‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 48 sur 754 · DE SEBRES · texte numérisé non relu

DE SEBRES

— ETYM. fie..., et enterrer.

RENTIER, 1ÈRE (ran-tié, tiè-r'), ». m. et f. Il l" Celui, celle qui a des rentes constituées sur l'État ou sur quelque communauté. Les rentiers assemblés au nombre de plus de trois mille, tous bourgeois et vêtus de noir, avaient créé douze syndics pour veiller, disaient-ils, sur les prévarications du prévôt des marchands, betz, Mém. t. Il, liv. m, p. 89, dans pouGENS. Et ce visage enfin plus pâle qu'un rentier, À l'aspect d'un arrêt qui retranche un quartier, boil. Sat. m. Comme son projet principal a été de calculer la mortalité des rentiers, et qu'en général les rentiers à vie sont des hommes d'élite dans un Ëtat, on ne peut pas en conclure pour la mortalité du genre humain, bufp. De la vieillesse et de la mort. \\ 2° Bourgeois qui vit de son revenu, sans négoce, ni industrie. Un gros rentier. Il Beniier viager, celui qui vit d'une rente viagère. Après le célibat ecclésiastique et le célibat militaire, l'un de profession et l'autre d'usage, il en est un troisième de convenance, introduit par le luxe, c'est celui des rentiers viagers, baynal, Hist. phil. six, 9. Il 3° Autrefois, celui, celle qui devait des rentes seigneuriales. Celte seigneurie avait beaucoup de rentiers et de rentières. || 4° Un rentier, rôle des rentes qui étaient dues à un seigneur.

— HIST. XIII' s. Et disoient encore que li termes de paiement estoit de toute le [laj jornée, car li rentier pooient paier à quele hore qu'il lor plaisoit, BEAUM. xxiii, )0. Saihan, plus de sept ans ai tenu ton sentier; Maus chans m'ont fet chanter li vin de mon chantier : Mult felonesse rente m'en rendront mi rentier, Ma char charpenteront li félon charpentier, RUTEB. II, 96. Il XIV* S. Lcs devant diz fermiers, muniers ou asnersdesdiz moulins paieront chascun an aus reutiers ou aux fermiers qui tenront les rentes ou fermes de la dite ville de Meleun, quatre livres de Parisis, du cange, rentarius. || xv* s. Mes depuis trois mois tous entiers Sui-je à la fièvre tous rentiers, froiss. Poésies mss. p. 106, dans lacubne. Il XVI* s Les seigneurs censiers et rentiers peuvent procéder par sal>ie sur les héritages sujets à cens et rentes, laquelle tient pour les trois dernières années prétendues et affirmées par le seigneur, nonobstant opposition, loysel, 624. [Débiteur de rente| le seigneur n'est tenu faire vue à son rentier foncier ou censier, id. 628.

— ËTYM. Rente; wallon, ret'nti; prov. rendier ; ancien cat. render; espagn. reniera; port, rendeiro.

RENTOILAGE (ran-toi-la-j'), S. m. Action de rentoiler.

— ÉTYM. Rentoiler.

RENTOILÉ, ÉE (ran-toi-lé, lée), part, passé de rentoiler. Tableau rentoilé.

RENTOILER (ran-toi-lé), V. a. || 1* Remettre de la toile neuve à une chose, à un objet garni de dentelle ou d'ornements de fil. Rentoiler des manchettes. Il 2" Terme de peinture. Coller un vieux tableau sur une toile neuve, ou transporter une peinture d'une vieille toile sur une neuve.

— ETYM. Re..., en, toile.

t RENTONNER (ran-to-né), v. a. Remettre dans le tonneau.

— HIST. XVI* s. Rentonner, cotoravb.

— ETYM. Re..., et entonner.

t BENTORTILLER (ran-tor-ti-Ué , M mouillées), V. a. Entortiller de nouveau.

— HIST. XIV* S. Icelluy balUy.... avoit juré grant serment, que ledit procès seroit scellé, et l'avoit reprins en sa main, rentourteillié, et le lye d'une escroe (bande) de parchemin, nu canob, escroa.

— ÊTYM. Be..., et entortiller.

i RENTRAGE (ran-tra-j'), ». m. Action de rentrer; résultat de cette action. Le rentrage du bois scié. Payer tant pour le rentrage.

— ÊTYM. Rentrer.

t RENTRAÎNER (ran-trê-né), v. a. Entraîner de nouveau. Le poids de ma fragilité me renlraîne, et, malgré tous mes projets, me fait retomber dans mes premiers relâchements, bourdal. Pensées, t. ii, p. 464. Si un homme est obsédé par des amis profanes, ces amis, même les plus sincères, le rentraîneront, fèn. t. xviii,p. tï, Une âme légère et inconstante qui, tantôt touchée de ses misères, revient à Dieu ; tantôt, oubliant Dieu, se laisse rentralner à ses misères, mass. Carême, Inconst. Rentialnée à l'instant par le torrent fatal des exemples, la vertu... ID. Profess. relig. Serm. t.

— HIST. XVI* s. Rentrainer, cotgbave.

— ÊTYM. Re..., et entraîner.

RENTRAIRE (ren-trê-r'J, v. a. Il se conjugue comme traire. || 1" Coudre, rejoindre deux morceaux d'étoffes, de sorte que la couture ne paraisse pas. Votre manteau est déchiré, faites-le renlraire. || Absolument. Ce tailleur sait bien rentraire. || Fig. Vous connaissez les faibles mortels, ils se traînent à pas lents; quatre vers le matin, six le soir, dix ou douze le lendemain, toujours rentrayant, toujours rapetassant, et ayant bien de la peine pour peu de chose, VOLT. Lett. éd. Grafigny, 404. |{ 2° Terme de tapisserie. Recoudre les relais d'une tapisserie de haute ou de basse lisse.

— REM. Les couturières disent d'ordinaire rentrer (à part les pièces de couleur qui sont rentrées avec un goût admirable... Moniteur univ. * avr. 1 868, p. 479, 4* col.) ; c'est Une confusion : il faut dire rentraire.

— HIST. XVI* s. Rentraire, nicod.

— ÊTYM. Re..., en, et (raire, dans le sens de tirer. RENTRAIT, AITE (ran-trè, trè-t'), part, passé

de rentraire. Car, 6 malheur, pour ma îranchise, Je n'ai rien qu'un habit rentrait, scarbon, Poésie» dit'. ŒUV. t. vu, p. 263.

— REM. On trouve rentraité, qui est un barbarisme : Et si, en foulant lesdits ouvrages, il s'y fait quelques cassures, elles seront rentraitées et raccoutrées avec de la laine de pareille qualité, Règlement, mai (734.

RENTRAITURE (ran-trè-tu-r'), ». f. Couture de ce qui est rentrait. || Terme de sellerie. Couture à demi-jonction qu'on peut serrer en tirant tous le^ points de dessus.

— HIST. XVI* s. Pentraicture, cotgrave.

— ÉTYM. Rentrait.

4. RENTRANT, ANTE (ran-tran, tran-t'), adj. Il 1* Terme de géométrie. Angle rentrant , angle dont l'ouverture est en dehors et la pointe en dedans, au lieu que l'angle saillant présente sa pointe en dehors. Les angles saillants d'une montagne à l'occident répondent aux angles rentrants d'une montagne à l'orient, volt. Sing. H. || Courbe rentrante, courbe qui revient sur elle-même et se ferme. Le cercle, l'ellipse sont des courbes rentrantes. Mes recherches sur les orbites non rentrantes, burckhabdt , Instit. Mém. se. 1806, l*'sem. p. 10. De toutes les figures rentrantes, la figure sphérique est la plus simple, puisqu'elle ne dépend que d'un seul élément, la grandeur de son rayon, laplaCe, £ip. i, 44. ||2° Nombre rentrant, se dit du nombre des dents d'un pignon, quand ce nombre de dents divise exactement celui des dents de la roue qui s'engrène avec le pignon. || 8° Terme d'histoire naturelle. Replié en dedans. Les valves du péricarpe dans le colchique sont rentrantes. Les bords du bec inférieur rentrants et reçus dans le bec supérieur, bufp. Oi.-.: t. vu, p. 488.

2. RENTRANT (ran-tran), ». m. Terme de jeu. Joueur qui prend la place de celui qui a perdu.

t RENTRAYAGE (rantrè-ia-j'), s. m. Action de rentraire ou rentrayer; résultat de cette action.

t RENTRAYER (ran-trè-ié), v. a Recoudre les peaux de buffles.

RENTRAYEUR, EUSE (ran-trè-ieur, ieû-z'), ». m. et f. Celui, celle qui sait rentraire. || Ouvrier, ouvrière qui, dans les manufactures de drapier, répare les pièces d'étoffes qui ont reçu pendant les apprêts quelques déchirures.

— HIST. xvi* s. 6* rangj qui sont les oetits mes-

tiers : retordeur de laine, flle et soye, renirayeur, racoustreur de bas d'estame, Édit, avril 4 697. — ETYM. Renlraire.

RENTRÉ, ÉE (ran-tré, trée), part, passé de rentrer. || 1° Qui rst revenu en dedans. Rentrés danj la cabane, on servit le festin de l'amitié, eu ateaubr. A^atch. III. Il Par extension. Lepouvoirde Philippe II fut alors comme un grand fleuve rentré dans son lit, après avoir inondé au loin les campagnes, tolt. Jfoeur», 468. [Sénèquel sorti de son école (du philosophe Attalus], rentré dans la société.... diuer. Cl. et Nér.u,3t. Il 2* Fig. Qui a repris une certaine position morale. Rentré en grâce auprès de Mme de Pompadour, je lui communiquais ma peine, la suppliant de savoir du roi s'il me serait favoralilc, marmontel, Mém. vit. Il 3° Oui a été repoussé en dedans, répercuté, en parlant d'un mal. Dartre rentrée. Sueur rentrée. Il Fig. et familièrement. Ma fille, quand vous voulez rompre du fer, trouvant les porcelaines indignes de votre colère, il me semble que vous êtes bien fâchée; quand je songe qu'il n'y a personne pour en rire et pour se moquer de vous, je tous plains; car cette humeur rentrée me parait plus dangereuse que la petite vérole, sév. 432. Cette vanité rentrée, qui, pour se consoler de l'indifférence qu'on lui montre, feint de repousser ce qu'on ne pense point i lui offrir, d'aleub. Éloges acad. Préf. Par l'ennui, les regrets, leur sagesse altérée Devient un mal qu'on nomme ambition rentrée, a. duval. Manie des grand, iv, 4 . || Fig. et familièrement. C'est bien rentré de piques noires, voy. pique 2.

RENTRÉE (ran-trée), ». f. || 1° Action de rentrer. La rentrée des soldats dans la caserne. || 2° En parlant des productions du sol , enlèvement des récoltes. On est occupé à la rentrée des foins et des légumes. || 3" Terme de chasse. Le temps que le gibier rentre dans le bois le matin, et auquel on se met à l'affût pour le tirer. || 4» Action de rentrer en fonctions après vacation, de reprendre ses tra-» vaux après les vacances. La rentrée des tribunaux. La rentrée des classes. Un beau mémoire qu'il avait lu à une rentrée publique de l'Académie royale des sciences, bonnet, Paling. phil. xi, 4. M. de Condorcet a lu, à la rentrée de la Saint-Martin, un éloge charmant du P. Lesueur, un des deux minimes commentateurs de Newton, et ami de notre pauvre P. Jacquier, d'alemb. Lett. à Voltaire, 23 nov. i776. Il La réouverture des théâtres. Je ne demande que deux représentations d'Irène à la rentrée, pojr égaler la gloire de M. Barthe, volt. Letl. d'Ari/ental, 20 avr. 4 778. Il Ce mot n'est plus usité dans ce sens, parce qu'il n'y a plus, comme autrefois, de relâche général pour les théâtres pendant la quinzaine de Pâques. On dit réouverture, quand un théâtre a fermé par une cause quelconque. || 5* Rentrée d'un acteur, son retour sur la scène après une absence prolongée. Cet acteur a fait sa rentrée par tel rôle. Il 6* Recouvrement d'une somme, perception d'un revenu. La rentrée des impôts, des contributions. J'attends des rentrées, elles ne me manqueront pas, piCABi», Uanie de briller, i, 4 3. || 7* Terme de jeux. Ce que l'on prend de cartes dans le talon, après avoir écarté. Les joueurs n'ont pas mal écarté, et la rentrée a fait gagner la partie, volt. Lett. ou pr. roy. de Priasse, 6 août I738. || 8° Terme de musique. Effet d'une partie d'un instrument, qui, après un silence, reprend un chant bien prononcé, || Retour du sujet <lans une fugue, une imitation, etc. || 9 ' Chacune des différentes planches préparées pour l'impression en couleur. || 10° Terme de marine. Quantité dont tendent à se rapprocher, par en haut, les deux cornes d'un couple qui, s'il était sans rentrée, affecterait la forme d'un U. L'extrême rentrée qu'on donneà présent aux navires, david leroy, /n»(tt. Mém. lin. et beaux-arts. t. 4, p. 4 89.

— ÉTYM. Rentré.

4. RENTRER (ran-tré), v. n. || 1* Entrer de nouveau, entrer après être sorti. C'est aujourd'hui que le parlement de Rennes est rentré dans son beau palais, et que toute la ville est dans les cris et les feux de joie fÉv. t*' févr, 4690. Une femme forte, pleine d'aumônes.... tantôt elle rentre auprès du malade, non par faiblesse, mais, dit-elle, pour apprendre à mourir et profiter de cet exemple, boss. le Tellier. Ainsi [par les sévérités des princes catholiques] tombait l'hérésie avec son venin; et la discorde rentrait dans les enfers, d'où elle était sortie, lo. ib.iemc retire donc, encor pâle d'effroi [d'un incendie]; Mais le jour est venu quand je rentre chez moi, boil. Sat. vi. Son mari.... Qui, de chez lui sortant, a tout laissé tranquille. Se trouve assez surpris, rentrant dans la maison, De voir que le portier lui demande son nom ID. ib. x. Et vous rentrez, ma îlle- et du

REN

REN

REN

inoio3 à mes lois Obéissez encor pour la aerniere fois, BAC. Iphig. iv, *. Mon maître en ce moment n'est pas encor rentré, regnabd, Joueur, i, 2. Une femme de seize ans rentre à quatre heures du matin, u"' DE puisiEOx, Ridic. à la mode, p. tB2, dans pouGENS. Au milieu d'un travail avec le roi, chez Mme de Maintenon, il |Louvois] se trouva si mal, qu'il n'eut que le temps de se retirer et de rentrer chez lui, DUCLOS, Œuv. t. v, p. <70. || Poétiquement. Faire rentrer dans la poudre, se dit de Dieu qui renverse les orgueilleux. Il parle, et dans la poudre U les fait tous rentrer, bac. Esth. i, 3. j; Par exagération, faire rentrer quelqu'un dans la poussière, dans la poudre, le terrifier par des menaces. || Fig. et familièrement. Faire rentrer quelqu'un cent pieds sous terre, le couvrir de confusion, le remplir de terreur. || On dit de même : faire rentrer en terre. Ton seul regard la ferait rentrer en terre, j. t. rouss. Bel. VI, 2. Il Fig. Rentrer dans le néant, cesser d'avoir crédit, puissance. Rentre dans le néant dont je t'ai fait sortir, bac. Baj. ii, 1. 1| Fig. et familièrement. C'est le ventre de ma mère, je n'y rentre plus, se dit pour exprimer qu'on n'a pas envie de se rengager en quelque chose. || Rentrer dans l'alignement, se remettre sur l'alignement en reculant. Il Terme de vénerie. Rentrer au fort, se rembucher, en parlant dlune bête. || i' Il se dit de choses qui s'emboîtent les unes dans les autres. Les différents tuyaux de cette lunette rentrent les uns dans les autres. Ces sauvages qui se plaisent tant à défigurer la nature en aplatissant, en arrondissant, en allongeant la tête de leurs enfants, auront aussi imaginé de leur faire rentrer le cou dans leurs épaules, bufp. Hist. nat. hom. Œuv. t. v, p. 200. Le vieillard, une autre masse informe et sèche, qui rentre en elle-même et tend à se réduire à rien, dideb. Ess. sur la peint. I. Il Fig. et par exagération , les jambes me rentrent dans le corps, je suis excessivement fatigué, à force de marcher, de me tenir debout. Vous n'êtes pas las de tourner autour de cet immense salon î pour moi, les jambes me rentrent dans le corps, DiDER. Salon de 1767, Œuv. t. xiv, p. M8, dans POUGENS. Il 8° Fig. Revenir à, revenir dans. Il est rentré dans l'armée. La faute de Cassie et ses terreurs paniques Ont fait rentrer l'État sous des lois tyranniques, COHN. Cinna, 11, 2. Ahl si jamais je rentre dans la vie.... la pont. Féronde. Nous ne saurions trop regretter tant de belles et bonnes choses qui en revenaient [du comtat d'Avignon, à M. de GrignanJ, pour rentrer dans la sécheresse et l'aridité des revenus, sÉv. 2B sept. (889. Avec quel zèle exhortaitil quelques-uns de ses domestiques à rentrer, comme lui, dans le bercail de Jésus-Christ! fléch. Duc de Mont. Par quel charme, oubliant tant de tourments soufferts, Pouvez-vous consentir à rentrer dans ses fers? bac. Andr. 1, i. Le sénat et le peuple rentrèrent dans une liberté qui avait été confiée à des tyrans ridicules, montesq. Espr. xi, 15. Qui d'un mot et d'un coup d'oeil faisait rentrer dans l'abaissement du plus profond respect les téméraires qui osaient s'en écarter, volt. Zadig, xviii. Dans leur origine, les sociétés n'étaient formées que d'un petit nombre de citoyens égaux ; les magistrats et les généraux n'avaient de supériorité (|ue pendant l'exercice de leurs fonctions ; ce temps passé, ils rentraient dans la classe des autres, condil. Traité des syst. ch. «6. |[ Rentrer dans son sujet, revenir, après une digression, au sujet que l'on traite. || Rentrer dans les bonnes grâces de quelqu'un, obtenir de nouveau son amitié, sa bienveillance. Ét:mt rentré dans les bonnes grâces du czar, VOLT. Russie, I, <». Il Rentrer en grâce, obtenir son pardon. Quand il s'agit de rentrer en grâce avec le maître de qui dépend tout notre bonheur, bohbdal. Sévérité delapénit. 4"avent, p. 22-2. || Rentrer dans son crédit, en reprendre possession. Reprends auprès de moi ta place accoutumée. Rentre dans ton crédit et dans ta renommée, corn. Cinna, v, 3. || Rentrer dans ses droits, dans son bien, les recouvrer. Le maréchal d'Albret a gagné un procès de quarante mille livt^s de rente en fonds de terre: il rentre dans tout le bien de ses grands-pères, sÉv. 27 mars 1671. L'un, plein d'esprit et de feu, dissipait sans éclat les biens immenses oii il était rentré, hamilt. Gramm. vi. 11 fut des citoyens avant qu'il fût des maîtres Nous rentrons dans les droits qu'ont perdus nos ancêtres, volt. Ilenr. iv. Que les bénéficiers rentreront dans leurs bénéfices, les seigneurs dans leurs terres, et que la liberté du commerce serait rétablie, duclos, Œuvr. t. 11, p. 328. || Rentrer au trône, remonter sur le trône. Il ne choisira point de chemin criminel. Quand il' voudra rentrer au trône paternel, corm. Œd. ir, 4. |j Rentrer dans son bon

sens, revenir à son bon sens. |{ Rentrer dans l'ordre, se remettre, se rétablir dans l'ordre. Il a fait rentrer les mutins dans l'ordre. Du sultan Amurat je reconnais l'empire; Sortez; que le sérail soit désormais fermé. Et que tout rentre ici dans l'ordre accoutumé, bac. Baja%. 11, 2. || Rentrer dans le devoir, dans son devoir, se ranger à son devoir. On oublie aisément les fautes des enfants, lorsqu'ils rentrent dans leur devoir, mol. VAv. iv, B. Pour rentrer au devoir, je change de langage, m. Mélic. 11, B. Si je m'égarais, il n'y aurait qu'à me crier rhumatisme, c'est un mot qui me ferait rentrer bien vite dans mon devoir, sÉv. 28B. Ah ! qu'il est malaisé de rentrer dans son devoir quand une fois on en est sorti! marmontel, C ont. mor. Heur. div. || 4° Rentrer en soi-même, faire réflexion sur soi-même, revenir à résipiscence. Rentre en toi-même, Octave, et cesse de te plaindre ; Quoi ! tu veux qu'on t'épargne, et n'as rien épargné ! corh. Cinna, iv, 2. Quelque accident fait-il que je rentre en moi-même, Je suis Gros- Jean coinme devant, la pont. Fabl. vu, (o. C'est un style qui éclaire, et qui vous fait rentrer dans vous-même, SÉv. 692. Quand on vit que.... le souffle de Luther était trop faible pour abattre cette papauté tant haie, au lieu de rentrer en soi-même, on se laissa entraîner à des conseils plus violents, boss. Yar. IV, 2. Les fautes font rentrer l'Iiomme en luimême, PÉN. Tél. xxn. Il en fut ému, il rentra en lui-même, lesage, Diabl. boit. v. Chacun a sa chimère; voilà la mienne [chasser le Turc d'Europe] : après quoi, je rentre en moi-même et suis Gros-Jean comme devant, volt. Lett. auroi de Pr. * sept.* 773. L'orateur Démade, quoique chargé de fers, lui dit [après la bataille de Chéronée] : « Philippe, vous jouez le rôle de Thersite, et vous pourriez jouer celui d'Agamemnon. » Ces mots le firent rentrer en lui-même, barthél. Anach. chap. 82. Dans ces instants où le coeur pense, Heureux qui peut rentrer en soi ! bésang. Rossign. \\ On dit en un sens analogue : rentrer en son âme, rentrer en son cœur. Rappelle tous tes sens, rentre bien dans ton âme, MOL. Amph. II, t. Pour connaître donc si nous avons reçu l'esprit de Dieu, il n'y a qu'à rentrer dans notre cœur, mass. Myst. Pentec. || 6° Retomber dans, en parlant de perplexités, de difficultés. Je rentre dans mes premières incertitudes. Hélas ! je me consume en impuissants efforts, Et rentre au trouble affreux dont à peine je sors, rac. Iphig. v, 4. Nous rentrons dans la première difficulté, j. j. rouss. Ém. IV. Il 6° Rentrer dans l'âme, reprendre possession de l'âme, en parlant de sentiments. Ne craignez plus, madame, La générosité déjà rentre en mon âme, corn. Nicom. v, 8. Le zèle de vos dieux rentre en votre courage, iD. Poly. v, 2. Jamais soupçon, ombrage et jalousie Ne rentreront dans mon maudit esprit , la pont. Fér. || La paix ne rentre point dans mon âme abattue, volt. Sémiram. i, 6. Il 7° Être compris, renfermé. Le second article rentre dans le premier. [La jalousie] vice honteux qui par son excès rentre toujours dans la vanité et dans la présomption, la bruy. xi. ||8° Reprendre, recommencer certaines choses, s'y remettre. Rentrer en fonction. Rentrer en correspondance. || [(entrer en fureur, redevenir furieux. || Fig. et familièrement. Rentrer en danse, rentrer dans une affaire, dans un embarras dont on était sorti. || Absolument, en parlant des travaux que reprennent des tribunaux et des collèges, etc. Les tribunaux, les collèges rentrent à telle époque. || Terme de théâtre. Reprendre son service après une absence, en parlant d'un acteur. Il rentre ce soir par le rôle d'Oreste. || 9° En parlant de sommes d'argent, être perçu, recouvré, touché. Avant de compter le profit, il faut que les frais rentrent. || 10° Être répercuté, en parlant d'humeurs, d'éruptions, etc. Prenez garde de laisser rentrer cette humeur. || 11° S'enfoncer, en parlant d'une superficie qui empiète sur une autre. Du cap des Trois Pointes au cap Palmas, l'océan rentre un peu dans les terres, buff. Hist. nat. Preuv. thior. terre, Œuv. t. u, p. 43B. || 12° Terme de jeu. Il se dit des cartes que l'on prend au talon. Il m'est rentré un vilain jeu. || Rentrer dans une couleur, reprendre la main et rejouer d'une couleur. || Au trictrac, rentrer en bredouille, se dit quand l'un des joueurs, ayant été débredouillé, fait un grand coup qui lui donne l'avantage de marquer trois et même cinq trous à la fois. || 13° En musique, faire une rentrée. Les ténors n'ont pas rentré à temps. Les flûtes ont bien rentré. {| 14° Terme de gravure en taille-douce. Retoucher ou fortifier les hachures. || 16* F. o. Porter dedans ce qui était dehors. Rentrer des marchandises dans le magasin. Rentrez ces fauteuils dans l'appartement. || Terme

d'imprimerie. Rentrer ou faire rentrer une ligne, la renfoncer.

— REM. Rentrer, v. n. se conjugue avec l'auxiliaire être quand on veut marquer l'état ; et avec l'auxiliaire ouotr, quand on veut marquer l'action: Si j'ai rentré dans Rome avec quelque imprudence, corn. Tite et Bérén. v, 4 ; Et j'ai, pour vous trouver, rentré par l'autre porte, mol. Fdch. i, 8. Voy. entrer, à la remarque. Cependant la conjugaison avec l'auxiliaire avoir est peu usitée, et l'usage confond les deux emplois.

— HIST. XII' s. L'eve ist [l'eau sort] de la citet, si s'en vait par les plaines. Rentre enz en son canal; ses rives en sont plaines, Charlemagne, v. 792. || xiii" s. Puis rentrèrent en leur vessiaux, et corurent par mer, villeh. li. Oil, par la lance saint Jaque, mauvais traîtres, jamais en campaigne ne renterrés, ne vous, ne vostr^ oir, Chr. de Rains, p. 46. || xv* s. Je notay son habillement. Son maintient, son gouvernement, Qui merveilleusement rentroit [était séant], le Blason des faulces amours, p. 292, dans LACURNE. Il xvr S. R'entrer en soy pour raisonner [des préjugés], mont, i, 116. Cette maladie le fit rentrer en lui-mesme, et apporta un notable changement dans ses mœurs, d'aob. Vie, xxi. Le Duc estant r'entré en ses biens, par la paix generalle, m. Hist. 1. 68. Et quoy, veux-je rentrer en un nouveau servage? bons. 788.

— ÉTYM. Re..., et entrer.

t 2. RENTRER (ran-tré), v. a. Corruption de rentraire (voy. ce mot).

t KENTR'ODVRIR (ran-trou-vrir), v. a. Entr'ou- TTÎr de nouveau.

— HIST. XVI* s. Puis il revient un peu, rentr'ouvrant la paupière. Et monstre qu'à regret il voit nostre lumière, desportes. Elégies, i, i9.

— ÉTYM. Re..., et entr'ouvrir.

t RENTRCRE (ran-tru-r'), s. f. Endroit oii doivent se rencontrer les parties d'un dessin à porter sur la toile ou le papier. || Opération du fabricant de papiers peints, laquelle consiste à apporter l'une après l'autre toutes les teintes, au moyen de planches séparées dont les reliefs portent d'autres dessus que la première, en laissant sécher entre l'application de chacune d'elles.

— ÉTYM. «entrer t.

t RENVAHIR (ran-va-ir), v. a. Envahir de nouveau.

— HIST. XVI* s. Renvahir, cotorave.

— ETYM. Re..., ei envahir.

t RENVENIMER (ran-ve-ni-mé), v. a Envenimer de nouveau. L'emplâtre d'un charlatan a renvenimé sa plaie. {| Se renvenimer, v. réfl. Devenir plus envenimé.

— HIST. XVI* s. Si le jour lefaschoit [l'amant], la frayeur solitaire Et le silence coy rentament sa misère, Renveniment sa plaie et frappent ses douleurs, despoutes, Diane, l, <9.

— ÉTYM. Re..., et envenimer.

t RENVERGUEU (ran-vèr-ghé), v. a. Terme de marine. Enverguer une voile de nouveau et avec plus de soin.

— ÉTYM. Re..., en, et vergue.

+ RENVERS (ran-vêr) , s. m. Manière de construire les laites dans les couvertures d'ardoise.

t RENVERSABLE (ran-vèr-sa-bl'J. adj. Qui peut j être renversé. Comment pouvait-il [Napoléon] ne : pas la croire [la dynastie des Bourbons] renversaj ble au premier choc? villemain. Souvenirs contemporains, les Cent-Jnurs, ch. 2. j] Terme de botanique. Se dit des feuilles susceptibles de se tourner l'une vers l'autre, sans se toucher par leur partie inférieure.

t RENVERSANT, ANTE (ran-vèr-san, san-t'), adj. Dans le langage familier. Qui cause stupéfaction, découragement. Cela est renversant.

RENVERSE (A LA) (ran-vèr-s') , Joe. adv. || l'Sur ledos. Être couché à la renverse. Si à vingt ans on nous donnait le degré de supériorité dans notre famille, et qu'on nous fît voir dans un miroir le visage que nous avons ou que nous aurons à soixante ans, en le comparant à celui de vingt, nous tomberions à la renverse, et nous aurions peur de cette figure, SÉv. 27 janv. 1687. J'avais onze ans quand je lus tout seul, pour la première fois, l'Amphitryon de Molière ; je ris au point de tomber à la renverse, volt. Dict. phil. Rire. \\ 2° S. f. Terme de manège. L'une des motions diagonales du manège.

— HIST. xv* s. Vous eussiez eu l'assaut bienviste. Se j'eusse sçu vostre prouesse. Vous eussiez tost eu la renverse, villon, Arch. de Bagnolet. Si laissa courre son cheval à rencontre de Mordrec;et, ainsi qu'il le vouloit fracoer. im chevalier de NorthuiB-

REN

REN

REN

berland le print i la renverse, et le frappa au costé senestre d'un glaive moult fort et tranchant, Lancelot du lac, t. m, f" <67,dan3LAcuRNE. ||xvi«3. Je ne puis parler de cette renverse de fortune sans soupirs et sans larmes, Sat. Mén. p. 37. On les attacha par le mitant du corps sur l'eschaflaut, à la renverse, carl. m, 4). Si que voylà le cheval abbattu et couché tout estourdy; moy, dix ou douze pas au delà, estendu à la renverse, le visage tout meurtry.... mont, ii, &2.

— ÊTYM. Voy. RENVERSER.

RENVERSE, ÉE (ran-vèr-sé, sée), part, pasté de renverser. || !• Oui est i la renverse. Je me figure encor sa nourrice éperdue, Qui devant les bourreaux s'était jetée en vain. Et, faible, le tenait renversé sur «on sein, rac. Athcà. i, 2. Me voilà donc seule, immobile et toujours renversée dans mon fauteuil, où je i-eslai bien encore une demi-heure, Marivaux, Marianne, 8* part. La Saint-Yves pleurait, elle était suffoquée, à demi renversée sur un sopha, croyant à peine ce qu'elle voyait, ce qu'elle entendait, volt. l'Ingénu, 4 5. || %' Oui est à Tenvers. Une troupe de Pyliens, les yeux baissés et pleins de larmes, leurs armes renversées, le conduisaient lentement [le deuil d'un mort], fén. Tél. xxi. Il y observe [dans un livre des premiers temps de l'imprimerie] des lettres renversées et des inégalités dans les caractères : circonstances dont la première annonce des types mobiles, et la seconde des types non fondus, daunod, Instil. Mém. scienc. mor. et pol. t. iv, p. 534. || Fig. Il a plu à un poëte de changer une prude aussi sévère que moi en une coquette.... toute mon histoire est renversée, fonten. Didon, Straton. jj Fig. et familièrement. La marmite est renversée dans cette maison, on n'y invite plus à dîner, {j Substantivement. J'ai, je le vois, un système de déclamation qui est le renversé du vôtre, mder. le», à Mme Riecoboni. || C'est le monde renversé, se dit quand on voit quelque chose qui est contre l'ordre naturel et la raison. || 8° Terme d'optique. Il se dit d'objets qui présentent une figure opposée à leur figure habituelle. Le miroir concave donne des images renversées. Un cône renversé. Une pyramide renversée. Nous entrâmes dans le kban par une écurie; une échelle en forme de pyramide renversée nous conduisit dans un grenier poudreux, cha- TEAUBR. Itin. 1" part. (1 Terme de paléographie. Espèce d'écriture dont les caractères sont à contresens, et qu'on ne peut lire qu'à l'aide d'un miroir. Il 4» Terme de mathématique. Raison renveraée, raison inverse. La force centripète aura sur un même corps une action variable selon les différentes distances au centre, et cela dans la raison renversée des carrés de ces distances, pohten. Newton. Je ne puis et ne dois voir les objets qu'en raison directe de leur grosseur et en raison renversée du carré de l'éloignement ; telles sont les lois mathématiques de l'optique, volt. Lett. au pr. roy. de Pr. oct. 4737. 115° Terme d'histoire naturelle. Se dit d'une partie qui est infléciiie ou qui est disposée en sens inverse du sens qui lui est habitueL || Terme de manège. Encolure renversée, encolure dont le contour, l'arc ou la rondeur se trouve en dessous, tandis qu'elle devrait se trouver en dessus. || Terme de blason. Se dit des pièces qui sont disposées autrement que de coutume. Chevron renversé, celui dont la pointe est en bas. || 6° Terme de marine. L'ordre d'une armée navale en ligne de bataille est renversé, lorsque, toute la ligne virant de bord, le vaisseau qui était à la queue se trouve à la tête de la nouvelle ligne formée par les mêmes bâtiments. Il Compas renversé, petite boussole suspendue dans une cbambre, et dont le fond de la botte se trouve en haut au lieu d'être en bas, comme celui du compas de route. H 7° Terme de musique. En fait d'intervalle, renversé est l'opposé de direct ; et en fait d'accord, l'opposé de fondamental. Nous distinguons d'abord les intervalles en directs et renversés, et les uns et les autres encore en simples et redoublés, /. j. Rouss. Dissert, sur la mus» mod. Pour eux [les théoriciens], les accords sont directs, lorsqu'ils sont composés entièrement de notes superposées par tierces ; renversés, quand les notes qui les constituent forment, en partant de la basse, en totalité ou en partie, d'autres intervalles que ceux de tierces; ils appellent note fondamentale la note la plus grave de l'accord à son état direct, loquin. Essai sur la tonalité mod. p. 4)6. || 8° Jeté à terre. Une muraille renversée. Carrosse versé ou renversé, selon l'intention, PASC. Pens. xxv, 4 32, éd. havet. L'un me heurte d'un ais dont je suis tout froissé; Je vois d'un autre coup mon chapeau renversé, boil. Sat. VI. Le bûcher par mes mains détruit et renversé, rac.

SICT. rs LA LANttUI nUNQAISI.

fph. v, 3. Et dans le vin qu'ils ont versé Bacchus voit tomber sa couronne. Amour son flambeau renversé, BERNIS, Quat. part, jour, Midi. || Fig. Sa santé [de Mme de la Fayette] est toute renversée ; elle est changée au dernier point, sév. 4» avr. 4680. || 9° Fig. Jeté à bas, par comparaison à ce qui est jeté à terre. Les lois renversées. Un trône indignement renversé et miraculeusement rétabli, noss. fletne d'Anglet. J'ai vu trop de Césars en ce sanglant séjour De ce trône avili renversés tour à tour, volt. Irène, m, 2. Il Bouleversé. Cest [un pédant] une bibliothèque renversée, et beaucoup plus en désordre que celle d'un homme qui déménage, balz. le Barbon. Je ne comprends plus la mesure du temps depuis le jour de notre séparation ; tout est renversé dans ma tête ; je ne sais plus oil j'en suis, sév. à Mme de Grignan, 4 3 déc. 4 68*. Il 10° Frappé de crainte, d'étonnement. Je m'attends i trouver tout le monde renversé sur les affaires d'Espagne, et disant que tout est perdu, maintenon, Lett. au duc de Noaill. 7 mars 4 7)4. Ce ne seront plus là pour nous de nouvelles lumières ; vous n'en serez plus ébloui, frappé, renversé, mass. Carême, Inconst. Il Un esprit renversé, une cervelle renversée, une tête renversée, un esprit, une cervelle, une tête troublée, jetée hors du sens. Si vous ne trouvez pas celte tête-là assez renversée, vous n'avez qu'à le dire, sEv. 4*3. On a bien affaire d'un esprit renversé, MARiv. Fausse con/id. i, 44. La tête du jeune homme fut bientôt renversée, volt. Jeannot. \\ Familièrement. Avoirla figure renversée, être défait, troublé. Mais la vanité, reprit-il avec une physionomie toute renversée, la vanité ? mabiv. Mariannf, part. 8. Ses traits sont renversés; une sueur mortelle.... saurin, Beverlei, v, 7. 11 a la physionomie toute renversée; allez vous coucher, beaumarch. Barb. de Sév. m, 4 4. RENVERSEMENT (ran-vèr-se-man) , t. m. Il 1° Action de mettre à l'envers, de mettre en bas ce qui était en haut, de mettre dans une direction contraire. Pour vérifier un quart de cercle, c'est-àdire pour connaître l'angle que fait la lunette avec le rayon de l'instrument, on emploie le renversement et le retournement, bouvard, Instit. Mém. scitnc. ph. et math. Sav. étr. t. i, p. 77. || Fig. Renversement continuel du pour au contre, pasc. Peits. V, 2 bis, édit. havet. || Renversement du spectre, phénomène qui consiste en ce qu'un gaz qui produit une raie brillante lorsqu'il est rendu incandescent, produit une raie obscure par l'absorption qu'il exerce sur une lumière étrangère qui vient le traverser. Il Terme de chirurgie. Dérangement dans la situation ou dans la conformation naturelle d'un organe, par suite duquel la partie supérieure devient inférieure, et la partie postérieure devient antérieure ou l'interne devient externe. Plusieurs organes sont susceptibles d'éprouver le renversement. Renversement de la matrice. || Terme de marine. Changement de direction de la marée, des brises, etc . ; époque où il a lieu. Le renversement de la mousson. Il 2° Terme de musique. Disposition des notes dans un ordre contraire de celui de l'accord fondamental. Il faut que l'élève nomme ainsi tous les accords, jusqu'à ce qu'on n'ait plus de doute qu'il comprend à fond leurs renversements, grétrt, Méth. pour préluder, leçon 40. Si, après avoir établi un intervalle quelconque, on change de place l'un des sons qui le constituent, c'est-à-dire si l'on fait du premier son le second, ou, ce qui revient au môme, du second le premier, on obtiendra un nouvel intervalle qui se trouvera être le renversement de celui que l'on vient de considérer; le second intervalle sera le renversement du premier; mais le premier sera aussi bien le renversement du second; aucun de ces deux intervalles ne peut, logiquement, être regardé soit comme primitif, soit comme dérivé ; ou, pour mieux dire, ils ont autant de titres l'un que l'autre à chacune de ces deux qualifications, purement relatives, loquin. Essai sur la tonalité moderne, p. 89. || 3° Terme d'arithmétique. Le renversement d'une fraction , transposition du numérateur à la place du dénominateur, et réciproquement. Il On dit de même : le renversement des termes d'un rapport, d'une proportion. || 4» En logique, renversement des termes d'une proposition, transposition des termes d'une proposition. || 6° Déplacement des mots dans une phrase , dans une construction. Quoiqu'il y ait des occasions où le renversement aurait de la grâce, comme en cet exemple : après de si grands avantages et si heureusement remportés, qui satisfont beaucoupplus l'oreille que si on disait : après des avantages si grands et si heureusement remportés, 4cad. Observ. sur Vaugelas, p. 1 76, dans poogens. Le renversement de construction ne doit jamais renverser le sens, duhabs.

IVop. part, n, art. I8. || 8* Dérangement. Le renversem'eni de mes papiers, de ma bibliothèque. Comme il [Jésus] paraîtra au dernier jour, avec un tel éclat de foudre et un tel renversement de la nature, que les morts ressusciteront et les plus aveugles la verront, pasc. Peni. xx, 4 . || Fig. Et cependant cette attache vicieuse [au faux honneur], qui serait capable de souiller les actions les plus saintes, si on lei rapportait à cette fin, sera capable de justifier les plus criminelles, parce qu'on les rapporte à cette fin I quel renversement, mes pères, et qui ne voit i quels excès il peut conduire? pasc. Prov. xiv. 11 faut qu'il y ait un étrange renversement dans la nature humaine pour faire gloire d'être.... lo. Pens. IX, 4. Les hommes ne portent point communément dans leur propre fonds un renversement si universel de tout ce que la nature a de plus sacré, ROLLiN, Hist. anc. Œuv. t. i, p. 4 95. Quel renversement d'idées I quel désordre de sentiment I }. l. ROUSS. Confess. 1. 1| Le renversement de sa tête, de son esprit, le désordre de ses idées. || Renversement d'esprit, folie. C'est la plus grossière de toutes les illusions, et un désordre que nous pouvons traiter de folie et de renversement d'esprit, bourdal. 5« dim. après la Pentec. Dominic. t. ii, p. 440. || On dit dans un sens analogue : renversement du bon sens. C'était [l'idolâtrie] un renversement du bon sens, Boss. Hist. il, 4 4. || 7° Action de renverser, de jeter à terre ; état d'une chose renversée. Le renversement d'une table. Le renversement des murailles d'une ville. || 8' Fig. Ruine, destruction complète. Elle [Mlle de Scudéry] dit toujours : depuis le renversement de notre maison ; vous diriez qu'elle parle du bouleversement de l'empire grec, tallemant DES RËAUX, Scudéry et sa sœur. Quand je fus seul avec mon ami, je lui témoignai d'être étonné du renversement que cette doctrine [des casuistes] apportait dans la morale, pasc. Prov. iv. Des livres dont la doctrine est le renversement de la piété, BOSs. Lett. quiét. 85. Ce n'est pas un petit renversement du droit divin et humain, volt. Lett. d'Argental, 2o janv. 4 764. Ce renversement des saines opinions est l'infaillible effet des leçons qu'on va prendre au théâtre, j. j. rooss. Imit. théàlr. Le renversement de la patrie , thomas , Éloge de Sully. {| 9* Ancien terme de marine. Transport de la charge d'un navire dans un autre. On dit aujourd'hui transbordement.

— HIST. XVI* s. Comme si, en un tel renversement de toutes choses, l'honneur du siège demeuroit là où il n'y a plusmesme nul siège, calv. Intt. «46.

— ETYM. Renverser.

RENVERSER (ran-vèr-sé), «. a. || 1° Mettre h l'envers, mettre en bas ce qui était en haut. Les milieux de l'œil que le rayon traverse renversent sur la rétine l'image de l'objet. || Fig. Renverser le verre, défendre de boire. Mon Esculape a renversé mon verre; Plus de galté! mon front se rembrunit, bérang. Malade. || Renverser sens dessus dessous, ou, simplement, renverser, retourner quelque chose de manière que ce qui était en haut soit en bas, et réciproquement. || 2° Terme de manège. Renverser un cheval, le faire pencher fortement en arrière, pour qu'il change de pied. ||8° Transposer. Renverser un accord. Renverser les termes d'un rapport. Renverser une fraction. Saint Augustin disait : celui-là sait bien vivre, qui sait bien prier; et je dis en renversant la proposition : celui-là sait bien prier qui sait bien vivre, bourdal. Pens. t. ii, p. 9i. Il 4° Déranger, confondre l'arrangement des choses. Il a renversé tous mes papiers. Ce mage, qui d'un mot renverse la nature, N'a choisi pour palais que cette grotte obscure, corn. Vlllus. com. i, 4 . La stabilité d'un si bel ordre [du monde] ....Dieu en renversant dans des occasions éclatantes cet ordre qui.... BOSS. Hist. u, 4. Venait-il renverser l'ordre des éléments? Sur ses antiques fondements Venaitil ébranler la terre? rac. Ath. i, 4. Renversez es mauvais ordre qui accable les bons, qui récompense le vice, fén. Tél. iii. Les hommes ont devant eux des terres immenses qui sont vides et incultes, et ils renversent le genre humain pour un coin de cette terre si négligée, m. Exist. 4 4. Cet effort [de se contraindre] lui renversa la santé, qui depuis fut toujours languissante, ST-siM. 4, 62. Tout cela renverse également les idées de l'honneur, celles de la morale et celles de la religion, montesq. Esp. XXIX, ) 6. Il Renverser l'esprit de quelqu'un, à quelqu'un, lui troubler l'esprit, lui inspirer des idées fausses ou mauvaises. {| On dit dans un sens analogue : renverser la tête, la cervelle. Cet événement lui a renversé la cer-elle. Demandez.... ce que c'est que d'avoir affaire à des bas Bretons ; il n'y a poial

REN

REN

de tête qui n'en soit renversée, sÉv. à Moulceau, J" mars 1684. || 6° Faire tomber une personne ou une chose. Ils renversèrent sur eux [les ennemis] une macliine qui, tombant avec un grand fracas, écrasa tout ce qu'elle rencontra, d'ablanc. Tacite, Hist. m, *. La province fut désolée par une tempête qui renversa les blés, ID. ib. ilnn. xvi, 4. Qu'elle même [Rome] sur soi renverse ses murailles, corn. Hor. IV, 6. Il voulut reculer, et il tomba à la renverse sur un homme qui était derrière lui, et le renversa lui et son siège sur le malheureux Ragotin, qui fut renversé sur un autre, qui fut aussi renversé sur un troisième, et ainsi de suite jusqu'où finissaient les sièges, dont une file entière fut renversée comme des quilles, scabb. Rom. com. ii, <7. Il livra l'idole de Bel en la puissance de Daniel, qui la renversa et son temple, saci, Bible, Daniel, av, 2<. Le ciel et la terre peuvent être renversés sans l'entraîner [le sage imaginaire] dans leur chute, LA BHUY. XI. Ces regards puissants et terribles qui pouvaient convertir il n'y a qu'un moment des disciples infidèles, ou renverser des sacrilèges au jardin des Oliviers, sont éteints, mass. Carême, Passion. Souza faisait renverser toutes les pagodes sur les côtes du Malabar; et l'on égorgeait inhumainement les malheureux Indiens qui allaient pleurer sur les ruines de leurs temples, baynal, Hist. phil. I, 2*. Dans ce jour glorieux.... Que d'époux sont tombés! que de fils ne sont plus! Elles cherchent en vain leurs restes confondus ; La foudre a renversé la force, la jeunesse, masson, Helvét. vi. I] 6° Terme de guerre. Renverser les travaux des ennemis, les abattre, les combler, etc. H Renverser un corps de troupes, le mettre en déroute. Notre aile droite renversa l'aile gauche des ennemis. Il Renverser un corps de troupes sur un autre, le faire reculer de manière que, tombant sur un autre corps, il le mette en désordre et l'entraîne dans sa déroute. Nos sentinelles sont renversées sur leurs postes, les postes sur leurs bataillons, les bataillons sur la division, ségur, Hist. de Nap. ix, 2. || 7° Fig. Faire tomber ce que l'on compare à des choses debout. 11 n'y aurait véritablement point d'apparence qu'un particulier fît dessein de réformer un État, en y changeant tout dès les fondements, et eu lo renversant pour le redresser, oesc. Méth. n,

2 vous qui renversez les lois de la nature. Qui,

barbare, aux défunts niez la sépulture, kotb. Antig. v, B. Ne vous mettez pas en peine, je vous réponds de renverser tout cet obstacle, et j'y vais travailler de ce pas, mol. Fourber. ii, » . Nous avons préparé un bon nombre de batteries pour renverser ce dessein ridicule, id. Pourc. i, s. Nos jugements sur les apparences sont si souvent renversés, que je m'étonne qu'on ne s'en désaccoutume point, sév. «0 août <680. Dieu me garde de tout ce qui pourrait renverser une si bonne philosophie [la résignation à la Providence] I jd. 24 juiU. (689. Les novateurs ne trouvant point de plus fort rempart contre toutes leurs nouveautés que la sainte autorité de l'Eglise, ils ont été obligés de la renverser, boss. Berne d'Anglet. Les livres sacrés des Romains, où Numa auteur de leur religion en avait écrit les mystères, ont péri par les mains des Romains mêmes, et le sénat les fit brûler comme tendants à renverser la religion, id. Hist. ii, U. La Providence autant attachée à lui conserver la vie qu'à renverser sa puissance, id. Reine d'Anglel. Déjà plus d'une fois.... Le Bosphore m'a vu.... chassant les Romains de l'Asie étonnée, Renverser en un jour l'ouvrage d'une année, bac. Mithr. m, < . [Les pythagoriciens] avaient fait de si grands progrès dans cette science [l'astronomie], qu'ils osèrent renverser les sentiments reçus de tout le monde sur l'ordre de la nature, rollin, Hist. anc. ixvii, 2. On présente d'abord des requêtes; on expose des griefs; on finit par renverser le trône, volt. Mœttrs, <28. Il est certain que, si quelqu'un eût pu renverser l'empire des Persans et des Turcs, et passer ensuite en Italie, c'était Charles XII, ID. Charles Xll, 3. Il Renverser une entreprise sur son auteur, la faire tourner à sa ruine. L'ordre mal concerté, l'occasion mal prise Peuvent sur son auteur renverser l'entreprise, corn. Cirina, \,K. Voyez si de nouveau vous le pourrez dompter. Et renverser sur lui ce qu'il ose attenter, id. AU. iv, 7. || 8" Fig. Renverser un homme, lui faire perdre la position, le rang qu'il occupe. [Ô Dieu] Que de ton bras la force les renverse [les méchants] 1 bac. Kslh. m, 3. Il ne faut qu'une injure taite à un citoyen pour soulever tout le peuple; et le tyran est renversé : Hippparque et Hippias en sont la preuve, condill. Hist. anc. Lois, ch. 6. Il t' Fig. Causer stupéfaction, trouble, décou-

ragement. Cette nouvelle le renversa. La tête tourne à nos pauvres ennemis; la vue de M. de Turenne les renverse, sév. 42 juin (676. || lO'Termede marine. Synonyme, aujourd'hui inusité, de transborder. Il Ancien terme de marine. Mettre à la bande pour espalmer. Â cause que la galère était renversée. Comptes des dépenses, (64i, dans jal. Il 11° F. n. Être renversé, tomber. Je comprends que vous n'oseriez demander des nouvelles de votre grande dépense; c'est une machine à quoi il ne faut pas toucher, de peur que tout ne renverse, sév. 2) août 1680. Il 12° Se renverser, t>. réfl. Tomber ou se jeter à la renverse. Le cheval, en se cabrant, se renversa sur son cavalier, jj Mettre son corps à la renverse. Il y a de certains sauts périlleux où l'on se renverse pour les faire. En se renversant dans le fauteuil où elle était assise, mariv. Pays. parv. part. 2. Elles se renversaient sur leurs chaises en levant les yeux et les mains au ciel, genlis. Ad. et Théod. t. I, p. 270, dans pougens. Vous êtes assis sur des selles de mamelouks.... au moindre faux mouvement, le pommeau élevé de la selle vous crève la poitrine ; et, si vous vous renversez en arrière, le haut rebord de la selle vous brise les reins, CHATEAUBR. Itin. <" part. || Se renverser sur le dos, se renverser en arrière, ou, simplement, se renverser, se mettre, se coucher sur le dos. || Être infléchi. Sa tête [du paon] et son cou se renversent noblement en arrière, bufp. Ois. t. iv, p. 3. Il 18° Terme de chirurgie. Se renverser, se dit d'un organe qui éprouve le renversement. || 14° Être transposé. Les termes de cette proposition peuvent se renverser. Il est à remarquer que les accords de cette gamme ne se renversent point, grétry, Slcth. pour préluder, leçon 2. || 16° Se jeter réciproquement par terre. Les deux athlètes se sont renverses au premier choc. || 1S° En parlant de corps de troupes, reculer en désordre. La première ligne des ennemis se renversa sur la seconde. || 17° Être jeté bas. La table s'est renversée. Oranger : Ah I Pierre Paquier, le monde s'en va renverser. — Paquier : Tant mieux; car autrefois j'entendais dire la même chose que tout était renversé; or, si l'on renverse aujourd'hui ce qui était renversé, c'est le remettre en son sens, cyr. de berg. Péd. joué, i, 2. Temple, renverse-toi ; cèdres, jetez des flammes, rac. Ath. III, 7. Il Fig. C'est cette douleur [de la pénitence] qui a apaisé Dieu sur lesNinivites.... Dieu les menaçait de les renverser, et ils se sont renversés euxmêmes, en détruisant par les fondements toutes leurs inclinations corrompues, boss. Sermoris, Satisfaction, I. Il 18° Être troublé, bouleversé. Je ne suis pas bien maître de moi et mon esprit se renverse, quand je songe que.... voit. Lelt. 69.

— HIST. xiv° s. Comment les boyaulx [du cochon] seront renversés pour laver, Ménagier, ii, B. ||xv° s. Là eut en celle journée grand enchas et dur, et maint homme renversé, froiss. i, i, 327. Et le pillard renversa là devant l'autel, qui mourut là de maie mort, m. ii, ii, 2IB. || xvi° s. jEgeus tout soudain la recognut [une bague], et incontinent renversa la couppe où estoit le poison, amyot. Thés. < 4. Il donnoit audience estant assis en une chaire à dossier renversé en arrière, id. Jlom. 4< . Les chevaulx le renversèrent avec son chariot près de la porte que l'on appelle maintenant Ratumene, id. Publ. 26. L'autre luy renversa la teste en arrière en le tenant par les cheveux, id. Pélop. 66. Voyant tant de milliers d'hommes fouillans en la terre, et renversans ce champ.... id. Pomp. n. On luy peult renverser [rétorquer] sa raison en luy alléguant que.... ID. Com. discern. le flat. 3i. 'es excessives chaleurs et les grands bruits souvent renversent et font tourner les vins, o. de serres, 228. Tu regardes la mer, et vois en seureté De mille tourbillons son onde renversée, du bellav, vi, i2, verso. Et quand le blanc des yeux renverser je leur vois, id. VI, 28, recto. Renversez [couchés] dans la plume, nous.... MONT, i, 9). L'ennemy, aprezles avoir renversez, s'amusant à les poursuyvre, id. i, 34<. La morsure d'un chien malade estonne et renverse toutes ses facultez, id. ii, 300.

— ÊTYM. Re..., et envers 2; bourg, renvarsé. On disait aussi reverser, dans un sens analogue.

+ RENVERSEUR (ran-vèr-seur), t. m. || 1° Celui qui renverse. Il 2° Renverseur de noms, faiseur d'anagrammes. Et sur Parnasse nous tenons Que tous ces renverseurs de noms Ont la cervella renversée, colletet, dans bichblet. || 3* Il s'est dit de ceux qui rasent une mesure, qui mesurent à ras. Mesureurs, renverseurs et porteurs de sel, Rail Gauthier, 6 mars (660.

— ÊTYM. Renfermer.

t BENVF,RSOIR (ran-vèr-soir), s. m. Pièce de terre cuite, offrant les contours d'une autre pièce de poterie qu'on doit cuire dessus.

— f.TYM. Renverser.

RENVl (ran-vi), s. m. Terme de jeux de cartes. Ce qu'on met par-dessus la vade ou l'enjeu. Faire un renvi de cent francs. || Jeux de renvi, ceux où l'on fait des renvis.

— Étym. Re..., et envi 2; mais il faut corriger ce qui a été dit là de l'étymologie, d'après l'opinion de Génin, qui le tire de à Venvi. Scheler, rapprochant le provençal envidar, enviar, et l'espagnol envidar, qui signifient renvier et qui sont les mêmes que envidar, inviter, et le substantif envite, invitation, défi, a montré que l'env» est une invitation, un défi (voy. inviter).

tRENVIDAGE (ran-vi-da-j-), t. m. Action de renvidiT.

+ RENVIDER (ran-vi-dé), v. a. Tourner le fil sur la broche, en le rapprochant du rouet.

— ËTYM. Verbe composé sur dévider (voy. ce mot). t RENVIDEUR (ran-vi-deur), s. m. Ouvrier qui

renvide.

RENVIER (ran-vi-é), je renviais, nous renviions, vous renvi iez; que je ren vie, que nous renviions, que vous renviiez, v. n. Terme de brelan. Mettre une certaine somme par-dessus la vade ou l'enjeu. Il Fig. Renchérir, faire davantage. Vous êtes allée à Marseille pour me fuir; et moi, je m'en vais à Vitré pour le renvier sur vous, sév. ^s mai <67l. C'est là [dans les grandes fortunes] que la convoitise va tous les jours se subtilisant et renviant sur soi-même, boss. Sermons, Impénit. 1. 1| Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— KEM. 1. Il est possible que, dans l'exemple de Bossuet cité ci-dessus, se se rapporte à renviant ainsi qu'à subtilisant. Du moins dans un exemple parallèle, il dit se renvier : C'est là [à la cour] que la convoitise va tous les jours se subtilisant, et se renviant pour ainsi dire sur elle-même, Sermons, Ambition, <.||2. Voltaire a dit : Vous lirez dans nos livres nouveaux de philosophie que Clodius renvia sur Auguste, et mille autres expressions pareilles dignes du laquais des Précieuses ridicules, J)ict. phil. Langues. Voltaire se trompe; renvier se trouve dans Sévigné et Bossuet, sans parler des écrivains du xvi° siècle.

— HIST. XIII* 8 je te renvi Au gieu où nous

meteons chascun Tout contre tout; tout ert [sera] à un, «eraugis, p. (94. || xiv s. Ces lais fais font orgiex [orgueil] et ire, Que chascuns veult estre plus sire Que ses voisins, et par envie Mains maus au siècle se renvie, i. de condé, t. m, p. 224. Mains maus au siècle se renvie; Si fait maint homme dévier Envie par son renvier. Et fait fere mainte omecide, id. ib. Il XVI* s. La cour passa de là en Avignon , où le cardinal d'Armagnac n'oublia aucune sorte de despense; mais Marseille le renvia avec ses combats maritimes, d'adb. Hist. i, 204. Ia roine mère et Monsieur r'envierent ces caresses [de Charles IX, aux protestants] de tout l'art, en paroles et en contenances qu'ils avoient peu estudier, id. ih. u, B. Anne du Bourg le r'envia sur tous, parla de la cause des reformez comme sienne et sans desguisemens, ID. ib. I, 83. Il y renvioit de sa reste, cotgrave.

— ÉTYM. Renvi. M. Scheler, dans ses remarques sur le passage de Jean de Condé cité plus haut, dit : « Se renvier, se reproduire , prendre la vogue (littéralement se remettre en voie, lat. re-inviare] . Ce terme renvier n'est pas le même que celui qui figure, comme terme de jeu, dans nos dictionnaires, et qui est composé de enut'er, défier {invitare) ....le mot est absent dans les glossaires de Roiuefort et de Burguy; je le trouve dans le Glossaire montois de M. Sigart, avec le sens de réveiller. » 11 n'y a aucune raison pour ne pas voir ici renvier pris figurément ; le «ens en est certifié psr le simple envier qu'on trouve dans les vers de Baudouin de Condé, père de Jean : Car en vie n'est nus demain ; Et puis k'il n'a demain en vie Ne eure, follement envie Son giu, qui s'afie en jovente, t. 1, p. 202. Li cors iert mors de mort mortel; Mais il a en l'autre mort tel Que ne l'ai dit; car tant est dure. Que li morirs sans fin en dure; Cil ki ensi meurt, mar fu vis; Or i pense, tant com tu vis, Que du pieur ton jeu n'envies, ib. p. 21 3.

RENVOI (ran-voi), s. m. || 1° Envoi d'une chose à la personne qui l'avait envoyée. Renvoi de marchandises. Il Chevaux de renvoi, voitures de renvoi, chevaux, voitures qui s'en retournent ou qui devaient s'en retourner à vide. || 2° Renvoi du son, des paroles par l'écho , leur répercussion. || 8° Terme de serrurerie. Tringle qui sert à transmettre le

REN

mouvement d'un cordon de sonnette. || i° Action de

coiitfédier. Le renvoi des troupes. Le renvoi d'un ministre. |{ Il se dit aussi pour répudiation. Je ne me persuaderai jamais que ni Burrtius ni Sénèi|ue aient iipprouvé le renvoi d'Oclavie, diubr. Claude et Nér. 1, 68. Il 6° Action de renvoyer une proposition, une demande à ceux qui doivent l'examiner. L'assemblée a ordonné le renvoi dans les bureaux. I| 6° Terme de jurisprudence. Action de renvoyer une partie, une aflaire devant tel ou tel juge. Arrêt de renvoi. Le renvoi d'un procès. || T Ajournement, remise. On a demandé le renvoi de la discussion au lendemain. Il 8° Marque qui, dans un livre, adresse le lecteur à une marque pareille placce hors du texte, et sous laquelle il doit trouver une citation, une explication, etc. Il 9° Avertissement qui indique qu'on trouvera à une autre page du même livre la suite de ce qui est interrompu, ou qui, dans un dictionnaire, indique les rapports de différents articles. Les renvois fdans l'Encyclopédie] indiquent visiblement les impiétés des derniers volumes: au mot arithmétique voyez fraction ; au mot astre voyez lune.... VOLT. Lett. d'Alembert, 19 oct. (764. Les renvois dans ce dictionnaire [Encyclopédie] ont cela de particulier, qu'ils servent principalement à indiquer la liaison des matières ; au lieu que , dans les autres ouvrages de cette espèce, ils ne sont destinés qu'à expliquer un article par un autre , d'alehb. Disc, prélim. Encycl, Œuv. t. i, p. 244, dans pougens. H 10° La marque qui, dans un acte , dans un écrit, indique qu'une addition est écrite en marge ou au bas de la page, et qu'il faut la joindre au texte. Noailles se mit à vouloir faire la lettre de M. le duc d'Orléans au roi d'Espagne ; au bout de quelques mots, pauses longues et un peu de conversation, puis une ligne ou deux et pause encore, puis ratures et renvois, st-sim. 447, 24e. || L'addition même. Un renvoi parafé. || 11° Terme de musique. Signe qui, correspondant à un signe semblable, indique qu'il faut revenir à l'endroit où ce dernier est placé. Il lî° Synonyme d'éructation.

— lilST. XVI' s. Telle aposteme se termine quelquesfois par délitescence, c'est à dire par renvoy occult en autre partie, pare, vi, ». Le renvoy qu'ilz [les sept sages] feirent du triplé [attribué par la pythie au plus sage], quand ilz le refusèrent tous, AMYOT, Solon, 7. Les Athéniens s'en retournèrent fort mal contens de ce renvoy, m. Cimon, 3). Tant y a, que Alexandre fut bien mal content de ce second renvoy [message], m. Alex. 63. Qu'est-ce aultre chose [la philosophie conseillant de sortir de la vie pour échapper aux maux] qu'une confession de son impuissance et un renvoi non seulement à rignorance, mais à la stupidité mesme, au non sentir et au non estreT mont, ii, 22<.

— ÊTYM. Be..., eteni'oi.

RENVOYÉ , ÉE (ran-vo-ié, iée), part, passé de renvoyer. || 1° Envoyé de nouveau. Le messager, revenu, puis renvoyé. Il 2° Congédié. Je dirai que de lui [un valet] je m'étais défié, Que c'était un coquin, et qu'il est renvoyé, gresset, le Méch. ii, 2. || 8° Remis à un autre temps. Le bai du mardi gras pensa être renvoyé, sÊv. 1 8. || La décision de cette affaire est renvoyée, elle est remise à un autre temps. || 4° Déchargé d'une accusation. Phryné est accusée d'impiété devant l'aréopage; l'orateur la voit convaincue; il arrache son voile, et dit aux vieillards: Eh bien I faites donc périr tant de beautés ; Phryné est renvoyée, marmontel, Œuv. t. ix, p. 3il.

RENVOYER (ran-vo-ié, quelques-uns prononcent ran-voi-ié), v. a. 11 se conjugue comme envoyer, il 1° Envoyer de nouveau. Quelques biens toutefois que le ciel me renvoie. Mon cœur épouvanté se refuse à la joie, corn. Nicom.i, l. {| 2° Faire reporter à quelqu'un une chose qu'il avait envoyée, oubliée, prêtée, etc. On lui avait envoyé un présent, il l'a renvoyé. Je vous renverrai incessamment le livre que vous m'avez prêté. Je vous renvoie votre canne que vous avez oubliée. || Renvoyer des lettres, envoyer i une personne les lettres écrites par elle. Son premier mouvement fut de lui renvoyer ses lettres, hamilt. Gramm. 6. || 8° Ne pas accepter. Renvoyer un présent. Il [le philosophe] leur renvoie [à ses lecteurs] tous leurs éloges, qu'il n'a pas cherchés par son travail et par ses veilles, la bhuy. i. || 4* Faire retourner quelqu'un au lieu d'où il était envoyé, d'où il était parti. On a renvoyé le courrier deux heures aprèsson arrivée. Renvoyer une escorte. Renvoyer son équipage. Quejecrainsquesamort, enlevant votre appui, Nous renvoie à l'exil où vous seriez sans lui ! corn. Sur. v, (. Le seul Agamemnon refusant la victoire.... Ne commande les Grecs que pour les renvoyer, rac. Iph. 1, 3. II le faut à son roi renvoyer sans l'entendre

REN

(un amuassadni:r], volt. Brutus, i, t. Laissez-le au bout du mondt, puisque aussi bien je l'y veux renvoyer, J. I. Rouss. Hél. VI, 7. Il Absolument. Le livre que j'avais envoyé quérir en Angleterre est imparfait; j'y renvoie, pour avoir ce qui reste, malh. Lett. II, 25. Il 6° Repousser, répercuter, réfléchir. Une plaque de cheminée qui reuvoie la chaleur dans la chambre. Ce mur, ce joueur renvoie bien la balle. L'opale étincelante à la perle mêlée Renvoie un jour pompeux vers la voûte étoilée, corn. Toit, d'or, u, 3. Les cris que les rochers renvoyaient plus affreux, rac. Jft(/ir. ii, 3. Ce sont les surfaces solides des corps (|ui nous renvoient les rayons, VOLT. Phil. Newt. Il, 3. L'or, les pierres précieuse», renvoyaient et multipliaient l'éclat des flambeaux, CHATEAUBR. les Èfart. XXI. Il Fig. et familièrement. Renvoyer la balle à quelqu'un, lui riposter, lui répliquer vivement. || Se renvoyer la balle, se dit de deux personnes qui veulent se décharger l'une sur l'autre de l'embarras d'une affaire, d'un travail, etc. Il 6° Fig. Reporter à , faire honneur à. Industrieux à se cacher dans les actions éclatantes, il en renvoyait la gloire au ministre, sans craindre dans le même temps dese charger des refus que l'intérêtde l'État rendait nécessaires, boss. le Tellier. C'était en ces occasions que M. de Turenne, se dépouillant de lui-même, renvoyait toute la gloire à celui à qui seul elle appartient légitimement, flëcb. Turenne. Non, non, le temps n'est plus que Néron, jeune encore, Me renvoyait les vœux d'une cour qui l'adore, HAC. Brit. i, t. Il Se renvoyer, renvoyer l'un à l'autre. Us se sont renvoyé les reproches les plus vifs et les injures les plus piquantes. |{ 7° Congédier. Je renvoie Hermione, et je mets sur son front. Au lieu de ma couronne, un éternel affront, hac. Andr. m, 7. Le sénat répondit obligeamment à tous ces chefs, et renvoya Apollonius comblé d'honneurs et de présents, rollin, Hist. anc. Œuv. t. viii, p. 598, dans POUGENS. Ce plaisir si doux au cœur de l'homme, d'en renvoyer un autre content de nous, j. J.aouss. Ém. u. 11 s'agit de renvoyer son auditoire plus instruit et surtout meilleur, de consoler, d'encourager les uns, de modérer et d'adoucir les autres, marmontel, Œuv. t. vi, p. 43. || Donner à quelqu'un son congé. Il est pourtant vrai que vous me renvoyez, Madame; d'où vient ma disgrâce? mariv. Fausses eonfid. m, *o. Cléon : U [un domestique] est parti, je l'ai renvoyé ce matin. — Valère : Vous l'avez renvoyé : moi, je l'ai pris; qu'il vienne, GRESSET, le ïiéch. v, 8. La marquise de Pompadour, qui avait fait renvoyer le comte de Maurepas, fit renvoyer de même le garde des sceaux Macbaut et le comte d'Argenson, volt. Uis'. pari, lxvii. Le roi ne me regarde [moi, Mme de Maintenon] que comme une personne attachée à .Mme de Montespan; n'a-t-il pas dit: Si elle vous déplaît, renvoyezla? genlis, jfme de Mainlenon, t. i, p. I8, dans POUGENS. Il Redonner à un novice ses habits du monde et le mettre hors du couvent, parce qu'on ne le trouve pas propre à demeurer en religion. Il Fig. et familièrement. Renvoyer quelqu'un bien loin, le refuser sèchement. J'allai lui proposer un tour de promenade, il me renvoya bien loin, i. j. Boiiss. Ém. u. Il On dit quelquefois absolument, renvoyer, dans le même sens. Je l'ai renvoyé. Il 8° Adresser une personne à quelqu'un, en quelque lieu, ou à quelque chose, pour qu'elle s'éclaire, apprenne, se règle. Ces chiffres renvoient le lecteur aux notes placées à la fin du volume. C'est à vous à ordonner, ma chère madame ; car je les renvoie [des fermiers] tous à vos ordres, sÉv. d Mme de Guilaut, 6 ftvr. («93. Après avoir considéré la lettre à laquelle vous me renvoyez, boss. Lett. 219. Vit-on jamais affaiblir la justice en faveur des juges, et livrer la bonne cause à leurs passions, sous prétexte de la renvoyer à leur conscience? pléch. le Tellier. C'est là [aux Écritures] que Jésus-Christ les avait souvent renvoyés, comme au témoignage le moins suspect de la vérité de son ministère, mass. Myst. Passion, 2. Vous direz que l'esprit des femmes est moins propre à réfléchir nu'à saisir; mais je vous renvoie au traité italien des études des dames et à !a liste que M. Ménage a faite des femmes philosophes, DUMARS. Œuv. t. III, p. 329. J'ai pour moi ma conscience, et vous renvoie à la vôtre, 1. i. Rouss. Confess. ix. Les observateurs de Lusace et celui du Palatinat m'ont pris pour juge de leurs différents; je les ai tous renvoyés à la nature, BONNET, Lett. div. Œuv. t. XII, p. 167, dans pougens. Il Fig. Renvoyer de Caïphe à Pilate, se dit des personnes qui, ayant à leur disposition une affaire, une grâce, se renvoient l'une i l'autre celui qui sollicite. Il 9° Paire entrer dans la classe de. Ce sont

RËO

ceux que les grands et le vulgaire confondent aveo les savants, et que les sages renvoient au pédantisme, LA BRUY. 1. 1| Renvoyer aux mille et une nuits, refuser toute créance. Il [M. Simon] renvoie aux mille et une nuits la prétendue reine abeille aveo son sérail, volt. Singul. nat. ». || 10* Remettre k un autre temps. Vous êtes imprudent de renvoyer l'affaire de votre salut à un temps que Dieu ne vous a point promis, mass. Carême, Impén. fin. SI vous renvoyez votre conversion k la mort, vous mourrez dan» votre péché, m. ib. Sous prétexte de l'absence de quelques personnes on renvoya encore une fois cette affaire, montesq. Etpr. xxviii, 18. !| Absolument. Notre prodigue touché ne renvoie pas à l'avenir ; il ne loue pas la vertu dans la vaine espérance d'en suivre un jour les règle» saintes, MASS. Carême, Enf. prod. Ne renvoyez pas à un autre temps , id. Carême, Samarit. Et comme Archias, ils renvoyèrent au lendemain, condil. Hist. anc. Il, 8. Il Renvoyer aux calendes grecques, voy. CALENDES. Il 11° Reconnaître comme étant du domaine de, de la compétence de. Le naturaliste, en traitant des minéraux, doit se borner aux objets que lui présente la nature, et renvoyer aux artistes tout ce que l'art a produit, buff. ifin. t. 1, p. 6I. || Ne trouver bon que pour. On renvoie les gémissement» aux commençants, boss. Nouv. myst. 9. || 12° Renvoyer une pétition, une proposition, etc. l'adresser à ceux qui doivent l'examiner, y faire droit, ou en rendre compte. La chambre a renvoyé la pétition au ministre de la guerre. || 13* Terme de jurisprudence. Ordonner qu'une partie se pourvoira ou qu'un accusé sera traduit devant tel ou tel juge. La chambre d'accusation l'a renvoyé devant les assises. Quand Tullus Hostilius renvoya le jugement d'Horace au peuple, il eut des raisons particulière» que l'on trouve dans Denys d'Halicarnasse, montesq. Esp. XI, t2. Le parlement renvoya l'affaire [de LalliJ au Châtelet en première instance; et, bientêt après, des lettre» patentes du roi renvoyèrent à la grand' chambre et à la Toumelle la connaissance de tous les délits commis dans l'Inde, volt. Pol. et lég. Fragm. hist. sur l'Inde, 18. || Renvoyer un accusé, le renvoyer absous, quitte et absous, le renvoyer d'accusation, le décharger de l'accusation portée contre lui. I| On dit de même : Il a été renvoyé delà plainte. || Renvoyer les parties à se pourvoir, se déclarer incompétent. || Renvoyer un plai.leur de sa demande, la lui refuser par jugement. {| Renvoyer deux plaideurs dos à dos, les débouter l'un et l'autre de leur prétention. || 14° Terme de marine. Renvoyer de bord, se dit quelquefois au lieu de virer de bord, vent devant.

— REM. J. J. Rousseau a dit renvoyer pour dans le sens de remettre à; cela n'est pas correct : Js n'ai pas écrit la moitié de ce que j'avais à écrire; la moitié de la relation et le reste sera renvoyé pour lundi prochain, à Mme de Warens, 23 oct. <737.

— HIST. iii° s. Mais une n'en veut [voulut] U dus [le duc] rien prendre [de présents] ; Ainz les li renvela ariere, benoît, ii, 40784. Il départi ses os [son armée] ; s'en renvoie sa gent, Sax. xii. || xiii* s. [Que] Dame Diex par sa grâce lui renvoit bon eûr, Berte, xli. || xiv* s. Mai» gardés le dansel tant que li quens [le comte] sara Revenus en sa terre ; et quant il revenra, Renvoies lui sa soer, si le justiciera Tout à sa volenté, Baud. de.Seb. x, ioi3. Il XVI* s. Les Lacedaemoniens le regrettèrent fort ijuand il s'en fut allé, et le renvoyèrent quérir par plusieurs fois, amyot, Lye. 7. Hz le convoyèrent tous jusques en sa maison ; Lycurgus en les remerciant les renvoya, id. ib. te. Et depuis Lucullus j renvoya encore un autre de ses lieutenants, Adrianus, avec une bonne troupe, m. Lucul. 30. Laditte chastellenie a esté renvoyée en la main du roi, Coust. gén, t. I, p. 31 1. De la teste, nous convions, nous renvoyons, advouons,desadvouons.... mont. 11, (5»,

— ËTVM. He..., et envoyer.

t RÉOCCUPATION (ré-o-ku-pa-sion), t. f. Action de réoccuper.

t RËOCCUPER (ré-o-lcu-pé), e. a. Occuper de nouveau.

— ÉTYM. Re..., et occuper.

t RÉORCHESTRER (ré-or-kè-stré), V. a. Orchestrer de nouveau. Déserteur, de Monsigny, réorclie»tré.... Cendrillon,de Nicolo, réorchestrée, ad. adam, Souven. d'un musicien. En (780 on fit une reprise d« Castor et Pollux [opéra de Rameau] réorchestré par Francœur, id. Derniers souven. article sur Berton.

— ÉTYM. jRe..., et orchestrer.

RÊORDINATION (ré-or-di-na-tion), t. f. Terme

ecclésiastique. Action de réordonner. L'antiquité a regardé la réordination avec borreur, fén. t. il,

REP

p. 79. Aurilius ajoute que les réordination» sont un crime semblable aux rebaptisations, ID. t. ii, p. 80.

— ÉTYM. Re..., et ordination.

RÉORDONNÉ, ÉE (réor-do-né, née), part, passé. RÉORDONNER (ré-or-do-né) , v. a. || 1" Terme

ecclésiastique. Conférer une seconde fois les ordres sacrés K celui dont la première ordination est jugée nulle, pour quelque défaut essentiel. Pourquoi supposer que l'ordination [des prêtres catholiques] est nulle, en réordonnant tous ceux qui l'ont reçue 1 FÉN. t. n, p. to. On décida qu'on ne rebaptiserait et qu'on ne réordonnerait personne [de ceux qu'avait baptisés ou ordonnés Lavardin, évoque du Mans] ; piais quelques prêtres scrupuleux se firent ordonner une seconde fois, volt. Mil. litt. Lett. au pr. de ***, VII. Il 2° Ordonner de nouveau; répéter un ordre.

— HIST. XVI' s. Ces sept intervalles leur serviroient de places avantageuses et de retraittes asseurées pour se reordonner, lanoce, «5. Comme leur cavallerie est leglere, ils retoumeroyent soudainement derrière leur gros se reordonner, id. 428. Il reformera sa maison, reordonnant les choses destraquées, chassant tous vagabons.... o. db serres, S2.

— ËTYM. lie..., et ordoniur.

RÉORGANISATION (ré-or-ga-ni-za-sion), t. f. Action d'organiser de nouveau ; résultat de cette action.

RÉORGANISÉ, ÉE (ré-or-ga-ni-zé, zée), port. passé de réorganiser.

RÉORGANISER (ré-or-ga-ni-zé), v. a. Organiser de nouveau. La veille, il [Napoléon] reconnaissait la nécessité de sa présence à Laon pour rallier, réorganiser promptement l'armée, pour relever le moral du soldat abattu par la défaite [de Waterloo], CHARBAS, Waterloo, ch. 46. || Se réorganiser, ». réfl. Etre rétabli dans un ordre régulier.

— ÉTYM. Re..., et organiser.

+ RÉORTHE (ré-or-f), t. f. Nom donné dans la Loire-Inférieure à un lien de bois qui sert à former les fagots.

RÉOUVERTURE (ré-ou-vèr-tu-r*), ». f. Action d'ouvrir de nouveau un théâtre, un établissement qui est resté quelque temps fermé.

— ÉTYM. fle..., et ouverture.

t. REPAIRE (re-pê-r'), s. m || 1» Lieu où l'on se

retire, sens propre qui n'a plus guère d'emploi. En vain les gardes font la ronde; J'ai bon repaire et trois fusils, bérano. Jeanne la Rousse. \\ S" ParticU' lièrement. Lieu où se retirent les brigands, les voleurs, les gens malfaisants. La cavalerie eut ordre de saccager ce repaire de traîtres, et de les faire passer au fil de l'épée, vaugel. Q. C. vu, 5. Les flibustiers français, dont le repaire était tantôt dans les rochers de Saint-Domingue, tantôt à la Tortue, arment dix bateaux, et vont au nombre d'environ douze cents hommes attaquer Vera-Cruz, volt. Ifœurs, 4 62. Timoléon l'invita à détruire toutes ces citadelles qui serval entderepairesauxtyrans,BARTHÉL./lnacft.ch. 6:). Il 3° Par extension, lieu où se retirent les bêtes féroces, malfaisantes. Sion, repaire afîreux de reptiles impurs. Voit de son temple saint les pierres dispersées, RAC. Esth. I, 4 . Les palais des rois sont devenus le repaire des bêtes fauves, volnet. Ruines, ii. Il On dit aussi : un repaire de hiboux, d'orfraies.

— REM. L'Académie dit qu'en termes de chasse repaire signifie fiente des loups, des lièvres, etc.; mais, évidemment, ce n'est pas sous cette rubrique que repaire en ce sens doit être rangé ; il appartient à refaire 2, ou, mieux, repère; car cette fiente n'est ainsi uommée que parce qu'elle fait trouver les bêtes.

— HIST. XI' s. Quant cascuns ert [sera] à sun rillor repaire, Ch. de Roi. iv. Se vos volez, li repaires le [retour] ert [sera] grefs [difficile], tb. cxcvi. Il XII' s. Dites [à] chascun baron qu'il aille en son repaire [chez soi], Saa. xxxi. || xiii' s. Et se départirent atant, et ala cescunsà son repaire, car li nuis aproçoil, Chr. de Rains, p. 65. Li rois [Louis IX] a mis en un repaire. Mais ne sai pas bien por quoi faire. Trois cens aveugles route à route, ruteb. 4 63. Il XIV* s. Comme ledit Jehan et icelle Juste eussent loué une certaine chambre secrète où ils avoient leur repaire, quant bon leur sembloit, du cange, assembleia. || xv* s. Et quant ledit frère Thomas esloit, comme dit est, à son logis, il se tenoit en une chambre moult solitairement, sans vouloir souffrir que nulle personne eust repaire avecque lui, monstr. u, »3. Il XVI' s. J'ay pris plaisir d'ouïr les phantaisies De ceux qui sonten ce mortel repaire [ici-bas], marot, i, 396. Toutes les choFSS des croisés sont en protection de sainte Eglise, et demeurent entières et paisibles jusquej à leur repaire [retour], ou qu'on soit certain de leur mort, lotsel, 73), Il observera les bestes, leurs repaires et gestes, lits, chambres, reposées, bauges et tanière», o. de serres, 993,

REP

— ÉTYM. Provenç. repaire; de l'ano. verbe repairer, repairier, provenç. repairar, retourner dans la patrie ; du lat. repatriare, de re, et patria, patrie (voy. rapatrikr).

2. REPAIRE (re-pê-r"), t. m. Voy. repère. || Terme de chasse. Fiente des loups, crottes des lièvres, des lapins; ainsi dites parce qu'elles servent à retrouver la bête. Un repaire de loup, de lièvra.

— ÉTYM. Voy. REPÈRE.

t REPAISSEUR (re-pê-seur),s. m. Celui qui repaît.

— HIST. XVI' s. Le bon vieillard, vrai confort des craintifs, X droit nommé repaisseur des chelifs,

REPAÎTRE (re-paî-tr'), je repais, tu repais, il repaît, nous repaissons ; je repaissais ; je repus, tu repus, il reput, nous repûmes, vous repûtes, ils repurent ; je repaîtrai ; je repaîtrais ; repais, qu'il repaisse, repaissons: que je repaisse, que nous repaissions; que je repusse, qu'il repût; repaissant; repu, repue, v. n. || l» Manger, prendre sa réfection ; il se dit des hommes et des animaux, surtout en voyage. Parce qu'il lui fallait faire [à M. le Prince] ce jour-là trente-cinq lieues sur les mêmes chevaux, la nécessité de repaître le fit retarder de quelques heures, la rochef. Mém. Mb. Chacun repaît, le soir étant venu ; L'on mange peu, l'on boit en récompense, LA FONT. Fiancée. Mais, seigneur Trufaldin, songez-vous que peut-être Ce monsieur l'étranger a besoin de repaître? mol. VÉt. iv, 3. ||S. m. Terme de chasse. Faux repdtre, se dit de l'action du cerl qui paît et n'avale pas, étant pressé par les chiens. Il 2° F. a. Nourrir, donner à manger. Il faut repaître ses animaux. || Fig. Ces vieux contes d'honneur dont on repaît les dames, régnier, Sat. xin. J'ai plaint le faux espoir dont on vous repaissait, mol. le Dépit, I, ♦. Pour souffrir qu'un valet de chansons me repaisse, ID. Amph. II, 4 . Celui qui alluma le plus cette ardeur [de conquérir la Sicile] fut Alcibiade, en repaissant le peuple de magnifiques espérances, rollin, Hist. anc. Œuv. t. m, p. 642, dans pougens. Il Repaître ses yeux d'un spectacle, le regarder avec avidité. Viens voir mourir ta sœur dans les bras de ton père. Viens repaître tes yeux d'un spectacle si doux, corn. Hor. iv, 7. Et que devant sa porte, au lieu de Mardochée, Apaisant par sa mort et la terre et les cieux. De mes peuples vengés il [Aman] repaisse les yeux, rac. Esth. m, 6. Bellone et Mars, avec les Furies dégouttantes de sang, repaissaient leurs yeux cruels de ce spectacle [une bataille], fén. Tél. XX. Il Se repaître l'esprit, repaître son esprit. Se repaître plutôt l'esprit de la vanité des paroles que de la solidité des choses, malebr. Rech. vér. i, 4 8. || 8° Se repaître, v. réfl. Prendre sa réfection. Ces animaux se repaissent de chair. Les uns [les démons, dieux des païens] gais et plus enjoués se laissaient gagner par des spectacles et des jeux ; l'humeur plus sombre des autres voulait l'odeur de la graisse, et se repaissait de sacrifices sanglants, boss. Hist. u, 4 2. Du repos des humains implacable ennemie.... Je me repais de sang.... boil. Énigme {une puce). La brute se repaît, l'homme mange, brillât-savarin, Phys. du goût, Aphorisme. || Par exagération. Il ne se repaît que de sang et de carnage, se dit

d'un homme cruel et sanguinaire. || Fig ce sont

contes frivoles Dont se repaît le peuple.... Régnier, Élég. m. Mes yeux se repaîtront des horreurs de ta peine, corn. Médée, v, 8. D'abord je me repus d'espérances frivoles, la font. Psyché, ii, p. 1 97. Pour moi, je vous l'avoue, je me repais un peu de gloire, mol. Bourg, gent. i, 4 . On se repaît des vains projets d'une conversion imaginaire, FLÉCH. Uar.-Th. Pour contenter une sainte ardeur de l'entendre, et pour se repaître de sa doctrine , BOURDAL. 6' dim. après la Pentecôte, Dominic. t. m, p. 8. Hélas I si cette paix dont vous vous repaissez Couvrait contre vos jours quelques pièges dressés, RAC. Brit. V, 4 . L'amour ne se repaît point de galanterie, I. ). Rouss. Hél. I, 62. La vanité humaine, dit quelque part Marivaux lui-même, n'est pas difficile à nourrir, et se repaît des aliments les plus grossiers comme des plus délicats; il en était la preuve, d'alkmb. Éloges, Marivaux.

— HIST. xui' s. Bien m'avez reschaufée et moult

bien repeûe, Berte, lu Diex qui de ses biens

reput Le monde, quant il l'ot forgié, la Rose, 6262. Il nous convint descendre en la terre de nos ennemis pour fere feu et cuire viande, pour les enfants repestre et alaitier, joinv. 282. || xv' s. De là nous allasmes repaistre au bourg Sainct-Denis , cohh.

vm, 7. Il XVI* s. Un an y a, ou il s'en faut bien peu. Que par toi suis d'espérance repeu, marot, i, 332.

Fy du repas, qui, en paix et repos. Ne sçait l'esprit avec le corps repaistre, ID. m, 67. J'ai ici longue-

REP

ment repeu mes yeulx ; mais mon estomach brait de maie raige de faim, repaissons, rab. Pant. v, 31. si TOUS avez faict vostre proufit de la vie, vous en estes repeu, mont, i, 86. Mal de teste veut lepaistre, cotgrave.

— ÉTYM. Re..., et pattre.

tREPALIR (re-pâ-lir), v.n. Pilirde nouveau. L'étoile de M. de Lauzun repàlit ; il n'a point de logement, il n'a point ses anciennes entrées.... sév. 607.

t REPAHER (re-pa-mé), v. a. Agiter les toiiei blanchies dans un courant d'eau, et les battre ou les piétiner.

— ÉTYM. Le même que repaumer.

t HEPÂMER (SE) (re-pâ-mé), t), réfl. Se pâmer de nouveau.

— HIST. xii' s. Lors se repasme, ne puet [peut] en piez ester, Ronc. p. 174.

RÉPANDRE (ré-pan-dr'), je répands, tu répands, il répand, nous répandons ; je répandais; je répandis; je répandrai; je répandrais; répands, répandons; que je répande, que nous répandions ; que je répandisse; répandant; répandu, v. a. || 1° Épancher, laisser tomber un liquide. ||2* Répandre se dit aussi de choses solides. || 3* Répandre des soupirs, || 4" Il se dit des effusions morales. {| B° Disperser, étendre au loin. || 6° Fig. Donner de la dissipation, rendre dissipé. Il 7* Départir, distribuer à plusieurs personnes. Il 8° Faire paraître. || 9* Proférer. || 10° Faire entrer dans l'esprit, dans l'âme. || 11° Propager. Il 12° Faire connaître, en parlant de bruits, de nouvelles. Il 13° V. réfl. Se répandre, être répandu, être versé. || 14° Être départi, distribué. || 16° Fig. Être épanché, par assimilation k quelque chose de liquide. Il 18° Passer dans l'esprit, dans le cœur. Il 17° Être propagé. |[ 18'Étrecommuniqué. || 19° Être ébruité. || 20° Se disperser sur la surface d'un pays. Il 21° Se répandre au dehors, chercher à paraître, à se montrer. Se répandre dans le monde, voir la société. Il 22° Se répandre en, donner cours à ce qui s'exprime par le langage. || 23° Se répandre à, se laisser aller à. || 24° Se livrer i une effusion de cœur. Il 25° Paraître, se manifester au dehors.

1° Épancher, laisser tomber un liquide. Répandre de l'eau sur la table. La grandeur.... n'est faite que pour l'aider [la bonté] & se communiquer davantage, comme une fontaine publique qu'on élève pour la répandre, boss. L. de Bourbon. Joas vient d'être couronné ; Le grand prêtre a sur lui répandu l'huile sainte, rac. Ath. v, t . || Absolument. Prenez garde de répandre. || Répandre des larmes, pleurer. Baucis en répandit en secret quelques larmes, la FONT. Phil et Bauc. L'illusion, cette reine de» cœurs, Marche à ta suite, inspire les alarmes. Le sentiment, les regrets, les douleurs. Et le plaisir de répandre des larmes , volt. Épitre à Mlle Coussin. Il Répandre du sang, blesser ou tuer. On sait.... que Constance répandit beaucoup de sang , et que ceux qui résistaient à ses volontés sur le sujet de l'arianisme avaient tout à craindre de sa colère, BOSs. 2* instr. past. 405, Respectez voire sang ....Ne me préparez pas la douleur éternelle De l'avoir fait répandre à la main paternelle, RAC. Phêd. IV, ♦. Je ne veux point ici vous rappeler ces temps Où l'État répandait le sang de SBs enfants, volt. Tancr. i, 4. || Répandre son sang, être blessé ou mourir pour une cause qu'on regarde comme honorable et sacrée. || 2' Par extension, répandre se dit de choses solides. Répandre du sel, du poivre. Sur l'urne qui contient ta cendre Et que je viens baigner de pleurs. Chaque printemps je veux répandre Le tribut des premières fleurs, gresset, Épit. P. Bougeant. || 3° On l'a dit aussi des soupirs. Vous vous souvenez. Dieu de nos pères, de tous les soupirs que j"ai répandus à vos pieds pour détourner votre colère, hass. Carême, Injust. Il 4° Il se dit des effusions morales. Mon Dieu, si j'ose répandre mon âme en votre présence, et parler à vous, moi qui ne suis que poussière et que cendre, pourquoi le perdons-nous [Turenne] ? kléch. Tur. J'irai répandre à ses pieds toute l'amertume de mon âme, mass. Carême. Enf. prod. Je répandrai mon âme au seuil du sanctuaire. Seigneur.,., dans ton nom seul je mettrai mon espoir, lamart. Jf^d. I, 23. Il 6" Disperser, étendre au loin. Le soleil répand la lumière. Ce fleuve a répandu ses eaux -J dans la campagne. Ce général répandit ses troupes ^ dans les villages environnants. Hannon, par ordre du sénat de Carthage, répandit trente mille Carthaginois depuis les Colonnes d'Hercule jusqu'à Cerné, montesq. Esp. XXI, 4 4. Pavées d'une espèce de pierreries qui répandaient une odeursemblable à celle du girofle et de la cannelle, volt. Candide, 4 8. || 6° Fig. Donner de la dissipation, rendre dissipé. Les coffl<

REP

merces nous répandent trop au dehors, hass. Carême, Prière *. || 7» Départir, distribuer à plusieurs personnes. Dieu répand ses grâces comme il lui plaît. Répandre des bienfaits. Le roi a fait en Lorraine comme les années passées en Flandre, c'està-dire a répandu beaucoup d'argent sur son passage en aumônes et en libéralités, pellisson, Letl. hist. t. II, p. 30. Je lui faisais des dons; mais, avec modestie, Il me voulait toujours en rendre une partie.... Et, quand je refusais de le vouloir reprendre, Aux pauvres, à mes yeux, il allait le répandre, MOL. Tart. i, 6. Ami, cache ta vie et répands ton esprit, v. hugo, Rayons et ombres, À un poète. Il Absolument. La libéralité [du roi] est excessive, •t on [Mlle de Fontanges] répand comme on reçoit, BÉv «"mars <680. [Un roi qui] N'ouvre les mains que pour répandre, Et ne reçoit que pour donner, J. B. Bouss. Odes, IV, 4. || 8° Faire paraître. La douleur répandant de nouvelles grâces sur sou visage, elle lui parla ainsi, fén. Tél. vu. || On dit dans un sens analogue : Cet auteur a répandu beaucoup d'agrément, beaucoup de jour sur cette matière. Notre curé de Meudon , dans son extravagant et inintelligible livre, a répandu une extrême gaieté et une plus grande impertinence, VOLT. Diet. phil. Prier. || 9° Proférer. Voilà, mes Pères, la source d'où naissent tant de noires impostures; voilà ce qui en fait répandre à votre Père Brisacier, jusqu'à s'attirer la censure de feu M. l'archevêque de Paris, pasc. Prov. xv. Plus la raisou manque, plus un homme violent répand d'injures, Boss. 4* avert. 4. || 10° Fig. Faire entrer dans l'esprit, dans l'âme. Vous comprenez bien la peine et l'aigreur immortelle que cette affaire [querelle de noblesse entre les Noailles et les Bouillon] répand chrétiennement dans les cœurs, m°* de grignan, dans sÉviGNÉ, t. v, p. 396, édit. Régnier. Daigne, daigne, mon Dieu, sur Mathan et sur elle Répandre cet esprit d'imprudence et d'erreur. De la chute des rois funeste avant-coureur, rac. Àth. i, 2. Partout en même temps la trompette a sonné ; Et ses sons et leurs cris dans son camp étonné Ont répandu le trojible et la terreur subite Dont Gédéon frappa le fier Madianite, lo. ib. v, 6. || 11° Propager. Saint Swibert, saint Willebrod et d'autres hommes apostoliques répandirent l'Évangile dans les provinces voisines, boss. Hist. i, n. Il y a donc un péché qu'Adam a introduit dans le monde ; qu'est-ce que l'introduire, si ce n'est le communiquer et le rénandre? lo. Déf. de la tradition, ix, B. La loi de l'holocauste répandit un usage qui se trouvait établi en tant de lieux, Hist. des Vest. dans desfontaines. De là il envoya ses disciples dans toutes les Indes, où ils répandirent sa doctrine, dider. Opin. des anciens phil. (asiatiques). [Ulysse] Répandit les soupçons, éveilla les alarmes, DELiLLE, En. ii. |1 18° Faire connaître, en parlant de bruits, de nouvelles. Tous ces messieurs l'ont tellement approuvé, que la chose a été résolue et répandue avant que j'en susse rien, siv. à Bussy, 28 août «668. Nous avons un peu répandu.... les méchantes plaisanteries [touchant le siège d'Orange par M. de Grignan], id. 24 nov. 4673. i,a prompte renommée en répand la nouvelle, VOLT. Tancr. v, 4. Je répandrai le bruit que vous avez pris la route des Indes, in. Zadig, 8. || Répandre que, faire courir le bruit que. Les ennemis de la princesse des Ursins répandent qu'elle est mal avec le roi, maintenon, Leit. au duc de Noailles, s sept. «706. On avait répandu en Franche-Comté que le sel de Montmorot gâtait les fromages, objet d'une grande importance pour cette province, et qu'il empoisonnait les bestiaux, condorckt, Montigni. Il 13° Se répandre, v. réft. Être répandu, être versé. Les eaux se répandirent dans la campagne. Le sang de ces héros dont tu me fais descendre, Sans tes profanes mains saura bien se répandre, rac. Iphig. v, 6. Il Fig. Avec ellipse du pronom personnel, faire répandre le verre, se dit, au propre, des gouttes de liquide qu'un verre répand , et fig. de la dernière chose qui produit une explosion de chagrin, de mécontentement, etc. (synonyme de faire déborder le vase). On dit que.... le courrier de Bavière..., dont il [Pompone] ne vint rendre compte que le samedi à cinq heures du soir, a été la dernière goutte qui a fait répandre le verre, sÉv. 6 déc. (679. || Être étendu, dispersé. Une odeur qui se répand au loin. Il 14"Ètre départi, distribué. Lesaumônesde Madame, toujours abondantes, se sont répandues principalement sur les catholiques d'Angleterre, boss. Duch. d'Orl. Entrons dans les desseins de la Providence, et admirons les bontés de Dieu, qui se répandent sur nous et sur tous les peuples dans la prédestination de cette princesse, ro. Har.-Thtr- On vit de

REP

toutes parts mes bontés se répandre, rac. Bérén. Il, 2. Il 16° Fig. Être épanché, par assimilation à quelque chose de liquide. La justice passe du prince dans les magistrats, et du trône elle se répand sur les tribunaux, boss. le Tellier. Son génie se répandit sur toutes les parties de l'empire, montesq. xxxi, «8. Il 16° Fig. Passer dans l'esprit, dans le cœur. Vos lettres sont agréables comme vous ; on les lit avec un plaisir qui se répand partout, sÉv. à Coulanges, 26 avr. 1695. La terreur se répandit parmi les peuples, fléch. Hist. de Théodose, ii, i3. ||Se faire sentir. Cette privation [l'absence de biens quand on se marie] se répand et s'étend sur toute la vie, SÉV. à du Plessis, 23 sept. «689. || 17» Être propagé. L'idolâtrie se répandait par tout l'univers, BOSS. Hist. II, 2. Cité sainte dont toutes les pierres sont vivantes.... cité qui se répand par toute la terre, et s'élève jusqu'aux cieux, m. tar.-Tliér. Voilà, chrétienne compagnie, ce qui fait le sujet de ma douleur, quand je vois se répandre dans le monde tant de livres sans choix, bourdal, &• dim. après Pdq. dominic. t. ii, p. 2)2. || 18° Être communiqué. Que peut-être, approchant ces amants trop heureux, Quelqu'un de mes malheurs se répandrait sur eux, rac. Iphig. II, I. Il 11 se dit des bruits, des nouvelles. Le bruit s'en répandit aux environs, boss. Hist. ii, 10. Enfin je l'étouffai entre mes bras [le lion].... le bruit de cette action et celui du beau changement de tous nos bergers se répandit dans toute l'Egypte, FÉN. Tél. II. Il Impersonnellement. Il s'est répandu que M. de Courtenvaux avait été renversé de quelques sacs de terre que le canon avait jetés sur lui, PELLISSON, Lett. hist. t. m, p. 398. Il s'est répandu depuis quelques jours qu'elle [la future Dauphine] est très-laide; voilà tout ce que j'en sais, maintenon, Lett. à M. d'Aubigné, 8 déc. 468<. Il se répand un bruit tumultueux, que les Parthes renouvellent leurs entreprises, dideh. Claude et Nér. i, 43. || 19° Être ébruité. Ce secret roule sous terre depuis plus de six mois ; il se répand un peu, SÉV. 7 août «676. Télémaque avait souvent remarqué que les résolutions du conseil se répandaient un peu trop dans le camp, fén. Tél. XVI. Il 20° Se disperser sur la surface d'un pays. Les Gotbs, qui conquirent l'Espagne, se répandirent dans le pays, et bientôt se trouvèrent très-faibles, montesq. Ésp. XV, «4. Ces multitudes prodigieuses de Huns, d'Alains, d'Ostrogoths, de Visigoths, de Vandales, de Lombards qui se répandirent comme des torrents sur l'Europe, au V siècle, volt. Dici. phil. Population. Quoique ces casse-noix ne soient point oiseaux de passage, ils quittent quelquefois leurs montagnes pour se répandre dans les plaines, BUFP. Ois. t. V, p. «7«. Il 21° Se répandre au dehors, chercher à paraître, à se montrer. Ne pensez pas à cette vaine et fastueuse religion qui se répand toute au dehors, et qui n'a que le corps et la superficie des bonnes œuvres, fliîch. duc de Mont. Nous ne cherchons qu'à nous répandre au dehors et à exister hors de nous, buff. De l'homme. || Se répandre dans le monde, voir la société. Pour moi, je mène à peu près la même vie que tu m'as vu mener : je me répands dans le monde, et je cherche à le connaître, montesq. Lett. pers. 63. Le premier avantage que les gens de lettres trouvent à se répandre dans le monde, c'est que leur mérite est, sinon plus connu, au moins plus célébré, d'alemb. Œuv. t. m, p. 30. il Absolument. Cet homme aime à se répandre, craint de se répandre. Continuellement pressé par les inquiétudes qui le dévoreront, il [le pécheur] se répandra de tous côtés pour se délivrer de ces insupportables agitations de son cœur, boss. Réft. sur l'état des pécheurs. || 22° Se répandre en, donner cours à ce qui s'exprime par le langage. Celui qui se répand en tant de paroles, n'écoutera-t-il pas à son tour? saci, Bible, Job, II, 2. Sa fureur contre vous se répand en injures, RAC. Phèd. IV, 4. En lui répondant, il ne fait que se répandre en plaintes vagues, rolun, Hist. anc. Œuv. t. viii, p. 3« « , dans pougens. Nous dînâmes; Mme d'Alain se répandit en cajoleries pendant le repas, mariv. Paysan parv. 3« part. Il ne se répandra pas en longs compliments ; mais comptez sur la sincérité de ceux qu'il vous fera, ninER. Prom. scepl. Uém. t. iv, p. 245, dans pougens. Il se sera répandu en murmures contre une autorité partiale, injuste, oppressive, marmontel, IBém. VI. Il On dit en un sens analogue : se répandre sur. Il me semble que vous avez peur que je ne sois ridicule, et que je ne me répande excessivement sur ce sujet [la séparation d'avec Mme de Grignan] ; non, non, ma bonne, ne craignez rien, je sais gouverner le torrent, sÉv. à Mme de Grignan, B juin

REP

«87B. Il 28° Se répandre à, se laisser aller à (tournure peu usitée). C'est ainsi qu'aux flatteurs on doit partout se prendre Des vices où l'on voit les humains se répandre, mol. Mts. ii, B. jj 2<- Se livrer à une effusion de cœur. Ils [le duc et la duchesse d'Orléans] me prièrent de les attendre, afin qu'ils me pussent entretenir et se répandre avec moi, st-sim. 272, «78. Si j'écris quelques lignes où mon âme s» répande, c'est toi seul qui m'inspires, stael, Corinne, XVI, 3 Ces cœurs généreux Qui, méconnus, s'ouvrent encore Pour se répandre aux malheureux, lamart. Harm. ii, s. || 25* Paraître, se manifester au dehors. Souvent une pâleur mortelle se répandait sur son visage, fén. Tél. vu.

— HIST. XIII' s. Quant je voy l'erbe répandre Par ces prez et reverdir, Mss, de poés. franc, av. 1 300, t. II, p. 629, dansLACURNE. Après dist : li vins respandus Bien est raisons qu'il soit rendus, FI. et Bl. V. «337. Il XVI* s. Quand la terre d'un des cousteaux qui soustenoit le lac comme une chaussée, et le gardoit de se respandre en la campagne, vint à se rompre, amïot, Cam. 6. Et y avoit un grand desordre, parce qu'ilz se respandoient çà et là, id. Arist. 39. Ilz portent de grands vases à deux anses pleins de vins et de laict, que l'on a accoustumc de respandre pour oblaiions sur les sépultures des morts, ID. ib. 62.

— ÊTYM. Re..., etépandre.

RÉPANDU, CE (ré-pan-du, due), part, passé de répandre. || 1° Qui a été épanché. De l'eau répandue. Quelques pleurs répandus ont obscurci vos yeux, RAC. Brit. V, a. Pour la bienséance [dans le poème tragique], il y a enfin du sang répandu, et quelque malheureux à qui il en coûte la vie, la bruy. i. || Du sang répandu, des hommes tués ou blessés. Il y avait beaucoup plus de sang répandu dans les vengeances particulières, dans les enceintes des villes, dans les conspirations, que dans les combats, volt. Mœurs, «07. || Fig. et familièrement. Il y a eu bien du sang répandu, se dit au jeu pour exprimer qu'il y a eu beaucoup de perte en une partie. || Vulgairement, avoir la bile répandue dans le sang, avoir la jaunisse. || Lait répandu, nom vulgaire d'une éruption qui survient quelquefois chez les femmes, après leurs couches. || 2° Il se dit de gens disséminés sur la surface d'un lieu. Allez : que tous les Juifs dans Suse répandus, X prier avec vous jour et nuit assidus. Me prêtent de leurs vœux le secours salutaire, RAC. Esth. 1,3. LesCarthaginois, répandus par toute la terre, ignoraient-ils ce qui se passait en Italie? MONTESQ. Esp. X, 6. Il parait par le témoignage des voyageurs que le genre des faucons est l'un des plus universellement répandus, bdff. Ois. t. ii, p. 38. Il 3° Qui se propage au loin. Des parfums répandus dans les airs. Je vois tout son éclat [de Sion] disparaître à mes yeux. — Je vois de toutes parts sa clarté répandue, rac Alh. m, 8. || Mg. Représentez-vous cet esprit qui, répandu par tout son extérieur, en rendait les grâces si vives, boss. Duch. d'Orl. Il 4° Admis, commun. Une opinion très-répandue. L'esprit charitable de souhaiter plaies et bosses à tout le monde est extrêmement répandu, sÉv. !»déc. «879. Il n'est pas d'erreur plus répandue dans le monde que celle qui nous fait regarder le rang et la naissance comme des titres qui adoucissent à notre égard les obligations de l'Évangile, mass. Panégyr. St Louis. || 5° Qui se manifeste au dehors. La facile bonté, sur son front répandue, rac. Brit. v, 3. Il 8° Départi, distribué. On croit qu'il y a cent mille écus répandus pour faciliter toutes choses [par Penautier, impliqué dans l'affaire de la BrinviUiers], sÉv. a» juill. «676. || 7° Ébruité. Il [un courrier de Colbert] donna ses lettres, de sorte que les nouvelles étaient répandues, et le roi n'avait point ses lettres ; jugez de son impatience, siîv. 6 déc. «679. Quand les choses les plus répandues se tournent en mystère, m. 6 nov. ««80. ||8' Fig. Qui voit du monde, qui va souvent dans la société. Des gens sévères, mais en même temps répandu» dans le monde, BOVRVAL.Exhort. sur la flagellai, de J. C. t. II, p. «o«. Il n'y a que les gens peu répandus qui sachent aimer, volt. Lett. Mme du Deffant, e juill. «772. Malheureusement pour la province, Montaran avait un frère capitaine aux gardes, gros joueur et fort répandu, duclos, Œuv. t. V, p. 408. Grimm, Diderot, d'Holbach, au centre du tourbillon, vivaient répandus dans le plus grand momie, j. j. rouss. Confess. x. Corneille plus répandu aurait été plus loué, mais n'eût jamais fait Polyeucte, d'alemb. Ess. sur la soc. des g. de lett. Œuv. t. m , p. 83, dans pougens. Comme il sait que je suis répandu dans Paris, picard. Entrée dans le monde, ii, 8,

RBP

RÊP

RÊP

t REPAPILLOTER (re-pa-pi-Ilo-té, II mouillées), e. a. Papilloter de nouveau; remettre des papillotes. Ij Fig. et familièrement. Remettre, réparer, raccommoder.

— ÊTYM. Be..., et papillote.

t REPAQCETAGE (re-pa-ke-ta-j"), ». m. Terme de commerce. Action d'empaqueter de nouveau; résultat de cette action. Hareng : (•.... a° salé; arrivant de la mer et vendu pour le repaquetage, poids net; se vend aux )00 kilog.... la futaille restante l'acheteur. Tableau annexé à la loi du ta juin (866, sur les usages commerciaux.

— Etym. fie..., et paquet.

RÉPARABLE (ré-pa-ra-bl') , adj. Oui peut être réparé. Comme elle voit ma perte aisément réparable, CORN. Sophon. m, *. Les pertes des pauvres sont moins réparables que celles du riche, J. J. Rouss. Écon. s. Si vous voulez faire des sottises, faites-en qui soient réparables ; mais, pour le mariage, il ne faut jamais consulter que les convenances, STAËL, Corinne, m, 3.

— HIST. XVI* s. Ils n'avoyent encouru inconvénient qui ne fust réparable en quelque sorte, beau- GDÉ, Guerre d'Escosse, i, tt. Il avait affaire à un accident réparable, mont, iv, 24 (.

— ÉTYM. Provenç. et espagn. réparable ; du lat. reparabilis, de reparare, réparer.

t RÉPARAGE (ré-pa-ra-j'), s. m. Terme de beaux-arts. Action de réparer, de déguiser les défauts d'un ouvrage qui sort du moule. || Action de réparer ou d'achever un ouvrage ébauché. || Action de donner avec les forces une deuxième coupe au drap. Il Façon que les cardeurs donnent aux étoffes avec le chardon.

— ÉTYM. Réparer.

REPARAÎTRE ( re-pa-rô-tr" ) , v. n. Il se conjugue comme paraître. Paraître de nouveau ; se montrer, se présenter de nouveau. La comète qui avait disparu commence à reparaître. Quoil vous dites que les temps du jacobin Jacques Clément ne reparaîtront plus? je l'avais cru comme vous; mais nous avons vu depuis les Malagrida et les Damiens, volt. Mœurs, Rem. xv. Les mêmes folies semblent être destinées à reparaître de temps en temps sur la scène du monde, m. Mœurs, 3i. Ëpicure avait trentesept ans lorsqu'il reparut dans Athènes, dideb. Op. des anc. phil. Êpicurisme. Lord Clarendon sortit de ma chambre sans que je susse qu'il y fût entré, et il ne reparut plus, gknlis, Vœux témér. t. i, p. 209, dans pougens. Catalina : Le fils du seigneur Alcade, qui n'a pas reparu. — Juan : Qui n'a pas reparu! PICARD, Aie. de Molor. m, 48. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— HIST. XIII* S. Et au cheval reparoit auques [il paraissait un peu] que ilavoitesté espouronnés par besoing, h. de valenc. iv.

— ÉTYM. Jle..., et paraître.

RÉPARATEUR, TRICE (ré-pa-ra-teur, tri-s"),

$. m. et {. Celui, celle qui répare. Puissant réparateur des misères humaines, corn. Imit. iv, 4. Que la nature est corrompue.... qu'il y a un réparateur, pasc. Fens. xxii, (, édit. havet. C'est sur quoi toute l'Eglise s'est fondée pour la qualifier [Marie] de médiatrice et de réparatrice des hommes, bourdal. Dévot, à la Vierge, Myst. t. ii, p. 360 Un insecte inutile [l'araignée], D'un vain réseau réparateur futile, BERNis, ÉpUre I", Goût. || Familièrement et ironiquement. Réparateur de torts, celui qui se mêle de venger des injures ou de corriger des abus qui ne le regardent point. || Adj. Un gouvernement réparateur. Je ne pense pas que les germes réparateurs [en cas d'ablation de parties] soient logés dans les parties osseuses ou qui doivent le devenir; il me paraît plus naturel de penser qu'ils sont logés dans les parties molles, bonnet, 2* tném. reprod. salant.

— HIST. XVI" s. Ce [réparation à un homme qu'on avait outragé] se faisoit selon la rigueur de justice, et ce réparateur à jamais encouroit infamie, boni- VARB, Ane. et nouv. police de Genève, p. 98.

— ÉTYM. Provenç. et espagn. reparador; ital. riparatore; du lat. reparalorem, de reparare, réparer. On trouve au xv* siècle repareur. Le pays de Jeunes estoit moult malade, et grand disele avoit de sage repareur, Bouciq. n, 6.

RÉPARATION (ré-pa-ra-sion ; en vers, de cinq syllabes), ». f. \\ !• Ouvrage qu'on fait ou qu'il faut faire pour réparer. La réparation d'un pont, d'une voiture. || 2° Particulièrement. Travaux d'entretien que l'on fait aux maisons. Que les prêtres, chacun à son rang, prennent cet argent, et qu'ils en fassent les réparations de la maison du Seigneur, saci. Bible, Roi», IV, XII, 6. Les réparations que je demande

qu'on fasse à la tour de Setigné, sëv. 7». || Grosses réparations, celles qui se font tiux murs, aux planchers, aux toits, etc. Les grosses .'éparations sont celles des gros murs et des voûtes, le rétablissement des poutres et des couvertures entières. Code Nap. art. 608. || Menues réparations, ou réparations locatives, celles qui regardent les locataires, comme l'entretien des vitres, des serrures, du carrelage, etc. Aucune des réparations réputées locatives n'est à la charge des locataires, quand elles ne sont occasionnées que par vétusté ou force majeure, Code Nap. art. (7B5. || 8° Fig. Satisfaction pour une offense, pour un tort. Je vous supplie, mademoiselle, de déclarer premièrement cette entreprise [être berné] un attentat que vous désavouez ; et, pour réparation de mon honneur et de mes forces, d'ordonner qu'un grand pavillon de gaze me sera dressé dans la chambre bleue de l'hôtel de Kambouillet.... voit. Lelt. 9. Ce sentiment si subtil et si délicat des injures qu'on a reçues n'est pas une chose bien commode quand il s'agit de la réparation qu'on en veut avoir, balz. De la cour. 6' dise. Vous connaissez la grandeur de l'offense que vous nous avez faite, et je vous fais juge vous-même des réparations qu'elle demande, MOL. Festin, m, 6. Avouez-le donc, imposteurs, et faites-lui une réparation publique de cette injure publique, pasc. Prov. xvi Pour qui

venez-vous? — Pour une brave dame. Monsieur, qui vous honore, et de toute son âme Voudrait que vous vinssiez à ma sommation Lui faire un petit mot de réparation, rac. Plaid, ii, t. J'avoue, disaitil, que les Manduriens ont sujet de se plaindre et de demander quelque réparation des torts qu'ils ont soufferts, fén. Tél. xi. Il vaut mieux dissimuler l'outrage que d'en tirer réparation, fonten. Jugem. de Pluton. Je vois qu'il est beaucoup plus aisé de rouer un innocent que de lui faire réparation, volt. Lelt. Damilaville, (3 juin (764. Cette lettre f.le Boileau] était à peu prés une nouvelle critique .'e Perrault, tant la réparation avait la tournure équivoque, d'aleub. Eloges, Ch. Perrault. Une prompte réparation bien franche et bien claire efface tout, GENLis, Thédt. d'édue. le Bal d'enfants, i, 4. Il Familièrement. Faire réparation d'honneur, ou, simplement, faire réparation à quelqu'un, cesser de lui imputer ce qu'on lui imputait, avouer qu'on a blSmé à tort. Je vous fais une réparation : je croyais que vous n'eussiez point fait réponse au cardinal, sév. 30 mars )672. Docteur, me dit-elle, toute transportée, je vous fais réparation d'honneur, LESAGE, Est. Gonz. 39. || Fig. Faire réparation à l'esprit de quelqu'un, reconnaître qu'il a ou qu'il a eu plus d'esprit qu'on ne pensait. Il me paraît que vous faites une réparation à l'esprit de M. de Chaulnes.... ainsi le voilà rétabli dans votre estime, sév. 2 nov. <68». Il 4» Terme de théologie. Pénitence. De toutes les marques à quoi l'on peut reconnaître les vrais pénitents, la plus infaillible, c'est sans contredit cette généreuse réparation des effets et des suites du péché, BOURDAL. Pénit. 2» oeent, p. 488. La mollesse dans laquelle vous avez toujours vécu ....qui vous engage à des réparations particulières d'austétérité et de souffrance, mass. Carême, Jeûne. Il 6° Terme de jurisprudence. Réparations civiles, somme adjugée par un tribunal à la partie civile pour la dédommager du tort qui lui a été causé par un délit ou par un crime. || Dommages-intérêts accordés à un accusé contre la personne qui l'a injustement dénoncé.

— HIST. XIV' s. Que les confiscations deussent estre appliquées et converties es reparacions de la noble maison de St-Oyn, Bibl. des ch. t' série, t. m, p. 426. La reparacion et regeneracion du puepie, ORESME, Thèse de meunier. Les ouvriers faisant besongnes aux reparacions de l'hostel, delisle, Agricult. normande, p. 83. || xvr s. Commissaires et controUeurs des guerres, d'artillerie, des réparations, CAHL. VI, 7. Douairière doit entretenir les lieux de toutes réparations viagères qu'on dit d'entretenement, loysel, 4 5ï. Le locataire peut user de rétention de ses louages pour réparations nécessaires, iD. 480. Le père n'en peut avoir réparation ni vengeance en Lacedaemone, amyot, P^Zop. 37. Leur repentance, consistant en visible et maniable réparation, MONT. I, 397.

— ÉTYM. Prov. et espagn. reparacion ; ital. rt'paraxione; du lat. reparationem, de reparare, réparer.

t RÉPARATOIRE (ré-pa-ra-toi-r'), adj. Propre à réparer; qui a -apport aux réparations. On emploie ce mot journeliement en Bretagne où il y a encore des domaines congéables, c'est-à-dire dont le propriétaire vend la jouissance pour un temps li-

mité (ordinairement neuf ans), après lequel il peut, moyennant remboursement, à dire d'experts, des édifices et droits réparatoires, devenir propriétaire de la totalité, legoarant.

— HIST. zvi* s. Les domaniers ont les droits convenanciers et réparatoires, ainsi nommez parce qu'ils sont maistres des édifices et superficies de leur ^enue, et qu'ils sont en possession de disposer desdits droits réparatoires comme de leur héritage, Nouv. toust. gén. t. iv, p. 40».

— ÉTVM. Réparer; prov. reparaJort.

t RÉPARE (ré-pa-r'), ». f. Répare d'un fossé, espace libre, marge hissée au delà d'un fossé, du côté du voisin, pour prévenir l'éboulement des terres.

RÉPARÉ, ÉE (ré-pa-ré, rée), part, passé de réparer. Il l" Oui a été remis en bon état. Une maison réparée. || Fig. Étrange agitation d'un homme qui s'attendait à voir l'Eglise réparée, et qui la voit prête à tomber par les moyens qu'on avait pris pour la rétablir, boss. Kariot. ii, 4<. Par ce sage écrivain [Malherbe] la langue réparée N'offrit plus rien de rude à l'oreille épurée, boil. Art p. i. 11 est étonnant.... que notre langue, à peine corrompue, se soit vue réparée, la bboy. i. Tu verras ma victoire étendre ton empire. Le monde réparé, tes ennemis en deuil, L'enfer lâchant sa proie, et la mort au cercueil, delil. Farad. perdu,ni. \\ 2° Dont on s'est dédommagé. Les pertes de l'État sont réparées; le cardinal fait la paix avec avantage, boss. le Tellier. \\ 3° Pour quoi satisfaction a été donnée. Une courte erreur, réparée par de longs services, boss. le Tellier. Des fautes si sincèrement reconnues, et, dans la suite, si glorieusement réparées par de fidèles services, id. iout» de Bourbon.

t RÉPARÉE (ré-pa-rée), ». f. Poirée.

RÉPARER (ré-pa-ré), v. a. || 1° Remettre en bon état, refaire, raccommoder. Réparer un mur, un chemin, un fossé, un canal. Réparer des armes. Cette redoutable infanterie de l'armée d'Espagne, dont les gros bataillons serrés seniblables à autant de tour.i, mais à des tours qui sauraient réparer leursbrèches....B0ss. Louis de Bourbon. Tout siège de grande ville exige des frais immenses; et, quand il faut réparer chez soi un village ruiné, on le néglige, VOLT. Louis XIV, 20. Il Absolument. Conserver et réparer est presque aussi beau que faire, volt. Dict. phil. Médecins. Il est plus aisé ie détruire que de réparer, raïnal, Hist. phil. i, i\. Il l' Adoucir les traits de la lime rude, ou effacer les coups de marteau qui sont restés après le planage. || Réparer une étoffe de laine, y faire revenir le poil par le moyen du chardon. || Terme de doreur sur bois. Réparer un cadre, des moulures, les grat« ter pour leur rendre les formes que les couches de blanc ont altérées ou masquées. || Terme de beauxarts. Réparer une figure qui a été jetée en moule, ôter les défauts qui y sont survenus par le jet, y mettre la dernière main. || Terme de numismatique. Faire reparaître les mots et les figures d'une médaille fruste. || 3* Réparer le sang de quelqu'un, continuer sa race. Je veux qu'un petit-fils puisse y tenir ton rang. Soutenir ma vieillesse et réparer mon sang, corn, le Ment, n, b. || Régénérer. L'amour du Père par lequel il a voulu réparer les hommes, boss. 2' serm. Nativ. *.;| 4* Fig. Rétablir. Le ciel même peut-il réparer les ruines De cet arbre séché jusque dans ses racines? rac. Athal. i, 4. Je vais avec Brutus, en ces murs désolés. Bappeler la justice et nos dieux exilés.... Et de la liberté réparer les ruines, volt. M. de Ces. m, 7. Il Réparer ses affaires, rétablir sa fortune. || Remédier à. Le lait, qui est l'unique remède, ne peut pas réparer tant de sécheresse, sév. 23 mars «672. Il Réparer ses forces, les rétablir. Réparez piomptement votre force abattue, rac. Phèd. i, 3. || Réparer son honneur, effacer, parquelque bonne action, la honte d'une mauvaise action précédente. Que si les rois de l'Inde et de l'Egypte étaient assez prudents pour ne se pas compromettre avec des lions, il fie roi de Scythie] était assez courageux pour ne pas dédaigner ce combat, et qu'il réparerait l'honneur du diadème , volt. Frinc. de Babyl. 1. 1| Réparer l'honneur, la réputation de quelqu'un, donner satisfaction à quelqu'un dont on a offensé l'honneur ; et aussi le venger. || B" Effacer, faire disparaître. Mon père cependant répare sa défaite, corn. Sophon. I, 4. L'argent répare toute chose, la font. Scamandre. En déplorant vainement les fautes qui ont ruiné nos affaires, une meilleure réflexion nous apprend à déplorer celles qui ont perdu notre éternité, avec cette singulière consolation qu'on les répare quand on les pleure, BOSS. Reine dAnglet. Mon disciple, mon fils, viens réparer ma honte, boil.

RÊP

Chapelain décoiffé, se. S. Ce n'est point à vous à réparer ni ses malheurs, ni ses sottises, maintenon, Utt. à Mme d'Aubigné, 20 oct. 1881. Même elle avait encor cet éclat emprunté Dont elle eut soin de peindre et d'orner son visage Pour réparer des ans l'irréparable outrage, bac. Alhal. ii, 5. Souffrez que de vos pleurs je répare l'outrage, id. Bérin. iv, 2. Que ne puis-je aussi bien, par d'utiles secours, Réparer promptement mes injustes discours! m. Iph. m, «. C'est ainsi que notre pécheresse répara l'injuste usage qu'elle avait fait de son cœur, m*ss. Carême, Pécheresse. Si j'avais fait une faute à cent ans, je voudrais la réparer à cent et un, volt. Lelt. Hiibouville, S6 nov. <777. L'empereur traita généreusement le pape [Clément VII prisonnier], pour réparer aux yeux des catholiques,-dont il avait besoin, le scandale de Rome saccagée, id. Ann. Emp. Charles -Quint, 4 62». Le désir de plaire qu'inspire quelquefois le besoin de réparer des torts, 8TA8L, Corinne, xx, «. || On dit dans un sens analogue : réparer un oubli. || Réparer une offense, une injure, donner des satisfactions proportionnées à cette offense, à cette injure. Ah I seigneur, est-il rien qui répare l'injure Que fait à l'innocence un moment d'imposture? cobn. Nicom. iv, <. Il est vrai qu'un écrivain satirique, après avoir outragé des hommes célèbres, croit réparer ses insultes par les éloges qu'il leur donne après leur mort, d'alemb. Jfc'J. litt. (Euv. t. m, p. 276, dans pougens. |1 Réparer le passé, faire oublier par des actions meilleures les actions passées. Les désirs continuels de plaire au roi et de réparer le passé, sév. à Bussy, 25 avr. 1687. Il 6° Compenser. Kst-il quelque défaut que les biens ne réparent? corn. Mél. iv, (. Si quatre mille écus de rente bien venants, Une grande tendresse et des soins complaisants, Peuvent, à son avis, pour un tel mariage, Réparer entre nous l'inégalité d'âge. Elle peut m'épouser ; sinon, choisir ailleurs, mol. Ée. des mar. i, 2. Je veux jusqu'au tri^s incessamment pleurer Ce que tout l'univers ne peut me réparer, id. Psyché, ii, i . C'est une peine incroyable pour moi de ne pouvoir causer avec vous; c'est m'ôter une satisfaction que rien ne peut réparer, sÉv. 8 avr. 1676. Son bien répare assez le manque de noblesse, th. corn, la Comt. d'Org. IV, 8. J'approuvais tout [d'un festin] pourtant de la mine et du geste, Pensant qu'au moins le vin dûtréparer le reste, boil. Sot. m. L'Europe a vu avec surprise celte femme [Catherine 1"], qui ne sut jamais ni lire ni écrire, réparer son éducation et ses faiblesses par son courage, et remplir avec gloire le trône d'un législateur, volt. Charles XII, 6. La politique, qui lie toutes les puissances de l'Europe par des négociations continuelles, et qui, réparant la faiblesse des unes ou tempérant la force des autres, les tient toutes, malgré leur ambition, dans un équilibre qui fait leur sûreté, condil. Étud. hist. m, 2. Il Réparer de, avec un infinitif, faire en compensation de. Vous trouverez mon fils à Marseille au devant de vous; il doit bien cette civilité à noire gouverneur [M. de Chaulnes], pour réparer de n'avoir pas été jusqu'à Rome, sKv. à Coulanges, i* août 4691. Il Réparer le temps perdu, réparer la perte du temps, profiter mieux du temps qu'on n'a fait par le passé. || Réparer un dommage, dédommager d'une perte. Condamnez le criminel à vivre pour être utile; qu'il travaille continuellement pour son pays, parce qu'il a nui à son pays; il faut réparer le dommage; la mort ne répare rien, volt. Pol. et lég. Prixjust. et human. 3. \\ Réparer une perte, s'en dédommager. Philisbourg qui tint si longtemps le Rhin captif sous nos lois, et dont le plus grand des rois a si glorieusement réparé la perte, boss. Louis de Bourbon. X l'âge où je suis on ne répare plus les perles que mon cœur a faites, J. 1. Rouss. Hél. VI, 3. Il 7° Dans le langage de la chevalerie, réparer les torts, rétablir dans leurs droits ceux qui en avaient été dépouillés. || 8° Se réparer, ti. réfl. Être réparé. Pourvu que les ruines de votre tête se puissent réparer, et que sa beauté revienne avec les roses.... balz. liv. m, lett. U. Les ruines d'une maison Se peuvent réparer; que n'est cet avantage Pour les ruines du visage I la font. Fabl. vu, B. Il 9° Être effacé. Les affronts à l'honneur ne se réparent point, corn. Cid, ii, 3. La médisance ne se répare point par la prière, ni l'injustice par l'aumône, bourdal. J'énitence, 2' avent, p. 48s. Il 10° Être remplacé. La mort de ces hommes uniques et qui ne se réparent pas, la brut. ix. Il 11» Être reproduit. Je m'attends bien que, s'il disparaît des étoiles anciennes, il en paraît de nouvelles; il faut que l'espèce se répare, ponten. Jfond. 6' soir. Platon reut même que l'on règle le

REP

nombre des mariages, de manière que le peuple se répare sans que la république soit surchargée, uon- TESQ. Esp. xxiii, 4 7. Ce Dieu charmant enseigne au monde Le secret de se réparer, behnis, Quatre sais. Pnnt. Tout s'altère et tout se répare dans l'univers, VOLT. Phil. Newt. m, ». Ainsi l'eau, l'air, le feu, la terre se répondent. L'océan se répare, et nos champs se fécondent, delille. Trois règ. m. Il 12* Être régénéré spirituellement. C'est une maxime établie que le bien nous coûteplusque lemal, et que c'est un ouvrage plus laborieux de se réparer que de se perdre, boss. Sermons, vérit. convers. 2,

— HIST. xii* s. Endementiers que [pendant que] il reparoient le temple, Machab. i, *. || xiv* s. En cure de toutes plaies dont les os sont plaies, que jamais la char ne soit consoudée par mire, se l'os n'est plainement reparé avant, lanfranc, f° 4 0, verso. Il XV* s. Ce fut en may que prez sont verds et coulourez de fleurs, bois revestus de fueilles et reparez de plusieurs manières d'oysillons, Perceforest, t. II, f° 4 46. Elle avoit le viaire [visage] qui estoit blanc à merveilles, reparé de fin vermeil, ib. t. v, f° 44. Et mesmement ledit dauphin fut un peu blessé; mais ses gens le tirèrent hastivement hors du péril, et le menèrent en autre lieu sur, où en bref temps il fut reparé et mis en bonne santé, MONSTREL. II, 2. || XVI* S. Il leur faisoit reparer et amender leurs faultes par actes de prouesse, amïot, Sylla, 4 3. Voyans que les femmes mesmes se mooquoienl d'eulx, et voulans reparer la honte qu'ilz avoient receue, id. Dion, 60. Pompeius comme voulant reparer à l'envie que l'on en eust peu concevoir contre Caesar, pour l'amitié qu'il luy portoit, ID. Pomp. 81.

— ÉTYM. Provenç. et espagn. reparar; ital. rtparare; du lat. reparar e, de re, et parare, disposer. Voy. PAREH.

RÉPARITION (ré-pa-ri-sion), t. f. Terme d'astronomie. Voy. RÉAPPARITION.

REPARLER (re-par-lé), v. n. |i| l" Parler de nouveau. Il vint à reparler dessus le bruit qui court, RÉGNIER, Sot. VIII. Enfin, ma fille, je me trouve poussée à vous reparler.... de tout ce que vous m'avez conté, sév. B84. Il est resté à M. de Pompone une idée si parfaite et si avantageuse de Mlle de Sévigné, qu'il ne peut s'empêcher d'en reparler quasi toutes les fois que je le vois,iD. 42 janv. 4674. Diderot m'avait promis, de la part des libraires, une rétribution dont il ne m'a jamais reparlé, ni moi à lui, j. j. rouss. Confess. vu. || Il se conjugue avec l'auxiliaire ofotr. || i° Se reparler, renouer amitié. Ils se reparlent. Ils se sont reparlé. |l 3° Activement. Reparler une langue, la parler de nouveau.

— HlST. XII* s. David reparlad al bachelier ki la nuvele portad, si enquist dunt il fust. Rois, p. 4 24. De la dame lairons atant, Si reparlerons de l'enfant, Que, en la nuit que il fu nés, Fu el batel en mer gelés, Grégoire le Grand, p. 33. || im* s. Et après, dedens le premier an, ou dedens les deus premiers ans, entre Pierre et Jelians, reparlèrent du marcié du treffons de l'iretage, beaum. xli, B2.

t REPABON (re-pa-ron), t. m. Seconde qualité du lin qui a passé au séran. Dispensons des marques prescrites.... les toiles fabriquées en chaîne et en trame avec du fil d'étoupe , du gros ou reparon de lin et de chanvre qui n'auront point été lessivés, Lettres patentes, 28 juin 478o, an. 47.

— ÉTYM. Bas-lat. reparum, toile grossière.

t REPART (re- par), s. m. Synonyme, peu usité aujourd'hui, de repartie. Il a le repart brusque et l'accueil loup-garou, mol. Éc. des mar. 1, e.

— HlST. XVI* s. Ny plus ny moins que la bon veneur recognoist aux voyes la grandeur du cerf, aussi à l'essay et repart de vos paroles et de vos effects l'on recognoistra à quoy vous tenez, pas- QUIER, Lett. t. iir, p. B88.

— ÉTYM. Voy. REPARTIR 4.

t REPARTAGER (re-par-ta-jé), v. a. Il se conjugue comme partager. Faire un nouveau partage.

— HIST. ivi* s. Il promeit secretlement aux pauvres de faire de rechef repartager les terres, auyot, Solon, 21.

t RÊPARTEMENT (ré-par-te-man), ». m. Dans le langage administratif, répartement des contributions, indication des contributions que chacun a à payer.

— HIST. XVI* s. Répartement de debtes, cotoravb.

— ÉTYM. Répartir.

4. REPARTI, lE (re-par-a, lie), part, passé de repartir 4. Dit en réplique. Des impertinences reparties au lieu de raisons.

Page 1