‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 50 sur 754 · BONS · texte numérisé non relu

BONS

RÉPIT (ré-pi; le t ne se prononce pas et ne se lie pas; au pluriel, l's se lie : des ré-pi-z agréables ; Palsgrave, p. 23, dit que respit est prononcé sans s), s. m. Relâche, délai, surséance. Ce créancier ne donne aucun répit à son débiteur. Mes douleurs ne me laissent pas un instant de répit. Selon ces calculs, l'empire papal devrait être tombé en 1620 ou 4 653; or il est encore, et il a quelque répit, Boss. For. XIII, 29. Prenant les deux lieues qui me restaient à faire pour un répit, je me réjouis de ce qui m'eût désolé dans un autre temps, J. I. Rouss. Hél. IV, 6. Il Lettres de répit, ou, simplement, répit, lettres que le roi accordait quelquefois à un débiteur pour suspendre les poursuites des créanciers. On fit casser ses lettres de répit, son répit. Il En matière féodale, souffrance donnée au vassal par le seigneur pour lui rendre foi et hommage, ou pour remplir d'autres devoirs.

— HIST. XIX' s. De part le rei li unt icel respit dune, Th. le mort. 35. Si enveeiad à lui Nathan le prophète, e li dist cest respit [ce dire] : Dous humes furent en une cited.... Rois, p. 4 58. E il [Salomonj fist livres treis mille de respiz e de sages diz, ib. 244. Il XIII' s. Et il les menoit de respit en respit, et leur falsoit d'eures en autres petis paiemens et povres, villeh. xcii. Kt li dus lors respondi, que il lor requeroit respit jusques au quart jour, id. XI. Quant ele s'oï escondire. Si enot tel duel fdeuil] et tel ire [colère]. Et la tint en si grant despit. Que morte en fu sans lonc respit, la Rose, 4 483. Que li vilains le dist en ses respiz : Li fiz au cliat doit prendre la souriz, Agolant, p. 470. || xiv s. Renonce à toutes grâces, indulgences et respiz don-

nées ou à donner, du canoë, apottolieu». Ainsi, com je vous di, lor fu donnez respiz, Guescl. 5753. Quar cent sols ou cent mars vault un jour de respit, Girart de Ross. v. 4 839. || xvi' s. Ce fut un grand respit pour les affaires du roy de Perse, AMYOT, Cimon, 86.

— ETYM. Provenç. respieg , respiech, respieit, respeit ; catal. respecte ; espagn. respecta ; portug. respeito; ital. rispetto ; du lat. respectus, de respicere, regarder en arrière, de re, et specere, voir (voy. spectacle). L'ancienne langue avait le verbe respiter, donner un répit. On remarquera un des sens anciens de respit : proverbe, dicton.

REPLACÉ, ÉE (re-pla-sé, sée), part, passé de replacer. La statue de Napoléon I" replacée sur la colonne de la place Vendôme.

REPLACER (re-pla-sé. Le c prend une cédille devant o et 0 ; replaçant), t). a. Remettre en place. Replacez ce livre. D'un trône où ce héros a su le replacer [le roi des Parthes], corn. Suréna, v, 4. M. Dupuits, ci-devant employé dans l'état-major, va solliciter la faveur d'être replacé, volt. Lett. d'Àrgental, 9 nov. 4 774. Ce mariage vous replacerait au rang que vous deviez naturellement occuper, m'"' riccoboni, Œuv. t. m, p. 346, dans pouge.ns. 11 avait été prêt à verser son sang pour replacer le prince Edouard sur le trône de ses ancêtres, condorcet, d'Arci. jj Se replacer, V. réfl. Se remettre en place. Ce domestique s'est replacé. Les vampires qui allaient sucer le sang de leurs voisins, et venaient ensuite se replacer dans leurs bières, volt. Bict. phil. Vampire. Après le souper, ils se replacent sur ce beau canapé dont on a déjà parlé, m. Candide, B.

t REPLAIDER (re-plè-dé), v. n. Plaider de nouveau. Où irons-nous? plaidera la plus voisine juridiction de Cirey, et de là replaider à Bruxelles, VOLT. Lett. en vers et en prose, 76.

— HIST. xiii* s. Si li homes ne volent croire le bailli du recorder.... li baillis doit fere repledoier le [la] querelle en le [la] présence des homes, beauu. i, 34 . Il XVI' s. Les dames n'y furent pas oubliées [dans l'expédition de Henri IV pour reprendre Amiens], et là fut replaidée la mesme cause que Tacite raconte des armes [armées] romaines, si les femmes y. sont suportables ou non, d'aUB. Hist. lit, 388.

f REPLAINDRE (re-plin-dr'), v. a. Il se conjugue comme plaindre. Plaindre de nouveau.

— HIST. xiii" s. Se cil à qui le [la] dete est deue se replaint à tort, beaum. xxx, 50. Plusours entrepresures dont l'abbes et li couvons se plaignoient de Jehannet, et li dis Jehannés se replaignoit ausi de l'abbei et du couvent, Ribl. des ch. 6' série, t. m, p. 685.

t REPLANIR (re-pla-nir), v. a. Finir un ouvrage de menuiserie avec le rabot et le racloir.

— ÉTYM. Be..., et plan, adj.

f REPLANT (re-plan), s. m. Nouveau plant, t REPLANTAHLE (re-plan-ta-W), adj. Qui peut

être replanté.

— HIST. xvi' S. Tout cela doit estre semé, et le replantable replanté, la lune estant pleine ou en decours, 0. DE SEBRES, 508.

t REPLANTATION (re-plan-ta-sion), t. f. Synonyme de replantement.

REPLANTÉ, ÉE (re-plan-té, tée), part, passé de replanter. Des arbres replantés. || Fig. et familièrement. Me voilà toute replantée à Paris, après quatre jours de campagne, sÉv. 4 6 nov. 4 688.

t REPLANTEMENT (re-plan-te-man), s. m. Action de replanter; résultat de cette action.

— HIST. XVI* s. Chasque replantement vaut un demi-enler, aidant beaucoup à l'affranchissement des plantes sauvages, o. de serres, 635.

REPLANTER (re-plan-té), v. a. Planter une seconde fois le même végétal ou le même terrain. Replanter un bois, une forêt, un poirier, un champ.

— HIST. xiv s. Les chouli dessusdis sont semés, puis, quand ils sontcreus à demy pié de hault, sont ostés et replantés, Ménagier, il, 6. || xvi' s. En autre temps que cestui-là [la paix], on ne peut replanter les bonnes mœurs et le bon ordre, langue, 38. Le principal effet fut par les eschelles, desquelles quatre estans renversées par terre, furent aussi tost replantées, d'aub. Hist. m, 404.

— ETYM. Be..., et planter. t REPLAQUER (re-pla-ké), t). O. Il se conjugue

comme plaquer. Plaquer de nouveau.

— HIST XV' s. Quant le roy Gadiffer tint la lettre, il la print à lire, dont apperceut pleinement la mauvaise trahison, car elle estoit contrefaicte, et le seel replacqué dessus, Perceforest, t. iv, f* 79.

— ÊTYM. Be..., et plaquer; wallon, raplakt. REPLÂTRAGE (re-plâ-tra-j') , s. m. || 1° Réparation superficielle faite avec du plâtre. || 2° Fig. et

ramllièrement. Mauvais moyen qu'on emploie pjur réparer quel<|ue chose. Je crains qu'en fait de législation M. d'Aguesseau ne nous fasse jamais que du replâtrage, voykr d'argensoi», Mém. p. 4 65, dans pouGENS. || 3' Fig. Réconciliation peu sincère, peu durable. Une lettre I quelque replâtrage, th. leclerq, Prov. t. i, p. 4 24, dans pougens.

— ÉTYM. Replâtrer.

REPLÂTRÉ, ÉE (re-plâ-tré, trée), part, passé de replâtrer. On accusa Mme la duchesse de quelques chansons sur Mme de Chartres ; enfin tout fut replâtré, st-sim. 24, 4». Ce départ effectué, suivi d'une destitution mal replâtrée par une ambassade qui ressemblait à un exil, Corresp. du gén. Klinglin, I, 395.

REPLÂTRER (re-plâ-tré), e. o. || 1' Renduire de plâtre. Il Fig. Je ne me contente pas d'un changement léger et superficiel [de l'âme] ; il n'est pas ici question de replâtrer seulement cet édifice, je veux qu'on retouche jusqu'aux fondements, boss a* term. Piques, 4 . Il Absolument et fig. Cherchez-y [au confessionnal] des amis et non des flatteurs, des juges et non des complices. .. ne vous contentez pas de replâtrer où il faut toucher jusqu'aux fondements, ID. Serm. Haine de la vérité, 3. {| 2" Fig. et familièrement. Chercher à couvrir une faute. M. le Duc, toujours furieux, ne put être induit à chercher à la chaude à replâtrer l'affront, ST-sm. 99, 64. Créons des charges, des offices, Billets d'État, écus factices, Empruntons à tout l'univers, Replâtrant par des injustices Nos sottises et nos revers, volt. Lett. en vers et en prose, 4 23. Passer la moitié de votre vie à faire des sottises que vous vous gardez bien d'avouer, et l'autre à les replâtrer, m"' d'épinat, Mén t. II, p. "4, dans POUGENS.

— HIST. XVI' s. Je laisse courir mes inventions sans en replastrer et recoudre les defaults, mont, i, 4 56,

— ÉTYM. Re..., et plâtrer; wallon, riplastré. REPLET, ETE (re-plè, plè-t'), adj. Qui a trop

d'embonpoint. Vous êtes pourtant plus replet. Ai lieu qu'il était maigrelet, scarr. Virg. viii. Elle se transforma en une petite femme replète, id. Rom. com. II, 4 0. Partant, lecteurs, si quelqu'un se présente  vos regards, ayant face riante. Couleur vermeille et visage replet, la pont. Papef. Peut-être la constitution lâche, molle et replète étant bien d'un Silène, d'une bacchante et d'autres êtres crapuleux, conviendrait-elle tout à fait dans une bacchanale, dider. Salon de 4767, Œuv. t. xv, p. 445, dans PODGENS. Il II ne se dit pas des animaux ; Chateaubriand ne l'a dit de l'ours qu'en le comparant à un ermite : L'ours n'est pas toujours renfermé dans le trou d'un pin ; il habite souvent une tanière dont il a bouché l'entrée; cet ermite est quelquefois si replet qu'il peut à peine marcher, quoiqu'il ait vécu une partie de l'hiver sans nourriture. Amer. Chasse.

— HIST. XIV' S. X ceux qui sont replès de mauvaises humeurs, h. de mondeville, f'44. Ceulz desquelz la nature est trop replète et mal disposée, ORESME, Eth. 220. {j XV' S. Criant haultement devant les portes des royaulx palais, devant les fenestres des prélats cras et replès, a. chastel. Expos, s. ver. mal prise. || xvi' s. Et puis il n'estoit pas encore bien éveillé, comme sont gens replets, et qui ont repu au soir, desper. Contes xxix.

— ETYM. Provenç. replet; espagn. repi«to; du lat. repletus, rempli, de replere, remplir, fait de re, et plere, emplir (voy. plbin).

RÉPLÉTION (ré-plé-siun ; en vers, de quatre syllabes), î. f. \\ 1° Surcharge d'aliments. On est plus souvent malade de réplélion que d'inanition. Il 2' Abondance de sang et d'humeur. Si ma mère s'était abandonnée au régime de ce bonhomme.. .. elle ne serait point tombée dans cette maladie, «'jUl ne vient que d'une réplétion épouvantable d'humeurs, CH. de SÉv. dans sÉv. 3 févr. 4676. Il embarrasse tout le monde, ne se contraint pour personne, ne plaint personne, ne connaît de maux que les siens, que sa réplétion et sa bile, la brut. XI. Il Fig. Roquebrune en manqua mourir de réplétion d'amour, scarr. Rom. com. ii, 47. Vous savez bien que le médecin me dit hier devant vous, que j'avais une réplélion de paroles si excessive, que si je n'y donnais ordre.... baron. Homme à bonnes fort. I, 4. Il 3' Anciennement, en termes de bénéfices, l'état d'un gradué qui était rempli, c'est-àdire qui avait obtenu un bénéfice en vertu de ses grades.

— REH. Notez la différence de prononciation entre replet et réplétion.

— HIST. XIV' s. Delettacion est replecion de c< que est selon nature, oresme, Eth. 299. || xvi* f. L'abondance et replecion qui se fait de tous les hu<

REP

RÊP

RËP

meurs est nommée phletore ou plénitude, pxiiâ, Intr. 17. Lun et l'autre [le corps et l'esprit] s'apparesse cruellement en moy par la repletion, mont, m, î88.

— ÉTVM. Provenç. replecio; espagn. replecion; ital. ripîexione; du lat. repletionem (voy. replet).

t BEPI.EURER (re-pleu-ré), v. a. Pleurer de nouveau. Je vins à Saumur où nous vîmes Vineuil : nous repleurâmes M. de Turenne ; il en a été vivement touché, sÉv. 2(8. Il F. n. Je suis plus touchée que je ne l'étais, lorsque vous étiez en chemin; je repleure sur nouveaux frais, sév. 4< mars 4671.

t REPLEDVOIR (re-pleu-voir), ». n. Il se conjugue comme pleuvoir. Pleuvoir de nouveau.

— HIST. xvi* s. Repleuvoir, cotghavb.

REPLI (re-çli), s. m. ||1° Pli doublé. Faire un repli à une étoffe. || Pli qu'on faisait au bas des lettres patentes, et sur le revers duquel on écrivait. L'avocat général Séguin [au lit de justice du 6 août 1788].... pour la forme et pour l'usage conclut à l'enregistrement, lequel fut, de l'ordre du roi, mentionné au repli des édits, larcy, Correspondant, 26 mars 4867, p, 6ï!8. || 2° Sinuosités que font les reptiles quand ils se meuvent. L'adresse de sa main puissante [de Dieu] a fait paraître le serpent plein de replis, saci, Bible, Job, xxvi, i s. Il [le serpent] lève un peu la tête, et puis siffle aussitôt. Puis fait un long repli, la font. Fabl. vi, 4 3. Sa croupe [d'un monstre marin] se recourbe en replis tortueux, RAC. Phèd. V, 6. Le Dragon [constellation] tient toujours les deux Ourses glacées Dans ses replis divers fortement embrassées, malpil. Gén. de Virg. Géorg. || Fig. Quand la passion devient impétueuse et rnpide, les replis du dialogue ne sont plus dans la nature, harmontel, Œuv. t. vi, p. 485. Il 3° Par analogie. Il se dit de certains objets qui ont un mouvement comparé à celui des reptiles.

Les replis d'une écharpe, d'un drapeau, etc L'un

d'eux aperçut le papier attaché Aux replis de sa robe où lui l'avait caché, mair. Sophon, i, 4. || Fig. Un voile de sagesse et d'honnêteté fait tant de replis autour de son cœur, qu'il n'est plus possible à l'œil humain d'y pénétrer, j. J. rouss. Hél. iv, 4 4. Il 4° Repli du front, ride. Il est assez nouveau qu'un homme de son âge Ait des charmes si forts pour un jeune courage. Et que d'un front ridé les replis jaunissants Trouvent l'heureux secret de captiver les sens, corn. Sert, ii, 4 . || 6° Se dit aussi des sinuosités d'un sentier, d'un fleuve. Mais le plus bel objet c'est la Loire sans doute; On la voit rarement s'écarter de sa route, Elle a peu de replis dans son cours mesuré, la font. Lett. 7. Un jour que la beauté d'un ruisseau l'avait attirée, elle se laissa conduire insensiblement aux replis de l'onde, id. Psyché, I, p. 48. Combien de fois nous avons porté nos pas vers les bords du Méandre, qui, après avoir reçu plusieurs rivières, se répand en replis tortueux au milieu de cette plaine qui s'honore de porter son nomi barthél. Anach. ch. 72. Il avait d'aiord fallu passer la Louja au pied de Malo-Iaroslavetz, dans le fond d'un repli que fait son cours, ségdr, Hist. de Nap. IX, 2. Il Replis de la tranchée, retours, coudes ou zigzags de la tranchée, qui servent à faire éviter les enfilades. || 6° Fig. Ce qu'il y a de plus caché en quelque chose. Et d'une main audacieuse [un savant] Vous dévoilera les replis De la nature ténébreuse, VOLT. Ép.xxxin. Développer les replis de l'artifice et du mensonge; peindre sans ménagement la fraude ou l'usurpation, l'âme d'un fourbe démasqué, ou d'un scélérat confondu, marmontel, Œuv. t. v, p. 308. Il Particulièrement. Ce qu'il y a de plus secret dans l'âme. J'admire l'insolence de ces gens de néant en tout sens qui s'imaginent avoir pénétré dans tous les replis des cœurs de ceux qui ont le plus de part dans les affaires, retz, Mém. t. ii, liv. m, p. 398, dans POHGENS. Les soigneuses recherches que faisait Marie-Thérèse jusque dans les replis les plus secrets de son âme, fléch. Uar.-Thér. Seigneur, qui éclairez les plus sombres replis de nos consciences, ID. Turenne. Dans les replis de l'âme ils [les secrets mouvements de l'amour] viennent nous surprendre, volt. Œdipe, il, 2.

— HIST. XVI* s. Il jette les anneaux tous ensemble dans le reply de son manteau, amyot, Timol. 42. Le duodénum a esté ainsi nommé, à cause qu'il est

sans révolution, reply ou entortilleure paré, i,

4 4. Le cerveau est divisé par les replis de la dure mère, id. m, «. Portant au front deux replis de laurier, Pour estre ensemble et sçavant et guerrier, BONS. 679. C'est une espineuse' entreprise.... de suyvre une allure si vagabonde que celle de nostre esprit, de pénétrer les profondeurs opaques de ses replis internes.... mont, ii, 69.

— KTYH. Re et pli; proveng. replec.

fREPLlARLE (re-pli-a-bl'), adj. Terme de botanique. Se dit de deux feuilles qui, en s'appliquant l'une contre l'autre par leur face supérieure, rencontrent la tige parallèlement à leur nervure médiane.

t REPLICATIF, IVE (re-pli-ka-tif, ti-v'), adj. Terme de botanique. Oui est replié sur soi-même; se dit en parlant des feuilles pendant la préfoliation.

— ÊTYM. Lat. replicare, replier (voy. replier). REPLIÉ, ÊE (re-pli-é, ée), part, possède replier.

Il 1° Plié après avoir été déplié. Une pièce repliée dans les mêmes plis. Les ailes repliées s'étendent au delà du milieu de la queue, bufp. Ois. t. vi, 47. Il 2° Plié en une ou plusieurs fois. Un serpent replié sur lui-même.

t REPLIEMENT (re-pli-man), t. m. Action de replier. Etat de ce qui est replié. Quelquefois j'ai vu le repliement [de la feuille] s'opérer sur un des côtés de la tige, bonnet, Usag. feuilles, 2« mém.

REPLIER (re-pli-é), v. a. Il se conjugue comme plier. Il 1° Plier ce qui avait été déplié. Replier une étoffe. Il faut replier cette marchandise. || 2" Remettre sous le pli ce qui était déployé, exposé à la vue. Il [le paon] replie tous ses trésors, et les cache à qui ne sait point les admirer, bufp. Ois. t. iv, p. 6. Il 3* Replier un détachement, un corps, un poste, l'obliger à se retirer (par comparaison des bataillons à une étoffe qu'on replie). La droite disperse les ennemis dans la plaine; la gauche les replie dans un marais qui offre l'aspect d'une prairie et dans lequel ils s'engagent et restent ensevelis, barthél. Anach. Introd. part, ii, sect. 2. Reille, presque au sortir de ses bivacs , donna sur les avant-postes prussiens ; ils étaient sous les armes ; il les replia, charras, Waterloo, ch. 6. || Se rapprocher de l'armée. Le général replia son avantgarde. Il 4° Courber, plier une ou plusieurs fois. Un bateleur plie et replie son corps. || B° Se replier, V. rifl. Se plier une ou plusieurs fois. Voyez comme ce serpent se replie. Il [Phédon, ou l'homme pauvre] va les épaules serrées, le chapeau abaissé sur les yeux, pour n'être point vu; il se replie et se renferme dans son manteau, la brut. vi. Neptune de son trident frappait la terre , et on en voyait sortir un cheval fougueux; ses jambes souples et nerveuses se repliaient avec vigueur et légèreté, fén. Tél. xvu. Ils se rejoignent, ils se saisissent, ils se replient comme des serpents, volt. Zadig, 19. L'onde respectueuse, A ces mots suspendant sa course impétueuse, S'ouvre, et, se repliant en deux monts de cristal. Le porte [Aristée] mollement au fond de son canal, delille, Géorg. iv. || Terme d'équitation. Ce cheval se replie sur lui-même, il tourne subitement de la tête à la queue soit par peur, soit par fantaisie. Il 6° En parlant d'un corps de troupes, faire un mouvement en arrière et en bon ordre. Le régiment se replia sous une grêle de balles. || Par extension. L'océan dans son lit se replie en grondant, bernis, Belig. veng. ii. || 7" Se dit des sinuosités d'un fleuve, d'un chemin, d'un vallon. En cet endroit le fleuve se replie tout à coup. || 8* Fig. Prendre de nouveaux biais pour réussir. Il faut qu'en cent façons pour plaire il [l'auteur dramatique] se replie, boil. Art p. m. En combien de façons son esprit se replie ! destouch. Diss. ii, 6. |{ 9" Se replier sur, se rabattre sur. Puis, se repliant suivant son usage sur la morale, il [Sénèque] gourmande avec beaucoup d'éloquence l'avarice, l'abus de la richesse et l'extravagance du luxe, DiDER. Claude et Nér. ii, 33. || 10" Se replier sur soi-même, se recueillir, réfléchir en soimême. Que chacun se replie sur soi-même et examine la vérité de ce que je vais dire, l'abbé houteville, dans desfontaines. J'aimerais mieux qu'on laissât ces jeunes cœurs se replier sur eux-mêmes, et se livrer à une agitation qui n'est pas sans charme, }. 1. ROUss. Ém. v. La réflexion est la puissance de se replier sur ses idées, de les examiner, vauven. 'Réflexion. Sur elle-même enfin mon âme se replie. Et tombe par degrés dans la mélancolie, st-lamb. Sais. m. En me détachant de lui, ma sensibilité se replia sur moi-même, genlis. Vœux témér. t. n, p. 2, dans POUGENS.

— HlST. XVI* s. Tous les jours et à toute heure nous disons d'un autre ce que nous dirions plus proprement de nous , si nous sçavions replier aussi bien qu'estendre nostre considération.... mont, ii, 82.

— ÊTYM. Wallon, riploy ; du lat. replicare, de re, et plicare, plier.

RÉPLIQUE (ré-pli-k'), s. f. \\i° Terme de palais. Réponse sur ce qui a été répondu ; réponse à la réponse de la partie adverse. Cet avocat est fort sur la réplique. Il demande à être entendu en réplique. Vous prétendez que, si votre Démosthène était chargé de votre cause, il la mettrait hors de répli-

que, DIDEK. Lett. à Falconet, févr. 4766. || Par extension. Encore un petit mot, et puis plus : c'est pour commencer une manière de duplique à votre réplique, sÉv. à Busty, 28 août 4 668. || Terme de droit romain. Exception opposée par le demandeur à l'action principale, contre l'exception opposée par le défendeur. {| 2° Il signifie simplement aussi réponse à ce qui a été dit ou écrit. Je vois.... Que le temps se va perdre en répliques frivoles, corn. Olhon, I, 4. Sans dotl ahl il n'y a pas de réplique à cela; on le sait bien; qui diantre peut aller là contre? mol. l'Av. i, 7. Le roi prit la 'parole.... et fit un signe de tête à l'ambassadeur qui lui fil comprendre qu'il ne voulait pas de réplique, sfiv. 4 o». Une décision qui ne souffre aucune réplique, boss. Hist. II, 4. Il faut que vous soyez capable de tout ; que je ne vous voie jamais, et point de réplique, MARiv. Fausse» confi.d. m, ». J'ai vu dans le billet de Laure un argument auquel votre cœur n'a point de réplique, j. i. rouss. Hél. vi, 4. C'est ainsi que la réplique doit partir sur le trait qui la sollicite, MARMONTEL, Œuv. t. VI, p. 486. Un avantage que semble avoir l'éloquence de la chaire sur celle du barreau, c'est que l'orateur parle seul et n'est point exposé à la réplique, id. ib. t. vi, p. 38. Elle devinait la pensée, et ses répliques étaient des flèches qui jamais ne manquaient le but, id. Uém. v. Dans les cas difficiles à juger, une bourse d'or me parait toujours un argument sans réplique, beaumarcb. Barb. de Sév. iv, 4. || 3* Terme de théâtre. Le dernier mot que dit un acteur avant que son interlocuteur prenne la parole. Être attentif à la réplique. Ce qui avait étourdi tous les autres acteurs, et fait manquer à tous moments les répliques du dialogue et tous les effets de la scène, marmontbl, Mém. VI. Bonjour, Crispin, bonjour ; allons donc, k vous, puisque je vous donne la réplique, picard. Vieux comédien, se. 24. Aucun vers ne m'arrête; Je cours à ma réplique, c. delav. tes Comédiens, V, 6. Il L'Académie dit qu'en ce sens on prononce souvent réplique. || C'est aussi la réponse que fait un acteur à ce qui vient d'être dit par un autre. Ma réplique a manqué, ces vers sont ajoutés, rotrou, St Genest, iv, 6. || 4° Terme de musique. Répétition ; il se dit des octaves qu'on regarde comme n'étant proprement que la répétition du son dont elles sont les octaves. L'intervalle redoublé est celui qui passe l'étendue d'une octave ; il est toujours la réplique d'un intervalle simple, i. i. Rotiss. Dissert, sur la mus. mod. || La répétition que tait un instrument d'une phrase de chant déjà exécutée par un autre instrument ou par la voix. || Se dit quelquefois pour réponse, en parlant d'une fugue. Il B° Terme d'archéologie. Répétition, double d'un monument figuré. La réplique d'un camée.

— HIST. XV* s. Et peur ce, sans faire répliques, Desploiez tout vostre panier, ch. d'orl. Chanson, 79. Il XVI* s. Responses, dupliques, répliques, tripliques, quadrupliques.... mont, m, 63. Chose bien dite n'a réplique ne redite, cotgrave. Je suis muet, quand leur langue me poind ; Toute réplique est tarie en ma bouche, desportes, Œuv. chrest. xviii, psoJ. 38.

— ÉTYM. Voy. répliquer.

RÉPLIQUE, ËE (ré-pli-ké, kée), part, passé de répliquer. Les arguments répliqués à la réponse faite par l'avocat.

RÉPLIQUER (ré-pli-ké), je répliquais, nous répliquions, vous répliquiez; que je réplique, que nous répliquions, que vous répliquiez, v. a. Il 1° Répondre sur ce qui a été répondu par celui i qui l'on parle. Il me répondit telle ou telle chose, mais je lui répliquai cela et cela. || Absolument. Mon avocat a parlé le premier, le vôtre a répondu, le mien répliquera. || 2* Il signifie quelquefois simplement répondre. M. de Grignan m'écrit une lettre fort honnête ; il me fait voir qu'il ne veut pas que j'aie mauvaise opinion de lui, et conte si bien toutes ses raisons, qu'il n'y a rien à lui répliquer, SÉV. 4 2, 43 et 14 mai 4680. Qu'aurait-il à répliquer, puisque, dans ces lettres mêmes, il dit pis que tout cela? BOSS. i" avert. 46. Il [le roi de Prusse] me répéta deux fois ces paroles [je vous jure sur l'honneur que je n'ai pas fait de propositions à la reine de Hongrie contre la France], en me frappant sur l'épaule ; et vous sentez bien que, quand un roi jure deux fois sur son honneur, il n'y a rien à répliquer, VOLT. Lett. Amelot, 3 oct. 4743. || 3° Répondre en s'obstinant, parler quand on devrait obéir et se taire. Cet enfant a toujours quelque chose i répliquer. || Absolument. Ne réplique point, je connais ton amour, corn. Cid, i, 8. Je l'ai dit, je la veux, ne me répliquez pas, mol. Femm. sav. v, 3, Je ne réplique pas à ce qu'un maître ordonne, 10.

REP

RËP

RÊP

Sgan. 7. Ts ne se contentent pas toujours de répliquer avec aigreur ; ils attaquent souvent avec insolence; ils frappent sur tout ce qui se trouve ■eus leur langue, la brut. v.

— HIST. xiv s. Comment la dame des chiens réplique [à la dame qui défenJoit la fauconnerie], Modtis, t" cviii. Que vous ne soyez arrogant ne répliquant contre celluy qui sera vostre mari, Ménagier, i, 6. || xv* s. Là lui fist-on recorder de rechef toutes les paroles, requestes, ou prières que il faisoit au roi.... tantost il les répliqua doucement et sagement toutes, FHOiss. II, III, *e. Confusion te suit et deshoneur; Ty fait [tes actions] à tes diz répliquent, E. DEscH. Poésies mss. f° 229. ||xvi* s Et

la mesme demande luy estant de rechef répliquée, il respondit que.... amyot, Crass. 28. Platon tansa un enfant qui jouait aux noix. 11 luy respondit : Tu me tanses de peu. L'accoustumance , répliqua Platon, n'est pas chose de peu, mont, i, t07.

— ÉTYM. Prov. et espagn. replicar; ital. replieare; du lat. replicare, raconter, dire, proprement replier (voyez ce mot).

t REFLOIEHENT (re-plot-man) , ». m. Action de se reployer.

— HIST. XIII* s. Reploiemens est quant li parleres dit deus ou trois ou plusors parties, desqueles se ses aversaires [son adversaire] conferme l'une, quele que ele soit, certes il sera conclus.... quelque partie que tu preignes, je en retrai mon argument qui te conclust par nécessité, brun, latini. Trésor, p. b37.

— ÉTYM. Reployer.

REPLONGÉ, ÉE (re-plon-jé, jée), part, passé de replonger. Remis dans l'eau. || Fig. Je serais au désespoir que la pauvre Mme de Vins fût replongée dans toutes les chicanes dont elle s'était tirée, sév. 20 août <690. Elle [Mme de Vins] est toute replongée dans sa famille, plus que jamais accablée de ses procès, id. avr. 4680. La Bohême se vit replongée dans des guerres plus sanglantes que toutes les précédentes, boss. Var. xi, i72. J'entrevoyais le jour, et mes yeux affligés Dans la profonde nuit sont déjà replongés, volt. tiér. ii, a.

REPLONGER (re-plon-jé. Le g prend un e devant o et o; replongeons), v. a. \\ 1° Plonger de nouveau. Cette étoffe n'a pas assez bien pris la teinture, il faut la replonger dans la cuve. Le dauphin rit, tourne la tête. Et, le magot considéré, Il s'aperçoit qu'il n'a tiré Du fond des eaux rien qu'une bête; Il l'y replonge.... la pont. Fabl. iv, 7. || Fig. Vous la replongerez [Rome], en quittant cet empire, Dans les maux dont à peine encore elle respire, coHN. Cinna, ii, t. Le sommeil eut encore une fois pitié d'elle j il la replongea dans les charmes de ses pavots, la font. Psyché, i, p. 3». Tout ce qui se mesure finit; et tout ce qui est né pour finir n'est pas tout à fait sorti du néant où il est si tôt replongé, BOss. Duch. d'Orl. Bientôt de Jézabel la fille meurtrière, Instruite que Joas voit encor la lumière, Dans l'horreur du tombeau viendra le replonger, rac. Athal. iv, 3. Une réponse courte de Mentor la replongeait dans ses incertitudes, FÉN. Tél. vu. Le même coup qui replongea l'Europe dans d'éternelles guerres, j. 3. booss. Poix perpét. Il 2° V. n. S'enfoncer de nouveau dans l'eau. X peine sorti de l'eau, il replongea pour essayer de sauver un homme qui se noyait. Et la sonde Plonge et replonge encor dans une mer sans fond, c. DELA VIGNE, Messéniennes , Christophe Colomb. Il 3° .Se replonger, v. réfl. Se mettre de nouveau dans l'eau. Doris se replongea dans ses grottes humides, Et, par cette leçon, apprit aux Néréides X fuir de semblables hasards, j. b. houss. Cant. V. Promener sur les eaux leur troupe vagabonde, Se plonger dans leur sein, reparaître sur l'onde, S'y replonger encore, et par cent jeux divers Annoncer les torrents suspendus dans les airs, de- LiLLE, Géorg. 1. 1| Par extension. Comme les oiseaux obligent les chals-huants à se replonger dans les trous des masures, volt. Princ. de Babyl. iO. Il Fig. 11 se replonge dans tous les excès des premiers réformateurs, boss. Var. (4. Que si vous dites qu'aussitôt après [l'universelle conversion des hommes], le monde se replongera dans l'incrédulité, boss. 4" instruct. paslor. 46. Je me replongeai dans une affreuse rêverie, lesage, Gil Bl. va, 6. Cela est fort cruel, répondit la dame, et elle se replongea dans la mélancolie, volt, les Deux consolés. — HIST. XII* s. Allemant viennent plus de quatre milier, Qui ou chastel les firent replongier [se retirer], Garin le Loh. t. i, p. 243. ||xvi' s et

d'icelle la cire se sépare facilement, en replongeant la paellette dans l'eau frescbe, o. ce serres, 462.

t RKPLOYER (re-plo-ié), v. o. H se conjugue comme ployer. Le même que replier. Clymène ayant enfin reployé son ouvrage, la font. Filles de Hinée. Emmanuel pria Jéhova de replcyer ses rayons, et de n'en laisser échapper qu'un seul, chateaubr. Natchex, iv. jj Se reployer, v. réfl. Faire un repli, présenter un repli. Et plus loin, où la plage en croissant se reploie, lamart. Harm. ii, 4. || Se retirer, en parlant d'un corps de troupes. Un seul de leurs boulets [des Russes] eût suffi pour anéantir l'unique planche de salut qu'on allait jeter pour joindre les deux rives [de la Bérézina]; mais cette artillerie se reployait à mesure que la nôtre se mettait en batterie, ségur, Jlist. de Nap. xi, 6.

— REM. Saint-Simon, BI5, 82, l'a employé neutralement, pour dire faire un détour : J'avançai lentement vers le greffier, et, reployant entre les deux bancs, je traversai la largeur de la salle. Cet emploi n'est plus usité.

— HIST. XIII* s. II reploia et mua ce que tu entendoies, brun, latini. Trésor, p. B57.

REPOLI, lE (re-po-li, lie), part, passé de repolir. De l'argenterie repolie.

REPOLIR (re-po-lir), v. a. Polir de nouveau. Repolir de l'acier. || Par extension. C'est que l'âme de l'homme est une onde limpide Dont l'azur se ternit à tout vent qui la ride. Mais qui, dès qu'un moment le vent s'est rendormi. Repolit la surface.... lamart. Harm. i, b. || Fig. Corriger de nouveau. Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage. Polissez-le sans cesse et le repolissez , boil. Art p. i. Isocrate a vieilli faisant, polissant, repolissant, refaisant un très-petit nombre d'ouvrages, barthél. Anach. ch. 8.

— HIST. XV* s. Quant le chevalier au noir lyon se fut repoly [rajusté] en ses armes, et il veit par terre son homme, il en fut moult joyeulx, Perceforest, t. m, ^41.11 xvi* s. Si est-ce que, quand les plus viles matières sont repolies [polies], elles ne laissent de donner quelque lustre, lanoue, 627. Les coulonnes furent taillées en la quarriere du marbre pentelique ; depuis elles furent retaillées et repolies à Rome, amyot, Publ. 29.

t REPOLISSAGE (re-po-li-sa-j'), ». m Action de repolir.

REPOLON (re-po-lon), ». m. Terme de manège qui parait aujourd'hui inusité. Volte que le cheval forme en cinq temps.

— ÉTYM. Origine inconnue.

f REPOMPEMENT (re-pon-pe-man) , ». m. Action de repomper. Un repompement continuel de cette liqueur dans le corps de l'animal, bufp. Hist. anim. ch. <o.

t REPOMPER (re-pon-pé), V. a. Pomper de nouveau. Quand le bois est parvenu aux deux tiers de son dessèchement, il commence à repomper l'humidité de l'air, boff. Expér. sur les végét. 2* mém. Les liqueurs.... sont continuellement repompées par de petits vaisseaux qui les conduisent dans d'autres vaisseaux plus grands, bonnet, Consid. corps org. Œuv. t. v, p. 168, dans pougens. Une lame argentée [chez le végétal].... Chassant l'air altéré, repompe un air plus frais, delil. Trois règnes, vi.

t REPONCHONNER (re-pon-cho-né), v. n. Remettre de la teinture dans un bain épuisé.

RÉPONDANT (ré-pon-dan), ». m. || 1° Celui qui subit un examen, qui soutient une thèse. La prédilection du répondant [pour une certaine opinion] ne s'y fit sentir [dans la thèse] que par la force des raisons qui la justifiaient, mairan, Éloges, Poiignac. Il 2° Celui qui répond la messe. || 3° Celui qui se rend caution pour quelqu'un. Et je n'aurai que faire de répondant.... balz. liv. vi, lett. 8. Vous aurez un trésor dans ce garçon-là ; je suis son répondant, LESAGE, Estev. Gonx. 6. Mon enfant, me dit-elle, j'aperçois une sincérité dans ce que vous me dites, qui doit vous tenir lieu de répondant, mabiv. Pays. parv. 4" part, jj Ironiquement. Voilà un bon répondant.

— HIST. xiu" s. Il ne le nous vouloit baillier, S'on respondant ne li bailloit, A cui il penre s'en pourroit, Saint Graal, v. 1866. ||xiv* s. Vous serez bien assouz, de ce ne sui doutans, Mais de l'argent baillier ne sui point respondans, Guescl. 7570. Il XVI" s. Si respondant voulez, je le veux bien, Mon cœur respond et se met en ostaige, marot, vi, 267. Ce sont pour moi mauvais respondants que magiciens, mont, i, toi. Ce qui rend un ami asseuré de l'aultre, c'est la cognoissance qu'il a de son intégrité; les respondants qu'il en a, c'est son bon naturel, la fov et la constance, la boétie, Servit, vol.

— ÉTYM. Répondre.

RÉPONDRE (ré-pon-dr"), je réponds, tu réponds, il répond; je répondais; je répondis; je répondrai; je répondrais; réponds, répondons; que je réponde, que nous répondions ; que je répondisse; répondant; répondu, v. a. \\ 1* Faire une réponse à ce qui a été dit, écrit ou demandé. Il ne répondit que deux mots. Vous m'écriviez des folies, et je vous en répondais, sév. à Busty, 9 juin <6e9. Est-ce vous, comte, qui n'avez point aimé ma dernière lettref est-ce vous qui m'y avez répondu ce que voilà 1 m. ib. 9 juin (669. Il [Lamoignon] répondit i ceux qui le priaient de se ménager, que sa santé et sa vie étaient au public et non à lui, PLicH. Lamoignon. Il Répondre un mémoire, une lettre, y laire réponse. Le mémoire [de Stairs] fut répondu de manière qu'on en fut content en Angleterre, ST-sm. i'M, 4 4 2. L'éloignement du bureau de la poste me force toujours de mettre un grand intervalle entre les lettres que je reçois et celles que je réponds, volt. Lett. Damitaville, il déc. 4767. J'ai continuellement un grand nombre de lettres à répondre, }. J. Rouss. Lelt. à Mme Latour, 26 déc. •4763. || Impersonnellement, au passif. Il a été répondu que, ce lieu [Nimègue] ayant été accepté par toutes les parties, on n'en pouvait nommer un autre, pellisson, Lett. hist. t. 11, p. 429. || Répondre une requête, se dit du juge qui met son ordonnance au bas d'une requête. || Répondre une pétition, un placet, écrire ou faire mettre au bas sa résolution , sa décision sur l'objet dont il s'agit. || Réfuter. Les difficultés de la synagogue y sont exposées et répondues avec force et clarté, l'abbé hohteville, dans desfontaines. || 2* Répondre la messe, prononcer à haute voix les paroles contenues au missel, et que doit dire celui qui sert la messe. J'allais et venais pour eux , et c'était moi qui répondais leurs messes, lesage, Gil Blas, x, 40. Il 3° V. n. Faire une réponse. Répondre à propos, sur-le-champ. Songez à répondre résolument sur tout ce qu'il vous pourra dire, mol. Scapin, i, 4. Il emprunta la voix de son confesseur pour en demander [de ses fautes] pardon au monde, à ses domestiques et à ses amis; on lui répondit par des sanglots; ah! répondez-lui maintenant en profitant de cet exemple, boss. Louis de Bourbon. 11 écoutait avec patience et répondait avec douceur, fléch. Lamoignon. Je ne vous répondrai qu'en vous obéissant, bac. Milhr. n, *. Pourquoi vous pressez-vous de répondre pour lui? id. Ath. n, 7. |)Fig. L'état où vous me voyez, lui dis-je, répond pour moi : je rachèterais votre vie de Ja mienne propre, u" de tencin, Œuv. t. v, p. 203, dans pougens. || Répondre à ses pensées, faire une réponse non à ce qui est dit, mais à ce qu'on pense soi-même. Us répondaient à leurs pensées, plutôt qu'à ce qu'on leur disait ; ce qui ne manque presque jamais en ceux qui savent qu'on peut leur reprocher quelque chose avec justice, retz, Mém. t. i, liv. 11, p. 4io, dans pougens. || Familièrement. Répondre ad rem, répondre précisément à la question proposée. || Vous ne répondez point, ce n'est pas répondre, votre réponse est embarrassée. || Répondre en Normand, ne répondre ni oui ni non. Ne soyez à la cour, si vous voulez y plaire, Ni fade adulateur, ni parleur trop sincère, Et tâchez quelquefois de répondre en Normand, la pont. Fabl. vu, 7. || 4° Terme de marine. Un bâtiment répond aux signaux qu'on lui adresse, par d'autres signaux de convention, qui indiquent qu'il les a aperçus. || Le timonier répond qu'il a compris les commandements de l'officier de quart, en répétant ces mêmes commandements. Il 5° Parler à ceux qui appellent, à ceux qui frappent à la porte, à ceux qui se présentent. Ce portier est obligé de répondre à une foule de gens. On vous appelle; que ne répondezvous? Il 6° Il se dit de voix, de sons qui répondent l'un à l'autre. Le canon que nous entendions n'était que celui du fort de Knotzenbourg, et peutêtre celui de la ville qui répondait, pellisson, Lett. hist. t. I, p. 206. Si, à Venise, dans une barque, quelqu'un récite une stance de la Jérusalem délivrée, la barque voisine lui répond par la stance suivante, volt. Dict. phil. Épopée. || Des chœurs de musique qui se répondent, des chœurs qui chantent alternativement. Les rossignols se répondent les uns aux autres, boss. Connaiss. v, 6. || Fig. Nos cœurs se répondent, ils se comprennent. Les âmes se répondent, MARIVAUX, Marianne, 3* part. L'étonnement, l'effroi , le plaisir se confondent, Et par un même cri tous les cœurs se répondent, delille. Trois rég. i. Il 7° Renvoyer le son. L'écho seul lui répond. L'Olympe en retentit, et les monts lui répondent, delille, En. XII. 1)8* Raisonner au lieu d'obéir, allé-

i$uer des prétextes, des excuses, des récriminations, au lieu de convenir de son tort. Faites ce qu'il commande, et ne répondez point. Voyez comme raisonne et répond la vilaine I uol. Éc. des fem. v, 4. Je suis prompt, violent; et, s'il me répondait, Je ne sais pas, monsieur, ce qu'il arriverait, pu. POISSON, Procureur arbit. se. 3. Et vous êtes perdu si vous me répondez, bac. Mithr. ni, ) . || 9° Subir un examen. Ce candidat a bien répondu. Répondre en philosophie, en droit. C'est aujourd'hui l'acte du pauvre abbé : quelle folie 1 on s'en va disputer contre lui, le tourmenter, le pointiller; il faut qu'il réponde à tout, sÉv. 128. || 10" Écrire i une personne de qui l'on a reçu une lettre. Je trouve étrange qu'elle.... m'appelle ingrat, de ce que je.... ne lui écris point des lettres qu'elle voudrait de bon coeur n'avoir pas reçues, toutes les fois qu'il y faudrait répondre, voit. Lett.M. Je ne sais, mademoiselle, de quelle manière je dois répondre à votre obligeante lettre, après avoir même demeuré assez longtemps sans y avoir répondu, Lett. du due de Saint-Aignan à Ulle de Scudéry, dans sév. t. i, p. 497, édit. Régnier. La dernière lettre que vous m'avez écrite avant celle que je reçus hier de vous, ma belle cousine, était du 20 mai de l'année passée, à quoi je répondis sur-lechamp, du 23 mai.... et je réponds aujourd'hui à votre lettre du 6 de ce mois, busst, Lett. à Mme de Sévigné, «juin <668, dans SÉV. t. i, p. Boi, édit. kégnieb. Il 11° Parler ou écrire pour réfuter. Répondre à des objections, à des critiques. Personne sur la terre n'ose entreprendre, ce semble, de répondre aux impies qui attaquent Dieu avec une audace si insensée; mais Dieu répondra lui-même... boss. la Vallière. Quoi que je puisse aujourd'hui vous en rapporter [des merveilles de la vie du prince deCondé], toujours prévenu par vos pensées, j'aurais encore à répondre au secret reproche que vous me ferez d'être demeuré beaucoup au-dessous, id. Louis de Bourbon. Il va nous inonder des torrents de sa plume; 11 faut, pour lui répondre, ouvrir plus d'un volume, BoiL. Lutr. iv. Lorsque sur un défaut ils pensent me confondre. C'est en me guérissant que je sais leur répondre, m. Ép. vu. C'est un argument auquel on n'a. jamais répondu, volt. Dial. '21. Il 18° Réaliser les espérances qu'on a fait naître. 11 n'a pas répondu à l'attente publique. Si vous répondez par vos vertus à votre haute destinée, fén. Tel. XXII. Si vous ne répondez pas à ce dessein de Dieu sur vous, MASS. Carême, Àum. || 13° Payer de retour, faire de son côté ce qu'on doit. Ç^i'Zlà'Te- ^pondre à tout ce nij'/>yj j-fâji pour vous. C'est à vous de répondre à son généreux zèle, corn. Héracl. ii, e. Il On dit dans un sens analogue : Répondre aux politesses, aux caresses de quelqu'un. || Répondre à l'affection de quelqu'un, lui témoigner une affection égale à la sienne. La bergère.... répondit mal à tant de passion, la font. Cloch. Cet obligeant amour a de quoi me confondre; Et j'ai regret, monsieur, de n'y pouvoir répondre, mol. Femm. sav. V, ). Et s'il faut qu'à mes feux votre flamme réponde, ID. Mis. V, 8. Mon cœur est content d'apprendre que vous répondez à cette inclination que j'ai pour vous depuis si longtemps, sév. 8. Cependant le fils se jelte à son cou, et est tout étonné que son père réponde si mal à sa tendresse, fén. Tél. v. Il Répondre au salut de quelqu'un, le lui rendre. || On dit dans le même sens : Les vaisseaux saluèrent le fort, qui répondit par tant de coups de canon. Il 14* Opposer quelque chose comme défense, résistance. Je me résolus de répondre par l'art à l'artifice, RETZ, Mém. t. III, liv. iv, p. 442, dans pougens Il 15° Être caution, être garant en justice, être garant pour quelqu'un. Il a répondu de la somme qui m'est due. Otez le vêtement à celui qui a répondu pour un inconnu, et emportez des gages de chez lui, parce qu'il s'est obligé pour des étrangers, SACi, Bible, Prov. de Salom. xx, <«. Télémaque et moi, nou« vous offrons à être des otages qui vous répondent de la bonne foi d'Idomenée, fén. Tél. XI. Il Être responsable, en parlant de personnes ou d'objets. Mais sachez que vos jours me répondront des siens, cobn. Héracl. v, 3. Songez que c'est pour moi que vous gouvernerez, Et que je répondrai de ce que vous ferez, id. Cinna, ii, i . Personne ne répond de mes lettres que moi, et je ne réponds de rien que de mes lettres, pasc. Prov. xvii. Le fils me répondra des mépris de la mère, rac. Andr. i, 4. Le seul bien qui puisse répondre h. mes nièces des clauses de leurs contrats de mariage, volt. Lell. d'Argental, (8 mars <77o. Personne ne répond de nos articles que nous, et nous ne répondons que de DOS articles; l'Encyclopédie est à cet égard dans le

REP

même cas que les recueils de toutes nos académies, d'alemb. Préf. 8« vol. Encycl. Œuv. t. i, p. 384, dans POUGENS. || Être garant de quelqu'un, de quelque chose qui a été commis à notre garde, et que nous sommes tenus de représenter. Répondre d'un prisonnier corps pour corps. Et ne dédaigne pas de m'instruire en ta foi, Ou toi-même à ton Dieu tu répondras de moi, corn. Poly. v, 2. Vous en répondrez sur votre tète, fén. Télém. m. Cortez, ayant d'un côté mille Espagnols à combattre et le continent à retenir dans la soumission, laissa quatre-vingts hommes pour lui répondre de tout le Mexique, et marcha suivi du reste contre ses compatriotes, volt. Mœurs, t47. || Mettre quelqu'un dans un lieu où l'on répondra de lui, le mettre en prison. L'on s'en va vous mettre en lieu où l'on me répondra de vous, mol. Uéd. malgré lui, m, to. Il On dit dans un sens analogue : Des verrous m'en répondront, je l'enfermerai sous les verrous. Si la chose éclate, un couvent me répondra de vous, mademoiselle, pont de vesle, Somnamb. so. )b. Il Simplement, être garant de quelqu'un, de quelque chose. II pria Alexandre d'avoir bon courage, et qu'il répondait de sa guérison, d'ablanc. Arrien, I), 3. Dans le mouvement où seraient les esprits au retour des députés, nous ne pourrions pas répondre d'un quart d'heure à l'autre, retz, Mém. 1. 1, liv. ii, p. 4B3, dans POUGENS. Je réponds d'une paix jurée entre mes mains, bac, Brit. v, 3. Je réponds de sou obéissance, m. Bér. m, t . Non, ce n'est plus à vous qu'il faut que j'en réponde [de Néron], Ce n'est plus votre fils, c'est le maître du monde, in. Brit. I, 2. Il répondit de ma conduite sur la bienséance, hamilt. Gramm. iii. Nous avons, grand héros, deux desseins différents. Vous de vaincre vingt rois, et moi vingt concurrents; Mais l'un de ces desseins est mieux conduit que l'autre; Que cependant tout irait bien. Si vous me répondiez du mien Comme je vous réponds du vôtre I sanlecque, demandant un bénéfice à Louis XIV, dans richelet. Je ne vous réponds que de ma sensibilité pour vos bontés, volt. Lett. d'Argmlal, IB juin 1755. Au point du jour, le médecin répondit de sa vie, gen- Lis, Veill. du chdt. t. ii, p. 119, dans pougens. Ehi calmez vos frayeurs; je vous réponds de tout, coixiN d'harlev. Yieill. et jeunes gens, m, 8. On vous répondait de moi; je vous réponds de lui; que pouvez -vous exiger de plus? picard, Yoy. interrompu, a, n . 1*6 répondez plus de personne, Je veux do^sûir courtisan, bérang. Hab. de cour. Il Répondre de soi, avoir confiance qu'on ne faillira pas. Répondez-moi de vous, et je vous réponds d'elle, corn. Héracl. 11, a Réponds-moi

d'elle, et je réponds de moi, rac. Andr. m, 1. Il y a des temps où l'on ne peut répondre de soi, volt. Lett. Argental, te sept. 4769. Je réponds de moi, disait-il, jusqu'à un million ; ceux qui le connaissaient auraient bien répondu de lui par de là, d'alemb. Éloges. Terrasson. || 11 se dit, dans un sens analogue, des choses qui servent de garant. Je le prie de me mander l'estime que je dois avoir de M. de Revel; il me semble que je suis fort décidée sur celle du marquis : il a une application et une envie de bien faire qui nous en répondent, sév. B7B. La Judée asservie et ses remparts fumants.... Me répondaient assez que votre grand courage Ne voudrait pas, seigneur, détruire votre ouvrage, bac. Bérén. 11, 2. L'intérêt que je dois prendre à cette affaire ne vous répond que trop de la vérité de mon rapport, lesage, Gil Blas, x, (o. Il Se répondre, se donner à soi-même assurance, certitude. Si vous voulez vous répondre des événements, et si vous ne pouvez être satisfait que lorsque tout ce qui se pourrait souhaiter vous arrive, vous faites, sans mentir, la guerre à de fâcheuses conditions, voit. Lett. 89. Toute vive qu'elle est [la ferveur] ou qu'elle paraît, je ne saurais me répondre de ma persévérance, bourdal. Pensées, t. 11, p. 457. Ce grand ministre [Richelieu].... se répondit moins de l'éternelle durée de son nom pour avoir exécuté avec des succès presque incroyables les ordres reçus de Louis le Juste, que pour avoir établi la célèbre compagnie dont vous soutenez l'honneur avec tant d'éclat, th. corn. Disc, de récep. à l'Acad. Vous, ma chère sœur, que la main du Seigneur conduit dans le lieu saint, vous pouvez avec confiance vous répondre de sa protection et de ses grâces, mass. Profess. relig. Serm. t. Je n'osais me répondre de moi, dans un cas où je n'avais pas ma propre expérience pour garant, staal, Mém. t. Il, p. n«. il Répondre que, affirmer que, avec une idée de responsabilité. Je vous réponds qu'il partira. J'oie te répondre Qu'il

RÉP

n'est pas condamné, puisqu'on veut le conlondre, BAC. Baj. IV, 7. J'ai d'excellent vin de Malaga et de Canarie; mais je vous réponds que je ne l'enverrai pas à mon évêque, volt. Disc. phil. Scoliaste. S'il est vrai que je sache un secret, je puis vous répondre qu'il ne me regarde point, genlis, Thédt. d'éduc. la Curieuse, 1, 4. || Je ne réponds pas que, je n'assure pas que. Je ne te réponds pas qu'au retour [de l'Opéra], moins timide. Digne écolière enfin d'Angélique et d'Armide, Elle n'aille.... Avec quelque Médor pratiquer ces leçons, boil. Sat. x. Et je ne réponds pas.... Que le sénat, chargé des vœux de tout l'empire. Ne vous redise ici ce que je viens de dire, bac Bér. 11, 2. || Par menace, je ne réponds pas de, tant pis pour ce qui arrivera de. Je cède aux mouvements d'une juste colère. Et je ne réponds pas de ce que je puis faire, mol. Mis. IV, 3. Il Je vous en réponds, se dit familièrement pour affirmer davantage une chose. Il disait du mal du mari et de la femme; mais du mal.... je vous en réponds, ooldoni. Bourru bien f. i, 43. Il Je vous en réponds, je t'en réponds, se dit quelquefois familièrement et ironiquement , pour exprimer qu'on n'ajoute pas foi à une chose que l'on entend dire. || 16° Aboutir en quelque endroit. Ma galère est au port toute prête à partir ; Le palais y répond par la porte secrète, corn. Nicom. v, 5. Entretenir ce soir cet amant sous mon nom Par la petite rue où ma chambre répond, mol. École des maris, m, 2. Le nerf qui répondait au pied et à la jambe , boss. Cunn. m , 6. Il Le bruit répond en tel endroit, il s'étend jusque-là, il y retentit || On dit en ce sens : La sonnette répond dans cette pièce, dans ces deux chambres. |{ 17° Se faire sentir par une communication. Il s'est blessé au pied, et la douleur lui répond au genou. || 18° Correspondre d'une manière symétrique, avec proportion. L'aile droite de ce bâtiment ne répond pas à l'autre. Il Se répondre , être en symétrie , en conformité. Ces deux pavillons se répondent très-bien. Il Fig. Ce sont deux actes [la demande à Dieu et l'action de grâce] qui se répondent l'un à l'autre, BOSS. El. d'orais. iv, 42. || Répondre se dit d'objets qui sont placés vis-à-vis les uns des autres. À l'épaisseur d'un fil de soie sur cet instrument [lunette], il répond dans le ciel des millions de lieues, ponten. Cassini. Dans les mesures astronomiques prises sur la terre, deux lignes répondent à des espaces immenses dans le ciel, volt. Dict. phil. Économie. De là vient [de la précessionj que le soleil, au lieu d'être dans la partie du ciel où était le Bélier du temps d'Hipparque, se trouve répondre à M cette partie du ciel où sont les Poissons, id. Dict. ^ phil. Newton et Desc. En réfléchissant sur la forme des collines dont les angles saillants répondent toujours aux angles rentrants des collines opposées, BUFF. Hist. nat. Preuv. théor. terr. Œuv. t. iv, p. 413. Comme les oscillations de l'air finiraient en fort peu de temps, si le soleil répondait toujours au même endroit de la terre.... d'alemb. Caus. gén. des vents, Œuv. t. xiv, p. i2, dans pougens. ||Etre le représentant, l'équivalent d'une chose. L'âge oii Racine produisit Athalie répond précisément à l'&ge où Corneille produisit Œdipe, d'ouvet, Hist. àcad. t. Il, p. . 385, dans pougens. Démosthène, réfugié dans l'île de Calaurie, est forcé de se donner la mort, le 46 pyanepsion, qui répondait au 42 novembre, selon le cycle de Callippe, et d'après l'ordre des mois attiques, 322 ans avant J. C, barthbl. Anach. t. viii. Table 4. || 19° Être égal, s'accorder avec. Ma générosité doit répondre à la tienne, CORN. Ctd, m, 4. C'est une croyance assez générale que cette pièce pourrait passer pour la plus belle des miennes, si les derniers actes répondaient aux premiers, id. Hor. Examen. Encor que le pouvoir au désir ne réponde, Nos hôtes agréeront les soins qui leur sont dus, LA font. Phil. et Bauc. Je ne sais, ajoula-t-il, s'il y a dans une langue un mot qui réponde parfaitement à un mot d'une autre langue, Opusc. lang. franc, p. 346, dans pougens. Mon crédit ne répond pas à mes bonnes intentions, SÉV. 4 28. Voyons si les effets répondront aux paroles, TH. CORN. Berger extrav. 11, 6. Les succès ne répondaient pas à son attente, boss. Hist. i, 4 4 . Le reste répondait à cette magnificence, id. tb. 11, 4. Ce qui n'est pas éternel ne répond ni à la majesté d'un Dieu éternel, ni aux espérances de l'homme, à qui il a fait connaître son éternité, id. l'b. 11, 6. Il faut que chaque chose y soit mise en son lieu, Que le début, la fin répondent au milieu, boil. Art p. i. Us [Annibal, Philopémen et Scipion] terminèrent tous trois leur vie hors de leur patrie par un genre de

REP

mort qui répondait peu à la gloire de leurs actions, Boi.i m, Hisl. anc. Œuv. t. i, p. 603, dans poogens. Il est certain que sa fortune ne répondait pas à sa naissance, M"' de caylus, Souvenirs, p. <84, dans POUGENS. Je vois que vos sentiments répondent à votre physionomie, mahivaux, Pays. parv. 2' part. Il s'en faut bien que le plumage de cet oiseau [le rossignol] réponde à son ramage, buff. Ois. t. ix, p. (69. L'effet répond ici parfaitement à la cause, id. //i'.!(. anim. Xl. Au discours de Vénus jusqu'ici tout répond, delille. En. 1. 1| 20° Terme de manège. Répondre aux aides, être sensible aux appels du cavalier et y obéir. {| 21° Se dit de l'état de la graine des vers à soie, lorsque les premiers vers commencent à paraître Cette graine répond. || 22° Terme de pratique vieilli. Se répondre, v. réfl. Pouvoir être répondu, être susceptible de réponse. || Proverbes. Qui répond paye, on fait payer les cautions, les répondants. Il II ressemble le prêtre Martin, il chante et il répond, se dit quand un homme exécute lui-même ce qu'il a proposé.

— lilST. XI" s. N'i ad païen ki un sul mot respundet, Ch. de Roi. ii. Granz trente liwes l'oïrenl il respundre [le cor de Rolant], ib. cxxxi. [Du bruitj Sunent li munt e respondent li val, ih. CLiv. Il xu* s Et respont l'empereres: jel vous pri doucement, Sax. XXI. Il xm' s. Et l'ame, que deviendra quoi?Chascun respondera pour soi; Prisié n'i seront avocat. Ne plus que la queue d'un chat, tes vers du monde. L'avoir n'est preus fors por despendre: Ce ne sevent il pas entendre, Ains vuelent tuit à ce respondre, Qu'avoir n'est preus fors por repondre [cacher], la Rose, 6186. Bel-Acueil ne sot que respondre, ib. 3564. Si semble il par fois que tu veuilles Que je te responde folie, ib. 7031. Car quant plus chascun [Néron] apola, Chascuns pluss'enclost et cela; Ne nus [nul] ne li volt mot respondre, ib. 6468. Por ce que ses pères ou si devancier les aroient mal aquises, il convenroit qu'il en respondit por tant qu'il en seroit venu à li, beaum. vu, 8. Rcponez-moi à ce que vos demant, ilfss. de poés, franc, avant I3oo, t. ii, p. 7(6, dans lacubne. Si commença, mais, se la fins Respondist au commencement, Dex li falist sou argument, G. de camhrai, Barl. et Jos. p. <.||xiv' s. Par le dit procureur, deuement conseillé seur les choses dessus dites, respondi [répondu] fut, Ordonn. des rois, t. ii, p. -109. Quant respondre me convenoit. Ce qu'à la bouche me venoit, En aventure responnoie, Ovide, De arte , ms. St-Gorm. f" 90, dans lacurne. Il xv s. Aucuns esbats qui estoyenl devant la porte du chastel, et qui respondoient à la maison, fkoiss. I, I, 60. Repondit l'evesque : Nous aurons conseil de vous repondre, et vous en serez repondus le matin, ID. II, II, 207.||xvi's. Qui [ce qui] est souvent, et j'en répons. Pour les mauvais laisser les bons, MAROT, IV, t96. Si respondant voulez, je le veux bien, Mon cœur respoiid et se met en ostaige, m. \l, 267. Là par la religieuse du temple luy fut respondue ceste proplielie tant renommée.... amyot. Thés. 4. Le mois que les ^Egyptiens appellent pliarmuti, repond au mois d'avril, id. Hom. is. Tantost après il montra que les effecls respondoient aux paroles du serment, id. Publ. 3. Crassus le délivra en respondant pour luy delà somme de huit cents trente talents, id. Crassus, \'2. Qui respond paye, lu. Mauv. honte, 6. Comment respondre des pensées de personnes incogneues? mo.nt. i, io3. Il n'a recueilly aulcuns fruicts respondants à une si exquise culture, id. 1,(06. Je ne sçais si je me puis respondre, que il ne se face pas à l'advenir quelque aullre descouverte, id. I, 230. Faire respondre sa vie à sa doctrine, id. m, 4 26. lisse précipitèrent en la mer par une feneslre de leur logis qui y respondoit, id. m, 479. Que si en France nous eussions eu unTite Live, il n'y eust entre les histoires romaines exemple ou vertueux fait auquel n'eussions un respondant, H. du bellay, Prologue. Qui mal entend mal respond, cotgrave. — Etym. Wallon, respond; provenç. respondre; calai, respindrer; espagn. responder; ital. respondere ; du lat. respondere, de re, et spondere, promettre (voy. époux). Plusieurs peuples romans ont dit respondere, d'où respondre, non peut-être sans confusion avec reponere, qui avait donné repondre. RÉPONDU, UE (ré-pondu, due), part, passé de répondre. À quoi on a fait réponse. Bien répondu! woL. Amph. I, (.Je ne tiens pas votre dernière lettre pour répondue, dider. te», di-'aiconef, janvier (766. IIÉPONS (ré-pon), s. m. || 1« Paroles, ordinairement tirées de lÊcriture, qui se disent ou se chantent, dans l'office de l'Église, après les leçons ou «près les chapitres, et que l'on répète et entières et Bar parties; on distingue les grands répons et les

O'CT. DB Là LANOUB FRANÇAISB.

REP

répons brefs. Le roi, ayant lavé ses mains, prit la bénédiction des évoques là présents, puis, s'élant assis, commanda que le diacre qui avait lo matin chanté messe devant lui, entonnât un répons, et que les autres clercs chantassent tous ensemble.... Le grand aulmonier de France, f. (33, dans d'ortigue, Dict. de plain-chant, col. ( 309. Le pasteur était à côté. Et récitait, à l'ordinaire, Maints dévotes oraisons.... Et des versets et des répons, la font. Fabl. VII, 41. Il i" Terme d'imprimerie. Signe qui sert à marquer les répons, et qui a la figure d'une R barrée M). Il faut mettre là un répons.

— Etym. Lat. responsum; répons est le même que réponse (voy. ce mot).

RÉPONSE (ré-pon-s'), s. f. || 1° Ce qu'on dit à celui qui fait une demande ou une question. Les capucins n'ont pas pu seulement tirer parole d'elle [une vieille courtisanejqu'elleserepentiraitaugrandjubilé; pour toute réponse, elle a dit qu'elle n'avait pas achevé encore, balz. liv. m, lett. 46. C'est là que... Je puis honorer Rome en son ambassadeur, Faire réponse en reine.... corn. Nicom. m, i. Mais, dites-moi, madame, a-t-il eu sa réponse? id. ib. m, 3. Consulté de toutes parts, M. le Tellier donne des réponses courtes, mais décisives, aussi pleines de sagesse que de dignité, BOss. le Tellier. Les réponses que les oracles du parti [calviniste] lui avaient rendues, fléch. Duc de Mont. Un fils osa rendre ce triste et charitable office à son père; et la fidélité de l'un fit voir la résignation de l'autre ; il reçut sans trembler la réponse de mort, comme parle l'apôtre, id. le Tellier. Absent, je le consulte ; et ses réponses sages Pour venir jusqu'à moi trouvent mille passages, RAC. Esth. I, (.On ne mérite les réponses de la vérité que lorsque c'est le désir de la connaître qui l'interroge, mass. Pet. carême, Obstacles. On demanda à une femme du peuple qui était cet homme qui traînait la foule après lui : Ne savezvous pas, dit-elle, que c'est le sauveur des Calas? Il sut cette réponse , condorcet, Vie de Voltaire. Il Avoir réponse à tout, ne rester court à rien, et, par extension, trouver toute sorte d'expédients. Cette petite personne-là a réponse à tout, leghand. Galant coureur, se. 2(. || Familièrement. Une réponse de Normand, une réponse équivoque. {| Dans la conversation familière, réponse du berger à la bergère, se dit quand on annonce qu'on va répondre quelque chose. Il Réponses de droit, décisions des anciens jurisconsultes sur les questions qui leur étaient proposées. Il 2" Réfutation. J'ai vu un écrit que vous avez publié, oii vous m'accusez d'imposture.... j'espère que vous y verrez [dans une lettre prochaine] une réponse exacte, et dans peu de temps, mes pères, ensuite de laquelle je crois que vous n'aurez pas envie de continuer cette sorte d'accusation, pasc. Prov. XI. Il Cela est sans réponse, il n'y a pas moyen de réfuter cela. || Terme de pratique. Il se dit des écritures qu'une partie fait signifier pour répondre aux moyens que l'autre a présentés. Fournir sa réponse, ses réponses. || 3° Lettre par laquelle on répond à une autre lettre. J'avais dessein de te faire réponse sur la première lettre que tu m'écrivis, pasc. Lett. à Jacqueline, 26 janv. 4 648. J'ai fait une réponse à M. de Carcassonne, que M. le chevalier a fort approuvée, sÉv. 6I0. Il [le chevalier de Grignan] ne .s'est pas vanté qu'il ne m'avait pas seulement fait de réponse à un billet que je lui avais écrit, !D. 8 juill. 4672. Le maréchal d'Humièrcs fit mieux avec M. de Grignan; celui-ci l'ayant appelé monsieur, le maréchal lui fit réponse [à M. de Grignan] en badinant, qu'il avait tort de ne le point appeler monseigneur, id. à Bussy, 26 mai (684. Il Dans faire réponse, réponse, étant sans article, ne peut pas régulièrement être représenté ensuite par un pronom. Cependant, quand le sons est clair, cela peut se dire : Je vous fais une réparation, je croyais que vous n'eussiez point fait réponse au cardinal ; vous l'avez faite très-bonne, sÉv. 4 28. Il 4° Résolution, décision écrite au bas d'une pétition. J'attends, avec un peu d'espérance respectueuse, la réponse de mon placet, mol. Tart, 3« pi. au roi. || 5' Nom d'un jeu en dialogue. Jouer à la réponse, ou mieux aux demandes et aux réponses. Il 6° Terme de musique. La rentrée du sujet dans une fugue, par une autre partie. || 7° Terme de bourse. Réponse des primes, voy. prime 8, n" 4. Il 8° Terme de forestier. Réponse d'une vente, certaine étendue de terrain autour de cette vente, dans laquelle l'adjudicataire est responsable des (lélits. Il 9° Terme de féodalité. Réponse en cour, droit de siéger en une cour judiciaire. C'est le contraire dans les crimes: le noble perd l'honneur et réponse en cour, montesq. Esp. vi, 40. || Proverbe, Telle de-

mande, telle réponse, à sotte demande, solto ré« ponse, à sotte demande, à folle demande point d« réponse, c'est-à-dire celui qui fait une demand» sotte, ridicule, s'attire une réponse peu agréable, ou n'en reçoit pas du tout.

— SYN. RÉPONSE, BÉPLIQDE, R8PARTIB. La répong*

se fait à une demande ou à une question. La réplique se fait à une réponse ou à une remontrance. La repartie se fait à une raillerie ou à un discour» offensant. Le mot de réponse a dans la signification plus d'étendue que les deux autres. Le mot réplique a un sens plus restreint. Le mot de repartie a une énergie propre et particuHère pour faire naître l'idée d'une apostrophe personnelle, contre laquelle on se défend, soit sur le même ton, soit sur un ton plu» honnête, Encycl. iiv, 4 37.

— HiST. XI' s. [Il] Loat [remercia] son Deu, ne fist autre respunt, Ch. de Roi. xxxi. || xji* ». Et je la [ma dame] proi [prie] sanz biau respons avoir, Couci, IX. Sire, fait quens Roberz, suffrez pur Saint Denis, Que vostre respuns ait ol li reis Heinris, Th. le mart. 45. Il XIII' s. Qui à son seigneur faut à son besoin, ne doit avoir respons en court, h. de valenc. xv. dt par raison et par droiture Doit famé estre de biau respons. Lai dtt conset7. Le roy ot conseil que il feroit response au soudanc de Damas par ses messages propres, joinv. 258. Vraiment, fist-il, c'est bien repondu; que [car] ceste réponse que vous avez faite, est escripte en cest livre que je tieng en ma main, id. 194. || xiv* s. Et dit li cardlnaulx: je tous dirai briefment La responce du pape et son commandement, Guescl. 7685. Il XVI* s. Et que pour le présent il ne demandoit qu'une response [caution] de deux marchans d'Anvers qu'il nommeroit, paré, t. m, p. 74 9. Oii le vilain perdroil la vie, ou un membre de son corps, le noble perdra l'honneur et response en cour, loysel, 852.

— ÊTYM. Wallon, responss; provenç. respos ;catal. respons; espagn. responso; ital. responso, risponso; du lat. responsum, de respondere (voy. répondre).

t REPOPULATION (re-po-pu-la-sion),s. f. Action de repeupler. Il y avait parmi les Berbers beaucoup de Juifs; or, la conquête et la repopulation "je l'Espagne ayant été faites en grande partie par les Berbers, on comprend quelle importance prit l'élément juif dans l'Espagne arabe, pariset, liist. de la soie, 2' part. p. 236.

REPORT (re-por), t. m. || l' Terme de comptabilité. Action de reporter une somme, un total. || Le total reporté lui-même. || 2" Report de faillite, fixation de l'ouverture d'une faillite à une époque antérieure à la date assignée par le jugement qui l'avait déclarée. || 3° Terme de bourse. Prêt, pour un temps déterminé, d'un capital, contre remise d'un titre de fonds publics, d'actions ou d'obligations, sous la forme d'un achat au comptant et d'une vente à terme, par l'intermédiaire d'agents de change. La différence entre le prix de l'achat et celui de la vente représente l'intérêt du capital prêté; cet intérêt s'appelle aussi report. Le détenteur d'un titre de 3000 fr. de rente 3 o/o a besoin , pour un mois, de la valeur de cette rente ; il charge un agent de change d'emprunter celte somme, en vendant au même moment la rente au comptant, et la rachetant à terme de la même personiie : par exemple, la vendant au comptant à 73 fr. et la rachetant à un mois de terme à 73 fr. 20 c. ; la différence, soit 20 centimes, est l'intérêt payé par l'emprunteur. || Le report est aussi la continuation d'une opération fait* pour une certaine époque, à une date plus reculée. Il est le plus souvent la continuation d'une opération à terme. Il 4° L'impression en report, nouveau procédé déjà adopté à Paris, qui consiste à transporter sur pierre des planches [de musique] gravées, a. méreadx, Moniteur universel du 48 juin (867, p. 760, 3* col.

— ÉTYM. Voy. REPORTER.

REPORTÉ, EE (re-por- té, tée), part, pasti dt reporter. Une note reportée à la fin du volume.

4. REPORTER (re-por-té), v. o. || 1' Porter une chose au lieu oii elle était auparavant. Reportez chez lui ces livres que vous y aviez portés ce matin et que j'ai fait reprendre tout à l'heure. Va jusqu'en leur pays leur reporter la guerre, corn. Cid, v, 8. La veine-cave reporte le sang d6 tout le corps, excepté du cœur et du poumon, boss. Conn. 11, 8. A peine du limon oii le vice m'engage, J'arrache un pied timide, et sors en m'agitant, Que l'autre m'y reporte et s'embourbe à l'instant, boil. Ép. m. Tu sais par quel conseil, rassemblant le chapilre, Lui-même [le chantre], de sa main, reporta le pupitre, id. tu(r. ti. Il 2° Porter une chose dans un lieu où l'on retourne. Dieu voulut enfin que le carrosse [la diligencal

REP

passât ; point de moines, mais en récompense trois femmes, un marchand qui ne disait mot, et un notaire qui chantait toujours et qui chantait tris-mal; il reportait en son pays quatre volumes de chansons, lA FONT. Lettres, ». \\ 3° Transporter dans un autre lieu. Ce paragraphe doit être reporté & tel chapitre. D'habiles naturalistes ont rangé l'ortolan de neige avec les alouettes ; mais M. Linnaeus, frappé des grandes différences qui se trouvent entre ces deux espèces, a reporté celle-ci, avec grande raison, dans le genre des bruants, bltf. Ois. t. viii, p. 46. || Reporter un total, une somme au haut de la page suivante, l'y répéter. || 4* Terme débourse. Prêter pour un temps déterminé un capital contre remise d'un titre, de même valeur, sous la forme d'un achat au comptant et d'une vente simultanée à terme, par l'intermédiaire d'un agent de change, avec une différence de prix qui représente l'intérêt du prêt. || Se faire reporter, emprunter pour un temps indéterminé un capital contre remise d'une valeur en garantie, par intermédiaire d'un agent de change, sous la forme d'une vente au comptant et d'un achat simultané à terme. || 6° Se reporter, v. réfl. Se transporter, par la pensée, à un temps antérieur. Repor tez-vous au temps de l'ancien régime.

— HlST. xm" s. Caries estoiles si comportent, De signe en signe se reportent, gui de cambrai, Barl. el Jos. p. 171. Tant qu'en lor terre [ils] vinrent, joie y ont reportée, Berle, cxlii. Ceste parole fu reportée au Barrois, qui moult le haoit [haïssait], Chr. de Rains, p. 70. Atant prisent [prirent] li message congiel au duc, et disent que ce reporteroient il as barons, et puis si en eussent conselg, ib. p. B6. Il XVI" s. Il se fit alors reporter à l'holellerie et penser, d'aub. Vie, xxvi.

— ÉTYM. Re..., et porter; wallon, repoirté; provenç. et espagn. reporlar; ital. riportare.

f 2. REPORTER (re-por-teur) , s. m. Mot anglais que les journaux emploient aujourd'hui, pour dire : celui qui rend compte (de to report, rapporter, le même que le français reporter). Le reporter des tribunaux.

REPOS (re p6 ; Vs se lie : un re-pô-z agréable), t. m. Il l" Cessation de travail, d'occupation, et de ce genre de mouvement que donnent le travail, l'occupation (sens primitif d'un mot formé de pause). Le dimanche chez les chrétiens est le jour du repos. On cherche le repos en combattant quelques obstacles; et, si on les a surmontés, le repos devient insupportable, pasc. Pens. iv, ï, éd. havet. De ces deux instincts contraires [l'occupation au dehors et le désir du re[0s], il se forme en eux [hommes] un projet confus.... qui les porte à tendre au repos par l'agitation, et i se figurer toujours que la satisfaction qu'ils n'ont point leur arrivera, si, en surmontant quelques diflicultés qu'ils envisagent, ils peuvent s'ouvrir par là la porte au repos, ID. ib. Il ne perdit rien par sa disgrâce.... et, ne pouvant servir le roi par ses actions et par ses discours, il le servit par son repos et par son silence, FLÉCH. le Tellier. Donnez-vous du repos; Vous n'avez tantôt plus que la peau sur les os, rac. Plaid. I, 4. Calypso.... l'interrompit pour lui faire prendre quelque repos, fén. Tél. iv. M. l'abbé Bignon se procura enfin ce repos qui termine si dignement la vie des grands hommes, mais dont les grands hommes ne veulent jouir, et ne jouissent en effet, qu'après mille services rendus à la patrie et au genre humain, mairan, Ëloges, l'abbé Bignon. Le repas serait le repos, et durerait autant que l'ardeur du jour, j. j. Rouss. Em. IV. Ma bonne fée, au seuil du pauvre barde, Oui, vous sonnez la retraite à propos; Pour compagnon, bientôt, dans ma mansarde, J'aurai l'oubli, père et fils du repos, bérang. 4 dieu chansons. Il Elliptiquement, pour: reposez-vous, en termes de commandement militaire. Repos. En place repos. Il Fig. Ces temps anciens où la foi chrétienne tressaillait d'une joie si pure lorsqu'on venait annoncer â ses pontifes austères et vénérables le repos du glaivede la persécution.... Mirabeau, Collection, t. V, p. »00. Il 2° Lieu propre à prendre du repos. On a distribué dans ce jardin différents repos. Les nombreux villages qui peuplent la vallée sont presque tous situés sur les pentes rapides de la montagne ou sur de petits repos de ces mêmes pentes, Saussure, Yoy.Alpes,t. vili, p. 33. De temps en temps on trouvait des repos, c'est-à-dire de petites esplanades remplies d'herbages et de ronces, genus, llém. t. lu, p. 249. || Terme d'architecture. Palier d'escalier qui interrompt la suite des marches, qui est souvent formé d'une marche plus large que les autres, et qui sert à se reposer ou â faciliter l'entrée des cabinets entre deux étages. Escalier sans

REP

repos. Il 8" Repos de la (erre, jachère. || 4* SommeiL Prendre son repos. Depuis l'assassinat de Duncan, Macbeth avait perdu le repos. J'aurai soin de ne pas troubler votre repos. Et de ne rien souffrir qui ne soitàpropos, mol. Tart. v, 4. Astre ami du repos, des songes, du silence, lamart. llarm. i, lo. Il Lit de repos, espèce de lit où l'on se repose, où l'on dort le jour. Elle était sur un lit de repos, avec une table devant elle, où il y avait plusieurs corbeilles pleines de rubans, la Fayette, Princ. de Clives, Œuv. t. ii, p. 2(6, dans fougens. || Dansle style soutenu, champ du repos se dit quelquefois pour cimetière. || Fig. L'état des morts dans le tombeau. Vous, madame, agréez pour notre grand héros, Que SCS mânes vengés goûtent un plein repos, CORN. Sertor. v, s. || Troabler le repos des morts, violer leur sépulture. || Fig. Troubler le repos des morts, insultrr à leur mémoire. || Le repos éternel, l'état où sont les âmes des bienheureux. || On dit en ce sens ; prier Dieu pour le repos des âmes des morts. 115" Quiétude d'esprit, calme de l'àme. Remettez-vous l'âme en repos, Quittez ces funestes propos, MALH. VI, 17. Le repos d'esprit que donne à ceux qui sont innocents le témoignage de la conscience, ID. xxxiii' livre de Tile Live, à Mgr le duc de Luynes. D. Fernand : Prends du repos, ma fille, et calme tes douleurs. — Chimène : M'ordonner du repos, c'est croître mes malheurs, corn. Cid, ii, 9. En Dieu seul est aussi le repos de .sa course [de l'âme], ID. [mit. m, 5. Le repos? le repos, trésor si précieux Qu'on en faisait jadis le partage des dieux, LA FONT. Fabl. vu, I2. Rien ne donne le repos que la recherche sincère de la vérité, pasc. Pens. XXIV, ai, édit. havet. Enfin, ma clière enfant, il n'y a que vous que je préfère au triste et tranquille repos dont je jouis ici, sév. 562. Rien ne troublera moins le repos de ma vie, m. 73. Je n'ai point trouvé.... que je le puisse quitter [l'abbé de Coulanges] dans l'âge où il est.... s'il mourait dans cette absence, mes remords ne me donneraient aucun repos, m. 8 avril (676. On a bien prévu que.... tandis que les uns ne cesseraient de disputer.... les autres.... iraient enfin chercher un repos funeste et une entière indépendance dans l'indifférence des religions ou dans l'athéisme, aoss. Reine d'Anglet, Il est impossible de désirer beaucoup de choses sans perdre le repos, qui vaut mieux que tout ce que l'on désire, bourdal. Pensées, t. ii, p. 379. Plus content en lui-même.... lorsque, dans le fond d'une sombre allée et sur un tribunal de gazon, il avait assuré le repos d'une pauvre famille, que lorsqu'il décidait des fortunes les plus éclatantes sur le premier trône de la justice, fléch. Lamoignon. C'est au repos d'esprit que nous aspirons tous; Mais ce repos heureux se doit chercher en nous, boil. Ép. V. Hélas I pour mon repos que ne le puis-je croire"? rac. Bajax. i, 3. Je ne doute pas que la vraie dévotion ne soit la source du repos, LA BRUT. xiii. Le meilleur de tous les biens, s'il y a des biens, c'est le repos, la retraite et un endroit qui soit son domaine, ID. viii. Tous ces petits repos qu'on se procure sont bien fragiles; l'âme n'en jouit qu'en passant, mahiv. Marianne, S' part. Du repos dans le crime I ah 1 qui peut s'en flatter? volt. Oreste, i, B. La liberté est quelque chose de céleste; mais le repos vaut encore mieux, id. Lett. d'Argental, i" fév. <764. Ce poids léger du temps que le travail emploie. Ce doux repos du cœur.... LAMART. Harm. i, b. La splendeur imposante du siècle de Louis XIV ne permettait pas ces longs repos de l'âme sur elle-même [sentiment mélancolique] ; ou du moins, si de telles impressions pouvaient naître, elles appartenaient tout entières à la religion, villem. Litt. franc, xvni* siècle, 2" part. 2» leçon. || Mettra en repos sa conscience, en dissiperles scrupules. Ce consentement doit mettre en repos votre conscience, aoss. Lett. B3. Ayant mis sa conscience en repus, hamilt. Gramm. 8. Il Mettre son âme en repos, se décharger de ses péchés par la confession. || Être en repos, n'avoir point d'inquiétude. Va, sois en repos, rentre, et me laisse faire, mol. Èc. des maris, u, i. Soyez en repos sur la conduite de ceux qui sauront demander votre congé, sév. 27 nov. (673. Soyez en repos sur vos confessions passées, boss. Lett. Corn. (40. On s'étonnait de me voir si en repos pendant tous les mouvements que certaines gens faisaient contre moi, id. Rem. Réponse, ix, i, ib, |{ Être en repos de quelque objet, ne pas avoir d'inquiétude sur cet objet. Et moi à qui il reste tant d'autres choses à désirer.... j'ai été en repos de tout, quand j'ai vu que vous aviez soin do moi, voit. /.fit. 33. Soyez en repos de votre chère maman, qui sa conserve pour

REP

vous, SÉV. ai août (689. Le roi.... lui dit [à Pompone] ....qu'il était en repos de toutes les affaires secrètes dont ir avait connaissance, id. 7 févr. (68o. J'avais l'esprit en repos de mille choses, en songeant qu'elle [Mme Deville] en aurait soin [du fils de .Mme de Grignan], id. 25 déc. (67). || Fig. Dormir en repos sur une affaire, n'en avoir aucune inquiétude. Il Se mettre en repos, se mettre l'esprit en repos, écarter toute inquiétude. Mettez-vous en repos, corn. Nicom. 1, 4. Mettez-vous donc l'esprit en repos, PASC. Prov. m. Le confesseur [à l'aide de certaines décisions des casuistesj peut se mettre en repos touchant la disposition de son pénitent, id. Prov. i. Il Avoir l'esprit en repos, même sens. Ma mère se porte parfaitement bien, ayez-en l'esprit en repos, en. DE SÉV. dans SÉV. B57.||Se teniren repos, même sens. Tenons-nous en repos sur le tout, pasc. Prov. m. Il Soyez en repos sur mes affaires, ne vous en mêlez pas. || Laissez-moi en repos, cessez de ma fatiguer de vos importunilés. Porte-lui ma réponse, et nous laisse en repos, corn. IJor. ii, 2. Messieurs, voulez-vous bien nous laisser en repos I rac. Plaid. II, to. Je vous prie de me laisser en repos, et de ne m'importuner plus de vos querelles, montesq. Lett. pers. ((. || N'avoir point de repos, n'être pas tranquille jusqu'à ce que. Et, dès qu'un mot plaisant vient luire à mon esprit, Je n'ai point de repos qu'il ne soit en écrit, boil. Sat. vu. |! 6° Absence de troubles, de séditions, de guerres, de persécutions. Telle est la règle qu'il [Basnage] prétend donner à tous les Etats protestants : l'hérétique, ditil, y est en repos, bûss. Déf. des Variât. 4. Il y avait quarante-cinq ans qu'ils [les Gaulois d'Italie] demeuraient en repos; la jeunesse qui s'était élevée durant ce temps ne songeait plus aux pertes passées, et commençait à menacer Rome, id. Uist. i, 8. Ils [les Juifs] ont remué tout l'univers contre ces disciples [de Jésus-Christ], et ne les ont laissés en repos dans aucune ville, id. ib. il, 8. Rome, fatiguée et épuisée par tant de guerres civiles, pour avoir du repos, est contrainte de renoncer à sa liberté, ID. ib. III, 7. Ainsi leurs voisins n'ont jamais rien à craindre d'un tel peuple [de la Bétique] , et ils ne peuvent espérer de s'en faire craindre ; c'est pourquoi ils les laissent en repo.»; , fén. Tél. viii. Il 7° Terme de banque. Valeur à couverture de tout repos, valeur pleinement garantie. Des signatures de toute sûreté, de tout repos, comme on dit, sont négociées à des taux inférieurs à l'escompte fixé par la banque, béhic. Enquête sur la banque, (867, p. 264. || 8° Etat d'un corps qui n'est pas en mouvement (sens qui provient, ce qui est rare, du passage d'une acception morale à une acception physique). Je crois devoir avertir que ce qui gâte le plus la physique de M. Descartes est ce faux principe, que le repos a de la force; car de là il a tiré des règles du mouvement qui sont fausses, malebr. Rech. vér. vi, 2, 9. Le repos est la privation du mouvement dans un corps considéré comme mobile, dider. Opin. des anc. philos, {philos, péripatéticienne) . || 'Terme de physique. Persistance de toutes les parties qui composent un corps dans les mêmes rapiiorts de situation relativement à certains objets qu'on regarde comme fixes. || Repos absolu, état d'un corps qui reste dans la même partie de l'espace; repos relatif, fixité d'un corps relativement à des corps mobiles qui l'environnent. Un homme est en repos dans un bateau ; mais, si le bateau marche, son repos n'est que relatif au bateau, puisqu'il se meut avec lui relativement au deux rives du fleuve. Les anciens, qui croyaient la terre immobile, concevaient le repos absolu; pour nous ce repos absolu n'existe pas. || 9° Immobilité, tranquillité. Se tenir en repos. Cet enfant ne saurait demeurer en repos. Notre nature est dans le mouvement; le repos enlier est la mort, pasc. Pens. XXV, 7, éd. HAVET. Elle a tous les jours la fièvre, et le repos la guérit; il lui faut donc du repos, sév. (32. La force m'abandonne, et le repos me tue, BAC. Bérén. iv, ( . || Inaction. En attendant, tenezvous en repos dans Jérusalem, boss. Bist. u, 7. II est vrai que le roi [Louis XIV] garde beaucoup de tranquillité, mais qu'ils [les ennemis] ne s'y trompent pas : son repos est agissant, son calme l'emporte sur toute l'inquiétude de leur vigilance, th. CORN. Rép. au dise, de récept. de Fontenellc. Il Poétiquement. Un effroyable cri, sorti du fond des flots, Des airs en ce moment a troublé le repos, rac. Phèd. V, 6. Tandis que la nature et les astres sommeillent Dans un repos silencieux, lamart. Harm. I, 10. Il La repos de la contredanse, l'intervalle entre les figures de la contredanse. Regardez donc, dans le repos de la contredanse, comme elle s'agite, aveo

REP

quel air familier elle parle à tous ces jeunes gens, GENUS, Àd. el Th. t. i, p. &00, dans itouGENS. || 10° Il se dit de l'immobilité de parties destinées à se mouvoir. Ces pennes dans leur repos s'étendent un peu au delà du milieu de la queue, bupp. Ois. t. vi, p. toâ. Il État d'une arme à feu, lorsque le chien n'est ni abattu ni bandé. Mettre le chien d'une arme à feu dans son repos, au repos. Ce fusil est parti au repos. 1| Gond à repos, celui dont le mamelon a une base saillante, propre à recevoir l'épaisseur de la penture. |i 11" Terme de versification française. Césure placée dans les vers décasyllabes après la quatrième syllabe, et dans les vers alexandrins après la sixième. Que toujours dans vos vers le 'lens coupant les mots Suspende l'hémistiche, en marque le repos, boil. Art p. i. || La pause qui doit être placée dans les stances de six ou de dix vers, savoir dans celles de six après la troisième vers, et dans celles de dix après le quatrième et après le septième. || 12° Terme de musique. Endroit oii la phrase se termine, et où le chant se repose plus ou moins parfaitement. Métastase a disposé les phrases, les repos, les nombres, el toutes les parties de l'air, comme s'il l'eût chanté luimême, haiimontel, Œuv. t. V, p. (01. Il 13° Pause que l'on fait en prononçant un discours, en déclamant, en lisant à haute voix. Rien de plus contraire à l'harmonie que des repos trop fréquents, et qui ne gardent nulle proportion entre eux; aujourd'hui pourtant c'est le style qu'on voudrait mettre à la mode, u'OLivET, Pros. franf. v, 2. Lorsqu'il avait bien saisi le sens d'un morceau, je le lui déclamais, en marquant bien l'accent, la prosodie, la cadence des vers, les repos, les demi-repos, les articulations de la phrase, marmontel, Mém. ix. || 14° Se dit, dans les ouvrages d'esprit, de certains passages ou morceaux, sur lesquels le lecteur peut s'arrêter et se délasser de son application à ce qui précède. Narration qui sert de repos après des considérations abstraites, || 16° Terme de peinture. Endroit du tableau où les détails sont plus rares, les lumières moins vives, afin que l'œil, ne s'y arrêtant pas, se fixe particulièrement sur l'action principale. Ménager des repos. Cette composition manque de repos. Il Attitudes des figures représentées sans mouvement ou avec peu de mouvement. 11 y a beaucoup de repos dans cette figure. On no sait si cette figure est en mouvement ou de repos, en repos, ou au repos. Il Par extension. Jamais, dans les comédies de Molière, les caractères annoncés ne sont dessinés en repos, marmontel, Œuv. t. ix, p. *63. || Terme d'architecture. Se dit des masses que l'on ne charge pas d'ornements, des parties qui restent unies, par opposition à celles qui sont travaillées. La grande fabrique des tours de Notre-Dame [à Paris], malgré la multitude infinie des petits repos qui en divisent la hauteur et aident l'œil à les mesurer.... moEROT, Salon de (766, Œuvres, t. xiii, p. 234, dans pougens, au mot fabrique. || 16° Terme de marine. État d'un navire droit dans son assiette, qui n'est incliné ni par le vent ni par les lames. || 17° Terme de poêlier. Repos de chaleur, voy. réservoir. Il 18° Repos pour battre, se dit, au trictrac, quand l'adversaire a une dame découverte dans la table de son grand jan, et qu'on l'atteint avec l'un des des, de façon à atteindre avec l'autre jusqu'à des dames découvertes dans le petit jan. || Coin de repos, se dit, au même jeu, de la dernière flèche du grand jan, qui fait le coin du trictrac, et où l'on ne peut se placer qu'en y mettant deux dames à la fois. — niST. XI* s. Terre major [la grande terre, la France] remeindreit en repos, Ch. de Roi. xuv. Il XII' s. Se il longement estisoient [demeuroient] en pâiz et en repaus, /ob, p. 489. Tuit cil qui quierent lo deventrien [intérieur] repaus, ib. 479. Il xiir s. Repos n'est mie béatitude, porce que repos est quis por mieulx sofTrir poine et travail, non pas por soi, brun, latini. Trésor, p. 328. Et il de son paîs s'eslonge, Com cil qui le repos ne songe. Blanche et Jehan, v. (06. || xiV s. Les Eques n'ont pas donné lonc repos aux Romains, bercheube, f° 59, recto. Il XV* s. Et estoient logés en un bois [les Escots] pour estre plus à repos, et pour plus secrètement aller et venir quand ils voudroient, FROiss. I, I, 42. Et trouvèrent [les Gantois] le rejjOs [berceau] où le comte avoit esté mis d'enfance, II). 1), H, 482. Certes, dames, dit le chevalier, il ne vit qui n'a repos, Perceforest, t. m, f° 73. ||xvi* s. Comme il estoit homme sans repos, il en donna si peu à l'armée ennemie, qu'elle tourna son dessein vers lui, d'aub. Hist. i, 277. 11 devint tellement amoureux, qu'i' en perdoit le repos et le repas, Nuits de Straparole, t. u, p. t96, dansLACURNs. Au

REP

monde n'a point de repos, leroux db linct, Prot>. t. Il, p. 232. Repos est demie vie, id. ib. p. 4I3.

— ÉTYM. Substantif verbal de reposer (voy. ce mot) ; Berry, repaus; wallon, ripoi; prov. repaus; cat. repos; espagn. reposa; port, repauso; ital. riposo. La forme wallone ripai est singulière; elle a son analogue dans l'ancien français repu»; Pur co est France franche, parles sainz ùje fui. Que cil qui mestier unt iviegnent à refui; Mult seit il bien venu; ci puet avcir repui. Th. le mart. 54. Le sens paraît être retraite, demeure; il se rattache probablement au bas-lat. repudiare, dont le radical podium avait donné pui (voy. appui, appuyer).

REPOSÉ, ÉE (re-pô-zé, zée), part, passé de reposer. Il 1° Qui a cessé de travailler, d'agir. Un cheval frais et reposé. Ce n'est point [dans la tragédie] la nature reposée, mais la nature en contraction et dans cet état de souffrance où la mettent les passions violentes, les grands dangers et l'excès du malheur, MARMONTEL, Œuv. t. VI, p. 257. || i* Qui s'est rassis, laissant tomber au fond les parties grossières. Un vin reposé. |{ 3° Un teint reposé, un teint frais, tel qu'il est après une nuit de bon sommeil; cela ne se dit guère qu'en parlant de femmes. Vous avez le teint bien reposé, mariv. Sec. Surpr. de l'Am. i, l. Il 4* Tranquille, de sang-froid. Une fort bonne petite contusion, qui lui fait [au jeune Grignan].... bien de l'honneur, parla manière toute froide et toute reposée dont il l'a reçue, sÉv. n nov. (688. || 5° k tête reposée, lac. adv. Mûrement, avec réflexion. M. le duc d'Orléans devait a\oir fait des choix à tête reposée, et n'avoir plus qu'à les déclarer, st-sim. 42(, 65, Je ne serai content que quand vous l'aurez lu [Mahomet] à tête reposée, volt. Lett. en vers et en prase, 72.

REPOSÉE (re-pô-zée), s. f. || 1° Lieu où les bêtes fauves se reposent pendant le jour. || 2° X reposées, loc. adv. En se reposant de temps en temps. J'aperçus plusieurs personnages qui tiraient une grosse corde à reposées, et suaient à grosses gouttes, tant leur travail était grand, Francion, m, p. (00.

— HIST. xiu* s quatre vilein m'ont trové, Qui

m'ont batu à reposées, Ren. 23297. Et à cescune reposée [station] faisoit-on une crois où li ymage de lui est figurée, Chr. de Rains, iei. Cil l'empire (gâte le chemin].... qui coupe les arbres qui furent planté por les reposées et por avoir ombre, beaum. xxv, (2. il xiv* s. Se la reposée du cerf est bien foulée et longue, Modus, f° tx. || xv* s. Marcha atout sa bataille en très belle ordonnance, en approchant ses ennemis; puis fist une reposée, J. lefevre de st- BEMï, Hist. de Charles VI, p. 92, dans lacdhnb. Il XVI* s. Il commanda de rechef que l'on marchast, non point le petit pas ny à reposées, ains viste et roide, amyot, Crass. 44. La bauge du sanglier, du cerf la reposée, d'aub. Tragiques, Princes.

— ÉTYM. Reposé.

REPOSER (re-pô-zé), V. a. || 1° Mettre dans un état de repos. Reposer la jambe sur un tabouret, sa tête sur un oreiller. Heureux celui qui, connaissant tout le prix d'une vie douce et tranquille, repose son cœur au milieu de sa famille I montesq. Lett. pers. (55. Il Fig. N'avoir pas où reposer sa tète, être sans asile. Ce Dieu pauvre, qui dans tout le cours de sa vie n'eut pas même où se retirer ni où reposer sa tête, bourdal. Exhart. Crucif. et mart de J. C. t. II, p. (98. Il Reposer sa vue, ses yeux sur un objet, le-î y arrêter avec plaisir. |j 2° Procurer du repos, du calme, avec un nom de chose pour sujet. Un jour égal et pur y repose les yeux [à la Roche- Guyon], lamart. If^d. i, 26. || Cela repose la vue, se dit des parties d'un tableau, ou d'un ensemble d'objets, qui n'attirent pas l'attention et permettent à l'œil de se reposer. || Le sommeil repose le teint, le rend frais. || Cela repose les humeurs, les calme. Il Reposer la tête, l'esprit, l'âme, leur procurer du calme. || Se reposer l'esprit, se donner du calme. Il y a sept jours que je suis revenue de Rennes, et que je me repose l'esprit, sÉv. (8 août (680. Il 3° V. n. Dormir. Portons-le reposer dans la chambre prochaine, corn. Théod. v, 9. Une potion anodine ot astringente, pour faire reposer monsieur, MOL. Mal. imag. i, (. i la nuit qu'il fallut passer en présence des ennemis, comme un vigilant capitaine il reposa le dernier; mais jamais il ne reposa plus paisiblement, boss. Louis de Bourbon. Je fais pour reposer un effort inutile, boil. Sat. VI Les chagrins qu'il [Néron] me cause M'occuperont assez tout le temps qu'il repose, rac. Brit. I, (. Que s'étant mise au lit, elle reposait, hamilt. Gramm. ((.||4° 11 se dit d'un état de repos, de tranquillité. H ne dort pas, il repose. Qui se plaît à bien faire et sait l'art d'obliger Repose sans péri' au milieu du danger, hoir. Délit, ii, 8. Allez, et

REP

laissez-moi reposer un moment, «ac. Mithr. u, 2. Il Fig. Si je voyais partout las marques d'un créateur, je reposerais en paix dan» la foi, pasc. Pent. XIV, a, édit. havet. || S* Terme de manège. Reposer ou se reposer sur la main, se dit d'un cheval qui, ayant la bouche dure, pèse trop sur la main. Il 6° Être placé, déposé pieusement en quelque endroit. Le saint Sacrement repose dans cette chapelle. C'est sous cette pierre que son corps repose . Il y avait quatre jours que le corps d'Alexandre reposait sur son lit de parade, vaugel. Q. C. X, 10. Je reposerai avec mes pères, saci. Genèse, XLVii, 30. Les tombeaux où reposaient leurs cendres bénites, boss. Hist. u, 3. Que tes cendre» reposent en paix, fSn. Tél. xvii. || Ici repose.... ou ci-dessous repose... inscription que l'on met sur des tombes. || 7° Fig. Résider. L'espérance que j'ai et qui reposera toujours dans mon cœur, saci, Bible, Job, XIX, 27. Le Saint-Esprit repose invisiblemenl dans les reliques de ceux qui sont morts, pasc. Lett. sur la mort de son père. Lieu terrible où de Dieu la majesté repose, rac. Athal. v, 2. ||8° Être établi, fondé sur. La base de l'édifice repose sur le roc. Les villes de Clermont, de Riom, d'Issoire ne sont bâties qu'avec des laves, et ne reposent que sur des laves, buff. ffir». t. ix, p. 3.1. || Fig. Ce raisonnement ne repose sur rien. Son crédit ne repose que sur de faibles bases. || 9° En parlant de liqueurs, se rasseoir, de manière que les parties grossière» tombent au fond. Il faut laisser reposer ce vin. Il faut se presser de travailler le suc de la betterave à mesure qu'on l'extrait ; si on le laisse reposer plusieurs heures, surtout quand il n'est pas concentré, il éprouve des altérations qui dénaturent le sucre, chaptal, Instil. Mém. Àcad. des scienc. t. i, p. 3C9. Alors, retiré du feu, il [le sirop d'érable] repose pendant douze heures, chateaub. 4m^r. Récolte du' sucre d'érable. || Fig. Laisser reposer ses esprits, sa calmer. || 10° Se reposer,», réfl. Être dans le repos, goûter le repos. Castor et Pollux se reposent toui à tour; mais moi, je ne repose jamais, et ne fais que courir haut et bas, d'ablanc. Lucien, dial des dieux, Mercure et sa mère. Est-on, disait-il, dans les places pour se reposer et pour vivre? ne doit-on pas sa vie à Dieu, au prince et à l'État? boss. le Tellier. L'Inde se reposait dans une paix profonde, rac. Alex, ii, 2. Ami, reposons-nous sur ce siège sauvage, volt. Scythes, i, 3. Sitôt donc qu'une partie des hommes se repose, il faut que le concours des bras de ceux qui travaillent supplée au travail de ceux qui ne font rien, i. i. bouss. Ém. lii. Morellet, dont l'esprit trop souvent se repose, Enfant de soixante ans qui promet quelque chose, u. i. chénier, le Docteur Pancrace. || Se délasser. Vous me semblez tous deux fatigués du voyage ; Reposez-vous; usez du peu que nous avons, la font. Phil. et Bauc. Je me repose des autres lettres, quand je vous écris, sÈv. 479. On voit des Calabrais qui se mettent en marche pour aller cultiver les terres avec un joueur de violon à leur tête, et dansant de temps en temps pour se reposer de marcher, stael, Corinne, xi, (. || Fig. ô épée de la justice de Dieu, ne vous reposerez-vous point? remplirez-vous toujours la terre de meurtres? nicole, kss. mor. 3* traité, ch. 5. Il Fig. Familièrement. Se reposer sur ses lauriers, demeurer inactif après un succès. Il [Corneille] se reposait sur sa réputation ; sa gloire nuisait à son génie, volt. Comm. Corn. Rem. Perth. préface. \\ On dit dans le même sens : reposer sur ses lauriers. || k\ec faire ellaisser, on fait ellipse du pronom personnel . Faites reposer vos chevaux ; laisseï reposer un moment ces hommes. Laissez un peu reposer votre cœur et votre imagination clans la certitude d'une si grande chose [un bon mariage pour le jeune Grignan], sév. (i sept. (680. || 11° Se reposer, être en jachère, en parlant d'une terre. Il Fig. Soit qu'en tout pays la nature se repose après de grands efforts, comme les terres après une moisson abondante.... volt. Lett. au pr. ray. de Pr. 27 mai (737. Il Avec ellipse du pronom personnel. Laisser reposer une terre, la laisser en jachère, sans l'ensemencer. || Fig. Laisser reposer un ouvrage, cesser de travailler à un ouvrage, pour le reprendre et le revoir à loisir. \i 12° S'arrêter pendant quelque temps, en parlant de la vue, de l'esprit, etc. Expier tous les crimes de vos regards en les laissant reposer sur un objet désagréable, mass. Carême, Mauv. riche. Il en est encore dent je n'ai p.as voulu parler comme en passant, et sur lesquels mes souvenirs se plaisent à se reposer, marmontel, Mém. x. La vue, en parcourant l'horizon, se repose adroite sur celte mer qu'on appelle Proponliile, harthél. Anach, ch. 2. Il 13° Se poser, résider. La puissance du Sei-

REP

gneur se reposent sur cette montagne, saci, Bible, Isaie, ixv, *0. L'esprit s'étant reposé sur eux, ils commencèrent i prophétiser, id. ib. Nomb. xi, 26. Il Être posé sur. [La réforme] Ea renversant le fondement sur lequel se reposait la foi des peuples, boss. «• avert. m, 3. || li-Fig. Se reposer sur, avoir confiance en. Sur leur ordre éternel [des dieux] mon esprit se repose, CORN. Ilor. m, 5. Chacun se dit ami; mais fou qui s'y repose, la pont. Fabl. iv, i 7. Je me reposerai sur ma conscience et sur mon cœur, qui ne peut jamais me laisser faillir sur ce qui vous regarde, sÉv. « avr. 467». Le cœur de son père se repose sur elle, comme un voyageur abattu par les ardeurs du soleil se repose à l'ombre sur l'herbe tendre, pén. Tél. XXII. Reposez-vous sur moi, je réponds de l'affaire, REGNABD, Fol. amour, m, 8. C'est une des singularités de ma mémoire qui mérite d'être dite : quand elle me sert, ce n'est qu'autant que je me suis reposé sur elle ; sitôt que j'en confie le dépôt au papier, elle m'abandonne, J. J. rouss. Confess. VIII. Lorédan n'est-il pas mon amiî J'aime à me reposer sur sa reconnaissance, delav. Vêp. sicil. ii, a. Il Se reposer de.... sur...., s'en remettre à... pour la chose dont il s'agit. Reposez-vous sur moi, seigneur, de tout son sort, corn. Hér. ii, a. Qu'un père si éclairé.... se soit reposé sur vous [le fils de Condé] de choses si importantes, boss. Louis de Bourbon. Il lui fut permis de se reposer des occupations de sa charge sur un fils, lo. le Tell. Vous savez qu'on s'en peut reposer sur ma foi, bac. Esth. n, i . Ils se reposent de leur élévation sur leurs titres, mass. Pet. carême, Tentât, des gr. Van Swietcn a eu- ordre de l'empereur et de l'impératrice de faire compliment à Marmontel, et il s'en est reposé sur son fils, qui s'en est acquitté on ne peut mieux, dider. Lett. à Ulte Voland, i < oct. ♦787. || On a dit aussi, avec le même sens, se reposer dans. Nous sommes plaisants de nous reposer dans la société de nos semblables, misérables comme nous, impuissants comme nous, PASC. Pens. XIV, <, édit havet.

— HlST. X* s. E repauser se podist [et se pût reposer], Frajm. de Yalenc. p. 488. || xi" s. Dune le menât androit [directement] suz [sous] le degret. Fait li sun lit 0 [où] il pot reposer, St Àlexis,XLyii. || m* s. Onques fil] ne fu un sol jor reposans De Sarasins ocirre et de Persans, li Covenans Vivien, v. 70. Ne fausse amors ne vuet que s'entremete De moi laissier dormir ne reposer, Couci, vi. || xiii* s. Quar se je repose De fere chançon.... coussemaker, l'Art harmonique, p. (83. Ne soies pas toz jors en œvre, mais aucune fois laisse reposer ton corage, bbln.latini, rr^for,p.348. En pes me dormiré et reposeré en Dieu meismes, Psaulier, ^ ( o. Laissez la [votre fille] reposer jusques à la vesprée, Berte, lxxxii. Et on lor dist qu'il sejournoit à Nichole, une ferme sitée à xii lieues do Cantorbile où sains Thumas li martyrs repose, Chr. de Bains, 4 32. ||xiv* s. En ycelle abbaïe où il a lieu jolis. Reposèrent trois jours nos François poestis, Guesclin, 20456. En la ville se sont nos François reposé, ib. )95i3. Qui a à faire à bonnes gens, il se repose, Ménagier, ii, 3. || xv« s. La cheveleure qui lui reposoit sur les espaules, Perceforest, t. iv,^ 69. 11 ivi* s. Homme reposé, non entreprenant, amïot, Solon, et .... Là où il se logea pour reposer ses gens qui estoient travaillez du chemin, id. P. j£m. 24. Il les avoit remparez, et se reposoit sur lesdits remparemens, lo. Caton, 28. Il avoit besoing dequelque homme de faict et d'entendement, sur la foy duquel il se peust reposer de la garde de son estât, in. Eumènes, 6. Jusques à ceste heure qu'elle commence à reposer, elle a esté vingt-quatre heuresen extrémité de douleurs du pied gauche, marg. Lettre 4 5. Tout ce jour madame a fait bonne chère, se repensant sur son petit lict, id. ib. 52. L'asseurance que j'ay de vous me faict entièrement repouser sur vostre promesse, ID. ib. 58. Je vous supplie vous en repouzer sur moy, id. t6. 38. Estant en nostre sens froid et reposé.... MONT. II, 325. Nous avons fort peu dechoses à dire de l'Espagne, pour ce qu'elle a reposé en soy, troublant les autres nations, d'aub. Uist. i, 4 8. Monsieur sera à se reposer, ouy de bien faire, Dial. de Tahurcau, p. 80, dans lacurne.

— ÉTYM. Berry, arpouser; wallon, ripoixé; prov. repausar; esp. reposar; port, repousar; ital. ripolare; dulat. repauiare (quicherat. Addenda), donner du loisir, de re, et pousa, pause (voy. poser).

+ RÉPOSITION (ré-pû-zi-sion), s. f. Terme de pharmacie. Action de mettre les substances dans un lieu convenable pour leur conservation.

— ÉTYM. Lat. repositionem, de re, et positio, action de mettre (voy. position).

KEI'OSOIR (ro-pâ-zoir), t. m.\\l' Endroit où l'on peut s« reposer. Ce sont.... les ombrages et les

REP

reposoirs qui lui ont été dressés sur Te passage, BALZ. le Prine», ch. 23. Et le nageur poussé du vent. De roc en roc portant la belle.... Avec l'aide du ciel et de ces reposoirs.... Hispal, n'en pouvant plus, de faim, de lassitude.... Prit terre à la dixième traite, i,A FONT. Fianc. Ci-gît le seigneur de Cabonne, Oui tracassait plus que personne, Il s'en venait, il s'en allait, 11 ne savait ce qu'il voulait ; On doute même s'il repose Au reposoir de toute chose, Épigr. dans RiCHELF.T. Il Fig. Endroit où, dans un écrit, l'esprit peut se reposer. J'ai trouvé d'iiabiles gens qui avaient à peu près le même goût pour l'Iliade et pour l'Odyssée, et qui préféraient ce dernier poëme au premier, i cause qu'il y avait de plus longues et de plus fréquentes narrations, et par conséquent plus de reposoirs et plus de lieux pour respirer à leur aise, cosTAR, Ddf. des œuvres de Voiture, dans richelet. Si l'on suit les titres de la marge, ils serviront de reposoirs et de guides, boss. Lett. quiét. 468. II [un ancien critique] blâme Philistus, historien grec, de ne point faire de digressions; il dit qu'il en faut faire quelquefois, et qu'elles servent de reposoir. Analyse de Bayù, t. i, p. 4 9. |1 i" Particulièrement. Autel qu'on fait dans les rues durant la procession de la Fête-Dieu, pour y faire reposer le saint sacrement. Il 8° Cuve dans laquelle l'indigo repose. L'habileté de l'indigotier consiste à saisir l'instant favorable où il doit faire couler l'eau chargée de fécule colorante dans le reposoir ou diablotin, pour que cette fécule s'y agglomère et s'y rasseye, Dict. des arts et met. indigotier.'

— HIST. XVI' s. Il fut deffaict, là où en s'advançant d'une heure seulement, il defaisoit l'armée ennemye, et, par grand malheur, il en employa trois en son reposouer [halte], carl. viii, 4 3. Sera bon de mettre, au devant de chacune ouverture des nids, une petite pierre platte ou brique, saillant trois ou quatre doigts, pour servir de reposoir au pigeon, o. de SERRES, 387. Les reposoirs d'un escalier, cotgrave.

— ÉTYM. Reposer. On se servait aussi de reposoir au sens de réservoir; mais alors il vient du lat. repositorium; Le vivier.... dict aussi reposoir et serve, o. de SERBES, 42(. Au reste, repositoire était usité aussi.

t REPOSSÉDER (re-po-sé-dé), v. a. Il se conjugue comme posséder. Posséder de nouveau. Les Délices [château de Voltaire] seront-elles assez heureuses pour vous reposséder au mois de mai ? volt. Lett. Chauvelin, 24 janv. 4 761.

t REPOSTÉ , ÉE (re-po-sté, tée), adj. En style de pratique un peu vieilli, on dit : les objets repostés dans, par exemple, dans une armoire, pour : les objets se trouvant dans....

— ÉTYM. Lat. repostus, déposé, de reponere, de re, etponere, poser (voy. pondre).

t REPOSTER (re-po-sté), v. a. Poster de nouveau. Quand Brissac eut donné tout loisir aux dames de s'éloigner et de ne pouvoir entendre le retour des gardes, il les fit reposter, st-sim. 339, 24 2.

f REPOUS (re-pou), s. m. Mortier fait avec de la brique pilco et de petits plâtras.

t REPOUSSABLE (re-pousa-bl'), adj. Qu'on peut repousser. Et quand même l'huissier, X vos désirs inexorable. Vous trouverait en face un marquis repoussable, Ne démordez point pour cela, mol. Impromptu, remercîment.

REPOUSSANT, ANTE (re-pou-san, san-t'), adj. Il 1° Qui repousse, qui fait reculer, qui éloigne. En tout pays les gens chargés de beaucoup d'affaires sont toujours repoussants et sans commisération, J. J. ROLSs. Ilél. Il, ai. Il %' Fig. Qui inspire de l'aversion, du dégoût. Elle était, au premier aspect, d'une laideur repoussante, marmontf.l, Mém. m. Quelques-uns la plaignaient ; mais d'un plaisir sauvage La plupart étalaient la repoussante image, LEMF.RciER, /. Shore, v, 2.

REPOUSSÉ, ÉE (re-pou-sé, sée), part, passé de repousser. |j 1° Poussé de nouveau, poussé en arrière. De minces feuillets d'or, Tout à coup animés [par l'électricité], semblent prendre l'essor. Attirés, repoussés, s'approchent, se retirent, dp.lille, Trots règnes, 1. 1| 2° Fig. Rejeté, écarté. Me voilà repoussé par ma destinée dans ce Paris d'où j'avais eu tant de plaisir à m'éloigner, marbontel, Aém. v. || 3" Fig. Qui ne trouve pas accueil. Je parlai l'autre jour de lui [M. Trouvé] à notre comtesse de Fiesque.... mais je me trouvai repoussée dans toutes mes approbations, sÉv. 20 avril (683. || 4« Terme de commerce. Laines repoussées, se dit des jeunes laines maigres et élancées qui poussent sous la vieille avant qu'elle soit tondue. Il 5° S. m. Travail de repoussé, œuvre en relief, exécutée à coups de marteau dans une plaque de métal posée sur un mastic élastique.

REPOUSSES! ENT (re-pou-seman), s. m. || !• AC-

tion de repousser, de pousser en arrière. Il y a dam tous les corps et dans toutes leurs parties un effort actuel de repoussement et de pression en tous sens, lk p. castel, dans Mém. de Trévoux, 4 726, 1. 1, p. 299. Il Particulièrement, en parlant d'une arme à feu, la coup en recul qu« letircuren reçoit. ||2'Fig. Action d'écarter de soi avec brusquerie, mauvaise humeur. Le ministre taisait quelquefois les mauvaises nouvelles, pour éviter, a-t-il dit, les brusques repoussements ('.ont alors il était accueilli, sÉGUR,7/tf(. de Nap.i, 6,

— HIST. XVI* s. Repoussement, monet, Dict.

— ÉTYM. Bepousjer.

REPOUSSER (re-pou-sé) , t). o. || !• Pousser de nouveau, rejeter, renvoyer. On lui avait poussé la balle, il la repoussa avec la même force. || Absolument. 11 [un corps] est poussé sans repousser, puisque le repos n'a point de force pour résister au mouvement, MALEBR. Rech. vér. lois des mouv. part. 4. || 2° Eloigner. C'est par eux [des massifs, dans les jardins] que l'on peut varier ses dessins, Rapprocher et tantôt repousser les lointains, delille, Jard. ii. || 3" Terme d'imprimerie. Marquer, imprimer à la main une lettre, un signe qui manque dans une feuille tirée. Repousser un point qui manque à la fin d'une phrase. Il 4° Faire reculer quelqu'un, l'écarter de soi. Quelquefois, pour flatter ses secrètes douleur?. Elle prend ses enfants et les baigne de pleurs; Et soudain, renonçant à l'amour maternelle. Sa main avec horreur les repousse loin d'elle, rac. Phèdre, v, 6. Ce dieu [Cliaron], dont la vieillesse éternelle est toujours triste et chagrine, mais pleine de vigueur, les menace [les ombres des morts], les repousse, et admet d'abord dans sa barque le jeune Grec, fé» Tél. XVIII. Il Fig. Nulle part sur cette côte immense on ne voit de ces rochers affreux dont l'aspect repousse le navigateur, raynal, His<. phil. ii, 4 4. 116° Pousser en arrière. L'amiral [vaisseau], où était la reine, conduit par la main de celui qui domine sur la profondeur de la mer et qui dompte les flots soulevés, fut repoussé aux ports de Hollande, boss. lieine d'Angl. || Pousser auloin.Lecastor.... presque policé est repoussé dans le fond des déserts, bufp. Ois. t. XV, p. 1 46. Il Fig. Écarter de. C'est ainsi que Dieu.... l'a repoussée doucement [Mlle de Grignan] de ce haut degré de perfection où elle aspirait, sÉv. 25 oct. 4 686. || 6° Il se dit d'attaquants que l'on force à reculer. Trois fois il s'efforça de rompre ces intrépides combattants, trois fois il fut repoussé par le valeureux comte de Fontaines, boss. Louis de Bourbon. Les Suédois furent repoussés, mais ne furent pas mis en déroute, volt. Russie, i, I7. {{ On dit de même : repousser les efforts de l'ennemi. Repousser une attaque, un assaut. Nos peuples qu'on a vus, triomphants à sa suite. Repousser les efforts du Persan et du Scythe, rac. Alex, ii, 4. || Repousser la force par la force, employer la force pour se défendre. Il Repousser quelqu'un avec perte, lui faire subir un grand échec. || Fig. et familièrement. Il a été repoussé à la barricade, il a fait des tentatives pour obtenir quelque chose, mais a été refusé ouvertement. Il 7* Fig. Infliger un refus, un mauv:iis accueil. La F**' a été rudement repoussé, quand il a proposé d'être à M. le Dauphin ; le roi ne peut souffrir ceux qui quittent le service, sÉv. 416. Quoique vous m'ayez souvent repoussée politiquement sur ce sujet [les jésuites], je n'ai janais cru que vous fussiez d'un autre sentiment que moi, id. 6 oct. 4680. Quand on ne peut jamais rien dire qui ne soit repoussé durement, id. 6 nov. 4 680. Comment faisiez-vous pour vivre, étant repoussé do tout le monde? bern. de st-pierre, Chaum. ini. Il Repousser une demande, la rejeter, l'écarter. Ni la fortune insolente. Repoussant avec fierté La prière humble et tremblante De la triste pauvreté, VOLT. Èp. Lxxvii. IIS-Écarterdesoiquelquechosequi blesse. Et loin de repousser le coup qu'on vous prépare, Vous voulez vous en faire un mérite barbare, RAC. Iphig. IV, 4. Faut-il repousser la fraude par la fraude? fén. Tél. xx. Votre frère est présent, et mon honneur blessé Doit repousser les traits dont il est offensé, volt. Adél. duGuescl. ni, 3. La mère repoussa vivement le soupçon, i. J. bouss. Confess. viii. Il Repousser une injure, s'en défendre avec force, avec vivacité. Pour repousser une légère offense qu'il a reçue, il en fait une atroce dont il s'applaudit, bouhdal. Jug. dem. 2« avent, p, 346. Outrages sans repousser l'outrage, d'alemb. Eloges, CrébiUon. || Repousser la calomnie, la réfuter hautement. Je me borne à mon devoir ; c'est celui de repou.sser la calomnie, volt. Lett. Dorât, 4 •■ mari 4 788. Il Repousser la raillerie, faire taire le railleur, le réduire au silence. || Écarter de soi quelque chose dont on ne veut pas. H repoussait leurt

REF

louange» comme des offenses, doss. Louis de Bourbon. On a pour les violentes douleurs je ne sais quelle complaisance qui s'oppose aux remèdes, et repousse la consolation, fonïen. Bonh. Œuv. t. m, p. 363, dans POUOENs. Il Repousser une tentation, une mauvaise pensée, la rejeter de son esprit. H 9° Produire la répulsion, le dégoût. Son air, son ton , ses manières me repoussèrent à tel point qu'il ne fut pas en moi de le bien recevoir, j. j. HOBSS. Corresp. du Peyrou, t. m, p. 205, dans pougens. Avec un extérieur peu attirant et presque fait pour repousser ceux qui n'y étaient pas aguerris, l'abbé d'Olivet portait au fond du cœur une envie d'obliger sincère et active, que plusieurs gens de lettres ont éprouvée, d'alemb. Éloges, d'Olivet. Il 10° Produire de nouveaux jets, de nouvelles partais, en parlant de plantes et d'animaux. Cet arbre • repoussé de plus belles branches. La propriété que ces insectes ont do repousser une nouvelle tête et une nouvelle queue à la place de celles que la section leur a fait perdre, bonnet, Observ. vers, a:uv. t. I, p. 219, dans pougens. ||11° V. n. Pousser en écartant. Ce ressort repousse trop, ne repousse pas assez, il a trop de force, il n'a pas assez de force. || Pousser en arrière, en parlant d'un fusil dont la crosse frappe rudement l'épaule quand on le tire. Ce fusil repousse. || Terme de marine. Faire usage du repoussoir. || 12° Terme de pointure, en parlant des couleurs. Le bleu a repoussé dans ce tableau, c'est-à-dire qu'avec le temps il a fini par dominer et faire disparaître les couleurs auxqaelles il était mêlé. || 13* Fig. Produire la répugnance, l'antipathie. Il a une figure qui repousse. Ses manières repoussent. || H° Produire de nouveaux jets. Il parut une multitude de sauterelles qui se forma lorsque les pluies du printemps commençaient à faire croître l'herbe, et ces pluies la faisaient repousser après qu'elle avait été coupée, SACi, Bible, Àmos, VII, I. Cette avenue et tout ce qui était désolé des chenilles, et qui a pris la liberté de repousser avec votre permission, est plus vert qu'au printemps dans les plus belles années, sÉv. 383. || Il se dit dans un sens analogue des ongles, des cheveux. Il 15" Se repousser, v. réfl. Exercer l'un sur l'autre une action qui écarte. Les pôles de même nom d'un aimant se repoussent. [Les corps célestes] Sans cesse s'attirant, se repoussent sans cesse, DELILLE, Itnag. v.

— HIST. xiv« s. D'un bon espoi [épieu] qu'il tint les a si repoussez, Qu'il se sont malgré eux arrière reculez, Guescl. 20229. || xvi" s. Et furent les Athéniens en cest endroit repoulsez par les Amazones, jusques là où sont les images des Eumenides, amïot, Thés. 34. Sa mère lui fournissoit argent tant comme il vouloit, et lui aidoit à se rcpoulser en avant, lo. Agis et Cléom. 3i . Les jetions qu'ils [les arbres fruitiers] repoussent à la prime-vere.... 0. de serres, 628. La mer qui gronde et se courrousse, Quand maint vent la pousse et repousse, desportes, Œuvr. chrest. xviii. Ode. La tourbe de nos hommes.... continuellement flottante en l'orage des passions diverses qui la poulsont et repoulsent, mont, i, 326.

— ÉTVM. Jie..., et pousser.

t REPOUSSEUR (re-pou-seur), s. m. Celui qui repousse. Il Ouvrier tourneur qui façonne en relief les chandeliers, lampes et autres objets d'ameublement.

— HIST. XVI' s. Repoulseur, cotghave.

— ETYM. Repousser.

REPOUSSOIR (re-pou-soir), t. m. || !• Cheville de fer qui sert à faire sortir une autre cheville. || Poinçon pour faire sortir les clous du pied d'un cheval en le déferrant. || Terme de marine. Marteau ou boulon pour repousser les clous, les chevilles qu'on veut retirer de leur trou. || 2° Instrument de chirurgie dont on se sert pour extraire les chicots de dents. Il Instrument qu'on introduit dans l'œsophage pour repousser les corps qui y restent engagés. Il 3° Peiit morceau d'acier, rond ou carré, dont les graveurs en cuivre se servent pour repousser les planches en le mettant dessous, lorsqu'ils veulent frapper dessus avec le marteau; ce qui arrive dans les endroits qu'ils ont été obligés d'effacer avec le brunissoir, ou de gratter avec le grattoir. Il Ciselet qui sert aux bijoutiers et aux tourneurs en métaux à repousser les reliefs qu'on avait enfoncés en les ciselant par-dessus. || 4° Outil en forme de long ciseau, dont se servent les sculpteurs, les tailleurs de pierre, pour pousser des moulures. Il 5° Pièce dans une montre à répétition. Elle [une montre] aura cercle de diamants, boulons, repoussoir, aiguilles de diamants, crochet d'or, chaîne d'orcolorié, volt. Le«. Mme d'Argental, 7 déc, 4770. || 6° Terme de peinture. Objets vigoureux de cou-

REP

leur ou d'ombre, qu'on place sur le devant d'un tableau, pour faire paraître les autres objets plus éloignes. Il faut en peinture que les objets essentiels se tournent en repoussoirs, dideb. Essai sur la peint, chap. 3. La décoration servira, si j'ose m'exprimer ainsi, de repoussoir au ballet, noverbe, Lelt. sur la danse, p. I09, dans pouoens. || Fig. 11 se dit d'une chose ou d'une personne qui en fait valoir une autre par le contraste. Cette femme laide sert de repoussoir à sa voisine.

— HIST. xvi* s. Si on lui tendoit quelques trebuchets ou repoussoirs, desper. Contes, xxxi.

— ÉTYM. Repousser.

t REPOUSTAGE (re-pou-sta-j'), s. m. Action de repousler.

t REPOUSTER (re-pou-slé), i\ a. Ballotter la poudre sèche, pour en détruire les pelotons.

— ÉTYM. C'est une forme altérée pour re..., et ipousseter.

t REPKËCIIER (re-pré-ché), v. n. Prêcher de nouveau.

— HIST. XIII* s. Et li abes de Vaus et cil qui à lui se tenoientrepreechoient,et disoient que tout ce estoit mais, villeh. lu.

t RÉPRÉIIENSEUR (ré-pré-an-seur), s. m. Celui qui reprend, réprimande. Le répréhenseur est toujours importun et fâcheux à celui qu'il reprend, FLécii. Sermons, Correct, fratem.

RÉPUP.UENSIBLE (ré-pré-an-si-bl'), adj. Digne de blâme, en parlant des personnes. Les personnes qui s'amusent à faire peur aux enfants sont trèsrépréhensibles, dumars. Œuv. t. v, p. 192. || Il se dit aussi des choses. Vous eûtes des erreurs et non pas des vices; votre conduite fut répréhensible, mais votre cœur fut toujours pur, i. j. houss. Cortf. vi. Il corrigea tout ce qui lui paraissait réellement répréhensible, et qu'une critique plus amère qu'éclairée n'avait pas toujours aperçu, d'alemb. Éloges, lloutlcv.

— HIST. xiv* s. Ordener œvre parfaite qui ne soit répréhensible, h. de mondeville, f= 4, verso. \\ xvi's. La richesse de Nicias etoit plus juste ou moins répréhensible que celle de Crassus, amyot, Crass. et Nie. 1 .

— ETYM. Lat. reprehensibilis, de reprehendere (voy. reprendbe) ; provenç. reprendable.

t RÉPIIÉUENSIBLEMENT (ré-pré-an-si-ble man), adv. D'une manière répréhensible, Dict. de l'Acad.

RÉPRÉHENSION (ré-pré-an-sion ; en vers, de quatre syllabes), s. f. Action de reprendre, de blâmer. Souvent j'ai été le but où la médisance a tiré, et non pas seulement la répréhension, poussin, Lett. 7 avr. (647. On souffre aisément des répréhensions, mais on ne souffre pas la raillerie, mol. Préf. de Tart. Une véhémente répréhension des abus criants qui semble marquer un vrai zèle, boss. Médit, sur l'Évang. Dern. semaine du Sauveur, 80* jour. Il y a des répréhensions de caprice, comme il y en a de charilé, plécii. Sermons, Correct, [rat. Les répréhensions fortes appartiennent au tête-à-tête, maintenon, Lett. à Mme delà Viefcille, 22 janv. <708. Non, mes frères, nos répréhensions [les blâmes que nous infligeons] ne doi\ent pas rougir de nos mœurs, MASS. Confér. Zèle contre les scandales.

— HIST. XVI* s. Aucuns de leurs faicts ont esté suivis de reprehension, et les autres de repentance, AMYOT, Timol. 47. Les reprehensions que nous avons en Isaie leur conviendroyent mieux qu'à ceux que le prophète reprenoit de son temps, calv. Instit. 298, La première reprehension qu'on faict de son ouvrage [de Sebond], c'est que les chresliens ont tort de vouloir appuyer leur créance par des raisons humaines, mont, ii, t39.

— ETYM. Prov. reprehensio, reprencio ; esp. reprension; ital. riprensione ; du lat. reprehensionem, i& reprehensum, supin de reprehendere, reprendre.

REPRIiNDRE (re-pran-dr'), v. a. Il se conjugue comme prendre. || 1° Prendre de nouveau. || 2° Prendre de nouveau, en parlant de boissons, d'aliments. Il 3° Élre saisi de nouveau par des sentiments, des passions. || 4° Fig. Il se dit des maladies, des maux qui s'emparent de nouveau d'un patient. || 5* Rentrer en possession. || 6* Prendre, ôler ce qu'on avait donné. || 7° Rétracter. || 8° Rejoindre quelqu'un pour l'emmener. Ramener chez soi, faire rentrer au logis. Il 9° Continuer ce qui avait été interrompu. Il iO* Récapituler, résumer. || 11° Se mettre à. il 12° Remettre au théâtre. H 13° En maçonnerie, reprendre un mur. || 14° Rejoindre les parties rompues d'une étofl'o, d'une toile, d'un bas. || 16° Reprendre, en termes de marine. || 16° Recouvrer, avec un nom de personne pour sujet; avec un nom de chose pour sujet. || 17° Censurer. || 18° F, n. Reprendre, en termes de manège et de chasse. H 19° Re-

REP

prit-n, n reprit, dans un dialogue. || 10* Attaquer de nouveau, en parlant de maladies. || 21° Prendre de nouveau racine, après avoir été transplanté. Il 22° Se joindre, en parlant des chairs, des plaies. Il 23° Se rétablir d'une maladie. || 24° Regagner de l'activité, de la prospérité, en parlant de choses. Il 25* Ce drame a repris. || 26' Recommencer, revenir. Il 27° Se glacer de nouveau. || 28° Revenir sur. II 29° V. réfl. Se reprendre, être pris de nouveau. Il 80° Se rejoindre, se refermer, en parlant de plaies, de chairs. || 31* Lier de nouveau amitié. || 82* Concevoir de nouveau de l'attachement pour. || 33° Se corriger, se rétracter de quelque chose qu'on a mal dit. Il 34* En style de mystique, réfléchir sur les besoins et sur les actes que Dieu nous commande. 1° Prendre de nouveau. Reprendre sa place. Je suis bien aise de vous mander que nous avons repris Corbie sur les ennemis, voit. Lett. 74. Ils reprirent leurs serviteurs et leurs servantes à qui ils avaient donné la liberté, et ils les assujettirent de nouveau au joug de la servitude, saci. Bible, Jérémie, ixxiv, 4). Vous avez fait transir le bon abbé, de lui parler de ne pas reprendre à Paris votre petit appartement, sév. 28J. Les Parthes, souvent vaincus, deviennent redoutables du côté de l'Orient sous l'ancien nom de Perses qu'ils reprennent, Boss. Hist. m, 7. S'il sut soutenir le poids des affaires, il sut aussi les quitter et reprendre son premier repos, m. le Tellier. Ces esclaves fugitifs qu'il faut aller reprendre, id. Anne de Gonx. J'allais, en reprenant et mon nom et mon rang. Des plus grands rois en moi reconnaître le

sang, RAC. Iphig. 11, t Loin de me reprendre

après m'avoir chassé, Il [le peuple] croit voir un tyran dans un prince offensé, id. Thib. 11, 3. Me quitter, me reprendre, et retourner encor De la fille d'Hélène à la veuve d'Hector, id. Ândr. iv, 5. Je sais bien d'autre part que la justice approuve Qu'on reprenne son bien partout où l'on le trouve, dancourt, Sancho Pança, lu, 2. Je ne serai pas seul qui d'une âme enchantée Aura repris sa femme après l'avoir quittée, reonard, Démocrite, v, 7. 11 devait délivrer dix chevaliers chrétiens, Venir rompre leurs fers, ou reprendre les siens, volt. Zaïre,], 4. Mlle de Saint-Yves, en entendant ce discours, disait tout bas à sa compagne : Mademoiselle, croyez-vous qu'il reprenne sitôt ses habits? ID. l'Ingénu, *. On saisit, on reprend par un contraire effort Ce rempart teint de sang, théâtre de la mort, ID. Henr. vi. Combien de fois elles la reprirent tour à tour dans leurs bras! j. j. rodss. Lév. d'Éphraïm, l. Les évéques déclarèrent Thetberge [femme de Lothaire] innocente [son champion ayant subi l'épreuve de l'eau bouillante], et Lothaire la reprit; deux ans après, elle avoua le même crime dont elle avait été si parfaitement justifiée, duclos, Œuv. 1. 1, p. 325. Il Fig. Reprendre en gémissant le fardeau de la vie, arnault, Oscar, 11, 4. || Reprendre un navire, enlever à l'ennemi un bâtiment dont il s'était emparé. || Reprendre son poste, y revenir. Il Reprendre un chemin, y rentrer après l'avoir quitté. Il Reprendre le chemin de, retourner à. Vous allez me faire le plaisir de reprendre sur-le-champ la route de Paris, picard, Cap. Belronde, 11, 4 3. Elle allait à Bordeaux,j'en reprends le chemin, c. delav. les Coméd. i, 2. ([ Fig. Reprendre le dessus, regagner l'avantage perdu. || Reprendre le dessus, signifie aussi se rétablir d'une longue maladie. || Reprendre terre, mettre le pied sur la terre, en parlant d'un nageur qui arrive à l'endroit où l'eau n'est plu» profonde. || Fig. Il ne s'est jamais vu d'amour reprendre terre comme celui-là, sÉv. 342. Il Familièrement. On ne m'y reprendra plus, je ne m'exposerai plus au même danger, au même ennui. Il On dit par forme de menace : que je ne vous y reprenne plus; que je vous y reprenne. || 2° Prendre de nouveau, en parlant de boissons, de potions, d'aliments. Il a repris médecine. Il est obligé de reprendre du sulfate de quinine. On nous rend [à nous chiens de qualité] le morceau de sucre, Les chats reprennent leur café, bérang. Requête. Il 3° Fig. Élre saisi de nouveau par des sentimonts, des passions. Il a repris toute sa colère. Tant à nous voir marcher en si bon équipage. Les plus épouvantés reprenaient de courage I corn. Cid. IV, 3. Reprenez un orgueil digne d'elle [Rome] et de vous, id. Nie, 1, 2. [Toi Syllaj Tu l'as fait un parjure, un méchant, un infâme; Mais, s'il me laisse encor quelques droits sur son cœur, Il reprendra sa foi, sa vertu, son honneur, id. Sertor. I, 3, Sauvons-le; nos efforts deviendraient impuissants S'il reprenait ici sa rage avec ses sens, rac, Andr. V, B, Il Reprendre courage, redevenir cou-

REP

rageux. Ils reprennent courage, ils attaquent le roi, Qu'un reste de soldats défendait avec moi, rac Mithr. V, 4. Il Reprendre courage, signifie aussi sortir de son abattement, se ranimer. || 4° Kig. li »e dit des maladies, des maux, qui s'emparent de nouveau d'un patient. La goutte l'a repris. Comme les joies des misérables ne durent guère, le lendemain «lue je l'eus reçue [votre lettre], ma colique me reprit, voit. Lelt. 25. X cette nouvelle son émotion a été si vive que la fièvre qui l'avait quittée l'a reprise, stael, Corinne, xx, 2. || 6° Rentrer en possession. Ne plaidez pas contre ce malheureux, il n'y a rien à reprendre sur lui. Il laisse de grands biens, mais sa veuve a beaucoup à reprendre sur sa succession. || Fig. Elle savait racheter le temps, selon le conseil de l'Apôtre, et reprendre sur son sommeil les heures qu'on avait dérobées à sa retraite, Fi.Écn. Uar.-Thér. || 6° Prendre ce qu'on avait donné, ô sort.... Reprenez la faveur que vous m'avez prêtée, corn. Poly. ii, i. Ciel..., Reprenez le pouvoir que vous m'avez commis, Si, donnant des sujets, il Ôte des amis, lo. Cinna, iv, 2. Ce roi si grand, si fortuné, Plus pui.ssant que César, plus vaillant qu'Alexandre, On dit que Dieu nous l'a donné : Hélas! s'il voulait le reprendre! Épigr. sur le nom de Dicudonné que portait Louis XI V, attribuée à Bussy-Iiabutin. Ma vie est votre bien; vous voulez le reprendre, rac. Iphig. iv, 4. Fallait-il me donner ton cœur, Puisque tu voulais le reprendre? (Juin. Alceste, i, 4. Reprenez, reprenez vos funestes bienfaits, volt. Œdipe, v, B. || Reprendre sa parole, retirer la promesse qu'on avait donnée. J'ai donné ma parole et je viens la reprendre, baron, Andrienne, lu, 4. Il 7° Reprendre quelque chose à quelqu'un, ou, simplement, reprendre quelque chose, rétracter quelque chose, ce qu'on a dit de quelque chose. La marquise [d'Uxelles] reprend, tous les ordinaires, les nouvelles qu'elle a mandées; appelle-t-on cela savoir tout ce qui se passe? sév. a janv. 1689. 11 faut que je vous reprenne l'âme damnée de la Voisin [célèbre empoisonneuse] : on dit au contraire que son confesseur a dit qu'elle avait dit Jésus, Maria, dans le milieu du feu; c'est peut-être une sainte, lo. Mercredi des cendres, 1680. Voilà qui est bien triste, monsieur, de vous reprendre une si jolie nouvelle [retour du prince de Conti], ID. à Moulceau, i" mai 1686. Pour Estber [de Racine], je ne vous reprends point du tout les louanges que je lui ai données, id. 23 mars (689. Il 8° Rejoindre quelqu'un pour l'emmener. Il a prié en mourant la comtesse de Guiche de venir reprendre sa femme à Nancy, et lui laisse le soin de la consoler, sév. 28 t. Mon fils me mande que le sien [son voyage] finira bientôt selon toutes les apparences, et qu'il me viendra reprendre ici, ID. 223. Attendez-moi, je viens vous reprendre pour vous mener chez ma sœur, brueïs, Muet, y, 6. Il Ramener chez soi, faire rentrer au logis, auprès de soi. La jeune demoiselle restera chez vous, jusqu'à ce que sa mère la reprenne. Elle ne m'ennuyait pas, non, elle ne peut jamais m'ennuyer ; mais je trouvais qu'on tardait bien à venir la reprendre, M"' BiccoBQNi, (But), t. I, p. 74, dans pouGENS. Cette femme si capricieuse, si effrontée pourra bien me reprendre un jour son enfant, genlis. Mères, riv. t. ii, p. t2, dans pougens. || 9° Continuer ce qui avait été interrompu. Reprenons notre lecture. Il me reste beaucoup d'autres choses à examiner touchant les attributs de Dieu et touchant ma propre nature, c'est-à-dire celle de mon esprit ; mais j'en reprendrai peut-être une autre fois la recherche, desc. Médit, v, t. ïimagène : Mais de grâce achevez l'histoire commencée. — Laonice : Pour la reprendre donc où nous l'avons laissée.... corn. Rod. i, 6. Elles [les pluies] ont cesse, et j'ai repris mes tristes et aimables promenades, sÉv. 565. Si on reprend la charrue mal attelée de l'Encyclopédie et qu'on veuille de ces articles, je les renverrai corrigés, volt, à d'Alemlierl, 7 mars (758. Cette conversation intéressa tellement le roi, qu'il la reprit plusieurs jours de suite, genlis, Mme de Maintenon, t. i, p. I80. Ce grand projet fut repris par les Espagnols, aussitôt qu'ils eurent fait la conquête du Pérou, raynal, Bist. phil. VIII, 2. Autour de lui, le temps, sous mille aspects nouveaux. Achevait, renversait, reprenait ses travaux, delille, Trois règn. i. || Reprendre une instance, continuer un procès qui avait été interrompu. D'après ce discours artilicieux, l'accusation d'adultère est reprise, dider. Clattde et Nér. l, 86. Il 10° Récapituler, résumer. 11 [le duc de Bourgogne] reprenait tout ce qui s'était fait depuis 1« traité d'Arras, et reprochait au roi Louis XIJ de

vouloir rompre la paix, duc: os, Œuv. t. ii, p. 4lï. Il Reprendre une chose, une histoire de plus haut, la raconter en commençant d'un temps plus éloigné. Denis d'Halicarnasse.... en reprenant dès leur origine les anciennes institutions de la république romaine, si propres de leur nature à former un peuple invincible et dominant, boss. Hist. m, 8. Après avoir raconté les prospérités, il reprend dès l'origine toute la suite des maux, ID. t6. ii, 4. Il faut reprendre mon histoire de plus haut, fén. Tél. xv. Il Keprendre les choses de plus haut, remonter à des principes généraux, à des vérités antérieures. Il 11° Se mettre à. Vous coupiez court, et je reprenais tout aussitôt le silence, sÉv. (" mai I680. Il Reprendre la parole, se remettre à parler. Il 12° Reprendre une tragédie, une comédie, etc. la remettre au théâtre. En (7(7, M. de Crébillon fit représenter Sémiramis ; elle n'eut aucun succès, et ne sera jamais reprise, volt. Mél. li(t. Élog. Crébillon. Il 13° Terme de maçonnerie. Reprendre un mur, le réparer, en en fermant les crevasses. || Reprendre un mur sous œuvre, en sous-œuvre, pardessous œuvre, en rétablir les parties inférieures, en soutenant le reste par des étançons. || Fig. Reprendre sous œuvre un projet, un ouvrage, y travailler sur le même plan, mais avec certaines modifications. Il 14° Reprendre une étofie, une toile, un bas, en rejoindre les parties rompues. Un tisserand continuellement occupé à reprendre les fils de sa toile, VOLT. Letl. à des souverains, 42. || Terme de couture. Reprendre une maille, c'est refaire à l'aiguille celle qui a manqué et ainsi la rejoindre avec celles qui la suivent. || Se dit aussi, au tricot, d'une maille tombée que l'on rattrappe en la remontant jusqu'au tour où elle manque. || 15° Terme de marine. Reprendre un hauban, un palan, remonter l'amarrage du cap de mouton ou de la poulie, de manière à pouvoir tendre davantage le hauban ou faire marcher plus loin la moufle. || Reprendre une manœuvre, la raccourcir lorsqu'elle a trop allongé. Il Reprendre la tournevire, en lever les tours du bas en haut de la fusée d'un cabestan, lorsqu'ils tendent à se croiser par de nouvelles révolutions. il 16° Recouvrer, avec un nom de personne pour sujet. Je n'ai pu reprendre la vie Sans reprendre aussi mon amour, quin. Alceste, v, 4. Elle a repris sur vous son souverain empire, bac. Brit. iv, 4. Et je reprends ma gloire et ma félicité En dérobant mon sang à l'infidélité, volt. Zaïre, ii, 3. 11 reprit à la fin sa juste autorité, ID. Tancr. m, (. Quand une fois on a perdu le goût des plaisirs de l'âme, qu'il est difficile de le reprendre! J. J. ROtiss. Ém. iv. Il Reprendre ses esprits, reprendre ses sens, revenir à soi. Le prince, sans s'émouvoir, lui laisse reprendre ses esprits, boss. Louis de Bourbon. La voilà qui reprend ses sens, beaumarch. Barb. de Sév. iv, 6. Il Reprendre son haleine, recommencer à respirer après une interruption. Il Fig. Reprendre haleine, se reposer afin d'être en étal de se remettre à une action, à un travail quelconque. |1 Reprendre se dit des animaux qui reviennent à leur ancien état. Les animaux [les loups], quoique adoucis par l'éducation, reprennent avec l'âge leur férocité naturelle, buff. Quadrup. t. viii, p. 9. Dans les hautes montagnes et dans les pays du Nord, ils [les lièvres] deviennent blancs pendant l'hiver, et reprennent en été leur couleur ordinaire, id. ib. t. ii, p. ((B. ||n se dit des choses. Cette manufacture a repris un peu d'activité. L'empire reprend quelque force sous Justinien par la valeur de Bélisaire et de Narsès, boss. 7/wI. m, 7. L'empire reprit bientôt sous lui sa première splendeur, volt. Dict. phil. Dioclétien. J'en ai vu d'autres [tables de lave] qui pliaient sous une forte charge, mais qui reprenaient le plan holizontal, par leur élasticité, buff. Add. th. terre, Œuv. t. XIII, p. (57. Tout renaît; son séjour est plus doux, l'air plus pur. Et la voûte céleste a repris son azur, delil. Parad. perdu, vi. |1 17° Censurer quelqu'un parce qu'on juge qu'il a fait ou dit quelque chose mal à piopos. Seigneur, ne me reprenez pas dans votre fureur; et ne me punissez pas dans votre colère, SACi, Bible, Psaum. vi, 2. Si vous m'aviez repris dans mes premières fautes, je n'aurais pas fait celle-ci, pasc. Fragm. d'une telt. à M. Pirier, (66 1. Quand il [le juste] reprend ses serviteurs, il souhaite leur conversion par l'esprit de Dieu, ID. Pons, xxv, 64, édit. iiavet, Lycurgue donnait des lois à Lacédémone; il est repris de les avoir faites toutes pour la guerre, à l'exemple de Minos dont il avait suivi les institutions, BOSS. Ilist. I, 6. 11 a peut-être raison de reprendre ce savant auteur [Grotius] de l'excès de ses citations, id. b* avert. 63. Le plaisir de dogmatiser

sans être repris ni contraint par aucune autorité, id Reine d'Angleterre. Aimez qu'on vous censure. Et, souple à la raison, corrigez sans murmure; Mais n« vous rendez pas dès qu'un sot vous reprend, boil. Art p. IV. J'avoue que je dois à M. Descartes , ou à sa manière de philosopher, les sentiments que j'oppose aux siens, et la hardiesse de le reprendre, malebb. Jiech. vér. vi, ii, 9. Aristote, dans le livre où il marque les avantages et les inconvénients du gouvernement de Carthage, ne la reprend point de n'avoir que des milices étrangères, rollin, /yis(. anc. Œuv. t. i, p. 2(9, dans pougens. || Il se dit aussi des choses que l'on censure. Veuillent les immortels conducteurs de ma langue Que je ne dise rien qui doive être repris! la font. Fabl. xi, 7. Je vous dis que.... Et qu'il ne reprend rien qui ne soit à reprendre, MOL. Tart. I, t . C'est par leurs actions qu'ils [les vrais dévots] reprennent les nôtres, id. ib. i, 8. || Absolument. X quoi qu'en reprenant on soit assujettie. Je ne m'attendais pas à cette repartie, mol. Misanllir. m, 6. Quand on veut reprendre avec utilité et montrer à un autre qu'il se trompe, pasc. Pens. vi, 26. C'est beaucoup si vous avez obtenu de vous de ne reprendre jamais en public ; voyez dans vos réflexions si vous ne seriez pas bien aise qu'on vous dît vos fautes en particulier, maintenon, Lell. à Mme de la Viifviie, 2 mai (708. Elle reprend avec bonté, et en reprenant elle encourage, fén. Tél. xxu. Non moins prudent ami que philosophe austère, Mornai sut l'art discret de reprendre et de plaire, volt. Ucnr. ix. Reprenant tout bas, louant tout haut, gknlis, Veill. du chdt. t. II, p. 48(, dans pougens. || Être repris de justice, avoir subi une condamnation en justice. Il n'est pas rare que dans une famille il y ait un homme habile qui fasse fortune, et un autre mal avisé qui soit repris de justice, volt. Dict. phil. Sammonocodon. Il Fig. Avec un nom de chose pour sujet, corriger, servird'instruction. Rien ne reprend mieux la plupart des hommes que la peinture de leurs défauts, mol. Tari. Préface. [La comédie] n'étant autre chose qu'un poëme ingénieux qui, par des leçons agréables, reprend les défauts des hommes, ID. ib. Les mauvais succès sont les seuls maîtres qui peuvent nous reprendre utilement et nous arracher cet aveu d'avoir failli qui coûte tant à notre orgueil, boss. ilet"n« d'Angleterre. Il n'y a point de vérité que nous devions aimer davantage que celle qui nous reprend, bourdal. 4»dt'm. après Paq. Domin. t. ii, p. (27. || 18° F. n. Terme de manège. Se dit d'un cheval qui repart après undemi-arrêt. |{ 11 se dit d'un cheval qui cesse, au galop, d'entamer avec la même jambe, et qui entame avec l'autre ; ce qui se dit aussi changer de pied. Votre cheval repread bien. Il Terme de chasse. Ce chien reprend bien, il retrouve bien la voie. || 19° Reprit-il, il reprit, expressions qui, dans un dialogue, indiquent qu'on fait parler de nouveau l'un des interlocuteurs. Laissons, reprit Iris, cette triste pensée, la font. FiHes de Minée. Il est vrai que Quinault est un esprit profond, A repris certain fat.... boil. Sal. m. Il 20° Attaquer de nouveau, en parlant des maladies. Cela lui reprend de moment en moment, et je crois qu'elle ne passera pas la journée, mol. Amour méd. I, ». La fièvre a repris traîtreusement à Mme de la Fayette, sév. (40. La rage des tragédies m'a repris comme à vous, voLT.ieH. Chabanon, 22 déc. (76C Vous n'êtes qu'à moitié guéri ; votre ancien mal vous reprend toujours, m. Dial. xxvi, 2. || Il se dit aussi de sentiments, de passions. C'est sa timidité qui lui reprend, madame, legrand. Famille extrav. se. (4. Il 21° En parlant des végétaux, prendre de nouveau racine, après avoir été transplanté. Cet arbre a Lien repris. 1| On dit également ; Cette greffe a bien repris. Ces greffes malheureuses qui n'ont point repris, qui touchent bien le tronc de l'arbre qui les soutient, mais qui n'en sont pas vivifiées, fléch. Sermons, Jour de Noël. \\ 22° En parlant des chairs, des plaies, se rejoimlre, se refermer. Les chairs ont repris. La plaie commence à reprendre. 1| 23° Se rétablir d'une maladie. Le malade commence à reprendre, il 24° Regagner de l'activité, de la prospérité, en parlant de choses. Le commerce reprend. Ce quartier-ci va reprendre; voilà la paix, picabd, Prormc. à Paris, iv, 3. || 25° Ce drame a repris, il s'est relové après avoir été mal accueilli. 1| 26° Recommencer, revenir. Le froid reprend. Cette mode a repris. || 27° Se glacer de nouveau. La rivière a repris. || 28° Reprendre sur, revenir sur. Puis le mercredi malin, j'en reçois encore une [lettre], et je reprends sur des chapitres que j'ai déjà commencés, sÉv. (9 août 1676. Elles [des lettres] sont écrites d'un trait; vous savez que je ne reprends guère que pour faire plus mal, ID. savr. (87(. || Reprendre, «. n. se conjugua

REP

REP

REP

avec avoir quand on vont marquer l'action : La rivièro a repris hier ; avec le Terbe être, quand on veut marquer l'état : La rivière est reprise depuis hier. || 29° Se reprendre, v. rifl. Être pris de nouveau. C'est l'orgueil qui n'ose pas dire ses secrets, et qui, dans les égards qu'il a pour les autres, se quitte pour se reprendre, montesq. Déf. Espr. lois, part. ;i. I! 30° En parlant des chairs, des plaies, se rcjoimlre, se refermer. La plaie se reprend. Les chairs se sont déjà reprises. ||31° Lier de nouveau amitié. Nous étions sur le point de nous reprendre et de nous recoudre avec le parlement, retz, m, 24. Une amitié q»i a pu se reprendre malgré les olistaclcs, Boss. Servi. Pén. 1. 1| 32° Concevoir de nouveau de l'attachement pour. Peut-être que mon âme.... Â la vie un moment se reprendrait encore, lamart. Méd. n, IB. 1133° Se corriger, se rétracter de quelque chose qu'on a mal dit. Il a mal prononcé d'abord, mais il s'est repris. Mais, quand soi-même on sait se faire entendre Que la raison nous doit donner la loi, On sent l'honneur de se reprendre. Et le plaisir de ne céder qu'à soi, la motte, PaU. iv, )9. Il 34° Terme des mystiques. Se reprendre soi-même, réfléchir sur ses besoins et sur les actes que Dieu nous commande; ce que les mystiques interdi.sent. — HIST. XII' s. Vus ne li devez pas [au roi] tut son voil conseillier, Ainz le devez suvent reprendre et cbastier. Th. lemart. 28. [Le cheval] Reprcnls'aleine, tost est revigorez, La bal. d'Aleschans, v. 662. Chacun torna sa resne, et son lora repris, lionc. p. <93. Etla guerre dura tante mainte saison, Ll uns rois après l'autre la reprist en son non, Sax. m. [Sa première femme étant morte] Il en reprist une autre qui fu assez vaillans, ib. v. |jxm's. iCtla semenche que je semme Ne reprendroit en nule terre, gui de cam- BR,M, Bart. et Jos. p. 236. Et dites moi comment savés, Puisque li bons sera chi mors, Reprendera l'ame son cors, id. ib. p. 5l. En dormant vous cuid [jepensej embrassier; Equantj'i faille au resveiller, Nule riens ne m'i peut aidier; Lors me reprend à souhaitier, audefr. le bast. Komanc. p. 43. Li pueple de Israël le trainierent à chevaus [Ëzéchicl], porce qu'il les reprenoit des crimes etdes deableries que il faisoient, brun, latini. Trésor, p. 68. Mauvaistié.... Qui peûst en lor cuers grener. Ne reprendre ne racbiner. Roi Guillaume, p. 96, dans du cange, Gloss. français. Sa conscienche le reprit de la terre de Normandie, que li rois Plielippes avoit conquis sour le luuvais roi Jehans d'Enyletiere, Chr. de Kains, 233. Quant la vielle ot tant fabloié [la vieille eut tani parlé], Bel-acueil reprent la parole, la Rose, <4806. Ce demandèrent il (les pharisiens] à nostre Seigneur, ne mie por aprendre, mais por reprendre, s'il peussent, Serm. de Maurice de Sully, dans irc/i. des miss, scientif. t. v, p. <56. |1 xiv s. Se les enemis eussent reprins courage, bercheure, f° 43, recto. ||xv' s. Je ne vueil pas reprendre vostre parollc,mais je la vueil amender, frojss. liv. l, p. 339, dans lacubne. || xvi" s. Incontinent que Domitian eustesté tué, les mois reprirent leurs anciensnoms, AMY0T, Numa, 31. Le mary pouvoit prester sa ftmme à temps, pour puis a[iràs la reprendre, id. Lyc. et Num. camp. 6. Et lors commencea l'on à mettre en avant, qu'il estoit besoing de reprendre la guerre contre Milhridale, lu. LucuU. ti.Silanus mesme se reprit de ce qu'il avoit dit, et interpréta son opinion, disant.... m. Cicéron, 24. Faire reprendre [cicatriser] une playe, id. Comm. ouxr, 25. Fabius s'en prist à rire, et luy respondit sur le champ: Tu as dit la vérité; car, si lu ne l'eus-scs point perdue [la ville de 'i'arente), je ne l'eusse point reprise, id. Fab. 47. Reprendre les faultes d'aultruy, mont, i, 166. Avant que se laisser reprendre, il se donna de l'espée au travers.... id. ii, 32. Quand je veins à revivre, et à reprendre mes forces, id. li, 58. Ce testu indocile pense il pas reprendre un nouvel esprit, pour reprendre une nouvelle dispute? iD. IV, 248. Par advertissements et instructions reprinsos à intervalles, id. iv, 272. Ils firent un grand retranchement du coin delà Grange Loudis à travers la rue, pour aller reprendre [rejoindre] la muraille, d'aub. llisl. 11, 63. Les neifs, veines et artères se reprennent quelquesfois, pahé, vu, 4. Reprenons notre chèvre à la barbe, cotgrave. — ÉTYM. Bourguig. reprare; wallon, ripreind; provenç. reprendre, repnhendre, reprenre, rcpenre; catal. rcperidrer ; espign. reprender ; porlug. repreliender; ital. riprendcre; du lai. reprehendere, de le el prebendere (voy. prendre).

+ REPREiNEOR (re-pre-neur), odj. || 1° Se dit d'un bâtiment, d'un équipage ou d'un capitaine qui reprend sur l'ennemi un navire que celui-ci avait capturé. Lorsque la reprise sera faite par un bâti-

ment de l'État, elle sera restituée aux propriétaires, mais sous la condition qu'ils payeront aux équipages repreneurs le trentième de la valeur de la reprise, si elle a été faite avant les vingt-quatre heures; et le dixième, si la reprise a eu lieu après les vingtquatre heures, Arrêté (2 prairial an xi) art. 64, dansjAL. Il 2' S. m. et ^. Celui, celle qui reprend, qui trouve à blâmer, à redire. Je ne trouve pas étrange que l'un et l'autre sonnet [les sonnets d'Uranie et de Job qui occupaient les beaux esprits] aient eu des loueurs et des repreneurs, BALZ.Dtsitrt. crtJ. ». Soit par rébellion ou bien par une erreur. Ces repreneurs fâcheux me sont tous en horreur, théofuile. Sol. i.

— HlST. XV* s. Durs aux mauvais et fiers aux ennemis.... Amans vertus, des vices repreneurs, a. quartier, p. 20). Il ivi' s. Messiers, forestiers et autres repreneurs [ceux qui saisissent les bêtes trou- Tées en ilommage].... Nouv. coust. gén. t. 11, p. 872.

— ETYM. Reprendre; provenç. reprendedor; porlug. reptehendedor; ital. riprenditore.

REPRÉSAILLE ( re-pré-zà-U', ll mouillées, et non re-pré-zà-ye), s. f. || l°Tout ce qui se fait contre l'ennemi, pour tirer satisfaction de quelque injure, de quelque violence, de quelque dommage. Il n'y en avait aucun qui n'eût à craindre la représaitledes tortsqu'il pouvait faiie, j. i. rouss. Orig. 2. Il II s'emploie plus souvent au pluriel. M. de Bouillon fit pendre par représailles Canolle, officier dans l'armée de M. de la MeiUeraie, retz, Uém. t. Il, liv. m, p. <69, dans pougf.ns. Le roi lui avait accordé des représailles sur les vaisseaux danlzikois, mairan, Éloges, Cardin, de Polignac. On croit bien que toutes ces cruautés ne furent point sans représailles ; les protestants firent autant de mal qu'on leur en faisait, et la France fut un vaste théâtre de carnage, volt. llisl. pari. xxiv.|| Droit de représailles, droit concédé à un (larticulicr par l'autorité souveraine dont il est le sujet, de reprendre en temps de paix, même par la force, son bien ou l'équivalent de son bien, sur un étranger ou les concitoyens de cet étranger, lorsqu'il n'a pu obtenir justice par les voies judiciaires du pays de son adversaire. Les prises faites en mer en vertu de nos lettres de représailles, seront amenées, instruites et jugées en la même forme et manière que celles qui auront été faites sur nos ennemis, Ordonn. août (68l. |1 2° Fig. Tout ce qui se fait pour repousser une injure, une raillerie, un mauvais procédé, etc. User de représailles. Alors, par droit de représailles, Anne dit au prêtre outragé.... la font. Cas de consc. J'ai été bien facile de voir que vos confrères se soient tellement emportés contre vous, qu'ils vous aient contraint de leur faire une représaille aussi forte que celle que vous leur avez faite, FURETiÈRE, Factums, t. 11, p. <94 {ielt. de IlussyRabutin). On ne vous conseille point de faire aucune représaille du côté de la noblesse : ceux que vous pourrez attaquer en ont moins qu'ils ne pensent, mais ils en ont plus qu'il ne nous en faut, sÉv. 18 déc. <675. L'archidiacre Trublet prétend que je l'ennuie; La représaille est juste.... volt. Ép. 83. M. Sainl-Firmin : Rien n'est juste pourtant comme la représaille. — Eusébie : Nous voulons bien railler, mais non pas qu'on nous raille, c^lin d'hablev. Malice pour malice, i, 3.

— msT. XV" s. Et voulons qu'ilz puissent illec marchander, sans ce qu'ilz puissent eslre comprins.... en queizconques marques, contre-marques ou représailles, qui ont esté ou pourroicnt estre.... de par nous laxées contre les Cathelans, Ordonn. avril 4 486.

— ÉTYM. Ital. ripresaglia, de ripreso, repris, de reprendere (voy. reprendre).

t REPRÊSENTABLE (re-pré-zan-ta-bl'), adj. Qui peut être représenté. La réalité imitable et représentable est presque toujours défectueuse, proudhon, Du principe de l'an. p. 65.

REPRÉSENTANT, ANTH (re-pré-zan-tan, tan-t'), adj.JI l-Quirepré.scnte. Ministre représentant. Signes représentants. Le corps représentant ne doit pas être choisi pour prendre quelque résolution active, chose qu'il ne ferait pas bien, mais pour faire les lois, ou pour voir si l'on a bien exécuté celles qu'il a faites, montesq. Esp. xi, 6. || 2° S. m. Celui qui représente une autre personne, qui a des pouvoirs pour agir en son nom. Où se trouve le représenté, il n'y a plus Je représentant, j. j. rouss. Coiitr. toc. 111, H. Je vous ai regardé, m'a-t-il dit, comme son repré,sentant, et n'ai pu trop m'humilier devant ce qu'elle aime, id. Hél. l, 60. Persuadé que le peuple ne pouvait agir par lui-mêmedans la confection des lois, il [Solun] voulut que, pour cette grande opération, la loi lui prescrivit de se donner des re-

présesitants, et ces représentants étaient les nomothètes, LÊvESQUE , Inslit. Mém. se. mot. et pol. t. IV, p. 228. Il 8* Terme de jurisprudence. Celui qui est appelé à une succession, comme exerçant les droits d'une personne prédt cédée. || Celui qui est subrogé aux droits d'un héritier par suite de vente, d'échange, etc. || 4° Fonctionnaire nommé par élection i une assemblée législative. Tous les citoyens dans les divers districts doivent avoir droit de donner leur voix pour choisir le représentant, excepté ceux qui sont dans un tel état de bassesse, qu'ils sont réputés n'avoir point de volonté propre, montesq. Esp. XI, 6. La grand avantage des représentants, c'est qu'ils peuvent discuter les affaires; le peuple n'y est point du tout propre; ce qui forme un des grands inconvénients de la démocratie, n> ib. 11 [le peuple] ne doit entrer dans le gouvernement que pour choisir ses représentants; ce qui est très à sa portée, id. ib. || Représentant du peuple, s'est dit des membres de la Convention, et, particulièrement, de ceux qui étaient envoyés en mission aux armées ou dans les départements. || Chambre des représentants, se dit de l'assemblée élective des représentants de la nation pendant les Cent- Jours et pendant la république de (848. || 5° Se dit des citoyens de Genève qui, dans la dernière moitié du xviii* siècle, se montrèrent attachés aux libertés publiques. Non, monsieur, je ne vous blâme point de ne vous être pas joint aux représentants pour soutenir ma cause, j. i. rouss. Ielt. de. la montagne, 4. Il 6° 11 se dit, en histoire naturelle, des espèces qui sont analogues à d'autres. Non que je les regarde [les perdrix de la Nouvelle-Angleterre] comme de véritables perdrix , mais tout au plus comme leurs représentants, parce que ce sont ceux des oiseaux du nouveau monde qui ont le plus de rapport avec les perdrix, buff. Ois. t. iv, p. 23.

t REPRÉSENTATEUR, TRICE (re-pré-zan-tateur, tri-s'), adj. Qui sert à la représentation. Les hiéroglyphes étaient des signes représentateurs d'objets visibles. En réagissant sur les fibres représentatrices de ces biens, l'âme^ s'en procure un avant-goilt, DONNET, Ess. anal. Âme, <8.

REPRÉSE-NTATIF, IVE (re-pré-zanta-tif, li-v'), adj. Il 1° Qui a la vertu de représenter. Les ambassadeurs ont le caractère représentatif. Ces messieurs [les protestants] l'expliquent [l'adoration da l'eucharistie] d'une adoration qu'on lui rendait, selon eux, comme étant représentative de Jésus- Christ, BOSS. Lelt. sur l'ador. de la croix. Il fallait de l'argent.,., ce n'est qu'avec ce métal qu'on est puissant, depuis qu'il est devenu le signe représentatif de toutes choses, volt. Mœurs, (79. Ce papier ne pouvant représenter que l'argent représentatif des vraies richesses qui sont les productions de la terre et des manufactures, m. t)ict. phil. Raison. C'est un titre accordé soit à la reconnaissance.... soit à la natu-majorité, si souvent représentative de l'autorité paternelle, dider. Claude et Nér. 1, 7. La troisième colonne indique le capital représentatif de ces rentes, Décr. du 23 flor. an 11, Rapp. de Cambon, p. 101. Il 11 s'est dit, en termes de psychologie, des sensations comme représentant les objets. Chaque sensation du tact se trouve représentative des objets que la main saisit, condill. Traité sens. extr. rais. Pour se former les sensations représentatives qui leur montrent les objets hors d'eux-mêmes, J. J. ROUss. Ém. I. Il Espèces ou images représentatives, voy. ESPÈCE. Il 2° Se dit de la forme de gouvernement où la nation nomme des représentants chargés de concourir à la formation des lois et de voter I'impi5t. Elle [division des trois ordres] a produit chez les modernes le système représentatif, CIIATEAUBR. Génie, iv, vi, 1 1. On a dit que les Anglais avaient eu les premiers l'idée d'un gouvernement représentatif: on s'est trompé; Solon, chez les Athéniens, avait conçu cette grande pensée, LÊVESQUE, Instit. Mém. se. mor. et pol. t. iv, p. 228. Il Substantivement. Le représentatif, le gouvernement représentatif. Je ne puis approuver votre répugnance pour ce genre de gouvernement qu'on a nommé représentatif.... le représentatif me convient à merveille, pourvu toutefois que ce soit moi qui nomme les députés du peuple , comme nous l'avons établi en ce pays fort heureusement, p. l. COUR. Pièce diplom, || Assemblée représentative, assemblée composée de représentants.

— ÉTYM. Représenter: provenç. rcpresentatiu j espagn. representativo ; ital. rappresentativo.

REPRÉSENTATION (re-prc-zan-ta-sion; en vers, de six syllabes), s. f. || 1° Action de représenter, de mettra devant les yeux. On exigea la représentation de son passe-port. {| 2" Qualité de signe représenta-

REP

tif. Le papier public est à l'argent ce que l'argent est aux denrées, une représentation, un gage d'échange, VOLT. Dial. *. Il 3" Image, figure. Nous [Sévigné et Morveaux] sommes une Tive représentation de ce que Lucain ditde César et de Pompée.... il est vrai que dans cette représentation je suis Pompée ; mais j'espère que M. de Morveaui ne me battra pas, et qu'on ne lui présentera pas ma tête, ch. DE sÉv. dans sfiv. t. x, p. 299, édit. Régnier. Il 4° Qualité d'une personne qui tieht la place d'une autre. Je voudrais bien pouvoir adoucir ses maux [liu chevalier de Grignan] ; mais il est accoutumé à Tos soins, qui sont si consolants et si précieux qu'on ne fait en vérité qu'une pauvre représentation, sév. la Toussaint, <688. Que je suis fâchée les matins [à la messe] de voir Mme de Congis à votre place! ahl quelle représentation! m. à Urne de Guitaut, 25 janv. <693. IIB" Objet exprimé par la peinture, le dessin, ou par quelque opération de la nature. La représentation d'une bataille. Les murailles [de la chambre des méditations, chez les jésuites, du temps de la Ligue] étaient couvertes de représentations affreuses de l'enfer et de diables tourmentant des damnés, volt. Hist. pari. xxxvi. On trouve ces prétendues représentations de plan tes et d'arbres encore plus fréquemment dans les pierres calcaires que dans les matières vitreuses, BUFP. Jftn. t. vil, p. 32. Ces représentations, supposées sur la toile, sont peut-être la Traie pierre de touche pour juger de la beauté des images poétiques, d'alemb. Eloges, Despréaux, note (2. || 6' Espèce de cercueil vide sur lequel on étend un drap mortuaire, pour une cérémonie religieu.se. II y avait un dais au-dessus de la représentation. Louis le Grand.... assemble dans un temple si célèbre [Notre-Dame] ce que son royaume a de plus auguste pour y rendre les devoirs publics à la mémoire de ce prince, et il veut que ma faible voix anime toutes ces tristes représentations et tout cet appareil funèbre, aoss. L. de Bourbon. Les Corinthiens lui firent [à Périandre] une représentation de tombeau, où ils gravèrent une épitaphe pour honorer sa mémoire, fén. Péri. \\ Au moyen âge, fi;^jre moulée et peinte qui, dans les obsèques, représentait le défunt. || 7° Image fournie par la sensation. Une femme et des enfants sont de puissants empêchements pour arrêter un homme qui court à la gloire.... la triste représentation du deuil de sa veuve et du bas âge de ses enfants lui passe coniinuellement devant les yeux, balz. Des ministres et du minùt. Ils [les marcionites] «nt soutenu que son corps [du Christ] était imagi- Tiaire, et par conséquent .... à les en croire, toute sa vie n'était qu'une représentation sans réalité, bûss. Panég. St Franc d'Ass. Préamb. Le cerveau conserve avec ordre des représentations naïves de tant d'objets, rÈtf. Exist. 4i. L'un prétend qu'il n'y a point de corps et que tout est en représentation, ». j. Rouss. Sciences, 2. La distinction de la représentation d'avec la chose représentée n'est guère éclaircie dans l'esprit du peuple, duclos. Œuvres, t. I, p. 292. Il Représentation singulière, se dit, dans le kantisme, d'une intuition. || Représentation générale ou réfléchie, concept. || 8° Action de jouer des pièces de théâtre. Je sais qu'il y a des esprits dont la délicatesse ne peut souffrir aucune comédie, qui disent que les plus honnêtes sont les plus dangereuses, que les passions que l'on y dépeint sont d'autant plus touchantes qu'elles sont pleines de vertu, et que les âmes sont attendries par ces sortes de représentations, mol. Tart. Préf. Je vous prie de veiller à l'édification des catholiques, et d'empêcher les marionnettes, où les représentations honteuses, les discours impurs et l'heure même des assemblées porte au mal, boss. Leit. div. t. 11 fallait [en )705] environ vingt représentations pour constater le succès passager d'une nouveauté; aujourd'hui on regarde une douzaine de représentations comme un succès assez rare, volt. Met. litt. El. Crébillon. C'est un grand jour pour le beau monde oisif qu'une première représentation, lu. Lett. Mme Denis, 3 mars 1762. Le succès des représentations est toujours dans les acteurs, lu. Lett. d'Argental, 8 déc. • 766. Croyez-moi, messieurs, ne manquez jamais la première représentation d'une pièce; on n'est pas toujours sûr d'en voir une seconde, leorand, la Nouveauté, se. s. Si les deux autres actes avaient valu celui-là, la pièce entière eût avantageusement soutenu la représentation, j. i. rouss. Confess. vu. Les représentations théâtrales formeraient le goût des citoyens, et leur donneraient une finesse de tact, une délicatesse de sentiment qu'il est très-difficile d'acquérir sans ce secours, d'alkhb. Goût;.

REP

Gertèv. Première représentation des Nuées d'Aristophane, 423 ans avant J. C. barthél. Anach. t. vu, tabl. t. Eh! mon cher, on ne vous a pas vu depuis votre représentation de retraite, o. delavigne, Coméd. Prolog. \\ Fig. Pour de telles pièces [certains plans chimériques de politique] il n'y a point d'acteurs en toute l'Europe; la représentation en serait difficile au roi de Perse, et ils prennent pour cela le prince de la Mirande, balz. De la cour, 4* dise. Il Représentation au bénéfice de quelqu'un, soirée théâtrale dont le produit lui est attribué. || 9° Manière de vivre appartenant à une personne distinguée par son rang, sa dignité, sa fortune, et aussi manière de vivre où l'on se tient comme dans une représentation théâtrale, soumis aux regards du public. Cette représentation que vous êtes obligée de faire dans les villes, SÉV. 224. Pour peu qu'on les fréquente assidûment [les Parisiennes], pour peu qu'on les détache de cette éternelle représentation qui leur plaît si fort, on les voit bientôt comme elles sont, et c'est alors que toute l'aversion qu'elles ont d'abord inspirée se change en estime et en amitié, J. J. ROUSS. Hél. II, 21. Je suis ici dans mon liôtel de St-Simon, comme Pancho dans son Ile de Barrataria, en représentation toute la journée, id. Corr. du Peyrou, t. m, p. <03, danspoucENS. Il sait joindre à la représentation d'un homme en place les manières naturelles et faciles et le ton simple d'un particulier, genlis. Ad. et Th. t. m, p. 69, dans pouGENS. La représentation m'ennuierait et me gênerail:,'voilâ pourquoi je m'en dispense, marmontel, laém. IV. Il 10° Figure noble, belle prestance. Figurez-vous le jeune Bernard, nourri en homme de condition, l'esprit poli par les bonnes lettres, la représentation belle et aimable, l'humeur accommodante.... BOSS. Panég. St Bern. i. Il était difficile de trouver dans la même personne titres, vertu, esprit, représentation, m"* de catlos. Souvenirs, p. «36, dans POUGENS. Il 11° Terme de jurisprudence. Droit que l'on a de recueillir une succession comme représentant d'une personne prédécédée. Il vient à cette succession par représentation. La représentation est une fiction de la loi, dont l'effet est de faire entrer les représentants dans la place, dans le degré et dans les droits du représenté. Code Nap. art. 739. Il 12° Corps de représentants d'un peuple et les pouvoirs parlementaires qui leur appartiennent. La représentation nationale. Il ne faut pas que ces mots, liberté, publicité, représentation, vous effarouchent; ce sont des représentations à notre bénéfice, ?. L. cour. Pièce diplomatique. Nous avons besoin au dedans et au dehors qu'il apparaisse constamment une représentation des intérêts et de la nationalité et du pays, villemain, Souvenirs contemporains, les Cent- Jours, ch. <». Il 13° Objection, remontrance faite avec mesure, avec égards. Quand le Conseil tire avantage du mot de représentation qui marque infériorité, en disant une chose que personne ne dispute, il oublie cependant que ce mot, emiloyé dans le règlement, n'est pas dans l'édit auquel il renvoie, mais bien celui de remontrances qui présente un tout autre sens, j. i. rouss. Lett. de la montagne, 8. Je n'aime pas les représentations; vous devez savoir que je suis invariable, genlis, Thédt. d'éduc. la Cloison, se. * 2.

— HIST. xiv* s. Imitation ou représentation d'un objet, ORESME, Thèse de meunier. Pour avoir lignée et représentation de son mary après la mort d'icellui, kénagier, i, B. X Pierre Pagant, mercier, pour trois pièces de drap de racamas achattées de luy pour faire le poille & faire la représentation dudit deffunt [le comte d'Eu] baillée à Colart de Laon, paintre, demeurant à Paris, pour ce faire, de la- BORDE, Émaux, p. 484.||xv* s. Sire, vecy la représentation de la ville de Calais à vostre ordonnance [les six bourgeois amenés devant Edouard], froiss. I, I, 32). X André Mangot, orfèvre do Tours, xxivi livres pour employer à la dorure de partie d'une image d'argent que le roy a fait faire de sa représentation pour donner à monseigneur de St Martin de Tours, de laborde. Émaux, p. 485. Incontinent après ledict grant oscuyer, marchoient les seize gentilshommes qui portoientia lictiere où estoit le corps et au-dessus dudict corps la statue et représentation du roy faicte au vif, id. th. p. 484. || xvi* s. Un homme de belle représentation [mine], appuyé et lisant sur un livre , Sat. Uén. p. 222. Où représentation a lieu infiniment, ce qui cchet au père, echet au fils, loysel, 322. En succession tant directe que collatérale, dans les termes de représentation on succède par lignes ; et hors les termes de représentation, par testes, id. 324.

REP

— ÉTTM. Provenç. representacio ; espagn. repr*~ sentacion; ital. rappresentazione ; du latin reprailentationem, de reprœsentare (voy. représentes).

t REPRÉSENTATIVEMENT (re-pré-zan-ta-ti-veman), adv. D'une manière représentative. Des métaphysiciens ont dit que la sensation consistait en une propagation de formes extérieures jusqu'à un sensorium où elles se témoignaient representativement. Imaginata pictura, pour exprimer les peintures qu'on faisait autour des autels et dans les églises; de là vient aussi le mot imaginariè, pour dire représentativeraent, boss. Déf. trad. comm. II, 20.

— ÉTYM. Beprésentative, et le suffixe ment. REPRÉSENTÉ, ÊE (re-pré-zan-té, tée), part, passé

de représenter. || 1° Présenté de nouveau. Le passeport représenté à chaque demande des agents de l'autorité. || 2° Figuré d'une façon quelconque. Je veux que l'on prépare un tombeau magnifique Où le sort d'Asdrubal étant représenté Y conserve sa gloire à la postérité, mair. Jf. d'Asdrub- v, 3. || 8° Joué, en pariant d'une pièce de théâtre, d'un rôle. Le Cid représenté par les comédiens. || 4° Dont on est le mandataire, en vertu d'un droit reçu. Le département représenté par un député éloquent. Le Téméraire est bien représenté [par son ambassadeur] : Jamais ce nom par lui ne fut mieux mérité, c. delav. Louis XI, II, II.

REPRÉSENTER (re-pré-zan-té), v. o. ||1° Présenter de nouveau. Ne me représentez plus cet homme-là. || 2° Exhiber, exposer devant les yeux. Représenter sa patente, son passe-port, son certificat de vie. Il Représenter quelqu'un, le faire comparaître personnellement, le remettre entre les mains de ceux qui l'avaient confié à notre garde. Il II se dit aussi en parlant des choses. Il fut condamné à représenter les objets qu'on avait mis en dépôt entre ses mains. || 3° Réfiécliir l'image d'un objet Cette glace représente fidèlement les objets. Il 4° Figurer par la peinture, la gravure, la sculpture, etc. Cette estampe représente la sainte Famille. Le théâtre représentait un palais. La per^ sonne qu'il [un portrait] représente, boss. la Vallière. Vous, dont le pinceau téméraire Représente l'hiver sous l'image vulgaire D'un vieillard faible et languissant, j. b. rouss. Cantate, Hiver. Le prêtre qui nous accompagnait, nous dit qu'auparavant un simple soliveau recevait en ces lieux saints l'hommage des Samiens ; que les dieux étaient alors partout représentés par des troncs d'arbres, ou par des pierres, soit carrées, soit de forme conique, barthél. Anach. ch. 74. || 6° Exprimer, peindre par le discours. Mais je ne trouve point de couleurs assez noires Pour en représenter les tragiques histoires [du triumvirat], corn. Cinna, I, 3. Ce que je dis là, je le dis pour moi, et non pour cette personne.... je lui représente mon défaut pour l'empêcher d'y tomber, pasc. Lett. à Mlle de Roannez, 7. Je ne sais si nous vous avons bien représenté cette mode; je ferai coifTer ui.o poupée pour vous l'envoyer, sév. 4 avril 4 671. Jo ne puis vous dire l'excès de l'agrément de cette pièce [Esther] ; c'est une chose qui n'est pas aisée à représenter, id. B2i. Vous me le représentez [l'abbé de la Vergne] un fort honnête homme, id. 29 déc. <676. Quelles couleurs assez vives pourraient vous représenter et la constance du père et les extrêmes douleurs du fils? boss. Louis de Bourbon. Je n'ai rien fait pour Madame, quand je vous ai représenté tant de belles qualités qui la rendaient admirable au monde, id. Duch. d'Orl. Il [saint JeanChrysostome] nous représents deux villes dont l'une ne soit composée que de riches, l'autre n'ait que des pauvres dans son enceinte, id. Serm. Septxtag. t. J'ai représenté Louis XI dévot et superstitieux, avare et prodigue, entreprenant et timide, clément et sévère, fidèle et parjure, tel enfin que je l'ai trouvé, suivant les différentes occasions, duclos, Œuvr. t. m, p. 367. Aiin que tu saches que je te les représente [les dames françaises], non peut-être comme elles sont, mais comme je les vois, J. J. tiovss. Hél. 11, 21. || 8° Jouer en public une pièce de théâtre, y faire un personnage. Je souhaiterais, pour ne point gêner du tout le spectateur, que ce qu'on fait représenter devant lui en deux heures se pût passer en effet en deux heures, CORN. 3* dise. Trois unit. Vouloir contrefaire un comédien dans un rôle comique, ce n'est pas le peindre lui-même, c'est peindre d'après lui les personnages qu'il représente, mol. Impromptu, < . Il y a une prière d'Esther pour Assuérns qui enlève ; j'étais en peine qu'une petite demoiselle représentât ce rni; on dit que cela est fort bien. sÉv. 643

REP

RÉP

Par nous d'en bas la pitce [les affaires, le gouvernement] est écoutée; Mais nous payons, utiles spectateurs; Et, quand la farce est mal représentée, Pour notre argent nous sifflons les acteurs, i. B. Rouss. Éptgr. i, U. On a représenté les chefs-d'œuvre (le la France devant toutes les cours et dans les académies d'Italie ; on les joue depuis les rivages de la mer Glaciale jusqu'à la mer qui sépare l'Europe de l'Afrique, volt. Irène, lett. Il faudra désormais représenter les pièces de Sophocle dans Athènes, si on enlève la Grèce aux Turcs, comme on vient de leur enlever les bords de la mer Noire, ID. Lett. Richelieu, 8 oct. 4770. Klle [la pièce du Tartuffe] fut représentée trois mois de suite, et durera autant qu'il y aura en France du goût et des hypocrites, lo. Vie de Molière. En (732, Mlle Salle représenta à Londres, avec le plus grand succès, deux actions dramatiques complètes, l'Ariane et le Pygmalion, cahusac, Danses anc. et mod. m, iv, 6. Messieurs, l'ouvrage que nous allons avoir l'honneur de représenter devant vous est une espèce de proclamation, un manifeste dramatique que nous vous adressons, c. dklav. Coméd. Prologue. Il Fig. Nous verrons ce que Dieu voudra représenter après cette tragédie [la mort de Charles II], sÈv. 25 févr. )685. || 7° Mettre dans l'esprit, rappeler le souvenir. Ce jeune homme représente tellement son père qu'il semble qu'on le voit. Cette vieille maison me représente les scènes de ma jeunesse. Il 8° Remplir l'idée, jouer le rôle de. Je suis persuadée qu'il fM. de Grignan] vous le donnera [Rippert pour vous accompagner à Paris], ou quelque autre qui représente un bon conducteur, sév. 21 oct. t«76. Pourvu que votre force réponde à votre courage, et qu'étant faible, vous ne vouliez pas représenter une personne forte, id. 46 oct. (680. Il 9" Se représenter, présenter à soi, se rappeler le souvenir de, se figurer. Je ne puis me représenter d'amitié au delà de celle que je sens pour vous ; ce sont des terres inconnues, sév. 29 nov. (684. Quelle translation de Mme de Noailles à Perpignan I le moyen de se la représenter hors de Versailles! id. 3( août (689. Représentez-vous un homme né dans les richesses, mais qui les a dissipées, boss. Ui Yallière. Se représenter quelque chose, c'est s'en faire une image, volt. Dicl. Phil. Ame, 3. Décomposer une pensée, comme une sensation, ou se représenter successivement les parties dont elle est composée, c'est la même chose, condil. Gramm. I, 3. Il 10* Etre l'image de. Cependant que la lune, accomplissant son tour. Dessus un char d'argent environné d'étoiles, Dans le sombre univers représente le jour, Ode de Chapelain, citée dans balz. liv. VIII, lett. (B. Ses ruines (de Carthage], qui font et ma gloire et ma joie. Semblent représenter les ruines de Troie, mair. M. d'Asdrub. i, (. Ces effroyables guerres civiles et domestiques [lors de la ruine de Jérusalem] représentent si bien le trouble intérieur que sentent ceux qui se donnent à Dieu, qu'il n'y a rien de mieux peint, PASC. Lett. à Mlle de Uoannex, 9. Chacun de nous peut remarquer qu'il ne connaît les objets sensibles que par les sensations qui nous les représentent, condil. Log.

1, 3. U [Fontenelle] a eu, comme tous les grands écrivains, le style de sa pensée; ce style original et simple ne peut représenter agréablement et au naturel un autre esprit que le sien, d'alemb. Œuv. t. m. Il Absolument. Je distingue deux sortes de signes, dont les uns représentent naturellement, par exemple un portrait bien fait.... boss. Euchar. m, 4. Toute idée ne représente pas; nulle idée universelle ne représente , fonten. Frag. rais. hum. Il Être le signe de. De même que l'argent est un signe d'une chose et la représente, chaque chose est un signe de l'argent et le représente, montesq. Espr. xxii.

2. Il Dans le langage théologique, être le type, là figure de quelque chose. Salomon.... était destiné à représenter la personne du Messie, boss. Ilist. ii, 4. Il 11° Mettre sous la forme de. Quand on représenle la raison d'une progression par une fraction qui a le premier terme pour numérateur et le second pour dénominateur.... condill. Lang. cale, i, (2. Il 12" Être mandataire, exercer les pouvoirs, en qualité de député, d'envoyé d'un souverain, de lieutenant, de successeur. Notre nation est représentée dans cette ville par un consul. Songez à tous ces rois que vous représentez [dont vous êtes l'ambassadeur], BAC. Àndr. II, (. Il (un roi] représente les iieux, en conduisant ainsi à la vertu tout le genre humain, fén. Tél. xxiv. L'empereur d'Orient n'avait de droit sur les Gaules que comme représentant l'empereur d'Occident; c'étaient des droits sur des droits, montesq. Esp XXX, 2». Soyez digne du dieu que

DICT. SS LA LANOUE rRAMCAISE.

vous représentez, volt. Olymp. u, 2. La nation est, à la vérité, représentée légalement par la chambre des communes ; mais elle l'est aussi par un roi et par les pairs, m. Maurs, (80. Il serait si pénible (|ue cette excellente province fût représentée par un de ces brouillons qui ne se plaisent que dans le désonlre, th. leclercq, Prov. t. i, p. 37t, dans pougens. || U se dit également de celui <|ui est chargé d'une procuration spéciale pour faire quelque chose au nom d'un autre. Il représenle celui dont il a le pouvoir. Il U se dit encore des héritiers reçus i recueillir ou à partager une succession comme étant à la place de parents morts. Il représente sa mère, et par conséquent il doit partager avec les soeurs de sa mère. Ce n'est pas à Maiimilien proprement qu'on cède ces pays, c'est à Philippe, fon fils, comme représentant Marie de Bourgogne, sa mère, volt. Ann. Emp. Frédéric d'Autriche, (4 92. || Il se dit enfin de ceux qui, dans les cérémonies publiques, tiennent la place de personnes qui y figureraient si elles étaient présentes. Au sacre de Louis XV, le duc d'Orléans représentait le duc de Bourgogne, et le maréchal de Villars représentait le connétable, Dict. de l'Acad. \\ 13" Faire observer, faire envisager. Au lieu de me représenter que je n'étais pas digne de vous aimer.... scabr. llom. com. i, 43. [Le loup] S'en allait l'emporter [le chien]; le chien représenta Sa maigreur : jà ne plaise à votre seigneurie De me prendre en cet état-là, la font. FaU, ix, (0. Il répondit à ceux qui lui représentaient ces dangers [une maladie contagieuse en Normandie, dont il était gouverneur], qu'il devait l'ordre et la protection à ce peuple, fléch. Duc de Mont. Il [Ulysse] me représenta l'honneur et la patrie. Tout ce peuple, ces rois à mes ordres soumis.... rac. Iph. 1, 4. Le duc de Beauvilliers représentait avec force la misère des peuples ; Mme de Maintenon en était touchée; le roi n'y était pas insensible, VOLT. Louis JIV, (7. Il Un tel représente trèshumblement à Votre Majesté, à Votre Excellence.... formule dont on se servait ordinairement dans les placets. || 14° Y. n. Avoir une belle figure , un maintien imposant. Ce général a un air martial, il représente bien. L'un représentait, et l'autre portait la parole, hamilt. Gramm. 9. Nous ramenions la fierté sur notre visage, et l'on trouvait que nous représentions assez bien, montesq. Lett. pcrs. 74. Il Bien remplir les honneurs de la place qu'on occupe, se faire respecter et la faire respecter en en remplissant les fonctions. Vous irez représenter dans son petit gouvernement, hamilt. Gramm. 9. Ah, bon Dieu ! dis-je en moi-même, si, lorsque j'étais à la cour de Perse, je représentais ainsi, je représentais un grand sot, montesq. Lett. pers. 74. jj 11 se dit d'une personne considérable qui reçoit beaucoup de monde et qui fait noblement les honneurs de son rang, de sa fortune. Je vous mène à présent chez un grand seigneur qui est un des hommes du royaume qui représentent le mieux, montesq. Lett. pers. 74. Il Être en représentation, être dans le monde comme un acteur sur la scène. Rien n'est si occupé qu'un homme qui n'est point amoureux, il représente en cinq ou six endroits, quel martyre! SÉV. 334. Mme de Castelmaine.... pria le roi [Charles U] de vouloir lui prêter ce char merveilleux pour y représenter, le premier beau jour de Hyde- Park, hamilt. Gramm. 7. Toujours en spectacle, ils [les grands] représentent : ils ne se montrent pas tels qu'ils sont, mass. Or. fun. Madame. U serait aussi pénible de toujours représenterquedetoujours méditer, bufp. Cerf. Comme on ne peut montrer les hommes que représentant toujours, on ne les connaît pas plus dans nos livres que sur nos théâtres, j. j. ROUSS. Em. IV. Il 15° Se représenter, p. réft. Se présenter de nouveau. Qu'il ne se représente plus devant moi. || Comparaître personnellement en justice. On l'a élargi, à condition qu'il se représentera toutes les fois qu'on voudra. || 16° Revenir à l'esprit. Cette idée se représente sans cesse à mon souvenir. Il 17° Être figuré, représenté. Il dansa.... d'une perfection qui ne se peut représenter, sév. 24 juill. 1689. 11 [l'esprit] s'avance témérairement; il juge avant que de connaître; il n'attend pas que les choses se découvrent et se représentent comme d'ellesmêmes, BOSS. (" serm. Quinquagés. (. || 18° Être joué sur le théâtre. Athènes, oîi se représentaient les poèmes dont Aristote tire ses exemples, corn. -• dise.

— SYN. REPRÉSENTEB, REMONTRER. Le senS littéral

de représenter, c'est rendre présent, mettre devant les yeux; celui de remontrer, c'est faire bien remarquer, avertir avec force. Vous représentez à votre ami le tort qu'il se fait, vous lui remontrez le tort I qu'il fait aux autres.

— HIST. XIII* s. Ces letres en l'escorce estoient D'ung poplier, et rcpresentoient Que Xanthus s'en retorneroit.... la Rose, (3428. Pour l'amour cetui qui,. sans feindre. En la croix se laissa destreindra; Carie vin son sang représente, Guersai. Li baillis, tant qu'il est en l'office de baillie, représente le [la] persone de son seigneur, beaum. i, ». || xiv* s. Celui que l'ymage représente. — La lune représente la lumière du soleil en manière de miroir, orrsme, Thèse de meunier. Amans ensi son duel [deuil] conjoie; Car fins désirs li représente Joie à venir, dont il s'esjoie. Et en a leesce présente, jkan de condS, t. m, p. 4 79. Il XV» s. Et chevaucha tant qu'il vint en l'ost du roi de France, et se représenta audit roi son oncle, qui ne lui fit mie si lie chère que le comte voulust, FROiss. I, I, 89. || xvi* S. L'histoire est une peincture qui nous représente les moeurs des nations estrangores, les loix et coustumes anciennes, amtot, Préf. IV, 29. Il seroit malaisé que chascun peust représenter les choses mesmes qu'il auroit eues en .sa part du butin, pour les repartir de nouveau, id. Cam. 15. Hz furent tous d'advis que Charon obeist à ce mandement, et qu'il se representast devant les gouverneurs pour leur oster tout souspeçon, iD. Pélop. 47. Celle nuict on dict (|ue le mesmc fantosmequi s'estoitde.sjà une fois apparu à Brutus, se représenta derechef à luy, id. Brutus, 69. Representons-la [la mort] à nostre imagination, mont, i, 76. Ces tragédies se représentèrent en nostre collège avecques dignité, ID. I, (98. Tous nos efforts ne peuvent seulementarriver à représenter [reproduire] le nid du moindre oyselet, sacontexture, id. i, 236. [Le peintre] ne pouvant représenter à son gré l'escume et la bave [du chien], id. i, 254. A manier une balle d'arquebuse soubs le second doigt, celuy du milieu estant entrelacé par dessus, il fault se contraindre pour advouer qu'il n'y en ayt qu'une, tant le sens nous en représente deux, id. h, 383. Leurs gouvernantes [des jeunes filles] ne leur impriment aultre chose que le visage de l'amour, ne feust qu'en le leur représentant continuellement pour les en desgouster, id. di, 328. Leur mettre en teste d'aller représenter la bataille aux faux-bourgs de Dreux, d'aub. Hist. i, (74,

— ÉTYM. Prov. et esp. r(^reien<ar ; it. ripresentare; du lat. reprxsentare, Aère, etprxsens, présent.

t REPRÉSENTEUR (re-pré-zan-teur), s. m. Celui qui représente.

— HiST. xvi* S. Representeur, pontus de ttaht, Dise, du temps, f (.

t REPRESSER (re-prè-sé), v. a. Presser de nouveau. Un pauvre passementier dans ce faubourg Saint-Marceau était taxé à dix écus pour un impôt sur les maîtrises ; il ne les avait pas : on le presse et represse, sÉv. (99.

— HlST. xvi' s. Deux monts de laict qu'un vent presse et represse, Qui sur le sain, sans bouger, s'eshranloient.... bons. "73.

RÉPRESSIF, IVE (ré-prè-ssif, ssi-v'), adj. Qui a la vertu de réprimer. Lois répressives. Ce maître d'humeur répressive.... Dit: je ne veux plus qu'on écrive, bérano. Denys.

— ÉTYM. Lat. repressum, supin de reprimere (voy. réprimer).

RÉPRESSION (ré-prè-sion; en vers, de quatre syllabes), s. f. Action de réprimer. La. repression des crimes. Il éclata ime révolte; la répression en fut sanglante.

— HlST. XVI* s. Repression, monet, dict.

— ÉTYM. Lat. repressum, supin de reprimert (voy. réprimer).

t REPRËTER (re-prê-té), V. a. Prêter de nouveau. 11 me priait, dès que la copie serait prête, de lui reprêter l'écrit, batle, Lett. B déc. (690.

— HlST. XIV* s. Aucune fois advient que à celui qui a emprunté il n'est pas convenable que l'en l'y represte autre fois, oresme, Elh. 26 (.

fREPRIER (re-pri-é),«. a. lise conjugue comme prier. || 1° Prier de nouveau. Je vous en reprierai quand vous pourrez sortir, corn. Suite du Ment, III, (. Prends garde à ne venir jamais me reprier, mol. le Dép. IV, 4. Avec empressement je le prie et reprie De me dire en quel lieu vous êtes, baron, Andrienne, II, :i. || 2° Inviter i son tour ceux par qui on a été invité. Tous ses voisins l'ont convié, mais il n'a reprié personne.

— HlST. xiii" s. Proi et reproi sans recouvricr. Corne cil qui ne set à gas [à moquerie] Amours servir ne losengier, Anc.poés. franc. Vatic. n° (490, ^ 108, dans lacurnr. || xvi* s. Il se print à me prier et reprier, avecques une extrême affection, de luy donner une place, mont, iv, 335.

BÉPKIMABLE (ré-pri ma-bl'), adj. Qui doit ou

RÉP

peut être réprimé. Cette réprimable licence. Ce Valade me paraît réprimable, et le voleur qui lui a vendu la pièce [Lois de Minos] très-punissablcj TOLT. Lett. Richelieu, i" fév. <773.

— HlST. XV' s. Orgueil n'i a, ne vice réprimable ; Vérité règne, et le mentir desplaist, e. desch. Poésies mss. f° 207.

— f.TYM. néprimer.

BÉPRIMANDE (ré-pri-man-d') , ». f. Reproche fait du ton do l'autorité. Je me hâte de m'accuser moi-même, pour arrêter vos réprimandes, voit. Lett. 196. Celui qui hait les réprimandes est un insensé, saci. Bible, Prov. de Salom. xii, K Lorsque mon père apprendra les choses, jo vais voir fondre sur moi un orage soudain d'impétueuses réprimandes, mol. Scapin, i, (. Des réprimandes publiques déplaisent plus que des injures dans le tête-à-lôte, MAINTENON, Lett. à Mme de la Yiefville, 2 mai 1708. Je dis ensuite au roi une partie de la réprimande que j'avais faite à son ministre, id. LcU. au card. de Noailles, 2) mai tioi, Aristide, se levant, fit une forte réprimande aux Athéniens, ROLLiN, llist. anc. Œuv. t. m, p. (S7, dans pougens. Les exemples corrigent bien mieux que les réprimandes, volt. Jenni, v. On craint moins les graves réprimandes de M. de Volmar que les reproches touchants de Julie, J. J. rouss. Hél. iv, 4 0. Je ne me suis jamais permis de réprimande avec vous; je vous prie de n'en pas user avec moi, marmontel, ilém. m. Il Peine disciplinaire que portent les lois ou les règlements pour des manquements légers.

— HlST. xvi* s. Cette bonne vieille par sa réprimande et son interdiction.... mont, m, 328.

— ÉTYM. Lat. rcprimenda, chose qui doit être éprimée, de reprimere (voy. réprimer).

KÉPRIMANDÉ, ÉE (ré-pri-man-dé), part, passé ée réprimander. Ce jeune homme réprimandé par son père.

BÉPRIMANDER (ré-pri-man-dé), v. a. Reprendre quelqu'un avec autorité. Il y avait peu d'années [en <70&] que l'archevêque d'Arles, Mailly, avait été sévèrement réprimandé par le roi pour avoir écrit de lui-même au pape, et en avoir reçu un bref, quoi qu'il ne fût question que d'un présent de reliques, duclos, Œufr. t. v, p. «57.

— ÉTYM. Réprimande.

RÉPRIMANT, ANTK (ré-pri-man, man-t'), adj. Qui réprime, qui peut réprimer. Dans une république il n'y a pas une force si réprimante que dans les autres gouvernements, montesq. Esp. v, 7. La honte et la crainte du blâme sont des motifs réprimants, id. t6. vi, 9. Nous ne trouvons rien de semblable [aux meurtres commis par les empereurs romains] dans nos histoires modernes ; cela doit être attribué à des mœurs plus douces et à une religion plus réprimante, id. Rom. xv. J'ai prouvé que plus le peuple est nombreux, plus la force réprimante doit augmenter, j.j. houss. Contr. soc. m, 2. Je ne te vois plus comme autrefois réprimante et sévère, id. Hél. i, i i.

RÉPRIMÉ, ÉE (ré-pri-mé, mée), part, passé de •éprimer. La licence et l'orgueil en tous lieux réprimés, BOiL. Épître 1. De la sédition la flamme réprimée Vit encor dans les cœurs, en secret rallumée, volt. Adèl. du Guesc. iv, B.

RÉPRIMER (ré-pri-mé), v. a. \\ i° Arrêter l'effet, le progrès d'une chose. Réprimer avec le nitrate d'argent le bourgeonnement d'une plaie. Un sage ami, toujours rigoureux, inflexible. Sur vos fautes jamais ne vous laisse paisible.... Il réprime des mots l'ambitieuse emphase, boil. Art p. 1. 1| 11 se dit des choses qui exercent une pareille action. Les coups précipités, ayant comprimé la matière [loupe détachée de la gueuse], en ont en même temps réprimé la flamme, buff. Hist. min. introd. t. viii, p. 4i. L'oisiveté, qui nourrit les passions, fit place au travail qui les réprime, J. 3. rouss. Ess. sur l'orig. des lang. tO.||2° Contenir, ne pas laisser paraître au dehors. Jusque-là réprimez ces transports violents, coBN. Pomp. II, 4. Madame, réprimez ces plaintes inutiles, rotr. Herc. mour. iv, 2. Encore réprimit-elle ce faible désir [d'une mort plus douce], en disant aussitôt après avec Jésus-Christ la prière du sacré mystère du jardin, boss. Anne de Goni. Demeurons en patience et réprimons les mouvements précipités de notre cœur, bourdal. Instruct. pour la 2' fêle de Pâques, Exkort. t. ii, p. 268. || 3° Empêcher de mal faire par la menace ou le châtiment. Réprimer les séditieux. Nous établirons pour règle générale qu'il [le souverain] doit avoir assez de force pour réprimer les particuliers, et point assez pour réprimer la nation, barthél. Anach. cii. 62. || 11 se dit en un sens analogue des choses qu'on réprime.

REP

Que si tous mes efforts ne peuvent réprimer Cet ascendant malin qui vous force à rimer, boil. Sat. ix. Où serais-je aujourd'hui.... Si de mon propre sang ma main versant des flots N'eût par ce coup hardi réprimé vos complots? hac. Athal.n, 7. De ton zèle hardi réprime la rudesse, volt. Orphel. iv, 2. Le crime est plus grand quand il est commis par ceux qui sont établis pour réprimer les crimes et pour protéger l'innocence, id. Mél. Iiist. Ilensongcsimpr. Consp. contre les peuples. C'est à vous, sire, que l'humanité et la philoso|)hie doivent rendre grâces de tout ce que les souverains font et feront encore pour favoriser la tolérance et réprimer la superstition, d'alemb. Lett. au roi de Pr. 29 juin I78l. La reine, froide pour Mlle do la Fayette, mais avec mesure et bonté, n'autorisait ni ne réprimait la conduite de ses favorites [de Louis XIII], genlis, mile de la Fayette, p. 267, dans pougens. Si on eût réprimé dès le commencement ces coupables excès do l'esprit anarchique, et mis au secret le premier qui s'avisa de dire 60, be, bi, bo, bu, le monde était sauvé, p. L. COUR. Lettres au censeur, ix. || Absolument. Dire que la religion n'est pas un motif réprimant, parce qu'elle ne réprime pas toujours, c'est dire que les lois civiles ne sont pas un motif réprimant non plus, montesq. Esp. xxiv, 2. (] 4° Se réprimer, V. ré(l. Se contenir soi-mcme. Autant qu'il est aisé à ce corps [une aristocratie] de réprimer les autres, autant est-il difficile qu'il se réprime lui-même, montesq. Esp. m, 4.||Ëtre réprimé. Une passion violente se réprime par un mouvement de passion plus violent encore, marmontei., Œuw

t. VII, p. 168.

— HlST. XIV* s. X ce que l'excellent sensibleté que le nerf ot, fust reprimée pour l'insensibleté du liement [ligament], h. de mondeville, f° 21, verso. Pour reprimer le hardement [la hardiesse] des mauvais, bercheure, f° {», verso. La vertu d'attemprance est en adreçant, corrigeant et reprimant les passions, oresme, Eth. 38. || xvr s. Elles se saulpoudroient de quelque pouidre pour reprimer les sueurs, mont, i, 374. Et si ceste chair n'est reprimée.... paré, v, 21.

— ÉTYM. Provenç. reprimer ; espagn. reprimir ; ital . reprimere ; du lat. reprimere, de re, et premere, presser (voy. presser, pression). Dans les hauts temps , reprimere aurait fait repreindre , comme imprimere, empreindre; reprimer est la reproduction du latin.

I RÉPRIMEOR (ré-pri-meur), s. m. Celui qui réprime.

— HIST. xvi' s. Reprimour, cotgrave.

REPRIS, ISE (re-prt, pri-z'), part, passé de reprendre. Il I* Qu'on a ressaisi. Régnons; l'ambition ne peut être que belle, Et pour elle [Rodogunc] quittée et reprise pour elle, corn. Rod. 1, 5. || 2° Sur qui ou sur quoi on est revenu à plusieurs reprises. Repris à plusieurs fois, et mis dans l'état le plus affreux [par le fouet], je fus inébranlable, J. j. rous. Confess. 1. 1| 3° Familièrement. Vous y voilà repris, vous vous êtes remis dans un cas fâcheux. || Je n'y serai plus repris, je ne m'y exposerai plus. |{ 4° % qui une passion, une maladie est revenue. Sans guide, sans livre, me voilà repris de cette folie [la botanique], j. 1. rouss. 7« prom. || 6° Qui s'est réuni, ressoudé. Des membres rompus et repris sans autre chirurgien que le temps, j. j. rouss. Orig. 1.116° Un homme repris de justice, homme qui a déjà subi une condamnation pénale. || Substantivement. Un repris de justice.

REPRISE (re-pri-z'), *. f.\\ 1° Action de prendre de nouveau. La reprise d'une ville, d'une forteresse. Il Terme de mer. Vaisseau qui, après avoir été pris par l'ennemi, est repris par un navire de la nation à qui il appartenait. || 2° Action de rentrer dans des fonds, dans des valeurs dont on a fait l'avance. Le cultivateur doit en premier lieu prélever sur les récoltes la somme nécessaire pour se rembourser de ses avances annuelles et pour entretenir ses avances primitives, avec la juste rémunération de son travail et la juste compensation de ses risques; c'est ce qu'il [Quesnay] appelle les reprises du cultivateur; plus ses reprises sont assurées, plus la production s'accroît, de lavergne, Quesnay et ses maximes. Revue des De\ix- Mondes, 16 avril IS07, p. 976. Il Terme de finance. Ce qu'un comptable a droit de porter en dépense à la fin de son compte, parce qu'il l'avait porté en recette, bien qu'il ne l'eût pas reçu. Chapitre de reprise. \\Au pluriel. Terme de jurisprudence. Ce que chacun des époux, par lui ou par ses représentants, a droit de reprendre, par forme de prélèvement, avant partage, sur lés biens de la communauté. Mme de Quintin avait été fort

REP

jolie, parfaitement bien faite, riche de ses reprises et de 30 000 livres de rente, st-sim. 53, 437. X sa disgrâce [de Fouquet] , Bellisle fut adjugée à sa femme pour ses reprises, id. B23, 2» 5. Sauf aux héritiers de l'autre à faire la reprise des apports et capitaux tombés dans la communauté, du chef de leur auteur, Code Nap. art. 4B2B. ||Fig. Il est vrai qu'il a depuis exercé ses reprises, et largement, ai\nault. Loisirs d'un banni, t. 11, p. 6b, dans pougens. Il 3' Terme de féodalité. Reprise de fief, prise de possession d'un flef par l'héritier du vassal qui tenait ce fief. {| 4° Reprise de terre, le fait d'un laboureur qui déplace, dans le temps des semailles, le sillon qui borde sa terre et le trace dans celle de son voisin à la distance de quelques décimètres. Il 5° Continuation de ce qui avait été interrompu. Le roi d'Angleterre [Jac(|ue3 II] se baissa fort, comme s'il eût voulu embra.sser ses genoux [de Louis XIV] ; le roi l'en empêcha, et l'embrassa à trois ou quatre reprises fort cordialement, sév. bob. Cette lettre-ci est écrite à bien des reprises, maintenon, Lett. au card. de Noailles, 3 oct. 4 698. Ces différentes reprises par lesquelles Dieu débrouille le chaos, PÉN. t. m, p. 86. Il faudra le ménager et ne le faire travailler qu'à petites reprises, buff. Bœuf. Je n'ai conservé que ma croix d'or et ma crosse d'argent doré ; personne n'a voulu me les acheter; mais tous les orfèvres en ont payé cent fois la valeur à plus de vingt reprises, Paroles de Behunce, évéque de Marseille, lors de la peste, dans les Soxivenirs de la marquise de Créquy , t. 11, ch. 8. Il 6° Terme de procédure. La reprise d'un procès, d'une instance, le renouvellement et la continuation d'un procès interrompu, lorsqu'il y a eu chan« gemont de parties ou d'avoué. Des reprises d'instance, et constitution de nouvel avoué. Code de Procéd. rubrique du titre n. \\ 7" Terme de manège. Chaque partie d'une leçon d'équitation, donnée au cavalier ou au cheval, et après laquelle ils se reposent. Il II se dit également d'un nombre de cavaliers qui travaillent en même temps et ensemble. Faire des reprises de trois ou quatre cavaliers. Tête de reprise. [[S" Terme d'hydraulique. On dit que l'eau va par reprise, lorsque, élevée dans une machine hydraulique, elle se rend dans un puisard ou dans une bâche d'où une autre pompe l'élève encore plus haut. || C'est aussi, dans le cours d'une conduite, l'eau qui sort d'un regard pour prendre sa route dans une autre voie. || 9° Remise à la scène d'une pièce de théâtre. Après avoir totalement perdu de vue Tancrède pendant huit jours, je viens de le relire : pièce théâtrale, pièce touchante sur ma parole, pain quotidien pour les comédiens; je demande la reprise à la Saint-Martin avec toutes les entrailles d'un père, volt. Lett. d'Argental, 28 cet. 4760. Denis fut remis au théâtre; il eut à la reprise le même succès que dans la nouveauté, marmontel, Mém. m. || 10° Recommencement après une interruption. La reprise de la guerre. La reprise de la fièvre. || Reprise de froid, se dit du temps qui redevient rigoureux après s'être adouci. Après avoir eu un hiver fort doux, nous avons une reprise de froid très-aigu, Corresp. du général KlinglinX^, P- <94- H 11° Vers d'un rondeau, d'une ballade, d'un couplet de chanson qu'on répèle et qui sert de refrain. || 12° Terme de musique. Deuxième exécution d'une partie de morceau. Il Partie d'un air, d'un morceau suivie de deux barres ayant deux points devant, si cette partie commence l'air, le morceau, ou ayant à chaque bout deux barres semblables, si cette partie est à une autre place qu'au commencement ; ce qui indique que cette partie doit être exécutée deux fois de suite. Le mêroe observateur a compté dans ce ramage [du rossignol] seize reprises différentes, bien déterminées par leurs premières et dernières notes, et dont l'oiseau sait varier avec goût les notes intermédiaires, BCKF. Ois. t. VIII, p. 4 23. Il La seconde partie d'un air. Il Chacune des parties d'un rondeau, qui en a souvent trois, dont on ne répète que la première. || Nom donné au signe qui marque qu'on doit répéter la partie de l'air qu'il affecte. |{ Reprise du sujet, l'instant où le sujet d'une fugue revient. Il Se dit du point du clavier de l'orgue, où un jeu qui n'en possède pas toute l'étendue, finit et se répète aussitôt. Il 13° Réparation faite à un mur. || Réprise en sous-œuvre, réparation de la partie inférieure d'un mur, en laissant subsister la partie supérieure. || 14° Action de raccommoder une ctofl'e déchirée ou coupée ; ce qui se fait en réunissant les parties de l'étoffe à l'aide de fils passés en travers de cette déchirure et contrariés; c'est-à-dire que l'aiguille prend quelques fils de l'étoffe, passe

REP

REP

REP

lur quelques autres, reprend quelques flls, et ainsi de suite; puis, en revenant, le fil est passé trèsprès du premier, et l'aiguille reprend les fils de l'étoffe qui n'ont pas été pris par le premier fll passé. X ton revers j'admire une reprise. C'est encore un doux souvenir, bérano. Mon habit. Que cherchez-vous? nous dit l'institutrice chargée de cette exposition. — Des reprises, des ravaudages; en avez-vous? Uoniteur universel, * avr. 1808, p. 479, *' col. Il Reprise perdue, reprise faite en tirant les fils cassés et les remplaçant à l'aiguille; on les fait partir plus ou moins loin de la déchirure, afin que l'œil n'aperçoive pas la jointure des fils. {| 15° Terme lie jeu. Partie dont le nombre de coups est limité. On jouera quelques reprises d'hombre et de lanscjuenet, qui seront suivies d'un grand souper, dancourt, Bourg, à la mode, iv, 6. Je voudrais bien madame, que, malgré la défense, nous jouassions encore quelques reprises de lansquenet, id. la Désol, des joueuses, se. 8. Je témoignai de la répugnance pour le jeu, et ce ne fut qu'après nous être un peu plus familiarisés ensemble, que je me défendis mollement de faire une reprise, id. Guxm. d'Alf. v, 3. Il Cartes de reprise, celles que prennent les coupeurs au lansquenet, après que ieur première carte a été faite. || 16* Se dit des nouvelles racines que les plantes poussent après leur transplantation. En plantant des sauvageons pris dans les bois ou forêts sur un sol ingrat ou inculte, on est plus certain de la reprise, genlis, Maison rust. t. ii, p. 471, dans pouoENS. || 17° Action de mettre de la soudure pour boucher une crevasse qui s'est faite à un tuyau de conduite. || Reprise, nom donné à l'opération par laquelle on enlève tout l'argent à l'or, FOURCROY, Conn. chim. t. vi, p. 374. jj 18° Son et gruau qui restent après la première mouture du grain. || 19° Nom vulgaire et spécifique de l'orpin reprise de certains auteurs, qui est l'orpin proprement dit (sedum telephium, L). j| 20° Outil de celui qui fabrique les fauteuils de canne.

— HIST. xm* s. Tant avoit laians de reprises [parties de jeu] Donées si cortoisement.... ruteb. 45. il XVI' s. Non qu'ilz feissent ce grand voyage tout d'une tire, mais à plusieurs reprises, amyot, Uar. <8. Pour juger du lustre de l'escarlalte, on nous ordonne de passer les yeulx par dessus, en la parcourant à diverses veues, soubdaines reprinses et réitérées, mont, h, too. Ce feut.... d'exprimer parfaictement [une pie qui imitait] leurs rcpnnses [des trompettes], leurs poses et leurs muances, id. Il, t76. 11 le meit en prison et l'y tint, jusques à la reprise des troisièmes guerres civiles, d'aub. Vie, XIV. Leur empereur avoit tellement à cœur la reprise de Tunes, qu'il ne vouloit entendre autre chose, ID. Hist. II, 201. Bien qu'en plantant à la taravelle, presques toutes les racines des chevelues [marcottes] se couppent, ne doutés pourtant de leur reprinse, 0. DE SERBES, 165. Ainsi par périodes la fièvre a di s reprises et inlermissions, qui font que pour ce sujet elle est nommée fièvre intermittente, paré, xx, <7. Le comptable fait reprinse de telle somme , cot-

GRAVE Recouvrant la parole : Pardonnez-moy,

dit-il, ma reprise [réprimande] trop folle, 0 vous que j'ay repris.... ba'ip, Œuv. p. 484, dans lacurne.

— ÈTYM. Repris.

t t. REPRISKR (re-pri-zé), v. a. Raccommoder en faisant des reprises. Repriser une déchirure.

— ËTYM. Reprise.

f 2. REPRISER (re-pri-zé), v. n. Reprandre du tabac.

— ÉTYM. Re, et priser 2.

t 3. RiîPRlSER (re-pri-zé), v. a. Priser une seconde fois ; faire une seconde estimation. La prisée de ces meubles n'a pas été bien faite, il faut les faire repriser.

— ÊTYM. Re..., et priser t.

t REPRISEUSE (re-pri-zeû-z'), t. f. Couturière qui fait des reprises.

— ÉTYM. Repriser t.

RÉPROBATEUR, TRICE (ré-pro-ba-teur, tris'), adj. Oui exprime la réprobation. Un langage réprobateur.

— KEM. Réprobateur n'est dans le Dictionnaire de l'Académie qu'à partir de l'édition de (836.

— ETYM. Lat. reprobatorem, de reprobare, réprouver.

RÉPKOBATION (ré-pro-ba-sion ; en vers, de cinq syllabes), s. f. \\ 1° Action de réprouver, de rejeter. Réprobation des Juifs et conversion des gentils, PASC. Pens. XXV, 4 70, éd. havet. Réprobation du temple, id. ib. Si le Seigneur marqua Caïn d'un signe de réprobation en lui demandant compte du sanK de son frère.... mass. Avenl, Jugement.

Il Particulièrement. Jugement que Dieu a rendu de toute éternité contre les pécheurs qui mourront impénitents. Jésus-Christ même, lequel, étaot l'auteur de notre lalut, devient tous les jours , par l'abus que nous faisons de ses mérites et de sa grâce, l'auteur de notre perte éternelle et de notre réprobation, bourdal. 3° dm. après l'iipiphan. Dominie. t. i, p. U2. Voilà, le premier degré de sa réprobation [du riche de l'Évangile]: il était riche, MASS. Carême, Riche. || 2° Simplement. Blâme sévère. Encourir la réprobation des gens de bien.

— HIST. xvi' s. S'ils nient que cela ne soit signe de réprobation, il n'y aura rien si clair qui ne leur

soit obscur, cal\^. Inst. 767 Avant que donner

sentence d'aprobilion ou réprobation, langue, 484.

— ÉTYM. Lat. reprobationem, de reprobare (voy. réprouver).

REPROCUABLE (re-procha-bl') , adj. \\ 1° Qui mérite des reproches. Un zèle désavoué par une conduite reprochable, est un jeu de théâtre, mass. Confér. Zèle contre les scandales. \\ 2* Terme de procédure. Récusable, en parlant soit des témoins, soit des témoignages. Témoins, témoignages reprochables. || Par extension. Pour ne point hasarder do citer une objection pour une réponse, ce qui aurait été reprochable et Injuste, pasc. Pens. Jfofs.éd. Fauo.

— iilST xvi* s. Il luy eust esté reprochable d'empescher le bien et l'avancement d'un prince de son sang, CARL. I, 30. Il nettoya son ame des vices et passions que tout le monde estime reprochables, AMYOT, Numa, 6. Estât, mestier reprochable, id. Solon, 4. Il n'est aulcune si juste volupté en laquelle l'excez et l'intempérance ne nous soit reprochable, MONT. I, 227.

— ÉTYM. Reprocher.

REPROCHE (re-pro-ch'), s. m. \\ 1* Ce qu'on dit à une personne pour la blâmer, pour la critiquer, pour lui faire honte ou regret. Il y a des reproches qui louent et des louanges qui médisent, la bocherouc. Max. 4 48. Je vous prie.... de m'épargner, en cette rencontre, le déplaisir que me pourraient causer les reproches fâcheux de mon père et de ma mère, mol. G. Dand. m, 8. Vous savez comme je crains les reproches qu'on se peut faire à soi-même, sÊv. 73. Ne doutez point, seigneur, que ce coup ne la frappe; Qu'en reproches bientôt sa douleur ne s'échappe, rac. Brit. m, 4. Ja sentis le reproche expirer dans ma bouche, id. Iphig. ii, 4. Les rois craignent surtout le reproche et la plainte, id. Esth. m, 4. Écoutez les louanges qui vous prêtent de fausses vertus, comme des reproches publics de vos vices véritables, mass. Pet. carême, Tentât, des gr. Ce qui me surprend, c'est qu'on ne voit point que saint Louis, frère c!e Charles d'Anjou, ait jamais fait à ce barbare le moindre reproche de tant d'horreurs, VOLT. Ann. Emp. Interrègne, 4207. Le grand reproche que tous les ci'itiques anglais nous font, c'est que tous nos héros sont français, des personnages de roman, des amants tels qu'on en trouve dans Clélie, dans Astrée et dans Zaide, id. Dict. phil. Goût. On a peu de reproches à faire à ceux qui ne s'en font point, et il est inutile d'en faire à ceux qui ne s'en font plus, dlclos, Consid. mceurs, 2. Ne vous permettez aucun reproche ; on n'en doit faire qu'à ceux qu'on estime, cenlis. Mères riv. t. i, p. 262, dans pouGENS. Arnauld l'avait bien senti, quand il disait à Racine : Pourquoi cet Hippolyte amoureux? le reproche était moins d'un casuiste que d'un homme de goût, d'alemb. Lelt. à J. J. Rouss. Œuv. t. V, p. 334, dans pougens. Que signifient les reproches en amour? stael, Corinne, xvii, 7. Le reproche est barbare à l'instant du malheur, m. j. ciiÉN. Gracques, m, 6. || Fig. On n'aime point à voir ceux à qui l'on doit tant ; Tout ce qu'il a fait parle au moment qu'il m'approche ; Et sa seule présence est un secret reproche, corn. Nicom. ii, 4. || Les reproches de la conscience, le sentiment que l'on a d'avoir mal agi. Auriez-vous cru, mes chers auditeurs, que dans ce reproche de la conscience il y eût tant d'avantages et tant de trésors renfermés? bourdal. »• dim. après la Pentecôte, Dominie. t. m, p. 4 43. Qu'ils craignent moins la mort et les tourments que le moindre reproche de leur conscience, FÉN. Tel. XIV. Il Homme sans reproche, homme à qui on ne peut rien reprocher. Bayard fut surnommé le Chevalier sans peur et sans reproche. J'ai envoyé votre lettre au chevalier sans peur et sans reproche, sév. 326. Voilà donc un premier fait, l'innocence de Jésus-Christ sans reproche, boss. Ilist. II, 12. Il On dit de même: où il n'y a point de reproche. Si je ne suis pas né noble, au moins suisje d'une race où il n'y a point de reproche, mol. G. Dand. ii, 3. ||2" Aupluriel, terme de procédure.

Raisons que ron produit pour récuser des témoins. Il est visible que ce n'est que sa ^ie [de Jésus] qui les a empêchés [les Juifs] de le recevoir; et, par ce refus, ils sont des témoins sans reproche, pasc. Pens. XIX, 6 bis, édit. havet. C'est Libanius[qui accuse des chrétiens d'avoir tué Julien].... sophiste calomniateur manifeste des chrétiens, qui porte par conséquent son reproche dans son nom, boss. Ùéf. des Variât. 7. Il [l'accusé] ne les voit [les témoins à charge] qu'un moment i la confrontation ; avant d'entendre leurs dépositions, il doit alléguer les moyens de reproches qu'il a contre eux.... il n'est plus admis aux reproches après la lecture des dépositions, VOLT. Pol. el lég. Comm. peines et ditits, Procédure crim. || 8° Sans reproche, Joe. adv. Sans prétendre faire de reproches. Sans reproche, soit dit sans reproche, je lui ai rendu plus d'un service.

— REM. Reproche a été féminin : On ne se pique point d'une reproche qu'on peut faire à tout le monde, malh. traité des bienf. de Sinèque, m, 4 6. Chifilet, Giamm p. 264, dit qu'il est masculin au singulier, et féminin au pluriel.

— IllST. Il* s. Jà n'en aront reproece mi parent, Ch. de Bol. lxxxmi. || xii* s. Puis si li dist : or aies pais; Car jà parler n'en orrés mais De la reproche del lignage Dont troblés icrt [était] vostre corage, Grég. le Grand, p. 47. Et s'il ne fust de remanoir viltance Et reproche, j'alasse demander À madame congé de demorer, Couci, xxiv. || xiu* s. Ce sont les gens ou monde qui plus honneurentgensanciennes, puisque il est ainsi que Dieu les a gardés de vilain reproche jusques en leur vieillesse, joinv. 222. Il xiv° s. Se aucunes personnes reprocent ledit compte, etfacent oppositions.... et ycellcs reproces et oppositions veulent poursuir, du cange, reproehare. \\ xv* s. Dame, dist Passelion, de la reproche me cuide je bien laver, Perceforest, t. iv, f° 4H. Hz recongnoissent le nayn,et dient: ha reproche de nature, c'est toy par qui nous avons perdu nostrc père, ib. t. i, f" 42. ||xvi" s. C'est à bon droit que ces reproches leur sont objectées par sa bouche.... CALV. Inst. 239. Reproches généraux ne sont admis [pour récuser un témoin], loysel, 783. Faits de reproches d'estre larron, parjure, etc.... ne sont reçus s'il n'y a eu sentence ou composition, id. 784. Ceste parole estoit plus tost un reproche de trahison que un record de grâce receue, amyot, Artax. 34. Par où il bridoit les occultes caquets des moqueurs, et esmoussoit la poinctc de ce reproche, mont, in , 48. Toute noblesse se debvoit bien vesiir de dueil le jour du trespasdu bon chevalier sans paour et sans reprouche. Chronique de Bayart, ch. 68. De moi, je le dy sans reproche, Quoyque je ne fusse si proche Du delTunct comme estoit Martin, Sat. Min. Ane lig.

— ÉTYM. Berry, repreuche; provenç. repropche; espagn. reproche; ital. rt'mprocct'o. Les formes sont si semblables à celles d'approche, d'approcher, qu'il n'est pas possible de n'y pas voir avec Diez un représentant de re et prope (voy. proche) : rapprocher, remettre sous les yeux, et fig. objecter, reprocher, objecter veut dire aussi mettre devant.

REPROCHE, ÉE (re-pro-ché, chéc), part, passt de reprocher. || 1° Dit comme reproche. Ces guerres [civiles], tant reprochées à la réforme, boss. 6° avert. 7. Puis, en tristes lambeaux semés dans les marchés. Souffrir tous les affronts au Jonas reprochés, BoiL. Épttre. X. Il Proverbe. Un bienfait reproché tint toujours lieu d'offense, bac. Iphig. iv, 6. Il 2° Récusé, en parlanl.de témoins, de témoignages. Ce témoignage produit par un aussi grand théologien [saint Fulgence] , n'ayant point été reproché par les hérétiques, boss. Projet de rèun. Lettre 33.

REPROCHER (re-pro-ché), v. o. || 1° Objecter à quelqu'un une chose ou blâmable, ou fâcheuse. Et le surnom de bon me va-t-on reprochant. D'autant que je n'ai pas l'esprit d'être méchant, FÉONmR, Sat. III. Que lui peut-on reprocher [à Charles 1"], sinon la clémence? boss. Reine d'Anglet. Ne pourrons-nous pas enfin espérer que les jaloux de la France n'auront pas éternellement à lui reprocher les libertés de l'Eglise toujours employées contre elle-même? iD. le Tellier. Saint Paul, tout grand apôtre qu'il était, et quoique sa conscience ne lui reprochât rien, ne se croyaitpas pour cela justifié, BOURDAL. Jugem. dern. 4" avent, p. 85. Les dieux toutes les nuits.... Me venaient reprocher ma puie sacrilège, bac. Iphig. i, 4. Et que reproche aux Juifs sa haine envenimée? id. Esth. m, 4. Celse reprochait à Origine que les chrétiens variaient continuellement dans leurs écrits; qu'ils changeaient le texte de l'Évangile suivant leurs besoins, DUMARS. Œuv. t. vu. p. 30. || Reprocher à quelqu'un une personne, lui reprocher de favoriser, d'em-

REP

REP

RÊP

ployer cette personne. Sans doute M. Cassini, étranger et circonspect comme il était, ne se fût pas chargé d'un neveu dont il n'eût pas beaucoup espéré, et qui lui aurait été plus reproché que tout autre qu'il eût mis à la même place, fonten. Maraldi. Clolaire lui reprocha [à Brunehaut] la mort de dix rois, MONTESQ. Espr. xxxi, ( . On reprochait à Racine d'avoir mis les principes du jansénisme dans le rôle de Phèdre, volt. ùu. Richelieu, 22 juin 4762. Il Fig. Lorsque en proie aux besoins qui pèsent sur leurs tètes, Le cri de leur douleur vous reproche vos fêtes, DELIL. J'it. 1. Il Reprocher un service , un bienfait à quelqu'un, les lui rappeler pour l'accuser de les avoir oubliés. Ne reproche donc plus à mon ftme indignée Qu'en perdant tous les miens tu m'as seule épargnée, corn, lléracl. 1, 2. Elle [Mme de Montespan] m'a reproché ses bienfaits, ses présents, ceux du roi, maintenon, Leit. à Mme de St-Céran, «4 juin ) 879. Il Familièrement. Reprocher les morceaux à quelqu'un, faire sentir à quelqu'un (ju'il mange trop et paraître y avoir regret. On me reprochait chaque jour ma nourriture, on me la refusait souvent, genlis, Urne de Maintenon, t. i, p. 72, danspouGENS. || Reprocher que, avec le verbe à l'indicatif. Vous reprochez à ma triste mémoire. Que par sa propre main [d'Augustel mon père massacré Du trône où je le vois fait le premier degré, cobn. Cinna, i, <. || 2° Se reprocher, reprocher soi-même, se faire des re[iroches. Mlle de Guise n'a rien à se reprocher que la mort de son neveu : elle n'a jamais voulu qu'il ait été saigné; la quantité du sang a causé le transport au cerveau. sÉv. 73. Ne parlons pas des corruptions qu'on a honte d'avoir à se reprocher, Boss. le Tellier. Toute l'indulgence de l'amourpropre n'empêche point qu'on no se reproche du moins une partie de ce qu'on a à se reprocher, fonten. Bonh. L'illustre auteur de Phèdre avait assez d'éjiigrammes satiriques à se reprocher, pour qu'on doive se faire un scrupule de lui imputer en ce genre des péchés qu'il n'a pas commis, d'alemb. Éloges, Gasp. Abeille, note 3. On n'est jamais pleinement malheureux quand on n'a rien à se reproclier, m"' de TENCIN, Œuv. t. v, p. 63, dans pouGENS. Il Se refuser. L'avare se reproche le nécessaire. || 8"" Terme de procédure. Reprocher des témoins, alléguer des raisons pour les récuser. 11 reprocha tous les témoins. Il Par extension. Moi.... Qui reproche souvent mes yeux et mes oreilles, régnieb, Sat. xiii.

— REM. Pascal a dit : reprocher de ce que : Paul Emile reprochait à Persée de ce qu'il ne se tuait pas, PASC. Pens. I, 4 bis, édit. havet. Cela n'est pas usilé.

— HIST. XII" s. N'encore, amors, ne vous ai reprochié Mon service.... Couci, vu. jlxni's. Garde que tu ne reproches ce que tu as doné ; car tu le dois ohlier, bbun. latini, Trésor, p. 4) t . Partonopex commence si : Seignor, vos estes mi ami Et mi home, les voz merciz; Nel vos repruef pas par afiz, Mais por remembrer vos l'amor Quî loial home ont à seignor, l'artonopex, ms. de St-Germ. f° < 67, dans LACURNE. Il XIV* S. Si je me porte mal [si je me comporte mal], Polidamas me le reprochera et m'en reprendra, OBESME, Eth. 83. Et SB aucunes personnes repiocent ledit compte et facent oppositions.... du CANGE, reprochare. || xv* s. Ce que nous avons dit et juré, nous vous tiendrons loyaument, ni jà ne serons reprochés du contraire, froiss. ii, ii, ». Costui péril [bataille dans les guerres civiles], quoique tu en eschappes, soit mis en mescompte de tels autres beaux fais; cnt à journée reprouchée n'appartient ioupnge, christ, de pisan, dans Ilist. liu. delà Fr. t. xxiv, p. tel. N'as-tu pas oy reprouchier [dire en proverbe], Que l'arbre qui ne porte fruit Sera arrachée et destruitî e. desch. Poésies mss. f° 488. Lascho, meschant, reproché homme, pour qui je suis deshonorée, louis xi, Nouv. iv. Icellui Alain reprouclia : ceste vieille ne cessera meshui de gourgousser, DU GANGE; reprochare. || xvi* s. Il composa des vers par lesquclz il reprochoit aux Athéniens leurs faultfis, AMYOT, Salon, 64. ils n'eslargissent [accordent] rien qu'ils ne le reprochent, ou par fleremine, ou par parole superbe, calv. hist. 645. Estre reproché do trahison, mont, i, 2b. Les Ephesiens luy reprochoient à quoy ii passoitson temps à jouer avecqucs les enfants devant le temple, iD. i, *4i. Le juge n'oublia rien à l'ordonnance qui est requiseen tel cas; demanda à Chauvel s'il la veut croire, s'il la veut reprocher, NOËL DU FAIL, Contcs d'Eutropel, ch. xxiii.

— ÊTVM. Reproche; Berry, reprcuclier i provenç. «propcnnr ; espagn. reproc/iar; ital. rimprocciar'e.

KEPRODIXTEUR, TRICE ( re -pro - du- kteur, ktri-s') , odj. Qui reproduit, qui sert à reproduire. Les moyens reproducteurs des polypes et des pucerons, SENNEBiER, Ess. art d'ohs. t. n, p. 423, dans

pouoENS. La force reproductrice y est douée [chez le polype] d'une grande énergie, et elle y exerce son activité jusques dans les moindres parties, bonnet, Consid. corps org. Œuv. t. vi, p. es, dans pougens. Il S. m. Dans l'élève des animaux, reproducteur, l'animal destiné à reproduire son espèce.

— ÉTYM. Voy. REPRODUIRE.

REPRODUCTIBILITÉ ( re-pro-du-kti-bi-li-té) , s. f. Faculté d'être reproduit. La reproductibililé des êtres, Dict. deVAcad.

— ÉTYM. Reproductible.

REPRODUCTIBLE (re-pro-du-kti-W), adj. Qui

peut être reproduit.

— f.TYM. Voy. reproduire.

t REPRODUCTIF, IVE (rc-pro-du-ktif, kti-v'), adj. Qui produit de nouveau. La force reproductive a une si grande énergie dans cet animal, qu'elle ne parait point diminuer sensiblement après plusieurs reproductions, bonnet, Paling. ph'l. ix, 6. Agiter par le souffle vivifiant de l'industrie tous les germes reproductifs de la nature, ratnal, Hist. phil. xix, 6.

— ÉTYM. Voy. reproduire.

REPRODUCTION (re-pro-du-ksion ; en vers, de

cinq syllabes), s. f. || 1° Action de reproduire. 11 est dans l'ordre que la mort serve à la vie, que la reproduction naisse de la destruction, buff. Quadrup. t. II, p. 434. Empédocle avait le premier supposé la destruction et la reproduction alternatives du monde, barthél. Anach. ch. 64. La nature se perpétue par des reproductions, elle se détruit par des jouis.sances, MiRAB. Collection, t. v, p. 4io. || 2» Action par laquelle les corps organisés, animaux et végétaux, produisent des êtres semblables à eux, de quelque manière que cette action s'exerce. La reproduction des êtres. Les organes de la reproduction. || Il se dit aussi, dans les végétaux, des moyens artificiels par lesquels on les multiplie. Les greffes, les boutures sont des moyens de reproduction. || 3» Parties qui succèdent à celles qui ont été mutilées ou arrachées. Avant la découverte des insectes qui peuvent être multipliés de bouture, les physiciens connaissaient la reproduction des pattes des écrevisses, bonnet, Observ. vers. La reproduction de la tête coupée aux limaçons, découverte par Spallanzani, fut niée en France par divers naturalistes qui ne surent pas l'observer, sennebikr, Ess. art d'observ. t. I, p. 3(8, dans pougens. ||4° Action par laquelle on conserve, dans l'industrie, dans l'agriculture, la somme des valeurs, on reproduit ce qui a été consommé. Les cultivateurs.... virent passer dans les mains de fermiers avides une portion de leurs récoltes, qui, reversée dans des champs fertiles, aurait augmenté graduellement la reproduction, RAïNAL, Hist. pWi. xiii,4. IIB-Actionde reproduire, de publier une seconde fois, par contrefaçon, ou autrement, un livre, une œuvre d'art. L'éditeur de cet ouvrage en a interdit la reproduction.

— ÉTYM. ne..., et production.

t REPRODUCTIVE»! i;NT (re-pro du-kti-ve-man), adt;. D'une façon reproductive. Capitaux placés reproductivement.

t REPRODUCTIVITÉ (re-pro-du-kti-vi-té), *. f. Qualité de ce qui est reproductif.

— ÉTYM. Reproductif.

REPRODUIRE (re-pro-dui-r'), v. a. Il se conjugue comme produire. || 1* Produire de nouveau. Qu'est-il plus difficile de produire uu homme ou un animal, que de le reproduire? pasc. Pens. xxiv, 20, éd. havet. Il y a, dit-il [saint Cyprien], dans l'Église catholique, une racine, une source, une force pour reproduire sans fin de nouveaux pasteurs, boss. <" inslr. past. 26. Les simples vers de terre qui reproduisent leurs queues, volt. Physique, les Colimaçons, 3' lett. Les arbres, les plantes, les polypes, où l'individu tout seul reproduit son semblable, BUFF. Hist. anim. ch. xi. || Absolument. Quand l'univers sortit du chaos, les êtres intelligents durent se fiatter que la sagesse suprême daignerait leuf dévoiler le motif de leur existence; mais elle renferma son secret dans son sein, et, adressant la parole aux causes secondes, elle ne prononça que ces deux mots : Détruisez, reproduisez, barthél. Anach ch. 28. || Fig. Cette injuste frayeur sans cesse reproduit L'image des malheurs que j'ai vus cette nuit, corn. Poly. n, 3. Il me suffit de juger des habitudes du cerveau par les habitudes de chaque sens : il faut se contenter de connaître que le même mécanisme, quel qu'il soit, donne, conserve et reproduit les idées, condil. Log. i, 9. Il 2° Présenter de nouveau, montrer de nouveau. On ne devrait pas, dit-on, reproduire aujourd'hui ces histoires si honteuses pour la nature humaine ; et moi je dis qu'il eu faut parler

mille fois, volt. Pol. et Ug. Avis au public. Exemples du fanatisme. Parce qu'ils n'observaient pas, ils reproduisaient continuellement les mêmes opinions sous de nouvelles formes, condill. Mist. anc. m, (. Qui reproduira les prodiges de mécanique d'Archimède au siège de Syracuse, ou qui démontrera que c'étaient des fables inventées par les Romains pour excuser aux yeux de Rome l'impuissance de leurs eiïorts? marmontel, Œuv. t. vi, p. 227. Ainsi, de mille objets en silence nourris, Mes vers coulent sans peine, et ma plume féconde Reproduit dans mes chants les merveilles du monde, DELIL. Parad. perdu, m. '\\ 3° Insérer dans un journal, une revue, tout ou partie d'un travail appartenant à un autre recueil. || Imprimer un ouvrage en contrefaçon. || 4° Se reproduire, u. réfl. Se perpétuer par la génération. Ces différences de couleur et de dimension dans la taille n'empêchent pas que le nègre et le blanc, le Lapon et le Patagon, le géant et le nain ne produisent ensemble des individus qui eux-mêmes peuvent se reproduire, buff. Quadrup. t. i,p. 140. Puisqu'il faut que l'homme meure, il faut qu'il se reproduise, afin que l'espèce dure et que l'ordre du monde soit conservé, j. j. rouss. Ém. iv. Les familles se reproduisent facilement, lorsque le gouvernement leur permet de vivre de leur travail, CONDIL. Hist. anc. Lois, ch. 8. || Fig. Comment se conservera-t-elle [la langue française], si, au lieu de se reproduire à mesure qu'elle se dépouille, ce n'est plus qu'un vieux arbre, dont les rameaux sèches se brisent, et qui ne repousse jamais? mabmontel, Œuv. t. x, p. 4)6. || 5" Être produit, créé de nouveau. Combien d'idées désagréables, qui se reproduisent malgré nous! bonnet, Ess. anal. Ame, (8. Les mines s'épuisent, et les pêcheries ne s'épuisent pas; l'or ne se reproduit pas, et l'animal ne cesse de se reproduire, baynal, Hist. phil. xvii, 4 2. Ce grand système de la nature qui se reproduit de ses débris est mieux entendu, mieux suivi à la Chine que dans tous les autres pays du monde, m. Hist. phil. I, 20. Il 6» Être produit, montre de nouveau. Les mêmes passions et les mêmes événements se reproduisent souvent dans l'histoire. Le? formes et les qualités du corps s'altèrent, se détruisent et se reproduisent sans cesse; mais la matière dont ils sont composés subsiste toujours, barthél. Anach. ch. 30.117° Se remontrer dans le monde, fréquenter de nouveau la société, après s'en être retiré. Il commence à se reproduire dans le monde.

— HIST. xvi" s. Elle [la prairie] reproduira par après des foins, si à cela la voulés reemploier, six fois [ilus qu'elle ne faisoit auparavant, o. de serbes, 72.

— ÉTYM. lie..., et produire.

REPRODUIT, ITE (re-pro-dui , dui-t'), part.

passé de reproduire. Produit de nouveau. Les forêts reproduites dans les lieux ravagés. || Montré de nouveau. Rien de plus bizarre que de voir l'Europe transportée et reproduite, pour ainsi dire, en Amérique, pour le nom et la forme des villes, raynal, Hist. phil. IX, 2,

t BEPROMENER (re-pro-me-né), v. a. Il se conjugue comme promener. Promener de nouveau.

— HIST. XVI* s. Je lis en quelque livre, ou feins de composer. Ou seul je me promeine et repromeine encore, Essayant de tromper l'ennui qui me dévore, bons. 7D7.

+ REPROMETTRE (re-pro-mè-tr'), v. a. Il se conjugue comme promettre. Promettre de nouveau.

— HIST. XVI* s. L'espoir va soulageant l'homme demy-noyé ; L'espoir au prisonnier repromet délivrance, RONS. 2:12. Elle le somme de la promesse qu'il lui avoit faite, qui cstoit de mourir en sa principauté; le mari, pour la contenter, lui repromel encores, mais.... d'aub. Hist. m, 361.

t REPUOMISSION{re-pro-mi-ssion), s. f. Termede théologie. Les choses promises par l'Ecriture sainte.

— HIST. XIII* s. Perdue avons la terre de ropromission, Que Diex dona à ceus qui erent [étaient] en prison De la terre d'Egipte par desous Faraon, Ch. d'Ant. 1, 8»3.

— ÉTYM. Lat. repromissionem, de re, et promwsio, promission.

t REPROTÉGER (re-pro-té-jé), v. a. Il se conjugue comme protéger. Protéger de nouveau. Mm divin ange, j'apprends que vous êtes revenu à Paris ; vous allez donc reprotéger Tancrcde, voLr. LeIt. d'Argnilal, 27 oct. 4 7CO.

t RÉPROUVABLE (ré-prou-va-bl'), adj. Qui don, qui peut être réproufé.

— IIIST. XIV* s. Ceulx qui, pour monstrer que delletlacion n'est pas bonne, prononcent et mettent en avant delettacions qui sont très reprouvables, oresue, Elh. 29».

RÈP

REP

RÊP

RÉPROUVÉ ÉE (re-prou-vé, vée), par», passé de reprouver. Une proposition prouvée par un philosophe, et réprouvée par un autre.

RÉPROUVE, ÉE (ré-prou-vé, vée), part, passé de réprouver. || 1° Hejeté, condamne. Une doctrine réprouvée par l'Rglise. Des mystères d'amour amant trop réprouvé, bégnikr, Élég. iv. Malheur aux cœurs durs! Dieu bénira les âmes tendres; il y a je ne sais quoi de réprouvé à être insensible, volt. Lett. au pr. roy.de Prusse, ) 2 août ( 73». || Abandonner quelqu'un au sens réprouvé, à son sens réprouvé, le laisser dans l'erreur, à cause de son obstination. La reine même donna avec ardeur dans son sens; mais ce sens ne fut appuyé de personne, et vous verrez par l'événement qu'il n'y en eut jamais de plus réprouvé, retz, Mémoires, 11. L'un des plus terribles effets de la vengeance divine est lorsque, en punition de nos péchés précédents, elle nous livre à notre sens réprouvé, en sorte que nous sommes sourds à tous les sages avertissements, Boss. Ilist. II, 8. Par un juste jugement. Dieu livre au sens réprouvé, à des erreurs manifestes, ceux qui prennent des noms superbes contre son Église et entreprennent de la reformer dans sa doctrine, id. Drf. Var. )" dise. 66. Le siècle où nous vivons est en tout sens celui de la décadence ; il faut l'abandonner à son sens réprouvé, volt. Lett. à d'Argental, «aollt (755. || Substantivement. Celui qui est rejeté par la société, comme les parias. Crains pour toi-môme Le sort contagieux d'un réprouvé qui t'aime, c. hei-a vign e, Pan'o, v, 2. [j 8° Particulièrement, rejeté de Dieu. Le peuple demanda un roi, et Dieu lui donna Saul, bientôt réprouvé pour ses péchés, boss. Hist. 11, 3. || S. m. Celui qui est

destiné aux peines éternelles chacun le fuit

ainsi qu'un réprouvé, hégnikr, Sat. 11. Jésus-Christ snuve les élus, et damne les réprouvés sur les mêmes crimes, PASC. Pens. xvi, 2, édit. havet. Après vous avoir exposé, dans les moeurs de notre riche réprouvé, l'image d'une vie voluptueuse et mondaine, mass. Carême, Maxw. riche. Nous n'aurons plus de proches, de père, d'enfant, d'ami ; plus de liens que les flammes éternelles qui nous uniront pour toujours aux réprouvés, id. Avent, Jugement. Tous ces anciens sages sont vos ennemis.... je ne m'étonne pas que vous détestiez sincèrement tous ces illustres réprouvés qui ont fait, je ne sais comment, tant de bien à la terre, volt, facéties, Remerciement sincère. C'est moi qui marque leur séjour tAui réprouvés de ma colère. Comme aux élus de non amour, v. hlgo. Odes, 1, <o.|| Visage de réprouvé, face, figure de réprouvé, figure sinistre, qui annonce une âme perverse. Durant ses mauvaises humeurs, c'était une vraie physionomie de réprouvé, hamilt. Gramm. x. || 11 vit en réprouvé, c'est un réprouvé, se dit d'un méchant homme.

REPROUVER (re-prou-vé), V. o. Prouver de nouveau, prouver surabondamment. Il a prouvé et reprouvé sa possession par plusieurs titres.

— FTVM. Re. ., et prouver.

RfiPROUVER (ré-prou-vé), t;. a. || 1° Rejeter, condamner. Que la reforme ne pense pas s'excuser sur ce qu'elle pense à la fin avoir condamné en France et en Angleterre, par ses plus fameux écrivains, les guerres civiles de religion.... car les réprouver quelque temps pour y revenir après, c'est bien montrer qu'on a honte de son erreur, mais c'est montrer en même temps qu'on ne veut pas s'en corriger, boss. 6" avert. t. Les saints anges protecteurs du temple déclarèrent hautement qu'ils l'abandonnaient, parce que Dieu, qui y avait établi sa demeure pendant tant de siècles, l'avait réprouvé, id. Ilist. II, 8. Dieu réprouverait un culte où le cœur n'aurait point de part, bourdal. Serm. 20' dim après la Pentecût. Domin. t. iv, p. 2)0. A-t-il aimé le monde, lui (Jésus-Christj qui l'a réprouvé? mass. Carême, Mauv. riche. Il [le jésuite Lainez] disputait cependant dans cette assemblée [le colloque de l'oissy] qu'il réprouvait, volt. Mœurs. 47i. Le bon sens rejette ces absurdités, et l'équité réprouve ces calomnies, id. Fragm. sur l'hist. vu. Le comique, qui était encore à la mode dans nos premiers opéras, est réprouvé aujourd'hui, ID. Lett. Chabanon, a fév. 1770. Il i° Terme de théologie. Destiner aux peines éternelles. Les Juifs sont ennemis pour l'amour de vous; si Dieu les a réprouvés, c'a été, ô gentils, pour vous appeler, boss. Ilist. 11, 7. Combien d'ancêtres de Jesus-Christ ont été réprouvés de Dieu, parce qu'avec cette qualité d'ancêtres de Jésus- Christ, ils n'ont pas laissé d'être des impies et des infidèles! bourdal. Instrucl. Oclave de l'Assompi. Exhort. t. 11, p. 309. C'est notre foi, si jamais nous avons le malheur d'être réprouvés, qui dictera elle-

même l'arrêt de notre réprobation, id. Jugem. dem. I" avent, p. 54.

— HIST. ir s. Mon escient, [ils] nel me reproveront [reprocheront], Ch. de Bol. lx. Et reprover [honte, reproche] à trestoux vos parenz, ib. cxxvii. Il XIII' s. Par Dieu, vassal, mar vous vint en pensé Quant vous m'avez reprové mon eage, quesnes, Romancero, p. 109. Vie honte [vieille honte), quant on la repreuve, Est aussi laide come neuve, Hist. litt. lit la Fr. t. XXIII, p. 739. Il nous reprouvera par ordre, Si com l'évangile recorde. Et bons et mauvais jugera, J. DE meung, Tr. 1399. Li marchis Bonifaces.... li reprovoit sovent le grant servise qu'il li avoient fait, viLLEii. icii. Ce oïdire en reprovier [proverbe]. Que l'en ne puet faire espervier En nule guise d'ung busart, la Rose, 3711. || xiv* s. Il reprouve ci l'oppinion de ceulx qui mettent félicité en richesses, OBRSME, Eth. VI (10). Il XVI* s. Les jugements de communauté de peuple sont souventes fois à reprouver comme déraisonnables. Boude, m, l*. Gens superstitieux et reprouvés, monstrel. Il, 65. || xvi' s. ....Ains estoit sa compagnie et sa conversation fort plaisante et fort aggreable aux femmes, si en cela nous ne voulons reprouver le tesmoignage de la courtisane Flora, amïot, Pomp. 78. Le peuple luy donna audience telle, qu'il apparoissoit qu'il ne reprouvoitny n'approuvoit trop cequi avoit esté fait, iD. César, 85. Ainsi ceux que Dieu laisse en élisant, il les reprouve, calv. Inst. 757. Richesses, présents.... et telle aultre basse marchandise qu'ils reprouvent, mont, i, 2H.

— ÉTYM. Wallon, r'proti^; provenç. reproar, reprobar ; espagn. reprobar ; port, reprovar ; ital. reprovare; du lat. reprobare, dere, indiquant retrait, et probare, approuver (voy. prouver). Reprouvier a signifié proverbe, le proverbe devenant facilement une leçon, un reproche.

t REPROVIGNER (re-pro-vi-gné), v. a. Provigner une seconde fois.

— HIST. xvt* s. On en laisse ressortir à l'aer quelques doigts, pour là continuer leur ject, et icelui reprovigner à toutes les fois qu'il s'en rend capable, 0. de serres, 683.

RKPS(rèps'),î. m. Étoffe de soie très-forte et façonnée. Il II y a aussi des reps en laine, en laine et coton.

— ÉTVM. Origine inconnue.

t REPTATION (rè-pta-sion), ». f. Terme didactique. Action de ramper.

— ÉTYM. Lat. reptatioriem , de reptare, fréquentatif de repère (voy. reptile).

t REPTATOIRE (rè-pta-toi-r*), adj. Terme didactique. Qui a le caractère de la reptation. Mouvement reptatoire.

— ÉTYM. Voy. reptation.

REPTILE (rè-pti-r), adj. ||l°Oui rampe. Insecte reptile. La gent reptile et toute son espèce, la font. Petit chien. Les animaux reptiles sont d'une autre fabrique [que le castor, le renard], fén. Exist. 9. Il Fig. Hé bieni vit-on jamais un esprit plus reptile? Puis-je avoir jamais fait une telle imbécile? régnard, le Distr. 1, *. \\ i' S. m. Dans le langage commun, tout animal dépourvu de pieds et qui rampe, et aussi tout animal qui a les pieds si courts qu'il semble se traîner sur le ventre. Ne souillez point vos âmes par l'attouchement d'aucun des reptiles qui se remuent sur la terre, SACi, Bible, Lévit. XI, 44. Empêchons nos pensées de ramper toujoui-s dans les nécessités corporelles, comme font les reptiles sur la terre, boss. Élevât, sur myst. iv, 7. Sion, repaire affreux de reptiles impurs, rac. Esthcr, I, 1. Dans les terres basses, humides et mal peuplées du continent de l'Amérique méridionale, les reptiles elles insectes semblent dominer par le nombre sur toutes les autres espèces vivantes, buff. Ois. t. viii, p. 222. || Fig. Quelqu'un a dit que la gloire réside au haut li'une montagne; les aigles y volent, et les reptiles s'y traînent, volt. Lett. Laharpe, 29 oct. t76S. || Fig. et familièrement. C'est un reptile, c'est un homme qui se sert de moyens bas et vils pour s'avancer ou pour nuire aux autres. Ce reptile vous a sifflé que j'étais là pour trahir vos secrets? beaumarch. Mère coupable, m, 9. Il Dans le langage zoologique, animaux vertébrés, ovipares, à sang froid, à poumon vésiculeux, pourvus d'un cœur à une ou deux oreillettes, mais toujours à un seul ventricule, divisés en quatre ordres très-distincts : i' les chéloniens, ex. : les tortues; 2° les sauriens, ex. : les lézards; 3° les ophidiens, ex. : les serpents ; 4» les batraciens, ex. : la grenouille. C'est là [dans le calcaire] que la classe des reptiles prend tout son développement et déploie des formes variées et des tailles gigantesques, cuvieb. Rivolut. p. 297.

— CTYM. Lat. reptilis, de reptum, supin de r«pere, ramper. Curtius considère repo comme égal à irepo, métatbèsa de serpo, ramper (comparez BERPts) ; en pareil cas, le laiin laisse tomber 1'/.

t RKPTILIVORE (rè-pti-li-vo-r"), adj. Terme de zoologie. Oui vit de reptiles.

— ÉTYM. Reptile, et lat. vorare, manger (voy. vohace).

REPU, UE (re-pu, pue), part, passé de repaître. Qui a satisfait sa faim. Eux repus, tout s'endort, lei petits et la mère, la font. Fabl. iv, 22. Le lion, qui, dès qu'il est repu, ne fait de mal à personne, buff. Quadrup. t. m, p. 321. j| Fig. Quia satisfait sa convoitise d'argent ou de places. Avant que de Paris la gourmande cohue Payât de ses dîners sa muse bien repue, rivarol, le Chou et le Navet, dans LA harpe, Corresp. t. iv, p. 3. Les rédacteurs sont gens connus ....incapables de feindre ou d'avoir d'autres vues que leur propre intérêt.... et croyant qu'eux repus, tout le monde a dîné, P. L. COUR. Caî. du village, n' 4. || Substintivemcnt. Quand les repus du centre ont quitte leurs serviettes, BARTHELEMY, Némésis, diins legoabant.

REPUBLICAIN, AINE (ré-pu-bli-kin, kc-n'), adj Il 1" Qui appartient à la république. Le gouvernement républicain est celui où le peuple en corps, ou seulement une partie du peuple, a la souveraine puissance, montesq. Esp. 11, 4. C'estdans le gouvernement républicain que l'on a besoin de toute la puissance de l'éducation, id. ib. iv, 5. || Les armées, les troupes républicaines s'est dit des armées, des troupes de la première république française. || L'ère républicaine, la manière de compter les années à partir du 22 septembre 1792, et de diviser l'année en mois égaux avec jourscomplémentaires. Un beau jour, citoyens! la république est née ; Salut, vingtdeux septembre, immortelle journée! Puisse se prolonger dans l'avenir lointain L'ère républicaine, ouverte ce matin! ponsabd, Charlotte Corday, 1, l. Il 2° Qui affectionne le gouvernement républicain. Âme républicaine. || Esprit républicain , goilt de liberté, qui donne de l'aversion pour l'autorité suprême, lorsqu'elle est entre les mains d'un seul mnltre. L'esprit républicain a été le partage de tous les peuples du Nord dans l'ancien monde et dans le nouveau, volt. Mœurs, i5l. Ce prétendu esprit républicain [dans l'Académie française], suivant la réflexion de l'abbé de Dangeau, était un grand et terrible mot employé bien gratuitement contre des confrères très-paisibles et très-modérés, d'alemb. Éloges, Dangeau. || S" S. m. et f. Celui, celle qui habite une république. Notre maxime de faire aimer nos principaux acteurs n'était pas de l'usage des anciens; et ces républicains avaient une si forte haine des rois, qu'ils voyaient avec plaisir des crimes dans les plus innocents de leur race, cors. Disc, tragédie. Un républicain est toujours plus attaché à sa patrie qu'un sujet à la sienne, par la raison qu'on aime mieux son bien que celui de son maître, VOLT. Pol. et lég. Pens. admin. 13. C'est ainsi de tout temps qu'au gré de leurs caprices D'ingrats républicains ont payé les services, Ducis, Othello, l, 6. Il 4° Celui qui est passionné pour le gouvernement républicain. [A Londres] Il y a trois partis, celui du roi et des évêquesfort petit, celui du prince d'Orange fort grand, et le troisième des républicains et nonconformistes, SÉV. 613. Républicain farouche, où vas-tu t'emporter? N'as-tu voulu me voir que pour mieux m'insulter? volt. Jfbr( de César, m, 4. Tout vrai républicain suça avec le lait de sa mère l'amour de sa patrie, c'est-à-dire des lois et de la liberté, 1. 3. Rouss. Gouv. de Polog. ch. 4. Il appartenait à la classe des républicains austères qui veulent mettre la société au régime du brouet noir, hkyu. Jérôme Palurot, m, 2.116" Nom qu'on a donné â des oiseaux de l'ordre des passereaux, trouvés en Afrique.

— ÉTYM. République.

t RÉPUBLICAINKMENT (ré-pu-bli-kè-ne-man), adv. D'une manière républicaine. Le chef militaire unique d'une nation constituée républicaincment, FR. LENORMANT, Manuel d'histoire ancienne de l'Orient, ch. IX, S 7, n' 2.

t RÉPUBLICANISER (ré-pu-bli-ka-ni-zé), v. a. Rendre républicain ; ériger en république. || Donner à quelque chose le caractère républicain. Cet ordre de choses ne peut pas subsister sous le régime républicain; nous ne devons pas laisser la dette nationale reposer sur des titres consentis au nom des rois.... il est temps de républicaniser la dette. Rapport de Cambon, 14 août 1793, p. 62. Par cette opération vous séparerez le passé de l'avenir.... vous retirerez le titre royal, vous républicaniserez cette partie de la dette, comme vous avez fait pour la dette con-

RÉP

RÉP

REP

ïolidée, Décret au as floréal, rapport de Camion,

— ÉTYM. népublicain.

RÉPUBLICANISME (ré-pu-bli-ka-ni-sm"), s. m.

H !• Qualité, sentiment de républicain. Le républitanisme est une plante vivace, babœuf, Pièces, i, < 19. Il a° AlTectation d'opinion républicaine.

— f.TYM. JfépuUicaniser.

t REPUBLIER (re-pu-bli-é), t). a. Il se conjugue comme publier. Publier de nouveau. Republier un ouvrage.

— lilST. XV* s. Et quant ilz ouyrent que les heraulx republioient la feste.... Perceforest, t. v, f° 8.

RÉPUBLIQUE (ré-pu-bli-k'), s. f. || f Chose publique, et, en général, toute espèce de gouvernement. Allons, vieillard, et sans réplique ; 11 n'importe à la république Que tul'asses ton testament, LA FONT. Fabl. VIII, 4. L'autre, afin de monter aux grandes dignités, Dans les emplois de Mars servant la république, ID. ib. xi, 8. Les unes [filles de Mme de Guilaut] sont destinées à faire d'bonncles femmes, et à peupler la république ; les autres, à faire une communauté à force de voiles blancs et noirs, sév. d Urne de Guitaut, *o mars <693. La tendresse pour son époux s'accorJait en elle avec les soins pour la république, fléch. Mme de Mont. A-t-on vu quelquefois, dans la plaine d'Afrique, Déchirant à l'envi leur propre république, Lions contre lions, parents contre parents. Combattre follement pour le chûixdes tyrans? boil. Sat. viii. Vous semblez croire.... que l'Évangile ne propose que des maximes futiestes à la république, mass. Carême, Salut. J'appelle république tout État régi par les lois, sous quelque forme d'administration que ce puisse être ; car alors l'intérêt public gouverne, et la chose publique est quelque chose, J. J. nouss. Conlr. soc. Il, 6. || Fig. Car si le soleil se pique. Il le leur fera sentir; La république aquatique [les grenouilles] Pourrait bien s'en repentir, la font. Fabl. XII, 24. Il i° Particulièrement. Gouvernement de plusieurs; état gouverné par plusieurs. Le peuple fit de grandes clameurs; nous entendîmes même quelques voix qui criaient république, betz, Mém. t. I, liv. II, p. 457, dans pougens. C'est chose ré- «olue au conseil que l'on enverra un ambassadeur en Angleterre, qui reconnaîtra la république de M. Olivier Cromwell, gui patin, Lett. t. ii, p. <I6. 11 [Pascal] disait que, dans un État établi en république comme Venise, c'était un grand mal de contribuer à y mettre un roi, et opprimer la liberté des peuples à qui Dieu l'a donnée, M'"' périeb. Vie de Pascal. Une affaire qui assemble dans une ville les plénipotentiaires ou les agents des couronnes et des républiques, la bruy. x. Lorsque, dans la république, le peuple en corps a la souveraine puissance, c'est une démocratie; lorsque la souveraine puissance est entre les mains d'une partie du peuple, cela s'appelle une aristocratie, montesq. Esp. II, 2. Il y avait dans la Grèce deux sortes de républiques : les unes étaient militaires, comme Lacédémone; d'autres étaient commerçantes, comme Athènes, id. ib. v, 6. République fédérative : cette forme de gouvernement est une convention par laquelle plusieurs corps politiques consentent à devenir citoyens d'un Etat plus grand qu'ils veulent former; c'est une société de sociétés, id. ib. ix, i. Tels sont les principes des trois gouvernements [vertu dans la république, honneur dans la monarchie, crainte dans le despotisme!; ce qui ne signifie pas que, dans une certaine république, on soitvertueux, mais qu'on devrait l'être, id. ib. m, M. Une république n'est point fondée sur la vertu; elle l'est sur l'ambition de chaque citoyen, qui contient l'ambition des autres, volt. Pol. et lég. Pensées surl'adm. 25. J'ai pris goût à la république. Depuis que j'ai vu tant de rois, débanc. République. \\ La république du monde, la république romaine. Non loin de ce Rubicon on voit aujourd'hui la république de Saint- Marin, comme si ce dernier faible vestige de la liberté devait subsister à côte des lieux oil la république du monde a été détruite, stael, Corinne, xv, «. Il Fig. Le sépulcre, république de parfaite égalité, où l'on n'entre point sans ôter son casque ou sa couronne, pour passer par la porte abaissée du tombeau, ciiateaubr. Génie, iv, i, < 2. || République, absolument, signifie, suivant le sens de la phrase, la république romaine ou la république française ou toule autre république. Eucrato, me dit-il, je n'eus jamais cet amour dominant pour la patrie dont nous trouvons tant d'exemples dans les premiers temps de la république, montesq. Sylla et Eucrate. Qui nousrendra, dit cet homme héroïque. Aux bords du Rhin, & Jemmape, à Fleurus, Ces paysans, fils de la

république, Sur la frontière à sa voix accourus? BÉRANG. Vieux sergent. || République mère, s'est dit de la république française, par rapport aux républiques établies sous ses auspices. |l République de Platon, ouvrage dans lequel est contenue sa politique. Il 3° Par analogie, la république chrétienne, l'ensemble des États chrétiens; la république européenne, l'ensemble des États européens, considérés comme s'ils faisaient une fédération. Deux lois [l'amour de Dieu et celui du prochain] suffisent pour régler toute la république chrétienne, mieux que toutes les lois politii|ues, pasc. Pens. xxiv, (5, édit. havet. La république chrétienne, et même judaique, n'a eu que Dieu pour maître, id. ib. xxv, (05. J'ai toujours considéré l'Europe chrétienne comme une grande république dont toutes les parti es se correspondent, lors même qu'elles cherchent mutuellement àse détruire, volt. Hist. de la guerre de <74i, ('• part. ch. 1. Je ne voudrais, pour prouver que le projet de la république chrétienne n'est pas chimérique, que nommer son premier auteur; car assurément HenrilV n'était pas fou, ni Sully visionnaire, J. J.ROUSS. Paixperp. \\ En un sens analogue. Toutes les nations de la terre ne sont que les différentes familles d'une république dont Dieu est le père commun, fén. t.ixii, p. 3I5. || République universelle, fédération républicaine des peuples, que beaucoup regardent comme un des résultats futurs du progrès politique, ô République universelle. Tu n'es encor que l'étincelle. Demain tu seras le soleil, v. HUGO, Lux. Il 4° La république dxs lettres, les gens de lettres en général considérés comme s'ils faisaient une nation. Je ne suis point un membre inutile dans la république des lettres, montesq. Lett. pers. ta. On a vu une république littéraire établie insensiblement dans l'Europe, malgré les guerres et malgré les religions différentes, volt. Louis XIV, 34. L'auteur de Cinna aux pieds d'un financier! ô pauvre république des lettres! qu'étiezvous donc alors? d'alemb. Éloges, Malet. Voyant à Madrid que la république des lettres était celle des loups, toujours armés les uns contre les autres, BEAUMARCH. Barb. de Sév. i, 2. Voyez ce que c'est , et la différence qu'on fait du gentilhomme au roturier dans le pays même de l'égalité, dans la république des lettres, p. l. cocb. Lett. à MM. de l'Académie. || Par analogie. Je vois avec plaisir qu'il se forme dans l'Europe une république immense d'esprits cultivés, volt. IMt. Gallitiin, t* août (767. Vous êtes Anglais, mon cher ami, et je suis né en France ; mais ceux qui aiment les arts sont tous concitoyens ; les honnêtes gens qui pensent ont à peu près les mêmes principes, et ne composent qu'une république, id. Zaïre, Ép. déd. à Falkener. || Nouvelles de la république des lettres, ou, simplement, la République des lettres, recueil qui paraissait en Hollande et où l'on parlait des livres qui se publiaient. || La république des lettres, l'ensemble des œuvres littéraires. Notre incomparable Saumaise.... qui ne trouva jamais de lieu difficile, en quelque part de la république des lettres qu'il ait mis le pied, balz. le Barbon. \\ B" C'est une république, c'est une petite république, se dit d'une famille, d'une communauté nombreuse, ou d'une maison où il y a beaucoup d'habitants. C'est une république, c'est un monde que votre château ; je n'y ai jamais vu celte foule, sÉv. 29 sept. <680.

— SYN. RÉPUBLIQUE, DÉMOCRATIE. République est la chose publique, et n'implique la forme du gouvernement que par un sens particulier. Aussi les empereurs romains avaient-ils conservé le nom de république, et les premières pièces frappées en )801 portaient d'un côté République française, et de l'autre Napoléon empereur. Démocratie, au contraire, exprime que c'est le peuple entier qui a le gouvernement ou qui le confère à des magistraU do son choix élus pour un temps assez court. Les Etats-Unis sont une démocratie. La démocratie est l'opposé de l'aristocratie ou république aristocratique. C'est donc prendre démocratie en un faux sens que de dire, comme on fait tous les jours, que la France est une démocratie. X la vérité on entend par là un état social où les inégalités nobiliaires sont très-effacées; mais ce n'est là qu'une petite partie de la démocratie.

— HIST. XV' s. Ostcz la seigneurie à vostre roy, et tuez Boucicaut et tous ses François, et vivez en republique comme nous, et soyons tous unis comme frères.... Boucic. m, 8. || xvi's. Chacun doit penser à la republique comme à chose où il va de son interest, h. est. Précell. p. 8t. Le plus entendu de touts n'eust pas quitté son escuelle de soupe, pour recouvrer la liberté de la lepublique de Platon, LA BOÉTiE, Servitude volontaire.

— ÉTYM. Lat. respublica, de res, chose (voj. RiEN),et pubKcus, public.

t RÉPUDIABLE (ré-pu-di-a-W), adj. Qui peut être, qui doit être répudié.

— HIST. xvi* s. Repudiable, cotgrave.

RÉPUDIATION (ré-pu-di-a-sion ; en vers, de six

syllabes), s. f. || 1° Action de répudier. Répudiation de succession. || 2° Action de renvoyer légalement une épouse. Selon le témoignage de ce grave auteur [Castelnau], la répudiation [de Catherine d'Aragon par Henri VIII] fut improuvée non-seulement en Allemagne, mais encore à Genève même, boss. Déf. Var. i" dise. 60. Il y a cette différence entre le divorce et la répudiation, que le divorce se fait par un consentement mutuel à l'occasion d'une incompatibilité mutuelle, au lieu que la répudiation se fait par la volonté et pour l'avantage d'une des deux parties, indépendamment de la volonté et de l'avantage de l'autre, montesq. Esp. xvi, *b. La répudiation, une fois admise, devrait être permise aux femmes comme aux hommes, d'alemb. Avert. Esp, des lois, Œuv, t. vi, p. 3(3.

— HIST. XV* s. En outre, à Moïse fut donné le libelle de répudiation ou refus de mariage, lequel maintenant est défendu, monstrel. i, 47.

— ÉTYM. Lat. repudiationcm, de repudiire, répudier. Au XV* siècle on disait aussi répudie.

RÉPUDIÉ, ÉE (ré-pu-di-é, ée), part, passé de répudier. ||1° Rejeté, repoussé. Une doctrine répudiée généralement. || 2* Renvoyée, en parlant d'une épouse. D'un divorce odieux j'attends l'infAme écrit. Je suis répudiée, et c'est moi qu'on proscrit, volt. Triumv. i, t. \\ Substantivement. Une répudiée a mérité !e choix I corn. Sertor. iv, 2.

t RÊPUDIEMENT (ré-pu-di-man), *. m. Action de répudier.

— HIST. XV* s. Après ce repudiement, Lui depria très humblement Qu'à femme vuulsist [il voulût] sa suer [sœur] prendre, e. desch. Poésies mss. ^ 605.

— f.TYM. Uépudier; USil.ripudiamento.

RÉPUDIER (ré-pu-di-é), je répudiais, nous répudiions, vous répudiiez; que je répudie, que nous répudiions, que vous répudiiez, v. a. || 1* Rejeter, repousser, ne vouloir pas de. Et j'ai vu leur honneur croître de la moitié. Quand ils ont des deux camps refusé la pitié.... Si leur haute vertu ne l'eût répudiée, Ma main..., corn. Hor. m, 5. La nation chérie a violé sa foi; Elle a répudié son époux et son père. Pour rendre à d'autres dieux un honneur adultère, rac. Esth. i, 4. || Terme de jurisprudence. Répudier une succession, un legs, renoncer à une succession, à un legs. Le tuteur ne pourra accepter ni répudier une succession échue au mineur, sans une autorisation préalable du conseil de famille, Code Nap. art. 46i. |i 2° Renvoyer sa femme suivant les formes légales. 11 [le pontife] n'épousera point une veuve, ou une femme qui ait été répudiée, saci, Bible, Lévit. XXI, t4. Louis le Jeune répudia Léonor d'Aquitaine ; six semaines après, elle épousa Henri duc de Normandie.... à qui elle porta en dot le Poitou et toute la Guyenne jusqu'aux Pyrénées, saint-foix, Ess. Paris, Œuv. t. v, p. 229, dans POUGENS. Il [Charlemagne] répudie sa femme, fille de Didier, pour se venger de l'asile que le roi lombard donnait à la veuve de Carloman, son frère, VOLT. .Ann. Emp. Charlemagne, 772. || Absolument. C'est une règle générale, que, dans tous les pays où la loi accorde aux hommes la faculté de répudier, elle doit aussi l'accorder aux femmes, montesq. Esp. XVI, ( 5. Il Fig. Le Seigneur dit ces choses : Quel est ce libelle de divorce par lequel j'ai répudié la synagogue? pasc. xxv, m, édit. iiavet.

— HIST. xm* s. Cornent li rois Loeys prit à feme la ducoiso Elienor, puis la répudia pour espouser Aelis de Champaigne, Chr. de ltains,i. \\ xv* s. Tout premièrement se veulent aventurer, et jà ont requis au roy et prié qu'ils ayent la première bataille, et le roy les en a répudiés, fkoiss. liv. m, p. 58, dans lacubne. ||xvi* s. Vont, devers le seigneur haut justicier ou sa justice, répudier la succession desdits trépassez et y renoncer, Coust. gén. t. i, p. 681. Nos anciens auteurs ecclésiastiques font avecques honneur mention d'une femme qui répudia son mari.... mont, i, 227.

— ÉTYM. Lat. repudiare , dénominatif de repudium, qui vient de re, et pudere, avoir honte.

t RÉPUDIEUR (ré-pu-di-eur), s. m. Celui qui répudie.

— HIST. XVI* s. Repudieur, cotgrave.

— ÉTYM. Lat. repiidiatorem, de repudiare, répudier.

t REPUE (re-pue), s. f. Action de repaître, de faire repaître. Si quelque saumon ou barbue

RÊP

N'en a point fait une repue [d'un noyé],scARR. Virg. 1. Pendant cette repue des chevaux, le silence avait été profond et non interrompu, st-sim. 382, tflO. Il Repua franche, repas qui ne coûte rien.

— IlIST. XV* S. Vous (iiii cerchez les repues franches. Tant jours ouvriers que dimanches, villon, llepues franches. Dans ladite ville furent ce jour faites en quantité d'endroits plusieurs repues franches, où il fut abondamment donné à manger et à boire à tous passans et repassans, pierre desrey, Voy. de Charles VUl à Naples, p. 1 88, dans lacurnk.

— ETVM. Repu.

IlÉPUGNANCE (ré-pu-gnan-s'), s. f. || 1» Sorte d'aversion pour quelqu'un, pour quelque chose, pour faire quelque chose. Je n'ai pour Aristie aucune répugnance, corn. Serlor. i, 2. Que j'ai de répugnance à cette lâcheté! rotr. VenccU. i, 2. 11 est certain que les Romains, quoiqu'ils aient condamné Jésus-Christ, ne lui ont jamais reproché aucun crime particulier; aussi Pilate le condamnat-il avec répugnance, boss. Hist. u, fi. Les princes alliés eurent d'abord quelque répugnance à mettre Polydamas dans la royauté, fén. Tél. xxi. L'élévation a ses assujettissements et ses inquiétudes; ....la piété elle-même, ses répugnances et ses dégoûts, MASS. Àvent, Afftict. Ces résolutions qui vous retrouvent toujours infidèle.... ces devoirs auxquels votre cœur offre toujours la même répugnance, ID. Carême, Prière. Il m'a paru parles expériences que j'ai faites sur le mélange du chien avec le loup et avec le renard, que la répugnance à l'accouplement venait du loup et du renard plutôt que du chien, c'est-à-dire de l'animal sauvage et non pas de l'animal domestique, buff. Quadrup. t. vu, p. 248. 11 [l'ouvrage de Monllosier] remua fortement les esprits par les répugnances qu'il soulevait , AUG. THIERRY, Consid. sur l'hist. de France, iv. Je ne puis approuver votre répugnance four ce genre de gouvernement qu'on a nommé représentatif, et que j'appelle, moi, récréatif..., P. L. cour. Pièce diplomatique. \\ i° Contradiction logique, impossibilité. Ce que vous dites touchant le progrès à l'infini, à savoir qu'il n'y a point de répugnance qu'il y ait un tel progrès.... desc. Rép. aux 5" object. 37. Ne devez-vous pas rougir d'appuyer une passion qui n'est qu'erreur, que faiblesseset qu'emportement, et dont touslesdésord resont tantderépugnanceavec la gloire de notre sexe? mol. Princ. d'El. li, i. Montaigne est incomparable.... pour convaincre si bien la raison de son peu de lumière et de ses égarements, qu'il est difficile, quand on fait un bon usage de ses principes, d'être tenté de trouver des répugnances dans les mystères, pasc. Entret. avec U. de Saci. Vous y verriez une répugnance et une contradiction si grossière, que vous auriez peine à me croire, ID. Prov. i.

— lllST. xiv s. Le clerc respont que, sans aucune répugnance [contradiction], une mesme personne peut exercer la jurisdicion espirituelle et temporelle aussi, te Songe du Vcrgier, u, 60. Il xvi* s. Et voyant que la raison fait répugnance à leur nature impétueuse, ils s'appuyent sur U force, LANGUE, 82. Ils Viennent à la fin à les porter au col [les serpents], combien que ce soit chose à quoy nature mesme fait quelque répugnance, m. (37. On pourroit penser qu'entre saint Augustin et nous il y oust quelque répugnance [divergence], calv. Inslit. 467.

— ÊTVM. Prov. et espag. repugnancia ; ital. repugnanxa; du lat. repugnaritia, de repugnare, répugner.

RÉPUGNANT, ANTE (ré-pu-gnan, gnan-t'), adj. Il 1" Contraire, opposé. Choses qui sont répugnantes à la raison, DESC. Diopt. i. || 2" Mal disposé. S'ils s'y trouvent répugnants [à aimer Dieu], s'ils n'y ont aucune pente, pasc. Syst. des philos. (3, éd. fau- GÉRE. Il 3° Qui implique contradiction. Il y a un grand nombre de vérités et de foi et de morale, qui semblent répugnantes, et qui subsistent toutes dans un ordre admirable, pasc. Pens. xxiv, (2, éd. iiavet. Il 4' Qui blesse, repousse les sens. Une odeur répugnante. Cette viande est répugnante. Sa saveur [du cuivre], plus que répugnante au goût, annonce ses qualités funestes, buff. Uin. t. v, p. 03.

— HIST. XVI' s. Les nouveaux advis engendrent nouvelles affections et voluntez discordantes et répugnantes bien souvent aux loix, a.myot, Lyc. 57. PanurgR se complainct de telles répugnantes et contradictoires responses, ra3. Pant. m, 35. U est certain que l'esprit n'est pas répugnant à soy [en contradiction] : quelle sera donc la concorde? CALV. Inst. «42,

BfiPUGNER (ré-pu-gné), v. n. || 1» Être plus ou

RÊP

moins opposé, contraire, avec un nom de chose pour sujet. Il n'y a donc rien qui répugne à leur donner une reine, corn. Sertor. Au lecteitr. M. Caritidcs : Monsieur, le temps répugne à l'honneur de vous voir, mol. Fâcheux, m, 2. J'entends une voix qui dit : Il faut marcher malgré vous ; ou bien, si vous ne voulez pas, il faut mourir, qui est une autre extrémité où la nature répugne, SÉV. 602. La justice divine, qui semble dormir et oublier les pécheurs, leur répugnant, pour ainsi dire, de toute elle-même, boss. Sermons, Nécess. de la pénit. 2. Les uns ont prétendu que cette éternité de supplice pour un péché, quelque énorme qu'il puisse être, répugnait à la bonté de Dieu, bodbdal. Serm. pour le 4 9» Dim. après la Pentec. Sur l'étemilé malheureuse. J'ai dit que l'établissement d'une partie publique répugnait à l'usage du combat judiciaire, montesq. Êsp. xxviii , 30. || Absolument. Cela répugne, cela se contredit. Dieu étant le souverain être , il est aussi nécessairement le souverain bien et la souveraine vérité, et, partant, il répugne que quelque chose vienne de lui qui tende positivement à la fausseté, desc. Rép. aux secondes object. 28. || 2° Avoir de la répugnance, avec un nom de personne pour sujet. Mais combien mon esprit répugne à ce devoir! rotr. Hercule mour. v, 2. Je répugne à l'apprendre [le secret], et m'instruis à regret, m. Bélis. iv, 8. Geronimo : Vous ferez bien de vous marier. — Sganarelle : J'y ai répugné autrefois ; mais j'ai maintenant de puissantes raisons pour cela, mol. ilar. forcé , 2. Je répugne à donner à cet oiseau étranger le nom de choucas.... buffon. Oiseaux, t. v, p. H 5. Mon âme a, quelques jours, animé de sa vie Un peu de cette fange à ces sillons ravie, Qui répugnait à vivre et tendait à la mort, lamart. Harm. iv, n.||3° Inspirer de la répugnance. Cet homme me répugne. Notre premier aliment est le lait ; nous ne nous accoutumons que par degrés aux saveurs fortes ; d'abord elles nous répugnent, J. J. Rouss. Ém. II. Il Absolument. Cela répugne. || Impersonnellement. Il me répugne de vous entretenir d'un pareil sujet. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— HIST. xiv s. Pour ce que plus fort est de résister à elles [aux passions] et obvier ou répugner, et de nous en relraire par vertu, orf.sme, Eth. 63. || xvi" s. ....Mais je vueil qu'on répugne [se défende] Par juste guerre, en soustenant le droict.... j. marot, v, 235. Je m'esbahy s'il y a aucun qui ignore, que le vice ne soit une inégalité et une discordance de meurs qui se répugnent â soy-mesme, amyot, Cross, et Nicias, 2. U n'avoit point de nature celle gracieuseté de doulceur attrayante, et son naturel y repugiioit, id. Dion, 66. Quand donques ils tienent quelcun qui répugne à leurs opinions, lanoue,

10) Ce qui ne répugne rien à ce qui a esté

n'agueres dit, calv. Instit. 48. En cela je suis contraint de leur répugner [contredire], id. ib. 667.

— ÉTYM. Prov. et espagn. repugnar ; ital. repugnare; du lat. re, et pugnare, combattre.

t RÉPULLULATION (ré-pul-lu-la-sion), s. f. État de ce qui n'pullule. La répuUulation d'un cancer.

RÉPULLULER (ré-pul-lu-lé), v. n. Renaître en grande quantité. On a beau arracher les mauvaises herbes ; il y en a toujours qui rcpullulent. Ces erreurs ont répullulé. Il II se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— HIST. XVI' s. Elle [une tumeur] repulluloit, combien que je l'eus^-e cautérisée, paré, vi, 4. si tu permets, César, repulluler de moi Un si meschant reject, chacun dira de toy.... du bellay, m, 73, recto.

— ÉTYM. Lat. repullulare, de re, et pullulare, pulluler.

RÉPULSIF, IVE (ré-pul-sif, si-v') , adj. Terme de physique. Qui repousse. La force répulsive qu'indique l'électromctre, Saussure, Yoy. Alpes, t. m, p. 300, dans pougens. || Force répulsive, force moléculaire antagoniste de la cohésion, qui empêche le contact immédiat des molécules des corps; on l'attribue au calorique latent. Tout porte à croire que, dans l'état gazeux, non-seulement l'influence de la figure des molécules, mais encore celle de leurs forces attractives est insensible par rapport à la force répulsive de la chaleur, laplace, Èxp. IV, 17. Il Réfraction répulsive, se dit de la double réfraction, quand le rayon extraordinaire s'écarte plus de l'axe que le rayon ordinaire. || Fig. Des manières répulsives. Une figure répulsive.

— ÉTYM Voy. RÉPULSION.

RÉPULSION (ré-pulsion ; envers, de quatre syllabes), s. f. Il 1° Force on vertu de laquelle les corps ou les molécules de certains corps se repoussent

REP

mutuellement; effet qui résulte de la mise en acti vite de cette force. L'attraction et la répulsion. Les physiciens modernes ont démontré que cette attraction et cette répulsion entre deux aimants sont égales , et que la plus forte attraction se fait lorsqu'on présente directement les pôles de différents noms, BUFF. Min. t. ix, p. U3. ||a' Fig. Sentiment qui fait qu'on repousse quelqu'un. Bientôt la jeune fille passa de la froideur à l'éloignement, et do l'éloignement à une répulsion invincible, en. de Bernard, un Homme sérieux, § iv.

— HIST. XVI' 8. Afin de pourvoir à la repulsion

du Turc, u. DU BELL. )88.

— ÉTYM. Lat, repulsionem, de repulsum, supin de repellere, de re, et pellere, chasser.

t RËPURGER (re-pur-jé), v. a. Il se conjugue comme purger. Nettoyer de nouveau. Ce grand démon qui se déplaît D'être profané comme il est, Par eux veut repurger son temple, maih. vi, «o. Il Purger de nouveau. On parle de le repurger, et peu après ils aviseront de lui faire prendre du lait d'ânesse, gui patin, Lett. t. ii, p. 466.

— HIST. XVI' s. Au jour que tu viendras en ta majesté sainte. Pour juger ce grand tout, qui frémira de crainte. Le repurger de neuf par tes feux allumez, desportes, Œuv. chresl. Paraphrase du Libéra me. U fault ropurger et nettoyer la franchise de parler de toute parole injurieuse, amyot, Comm. discerner le flatteur de l'ami, 47. Repurger les mauvaises humeurs de ce roiaume, d'aub. Hist. n, 245.

RÉPUTATION (ré-pu-ta-sion ; en vers, de cinq syllabes), s. f. Il l'Opinion que le public a d'une personne. Il [un calomniateur] blâme avec des éloges, et non pas avec des invectives ; en apparence il rend témoignage au grand mérite, et en effet il donne [au prince] des soupçons de la grande réputation, balz. De la cour, 5' dise. Il fait combattre fable contre fable.... pour perdre de réputation celte bonne et vertueuse princesse, m. le Barbon. Quelque honte que nous ayons méritée, il est presque toujours en notre pouvoir de rétablir notre réputation, la ho- CHEFOUC. Maxime 4)2. La bonne réputation vaut mieux que les grandes richesses, SACi, Bible, Prov. de Salom. xxii, ). Afin de se maintenir en bonne réputation auprès de son confesseur ordinaire, PASC. Prov. X. X quoi songez-vous, mes pèriis, de témoigner ainsi publiquement que vous ne mesurez la foi et la réputation des hommes que par les sentiments qu'ils ont pour votre société? lu. ib. xv. Je trouve la réputation des hommes (à l'égard du courage] bien plus délicate et blonde que celle des femmes, sbv. 28 juillet )677. Henriette, digne fille de saint Louis, y animait [dans la chapelle royale] tout le monde par son exemple, et y soutenait l'ancienne réputation de la très-chrétienne maison de France, boss. Reine d'Anglet. Peut-être que, prêt b mourir, on comptera pour quelque chose cette vi" de réputation, ou cette imagination de revivre dans sa famille qu'on croira laisser solidement établie. id. le Tellier. Je suis perdu : ma réputation est blessée, ma fortune est ruinée, id. la Valliére. Cet éclat d'une réputation saine et heureusement établie est comme la glace d'un miroir, à qui la plus faible haleine Ôte dans un moment tout son lustre, bourdal. Exhort. Faux témoign. rendus contre J. C. t. n, p. )4. La réputation que M. de Lnmoignon s'était acquise dans le parlement et dans le conseil fut sa seule sollicitation auprès des puissances, fléch. Lamoignon. Combien de réputations innocentes sauvat-elle des mauvais bruits qu'allait semer la haine d'un ennemi ou la jalousie d'un concurrent ! id. Dauphine. Tout le monde s'élève contre un homme qui entre en réputation, la broy. xii. Le combat du ceste fut plus difficile ; le fils d'un riche citoyen de Samos avait acquis une haute réputation dans ce genre de combat, ff.n. Tél. v. Il connaissait le prix, si souvent ignoré ou négligé, d'une réputation nette et entière, et il apportait à se la conserver tout le soin qu'elle mérite, fonten. Dangeau. Que du moins, pour les anciens, leur réputation était faite , et que le mal qu'on dirait d'eux ne leur ferait point tant de tort , id. Jug. de Pluton. Malheur à la réputation de tout prince qui est opprimé par un parti qui devient le dominant 1 MONTKSQ. ilom. i. Je lui faisais [à Marins] une guerre de réputation, plus cruelle cent fois que celle que mes légions faisaient au roi barbare, id. Sylla et Eucrate. Un homme qui néglige sa réputation est indigne d'en avoir; j'en suis jaloux, et vous devez l'être, vous qui êtes mon ami, volt. Lett. Thiriot, 4 oct. )735. Que la réputation des hommes ne leur appartient point après leur mort, qu'il faut peser les esprits et non les hommes... u>. Lett. Uairan,

RÊP

H sept. 4738. Vous (Anglais] avez ici la réputation de n'être ni assez dévots pour vous soucier beaucoup du vieux Lusignan, ni assez tendres pour être touchés de Zaïre , Ép. dédie, à Falkener. Le désir d'occuper une place dans l'opinion des hommes a donné naissance à la réputation, la célébrité et la renommée, ressorts puissants de la société qui partent du même principe, duclos, Consid. mœurs, v. Tel a une réputation dans un lieu, qui dans un autre en a une autre toute diiïérente, id. ib. Le comte : Une réputation détestable I — Figaro : Et si je vaux mieux qu'elle? y a-t-il beaucoup de seigneurs qui puissent en dire autant? beaumabch. ilariage de Figaro, m, b. Les hommes sont encore plus sensibles à la réputation de leur pays hors de leur pays, que sous le toit paternel ; et l'on a vu les émigrés français réclamer leur part des victoires qui semblaient les condamner i un exil éternel, chateaubr. Itin. 3' part. || Ne connaître quelqu'un que de réputation, ne le connaître que par ce qu'on en a entendu dire. Zerbinette : Monsieur , je vous prie de m'excuser ; je n'aurais pas parlé de la sorte, si j'avais su que c'était vous ; et je ne vous connaissais que de réputation. — Géronte : Comment I que de réputation? MOL. Scapin, m, 4i. || 2° Absolument. 11 se prend toujours en bonne part. Qui dispense la réputation ? qui donne le respect et la vénération aux personnes, aux ouvrages, aux lois, atix grands, sin(>n cette faculté imaginante T pasc. Pens. ni , 3, éd. UAVET. Il est temps de rendre la réputation à tant de personnes calomniées, id. Prov. xv. Mme de Coulanges soutint fort bien sa réputation, elle brilla dans toutes ses réponses, sÉv. 4(9. Nous faisons bien ce que nous pouvons pour lui donner de la réputation [à M. Trouvé, comme prédicateur], id. » mai <683. Je vous conjure d'écrire au coadjuteur [d'Arles], qu'il songe à faire réponse sur l'affaire dont lui écrit Monsieur d'Agen.... cela est mal d'être paresseux avec un évêque de réputation, id. Lett. 3 fév. 4 672. Ils [les Romains] gagnaient de proche en proche, soumettant premièrement les royaumes voisins, et se contentant, pour les pays éloignés, de les remplir de leur gloire, et d'y envoyer de loin leur réputation comme l'avant-courrière de leurs victoires, Boss. Polit, x, ii, 46. C'est par de semblables coups dont sa vie est pleine, qu'il a porté si haut sa réputation que.... id. Louis de Bourbon. Quelque honorée qu'ait été Mme la Dauphine, elle a eu moins de réputation que de mérite, FLÉCH. Dauphine. Les beautés de réputation étaient cette comtesse de... Mme de.... hamilt. Gramm. e. Quiconque n'a point avec le temps de réputation chez soi, n'en a jamais ailleurs, volt. Guèbres, Disc. La réputation a toujours été comptée parmi les forces véritables des royaumes, id. Lett. Sehouvalof, 24 juin 4757. Il Au plur. J'aime mieux les bonnes grâces de mon maître, que toutes les réputations delà terre, corn. Lett. à Boisrobert, dans godefroy, Lex. de Corn. 11 faut du temps pour que les réputations mûrissent, volt. Leit. Duchesne, 4" janv. 4701. Tant de petits talents où je n'ai pas de foi; Des réputations on ne sait pas pourquoi, gresset, te Méch. II, 3. Les réputations ne m'en imposent guère; J'examine et je juge....C0LUND'HAHL.Ftet7i. et jeunes gens, ii, 4. || 3° Il se dit des choses qui sont renommées pour excellentes. Les vins de Champagne sont en réputation. Cette bataille [de FleurusJ est une chose de grande conséquence et d'une grande réputation, sÉv. ;utWel 4690.

— iilST. xv* s. Plusieurs périssent par vaine science.... car ilz ont plus aimé et esleu esire de grant nom et réputation que humbles de cueur et de bonne vie, Intemelle cortsolacion, m, 3. || xvi* s. Quelque réputation que vous ayez de vous, qu'il vous souvienne que vostre estât emporte ministère et service, non point seigneurie, calv. Inst. 984. Sa réputation et l'estime que l'on avoit de sa prendhommie, AMYOT, Cross. 13. Et servoit cette réputation [l'idée qu'il avait un secret pour déjouer les conjurations] à tenir ses ennemis en crainte, mont, i, 4 37. Comme moy qui plaidant ma première cau.se, je dis à ces messieurs là beaucoup de choses que je n'entendois pas, ny eux aussy, ce qui m'apporta une belle reputoison, Uoyen de parvenir, p. 350, dans lacurne.

— ÉTYM. Provenç. repuiatio; espagn. repulacion; ital. riputaiione ; du lat. reputationem, compte, et, au sens général, considération, pensée, de reputare (voy. keputer). Remarquez que réputation est un des rares mots en (ton qui ont un sens exclusivement passif.

BÉPUTÉ, ÊE (ré-pu-té, lée), part, passé de réputer. Pour une fille honnête et oléine d'innocence

REQ

Croit-elle en ses valets voir quelque complaisance. Réputés criminels, les voilà tous chassés, boil. Sat. X. Etant d'ime caste réputée infâme dans mon pays,

BERN. DE ST-P. Ck. ind.

RÉPUTER (ré-pu-té), v. a. Estimer, présumer, croire, tenir pour. Il ne faut pas.... réputer pour traître à sa religion celui qui.... bourd. Dominic. m. Zèle pour l'hon. de la rclig. 294. Un artiste, quelque parfait qu'il soit dans son genre, s'il n'a point d'invention, s'il n'est point original, n'est point réputé génie, volt. Dict. phil. Génie. La femme qui s'oblige solidairement avec son mari pour les affaires de la communauté ou du mari, n'est réputée, à l'égard de celui-ci, s'être obligée que comme caution. Code Nap. art. i434.||Seréputer, V. réfl. Croire de soi que.... Pour moi , bien que vaincu, je me répute heureux, corn. Cid, v, 7.

— HIST. xiv* s. Toutes fois se reputoit il mains [moins] grevez de ce dont il travailloit de ses propres mains en temples des diex, bercheure, f° 25, verso. Ce que tu veulx faire et tu ne peus est réputé pour fait, Uénagier, i, 3. Il culdent estre les plus vaillans, et reputent que leurs adversaires ne leur peuvent nuire ne faire avoir à souffrir, oresme, Elh. 88. Car ceulx qui n'i venront, par le corps Jhesu Cris! De traïson seront réputé et repris, Guescl. 4 8252. Il XV* s. Il n'y avoit si vaillant au royaume qui peust faire de si vaillans faicts d'armes qui ne feussent reputez pour néant envers ceux dudict Bertrand de Glisquin, juvén. des urs. Charles YI, 4 380. Ne te réputé pas en rien avoir proffité, se tu ne te reputes le moindre et le plus imparfait de tous les autres, Intern. consol. i, 2. Il XVI' s. Hz reputoient la principale force de leur armée consister en leurs gens depied, amyot, Fab.S. Quand le pécheur se courrouce contre soy mesme en son coeur, s'accuse et se despite contre soy, en reputant sa perversité et ingratitude envers Dieu, calv. Instit. 47a. Le bon succès duquel [voyage] luy devoit estre entièrement repputé [imputé], carl. iv, 4 4.

— f.TYM. Frovenç. et espagn. reputar: ital. riputare; du lat. 'eputare, de re, et putare, penser de nouveau , ei de là penser habituellement (voy. putatif) .

REQUÉRABLE (re-ké-ra-bl'), adj. Terme de jurisprudence, usité surtout dans les anciennes coutumes. Qui doit être requis par le créancier) en personne, par opposition à portable, qui se disait de ce qui doit lui être porté en un lieu désigné sans qu'il le demande.

— mST. XVI' s. Toutes rentes sont requerables [on les doit aller chercher chez le redevable], s'il n'est autrement convenu, loysel, 625. Le cens n'est requerable, ains rendable et portable, id. 63 i.

— ETYM. Requérir.

REQUÉRANT, ANTE (re-ké-ran, ran-t'), adj. Il 1° Terme de procédure. Qui requiert, qui demande en justice. Les parties requérantes. || Substantivement. Le requérant, la requérante. || 2° Terme de chasse. On dit d'un chien qu'il est requérant, lorsque, tombant à bout de voie, il retourne ou prend ses devants de lui-même, et qu'il fait, sans être aidé, tout ce qu'il faut pour retrouver son animal.

— HIST. xV s. Un chien requérant, cotgrave. REQUÉRIR (re-ké-rir), v. a. Use conjugue comme

acquérir. || 1° Quérir une seconde fois. En ce sens il n'est usité qu'à l'infinitif. Allez le requérir. Il II se dit simplement pour quérir. Va, va vite requérir mon fils, MOL. Scap. Il, 4 1. Il 2* Prier de quelque chose. Le duc, pour récompense, a requis cette grâce, rotr. Yencesl. v, 9. Une belle me voit, je suis requis d'amour, regnard, Démocr. ii, 8. Après la messe, on venait souvent le requérir de quelque bon office, bern. de st-p. Paul et Virg. Il Plus souvent, sommer. Je vous prie, et, au besoin, je vous requiers de faire telle chose. Le roi George écrit incontinent en Hollande; il requiert que, suivant les traités qui lient l'Angleterre et les états généraux à leur sûreté commune, le baron de Gortz soit arrêté, volt. Rtissie, ii, 8. || 3° Réclamer. Requérir la force publique. Requérir n'est pas seulement demander, mais demander en vertu d'un droit qu'on a d'obtenir , i. J. Rouss. Lett. de la Mo7Uagne, 7, note 47. || 4' Terme de palais. Demander en justice. Soit fait ainsi qu'il est requis. Requérir l'application de la loi. Le procureur général Bourdin requit qu'on donnât la même somme [cinquante mille écus] à quiconque l'assassinerait [l'amiral de Coligny], et que, quand même l'assassin serait coupable de lèse-majesté, on lui promît sa grâce, VOLT. Uist. pari, xxviu. Quatre conseillers le pressaient [l'avocat général Séguier] continuelle-

REQ

ment de requérir qu'on brûlât l'Histoire du parlement, id. Lett. Mme de Sl-Julien, 22 janv. 4772. Il Absolument. Oui sur ce et requérant le procureur général. Il requiert pour l'empereur. Maître Omer le prendra-t-il sous sa protection [un prêtre qui avait volé]? requerra-t-il en sa faveur? volt. Lett, d'Argental, 34 déc. I760. || Requérir un bénéfice, se (lisait de celui qui se présentait au collateur pour être pourvu d'un bénéfice vacant, sur lequel il avait droit en vertu de ses grades, ou d'un induit, ou du serment de fidélité. |{ 5' Fig. Demander, exiger, avec un nom de chose pour sujet. Selon que le requiert ou l'âge ou la santé, bégnibr, Sat. 11. Il le combla de promesses, autant que la nécessité présente le requérait, vaugel. Q. C. v, 4. Diviser chacunedes difficultés que j'examinerais, en autant 1 de parcelles qu'il se pourrait et qu'il serait requis I pour les mieux résoudre, tiEsc. Méth. 11, s.J'expé-l rimentais qu'elles [les choses extérieures] se pré- ' sentaient sans que mon consentement y fût repuis ID. Médit. VI, 6. La persévérance en la foi est r» quise à salut, boss. For. 4 4.

— REM. L'ancien infinitif était requerre. Il dit! ouvrez; faut-il tant vous requerre? la font. BalU des Augustin!.

— HIST. Il" s. L'uns requiert [attaque] l'altre Ch- de Rot. ccLxxxiv. || xii' s. Biauz sire Diex| conment porrai avoir Vraie merci que tant aur^ requise? Couci, xvii. Il vous a du chevagela co* tume reqise, Sax. xxni. Metez enz vostre espéej jugement ensivez; Tuit vus en requerum.... Th le mart. 84. Pur ço jo, tun serf, ai pris alche, [un peu] de hardement, que jo te requerge e facel ceste ureisun. Rois, 446. || xiii' s. Là requistrent le raarchis Boniface qu'il preist la crois, villeh. xxvii. Sire, un don [je] vous requier à ceste mainée, Berte , xvi. Courant par la forest et requérant sa gent, 16. ex. Et prisent [prirent] un jour entr'aus, que Salehedin venroit devant Acre à tout s'ost, et ne monsteroit [montrerait] mie toute sa gent, et feroit requerre au roi Guion bataille, Ch. de Rains, p. 23. Si [Pieres] requeroit que lidis Jehan ostastse [sa] saizine de son fief, et qu'il i fut prononcié par droit, BEAUMAN. II, 21. Et par cel jugement pot On veir c'en pot bien perdre par delaier à requerre son droit, ID. IX, 7. Nous voulons que il en soient punis en leur biens et en leur persones, se le meffet le requiert, joiNV. 294.||xiv' s. A les entendre, il y convient cognoissance et estude, et à ce est requis lour temps, oresme, Eth. 4 98. {| xv s. Tout à pied et de bonne ordonnance, il s'en vint avec ses gens requerre [attaquer] ses ennemis, qui se tenoient moult serrés, leurs lances retaillées de cinq pieds par devant eux, froiss. i, i, 328. Le roi.... requeroit audit duc Phelippe, que ledit messire.... lui fust envoyé prisonnier, comh. i, 4. Autant estimé et requis de ses voisins que nul prince qui fust en chrestienté, iD. v, 9. || xvi' s. Et quant à moy, qui de ce te requiers. Je te promets n'estre point des derniers X te louer, marot, i, 34 8. Celle gravité, celle froideur et doulceur tempérée par le jugement de bonne doctrine et de raison, qui est nécessairement requise à un gouverneur d'estat politique, amyot, Cor. 20. Il remparea le chasteau , et le prouvent de munitions requises, rab. Garg. 1, 28. Ma vieillesse ne requeroyt doresenavant que repous, ID. ib. Nous ne requérons pas beaucoup de science aux femmes, mont, i, 4 48. Le foie est la partie la plus requise de la beste, 0. de serres, 373 Comme il les faut qucster [les bestes], requérir et donner aux chiens, ID. 904.

— ÉTYM. Wallon, rtftoiri; provenç. requerer, requérir, requerre ; CKia.l.re quirir; espagn. requérir; portug. requerer; ital.ric/iiedere; du lat.regutrerf, de re, etqu.-erere (voy. quérir).

4 . REQUÊTE (re-kê-f), s. f. \\ 1° Terme de jurisprudence. Demande par écrit présentée à qui de droit, et suivantcertaines formes établies. L'université présente sa troisième requête contre votre doctrine, pasc. Prov. xiii. Si M. deGrignan, qui dit qu'on ne peutaimer les longues lettres, avait jamais eu cette pensée quand il recevait les vôtres, je présenterais requête pour vous séparer, sEv. 4(. Je lui disais donc, en me grattant la tête. Que je voulais dormir: Présente ta requête Comme tu veux dormir, m'a-t-il dit gravement, rac. les Plaid, i, 2. Notre ami Drolichon, qui n'est pas une bête, Obtient pour quelque argent un arrêt sur requête, id. Plaid. 1, 7. L'université de Paris présenta requête contre Jeanne d'Arc, volt. Mœurs, 80. Cet empereur [Cam-hi] fut, obligé de consulter les tribunaux, de les solliciter lui-même, et de dresser de sa main la requête des bonzes jésuites, pour leur obtenir la permission

REQ

d'exercer leur religion, id. Dial. S7. || La RequSte des dictionnaires, pièce satirique en vers faite contre l'Académie française et son dictionnaire. La satire de Benseiade, car on no peut guère lui donner d'autre nom, fut comparée dans le temps à la Requête des dictionnaires du savant Ménage, d'alemb. Éloges, Charpent. note ). || Dans les exploits, etc. tel jour, à lu reiguète de telle personne, à la demande de telle personne. || Mettre néant au bas d'une requête, la refuser, y répondre négativement. Ils [les amis de Mme de Grignan, dans un procès] veulent qu'on mette néant sur la requête, qu'on la mette au greffe, et que cela tienne lieu d'un arrêt qui décide tout, sÉv. (6 mars (689. || Familièrement et fig. Néant à la requête, se dit pour exprimer un refus. || On dit aussi : mettre nsant à la requête de quelqu'un. || 2° X la Cour de cassation, section des requêtes, celle qui statue sur l'admission ou le rejet des requêtes en cassation. Il 3° Requête civile, voie extraordinaire, admise dans certains cas déterminés par la loi, pour obtenir qu'un jugement ou un arrêt rendu en dernier ressort soit rétracté. Il me reste un refuge, La requête civile est ouverte pour moi, bac. Plaid. I, 7. || 4" Se dit d'écritures signifiées respectivement par les parlies, dans les instances ordinaires, pour développer leurs moyens et conclusions. |{ 6" Maître de* requêtes, magistrat chargé de rapporter les requêtes au conseil d'Ëlat; c'e.st un grade entre auditeur et conseiller. Il 6° Autrefois, maîtres des requêtes, magistrats qui composaient un tribunal nommé les Requêtes de l'hôtel, et dont l'office était de rapporter les requêtes des particuliers, dans le conseil du roi, présidé par le chancelier. Vous avez bientôt une autre visite dont je vous préviens; c'est celle de M. Turgot, maître des requêtes, plein de philosophie, de lumière et de connaissances, et fort de mes amis, d'alemb. Lett. à Voltaire, 22 sept. 1760. || Les Requêtes de l'hôtel, tribunal où siégeaient les maîtres des requêtes, au Palais. {I Requêtes du palais, juridiction quijugeait, en première instance, les causes de ceux qui avaient un privilège de committimus du petit sceau. || 7° Dans le langage familier, demande verbale, simple prière. Ayez égard à ma requête. Je ne vous ferai point de requête incivile, mair. Sophon. m, 4. Remplis, pour commencer, l'une de ces requêtes, ROTB.Bc'Jt'ï. n, 6. |l 8' Cette chose est de requête, se disait d'une chose rare, difficile à avoir, jj Pâtés de requête, se disait de petits p&tés faits du menu des volailles.

— HlST. xii's. Si alcunsvieiige ta merci depreier, oï sa requeste nonement, Rois, 263. || xiii» s. Par la loi de caste amitié Dit Tulles dans un sien ditié, Que nous devons faire requeste À nos amis, s'ele est honneste; Et lor requeste refaison, S'ele contient droit et raison, la Rose, 4765. S'aucuns semont son home à requeste d'autrui, beaum. 11, 4 4. Et nous autres qui estions entour li, qui avions oies nos messes, allons oïr les plez [plaids] de la porte que en appelle maintenant les requestes, JOiNV. 4 99. || xiv* s. Nostre dit peuple qui très gracieusement nous a aidié et secouru en toutes les requestes que nous li avons fait faire pour la nécessité de nos dittes guerres, Ordonn. des rois, 1. 11, p. 4 9B. || xv' s. Le comte de Foix remercia grandement le roi de la grand'amour que il lui montroit et du don sans requeste que il lui envoyoit, froiss. ii, m, 4t. Monseigneur, pour satisfaire à la requeste qu'il vous a plu me faire, coMM. Prol. Quand je considère ces testes Entassées en ces charniers, Tous furent maistres des requestes, Ou tous de la Chambre aux deniers, villon, Grand testament, CXLIX. || xvi' s. Donner requeste [accorder la chose demandée], rab. Pant. iv, anc. prol. Puis après la salle des Tournelles, préparée pour les dames, masquarades et balets, servit de chappelle ardente au corps du prince [Henri II, blessé mortellement dans le tournois], les arcs et théâtres abbatus, le drap noir de requeste et toutes joies converties en deuil, d'aub. Uist. 1, 85. Filles jeunes sont de requeste [recherchées], yver, p. 644. Encore à certains jours requestes generalles, et spécialement le jour du vendredi saint, où se rapportoient touttes grâces et remissions de tous cas tant criminels que autres, miraulmont , Des cours souv. p. <4o, dans lacurne.

— ETYM. Provenç. requesta; espagn. recuesta; portug. requesta; ital. richiesla; du lat. requisilus, part, passif de requirere (voy. requérir).

t 2. REQUÊTE (re-kê-f), s. f. Terme de chasse. Nouvelle quête, nouvelle chasse qu'onfait d'un cerf, etc. quand on est en défaut, qu'on a perdu les voies et qu'il faut recommencer.

— ÉTYM. Voy. requêter.

4. REQUÊTE, 6e (re-kê-té, tée), part, passé de requétfcr. Un cerf requêté.

DiCT. DE LA LANGUE FRANÇAISE.

Page 1