RIA
RIB
RIC
bonne rhythme faire le bon poème, mont, i, <S9. Or ce qu'ils [les anciens] appeloieiit rhythmes estoient certaines clauses [périodes].... pour cela lis n'enteniloiciit que la fin des clauses fust sujette de tomber en paroles de raesme terminaison ; qui est toutes fols ce que nous appelons aujourd'liuy rhythmes en nostro langue, est. pasquibr, Uecherches, vm, i.
— ÊTYM. Lai. rhythmus, du grec fu9(j.èi;, qui se rattache à [isiv, couler, futur (niato; sanscr. srv.
t RIIYT11M15, ÉE (ri-tmé, tmée), adj. Oui a du rhytbnie.
— iiiST. xiv S. Musique bien rimée, ohesme, Thèse de meunier.
t RUYTllMICIEN (ri-tmi-siin), s. m. Grammairien qui s'occupe de la rhylhmique grecque ou latine.
RHYTUMIQUE (ri-tmirk'), adj. \\ !• Qui tient au rhylhmo, qui en dépend. Harmonie rhythmique. Il Accent rbythmique, voy. tonioue. || Vers rhythmique, vers constitué non d'après la quantité, mais d'après l'accent des syllabes. Le vers français, le vers italien sont des vers rhylhmiques, et, en même temps, mesurés par le nombre des syllabes. Dans la basse latinité, lorsqu'on abandonna le vers métrique pour le vers rhythmique, mabmontel, Œuv. t. x, p. 461 II 2* Terme de musique. Qui a du rhythme. Il 3» S.f. La rhythmique, la partie delà grammaire ancienne relative au rhythme des vers grecs ou latins. '
— ÊTYM. Prov. rilhmic, rithimic; espagn. et ital. rt(mico;du lat. rhyl/imt'cus, du grec ^u6|iixà;, de fuO(io;, rhythme.
f RHYTHMOPÉE (ri-tmo-pée), ». f. Dans la musique des Grecs et des Latins, Tart de faire du bon rhythme, des phrases bien rhythmées.
— ETYM. "Puônonou'o, de fu9(io{, rhythme, et noterv, faire.
t RIIYTIDOME (ri-ti-dô-m'), s. m. Terme de botanique. Couche de tissu cellulaire située entre l'enveloppe herbacée et le liber, se confondant avec les feuillets extérieurs de celui-ci, et les entraînant dans sa chute; exemple le cerisier.
— ETYM. 'PuT{5<<)(ia, état de ce qui est ridé.
t RllYTON (ri- ton), s. m. Nom d'un ancien vase grec, servant à bcjire, large par le haut, étroit par le bas.
— ÊTYM. 'Putèv, de futèç, coulant, t RIA (ria), s. m. Voy. réa.
RIANT, ANTE (ri-an, an-t'), adj. || 1* Qui rit. J'ai vu ici M. de Larrey, fils de notre pauvre ami Lenet, avec qui nous avons tant ri ; car jamais il ne fut une jeunesse si riante que la nôtre de toutes les façons, sév. à Bussy, (î juill. 4691. || Dents riantes ou rieuses, dents incisives qui se montrent quand on rit. || 2° Par extension, qui annonce de la gaieté, de la joie. Lèvre riante, mair. Solim. iv, 6. Œil riant, rotr. Hercule mour. v, ). Il [Fouquet] nous a saluées, et a pris cette mine riante que vous connaissez, sÉv. 27 nov. (664. Et d'enfants à sa table une riante troupe Semble boire avec lui la joie à pleine coupe, rac. Esth. ii, 8. Quand Idoménée lui ordonne de mener les danses des jeunes Cretoises au son des flûtes, on la prendrait pour la riante Vénus qui est accompagnée des Grâces, fén. TH. xxii. || 3" Agréable à la vue. Les maisons y sont propres, commodes, riantes, mais sans ornements, fén. Tél. v. Je vois autour de moi la plus effroy.ible misère dans le pays le plus riant, VOLT. Lelt. Thiriot, I7 sept. (76». Pendue aux buissons de ce coteau riant, La chèvre aventurière a quitté l'Orient, delille, H. des champs, n. Il [Virgile] ouvre aux morts heureux le riant Elysée, ID. Convers. ch. m. || 4° Gracieux, agréable à l'esprit. Mais dans une profane et riante peinture De n'oser de la fable employer la figure.... C'est d'un scrupule vain s'alarmer sottement, boil. Art p. m. Le monde a des dehors plus riants que la vertu, mass. Carême, Dégoûts. J'aperçois un avenir très-riant et trèsprochain, MARiv. Pot/s. par». 2* part. Boccace dont l'imagination riante a résisté aux fléaux réunis de la guerre civile et de la peste, stael, Corinne, xym, 3. Je remonte, aux lueurs de ce flambeau divin [la foi]. Du couchant de ma vie à son riant matin, LAMART. Kédil. I, t8. || Substantivement. Je ne trouvais d'épine dans le riant de ma situation que la peine de voir mes deux amis.... st-sim. 30b, 240. — HlST. xii' s. Le front poli et clair, les oilz vairs et rianz, Sax. v. || xiv s. Corne cil qui rist volentiersestdit riant, non pas pour ce que il rie tousjours, mais pour ce que il puet [peut] rire et se puet tenir de rire, h. de mondeville, f» 62. || xv* s. Mais je vendroy mon héritage, Pour avoir de ce vin
DICT. DE LÀ. LAKOUK FRANCAISX.
riant, basselin, xxv. || xvi* s. Socrates eut un visage constant, mais serein et riant, mont, m, 3ii. Venus, qui Irompoit tout ainsi, S'en mocque, et ses nymphes aussi En ont les grâces plus riantes, DES- POBTES, Diverses amours, xxxii. Ode.
— ÊTYM. Rire; bourg, risant.
t RIACLK (ri-ô-l'),s. /■. Outil du mineur, sorte de crochet muni d'une poignée.
RIBAMBELLE (ri-ban-bè-l'), s. f. Terme familier et péjoratif. Longue suite. Il m'a dit une ribambelle d'injures. Cet homme a une ribambelle d'enfants. Diablotins, par rit)ambelle, Viennent baiser ses pieds nus, bérano. Enfers,
— ETYM. Il est possible que ce mot provienne, par une dérivation fantasque, de riban, qui s'est dit pour ruban.
RIBAUD, AUDE (ri-bô, bô-d'), odj. ||1' Terme popubiire et grossier. Impudique, luxurieux. Un homme ritiaud, une femme ribaude. || Substantivement. Le jeu n'est sûr avec cette ribaude, boil. Épigr. m. Ce gentil dieu qu'on appelle Mercure, Dieu des fripons, des ribleurs et ribauds, chaul. Rép. à l'abbé Courtin, Œuv. t. i, p. i47. || 2» Roi des ribauds, officier de la suite du roi dont l'emploi était de s'enquérir des crimes qui se commeltaient dans cette suite et d'en faire justice ; il avait aussi juridiction sur les jeux et brelans et sur les femmes publiques. Il S. f. Ribaude s'est dit, à Paris, d'une pomme entourée de pâte et cuite au four.
— Hisr. XII' s. N'a en la route ne ribaud ne garçon, Garin, dans du canoë, ribaldi. \\ xiii* s. Et li ribaut boutoient le fu parlou et prendoient proie, Chr. de Rains, p. 1 34. Tiens soit li pooirs et li baus, Tu seras mes rois des ribaus, Ainsinc le vtiet nostre chapitre, la Rose, t0974. Car voi bien ore apertement Par vostre parleûre baude. Que vous estes foie ribaude, ib. 70i4. Mais ribaus ont les cuers si baus, Portant sacs de charbon en grève. Que la peine riens ne leur grève, du cange, ribaldi. Une feme avoit fet son plet à deus ribaus, qu'il tueroient son baron [mari], beaum. lxix, <6. ||xiv* s. Item a le prevost le jugement des cas advenus en l'ost ou chevauchée du roi, et le roy des ribaulx en a l'exécution.... Le roy des ribaulx a de son droit, à cause de son office , connoissance sur tous jeux de dez, de berlens et d'autres qui se font en ost et chevauchée du roy ; item sur tous les logis des bourdeaulx et des femmes bourdelieres, doit avoir deux sols la sepmaine, du cange, ribaldi. || xv* s. Ils pourront mettre à l'encontre d'eux, si ils veulent, pour combattre, dix ribaux ou varlets, froiss. m, iv, 16. Et se trouvèrent jusques à cinq cens lances, chevaliers et escuiers, et bien quatre mille ribaux, ID. dans du cange , ribaldi. \\ xvi' s. Et est une chose esmerveillable qu'avec le temps Testât de ce roi des ribauds alla tellement au raval, que je le voy avoir esté pris pour exécuteur de la haute justice, pas-
QUIER, Rech. VIII, p. 625.
— ETYM. Provenç. ribaut; espagn. et ital. ribaldo, et aussi rubaldo. Mot d'origine incertaine. Quelques-uns le tirent du germanique bald, hardi, qui avait donné baud , dans l'ancien français, avec le préfixe germanique ert, qui signifie avant : le très-hardi , le très-baud. On remarquera que ceux qui ont écrit en vers latins dans le xn' et le xiii* siècle font ri long, ribaldi. Diez y voit un dérivé de l'anc. haut-allem. hripd , moyen haut-allem. ribe , prostituée. Scheler préfère l'allem. reiben , frotter, de sorte que ri'boud répondrait au latin perfrictus, adroit , fourbe. L'ancienne langue avait plusieurs dérivés: ribaudaille , ribauder, ribaudie, ribeaudeau. L'étymologie de Diez paraît la plus probable, bien que ribaud n'ait pas toujours eu une acception défavorable et qu'il ait signifié, en certains moments, une sorte oe soldats, et aussi portefaix.
t RIBAUDEQniN(ri-bô-de-kin),f. m. Nom d'une ancienne machine de guerre, qui était un arc de douze ou quinze pieds de long, qu'on plaçait sur un mur et par le moyen duquel on lançait un énorme javelot qui tuait souvent plusieurs hommes à la fois.
RIBAUDERIE (ri-bô-de-rie), s. f. Terme de mépris et de blâme, mais non, comme ribaud, terme grossier. Action de ribaud, divertissement licencieux.
— HIST. xiii* s. Porce que les garces lesoient leur pères et leur mères, et ne fesoient se ribauderies non, Liv. des met. 238. Qui louera maison à ribaude, ou recevra ribauderie en sa maison.... du CANGE, ribaldi.
— ETYM. L'anc. verbe ribauder, de ribaud. fRIBACDET (ri-bô-dè), s. m. Espèce de pluvier, t RIBAUDURE (ri-bô-du-r'), ». f. Faux pli qui se
trouve aiu draps qu'on foule.
fRIBB (ri-b'), ». f. Houlia à môult conlqu* pour broyer le chanvre.
— ETYM. Peut-être l'allem. reiben, frotter.
t RIBKS (ri-bès), ». m. Arbrisseau d'ornement (voy. groseillier).
— ÊTYM. Arabe, ribOs ou riwdt, que Sontheimer Ibn beithar, 1. 1, p. 6O8, identifie avec le rheum ribet.
t RIBLAGB (ri-bla-j'), », m. Action d« ribler.
t RIULER (ri-blé), v. a. Aiguiser une meule neuve avec de l'eau ou du sable sec, et en la frottant contre une autre.
— ETYM. Origine inconnue. Scheler propose l'allem. reiben, frotter. Il y a eu jusque dans le xvii* siècle un verbe ribler, avec son dérivé riblerie, très-usité et signifiant courir les rues comme font les débauchés . prendre, voler, piller (voy. ribleur).
t RIBLETTE (ri-blè-t') , ». /. Tranche mince de bœuf, veau ou porc, qu'on sale, qu'on épice et qu'on fait griller.
RIBLEDR (ri-bleur), ». m. Terme populaire et vieilli. Celui qui court la nuit comme les filous. Ct gentil dieu, qu'on appelle Mercure, Dieu des rhéteurs, des ribleurs et fripons, Vient vous offrir présents d'autre nature , chaul. Ép. à la duchesse du Haine.
— HIST. XV' s. En icelle ville fréquentent et repairent souvent plusieurs ribleurs, vacabons, gens incogneuz, malfaicteurs et autres suspectz à ladite ville, Ordonn. déc. U84.
— ÊTYM. Il est possible que ribler ou riber, car il s'est dit aussi (voy. du cange, ribaldisare), vienne du germanique hripd, et ribe, femme prostituée, comme Diez a proposé pour ribaud. Il est de fait que ribler ou riber a signifié mener mauvaise vie.
f RIBLON (ri-blon), s. m. Petits morceaux de fer à refondre , hors de service. Celles [ferrailles] qui proviennent des rognures de la tôle ou des morceaux cassés du fil de fer, qu'on appelle des riblons, BUFP. Hist. min. introd. part. expl. Œuv. t. vil, p. 77.
— ÊTYM. Scheler y voit l'allem. reiben, frotter.
I RIBONBORDER (ri-bon-bor-dé) , v. n. Terme de marine peu usité. Louvoyer en faisant des bordées courtes.
— ETYM. Re..., bon, et bord, d'après une conjecture de Jal.
t RIBON-RIBAINE ( ri-bon-ri-bè-n' ) , ioe. adv. S'est dit populairement pour coûte que coûte; t quelque prix que ce soit.
— HIST. XV' s. Puisqu'il le faut ribon-ribaine Endurer comme à la quiritaine, CH. d'obl. Rondeau.
t RIBORD (ri-bor), ». m. Terme de marine. Nom d'un bordage que l'on confond souvent avec le gabord, et que Romme définit bordage qui est le plus voisin de la quille, et dont le bord inférieur est reçu dans la rablure de la quille.
— ÉTYM. Portug. resbordo.
RIBORDAGE (ri-bor-da-j'), ». m. Terme de marine. Dommage que le choc d'un bâtiment cause à un autre. || Indemnité que l'on paye dans ce cas.
— ÉTYM. Peut-être ri ou re, marquant rencontre, et bord.
t . RIBOTE ui-bo-t') , ». f. Terme populaire. Débauche de table ; excès de boisson. Faire ribcta. H était en ribote, il était ivre.
— ETYM. Voy. RIBOTER.
t2. RIBOTE (ri-bo-f), ». f. Terme de métier. Froncement sur le papier.
— ETYM. Ce semble un substantif formé de re et bouter; ce qui viendrait à l'appui de l'étymologie de riboter (voy. riboter à l'étymologie).
RIBOTER (ri-bo-té), v. n. Terme populaire. Faire une débauche de table, et surtout boire avec excès. Il II se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— ETYM. En Bretagne, riboter se dit de l'action de battre le lait pour préparer le beurre; ribot, le pilon d'une baratte. On peut penser que, figurémont, ce mot a été pris pour exprimer agitation, vie de cabaret, débauche de table. Riboter paraît l'équivalent de rebouter, bouter de nouveau, bouter sans cesse; on remarquera que dans la papeterie rt'boJe a un sens qui va bien à rebouter (froncer). Scheler rattache riboter à ribaud, ce qui ne paraît pas possible.
RIBOTEUR, ECSE (ri-bo-teur, teu-z'), ». m. et f. Celui, celle qui aime à riboter. Cependant, las de godailler , Nos riboteurs veulent payer, vaoé. Pipe cassée, 11.
— ETYM. Biboler.
RICANEMENT (ri-ka-ne-man) , ». m. Action de ricaner. Sur la foi d'un ricanement Qui n'était que l'efl'et d'un gai tempérament , ciiaulieu , à Lafare, déc. 1703. Aiutuublces de parents , quolibets de no*
RÏC
ees, plates plaisanteries, ricanements sans avoir en- Tie de rire, volt. Lett. en vers et enjtrose, B6. Elle a des manières libres, un ricanement perpétuel qu'elle donne pour de la gaieté, genlis, Ad. et Th. L m, p. <!*, dans pocgens.
— RTYM. lUcaner.
RICANKri (ri-ka-né), v. n. Rire à demi. Cette liberté légère, réservée aux titres et aux richesses, qui fait dire une galanterie à une actrice, qui en fait chiffonner une autre, ricaner avec celle-ci, sourire avec celle-là, mabiv. Pays. pare, o' part. 11 répèt(> les derniers mots de ce que dit sa femme, il ricane et montre des dents qu'on aimerait autant qu'il cachftt, M"'n'ÉpmAY, Mém. t i, p. <I4, dans POUGF.NS. Il Rire en se moqutnt, rire avec mépris. Voilà-t-il pas monsieur qui ricane déjà? mol. Tari. I, <. De vous on commence X ricaner beaucoup en iTance , volt. Poés. ri\êl. <B4. Saluer des épaules, ricaner sur un rien, débiter deux ou trois fadeurs, LEGBANn, Tri. du temps présent, 2* part. se. 4 6. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— HIST. x\' s. Il ouyt ricaner une beste moult laidement en manière d'ung asne ; dont Estonne fut moult courroucié, car bien luy fut advis qu'il le mosquast, Perceforesl, t. n, P" 30. Que fait chanoine qui ricanne Comme nos asnes en moustier? Certes je croy que tout se damne; Chascun fait contre son mestier, e. desch. Poésies mss. f" 293. || xvi* s. Asne à longues oreilles et babines pendantes, qui, quand il ricannoit, faisoit retentir tout le voisinage. Nuits de Straparole, t. ii, p. 257, dans lacurne. Le villayn ricanne comme ung chien soubz ung huis, PALSGR. p. 65). L'asne demeuroit derrière , qui ricquanne et prie qu'on ne le veuille laisser seul à la gueule aux loups, Merlin Coccaie,i. n, p. 2Bi,dans lacurne.
— ÉTYM. Provenç. reganhar; cat. regunyar; espagn. reganar. Le sens propre est braire comme Hn âne, et Q)ontrer les dents comme un chien : de sorte que ce verbe paraît avoir une certaine analogie avec rechigner; le fait est que Oudin dans son Dictionnaire le donne sous la forme ricagner; il en a aussi avec l'anc. français reconer, qui a les deux sens de ricaner. Diez y voit l'équivalent du lat. cachinnare , rire à bouche ouverte, r» y étant venu à cause de l'influence de rire ; mais cela , et même le sens, fait difficulté, car ricaner n'est pas rii» à bouche ouverte. Il reste fort difficile de déterminer les rapports et l'origine de rechigner, recaner et ricaner; mais, en prenant en considération le sens, on peut conjecturer que ricaner vient de l'anc. haut-ail. geinôn, ouvrir la bouche, avec re ou rt préfixe. Le bas-latin yannare, se moquer, ne va pas pour le sens; le latin gannire, qui signifie grogner ou gémir comme un chien, n'est peut-être pas à rejeter. Le mot du Berry ricasser paraît formé de rtre.
BICANERIB (ri-ka-ne-rie) , s. f. Ris de celui qui ricane. L'aîné [des fils de la Rochefoucauld] était rogue, avare à l'excès, sans esprit, que .silence, ricanerie, malignité, st-sim. 352, 143.
— ÉTYM. Ricaner.
RICANEUR , EUSE (ri-ka-neur, neù-z'), s. m. et f. Celui , celle qui ricane. Mon fils s'imaginait que cette ricaneuse l'avait prié [M. de Chaulnes] de ne point parler pour lui; mais il voit bien qu'il s'était trompé, sÉv. 12 oct. 4689. Si quelqu'un se fût moqué publiquement de ce tableau [représentant Ignace et Xavier montant au ciel], le révéreml père Lachaise, confesseur du roi, n'aurait pas manqué de faire donner une lettre île cachet au ricaneur sacrilège, VOLT. Dict. phil. Fr. Xavier. \\ Ad}. Je suis étonnée qu'elle ne soit pas devenue sotte et ricaneuse dans ce couvent; ha 1 que vous avez bien fait, ma fille, de la reprendre! sÉv. 379. Il a un air si fin, si ricaneur, obnlis, Thédt. d'éduc. le Vrai sage, i, i
— HIST. XVI' s. Ricaneux, cotorave.
— ETYM. Ricaner.
fRICARDE (ri-kar-d"), s. f. Coquillage bivalve et strié, dont on emploie à Paris la coquille du fond pour y faire gratiner des béchamels aux huîtres, »ux cervelles , aux champignons , etc. On dit plus ordinairement bucarde.
t RICARDEAC, KICARUOT (ri-kar-dô) , t. m. Mollusque comestible qu'on nomme aussi coquille de Saint-Jacques ou coquille pèlerine.
RIC-X-RIO (ri-ka-rik) , loc. adv. Terme familier. Avec une exactitude rigoureuse. Ayant du rituel qui lui servait de route, Récité ces mots ric-à-ric, bouisault, Lett. nouv. t. ii, p. 273, dans pouoens! On ne compte guère ric-à-ric avec la fortune; et, quand elle veut bien réparer ses torts, on les oublie, M~* 01 ouoKAN, à Mme d'UseUes, a févr. 4703,
RIG
dans siv. t. x, p. 481 , éd. réonier. Çà, marchandons ric-à-ric ; chacun y est pour son compte, ghe- BARiii, Thédt. ilal. t. I, p. 177. Je fais dans un picnic. Passer par l'alambic Six pintes ric-à-ric, piron, Chani. Il 11 signifie aussi aveclésinerie, en donnant, en payant le moms qu'on peut. Il n'est pas généreux, il paye ric-à-ric. Tout est [dans l'armée] sous la loi de l'ancienneté et de l'ordre du tableau ; on se dit qu'il n'y a qu'à dormir et à faire ric-à-ric son service, et regarder la liste des dates, st-sim.
— REM. Rie à rie s'écrit avec ou sans tirets; l'Académie le donne avec tirets à ric-à-ric , et sans tirets à payer.
— HIST. XV' S.— Et cinq et six [aunes] . — Ventre saint Père! Rie à rie — Aulneray-je arrière ? PateJin. Il XVI' s. Chantons, sautons, et dansons rie à rie; Puis allons veoir l'enfant au pauvre nie [il s'agit de la naissance de l'Enfant Jé3us| , marot, ii, 265. Telles manières de parler n'expriment pas tant rie à rie quel est Dieu en soy, qu'elles nous en apportent une cognoissance propre à la rudesse de nos esprits, CALV. Inst. 70. Ramener à nostre siècle rie à rie tout ce qu'ont esorit les anciens , o. de serres, VI. Si rie à rie les deniers qui sont sortis du sel, fidellement esloyent représentez, froumenteau, ftnanees, 3' livre, p. 389.
— ÉTYM. Origine inconnue. On trouve dans un mystère au rie, qui paraît avoir le même sens ; Euvre tost, ou je te prometz Que je te garde un enlremès Dont tu seras servy au rie, Résurrection de JVoî!re Seigneur, dans pr. michel, Argot. Poitevin, rie à rac, tout juste, ren à raque , rien du tout, raque, ras, court. II y avait une sorte de chanson qu'on nommait riqucraque.
{. KICUARD (ri-char; le d ne se prononce pas et ne se lie pas), s. m. Terme familier. Celui qui a beaucoup de bien , qui a fait une grande fortune. La noblesse des provinces ne tient point aux créanciers du roi qui sont tous des financiers établis à Paris, et des corps de roturiers richards de la même ville, ST-SIM. 397, 155. Si VOUS n'êtes pas les amis des rois, des nobles et des richards, vous serez avec nous, BABŒOF, Pièces, i, 8».
— HIST. xvi' s. Voila un richard qui a ruiné et mis au desespoir des pauvres familles, charron. Sagesse, i, 4 4 .
— ÉTYM. Riche, avec la finale péjorative ard. 12, RICHARD (ri-char), t. m. Fil de richard, fil
d'archal. Une grande volière.... dans laquelle il y a des arbres fort beaux qui sont couverts avec du fil de richard. Lettres de Colbert, Voyage de Seignelay en Italie, III, II, 225.
— ÉTYM. Corruption de archal.
f 3. RICHARD (ri-char), *. m. Genre de coléoptères.
BICHE (ri-ch'), adj. \\ 1' Qui possède de grands biens. N'entrez point en société avec un plus riche quevous, saci, Bible, Ecclésiastique, xiii, 2. Il [Jacob] devint de cette sorte extrêmement riche: et il eut de grands troupeaux, des serviteurs et des servantes, des chameaux et des ânes, lu. ib. Genèse, xxx, 4 3. Pendant ces derniers temps combien en a-t-on vus Qui du soir au malin sont pauvres devenus. Pour vouloir trop tôt être riches I la font. Fabl. v, 13. Elle n'a été riche que pour assister libéralement les pauvres de Jésus-Christ, flécii. Aiguillon. Quiconque est riche est tout, boil. Sat. vili. Je les peignis [les Juifs] puissants, riches, séditieux, rac. Èstk. ii, I. S'il est vrai que l'on soit riche de tout ce dont on n'a pas besoin, un homme fort riche, c'est un homme qui est sage, la uruy. vi. 11 est enjoué, grand rieur, impatient, présomptueux, colère, libertin, politique, mystérieux sur les affaires du temps; il se croit des talents et de l'esprit : il est riche, lo. vi. [Nos ancêtres].... plus riches par leur économie et par leur modestie que de leurs revenus et de leurs domaines, ID. VII. Quelqu'un de ces pâtres qui habitent les sables voisins de Paimyre, devenu riche par le péage de vos rivières, in. vi. De tout temps , les princes asiatiques ont accumulé des trésors; ils ont été riches de tout ce qu'ils entassaient, au lieu que, dans l'Europe, les princes sont riches de l'argent qui circuledans leurs Etats, volt. Mœurs, 194. Une des misères des gens riches est d'être trompés en tout, j. j. Rouss. Étn. I. Riche de ses forêts, de ses prés, de ses eaux. Le Germain.... delille, Jard. i.|| Riche de tant, dont la fortune monte à tint. Mazarin était riche d'environ deux cents millions, à compter comme on fait aujourd'hui , volt. Louis XIY, 6. || Fig. Je suis en parfaite santé; je me réjouis de celle du che- I valler [de Grignan] ; c'est toujours beaucoup d'en I avoir la moitié ; il s'était pas si ricbe l'année pas-
Aie
sée, siv. l févr. 4685. || Être riche comme Crésu», comme un Crésus, être extrêmement riche. || On dit de même familièrement : riche comme un juif, riche comme un puits, riche à millions. || C'est un riche parti, se dit d'un jeune homme, et plus souvent d'une jeune fille très-riche, qui est à marier. || Faire un riche mariage, épouser une personne qui a une grande fortune. || 2' Fig. Il se dit des qualités personnelles considérées comme un bien de grande valeur. Il est riche en vertus, cela vaut des trésors, MOL. F. sav. II, 4. Elle a été riche en miséricordes, FLÉCH. Dauph. Cet homme.... content des témoignages de sa conscience et riche de sa modération, trouve dans le plaisir qu'il a de bien faire la récompense d'avoir bien fait, m. Turenne. Ces hommes pleins de gloire.... qui ont été riches en grands talents, MASS. Villeriii. || Familièrement et ironiquement. Il est riche en ridicules, il prête beaucoup à la raillerie. Il 3° Il se dit aussi de certaines qualités corporelles. Un jeune homme, aussi pauvre d'habits que riche de mine, scarr. Rom. com. i, i.||On dit dans un sens analogue : une mine riche. La pauvreté de leur habit ne lui cacha point la riche mine du plus jeune, qui lui fit un compliment en honnête homme, ID. ib. i, 22. || Une riche taille, une taille au-dessus de la moyenne. Une taille riche [de femme], un port majestueux, lesage, Gil Blas, X, 8. Il 4' Abondant, fertile, productif. Un pays riche en blés. La moisson a clé riche. Un pays couvert de riches moissons. Et j'espérais ma part d'une si riche proie, rac. Àthal. m, 3. || Absolument. Un pays riche, un pays qui po.ssède un grand commerce, une agriculture florissante. Vous possédez des Grecs la plus riche contrée, bac. Iph. I, t. Faites régner le prince et le Dieu que je sers Sur la riche moitié d'un nouvel univers, volt. Àlx, I, l.||5' Qui contient, renferme en grande quantité. Une bibliothèque riche en manuscrit», un musée riche en tableaux, etc. Il n'est plaine en ces lieux [Grèce] si sèche et si stérile, Qui ne soit en beaux mots partout riche et fertile, boil. Ép. iv. Il 6° Fig. En parlant dos ouvrages d'esprit, fécond en idées. Une matière, un sujet fort riche. || On dit dans un sens analogue : une riche imagination. Voltaire, en comparant l'esprit et la galanterie de la vieille cour et de la cour actuelle, nous déploya cette riche mémoire à laquelle rien d'intéressant n'échappait, marmontel, Mém. vu. || Une langue riche, abondante en mots et en tours. || Un dictionnaire riche, dictionnaire qui contient beaucoup de mots, de locutions. D'où vient que son dictionnaire [de Fénelon], qui devait être si riche contre toutes les équivoques, demeure court en celle-ci [sur le mot intérêt] ? Boss. Préf. sur l'instr past. de M. de Cambrai, ii, 6. || Style riche, celui dans lequel on réunit en grande quantité les ornements et les figures brillantes ou agréables. La riche expression, la nombreuse mesure, boil. Ép. xi. \\ T Précieux, magnifique, de grand prix, ô don, si tu n'es riche, au moins es-tu nouveau, mair. Solim. v, 4. Préparez, Josabetli , le riche diadème Que sur son front sacré David porta lui-même, rac. Ath. m, 7. Et tout ce que des mains de cette reine avare Vous avez pu sauver et de riche et de rare, id. ib. v, 4. Il [Dieu] commande au soleil d'animer la nature, Et la lumière est un don de ses mains ; Mais sa loi sainte, sa loi pure Est le plus riche don qu'il ait fait aux humains, m. ib. i, 4. || 8" En peinture, en architecture, en sculpture, accompagné d'ornements précieux par la matière ou par le travail. Ces arabesques sont riches. Une figure riche d'ajustements. || Composition riche, composition remarquable par le nombre et l'heureuse harmonie des figures. Il 9° Rimes riches, celles où le son consonnant est précédé de la même articulation. Oreille et merveille sont des rimes suffisantes ; oreille et pareille sont jks rimes riches. || 10° Se dit des substances qui e^contiennent d'autres. Minerai riche en argent. Ces concrétions ou stalactites ferrugineuses sont quelquefois très-riches en métal, bufp. Ifin. t. IV, p. 45. Il En alchimie, riche se disait des métaux parfaits, l'or et l'argent. || 11° Dans le langage des paysans, un riche temps, un temps favorable aux dill'érenles récoltes. || 12° S. m. Un riclie, une personne riche. Lorsque le riche s'endormira en mourant, il n'emportera rien avec lui, saci, Ribie, Job, xxvii, 19. Comme au lever d'un soleil brûlant l'herbe se sèche, la fleur tombe et perd toute .sa beauté, ainsi le riche séchera et se flétrira dans ses voies, id. t'6. StJacq. Éptl. Cath. i, 4 4. Le riche, dit-il [Jésus-Christ], a reçu ses biens, et le pauvre ses maux dans cette vie, boss. le Tellier. Vous entendriez la vérité de cette parole du Sauveur : Mal
RIC
RIC
RIC
heur » vous, riches, id. ib. Notre sage magistrat écoutait également et le riche et le pauvre, id. ib. Nos riclies d'autrefois, nos pauvres Lucullus, Errants sur les débris d'un luxe qui n'est plus, dklille, ffom. des Ch. I. Il On ne prête qu'aux riches, voy. pbêteh. Il Un riche malaisé, un homme qui, ayant de grands biens, mais beaucoup de dettes, se trouve presque toujours gêné. || I.e mauvais riche, celui dont parle l'Évangilo. Quand je considère attentivement dans l'Évangile la parabole, ou plutôt l'histoire du mauvais riche, et que je vois <le quelle sorte Jésus-Christ y parle des fortunés de la terre, boss. le Tellier. Il Par extension, mauvais riche, tout homme trèsriche qui n'est point charitable. || 13° Nom d'une variété du lapin domestique, dont le poil est trèsbeau et dont on estime l.i fourrure. Le poil du lapin qu'on appelle riche, c'est-à-dire poil blanc et poil noirltrc, buff. Quadrup. t. viii, p. 266. || Proverbes. Celui-là est riche qui est content, ou est assez riche qui est content. |1 Est assez riche qui ne doit rien. Il Pauvres gens ne sont pas riches, excuse que donnent ceux qui n'ont pas le moyen de faire des dépenses. Il S'il est riche, qu'il dîne deux fois.
— msr. XI* s. Il va ferir le riche duc Sanson, Ch. Ile Roi. cxvii. Jà ne verrai le riche empereur, ib. CLX. Il XII* s. Moût riche ofrande [il] a dessus l'autel mise, Rone. p. «79. Chascuns mande en sa terre sa riche [lirave] baronie, Sax. vu. || xiu* s. Quant la dame se cointoie et atourne, C'est por faire son pauvre ami dolent; La joie en a li riches faus qui ment, quesnes, Romancero, p. 86. Et nos irons riches d'avoir et de viandes, et corions en la terre de B^ibilone, villeh. lx.xxix. Un très riche chastel qui siet très noblement [entre deux rivières], Berte, ix. Il XIV* s. Ung empire ou ung royaulme si est riche quand les suhjects sont riches, le Songe dti vergier, I, 173. Il XV* s. Bons manteaux fourrés, que le roi de France et ses seigneurs lui donn-rent, pour les riches nouvelles qu'il avoit apportées que le roi d'Angleterre faisoit demander la bataille, froiss. i, I, 90. Pour telles incidences.... soufîroient les riches hommes et les sages de Gand à courir parmi la ville.... cette ribaudaille que on nommoit les blancs chaperons, id. ii, ii, B2. Ils se ferirent de grande voulenté l'un parmy l'autre, et y eut maint riche coup féru, monstrel. t. ii, p. 40 (i42h), dans lacuRNE. Trouvèrent sur le rieu d'une fontaine ung homme et une femme poures d'abitz et riches d'aage; car ils estoient moult anciens, Perceforest, t. m, f" 2f. Fresche beaulté très riche de jeunesse, Riant regard trait amoureusement, ch. d'ohl. Bal, IX. Il XVI* s. Il feitsecrestement charger sur quelques navires ses plus riches et plus précieux meubles, AMVOT, Dion, 4 8. Une ame riche de la cognoissanco de tant de choses, mont, i, t39. Rencontrans [dans un livre] une pièce haulte, riche et eslevée jusques aux nues, id. i, (56. Une riche description, id. i, (90. Un riche malaysé, nécessiteux, m. i, 314. Pour devenir bientost riche, il faut tourner le dos à Dieu, H. EST. Apol. d'IIérod. p. I36, dans lacuhne. Je n'agrandirai point, riche d'inventions, Vos beautez, vos dédains, ma foy, mes passions, desportes, Diane, i, i. Qui ne se met en hasard Ne sera riche tost ne tard, Leroux de lincy, Prov. t. H, p. 400. Riche homme ne sait qui lui est ami, tb. p. 41 a. Jamais riche ne sera, qui d'autruy avec le sien ne mettra, génin, Récréât, t. ii, p. 24 (. Tost riche, tost pauvre, id. ib. p. 250. X riche homme n'en cliaut qui ami lui soit, cotgrave. La vache du riche velle souvent, celle du povre avorte, ID. Je ne veis jamais chasseur qui mourust riche ; ains hont tousjours esté mangez de leurs chiens, corne fut Acteon, bonivahd, Noblesse, p. 321.
— ÊTViM. Berry, un riche vin ; wallon , rig ; proyenç. rie, puissant, opulent; espagn. et portug. rico; ital. ricco; du germanique: goth. riiks ; anc. haut-ail. rihhi ; ail. mod. reich ; angl. rich; oi\ y rattache le gothique reik.t, roi, le latin rex, le gaulois rix, le sanscrit rô/an. Le sens primitif du mot germanique est puissant, vaillant, sens qu'il conserva en français dans les premiers temps. Ce mot forme la terminaison de noms germaniques Théodoric, Frédéric, etc. oii il finit par devenir un simple superlatif, comme Frédéric, très-pacifique.
t RICHELLE (ri-chè-r), t. f. Espèce de blé de Naples.
RICHEMENT (ri-che-man), adv. || 1° D'une manière riche. Marier une fille richement. || Pourvoir richement ses enfants, leur donner des établissements considérables. || 2" Magnifi(]uement. Richement vêtu. Elle était richement parée. || Par plaisanterie. Richement laid, aussi laid que possible, il 3* Rimer ricbemeot, employer des rimes riches.
Quelques versificateurs modernes, qui riment richement et s'expriment pauvrement, u'alemb. Éloget,
Destouches, note 2. || Par plaisanterie C'est là
que l'on rime richement en Dieu, que l'on épargne peu le prochain, .scarr. Rom. com. i, S. Le trèscher frère indocile et mutin Vous la rima très-richement en tain, oresset. Ver-vert, iv.
— lllST. xiii* s. Tant [vous] l'avez [la guerre] par vos armes richement [vaillamment] maintenue, Qu'afinée [finie] l'avez et la pais conseûe, audefr. LE BAST. Romancero, p. (2. [Rue qui] Ne fust toute couverte de dras très richement, Berte, ix. Com est Berte ma fille richement mariée! ib. Lxxxii. Et s'appareillierent ricementet monteirent sur mer, à Liv nés [nefs, navires], Chr. de Rains, p. 36. || iv* s. Si estoit gay et joli, richement habillé, et en toutes choses si avenant que nul ne le passoit, Bouciq. i, 13. Il XVI* s. Maison richement meublée, amyot, Pion, (3. Damoiselle richement laide, désaccords. Bigarrures, iv, p. 39, dans laciirne. Richement mentir, cotghave. Quand il dict que [mentir] c'est donner tesmoignage de mespriser Dieu et i^uand et quand de craindre les hommes, il n'est pas possible d'en représenter plus richement l'horreur, la vilité et le desreglement, mont, m, 78.
— ÉTYM. Riche, et le suffixe ment; wallon, rigmain; provenç. ricamens ; catal. ricament; esp. ricamente; ital. riccamente.
RICHESSE (ri-chè-s'), s. f. \\ i° Abondance de biens, d'argent, de valeurs de toute espèce. C'est ainsi qu'à son fils un usurier habile Trace vers la richesse une route facile, boil. Sat. vili. Fuyez ces lieux charmants qu'arrose le Permesse; Ce n'est pas sur ses bords qu'habite la richesse, id. Art p. IV. Son orgueil est sans borne ainsi que sa richesse, RAC. Eslh. II, 9. La richesse pécuniaire n'est que relative; et, selon des rapports qui peuvent changer par mille causes, on peut se trouver successivement riche et pauvre avec la même somme, mais non pas avec des biens en nature, J. i. rolss. Gouvern. de Pologne, xi. Depuis que les métaux ont été pris pour mesure commune des valeurs, on est porté à ne voir des richesses que là où l'on voit beaucoup d'or et beaucoup d'argent; et cette méprise a commencé dans les villes où l'argent fait toute la richesse, condil. Comm. gouv. i, 23. Vous croyez donc qu'un million en or et en argent est une plus grande richesse qu'un million de productions, ou qu'un million en matières premières mises en oeuvres! vous en êtes encore à ignorer que les productions sont la première richesse! id. ib. i, 29. Quoil ton or t'importune? ô richesse impudente ! Pourquoi donc près de toi cette veuve indigente, Ces enfants dans leur fleur desséchés par la faim, lit ces filles sans dot, et ces vieillards sans pain'? DELiL. Hom. desch. 1. 1| 2° Au plur. De grands biens. Qu'il est difficile que ceux qui ont des richesses entrent dans le royaume de Dieu! saci, Bible, S. Marc, x, 23. Vous tenez, dites-vous, vos richesses de vos ancêtres; maisn'est-ce pas par mille hasards que vos ancêtres les ont acquises et qu'ils les ont conservées? pasc. Cond. des grands, i. Les richesses nous élèvent, parce qu'elles nous donnent lieu de nous considérer nous-mêmes comme plus forts et plus grands; nous les regardons, selon l'expression du Sage, comme une ville forte qui nous met à couvert des injures de la fortune et nous donne moyen de dominer sur les autres, nicole, Ess. de mor. (*' traité, ch. (. Il ne faut pas s'étonner si la passion des richesses est si violente, puisqu'elle ramasse en elle toutes les autres, boss. la Yaltière. Représentez-vous un homme né dans les richesses, mais c.iiù les a dissipées par ses profusions, id. ib. Elle avait appris dans l'Ecriture que ceux qui ont beaucoup sont obligés de donnerbeaucoup, ^t que la mesure de leurs aumônes doit être celle de leurs richesses, fléch. Aiguillon. De Claude en même temps épuisant les richesses, Ma main sous votre nom répandit ses largesses, bac. Brit. iv, 2. Ces grandes richesses qui lui sont aussi inutiles que du sable [à Pygmalion], puisqu'il n'ose y toucher, KÉN. Tél. 111. Il 3° Terme d'économie politique. La richesse publique, le produit du sol, de l'industrie et du commerce d'un Etat. C'est une mauvaise espèce de richesse qu'un tribut d'accident et qui ne dépend p,is de l'industrie de la nation, du nombre de ses habitants, ni de la culture de ses terres, montesq. Esp. XXI, 22. La richesse consiste dans le sol et dans le travail; le peuple le plus riclie et le plus heureux est celui qui cultive le plus le meilleur terrain, volt. Dial. I. Il On dit de même : la richesse des nations. || De la Richesse des nations, titre du gruid ouvrage d'Adam Smith »ur l'économie
politique. Il <* )l se dit des choses avec lesquelles on gagne de l'argent. Son talent fait toute sa richesse. Dans les familles pauvres et laborieuses, les enfants sont une richesse. || 6* Abondance de productions naturelles. La richesse du sol. La richesse d'une mine. || La richesse minérale d'un pays, les houilles, métaux, bitumes, pierres, etc. qu'il contient dans son sol. Il La richesse d'un minerai, sa dit d'un minerai qui contient beaucoup de métal. Il Poétiquement, la richesse des vergers, les fruits. 0 des jardins douce et frêle richesse (les fleurs], X ton éclat quel œil ne s'intéresse? campenon, dans le Dict. de bescherellk. || «• Magnificence, en par» lant de choses dont la matière ou les ornements sont de grand prix. La richesse d'un ameublement, d'une parure, d'une étoffe. || T" La richesse, les gens riches. L'ardeur de se montrer, et non pas de médire, Anna la vérité du vers de la satire.... Vengea l'humble vertu de la richesse altière, boil. Art p. III. Il 8* Choses de prix. J'avais beaucoup plus d'intérêt que vous, que les richesses que vous m'aviez envoyées ne tombassent pas en d'autres mains que les miennes, voit. lett. (3. ||9* Fig. Richesse d'une langue, l'abondance d'une langue en expressions et en tours. || Les richesses d'une langue, l'abondance des expressions et des locutions prises une k une. Les bons écrivains la décorent [la langue française] de nouvelles translations de mots et de nouvelles alliances ; mais son vrai fonds, ses termes propres, ses analogues, ses synonymes, ses diminutifs, set primitifs, ses dérivés, et, si j'ose le dire enfin, ses richesses de première nécessité périssent tous les jours pour l'orateur et le poSte, haruontel, (Euv, t. x, p. 436. Il Richesse des rimes, qualité des ri» mes riches. || 10° Terme de peinture. La richesse d'une composition, le nombre et la belle ordonnance des figures, jointe à la beauté de leurs formes et de leurs attitudes. || 11° Il se dit d'une taille rv che. La richesse de votre taille, lesage , DiabU boit. 7. Il 12* Fig. Il se dit de ce qui est considéré comme une richesse, de ce qui tient lieu de richesse. La richesse du sage est la modération. L'épargne est une grande richesse. De saintes méditations, de bonnes œuvres, ces véritables richesses que vous enverrez devant vous au siècle futur, BOSS. le Tellier. On équipe par ses conseils et pre»que à ses dépens un vaisseau qui doit Dorterdans la (ihine les richesses de l'Evangile, fléch. .iiguillon, J'aime, je prise en lui de plus nobles richesses. Le* vertus de son père, et non point les faiblesses, bac. Phèd. II, (. L'éducation, qui d'ordinaire, dans les autres hommes, embellit ou cultive un fond encore brut et ingrat, ne fit que développer les richesses de celui de M. de Villeroi, hass. Villeroi. || Proverbes. Contentement passe richesse, mieux Taut être pauvre et content que riche et tourmenté par les inquiétudes. || Richesse donne hardiesse, les gens placés à l'abri du besoin sont rarement timides.
— SYN. RICHESSE, OPULENCE. La richesse et l'opulence ont l'une et l'autre de grands biens, mais la richesse peut les avoir sans les montrer; l'opulence les montre toujours.
— lilST. XII* s. Glorie e richeises en la maisun de lui. Liber psalm, p. (73. || xiti* s. De joiaiis, de richesses trestous Paris resplent, Berte, ix. Avoir et grans richesses [ils] orent tout à leur chois, ib. LXi. Et qu'à force [elle] leur tout [enlève] leur biens et leur richoise, tb. lxii. || xiv* s. Et se tu ta richesse sers. C'est trop honteuse servitute, machaut, p. 102. Il XVI* s. Il n'est richesse que de santé, langue, (54. Outre la richesse des habits, deux choses y a qui accroissent beaucoup telle"» despenses, ID. (62. Enfans sont richesses de povres gens, coi- GRAVE. Où richesse est, péché est, id.
— ÉTYM. Riche; provenç. riquesa; espagn. riquexa; ilal. riccheisa. L'ancienne langue avaii aussi richor et richelé.
RICHI.SSIME (ri-chi-ssi-m'), adj. Terme faml lier. Extrêmement riche.
— ËTYM. Riche, avec la désinence du superlatif latin.
RICIN (ri-sin), s. m. || 1* Plante exotique de la famille des euphorbiacées [ricinus eommunis, L.), dite aussi palma-Christi. || Huile de ricin, huile purgative extraite des graines du ricin. || Ricin d'Amérique, le médicinier. {| 2'' Nom vulgaire donné à une espèce d'ixode arachnide parasite de la famille des tiques, ainsi dit parce qu'on lui a trouvé quelque res.semblance avec la graine du ricin.
— KTYM. Lat. ricinus, la plante et l'insecte.
t RICINÉLAÏDIQUE (ri-si-né-la-i-di-k'), adj. Terme de chimie. Acide ricinélaldique, <iit aussi palmique, isomire de l'acide riclnostéarique, pro
RIC
duit par une transformation moléculaire de ce dernier sons rinnuence des vapeurs nitreuses.
+ RICINKLI.E (ri-si-nè-r), s. {■ Plante cuphorbiacée.
t Bl(;iNlQUE(ri-si-ni-k'), adj. Terme dechimie. Acide ricinique, acide obtenu en distillant le liquide qui reste après avoir extrait l'acide ricino- ■téarique.
t RICINOSTÉARIQUE (ri-si-no-slé-a-ri-k'), adj. Terme de chimie. Acide produit par la saponification de l'huile de ricin.
I RICOCHABLE (ri-ko-cha-W) adj. Terme militaire. Se dit d'un terrain exposé aux ricochets de l'artillerie.
RICOCHER (ri-ko-ché), ». n. Terme d'artillerie. Faire des ricochets. On voulut observer sa manière de ricocher [d'un boulet], et on reconnut qu'ayant touché la terre à 460 toises, il s'était reporté à plus de 600, ouïTON, Inslit. Mém. tcienc. )807, 2« serm. p. ti«. H II se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— ÉTYM. Voy. BICOCHET.
RICOCHET (ri-ko-chè ; le < ne se lie pas ; au pluriel, l's se lie : des ri-ko-chè-z effrayants ; ricochets rime avec traits, succès, paix, etc.), t. m. || 1" C'est la chanson du ricochet, c'est toujours le même discours. || Locution qui vieillit et dont le sens propre est même perdu; l'Académie dit que le ricochet était un petit oiseau répétant continuellement son ramage ; mais rien ne garantit cette interprétation, comme le prouve l'historique. Tout ce qu'on voit, c'est oue ricochet avait un sens analogue à répétition. i| 2° Par l'idée de répétition qui est dans U mot, bond que fait une pierre plate et légère, jetée obliquement à la surface de l'eau. Et tout bonnement s'amusait, La mer étant calme pour l'heure. Faute d'amusoire meilleure, X faire en mer des ricochets, scarr. Virg. v. || 3° Terme d'artillerie. Bondi faits par le projectile d'une bouche à feu, quand il vient à toucher le sol. Une autre fois le premier ricochet s'étant fait à »o toises, il y en eut un second à 476, une seconde fois à 600, d'où il se releva encore et alla frapper un arbre à quatre pieds de hauteur, ODYTON, Insl. Mém. scimc. i 807, 2« sem. t. Il, p. m. Il Tir k ricochets, tir dans lequel on utilise les ricochets. Dans les sièges, ce tir se fait sous un angle assez élevé pour que le projectile, venant à raser la crête intérieure de l'ouvrage sur lequel on tire, fasse plusieurs ricochets sur son terre-plein. Il Battre, tirer i ricochets, user, contre des fortifications, du tira ricochets. La Feuillade eut 80 pièces de canon de batterie et 26 autres pièces pour tirer i ricochet, disposées à ses ordres, st-sim. 4 52, m. Il On dit de même : batterie à ricochets, feux à ricochets. Il 4* Fig. Suitfl d'événements amenés les uns par les autres comme sont les sauts d'une pierre lancée par ricochet. Mme de Richelieu avait b&ti une fort belle maison au bout du faubourg Saint- Germain, qui est revenue par ricochet aux Noailles, ST-SIM. 4*3, 108. Nous plumons une coquette; la coquette mange un homme d'affaires; l'homme d'affaires en pille d'autres; cela fait un ricochet de fourberies le plus plaisant du monde, lesage, Turear. i, 12. Voilà tout ce que je puis vous mander de votre famille, dont j'ai 1 honneur d'être un peu par ricfichet, volt. Letl. Florian, 22 janv. 177.^. Je vis aisément le ricochet par lequel me venait le billet, 1.1. Bouss. Con/. ix. Voilà comme dans celte vie tout s'enchaine, et tout marche par ricochets, l'iCAiin. Hicochets, 1, 2.5. Que j'acquerrais sur elle un ascendant supième qui, par ricochet, m'en donnei-ait un à peu près semblable sur mon oncle, GENLis, Pairenui-, t. i, p. 90, dans pouoens. Il Cette nouvelle est venue par ricochet, elle est arrivée d'une manière indirecte, on neJa tient pas «le première main.
— HlST. XV* s. Ceste malicieuse voye ont faict à savoir entre eux, pour se excuser chascun sur son compaignon, disant : Mais que il cède je céderai; et semblablement respond l'autre, et ainsi est la fable du ricochet, Bouciq. m, )». ||xvi* s. Votre conseil, dist Pariurge, soubz correction, semble à U chanson de ricochet, bab. Panl. m, te. Ce sont comme des pleins chants et des airs do cloistre, que nous appelions des chansons de veilleur ou diî ricochet, si ridicules et si ennuyeux qu'ils se sont «tiré justement la malédiction dont ib ont esté Chargez, pebbin. Poésies, p. 28i, dans lacubne.
— ETYM. On voit par l'historique qu'il y avait une r.il)le du ricochet, sans que nous sachions ni ce qu'clait celte fable, ni ce qu'était le ricochet. En •tleiidanl, on peut, par conjecture, s'essayer sur le mot en lui-même. Un cochet, ou jeune coq, était Jadis, dans certaines contrées, un plat que l'épousée donnait, pour se réjouir, aux jeuues garçons à ma-
RID
rier. De là peut-être ri-cochet, cochet en retour, c'est-à-dire chanson chantée dans les réunions de ces jeunes gens. Comparez cependant le verbe recocher, qui veut dire rebattre. C'est la chanson du ricochet se dit en italien la favola deW uccellino. t niCTUS (ri-klus'), s. m. Mot latin qu'on emploie quelquefois aujourd'hui, et qui signifie fente de la bouche. Cette bouche [celle de Voltaire] — je dis mal peut-être , mais ce n'est pas ma faute, — ce rictus épouvantable, courant d'une oreille à l'autre, J. de maistre, Soirées de St-Pétersbourg, iv.
— ÉTYM. Lat. rictum, supin de nnsor, grogner en montrant les dents.
t RIDAGE (ri-da-J'), s. m. Terme de marine. Action de rider un cordage.
— ÉTYM. Jltder a.
t RIDAIN (ri-din), t. m. Terme de pêcbe. Se dit de certaines rides du sol que l'on trouve au fond de la mer.
— ÉTYM. Ride.
RIDE (ri-d'), s. f.\\l' Pli du front, du visage, et des mains, et qui est ordinairement l'effet de l'âge. )e sais que les ans lui mettront Comme à toi les rides au front, malh. iv, te. Ses rides sur son front ont gravé ses exploits, corn. Cid, i, t. Je faiblis, ou du moins ils se le persuadent ; Pour bien écrire encor, j'ai trop longtemps écrit. Et les rides du front passent jusqu'à l'esprit, ID. Au roi, sur Cinna, Pompée, etc. Le Dauphin [duc de Bourgogne] devint grave sans rides, et en même temps gai et aisé, st-sim. 302, 49i. La peau peut toujours s'étendre tant que le volume du corps augmente; mais, lorsqu'il vient à diminuer, elle n'a pas tant de ressort qu'il faudrait pour se rétablir en entier dans son premier état; il reste alors des rides et des plis qui ne s'effacent plus, buff. Ilist. nat. hom. (Eut), t. IV, p. 360. Si l'on examine bien le visage d'un homme de vingt-cinq ou trente ans, on pourra déjà y découvrir l'origine de tontes les rides qu'il aura dans sa vieillesse, id. ib. Il n'était point flétri par les rides de l'âge, m. i. chén. Œdipe roi, m, 4. Lorsque les yeux chercheront sous vos rides Les traits charmants qui m'auront inspiré, Bérang. Bonne vieille. En rides sur mon front mes jours se sont écrits, LAMART. Harm. iv, 8. Oui, je suis jeune encore; et, quoique sur mon front, Où tant dépassions et d'œuvres germeront. Une ride de plus chaque jour soit tracée.... v. hugo, F. d'aut. xl. || Fig. L'âme ne peut être présentée à Dieu qu'elle ne soit sans tache et sans ride, boss. Yar. xv. || 2* U se dit des sillons ou plis d'une membrane ou d'une expansion quelconque. Il Terme de botanique. Nom donné à des enfoncements plus ou moins allongés, irréguliers et peu profonds. || Stries irrégulières sur la robe d'une coquille. || 3° Fig. et poétiquement, le froncement que le vent fait naître sur la surface de l'eau. Les petites nuances se perdent dans de grands tableaux, comme de légères rides sur la face de l'océan, cha- TEAUB. Génie, m, m, 4. [Le soirj La mer roule à ses bords la nuit dans chaque ride. Et tout ce qui chantait semble à présent gémir, lamart. Harm. u, 6. Il 4* Terme de géologie. Grand pli qu'offrent les terrains. Pour comprendre à quel point on ignorait la structure véritable des massifs et des rides de soulèvement qui constituent le relief de la croûte terrestre.... LAVELEYE, Rev. dcs Deux-JUondes, 4 6 juin 1866, p. 826. La région des hauts plateaux peut être considérée, dans la province d'Alger, comme un vaste plan coupé par des rides montagneuses régulières, MARES, Acad. des se. Comptes rendus, t. lx, p. t039. ||5° Au plur. Terme de chasse. Marques aux traces du sanglier, entre le talon et les gardes.
— HIST. XVI* s. J'ay honte que de.sjà ma peau descoulourée Se voit par mes ennuis de rides labourée, LA boétie, 520. Elle [la vieillesse! nous attache encore plus de rides en l'esprit qu'au visage, charron. Sagesse, 1, 36.
— ÉTYM. Voy. rider t.
I 2. RIDE (ri-d'), I. f. Terme de marine. Cordage d'un petit diamètre qui sert à en roidir un plus gros, au moyen de poulies, de moques ou de caps de mouton.
— ÉTYM. Voy. bider 2.
RIDE, ÉE (ri-dé, dée), part, passé de rider t. Il 1* Marqué de rides. On ne peut retenir ses larmes, quand on lui voit épancher son cœur sur de vieilles femmes qu'elle nourrissait ; des yeux si délicats firent leurs délices de ces visages ridés.... boss. Anne de Gonx. Le vieux Martian, le ridé Sertorius [personnages des tragédies de Corneille), volt. Lett. au princeroy.de Pr. 5 févr. 4 738. U verra leurs enfants appuyer sa vieillesse. Et sur son front ridé rappelant la gaité, Prêter encore un charme à sa caducité.
RID
ST-LAMB. Sais. II. Il 2' Flétri, ratatiné. Une pomma ridée. || 8* Terme de vénerie. Se dit des fumées des vieux cerfs et des vieilles biches.
RIDEAU (ri-dfl), s. m. || 1* Terme de guerre. Petite élévation de terre derrière laquelle on peut se cacher (par une dérivation du sens original, qui est froncement, repli). Vauban espère de pouvoir dérober le travail, la moitié de la nuit, à la faveur d'un rideau qui s'y rencontre, pellisson, Lett. hist. t. III, p. 468. Il 2* Terme de ponts et chaussées. Talus élevé au-dessus d'une roue, d'un canal, etc. Il Mur pour soutenir le pied d'un talus, d'une berge, il 3* Morceaux d'étoffe auquel sont attachés des anneaux coulant sur une tringle, et qu'on tire pour couvrir, cacher ou conserver quelque chose. Rideaux de lit, de fenêtre, de carrosse. Tu fermais les rideaux et veillais à l'entour, tbistan, Marianne, m, « un de ces tableaux Sur lesquels on met des rideaux, la FONT. Tahl. Quatre rideaux pompeux, par un double contour. En défendent l'entrée [d'une alcôve] àlaclartédujour, BoiL. Iu(r. i. Brinon, mon ami, lui dis-je avec un grand soupir, fermez le rideau [du lit], je suis indigne de voir le jour, hamilt. Cramm. m. Une épouse impatiente qui compte, sous ses rideaux, tous les coups de la cloche baptismale, CHATEAUB. Génie, I, I, 6. Il Fig. Fraîche comme on nous peint l'aurore Du jour entr'ouvrant les rideaux, bérang. Maudit print. || Tirer le rideau, le fermer, cacher quelque chose avec un rideau. Tirez le rideau, je veux dormir. Tirer le rideau sur un tableau. || Fig. Tirer le rideau sur, passer sous silence, ne plus s'occuper l'esprit de. Sur les noires couleurs d'un si triste tableau 11 faut passer l'éponge • ou tirer le rideau, corn. Rod. 11, 3. Je tire le rideau sur vos torts ; ils sont grands , mais il les faut oublier, sÉv. à Bussy, )3 nov. 4 687. Dans les éloges qu'on entreprend de la plupart des hommes extraordinaires, on est obligé de tirer le rideau sur les premières années de leur vie ; on laisse dans un sage oubli un temps où ils se sont oubliés euxmêmes, MASS. Or. /un. Yilleroy. || Tirer le rideau signifie aussi, en un sens contraire, l'ouvrir de devant quelque chose. Tirez le rideau, que je ma lève. Tirer le rideau de devant un tableau. || Fig. Tirer le rideau, écarter de devant les regards de l'esprit ce qui les intercepte. Redressez donc votre imagination, ma chère comtesse, et tirez les rideaux qui vous empêchent de me voir, sév. 7 févr. 4686. Elle [Madame de Coligny] se repent, elle ouvre les yeux, ce n'est plus la même personne, voilà le rideau tiré, id. 23 janv. (682. Mais, madame, vous êtes si bien disposée à entrer dans tout ce que je veux vous dire que je crois que je n'ai qu'à tirer le rideau et à vous montrer le monde, fon- TEN. les Mondes, t" soir. || Fig. Se tenir derrière le rideau, conduire une affaire sans se mettre eu avant, sans se faire connaître. || On dit dans un sens analogue : il y a quelqu'un derrière le ridcai». Il 4° U se dit de tout ce qui est disposé comme uu rideau de lit ou de croisée. Le fond [à l'opéra] est un grand rideau peint grossièrement, et presqus toujours percé ou déchiré, ce qui représente de» gouffres dans la terre ou des trous dans le ciel, selon la perspective ; chaque personne qui passe derrière le théâtre et touche le rideau, produit, en l'ébranlant, une sorte de tremblement de terre assez plaisant à voir, j. j. rouss. Ilél. 11, 23. ||Fig. Tirez le rideau, la farce est jouée, tout est fini. || Fig. Passer derrière le rideau , se retirer derrière le rideau , cesser d'être en évidence, ne plus s'occuper de. Il me parait que vous êtes si contente de la fortune de vos frères, que vous ne comptez plus sur la vôtre, vous vous retirez derrière le rideau, SÉV. 4(3, Ne voulez-vous pas bien me permettre présentement de passer derrière le rideau, et de vous faire venir sur le théâtre? id. t. vu, p. 422, éd. RÉGNIER. Il 5* Toile d'un théâtre qu'on lève pour montrer le spectacle aux spectateurs, et qu'on baisse pour leur cacher la scène. La pièce fut sifflée, et le rideau tomba avant la fin. || Fig. Ici finit l'histoire [d'une querelle de Boileau avec un jésuite], le rideau tombe ; Corbinelli me promet le reste, sbv. 4 5 janv. 4690.11 6* Haie ou palissade d'arhres ou d'arbrisseaux, produisant de l'ombre, ou rompant la violence du vent ou de l'eau. Partout se présente sur le rivage un rideau de palétuviers, alternativement détruit et renouvelé par la vase et par le sable, baynal, Hist. phil. xii, 21. Comme je n'aime pas les curieux, je fais planter devant leurs croisées un double rideau de peupliers, a. duval. Maison à rendre, se. 46. || Cette allée d'arhres, cette suite de maisons forme rideau, elle arrête la vue et cache les objets plus éloignés. || 7* Fig. Il se dit de
RID