V. 443. jl XIII* s la dame entour soi la renoe [sa
robe], Berte, xxxiii.||xvi* s. Tout cela rendit les cœurs susceptibles de renouer la ligue de Peronne, d'aub. Hist. II, 334 . Le roi se servit d'agens de peu de marque pour renouer avec la roine Elizabeth, id. ib.m, 81. Couvrir mille douleurs d'une allégresse fainte, Renouer son lien après l'avoir desfait, desportes, Diverses amours, xl, stances pour Charles IX. X quoy faire desmembrons nous en divorce un bastiment tissu d'une si joincte et fraternelle correspondance [le corps et l'esprit] î au rebours, renouons le par mutuels offices, mont, iv, 305.
— ÉTYM. Be..., et nouer; wallon, r'noufct. RENOUEUR, EUSE (re-nou-eur, eû-z'), s. m. et
f. Celui, celle qui, sans autre instruction que l'empirisme, remet les luxations, les fractures et les entorses. || On dit aussi rebouteur, rhabilleur.
— HIST. XVI* s. Les vulgaires à bon droit appellent ceux qui réduisent les os fracturés ou luxés, r'iiabi Heurs ourenoueurs, paré, xiii, 4.
— ÉTYM. Renouer; wallon, r'noulteu.
RENOUVEAU (re-nou-vô), s. m. Terme encore
usité, mais qui vieillit. La saison nouvelle, le printemps. L'on sent au renouveau Son esprit fécond en sornettes, régnieh, Épttre m. Les oiseaux des bois et des plaines Chantent leurs amoureuses peines. Qui renaissent au renouveau, bacan, Berg. i, chceun. Lorsque du renouveau l'haleine caressante Rafraîchit l'univers de jeunesse paré, m. j. chénibb, la Promenade.
— HIST. XII* s. Au renouviau de la douçor d'esté. Couct, XIV. Il XV* s. Quant vint au renouvel de la saison, le roy ordonna que le mareschal iroit au dict pays, Bouciq. i, 28. || xvi* s. La terre devient grosse, et le champ qui est plein, X ce doulx renouveau se descharge le sein , dubell. iv, 77, recto.
— ÉTYM. Re..., et nouveau; Berry, le renouveau de la lune, la nouvelle lune.
t RENOUVELABLE (re-nou-ve-la-bl'), ad;. Susceptible d'être renouvelé.
— HIST. XIV* s. ReciCivus, rancheable ou renouvelable, DU GANGE, récidiva.
RENOUVELÉ, ÉE (re-nou-ve-lé, \ée) , part, passé de renouveler. || 1* Rendu nouveau. Pensez vous y traîner les restes d'une armée, Vingt fois renouvelée, et vingt fois consommée? bac. Alex, v, 4. Nous ne pouvons ni produire, ni conserver notre feu factice sans air, ni même avec le même air; ii nous faut toujours un air renouvelé, volt. Phil. Newt. II, 5. François I", qui, par son ordonnance de 4 629, renouvelée en 4 636, voulut que la langue française fût uniquement et exclusivement à toute autre employée dans tous les actes publics et privés, duclos, Œuv. t. ix, p. 243. || Un système renouvelé, un système qui n'a rien de nouveau. Comme la plupart des hommes ne jugent guère des choses que sur le premier coup d'œil , il pourra très-bien arriver que, par cette unique raison de l'usage des mêmes caractères, on m'accusera de n'avoir fait que copier, et de donner ici un système renouvelé; J. ). Rouss. Dissert sur la mus. mod. Préf. || Le jeu d'oie renouvelé des Grecs, titre que porte ce jeu.
REN
et qui lui a été donné pour le rehausser. Un troumadame et un damier, avec un jeu de l'oie, renouvelé des Grecs, fort propres à passer le temps lorsque l'on n'a que faire, mol. Avart, li, < . || Familièrement. Cela est renouvelé des Grecs, cela est connu depuis très-longtemps. || 2' Fig. Renforcé. L'ennui renouvelé plus rudement l'outrage, malh. i, 4 tous les
sujets que j'ai de vous aimer et d'être persuadée de votre tendresse, et ainsi la mienne est toute chaude et renouvelée, sÉv. d Urne de Grignan, <8 sept. i«84. Il 3° Terme de dévotion. Régénéré spirituellement. Ame raisonnable, faite à l'image de Dieu, chrétien renouvelé par sa grâce, reconnais ton auteur, BOSS. Médit, sur l'Év. La dem. sem. du Sou». a7' jour. Il 4" Fait de nouveau, recommencé. Et pour niieui recevoir ce don renouvelé.... corn. Sertor. v, 7. Bélisaire envoya les rois des Goths captifs à Constantinople, où l'on vit, après tant de temps, les anciens triomphes renouvelés, montesq. liom. 20.
KENOOVELER (re-nou-ve-lé; d'après Chifflet, Gramm. p. 289, on écrivait renouveller et on prononçait renouveler. L'I se double quand la syllabe qui suit est muette : je renouvelle, je renouvellerai), V. a. Il 1" Rendre nouveau, en substituant une chose nouvelle à une autre de même espèce. Renouveler un troupeau, un haras. Renouveler sa garde-robe. L'élection a renouvelé entièrement le couseil. Et la destruction renouvelait le monde, DELiLLE, Trois règn. i. || Absolument. Au lieu de réparer à mesure qu'il détruit, de renouveler lorsqu'il anéantit, l'homme.... bufp. Bœuf. || Renouveler le meuble d'un appartement, substituer des meubles nouveaux, des meubles plus frais à des meubles qui ont servi. || Renouveler ses gens, son service, changer tous ses domestiques. || Renouveler un texte , accommoder un vieux texte au langage du temps. || 2° Il se dit aussi des personnes que l'on remplace par d'autres dans leurs fonctions. Renouveler les préfets. La victoire en courant renouvelle les rois, c. delav. Yépr. sicil. il, 3. Il S' Fig. Corriger, changer en mieux. Et qu'y at-il dans toute ma vie qui n'ait besoin d'être réformé et renouvelé ? bourdal. Uetraite spirituelle, p. 36». L'homme, maître du domaine de la terre, en a changé, renouvelé la surface entière, et de tout temps il partage l'empire avec la nature, bufp. Quadrup. t. iv, p. xvii. || 4° Donner une nouvelle force. Renouvelant leur haine avec leur souvenir, CORN. Cinna, i, 3, Votre absence a renouvelé la tendresse de tous vos amis, sév. 27 fév. (67<. Les obstacles semblaient renouveler ma flamme, rac. Be'rén. IV, b. Il Le retour du soleil, du printemps renouvelle toutes choses, renouvelle la nature, il donne une vie nouvelle k tous les êtres. || En un sens analogue. Cher ami, ce grand jour renouvelle ma vie, volï. Scythes, i, 4. || Cette révolution a renouvelé la face de l'Europe, elle y a changé les institutions, les gouvernements, les mœurs. || Renouveler le mal, la douleur de quelqu'un, lui faire sentir de nouveau son mal, sa douleur. Il faut épargner cette amertume dans les lettres, elle ne ferait que renouveler celle de votre cœur : cela échappe quelquefois, sév. 30 oct. 4689. Vous êtes aujourd'hui à Lambesc... que tout cet extrême éloignement renouvelle la séparation! iD. H nov. 4 688. || Renouveler SOU attention, avoir une nouvelle attention, une plus grande attention. Renouvelez, je vous prie, votre attention, MASS. Carême, Prospér. temp. || Renouveler le souvenir d'une chose, en rappeler le souvenir. Nous parlâmes de vous .... enfin un souvenir tout vif : vous viendrez le renouveler, sév. 2( fév. (689. Et leurs clameurs, en vous renouvelant sans cesse le souvenir de sa perte , vous renouvelleront aussi l'espérance consolante qu'il n'est perdu que pour le temps, MASS. Or. fun. Dauphin. || Renouveler un édit, renouveler les anciennes ordonnances, les publier de nouveau, les remettre en vigueur. Charlemagne renouvela les règlements de Pépin , montesq. Esp. XXXI, 1 1. Il Renouveler un traité, un bail, remettre en vigueur l'ancien pour un nouveau laps de temps. Oxenstiern renouvela avec Richelieu le traité de Gustave Adolphe, volt. Ann. Emp. Ferdinand 77, 1633. Il Ranouveler un usage, une modo, les faire revivre. || Renouveler un sujet tragique, le traiter de nouveau. Feu monsieur Tristan a renouvelé Marianne et Panlhée sur les pas du défunt sieur Hardy, corn. Sophon. Au lecteur. \\ 5° Remettre dans l'esprit. Celte mort [du duc de Lesdiguières].... ne vous a-t-elle pas surpris? elle m'a renouvelé celle de ce pauvre cardinal [de Retz] , kiv. à Guitaut, 26 mars 4 68t. Je me suis laissé emporter au plaisir de me renouveler à moi-même toutes ces aimables idées, lo. 26 juin 4689. || 6* Ter-
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me de l'Écriture. Régénérer spirituellement. Il est impossible, dil-il [saint PaulJ, qu'une telle âme soit renouvelée par la pénitence, BOSS. Annede Goni. Je renouvellerai de jour en jour ces saintes résolutions; et de jour en jour elles contribueront à me renouveler moi-même, bourdal. Retraite spirituelle, p. 364. Il 7° Faire de nouveau, recommencer. Renouveler un procès. Renouveler une querelle. A peine ai-je achevé que chacun renouvelle, Par un noble serment, le vœu d'être fidèle, cohn. Cinna, l, 3. Tout ce qui reste encor de fidèles Hébreux Lui viendront aujourd'hui renouveler leurs vœux, rac. Athal. i, 2. Appelez tout le peuple et montrons-lui son roi : Qu'il lui vienne en ses mains renouveler sa foi, lo. ib. v, 7. || Renouveler connaissance, rentrer en liaison avec une personne qu'on avait perdue de vue. En attendant qu'il vienne, nous pouvons aller renouveler connaissance au cabaret, regnard, la Sérén. se. 43. || Renouveler un billet, faire, à une date plu» éloignée, un billet en remplacement d'un autre. || 8" F. n. S'augmenter, avec un nom de chose pour sujet. La fièvre de Philis tous les jours renouvelle, racan , Sonnet sur la malad. de Philis. J'en rougis dans mon âme; et ma confusion, Qui renouvelle et croît à chaque occasion, Sans cesse offre à mes yeux cette vue importune, COBN. Nie. II, 4. On nous assure ici que la petite vérole a renouvelé à Paris avec beaucoup de pourpre, maintenon, Lett. à Urne de Caylus, 25 déc. 17(5. Il Etre plus vif, plus actif en..., avec un nom de personne pour sujet. 11 faut que les Français et les amis du roi renouvellent de zèle et de courage, iD. 7.6». au due de Noailles, 40 sept. 4708. || Renouveler d'appétit, reprendre le bon appétit qu'on avait. Il Renouveler de jambes, recommencer à marcher avec de nouvelles forces. Nous parlâmes fort de Mme de Richelieu, qui renouvelle de jambes, et qui, n'ayant pas le temps présentement de dormir et de manger.... SÉV. (2 janv. 4680. || Fig. et familièremenL Renouveler de jambes, se remettre de plus belle à l'affaire, à l'entreprise qui occupe. Il 9° Se renouveler, v. réfl. Devenir nouveau. Un philosophe vous dira en vain que vous devez être rassasiés d'années et de jours, et que vous avez assez vu les saisons se renouveler et le monde rouler autour de vous, boss. le Tellier. Les trois âges d'hommes que Nestor avait vus, je les ai presque vus aussi dans cette académie, qui s'est renouvelée plus de deux fois sous mes yeux, fonten. Disc, ouvert. Œuv. t. in, p. 380, dans pougens. Les âges se renouvellent .... les morts et les vivants se rem- Dlacent et se succèdent continuellement, hass. Carême, Sur la mort. Ce que nos yeux nous disent tous les jours, que tout périt et se renouvelle dans la nature, volt. Dict. phil. Platon. || Avec ellipse du pronom personnel. Il a vu renouveler la plus grande partie du régiment, du tribunal, de l'académie, il y a vu entrer la plupart des hommes qui y sont. || 10° Prendre des sentiments nouveaux. Souvent aussi Jupiter suit ses pas; Dans ces bosquets il la trouve plus belle ; A leur aspect, son cœur se renouvelle, malfil. Narcisse, m. || 11° Terme de dévotion. Être régénéré. De sorte qu'il y a cette différence entre les saints qui sont dans le ciel et les saints qui sont sur la terre : les saints qui sont dans le ciel sont des hommes renouvelés, les saints qui sont sur la terre sont des hommes qui se renouvellent, BOSS. 2* sermon, Pâques, 2. C'est ainsi [en priant] qu'on se renouvelle tous les jours, et qu'on évite l'oubli de Dieu, qui est le plus grand de tous les maux, id. Polit, x, vi, 44. Renouvelez-vous sans cesse dans l'esprit de votre vocation, mass. Carême, Tiéd. 4. Il 12" Se renouveler dans le souvenir de quelqu'un, se rappeler à sa mémoire. Je compte beaucoup pour notre ami [Corbinelli] le plaisir de vous revoir et de se renouveler dans votre cœur, sév. d Xoulceau, 25 oct. 1686. Je profite du premier moment pour me renouveler dans votre souvenir, d'alemb. Lett. à Voltaire, 2 sept. (760. || 13" Apparaître, se montrer de nouveau. La haine que pour vous elle a si naturelle, A mon occasion encor se renouvelle, CORN. Nicom. 1, ( . Elle [Mme de Marbeuf] a été des hivers entiers à jouer et à souper à l'hôtel de'Soissons; vous pouvez penser comme cela se renouvellera à Rennes, sév. 26 nov. 4864. Les grands événements des choses humaines ne font, pour ainsi parler, que se renouveler tous les jours sur le grand théâtre du monde, BOss. Polit, x, ii, 3. La persécution se renouvela, id. Hist. i, 4 0. Aussi vois-je cette fécondité qui se renouvelle toujours, KÉN. Serm. pour l'Epiph. || Avec ellipse du pronom personnel. Us étaient bien aises de voir renouveler la sédition, d'ablanc. Tacite, Hist. m, a. — uiST. u* s. Mull haltement mounjoie [ils] re-
REN
nuvclent, Ch. de Roi. ccxzxix. || xii* s. [0 Dieu] le dreituiier espirit renovele es meies entrailes, Lib. psalm. p. 68. Si li mandèrent letres en table d'araim por renoveler l'amistié, Machab. i, (4. || xnr s. Se li damans viaut [veut] renouveler son claim, si die [qu'il le dise], Ats. deJérut. t, 82. ||xv* s. Oui est en pensée nouvelle ; Peu de chose le renouvelle, PRoiss. Espinetie amour. Et renouvelèrent ces deux seigneurs toutes manières d'officiers, id. II, II, 27. Dont renouvela le deuil du comte et de ceux du pays qui avoient perdu leurs frères, leurs pères, leurs enfants et leurs amis, id. ii, m, 22. Tu peux penser, par ma foi I que j'en suis aussi saoul que tu es de pastés, et qu'aussi voulentiers me renouvellerois, que tu ferois d'autre viande, louis xi, JVour. X. Il XVI* 3. La paix fut bien faitte pour lors; mais, incontinent après, les Gaulois Cessâtes renouvellerent la guerre, ajiyot, Marcel. 6. Ayant ouy l'orateur Demosthenes, il sembloit renouveller en la mémoire des escoutans comme une image et une umbre de la véhémence et vivacité de son éloquence, ID. Pyrrh. 29. Les reliques de la partie contraire de Marins estoient aux escoutes, ne demandans que quelque occasion de se renouveller, ID. Pomp. 24. Comme la corruption des hommes va en croissant, les maladies aussi se diversifient et renouvellent, paré. Au lect. De deux ans en deux ans les façons [modes] changent, et les faut renouveller, et qui ne s'y accommode est moqué, LANGUE, 4 62. Mon frère, dict il [La Boétie mourant], que j'aime si chèrement, et que j'avois choisi parmi tant d'hommes pour renouveller avecques vous cette vertueuse et sincère amitié, de laquelle.... MONT. Lettre v. Les jeux, les passe-temps et les esbats d'icy N'estoient qu'amers chagrins, que coUere et soucy Et que géhenne, au pris de la joye éternelle. Qui sans trouble, sans fin, sans change renouvelle, d'aub. les Tragiques, vu.
— ÉTYM. Tle .., et noui'eJ (voy. nouveau); pro». renovellar; ital. rinovellare.
t RENOOVELET (re-nou-ve-lè), t. m. Variété d« pomme.
t RENOUVELECR (re-nou-ve-leur), s. m. Celui qui renouvelle. || Particulièrement. Celui qui renouvelle un texte, l'accommode au parler de son temps. 11 est à remarquer que nos renouveleurs [d'anciennes gestes], si l'on veut bien nous pardonner ce mot, p. PARIS, Bitt. litt. de la Fr,
t. XXV, p. 509.
— HIST. XV' s. Renouvelleur, cotgrave.
RENOUVELLEMENT (re-nou-vè-le-man), t. m
Il 1° Rétablissement d'une chose dans un état nouveau ou dans un état meilleur. Le renouvellement de la saison, de l'année. Cette longue société nous a fait un renouvellement de connaissance, sév. à Uoulceou, 25 oct. 4688. Le monde se renouvelle [après le déluge], et la terre sort encore une fois du sein de» eaux ; mais dans ce renouvellement il demeure une impression éternelle de la vengeance divine, noss 77t»'(. II, 4 . Comme s'il y avait en tout un équilibre parfait entre les causes de destruction et de renouvellement.... BUFP. Chevreuil. \\ Ëpoque de renouvellement , époque où les sociétés éprouvent un grand changement dans leurs opinions, dans leurs mœurs, dans leurs institutions. Fleury [l'historien] fait passer une couche d'élégance et de régularité uniforme sur ces aspérités des grands hommes et des grands caractères d'une époque de renouvellement, villem. Littir. franc, xviii* siècle, 2* part. 4» leçon. || 2° Action de faire un nouveau traité, un nouvel acte, etc. Renouvellement d'un bail, d'un traité. Un trait rare, en fait de finances, c'est d'avoir refusé, à un renouvellement de bail, cent mille écus qui lui étaient dus par un usage établi, fonten. Argenson. Il Remplacement d'un titre ancien par un nouveau qui lui est substitué ; changement d'un engagement échu, contre un autre de même nature. Renouvellement d'un billet à ordre. || 3° Terme de dévotion. Régénération spirituelle. Que notre cœur est rempli de l'amour du monde, et qu'il est vide de celui de Dieu, qui est le principe du renouvellement de l'âme I NifOLE, Ess. mor. 2» traité, ch. 8. Ne ditférons pas davantage une affaire aussi importante que celle du parfait renouvellement et du changement intérieur de nos âmes, bourdal. Ouverture du Jubilé, Myst. t. Il, p. 675. Il 4° Accroissement, augmentation. Ce fut un renouvellement de pleurs, vauo. Q. C. x, 6. Il en coûte des renouvellements de tendresse dont on est fort aise, sév. à Mme de Grignan, 25 févr. I67(. Dans cette variété [de dévotions], l'âme innocente et pieuse trouve, avec des plaisirs célestes, une solide nourriture et un perpétuel renouvellement de la ferveur, boss. Mar.-Thér. Il parut si accablé de tris-
REN
tesse, par ce renouvellement de douleur que lui apportait ie souvenir de ses malheurs, que Gonsalve crut plusieurs fois qu'il allait expirer, la fat. Zayd. Œuv. t. I, p. 238, dans pougens. || 6° Réitération. Renouvellement d'assurances de service. Le renouvellement des pensées et des désirs cause celui des discours, pasc. Lett. à Mlle de Roannet, s. Par le renouvellement de vos vœux vous vous maintiendrez dans la disposition la plus sainte où puissent être sur la terre des créatures mortelles, bourdal. Exhort. renouveil. des vœux, t. i, p. 247.
— HIS"» xii* s. [Le souvenir] Me fait renouvelemens De toute joie sans non, Couci, xv. || xiii* s. Li phisicien dient qu'on doit cascun mois cangier [changer] le [la] viande de se (sa] table, et renouveler selon le renovelement du mois, Comput, f 3. Il xv« s. X ce bon jour de renouvellement Je ne vous sçay d'autre chose estrener, e. desch. Poésies mss. f*'<4(. Il XVI' s. Nous voulant asseurer de nostre plenier renouvellement.... calv. Inst. 4)3. Pourquoi reut-on attribuer aux estats le renouvellement de la guerre, puis qu'ils n'ont pas encore commencé? d'aub. Uist. II, 2ib. Il semble que chaque siècle porte son renouvellement de malheurs, yssans sur nous comme de la boeste de Pandore, paré, Au leet.
— ÉTVM. Renouveler; provenç. renovellament; ital. rinovellamento.
t RÉNOVATEUR, TRICE (ré-no-va-teur, tri-s'), ». m. Celui, celle qui renouvelle, qui rajeunit. Ils [les philosophes allemands] se disent les rénovateurs de l'esprit humain, ils prétendent qu'ils y font une révolution, destutt tracy, Instit. Mém. scienc. mer. et pal. t. IV, p. 600.
— HIST. xvi* S. Renovateur, oudin, Diet.
— ÉTYM. Voy. RÉNOVATION ; ital. rinnovatore. RÉNOVATION (ré-no-va-sion ; en vers, de cinq
syllabes), *. f.\\i° Action de renouveler. La rénovation d'un titre, des vœux. || Fig. La rénovation de l'homme par la grâce. || 2* 'I ransformation en mieux par la nouveauté, par l'innovation. On nous présente la doctrine de Kant comme une rénovation complète du l'esprit humain, destutt-tragy, /n«<it. Mém. scienc. mor. et pol. t. iv, p. 665. L'Éternel révéla à son Fils bien aimé ses desseins sur l'Amérique: il préparait au genre humain, dans cette partie du monde, une rénovation d'existence, chateaubr. Natch. v. Il Grande rénovation [Instauralio magna), traduction du titre du grand ouvrage philosophique de F. Bacon. || 8° Terme de physiologie. Rénovation moléculaire, synonyme de nutrition. || 4" Ancien terme de chimie. Opération par laquelle on faisait passer un corps quelconque d'un état imparfait à l'état parfait. || 5° Terme d'ordres religieux. Il se dit d'une cérémonie conveniuelleoù chacun renouvelle il haute voix les engagements de sa profession.
— HlST. XV' s. Troie la grant fut à perdicion Par convoiter ce qu'elle ne deust mie; Du monde fut grant renovacion; Aux Romains vint après la monarchie, E. DESCH. Poésies mss. f° )07. || xvi' s. Il régénère l'homme en nouvelle créature; par sa parole il esmeut et incite l'homme à désirer et cercher ceste rénovation, calv. Inst. 234.
— ÉTYM. Provenç. renovacio; espagn. rénovation; ital. rinnovaxionne ; du lat. renovationem, de renovare, de re..., et novare, rendre nouveau (voy. novateub).
t RENQUINAUDER (ran-ki-nô-dé), t;. a. Enquinauder de nouveau. Hélas ! j'avais renoncé au tripot [le théâtre] ; vous m'avez rembâté, vous m'avez renquinaudé, et j'étais dans l'amertume, volt. Lett. d'Argenlal, te févr. «762.
— ÊTYM. Re.... et enquinauder.
RENSEIGNÉ, ÉE (ran-sè-gné, gnée), part, passé
de renseigner. Bien renseigné, mal renseigné, qui a reçu de bons, de mauvais renseignements.
RENSEIGNEMENT (ran-sè-gne-man), s. m. Indices , instructions qui servent à faire connaître quelqu'un ou quelque chose. Prendre des renseignements. Aller aux renseignements. Thevenin dit.... les avoir fait passer... à un homme appelé Rousseau, duquel au reste il ne donne pas le moindre renseignement, j. j. Rouss. Lett. au comte de Tonnerre, 4 8 sept. 4 768. Je fus charmé de rencontrer cet homme, dans l'espoir de tirer de lui quelques renseignements sur les ruines dont j'étais environné, CHATEAUBR. Itin. part. 1. 1| Terme de jurisprudence. X titre de renseignement, se dit d'une déposition reçue en vertu du pouvoir discrétionnaire du président, sans que le témoin soit sistreint au serment.
— ÊTYM. Renseigner. Au xvi' siècle, on trouve renseing.
RENSEIGNER (ran-sè-gné), C. o. H 1° Enseigner de nouveau. Il avait oublié le chemin, il fallut le
lui renseigner. || l' Donner des renseignements (sens qui n'est pas dans le Dictionnaire de l'Académie). Faites-vous mieux renseigner sur cet objet, et vous verrez que vous avez tort. || 8° Se renseigner, V. réfl. Prendre des renseignements. Il ira se renseigner auprès de vous.
— ÉTYM. Re..., et enseigner. t RENSERBER (ran-sè-ré), ». o. Enserrer de nouveau.
— HIST. XVI' s. Un clin d'œil, un propos mon cœur viennent reprendre. Rechassent ma raison, r'enserrent mes esprits, desportes, Diane, ij, 46.
— ÉTYM. Re..., et enserrer.
t RENTAMER (ran-ta-mé), v. a. Entamer de
nouveau. Ce pain avait été entamé d'un côté, et on l'a rentamé de l'autre. || Fig. Reprendre un discours interrompu. Rentamer une affaire, la reprendre après l'avoir laissée.
— HIST. XVI' s. Rentamer, cotgbave.
— ÉTYM. Re..., et entamer.
t RENTASSER (ran-tl-sé), 1). a. Entasser de nouveau.
— HIST. XV' s. C'estoit un Breton nommé la Barre, rentassé [trapu] , Mém. sur du Guesd. ch. 4».
— ÉTYM. Re..., et entasser.
RENTE (ran-f), s. f. || 1° Revenu annuel. Il vit de
ses rentes. Il n'a ni fonds ni rentes. Un bénéfice de 4000 livres de rente, pasc. Prov. xii. C'est (avec les deux mille écus de dame de la reine, qu'elle a toujours) vingt-un mille livres de rente qu'elle aura tous les ans, sév. 2B déc. <6"». Tel, avec deux millions de rente, peut être pauvre chaque année de cinq cent mille livres, la bruy. vi. L'éloquence menait à tout dans les républiques des Grecs et dans celle des Romains ; et il était aussi avantageux d'être né avec le talent de bien parler, qu'il le serait aujourd'hui d'être né avec un million de rentes, font. Ane. et mod. Il n'y a que les sots qui vivent de leurs rentes; les habiles gens vivent de celles d'autrui, DANConRT, Déroute du pharaon, se. 3. J'ai en France soixante mille livres de rente, volt. Lett. aurai de Pr. 27 mars 47B9. Mais, dites-vous, il avait donc des rentes! Eh! non, messieurs; il logeait au grenier, bébang. tm.Vébr. |] 2° Ce qui est dû annuellement pour un fonds aliéné, cédé ou affermé. Rente foncière. Bail à rente. Rente de bail, d'héritage. Rente en grain, en vin. Rente en espèces. Comme sur un bon fonds de rente et de recettes, Régnier, Sot. xiv. Prenez le titre [d'une terre noble, d'un fief], et laissez-moi la rente, :.a font. Fauc. Pour vous, dit Euthyphron, tous êtes riche, ou vous devez l'être : dix mille livres de rentes et en fonds de terre, cela est beau, cela est doux, et l'on est heureux à moins ; tandis que lui qui parle ainsi a cinquante mille livres de revenu, et croit n'avoir que la moitié de ce qu'il mérite, la bruy. v. N'allez pas croire que je n'aie sacrifié qu'à l'agréable, j'y ai joint l'utile, et Ferney est devenu une terre de sept à huit mille livres de rente, dans le pays le plus riant de l'Europe, volt. lett. Mme de Fontaine, 5 nov. i76», || Deux chapons de rente, l'un gras et l'autre maigre, voy. chapon. Il 3° En économie politique on appelle rente de la terre, ou, simplement, rente, la part des produits afférente au propriétaire, déduction faite des frais et des profits du travail et du capital appliqué. Qu'est-ce que la rente du sol? la mesure de la supériorité de force productive d'un sol comparé à d'autres sols, c'est-à-dire l'excédant de produits que donne ce sol contre une somme égale de travail et de capital qui lui est confiée, e. levasseur. Cours d'économie, p. 67. || 4° Bêtes de rente, bêtes qu'on entretient pour tirer un revenu de leurs produits, viande, laine, crott, lait, etc. par opposition aux bêtes de travail. || 5" Ce qui est dû annuellement pour une somme d'argent aliénée par contrat de constitution. Rente constituée. Rente à quatre, à cinq pour cent. Une rente viagère sur la tête d'un enfant d'un an vaut le double d'une rente viagère sur une personne de quarante-huit ans, BiTFF. Pro6. de la vie, Œuv. t. x, p. 258. La rente constituée en perpétuel est essentiellement rachetable. Code Nap. art. 4 9H. La rente viagère peut être constituée au taux qu'il plaît aux parties contractantes de fixer, ib. art. ) 976. La rente viagère ne s'éteint pas par la mort civile du propriétaire; le paye ment doit en être continué pendant sa vie naturelle, ib. art; <»82. \\f Absolument. La rente constituée par l'État. La rente est au-dessous du pair. Acheter de la rente. |i Rentes perpétuelles ou rentes de l'hôtel de ville, celles qui avaient été fondées par François I" lors des revers essuyés dans le Milanais en 162). A votre avis, [ceux qui viendront après nous] l'aimeront-ils ou l'estimeront-ils moins IKicbelieul,
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à cause que, de son temps, les rentes lur l'bAtel de ville se seront payées un peu plus tard? voit. Lett. 74. Les rentes de l'hôtel de ville de Paris sont particulièrement le patrimoine de tous ceux qui n'ont que médiocrement de biens, setz, Mém. t. ii, liv. m, p. 88 dans POUGENS. Le comte Maurice de Nassau, en partant de la Haye pour aller commander l'infanterie lollandaise, me demanda si on lui confisquerait les . rentes qu'il avait sur l'hôtel de ville de Paris : On vous payera, lui dis-je, précisément le même jour que le comte Maurice de Saxe, qui commande l'armée française, volt. Pol. et lég. Pens. sur l'adm. publique. Beaucoup de bourgeois, qui se croient de bonnes têtes dans leur quartier, pensent que tout va bien dans l'univers , pourvu que les rentes sur l'hôtel de ville soient payées, id. Mél. litt.à M. Dupont. Il 7° Rente portable, quérable, voy. ces mots. 118" Anciennement. Rente inféodée, rente assignée sur des fiefs, par opposition à rente roturière. Il 9° Par extension, certaines charges qu'on s'impose à soi-même, et qui sont presque périodiques. 11 donne beaucoup, c'est une rente pour les pauvres de son quartier. S'il [le prince] ne veut plus que sa bonté soit une rente et un revenu certain aux rebelles, s'il se lasse d'épuiser ses coffres pour soudoyer les armées de ses ennemis.... balz. De la cour, 5' dise. || En sens inverse, certains profits qui sont presque périodiques. Ce nous est une douce rente que ce monsieur Jourdain, avec les visions de noblesse et de galanterie qu'il est allé se mettre en tête, mol. Rourg. gent. i, 4.
— SYN. RENTE, revenu. Daus le sens primitif et propre, rente est absolument synonyme de revenu annuel. L'usage y a introduit cette différence que rente se dit surtout des revenus que procure un bien-fonds ou une somme d'argent placée, et uniquement du revenu annuel que lÉlat paye à ses créanciers. De plus, revenu aujourd'hui comprend tout co qu'on reçoit, tandis que rente ne comprend pas ce que l'on gagne actuellement par son travail. Un employé a un traitement de 5 ooo francs et
3 000 francs de rente ; c'est 8 ooo francs de revenu.
— HIST. XII* s. L'arcevesque Thomas ad esté mis [mon] servanz. Mes rentes ad cueilleites [levées] tûtes par plusurs ans. Th. le mort. 33. || xiii' s. Les gens du païs se tornerent tuit à aus [eux], et commencierent tuit à aporter as nostres leur rentes, leur avoirs et leur gaaings, villeh. cxxii. Margiste li fera recevoir tel rente [lui fera recevoir tel mauvaii coup].... Rerte, x. Ou s'il est tei [tel] qu'il sache vivre De ce que sa rente li livre, la Rose, &U68. C'est bien de l'office au bailli qu'il vende les rentes et les issues de le [la] terre son segneur, beaum. i,
4 7. Et aussi li jugement qui sont fet por cozes engagiées ou por rentes à vies ne poent pas estre mis à execussion, m. vu, 2. L'en fait moult de sel en ceste cité, qui en donne à plus de quaran*î autres citez, dont le grant kaan a moult très grans rentes, MARC FOL, p. 463. || XV' S. n mil livres de rente, COMM. Il, B. Il XVI' s. On les baiUoit [les terres conquises] à ferme ou à rente aux pauvres citoyens qui n'avoient point d'ijeritages, amyot, les Gracquet, 40. Les rentes sont réelles et immobiliaircs; les arrérages, personnels et mobiliaires, loysf.l, b06. Toute rente constituée en grain ou autre espèce est réductible à argent, id. bio. Rentes constituées à deniers sont rachetables à toujours, m. 6i4. Quand nous regardons dans nos papiers rentiers, nous y voyons un escrit de grosses rentes qu'on nous doit: il y en a aussi une très grande quantité de petites, d'un double et d'unhard, lanohe, )5u. 11 a un grand train, un beau palais, tant de crédit, tant de rente, mont. I, 324. Toutes personnes de franche condition peuvent vendre et constituer rentes héritières et viagères sur eux et leurs biens, Coust. génér. t. i, p. 768. Mieux vaut reigle que rente, cotgrave.
— ÉTYM. Rendre : proprement ce que l'on rend. Berry, rende; wallon, reintt; provenç. renta, rcnda; espagn. renta; portug. rendu; ital. reiidita.
RENTE, ÉE (ran-té, tée), part, passé de renter I. Qui a des rentes. A-t-on vu votre muse à la cour présentée Pour décrier les rois du roi même rentéeî gilb. Apologie. Je voudrais que l'Académie fût toujours libre, afin qu'il y eût quelque chose de libre en France; je voudrais que son secrétaire fût mieux rente, afin qu'il y eût justice dans ce monde, volt. Lett. d'Alembert, 4 sept. 4772 || Familitrement. Cet homme est bien rente, il est riche. Qu'il [Chapelain] soit le mieux rente de tous les beaux esprits, boil. Sat. IX. Évêché bien rente, bonne et grasse abbaye, M. J. CHÉNIF.R, les Nouveaux saints.
I. RENTER (ran-té), v. a. Assigner un revenu à Renter des hâpitaux. une communauté.
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— HIST. xiv S. Tant qu'il fu jeunes homes, c'est bien la veritez, Pouvres chevaliers fu et pourement reniez, Guescl. v. 27. Rices bourgois emparentcs Oui em boinne ville ies rentes, Soies preudons de bonne vie, J. de condet, p. )82. || xv s. Et pour la cause de la grand victoire et belle que il ot sur les ennemis de Dieu, il fit là faire et ediffier une abbaye qui est de noirs moines, et les renta bien en Castille, fboiss. ii, m, 34. || xyi* s. Qui sait mestier, il est rente, cotgravb.
— ÊTYM. Rente.
t 2. RENTER (ran-té), V. a. Synonyme de rempiéter, c'est-à-dire remettre un pied à un vieux bas dont on garde la jambe. Renter des bas.
— HIST. ivi* s. Car soudain Atropos jette Les fils de ses sœurs cassez Dans la bouche dévorante Du Temps qui d'autres les rante, loïs le caron, Poésies, f» 60, dans laciibne.
— ÊTYM. Re..., et enter.
t RENTERRER (ran-tê-ré), t). a. Enterrer de nouveau.
— HIST. XVI* s. Il en déterra quinze ou seize si deffigurez de fange et de sang, qu'il ne pust connoistre son maistre, et pourtant r'enterra tous ces corps, d'aub. Hist. i, 15». Le premier labour met à l'aer les racines du millet, et le second les reenterre,