut un roi qui soit gros et gras comme quatre; un roi morbleu 1 qui soit entripaillé comme il faut , un roi d'une vaste circonférence, et qui puisse remplir un trûne
de la belle manière, mol. Impromptu, i L'esprit
enivré d'une douce fumée [dans un songeJ,J'ai cru remplir au chœur ma place accoutumée, boil. Lutr. iv. Il Fig. Occuper. Votre charge vacante m'a frappé le cœur; vous savez de qui elle est remplie [le marquis de Renel], sév. à Bussy, 5 sept. (674. Toutes les fois que, regardant cette grande place qu'elle remplissait si bien, vous sentirez qu'elle y manque, boss. Duch. d'Orl. 11 est dans tout autre art [que la poésie] des degrés diflérents ; On peut avec honneur remplir les seconds rangs, boil. Art p. iv. Mme Voisin convient que les places ne sont pas si bonnes à remplir qu'à désirer, maintenon, Lett. d Mme de Dangeau, 23 oct. t709. Quintilien remplit la chîiire de rhétorique pendant vingt ans avec un applaudissement général, bollin, llist. anc. Œuv. t. xi, 2" part. p. 7(0, dans POUGENS. Il [Crésus] consulta l'oracle pour savoir qielle serait la durée de son empire; la réponse fut qu'il subsisterait , jusqu'à ce qu'on vit un mulet remplir le trône de Médie, m. ib. Œuv. t. II, p. «26, dans pougens. Remplir un poste, THOMAS, Éloge du Dauph. Il |Épaminondas] releva cette commission [veiller à la propreté des rues], et montra, comme il avait dit lui-même, qu'il ne faut pas juger des hommes par les places, mais des places par ceux qui les remplissent, barthêl. Anach. ch. i. || Remplir la place de quelqu'un, le remplacer. Et vous avez montré par une heureuse audace. Que le (ils seul d'Achille a pu remplir sa place, BAC. Andr. i, 2. || Remplir sa place, ne pas remplir sa place, s'acquitter, ne pas s'acquitter des devoirs qu'elle impose. Cet homme remplit bien, remplit mal sa place. || 7° Fig. Ces vers remplissent bien l'oreille, ils sont bien cadencés. || On dit de même d'un discours en prose qu'il est nombreux, qu'il remplit l'oreille. || Remplir les oreilles, éblouir par un détail pompeux. Elle fait amitié, leur promet des merveilles, Du pouvoir de son art leur remplit les oreilles, corn. iléd. i, i. ||8° 11 se dit de Dieu occupant l'immensité. L'univers entier est un temple que Dieu remplit de sa gloire et de sa présence, MASS. Carême, Resp. dans les temples, ii Fig. En parlant d'un roi dont l'action s'étend au loin. Embrasez par nos mains le couchant et l'aurore ; Remplissez l'univers sans sortir du Bosphore, rac. Uithr. ui, I. Il 9° Il se dit de ce qui abonde dans un lieu, en occupe une grande partie, s'y étend beaucoup. Les étrangers remplissent la ville. La fumée remplit celte chambre. Grâce... — De quoi, Madame?... D'avoir trop soutenu la majesté des rois ? Trop rempli votre cour du bruit de mes exploits? cohn. Nicom. IV, 2. Après avoir confessé que Dieu seul avait pu faire une guérison si subite et si parfaite, ils [les gens de Port-Royal] allèrent remplir tout Paris de la réputation de ce miracle, rac. Hist. Port-Royal. Partout l'affreux signal, en même temps donné. De meurtres remplira l'univers étonné, lu. Esth. m, *. Je remplissais nuit et jour l'île de mes cris, fén. Tél. XV. Ainsi mourut le grand Scha Abas, après avoir rempli toute la terre de son nom, montesq. Lett. pers. 92. Les valets les cherchent de tous côtes, el (emplissent la forêt (Jj> leurs ciis, voLi. Le blanc et
le noir. La race du bison ou bœuf à bosse remplit aujourd'hui toutes les provinces méridionales, bifp. Quadrup. t. v, p. 86. Ce dernier [le sculpteur Polyclète], qui vivait vers le temps de Périclès, a rempli de ses ouvrages immortels le Péloponnèse et la Grèce, BAHTRËL. Anach. ch. 63. || Il se dit, en un sens .Tnalogue, des compagnies, des troupes. Ne trouvant rien dans tout son État de plus fidîde que les Juifs, il en remplit ses armées, et leur contia ses places les plus importantes, boss. Hist. ii, 6. Il Remplir un corps, une compagnie, une société, de personnes capables, d'ignorants, etc. y admettre, y faire entrer beaucoup de personnes capable», d'ignorants, etc. Il 10* Rendre complet. Ma fuite arrêtera vo» discordes fatales ;Seign0ttr, J'irai remplir le nombre des vestales, rac. Brit. m, s. || Remplir le nombre de ceux qui doivent former un corps, une compagnie, en rendre le nombre complet. || 11* Il se dit des écrits où abondent certaines choses. Ce semit une belle chose, si je remplissais mes lettres de ce qui me remplit le cœur, sÉv. 67. L'Ecclésiaste, après avoir rempli son divin ouvrage du mépris de» choses humaines.... boss. Duch. d'Ori Écolier ou plutdt singe de Bourdaloue, Je me plais à remplir mes sermons de portraits, bou.. 5a(. x. CoUetet, Pelletier, Titreville, Ouinault, Dont les noms en cent lieux, placés comme en leurs niches, Vont de vos vers malins remplir les hémistiches, m. Sat. a. Le comte Peterborough, homme qui ressemblait en tout à ces héros dont l'imagination des Espagnol» a rempli tant de livres, volt. Louis IIV, 20. Il 12° Fig. Rendre plein de certaines choses intellectuelles, morales, abstraites. J'alarmai tout le fort, je remplis tout de peur, maibbt, Mort d'Asdr. iv, 3. Ce grand roi [Charles II] qui remplit de tant de veitus le trône de ses ancêtres, boss. Duch. d'Orl. ô si l'esprit divin avait enrichi mon discours de ces images vives et naturelles qui représentent la vertu et qui la persuadent tout ensemble, de combien de nobles idées remplirais-je vos esprits, et quelle impression ferait sur vos cœurs le récit de tant d'action» édifiantes et glorieuses 1 flSch. Tureime. Certains rayons de grâce et de lumière lui firent apercevoir qu'en vain remplirait-il le» plus beaux endroit» de l'histoire, si son nom n'était écrit dans le livre de vie, ID. t&. Surtout ne craignez point qu'une aveugle douleur Remplisse l'univers du bruit de mon malheur, RAC. Bérén. i, 4. Venez, cher rejeton d'une vaillante race. Remplir vos défenseur» d'une nouvelle audace, ID. Athal. iv, 6. J'avais tantôt rempli d'amertume et de fiel Son cœur [d'Alhalie] , déjà saisi des menace» du ciel, >o. ib. m, 3. Nul ne leur a plus fait acheter la victoire [aux Romains], Ni de jours malheureux plus rempli leur histoire, id. Mithr. y, s. La médisance est un mal inquiet, qui trouble la société.... qui remplit tous les lieux où elle entre de désordre etdeconfusion,HASS. Carême, J(^disance. \\ 13° Fig. Occuper, satisfaire pleinement. Saintes douceurs du ciel, adorables idées, Vous remplissez un cœur qui vous peut recevoir, coBN.Poiy. IV, 2. Les personnes faible» qui sont toujours agitée» de passion», n'en sont presque jamais véritablement remplie», la rochefouc. Max. 477. Un plaisir vrai ou faux peut remplir également l'esprit ; car qu'importe que ce plaisir soit faux , pourvu que l'on soit persuadé qu'il est vrai? pasc. Pass. de l'amour. Le» grandes âmes ne sont pa» celles qui aiment !e plus souvent.... il faut une inondation de passion pour les ébranler et pour les remplir, id. ib. Et vous, ma très-chère, que vous dirai-je î rien du tout que ce que vous avez la justice de me dire : c'est que vous remplissez ce cœur que vous trouvez si savant dans l'amitié, sÉv. 380. ô richesses, vous n'avez qu'un nom trompeur; vous venez pour me remplir, mais j'ai un vide immense où vous n'entrez pas, boss. la Vallière, A pprenons avant toutes choses à n'être pas éblouis du bonheur qui ne remplit pas le cœur de l'homme, lo. Anne de Gonx. Que de dons du ciel ne faut-il pas pour régner? une naissance auguste, un air d'empire et d'autorité, un visage qui remplisse la curiosité des peuples empressés de voir le prince, la BRUT. X, Oh I pour remplir de moi la rêveuse pecsée.... V. HUGO, Crépuscule, 24. || Remplir quelqu'un de soi, l'entretenir dans la plénitude de l'amourpropre. Elles [les louanges] corrompent les hommes, elles les remplissent d'eux-mêmes, elles les rendent vains et présomptueux, pBn. Tél. xx!. || 14° Fig. No laisser aucun vider dans un contexte. Le seul courroux d'Achille avec art ménagé Remplit abondam' ment une Iliade entière, boil. Art p. m. || 15° Fig. Employer, occuper, en parlant du temps, de la durîe. Il n'est rien de plu» dangereux qu'une longue vie, quand elle n'est remplie que de vainej
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entreprises ou même d'aotions criminelles, boss. foi. de Monterby. Je sais ce que vous pensez : que. . . . leur condition [des princesses] les oblige à se prêter quelquefois au monde, pour être comme les liens entre le» souverains et les sujets qui les approchent, pour remplir les jour» vides des courtisans, PLÉCH. Dauphine. Hélasl j'ai perdu avec vous seize ans de ma via ; qui remplira et consolera le peu d'années qui me restent? d'alemb. Aux lianes de UUe de l'Espinasse. Il avait formé des plans assez vastes pour remplir la vie de plusieurs savants, CONDORCET, Bucquet. Nous remplirons le reste de nos journées par d'agréables promenades et par nos anciennes occupations, genlis. Maison rust. t. m, p. 464. Notre tendre amitié remplit le cours des heures, c. delav. Paria, m, <. || 16° Exécuter, accomplir, effectuer, réaliser. Mais si l'événement remplit mal leurs souhaits, Ils s'émeuvent soudain, soudain ils se chagrinent, corn. Imit. i, 14. Être hardi quand il le faut, et reiûplir tout ce qu'on attend dans les occasions où l'on est compté pour tenir une place, voilà ce qui fait les grands mérites à la guerre et ailleurs, sÉv. 28 fcv. <680. Et pour Être en état de remplir votre espoir, tii conN. Ariane, iv, 2. Pour remplir ce grand dessein et ramasser les matériaux nécessaires, il courut toute l'Allemagne, fonten. Leibnilx. Je remplis mes serments, mon honneur, mon devoir, volt. Zaïre, I, 4. Le rôle des vieillards n'est pas de longue haleine; Les deux premiers venus le rempliront sans peine, piron, Métrom. i, 4. Les acteurs, rassurés par le succès des deux dernières représentations, rempliront mieux leurs personnages, volt. Lett. d'ÀrgerUai, <5 avr. (767. Je dois joindre la reconnaissance à l'estime, et je vous assure que je remplis bien ces deux devoirs, m. Lett. l'abbé Aubert, IB juin 176). Vous seul, portant la foudre au fond de leurs États, Brisâtes mes liens, remplîtes ma vengeance, ID. Sémir. u, i. Quoiqu'il menât dans le monde une vie assez dissipée, il se crut obligé, d'après la décision de sa famille, de remplir sa vocation ecclésiastique, d'alemb. Éloges, l'abbé de Choisi. Les actionnaires ne remplirent pas les obligations de leur souscription avec l'exactitude nécessaire dans les affaires de commerce, baynal, Hisl. phil. IV, 16. Remplir les vœux d'un père et les ordres d'un roi, delille. En. 1. 1| Remplir les espérances du public, y répondre par ses actions, par sa conduite. Il Cet homme a rempli son sort, sa destinée, il a accompli, éprouvé ce à quoi il paraissait destiné. J'ai rempli, à peu de chose près, ma destinée ; c'est à vous à remplir la vôtre, maintenon, Lett. d lime de Tiefville, )8 juin 1707. J'ai cru avoir rempli ma destinée, dès que je n'ai plus eu à faire de grandes choses, montesq . Dial. de Sylla. J'ai vécu, j'ai rempli ma triste destinée, volt. Œdipe, m, 2. || Remplir l'idée qu'on doit avoir ou qu'on s'est faite de quelque chose, de quelqu'un, offrir l'accomplissement de tout ce que cette idée promet, renferme. Pour les sentiments [dans le roman de Cléopatre] ....ils sont d'une perfection qui remplit mon idée sur les belles âmes, sÉv. tB juiU. (67). Je vous aimerai et vous adorerai toute ma vie; il n'y a que ce mol qui puisse remplir l'idée que j'ai de votre extraordinaire mérite, id. à Mlle de Scudéry, U sept. (684. || 17» Remplir s'est dit en parlant d'un nom, de la naissance, de talents, de mérite, pour : répondre à l'illustration du nom, de la naissance, à l'étendue des talents, du mérite. Remplissez mieux un nom sous qui nous tremblons tous, COBN. Nie. I, 2. Un grand prince vous laisse un grand nom à remplir, m. Sonnet à Mgr de Guise. S'il m'aime, il doit aimer cette digne arrogance Qui brave ma fortune et remplit ma naissance, ID. Perth. 1, 1. U [M. le Prince] n'a pu remplir son mérite ; c'est un défaut, mais il est rare, mais il est beau, hetz, Mém. t. i, liv. li, p. 294, dans pouGENS. iÉmile [le prince de Condé] était né ce que les plus grands hommes ne deviennent qu'à force de règles, de méditation et d'exercice; il n'a eu, dans ses premières années, qu'à remplir des talents qui étaient naturels, la bruy. u. || 18° Terme de jurisprudence. Rembourser. Remplir une veuve de son douaire. Ceux qui attendent d'un mariage k remplir le vide de leur consignation, la bruy. vil. Il 19" Absolument. Donner le sentiment de la plénitude. Cette nourriture remplit beaucoup. Cette nourriture ne remplit pas assez. || 20 "Terme du jeu de trictrac. Avoir des dames couvertes sur chacune des six flèches du petit jan, du grand jan ou du jan de retour. Je remplis. Je remplis par doublet. Je ne remplirai pas. ||21° Se remplir, v. réfl. Dsvenir plein. Le réservoir s'est rempli d'eau. La
salle commençait à se remplir. La terre commence à se remplir, et les crimes s'augmentent, boss. }risl. I, t . Et mes ycui, malgré moi, se remplissent de pleurs, BAC. Phèdre, i, 3. Ah! sans pâlir Puis-je voir d'assassins le temple se remplir? lo. Athal. v, 4. Il Se remplir de viandes, de vin, et, absolument, se remplir, manger, boire avec excès. || 22° Moralement, il se dit de l'âme, du cœur, de l'esprit. Se remplir de visions, de chimères, d'espérances vaines. Il semble que nous ayons une place à remplir dans notre cœur, et qui se remplit effectivement, pasc. Pass. de l'amour. L'âme veut se remplir, elle ne peut; son argent, qu'elle appelle son bien, est au dehors ; et c'est le dedans qui est vide et pauvre, BOSS. la Yallière. [Selon Jurieu] Il ne paraît pas qu'ils [les Pères] se soient beaucoup attachés à celte lecture [l'Écrilure], se remplissant seulement de celle des platoniciens, id. 6* avert. i, 3. |l 23" Se remplir de quelqu'un, de quelque chose, en faire loutson objet. Que se tiendrait heureux un amour moins sincère, Qui n'aurait d'autre but que de se satisfaire. Et qui se rempliraitde sa félicité. Sans prendre aucun souci de votre dignité! corn. Sert, iv, 2. Si je me remplissais aussi bien do Dieu que je vide ma maison de toutes sortes de compagnies, vous seriez bien content de moi, maintenon, Lelt. à l'abbé Gobelin, 1675, t. u, p. 49. Qui considérera que le visage du prince fait toute la félicité du courtisan, qu'il s'occupe et se rempUt pendant toute sa vie de le voir et d'en être vu, comprendra.... la BRi'Y. VIII. Je ne vois qu'Orosmane; et mon âme enivrée Se remplit du bonheur de s'en voir adorée, VOLT. Zaïre, i, f . || Se pénétrer de. Vous faites le poète, vous, et vous devez vous remplir de ce personnage, MOL. Impromptu, ) . Quand on propose une chose à prouver, d'abord on se remplit de cette imagination qu'elle est donc obscure, et, au contraire, que celle qui doit la prouver est claire, pasc. Pens. vu, 3, édit. HAVET. Il 24° Terme de jurisprudence et de comptabilité. Être remboursé. Se remplir de ses frais, de ses avances.
— REM. Remplir un but, voyez but, à la remarque.
— HIST. xiii' s. Or bien fu cele chambre de joie raemplie, Berte, cxxviu. Renartle remple[un verre], et cil boit  moult grant joie et à grant feste, Ren. 3(84. Et après s'il y a remanant, bien face en raemplir les convenences des dons et des pramesses convenables, beaum. vi, 24. ||xvi*s. Nostre ame s'eslargit d'autant plus qu'elle se remplit, mont, i, (39. Si d'adventure il perdoit, il tasohoit & se recouvrer et remplir ses pertes par autres nouvelles entreprises, amyot, Pyrrh. 69. Les Romains remplissoient facilement leur armée de nouveaux combatans, qu'ilz faisoient venir de leur ville quand il en estoit besoing, id. ib. 48. Aucuns en provignant ne remplissent du tout la fosse la première année, ...pour après, à la longue, reamplir la fosse en l'unissant au plan de la vigne, o. dk serres, (78.
— ÉTYM. Re..., et emplir; wallon, reinpli; prov. remplir. Ce verbe dans l'ancien français avait en outre la forme rempler; on trouve aussi un verbe replenir; mais il vient de plein.
REMPLISSAGE (ran-pli-sa-j'), s. m. || 1° Action de remplir. Après avoir déduit des formules fondamentales de l'hydrodynamique la durée du remplissage ou de l'évacuation d'une écluse simple, girard, Instit. Mém. scien. t. x, p. 44.||2° Synonyme de remplage, lorsqu'il s'agit de vin. || 3= Synonyme de remplage, en fait de maçonnerie. || 4° Terme de charpenterie. Poteau de remplissage, dans un pan de bois, poieau qui, au lieu de recevoir le tenon des sablières, est posé entre chacune d'elles, et y est assemblé. Il Solive de remplissage, solive qui est assemblée d'un bout ou de tous les deux dans un chevêtre. || Tonle partie de treillage servant à remplir les vides des bâtis. Il 5° Terme de marine. Couple de remplissage, pièce de bois placée entre les couples ou membrures principales d'un bâtiment, pour renforcer les murailles. Il Se dit également de toute pièce de bois servant à remplir un vide quelconque. || Bordages de remplissage, ceux qui sont compris entre les préceintes. Il 6° Ouvrage que fait une ouvrière en remplissant du point, des dentelles. ||7° Fig. U se dit des occupations qui n'intéressent pas et ne font que remplir le temps. Je ne sais plus que faire à présent de mes soirées ni de mes matinées, et tout ce qui les occupe n'est que du remplissage, d'alemb. Lett. au roi de Pr. 27 nov. (777. || Particulièrement, en parlant des ouvrages d'espril, tout ce qui est étranger, inutile au sujet, et ne sert qu'à remplir le papier ou le temps. Ces scènes inutiles et par conséquent froides prouvent que presque toutes les tragédies françaises sont trop longues; on les appelle des
scènes de remplissage, volt. Comm. Corn, rem. Pompée, m, (. Ce mot seigneur n'est parmi nou» qu'un terme d'honneur et de remplissage usité au théâtre, id. Dict. phil. Esprit. Je n'ai j*mais pu supporter ce sot et niais remplissage des conversiUons ordinaires, j. J. rouss. Confess. vi. Aussi remarquet-on, dans les ouvrages de ceux dont je parle, bien du remplissage, el très-peu de pensées utiles, vauven. Sur les mauv. écriv. Les deux derniers numéros [d'un journal] sont faits avec du remplissage, ba- BCEUF, Pièces, ii, 27. Il Jouer les remplissages, jouer les rôles des personnages (]ui ne sont qu'accessoires dans la pièce. Réduit pour vivre à jouer les remplissages, TH. leclkrcq, Proterb. t. il, p. «9, dans POUGENS. Il S'emploie dans le même sens en parlant de la musique. Ils ne connaissent plus les choses d'effet; ils ne font que du remplissage, ils se gâtent l'oreille et ne sont plus sensibles qu'au bruit, j. j. ROuss. Hél. I, 48. Il En peinture, figures de remplissage, figures étrangères au sujet du tableau, ou qui n'y jouent qu'un rôle accessoire. || 8° Terme de musique. 11 se dit, en bonne part, des parties qu'on ajoute aux parties essentielles pour rendre l'harmonie plus agréable, en remplissant des intervalles trop étendus. L'alto joue souvent une partie de remplissage entre les violons et la basse. On appelle parties de remplissage celles qui, dans un j contrepoint, ne remplissent pas les conditions du : 5anon,de l'imitation, du contrepoint double; on appelait aussi autrefois parties de remplissage {di ripieno), celles qui dans les concertos ne jouaient que dans les tutti pour donner plus de force à l'ensemble FÉTis, la Mus. mise à la portée de tout le monde.
— lllST. xvi* s. Les pionniers, le prenant pour mort, le mirent avec plusieurs autres corps au remplissage, d'aub. Hist. 1,(68. Ces remplissages de tours [avec de la terre] sont mauvaises fortifications, ID. ib. II, (B(. Au premier qui me ramené et qui me demande la vérité nue et crue, je quitte soubdain mon effort, et laluy donne sans exaggeration, sans emphase et sans remplissage, mont, iv, (80
— ÉTYM. Remplir; Wallon, reinpliheg.
REJMPLISSEUSE (ran-pli-seû-z'), s. f. Ouvrière
qui remplit du point, des dentelles. || Terme de point d'Alençon (dentelle réseau). Celle qui s'occupe du remplissage de l'intérieur des fleurs et grandes feuilles, en gaze, point mignon, point à trou et point d'Argentan.
— ÉTYM. Remplir.
REMPLOI (ran-ploi), s. m. Terme de jurisprudence. Remplacement, nouvel emploi. La déclaration du mari que l'acquisition est faite des deniers provenus de l'immeuble vendu par la femme et pour lui servir de remploi ne suffit point, si ce remploi n'a pas été formellement accepté parla femme Code Nap. art. (436.
— HIST. xvi° s. Remploy, cotgrave.
— ÉTYM. Voy. REMPLOYER; ital. rimpiego.
fREMPLOYABLE (ran-plo-ia-bl'), adj. Qui peut
ou doit être remployé.
— HIST. xvi° s. Deniers procédant de vente d'héritage ou de rachats de rente et remployables sont réputés immeubles, loysel, 2(2.
REMPLOYÉ, ÉE (ran-plo-ié, iée),par(. passé de f employer.
REMPLOYER (ran-plo-ié ; plusieurs disent ranploi-ié), V. a. U se conjugue comme employer. Employer de nouveau. Un médecin de Blois nommé Papin [le père de l'illustre Papin] (|ui vint demeurer ici où il prétendait être remployé sous les auspices de Valot, gui patin, Lett. t. ii, p. (88.
— HIST. XVI' s. Elle [une terre] reproduira par après des foins, si à cela la voulés remploier, six fois plus qu'elle ne faisoit, o. de serres, 72.
— ÉTYM. Ile.... et employer; ital. rimpiegare. REMPLUMÉ, ÉE (ran-plu-mé, mée) , part, passé
de remplumer. Un oiseau remplumé après la mue. Il Fig. Remplumé par un riche mariage.
REMPLUMER (ran-plu-mé), ». a. || 1° Regarnir de plumes. U ne se dit guère en ce sens qu'en parlant d'un clavecin qu'on regarnit de plumes. Remplumer un clavecin. || 2° Se remplumer, v. réfl. Se dit des oiseaux fi qui les plumes reviennent. De» oiseaux qui commencent à se remplumer. || 3° Fig, et familièrement. Se rétablir dans ses affaires, regagner ce qu'on avait perdu. Il vient se remplumer un peu sur votre bourse, eoisrobert, Belle plat deusc, I, 4. Les partisans tâchent de se rétablir dan» les fermes du roi, et promettent merveilles en bien, si on leur donne de quoi se remplumer un peu, gui Iatin, Lelt. t. u, p. 689. Mme Scarron procura i Guilleragues l'ambassade de Constantinople pour se remplumer, st-sim. 39, 20u. La comtesse de Fiesqu*
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liaran^a son fils pour l'engager à se remplumer par un riche mariage, id. 70, (59. || Reprendre de l'embonpoint après une maladie.
— HIST. XVI* s. La queue des paons se remplume devant l'arrivée des froidures, o. de serres, 369. Le soldat de Lucullus, ayant esté desvalisé par les ennemis, feit sur eulx,pourse revencher, une belle entreprinse; quand il se feut remplumé de sa perte,...
HONT. II, 6.
— ÊTYM. Re..., en, et plume; wallon, reploumé. BEMPOCIIÉ, ÉE(ran-po-ché, chée), pari. paîjV de
'empocher. L'argenttiré de la poche, puis rempoché. HEMPOCHER (ran-po-ché), v. a Remettre en Tioche.
— ETYM. ilf..., et empocher.
t B EMPOIGNER (ran-po-gné), v. a. Empoigner de nouveau. Le voleur s'échappa, mais fut rempoigné par les gendarmes.
— HIST. xm" s. Là veïssiez maint Turc sa lance paumoier, Enversleciel geter, etau fer rempoigner, Ch. d'Ant. VII, 62.
— ÉTYM. Jle..., el empoigner.
t REMPOISONNER (ran-poi-zo-né), v. a. Empoisonner de nouveau.
— HIST. XVI' s. Rempoisonner, cotgravk. '
— ÊTYM. Hé..., et empoisonner.
RE.MPOISSONNÉ, ÉE (ran-poi-so-né, née), part.
passé de rempoissonner. Un étang rempoissonné.
REMPOISSONNEMENT (ran-poi-so-ne-man) , s.
m. Action de rempoissonner un étang; résultat de cette action. Pour le rempoissonnement de nos étangs, le carpeau aura six pouces au moins, la tanche cinq, et la perche quatre, Ordonn. des eaux et forêts, titre xxxi, 2i.
REMPOISSONNER (ran-poi-so-né), v. a. Repeupler de poissons un vivier, un étang, une eau quelconque.
— ÉTYM. i(e..., en, et poisson.
REMPORTE, ÉE (ran-por-té, tée), part, passé de
remporter. || 1° Repris et emporté. Venu plein de vie et remporté mort. |{ 2° Gagné, obtenu. Ce devait étrp un double plaisir pour un savant et pour un catholique zélé, qu'une victoire remportée en cette matière sur Scaliger, fonten. Bianchini.
REMPORTER (ran-por-té) , v. a. || l" Emporter de nouveau. Vous avez emporté ces objets qu'on m'a rapportés inutilement, veuillez donc bien les remporter. |{ i° Reprendre et rapporter d'un lieu ce qu'on y avait apporté. On m'apporte à Lyon une lettre pour donner à une personne qui n'y est pas ; je dis au messager qu'il la remporte au lieu d'où il vient, VAL'GELAS, Nouv. Rem. p. 4)2, dans pougens. Le flux les apporta, le flux les remporte, corn. Cid, IV, 3. Reprends ta liberté, remporte tes richesses, VOLT. Zaïre, i, 4. |{ 3° Enlever d'un lieu. Deux mousquetaires blessés s'étaient couchés parmi ces morts de peur d'être achevés; ils se levèrent tout à coup sur leurs pieds pour s'en revenir avec les morts qu'on remportait, rag. Lett. àBoileau, 3 avril 1691. Pierre le Grand remporta avec lui la science de la construction des vaisseaux, achetée courageusement par une espèce d'abdication de la dignité royale, FONTEN. Pierre/". Depuis 4748 jusqu'en (753, Lima ne reçut d'Espagne pour tout le Pérou que dix navires qui remportèrent chaque année 30 764 6)7 livres, RAYNAL, Hist. phil. vu, i>4. Il 4° Gagner, obtenir. On dit emporter et remporter le prix, mais beaucoup mieux remporter; le P. Bouhours remarque fort bien qu'on dit remporter la victoire, et non pas emporter la victoire, et qu'au contraire il faut dire emporter le butin, et non pas remporter le butin, vaugelas. Item. not. Th. Corn. t. ii, p. 992, dans pougens. Ne faut-il pas que ce soit une âme extrêmement touchée du mépris de tous les biens imaginaires, qui remportent parmi nous un si grand applaudissement? boss. Panég. St Franc. d'Assise, I. Le roi [Charles I"] vient la recevoir [la reine] dans une campagne où il avait remporté, l'année précédente, une victoire signalée sur le général d'Essex, iD. Reine d'Anglet. Princesse, le digne objet de l'admiration de deux grands royaumes, la France n'avait-elle plus d'autres triomphes pour vous au retour de ce voyage fameux d'où vous aviez remporté tant de gloire et de si belles espérances I ïD. Duch. d'Orl. Sont-ce là ces saintes victoires que la foi doit remporter? bourdal. Myst. Épiphan. 1. 1, p. ))2. M. de Turenne remportait-il quelque avantage? à l'entendre, ce n'était pas qu'il fût habile, mais l'ennemi s'était trompé, flécii. Turenne. Tu ne remportais pas une grande victoire. Perfide, en abusant ce cœur préoccupé, rac. Baj. iv, 6. Euripide, âgé de 43 ans, remporte pour la première fois te prix de la tragédie, 442 ans avant Jésus-Christ,
BARTHÉL. Anach. t. vil, TaW. t. Voici Théagène qui, dans les différents jeux de la Grèce, remporta, dit-on, douze cents fois le prix, soit à la course, soit à la lutte, soit à d'autres exercices, m. ib. ch. 38. Mme Scarron remporta do cet entretien une vive reconnaissance et une grande tranquillité d'esprit, GENLis, Mme de Uaintenon, t. i, p. 32, dans pougens. Il Par antiphrase. 11 n'en a remporté que des mécomptes. On ne remporte d'Œdipe et des pièces qui lui ressemblent qu'une désagréable et inutile conviction des misères de la condition humaine, FONTEN. Réfl. poét. Œuv. t. ili, p. )77. || Fig. Remporter la palme, obtenir le triomphe. || Avec un
nom de chose pour sujet, l'emporter Toujours
la patrie et la gloire Ont parmi les Romains remporté la victoire, bac. Bére'n. iv, B.
— HlST.xvi* s. Remporte donc, luy repliquaCimon, ton or et ton argent, et t'en va, amyot, Cimon, il.
— ÉTYM. /ie..., et emporter; bourg, rempotai.
f REMPORTEUR (ran-por-teur), s. m. Celui qui remporte un avantage. M. Lemière, grand remporteur de prix et auteur d'Hypermnestre, volt. Lett. d'Argenlal, 25 nov. )760. || C'est un remporteur de prix, se dit d'un élève de collège qui remporte beaucoup de prix.
REMPOTAGE (ran-po-ta-j*) , $. m. Terme de jardinage. Action de rempoter une plante, de la changer de pot. Le rempotage des plantes.
REMPOTÉ , ÉE (ran-po-lé, tée), porl. pasj^ de rempoter. Plantes rempotées.
REMPOTER (ran-po-té), v. a. Remettre une plante dans un pot, la changer de pot.
— ÉTYM. Re..., en, et pot.
t REMPRISONNER (ran-pri-zo-né), «. o. Remettre en prison.
— HIST. xvi" s Des vents sortis remprisonna
les tropes, Et fit cesser les marteaux des cyclopes, RONS. 77.
— ÉTYM. Re..., et emprisonner.
t REMPRUNTER (ran-prun té), v. a. Emprunter de nouveau. Quand de malheureuses lettres me forçaient de prendre la plume pour y répondre, j'empruntais en murmurant l'écritoire du receveur, et je me hâtais de la rendre, dans la vaine espérance de n'avoir plus besoin de la remprunter, i. j. Rouss. Prom. b.
— HIST. xvi« s. Remprunter, cotgrave.
— ÉTYM. Re..., et emprunter; wallon, reprôté.
] RE.MUABLE (re-mu-a-W), ad}. Que l'on peut remuer.
— HIST. xv* s. Quant [une femme} bien promet, c'est trop grant faulcetez De rendre mal, et d'e&tre remuable [à qui on ne peut se fier], e. desch. Poés. mss. f" )02. Il XVI* s. Gouvernail remuable [de rechange], dans IAL.
— ÉTYM. Remuer.
REMUAGE (re-mu-a-j'), t. m. Action de remuer du vin, du blé. Ces douzo poinçons vont à Paris, où l'on en fait du vin do Bourgogne ; ils payent à l'entrée 75 francs chaqii», plus six francs de remuage, taxe de l'usurpateur devenue légitime, p. l. cour. Gai. du village, n" 4. || Autrefois, billet de remuage, permis pour transporter du vin, que les particuliers prenaient au bureau des aides, lorsqu'ils voulaient transporter leur vin d'une cave à
une autre De quel droit ils avaient refusé à son
fils un billet de remuage pour l'enlèvement de quatre
pièces d'eau-de-vie à quoi les commis répondirent
que l'on ne délivrait pas de congé de remuage les fêtes et dimanches, qui sont des jours qu'on no voiture pas, Arrêt du cons. d'État, 4 9 janv. 4720.
— ÉTYM. Remuer.
REMUANT, ANTE (re-mu-an, an-t'),ad;. 1| l^Qui remue, qui s'agite sans cesse. J'étais réduit à l'inaction la plus tojrmentanto pour un homme aussi remuant que moi, j. J. rouss. Confcs. vi. |i 2° Fig. Propre à exciter des troubles, des guerres, des changements. Un de ces esprits ronuants et audacieux [Cromwell] qui semblent être, nés pour changer le monde, boss. Reine d'Anglet. Le calme profond de nos jours devait-il être précédé par de tels orages [la Fronde]? ou bien létaient-ce les derniers efforts d'une liberté remuante qui allait céder la place à l'autorité légitime? id. AnnedeGons. Il n'y a que pour notre pauvre roi et reine d'Angleterre qu'il nu se fait point de révolution; et cette nation remuante demeure en repos depuis vingt-six ans, MAiNTENON, Lett. à Mme des UrsiTis, 4 7 sept. 47)4. Vu l'esprit inquiet et remuant de ce siècle qui bouleverse tout à chaque génération, peut-on concevoir une méthode plus insensée que d'élever un enfant comme n'ayant jamais à sortir de sa chambre? j. j. rouss. Emile, 1. 1{3° Qui est de nature à émouvoir.
— HIST. XIII* I. Ele n'avoit mie autel [tel] cuer, Com maintes femmes par le mont [monde]. Qui coraiges rcmuans ont. Et tout aussi les vont tornant Comme li cokes torne au vent, Bl. et Jeh. 221 0. Remuans fu [Déduit] , et preus et vistes; Plus legter homme ne velstes, la Rose, 8)9. ||xvi* s. Il estoit ardent, remuant, advisé, et de bon sens, amyot, Thém. 2. L'imagination, faculté remuante, inquiette, CHARRON, Sagesse, i, 44,
REMUÉ, ËE (re-mu-é, ée), part, passé de remuer. Il 1° Mis en mouvement. Elle aimait trop le bal.. ..Sa cendre encor frémit doucement remuée, Quand dans la nuit sereine une blanche nuée Danse autour du croissant des cieux, v, huoo. Orient. 3S. || Qui se met en mouvement. Les fauvettes.... vives, agiles, légères et sans cesse remuées, buff. la Fauvette, Il 2° Terre remuée, terre transportée d'un lieu à un autre. || Fig. Ces terres remuées [les choses religieuses en Angleterre] et devenues incapables de consistance sont tombées de toutes parts, et n'ont fait voir que d'effroyables précipices, bossu et, Reine d'Anglet. \\ 3° Qui reçoit une émotion, 11 se passa en même temps un moment de silence qui fut si touchant, que je ne saurais encore y penser sans me sentir remuée jusqu'au fond de l'âme, mariv. Jfortonne, part. 4. Sa fille me dit qu'elle avait été aussi fortement remuée qu'aucun des spectateurs, dider, LeU. à Mlle Yoland, i sept. 1769. || 4" Fig. et populairement. Cousin remué de germain, cousin issu de germain. || Par plaisanterie. Tout l'excès d'horreur et de ridicule, que douze mille hommes [serfs de Saint-Claude] utiles â TËtal soient esclaves de vingt fainéants, chanoines remués de moines, volt, Lett. d'Argental, 4" juillet )774,
REMUE-MÉNAGE ( re -mu -mé-na- j') , », m. Il 1° Terme familier. Dérangement de meubles, de choses que l'on déplace. Mme de Coulanges est à Livry, j'y veux aller pendant qu'on fera notre remue-ménage [déménagement], sév. 366. Hé, qu'estce donc? voici bien du remue-ménage dancouht, la Métempsycose, m, ». || 2' Fig. Changement, trouble, désordre. Jamais on ne vit tel orage, Ni si triste remue-ménage, scARR. Yirg. i. Les flots contre les flots font un remue-ménage Horrible.... mol. IcDép. IV, 2. Je ne m'amuserai point à vous conter le remua-ménage des évêques [nominations et mutations] : cela blesse et fait mal au cœur, sév. )"juin )684. Je vous envoie la liste du remue-ménage des intendants, m. 4 2 janv. 4 889. C'est là encore [la canonade, le bombardement] où gît la gloire ; elle aime le remue-ménage, et elle est personne d'un grand fracas, la brut. xii. Ne trouvez- vous pas qu'il y a dans cette pièce du remue-ménage comme dans l'Écossaise? volt. Lett. d'Argental, 3) août 4 768. Damiens bâtard de Bavaillac... et les poisons, et les exils, et le remue-ménage, et la guerre, et les vaisseaux de la compagnie des Indes qu'on nous gobe, rn. Lelt. Cidev. 9 fév. 4757. Sa voix rauque [du petit homme rouge] en chantant présage Au château grand remue-ménage, bérano, H. rouge. \\Au plur. Des remue-ménage,
— REM. Les poètes suppriment souvent l'e,- mais cela est inutile ; écrit ou non écrit, l'e ne compte pas.
— HIST. XVI* s. Ils passeront deux ou trois heures à jouer au flus.... à remuer ménage, et autres tels jeux qui ne sont pas défendus, Contes de Ckolières, f° 4 74, dans lacurne.
— ÊTYM. iJemuer, et ménage ; wallon, rtmotemaneg,
REMUEMEiST ou REMCMKNT (re-mu-man), s. m.
Il 1° Action de remuer. Le remuement de la foule. Ils [des sourds et muets] entendent tout ce qu'on dit au remuement des lèvres ; en un mot, ils sont fort bonne compagnie, volt. Lett. Mme du Deffant, 6 août 4 760. Il 2* Remuement des terres, transport de terres dans un autre lieu, || 8* Fig. Mouvement, agitation, changement. Pour la langue, on verra dans peu nos règlements. Et nous y prétendons faire des remuements, mol. Femm. sav. m, -. C'est le tracas qui nous détourned'y penser [à nos peines] et nous divertit ; de là vient que les hommes aiment tant le bruit et le remuement, pasc. Pens. iv, :, éiU HAVET, Il Troubles dans un État, dans une famille. X deux milles d'ici vous avez six mille hommes. Que depuis quelques jours, craignant des remuements. Je fai.iais tenir prêts à tous événements, corn. Pomp. IV, I. Les Flamands, peuple qui n'est assurément porté par son caractère ni à la nouveauté ni aux remuements, volt. Mceurs, )64. Il 4° Fig. Emotion morale. [Dans l'amour] les yeui s'allument et s'éteignent dans un même moment; et, quoique l'on ne voie pas manifestement que celle qui cause tout ce désordre y prenne garde, l'on a
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néanmoins la satisfaction de sentir tous ces remuements pour une personne qui le mérite bien, pasc. Pass. de l'amour.
— HIST. xiii* s. Miséricorde, remuement de fortune, péril, BRUN. LATiNi, Trésor, p. 6 19. X cascun remuement d'enfans lignages s'alonge un point, BF.AUM. XIX, 6. Il XVI' s. Sa chambrière ayant entendu la cause de ce remuement [de Démocrite, qui se levait de table pour aller dans son jardin], mont.
— ÊTYM. Hemuer;provenç. remudomen; espagn. remiidamicnto ; ilal. rimutamsnio.
t REMUE-QUEOE (re-rau-iteil) t. m. Bergeronnette. On dit mieux hoche-queue.
BEMCER (re-mu-é), je remuais, nous remuions, vous remuiez ; que je remue, que nous remuions, que vous remuiez, v. a. |1 !• Changer une chose de place, la mouvoir. De ce que j'ai dans l'âme la volonté que ma main soit remuée , il arrive qu'elle l'est en effet au même moment, boss. Connaiss.
III, 2. Nous voulons parler ou chanter; mais nous ne savons pas seulement quels muscles il faut remuer pour parler ou pour chanter, malebr. Rech. vér. T, 3. Les chiens, qui le sentent approcher [Télémaque], n'aboient point, mais remuent la queue ; ce qui fait voir à Ulysse que c'est quelqu'un de connaissance qui est sur le point d'entrer, RAC. Lett. àBoileau, 1693, dernière de l'année. Cousin, il faut ici remuer le gigot [danser], be- ONABD, le Bal, se. xvii. Vous voyez que je suis bon Français ; je combats les Anglais à ma façon ; je suis comme Diogène qui remuait son tonneau, pendant que tout le monde se préparait à la guerre dans Athènes, volt. Lett. Mme de Fontaine, ta avr. 4 756. Je voudrais, quand ma volonté remue mon bras ou ma jambe, découvrir le ressort par lequel ma volonté les remue; car sûrement il y en a un, ïD. l'H. aux 40 écus, Mariage. L'Hébreu en riant répondit : Votre Grandeur resterait ici jusqu'à demain, que la pierre ne serait pas encore arrivée, elle est à plus de six milles d'ici, et il faudrait quinze hommes pour la remuer, volt. Zadig, lO. Il ne faut pas une longue expérience pour sentir combien il est agréable d'agir par les mains d'autrui, et de n'avoir besoin que de remuer la langue pour faire mouvoir l'univers,:. J. rouss. Em. i. Ordinairement les propriétaires confient la garde de leurs magasins à blé à un boulanger, qui se charge de remuer le blé, GENLis, Maison rust. t. m, p. 52, dans pou- OENS. Je voulais voir [à Mycènes] jusqu'à la moindre pierre qu'avait pu remuer la main du roi des rois [Agamemnon], chateaubr. Itiii. part. 1. 1| Fig. Remuer toutes les pierres, faire tous ses efforts. M. de Lauzun ne se lassait pas de remuer toutes les pierres pour se rapprocher de la cour, st-sim. io8, 4 59. Il Familièrement. Remuer ses os , changer de résidence, voyager. Il ne faut point remuer ses vieux os, surtout les femmes, à moins que d'être ambassadrice, sÉv. Lett. à Coulanges, 8 janv. I090.||ll ne remue ni pied ni patte, il est sans mouvement. Il II ne saurait remuer ni pied ni patte, se dit d'un homme très-faible ou très-faligué, et qui ne peut marcher. || Fig. Il ne faut pas remuer la cendre des morts, il ne faut point rechercher leurs actions et attaquer leur mémoire. Et qu'ont fait tant d'auteurs pour remuer leur cendre ?boil. Sat. ix. || Fig. Il ne faut point remuer l'ordure, il est des choses dont il n'est ni décent ni permis de parler. || Fig. Plus on remue l'ordure, plus elle pue, il ne faut point parler d'une mauvaise action, il faut la laisser oublier. Il Hg. On a remué sa vaisselle, se disait d'un homme à qui on a envoyé les sergents qui l'ont saisi. Il Fig. Remuer les puces à un enfant, lui donner le fouet. Il Fig. et familièrement. Remuer beaucoup d'argent, faire beaucoup d'affaires d'argent /] Remuer l'argent à la pelle, avoir boaucoup d'jgent, être très-riche. || 2° Terme de manège. Remuer ou si filer la gaule, faire du bruit de la gaule, pour avertir le cheval quand il se ralentit. || 3° Remuer un enfant, le démailloter, le nettoyer et lui remettre ses langes. |j 4° Remuer de la terre, la transporter d'un lieu dans un autre. || Terme de guerre. Remuer la terre, fouir et porter la terre pour faire des retranchements, des mines, etc. La vérité est que notre tranchée est quelque chose de prodigieux, embrassant à la fois plusieurs montagnes et plusieurs vallées.... les gens de la cour commençaient à s'ennuyer de voir si longtemps remuer la terre, BAC. Lett. à Boileau, 3> juin 1692. || Remuer un champ, le bêcher, le fouir, etc. Remuez votre champ dès qu'on aura fait l'oût; Creusez, fouillez, bêchez.... la font. Fabl. v, S. || Fig. et familièrement. Remuer ciel et terre, faire beaucoup de dé-
marches, employer toutes sortes de moyens pour réussir. Mais je veux employer mes efforts plus puissants. Remuer terre et ciel, m'y prendre de tous sens, MOL. l'Ét. V, 12. Il [Satan] remue le ciel et la terre pour susciter des ennemis à Dieu, boss. I" sermon, Démons, 2. || On dit dans le même sens : remuer toutes choses. Vous remuez toutes choses pour faire croire que.... pasc. Prov. xviii. || S° Donner le branle. Il a beau se donner de la peine et remuer sa mauvaise fortune.... balz. liv. 11, lett. 9. Nous sommes tous bien faibles et bien tremblants sous la main toute-puissante [de DieuJ qui remue l'Europe d'une telle manifcre présentement.... sfiv. 22 av. «689. Pendant qu'il [le cardinal de Retz] voulait acquérir ce qu'il devait un jour mépriser, il remua tout par de secrets et puissants ressorts, boss. le Tellier. Ce grand capitaine [Annibal], réduit à se sauver de son pays, remua l'Orient contre eux [les Romains], id. Ilist. 1, 9. La reine remue en vain la France, la Hollande, la Pologne même, et les puissances du Nord les plus éloignées, id. Reine d'Ànglet. Cet homme de grand secours qui n'épargne ni le saint ni le profane pour entrer dans nos desseins, qui sait remuer les intérêts et les passions, ces deux grands ressorts de la vie humaine, id. Sermons,
Ambition, 4 Demain, quoique lu fasses. Avec ou
malgré toi nous remuerons les masses, c. delav. la Popular. m, 4. || Absolument. Il [un politique] avait trop de ce qui élève et qui remue, et trop peu de ce qui fonde et qui affermit, balz. De la cour, t' dise. Il G° Apporter trouble, innovation. La licence où se jettent les esprits quand on ébranle les fondements de la religion et qu'on remue les bornes une fois posées, boss. Reine d'Anglet. Les sages lui dénoncèrent [à Henri VIII] qu'en remuant ce seul point [l'autorité de l'Église], il mettait tout en péril, id. Reine d'.lnglet. L'obligation de demeurer parfaitement soumis, sans jamais rien remuer contre l'empire, id. 5* ai en. ta. Il 7* S'occuper de, mettre sur le tapis. Flaccius lUyricus, qui remuait cette question, avait un dessein plus caché, il voulait perdre Mélanchthon, boss. Yar. viii, 46. Les matières que votre prédicateur a remuées, id. Lett. Corn. 4 23. Si les vérités de pratique ne sont souvent remuées, souvent amenées à notre vue, elles perdent l'habitude de se présenter et cessent par conséquent d'éclairer, m. 2" sermon, Dimanche de lapassion, 2. Jurisprudence, philologie, critique, langues savantes et étrangères, histoire ancienne et moderne, histoire littéraire , traductions, éloquence et poésie, il [le président Bouhier) remua tout, il embrassa tout, d'alemb. Éloges, Bouhier. || Remuer une affaire, en reprendre la poursuite. Pour intimider tous ceux qui à l'avenir seraient tentés do remuer cette affaire, vertot, R:v. rom. III, p. 235. Il 8° Émouvoir. L'amour pont bion remuer le cœur des héros du monde.... mais il y a des âmes d'un ordre supérieur à ses lois, à qui il no peut inspirer dos sentiments indignes de leur rang, boss. Mar.-Thér. Remuez nos consciences, et ne souffrez pas qu'elles tombent dans un assoupissement dont elles ne reviendraient plus, bourdal. 9* dimanche après la Pentecôte, Dominic. t. ui, p. 486. Que dans tous vos discours la passion émue Aille chercher le cœur, l'échauffé et le remue, boil. Art p. m. Hélas ! mon cher Mentor, je sentais bien dans cet inconnu je ne sais quoi qui m'attirait à lui et qui remuait toutes mes entrailles, fén. Tél. xxiv. L'éloquence et la poésie ne prétendent guère que flatter ou remuer l'imagination, fo.nten. Lagny. Le prince a des passions ; le ministre les remue ; c'est de ce côté-là qu'il dirige son ministère, mon- TESQ. Lett. pers. 4 27. Et moi, je répondais tout bas à l'homme froid que j'avais remué.... dideh. Lett. à Mlle Voland, 9 oct. 4759. Tout concourt à prouver, même dans le physique, que l'animal n'est remué que par l'appétit, et que l'homme est conduit par un principe supérieur, bufp. Nature des ani7n. Il Absolument. L'un [Corneille] élive, étonne, maîtrise, instruit; l'autre [Racine] plaît, remue, touche, pénètre, LA BRUY. i. Une jeune beauté. Que j'ai vue au couvent, dontla grâce ingénue Frappe au premier abord, intéresse et remue, boissy, Deh. tromp. i, 7. S'ils [les sophistes grecs] séduisent quelquefois, ils ne remuent jamais, parce que le paradoxe y tient lieu de la vérité, et la chaleur de l'imagination de celle de l'âme, barthél. Anach. ch. 58. || Familièrement. Remuer la bile, exciter la colère, l'indignation. Est-ce que ce discours-là ne vous remue pas la bile? mariv. Surpr. de Vamour, i, 7. IIS" Remuer quelqu'un, le déplacer. Votre petite d'Aix [une fille de Mme de Grignan] me fait pitié, d'être destinée i demeurer dans ce couvent.... en
attendant une vocation, vous n'oseriez ra remuer, de peur qu'elle ne se dissipe, sév. 24 juill. 4680. Il 10° V. n. Faire quelque mouvement, changer de place. Ne remuez pas de là. Et comme la douleur, un assez long espace. M'a fait, sans remuer, demeurer sur la place, mol. Éc. des femmes, V, 2. Je suis un peu fâché contre cet Ali d'Egypte, qui ne remue pas plus qu'une momie [dans la guerre des Russes contre les Turcs], volt. Lett. à Catherine II, 4 4 sept. 4 770. ||Fig. Tenter, agir. Les jésuites remuent beaucoup et remueront sans doute à Rome, boss. Lett. quiét. H3. Tant que ma fille n'a eu que sa beauté en partage, aucun n'a remuéj et, maintenant qu'elle a cent mille écus en mariage, vous venez de toutes parts vous offrir en foule, LEonAND, Philanthr. se. 4. || Exciter trouble, sédition. Il était soupçonné d'avoir voulu remuer, pendant que le roi était aux Indes, vAt'OEL. Q. C. ix, 40. Rien ne remuait en Judée contre Athalie: elle se croyait affermie par un règne de six ans, id. ib. 1, 6. Antiochus fut troublé de la nouvelle qu'il reçut, que les provinces d'Orient et Arlaxias, roi d'Arménie, au septentrion, remuaient et étaient prêts de se soulever contr3 lui, ROLLiN Ilist. anc. Œuv. t. vin, p. 669, dans pouoENS. Il 11° Se remuer, v. réfl. Se mouvoir. Donnez-nous, dit ce peuple, un roi qui se remue, LA FONT. Fabl. m, 4. Quand tout se remue également, rien ne se remue en apparence, comme en un vaisseau, pasc. Pens. vi, 24, éd. havet. .Mon cerveau est comme un cabinet de peintures dont les tableaux se remueraient et se rangeraient au gré du maître de la maison, pén. Exist. 48. Je ne puis me remuer; il y a deux ans que je n'ai mis d'habit, j'ai fermé ma porte à tous les étrangers, VOLT. Lett. Richelieu, 29 avr. 4772. || Fig. L'argent se remue, se dit quand il se lait beaucoup d'affaires. Il 12° Se donner du mouvement pour réussir. Hercule veut qu'on se remue. Puis il aide les gens, la FONT. Fabl. VI, 4 8. Que si je viens à être découvert, je verrai, sans me remuer, prendre mes intérêts à toute la cabale, et je serai défendu par elle envers et contre tous, mol. Festin, v, 2. Il ne sera pas dit qu'en un fait qui me touche Je ne me sois non plus remué qu'une souche, id. l'Ét. m, 9. En quelque endroit qu'ils [les pélagiens] se remuassent, saint Augustin les prévenait, boss. Déf. de la tradition, v, 1 2. Dansun temps où toutun royaume se remue pour la conversion des hérétiques, id. Louis de Bourbor.. La Perse se remuait en sa faveur, id. Ilist. i, 8. Une affaire de rien, et qui ne mérite pas qu'on s'en remue, la brut. viii. || Avec ellipse du pronom personnel. Entrons plus avant dans ces ressorts secrets et imperceptibles qui font remuer le cœur humain, Bcss. Sermons, Ambition, 4. || Faire remuer les puissances ou faire que les puissances se remuent, taire agir les personnes qui ont l'autorité en main. Il 13" Exciter troubla ou guerre. L'intérêt des gens de qualité ne fut pas aussi la seule cause qui obligea la réforme à se remuer sous François II ou Charles IX ; car ils se seraient remués dès le temps de François 1" et de Henri II, boss. 5« avert. 22. Il 14° Il se dit des mouvements de l'âme, des agitations morales ou politiques. C'est en quoi ces spectacles [du théâtre] sont à craindre, parce que le cœur apprend insensiblement à se remuer de bonne foi, boss. Sermons, Parole de Dieu, 3. Si on lève ces empêchements [la difficulté et la crainte], nos inclinations corrompues commencent à se remuer et à se produire, lo. Serm. Ambition, I. Aussitôt qu'il fut arrivé à cet âge ardent où je ne sais quoi commence à se remuer dans le cœur.... ID. Panégyr. St Benoît, 4. Quelque chose de plus violent se remuait dans le fond des cœurs : c'était un dégoût secret de tout ce qui a de l'autorité, et une démangeaison d'innover sans fin, après qu'on en a vu le premier exemple, id. Reine d'Anglet. Il Impersonnellement. Sire, vous savez les besoins de vos peuples.... il seremue pour Votre Majesté quelque chose d'illustre et de grand, et qui passe la destinée des rois vos prédécesseurs, boss. Sermons, Devoirs des rois, 2.
— HIST. XII* s. E il ne se remuèrent, ne un» père [pierre] ne gitierent, Machab. i, 2. E ne remuerai pas [je n'éloignerai pas] tut tun lignage de mun autel. Rois, p. 4 0. || xnf s. Et porce que nos gardons la vielle loi, là où ele ne fu pas remuée [changée], brun, latini. Très. p. 63. L'aiguë ne la terre n'ont pooir de remuer dou leu où la nature les a establies, id. ib. p. 4 12. Quant Berte l'entendi, tous li sans lui remue, Berte, lu. Que onques puis [elle] ne fu de son lit remuée, ib. lxxxii. Hom qui se remue de vile à autre, et amaine son harnas à Paris, il ne doit paier que un denier
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de chaude, iiv. des met. 'j7«. Si me convinl chpoii- pasmé Desous ung olivier ramé; Granl pièce 1 jui [restai couché] sans remuer, la Rose, ma. Chascun an remueront li borjois ces quatre eschevins, du c\nge, remulare || xiV s. Robin Doccie cousin germain duiiit Martin, et cousin remué de germain de Colette sa fille, du cange, ib. Lequel Colin pour ce qu'il estoit haïs de tout le peuple, aucun mire [médecin] ne cirurgien ne le voult [voulut] aler remuer ^oigner], ID. ib. || xv' s. Que chascuns de vous se remue D'y venir bien legieremeni, vilion, Rep. fr. Lors on feit grande diligence de le prendre, et feut pris et amené en son logis.... et ne remuoit ne bras ne jambe, juvén. Ch. VI, <-l92. On doit aller guerroier en esté Et ou printemps que l'erbette point drue. Que li chaut vient, et yver se remue, e. desch. Poésies mss. f" 49. Le trop d'officiers remue [réforme], Que tu as comme cispaulx en mue; Et si ne te servent de rien Fors de gaster peuple et le lien, id. ib. f" 32u. Faites le chevalier mettre en une belle chambre, et remuer [panser! ses playes bien et songncusement, Perceforest, t. I, f" 4o". Il xvt's. Aristole, qui remua toutes choses, s'enquiert.... mont, i, U. Pendant que nous nous remuons [vivons].... mais estant hors de l'estre.... m. i, 14. Remuer lesdez, id. i, fus. Leur religion portoit que les âmes estant éternelles ne cessoient de se remuer et changer de place d'un corps à un autre, id. n, (32. La tribune des liarengues regardoit vers la mer; mais les trente tyrans la remuèrent ailleurs pour la faire tourner devers terre, amyot, Thém. 38. Hannibal se remuoit souvent de lieu à autre, pour voir s'il le pourroit point attirer [Fabius] hors de ceste resolution de ne mettre rien en hasard, id. Fab. li. Il ne vouloit point des soudards qui remuassent les mains en allant par les champs, ny les pieds en combattant, id. Calon, 17. Les Scythes crèvent les yeulx à leurs esclaves, à fin qu'ils leur tournent et remuent leur laict, id. Que la vertu se peut apvrendre, s. X sept ans, aians achevé de remuer [changer] leurs dents, de là en hors autre jugement n'en peut-on faire [de l'âge des chevaux] que par indice, o. de serbes, 303. Si quelque chose se remue, faites que les advertissements se donnent aussitôt, Bibl. des chartes, 3" sér. t. I, p. 603. De chose perdue le conseil no se remue, cotgbave.
— ÊTYM. Re...,et muer; Berry, remuer, déménager; provenç. et espagn. remudar; ital. rimutare. Le sens primitif est changer de nouveau ; de là, déplacer.
t REMDEUR, ECSE (re-mu-eur, eû-z'), s. m. et f. Il 1" Celui, celle qui remue. || 2° S. m. Ouvrier employé à remuer le blé dans un grenier, afin qu'il ne s'échauffe pas.
— HIST. xvi* s. Les séditieux et remueurs de nouvelletez, Sat. ilén. p. 4 27. 11 le cognoissoit pour un grand remueur, comme ayant esté nourry quasi toute sa vie en cour de Rome, carl. vi, 9.
— ÉTYM. iîemuer.
BE.MOEUSE (re-mu-eû-z'), s. f. Femme qu'on donne en aide à la nourrice de l'enfant d'un prince, d'un grand seigneur, et qui a soin de le remuer, c'est-à-ilire de le changer de langes et de le nettoyer. La reine d'Angleterre et le prince de Galles, sa nourrice et une remueuse uniquement seront ici incessamment, sÉv. 24 déc. «688.
— ÉTYM. Remuer.
RESIUGLE (re-mu-gl') ou RE.MEUGLE (re-meugl'), s. m. Terme vieilli. Odeur de ce qui a été longtemps enfermé ou exposé à un mauvais air. Plus on pénètre en eux, plus on sent le remeuglo,
RÉGNIER, Sat. XI.
— HiST. XVI* s. Pour sçavoir si ledit moulin est net pour faire moustarde.... et que ledit sénevé ne sente le remeugle, Ordonn. sept. <5U. Et pour garder longtemps ton ostéotomie seiche, ne la faut pas mettre en lieu remulge ny humide, mais en lieu sec, paré, iv, chap. compl. Je remarque en la plupart d'eux un fil de langage mal tissu, une liaison mal cousue, un certain défaut d'entregent, et à peu dire un tout qui sent son remeugle, pas- QuiEH, Recherches, i, <.
— ÉTYM. Provenç. remueyll, remoil ; catal. remull; espagn. remojo; portug. remolho. Les langues sœurs font voir que remugle, remeugle, sur lequel on aurait pu être fort embarrassé, vient de re..., et mouiller; ce que montre aussi le poitevin remeil, revieuil, pis de la vache. Cela confirme d autant l'étjmologie de relent. Au reste ce mot [remulge) a dans Paré le sens d'humide. On dit en Koimniidia remucre.
t KÉMUNÉKANT, ANTK [ré-mu-né-ran, ran-t'),
adj. Oui rémunère, qui sert de rémunération. Un travail rémunérant.
RfiMUMÎKATEUR , TRICE (ré-mu-né-ra-teur, tri-s'), (idj. 111° Qui récompense. Il croyait un Dieu rémunérateur de la vertu et vengeur des crimes, BOURDAL. 4* dim. après la Pentecôte, Dominic. t. II, p. 428. Nous adorons depuis le commencement des choses la divinité unique, éternelle, rémunératrice de la vertu et vengeresse du crime, volt. Phil. Prof, foi théiste. \\ Substantivement. Je suis de tous les bons le rémunérateur, corn. Imit. m, 3. Le sage de l'Évangile ne cherche ici-bas dans sa vertu que la satisfaction d'obéir à Dieu, qui en sera un jour le rémunérateur, mass. Avent, Circonc. Que l'apparent bonheur de cette vie n'est rien; qu'il en est une autre après elle, dans laquelle cet être suprême sera le rémunérateur des bons et le juge des méchants, J. :. Rouss. Ém. v. || i' Terme d'industrie ou de commerce. Qui fait rentrer dans les avances et procure du profit. Travail rémunérateur. Prix rémunérateur.
— HIST. xvi" s. Le Seigneur n'apparoist point, aux préceptes de la loy, rémunérateur sinon de parfaite justice, de laquelle nous sommes tous desprouveus, calv. Inst. 262.
— ETYM. Lat. remuneratorem, de remuneror« (voy. rémunériîr).
RÉMUNÉRATION (ré-mu-né-ra-sion ; en vers de six syllabes), s. f. Récompense. La rémunération d'un travail. Jean Petit.... conclut [dans son plaidoyer en faveur du duc de Bourgogne auteur de l'assassinat du duc d'Orléans] que le roi devait en récompenser le duc de Bourgogne, à l'exemple des rémunérations que Dieu donna à monseigneur saint Michel archange, pour avoir tué le diable, VOLT. Hist. pari. vi.
— HIST. xiV s. Les remuneracions de ceulx qui gardent justice, oresme. Thèse de meunier. Elle m'avoit fait moult de services et de bontés, desqueles onques ne li avoie fait rémunération, machaut, p. (43. Il XV* s. Offrant pour recognoissance et remunerasion dudit héritage.... faire et paier quelque courtoisie, Souvenirs de la Flandre Wallonne, juillet et aoiit (869, p. (04. Mais l'ami de vraie amitié Suit l'ami en adversité, Non pour remuneracion....E. dfsch. Miroir de mariage, p. (.||xvi*s. Ceste rémunération procède de sa benevolence gratuite [de Dieu], calv. Inst. 220. Quand je me ressouviens du peu d'ordre qu'il y a aux rémunérations de nos soldats françois, lanoue, 304. Accompagnant tousjours ses remontrances de rémunération de ceulx qui faisoient bien, et de punition de ceulx qui faisoient mal, amvot. C. d'Utiq. )5.
— ÉTYM. Provenç. rémunération; ital. remuneraiione; du lat. remuneraliortem, de remunerare (voy. réminérer).
RÉMUNÉRATOIRE (ré-mu -né-ra-toi-i'), adj.
Terme de palais. Qui tient lieu de récompense. Legs rémunératoire.
— HIST. xvi* s. En donation, soit simple ou rémunératoire.... retrait n'a lieu, loysel, 445.
— ÉTYM. Rémunérer.
RÉMUNÉRÉ, ÉE (ré-mu-néré, rée), part, poss^ de rémunérer. Les belles actions rémunérées par le prince.
RÉMUNÉRER (ré-mu-né-ré. La syllabe n^prend un accent (grave quand la syllabe qui suit est muette, exceptéau futur et au conditionnel : je rémunérerai), V. a. Récompenser. Rémunérer un service. D'une casaque donc fort riche, Grand signe qu'il n'était pas chiche, Cloanthus il rémunéra, scarr. Virg. v.
— HIST. XIV* s. Avoit souverain désir et estoit son intention et propusde leur rémunérer, du cange, remunerare. \\ xv* s. Car, en servant, se sont rémunère. Et ont acquis rente ou possession, e. desch. Ballade, la fourmi et le criquet. Dieux punit mal ; le bien rémunérer Vourra [il voudra] aux bons, ainsi faire le suell, id. Fais ce que dois. || xvi* s. Bien avoit il le cueur grand, tant à punir les forfaicts, comme à rémunérer les bienfaicts, amyot, Anton. 28.
— ÉTYM. Lat. remunerare, de re..., et munerare, gratifier.
t HEMUNIR fre-mu-nir), v. a. Munir do nouveau. On remuMt les forls, on voit de toutes parts Et creuser les lossé.i et hausser les remparts, brébeuf, Phars. 4..
— HIST. xvi* s. Ils s'acheminèrent à grandes journées vers 11 Charité et autres villes qui tenoyent leur parti, pour se remunir des commodités nécessaires, LANGUE, 702.
RENÂCLER (re-nâ-klé),». n. || 1° Faire certain bruit en retirant son haleine par le nez, lorsqu'on est en colère. || 8° Fig. et familièrement. Témoigner
lie la répugnance pour quelque chose. Il renâcle à celte besogne, à cette <lémarcho. || Il se conjugua avec l'auxiliaire avoir. || On disait rcnasquer au xvii* siècle. Elle [Mme de Sévigné malade à qui on avait pincé le nez trop fort pour la moucher] n'« pu s'empêcher de renasqucr un peu contre le zè!» indiscret, qui avait ce transport, ch. de sÉv. dans sÉv. 21 janvier (676.
— HIST. XIV* s. Ncantmoins leur sembloit il bon de refraindre et renaquer ariicre, berciieure, I*'44, recto. Il XVI* s. Alors je ne vey jamais mieux renaS' quer, disant : mort Dieu, que dira l'empereur T Carl. y, 20. Pensans qu'il deust mettre le feu da dans, ou du moins les froisser en poudre tous les uns après les autres sans mercy, tant il renaquoil et frappoit des pieds bravement, i)tal. de Tahureau p. 31, dans LACOHNE.
— ÊTYM. Génev. renasquer; Berry, rentcfer; wallon, rinaclé. Origine incertaine. Grandgannage le tire du vieux français nasi/ue, morve, bourguignon naque; ce serait faire remonter la morve du nez en reniflant. Le Berry a naque ou nique, dont d'enfant; renaquer serait-il retirer le» lèvres et montrer la dent?
t RENAGER (re-na-jé), v. n. Nager de nouveau.
— HIST. XVI* s. Renager, cotgrave.
RENAISSANCE (re-nê-san-s'j, s. f. || 1* Seconde,
nouvelle nais-<ance. La renaissance du phén.x. Au temps de la renaissance générale, le Fils de l'homme sera assis sur le trône de sa gloire. || Terme forestier. Rois en renaissance, voy. recru. |i 2- Au sens mystique. La renaissance des hommes en Jésus Christ.leut génération spirituelle. Dieu lui donna des parents vraiment chrétiens, qui eurent grand soi-i de le conserver dans la pureté que sa renaissance en Jésus- Christ lui avait donnée, Vie de D. Barthélémy des Martyrs, dans biciielet. |I 3' Renouvellement. La renaissance du printemps, de la verdure. La ferveur coniluisait quelquefois les prières jusqu'à la renaissance du jour, l'abbé hauteville, dans desfont. Il 4° Fig II se dit de la réapparition de choses murales ou intellectuelles. Bientôt suit la privation [du l'action de Dieu sur l'âme], qui, par la renaissance des désirs qu'elle rallume, fait un cercle de notre vie, (lui passe continuellement du désir à la jouissance, de la jouissance à l'absence, et de l'absence au désir, ROSS. Union de J. C. avec son épouse. On aperçoit en ses discours la renaissance des lettres humaines dans ce royaume, le malstre, dans uou- HOURS, Remarques. On ne peut douter qu'elles [Ici coutumesj n'aient beaucoup servi à la renaissancii de notre droit français, montesq. Esp. xxviii, 45. C'est une petite siitgnlarllé que la renaissance du théâtre et l'observation des règles aient commencé en Italie et en France par une Sophonisbc, VOLT. Mél. litt. Chang. art tragique Le règne de François I" fut un temps de prodigalité et de malheurs ; s'il eut quelque éclat, ce fut par la renaissance des lettres, jusqu'alors méprisées, id. Ilist. pari. XX. Ce tableau de la renais.sance de toutes les vertus dans un cœur que le vice a pu souiller, mais n'a pu corrompre, marmontel, Œuv. t. vu, p. 4t. Il 5" Absolument. Époque où les lettres grecques font leur entrée en Occident; ce qui excita la plus vive ardeur pour l'étude des monuments littéraires de l'antiquité; cette époque commence à la prise de Constantinople en <453, qui causa l'émigration de beaucoup de Grecs instruits en Italie. Architecture de la Renaissance. Meubles de la Renaissance. Style de la renaissance. L'aimable mot de Renaissance ne rappelle aux amis du beau que l'avènement d'un art nouveau et le libre essor de la fantaisie ; pour l'érudit, c'est la rénovation des études de l'antiquité; pour le légiste, le jour qui commence à luire sur le discordant chaos de nos vieilles coutumes; est-ce tout? .michelet, Hist. de France, Renaissance, p. 4. || Adjectivement. Styl» renaissance. || 6" Par extension , renaissance est pris quelquefois pour indiquer un vif mouvement dans les esprits, après un temps d'oppression. En considérant la liberté dont tous les arts ont joui après l'Fmpire et ce qu'ils ont produit, on a dit que la Restauration avait été une renaissance.
— SYN. renaissance, régénération. Ce qui avait cessé d'exister, a une renaissance ; ce qui, existant déjà, reprend une vie autre et meilleure, a une régénération. Dans l'emploi mystique, renaissance et régénération sont synonymes.
— HIST. XV* s. Puisqu'en Jhesu Crist, noslre sire, Qui est vraiz diex, n'avez créance, Ne que pris n'avez renaiscence Par baptesme.... Mystère de Barl. et Jos. dans oui de cambrai, p. 4(0. || xvi* s. Quand l'ame [trop attachée au corps] s'en déloge et s'en
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revoie [de cette viej, elle y rentre tout à coup par le moyen des renaissances, la boétie, 314.
— ETYM. Renaissant.
RENAISSANT, ANTE (re-nê-san, san-t'), adj. Oui renaît. Pouvez-vous redouter sa haine renaissante, S'il est en votre main de la rendre impuissante? CORN. Hodog. m, 4. Je peindrai les plaisirs en foule renaissants, boil. Ép. i. Télémaque s'avança vers ces rois, qui étaient dans des bocages odoriférants sur des gazons toujours renaissants et fleuris [aux Champs-Elysées], fén. Tél. xviii. Cette princesse [Marie de Médicis], pour mieux affermir son autorité renaissante, voulait faire entrer dans le conseil le cardinal de Richelieu, son favori, son surintendant, et qui lui devait la pourpre, volt. J/œurs, (75. Tous les plaisirs que la nature nous donne sont des besoins toujours renaissants, des jouissances nécessaires, id. Dict. phil. Rare. Là, devant ce péristyle. Un tribunal impuissant Au bûcher livra V Emile, Phénix toujours renaissant, BÉRANO. Muse en fuite. Et le siècle qui meurt racontant ses misères Au siècle renaissant, lahart. tiédit, le Désespoir.
RENAÎTRE (re-nê-tr'), V. a. Il se conjugue comme naître. {| 1" Naître de nouveau, revenir à la vie. Hippolyte renaquit suivant la Fable. La gloire des méchants en un moment s'éteint : L'affreux tombeau pour jamais les dévore; Il n'en est pas ainsi de celui qui te craint : Il renaîtra, mon Dieu, plus brillant que l'aurore, rac Esth. ii, 9. Si Ciomwell renaissait, lui qui a fait couper la tête à son roi et s'est fait souverain, il serait un simple citoyen de Londres, volt. Dict. phil. Socinien. On a vu dans Bénarès des disciples de brames et jusqu'à des brames même se brûler pour renaître bienheureux, m. Pol. et lég. Fragm. sur l'Inde, 24. Il [un coupable dans les enfers] périt pour renaître, il renaît pour souffrir; 11 joint l'horreur de vivre à l'horreur de mourir, delille, Én.vi. |{ Fig. Renaître par le baptême, par la pénitence, rentrer en état de grâce. Il En un sens analogue. Prends un cœur tout nouveau; viens, obéis, suis-moi, Et renais Espagnole, en renonçant à toi, volt. Alx. i, i. \\ Par exagération. Renaître à la vie, recouvrer la santé, après avoir été fort malade. Tout nous appelle aux champs, le printemps va renaître ; Et j'y vais renaître avec lui, gresskt, Ep. à ma sœur. Lorsque plus tard, las de souffrir. Pour renaître ou pour en finir, J'ai voulu m'exiler de France, a. de musset. Poésies nouv. Nuit de décembre. || Fig. Renaître au bonheur, redevenir heureux, après beaucoup d'afflictions, de malheurs. || 2° Il se dit d'êtres animés qui prennent la place d'êtres semblables morts ou détruits. On ne saurait venir à bout de nettoyer ce jardin de colimaçons; plus on en tue, plus il en renaît. || Particulièrement. Être reproduit semblable, en parlant de personnages. Mille vengeurs d'un roi renaîtront de sa cendre, du ryer, Scévole, ii, 3. Renaltra-t-il jamais un autre ami de la vérité que mon sort n'effraye pas? j. j. Houss. Lett. de la Montagne, 5. || 3° En parlant des végétaux, repousser, croître de nouveau. Au printemps les fleurs renaissent. || On dit à peu près dans le même sens : Toute la nature renaît au printemps. Il II se dit, par analogie, de tout ce qui repousse. Ses cheveux commencent à renaître. Quand les premières dents sont tombées, il en renaît d'autres. Les têtes de l'hydre de Lerne renaissaient sous la main d'Hercule qui les coupait. || 4° Reparaître, se remontrer. Le Rhône se perd sous la terre, puis renaît un peu plus loin. Les loupes renaissent quelquefois, quand on les croyait guéries. Tel fut cet empereur sous qui Rome adorée Vit renaître les jours de Saturne et de Rhée, boil. Épit. i. Déjà le jour renaît ; tout le peuple s'avance, volt. Fanât. IV, a. J'aime les beaux vers autant que M. le comte de Provence, à qui je sais bon gré d'ailleurs de faire renaître le temps des anciens troubadours, id. Lett. Deliste, «0 juill. (774. HB" Fig. Il se dit de tout ce que l'on compare à une renaissance. Le quiétisme renaissant en M. de Cambrai, boss. Rem. Réponse, VII, (2, 54. Cette gloire [situation éclatante] qu'il a maintenue, et qu'il a vue renaître en ses enfants de génération en génération, pléch. Je Tellier. [C'est] L'ennemi des Romains, l'héritier et l'appui D'un empire et d'un nom qui vont renaître en lui, bac. Mith. III, 6. Jérusalem renaît plus brillante et plus belle, id. Alhal. III, 7. Je remarquais ce que disait Mentor, et je sentais renaître mon courage au fond de mon cœur à mesure que ce sage ami me parlait, fên. Tél. II. Les conjurations au commencement du règne d'Auguste renaissaient toujours, montesq. Rom. H. Ces feux qu'on croit éteints renaissent de leur Mndre. volt. Œdtpe, ii, 2. Ah! je revois le jour.
et mes forces renaissent, id. Fanât, iv, 4. L'Allemagne se polit et s'embellit tous les jours; l'Italie semble renaître ; puisse durer longtemps une félicité dont on ne sent pas assez le prix I id. Pol. et lég, Fragm. sur l'Inde, 3*. || 6° Absolument. Reprendre des forces, des qualités morales. Avec la liberté Rome s'en va renaître, corn. Cinna, i, 3. Je renais, et je sens s'affermir dans mon sein Celte intrépidité dont je doutais encore, volt. Orphel. V, 4. Ruslan, en entendant ces paroles, se sentit renaître, id. Blanc et noir. Nous renaissons, ma Julie; tous les vrais sentiments de nos âmes reprennent leur cours ; la nature nous a conservé l'être, et l'amour nous rend la vie, j. j. Rouss. Hél. m, 16. S'il pouvait à la fois retrouver les souvenirs de sa patrie et recevoir par l'imagination une vie nouvelle, renaître pour l'avenir, sans rompre avec le passé I stael, Corinne, ii, 4. || Renaître jusque-là que..., reprendre ses premières vertus au point de.... ....si jusque-là Rome pouvait renaître. Qu'elle fût en état de se passer de maître, corn. Otiion, m, 3. Il II se conjugue avec l'auxiliaire être : Il est rené à l'espérance.
— HIST. xii* s. Ne que 11 hom porroit entrer Au ventre sa mère et renestre, la Charrette, 3066. Il XIII' s. Quant li pecheour, qui sunt ausi come foins, seront rené, ce est resuscité au jourdel joîse [jugement], Psautier, f° t<2. Car les estoiles si comportent, De signe en signe se reportent, Or se coûtent [couchent] selonc droiture. Or renaissent selonc nature, gui de cambrai, Barl. et Jos. p. )7i. Le jour de la Saint Marc, me dit le roy que à celi jour il avoit esté né; et je li diz que encore pooit il bien dire que il estoit renez, quant il de celle périlleuse terre eschapoit, ioinv. 283. || xvi* s. 11 feist renaistre es courages des soudards une envie de se trouver aux prises, amyot, Pélop. et Marc. cump. 3.
— ÉTYM. Re..., et naître; prov. renascer; cat. renaixer; espagn. renacer; ital. rinascere.
RËNAL, ALE (ré-nal, na-l'), adj. Terme d'anatomie. Qui a rapport aux reins. Nerf rénal. Calculs rénaux. Il Plexus rénal, lacis nerveux, double comme l'organe auquel il appartient, et provenant des plexus solaire et cœliaque, de la partie externe des ganglions semi-lunaires, et des petits nerfs splanchniques.
— HIST. XVI* s. Veine appellée rénale ou emulgente, parce qu'elle succe et tire le sang de la masse sanguinaire, paré, i, 22.
— ÉTYM. Lat. renalis, de ren, rein.
t RENAMOURER (ran-na-mou-ré), v. o. Enamourer de nouveau.
— HIST. XVI* s. Lorsque les cieux en destins bienheurez Du dieu amour feurent renamourez, loys le CARON, Poésies, f" 34, dans lacurne.
— ÉTYM. Re..., et énamourer.
1. RENARD (re-nar; le d ne se prononce pas et ne se lie pas; au pluriel, Vs ne se lie pas : des re-nar écorchés ; cependant quelques-uns la lient: des re-nar-z écorchés), s. m. || 1° Quadrupède carnassier à longue queue, du genre chien. 11 [Samson] alla prendre trois cents renards qu'il lia l'un à l'autre par la queue, et y attacha des flambeaux, SACi, Bible, Juges, xv, 4. Honteux comme un renard qu'une poule aurait pris, la font. Fahl. i, 18. Certain renard gascon, d'autres disent normand. Mourant presque de faim, vit au haut d'une treille Des raisins mûrs apparemment Et couverts d'une peau vermeille,», ib. m, 1 1. Mais d'où vient qu'au renard Ésope accorde un point , C'est d'exceller en tours pleins de matoiserie? id. ib. xi, 6. Le renard est fameux par ses ruses, et mérite en partie sa réputation, buff. Quadrup. t. il, p. 205. Le loup nuit plus au paysan, le renard nuit plus au gentilhomme, ID. t6. t. Il, p. 208. Le renard, moins habile mineur que le blaireau, profite souvent du terrier de celui-ci, ou des souterrains pratiqués par d'autres animaux, bonnet, Conlempl. nat. xii, 30. Les renards sont des animaux carnivores qui, au défaut de poules et de lapins, mangent avec avidité les rats, les souris, les mulots, genlis. Maison rust. t. 1, p. 328, dans pougens. L'expérience a prouvé que, dans les cantons où il n'y a plus de renards, les mulots s'étaient multipliés au point qu'ils abîmaient les prairies et les récoltes, id. ih. || Ils sont enfumés comme des renards, se dit de ceux qui demeurent dans une maison qui fume. || Faire la guerre en renard, agir en renard, faire la guerre avec ruse, agir finement. || Il se donne la discipline avec une queue de renard, se dit d'un faux dévot sensuel. || Le renard a pissé sur ces raisins, se dit de raisins blancs devenus roux par l'action du soleil et par la maturité. || Une toux de renard qui conduit au terrier, vieille toux qui dure jusqu'à la mort. || Fig.
Vendre la poule au renard, trahir les intérêts qui nous sont conlîés. Nos métayers sont des fripons qui vendent la poule au renard, p. L. coum. i" lett. porti'cuii^re. Il Prendre martre pour renard, prendre une chose pour une autre, étant trompé par la ressemblance. Il Rendre martre pour renard, duper qui nous a dupés. Je voudrais.... Qu'elle pût un moment vous piper en votre art. Rendre; conte pour conte et martre pour renard, corn. Menteur, m, 4. H Se confesser au renard, découvrir^son secret à celui qui en tire avantage , ou qui a intérêt d'empêcher l'affaire (locution tirée du roman de Renart, où le goupil se fait confesseur pour attraper ses ouailles) Il Au renard, cri qu'on adresse à un homme qui » été trompé, croyant avoir trouvé quelque chose do bon. Ils se sont mis, sans me rien dire, X s'entreregarder et /ire; Puis sur moi criant au renard.... J'ai vu l'heure qu'après l'injure. Votre fils qu'on nomme Mercure Allait être au moins souffleté, SCARBON, le Typhon, 11. Il y avait un éveillé de cordonnier.... qui, quand il voyait passer un arracheur de dents, faisait semblant d'avoir une dent gâtée, puis le mordait bien serré, et criait après au renard; un arracheur de dents, qui savait cela, cacha un petit pélican dans sa main, et lui arracha la première dent qu'il put attraper, puis il se mit à crier au renard. Les Historiettes de tallemant des beaux, t. x, p. (35. Il Au renard 1 cri en usage parmi les ouvriers qui enfoncent les pilotis avec un mouton . c'est un signal pour s'arrêter. || 2° Fig. Un homme rusé. C'est un renard, un fin renard, un vrai renard. Je crois voir Annibal, qui, pressé des Romains, Met leurs chefs en défaut ou leur donne le change. Et sait en vieux renard s'échapper de leurs mains, LA font. Fabl. XII, 23. Ce vieux renard m'écouta fort attentivement, lesage, Guxm. d'Alf. vi, 3. Tant que vous me donnerez des hommes qui ne sont pas hommes; des renards en finesse, des tigre» en cruauté, fén. Dial. des morts ane. (7. Un gou-^ernement n'est point faible quand il mène les affaires au but par souplesse, sans cruauté; il vaut mieux être renard que lion ou tigre, id. Dial. des morts mod. Dial, (9. Je meurs dévoré par les dogues de Jansénius, après avoir été mordu par les renards de Loyola, VOLT. Lett. d'Argenlal, a nov. ( 776. {| 3° Une peau de renard. Une peau de loutre vaut à Saint- Pierre et Saint-Paul trente roubles ; une de zibeline trois ou quatre ; le prix des renards ne peut être fixé, LA PÉROUSE, Voy. t. III, p. 148, dans pougens. Il 4° Jeu du renard, jeu où une pièce principale dite renard en attaque douze autres dites poules. Il 5° Renard marin, gros mammifère de l'ordre des cétacés. Ij Renard volant, galéopilhèque roux. || Espèce de cône, coquille. || 6° Le Renard, étoile de la constellation de l'Oie. || 7° Fente, trou, en parlant de canaux, de bassins, par où l'eau se perd et qu'il est difficile de découvrir. Boucher un renard. Il Queue-de-renard, nom donné à une touffe de racine qui se développe dans un tuyau de fontaine ou de drainage, et qui l'obstrue; le chevelu en ressemble à une queue de renard. |{ Queue-de-renard, nom vulgaire de deux plantes, le mélampyre des champs et l'amarante à queue, ou cornette, amarantus caudatus, L. Il 8* Queue-de-renard, outil à deux biseaux par le bout, dont on se sert pour percer. {| 9° Terme de métallurgie. Renard, nom donné à la loupe détachée de la gueuse par le feu de la chaufferie, buff. Ilist. min. introd. Œuv. t. viii, p. 38. 11 se forme, dans le bain de fonte, des grumeaux de fer métallique que l'ouvrier cherche à rapprocher en une seule masse; cette masse poreuse porte le nom de loupe, renard ou masse, a. brongniart. Traité de min. t. u, p. 384, dans POUGENS. Il 10° Terme de marine. Longue tenaille de fer employée à l'atelier de mâture. || Crochet pour traîner des pièces de bois dans les arsenaux. || 11° Châssis a.ssemblé en retour d'équerre, dans le sommier du bas de la scie du scieur de long. || Les maçons appellent renard une pierre attachée au bout d'une ficelle, qui leur sert à élever les murs droits. 1| 12° Populairement. Vomissement qui a lieu après une débauche, une orgie. Il Écorcher le renard, se dit d'un ivrogne qui vomit. Il Proverbes. Le renard cache sa queue, les gens adroits cachent leurs finesses. || Un renard n'est pas pris deux fois à un piège. || Le renard prêche aux poules, se dit de quelque adroit compère qui cherche à attraper un lourdaud. || Le renard est pris, lâchez vos poules, il n'y a plus de danger à sortir. Il Un bon renard ne mange pas les poules de son voisin, un homme rusé qui fait une action blâmable, la fait dans un quartier éloigné de chez lui. Il II fait comme le renard des mûres, des raisins, il déprécie ce qu'il ne peut avoir. || Autant en dit la
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renard «tes inflres, elles sont liop vertes, même sens. Il II faut coudre la peau du renard à celle du lion, voy. 11O4N, n° t.
— HIST. ïii* 8. Tousjours [il] ama le roi sans hranche de renart (vqy. à l'étymologie), Sax xix. Il iiu* s. Feme sel moult de leiiart, Deux cordes a eu son arc, Mss. de poés. franc, avant 4 300, t. 11, p. 723. Esploité en avon corn félon et renart, Berle, ixii. Qu'el cuide qu'il soit uns lobicres [trompeur]. Un regnarz, un enfantosmieres, la Rose, 7796. Je devant diz Robers reconnois que li prevos de Rumigni puist prendre en ce bois lièvre ou connin, lou, renart et laison, du cange, tesura. ||xiv* s. Comme il advient au regnart que son poil chiet une Ibis l'an, aussi est appelé le choir des cheveux allopice, ianfbanc, f° 38, verso. Il ivi* s. Ce sont renards, qui sous simples habits Vont dévorant les plus tendres brebis, mahot, I, 314. Lors, pour se ester la haine de cette affaire, le renard envoya Pompée CoUonne avec mine de mener secours, d'aub. Hist. i, 242. Le marché estant fait, à la charge que Pui-Gaillard (qui seul sentoit cet affaire au renart) s'obligeroit à garentir les sommes promises, id. ib. 11, i3». Renard qui dort la matinée N'ha pas la langue emplumée, h. est. Précell. (93. Quant je pense à votre médecine, il n'y a si bon cœur qui ne tire au renard [qui n'ait envie de vomir], Contes de Cholières, f-ss, dansLACURNE. [Gargantua] escorchoit le regnard, rab. i, H.
— ÉTYM. Wallon, rind. Le nom vrai du renard dans l'ancien français est goulpU , gorpil, golpille, Tenant de vulpeculus ou vulpecula, diminutif du lat. vulpes, renard. Mais il y eut dans le haut moyen âge une épopée très-célèbre, où les animaux tiennent la place des hommes ; chacun y a son nom : le lion se nomme Noble, le chat Tibert, l'ours Brun, le moineau Droui'naus, lecoqC/iante-doir, et le goulpil Renart. Cette composition, qui ne provient pas d'un seul auteur et qui a diverses branches (d'où, figiirément, sans branche de renard, sans fraude, sans trahison), devint tellement populaire dès le XII* siècle, que renart commença à se substituer dans le langage commun à goulpil et a fini par le supplanter entièrement. Renart ou renard, provenç. raynart, anc. catal. ranart, est un nom propre, le même que Renaut et Reginald, dont les formes les plus anciennes sont Raginohard, Reginhart, mot germanique composé de ragin, conseil, et de hart, dur ; le sens est : bon au conseil. Ce sens est exprimé dans ces deux vers du poème (v. <687e): Si ai maint bon conseil donéj Pai* mon droit non ai non Renart.
t 2. RENARD (renar), s. m. Terme de marine. Petite pelote de bois sur laquelle on a figuré les trente-deux aires de vent.
— ÈTYM. Corruption du hollandais rekenaar, calculateur.
RENARDE (re-nar-d'), s . f. Femelle du renard.
— HlST. XIII" s. Assez font el [autre chose] que il ne dient : Prenez i garde, Ypocrisielarenar(^, Qui defors uint [oint] et dedenz larde, Vint ou roiaume, buteb. 206. Il xvi«s. Les renardes entreprises des ennemis de Testât, Sat. Min. p. 8. La renarde une fois, la louve une autre fois, Et l'ourse l'alaitta.... rons. H3.
— tT\i\. Renard.
t RENARDE, ÉE (re-nar-dé, dée), adj. Se dit des parfums éventés, du succin de couleur noirâtre.
RENARDEAU (re-nar-dô), s. m. Petit renard. M. le prince se mit à faire des niches à Rose, il lui fit jeter [dans son parc] trois ou quatre cents renards ou renardeaux, st-sim. 85, <09.
— HIST. xiv* s. Ses deux filz ot bien assenez Renars, qu'il les ot ordene/. [faits religieux) ; Renardiaus jacobins estoit, Li ainsnez, et noirs dras vestoit, J. DE CONDÉ, t. III, p. 73. || xvi« S. Un enfant de Lacedemone se laissa déchirer tout le ventre à un regnardeau qu'il avoit desrobbé, mont, iu, » 60.
— ÉTYM. Dimin. de renard.
fllENARDER (re-nar-dé), ». n. || 1» Imiter les
finesses du renard. || 2° Populairement. Vomir.
— HIST. XV* s. 0 les coulons [avec les pigeons] fault vivre simplement, 0 les renars renarder ensement, e. dsscii. Poés. mss. f <3.
— ÉTYM. Renard.
t RENARDIE (re-nar-die), s. f. Terme vieilli. Buse, déloyauté, action de renard.
— HIST. XIII* s. J'aim mieux devan. les gens orer [prier]. Et aflubler ma renardie Du mantel de papelardie, la Rose, H7(7. || xv s. Vilain, despouUe ton chasuble, Qui ta grant renardie afuble; 11 te fault un pou [peu] espoulller, Hart. de St-Dents.
— ÉTYM. Renard.
BENARUlEa (renar -dié; Vr ne se lie jamais ;
au pluriel, 1'» se lie : des re-nar-dié-z habiles), s. m. Celui qui, dans une terre, a le soin de prendre les renards.
— ÉTYM. Renard.
RENARDIERE (re-nar-d iè-r*), l. f. jj 1* Tanière du renard. || 2* Terme de métallurgie. Nom donné au fourneau d'affinage; c'est une des régions placées au niveau des tuyères; on dit aussi ouvrage.
— HIST. xvi* s. Celle motte se nomme aujourd'huy alopeque, comme qui diroit la regnardiere, AMYOT, Lysand. 66.
— ÉTYM. Renard.
t RENARÉ, ÉE (re-na-ré, rée), adj. Terme usité dans quelques provinces. Rusé comme un renard. Il est renaré.
— ÉTYM. Renard, avec perte du d.
t RENASQCER (re-nâké), v. n. Voy. renAcler. t RENAVIGAHLE(re-na-vi-ga-bl'), adj. Que l'on peut renaviguer.
— HIST. XVI" s. Mais les destins, et l'onde lamentable Du grand palud qui n'est renavigable. De ces esprits empe.sche le retour, du bei.lay, iv, 62, recto.
I RENAVIGUER (re-na-vi-ghé), v. n. Naviguer de nouveau.
— HIST. XVI* s. Renaviger, cotgrave.
RENCAISSAGE (ran-kê-sa-j'), ». m. Action de
rencaisser. || On dit aussi rencaissement.
RENCAISSÉ, ÉE (ran-kê-sé, sée), part, passé de rencaisser.
f RENCAISSEMENT (ran-kê-se-man), *. m. Voy.
RENCAISSAGE.
RENCAISSER (ran-kê-sé), v. a. || 1* Terme de jardinier. Remettre dans une caisse. Rencaisser des grenadiers. || 2° Terme de finance. Remettre en caisse. Rencaisser une somme.
— ÉTYM. Re..., et encaisser.
i RENCART (AU) (ran-kar), loe. adverb. Voy. RANCART. Faut mettre ta tendresse au rencart, VADÉ, (7<6, dans larchey, Excentr. du langage.
t RENCHAÎNER (ran-chô-né), v. a. Remettre à la chaîne, enchaîner de nouveau.
— lllST. XVI* s. Je sors d'une prison, tu r'enchatnes mon ame. Je suis guari d'un trait, un autre me rentame, desportes, Diane, 11, 4.
— ÉTYM. Be..., et enchaîner; wallon, ri'c/uiinrf. RENCHÉRI, lE (ran-ché-ri, rie), part, passé de
renchérir. || t° Devenu plus cher, plus coûteux. Le blé est fort renchéri à Saint-Quentin : le setier,qui ne valait que vingt sous, en vaut soixante-six, bac. Lett. d Mme Racine, I6 mai 1692. || 2» Fig. et familièrement. Difficile, dédaigneux. Hé! là, là, madame la nuit. Un peu doucement, je vous prie; Vous avez dans le monde un bruit De n'être pas si renchérie, MOL. Amph. Prologue. Tant soit peu fat et par trop renchéri, volt. Enf. prod. i, 2. jj Substantivement. Le fat fera le renchéri, Et me dira : Dieu vous assiste, scAHR. Tirg. iv. A-t-on jamais vu deux pecques provinciales faire plus les renchéries que celles-là? mol. Préc. t. Loin de faire la renchérie, quand l'occasion se présentait, elle ne marchandait seulement pas, hamilt. Gramm. 9.
RENCHÉRIR (ran-ché-rir). || 1* V. a. Rendre plus cher, d'un prix plus élevé. 11 [Louis XI] entrait dans les moindres détails de la police, et il punit sévèrement les boulangers, qui avaient fait une cabale pour renchérir le pain, duclos, Œuv. t. m, p. 336. Il 2" V. n. Devenir plus cher. Tout renchérit. Il 3° Fig. Dire, faire plus qu'un autre. Mais sur tout certain Grec renchérit et se pique D'une élégance laconique, la font. Fabl. vi, ). Mon sentiment n'est pas qu'on prenne la méthode De ceux qu'on voit toujours renchérir sur la mode, mol. Éc. des mar. 1, 1 . Pour renchérir par-dessus son maître, HAMILT. Gramm. 7. Rien n'est plus contagieux que l'erreur appuyée d'un grand nom; aussi plusieurs écrivains, se prévalant de l'autorité de Pline, ont renchéri sur le merveilleux de son récit, bupf. Ois. t. IX, p. 136. On peut, après une périphrase, en ajouter une seconde, une troisième, et ce sera fort bien, pourvu qu'elles expriment chacune des accessoires qui renchérissent les uns sur les autres, coNDiL. Art d'écrire, 11, 3. Lucain était jeune, et l'ambition d'un jeune homme est d'étonner en renchérissant sur lui-même, marmontel, Œuv. t. v, p. 8. Il Particulièrement. Renchérir sur quelqu'un, dire des choses vraies ou fausses, plus extraordinaires que celles qu'il dit. X renchérir sur lui, voyons, que je m'amuse, collin d'harlev. M. de Crac, se. i .
— HIST. xiii* S. Aucun sunt qui acatent [achètent], qui, por renquierir le marcié, acatent par télés conditions que....BEAUM. xLiv, 20. Il XV* s. Ne renchérirent les vivres, qu'on n'eust la denrée pour un denier, aussi bien qu'on avoit par avant qu'ils [des
étrangers] vinssent, froiss. i, i, 33. Fortune, vueilliet moy laissicr En paix une fois, je vous prie; Trop longuement, à vray compter. Avez eu sur moy seigneurie; Tousjours faictes la renchérie Vers moy, et ne voulez ouïr Lesmaulx que m'avez fait souffrir, CH. d'orl. Bal. 40. Il XVI* s. Le roy estoit distingué de son peuple d'une plaisante manière et bien renchérie : il avoit une religion à part, hont. i, 320. Poppea masquoit ses beautez pour les renchérir à ses amants, id. m, 5. Le roi exagéra le fait par parolles si violentes, criant que c'estoit lui qui estoit blessé [lors de la blessure de Coligny] ; la roine mère le r'encherit, disant que c'estoit toute la France, d'aob. Hist. 11, 44. Et de tant que je me montrois affectionné à avoir son secret, de tant pluf il faisoit le renchéri, paré, xxv, 32.
— ÉTYM. 71e..., et enchérir; Berry, renc/iardir. RENCUÉRI.SSEMENT (ran-ch6-ri-se-man), t. m.
Augmentation de prix. Le renchérissement des denrées,
— HIST. XI»* s. Les rentes ou li loagc doivent estre fet à cix [ceux] qui plus y voelent doner, et par renquierissemens, beaum. xxxviii, )6.
— ÉTYM. Renchérir.
t RENCLOÎTRER (ran-klol-tré), v. a. Enfermer de nouveau dans un cloître. Me voici rencloltré dans notre couvent moitié militaire, moitié littéraire [Potsdam], volt. Lett. Mme Denis, 20 mars 4751.
— ÉTYM. 71e..., en, et cloître.
t RENCLORE (ran-klo-r'), v. a. Il se conjugua comme clore. Enclore de nouveau, ou, simplement, enclore. La convention nationale maintient provisoirement dans leur possession tous les détenteurs des portions du rivage de la mer qu'ils avaient rencloses et cultivées avant le mois de juillet 1 789, Loi du 21 prairial, an II.
— ÉTYM. 71e..., et encJore.
RENCOGNÉ, ÉE (ran-ko-gné, gnée), port. pa«< de rencogner. Rencogné par un importun qui la tint une heure sur ses jambes.
RENCOGNER (ran-ko-gné) , v. a. || 1* Terme familier. Pousser, serrer quelqu'un dans un coin. Je fus surpris de voir venir à moi, au sortir du cabinet du roi. Madame la Dauphino avec qui je n'avais aucune privance, m'environner et me rencogner en riant avec cinq ou six dames de sa cour plus familières, ST-siM. 301, 180. Bosquiat s'approchait de Turbilly, et le rencognait bientôt dans la croisée la plus voisine de la porte, l'abbé morellet, Mém. t. l, p. 76, dans pouqens. jj Fig. Rencogner ses larmes, faire effort pour ne pas pleurer. Jusqu'à ce que Mme la duchesse d'Orléans ayant repris ses esprits et surmonté son embarras et son dépit, elle fit effort pour rencogner ses larmes, st-sim. t. viii, p. 295, édit. ciiÉRtiEL. Il 2* Se rencogner, v. réfl. S'enfermer. Puis Euphémon, d'un air tout rechigné, Dans soa logis soudain s'est rencogné, volt. Enf. prod. i, ^ Le chevalier se rencogné je ne sais où, caraccioli, Lett. récréât, et mor. t. 11, p. 43, dans pougens.
— ÉTYM. Tle..., en, et cogner; Berry, rencouiiier.
RENCONTRE (ran-kon-tr'), ». f. \\ 1* Action d'aller vers quelqu'un qui vient. Aller au-devant est une phrase beaucoup meilleure que celle d'aller à la rencontre, qui a pourtant quelque usage, surtout quand on l'emploie sans pronom personnel, comme : ils sont allés à la rencontre de leur ami, Acad. Observ. sur Vaugel. p. 24*, dans pougens. Cependant aucun d'eux à vos yeux ne se montre. Qu'on ne vous voie en hâte aller à sa rencontre, mol. Jfi». u, 5. Ils sont allés à la rencontre de cette princesse, tant que la terre les pourra porter, sév. 406. Croyez-moi, montrez-vous ; venez à sa rencontre, BAC. Mithr, u, *. Il Poétiquement. Les fleurs naissent, à sa rencontre, Dans les cœurs et dans les esprits, malh. ui, i.||2" Occasion qui fait trouver fortuitement une personne, une chose. Après tous les soins que nous aurons apportés à en faire une bonne élection [d'une femme], nous y pourrons aussitôt faire hasard que rencontre, malh. Lett. 11, a». Je ne pouvais avoir rencontre plus heureuse, corn. le Ment, v, i. Tu fis pour ton malheur ma rencontre en Phocide, id. Œdipe, iv, 4. Tout se fait par rencontre et à l'aventure, saci, Bible, Ecclésiaste, IX, u. On est venu lui dire.... Que les ouvriers qui sont après son édifice.... Avaient fait par hasard rencontre d'un trésor, mol. l'Ét. 11, *. Ahl si vous aviez vu comme j'en fis rencontre! id. Tart. 1, 6. Vous êtes bien heureuse d'avoir fait une si bonne rencontre [un bon précepteur]; c'est une marchandise qu'on ne trouve pas aisément, sEv. à Mme de Coligny, 3i oct. (692. Je découvre sur la terre un homme avide, insatiable, inexorable, qui veut anc dépens de tout ce qui m trouvera sur son chemia
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et à sa rencontre.... pourvoir à lui seul, grossir sa fortune, et regorger de biens, la bruy. vi. Il y a un tragique d'iijcldents, comme il y a un comique de rencontres, marmontel, (Eut), t. v, p. 72. Sa rencontre [d'un homme chagrin] est un clioc, sa visite un danger; On l'évite avec soin, on l'al)orile avec crainte, dklille, Convers. ii. Va-l'en donc! nous aurons des rencontres meilleures, v. hugo, Ilernani, ii, 3. || Fig. Votre critique de la princesse de Clèves est admirable; je m'y reconnais.... l'amour-propre est content de ces heureuses rencontres, sév. à Bussy, 27 juin. < 678. || Faire une mauvaise rencontre , trouver sur son chemin des malfaiteurs. Dans ces lieux écartés on peut faire une mauvaise rencontre. || Marchandise de rencontre, ce qu'on achète d'occasion, par hasard. Il faut que je lui monire Deux pendants de brillants que j'ai là de rencontre; J'en ferai bon marché.... RFONARD, te Joueur, v, 8. Ah! le beau carrosse! je crois que c'est un fiacre de rencontre qu'il a acheté à P^iris, DESTOUciiES, Fausse Agnès, i, 6. || J'ai eu cela de rencontre, c'est une rencontre, se dit d'une chose achetée d'occasion et bon marché. {{ A la rencontre, quand on se rencontre. M. de Cambrai n'a pas raison de tant mépriser les entretiens très -fréquents qu'on avait avec lui, à la rencontre, comme peu propres à nous mettre au fait [du quictisme], Boss. Uem. sur la réponse, vu, v, 32. || 3° Combat imprévu de deux corps ennemis qui se rencontrent. Tout se passa en rencontres de partis et en petits combats de cavalerie qui ne décidèrent de rien, RETZ, ildm. t. m, liv. iv, p. 353, dans pougens. Dans une de ces rencontres, un parti de l'armée africaine enlève la belle Florinde, grimm, Corresp. 1. 1, p. 326. Il II se dit aussi pour toute espèce d'engagement, prévu ou imprévu. Ceux qui combattaient auprès du prince nous ont dit souvent que, si l'on avait quelque grande affaire avec ce prince, on eût pu choisir de ces moments où tout était en feu autour de lui.... tant son âme leur paraissait éclairée comme d'en haut en ces terribles rencontres! boss. Louis de Bourbon. \\ 4* Combat singulier non prémédité. On recommence à murmurer je ne sais quoi de Théobon, comme si, les duels étant défendus, les rencontres étaient permises, sév. 3oo. Et cette mort ainsi d'une rencontre armée Peu sembler seulement la suite accoutumée, p. lebrun, le Cid d'And. m, 2. || Il se dit aujourd'hui pour duel, combat prémédité. Il y a eu une rencontre entre M. X. et M. ï. Il 5' Concours, conjonction ou opposition des corps. La rencontre des atomes, des planètes, des astres. || 6" Terme de grammaire et de versification. Rencontre des voyelles, choc de deux voyelles qui ne s'élident pas, hiatus. Éviter la rencontre des voyelles. {| 7° Terme de jeux. Mariage de rencontre, levée composée d'un roi et d'une dame ie la même couleur. Impériale de rencontre, celle que l'on fait avec la retourne, lorsqu'on a les trois autres cartes nécessaires dans son jeu. || 8° Terme d'horloger. Roue de rencontre, roue dont les dents engrènent sur le pivot qui fait mouvoir le balancier. Il 9° Se dit de l'endroit oii, à deux ou trois pouces près, deux traits de scie se rencontrent et où une pièce de bois se sépare. On l'appelle aussi trait de scie. || 10° Terme de pêche. Morceau de fer dont on se sert pour couper la longueur de fil convenable pour faire les hameçons. || 11° Conjoncture. J'employai le reste de ma jeunesse à fréquenter des gens de diverses humeurs et conditions, à recueillir diverses expériences, à m'éprouver moi-même dans les rencontres que la fortune me proposait, desc. Uéth. I, <4. Je ne fais pas difficulté de vous promettre qu'en toutes rencontres je vous donnerai des marques de mon estime et de mon affection, pei.- LissoN, Leit. hist. t. m, p. 256. Faibles gens, dit le père, il faut que je vous montre Ce que ma force peut en semblable rencontre, la font. Fabl. IV, 18. Sgaiiarelle : Je vous demande si je ferai bien d'épouser la fille dont je vous parle. — Marphurius ; Selon la rencontre. — Sganarelle ; Ferai-je mal? — Marphurius : Par aventure, mol. il ar. forcé,». Je veux que l'on soit homme, et qu'en toute rencontre Le fond de notre cœur dans nos discours se montre, id. Mis. i, t. Vous avez de fâcheuses rencontres à essuyer, PASC. Prov. xv. [Selon les casuLstes] Les riches ne sont obligés de donner qu'en des rencontres si rares qu'elles n'arrivent presque jamais, id. Béfut. de la rép. à laii' letl. Ce ne fut que par rencontre.... qu'ils [les Scythes] entrèrent dans la Médie, boss. Ilist. m, 3. X ne regarder que les rencontres particulières, la fortune semble seule décider.... id. ib. m, 2. Le maître doit k ses domestiques surtout trois choses : l'exemple,
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l'instruction et, dans les rencontres, une charitable correction, bourdal. Serm. Dim. t. ii, p. te, Soin des domestiques. Mais venez à la contrarier dans une rencontre, vous la trouverez fière, hautaine, impatiente et aigre, id. b* dim. après la Pentecôte, Dominic. t. ii, p. 446. Il fallait opposer à tant d'ennemis un homme capable d'exécuter les ordres qu'il aurait reçus, et de prendre conseil de lui-même dans les rencontres, fléch. Turenne. Que fit Mme d'Aiguillon dans les rencontres pressantes? ce que commande Jésus-Christ dans son Évangile, id. Aiguillon. \\ 12° Bapprochement de mots plaisants. Ceux qui trouvent ces belles rencontres n'ont-ils pas lieu de s'en glorifier? mol. Critique, i. Quelque heureuse rencontre qui par hasard leur tombe sur la langue, J. j. Rouss. Em. ii. |l 13° Il s'est dit anciennement pour manière, apparence extérieure; c'est un usage du xvi* siècle. Elle ressemblait à la reine mère, comme je l'ai déjà dit, de la rencontre, de l'air et un peu du tour de visage, m"' de motteville, t. V, p. 84. Il 14° Rencontre était autrefois masculin aussi bien que féminin. Nous nous trouvons en ce rencontre, Lui pour jEnéas, et moi contre, scARR. Yirg. vn. Ces compagnies s'étaient en apparence attachées à M. de Champlfttreux, fils du premier président, parce qu'il était leur colonel ; ce rencontre m'était très-fâcheux, retz, ii, 340. Tout semble en ce rencontre avoir juré ma perte, th. corn. Engag. du hasard, iv, 4. || 15° En termes de blason, rencontre est masculin, et se dit de la tête d'un animal qui la présente de front. De sable au rencontre du bélier d'or.
— REM. Marguerite Buffet, Observ. 4668, prétend que rencontre est des deux genres; que aller à la rencontre de quelqu'un ne se dit plus; il faut dire aller au-devant; que faire rencontre d'un tel ne vaut rien, qu'il faut dire je rencontrai un tel. L'usage n'a pas confirmé ces arrêts du purisme du xvii* siècle, non plus que l'opinion de l'Académie, qui, comme on l'a vu au début de l'article, n'approuvait pas : aller à sa rencontre.