‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 702 sur 754 · AMA · texte numérisé non relu

AMA

Aman. P. mander l'aman, demander grâce. De l'arabe yUI aman, sécurité, protection.

Ambre. Esp. alamhar, port, alomhre, ital. ambra. De l'arabe yJiS- 'anhar, ambre gris, nom qui est passé au succin ou ambre jaune. Les formes qu'on trouve dans la basse latinité , amèar, ambare, ambra, amber, ambre, ambrum, paraissent aussi confondre les deux substances. Hermolao Barbaro, qui a publié au xv° siècle un commentaire sur Dioscoi.'de, écrit ambra ou amhar: ^Aetius, dit-il, ambar, nos succinum ortentalem primi nominnvimus^. »

Liquidamhar, nom d'un arbre d'Amérique aussi nommé baume d'ambre, est formé de ambar et de notre mot liquide.

Amen. C'est un mot hébreu, |DN amen, signifiant Dm, vérité, par lequel se terminaient les prières des Juifs. 11 a pris là le sens de assurément, ainsi soit-il. Les Musulmans disent de même y-y»! aniîn.

Amiral. Aucun étymologiste ne doute que ce ne soit là le mot arabe ^^^1 a>mr, commandant, émir. Mais la terminaison al a paru d'autant plus embarrassante qu'on la retrouve dans le portugais amiralli, l'italien almiraglio, ammirofrlio, et sous d'autres formes dans l'ancien espagnol almiroge, l'espagnol moderne a/mîVante, le bas latin admiralius, adnitrallus, amirnldus, admiratus, nmirarius, amirandus, admirandtis , admiranlius, amireda, amirœus, etc. Engelmann avait supposé que le al final était l'article précédant un mot tombé depuis, par exemple -^ balw, mer: amir-aUhahr, commandant de la mer, serait devenu amiral tout court ^. Celte explication, au moins quant au mot balir, ne semble guère admissible, vu qu'on a de nombreux exemples du Roman d'Alexandre, du Boman de Rou, de Garin, d'Auberij^, qui prouvent quamiraut, amirant, amiralz, signifient simplement ^tmVfl/, chef de troupes, et non chef maritime d'une façon spéciale.

La désinence al, aut, ant, atz, é, etc. reste donc toujours inexpliquée.

AsAFiN. Sorte d'instrument de musique arabe. (Littré.) C'est le portugais anafim, anajil, danafd, en espagnol anajil; de l'arabe yfJùl\ an-nafîr, sorte de trompette.

Cet instrument jouait un rôle important dans le cérémonial de la cour des princes malais avec le tambour, '^àJÉ gandoung , la flûte, j;j-w saroûni, les cymbales, ;|l^ nagâra, etc. (Voir le Clicdjarat malatjou, p. IH='^.)

Le changement de r final en / et puis en n n'est pas rare dans le passage de l'arabe aux langues romanes. (Voy. Alguazil, Anil; Auphin, au mot Fou.)

Angiiec. Genre de plantes tropicales de la famille des orchidées. Lat. botan. angrœcum (ainsi orthographié par analogie avec fœnugrœcum). Le mot vient sans doute de l'archipel Indien; car il existe dans le sounda et le javanais

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