‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 46 sur 754 · TIEN · texte numérisé non relu

TIEN

Corresp. t. v, p. s, dans podgers. Cet excès de fausseté me rend enfin à moi-même, genus, Thédt. d'éduc. k Méchant par air, v, 2. ||14» Faire devenir, être cause qu'une personne ou une chose devient ce qu'elle n'était pas auparavant. Qui peut rendre pur celui qui est né d'un sang impur? saci, Bible, Job, xiv, 4. J'aime tout en vous, et même votre beauté.... ayez pitié de votre portrait, ne le rendez point celui d'une autre [en devenant maigre par la maladie], sév. I8 oct. 4688. Si vous ne me rendez cet endroit vraisemblable , je croirai que j'ai lu un roman, id. 4 0 juill. 4 60O, L'amitié qu'elle [Mme de la Fayettej a pour moi, qui la rend sur cette aflaire [la nomination de Ch. de Sévigné à la députation] comme si c'était pour son fils, id. 4 sept. 4 689. La mortification lui rend [au chrétien] la mort familière, Boss. Bourgoing. Ces juges sévères qui, selon le langage du prophète, rendent les fruits de la justice amers comme de l'absiiithe, fléch. Lamoignon. De combien de remords m'ont-ils rendu la proie! rac. Andr. i, 4. Non, non, mon intérêt ne me rend point injuste, ID. Brit. i, 4. Aimez, profitez du temps, Jeunesse charmante. Rendez vos désirs contents, QuiN. Isis, II, 7. Les images des ancêtres rangées en grand nombre dans une salle rendentelles un homme plus estimable? rollin, Traité des El. v, 4" part. § 6. Vous eût-elle [l'Église] appelé à son secours par l'imposition des mains, et rendu participant de ses honneurs, si vous eussiez déclaré que vous ne prétendiez pas entrer en part de ses travaux? mass. Confér. Zèle contre les scand. Le cardinal de Tencin, archevêque de Lyon, si connu par la manière dont il avait fait sa fortune, en rendant catholique ce Law ou Lass, auteur du système qui bouleversa la France, volt. Comm. Œuv. aut. Henr. Rendez votre élève attentif aux phénomènes de la nature, bientôt vous le rendrez curieux; mais, pour nourrir sa curiosité, ne vous pressez jamais de la satisfaire, j. i. ROUss. Ém. m. Il lui rendit les bienfaits odieux, les bienfaiteurs insupportables, la reconnaissance importune, marhontel, Mém. viii. Il Rendre suivi d'un participe passé; tournure moins usitée qu'avec un adjectif, mais autorisée par les meilleurs auteurs. Et rendra les desseins qu'ils feront pour lui nuire. Aussitôt confondus comme délibérés, malii. Il, 4. Rendre en si doux ébat les heures consumées, id. vi, 26. Sa réponse rendra nos débats terminés, corn. Veuve, v, 8. Un favorable aveu pour ce digne hymenée Rendrait ici sa course heureusement bornée, id. Tois. d'or, i, 2. [Qu'il] N'ait rendu de nos dieux le courroux apaisé, rotr. St Gen. m, 2. Il pleut, le soleil luit, et l'écharpe d'Iris Rend ceux qui sortent avertis Qu'en ces mois le manteau leur est fort nécessaire, LA font. Fabl. VI, 3. Tandis que le héros admire Cythérée, Elle rend par ces mots son âme rassurée, id. Adonis. Vous me direz, pourquoi cette narration? C'est pour vous rendre instruit de ma précaution, MOL. Éc. des f. i, i. C'est que l'amie [Mme de Maintenonj est d'un orgueil qui la rend révoltée contre les ordres de l'autre [Mme de Montespan], SÉV. 7 août 4 676. || 15° Produire, rapporter. Sa ferme lui rend dix mille francs par an. Quelques grains rendant cent pour un, d'autres soixante, et d'autres trente, SACI, Bible, Évang. St Math, xin, 8. Le cabinet de M. de Julienne a rendu à la vente beaucoup au delà de ce qu'il avait coûté, dider. Salon de 4 767, Œuv. t. XIV, p. 7, dans pougens. Le revenu territorial, les douanes et les petites branches de commerce ne rendent pas annuellement, à Ceylan, plus de 2 ioo ooo livres, raynal, Hist. phil. ii, 4 6. Il Absolument. Le jeu rendait à merveille dans les commencements, hamilt. Oramm. 2. J'ai grand nombre d'écoliers; mais cela rend peu, dancoubt, le Prix de l'arquebuse, se. 4 4. Comme il y a souvent des années où la chasse et la pêche rendent très-peu, ils [les sauvages] sont désolés par des famines fréquentes, montesq. Lelt. pers. 4 20. Ce métier où l'on devrait mourir de faim ne laisse pas de rendre, id. ib. 38. L'Étal ne peut subsister qu'autant que le travail des hommes rend au delà de leurs besoins, j. i, rouss. Conlr. m, 8. Ce n'était [la mine d'Ucantaya, au Pérou] qu'une croûte d'argent presque massif, qui rendit d'abord beaucoup, mais qui fut bientôt épuisée, ratnal, liist. phil. vu, 30. Il Fig. Les du Maine commencèrent à me faire mille avances ; lassés de ce que cela ne rendait pas, ils pressèrent Mme de Saint-Simon de m'amener à Sceaux, st-sim. 258, 2I4. || Ce fermier rend tant de sa ferme, il en paye tant. Je sais ce qu'un fermier nous doit rendre par an, boil. Lutr. IV. Il 16" Il se dit du suc qui sort de certaines choses. Cette orange, cette viande rend beaucoup de jus.

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Cette volaille a rendu de la graisse. || 17* Exhaler. Cette fleur rend une odeur agréable, jj Fig. Rendre l'âme, l'esprit, le dernier soupir, la vie, mourir. Prêt à rendre l'âme, boss. le Tellier. Quelques heures après il rendit doucement l'esprit, le dix-septième de janvier de l'année 39», l'an seizième de son empire et la cinquantième de son âge, flëcu. Ilist. de Théodose, iv, 77. Je rends dans les tourments une pénible vie, rac. Phèdre, iv, 6. Ne me donnez plus de ces vilaines pilules; elles ont failli à me làire rendre l'âme. — Je voudrais qu'elles t'eussent fait rendre mon drap ! bruets, Avoc. Pat. u, 3. Il 18" Faire entendre. Cet instrument rend un son

harmonieux Plainte Qu'encore ne rendrai-je

en ces derniers efforts. Si.... rKgnier, Élégie i. Le zinc rend, lorsqu'on le plie, un petit cri comme l'étain, bufp. Min. t. v, p. 407. Son armure en marchant rend un son plus horrible, delille, En. ix. Il 19" Rejeter par les voies naturelles ou autrement. Rendre de la bile. Rendre par haut et par bas. [X Vichy] On tourne, on va, on vient, on se promène; on entend la messe ; on rend les eaux, on parle confidemraent de la manière qu'on les rend : il n'est question que de cela jusqu'à midi, sév. 277. J'ai une médecine à prendre, à rendre et beaucoup de lettres à écrire, mmntenon, Lett. à Mme de Caylus, 4744, t. IV, p. 66, dans pousens. Le lamantin rend beaucoup de sang par ses blessures, buff. Quadrup. t. XI, p. 264. Ce paysan, âgé de trente-cinq ans, rendit par la bouche, en mai 4 769, des salamandres de différentes grandeurs, les unes vivantes, les autre» mortes, bonnet, Consid. corps org. t. v, p. I44, dans poBGENS. Dans le commencement des fièvres et des maladies inflammatoires, les malades rendent ordinairement une urine rouge, très-colorée, ardente, imitant presque la couleur de sang, chaude et acre, fourcroy, Connaiss. chim. t. x, p. (72. Nous retirâmes des flots le malheureux Paul sans connaissance, rendant le sang par la bouche et par les oreilles, bern. de st-p. Paul et Virg. \\ Cette plaie, ce vésicatoire rend beaucoup, il en sort beaucoup d'humeur. Il Populairement. Rendre gorge, vomir pour avoir trop bu ou trop mangé; et fig. restituer par la force ce que l'on a mal acquis. || Absolument, rendre, vomir. || Fig. et familièrement. II a bon coeur, il ne rend rien, c'est-à-dire il ne rend pas ce qu'on lui prête. || 20" Livrer, céder. Le gouverneur, vieil et barbu , ne dit au roi que ces paroles : Je viens rendre Gand à Votre Majesté, c'est tout ce que j'ai à lui dire, sac. Frag. hist. Elle trahit mon père, et rendit aux Romains La place et les trésors confiés en ses mains, id. Mithr. i, 4, Lorsque, en vertu du traité les troupes françaises qui étaient dans Damiette rendirent cette ville, volt. Mœurs, 68. Une seconde lettre du roi [Xetxès] ne contenait que ces mots : < Rends-moi tes armes. » Léonidas écrivit au-dessous : « Viens les prendre, » barthél. Anach. Introd. n, 2. || Fig. Enfin cette beauté m'a la place rendue. Que d'un siège si long elle avait défendue, ualh. v, 4. || Fig. Rendre les armes, s'avouer vaincu dans une contestation, dans une discussion. || Rendre les armes signifie aussi s'avouer charmé. X prudence endormie il faut rendre les armes, mol. Fem. sav. ui, 2. Il Rendre la main, céder le tour, céder la place. Ont-ils la main, ils dansent, ils se font danser les uns les autres, ils dansent encore, ils dansent toujours, ils ne rendent la main à personne de l'assemblée, LA bhuy. XVI. Il 21" Terme de manège. Rendre la bride à son cheval, la tenir moins haute, moins ferme. Serrer les genoux, appuyer des éperons, rendre la bride, volt. Bl. et noir. || Rendre la main, lâcher un peu la bride. || 22" X certains jeux, donner à l'adversaire un avantage. Aux échecs, rendre un pion, un fou, un cavalier, se priver soi-même d'un pion, d'un fou, d'un cavalier. Si je me suis laissé battre, c'est par pure courtoisie, et je vous rendrai la tour au lieu du fou tant qu'il vous plaira, eu. de bern. le Gentilh. camp, ii, § 4 3. || Rendre des points dans les jeux où l'on compte par points comme les dominos, le billard, etc. || Fig. Rendre des points, être plus fort, se croire plus fort que l'adversaire. En toutes choses, je suis homme à lui rendre des points, ch. de bern. les Ailes d'Icare, § 4. Il 23° Représenter, exprimei. iSst-ce une marque de supposition ou de nouveauté, que la langue de l'Écriture soit si ancienne, qu'on en ait perdu les délicatesses, et qu'on se trouve empêché à en rendre toute l'élégance ou toute la force dans la dernière rigueur? boss. Hist. u, i3. Pourvu qu'on forme un tout qui rende parfaitement l'original, HAMILT. Gramm. i. Aucune expressipa n'y peut atteindre ; vous n'êtes fidèlement reuduo qiw

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daas mon cœur, mabiv. l'Heur, itratag. i, <2. Ces nuances-là étaient délicates i saisir; je ne sais si je les ai bien exprimées, mais je sais qu'il sera difncile i une actrice de les rendre, volt. Lett. d'Argental, i* déc. tTH. Le livre [le conte du Tonneau de Swift] est très-mal traduit en français ; il n'était pas possible de rendre le comique dont il est assaisonné, id. Mél. liu. Lett. à M. le prince de***, 6. C'est la même idée, mais elle est grossièrement rendue dans Garnier, et admirablement dans CornP'Mn; l'expression fait la poésie, id. Comm. Coin. Rem. Pomp. v, 4. Thymèle, du temps de Domiiien, fut à Kome ce que la fameuse Empuse avait été dans la Grèce ; il n'y avait point d'action théâtrale qu'elle ne rendit avec la force, la vivacité et l'énergie dont elle était susceptit>le, cahusac, Dans. anc. et mod. i, m, 3. Pour renrtre ces sortes d'effets, il faut un pinceau et non pas des paroles, BiJFP. Ois. t. v, p. 436. Nous remarquerons que pGn>er et bien rendre ce qu'on pense sont deux choses bien differenies, condil. Gramm. I, 9. Voilà ce que le papier ne peut jamais rendre; voilà oii le geste triomphe du discours I dider. Lett. sur les sourds et muets. On rend avec netteté ce que l'on conçoit bien, d'ai.ehb. Œuv. t. i, p. (17. Les mots arrivent plus aisément pour rendre une émotion vive qu'une idée claire, ID. ib. t. m, p. 239. Si le traducteur ne rend pas ce style et ce goût, il n'a rien rendu ; il a anéanti son auteur en croyant le faire revivre, m. Éloges, Saci. L'objet des arts est infini en lui-même : il n'est borné que par leurs moyens; le modèle universel, la nature, est présent à tous les artistes; mais le peintre, qui n'a que les couleurs, ne peut en imiter que ce qui tombe sous le sens de la vue ; le piuceau de Vernet ne rendra jamais dans une tempête le cri des matelots et le bruit des cordages, marhontel, Œuv. t. ix, p. 4Ui. Il Absolument. Bien écrire, c'est tout à la fois bien penser, bien sentir et bien rendre, buff. Dise, de récept. Il 24* Traduire. Rendre un passage mot à mot. Je suis bien éloigné de désapprouver qu'après avoir fait expliquer du latin pendant un certain temps et après avoir fait observer sur ce latin les principales règles de la syntaxe, on fasse rendre du français en latin, soit de vive voix, soit par écrit, DUHARs. Œuv. t. I, p. 2<3. Il 2B° Répéter. L'écho rend les sons. Chavigni en parla à Monsieur en ces propres termes en présence de Madame, qui me les rendit le lendemain, betz, Xém. t. m, liv. iv, p. (92, dans POUGENS. Je vous rendrais vos paroles, et ma lettre ne serait que l'écbo de la vôtre, parce que je suis assez heureuse pour penser comme vous dans cette occasion, eév. d Uoulceau, 6 janv. 4 687. J'ai parlé à d'Alembert comme un ange; je vous rendrai cette conversation au Grandval, dider. Lett. à Mlle Voland, 9 oct. (759. || 26° Rendre témoignage, certifier, témoigner. Merci, que le prince de Condé et le vigilant Turenne n'ont jamais surpris dans un mouvement irrégulier, et à qui ils ont rendu ce grand témoignage, que jamais il n'avait perdu un seul moment favorable , boss. Louis de Bourbon. Ces hommes auparavant si timides.... rendent hardiment témoignage devant les princes des prêtres assemblés à la résurrection de Jésus-Clirist, «ass. Confér. Zèle œntre les scand. Il 27° Rendre un arrêt, une sentence, prononcer un arrêt, une sentence. Ce fut le 9 mars <766 que fut rendu cet arrêt authentique qui justifia les Calas, et (jui changea leur destinée, volt. Cumm. Œuv. aut. Henr. \\ Rendre des oracles, prononcer des oracles. L'arche sainte est muette, et ne rend plus d'oracles, bac. Aihal. i, i. On a cru dans les premiers siècles du christianisme, que les oracles étaient rendus par des démons, ponten. Oracles, i, i. Il Rendre la justice, administrer la justice. Aflligea-t-il les malheureux, et leur fit-il acheter, par quel(|ue dureté, la justice qu'il leur a rendue? FLÉCH. Lamoignon. [Ces juges] qui, fiers de leur pouvoir, et même de leur vertu, redoutables indifféremment aux innocents et aux coupables, font croire qu'ils ne rendent la justice aux uns qu'à regret, et aux autres qu'avec colère, id. ib. L'Écriture, après avoir représenté le courage de David dans ses combats.... ajoute incontinent, comme la perfection de son règne, qu'il rendait justice et jugement à son peuple, id. le Tellier. Le devoir des juges est de rendre la justice, leur métier est de la différer, la brut. xiv. || Rendre justice à quelqu'un, reconnaître son mérite, ses droits. Si vous doutiez do ma sincère et parfaite joie, je douterais de la vôtre : ne nous ofïensons point, rendons-nous justice l'une à l'autre, sEv. 26 aoiit i6H5. Phèdre au fond de son cœur me rend plus de justice, rac. Phèdre,

IV, 2. Un brave chevalier peut être d'un parti différent d'un autre brave chevalier; mais tous deux doivent se rendre justice, volt. Lett. Richelieu, 20 mai 1771 . Il On dit dans un sens analogue : C'est une justice à lui rendre. Il faut lui rendre cette justice. Il Avec cette locution on ne peut représenter justice par un pronom et dire par exemple : Vous lui avez rendu justice; et il méritait que vous la lui rendissiez. Il faudrait prendre une autre tournure. Cependant cette règle, exacte en soi, n'est pas toujours observée, surtout si le sens ne reçoit aucun dommage. On ne lui avait pas assez rendu justice [à Mme du Châtelet]; car, mon cher ami, à qui la rend-on? il faut être mort, pour que les hommes disent enfin de nous un peu de bien, qui est trèsinutile à notre cemire, volt. Lett. d'Aigueberre, 26 oct. (749. Aux sentiments de qui rendriez- vous justice, si vous ne la rendiez pas aux miens? d'alemb. Lett. à Voltaire, 9 mars (770. || 28° Rendre ses comptes, rendre compte, soumettre à qui de droit les résultats d'une gestion, ha. Némésis des païens fait des avances et du crédit [à la jeunesse]; elle agrée que les comptes soient rendus sans compensation; mais elle se dédommage sur la vieillesse, Anal, de Bayle, t. m, p. 299. Il [Périclès] songeait à les rendre [ses comptes], lorsque Alcibiade dit qu'il ferait mieux de songer à ne les rendre pas; et cette plaisanterie fut un conseil qu'il suivit, condil. Hist. anc. ii, 5. || Rendre compte d'une chose, en donner le détail. Rendre compte d'un événement. Rendre compte de sa gestion. Quand je dis qu'il n'est point besoin de rendre compte de ce que font les acteurs pendant qu'ils n'occupent point la scène, je n'entends pas dire qu'il ne soit quelquefois fort à propos de le rendre, mais seulement qu'on n'y est pas obligé, corn. 3° dise. Bien faire et bien rendre compte de tout, c'est la perfection; mal faire et mal rendre compte, c'est l'abîme; mais d'un homme qui ne rendrait pas bon compte ou d'un autre qui ferait mal et qui rendrait bon compte, celui-ci se sauverait plutôt que l'autre, Lett. etc. de Colbert, m, 2, p. (74. || Rendre compte, être responsable de. Si nous contemplons le terme où elle [la vie] aboutit et le compte qu'il en faut rendre, boss. Duch. d'Orl. J'ai paru devant les Romains, citoyen au milieu de mes concitoyens, et j'ai osé leur dire : Je suis prêt à rendre compte de tout le sang que j'ai versé pour la république , MONTEBQ. Sylla et Eucrate. \\ Avec inversion et familièrement. Elle [Thérèse] est sa maltresse absolue, va, vient, sans compte rendre, J. i. rouss. à Mme d'Epinay, (S déc. (766. || Rendre compte de quelqu'un, veiller sur sa conduite. Puis je rendrai de vous un très-bon compte À l'avenir, et vous jure ma foi Que nuit et jour vous serez près de moi, la FONT. Gag. Il Se rendre compte à soi-même de quelque chose, y réfléchir et s'en faire une notion claire. Dirai-je.... qu'il se rendait compte à lui-même de tous lesjugements qu'il avait rendus, et repassait de temps en temps toutes les années de sa vie ?... FLÉCH. Lamoignon. || Populairement et fig. Rendre ses comptes, mourir. || Rendre raison d'une chose, en expliquer la cause. Rendre raison de différents phénomènes naturels. || Rendre raison à quelqu'un, se battre en duel avec lui pour réparation d'une offense. Il 29° y. n Aboutir. Alors, ouvrant une porte secrète qui rendait dans le temple, ils l'assommèrent à coups de pierres lui et ceux qui l'accompagnaient, SACi, Bihle, Macliab. il, (, I. Le petit degré qui rend à votre garde-robe, hauteroche, Cocher supp. se. 3. Elle s'attache à l'orteil dès le soir Un brin de SI qui rendait à la porte De la maison.... LA FONT. Gag. 11 faut vous dire que je logeais dans une aile du château assez retirée, et qui, par un escalier dérobé, rendait dans le jardin, d'où l'on pouvait venir à ma cliambre, hariv. Marianne, 9* part. Il 30° Cette raquette rend bien, rend mal, elle est bien tendue, mal tendue. || 31- Terme de marine. Un cordage rend, donne ou adonne, quand il s'allonge sous l'effort qu'il subit. || 32° Se rendre, ». réfl. Être rendu, donné en retour. Le mal se rend chez vous au centuple du bien, la font. Fabl. viii, s. Il 83° Se rendre à quelque chose, reprendre quelque chose. Et cette âme innocente. Qui brave Impunément la fortune impuissante. Regarde avec dédain ce qu'elle a combattu. Et se rend tout entière à toute sa vertu, corn. Œd. v, 9. Je me rends à toute l'espérance que j'avais, et je suis persuadée que vous viendrez, comme vous me l'avez promis, sÉv. (8 nov. (676. Je me rends tout entier à ma grandeur suprême, volt. Orph. de la Chine, m, 4. Il Se pendre à son devoir, se réformer, céder à l'empire de la raison || 34° Aller, se transporter.

Se rendre aux ordres d'un chef, d'un supérieur. Dans deux heures Pompée en ce lieu doit se rendre, COBN. Sertor. t, 2. J'entre un moment pour calmer son chagrin. Et me rendrai chez vous à l'heure du festin, ID. Sertor. tv, 3. Une jeune ingénue en ce lieu se vint rendre. Et goûter la fraîcheur sur ces bords toujours verts, la font. Scamandre. Où va donc se rendre cette multitude infinie de créatures qui disparaissent tous les jours à nos yeux ? mass. Carême, Élut. La veille de mon départ, nous soupâmes chez Platon; je m'y rendis avec ApoUodore et Pbilotas, barthél. Anach. ch. 23. || Par formule de politesse. Je me reids à vos ordres. || Se rendre à son devoir, se rendre au lieu où le devoir appelle. Il 35° Aboutir. Le sang se rend au cœur. Où se rend ce chemin-là? Cette rivière allait se rendre dans le grand port, rollin, Uist. anc. Œuv. t. m, p. 660, dans pougens. || 36° Devenir, se faire tel. Aux dépens de Néarque il doit se rendre sage, corn. Poil/, m, 3. S'il se rendait d'una humeur trop sévère, ID. Théod. I, (. Le Seigneur s'est rendu le refuge du pauvre, saci. Bible, Psaum. ix, (O. Ce chétif animal [grenouille] Qui voulut en grosseur au bœuf se rendre égal, la font. Fabl. v, l. Vers le Levant, le Vieil de la Montagne Se rendit craint par un moyen nouveau, id. Fér. Il se rend complaisant à tout ce qu'elle dit, bol. Tart. m, (. Plusieurs, dans la crainte d'être trop faciles, se rendent inflexibles à la raison, boss. Duch. d'Orl. Les inventions par lesquelles ils [les orgueilleux] s'imaginent forcer la nature, et se rendre différents des autres, malgré l'égalité qu'elle a ordonnée, in. Gornay [Dans le protestantisme] Chacun s'est fait à soi-même un tribunal où il s'est rendu l'arbitre de sa croyance, ID. Reine d'Anglet. Ils [les peuples] ont dans le fond du cœur je ne sais quoi qui s'échappe.... et on ne leur laisse plus rien à ménager, quand on leur per met de se rendre maîtres de leur religion, id. ib On se rend complice des injustes entreprises d'un i grand, ou compagnon de ses débauches, bourdal. "j Purif. de la Vierge, Myst. t. ii, p. 273. Au fond de leur palais leur majesté terrible [des rois de Perse] Affecte à leurs sujets de se rendre invisible, rag. Esth. I, 3. C'est nous le plus souvent qui nous rendons tendres, pour orner nos passions ; mais c'est la nature qui nous rend amoureux, mariv. Pays, parv. part. B. Je défierais qu'on imaginât une pe'sonne plus chétive que je me suis rendue, id. Marianne, 6" part. Il Se rendre catholique, se rendre ermite, se faire catholique, se faire ermite. Ici la loi pardonne à qui se rend chrétien, volt. Atx. v, 5. Rends-toi chrétien comme elle; accorde-moi ce prix De ses jours et des tiens, et du sang de mon fils, ID. t6. Il Terme de jurisprudence. Se rendre partie contre quelqu'un, se déclarer partie contre lui. Il 37* Céder, se soumettre Dès le premier essai mon courage se rend, Régnier, Sat. i. Cette haute vertu qui règne dans votre âme. Se rend-elle si tôt à cette lâche flamme? corn. Cid, il, 5. Vous ne vous rendez pas à la surprenante merveille de cette statue mouvante et parlante? mol. Festin, v, 2. Ah, monsieur, rendez-vous à tant de preuves, et jetez-vous vite dans le repentir, m. ib. v, 6. Tout le monde s'est rendu à son jugement, pasc. Prov. xvit. Vous seriez bien difficile, si vous ne vous rendiez à de si bonnes raisons, sÉv. 558. Ceux qui auraient été assez insensibles pour ne pas se rendre aux paroles du P. Bourgoing, auraient été forcés de se rendre à la force toute-puissante de ses exemples, boss. Bourgoing. Je me rends, monsieur, à vos remarques, m. Lett. (57. Ces lâches combattants qui se sont rendus aux moindres assauts, bourdal. Pensées, t. m, p. (05. Le maréchal de Villars a tant fait de représentations pour n'allei pas en Italie, que le roi s'y est rendu, maintenon, Lett. à Mme des Ursins, 4 juill. (7(i6. Il est impossible qu'on ne se rende pas à cette vérité quand on la sent, volt. Ingénu, 8. Je me rends avec plus de docilité que personne aux bonnes critiques; mais les mauvaises ne m'épouvantent pas, id. Lett. d'Argental, (3 juill. (75(. || Se rendre sur une chose, céder sur une chose. Une femme coquette ne se rend point sur la passion de plaire et sur l'opinion qu'elle a de sa beauté, la bruy. m. L'on ne se rend point sur le désir de posséder et de s'agrandir, iD. ib. Il Absolument. Je me rends, dit-elle, Psyché; oubliez le mal que je vous ai fait, la fo.nt. Psychi, II, p. 2(2. Dorante : 11 n'y a plus rien à dire, je me rends. — Climène : Rendez-vous ou ne vous rendez pas, je sais fort bien (|ue vous ne me persuaderez pas de.... mol. Critique, 7. Quoi vous ne vous rendez pas encore, et vous vous défendez d'être médecin I m. Méd. m. lui, i, «.

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....Souple à la raison , corrigez sans murmure ; Mais ne vous rendez pas dès qu'un sot vous reprend, BoiL. Art p. IV. J'ai promis à Burrhus ; il a fallu me rendre, hac. Brit. iv, 4. Quand même, dit saint Chrysostome, tout le monde vous appellerait [k une dignité].... examinez les qualités de votre âme, et ne vous rendez point, si vous vous trouvez indigne de cet honneur, mass. Conftr. Vocation, t. Quelquefois les instiii.tions les plus salutaires sont mal reçues, parce qu'elles ne viennent pas dans un temps favorable; mais bientôt les bons esprits se rendent, VOLT. Lett. Rochefort, 27 mars )77l. || Il ne se rend jamais, c'est un opiniâtre qui ne cède jamais. Il 38° Il se dit de l'amour qui obtient la victoire. La plupart des femmes se rendent plutôt par faiblesse que par passion, la eochefouc. Pens. 104. Ainsi mon cœur, Frosine, un peu trop faible, hélas! Se rendit à des soins qu'on ne lui rendait pas, mol. Dép. am. II, *. Je ne viens point ici par de jalouses larmes Vous envier un cœur qui se rend à vos charmes, bac. Andr. ui, 4. Jeunes cœurs qui cherchez à vous rendre. N'aimez pas tant: Un amour trop tendre N'est jamais content, QUiN. Phaét. v, 4. On dit bien que des femmes se sont rendues à des dieux déguisés en hommes, et quelquefois en bêtes ; à plus forte raison devra-t-on se rendre à des hommes déguisés en dieux, ponten. Dial. 2, Morts anc. Il 39° 11 se dit, dans la guerre, des villes qui se soumettent, des troupes, des individus qui capitulent

ou deviennent prisonniers Voyant à leurs pieds

tomber tous leurs soldats. Et que seuls désormais en vain ils se défendent. Us demandent le chef: je me nomme, ils se rendent, corn. Cid, iv, 3. Joachin, roi de Juda, sortit de Jérusalem, et vint se rendre au roi de Babylone avec sa mère, ses serviteurs, ses princes et ses eunuques, saci. Bible, Rois, iv, 24, (2. Un des gardes du prince d'Orange qui s'est venu rendre, pellisson, Lelt. hist. t. m, p. B6. Le roi n'est plus occupé qu'à recevoir les députés des villes qui se rendent, sÉv. 160. Je me rends prisonnier, et demeure en otage, volt. Zaïre, i, 4. Celte île de Minorque s'appelait autrefois l'Ile de Vénus; il est juste que ce soit à M. de Richelieu qu'elle se rende, \D. Lett. Mme du Delfant, 5 mai (756. Avant ce jour [Pulta va], seize mille soldats du roi Charles eussent attaqué toutes les forces de l'empire moscovite, et eussent péri jusqu'au dernier plutôt que de se rendre, lo. Charles XII, 4. Pondichéry, livré aux horreurs de la famine, fut obligé de se rendre le <b janvier (76i, raynal, Hist. phil. iv, 23. || Avec ellipse du pronom personnel. Les femmes de ceux qui s'y étaient retirés, ayant été prises dans la ville, ont beaucoup contribué, comme on croit, à la faire rendre, pellisson, Lett. hist. t. il, p. (35. Il 40° Se rendre, n'en pouvoir plus. Je ne peux plus marcher, je me rends. Qui mange et qui boit mieux que Dracon en un seul repas? il enivre toute une compagnie et se rend le dernier, la bruy. m. || Ce cheval se rend, il est outré à force de fatigue, ou bien, il finit par obéir. || Terme de chasse. Une bête se rend lorsqu'elle commence à être mal menée et à paraître sur ses fins. || 41° Être prononcé. Les sentences criminelles se rendent dans la place publique par les syndics, avec beaucoup d'appareil, d'alehb. Gouv. de Genève. Wii" Être traduit. Cela se rend en latin ainsi. || Proverbes. Ce qui est bon à prendre est bon à rendre. || Amis au prêter, ennemis au rendre. || Il faut rendre h César ce qui appartient à César, c'est-à-dire à chacun ce qui lui est dû.

— SYN. RENDBE, RESTITUER. Rendre est plus général : on rend quand on remet à qui de droit ce qui a été pris, prêté ou donné. Restituer est plus particulier : on restitue quand on remet ce qu'on a pris, volé, ou ce qu!on gardait par quelque raison que ce fût : Je vous restitue ce livre qu'on m'avait confié, sans me dire qu'il fût à vous.

— Hisr. XI* s. [Que ilj rendistceoque il i avereit pris, Lois de Guill. (. Franc e paien merveilus colps i rendent, Ch. de Roi. cvii. Malvais service le jur (ce jour] li rendit Guenes, ib. cvin. Tant il le guardent que le rendent à Charlun, i6. cxxxv. X Kolant [ils] rendent un estur fort e pesme, ib. CLv. La meie mort me rent si anguissus, ib. clx. Rendre [il] le quidet u mort u recréant, ib. cxcili. Pais ne amor [je] ne dei à paien rendre, ib. ccLXi. Et Bramidone les turs li ad rendues, ib. ccLxviii. Bien [il] set parler e dreite raisun rendre , ib. ccLxxv. Il xii' s. Et tuit [tous| li rendirent treû [tribut], Machab. i, i. Dame, pour ce qu'à vous [je] me rent, merci. Coud, iv. X la plus bêle du mont [monde] mon cuer [je] rent, ib. ix. Mais je ne puis moi ne mon cuer défendre De plus amer, qu' [car , amours ne me veut rendre, ti. xxj. Cil qui premiers

la trueve [dame Helissant], à Guiteclin la rant [remet], Sax. xii. Malemant [il] nos vuet randre [récompenser pour] les granz bones honors. Que li soliens [nous soûlions] vaincre par tôt les granz estors [combats], it>. xxvii. Li reis li a mandé qu'il seit prez l'endemain De respundre e de rendre sun acunte [rendre ses comptes] tut plain. Th. le mort. 33. Or veit [voit] bien sainz Thomas sun martire en présent. Ses mains juint à ses oilz, i damne Deu se rent, ib. (49. ||xni* s. Il nous dira la vérité, Et si ne faudra ochaisons [occasion] De nous rendre le droit respons [réponse], Romane.

le Comte de Bretagne, p. (62 Qui pou emprunte

pou rent, Ren. 27805. Se la raison que li parleres rent est fause, brun, latini. Trésor, p. 56 (. Se li parleres rent foilile raison de son dit, id. ib. Ensi fu la ville rendue en la merci le duc de Venise, .sauves leur vies, villeii. xlix. Et puis [il] se rendi moine dedans une abeïe, Berie, ii. Comme sage et courtoise, [à] chacun son salut [elle] rent, ib. u. [Que Dieu] Dointqu'encor leur ensuit liguerredons rendus, i6. xxiv. [Dieu] Qui vous rende les biens que vous fais nous avez, i!). cxxxii. Ne moine ne abbé, ordené ne rendu [entré dans une abbaye], t6. cxxxvii. Moult fu grans li assaus que li escuier rendirent au castiel en celui jour, h. de valenc. xxxiv. Que li baron en rengent [rendent] [de la terre] à l'emperour son droit, id. xiii. Jhesus Ciiz, à qui li Jui rendirent mal pour bien, et pour amour haine, Psautier, f (36. Et s'il waugoit [avait des nausées] ou rendoit par le [la] bouche, alebbant, f° 30. Si i avoit trestout à taille De riches pierres grant plenté. Oui moult rendoient grant clarté, la Rose, (074. Et [Papelardie] fu de simple contenance ; Kl si fu chaucie et vestue Tout ainsinccum famé rendue [nonne], ib. 422. Or vous levés un poi, soies à genellon, Et si rendes vos coulpes, par grant affliction. Des peciés qu'avés fais par vo grant mespnson, Ch. d'Ant. i, 856. Or est à savoir se Jehans vent à Pierre en le [la] vile de Creeil dix muis de blé rendus à Clermont à certain jor, beaum. xxvi, 3. Et, en regardant vers le ciel, rendi à nostre créateur son esperit, en celle bore meismes que li filz Dieu morut en la croix, joinv. 303. || xiv* s. Aucuns jettent leurs armeures, ou se rendent, ou font aucunes autres choses laidement, oresme, Eth. 99. Et ce diton: ou rendre ou pendre, Hist. des trois Maries, p. 267,dans LACURNE. Ch'est mierveiUe qu'il [deux chevaliers aux prises] ne s'estonnent Des grans coz qu'en peu d'eure donnent.... Cors efforchent et bras estendent, Che qu'il enpruntent, tantost rendent, }. DECoNbé, t. II, p. 2(. Il XV* S. L'assaut fut moult grant et très fier.... aussi les chevaliers et escuyers qui estoient dedans rendoient grand entente de eux défendre, et bien le convenoit, froiss. i, i, (03. Icellui Mangier fut esprouvé et rendu malade de lèpre, du cange, reddere. Et près d'eulx jouoient plusieurs bas instrumens qui rendoient de grandes mélodies, j. de troyi:s, Chron. (461. Des fusées qui rendent ung peu de flambe, comm. i, 5. 11 m'est avis que désormais vous vous rendez [ne voulez plus manger], Rcc. de farces, p. 3I8. Quant le Daulphin veit que par son espée il ne le pourroit conquerre, il la rendit dedans le fourreau, et puis se lance au Badran, et le prent à bras, Perceforest, t. i, f° (39. Il XVI* s. L'aflaire ne sut estre menée si secrètement, que quelque valet ne le vit entrer làdedans un jour de jeune, et le rendist [rapportai] au lieu où il ne fut celé à personne, mahg. Nouv. XXI. J'ay estudié à rendre fidèlement ce que l'autlieur a voulu dire, amyot, Épit. Cha.scune de ces parts pouvoit rendre à son maistre par chascun an soixante et dix minots d'orge, id. Lyc. (2. Il ne defendoit de combats à ses citoyens, si non ceulx es quelz on tend la main, c'est à dire oii l'on se rend, ID. ib. 40. Les premières filles qui furent rendues et vouées à cette religion [vestales] par Numa furent Gegania et Verenia, id. Numa, (7. Ces armes rendoient un son qui donnoit quelque frayeur à l'ouir, ID. P. Mm. 56. Artemidorus promit à Lucullus, s'il le vouloit croire et suivre, qu'il le rendroii en un lieu fort et seur pour y loger son camp, id. Lucul. 28. Sur la place à laquelle se rendent et aboutissent tous les grands chemins de l'Italie, id. Galba, 30. Puis [Gargantua s'éveillant].... rendoil sa gorge [expectorait], baisloit, crachoit, toussoit.... rab. I, 3. Rendre son pais entre les mains d'un tyran, mont, i, 4. Rendre une place, id. i, 64. Rendre [accomplir] les vœux [qu'on a voués], id. i, 19. II jecta dans ce qu'elle rendit [vomit] une espingle tortue, ID. I, (00. Rendre tesmoignage dune chose, id. I, (03. Se rendre à la vérité, id. i, I«7. Se rendre à la raison, id. h, 70. Rendre la gorge [vomir], id. i.

184. Rendre l'ame, id. i, 243. Ce pacquet lui ayant esté rendu pendant son souper.... id. ii, 43. Mon pourpoint estoit taché du sang que j'avois rendu, lo. II, 64. Les assiegeans gagnèrent le fond des fossez par mines qu'ils rendirent [poussèrent] jusquesde»sous le rempart, d'aub. Bist. i, 27. Cette grande a> mée ne rendit combat qui vaille, iD.tb. ii, 317. Si la sangsue est maniée à main nue, elle se rend de«daigneuse ot despitense, et ne veut pas mordre, paré, XV, «9. Qui a appris à prendre, sçait tard que c'est de rendre, coturavb. Le rendre fait mal à la gorge, LEROUX de lincy, Prop, t. ii, p. 33i.0ui prent doibt rendre, ou l'infer attendre, lo. ib. p. 403. Je blasme vostre inconsideration [de Henri IV] à vous jeter aux périls sans besoin ; cela seroit supportable à un jeune homme qui n'auroit jamais rendu preuve de son courage, sully, Mém. t. iv, p. (69.

— Rtym. Wallon, reind; provenç. rendre, reddre, redre,retre; catal. et espagn. rendir ; ital. rendere, du lat. reddere (par intercalatlun de la nasale n devant d), de re...., et dare, donner. On remarquera que quelques formes romanes n'ont pas intercalé In. D'après M. Baudry, dans reddere il y a deux racines confondues par homonymie : dare, radical da, quand reddere signifie redonner; et le radical dha, poser, faire, quand reddere signifie faire ou faire devenir. Corssen aussi (Beitr. p. (i7) reconnaît le radical dhd dans con-dere, ab-dere.

RENDU, UE (ran-du, due), part, passé de rendre. Il 1* Donné en retour. Le bien rendu pour le mal. Il S. m. Fig. et familièrement. C'est un rendu, un prêté rendu, se dit d'un tour que l'on joue à quelqu'un pour lui rendre la pareille. Alexandre s'en va, toujours tuant tout ce qu'il renconire. — Ce n'était qu'un rendu, volt. Dial. xxix, (. Je ne sais ce que j'ai, dit-il à Coutu, je n'ai Jamais tant bâillé. — Mon révérend père, répondit frère CoutuJ ce n'est qu'un rendu. — Comment, que voulez-vous dire avec votre rendu? dit frère Berlin. — C'est, dit frère Coutu, que je bâille aussi, id. Facéties, Rilation du jésuite Bertier. || i' Arrivé où l'on voulait aller. Enfin, après les tempêtes, Nous voici rendus au port, malh. ii, 2. || Transporté au lieu de destination. Du vin rendu à Paris. || 8* Terme de marine. Se dit d'une manœuvre, quand elle est arrivée au point de tension qui lui convient. Une moufle est rendue, quand les pnulies se touchent. || Se dit de même de la gargousse d'une boucha à feu que l'on charge.il 4° Remis en possession, ramené i, en parlant de personnes. Rendu à la liberté. J'ai cru que, tôt ou tard à ton devoir rendu. Tu me rapporterais un cœur qui m'était du, hac. indr. iv, 5. Il Rendu à soi même, délivré d'illusion, de préventions, d'égarements. C'est malgré moi qu'à moimême rendue J'écoute une chaleur qui m'était défendue, CORN. Rodng. m, 4. Rendue à vous-même et dépouillée de toute fausse délicatesse, vous ne me ferez nulle objection, genlis, Th('dl. d'édue. Ennemis génér. u, 8. || 6" Accompli. Les derniers devoirs rendus à un mort. Un service rondu mal à propos est souvent puni comme une trahison, volt. Charles XII, 3. \\ 6° Devenu. Le soldat, dans la paix, sage et laborieux, Nos artisans grossiers rendus industrieux, BOIL. Ép. t. Il 7" Exprimé, représenté. Comme les contes les plus ridicules sont souvent fondés sur une vérité mal vue ou mal rendue, bufp. Ois. t. III, p. 344. Si les portraits sont bien rendus d'après nature, j. i. bouss. Ém. iv. il y a dans ce morceau des pensées fausses, ou du moins rendues avec peu d'exactitude, condil. Art d'écr. m, j. Il Terme de beaux-arts. Se dit absolument des objets ou desdéiails bien étudiés et rigoureusement exprimés. U n'y a rien ici de rendu, mais rien du tout, dider. Salon de (765, Œuv. t. xiii, p. 66, dans pouGENS. [Sur des statues asiatiques] Les yeux dans une tête de face sont fréquemment présentés sous l'aspect qu'ils auraient dans des tétesde profil, et les mains sont toujours pitoyablement rendues, raynal, Hist. phil. v, s». || Terme de peinture. Exécution rendue, exécution travaillée, qui exprime tout ce qui est à exprimer. Les peintres de la Norvège sont plus châtiés, et leur exécution est plus rendue, ad. viollet-le-ddc, J. des Débats, 3 juin 1862. Il S. m. Un beau rendu. La précision du rendu des objets, dans la photographie. ||8° Compte rendu, exposé ou récit de certains faits particuliers. Le compte rendu des séances de l'Académie des sciences. || S° Traduit. On travaillait à la version italienne [de l'Exposition de la doctrine catboliquel avec toute l'exactitude que méritait une matière si importante, où un seul mot mal rendu pouvait gâter tout l'ouvrage, boss. Expos, docir. cathol. Avertissement. || 10° Qui a cédé, qui s'est soumia.

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Nous comptions ce malin, avant le lever du roi, jusqu'à trente ou trente-trois places prises ou rendues, depuis le deuxième de ce mois, à lui ou à ses alliés, pellisson , Lett. hist. t. i, p. 182. M. de Rochefort assiège Huy ; la ville est rendue, le château résiste un peu, sév. (88. Tous les habitants d'une ville forcée ou rendue à discrétion, et du plat pays qui en dépendait, étaient esclaves du vainqueur, fleury, Mœurs des Israél. tit. XXVIII, part. 3. Il Proverbe. Fille qui chante et ville qui parlemente sont à demi rendues. || S. m. Soldat qui déserte pour se venir rendre dans le parti contraire (terme vieilli). Les nouvelles qu'on a eues depuis par les rendus qui sont venus en grand nombre, pellisson, Lett. hist. t. m, p. 63. Il vint hier de Bruxelles un rendu, qui dit que M. le prince d'Orange assemblait quelques troupes à Anderleck, qui en est à trois quarts de lieue ; on demanda au rendu ce qu'on disait à Bruxelles ; il répondit.... jikc. Lett. à Boileau, il mai (692. || 11» Qui s'est laissé persuader, convaincre, toucher. Je vis hier la duchesse de Sully et la comtesse de Guiche ; leurs têtes sont charmantes; je suis rendue; cette coiffure est faite justement pour votre visage, sév. 4 avr. <67i. Je suis charmée que vous aimiez Abbadie [la Vérité de la religion chrétienne] ; notre ami [Corbinelli] a été le premier à lui rendre témoignage.... après lui, je vous souhaitais rendu, et voilà qui est fait, ID. à Bussy, 26 août <688. Les voilà rendus; ils en sont émus et touchés au point de résoudre dans leur cœur sur ce sermon de Théodore, qu'il est encore plus beau que le dernier qu'il a prêché, LA BRUY. XV. Hé bien. Madame ! enfin me voilà rendue et sur le point d'être désabusée , baron, Homme à bonnes fort, iv, 3. Dursan le fils, qui se jeta sur-le-champ à ses genoux, et .'i qui cette; grand' mère, déjà toute rendue , tendit languissamment une main, mariv. Marianne, (C part. || 12» Las, outré. Il y a un nombre de chevaux et de mulets crevés et rendus en chemin, pellisson, Lett. hist. t. I, p. 373. L'équipage suait, soufflait, était rendu, la font. Fabl. vu, 8. Charles, à la lête de sa cavalerie, fit trente lieues en vingt-quatre heures, chaque cavalier menant un cheval en main pour le monter quand le sien serait rendu, volt. Charles Xll, 3. Il [l'ânel ne peut fournir qu'une petite carrière, pendant un petit espace de temps, et, quelque allure qu'il prenne, si on le presse, il est bientôt rendu, BUFF. Quadrup. 1. 1, p. <66. Souvent, rendu de chaleur et de fatigue, je m'étendais par terre, n'en pouvant plus, J. i. rouss. Conf. vm. || 13° S. m. Rendu, un moine (locution vieillie qui se disait, par abréviation, pour homme rendu moine). Le poète avait l'air d'un rendu; Comment d'un rendu? d'un ermite, la font. Poésies rriêlées, lxxi.

I RENDUE (ran-due), s. f. Se disait, au xV siècle, du certificat de publication des bans de mariage dans les paroisses auxquelles appartenaient les futurs conjoints, Bibl. des ch. 6* série, t. v, p. B53.

\ REN'DUIRE (ran-dui-r'), v. a. Enduire de nouveau, jt Appliquer un enduit en général.

HIST. XVI' s. Tous fermiers sont tenus d'entretenir les bâtiments qu'ils ont à ferme, d'aire, de planchers, de pieux et de renduits, Nouv. coust. gi'nér. t. i, p. BI2.

— ÉTYM. Re...., et enduire.

RENDDRCI, lE (ran dur-si, sie),port. passé, RENDURCIR (ran-dur-sir), v. a. Rendre plus

dur. Les plaies d'Egypte ne servirent qu'à rendurcir Pharaon. || Se rendurcir, v. réfl. Devenir plus dur.

— iiiST. xvi" s. Le fer, amoUy et fondu par la force du feu, se rendurcit de rechef par le froid, AMÏOT, AU. ».

— ÉTYiM. Bc...,et endurcir; wallon, n'deuri. f RENDURCISSEMENT(ran-dur-sl-se-man), s. m.

Action de rendurcir, de se rendurcir.

RENE (rè-n'), s. f. || 1° Courroie de la bride d'un chdval. Une des rênes de la bride. Sa main surs»» chevaux laissait flotter les rênes, rac. Phèdre, v, 6. Les tritons conduisaient les chevaux, et tenaient les rênes dorées, fén. Tél. iv. || Ajuster les rênes, saisir les rênes avec le pouce et l'index de la main droite, et les élever perpendiculairement jusqu'au boulon fixe qui se trouve à leur extrémité. || Partager les rênes, prendre une rêne dans chaque main et conduire ainsi son cheval. || Fausse rêne, longe de cuir dont on se sert quelquefois pour forcer un cheval à plier l'encolure. || Familièrement. Prendre la cini;uième rêne, s'attacher aux crins et à la selle pour retrouver »on équilibre sur le cheval. || 2° Fig. Gouvernement, direction. Lorsque Justinien lient les rênes du monde, rotr. Bélis. i, 8. Elle se soumit plus que jamais à celle main souveraine qui tient

du plus haut des cieux les rênes de tous les em- 1 pires, Boss. Berne d'Anglet. Un héraut chargé des volontés d'Athènes De l'Ëtat en ses mains vient remettre les rênes, rac. Phèdre, ii, 6. fleuri III, roi de Pologne, s'échappa de Varsovie pour venir tenir d'une main faible, quoique sanguinaire, les rênes du plus malheureux État et du plus mauvais gouvernement qui fût alors au monde, volt. Hist. pari. XXIX. Les plus vastes empires, où tout se soutient par sa propre masse, et où les rênes de l'Etat peuvent tomber entre les mains d'un sot, sans que les affaires cessent d'aller, J. j. rouss. Hél. vi, 5. On l'invita [Périclès] à reprendre les rênes du gouvernement, et il les reprit, mais il mourut de la peste quelques mois après, condil. Hist. anc. ii, B. Ah! si de telles mains, justement souveraines. Toujours de cet empire avaient tenu les rênes, a. chén. Hymne à la France. || 3° Terme d'anatomie. Rênes ou frein de la glande pinéale, nom donné aux pédoncules supérieurs de ce corps.

— SYN. GUIDES, RÊNES. Un cheval de selle a des rênes, un cheval de voiture a des guides. Cependant rênes se dit en tout cas dans le style noble.

— HIST. XI* 9. Son cheval [il] broche, si k lasche la resne, Ch. de Roi. xcviii. || xii* s. La cruiz arcevesqual fist porter à sa destre, E la reisgne del frein tint en la main senestre. Th. le mart. 38. Il xiii* s. Si tost com l'achoisit [l'aperçut], [ilj a sa resne tirée [a arrêté son cheval], Berte , xlvi. Il XVI' s. S'estant parfaictement commis l'un à l'autre, ils [Lélius et Gracchus] tenoient parfaictement les renés de l'inclination l'un de l'autre, mont, i, 2(4,

— ÉTYM. Provene. régna; espagn. rienda; port redeo ; ital. redina ; du lat. retinere, retenir. Les formes romanes supposent un bas-lat. rétina (accent sur re), d'où l'ital. rédina; le provene. reffno pour retna; le français resne, avec une s d'allongement à cause du t supprimé.

f RENE, ÊE (re-né, née), part, passé de renaître (peu usité). Les hommes renés dans la vallée de Josaphat. Le bon maître Clément [Marot] qui, rené dans ce lieu. Naguère fut Voiture, à présent est Chaulieu, chaul. 2' réponse de M. Genest, t. ii, p. 26. Il Kig. Il lui déclara que, pour entrer dans le royaume des cieux, il fallait être rené de l'eau et de l'esprit, NICOLE, Essais, t. xii, p. t09, dans pougens.

RENÉGAT, ATE (re-né-ga, ga-f), s. m. et f. Il 1» Celui, celle qui a renié la religion chrétienne pour embrasser une autre religion. Amet, laissant tomber son cimeterre, se joignit à la renégate, et tous deux ensemble firent ce qu'ils purent pour me lier les mains, scarr. Rom. com. ii, u. Quoique renégat, il ne laisse pas d'être honnête homme, lesage, Diable boit. xv. Ce qui est singulier, c'est le nombre de renégats espagnols, français, anglais qu'on a trouvés dans les États du Maroc, volt. Mœurs, t62. || Familièrement et par forme d'injure. Ah 1 maudit renégat, le plus méchant du monde. Que le ciel te punisse et l'enfer te confonde I re- GNARD, Ménechm. ii, 6. || 2° Fig. Celui qui, par des motifs intéressés, abjure ses opinions politiques et trahit son parti. Ce grand reaégat de l'indépendance [Cromwell] soupçonnait jusqu'à ses gardes, cha- TEAUBR. Stuarts, le Protectorat.

— HIST. XV* s. Quatre à cinq cens Anglois et Normans surnommés François renégats, i. chartier, Hist. de Charles VIII, p. < 94, dans lacurne. || xvi* s. Un gentilhomme valaque, nommé Ynovie ou Jean, renégat à la cour du grand seigneur, d'aub. Hist.

— ÉTYM. Provenç. renégat, de renegar (voy. renier); espagn. renegado , ital. rinnegado. Le français renégat vient du provençal ; l'ancien français disait reni^ ou renot'^. Pour l'explication comment reni^ ou son équivalent renégat a pu signifier qui a renié (voy. renié).

t RËNER (rê-né), v. a. Mettre la rêne à un cheval.

— ETYM. Rêne. Rêner est usité dans le Berry.

RÉNETTE ou RAINETTE (ré-nè-f), s. f. || 1° Instrument que les vétérinaires emploient pour entamer la corne, afin de fouiller profondément le pied malade, par suite de seime, de javart, etc. Il 2° Outils du fondeur de caractères, || 8° Instrument dont le charpentier se sert pour tracer des Ugnes et donner de la voie aux scies. || 4* Outil du coffretier et du bourrelier pour tracer des raies sur le cuir.

— ÉTYM. Rainer.

RÉNETTÉ, ÉË (rè-nè-té, tée), part, passé. RÉNETTER V. o. Couper le sabot du cheval avec

la rénette.

— ÉTYM. Iiainette.

f RENETTOYER (re-nè-toi-ié), v. a. Nettoyer de

nouveau.

— HIST. ivi* s. Renettoyer, cotgrave. Afin que toute la ville soit toujours renetie d'un tel fumier,

MERLIN COCAÏE, t. II, p. 254, dans LACURNE.

RENFAÎTAGE (ran-fê-ta-j'), s. m. Action de renfalter; ouvrage qui en résulte.

— ÉTYM. Renfatler.

RENFAÎTÉ, ÉE (ran-fê-té, tée), part, passé de

renfaîler. Toit renfaîté.

RENFAÎTER (ran-fê-té), V. a. Raccommoder le faite d'un toit.

— HIST. xvr s. Renfester une maison, cotoravk,

— ÉTYM. Re..., en, et faite.

t RENFANTER (ran-fan-té) , v. a. Enfanter de

nouveau.

— HIST. XVI* s. Par toi [un poète tragique] toui nos peuples beans. Et ravis de ta brave vene, Congnoistront les faicts medeans [de Médée], R'enfantez de ta docte halene, j. tahukeau, Poésies, p. (00, dans lacubne.

— ÉTYM. Re..., et enfanter.

RENFERMÉ, ÉE (ran-fèr-mé, mée) , pari, pasj^ de

renfermer. || l'Enfermé de nouveau. Repris après une évasion, et renfermé. || 2' Enfermé, emprisonné. Un fou renfermé dans un établissement d'aliénés. II peut venir des malheurs du ciel et de dessous terre : un éclat de foudre peut ruiner les matériaux ; un vent renfermé peut faire sauter le travail en l'air, balz. De la cour, 4* dise. \\ Substantivement. Cela sent le renfermé, se dit des choses qui sentent mauvais pour avoir été longtemps renfermées. || Odeur de renfermé, odeur d'une chambre qui n'a pas été ouverte depuis longtemps. || 3* Fig. Il se dit des sentiments, des idées, des passions que l'on enferme dans le coeur. Je craignais mon amour vainement renfermé ; Enfin j'aurais voulu n'avoir jamais aimé, rac. Brit. m, 7. || H se dit des personnes. Renfermée en moi-même, mes inquiétudes n'en étaient que plus vives, ghaffignï, Lett. péruv. iv. \\ Absolument. Un homme renfermé, un homme qui ne communique pas ses impressions, ses sentiments. M. de Montalais est incompréhensible.... on ne le connaît pas, il est renfermé, M"* riccoboni. Comtesse de Sancerre, lett. 52. Il 4° Contenu, compris. Comme la religion et le gouvernement poétique sont les deux points sur lesquels roulent les choses humaines, voir ce qui regarde ces choses, renfermé dans un abrégé, et en découvrir par ce moyen tout l'ordre et toute la suite.... boss. Hist. Dessein général. Ces admirables vertus me semblent renfermées dans l'idée du souverain, la bruy. x. La devise de l'homme vertueux est renfermée dans ces deux mots, donner et pardonner, d'alemb. Éloges; l'ab. de Sl-P. || 5° Restreint, réduit. Le débat renfermé dans de sages li mites. J'apprendrai plus de vos nouvelles lundi ; car votre dernière [lettre] est toute -enfermée à celles de Versailles, sév. (2 août (685. || Il se dit, en un sens analogue, des personnes. Parmi ces sages pensées et renfermé dans un doux commerce avec ses amis aussi modestes que lui, il goûtait un véritable repos, boss. le Tellier. Renfermé dans les soins de son saint ministère.... On le voit dans son temple et jamais à la cour, volt. Sémiram. i, (. || Substantivement. Le renfermé, l'habitude de vivre dans une société restreinte et exclusive. Leur dévotion [de M. du Maine et de Mme de Maintenon], leur renfermé continuel le rassurait [le roi] sur eux,

.ÇT-SIM. 363, 35.

RENFERMER (ran-fèr-mé), v. a. \\ 1° Enfermer de nouveau. Rsnfermez le serin, qui s'est échappé. Il 2° Enfermer. Ne me répliquez plus et me la renfermez, CORN. Théod. m, 4. Sommes-nous chez les Turcs pour renfermer les femmes? mol. Éc. des mar. I, 2. Il m'avait fait renfermer dans cette tour, fén. Tél. II. Il Renfermer quelqu'un, le mettre en prison. |l Renfermer un prisonnier, le resserrer plus étroitement qu'auparavant. || 3° Terme de manège. Renfermer un cheval, le tenir dans la main et dans les jambes. || 4° Fig. Il se dit des passions, des sentiments que l'on enferme dans son coeur. Renfermez votre amour dans le fond de votre âme, rac. Brit. II, 3. Vous semblez renfermer queUjue chagrin profond , MARMONTEL, Bélis. ch. 5. || 5' Avec un nom de personne pour sujet, comprendre, faire tenir dans. Il renferma le village dans l'enceinte de la ville. Un rimeur, sans péril, de là les Pyrénées, Sur la scène en un jour renferme des années, boil. ilrl p. m. Il 6° Avec un nom de chose pour sujet, contenir. Babylone renfermait dans son enceinte des terres labourables. Ce hvre renferme plusieurs vérités. || Fig. Le capitaine n'est pas accompli s'il ne renferme en soi l'homme de bien et l'homme sage, fléch. Turenne. L'intervalle est rempli par un grand nombre de talents ordinaire^

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mais qui sont d'un grand usage, servent à la république, et renferment en soi l'utile et l'a-'ri'able, la BRDY. XI. Mme Beverlei : 11 n'a qu'un seul défaut.... — Henriette : Qui les renferme tous, saurin, Beverlei, 1, i: Il 7° Fig. Restreindre, réduire dans de certaines bornes. Maudit ?oit le premier dont la verve insensée Dans les bornes d'un vers renferma sa pensée ! boil. Sat. ii.||8° Se renfermer, v. réfl. Se tenir enfermé. Il [Pygmalion] se renfermait dans le lieu le plus reculé de son palais, fén. Tél. viii. Si, en sortant de son logis, la première personne qu'il rencontrait était une vieille, si un lièvre traversait son chemin, Ticho-Brahé croyait que la journée devait être malheureuse, et retournait promptement se renfermer chez lui, sans oser commencer la moindre chose, fonten. Mondes, 4* soir. Il Par extension. Les empereurs romains se renferment dans l'Orient et abandonnent le reste, boss. Hist. m, 7. Sans pouvoir reculer, les deux généraux et les deux armées [à Rocroy] semblent avoir voulu se renfermer dans des bois et dans des marais, pour décider leur querelle, comme deux braves en champ clos, id. Louis de Bourbon. |{ Fig. Il y a une fausse sagesse qui, se renfermant dans l'enceinte des choses mortelles, s'ensevelit avec elles dans le néant, boss. Duch. d'Orl. C'est dans ce même esprit qu'il méprisa souvent les bruits du vulgaire, et que, se renfermant dans ses bonnes intentions, il lui abandonna les apparences, flêch. Lamoignon. Une vaste capacité.... qui sache aussi se renfermer au dedans et comme dans tous les détails de tout un royaume, la brut. x. || Se renfermer en soi-même, se recueillir. Dans ces jours de trouble et de deuil oii l'on se sent comme frappé , du spectacle sensible d'une mort récente et inopinée, on se renferme tout en soi-même, et l'on s'occupe de sa douleur, fléch. Lamoignon. || 9° Mettre en quelque chose le principe de ce qu'on est. Ëcoutezle [Jésus-Christ], et regardez ce divin maître dans son Évangile, dans lequel il s'est lui-même renfermé, BOSS. Serm. Parole de Dieu, t. || 10° Être renfermé. Une haine qui se renferme en dedans. Il 11° Se restreindre, se réduire, se borner à. Vous êtes bonne à toute sorte de choses ; vous ne vous renfermez pas à la parfaite capacité d'un procès, sÉv. 10 nov. (688. Je me renferme dans les paroles de mon texte, fléch. Duc de Montaus. Pourquoi nous renfermer dans l'usage de ne célébrer après leur mort que ceux qui, ayant été donnés en spectacle au monde par leur élévation, ont été fatigués d'encens pendant leur vie ? volt. Mél. litt. El. officiers. Il [Burrhus] se renferme dans le devoir de sa place, le soin des armées, dideb. Claude et Nér. \, 38. Nous nous renfermerons dans les seules Ecritures, de peur de nous égarer dans un sujet si vaste, ciiATEAUBR. Génie, u, iv, 7. || Se renfermer à, avec un infinitif, se borner à. Depuis votre dernière lettre, je me renferme à comprendre qu'on vous fait des méchancetés; je ne puis les deviner, sÉv. <3 mai 1072. Renfermons-nous donc à observer.... BOULAINVILLIERS, Réfut. de Spinoxa, p. 256.

— HIST. xu* s. Mais il ne volt, ço dit, n'en plait, n'en cause entrer, Tresque li reis li ait fait del tut restaurer, E à lui e as suens e rendre e renfermer [confirmer de nouveau] Lur chose.... Th. le mart. 106. \\ xvi* s. Ceulx de I^acedaemcs? se plaignoient que les Athéniens renfermoient leur ville de murailles, amyot, Thém. 37.

— ÉTYM. jRe..., el enfermer.

t RENFERRER ( ran-fè-ré^, v. a. Enferrer de nouveau.

— HIST. XVI* s. Une main me délace, et l'autre me renferre [enchaîne de nouveau], bons. 208.

— ETTM. lie..., en, et fer.

tRENFEUILLER (ran-feu-Ué, Il mouillées), v.a.

Regarnir de feuilles. Les arbres renfeuillés au printemps. Il Se renfeuiller, v. réfl. Se regarnir de feuilles.

— HIST. XVI' Meuriers se renfueilleront de telle sorte que, dans un mois après, on diroit n'y avoir esté touché, o. de serres, 487.

— ÉTYM. Re..., en, el feuille.

t RENFILER (ran-fi-lé), v. a. Enfiler de nouveau.

— HIST. XVI' s. Pour renfiler mon histoire je vous diray que.... carl. viii, (6.

— ÊTYM. Re..., et enfiler.

t RENFLAMMER (ran-fia-mé), v. a. Enflammer de nouveau. Et néanmoins, quand le printemps renflamme Nos cœurs d'amour.... passerai, Métamorphose d'un homme en oiseau. [| Se renflammer, V. réfl. Se rallumer. Les tisons se renflammèrent. Il Fig. Être repris d'amour , d'amitié. Ah ! si mon cœur osait encor se renflammer I la pont. Fabl. u, 2. Les amis se réchauffèrent, Tous les coeurs se

renflammèrent. On s'aima, même i la cour, chad- LiEu, Yoy. de l'amour et de l'amitié.

— HIST. xvi' s. Oui voudra voir comme amour me surmonte. Comme il renflamme et renglace mon cœur, rons. i. 0 nuict, jalouse nuict, contre moy conjurée. Qui renllammes le ciel de nouvelle clarté, desportes, Piv. amours, XIV, contre une nuict trop claire.

— ÊTYM. Re..., et enflammer.

RENFLÉ, ÉE (ran-flé, fiée), part, possède renfler. 'I l°Oui a augmenté de volume. Une pitebien renflée. Il 2° Oui offre un renflement. La terre renflée sous l'équateur et abaissée sous les pôles, buff. Min. t. IX, p. 89. Il Colonne, tige renflée, colonne, tige qui va en grossissant dans quelque partie de sa longueur. Il Terme de marine. Navire renflé, navire dont les couples, surtout vers les joues, sont plus proéminents qu'il n'est d'usage. || 3° Il se dit quelquefois pour enflé. Nous cherchons à agrandir notre figure par des chaussures élevées, par des vêtements renflés, buff. More, choisis, p. 88. Nous digérons, nonchalamment étendus sur des coussins renflés par le duvet, dider. Cl. et Nér. i, 3t . || 4° Fig. Il se dit des sons qui vont en se renforçant. Le flux et le reflux de cette eau, son bruit continu, mais renflé par intervalles, frappant sans reliche mon oreille et mes yeux, j. j. Rouss. B* prom.

RENFLEMENT (ran-fle-man), s. m. || 1° État de ce qui est renflé. De chaque côté de la tête on voit un renflement formé par les petites plumes qui recouvrent le trou de l'oreille, buff. Ois. t. iv, p. 40. Il Portion renflée. Ce renflement [de la terre sous l'équateur], plus attiré que le reste par les corps voisins, reçoit des mouvements particuliers qu'il communique à la masse du globe, bailly, Hist. astr. mod. t. m, p. I«B. || 2° Terme d'architecture. Renflement de colonne, petite augmentation qui se fait au tiers du fût de la colonne vers le bout d'en bas, et qui diminue insensiblement vers les deux extrémités. || 3° Terme de marine. Forme arrondie des couples d'un navire vers l'extérieur, quand elle est plus prononcée qu'il n'est d'usage. || 4° Terme de botanique. Endroit où une tige est enflée, dilatée. Cette tige présente plusieurs renflements. Il 5° Terme d'exploitation de mine. Accident d'une couche dont le toit et le mur s'écartent de leur parallélisme ordinaire.

— HIST. XVI* s. Escheant faire renfler l'eau, pour le rejaillissement, de nécessité convient, que, tant que le renflement dure, au conduit de la fontaine, n'y ait ouverture par où l'eau puisse respirer,

— Ktym. Renfler.

RENFLER (ran-iïé), v. n. || 1" Augmenter de grosseur en cuisant ou en fermentant. Voilà des haricots qui renflent bien. |1 Use conjugue avecl'auxiliaire avoir, quand on veut exprimer l'acte : Cette pâte a bien renflé; avec être, quand on veut exprimer l'état : Cette pâte est bieu renflée. |1 2° V. a. Donner plus de volume. On voit le mâle, lorsqu'il est en amour, tourner autour de la femelle en renflant les plumes de son dos d'une manière étrange, BUFF. Ois. t. IX, p. 386. [| Fig. On se nourrit des anciens et des habiles modernes; on les presse, on en tire ce qu'on peut, on en renfle ses ouvrages, la BRUY. I. Il Renfler l'avoine, pratique frauduleuse des marchands qui consiste à humecter l'avoine. || 3° Se renfler, v. réfl. Devenir renflé. J'ai de revenu clair trois cents bons mille francs, Et n'en dépense pas trois mille tous les ars; Aussi mon tas s'accroît, il se renfle ! destouch. Dissip. m, 5. Je voyais son fichu se renfler assez fréquemment, i. i. rouss. Confess. ii.

— HIST. XII* s. Cum li fluies [le fleuve] remfle sovent E creist pur la mer des qu'en som Par les curs de la lunaison, benoît, ii, 3022. || xiv s. Tantost que l'en vit luy et ses satellites, fut renterinée et remflée [ravivée] la mémoire de son honni pouer [pouvoir], BEBCHEURE, f° 69. || xvi* 3. La rivière, s'estant diminuée d'un pied et demi durant le passage, se r'enfla sur la fin, d'aub. Uist. i, 260.

— ÉTYM. Re...., et enfler; wallon, reinflé.

f RENFLOUAGE (ran-flou-a-j'), s. m. Terme de marine. Action de renflouer un navire.

t RENFLOUEMENT (ran-flou-man), s. m. Terme de marine. Résultat du renflouage.

t RENFLOUER (ran-flou-é), v. a. Terme de marine. Remettre à flot un bâtiment échoué. I| On dit aussi : raflouer.

— ÉTYM. Ce mot, qu'on voit pour la première fois dans le Dictionnaire de l'amiral WiUaumez (I82B), qui le dit normand, paraît formé irrégulièrement de re, et d ou en flot, jal.

t RENFLURE (ran-(lu-r'), s. f. Résultat d'une ! opération frauduleuse que les maquignons prati-

quent aux salières des vieux chevaux pour leur donner un air de jeunesse.

RENFONCf!, ÉR (ran-fon-sé, sée), part, passé de renfoncer. Un bouchon renfoncé dans la bouteille. Il Des yeux renfoncés, des yeux situés profondément dans l'orbite.

RENFONCEMENT (ran-fon-se-man), «. m. || l'Action de renfoncer; efl'et de cette action. |1 2° Populairement. Se dit d'un coup de poing donné dans un chapeau et qui le renfonce, do manière que la tête y entre entièrement.Tjonner un renfoncement. Il 8° Creux que forment certaines parties d'un ouvrage, particulièrement dans les ouvrages d'architecture. Un renfoncement de caisson. || Nom qu'on donne à la partie d'un théâtre qui en fait la profondeur. Le renfoncement augmente par la perspective de la décoration. || Effet de perspective qui fait paraître une chose enfoncée et éloignée. Le renfoncement d'une décoration de théâtre, yi'' Terme d'imprimerie. Action de renfoncer june ligne. Faire des renfoncements.

I. RENFONCER (ran-fon-sé. Le c prend une cédille devant o et o ; renfonçant), ». a. \\ l'Enfoncer de nouveau, ou plus avant. Renfoncer son chapeau. Dieu n'a qu'à retirer sa main qui nous porte, pour nous renfoncer dans l'abîme de notre néant, pén. t. xviiT,p. 284. Vous retombez toujours avec quelque nouvelle circonstance qui vous renfonce d'un degré dans le précipice, MASs. Carême, Rech. <. Il 2° Terme d'imprimerie. Renfoncer une ligne, la faire commencer en arrière de celles qui suivent ou précèdent. || 3° Se renfoncer, v. réfl. Etre renfoncé. [Les images du cerveau] je les rappelle , elles viennent; je les renvoie, elles se renfoncent je ne sais où, PÉN. Exist. 48.

— HIST. xvi' s. Ne plus ne moins qu'une peincture affettée, qui, avec couleurs renfoncées, avec plis rompus et avec rides et angles, chercheroit de se montrer bien vivement apparente, amyot, Comm. discern. le flat. 40. Albion nous donne congé de le laisser en paix, pour nous r'enfonccr dans les troubles du Païs-bas, d'aub. Hist. ii, aos. Il [un capitaine espagnol] se fît faire place aux coups d'espée jusques au troisiesme rang, et, voiant que les siens abaioient les premiers, il repasse pour les aller quérir, et r'enfonce pour la seconde fois, id. ib. m, 23». Et se r'enfonçant dans le lict, se remeit encores à sommeiller, mont, i, 340.

— ÉTYM. Re..., et enfoncer.

t 2. RENFONCER (ran-fon-sé. Le c prend une cédille devant o et o), v. a. Remettre des fonds à des tonneaux.

— HIST. XVI* s. Le tonneau est après renfoncé, si justement que l'aer n'y puisse entrer, o. de serres, 687.

— ÉTYM. Re..., en, et fond.

fRENFORÇAGE (ran-for-sa-j'), s. m. Action de

donner plus de force. || En photographie, action de donner plus d'intensité aux noirs, au moyen de l'acide pyrogallique ou du chlorure d'or. Us font subir à cette épreuve des renforçages et des fixages consécutifs, puis la purgent complètement, de manière à ce qu'il ne reste plus sur le verre que l'argent métallique. Presse seientif. i86B, 1. 1, p. 3)7.

RENFORCÉ , ÉE (ran-for-sé, sée), part, passé de renforcer. || 1° Rendu plus fort. Renforcé par une bonne nourriture. Tenez votre voix renforcée sur cette note. Ma bourse renforcée par Mme de Warens, J. J. rouss. Confess. ii. || Une étoffe renforcée, une étoffe plus forte et plus épaisse que d'ordinaire. Du damas renforcé. || 2° Un bidet renforcé, un double bidet. Il Fig. et familièrement. Un paysan renforcé, un bourgeois renforcé, un paysan, un bourgeois qui a de l'aisance et qui fait un peu l'important. Il Un fat, un sot renforcé, un homme extrêmement fat, extrêmement sot. Que l'on m'amène un âne, un âne renforcé, la font. Fabl. vi, 19. || U se dit, dans le même sens, des choses. L'opéra comique n'est autre chose que la foire renforcée, volt. Lett. Mme de St-Julien, 3 mars 1769. Je ne sais par quelle raison on est convenu presque généralement de réduire l'histoire à une espèce de gazette renforcée, exacte pour les faits et pour le style, d'alemb. Mém. Christ. Œuv. t. iv, p. h, dans pougens.

RENFORCEMENT (ran-fo^se-man) , s. m. Action de renforcer ; effet de cette acUon. Le renforcement d'un canon sur la culasse.

— HIST. XVI' s. Après, leurs chefs pourveurent an renforcement de la garde de ce passage, lanoue, 86 < .

— ÉTYM. Renforcer.

RENFORCER (ran-lor-sé. Le c prend une cédille devant o et o : renforçant), v. o. || 1° Rendre plu.s fort. Renforcer une armée, une garnison. [L'homme

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qui] Bâtit premièrement et villes et cités, De tours et de fossés renforça ses murailles, Régnier, Sat. VI. Les vents sourds à ses cris renforcent leur haleine, LA FONT. Adonis. Priez-le qu'il renforce autant votre foi et votre charité, que vous avez n(5gligé votre pénitence, fléch. Duch d'Àiguill. Le lendemain, il [le général autrichien à Gênes] se contenta de renforcer la garde des portes, et d'envoyer quelques détachements dans les rues, volt. Louis XV, îi. Pour renforcer le tempérament et la santé, J. J. Bonss. Ém. 1. L'habitude ne renforce plus les liens du sang, iD. Ém. i. J'apportai le germe d'une ineommoilité que les ans ont renforcée, et qui maintenant ne me donne quelquefois des relâches que pour me laisser souffrir plus cruellement d'une autre façon, m. Confess. 1. 1| Renforcer la dépense, l'ordinaire d'une maison, augmenter la dépense d'une maison, en augmenter l'ordinaire. |{ Renforcer la voix, le son, lui donner plus d'éclat et de force. Les rossignols, presque à la fin de leur ramage, semblaient se plaire à le renforcer, j. J. Rouss. Conf. IV. Il a» Se renforcer, v. réjl. Devenir plus fort, plus habile. L'armée se renforce. Son esprit s'est renforcé par l'étude. Mais moi, je suis jeune et je me renforce chaque jour, bern. de ST-p. P. et Virg. || Être renforcé. Plus j'insiste sur ma méthode inactive, plus je sens les objections se renforcer, J. j. rouss. Ém. il. Cette teinte s'est un peu renforcée, bonnet, Œuvres, t. xi, p. fse, dans

POUQENS.

— HIST. xiil* s. Et cil de dedens se renforcierent tant, qu'il les remistrent hors moût laidement, et en retindrent deus, viileh. txxvi. Et lors fu délivres li grans trésors à Madame Blance; et elle l'envoia à son signour; et il renforcha sa guêtre, Chr. de Kains, as. Et aussi ne doivent pas estre rechut en tesmongnage cil qui sunt escommenié et renforcié [réaggravés], beaom. xxxix, 63. || xiv's. Lequel Bertrans comme 11 plus offrans et li derreniers renforlans [enchérisseur], ou canoë, renfortium. || xv* s. Et [le roi] ordonna.... que on fist faire des feux par tous les quartiers de Paris, et le guet fut renforcié, J. DE TBOYES, Chron. (465. Ils avoient contraint l'offlcial de Paris de faire prooez contre eux, afin qu'ils feussent dénoncez excommuniez, aggravez et reaggravez et renforcez, monstrel. t.i, ch. 87. Il XVI" s. Vous priant faire si bonne chère et tant vous renforcer, que puissiez bien toust retourner vers elle, mabg. Lett. *3. Il luy disoit en renforceant et grossissant sa voix plus que sa vieillesse ne portoit.... amyot, Caton, 48. 11 s'en alla à travers les combatans aux premiers rencs effronter l'ennemy, de manière qu'il renforcea grandement le courage aux siens, id. Philop. ». Tout à un coup le vent du mitly se r'enforcea si violentement, qu'il brisa tous ces engins, id. Lucnl. 20. Le duc de | Guise se renforce de 17 nouvelles compagnies de gens d'armes, d'adb. Hist. i, (71. Le ruisseau duquel nous avons parlé estoit renforcé de la cheutte de deux estangs, id. ib. i, 323. Des phioles de verre renforcé, paré, xxv, 32. J'eusse estimé qu'il [le boire] l'eust refreschie et renforcée [une jument

fatiguée], MONT. I, 388.

— ÊTYM. ne, en, et force ; picard, renforeher.

t RENFORCIR (ran-for-sir), v. a. Rendre plus fort. Il V. n. Devenir plus fort. Comme cet enfant a renforci I

— REM. Enforcir étant usité, il n'y a aucune raison pour ne pas employer renforcir.

— msT. XVI* s. Geste machine estoit par le dedans bien liée et renforcié de plusieurs estages et entremoyens, amïot. Démétr. 28.

— ÉTYM. Re..., et enforcir.

fRENFORMER (ran-formé), v. o. Ouvrir, après les

•voir humectés, les gants qui viennent d'être cousus.

— f.TVM. Re..., en, et forme.

RENFORMI, MIE (ran-for-mi, mie), pari, fossi de renformir. Un mur renformi.

RENFORMIR (ran-for-œir), v. a. Terme de maçonnerie Revêtir un vieux mur d'un crépi épais pour le consolider, y mettre des moellons là où il en man'iue.

— ÉTYM. Re..., en, et forme.

RENFORMIS (ran-for-ml), s. m. Terme de maçonnerie. Képaration d'un vieux mur sans démolition, et lorsqu'elle demande plus qu'un enduit simple.

— ETYM. Renformir.

+ RENFORMOIR (ran-for-moir), *. m. Instrument pour renformer les gants.

RENFORT (ran-for ; le t ne se prononce pas et ne se lie pas : un ranfor inattendu ; au pluriel, Vs ne se lie pas : des ranfor inattendus ; cependant quelques uns la lient : des ranfbr-z ibattendus},

». m. Il 1* Augmentation de force. Nous n'étions que cinq cents ; mais, par un prompt renfort. Nous nous vîmes trois mille en anivant au port, corn. Cid, IV, 3. Pour hâter les renforts et d'hommes et d'argent, id. JVicom. iv, 2. M. de Turenne va avoir un renfort considérable de dix neuf escadrons et neuf bataillons, s'il ne l'a déjà reçu, pellisson, Lett. hist. t. n, p. 4 60. II arriva à Alexandre, dans ce temps-là môme, un renfort de trente éléphants, i|ui lui fut d'un grand secours, rollin, Hist. ane. (Euv. t. VI, p. 469, dans pougens. Par les nouveaux renforts que les deux flottes avaient reçus, celle des Perses montait à douze cent sept vaisseaux, celle des Grecs à Irois cent quatre-vingts, bar- THÉL. Anach. tntrod. part. 2, sect. 2. || 2» Pièce de fer qu'on soude à une autre trop faible {| Terme de charpenlerio. Espèce d'épaulement qu'on observe au collet d'un tenon et à la contrepartie sur une des arêtes de la mortaise. || Terme d'artillerie. Dans les bouches à feu, les parties voisines de la cillasse, où l'épaisseur du métal est augmentée. Premier renfort, celui de la culasse; second renfort, celui du milieu de la pièce. |1 Terme de marine. Pièce de bois, de toile, qui rend plus forte une partie, une toile ou une pièce de bois. Il 8° Fig. et familièrement. 11 se dit de ce qui augmente, rend plus fort. On en chanta Te Deum à renfort, la font. Fér. Renfort de joie ; on s'en trouva si bien. Qu'encore un coup on pratiqua la ruse, m. Gageure, La comtesse est là-bas qui lui sert de renfort; Le moyen qu'il résiste à leur commun effort? BoissY, Deh. tromp. iv, (2. Il faut être sorcier pour le lire [le manuscrit de Longus] ; j'espère pourtant en venir à bout, à grand renfort de besicles, comme dit maître François, p. l. cour. Lett. à Clavier, 16 oct. I809. |1 4" Renfort de potage, s'est dit des plats dont on renforçait, escortait les potages. |{ Fig. Pour renfort de potage, pour augmenter la chose, pour comble de folie. J'ai encore oui dire, madame, qu'il a pris aujourd'hui, pour renfort de potage, un maître de philosophie, MOL. Bourg, gent. m, 3.

— HIST. XVI* s. Car vos rempars, bastillons et ranfors Furent gagnez, et lors prinstes la fuitte, 1. MAiiOT, v, 43. Oultre plus fist venir pour son renfort Le tier." scadron, qui feist terrible effort, id. v, 130. Ce muscle [digastrique] est gre.sle et tendineux en son milieu pour son renfort, et charneux en ses extrémités, paré, iv, 9. X grant renfort de bezicles, rab. Garg. i, l. Quand Sylla y fut arrivé de renfort, ilz forcèrent aiséement leurs ennemis. AMYOT, Sylla, 42.

— ÉTYM. Re..., en, et fort.

t RENFOUIB (ren-fou-ir), t). a. En fouir de nouveau,

— HIST. XVI* s. Renfouir, cotgrave.

— ÉTYM. Re..., et enfouir.

t RENFOURCHER (ran-four-ché), v. a. Enfourcher de nouveau.

— HIST. XV* s. II fut sur le point de cheoir lui et son cheval, car il chancela, mais il se renfourcha et se remit, froiss. m, iv, 12.

— ÉTYM. Re..., et enfourcher.

f RENFOURNER (ran-four-né), t). o. Enfourner de nouveau.

— HIST. XVI* s. Auparavant il n'en alloit pas ainsi, car il y avoit peine d'y renfourner [au métier des armes] ceux qui les avoyent delessez, langue, <86. L'aide de ma bourse ne vous sera desniée, pour vous renfourner en quelque légitime vocation, id. 48).

— ÉTYM. Re..., et enfourner.

RENFROGNER (SE) (ran-fro-gné), v. réfl. Voy.

beprogner.

RENGAGÉ, ÉE (ran-ga-jé, jée), part, passé de rengager. || 1* Engagé de nouveau, en parlant de personnes. Me voilà donc, dit Télémaque, rengagé dans mes liens! fiîn. Tél. vu. Que dis-tu? — Qu'Angélique est une âme légère, Et s'est mieux que jamais rengagée à Valère, rïgnard, le Joueur, m, l. Il a* Excité de nouveau. N'allez point de nouveau faire courir aux armes Un athlète tout prêt à prendre son congé, Qui, par vos traits malins au combat rengagé, Peut encore aux rieurs faire verser des larmes, boil. Épig. xxxv.

RENGAGEMENT (ran-ga-je-man), s. m. Action de se rengager. Depuis son rengagement dans tel corps

— ÉTYM. Rengager.

RENGAGER ( ran-ga-jé ), v. a. Il se conjugue comme engager. || 1° Mettre de nouveau en gage. Il sera obligé de rengager son domaine pour faire face à ses affaires. || 2* Fig. Faire entrer de nouveau, en parlant de sentiments, de passions, dépositions. Je ne prétends pas vous rengager dans un commerce de paroles inutiles, balz. liv. viu, lett. 33. Je le

veux croire, et suivre le géuie Qui me rengage en votre tyrannie, voit. Œuv. t. il, p. 8i. Kt la moindre faveur d'un coup d'oeil caressant Nous rengage de plus belle, mol. Amph. i, 4. La mort d'un aîné change nos vues, nous rengage dans le monde d'où nous venions de sortir; et notre vocation à l'autel expire à mesure que nous voyons revivre de nouvelles espérances pour la terre, MASS. Carême, Vocation. Ces négociations importantes qui, arrachant le pontife du sanctuaire, le rengagent dans le tumulte (lu siècle, id. Or. fun. Villars. || 3" Entamer, commencer de nouveau. Rengager un procès. La cavalerie rengagea le combat. || 4° Se rengager, V. réfl. S'engager de nouveau. Il fallait ou tout à fait rompre, ou se rengager tout à fait avec le monde, boss. .4nne de Coni. Roi, prêtres, peuple, allons, pleins de reconnaissance. De Jacob avec Dieu confirmer l'alliance, Et, saintement confus de nos égarements, Nous rengager à lui par de nouveaux serments, rac. Ath. v, 7. Je ne vous conseillerai jamais de vous rengager, ni dans les assemblées du peuple, ni dans les festins pleins de licence, fén. Dial. des morts anc. Dial. n. Sauf à nous rengager encore l'un avec l'autre, si nous voulons, FONTEN. Lett. gai. 32. Demeurez fermes, et ne vous rengagez plus sous le joug de la dure servitude dont la grâce de Jésus-Christ vient de nous délivrer, MASS. Myst. lipsurr. || 6° Être commencé, entamé de nouveau. Il faudra que le procès se rengage. Le combat se rengagea et se prolongea jusqu'à la nuit, gknlis, Mlle de la Fayette, p. 33.

— HIST. XVI* s. Quand je vins à revivre [après une syncope], je me sentis tout d'un train rengager aux douleurs, mont, ii, 58. Ce prince et le duo aiant gagné le couvert d'une porte de jardin, Frontenac et un autre demeurèrent en la place, et convièrent le duc à y retourner, et peut estre les rengager à pis, d'aub. Hist. III, 4 772.

— ÉTYM. Re..., et engager.

\ RENGAINE (ran-ghê-n'), s. f. Terme populaire. Banalité, moyen usé ou trop connu. Ce romancier, ce journaliste abuse de la rengaine. Autre rengaine.

— ÉTYM. On dit que c'est le refrain d'une vieille chanson : turlulutu rengaine.

j RENGAINÉ, ÉE (ran-ghê-né, née), part patte de rengainer. Les épées ayant été rengainées.

! RENGAINER (ran-ghê-né), e. a. \\ 1° Remettre dans la gaine, dans le fourreau. Alors Stepliani rengaina la dague, lesagb. Diable boit. 9 J'ai dans cet étui-là, madame, un instrument.... Ecoul^z-le, de grâce, un seul moment sans peine; Et, s'il ne vous plaît pas, soudain je le rengaine, regnafd, le Bal, 40. |{ Absolument. Remettre l'épée dans le fourreau. Arrêtez! par la mort! le premier de vous autres Qui ne rengainera, je serai contre lui, scarr. Jodelet ou le maître val. m, 20. || 2° Fig. Supprimer ou ne pas achever ce qu'on avait commencé. Ainsi que le seigneur voulut, Chacun rengaina son salut, SCARR. Virg. v. Va, va, rengaine ton conseil, Et t'en va filer ta quenouille, id. ib. vu. Puisque cela vous incommode, je rengaine ma nouvelle, et m'en retourne droit comme je suis venu, mol. Amants magji. v, 4. Le comte de Bristol n'eut qu'à rengainer ses desseins, et Mlle Brouk ses avances, hamilt. Gramm. 8. Il a rengainé son factum, et il est allé è Paris, VOLT. Lett. Christin. 49 août 477). || Absolument. Tout doux, madame, le voici ; Rengainez ; il vous faut jouer un autre rôle, montfleury, Femme juge et part, m, 4 . || Rengainer un compliment, supprimer les politesses qu'on avait envie de dire, ou, ironiquement et en général, supprimer ce qu'on allait dire. || Ne pas parler de. Rengainez mes inquiétudes ; mais, si, dans l'occasion, on vous parlait encore de mes correspondances.... volt. Lett. d'Argentat, 4 0 déc. 4 757.

— HIST. xvi* s. Si aucun desguainnoit l'espée ou baissait la picque, il ne pouvoit plus renguainner ni relever sa picque, amvot, Pyrrh. 76.

— ÉTYM. Re..., et engainer.

f RENGENDRER (ran-jan-dré), v. a. Engendrer de nouveau.

— HIST. XIII* s. Avarice rengendre une vil norreture, Termoiement, rapine, larrecin et usure, j. de meong. Test. 47i:i. ||xiv* s. [Dans une plaie compliquée] oster la douleur, mondefier la boe, après rengendrer chair, et au darrenier cicatrizier, Lanfranc, f° 9. Il XV* s. Sa mère enfanta un Demosthene défectueux, et l'estude et l'accoustumance le rengendraet refit maistre vertueux et parfaict, Bouciq. IV, 4 0. Il XVI' s. Le cartilajje ne se peut rengendrer, estant desperdu, paré, ii, 4.

— ÉTYM. Re..., el engendrer.

t RENGLOOTIR (ren-glou-tir), v. a. Engloutir

REN

de nouTeau. Et la terre en courroux de n'ayoir pu lui nuire [à Jason] Rengloutit l'escadron qu'elle vient de produire, corn. Tois. d'or, v, J.

— HIST. xvi* s. Rengloutir, cotghwe.

— ÊTYM. ne..., et engloutir.

tRENGLCER(ran-glii-é),t). o. Engluerdenouveau.

— HIST. xvi* s. 11 ressemble à l'oiseau, lequel plus se remue, Captif dans les gluaux, tant plus fort se renglue, bons. ta.

— ETYM. Re.... et engluer.

RENGORGE, ÉE (ran-gor-jé, jée), port, passé de rengorger. Qui avance la gorge. Une troupe innocente De canards nasillants, de dindons rengorgés, VOLT. Disc. 6. Il Fig. Le roi lui avait demandé [au duc d'Orléans] d'un air sévère et rengorgé ce qu'il lui voulait, st-sim. 264, teo. Nos petits marquis rengorgés, voi.t. Temple du Goût.

t RENGORGEMENT (ran-gor-je-man),*. m. Action de se rengorger ; attitude de celui qui se rengorge. Le dédain et le rengorgement dans la société attirent précisément le contraire de ce que l'on cherche, si c'est à se faire estimer, la bbuy. v.

RENGORGER (SE) (ran-gor-jé), v. réfl. Il se conjugue comme gorger. || 1° Avancer la gorge et retirer un peu la tête en arrière, pour se donner meilleure grftce, en parlant des femmes. Elle fait les plus plaisantes mines du monde; ce sont des simagrées, elle se rengorge,- d'allainval. École des bourg, m, u. ||I1 se dit aussi des hommes qui, par une attitude semblable, affectent un air de fierté. Vous voyez des gens qui entrent sans saluer que légèrement, qui marchent des épaules et qui se rengorgent comme une femme, la bruy. viii. Je savais me rengorger, prendre un maintien grave et fier, LESAGE, Guzm. d'Alf. v, 4. Il II se dit aussi de certains animaux. Le paon se rengorge. || 2° Fig. et familièrement. Faire le fier, l'important. Bien convaincu du néant de la gloire, [Ver-vert] Se rengorgeait toujours dévotement, Et triomphait toujours modestement, gresset. Ter-vert, u. Tous les petits se rengorgent; les grands songent moins à leur grandeur, volt. Dict. phil. Cyrus. II ne m'appartient pas, à mon âge, de me rengorger d'avoir fourni le canevas des divertissements de la cour ; mais je suis fort aise qu'elle se réjouisse, id. Lett. Damilaville, 4 nov. <765.

— ÊTYM. Re..., en, et gorge.

t RENGOCFFRER (ran-gou-fré), ». a. \\ V Engouffrer de nouveau || 2° Ancien terme de marine. Prendre le large. Rengouffrer le navire, craignant d'écnouer, le p. hené François, Merveilles' de la nat. p. «02, édit, de 1629, dans jal. 113° Se rengouffrer, V. réfl. Rentrer dans le gouffre.

— HIST. XVI* S. Rengonffrer, cotgrave.

— ÉTYM. Re..., et engouffrer.

RENGRAISSÉ, ÉE (ran-grê-sé, sée), part, passé

de rengraisser. Un cheval rengraissé avec du son. RENGRAISSER (ran-grê-sé) . || 1» K. a. Faire redevenir gras. Il 2° V.n. Redevenir gras. J'aime l'état où je suis ; et toute ma crainte, c'est de rengraisser, et que vous ne me voyiez point le dos plat, sév. 297. Il Z' Se rengraisser. v. réfl. Se redonner de l'embonpoint. Si vous m'aimez, ma très-chère, si vous m'aimez, tâchez de vous rengraisser, sév. 356.

— HIST. XVI* s. Là dessus nous nous despartismes, lui estant bien aise d'avoir trouvé un peu de moyen pour se rengraisser ; car il estoit maigre comme un harenc soret, lanoue, 48).

— ETYM. Re..., et engraisser ; wallon, rekrahi. RENGRÉGÉ, ÉE (ran-gré-jé, jée), part, passé

de rengréger. Augmenté, en parlant des maux. Chacun rendit par là sa douleur rengrégée, la font. Uatrone.

RENGRÉGEMENT (ran-grè-je-man), s. m. Terme vieilli. Augmentation. Rengrégement de mal, surcroît de désespoir, mol. Avare, v, 3.

— HIST. xvi* s. U lui fallut bien peu de rengrégement pour le faire tomber en la maladie dont il mourut, AMY0T, Mar. 85.

— ETYM. Rengréger.

RENGRÉGER (ran-gré-jé. Le g prend un e devant a et 0 ; rengrégeant, rengrégeons ; la syllabe (/regarde toujours l'accentaigu: jerengrége, je rengrégerai, je rengrégerais.), t>. o. Terme vieilli. Augmenter, en parlant du mal, des maladies. || Se rengréger, v. réfl. Être rengrégé. Et voyant que l'espoir commence à me faillir, Ma douleur se rengrége, BÉGNIEB, Plainte.'

— HIST. XVI' s. Un jour, sa maladie s'estant rengrégée, il fut contraint de demeurer couché dans son camp, AMïOT, Sicias, 3%. Il n'y a point de médecine qui n'empire et rengrege ce mal, mont, m, 347.

— ÉTYM.ile..., en, et l'ancien comparatif gretTuIre

REN

au nominatif, greigneur au régime, du lat. grondi'or, grandiorem, de grandis (voy. gband).

RENGHÉNÉ, ÉE (ran-gré-né, née), part, passé de rengréner.

HENGRÉNEMENT (ran-grè-ne-man), ». m. Action de rengréner.

— ÊTYM. Rengréner.

<. RENGRÉNER (ran-gré-né. La syllabe gré prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : je rengrène, excepté au futur et au conditionnel : je rengrénerai), v. a. Terme de monnayeur. Remettre sous le balancier ou faire rentrer juste dans la matrice les monnaies qui n'ont pas bien reçu l'empreinte, les poinçons qu'on veut vérifier.

— REM. L'Académie écrit sans accent engrener.

— ÊTYM. Be...., et engrener.

t 2. RENGRÉNER (ran-gré-né), r. a. Remoudre le gruau comme on a moulu le grain.

t 3. RENGRÉNER (ran-gré-né), v. a. Engrener dans une seconde roue.

t RENHARDIR (ran-ar-dir), v. a. Rendre de la hardiesse, du courage. || Se renhardir, v. réfl. Redevenir hardi.

— HIST. XVI* s. Renhardir, cotqrave.

— ÊTYM. Re..., et enhardir.

t RENI (re-ni),ï. m. Action de renier. Le procèsverbal est bien ; ce qui est bon pour un reni n'est pas toujours bon dans un acte juridique, boss. Lett. abb. 4.

— REM. Le mot est excellent et est fait comme déni.

— ÊTYM. Voy. RENIER.

RENIABLE (re-ni-a-bl'), adj. De nature à être renié. || U n'est guère usité que dans cette locution proverbiale : Tous vilains cas sont reniables, locution qui se dit lorsqu'un homme ayant commis quelque méfait considérable, la honte ou la crainte fait qu'il le nie. Tout vilain cas, dit-on, fut toujours reniable, TH.C0RN.iJ.Berlr.de Cig. v, 4. || On dit plus souvent aujourd'hui : Tout mauvais cas est niable.

— HIST. XVI* s. Tous vilains cas sont reniables, loysel, 803 .

— ÊTYM. Benter.

t RENICHER (re-ni-ché), v. a. Nicher de nouveau.

— HIST. XVI* s. Renicher, cotgrave.

RENIÉ, ÉE (re-ni-é, ée), part, passé de renier. Duquel on a déclaré, contre la vérité, qu'on ne le connaît pas. [Jésus] trahi par un des siens, renié par l'autre et abandonné par tous, pasc. Pens. ivii, a, éd. HAVET. Il Par exagération. 11 est renié de Dieu et des hommes, se dit d'un très-méchant homme. Il Un chrétien renié, celui qui a abandonné sa foi. Il Un moine renié, un moine qui arenoncé à ses vœux. Le marquis de Hontebéon eut pour adjoint, pour marier M. de Mantoue, un autre Italien subalterne, théatin renié, st-sim. 138, i9. || Dans cette locution, un chrétien renié, un moine renié, il ne faut pas croire que renié prenne une signification active, comme cela a été dit, et soit au lieu de qui a renié. Renié conserve son caractère passif : eslre renié, se renier (voy. l'historique de renier) s'est dit pour renoncer à sa foi ; d'où le participe passif renié.

RENIEMENT ou RENÎMENT (re-ni-man), s. m. Il 1* Action de renier. Le reniement de saint Pierre très-connu dans l'Évangile, aoss. Var. vu, I04. Pour nous, qui savons à quoi ont servi à saint Pierre ses reniements et à tous les saints pénitents leurs péchés....m. Anne (ieCon*. Il 2° Jurement, imprécation. ....la furie de votre bourreau qui tourna son exécution en un combat particulier contre son pendu ; il fallait bien se garder de le faire mourir dans les reniements; c'est une damnation trop visible et trop scandaleuse, sÈv. 9 mars 1689.

— HIST. xm* s. L'en est [ist, sort] de sa compoignie par mort, ou par apeticemant de chief, et par reniement et par besoing, Liv. de jost. tes. ||xvi* s. Depuis la Saint-Bartbelemi ce prince [Charles IX] n'avoit repos que entrerompus de tressaux et de gemissemens, qui se terminoient en reniemens et en propos tendans au desespoir, d'aub. Hist. II, 4 29.

— ÊTYM. Benier; prov. renegament, renejamen, renegamen ; ital. rinnegamento.

RENIER (re-ni-é), je reniais, nous reniions, vous reniiez; que je renie, que nous reniions, que vous reniiez, v. a. \\ l* Déclarer qu'on ne connaît point une personne, une chose que l'on connaît effectivement. Le premier et le plus zélé de tous [Pierre] le renie trois fois [Jésus], boss. Hist. ii, 6. Ses larmes effacèrent le crime que sa bouche avait commis, en reniant son maître, bourdal. Exhort. sur le ren. de St Pierre, t. i, p. 473. || Absolument. I^ens t'instruire par l'exemple d'un si .grand apôtre

REN

[Pirrre] : il présume, il s'engage, il renie, boss. héd. sur l'Êvang. la Cène, 76* jour. 112° Renier quelqu'un pour son parent, pour son ami, refuser de le reconnaître pour tel. || On dit dans le même sens : renier ses parents, ses amis. Il [Lamotte] exhortait Rousseau, qui reniait son père, à ne point rougir de sa naissance, volt. Louis XIV, Écriv. Lamotte. Tu ne saurais marcher dans cet auguste lieu, Tu n'y peux faire un pas, sans y trouver ton Dieu ; Et tu n'y peux rester sans renier ton père, Ton honneur qui te parle, et ton Dieu qui t'éclaire, ID. Zaire, ii, s. M. l'abbé Rotbelin, qui m'a un peu renié devant les hommes, m. leM. Formant, 20 déo. 1738. Il 8° Désavouer, méconnaître une chose de fait. Renier sa patrie, sa famille. Il 4° Abandonner entièrement. Le peuple dit que les sorciers renient chrême et baptême. Il ne pouvait être tranquille, depuis qu'il avait eu le malheur de renier sa foi, lesaoe. Diable boit. 15. Deux cents et un témoins les accusèrent [les templiers] de renier Jésus-Christ en entrant dans l'ordre, volt. Moeurs, es. Non, renier sa croyance. Non, renier son Dieu n'est pas en sa puissance, c. delav. Une famille, 1 5. || Absolument. Apostasier, Parmi les chrétiens établis en Orient, il y en a toujours quelqu'un qui renie. || 6* Renier Dieu, et, absolument, renier, jurer le nom de Dieu. La Rancune, avec une froideur capable de faire renier un théatin, lui disait : Voilà un grand malheur, scarr. Rom. com. i, 6.

— HIST. X* s. Qu'elle Deo raneiet, chi maent [demeure] sus en ciel, Eulalie. || xii* s. Sainz Pieres U apostles, que Deus tant honura, Que en ciel e en terre poesté li duna, Jesu Crist sun seigneur par treis feiz renia, Th. le mart. io7. || xm* s. Atant es vous un crestien renoiet venus au conte, qui bien savoit les passages et le pays, Chr. de Rains, 204. Car se tu le bien congneQsses, Onques ses homs esté n'eusses.... Ains croi que, sans point de demore, Son homcage li renoiasses. Ne jamès par amor n'amasses, la Rose, 4265. Voudriiez vous Dieu renoier. Celui que tant solez proierî huteb. ii, 82. De ce clos où il les avoient mis, les fesoient traire l'un après l'autre, et leur demandoient : te veulz-tu renoier? joinv. 242. Il me fist amener mes mariniers devant moy, et me dit que il estoient touz renoiés, lo. 24). Renoier soi n'est pa.s autre chose que refuser ses volenlez, en tel manière que cil qui estoit superbes deviegne humbles, brun, latini, Trésor, p. 460. Envers Hervé, le cuivert renoié, dd GANGE, renegatus. || xv* s. Et aux plusieurs forts et grands pillards françois reniés, ils tirent trancher les testes, ou pendre à un gibet, fboiss. m, iv, 4. Il XVI* s. Le devin ne renia [nia] point le faict, AMYOT, 4Iez. 117, Le roi, en reniant à sa mode, dist à son frère devant la roine qu'il falloit qu'un d'eux sortist le roiaume [sic], n'AUB. Hist. u, 106. 11 regnioit Dieu, que s'ils y revenoient plus, qu'il les tailleroit en pièces, carl. v, 8.

— ÊTYM. Berry, rignier ; wallon, riney ; provenç. renegar, renejar, reneyar; espagn. renegar; ital. rinnegare; de re, et lat. negare, nier.

RENIEDR (re-ni-eur), t. m. Celui qui blasphème, qui renie.

— HIST. XVI* s. Autres ont la bouche torse, comme renieurs de Dieu, paré, xvi, i.

— ÊTYM. Renier.

t RENIFLADE (re-ni-fla-d"), t. f. Action de renifler. S'il me revient encor faire ses reniflades. On me verra, ma foi I sur lui faire gourmades.... scarr. D. Japh. d'/lrm. m, 17.

RENIFLEMENT (re-ni-fle-man), ». m. Action de renifler. L'air, dans ce mouvement d'aspiration, formait un bruit semblable à un reniflement très-fort, BUFP. Quadrup. t. xi, p. 144. || Reniflement des porcs, nom donné à une maladie des porcs qui s'est déclarée en 1832 dans plusieurs communes du du» ché de Nassau, et qui parait n'être ou'une nuance ou variété du coryza.

— ÊTYM. Renifler.

RENIFLER (re-ni-flé), V. o. || 1* Retirer, en aspirant un peu fort, l'humeur ou l'air qui est dans les narines. Nous reniflâmes à l'envi ; Car ce tonnerre fut suivi De certaine odeur sulfurée, scarr, Virg. II. Un vieillard qui sue, qui crache, qui se mouche, qui renifle, comte oe caylus, Acad. de fes dames, etc. (Euv. t. xii, p. 86, dans pougens. Le boa se déroule et siffle, Le tigre fait son hurlement, Le buffle en colère renifle; Lui dort ou p^t tranquillement, théoph. oautier. Poésies, l'Hippopotame. Il 2° Fig. et familièrement. Marquer do la répugnance pour quelque chose. Le roi dit à Cavoie que, pour lui tenir lieu de dot, il lui ferait présent de la charge de grand maréchal des logis de sa

REN

RPN

maison ; Cavoie renifla encore, mais il y fallut passer, ST-siM. 34, U2. Mes anges, je suis épuisé, rebuté, je renifle sur cette Olympie, volt. Lett. d'Argental, (Sjuin 1763. || Ce cheval renifle sur l'avoine, il refuse d'en manger. |{ Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir. \\3° V. a. Faire entrer dans le nez en reniflant. Là [dans le Paradis perdu] c'est la Mort qui lève le nez pour renifler l'odeur des cadavres qui n'existent pas encore, volt. Dict. phil. Épopée, Milton.

— niST. xvT» B. Souvent Marsanlt, comme tout courroucé, Soufle, renifle, et d'un nez retroussé Maudit ses aulx dubell. vu, i>, verso.

— ÊTYM. Wallon, r'nonllé; picard, nifler, flairer en faisant du bruit ; génev. nifler. Ce mot vient de re, et du verlie nifler; picard, niflette, narine; Berry, gnoufe, gnoufle, nez, muflle, grouin ; prov, nefa, gros bec de l'oiseau de proie; ital. nt//o, niffo, museau ; du germanique : anglo-sax. neb, bec, nez ; bas-allem. nibbe; anc. scandin. nebbi ; suisse, nilfen, froncer le nez ; bavarois, niffela, parler par le nez.

BEMFLERIE (re-ni-fle-rie), i. m. Terme populaire. Action de renifler. Un chien de harangueur me vint aussi charger De son hem, de sa toux, de sa reniflerie, scarr. D.Japhel, m, te.

— ÉTYM. Renifler.

RENIFLECR, EOSE (re-ni-fleur, fleû-z), s. m. et f. Celui, celle qui renifle. Mais ne seriez-vous point ce maudit renifleur. Ou du moins le parent de ce mauvais railleur? scarr. Dam Japh. d'Arm. V, 7. Ce renifleur avec emphase Comparera dans une phrase Vos yeux aux rayons du soleil, cbadl. À la duch. du Maine, le 27 mai 1702.

— Rtym. Renifler.

t KÉMFORME (ré-ni-for-m"), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a la forme d'un rein ou d'un rognon. Anthère, graine, cotylédon réniformes.

— ÊTYM. Lat. ren, rein, et forme.

•|«-RENIQUEUR (reni-keur), *. m. Celui qui foule

les draps avec les pieds.

+ RÊNITENCE (ré-ni-tan-s'), *. f. Terme didactique. Caractère de ce qui est rénitent. La rénitence d'tme tumeur.

— HiST. XVI* s. Dureté, mollesse, douleur, rénitence d'une tumeur, paré, y, 3.

— ÉTYM. Rénitent.

t KËMTENT, ENTE (ré-ni-tan , tan-t') , adj. Il 1° Terme didactique. Qui, à la pression, offre un sentiment de résistance et de ressort. Le ventre ti èsgonflé, très-rénitent, desessarts, Instit. Mém.scienc. t. I, p. 243. Il 2° Dans le langage général, qui résiste (peu usité en cet emploi). Mahomet, dans ses premiers combats en Arabie contre les ennemis de son imposture, faisait tuer sans miséricorde ses compatriotes rénitents, volt. Mœurs, 7. || Substantivement. Le parlement de Paris ne cessait de rendre des arrêts contre les évéques qui exigeaient des mourants l'acceptation de la bulle, et qui refusaient aux rénitents les sacrements et la sépulture, m. Hist. pari. 64.

— HIST. XVI' s. La tumeur est ronde, légère, renitente, paré, vi, )8.

— ÉTYM. Lat. renitentem, de reniti, résister, de re, etititi, faire efïort; génev. rénitent, mutin, récalcitrant.

•j- RENIVELER (re-ni-ve-lé), v. a. Il se conjugue comme niveler. Niveler de nouveau.

— MiST. xvi* s. Heniveler, cotgrave.

+ RENIVELLEMENT (re-ni-vè-le-man), s. m. Action de reniveler.

+ RENIXIGRADE (re-ni-ksi-gra-d'), adj. m. Se dit d'un bandage à résistance graduée.

— ÉTYM. Lat. renixus, résistance, et gradus, degré.

t RENJAMBER (ran-jan-bé), v. a. Enjamber de

— HIST. xvi* t. Se d'aventure aucun ou aucune engambe par dessus ung petit enfant, il ne croistra plus, se celluy propre ne le rengambe et retourne par dessus. Les évang. des quenouilles, p. U3.

— ÉTYM. Re..., et enjamber.

RENNE (rè-n'), *. m. Quadrupède du Nord, du même genre que le cerf. L'élan et le renne ne se trouvent tous deux que dans les pays du nord, l'élan en deçà, et le renne au delà du cercle polaire, bufp. Quadrtip. t. v, p. 238. Le lait, la peau, les nerfs, les os, les cornes des pieds, les bois, le poil, la chair, tout en est bon et utile ; les plus riches Lapons ont des troupeaux de quatre et cinq cents rennes, id. tb. p. 26(. Le cerf, le renne et l'élan peuvent faire quarante lieues en un jour; le renne attelé à un traîneau en fait trente, et peut soutenir ce mouvement plusieurs jours de suite, id. Ois. t. l, p. 42.

Il Plusieurs naturalistes ont fait ce mot du genre féminin.

— ÉTYM. AU. Renn; suédois ren.

t RENNCYER (ran-nui-ié), v. a. Ennuyer de nouveau.

— HIST. XVI* s. Rennuyex, cotgrave.

— ÉTYM. jRe..., et ennuyer.

RENOM (re-non), s. m. Opinion que le public a d'une personne, d'une chose. Ne vous acquérez pas sar votre dureté Un renom odieux à la postérité, ROTH. Antig. ii, 2. Une petite foniaine sans nom et sans renom ; voilà où vous vous êtes baignée, sév. (9 août (676. Je ne veux rien d'un homme qui m'a donné le renom que je l'aimais toute seule, mariv.

I Épreuve, se. 2). Si Richelieu eût été Italien, il aurait peut-être parmi nous, malgré les éloges de l'Académie, un aussi mauvais renom que le cardinal Mazarin, quoique d'un autre genre, duclos, Œuv. t. VI, p. 36. Il Absolument, célébrité. Un homme de renom. Comme il est sans renom, elle est sans déliance, cobn. Cid, <r, 4. Romains, souffrirez-vous.... qu'un Romain s'efforce à tacher le renom D'un guerrier à qui tous doivent un si beau nom, lo. Hor. v, 3. Il Proverbe. A beau se lever matin qui a le renom de dormir la grasse matinée.

— SYN. RENOM, RENOMMÉE. Ces deux mots, qui ne diffèrent que par un suffixe à forme de participe passif, sont synonymes en tant que signifiant l'opinion que le public a d'une personne. Mais, quand il s'agit de la voix publique qui annonce quelque chose, c'est renommée qu'on dit, et renom ne se dit pas.

— HIST. xu* s. Tuit cil [tous ceux] qui oïrent lor renon, si orent de lor [d'eux] paor, Machab. i, 8.

II xiii*s. Ah I gentis rois, quant Diex vous fist croiser, ■foute Egypte doutoit vostre renon, quesnes. Romane, p. <oo L'estre et l'errement De la grant

court de France au dous renom , hues de la ferté, tb. p. (82. Puisque dit l'as, je point n'en dot, Fet Renart, que tu es prodom ; Au mains en as tu le renon, Ren. B27i. Encor est-il [Artus] de tel renom, Que l'en conte de li les contes Et devant rois et devant contes, la Rose, H86. Gens de mauvais renom, Bibl. des chartes, a* sér. t. m, p. 426. Il xvi* s. Ceux qui meurent sans renom. Et desquels la sépulture Presse sous mesme closture Le corps, la vie et le nom, rons. 7B2. Quant à moy, j'ayme mieux trente ans de renommée, Jouyssant du soleil, que mille ans de renom. Lorsque la fosse creuse enfouyra mon nom, id. 78b. On n'a pas veu sortir de Macédoine, ny de Perse, aulcun orateur de renom, mont, i, 38|. Bon renom vaut un héritage, LEROUX de linct, Prov. t. II, p. 252. Une fois en mauvais renom, jamais puits n'est estimé bon, id. ib. p. 4S2.

I — ÉTYM. Re..., et nom; provenç. etcatal. renom; espagn. renombre ; portug. renome.

RENOMMÉ, ÉE (re-no-mé, mée) , part, passé de renommer. || 1° Nommé une seconde fois. Renommé aux dernières élections. || 2° Qui a' du renom. Et ce pouvoir si grand dont il [Neptune] est renommé. N'est connu que par les naufrages Dont il a garanti ceux qui l'ont réclamé, malh. vi, <6. Ce serait une contestation bien inégale , que des paroles d'un pauvre gentilhomme comme je suis, avec les effets d'un prince tel que vous êtes, renommé par la voix générale de tout le monde, id. Lettres, i, 4. Ce Grec si renommé, qui, depuis tant d'années. Au pied de l'Aventm prédit nos destinées, corn. Hor. I, 3. Rappelez en votre mémoire ces guerres si renommées dont il fut le directeur et le ministre, FLÉCH. Je Tellier. Les habitudes que M. le Tellier avait eues avec les plus renommés politiques, avaient formé en lui cette étendue de lumières d'un ministre d'État, id. ib. Ù mont de Sinaï, conserve la mémoire De ce jour à jamais auguste et renommé, RAC. Athal. I, 4. Il On dit renommé pour. Ces peuples, renommés pour leurs observations astronomiques, ont compté Abraham comme un de leurs plus savants observateurs, boss. Hist. ii, 2. Tyr, la ville du monde la plus renommée pour le commerce, rollin, Hist. anc. Œuv. t. i, p. 233, dans pougens. Ce pay^ [l'Inde], plus renommé autrefois pour sa religion, ses sciences et ses lois, que pour les richesses qui ont fait de nos jours l'unique objet de nos voyages, VOLT. Louis IV, 29. Il On dit aussi renommé par; en ce sens, par indiquant la cause du renom. Cette ville est renommée par ses fabriques de tapis. Un homme renommé par sa sainteté, Dict. de l'Académie. Mais, en cet emploi, par est moins bon que pour.

RENOMMÉE (re-no-mée; Paisgrave, p. B7, dit,

|au xvi* siècle, qu'on prononçait renoumée), s, f

REN

Il 1° Connaissance d'un nom parmi un public plusou moins étendu. Bonne renommée. Mauvaise re-' nommée. Et la gloire et la renommée Ne sont que songe et que fumée. Et ne vont point jusques aux morts, VOIT. Œuv. t. ii, p. 206. Ne montrez à la cour que votre renommée, corn. Nicom. l, J. X quelque prix qu'on mette une telle fumée. L'obscurité vaut mieux que tant de renommée, id. Hor. ii, 3. Le soin que nous prenons de notre renommée.... MOL. Tart. m, 3. Qu'heureux est le mortel qui, du monde ignoré, Vit content de soi-même en un coin retiré; Que l'amour de ce rien qu'on nomme renommée N'a jamais enivré d'une vaine fumée I boil. bpitre VI. Mes malheurs font encor toute ma renommée, RAC. Bajaz. ii, 4. Louis XIV, jeune encore et avide de renommée, qu'il prenait pour la véritable gloire, se préparait à faire la guerre à la Hollande, d'alemb. Éloges, Despréaux. Pour jouir de ce bonheur qu'on cherche tant et qu'on trouve si peu, la sagesse vaut mieux que le génie, l'estime que l'admiration, et les douceurs du sentiment que le bruit de la renommée, id. Éloges, Sacy Nous marchions vers cette petite ville [Athènes], dont le territoire s'étendait à quinze ou vingt lieues, et qui balance dans l'univers la renommée de l'empire romain, chateaubr. Itin. part. 1. 1| Terme de paldis. Rétablir quelqu'un en sa bonne fâme et renommée. Il 2° La voix publique Nous avons appris l'événement par la renommée. La renommée accuse juste en contant ce ()ue vous valez, mol. Préc. lO. J'eus soin de vous nommer.... Des gouverneurs que Rome honorait de sa voix ; Je fus sourde à la brigue et crus la renommée, eac. Brit. iv, 2. La vérité s'accorde avec la renommée. Madame, Osmin a vu le sultan et l'armée, id. Bajaz. i, 2. Toujours la renommée Avec le même éclat n'a pas semé mon nom,iD. Bérén. il, 2. || Terme de palais. En-iuéle de commune renommée, sorte d'enquête de voix publique pour constater certains faits. Si le défaut d'inventaire porte sur un mobilier échu à la femme, celle-ci ou ses héritiers sont admis à faire preuve, soit par titres, soit par témoins, soit même par commune renommée, de la valeur de ce molulier, CodeNap. art. (604. || 3° Être mythologique et allégorique représenté sous la figure d'une femme embouchant la trompette (en ce sens il s'écrit avec une r majuscule). Peindre, sculpter plusieurs Renommées. Lorsque d'un pied léger la prompte Renommée, Semant partout l'effroi, vient au chantre éperdu Conter l'affreux détail de l'oracle rendu, boil. Lutr. V. Il En nette acception, on is'en sert dans plusieurs phrases de style oratoire et poétique, mais sans y mettre l'r majuscule. La renommée publie ses victoires. Le vol de la renommée. Sur les ailes de la renommée. Mais on croit trop ici l'aveugle renommée, Son infiilèle voix vous a mal informée, volt. Adél. 1, 3. Mon cher ami, vous savez que la renommée a cent bouches, et que, pour une qui dit vrai, il yen a quatre-vingt-dix-neuf qui mentent, ID. Letl. à Collini, 22 oct. 1766. La renommée a pubUé de ses cent bouches les victoires qu'il jAmazan] remporta sur les trois rois avec ses Espagnols, ses Vascons et ses licornes, id. Princ. de Babyl H. Il Proverbe. Bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée, il vaut mieux avoir l'estime publique que d'être riche (voy. ckinture).

— SYN. RENOMMÉE, RÉPUTATION. La renommée a pour point de départ la célébrité; la réputalion, une opinion plus circonscrite. La renommée est dans le grand public; la réputation, dans un petit public. Aussi Duclos a-t-il dit : La réputation et la renommée peuvent être fort différentes, et subsister ensemble, Consid. mœurs, 6.

— REM. Corneille ayant dit : Et lui, désespéré, s'en alla dans l'armée Chercher d'un beau trépas l'illustre renommée, Poly. i, 3, Voltaire objecte que renommée ne convient point à trépas; ce mot ne regarde jamais que la personne, parce que renommée vient de nom : la renommée d'un guerrier, la gloire du trépas.

— HIST. xiii* s. Mieux aim [j'aime] de li [de ma dame] avoir dure pensée, Que d'une autre greigneurs biens atenir; Tant aim de li [j'aime d'elle] la douce renommée, viDAME DE CHARTRES, ilomanc. p. ii4. Il furent chevalier de haute renommée, audefr. le BAST. t!>. p. 26. Trop dolente en seroie, s'en faisiez renommée [si vous en parliez], Berle, xvi. Bone gent [ils] sont et .sage et de grant renommée, tb. xlvi. Par toute la contrée en va la renommée, tb. civ. Tant que il avint que renoumée, qui par tout vole, en vint au roi Phelippe, Chr. de Rains, p. 6). Et fu renoumée de celi femme qu'il voult [voulut] gésir avec elle contre se [sa] volenté, Bibl. des chartes,

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»• sér. t. m, p. *^<i. Maistre Robert da Cerbona pour la prant renommée que il avoitd'estra preudomme, il [LouisIX] le faisoit manger à sa table, joinv. <95. Mais da sorplus ne vos fas [je ne vous fais] renomée [récit], Àubri, p. ( 5». \\ xiv* s. Il est escript : la vieille renommé est tost alée quant elle n'est renouvelée, LE CHEV. DE LA TOOB, Instruct. à ses filles, {• 86, dans lacubne. || xv* s. De quoi lesdits seigneurs ne voulurent mie plenté séjourner, ni eux endormir en la renommée des medisans, FBOiss. I, i, 201. Balade que bonne renommée vault mieux à l'homme que fin or, s. desch. Poésies mss. {• 368. Plus griefve chose est la moitié, de maie renommée faire bonne que de la bonne faire mauvaise, Perceforesl, t. i, f m. || xvi" s. Si le soing de se faire cognoistre aux siècles advenir et de la renommée, mont, i, 2»i .

— ÊTYM. Renommé; provenç. renomctda, renomnada; ital. rinomala.

RENOMMER (re-no-mé) , v. a. || !• Nommer, élire de nouveau. Les électeurs l'ont renommé. On met la table au ministère; Renommez-moi, je suis pressé, BftRANG. Ventru aux él. \\ i° Nommer avec éloge. Ce chanteur que partout on renomme. Saint Paul enseigna aux prédicateurs qu'ils doivent s'étudier non à se faire renommer par leur éloquence.... boss. Sermons, Parole de Dieu, <.||8° Se renommer, v.réfl. Acquérir du renom. Ils se renommaient trop par la grandeur de leur race, mass. Carême, Injusl. du m. Il 4* Se renommer de quelqu'un, se réclamer de lui, s'autoriser de son nom auprès d'un autre. Il s'est rencontré des charlatans et cabalistes, lesquels sans se renommer de la rosecroix, nous ont montré des effets sans comparaison plus émerveillables, NAODÊ, Rosecroix, vu, ♦. Les protestants se renomment des Vaudois, les Vaudois de leur prétendu compagnon de saint Sylvestre, boss. Var. H. S'il s'avise de se renommer de moi, ni de dire à personne que je suis son père, dancoubt, Saux de Bourbon, se. <9. J'écris à M. le duc d'Aiguillon, et je me renomme de vous dans ma lettre; j'espère que vous ne me démentirez pas, volt. Lett. Rir.helieu, 23 sept. i77i.

— HIST. XI* s. Charles [crie] Montjoie l'enseigne renumée, Ch. de Roi. cclx. || xii* s. Le temple renoraé par tôt le monde, Machab. il, 2. E li reis Oziiiz, qui mult est renumez. Th. le mart. 7i. Nos faisons ui, chier frère, l'encommencementde l'avent, cuy [qui| nous est asseiz renommeiz et connuiz al munde, si cum sunt li nom des alties sollempniieiz, ST bern. p. &2i.||xiii' s. En Keux le seueschal te mire. Oui jadis par son mokeïs Fu mal renomés et haïs, la Rose, 2<02. X briement parler, on ne doit laissier le [la] garde des enfans sous-aagiés ne des orfelins à nului qui soit mal renommés de vilain cas, BEAUM. XV, 32. || XV S. Les grands p."ouesses dont il estoit renommé, fboiss. i, i, 30o. Et pour ce ai voulu entreprendre, Qu'on ne m'en puisse renommer [accuser d'ingratitude], De venir vers vous de çà mer, E. desch. Poésies mss. f° 484. || xvi' s. Si celui, dit-il, qui se renomme frère [passe pour frère] entre vous, est paillard ou avaricieux, je ne vous permets point de manger avec lui, calv. Inst. 989. tn voyant tes grandeurs, que feroy-je sinon Renommer ta louange, et célébrer ton nom? bons. 863. Que tu es renommée, D'estre tombe nommée D'un, de qui l'univers Chanta les vers, id. L'élection de son sépulcre.

— ÊTYM. Re..., et nom; provenç. renomnar, renompnar, renomenar; espagn. renombrar; ital. rinomare.

■\ RENONÇANT, ANTE (re-non-san, san-t'), adj. Qui renonce. Mme Guyon.... toute renonçante qu'elle était à ses visions et à ses erreurs, boss. Rem. sur la rép. m, ii, 9. || Terme de jurisprudence. Qui fait une renonciation. |{ S. m. Nom donné aux membres de plusieurs sectes chrétiennes qui, pour mener une vie apostolique, faisaient vœu de renoncer aux biens terrestres.

RENONCE (re-non-s'), t.f. || 1° Terme de jeux de cartes. Absence d'une couleur. J'ai renonce à pique. Une renonce et un autre roi, boursault, Lett. nouv, t. III, p. 33, dans POUGENS. j|Se faire une renonce, se mettre en état de couper une couleur, en se défaisant des cartes de cette couleur qu'on a dans son jeu. Je me suis fait une renonce en cœur, à cœur. Il 8° Se dit aussi pour action de ne pas jeter d'une couleur quand on peut en fournir.

— ETYM. Renoncer.

RENONCÉ, ÊE (re-non-sé, sée), part, passé de renoncer. Désavoué, renié. Ces lépreux qui, renonces de leurs proches, languissaient aux carrefours des cités, en horreur à tous les hommes, ciiATEAUBR. Génit, IV, VI 2. || Il ne faut pas confon-

dre le participe passé de renoncer actif avec celui de renoncer neutre. Ce dernier ne peut être employé au passif. Un fils peut être renoncé par son père ; mais le monde n'est pas renoncé par celui qui le quitte ; il faut dire : Le monde auquel celui qui le quitte a renoncé.

RENONCEMENT (re-non-se-man), s. m. \\ 1° Action de renoncer à quelque chose. Je fais la révérence à la simple et modeste sépulture de Mme de Guise, dont le renoncement à celle des rois ses aïeux mérite une couronne éternelle, sÉv. 29 mars (896. Il 2' Particulièrement, renoncement de soi-même, à soi-même, acte de l'âme qui se désintéresse de ses propres intérêts. Il n'est point d'exemple d'une volonté plus soumise et d'un plus parfait renoncement de soi-même, balz. 7" dise, tur la cour. La vertu politique est un renoncement à soi-même, qui est toujours une chose tres-pénible, montesq. Esp. IV, 6. Il Dans l'histoire d'Angleterre, ordonnance ou acie de renoncement à soi-même, bill par lequel la chambre des communes arrêta que tout membre du parlement serait exclu des fonctions civiles et militaires ()644).||3" Dans la morale chrétienne, action de renoncer aux choses du monde. Le renoncement à l'amour des créatures étant un des engagements de notre baptême, nicole, Essats, t. v, p. 2(6, dans POUGENS. Donnant de grands exemples de modestie, de prudence, de piété, et d'un parfait renoncement à tous les soins et à tous les plaisirs du siècle, FLÉCH. Hist. de Théodose, m, «s. L'abbé de Rancé, qui dès lors méditait cet entier renoncement au monde, dont il donna depuis un si terrible exemple, d'alkmb. Éloges, Testu. C'était une musique toute religieuse qui conseillait le renoncement à la terre, stael, Corinne, x, 4. || Absolument. Je ferai de grandes austérités, des renoncements difficiles, des changements étonnants dans ma conduite, fên. t. xvm,p. <I8. Une vie de renoncement et de sacrifice, mass Hyst. Purifie, a.

— HlST. XVI' s. Si nostre sanctification consiste au renoncement de nostre propre volonté.... calv. Inst. Mb.

— ÉTYM. Renoncer; provenç. renunciamen; espagn. renunnamento ; ital. rinuniiamento.

RENONCER (re-non-sé. Le c prend une cédille devant o et o : renonçant, renonçons), v. n. jj 1° Se désister, se déporter de quelque chose, soit par acte exprfcs, soit autrement. Renoncer à la couronne. Il a renoncé à la succession de son père. Renoncer à son droit. || Absolument. Sa veuve a renoncé à cause des dettes, c'est-à-dire a renoncé à la communauté. La femme qui renonce perd toute espèce de droit sur les biens de la communauté, et même sur le mobilier qui y est entré de son chef. Code Nap. art. (4 98. Il 2° Quitter, abandonner la possession, le désir de quelque chose, la prétention à quelque chose. On ne renonce point aux grandeurs légitimes, On garde sans remords ce qu'on acquiert sans crimes, corn. Ct'nna, ii, i. Moi, renoncer au monde avant que de vieillir. Et dans votre désert aller m'ensevelir! mol. Mis. v, 7. Ciel! me faut-il ainsi renoncer à moi-même. Et par un imposteur me voir voler mon nom? id. Amph. i, 2. En un mot, je renonce à plaire à madame de la Troche, sans renoncer à l'aimer ; car elle me trouvera toujours quand elle voudra se faire justice, sév. )32. Rome, fatiguée et épuisée par tant de guerres civiles, pour avoir du repos, est contrainte de renoncer à sa liberté, boss. Hist. m, 7. Peut-on vivre, direz-vous, de cette sorte? peut-on renoncer i ce qui plaît? id. la Yaili^e. Vous aviez solennellement renoncé au démon et à toutes ses œuvres, au monde et à toutes ses pompes, renoncé à la chair et à tous ses désirs sensuels, bourdal. 3' dim. après l'Épiphan. Dominic. t. I, p- < 60. Si c?lle-là [la duchesse du Maine] m'échappe encore [ne re'iurne pas à la piété], je renonce aux princesses, persuadée qu'il n'est pas possible que le roi en trouve uns dans sa famille qui se tourne au bien, maintenon, Lflt. à Mme de Brinon, 27 août (693. Pour moi, je vous le dis encore, je me suis bien trouvé d'avoir renoncé aux affaires avant ma mort, fén. Dial. des morts anc. Dial. 38 {Sylla, Catilina et César). La première chose qui arrive aux hommes après avoir renoncé aux plaisirs, c'est de les condamner dans les autres, la bruy. xi. Aimant mieux renoncer à la vie qu'à la pudeur, eollin, Hist. anc. Œuv. t. vu, p. 262, dans POUGENS. J'aurai du moins le plaisir de voir mes amis soutenir le théâtre, auquel mon grand âge, mes maladies et peut-être encore plus mes ennemis me forcent de renoncer, volt. Lett. I^kam, 17 juin. 4767. Mon estomac, qui ne digère presque plus, m'a contraint de renoncer aux soupers : je lis

le soir, ou je fais conversation, Lett. du roi de Pr. à Voltaire, 31 juill. I7«7. Les épigrammes [de Racine] contre cette même Judith de Boyer et contre l'Aspar de Foiitenelle, faites dans le temps de sa plus haute dévotion, prouvent que, s'il avait renoncé au théâtre, il n'avait pas renoncé à la satire, d'alehbert, Élog, Ch. Boileau. Elle [Christine] renonçai la Suède pour jamais, et revint à Rome, où elle passa le reste de ses jours mécontente et mal payée de ses anciens sujets, ID. Mém. Christ, t. iv, p. 69. || Absolument Vous n'avez pas de constance, il ne faut pas renoncer siiAt. C'est un homme entêté qui ne renonce jamais. || 8° Terme de dévotion. Renoncer au monde, se consacrer & la vie religieuse. Rien n'irrite davantage les gens raisonnables que des hommes qui ont renoncé au monde, et qui cherchent i le gouverner, d'alemb. Deit. des jésuit. Œuv. t. t, p. «4, dan* poogens. Il Renoncer i soi-même, se dépouiller de tout amour-propre. Après qu'on a fait l'effort de renoncer à soi-même, on commence à l'aimer véritablement [le prochain], non pour soi-même, mais comme soi-même, boss. la VaUiire. \\ 4* Abjurer, renier. Lucrèce : Quoi ! il me faudrait renoncer aux dogmes d'ËpicureT — Posidonius : Il vaut mieux renoncer à Épicurequ'à la raison, volt. Dial. 7. Le Conseil.... s'enhardit, en I68t, à donner une dé» claralion par laquelle les enfants [des protestants] étaient reçus à renoncer à leur religion à l'âge de sept ans, id. Louis XIV, 36. Mais renoncer aux dieux que l'on croit dans son cœur, C'est le crime d'un lâche et non pas une erreur, ID. Àli. v, 5. Il 5° Terme de jeux de caries. Couvrir une carte avec une carte d'une autre couleur qui ne soit pas un atout. Renoncer à trèfle, à pique. Un joue cœur, et vous jouez carreau, vous renoncez. || 11 se conjugue avec l'auxiliaire avoir. \\ 6" F. a. Renier, désavouer. Le Christ sera mis à mort ; et le peuple qui le doit renoncer ne sera point son peuple, saci, Bible, Daniel, ix. Jésus lui repartit : Je tous dis en vérité, que cette même nuit, avant que le coq chante, vous me renoncerez trois fois, id. Étang. St Math. xxvi, 3*. Si vous dites vrai, nous la renoncerons pour notre sang, et l'abandonnerons à votre colère, MOL. G. Dand. il, 9. Que pouvaient faire les Juifs, ses ennemis [de Jésus] ? s'ils le reçoivent, ils It prouvent par leur réception.... et, s'ils le renoncent, ils le prouvent par leur renonciation, pasc. Pens. XV, » bis, édit. havet. Ah I ne me parlez point de Mme de Meckelbourg ; je la renonce ; comment peut-on, par rapporta Dieu et même à l'humanité, garder tant d'or, tant d'argent...? sEv. 3 fév. i696. Coriolan : Quand ma patrie m'a renoncé, et n« veut plus me rien devoir, le contrat est rompu entre nous, FÉN. t. XIX, p. 267. Ne mettez plus le pied dans ma maison ; je vous renonce pour mon neveu, LA HOTTE, Calend. des vieill. se. 2. Je suis un malheureux, mon oncle me renonce, pibon, Métram. m, 9. Aristocrate sous Robespierre, libéral en <8i6, il [Courier] va être pour vous, et ne vous renon era que quand vous serez forts, c'est-à-dire insolents, p. L.COURIER, i' lettre particulière. || On dit aussi renoncer, en parlant de choses qu'on désavoue, que l'on abandonne. Tout lui est bon [à Jurieu], pourvu qu'il vienne à son but dn porter le flambeau de la rébellion dans sa patrie qu'i' a renoncée, boss. Déf. Var. *" duc. 4 4. Comment cet homme dont il parle a-t-il renoncé la foi? bourdal. Serm. Dim. t. u, p. 39. Si ma raison s'y oppose, je la renonce comme une raison séduite et corrompue, id. 6* dim. après Pâques, Dominic. t. ii, p. 244. On assure qu'ils [les perroquets amazones] ne renoncent jamais leurs nids, et que, quoique on ait touché et manié leurs œufs, ils ne se dégoûtent pas de les couver, comme font la plupart des autres oiseaux, BUFF. Ois. t. XI, p. 287.j|7''Se renoncer, v. réfl. Renoncer à soi-même, faire une abnégation complète de soi-même. Pour avoir une parlaite religion, il faut savoir parfaitement obéir, il faut savoir se sacrifier, il faut savoir se renoncer, bourdal. Fét» des saints, Myst. t. ii, p. 477. L'Evangile, qui ne nous prêche que de nous renoncer nous-mêmes, MASS. Carême, Pard. Il faut donc toujours avec les grands se renoncer soi-même et n'exister que pour eux, Corresp. du gén. Klinglin, l, 489.

HIST. xiii* 8. Si meures [mènerez] avoec vous

un nostre latinier [interprète] Qui sache lor raison entendre et renonchier [expliquer], CA. d'Ant. vn, (26. Neporquant, s'il n'est ainsi, ne renonce il pas au privilège de clerc, beaum. xi, 43. || xiv s. Li hermites li dist.... ■• Girars, renunce as armes et i chevalerie. Jusque ta pénitence à sept ans soit finie. » Girars de très bon cuer, en plorant, y renonce, Girart de Ross. v. S2(7. ||xv' s. Servirons et

REN

conseillbrons, En renuaçant à tous les drois Que nous y avons par les lois Et establissemens de France, t. descr. Miroir de mariage, p. M9. Fut babandonné du roy René et renoncé de toutes pars rie duc de Bourgogne], comm. v, 2. || xvT s. C'est le héraut, qui nous a annoncé, Que Dieu avoit de tout poinct renoncé De se venger contre nous de l'injure Que lui avoit fait nostre ame parjure, mabot, I, 870. Mon cher enfant, tu n'as point mérité Que te renonce [désavoue], id. iv, R8. 11 nous faut céder de nostre volonté, resigner nostre cœur, renoncer et quitter toutes les cupiditez de nostre chair, CALV. Insl. 295. Dieu ne se peut renoncer, il fera ce qu'il a promis, lo. tft. 622. Christ veut avoir des disciples, lesquels s'estans renoncez, et ayans prins leur croir pour porter, le suivent; celui qui a renoncé à soy mesme, a desja coupé la racine de tous maux, ID. t6. «27. Femme veuve, renonçant à la communauté, jettoit jadis sa ceinture, sa bourse et ses clers sur la fosse de son mari ; maintenant 11 faut renoncer en justice et faire inventaire, boysel, 4 32. Nous enrichissons les aultres animaux des biens naturels, et les leur renonceons, pour nous honorer des biens acquis, mont, ii, <67. Je renonce dez à présent aux favorables tesmoignages qu'on me vouldra donner, parce que je seray mort, id. m, 303. Alors il luy envoya dénoncer qu'il la renonceoit et repudioit pour femme, amyot, Pomp. 61. Abjurans et renoncesns tous erreurs au contraire, d'aub.

HiSt. Il, 228.

— tisa. Berry, renoncier; provenç. et espagn. renunciar; ital. rtnuniiare; du lat. renunciare; de re, et nunciare, aiînoncer (voy. nonce).

+ RENONCIATAIRE (re-non-si-a-tê-r'), s. m. et f. Terme de jurisprudence. Celui, celle en faveur de qui on renonce.

f RENONCIATEUR , TRICE { re non-si-a-teur , trl-s'), s. m. et f. Terme de jurisprudence. Celui, celle qui renonce.

RENONCIATION (re-non-si-a-sion ; en vers, de six syllabes), t. f. || 1° Action de renoncer à quelque chose. Une guerre injuste ne peut pas être le crime d'un peuple qui le premier a gravé dans le code de ses lois sa renonciation à toute conquête, mira- BEAn, Collection, t . v, p. 324. [j 2° Particulièrement. Action d'abandonner des droits, une possession. Edouard avait toujours éludé de donner ses lettres de renonciation à ses prétentions sur la couronne de France, saint-poix, Ess. Paris, Œuv. t.v, p. 1 io , dans pougens. |{ Acte par lequel on renonce à une chose. Il n'y a plus de société, elle est rompue, sans qu'il soit besoin d'une renonciation plus expresse, patru. Plaidoyer «, dans richelet. Il 8° Au sens spirituel, abandon de soi-même. Renonciation totale et douce; soumission totale à Jésus-Christ et à mon directeur, pasc. Amulette.

— SYN. renonciation, renoncement. Renonciation est un terme d'affaires et de jurisprudence, en place auquel on ne peut pas dire renoncement. Renoncement est un terme de morale et de spiritualité, en place duquel on ne dit plus guère renonciation. Dans les emplois généraux où il s'agit simplement de l'action de renoncer, renonciation et renoncement se prennent facilement l'un pour l'autre.

— HIST. XIII' s. Droit qui dit que généraux renunciations ne vaut, Btbl. des chartes, 4» série, t. a, p. 467. Li rois generalment a le [la] garde des églises du roiame, mais especialment cascuns barons l'a en se [sa] baronnie, se par renonciation ne s'en est ostés, beaum. xlvi, <.||xvi* s. Si femme veuve recelé, ou détourne, la renonciation qu'elle fera ne lui profite, loysel, (33.

— ETYM. Provenç. renunciatio ; espagn. renunciacion; ital. rinunxiaiione ; du latin renunciationem, de renunciare, renoncer.

t RENONCCLACÉES (re-non-ku-la-sée), s. f. pi. Famille de plantes dicotylédones, dont le genre renoncule est le type.

RENONCULE (re-non-ku-l'), *. f. || l" Nom d'un genre de plantes polypétales hypogynes, type de la famille des renonculacées, dont la corolle est le plus ordinairement composée de cinq pétales ou plus, et dont la plupart des espèces contiennent un principe icre qui les rend irritantes et dangereuses. La renorjcule acre ou bouton d'or, ranunculus aeris, L. La renoncule flamme ou petite douve, ramtnculus fiammula, L. La renoncule scélérate', ranunculus sceleratus, L. La renoncule petite chéliiloine ou ficaire, ranunculus ficaria, L. dite aussi herbe aux hémorrhoïdes. La renoncule grande douve, ranunculus lingua, L. La grenouilletle, ranunculus aquatilis, L. || On cultive dans les jardins Oculistes, sous le nom de renoncule, des variétés

REN

à fleurs doubles du ranunculus bulbosus, L. et du ranunculus acrit, L. || Renoncule des bois, anémone des bois. || 8° Coquille du genre cône, ainsi nommée à cause de sa coloration.

— ÉTYM. Lat. ranunculus, proprement petite grenouille (diminutif de rana, grenouille, voy. raine), nom appliqué à la renoncule aquatique ou grenouillette, qui nage, comme fait la grenouille, dans les marais, dans les fossés, sur le bord des rivières, et, par suite, à toutes les renoncules.

t RENONCULIER (re-non-ku-lié), s. m. Merisier à fleurs doubles.

t RENOPER (re-no-pé), v. a. Nettoyer le drap ; en ôter les bourres et les ordures.

— ÉTYM. Be..., et noper.

t RENOTER (re-no-té), v. a. Noter de nouveau.

— HIST. xvi* s. Renoter, cotghave.

RENOUÉ, ÉE (re-nou-é, ée), part, passé de renouer. Il 1° Noué de nouveau. Le ruban renoué. Il 2° 11 se dit simplement pour noué. Vêtus de drap d'or, les cheveux renoués avec des rubans, volt. Cand. 17.

RËNOUÉE (re-nou-ée), s. f. Nom d'un genre de plantes auquel appartiennent : la bistorte, polygonum bistorta, L. dite aussi langue de boeuf; la renouée vivipare, poZyjonum oiviparum, L. excellente pour les vaches; la renouée persicaire, polygonum persicaria, L. commune dans les fossés, les endroits marécageux; la renouée centinode ou des oiseaux, polygonum aviculare, L. dite aussi traînasse; la renouée liseron, polygonum convolvulus , l,. commune dans les moissons, dans les vignes; la renouée poivre d'eau, polygonum hydropiper, L. dite aussi piment aquatique.

— HIST. XVI* s. Plantin, renouée.... paré, viii, 33.

— ÉTYM. Renoué, i cause des nœuds de la plante.

RENOUEMENT ou RENOCmENT (re-nou-man) , s. m. Action de renouer, de renouveler. L'espoir d'un renouement de la vieille alliance Flatte en vain votre amour et vos nouveaux desseins, corn. Agis. IV, 7. Le duc de Savoie fit semblant de prêter l'oreille au renoûment du mariage de sa fille aînée avec le roi des Romains, st-sim. 37, 178. Je ne puis me tirer sans une peine extrême d'un renoûment [avec M. du Maine], id. 268, 209.

— HIST. XVI* s. Si elle [une pièce de Raimbault de Vaqueiras] eust esté présentée aux chevaliers et dames juges d'amour, je veux croire qu'ils eussent sententié pour le renouement des amours de Beatriz avec ce gentil poète, pasquibr, dans le Dict. de

bOCBEZ.

— ÉTYM. Benouer.

RENOUER (re-nou-é), v. a. || 1* Nouer une chose dénouée. Renouer un ruban, une jarretière. || 2° Il signifie quelquefois simplement nouer pour l'ornement. Ses cheveux étaient renoués de rubans, de fleurs, etc. || 3* Il signifie encore nouer ensemble deux fils, après qu'ils ont été coupés ou rompus. Ne délibérez plus, tranchez mes destinées, Et renouez leur fil à celui des années Que vous lui réservez, j. B. RODss. Odes, III, i. Il Fig. M. de Tournefort eut quelque peine à renouer le fil de ce qu'il avait quitté, PONTEN. Tournefort. In Deo vivimus, movemur et sumus: ahl si Malebranche avait voulu tirer de ce principe toutes les conséquences qu'il en pouvait tirer I peut-être quelqu'un renouera le fil qu'il a rompu, volt. Phys. Colimaçons, 3* lettre. Ainsi, la religion n'était occupée qu'à renouer le» fils sociaux que la barbarie rompait sans cesse, CHATEAOBR. G^ntc, IV, VI, 8. || 4" Fig. Il se dit pour reprendre là où il y avait eu interruption. Il bégayait encore et tâchait à renouer les misérables pièces de sa harangue, vaug. Q. C. vu, 2. Quand les acteurs reviennent, il [le spectateur] n'a pas besoin de se faire effort pour rappeler et renouer son attention, coRN. 3* dise. M. de Voltaire avait renoué sa correspondance avec lui [le roi de Prusse], et ne l'avait jamais interrompue avec Mme la margrave de Bareith, volt. Comm. Œuv. aut. Henr. Cette correspondance cessa bientôt après, et ne fut jamais renouée; mais ce fut ma faute, j. j. Ronss. Confess. IV. Il Renouer un traité, une alliance, renouveler un traité, une alliance dont le terme est expiré. Son mariage [de M. d'Oppède] a été renoué, après avoir été rudement ébranlé, sév. 5 févr. 1674. 11 [Louis XI] renoua avec les Vénitiens l'union que leur attachement à la maison de Bourgogne avait altérée, buclos, Œuv. t. m, p. 4 69. || Renouer des négociations, reprendre des négociations qui avaient été interrompues. Valentinien.... envoya Domnin, l'un de ses principaux ministres, afin qu'il renouât la négociation, flBcb. Hist. de Théodose, m, 73. || Re-

nouer la conversation, la reprendre après une interruption. Il renoua bientôt la conversation que les coups de poing avaient interrompue, et demanda au jeune comédien.... sgarr. Rom. eom. i, 2. Mais reprenons un triste entretien que nous ne pourrcn» peut-être pas renouer avant la fin du jour, geni is, Thédt. d'édue. la Curieuse, i, 8. || Renouer amitié, renouveler une liaison rompue, ou interrompue. Il Absolument. Renouer, refaire amitié. Chacun veut renouer avec ses vieux amis, corn. Uor. i, 4. Cent fois on tente et cent fols on quitte, on rompt et on renoue bientôt avec les plaisirs, Boss. 5ermons, Amour des plais. 4 . Je ne négligerai rien pour renouer, du- CLOS, Œuv. t. viii,p. 72. Après tout ce qui s'était passé, ne pouvant plus prendre de confiance en Mme d'Épinay, je ne voulus point renouer avec elle, J. J. Bouss. Confess. ï. || Familièrement. Renouer une partie, reprendre le projet d'une partie. || 6* Se renouer, V. réfl. Être renoué. Mars, renversé et couvrant de son corps neuf arpents, Diane donnant des soufflets à Vénus, sont aussi ridicules qu'un ange coupé en deux, et qui se renoue comme un serpent, CHATEADB. Génie, II, IV, 4. Il Être rattaché. Le Siècle de Louis XIV devrait se renouer à cette histoire générale [Essai sur les mœurs], volt. Lett. d'Argental, s mai < 762. Il En parlant de négociations, être repris.

— HIST. XII* s. Devant le nés [il] me copa le nasal, 'Ires qu'es narilles me fist son brant [épée] coler ; X mes deus mains le m'estut relever; Grant fut la boce qui fu au renoer; Mal soit du mire [médecin] qui me le dut saner, li Charrois de Nymes,

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