RIO
RID
tout ce qui borne la vue. Je ne reui point que voua disiez que j'étais un rideau qui vous cachait; tant pis si je vous cachais, tous ^tes encore plus aimable quand on a tiré le rideau : il faut que vous soyez à découvert pour être dans votre perfection, sÉv. (6. Tertullien a dit : Le temps est comme un grand voile et un grand rideau qui est étendu devant l'éternité et qui nous la couvre, boss. 4* lermon, t" dim. car. 3. Le rideau de la nuit s'élève et se replie, ber- Kis, Relig. veng. m. La vue d'un beau visage ou d'un beau tableau affecte plus que celle d'une seule couleur; un ciel étoile, qu'un rideau d'azur, dideb. Bech. philos, sur le beau, Œuv. t. Ii, p. «64, dans POUGENS. La lune paraissait au milieu du firmament entourée d'un rideau de nuages que ses rayons dissipaient par degrés, bern. de st-pif.rre, Paul et Virginie. Ce cie\ qui devant moi si tristement s'ennuie, Dont le rideau jamais n'entrouvre un coin d'azur, p. LEBRUN, Poés. t. II, ï2. || 8' Terme de ponts et chaussées. Ensemble des chaînes, tringles et barres de fer, qui soutiennent le plancher d'un pont suspendu. Il 9* Terme de fumiste. Assemblage de trois ou quatre lames de tôle qui ouvrent ou ferment à volonté le devant d'une cheminée.
— HIST. XV' s. Demi journel de terre.... tenant d'une part au ridel ou hollon (petite colline) , du Cange, hoga. Rideau de taffetas roge tout d'une pièce, Bibl. desch. 6* série, t. l, p. 362. || ivi' s. Vousallez montant de rideaux en rideaux aisez à escarper jusques
aux maisons de la ville, d'aub. Hist. i, 298 Ville
n'aiant point de rampars, commandée tout de son long de divers rideaux de terre, id. ib. i, su. Serillac encores fut arresté par les harquebusiers de Boisseau et Poupeliniere, qui avoient fourni un rideau à <50 pas du village, et lesquels eucores qu'ils no fussent que 80.... id. ib. ii, 277.
— ETYM. Rider t . Le sens propre est froncement, petite ride.
t RIDÉE (ri-dée), s. f. Terme de chasse. Filet à pr tndre los alouettes.
). RIDELLE (ri-dè-l'), s. f. || l» Chacun des deux côtés d'une charrette qui sont faits en forme de râtelier, les ridelles de la charrette empêchent que ce qui est dedans ne tombe. L'une [marmotte], dit-on , se couche sur le dos, se laisse charger de foin, étend ses pattes en haut pour servir de ridelles , et ensuite se laisse traîner par les autres, qui la tirent par la queue et prennent garde en même temps que la voiture ne verse, buff. Quadrup. t. m, p. <2. Il 2° Dans les voitures d'artillerie, pièce de bois parallèle à l'axe de la voiture, qui limite les côtés & la partie supérieure. || 3° Brin de chêne en grume, qu'on réserve pour les charrons, en exploitant un bois.
— HIST. xiy* s. Un grant et pesant baston, appelle ridelle d'une chareie, du cange, redellus. Rizelle, ID. ib. || xv* s Rudelle, id. ib.
— ÉTVM. 11 y a, comme on voit, dans l'anc. français, ridelle, riielle et rudelle; du Cange donne aussi reddalle, gros bâton, et redon, bâton de fagot. On peut penser qu'on a là des dérivés du latin rudis, rudicula, baguette, et aussi de ridica, échalas, piquet.
t î. RIDELLE (ri-dè-r) ou RIDENNE (ri-dè-n'),
*. f. Voy. CHIPEAU.
j RIDKMENT (ri-de-man), s. m. Action de rider.
— HIST. XVI* s. Ridement, cotgrave.
— KTYM. Rider l.
4. RIDER (ri-dé), V. a. || !• Causer des rides. C'est elle [l'âme] qui nous ride ou nous aplanit le front en un instant, selon ses mouvements intérieurs, LA MOTHE LE VAYEn, Vertu des païens, n, Socrate. Le temps aux plus belles choses Se plaît i faire un affront. Et saura faner vos roses Comme il a ridé mon front, corn. Stances à une marquise. Ce qui égayait les autres ridait son front [d'un spectateur, à l'École des femmes], mol. Critique, 6. La vieillesse languissante et ennemie des plaisirs viendra rider ton visage, pén. Tél. xix. || Kig. et poétiquement. Le vent ride la surface de l'eau, y produit de légères ondulations. Zéphire d'un souffle épuré Ride la surface de l'onde, bebnis. Quatre sais. Print. Il 8° Se rider, v. réfl. Prendre, se donner un air ridé. Ce vieillard dans le chœur a déjà vu quatre âges.... X l'aspect du prélat qui tombe en défaillance, 11 devine son mal, il se ride, il s'avance, boil. Lulr. i. Il 3° Devenir ridé. Ces joues-là se rideront un jour, VOLT. Mtmnon. \\ Fig. et poétiquement. Se froncer sous l'impulsion du vent. La face de la mer se ride et se noircit, lamottr, dans destontaines. || Avec suppression du pronom personnel. Le moindre vent qui d'aventure Fait rider la face de l'eau Vous oblige à baisser la tête, la pont. fabl. i, ai.
— HIST. xiii* s. Mes cil qui jadis plus m'amoient. Vieille ridée me clamoient, la Rose, 4 3068. Ne le font mie toutes, mes aucunes le font [se farder). Quant temps ou maladie les ride, gaste ou font, MEUNO, Test. 1278. Il XIV* S. [La dame] Si li ala querre une mance De drap lingne [linge] ridée et blance, j. de condR, t. ii, p. 472. || xvi* s. Je ne ridois non plus le front de ce pensement là , que d'un aullre, mont, i, 77. Hors mis un repentir qui le cœur me dévore. Qui me ride le front, qui mon
chef décolore, du bell. vi , )i, rec(o Et que
jamais son front ne ridast de vieillesse, rons. 892. .... Et face que les bandes soient belles à voir, et qu'elles ne rident point, paré, xii, 2.
— ETYM. Ancien espagn. en-ridor; du germanique d'après Diez : ancien haut-allem. ga-rtdan, moyen haut-allem. rtden , tourner, tordre; reid, crépu. Les anciens étymologistes proposaient le grec fui!;, futtSo;; mais on ne voit pas comment ce mot grec serait entré dans le français.
1 2. RIDER (ri-dé) , v. a. Terme de marine. Roidir un cordage au moyen d'une ride.
— HIST. XVI* s. Lequel pont [de corde] , quand on vient au combat [à l'abordage], est jettà et ridé sur le chasteau devant , nicod. Pont.
— ÊTYM. Autre forme de roidir.
+ 3. RIDER (ri-dé) , v. n. Terme de chasse. Se dit en parlant d'un chien qui suit la bête sans crier.
— HIST. XV* s. Il arma vingt galées , et puis s'en vint ridant et singlant parmy la mer, froiss. m,
p. 98, dans LACURNE.
— ETYM. Origine germanique : angl. toride, ail. reiten, aller à cheval, qui se dit aussi de la marche des navires, d'après Grimm.
I. RIDICULE (ri-di-ku-r), adj. || 1* Digne de risée, en parlant des personnes et des choses. Je ne m'étonne pas que vous ayez ri tout votre soûl , en m'écrivant l'étrange bruit qui court de moi, que je n'ai ni bonté ni amitié; car, sans mentir, il ne s'est jamais rien dit de si ridicule, voit. Lett. 66. Allons fouler aux pieds ce foudre ridicule , cobn. Poly. ii, 6. Ce qui est nécessaire n'est jamais ridicule, retz, Mém. t. m, liv. iv, p. 333, dans pougens. On sera ridicule, et je n'oserai rirel boil. Sat. ix. Es-tu toi-même si crédule Que de me soupçonner d'un courroux ridicule? rac. Bajax. iv, 7. L'homme ridicule est celui qui, tant qu'il demeure tel, a les apparences d'un sot, la bruy. xii. J'ai toujours fait une prière à Dieu, qui est fort courte ; la voici : Mon Dieu, rendez nos ennemis bien ridicules ! Dieu m'a exaucé, volt. Lelt. Damilaville , I6 mai <787. Dubois fut bientôt après cardinal et premier ministre, et pendant son ministère tout fut ridicule et tranquille, id. Hist. pari. lxii. Vraiment je ne savais pas que vous eussiez enterré votre médecin ; je ne sais rien de si ridicule qu'un médecin qui ne meurt pas de vieillesse, id. Lelt. d'Argental, « nov. 4 767. Comme la mode est parmi nous la raison excellente, nous jugeons des actions, des idées et des sentiments sur leur rapport avec la mode ; tout ce qui n'y est pas conforme est trouvé ridicule, duclos, Consid. moeurs, ix. Ce n'est pas ce qui est criminel qui coûte le plus à dire, c'est ce qui est ridicule et honteux, j. I. KODSS. Conf. I. Il Je suis ridicule , je m'émeus facilement , je pleure facilement (parce que ne pas retenir ses larmes devant le monde passe pour ridicule). Il En un sens analogue, avoir le cœur ridicule, s'attacher facilement. Elle [la princesse de Tarente] a le cœur comme de cire, et s'en vante, disant assez plaisamment qu'elle a le cœur ridicule, sÉv. 4 4 déc. (675. Il i' S. m. et f. Un ridicule, une ridicule, une personne ridicule. Ne voyez-vous pas que c'est un ridicule qu'il fait parler? mol. Crit. 7. La constance n'est bonne que pour des ridicules, id. D. Juan, i, 2. Parbleu ! je viens du Louvre, où Cléante au levé. Madame, a bien paru ridicule achevé, id. Mis. ii, 6. Fi donc! c'est une ridicule; à son âge épouser un jeune homme 1 dancourt, MmeÀrtus, v, 1 4. Taisezvous, s'il vous plaît, petite ridicule, regnard, le Joueur, II, 40. || 3° S. m. Ce qu'il y a de ridicule dans une personne ou dans une chose. Le ridicule déshonore plus que le déshonneur, la hochefouc. Max. 32». Ce mot [pris substantivement] n'est pas fort ancien ....on n'a pas toujours dit : trouver le ridicule d'une chose, bouhouhs, Entret. d'Ar. et d'Eug. p. 420 (4674). Il est bien plus aisé de se guinder sur de grands sentiments... que d'entrer comme il faut dans le ridicule des hommes, UOL. Critique, 7. Un homme de la cour disait l'autre jour à Mme de Ludre : Madame, vous êtes, ma foi, plus belle que jamais. Tout de bon, dit-elle, j'ensuis bien aise, c'est un ridicule de moins. J'ai trouvé cela plaisant, siv. 3(6. Le ridicule qui est quelque part, il
faut l'y voir, l'en tirer avec grâce et d'une manière qui plaise et qui instruise [au théâtre], LA mur. I. X mesure que la faveur et les grands biens se retirent d'un homme, ils laissent voir en lui les ridicules qu'ils couvraient et qui y étaient sans que personne s'en aperçût, id. vi. I« sot ne se tire jamais du ridi< cule ; c'est son caractère ; l'on y entre quelquefois avec de l'esprit, mais l'on en nort, id. xn. Ahl bon Dieu I dis-je en moi-même, ne sentirons-nous jamais que le ridicule des autresT montesq. Lelt. pert. 62. Le duel [entre Charles-Quint et François I*'] n'eut point lieu; tant d'appareil n'aboutit qu'au ridicule, dont le trône même ne garantit pas les hommes, volt. Moeurs, 4 24. Le ridicule consiste à choquer la mode ou l'opinion, et communément on les confond assez avec la raison, doclos, Consid. maurt, ». Elle [Corinne] apercevait le ridicule avec la gaieté d'une Française, et le peignait avec l'imagination d'une Italienne, stael, Corinne, III, 4 . Il En ridicule, d'une manière qui excite la moquerie. On lui dit [à la Voisin empoisonneuse] qu'elle ferait bien mieux.... de chanter un Ave maris Stella ou un Sal»e que toutes ses chansons; elle chanta l'un et l'autre en ridicule, SÊV. 23 févr. 4680. [Napoléon] sachant bien.... que les délicatesses et les grâces que quelques-uns apportent de nos salons sont à leurs yeux [des soldats] faible.sse, pusillanimité, et que c'est pour eux comme une langue éirangère qu'ils ne comprennent pas et dont l'accent les frappe en ridicule, sÉouR, Hist. deNap. m, ». |j Tourner, traduire en ridicule, se moquer. Tout de bon, mes pères, il serait aisé de vous tourner là-dessus en ridicule, pasc. Prov. XII. Aimez-moi; quoique nous ayons tourné ce mot en ridicule, il est naturel, sêv. 69. La vertu est traduite en ridicule, bourdal. Domin. iv. Zèle honn. relig. 289. Quand une fois on a tourné l'enthousiasme en ridicule, on a tout défait, excepté l'argent et le pouvoir, stael, Corinne, iv, 3. || Par un jeu de mots sur traduire en ridicule, qui veut dire rendre ridicule, et sur traduire signifiant translater. D'un savant traducteur on a beau faire choix [pour les poêles grecs]. C'est les traduire en ridicule Que de les traduire en françois, Perrault, Parallèle des anciens et des modernes, préface. On dit que l'apostat la Bletterie, qui avait fait un livre passable sur le brave apostat Julien, vient de traduire Tacite en ridicule, volt. Lett. La Harpe, 2 juin 4768. Il Donner, prêter un ridicule, rendre ridicule. Ne cherchez-vous pas à plaire, en donnant du ridicule à un homme qui ne platt pas? mass. Carême, Midis. Quoique vous sentiez très bien les ridicules, personne n'est plus éloigné que vous d'en donner, d'alemb. Portr. de Mlle de l'Espinasse. Diogène, lui dit un troisième, on vous donne bien des ridicules. — Mais je ne les reçois pas, barthél. Ànach. ch. 28. || Se donner un ridicule, des ridicules, se rendre un objet de moquerie. Il était fort honnête homme, assez sérieux, fort sévère et mortel ennemi du ridicule; la laideur de sa femme ne lui était pas tant à charge que celui qu'elle se donnait dans toutes les occasions qui s'en présentaient, hamilt. Gramm. 7 Que je medonne un pareil ridicule! Rompre avec un ami! grf.sset, L- Méch. iv, 4. Il 4* Discours ou acte par lequel on se moque d'une personne. Nos vices ne sont pas les vices qu'Horace et Juvénal ont repris ; nous devons employer un autre ridicule, et nous servir d'une autre censure, st-évremond, dans richelet. Vous êtes cruelle de donner en l'air des traits de ridicule à des endroits [de l'opéra de Roland] qui vous feront pleurer, SÉv. 28 janv. 4 685. Ohl je vois bien que vous n'avez pas compris les perfections de la plaisanterie, toute sagesse y est renfermée; on peut tirer du ridicule de tout, FONTEN.Diai. 4, Morts aru. moii. Les maximes du ridicule que les femmes s'entendent si bien i établir, montesq. Esp. vu, 8. Le ridicule est le fléau des gens du monde, et il est assez juste qu'ils aient pour tyran un être fantastique, duclos, Consid. mœurs, ». Mal appliquer le ridicule, c'est souffler sur une glace : l'humidité de l'haleine disparaît d'elle-même, et le cristal reprend son éclat, didb- BOT, Mémoires, Prom. d'un scept. Le ridicule n'est, à ses yeux, que la raison des sots ; et rien ne rend plus insensible à la raillerie que d'être au-dessus de l'opinion,). J. Rouss. Ém. iv. |16* Terme de théâtre. Ce qui prête au comique. Il peut y avoir un ridicule si bas, si grossier, ou même si fade et si indifférent, qu'il n'est ni permis au poète d'y faire attention, ni possible aux spectateurs de s'en divertir, LA BRUY. l. Que les caractères qui sont susceptibles de ridicules en grand sont presque entièrement épuisés; qu'il ne nous reste guère à peindre que des ridicules fugitifs, des ridicules de société et de
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mode, plus faits pour les sages que pour le parterre, d'alemb. Éloges, la Chaussée.
— HEM. Au xvn' siècle, Marg. BufTet, Ohserv. p. 49, recommande de ne pas dire rédicule, rédiculement, c'est une faute qui se fait encore.
— SYN BiDicuLE, msiBLE. Ridicule, qui excite la risée, risible, qui est propre à exciter le rire. On rit de ce qui est risible ; on se rit de ce qui est ridicule. Risible se prend en bonne et en mauvaise part; ridicule ne se prend qu'en mauvaise part. Risible pris en mauvaise part dit beaucoup me ns que ridicule.
— HIST. XVI* s. Et feut ridicule l'humour de Polycrates, tyran de Samos, lequel, pour interrompre le cours de son continuel bonheur... allajecterenlamer le plus cher et précieux joyau qu'il eut, mont, ii, 258.
— ÉTYM. Lat. ririicitlus, de ridere, rire. t2.RII)lCCI.K(ri-di-ku-r),î. m. Voy. RÉTICULE, n'2. RIDICULE.MENT (ri-di-ku-le-man), adv. D'une
manière ridicule. Croire ridiculement aux démons, tandis qu'ils se font un honneur de ne pas croire en Dieu, MASS. Carême, Doutes. Tout se fait bien ridiculement dans votre pays velche, volt. Leit. d'Argental, n sept. (769.
— f.TYM. Ridicule, et le suffixe ment.
RiniCULISft, ÉE (ri-di-l£u-li-zé, zée) , part.
passé (le ridiculiser.
BiniCULISER (ri-di-ku-Ii-zé), v. 0.111° Tourner en ridicule. Je ne puis croire que l'auteur des Doutes avait voulu rendre ridicule M. Ménage, ou, pour me servir de son mot, le ridiculiser, dit M. Bouhours; ridiculiser est un mot très-usité parmi nous dans le discours et dans le style familier, ménage, Observ. 2' part. p. 200. Vous qui n'aime?, pas les portraits, j'ai compris que vous seriez la première à me ridiculiser, sÉv. 343. Ridiculiser dans M. Jourdain cette prétention, si commune à la richesse roturière, de rivaliser avec la noblesse, la- HABPE, Co\trs de lilt. t. viii, p. 262. Il 2° Se ridiculiser, 1). rcfl. Se rendre ridicule. Vous ne sauriez l'épuiser, il sait toutes les manières de se ridiculiser, COTIN, dans riciielf.t. Ce serait se ridiculiser que d'agir autrement, mariv. Pays. parv. «• part.
— ETYM. Ridicule.
tRir)ICULlSSIME(ri-di-ku-li-ssi-m'), adj. Terme
familier. Très-ridicule, lis [les évêquesj ont eu l'humilité de changer en monseigneur le titre de révérendissime père en Dieu, qu'ils avaient porté douze centsans; pour Jean-George [évêque du l'uy], iln'e.sl assurément que ridiculissime, volt, dans laveaux.
— ÉTYM. Lat. ridiculisstmus, superl. de ridiculus, ridicule.
RIDICULITÉ (ri-di-ku-li-té), s. f. \\ 1" Qualité de ce qui est ridicule. Elle [Mlle du Plessis] a les meilleurs sentiments du monda ; j'admire que cela puisse être gâté par l'impertinence de son esprit et la ridiculité de ses manières, sÉv. i» cet. (675. Vous jugez très-juste du moi des Essais de morale; il est vrai qu'il y a, comme disait le vieux Chapelain, teinture de ridiculité dans cette expression, ID. 30 juin, 1676. Il 2° Action ou parole ridicule. J'abuserais de votre patience, si je rapportais toutes les ridiculités dont ce chapitre est rempli, fréron, Année liit. t70O, t. i, p. 8«.
— f.TYM. Ridicule.
t RIDOIR (ri-doir), s. m. Terme de marine. Machine pour rider.
— ETYM. Rider 2.
t RIDOTTE (ri-do-f), ». «i. Synonyme inusité de redoute. 11 y a quelques mois que je le trouvai au ridotte, duclos, Œuv. t. viii, p. 39.
— ETYM. Ital. n'dodo.Voy. beloute n" 3. RIËBLE (riè-bl'), j. m. Le gaillet accrochant
(rubiacées).
— lliST. xvf s. Rieble, cotgrave.
— ETYM. Origine inconnue.
RIEN (riin), t. m. indéterminé. \\t- Quelque chose. Il 2' Avec la négation ne, nulle chose. || 3° N'être rien. N'être de rien. i| 4° De rien, avec ne, nullement. Il B' Ne rien faire. N'avoir rien. Ne rien dire. Il 6- Cela ne fait rien. || 7- Ne faire semblant de rien. Il 8" Ne compter pour rien. || 9» Il n'en est rien || 10* Ne savoir rien de rien. || 11» Rien se dit quel|uefois des personnes. || 12* Ne... rien que uniquement, seulement. || 13- Ne.... rien moins que! Ne... nen de moins. || 14- Rien suivi d'un adjectif, dont II est séparé par de. \\ 15' Rien sans la négative »e disant pour nulle chose. || 16» Do rien, après un lUbstantif, marque la petitesse, le peu de valeur Il 17' Rien que cela. 1| 18- Il sigrifle quelquefois par exagération, peu de chose. Si peu que rien. || 19» Rien peut êlre représenté par le pronom il. || 20- S m déterminé. Néant, nullité. || 2l« Peu de chose! Il 21- itu plur. Bagatelles, choses <le peu d'impor-
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tance. || 13° Rien pris adverbialement. || 24° En rien, nullement. || 25° En moins de rien. j| 26° Comme si de rien n'était.
1° Quelque chose (sens étymologique, sens propre, qui a été longtemps le sens essentiel et qui est encore conservé). En tous les bienfaits d'importance, la preuve ne peut avoir de lieu; car il n'y a liion souvent que deux qui en sachent rien, malii. le Traité des bienf. de .Srnèque, m, lo. Et si rien à présent peut troubler son bonheur, C'est de te voir pour lui répandre lant de larme.s, racan. Stances, Conseils à M. de Rellrgarde. Je vous envoie des vers que je fis il y a trois ans.... faites-moi l'honneur, s'il vous plaSt, de me nian<ler si c'est rien qui vaille, voit. LeIt. (90. Cependant plus j'y songe, el plus je m'examine, Moins je trouve, soigneur, à me reprocher rien, cos:^. Agésil. m, i. Son nom fait tout pour lui sans qu'il en sache rien, id. Sertor. i, t. Je croirais vous trahir.... Si je vous cachais rien des justes sentiments.... ID. Ages, v, 4. Tu n'as pas sujet de rien
appréhender, mol. l'Ét. v, 7 Contre la coutume
de France, qui ne veut pas qu'un gentilhomme sache rien faire, m. Sicil. tn. Pourquoi consontiezvous à rien prendre de lui? id. Tart. v, 7. Allez demander aux médecins s'il y a rien de plus préjudiciable à l'homme que de manger avec excès, id. VAv. III, 5. 11 faut que Mme la maréchale ait renoncé à louer jamais rien, puisqu'elle ne loue pas cette pièce, sÉv. 6i9. X Dieu ne plaise que je d.minue rien par mon discours d'un mérite aussi rare que celui-là ! boubd. Orais fun. de Condé, 1. 1| C'est en vertu de cette signification que l'on construit quelquefois ne.... pas, avec rien. On ne veut pas rien faire ici qui vous déplaise, hac. Plaid, n, 6. Il Autrement on ne construit pas ne.... pas, avec rien; construction qui est blâmée dans ces vers de Molière. Martine : Et tous vos biaux dictons ne servent pas de rien. — Bélise : De pas mis avec rien tu fais la récidive, Et c'est, comme on t'a dit, trop d'une négative, Fem. sav. n, 6. || 2° Avec la particule négative ne, rien signifie nulle chose. Ne crois rien précieux, ne crois rien admirable. Rien noble, rien enfin dans la solidité. Que ce qui doit aller jusqu'à l'éternité, corn. Imit. m, 4. Voulez-vous que moi, chien, qui n'ai rien à la chose, Sans aucun intérêt je perde le repos? la pont. Fabl. xi, 3. 11 y a cinq ou six petits mots qui ne valent rien du tout, et qui sont d'un homme qui ne sait pas le monde, SÉV. 89. Un homme [Cromwell] ....qui ne laissait rien à la fortune de ce qu'il pouvait lui ôler par conseil et par prévoyance, boss. Reine d'Anglet. Non, mes frères, les Philistins défaits et les ours même déchirés de ses mains [de David] ne sont rien en comparaison de sa grandeur qu'il a domptée, id. Uar.-Thér. Tout à coup on voit arriver le moment fatal où la terre n'a plus rien pour elle [la reine] que des pleurs, id. ib. Je dois vous représenter aujourd'hui un magistrat qui n'a rien ignoré, ni rien négligé dans son ministère, fléch. Lamoignon. Remords, crainte, périls, rien ne m'a retenue, rac. Bril. IV, 2. 11 ne faut rien pour gâter les plaisirs : ce sont des lits de roses, où il est bien difficile que toutes les feuilles se tiennent étendues, et qu'aucune ne se plie, fonten. Dial. 2, Uorts anc. La mesure de bonheur qui nous a été donnée est assez petite, il n'en faut rien perdre, i D. Kond. 4' soir. Rien n'est si beau à voir que l'Egypte dans deux saisons de l'année, rollin, Ilist. anc. Œuv. t. i, p. 44, dans POtJOF.NS. N'ayant rien fait pour nous, il n'a rien mérité, volt. Ifér. i, 3. L'axiome: Rien ne vient de rien, a été le fondement de toute philosophie, ID. Dict. phil. Génération. Dumarsais, disait un riche avare, est un fort honnête homme; il y a quarante ans qu'il est mon ami, il est pauvre, et il ne m'a jamais rien demandé, d'alemb. Éloges, Dumarsais. || Que rien plus, ellipse pour : que rien ne l'est plus. Ils soutiennent qu'un tel repentir [sincère, à l'article de la mort] est si rare que rien plus, Anal, de Bayle, t. m, p. 282. || Cela ne ressemble à rien, se dit d'une chose inconvenante, mal faite. Vous avez bien raison de dire que dans ce siècle il y a des choses qui ne ressemblent à rien, et beaucoup de riens qu'on voudrait faire ressembler à des choses, volt. Lelt. de l'Élect. palatin à Volt. 2a oct. (768. Il Kig. On ne fait rien de rien, on ne saurait réu.ssir en quoi que ce soit, si on n'a quelques moyens, quelques ressources pour y parvenir. Il Cette affaire ne tient à rien, presque rien n'empêche qu'elle ne se fasse. || Il ne tint à rien qu'il ne fit telle chose, il ne s'en fallut presque rien qu'il ne la fit. Il C'est un homme qui ne met rien contre lui, c'est un homme très-circonspect dans ses actes ou dans ses discours. || S" N'être rien, n'occuper aucun
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emploi, aucune position. Il comptait pour beaucoup cet avantage si peu recherché de n'être rien, fonten. Reyneau. Vous épousez une personne qui n'est rien, et qui n'a rien, mabiv. Marianne, part. 8. Je vois s'accomplir cette prédiction que me lit autrefois mon père : tu ne seras jamais rien, p. L. coun. Lelt. à l'Acad. des inscriptions. || N'être rien, n'être d'aucun prix, d'aucune valeur, d'aucun intérêt, n'clro compté pour rien. Un simple soldat qu'on emportait fort blessé, comme on le plaignait en le voyant tout couvert de .sang : ce n'est rien, dit-il, le réginient a fait son devoir, pellisson, l.ett. hist. t. I, p. 330. Je ne suis pas de ceux qui disent : ce n'est rien. C'est une femme qui se noie, la font. Fabl. m, 1 0. Le concile d'Pphèse ne leur est plus rien [aux calvinistes], BOSs. (" avert. (9. Les maux d'autrui ne sont rien à nos yeux, mass. Avent, Afftict. Mes bons amis, et bien boire el bien rire N'est rien encor sans les amours, bRbang. Meschev. || Cet homme ne m'est rien, n'esrl pas mon parent. Il [un pauvre diable] descend de Pierre Corneille, en droite ligne, et Mlle Corneille, à la rigueur, n'est rien à Pierre Corneille, VOLT. Lelt. d'Argental, 9 mars (703. || N'être de rien à quelqu'un, ne l'intéresser en aucune façon. Le beau temps ne vous est de rien, vous y êtes trop accoutumée, sév. (O nov. (675. (X vous calvinistes, qui pactisez avec les luthériens] on voit bien que la sainte table ne vous est de rien, boss. 2* avert. 23. Sans compter que nous ne vous sommes de rien, ni vous de rien à nous, mariv. Marianne, part. 3. Cette affaire [de Sirven] agite toute mon âme : les tragédies, les comédies ne me sont plus de rien, VOLT. Lelt. d'Argental, (O févr. I766. || N'être de rien, n'appartenir à rien. Les morts ne sont plus de rien, ils n'ont plus de part à la société humaine, BOSS. Panég. St Franc, de Paule, (. ||4° De rien avec ne, nullement. Elle ne peut de rien profiter ni aussi de rien nuire, desc. Diopl. 9. Il ne sera pas dit que je ne serve de rien dans celte affaire-là, MOL. Sicil. (0. Mon indulgence ne servirait de rien, il faut qu'elle [la demande en grâce] soit signée de trois autres de mes confrères, volt. Zadig, <3. Il De rien, se dit absolument et populairement, pour : ce n'en vaut pas la peine. Je vous remercie du coup de main que vous m'avez donné. — De rien. Il S° Ne rien faire, demeurer dans l'oisiveté, le repos. Quant à son temps, bien le sut dispenser : Deux parts en fit, dont il soûlait passer L'une à dormir et l'autre à ne rien faire, la font. Épilaphe. || Avec ellipse de ne. Passer.... La nuit à bien dormir et le jour à rien faire, boil. Sat. ii. L'homme.... Et formé pour agir se plaisait à rien faire, volt. Dise. 6. Il Ne rien faire, n'avoir aucun emploi. || Il ne fait plus rien, il n'a plus d'emploi. || N'avoir rien, être sans fortune. Vous n'avez rien ; vous trouvez un établissement le plus avantageux et le plus brillant, GENLIS, rhèâl d'éduc. Bonne mère, u, 6. || Ne rien dire, garder le silence, se taire. || Ne rien dire signifie aussi dire des choses qui ne sont que du bavardage. Celle qui toujours parle et ne dit jamais rien, noiL. Sat. x. || Ne parler de rien, ganler le silence sur un objet qu'on a sur le cœur, ou qui préoccupe, ouqui importe. Mme de S*** neme parla de rien ; mais elle me reçut avec une froideur qui me fit assez connaître son juste ressentiment, gen- Lis, Mères rie. t. n, p. (((.dans pougens. {[ Fig. Ne rien dire, avec un nom de chose pour sujet, ne pas agréer, ne pas intéresser. Cela ne me dit rien. Il 6° Familièrement. Cela ne fait rien, est de peu d'importance. Cela ne me fait rien. Deux ou trois pages qui ne font rien à la question, boss. 3» Avert. 31. Il On dit dans le même sens : cela me fait moins que rien. || 7° Ne faire semblant de rien, se comporter comme si on ignorait, comme si on ne s'intéressait pas à. Ne faites pas semblant de rien, et me laissez faire tous deux, moi.. G. Dand. ii, (O. || Avec ellipse de ne. Pour moi je vais faire semblant de rien, MOL. G. Dand. I, 2. || 8° Ne compter pour rien, n'avoir aucun égard à, ne faire aucun cas de. Vous ne comptez pour rien les pleurs de Bérénice, rac. Bér. iv, 5, Tout le reste de la terre n'est compté pour rien, mass. Carême, Fnfant prod. \\ Avec ellipse de ne. X ce» mauvaises dispositions introduites dans les esprits par la réforme, ajoutons l'autorité de l'Église méprisée, la succession des pasteurs comptée pour rien, BOSS. l'or. XV. Il compte même pour rien la réputation, FÉN. Tél. XI. Et comptez-vous pour rien Dieu qui combat pour nous? bac. Alhal. i, (.||0n dit aussi: ne compter à rien, ne compter rien. Je ne vous compte à rien le nom de mon époux, corn. Poly. IV, 3. .Moi qui ne compte rien ni le vin ni la chère, Si l'on n'est plus au large assis en un festin Qu'aux sermons de Cassagne ou de l'abbé Colin , boil. Sat.
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m. |I9* Il n'en est rien, la chose dont il s'agit n'exisle pas. S'il y avait un homme alors auprès duquel la plillosophie d'Eusèbe devait réussir, c'était l'empereur Julien ; cependant II n'en fut rien , DiDER. Opin. des anc. phil. {Éclectisme). || Il n'y a rien que.... il y a peu de temps que.... Il n'y a rien (lu'il était ii'i.lJlO'' Familièrement. Ne savoir rien de rien, ne savoir absolument rien. Ver-vert, c'était le nom du personnage, Transplanté là de l'indien rivage , Fut , jeune encor, ne sachant rien de rien , Au susdit cloître enfermé pour son bien , GRKss. Ver-rert , ch. i. J'eus la bêtise de dire à M. Montaigu, qui ne savait rien de rien, ce que j'avais fait, J. J. Rouss. Conf. vu. || Ne dire rien de rien , ne dire rien du fait principal ni des circonstances qui s'y rapportent. || 11° Rien se dit quelquefois des personnes. Oui, je deviens tout autre avec son entrelien [de Tartufe], Il m'enseigne à n'avoir affection pour rien, Et je verrais mourir frère, enfant, mère et femme.... mol. Tari, i, 6. C'est n'estimer rien qu'estimer tout le monde, in. Ilis. i, l. Il 12° fie ... rien que, uniquement, seulement. Il [le dauphin] s'aperçoit qu'il n'a tiré Du fond des eaux rien qu'une bête, la font. Fabl. iv, 7. L'artisan exprima si bien Le caractère de l'idole. Qu'on trouva qu'il ne minquait rien A Jupiter que la parole, lu. i6. IX, 6. Kt plusieurs qui tantôt ont appris mon martyre, Bien loin d'y prendre part, n'en ont rien fait que rire, mol. Sga». I6. Monsieur, vous n'avez rien qu'à dire, Je mentirai si vous voulez, in. Amph. n, l. Cs qu'il avait vu arriver à tant de sages vieillards , qui semblaient n'être plus rien que leur ombre propre, le rendait continuellement attentif à lui-même , boss. le Tellier. Sans rien prétendre Que quelque heure à me voir.... rac. Bér. H, 2. Il Elliptiquement, rien que, en ne faisant que, en ne comptant que. Rien que d'y penser, je gage Ou'il meurt presque en ce moment, bérang. Billet d'enterr. Il [notre siècle] les domine tous [les siècles], rien que par ses tombeaux, v. hugo, Udes, m, 6. On l'eût pris pour un capitaine. Rien qu'à voir sa mine hautaine , id. la Fiancée du tivtbalier. Il 13° Ne.... rien moins que, locution qui signifie nullement. Ma comédie n'est rien moins que ce qu'on ve\it qu'elle soit, mol. f plac. ou roi. Un pédant qu'à tout coup votre femme apostrophe Du nom de bel esprit et de grand philosophe , D'homme qu'en vers galants jamais on n'égala. Et qui n'est, comme on sait , rien moins que tout cela! id. F. sav. ii, 9. Aujourd'hui des troupes de femmes, faisant profession de piété et conduites par un directeur qui certainement n'est rien moins que saint Augustin.... BOUBD. Pensées, t. il, p. 352. Je sais que vous n'avez trouvé rien moins que ce que vous espériez dans la situation où vous êtes, staal, llém. t. i, p. 229. Il arrive souvent [en changeant quel(|ue chose au livre d'un autre] qu'on s'écarte du sujet, et qu'on ne fait rien moins que le perfectionner, Xétn. de Trévoux, (725, t. i, p. <I0. Croyez-moi, Rousseau n'est rien moins qu'un méchant homme MARMONTEL, ilém. viii. || Absolument. Un jour que je ne pensais à rien moins, on vint me chercher de la part du comte de la Roque, j. j. rouss. Conf. m. Il Elliptiquement. Vous a-t-il fait dire des choses impertinentes [Virgile, dans l'Éncidej"? — Rien moins.... j'y dis lie très-belles choses, fonten. Didon, Stratonice. Il Ne.... rien moins, se dit quelquefjis pour rien moindre, el prend alors un sens aftirmatif signifiant que l'objet dont il s'agit n'est pas moindre que. Ces riches vêlements dont le baptême les a revêtus; vêlements qui ne sont rien moins que Jésus- Christ même, selon ce que dit l'apôtre, boss. llar.- Thér. Quand Dieu.... choisit une personne d'un si grand éclat pour être l'objet de son éternelle miséricorde, il ne se propose rien moins que d'instruire tout l'univers, m. Anne de Gonx. Ij Ne.... rien de moins, locution qui signifie rien de moindre. Le parti [les prolestants] n'eut pas plus tôt senti ses forces, qu'on n'y médita rien de moins que de partager l'autorité, boss. 5« arert. 5. Une indifférence, qui, selon M. Jurieu, ne tend à rien de moins qu'à renverser le christianisme, id. 6* avert. m, a. Il ne faut rien de moins dans les cours qu'une vraie et naïve impudence pour réussir, la bbuy. vm. || 14° Quand rien est suivi d'un adjectif, on les sépare par la préposition de. Rien de lâcheux n'est arrivé. Il ne se fait rien d'utile. Il n'est rien de tel que de se bien porter. {| On supprime quelquefois de dans le style archaïque et dans le style poétique. Et n'ayant rien si cher que ton obéissance malh. u, t. Seigneur, réglez si bien ce violent courroux. Qu'il n'en échappe rien trop indigne de vous, cohn. IlUod, iVj 6. 11 n'est rien tel en ce monde que de
«e contenter , mol. Z>. Juan, i, i. Il n'est rien tel que les jésuites, pasc. Prov. iv. Il n'est rien tel que d'être à son aise, hamilt. Gramm. 9. Il 15° Par abus, rien, sans la négative ne, se dit pour nulle chose. Tout ou rien. Rien du tout. Dieu a créé le monde de rien. Le roi et ceux qui l'accompagnaient admirèrent le courage de ce jeune homme, qui considérait comme rien les plus grands tourments, saci. Bible, Uachab. u, vu, a. Qu'appelles-lu sur rien, dis? — J'appelle sur rien Ce qui sur rien s'appelle en vers ainsi qu'en prose; Et rien, comme tu le sais bien. Veut dire rien ou peu de chose, mol. Amph. II , 3. Et sa morale faite à mépriser le bien Sur l'aigreur de sa bile opère comme rien, id. F. sav. 11, 9. Laissez faire; ils ne sont pas au bout; J'y vendrai ma chemise, et je veux rien ou tout, rac. Plaid. r, 7. Quoi, dira-t-on, aimer sans plaire? Oui, n'est-ce donc rien que d'aimer? lamotte, Oies, t. i, p. 220, dans pouOENS. Encore une fois, le testament qu'elle a fait pour moi el rien, c'est la même chose, mariv. Uarianne, part lO. Il n'y a personne d'assez hardi pour dire que les choses retourneront à rien ; comment peut-on être assez hardi pour dire qu'elles viennent de rien? volt. Dicl. phil Newl. i, ». || Par exagération. Si peu que rien, pas plus gros que rien, moins que rien, extrêmement peu, très-petit. Donnez-m'en si peu que rien. Il me semble que je vais vous rendre mille petits services, pas plus gros que rien, siîv. I5 oct. 1677. Arisle veut me voir pour moins que rien peut-être, PiCARn, ilédiocre et rampant, ui, 8. Il Dans une réponse, rien se dit pour nulle chose. Que vous a-l-il donné? rien. || Pour rien, gratuitement, sans payer. Je veux une compagnie de cavalerie pour rien, volt. VIngénu, ». || Fig. Pour rien, sans s'en ressentir. Pigeon n'aime que trop bien, N'étant pas, comme on peut croire, L'oiseau de Vénus pour rien, piron, Fables. Ce roi [Frédéric II] a aussi les siens [préjugés] ((u'il faut lui pardonner; on n'est pas roi pour rien, volt. Lett. d'A lemb. < t juin 1770. Il Réduire à rien, anéantir. Seigneur, tu te moqueras d'elles [des nalions] , et tu les réduiras à rien, volt. Philos. Déf. mil. Bolingbr. 44. || Cela s'est réduit à rien, il n'en est presque rien resté; se dit aussi d'une affaire dont on se promettait un grand succès et qui n'en a eu aucun. || On dit dans un sens analogue : venir, devenir, aller à rien. Ce grand voyage de M. le Prince et de M. de Turenne, pour aller dégager M. de Luxembourg, est devenu à rien, sÉv. (82. Ma terre de Bourbilly est quasi devenue à rien par le rabais et par le peu de débit des blés et autres grains, in. H mai I687. Cette ressemblance devient à rien, id. 585. [L'abbé d'Auvergne] C'était un fort gros homme, qui vint à rien avant qu'être arrêté dans sa chambre, st-sim. 188, 4. Il 16° De rien, après un substantif, marque la petitesse, le peu de valeur, le peu d'importance, etc. Elle a dans la tête une philosophie Qui déclare la guerre au conjugal lien. Et vous traite l'amour de déité de rien, mol. Princ. d'Él. i, 2. Un précipice caché derrière une petite haie de rien, sÉv. 18 oct. 1688. Louvois tire de son côté une petite épée de rien qu'il portait, en présente la garde au roi, stsiM. 407, 91. Il Cet homme est venu de rien, s'est élevé de rien, il est venu d'une basse condition. Il s'était élevé de rien à une fortune considérable, iiAMiLT. Gramm. s. || Dans le même sens : un homme de rien. Vous n'êtes pas homme de rien, Ou ma foi je me trompe bien , scarr. Virg. i. Puis se marie, épouse une fille de rien. Dont le moindre défaut fut de naître sans bien, collin d'harlev. Vieux célib. iv, 11. Chardon de la Rochette.... paysan comme moi malgré ce nom pompeux , n'ayant que du savoir, de la probité, des mœurs, enfin un homme de rien, p. L. cour. Lettre à l'Académie. Il 17° Familièrement. Rien que cela, se dit, par antiphrase, pour exprimer quelque chose qui excite l'atlention, la surprise. Le roi a dit d'un certain homme, dont vous aimiez as.sez l'absence cet hiver, qu'il n'avait ni cœur, ni esprit, rien que cela, siîv. 206. Il 18° Rien signifie quelquefois, par exagération, peu de chose. Il a eu cette maison pour rien. Il mange très-peu, il vit de rien. Il se fâche de rien. Et qu'avez-vous donné pour tout cela? fort bien ; Un peu de voire amour? mais vraiment c'est pour rien, v. HUGO, Ilernani, ni, 4. || 19° Rien, quoique nom indéterminé, peut être représente par le pronom il. Je suis persuadé, selon la doctrine du Seigneur Jésus, que rien n'est impur de soi-même, et qu'il n'est impur qu'à celui qui le croit impur, saci. Bible, St Paul,Ep. auzRom. xiv, I4. Quel malheur plus grand que de ne plus rien voir tel qu'il esl? bu FF. Nature des anim. || 20° S. m. déterminé. Néant, nullité. Un rien s'assemble mal avec un autre rien, corn, l'illus, cum.
m, « (I" édit.). Quand il lui plut [à Dieu] vous donner l'être. Le rien fut sa matière, et l'ouvrier sa vol i, m. Trad. du ps. CLViii. Tout ce qui n'est pas corps leur parait un rien, foss. Connaiss. v, a. Que peut rechercher un rien comme moi, que des biens proportionnés au peu qu'il est? id. 4' sermon. Piquet, I. Le Mercure Galant est imoiédiatement au-dessoui du rien, la brut. i. Sans sortir de mon indolence, Je reconnais tous les travers De ce rien qu'on nomme science, bf.rnis, ÉpH. vu, à mes dieux pén. Herschell se demande si la matière qui constitue les queues des comètes ne se réduirait pas à quelques livres ou même à quelques onces; M. Babinet a exprimé une idée analogue en disant que les comètes sont des riens visibles, cuillsmin, dans Presse scientifique, t. i, p. 138. Il Terme de mystiques. Se plonger dans son rien, ne produire aucun dé.sir, boss. Instr. sur les et. d'orais. jii, 2. || 21° Peu de chose. Un songe, un rien, tout lui [à l'ami] fait peur, Quand il s'agit de ce qu'il aime, la pont. Fabl. viii, il. Voilà d'étranges présents, un ruban, une ceinture, un petit pigeon, une ombre, un souffle, un rien; c'est le denier de la veuve, sÉv. 5H. Je ne suis rien; mais c« rien après tout, c'estce que j'ai de plus cher, puisque c'est moi-même, bourdal. Pensées, t. Il, p. 419. Il engagea ce rien [le peu qu'il possédait] pour chercher la fortune, boil. Sat. I. Une terreur panique, un rien vous arrache la victoire, pén. Tél. xiv. C'est un rien [une correction dans rP.cossaisej; mais rien, c'est beaucoup, volt. Lett. d'Arycntal, 9 juin. 1760. Un rien peut la retenir comme un rien l'entraîner, stael, Corinne, xvii, 9. Ahl pour un rien, Nous laisserions finir le inonde. Si nos femmes le voulaient bien, bêbang. Âge futur. || En un rien, en un instant. Et changeant en un rien sa col^^e en furie, Régnier, Sat. xi. || 22° S. m. pi. Bagatelles, choses de peu d'importance. Je ne veux point vous écrire davantage aujouiiriiui.... je n'ai que des riens à vous mander, sÉv. 8». Voilà ce qui s'appelle causer et dire des risns, ID. 604. J'admire quelquefois les riens que ma plume veut dire; je ne la contrarie point, id. 4 mars 1672. X quoi bon mettre au jour tous ces discours frivoles. Et ces riens enfermés dans de grandes paroles? boil. Sat. ix. Ëcrivez-moi les moindres détails, des riens : mon amitié pour vous en fera des choses, mainten. Lett. à d'Aubigné, H mai 1077. Comme dus enfants.... dont les haines et les animosilés puériles ne roulent que sur des riens, mass. Carême, Pardon: Tous ces aimables riens qu'on nomme amusement, boissy, Deh. tromp. ii, 10. Je retourne à mes riens que tu nommes frivoles, a. chén. Élégie viii. || Au singulier. La bagatelle, la science. Les chimères, le rien, tout est bon ; je soutiens Qu'il faut de tout aux entretiens, LA font. Fabl.x, i.||23° Rien pris adverbialement, en rien, nullement ; emploi qui n'est plus usité. Mais tout ce que je fais ne me profite rien, racan, les Berg. n, l. Allons, vous dis-je, il n'y a rien à balancer, mol. G. D. I, 8. || 24° En rien, loc. adv. En quelque chose. Je le dis à regret; excusez-moi, mesdames, De vous fâcher en rien... boissy, Babillard, se. 4. Il Avec ne, nullement. Ce qui glace mes sens ne vous émeut en rien, LKMERC. Fréd. etBr. v, 1. Il 25° En moins de rien, loc. adv. Très promplement. Ma joie en moins d'un rien comme un éclair s'enfuit, Régnier, Sat. x. Comme elle était jeune, belle et adroite, en moins de rien elle gouverna absolument le roi, et, bientôt après, tout le royaume, voit. Œuv. t. Il, p. 277. Kn vit-on jamais un [sort] dont les rudes traverses Prissent en moins de rien tant de faces diverses ?corn. Hor. iv, 4. En moins de rien les deux dames furent grandes camarades, SCARR. Jtom. com. i, 4. Mille caquets divers s'y font en moins de rien, mol. Tart. i, i. || 26° Comme si de rien n'était, comme si la chose n'était pas arrivée. Tout d'un coup on lui vient dire qu'il verra clair, et que ses pauvres yeux que la fluxion avait mis hors de la tête y étaient rentrés heureusement, comme .si de rien n'était, sév. 6. J'attends du chaud la liberté de mes mains ; elles me servent quasi comme si de rien n'était, id. 286. Cependant [pendant les exécutions de Lalli, Sirven, Calas, etc.] les Français dansent comme si de rien n'était, volt. Lelt. d'Argental, 30 aoilt 1769. || Proverbes. On ne fait rien pour rien, l'intérêt personnel sa mêle presque toujours dans les services rendus. Rien pour rien en tous lieux est une loi suivie. Les muins vides sont sans appas, quin. Alceste, iv, 1. 1| Qui ne risque rien n'a rien. {| Qui prouve trop ne prouve rien. || Il fait de cent sols quatre livres, et de quatre livres rien, se dit d'un mauvais ménager. {| Ce que vous dites et rien, c'est tout un, c'est la même
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chose, ce «ont dee paroles inutiles, qui ne prouvent rien.
— RBM. 1. Le sens étymologique et propre dertcn est chose. || t. Avec la négation ne, rien niant toute chose, équivaut au latin nihil. || 3. De cet emploi presque continu vient le sens de chose trèspetite : des riens, un rien. || 4. De là l'inutilité d'un autre mot comme p<w, point, pour déterminer la ncRation; voy. plus haut, n" t, le vers de Molière. Il 6. De là aussi, dans le style négligé et dans de? phrases trè.i-communes, l'emploi de rien arec le sens négatif, sans ne; emploi qui est presque toujours mauvais dans le style élevé, par exemple : Le général La Romana avait beaucoup promis, et presque rien fait, thiers, Hist. de l'Emp. xxi. || 6. Le Dictionnaire de l'Académie conseille d'éviter la locution rien moins, attendu qu'elle prête à l'amphibologie, signifiant tantôt en aucune façon, et tantôt au contraire rien de moindre. Il est vrai que l'Académie elle-même et plusieurs auteurs, parmi lesquels Bossuet, donnent quelquefois à rien moins le sens de rien de moins, de rien moindre. Il n'eU rien moins que sage, veut dire proprement : il n'est aucune chose moins que sage, en d'autres termes : de toutes les choses qu'il est, celle qu'il est le moins c'est sage. Cette locution est essentiellement négative, et ne peut pas être autre chose, flten moins ne peut pas dire chose moindre pas plus que n'en plus ne veut dire dit chose plus grande. Il paraît donc qu'il faut dans tous les cas conserver à rien moins sa signification négative ; et, quand on voudra le sens positif, on emploiera rien moindre ou rien de moins. — HIST. xii* s. Quant jà por riens qui soit née N'oublierai ceste honor D'amer toute la meillor, Coud, I. Las I Pourquoi l'ai de mes euz [yeux] regardée, La douce rien qui fausse amie a nom? ib. VI. Et s'il est riens qui m'en puisse partir, ib. viii. Car riens, fors moi, ne porroit endurer Les grans travaus que j'ai por li [la] servir, ib. x. Voir, il n'est riens dont je soie en tristour, ib. xvii. Par ço les voil partut à raisun maintenir; Ne jà pur nule rien ne m'en verrez fléchir. Th. le mari. 27. N'a baron en la court qui de rien l'en desdie, Sax. xxxii. || xiir s. Chanter m'esteut, que m'en est pris courage. Non pas pour ce que d'amours me soit rien, quesnes. Romancero, p. 85. Se j'onques fis rien que vous voulslssiez.... «6. le roi jean de brienne, p. Ml. Quant la saison du douz temps s'asseûre.... Que toute riens à sa douce nature Vient et retrait.... Anonyme, dans Couei, p. 126. De riens que commandez, ne serez jà desdite, Berle, liv. Et pour rien qui aviegne. ne soit son lit guerpis, ib. lxxv. Fisicien [les médecins] me dient que la clarté m'empire.... nule riens ne m'est pire, ib. lxxxviii. Pour savoir se de
Berle seroit riens retrouvée, tb. civ Et vous plus
l'honorez Qu'ainçois ne faisiez, se vous de rien m'aimez, tb. cxxi. Joieusement [ils] chevauchent, n'est riens qui les tourmente, tb. cxxxiv. Et por agencier le plus bel. Me sui porpensé d'une rien, Se vos loez que ce soit bien, Uen. 2B26. En mai estoie, ce songoie, El tens amoureus plain de joie, El tens où tote riens s'esgaie, la Rose, *9. Se tu creins Dieu, si le creindront toutes les riens [choses] qui te verront, joinv. 192. Et pource que elle n'en voult riens faire, id. 202. Qui auques [quelque chose] a, si est amez ; Et qui n'a riens, s'est fols clamez; Fols est clamez cil qui n'a rien, ruteb. 326. Il XIV* s. C'est la conclusion de cest chapitre que la partie ou puissance irraisonnable nuttritive ne appariient de rien as vertus, oresme, Etii. ao. Il XV* s. Il fut ordonné que on iroit mettre le siège devant le chastel de Gavre.... mais il n'en fut rien; je vous dirai pourquoi, froiss. 11, 11, 232. Il y a un trop grand rien à repasser [pour s'en retourner), id. II, II, 228. Là furent donnés et délivrés plus de cinq cents [blancs chaperons] et tous à compagnons qui trop plus aimoient cher la guerre que la paix; car ils n'avoient rien que perdre, ID. 11, 11, 52. Et lui mandoit [le comte d'Eimignac] que il ne pouvoit venir, et que il ne lui en convenoit pas encore armer pour le pays de Berne, car il n'y avoit rien [rien n'était arrivé], id. ii, m, 12. Ernauton de Sainte- Colombe avoit un varlet qui regardoit la batailla ni point ne se combattoil, ni aussi on ne lui demandoit rien, id. ii, m, ». Et [Louis Rambaut] ne cuidoit avoir nulle rencontre, et ne se doutoit en rien de Limousin ; c'estoit la mendre pensée que il eust, ID. Il, m, 17. Messire Louis d'Espaigne et sa routé gardoient si soigneusement le pas de la mer, que à trop grand'mesaise venoit rien en l'osl des Anglois, ID. I, i, 21 1 . En mémoire mu vient que j'ay souvent t plusieurs ouy dire :]e n'iroye pour riens soubz de paanon d« tal, âl. cbart. QuadrU. tne. C«rtM
RIE
TOUS amez autre part. Et voy que vous ne m'amez rien, e. desch. Poésies mss. ^ «03. De riens ne servent pleurs, ne plains ; 'l'ous mourrons, ou tart ou briefment, ch. d'orl. Bail. 70. Si ne firent les dits Anglois semblant de riens, mais hastivement tournèrent bride, g. chastel. Chr. du duc Philippe, I, 24. Et me venez requérir que j'e.sciive pour vous! par la Pasque-Dieu saincte! je n'en feray riens, id. ib. 1, 60. En la saison que toute riens mainc joye, et que bois et prés se revestent de fleurs et la terre verdoyé, Bouciq. i, <3. ||xvi"8. Tel est vestu d'habit monachal, qui on dedans n'est rien moins que moyne, rab. Garg. i, Prol. Voyre, mais ilz prient Dieu pour nous. Rien moins, respondit Gargantua, id. ib. i, 40. Tout n'y servit de rien, m. Pant. 11, 7. Ja long temps ha que nous sommes icy sans rien faire que despendre, id. ib. 11, 10. Mon amy, voulez vous rien replicquer? iD. ib. Il, <2. Ung guand, une aiguillette : peu de chose, rien d'importance, ID. ib. m, 12. Dormez vous rien? id. ib. v, 7. L'on a belle envie de sçavoir si vous avez riens faict, MARO. ieW. <0. Je partiray lundy pour vous mercier de tant de paine que vous prenés pour riens, id. ib. 54. Je n'en ouse faire bruit, de peur que ce ne soit riens, id. ib. 57. Celuy qui peult, s'il luy plest, faire estre de riens quelque chose, et de glace feu ardent, id. ib. 8. Puisqu'il vous plest vous en fier à nous, nous n'aurons regard à riens particulier, mais seulement à vostre service, id. tb. 130. 11 n'est rien plus sot que celui qui pense estre fin, ne rien plus sage que celui qui connaît son rien [néant], id. Nouv. xxviii. Mais je trouve que c'est outrance Que l'un a trop, et l'autre rien, marot, h, (33. 0 viateur, pour t'abreger le compte. Ci gist un rien, là où tout triumpha, iD. ni, 262. Ce grand Dieu redoute, Qui fit tout de rien, id. iv, 272. Touchant rien, presque tous s'abusent à l'usage d'icelui mot, estimans ne signifier nulle chose que ce soit ; mais c'est tout le contraire ; car avec ce mot nous mettons toujours une négation ; ou nous l'entendons, comme si je demande, que fais-tu? tu responds : rien ; mais la négation s'entend : je ne fay rien, ROB. EST. Gramm. franc. -p. <27, dans lacurne. Comme je ne voudrois user des deux autres [mots], aussi no voudrois je dire sur toute rien ou sur tout rien, comme au premier livre d'Amadis : toutesfois il est bien deceu, car elle le hait sur tout rien ; je ne voudrois, dis-je, ainsi parler, encore que je sache bien que rien signifie autant que chose; car je n'ay rien du monde, et je n'oy chose du monde valent autant l'un que l'autre, h. est. De la précellence. La lecture des histoires ne scauroit que bien peu, ou rien du tout, servir à l'acquisition de prudence — Rien ne sert à devenir bon peintre, avoir ouy souvent parler de la peinture, amyot, Préf. IX. Nous sommes icy à ne rien faire, id. Cam. 43. Il feit chasser Hyperbolus qui ne se doubtoit de rien moins, id. Aie. 20. Il estoit riche et en biens opulent. Mais pour cela de rien plus insolent, lo. Pélop. 6. Hz ne vouloient rien moins qu'aller chocquer [ils ne voulaient pas....] de front les Romains à coups de main, id. Crass. 40. Des mariniers qui ne scavoient du tout rien, estoienl patiemment escoulêz, ID. Démosth. to. 11 jugea que c'estoit peu de chose et presi]ue rien du tout, que de s'exerciier à bien dire.... id. tb. Cela qui coule de ma playe est du vray sang, et non point, comme dit Homère : Une liqueur de rien, semblable à celle Qui (lue aux dieux dénature immortelle, id. Alex. 63. Ils ne sont rien moins que prestres, calv. Inst. fn. L'homme est réduit à néant, l'homme n'est rien; mais comment n'est-il du tout rien, veu que Dieu le magnifie? id. tb. 411. Nous avons à penser que rien de ces choses n'advient, sinon par le vouloir et providence du Seigneur, id. ib. 557. La louange du Seigneur ne doit estre empeschée par rien du monde, ID. ib. Quelle authorité a un message apporté par des femmes si effrayées que rien plus? id. tb. 794. Vistes vous jamais rien si confus? mont, i, 75. Il n'est rien si contraire à mon style que.... id. i, io3. Il n'y a rien de mal en la vie pour celuy.... id. I, 77. Les hazards et dangiers nous approchent peu ou rien de nostre fin, id. i, 78. Si peu que rien, id. I, 155. Je ne traicte à poinct nommé de rien que du rien, ID. IV, 221. Il [La Boétie] n'avoit pensé à rien moins qu'à mettre au jour ces ouvrages, id. Lettre IX. Les semences de bien que la nature met en nous.... s'abastardissent, se fondent et viennent en rien, la boEtie, Servit, volont. Il se trouva si surpris et esperdu, qu'il n'attendoit rien moins [rien de moins] sinon qu'on le vinst assiéger, Sat. Hén. p. 1 3S, Je ne puis assez blasmer la sotte arrogance et temerili d'aucuns de noitre nation, qui, n'estans