‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 49 sur 754 · REPARTI, IB (re-par-ti, tie), part, patié de · texte numérisé non relu

REPARTI, IB (re-par-ti, tie), part, patié de

REP

repartir a. Qui est parti de nouveau. Arrivé et aus*

sitôt reparti.

RÉPARTI, re(ré-par-tl, tie), par», passé de répartir. Distribué entre plusieurs. Une somme répartie entre les indigents de la commune. Ces cultures, ces habitants sont répartis sur quarante-six paroisses, raynal, Hitt. phil. xiii, 4«.

REPARTIE (repar-tie), ». f. Réplique, réponse. Tout ce que vous alléguez ici, ne me semble pai tant des objections que quelques murmures qui n'ont pas besoin de repartie, dksc. R('p. aux S". o6;'ect. 44. Mais l'offensante aigreur de chaque repartie Dont vous..., MOL. Femmes sav. iv, S. Celui qui est d'une éminence au-dessus des autres, qui le met i couvert de la repartie, ne doit jamais faire une raillerie piquante, la brut. v. Piltacus avait les reparties promptes et vives, pén. Pittacus. De repartie en repartie Chacun se quitte en s'outrageant, LAHOTTE, Fabl. m, 47. Ces reparties heureuses qui marquent également le coup d'oeil vif de l'esprit et l'élévation du cœur, «airan. Éloges, Card. de Pclignae. Un Achéen nommé Arcadion, homme d'esprit et prompt à la repartie, barthèl. Anach. ch. 84. Des reparties aussi promptes que l'éclair laissent après elles tantôt une lumière vive, tantôt la haute opinion qu'ils [les Spartiates] ont d'euxmêmes et de leur patrie, id. ib. ch. 48. La crainte d'une repartie spirituelle et piquante est, dans le monde, le frein le plus sûr de l'impertinence et de la méchanceté, genlis, Mlle de la Fayette, p. 4 40, dans POUGENS. On parlait de généalogie devant M. de Câlinât : «Pour moi, dit-il en souriant, je descends de Catilina. » De Calon, monseigneur, lui répondit quelqu'un ; l'heureuse repartie 1 marmontel, Œnv. t. V, p. 444. Il N'avoir de repartie à.... sinon que.... n'avoir rien i répondre ....si ce n'est que. X de telles raisons je n'ai de repartie. Sinon quec'est à moi de rompre la partie, corn, la Suiv. v, 4. Il Sans repartie, sans qu'il soit possible de répondre, sans conteste. Sans repartie, La femme est toujours femme, et jamais ne sera Que femme, tant qu'entier le monde durera, mol. leDép. iv, 2. Pompone les avait souvent mis [Louvois et Colbert] sans reparties, lorsqu'ils avaient hasardé de le contredire, ST-siM. 74, 484. Il On dit dans le même sens : qui ne souffre pas de repartie. Ce ministre [M. Basnage] croit tout sauver en dissimulant ce qui ne souffre point de repartie, boss. Déf. var. I" dise. 48.

— HIST. xm* s. Celui qui siens est tous, Ki pas n'enquiert départie De sa douce repartie. De sa douce compaignie, Mss. de poésie franc, av. 4300, t. III, p. 4 080, dans lacubne. || xvi* s. Après plusieurs reparties très aigres, il se leva de table, outré de dépit et de colère, d'aob. Yie, xlvi.

— ÉTYM. Beparttr 4.

4. REPARTIR (re-par-tir; on dit souvent et à tort répartir et répartie), v. a. Il se conjugue aux temps simples comme partir 2. || 1* Répliquer, répondre promptement. Il repartit de mauvaises raisons. || 2* V. n. Même sens. Le mari repart, sans songer : Tu ne leur portes point à boire? la font. Fabl. ni, 7. Soudain il me refait une autre révé> rcnce; Moi, j'en refais do même une autre en diligence ; Et lui d'une troisième aussitôt reparlant, D'une troisième aussi j'y repars à l'instant, mol. Éc. des femmes, 11, 6. Vous me traitez comme un imposteur insigne, et ainsi vous me forcez à repartir, PASC. Prov. xil. Mêlez-vous de boire, je vous prie, A l'auteur sur lo champ aigrement reparti, BOIL. Sat. III. Elle dit qu'elle en est bien aise, je lui repars, elle me repart ; je la loue, elle me le rend, mariv. Pays. porc. part. 3. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— HIST. XVI* S. A la charge qu'on me fait, si je n'ay de quoy repartir brusquement sur le champ....

mont. IV, B8.

— ÉTYM. Le même que reporttr 2, la repartit étant comme une saillie qui report.

2. REPARTIR (re-par-tir), v.n. Il se conjugue comme partir 2. Partir de nouveau, retourner. Vous dites tout sur l'espérance, et je suis si fort de votre avis, que je ne sais si je dois aller en Provence, tant j'ai de crainte d'en repartir, sév. 4 23. Là cesse > l'entretien ; ils reparlent tous deux, Adam pour son berceau, Raphaël pour les cieux, delille, Parad. perdu, vm. Il Terme de manège. Faire repartir un cheval, le laisser échapper de la main une seconde fois ou une troisième; le faire revenir sur sa piste. Il llseconjuguegénéralementavecftre; cependant on emploie quelquefois avoir pour indiquer l'action d'une manière précise : Il a reparti ce matin i six heures.

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— HIST. xin* s. [Ils] Guidèrent qu'à 1 ostel [elle] fusl arrier repartie, Berte cix.

— ÊTYM. Re..., et partir 2.

RÉPARTIR (ré-par-tir), je répartis, tu répartis, il répartit, nous répartissons, vous répartissez, ils répartissent; je répartissais; je répartis; je répartirai ; je répartirais ; répartis, répartissez ; que je répartisse ; qu'il répartisse; que je répartisse, qu'il répartît; répartissant ; réparti, v. a. Partager, distribuer. Répartir une somme. Répartir les cimtributions. Un chameau mourut ; on répartit sa charge sur le dos de chacun des serviteurs, volt. Zadig, *o. On va répartir aux indigents qui travaillent et surtout aux pauvres officiers, les biens immenses de certains oisifs qui ont fait vœu de pauvreté, iD. Voyage de la raison. Quand tout est dans l'ordre, tous les travaux sont utiles; il est vrai qu'ils répartissent inégalement les richesses, mais c'est avec justice, puisqu'ils supposent des talents plus ou moins rares, condil. Comm. gouv. i, 40. || Se répartir, V. réfl. Être réparti. Afin qu'un pays agricole soit aussi riche qu'il peut l'être..., il faut que les dilTérentes occupations se répartissent entre les citoyens, et que, dans chaque profession, le nombre des travailleurs se proportionne au besoin qu'on en a, CONDIL. Comm. gouv. i, 2».

— HIST. xiu' s. Quant Diex nasqui en terre sous humaine figure, Et li homs reparti [eut part] à devine nature, Disp. du juif et du chrétien, Its. de St-Germ. f" 408, dans lacubne. || xvi* s. 11 seroit malaisé que chascun peust représenter les choses mesmes qu'il auroit eues en sa part du butin, pour les repartir de nouveau, auyot, Cam. 4 5.

— ÊTYM. Re..., et partir 4.

t RÉPARTISSABLE (ré-par-li-sa-bl'), adj. Qui peut être réparti. Le million offert par la banque de Savoie [à la banque de France] ne serait pas répar- ^ssable, J. den Débals, s oct. i863.

RÉPAKTITECK (ré-par-ti-teur), s. m. Celui qui

fait une répartition Si les répartiteurs Avaient

eu quelque connaissance Des us du Pinde et de nos mœurs. Ils auraient su que les rimeurs Ne sont gens à grosse chêvance, Boulogne, Mercure de juillet, 4 749, dans BicHELET. || Adj. Commissaires répartiteurs, commissaires chargés de répartir les contributions entre les différents imposés.

— ÊTYM. Répartir.

RÉPARTITION (ré-par-ti-sion), «. f. Partage, distribution. Il est vrai qu'on [Colbert et Louis XIV] aurait pu mettre, à quelques égards, plus de discernement et de lumières dans cette répartition de grâces, et ne pas confondre avec les talents éminents plusieurs talents médiocres, d'alemb. El. Ch. Perrault. C'était à lui que la Bretagne était redevable de la sage administration établie depuis quarante ans, pour la répartition et la perception des impôts, id. Éloges, Vauréal. Les arts multiplient les moyans de fortune, et concourent, par une plus grande distribution de richesses, à une meilleure répartition de la propriété, baynal, Hist. jViii. xix, 8. Ces contrariétés n'empêchèrent pas qu'on ne fit aux intéressés des répartitions considérables, id. tb. vu, 44. |1 Terme de blason. Division de l'écu en plusieurs parties.

— ÉTYM. Répartir. On trouve au xvi* siècle reparlissement.

tREPARTON (re-par-ton), *. m. Bloc d'ardoise divisé suivant les dimensions convenables.

REPAS (re-pâ; \'s peut se lier : un re-pâ-z excellent), s. m. Il 1° Nourriture que l'on prend à des heures réglées (déjeuner, dîner, souper). Nos repas ne sont point repas à la légère ; jamais je n'ai vu une meilleure chère, ni une plus agréable maison, sÉv. B6. Evrard a beau gémir du repas déserté; Lui-même est au barreau par le nombre emporté, BoiL. Lutr. v. Une table, au retour, propre et non magnifique, Nous présente un repas agréable et rustique, m. Ép. vi. Parmi le peuple [d'Athènes] ainsi qu'à l'armée, on fait deux repas par jour ; mais les gens d'un certain ordre se contentent d'un seul, qu'ils placent les uns à midi, la plupart avant le coucher du soleil, barthël. Anach. ch. 20. )| Faire ses quatre repas, déjeuner, dîner, goûter et souper. Je dirai mon bréviaire tout comme un autre, et ferai fort bien mes quatre repas par jour, le- SAGE, Est. Conx. 28. Il [le roi d'Yvetot] faisait ses quatre repas Dans son palais de chaume, bërang. Yvetot. Il Kepas de bernardins, excellent repas. Il le mit si bien en œuvre que nos dîners et nos soupers devinrent des repas de bernardins, lesage, Gil Blas, x, 7. Il Ne faire qu'un repas, dîner seulement. Ne faire qu'un repas dans toute la journée I Un malade, entre nous, se conduirait-il mieux? UOMAko, Diitrait, i, ». ]| Son repas est le dîner,

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c'est le seul qu'il fasse, ou c'est celui où il mange le plus. Il Le dîner, le souper est son meilleur repas, c'est celui où il mange le plus, qu'il fait avec le plus de plaisir. || Repas publics, repas en commun, se dit des repas que les citoyens de certaines républiques grecques prenaient ensemble. || Repas de charité, s'est dit quelquefois des agapes. || Repas de brebis, manger sans boire. || 2° Banquet, festin. La table où l'on servit le champêtre repas, Fut d'ais non façonnés & l'aide du compas, la font. Phil. et Raue. Comment! Dorante, voilà un repas tout à fait magnifique! mol. Bourg, gent. iv, 4. Aujourd'hui ils m'ont donné un si magnifique repas en maigre à cause des Rogations, que le moindre poisson paraissait la signora BaUna, eév. 42». Je vous assure que je suis bien lasse des grands repas, ID. 668. Il y a parler bien, parler aisément, parler juste, parler à propos; c'est pécher contre ce dernier genre que de s'étendre sur un repas magnifique que l'on vient de faire, devant des gens qui sont réduits à épargner leur pain, la bruy. y. || Repas prié, un repas qui se don ne à des personnes invitées.

— HIST. XV* s. Je n'ay repast que de foiblesse, Couchant sur paille de destresse. Suis je bien payé maintenant De mes jeunes jours cy devant? ch. d'orl. Rondeau. Ijxvi* s. Il commenceoit son repas par quelques douzeines de jambons, rab. Garg. i,a<. On commencement du repast, estoit leue quelque hystoire plaisante, id. ib. i, 23. Tu as tout seul ton boire et ton repas, marot, ni, (67. Ils [les hommes de l'Amérique] se lèvent avec le soleil, et mangent soubdain aprez s'estre levez, pour toute la journée ; car ils ne font aultre repas que celui-là, mont, i, 237.

— ÊTYM. Re..., elpast, ancien mot formé de poitus, action de paître (voy. paître).

REPASSAGE (re-pâ-sa-j'), s. m. || 1" Action de repasser, au sens actif, de faire traverser de nouveau. Il a payé au batelier tant pour le passage et tant pour le repassage. || 2° Action de repasser, d'aiguiser, d'affiler. Le repassage d'un couteau, d'un rasoir. || 8° Action de repasser le linge qui a été lavé. Une pièce à l'abri de l'humidité et destinée au repassage, genlis. Maison rust. t. ii, p. 4 es, dans pouGENS. Il Linge à repasser. Il y a aujourd'hui un fort repassage. ||4" Râtelage des allées d'un jardin. Il B* Cardage fait avec les repassettes.

— ÊTYM. Repasser.

t REPASSE (re-pâ-s'), *. /. || 1* Opération qui consiste à redistiller une eau-de-vie faible. Il 2° Grosse farine qui doit être séparée du son qu'elle contient. Obtenir automatiquement une série de passes et repasses successives.

— ÉTYM. Voy. REPASSER.

REPASSÉ, ÉE (re-pâ-sé, sée), part, passé de repasser. Il 1° Traversé de nouveau. Le détroit passé et repassé. || 2° Soumis au repassage. Des couteaux repassés. Du linge repassé. || Fig. et familièrement. Soumis à une vive censure. C'était en ces séances [des roués] où chacun était repassé, les ministres et les familiers comme les autres, st-sim. 436, 6i. Il 3° Ecriture repassée, celle sur laquelle on a remis de l'encre pour raviver les caractères et remplacer les parties effacées, et aussi celle sur laquelle on a repassé la plume pour donner plus de corpsaux pleins.

REPASSER (re-pâ-sé), v. n. || 1° Passer de nouveau. Creusez, fouillez, bêchez, ne laissez nulle place Où la main ne passe et repasse, la font. Fabl. V, 9. Tiens, l'homme passe ainsi ; puis la femme repasse [dans une danse], mol. Fdch. i, b. Je vois errer toutes leurs ombres ; elles se promènent, passent et repassent sans cesse les unes après les autres, sans troubler le profond repos qui règne dans ce lieu saint, lesage, Diable boit. 4 2. Comme ils [les brachmanes] croyaient que les âmes passaient et repassaient des corps humains dans ceux des bêtes, volt. Dict. phil. Viaride. Tous les esprits étaient encore remplis de l'ancienne fable de cet Aldobrandin, surnommé Petrus igneus, qui, dans le onzième siècle, avait passé et repassé sur des charbons ardents au milieu de deux bûchers, id. Moeurs, 4 08. Sans cesse autour de moi l'on passe, l'on repasse; C'est un mot, un coup d'oeil, et cela me délasse, collin d'harlev. Vieux eélib. ii, 2. Comme lui [le voyageur], de nos pieds secouons la poussière ; L'homme par ce chemin [la vie] ne repasse jamais ; Comme lui, respirons au bout de la carrière Ce calme avantcoureur de l'éternelle paix, lamart. if^dit. I, 6. || Fig. Au milieu de tant d'objets différents, qui, tour à tour et comme par des évolutions réglées, passent sans cesse et repassent, bolhdal. 3' dim. apr. Pdq. Dam. t. u, p. 4 4 4. Il Fig. Plus d'une erreur passe et repasse Entre les branches d'un compas, bérano. les Scienc. Il 2* Après être allé d'un lieu à une autre, revenir

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de celui-ci au premier. Elle ramasse quelques vaisseaux qu'elle charge d'officiers et de munitions, et repasse enfin en Angleterre, boss. Bet'ne d'Anglet. Ricomer était repassé en Occident, pour en ramener un secours plus considérable, FLtcH. Bist. i* Théodose, i, 68. Elle les avait engagés de venir dîner chez elle en repassant, mariv. Pays. parv. 6« part. Vous serez plus fêté, plus honoré que tous nos ambassadeurs; mais repassez par chez nous en revenant [de Bflrlin], volt. Lett. d^Alemb. i" mai 4 763. Ils [les tapirs] ont l'habitude de passer et repasser toujours par les mêmes lieux ; et il est à craindre de se trouver sur ces chemins dont ils ne se détournent jamais, bufp. Quadrup. t. x, p. 4. Xerxès, à la tête de la plus formidable des armées, y traversa ta mer sur un double pont qu'il avait fait construire ; il y repassa peu de temps après, dans unbateau de pêcheur, barthél. Anach. ch. 2. || Repasser se dit quelquefois pour revenir. Mille pardons; cesoir ou demain repassez; J'aime à croire qu'alors nouspourrons nous entendre, picard. Entrée dans le monde, II, 8. || Fig. Ce bien a repassé dans notre famille, après en être sorti il y a bien des années. || 8° Il se dit quelquefois pour pa3ser,avec l'idée d'un échange de place. Au lieu de faire passer les Espagnols dans les Indes, il faudrait faire repasser les Indiens et les métis en Espagne, montesq. Lett. pers. 424 . || 4» Fig. Aller d'un sentiment à un autre, d'une idée à une autre. Du courroux à l'amour si le retour est doux, On repasse aisément de l'amour au courroux, corn. Oth. IV, 7. Il 6° Fig. Revenir à l'esprit. Et tout ce qui repasse en mon entendement, Régnier, Élég. l. Je ne sais pas ce qui vous repasse dans la tête ; pour moi, je ne vois que votre amitié, que vos soins, sév. 20 sept. 4 679. Il 6* Revenir sur quelque chose par l'examen, en idée. Ma jalousie à tout propos Me promène sur ma disgrâce; Et plus mon esprit y repasse, Moins j'en puis débrouiller le funeste chaos, mol. Amph. m, 4 . Nous avons relu des pièces de Corneille, et repassé avec plaisir sur toutes nos vieilles admirations, sÉv. 66. Conservez bien vos sentiments, vos pensées, la droiture de votre esprit; repassez quelquefois sur tout cela, comme on sent de l'eau de la reine d'Hongrie quand on est dans le mauvais air, ID. 47 avr. 4689. Que j'auraisdechosesàvousdire.... si je voulais repasser sur tous les sujets de tristesse que vous avez eus de votre côté, et moi du mien! ID. à Pompone, 24 nov. 4695. Alors, quand les malheurs nous ouvrent les yeux, nous repassons avec amertume sur tous nos faux pas, boss. Reine d'Anglet. Marchez en simplicité : ne repassez plus sur vos confessions, iD. Lett. Corn. 4(7. La vie est un sommeil; les vieillards sont ceux dont le sommeil a été plus long : ils ne commencent à se réveiller que quand il faut mourir; s'ils repassent alors sur tout le cours de leurs années, ils ne trouvent souvent ni vertus, ni actions louables qui les distinguent le» unes des autres, la bruy. ii. En repassant sur les divers rôles que vous avez remplis sur la terre, mass. Avent, Jugem. || Relire. U a fallu repassersur ces endroits [de votre lettre], sév. 4B août 4685. || Repasser, V. n. se conjugue avec l'auxiliaire avoir, quand on veut marquer l'action : Il a repassé parle même chemin ; avec être, quand on veut marquer l'état : Il est repassé depuis longtemps. || 7* V. a. Traverser de nouveau. Encore une campagne, et nos seuls escadrons Aux aigles de Sylla font repasser les monts, CORN. Sertor. u, 2. Comme nous sortions du coucher, le roi eut des nouvelles de M. de Turenne, qui a en effet passé le Rhin, parce que les impériaux l'avaient repassé, pelusson, Lett. hist. t. n, p. 296. Je ne voudrais point que vous allassiez repasser la Durance, ni remonter àLambesc; cela vous jette trop loin dans l'hiver, sév. 294. On dit.... que.... Il [Thésée] a vu le Cocyte et les rivages sombres.... Mais qu'il n'a pu sortir de ce triste séjour. Ni repasser les bords qu'on passe sans retour, rac. Phèd. II, 4. Troupes fugitives. Repassez les monts et les mers, Rassemblez-vous des bouts de l'univers, id. Esth. III, 9. En repassant la grande muraille, il» [les Tartares] retombèrent dans la barbarie, et vécurent dans leurs déserts aussi grossiers qu'ils en étaient sortis, raynal, Hist. phil. v, 4 7. ||8° Transporter de nouveau. Le même batelier qui vous a passé vous repassera. || Fig. Repassant mon esprit sur tous les objets qui s'étaient jamais présentés & mes sens, drsc. Méth. vi, 3.|| 9° Mouvoir en allant et venant. || Repasser la lime sur quelque ouvrage de fer, de cuivre, etc. le polir de nouveau avec la lime. Il Fig. Repasser la lime sur un omrage de prose ou de vers, le polir par un nouveau travail. Il 10' Repasser des couteaux, des rasoirs, des ciseaux, etc. sur la meule, «ur U pi«rr«, la* aiguiser.

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Uur ionner de nouveau le fil. || 11* Repasser des cuirs, leur donner un nouvel apprêt. || Repasser un vieux chapeau, le reteindre, lui donner un nouvel apprêt. Il Repasser la laine, lui donner la demitre préparation avant la filature. || Repasser des étolTcs par la teinture, à la teinture, les remettre à la teinture, lorsqu'elles n'ont pas bien pris la couleur, ou qu'elles l'ont perdue par le temps. Ij Chez les doreurs sur bois, c'est, après que le champ a été vermillonné, donner une seconde couche de vermillon beaucoup plus vif sur toutes les parties de l'ouvrage. Il 12' Repasser une allée, paisser la râteau sur une allée pour la nettoyer, la ratisser entièrement. || Repasser une planche, chez les layetiers, y donner If dernière façon pour la rendre lisse et polie. || Term^ de beaui-arts. Repasser, retoucher un ouvrage, travailler de nouveau aux endroits négligés, ou qui n'ont pas la perfection requise. || On dit mieux rechercher. Il Terme de chaudronnier. Polir une pièce au marteau. Il Terme d'épinglier. Passer la pointe d'une épingle au dernier degré de finesse qu'elle doit avoir. || Terme de marine. Visiter et réparer le gréement d'un navire. || Passer de nouveau, ou, simplement, passer les manœuvres. || 18° Remettre du pain rassis au four pour lui rendre l'apparence du pain frais. Il Repasser les crasses chez les fondeurs, lefondre les scories. || Repasser du vin, jeter du vin usé, affiiibli ou de mauvaise qualité sur un râpé de raisin, ou le mcler avec du vin nouveau pour lui donner de la force et le rendre potable. || 14° Repasser un chapeau neuf au fer, en aplatir le poil avec un instrument de fer chaud. || Repasser du linge, des étoffes, passer un fer chaud sur du linge, sur des étoffes, pour les rendre plus unies. Repas.ser les coutures d'une robe. N'en est-il pas de même de celui qui eut la première chemise? pour celui qui la fit blanchir et repasser, je le crois un génie plein de ressources et capable de gouverner un État, volt. Dict. phil. Luxe. J'ai démoli mon théâtre, j'en fais des chambres à coucher et à repasser le linge, id. Lelt. Richelieu, ïi janv. 1766. || Absolument. La blanchisseuse repasse aujourd'hui. |l Populairement. Repasser le buffle à quelqu'un, ou, simplement, repasser quelqu'un, le rosser. Par la jerniel il faut le repasser, Thédt. ital. de Gherardi, t. i, p. 586. Après cela, nous lui avons repassé son buffle d'importance, ib. p. 689. Par ma foi, tu es un drôle de corps, tu ne l'as pas mal repassé, campistron, l'Amante limant, iv, 7. || Maltraiter de paroles, réprimander. Il a été bien repassé par le chef d'atelier. || 16° Fig. Examiner une seconde fois. Repasser un compte. Il Relire. Qu'on repasse sa vie [de saint Augustin] depuis le temps de sa conversion, on verra que ce cœur, naturellement grand et élevé, ne pouvait avoir d'autres bornes que Dieu même, flécii. Panég. de St Augustin, m. || 16° Fig. Se remettre dans l'esprit, en mémoire. Repasse mes bontés et tes ingratitudes, CORN. Tois. d'or, m, 3. Ce que nous venons de vous dire est très-véritable, écoutez-le donc, et le repassez dans votre esprit, SACi, Bible, Job, v, 27. Nous te prions qu'il n'y ait point de jour où tu ne le repasses [un conseil] en ta mémoire, pasc. Lett. à Mme Pirier, t" avr. <648 Trois mois entiers furent employés à repasser avec larmes ses ans écoulés parmi tant d'illusions, et à préparer sa confession , Boss. Anne de Goni. le trouve, en repassant ma vie, que, depuis l'âge de trente-deux ans, qui fut le commencement de ma fortune, je n'ai pas été un moment sans peines, MAiNTENON, Lett. à Mme de Caylus, lu avr. I7i7. Si je n'eusse sans cesse repassé dans mon esprit ma triste aventure, fén. Tél. XV. {| Repasser un souvenir, le rappeler. Je vous vois chaque jour.... sans cesse repasser Le souvenir des traits qui vous ont su blesser, CORN. Toison d'or, i,t.\\ 17° Fig. Étudier à plusieurs reprises. Çà, tandis que nous voici seuls, repassons un peu les leçons que je t'ai données, brueïs. Muet, I, 2. X chaque pas [en Italie], Tite Live, Salluste, Tacite, Horace revenaient à ma mémoire; je repassais mes auteurs sans livres, ddclos, Œuv. t. vu, p. 45. Je portais toujours avec moi quelque livre qu'avec une peine incroyable j'étudiais et repassais tout en travaillant, j. j. rouss. Conf. vi. Embrasse-moi, ma fille ; repasse encore ta sonate, picard, Jfam'e de briller, i, 6. || Redire, répéter ce qu'on a appris par cœur, afin d'être plus sûr de sa mémoire. Repasser sa leçon. Il faut repasser ces mots souvent, de peur de les oublier : medt'cus sum, hau- TEROCHE, Crisp. méd. m, t. Pour jouer mon rôle sans peine. Je le veux un peu repasser, mol. Amph. i, i . Ils repassent leurs vers; S'ils n'ont un peu de temps, tout ira de travers, th. corn. l'Inconnu, v, 3. || 18° Se repasser, v. réft. se dit en parlant d'une étoffe qui peut supporter sans s'altérer le contact du fer chaud.

DICT. DS IJl LANQUS FRANÇAISE,

La mousseline se repasse très-bien. Le crêpe noir ne se repasse pas.

— HlST. XIII* s. Se vous voulez honorer Vos prudommes et amer [aimer], Il feroient repasser Les Anglois outre la mer, hues de la fehté. Romancero, p. <92. [Il commande à son serviteur] Qu'il die au marinier loial, Que il les passe [les chevaliers] outre sans mal. Et râpasse à leur revenir, Bl. et Jeh. V. 5076. |1 xv s. Et [les Français] rappasserent toutes les montagnes de Roncevaux, et tout au long du pays des Basques, et entra le duc de Bourbon en Bearn, froiss. ii, iii, 87. Repasser la mer, coMM. IV, <i. Il xvi* s. Isabelle ayant à repasser de Zelande en son royaume, mont, i, (54. Cette mine fut inutile, comme aussi le siège, qui attendit pourtant la cour à repasser... ils furent sans exploit de guerre jusqu'au repasser du roi, d'aub. Hist. il, 1 35. Puis soit passé [un médicament composé] par dedans la chausse d'Hippocras , et après repassé avec six onces de sucre rosat, paré, xxiv, 24.

— ÊTYM. Re..., et passer. L'ancienne langue avait un verbe respasser, et quelquefois repasser, qui signifiait rétablir, guérir, reposer.

t REPASSERESSE (re-pâ-se-rè-s'), t. f. Sorte de carde pour les draps.

— ÊTYM. Repasser.

fREPASSETTE (re-pâ-sè-t'), S. f. Carde très-fine, pour repasser la laine.

— ÉTYM. Repasser.

•)• REPASSEUR (re-pâ-seur), s. m. Celui qui repasse ou aiguise des lames. || Ouvrier qui repasse sur la meule la pointe des épingles.

REPASSEUSE {re-pâ-seû-z'), s.f.\\ l' Celle dont le métier est de repasser du linge. {| 2° Cylindre cannelé dont on se sert pour hâter et régulariser les plis dans l'opération du pressage.

— ÊTYM. Repasser.

t REPATRIAGE (re-pa-tri-a-j') ou REPATRIE- MENT (re-pa-tri-man), (. m. Action de repatrier.

— REM. On ne dit plus en ce sens que rapatriement.

— HIST. xvi' s. Ce doux repatriement [retour chez lui] lui estoit si nécessaire.... carl. vi, 60.

— ÉTYM. Repatrier.

t REPATRIER (re-pa-tri-é) , je repatriais, nous repatriions, vous rapatriiez; que je repatrie, que nous repatriions, que vous repatriiez, v. a. Reconduire dans la patrie.

— REM. On dit aujourd'hui rapatrier.

— HIST. XV' s. Votre mariage vous fera repatrier [retourner dans votre pays], lodis xi, tiouv. xlii.

— ÉTYM. Lat. repatriare, qui avait donné dans l'ancienne langue repairer, repatrier, de re, et patrta, patrie.

f REPADMER (re-pô-mé), o. a. Retondre le drap. Il Rebattre, laver un drap dans l'eau.

— ÊTYM. Re..., et paume de la main, REPAVÉ, ÉE (re-pa-vé, vée), part, passé de

repaver. Les rues dépavées lors de l'insurrection de juillet <830, puis repavées.

f REPAVEMENT (repa-ve-man), t. m. Nouveau pavement.

REPAVER (re-pa-vé), r. o. Paver de nouveau.

— HIST. xv s. Despense faite pour avoir abatu et redrecé l'autel de saint Anthoine et repavé autour d'icelly, Bibl. des chartes, 6° série, t. m, p. 24i.

f REPAYER (re-pè-ié), v. a. 11 se conjugue comme payer. Payer de nouveau.

— HIST. xv° s. Si s'adresse vers Gaheriet, et luy donne tel coup parmi le heaulme, qu'il lui faict tous les yeulx estinceler, et Gaheriet lui repaie tel comme il peut ramener, Lancelot du lac, t. ii, t» 67, dans LACUBNE.

t REPÊCHAGE (re-pê-cha-j'), t. m. Action de repêcher. Le repêchage d'un câble submergé.

REPÊCHÉ, ÉE (re-pê-ohé, chée), part, passé de repêcher. Des caisses de marchandises repêchées après un naufrage.

REPÊCHER (re-pê-ché), v. a. || 1° Pêcher de nouveau. On assurait que les poissons qu'on avait jetés dans la mer Caspienne avec un anneau au museau, avaient été repêchés dans la Méditerranée, VOLT. Physique, Changem. du globe. || 2° Retirer de l'eau ce qui y était tombé. La faction ennemie de cet Etienne [qui avait fait exhumer et jeter dans le Tibre le corps de son prédécesseur Formose] fit repêcher le corps de Formose, volt. Moeurs, 35.

— ÉTYM. Re..., et pécher; wallon, ripc/il.

■f REPÊCHEUR (re-pê-cheur), i. m. Celui qui repêche. Repècheur des noyés, aboot, Rev. des Deux- Mondes, (867, t. VI, p. 810.

REPEINDRE (re-pin-dr'), v. a. Il se conjugue comme peindre. {| 1° Peindre de nouveau. Il y a dans ce tableau des endroits que l'artiste a repeints.

Il Absolument. Puis travaillez , donnez-vous bien de la peine, effacez, peignez, repeignez, dioer. Salon de «766, Œuv. t. ziii, p. 4 56. Il Fig. Depuis que tu n'est plus, la campagne déserte A dessous deux hivers perdu sa robe verte. Et deux fois le printemps l'a repeinte de fleurs, halh. vi, 26. jjt* Appliquer et coucher de nouvelles couleurs nur les endroits défectueux d'un tableau. || 8° Remettre en couleur. Repeindre des boiseries. || 4° Fig. Retracer. Des censeurs me reprochent que j'ai déjà parlé de ces désastres [d'iniques condamnationi i mort] ; oui, j'ai peint et je veux repeindre ces tableaux nécessaires dont il faut multiplier les copies, volt. Pol. et lég. la Méprise d'Arrat. || Fig. Se repeindre, figurer à soi de nouveau. Je ne songeais qu'à me repeindre l'image de ce héros, fBn. Tél. xv.

— HIST. XVI* s. La campaigne recolorée Du teint de ses plus belles fleurs, Se repeingt de mille couleurs, DD BEIXAT, V, 3, rcclo. [Les fleurs battues par la pluie] Oui plus gaillardes se repaignent Aux rayons du nouveau soleil, rons. 667.

REPEINT, EINTE (re-pin, pin-t'), port, passé de repeindre. Un tableau repeint. || S. m. Endroit d'un tableau sur lequel on a appliqué de nouvelles couleurs. Il Restauration d'un tableau en peignant les parties effacées. Le désir de réparer les injures du temps a malheureusement aggravé le dépérissement de plusieurs tableaux par des repeints grossiers et de mauvais vernis dont ou a recouvert plusieurs traits du premier pinceau , Instit. Hém. litt. <l beaux-ans, t. v, p. 445.

f REPELER (re-pe-lé), v. a. Il se conjugue comme peler. Terme de mégisserie. Peler une seconde fois.

t REPENDRE (re-pan-dr'), v. a. Pendre de nouveau ce qui était tombé ou détaché. || Se rependre, V. réfl. Se pendre de nouveau.

— HIST. XV* s. Quant il eut assez regardé l'esou, il le rependit et puis descendit ; et ses compaignons montèrent sur l'autel pour despendre l'escu et regarder, Pereeforest, t. ii, ^ 89.

t REPENELLE (re-pe-nè-l'), f. f. Synonyme de reginglette.

— ÊTYM. Ce mot signifie probablement ruade, par assimilation au ressaut d'un piège. Comparez le provençal repenada, ruade, repetnar, ruer, de re, et le lat. pes, pedit, pied.

REPENSER (re-pan-sé), v. n. Penser de nouveau, réfléchir plus profondément sur une chose. Tel Adonis repense à l'heur qu'il a perdu, la font. Adonis. Il s'en retourne, il rumine, il repense, ID. Confia. De quelque manière que ce soit, je vous vois, vous m'êtes présente, je pense et repense à tout, siv. 33. Qui me promit beaucoup de choses, et qui sûrement n'a jamais repensé à moi, j. t. rouss. Confess. v. Je fus touché de sa bonté, mais moins que je ne devais l'être et que je ne l'ai été depuis en y repensant, id. ib. iv.

— HIST. xiii* s. Ge repenseré à toi touz mes anz en amerté [amertume] de m'ame. Psautier, f* t8<. Il XIV* s. Quant j'oy un pou après pensé , Repensé et contrepensé Â ce que raison apris m'ot, broyant, dans Ménagier, t. ii, p. 24. || xvi* s. Quand celui qui possède la dignité royale repensera souvent en luy-mesmes, que miséricorde et vérité gardent la roy.... LANGUE, 640. Après avoir bien repensé et considéré ce qui avint lorsque cette tragédie se commença.... id. 649. Il faut repenser trois et quatre fois devant qu'entreprendre le siège d'une grande ville, ID. «83. Mal pense qui ne repense, cotgrave. Repenser cent fois l'heure un semblable penser, Pour les ombres du faux la vérité chasser.... dèsportes, Cléonice, lxv.

— ÉTYM. Re..., et penser; wallon, rapeinsé; provenc. et espagn. repensar; ital. ripensare.

REPENTANCE (re-pan-tan-s'), s. f. || 1* Dou eur qu'on a de ses péchés, de ses fautes. Ils continuent leurs fautes, à cause qu'ils ne pensent pas qu'on se contentât de leur repentance, balz. le Prince, ch. 3. Qui gai fait une erreur, la boit à repentance, Régnier, Sat. XI. ô Jésus, faites que je ne pèche plus, et que j'efface par la repentance mes péchés, qui vous ont couvert de tant de plaies, boss. Élevât, sur myst. xiu, 8. Ne dédaignons pas la bonté de Dieu qui nous attend i repentance depuis longtemps, m. Sermon!, Asceiuion, 3. Lui-même le sentit, reconnut son péché, Se confessa prodigue, et, plein de repentance. Offrit sur ses avis [de sa femme avare] de régler sa dépense, boil. Sat. i. Un pécheur ému d'une humble repentance, id. Épit.m. || 3* Changement de résolution. Les dons et la vocation de Dieu sont sans repentance, boss. Hist. ii, 7.

— HIST. xii* s. Petit e petit est venuz i repentance, Th. k mort. < 0). Nel di [Je ne le dis] pour

REl

REP

RÉP

ce que soie en repentanoe [regret d'aimer], Coud, XVII. Il xai' s. S'ele n'a repentance d'œvre si maleoite [maudite], Ber«e, cxxxvi. Il est en vraie repentance Près de faire tel penitance Cum celé enjoindre li saura. Puisque pardonné li aura, io flose, 9879. Il XIV* s. Mes la chose faite pour ygnorance, de laquelle.... l'en a tristece, desplaisance, et pesance ou repentance, oresme, Eth. «o. || xv* s. Tost lui en vint le dommage et grant repentance, comm. i, 40. Et selon sa grand repentance [de Louis XI] il est à espérer que son ame est glorieuse en paradis, m. VII, H . Il XVI* s. Quitta toutes ses bombances et pompes, pour espouser une repentance tranquille, saincte et religieuse, brant. Charles-Quint.

— ÊTVM. Bepentant; provenç. repentensa; ital. ripentenxa.

KEPENTANT, AKTE (re-pan-tan, tan-t'), adj. Qui se repent d'avoir péché. Nestorius, patriarche de Constantinople.... obtint de cet empereur [Théodose II] qu'on persécutât ceux qui pensaient qu'on devait rebaptiser les chrétiens apostats repentants, VOLT. Uœurs, introd.

— HIST. XII* s. [11] Bâtit sa coupe, moult fu bien repentant, Ronc. p. toe. ||xiu*s. S'uns hom pooit vivre cent ans. Ne puet-il tant d'oneur conquerre, Com se il est bien repentans D'aleir le sepulchre requerre, BUTEB. 128. Etfu confiés [confès] et repentans de ses meffais, Chron.de Kains, 4 64. Dlex, qui tous repentens piteusement escoutes, Â toi donne mon cueret mes pensées toutes, J. de meunq. Test. 2089.

REPENTI, lE (re-pan-ti,tie), part, passé de repentir. Il 1° Qui s'est repenti. Toi qui promets à tous que ta bonté propice Se rendra pitoyable aux pécheurs repentis, racan. Psaume 89. Peut-être qu'en son cœur, plus douce et repentie, Elle en dissimulait la meilleure partie, corn. Rod. i, 7. |j Substantivement. Le maréchal de Viileroy aimait mieux les repenties que celles qui n'avaient pas fait de quoi se repentir, st-sim. 430, 4 87. || 2» Les Pilles repenties, ou, simplement, les Repenties, nom donné à des monastères de femmes oil des filles qui ont vécu dans le désordre se retirent ou sont renfermées pour faire pénitence. Sa Majesté, qui fait renfermer sur le champ Serena dans la maison des Repenties, exile le comte de Lemos, et condamne Gil Blas à une prison perpétuelle, lesage, Gil Blas, ix, 7. On lui dit [à Ninon] qu'on pourrait bien la mettre aux Filles repenties; elle répondit que cela n'était pas juste, parce qu'elle n'était ni fille ni repentie, volt. UéI. litt. fur Ulle de l'Enclos.

— REM. L'Académie dit, à tort, qu'il n'est usité qu'au féminin et dans cette locution : fille repentie.

4. KEPEiynR{SE) (re-pan-tir), jeme repens, tu te repens, il se repent; je me repentais; je me repentis; je me repentirai ; je me repentirais; repens-toi ; que je me repente ; que je me repentisse ; repentant ; repenti, V. réfl. Éprouver un chagrin qui est de la nature du regret, à propos de fautes, de manquements. Je veux qu'il se repente et se repente en vain, corn. Perthar. ii, 4 . Le Seigneur adressa alors sa parole à Samuel, et il lui dit : Je me repens d'avoir fait Saûl roi, parce qu'il m'a abandonné, saci. Bible, Rois, i, XV, 4 4. Loin de se repentir d'avoir pris les armes, la réfc rme ne se repent que de s'être repentie de les avoir prises, Boss. t'avert. 4 0. Je veux bien avouer de lui [Charles I*'] ce qu'un auteur a dit de César : qu'il a été clément jusqu'à être obligé de s'en repentir, id. Reine d'Anglet. Dans les tourments inouïs de sa dernière maladie.... elle n'a eu à se repentir que d'avoir une seule fois souhaité une mort plus douce, id. Anne de Goni Trop tard, dans le naufrage. Confus on se repent d'avoir bravé l'orage, boil. Sat. xii. Se repent-il déjà de m'avoir apaisée? bac. Baj. m, 6. ....Des fureurs dont mon cœur outragé He se repentirait qu'après s'être vengé, id. Uilhr. ii, B. J'ai fait ce que j'ai dll, je ne m'en repens pas, id. Baj. m, 4 . Je me suis repenti de ne l'avoir pas fait travailler moi-même [un fer] ; car il ne s'agissait que de le trancher en lames, buff. Hist. nat. Min. t. vu, p. 284. Il Avec ellipse du pronom personnel. Dans ce hardi métier [la satire] La peur plus d'une fois fit repentir Régnier, boil. Sot. ix. || Par menace : Il s'en repentira. Je l'en ferai repentir.

— KIST. XI* s. Se de venir paien ne se repentent, Ch. de Roi. ccxiv. Si pren conseil, que vers mei [tu] te repentes, ib. ccLxii. || xii* s. S'en veire [vraie] humilité te vols tost repentir, Ensi aies salu.... Th. le mart. 77. Deu se reptnti que out fait rei Saul, Rois, p. 64. Deu ne se puet pas repentir de chose qu'il face — Il n'est pas huem ki se repente, ib. p. 67. Il XIII* s. Si sai-ge bien certainement, Combien qu'el se maint [mène, conduise] sagement, N'est nus [nul] qui marié se sente, S'il D'est fox, qui ne s'en

repente, la Rose, 8726. Quant héritages est vendus soit de fief ou de villenage, li venderes et li aceteres s'en poent bien, s'il lor plest, de lor commun assentement, repentir, avant que saisine de segneur soit fête, beaum. xxvii, 7. || xiv* s. Qui tost juge, tost se repent, Ménagier, i, 9. || xv* s. Fuyez, truant, caymant et coquin, Maquerelles, ribaudes repenties, E. DESCH. Poésies mss. f° 3b3. L'on ne se repent jamais pour parler peu, mais bien souvent de trop parler, COMM. i, 3. || xvi*s. Elle leur dit : le premier qui mettra la main sur moy s'en repentira, amyot, Arlax. 39. Je leur lairrois[aux enfants) la jouissance de mes biens, mais avecques liberté de m'en repentir s'ils m'en donnoient occasion, mont, ii, 77. Des mains, nous interrogeons, nombrons, confessons, repentons.... id. ii, 4B9. Trop tard on se repend quand la faute est commise, bons. 767. M. du Bellay disoit des courtisanes repenties, qu'elles estoient repenties d'estre repenties, bbant. Dames gai. t. I, p. 4 68, dans lacurne. Qui premier prend ne se repent, cotghave. Tel consent qui se repent, ID. Trop tard se repend qui tout despend, id. Trop tard se repend le rat entre les pattes du chat, id.

— ÉTYM. Wallon, s'ripeinti ; provenç. repentir, repenedre; catal. repenedir; anc. espagn. repentir ; ital. ripentire; dere..., et l'anc. franc, pentir, qui représente le lat. pœnitere, se repentir (voy. pénitence).

2. REPENTIR (re-pan-tir), *. m. || 1* Tristesse particulière que nous causent nos fautes. Il n'est crime envers moi qu'un repentir n'efface, corn. Cinna, iv, 2. Notre repentir n'est pas tant un regret du mal que nous avons fait, qu'une crainte de celui qui nous en peut arriver, ui rocrefouc. Max. 4 80. Cette tristesse que nos fautes nous causent a un nom particulier et s'appelle repentir, boss. Conn. i, 4 9. Le chemin est encore ouvert au repentir, RAC. Baj. u, 4. Dieu fit du repentir la vertu des mortels, volt. Olytnp. ii, 2. Le repentir, le plus grand, le plus insupportable de tous les maux, GENLis, Thédt. d'éduc. la Bonne mère, ii, 6. Le repentir qui se répète fatigue l'âme; ce sentiment ne régénère qu'une fois, stael, Corinne, x, 6. ô mon Dieu! s'il est vrai que, dans ta grâce immense, Le repentir ait place auprès de l'innocence, p. lebrun, Marie St. v, B. ||iiu plur. N'attendez point de moi d'infâmes repentirs. D'inutiles regrets ni de honteux soupirs, CORN. Cinna, v, 4 . Il [le roi] lui parla [au prince de Conti] d'un air de mîûtre qui a dû causer de graves repentirs, sév. 28 juill. 4682. La volupté, des repentirs suivie, j. b. rovss. Épttres, n, 5. Les repentirs, les doux souvenirs, les regrets, l'attendrissement se partagent le soin de me faire oublier quelques moments mes souffrances, i. j. Rooss. 3* lett. à Jf. de Malesherbes. Quand il aura béni toutes les innocences. Puis tous les repentirs, V. HUGO, Chants du crépuscule, 30. || Fig. Le mauvais temps continue.... on se hasarde sous l'espérance de la Saint- Jean, on prend le moment d'entre deux nuages pour être le repentir du temps, qui veut enfin changer de conduite, et l'on se trouve noyés, sÉv. 24 juin (680. || Familièrement. En être au repentir, regretter d'avoir fait quelque chose. Sur un ton si chagrin vous parlez des époux. Que vous avez l'air, entre nous, D'en être.... au repentir vous-même, imbert. Jaloux sans amour, ii, 7. Il a° Changement de résolution. Mais, puisque désormais son lâche repentir Dément le sang des dieux donton le fait sortir. Ma fille,c'est à nous démontrer qui nous sommes, rac. Iph. ii,4. Les fléaux, comme les dons de Dieu, s»nt sans repentir, mass. Or. /un. Villars. \\ 8° Terme de peinture. Trace d'un premier trait qu'on a corrigé. Ily a des repentirs dans ce tableau. Il 4" /lu piur. Terme de coiffure. Cheveux roulés en hélice ou en tire-bouchons que quelques femmes laissent pendre des deux côtés du visage.

— HIST. XII* s. Onques Tristans, cil qui but le brevage,Plus loiaument n'ama sanz repentir, Couci, XIX. Il XVI* s. Regarde en quel danger follement tu te jettes. Et au pris de ta vie un repentir n'achetés, BONS. 767. De court plaisir long repentir, gotgrave.

— ÉTYM. Repentir 4 . L'ancienne langue avait aussi repentie, repenlise et même repeniwon.

t REPÉPION (re-pé-pi-on), s. m. Petit poinçon à l'usage du fabricant d'épingles.

t REPÉRAGE {re-pé-ra-j') , s. m. || 1* Manière d'indiquer l'endroit où les dessins des papiers peints doivent se réunir pour qu'ils soient corrects. Il 2° Action de raccorder une feuille, pour la mise en couleur des dessins lithographiques, pour l'impression des cartes géographiques, etc. || 8° Reprise dans l'application de la presse à l'impression de longues pièces d'étoffes.

— ÉTYM. Voy. repars.

REPERCÉ , ËE (re-pèr-sé , sée) , part, pâté de repercer. Oreilles dont le trou s'était fermé, repercées pour y mettre des pendants.

t REPERCÉE (re-pèr-sée), s. f. Galerie qui, dans une mine, revient sur une couche déjà traversée par le puits, ou qui traverse un crain pour rejoindre la couche par le mur.

REPERCER (re-pèr-sé), v. a. Il se conjugue comme percer. Percer de nouveau. || Terme d'orfévrcrie. Repercer un ouvrage, découper un ouvrage tracé pour être à jour.

— HIST. XVI* s Et me gesnez de tourment sur

tourment. Me reperçant d'amoureuses halesnes,

t REPERCECR, EUSE (re-pèr-seur, seû-z'), s. m. et f. Ouvrier, ouvrière qui reperce.

RÉPERCCSSIF, IVE (ré-pèr-ku-ssif, ssi-v'), adj. Il 1* Qui donne un choc en retour (sens propre qui est peu usité). Nos mouvements de descente ont habituellement des terminaisons brusques etrépercussives, nien que les chocs puissent être trèsadoucis. || 2° Terme de médecine. Qui a la propriété de répercuter. || Médicaments répercussifs, médicaments topiques qui , appliqués sur une partie malade, font refluer àl'mtérieurles liquides tendant à l'engorger, ou arrêtent le développement d'un exanthème ou de toute autre altération morbide. Il 5. m. La glace, l'eau froide, l'air froid, etc. sont des répercussifs.

— HIST. XIV* s. Le repercutif ne puet pas débouter toute la matière, lanfranc, f° Bo, verso. Les repercussis, ID. ib. Il XVI* s. La voix repercussive (écho), En m'oyant lamenter. De ma plainte excessive Semble se tormenter, du bell. ii, 67, verso. Medicamens répercussifs ou repoussans, paré, xxv, 9.

— ÉTYM. Voy. RÉPERCUSSION ; provenç. repercussiu ; espagn. repercussivo ; ital. ripercussivo.

RÉPERCUSSION (ré-pèr-ku-sion; en vers, de cinq syllalies), s. f. ||1° Terme didactique. Renvoi, réflexion. Un corps combustible allumé à ladistance de 20 ou 24 pieds par la répercussion et la concentration de la chaleur d'un charbon situé entre deux miroirs concaves, saussuhe, Yoy. Alp. t. iv, p. 69, dans PouGENS. || 2° Terme de musique. Se dit de la première entrée de chacune des parties de la fugue, soit qu'elles fassent entendre le sujet, soit qu'elles contiennent la réponse. || 3° Terme de médecine. Action des répercussifs. C'est à la facilité avec laquelle s'exécute [sur les hautes montagnes] la perspiration cutanée et pulmonaire que nous devons de n'avoir rien à redouter de la répercussion de la sueur, quand nous atteignons ces cimes, bien que nous ayons passé du chaud au froid et du mouvement au repos, ramond, Instit. Mém. scienc. 1823, t. vi, p. 4 23. Il Disparition brusque d'une tumeur ou d'un exanthème ou de toute autre affection qui est susceptible de répercussion.

— HIST. XIV* s. Puisque l'accident ne puest estre curé par repercussion ne pau' resolution, h. de mon- DEV. f* 46. Il XVI* s. La terminaison des apostemss se fait par quatre manières, moyennant qu'elles ne soient empeschées par repercussion.... paré, v, 3. Echo n'est qu'une repercussion d'air qui se fait à cause de quelque rocher, des accords, Big. Écho.

— ÉTYM. Provenç. repercussio; espagn. répercussion ;ita.\.ripercussione; du lat. repercussioiiem, de repercutere, répercuter.

RÉPERCUTÉ, ÉK (ré-pèr-ku-té, tée), port, passé de répercuter. Le feu du soleil, répercuté sur la lune, renvoyé vers nous, et réuni au foyer d'un verre ardent, volt. Phil. Newl. i, 4.

RÉPERCUTER (ré-pèr-ku-lé), V. a. || 1* Terme didactique. Réfléchir, renvoyer. Répercuter la chaleur, la lumière, le son Un coup de fusil que

l'écho répercute Tonne et roule au-dessus du bruit sourd de la chute [du Rhin], lamart. Joc. m, 93. Il 2° Terme de médecine. Faire rentrer les humeurs. L'air froid, frappant incessamment sur la peau, répercute en dedans la sueur, et empêche les pores de s'ouvrir assez pour lui donner un passage libre, 1. J. Rouss. Ém. II. Il 3* Se répercuter, v. réfl. Être répercuté. Le son se répercute. II est mauvais qu'une éruption se répercute.

— HIST. XIV* s. Tel corps ne est pas miroir repercutant figures, combien que il repercute coleur ou lumière, oresue. Thèse de meunier. Se nulle de ces causes ne te deffent, repercute chault apostume en la manière que nous dirons, lanfranc, f° bo, verso. Il XVI* s. Comme si, battu de ce bruit, il [un homme travaillant au milieu du bruit] se ramenast et reserrast plus en soy pour la contemplation, et que ceste tempeste de voix repercustat ses pensées au dedans, mont, iv, 3B7,

REP

RÉP

— ÊTYM. Provenç. et catal. repercutir; esp. r«percudir; Ital. ripercuotere; du lat. reperculere, de re, etpereutere, frapper (yoy. percussion).

REPERDRE (re-pèr-dr'), V. a. Il se conjugue comme perdre. || 1* Perdre de nouveau. Il avait retrouvé sa tabatière, mais il l'a reperdue. || i' Perdre ce qu'on avait gagné. Il a reperdu l'argent qu'il avait gagné. L'homme reperdant par la vieillesse ou d'autres accidents tout ce que sa perfectibilité lui avait fait acquérir, j. J. Bouss. Orig. t. || Absolument. Il avait regagné, il a reperdu. || 3" Perdre de vue ce qui s'était montré. Cette réflexion, plus prompte qu'un éclair, jeta dans mon ftme un instant de lueur que je reperdis bientôt, mais qui me suffit pour me reconnaître, j. j. rouss. Ém. v. Il 4° Égarer de nouveau. Le pauvre bûcheron reperdit le petit Poucet et ses frères qui étaient revenus à la maison. || 5* Se reperdre, V. réfl. S'égarer de nouveau. Le voyageur qu'on avait mis dans le droit chemin se reperdit dans la forêt.

— HIST. iiii* s. Une autre saillie firent-il par une autre porte qui estoit amont, où li Grieu reperdirent assés, viLLEH. txxvi. Et tant s'en alerent de l'ost de gens, que cil remestrent (restèrent) si poi en la terre, que, se nostre sires proprement ne les eust soutenus , la terre fust toute reperdue, id. cix. Il XV* s. Le comte Derby pria au comte de Pennebruich.... qu'ils voulussent aller àAiguillon, et garder la forteresse ; car trop seroit courroucé, s'il le reperdoit, FHOiss. I, I, 2B3. Il ivi* s. Ce vieux routier [le Turc Ulazali, à Lépantej print trois galleres des plus mal menées, qu'il pust choisir, desquelles il en reperdit deux et emmena l'autre, d'aob. Hist. n, st.

— ÊTYM. Be..., et perdre; wallon, ripiett. REPERDU, CE (re-pèr-du, due), part, passé

de reperdre. Une fortune regagnée, puis reperdue.

REPÈRE (re-pè-r'), ». m. || 1* Terme d'arts et de métiers. Marque faite i différentes pièces d'a.ssemblage pour les ajuster plus facilement. || On dit de même : point de repère. || Fig. Point de repère, point qui sert à se retrouver. Dans notre discussion cette proposition que vous admettez est un point de repère. || 2* Marque sur un mur, sur un jalon, sur un terrain, etc. qui indique et sert à retrouver un alignement, un niveau, etc. Si vous voyez à peu de distance un mur, un clocher, un paratonnerre, il suffira de marquer sur le parquet ou le carreau trois repère» pour les pieds de la lunette, delam- BRE, Àbr. astron. Leçon il. Ces points disséminés sur toute l'étendue de la France sont autant de repères auxquels il sera aisé de rapporter les nivellements des cours d'eau que nous proposons d'entreprendre, GIRARD, Instit. Vém. seienc. t. vu, p. 4B4. Il Terme de maçonnerie. Témoin indiquant un alignement quelconque, jj 3° Nom que les paveurs donnent à certains pavés qu'ils placent d'espace en espace pour conserver leur niveau de pente. || 4° Petit piquet que l'on enfonce en terre pour fixer la hauteur d'un déblai, d'un remblai, etc. || S* Marques que l'on fait aux tubes d'une lunette pour les allonger ou raccourcir au juste point de la vue de celui qui s'en sert.

— ÉTYM. Lat.repert're, retrouver (voy.RÉPEHTOiBE).

f REPËRER (re-pé-ré. La syllabe pé prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : je repère ; excepté au futur et au conditionnel : je repérerai), v. a. \\ 1* Marquer des repères. Pièces repérées. || Châssis à repérer, cadre "n fer, consistant en règles mobiles de cuivre , munies d'aiguilles d'acier servant de points de repère pour accrocher carrément la feuille de papier à chaque tirage, dans les presses lithographiques. || 2° Se repérer, v. réfl. Se donner des points de repère. Au point où en est la discussion, repérons-nous.

— ÊTYM. Verbe formé du substantif repère. RÉPERTOIRE (ré-pèr-toi-r') , ï. m. || 1° Inventaire,

table, recueil où les matières sont rangées dans un ordre qui les rend faciles à trouver. Un registre sans répertoire n'est pas commode. Cet ouvrage [l'Histoire naturelle de Pline] n'est qu'un vaste répertoire auquel une mort prématurée.... l'a empêché de mettre la dernière main, mongez, Jnstit. Mém. Acad. inscr. t. IX, p. 262. Il Fig. Un homme instruit n'ouvre pas aisément son répertoire : il aurait trop à dire, et il voit encore plus à dire après lui; il se tait, j. j. rooss. Ém. IV. Il 2» Fig. et familièrement. Personne qui se souvient de beaucoup de choses, et qui est toujours prête à instruire les autres. Vous avez là un étrange ami de s'imaginer que je suis un répertoire de conceptions et de figures, balz. liv. viii, lett. 46. Cette dame qui se souvient de si loin, qui est le répertoire de plusieurs règnes, lo. tiv. xtv, lett. 35. C'était [ValincourtJ un homme d'infiniment d'esprit, et

qui savait extraordinai rement; d'ailleurs un répertoire d'anecdotes de cour, st-sm. «6, I04. || 8" Registre timbré sur lequel certains fonctionnaires sont tenus d'inscrire sommairement et dans l'ordre chronologique tous les actes qu'ils reçoivent ou rédigent. Les notaires, les huissiers doivent tenir des répertoires. Il 4* Titre de certains recueils. Répertoire de jurisprudence. || 8" Terme de théâtre. Liste des pièces restées en cours de représentation à un théâtre. Cette pièce fait partie du répertoire. || Liste des pièces qu'on doit jouer dans la semaine. On a fait le répertoire de la semaine. M. de Ximenès m'a mandé que M. le maréchal de Richelieu avait mis les Guèbres sur le répertoire de Fontainebleau, volt. Lett. d'Argental, te sept. )7«9.

— HIST. XV* s. Mais ailleurs en est jà l'ystoire Bscripte au long par répertoire. Pour donner exemple aux mauvais, e. desch. Miroir de mariage,

— ÉTYM. Lat. repertorium, inventaire, de repertum, supin de reperire, trouver, de re, et porere, obtenir, se procurer.

t REPESER (re-pe-zé), v. a. Use conjugue comme peser. Peser de nouveau. Peser et repeser quelque chose en son esprit.

— HlST. XIII* s. Et poez conoistre lequele [laquelle eau] est plus legiere en ceste manière : prendez deus dras de coton ou de lin d'un pois, et les baigniez en diverses eves, et les repesez ariere l'un l'autre, et les metez au soleil sechier ; liquels pèsera mains [moins], li aive où il sera moilliez sera plus legiere, de Phisike, f* 78, verso. \\ xvi* s. Repeser, NICOT, Dict.

RÉPÉTAILLfi, ÉE (ré-pé-ta-Ué, liée. Il mouillées), part, passé de répétailler. Des anecdotes sans cesse répétaillées parce vieillard.

RÊPf^l'AILLER (ré-pé-tâ-llé , 12 mouillées, et non ré-pé-lâ-yé), v. a. Répéter la même chose jusqu'à satiété. Il répétaille toujours la même chose. Il Absolument. Il ne fait que répétailler.

— ÉTYM. Répéter, avec la finale péjorative aille. t REPETA SSER (re-pe-ta-sé) , v. a. Synonyme

peu usité de rapetasser. Nous n'avons rien inventé, nous n'avons fait que repetasser, volt. Oreilles, 6.

— HIST. XVI* s. Repetasser, cotghave.

— ÉTYM. Voy. RAPETASSER.

RÉPÉTÉ, ÉE (ré-pé-té, tée), part, passé de répéter. H 1" Redit. Quand dans un discours se trouvent des mots répétés, et qu'essayant de les corriger on les trouve si propres qu'on gâterait le discours, il les faut laisser, pasc. Pens. vu, 21 , édit. bavet. Ses airs [de Lulli), tant répétés dans le monde, ne servent qu'à insinuer les passions les plus décevantes, Boss. Comédie, 3. Courant après l'esprit ou plutôt se parant De l'esprit répété qu'elle attrape en courant, gresset, le Méch. iv, 9. Mais tout récit déplaît s'il est trop répété, delille, Convers. 1. [0 lac] Dans les bruits de tes bords par tes bords répétés, lamart. Héd. I, 4». Et qu'est-ce que la gloire? un vain son répété. Une dérision de notre vanité, id. Harm. iii, 9. Il 2* Où il y a des répétitions. Son style [du fils de Mme de Grignan] tout naturel, tout jeune, sans art, un peu répété par la grande envie d'obtenir [une permission], sév. 4 janv. 4890. || 3'' Reproduit, représenté de nouveau. C'était sur sa fille que Mignard travaillait, et elle est répétée en plusieurs de ses magnifiques tableaux, st-sim. 28, 73.

RÉPÉTER (ré-pé-té. La syllabe pé prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : je répète, excepté au futur et au conditionnel : je répéterai), v. a. ||l°Dire ce qu'on a déjà dit soimême. Dieu ne parle qu'une fois, et il ne répète point ce qu'il a dit, saci, Bible, Job. xxiiii, U. Que dirai-je des saintes prières des agonisants...? il se les fit répéter trois fois, et il y trouva toujours de nouvelles consolations, boss. Louis de Bourbon. On vit de part et d'autre [entre le prince de Condé mourant et sa famille] tout ce qu'on affaiblit en le répétant, id. ib. Ce nom qu'à tous moments votre bouche répète, rac. Bérén. i, 4. Il nous semblerait qu'une telle éloquence [de Démosthène] est contraire au génie de la multitude, qui demande qu'on lui répète souvent les mêmes choses, et que, pour les rendre plus intelligibles, on leur donne plus d'étendue, ROLLiN, Hist. anc. Œuv. t. vi, p. 86, dans pouGBNS. Quand on répète ce qu'on a déjà dit, c'est une preuve qu'on n'a rien à dire, volt. Comm. Corn. Rem. Sert, m, 4. Quand on répète la pensée, il faut fortifier l'expression, id. ib. Poly. v, 3. Il répète les noms de devoir, de justice, in. Orph. iv, 2. Au bonhomme d'oncle il répète sans cesse. Que c'est le seul parti qui convienne à sa nièce, gresset, le Méch. i, 4. Il Ne pas se le faire répéter, exécuter sur-

le-champ ce qui est commandé. La chambrière.... Ne se la fait pas deux fois répéter, la pont. Gag. Il Absolument. Il pane avec confiance ; il fait répéter celui qui l'entretient, et ne goûte que médiocrement tout ce qu'il lui dit, la brut. vi. Allez savoir, Lisette, Si l'on peut voir Cléon.... faut-il que je répète? gresset, le Méch. 1, 3. |{ 1* Redire ce qu'un autre a dit. Cet écho répète les mots. Il [Sénèque] dit que, dans sa jeunesse, il répétait jusqu'à deux mille mots, après les avoir simplement entendus, et il les répétait dans le même ordre qu'on les lui avait récités, bollin, Hitt. ar^c. Œuv. t. zi, 2* part. p. 690, dans poooens. Ovide a conté cette affaire; la Fontaine en parle après lui; Moi je la répète aujourd'hui. Et j'aurais mieux fait de me taire, volt. Filles de Minée. C'est Platon qui l'a dit le premier, et d'autres l'ont répété ensuite, id. Blanc et noir. Le moyen le plus sûr d'accréditer une opinion auprès de la frivolité française, est d'inventer quelques phrases que tous les sots puissent répéter en croyant dire quelque chose, d'alf.mb. Éloges, Crébillon. D'une chaste harmonie enivrant nos oreilles, Nous répétons les vers de ces hommes divins Qui parlent par image ainsi que la nature, lahart. Harm. 1, 6. || Celte montre, cette pendule répète les heures, les quarts, on lui fait sonner, en poussant un ressort, en tirant un cordon, l'heure et les quarts. || Terme de marine. Répéter les signaux, faire les mêmes signaux que le commandant, au moyen do pavillons, de feux ou en tirant le canon, afin que les navires les plus éloignés voient ou entendent ces signaux. Il 3* Recommencer. La nature, si variée dans ses ouvrages, ne parait avoir répété aucune de ses formes dans l'autre continent, mais les avoir faites sur des modèles tout neufs, bupp. Oi>.t. xiii,p.275. Il serait bien utile li'établir des sociétés uniquement destinées à répéter les expériences contestées sur les objets dont les arts et les sciences s'occupent, SENNEBiEP, Ess. ort. d'observ. t. m, p. 63, dans POOGENS. Il 4° En mauvaise part, rapporter ce qu'on a entendu. Quoi que vous lui disiez, il ira le répéter partout. Il Absolument. Les enfants sont sujets à répéter. Il 6* Représenter, reproduire, réflécùir. Il fut se placer au pied d'un rocher, qui, le jour précédent, lui répétait les sons de cette voix touchante, MARM0NTEL, Cont. moT. Berg. Alp. Des fleuves et des lacs, ou sombres ou brillants. Répétant le soleil, les masses des nuages. Des troupeaux animant ces riches pâturages, st-lamb. Sais. lu. Il 6° Présenter symétriquement d'un côté l'équivalent de ce qu'on voit de l'autre. On a répété cet ornement à droite et à gauche. || 7* S'exercer à dire ou à faire en particulier quelque chose qu'on devra dire ou faire en public. Puisque nous voilà tous habillés, et que le roi ne doit venir de deux heures, employons ce temps à répéter notre affaire, et voir la manière dont il faut jouer les choses, mol. Impromptu, t. On répète des danses dans mon cabinet; j'ai plu» d'envie de pleurer que de m'en divertir, maintenon, Utt. ou card. de Noailles , 46 févr. 4699. L'on répétait alors à Fontainebleau un ballet que le roi et Madame dansèrent, la fat. Hist. Henr. d'Atigl. Nous répétâmes hier une tragédie ; si vous voulez un rôle, vous n'avez qu'à venir, volt. Lett. d'Argel, 8 janv. 4758. La pièce, dans l'état où je l'avais mise, fut répétée au grand théâtre de l'opéra, j. j. rouss. Conf. vn. Tiens, papa, ce matin encor nous répétions Un petit dialogue à nous deux, collin d'harleville , Vieus célib. m, 2. Il Fig. Nous répétons un peu nos vieilles leçons, SKV. 456. || Absolument. Songeons à répéter, s'il vous plaît, MOL. Impromptu, 4 . Les acteurs du divertissement vont venir répéter ici, dancourt, l'Opéra de village, se. 10. Quand répétera-t-on? — Vos affaires vont mal; La pièce est aux arrêts chez le censeur royal, c. delav. Comédiens, u, s. || Fig. Je fus l'autre jour me promener dans ces belles allées de Chaulnes.... je répéuis pour les Rochers, str. 4 9 avr. 4689. Il 8* Exercer en particulier des élèves sur ce qui fait l'objet de l'enseignement du professeur qu'ils suivent. Il répète ces deux élèves. || Fig. Le vendredi 9 août (474 6) le P. Tellier répéu la roi longtemps le matin sur l'enregistrement pur et simple delà constitution, st-sim. 4oa, 247. ||I1 se dit aussi de la chose sur laquelle on exerce l'élève. M répète la rhétorique. Une grande économie n'eût pas suffi ; il fallut qu'il répétât à d'autres écoliers plus riches et plus paresseux ce qu'on venoit presque dans l'instant de leur enseigner à tous, FONTEN. Littre. || 9* Redemander, réclamer (il ne se Jit guère qu'en termes de jurisprudence civile ou militaire. Mme de Lesdiguières m'envoyait Vince-

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rot de Saint-Germain où elle était, sous préteite de répéter quelques prisonniers, retz, ii, ii07. Nos soldats tuèrent un Espagnol, prirent presque tous les autres, et pe les voulurent pas rendre, quoiqu'on les eût envoyé répéter, st-sim. 06, i. Les récompenses les plus dues Sont souvent des dettes perdues, Pour qui tarde à les répéter, j. b. houss. Odes, IV, 7. Les soldats vétérans, qui craignaient qu'on ne répétât les dons immenses qu'ils avaient reçus, MONTESQ. Rom. <2.En France, l'innocent qui a été plongé dans les cachots, qui a été appliqué à la torture, n'a nulle consolation à espérer, nul dommage à répéter contre personne, volt. Pol. et lég. Comm. délits et peines, procéd. crim. Des biens à répéter, des partages à faire, gresset, le Méchant, II, 3. Le créancier peut seulement répéter les dommages et intérêts tant contre les débiteurs par la faute desquels la chose a péri, que contre ceux qui étaient en demeure, Code Nap. art. < 205. |{ Répéter des frais sur quelqu'un, ou mieux contre quelqu'un, demander qu'il rembourse les frais qu'on a faits. Il 10" Terme d''officialité. Répéter des témoins, entendre en déposition des témoins qui sont venus à déposition sur la publication d'un monitoire. || Terme de forestier. Confronter les procès-verbaux et rapports des gardes (massé, <766.) j) 11° Remonter & (sens latin qui n'est pas usité). Qui en voudra voir davantage sur cette matière peut répéter les endroits de cette histoire où il en est parlé, boss. Far. xv, uo. Illî" Se répéter, v. réfl. Recommencer les mêmes histoires. Les vieillards sont sujets à se répéter. On dit que je me répète, écrivait-il [Voltaire]; eh bien, je me répéterai, jusqu'à ce qu'on se corrige, CONDORCET, Vie de Voltaire. C'est un charme que la mémoire; On se répète jeune ou vieux, bérang. Bouquet. || Se servir souvent des mêmes tours, des mêmes moyens. Ce poète, ce musicien a le défaut de se répéter. Le nombre des pièces de Corneille est beaucoup plus grand que celui des pièces de Racine, et cependant Corneille s'est beaucoup moins répété lui-même que Racine n'a fait, fonten. Parai. Rac. Corn. \\ 18° Être répété, redit. Le même mot se répète trois fois dans un rondeau. || Être renouvelé, avoir lieu souvent. Cela se répète tous les jours. Il 14° Être reproduit, réfléchi. Les lumières se réfléchissent et se répètent sur l'argent des murs et des voûtes, gbnus, Veill. du chdt. t. u, p. < H , dans P0BGENS. Les sapins, devenus tous blancs, se répétaient dans les eaux, stael, Corinne, xrx, B. Les flammes se répétaient au loin dans la mer, m. 16. i, 4. Il Être reproduit symétriquement. Les mêmes ornements se répètent sur les autres faces de l'édifice.

— HIST. xin* s. Jà n'i aura mot répété. Que je sache , se de voir [vrai] non, Meraugis, p. 1 b. Lidoine n'a pas atendu , Ainz a sa parole contée Devant le roi, et répétée L'amour dont cil l'aiment ainsi, ib. p. 37. || xiv* s. Et pour ce que longue chose seroit d'escripre et de repetter tout ce qu'il en monstra et dist, Jf odus, f° cxxxii. || xvi's. Prevoyans que de brief seroyt France privée d'ung tant parfaict chevalier, et que les cieulx le repetoyent comme à eulx de par propriété naturelle, rab. Pant. iv, 27. Philippus, ayant ouy ces paroles, pour la première fois ne feit pas semblant de rien; mais comme il les alloit répétant plusieurs fois entre ses dents.... AMYOT, Alex. 9.

— ÉTYM. Provenç. et espagn. repelir; ital. rtpetere ; du lat. repetere, de re, et petere, demander (voy. pétition).

RÉPÉTITKCR (ré-pé-ti-teur), t. m. || 1° Celui qui répète des élèves, qui donne des répétitions. Répétiteur au lycée. Les particuliers qui tiendront seulement des écoliers pensionnaires.... étudiant actuellement en l'université.... qui les instruiront aux lettres ou par eux-mêmes ou par des maîtres et répétiteurs, Arrêt de la eour des aides, 30 déc. 1682. Docteur en droit, maître es arts, et répétiteur général des humanités, oancourt, la Gaxette, se. 10. J'avais appris que le collège de Clermont, bien plus considérable que celui de Mauriac, faisait seconder ses régents par des répétiteurs d'études ; ce fut sur cet emploi que je fondai mon existence, mar- MONTEL, Mém. I. Il Adj. Maître répétiteur, nom qu'on donne, depuis quelques années, dans les lycées aux maîtres d'étude (voy. étude). || 2° Dans les hautes écoles de sciences, par exemple, à l'école polytechnique, on nomme répétiteurs des professeurs qui interrogent les élèves sur ce qui leur a été enseigné dans le cours principal. j| 8° Terme de marine. Vaisseau qui répète les signaux. || 4° Adj. m. Cercle répétiteur, instrument d'astronomie. Borda.... en donnant aux astronomes le cercle répétiteur, abago, Instit. Mém. seiene. <806, 4"sem. p. 303....

— ÉTYM. Provenç. repeteire ; espagn. repetidor; ital. ripetitore; du lat. repeiilorem, de repetere, répéter.

RÉPÉTITION (ré-pé-ti-sion ; en vers, de cinq syllabes), s. f. \\ 1° Redite, retour de la même expression, de la même idée. Il y a des répétitions d'un mot ou de plusieurs qui sont néce-ssaires, comme : je n'ai fait aujourd'hui que ce que j'ai fait depuis vingt ans; tous nos bons auteurs en sont pleins, et ce serait une grande faute de me pas user de ces répétitions.... il y a une autre sorte de répétition qui est vicieuse parmi nous, et qui choque les personnes même les plus ignorantes ; c'est que, sans nécessité, sans beauté, sans figure, on répète un mot ou une phrase par pure négligence, vaugel. Rem. t. II, p. 889-894, dans pougens. Il faut toujours se ressouvenir que notre langue aime grandement les répétitions des mots, lesquelles aussi contribuent beaucoup à la clarté du langage, que la langue française affecte sur toutes les langues du monde, m. Nouv. Rem. p. ibi, dans pougens. Les stances m'ont paru très-belles et très-dignes de celles qui les précèdent, à quelque peu de répétitions près, dont vous vous êtes aperçu vous-même, RAC. Lett. à Boileau, 24. Toute répétition qui n'enchérit pas doit être évitée, volt. Comm. Corn. Rem. Rod. Il, 2. En général, toute répétition affaiblit l'idée, ID. ib. Pomp. m, 4. Cette répétition [dans Homère] continuelle de combats qui se ressemblent tous, ID. Candide, Xïv. || 2° Action de répéter ce qu'un autre a dit. Je ne fais que de misérables répétitions : monsieur votre fils vous mandera tout assurément, sÉv. Lett. A Bussy, S avril tssi. Il 3° Montre , pendule à répétition, montre, pendule qui répète les heures et les quarts. Charles II, roi d'Angleterre, avait envoyé au feu roi deux montres à répétition, les premières qu'on ait vues en France; elles ne pouvaient s'ouvrir que par un secret, précaution des ouvriers anglais pour cacher la nouvelle construction et s'en assurer d'autant plus la gloire et le profit ; les montres se dérangèrent, et furent remises entre les mains de M. Martineau, horloger du roi, qui n'y put travailler faute de les savoir ouvrir : il dit à M. Colbert, et c'est un trait de courage digne d'être remarqué, qu'il ne connaissait qu'un jeune carme capable d'ouvrir les montres; que, s'il n'y réussissait pas, il fallait se résoudre à les renvoyer en Angleterre ; M. Colbert consentit qu'il les donnât au P. Sébastien, qui les ouvrit assez promptement, et de plus les raccommoda, sans savoir qu'elles étaient au roi, ni combien était important par ces circonstances l'ouvrage dont on l'avait chargé, fonteh. le P. Sébastien. || Fig. Vous me demandez, madame, si j'ai lu des Lettres sur les animaux.... il faudrait qu'une montrç à répétition [l'homme] fût bien insolente, pour croire qu'elle est d'une nature absolument différente de celle d'un tourne-broche [l'animai], volt. Lett. Mme du Deffant, 22 févr. (769. Il Elliptiquement. Une répétition, une montre â répétition. On m'a apporté une répétition, boîte unie, avec ciselure au bord, diamants aux boutons et aux aiguilles, volt. Lett. d'Argental, (< nov. 1772. Il 4° Figure de rhétorique qui consiste à employer plusieurs fois le même mot, le même tour. Cet orateur fait souvent usage de la répétition. De toutes les figures de rhétorique, la plus puissante est la répétition, arago. i| 6° Réitération. J'approuve la répétition de Balaruc [aller une seconde fois aux eaux de Balaruc], sÉv. mars «690 (t. IX, p. 479, éd. Régnier). On dit que le chancelier est fort effrayé de l'érésipèle de M. de Nesmond, qui l'a fait mourir; il craint que ce ne soit une répétition pour lui, m. à Pompone, {" déc. <664. Les langues ne s'apprennent que par l'usage et la répétition, et non pas précisément par la peine, dumars. Œuv. t. i, p. ïbs. Il ne me resta plus qu'une vie sans attrait, sans ressort, qui n'était en effet que la répétition fastidieuse des mêmes actes et des mêmes besoins , barthél. Anach. ch. 78. ||6° Reproduction. Par la proportion des formes, par la grandeur et la figure entière, la gorge-bleue semble n'être qu'une répétition du rouge-gorge, bdff. Ois. t. ix, p. 300. || 7» Terme de beaux-arts. Se dit de la copie d'une statue, d'un tableau, exécutée par l'auteur lui-même. On dit aussi, dans ce sens, un double. || 8° Leçon donnée en particulier à un élève ou à des élèves d'une même classe. Faire, donner des répétitions. {| 9° Action d'essayer ce qu'on doit exécuter en public. Soufl'rez que j'interrompe pour un peu la répétition, mol. Impromptu, 3. Durant la répétition, tout ce qui était de moi fut successivement improuvé par Mme de la Popelinière et justifié par M. de Riche-

lieu, j. ). «ooss. Conf. vil. Je n'en ai point voulu entendre les répétitions, pour avoir le plai.iir de la surprise, legrand. Usurier gentilhomme, se. t7. Parlons de vos répétitions ; vont-elles bien ? marmontel, Mém. m. \] Cette pièce est en répétition, les acteurs sont occupés à la répéter pour la jouer bientôt. || Être en répétition, se dit quelquefois de l'auteur même dont on répète la pièce. || 10° Terme de jurisprudence. Action de redemander en justice ce qu'on croit avoir le droit de réclamer. Répétition de frais. Action et répétition. Tout payement suppose une dette ; ce qui a été payé sans être dû est sujet à répétition, Code Nap. art. 4235. || 11° Ancien terme forestier. Affirmation que les gardes faisaient de leurs procès-verbaux sous le régime des maîtrises.

— HIST. XV* s. Femme à donner ung peu s'applique Pour retirer ung plus grand don. C'est la couleur de rhétorique Que on nomme répétition, coQuiLL. Droits nouv. || xvi* s. Les démesurées répétitions d'une mesme chose, dont usoit Ciceron à tout propos en ses oraisons, monstroient une excessive cupidité de gloire, amyot, Cicér. et Démosth. m.

— ÉTYM. Provenç. repetitio ; espagn. repeticion ; ital. ripetiiione; du lat. repetitionem, de repetere, répéter.

t REPÉTRIR (re-pé-trir), v. a. Pétrir de nouveau. Il Fig. Repétrir sa fortune, refaire sa position. La Troche a si bien repétri et refagoté sa fortune que.... SÉV. 238. Il Fig. Repétrir quelqu'un, en remanier le caractère. Pauline n'est donc pas parfaite; tant mieux, vous vous divertirez à la repétrir ; menez-la doucement, sÉv. 8 déc. 1688.

RHPEIJPLÉ, ÉE (re-peu-plé, plée), part, passé de repeupler. Aratus, qui eut la lâcheté de donner à la ville nouvellement repeuplée le nom de celui [Philippe] qui s'en était montré le plus cruel ennemi, ROLLiN, Ilist. anc. Œuv. t. vu, p. 678.

REPEUPLEMENT (re-peu-plc-man),ï. m. 1| l'Action de repeupler. Le repeuplement d'une colonie. Le repeuplement d'un étang. || 2° Opération qui a pour but de regarnir d'arbres les endroits d'une forêt qui en sont dépouillés. Le repeuplement d'une forêt. Il II se dit des arbres dont on repeuple une forêt. On ne peut recommander assez la conservation et le repeuplement de cette belle espèce de chêne, buff. Exp. sur les végét. 2° mém.

— HIST. XVI* s. En cest endroit le repeuplement du colombier n'est beaucoup tardif, 0. ne serres, 403. Le repeuplement de la ville de Velitres, amyot, Cor. 4 8.

— ÉTYM. Repeupler.

REPEUPLER (re-peu-plé), v. a. \] 1° Peupler de nouveau un pays dépeuplé. Rome, sous Auguste, se trouva presque déserte ; il fallait la repeupler, MONTESQ. Esp. xxvii, 4 . La fable dit que Deucalion et Pyrrha repeuplèrent le monde en jetant des pierres derrière eux, oider. Opin. des anc. philos. [Locke). Il Par extension. De nouvelles troupes de solitaires.... allèrent repeupler les déserts, mass. Panégyr. St Bernard. || 2° Repeupler un étang, y remettre du poisson. || On dit de même: repeupler une terre de gibier. Repeupler une garenne. Repeupler un colombier, une basse-cour. || 3° Repeupler un bois, le garnir d'arbres. M. Vallot, devenu premier médecin, entreprit de relever le Jardin royal; M. Fagon ne manqua pas de lui offrir tous ses soins, qui furent reçus avec joie ; il alla en Auvergne, en Languedoc, en Provence, sur les Alpes et sur les Pyrénées, et n'en revint qu'avec de nombreuses colonies de plantes destinées à repeupler ce désert, fonten. Fagon. || 4° Se repeupler, v. réfl. Se regarnir d'habitants. Cette forêt se repeuple en chênes. La basse-cour se repeuple. D'où s'ensuivra nécessairement qu'avant qu'il soit peu, les revenus du roi et ceux des particuliers s'augmenteront notablement, et que le royaume, dont le peuple est fort diminué, se repeuplera bientôt, attendu qu'il s'y fera beaucoup de mariages, vaiiban, Dime, p. 4 29. Les villes de commerce et où la cour réside se repeuplent toujours par l'affluence des voisins, voit. Mœurs, 29.

— HIST. XV* s. [Edouard ordonne de faire évacuer la ville de Calais] hommes et femmes et enfans ; car je vueil la ville repeupler de purs Anglois, FRoiss. I, I, 322. Le roy vouloit que, pour bien repeupler sa ville de Paris, qu'il disoit avoir esté fort depopulée, que quelques gens de quelque nctiona qu'ils feussent, poussent de là en avant venir demeurer en la di.ne ville, j. de troyes, Chroniques, 1467. Il XVI* s. Monsieur [le duc d'Alençon], duquel la roine de Navarre disoit que, si toutte l'infidélité

RBP

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esloit Danme de la terre, son ftr«r» la pourroit repeupler, d'aob. Hxst. 11, 412. En moins de quinze jours la ville fut repeuplée d'habitans, carl. vu, i6.

— ETYM. Be..., et peupler. On trouve aussi au IV' siècle repopuler.

REPIC (re-pilî.), s. m. Terme de jeu de piquet. Il se dit lorsqu'un des joueurs compte quatre-vingtdix, parce qu'il est arrivé à trente en main avant de jouer, et avant que son adversaire ait pu rien compter. Après une suite traîtresse De pics, de repics, de capots, bébako. Enf. de b. maison. || Kig. et familièrement. Faire quelqu'un repic, le faire repic et capot, le réduire à ne pouvoir rien répondre, et aussi l'emporter, exceller sur lui. Vous allez faire pic, repic et capot tout ce qu'il y a de galant dans Paris, MOL. Prée. 40.

— ETYM. Hé..., et pic 4.

t REPIGER (re-pi-jé) , r. a. Terme populaire. Kattraper, prendre sa revanche. Je te repigerai.

t REPILER (re-pi-lé), v. a. Piler de nouveau. 11 faut repiler cette poudre, afin qu'elle puisse passer par le tamis.

— msT. xvi' s. Repiler, cotgrave.

t REPILLER (re-pi-Ué, Il mouillées), v. a. Piller de nouveau.

— HlST. XVI' s. Ce qui restoit du pillage des huguenots estoit repillé parles catholiques, castelnau, 217.

t REPINCER (re-pin-sé), v. a. Pincer de nouveau. Il Fig. et populairement. Rattraper, prendre sa revanche. Je te repincerai.

t REPIOCHER (re-pi-o-ché), v. ». Remuer avec la pioche une terre déposée sur la berge, avant de la charger dans les tombereaux.

t REPIQUAGE (re-pi-ka-j'), t. m. || 1° Terme de construction. Action d'enlever les pavés enfoncés ou cassés d'une chaussée, pour les remplacer par d'autres pavés. || 8" Terme de jardinage. Transport d'un jeune plant ligneux ou autre, du lieu où il a crû spontanément , ou du lieu dans lequel il a été semé, dans celui où il doit rester définitivement. Il 3° Action de faire des clairs et des ombres sur un papier velouté, une moulure, une feuille d'ornement, etc.

— ETYM. Repiquer.

t REPIQUEMENT (re-pi-ke-man) , *. m. Synonyme de repiquage.

t REPIQUER (re-pi-ké), v. a. Il se conjugue comme piquer. || 1* Piquer de nouveau. || Fig. Armé de deux ou trois bons mots politiques, repiqués d'un peu de littérature [M. Liadières], louis veuillot, cité par sainte-beove. Nouveaux lundis, t. i, p. 68. 1^ i' Terme de terrassier. Piocher la superficie d'une route, pour remplir les cavités, niveler ou bomber. I-I 8° Terme de jardinage. Faire un repiquage. Repiquer un plant. || 4° Terme de brasserie. Repiquer la drècbe, remuer sa superficie, l'égaliser, et y mettre de l'eau une seconde fois.

— HlST. xvi' s. Puis jusqu'au sang leurs destriers repiquant, Haussant la bride en fin les relevèrent,

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