‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 703 sur 754 · ARD · texte numérisé non relu

ARD

{/ùn'Turrni^^ anggrék); c'est en malais (ij^^'i anggreq, orchis.

Anil. Plante qui fournit l'indigo; de là vient aniline, nom d'un alcaloïde obtenu d'abord avec l'indigotine, préparé depuis par d'autres procédés et qui joue aujourd'hui un rôle très-considérable dans l'art du teinturier. Anil, portug. anil, esp. anil, anir, est l'arabe JuO ml avec l'article al, dont le / s'assimile au n suivant : an-riil; du persan Jwj ou *Ajû riil, ntleh, môme sens. (V. plus loin Lilas.) Ntl est d'ailleurs d'origine indienne. Je ne sais pourquoi M. Dozy* donne seulement ou préférablement-iù Mïr. Nil par un/ se trouve plusieurs fois dans YAlmansouri de Razi : JÂJ! «.^sw (oJiXJ! Jô--j ^ ce que Gérard de Crémone traduit: <xHabenil flegmaexpellit»; et plus loin iUjèJ! (.I^ji)! j*m3j J*i®«i'anil résout les tumeurs molles. »

Antimoine. A défaut de mieux, M. Littré semble disposé à accepter une étymologie arabe : «x*l outhmoud ou itlimid, «lapis ex quo collyria parantur, slibium, n dit Freytag. Le mot arabe, dit l'auteur du Dict. de la langue fr. , est devenu facilement, dans le latin barbare, antimonium. Cela n'est pas impossible, non plus que l'origine grecque >yje\ ûlimid=<T'lt(j.ixi.

Avec l'article, al-outhmoud a donné l'ancien terme de chimie alcimod. (V. au mot Alchimie.)

Parmi la foule des noms qu'a portés l'antimoine ou plutôt la poudre appelée coheul, on trouve chez les alchimistes cosmet, avec les variantes cosmec, casmet, calmet, mots de même origine que notre cosmétique''.

Arabe. Le nom tj^ '""'''^ ^st passé sans altération dans toutes nos langues, perdant seulement le son guttural initial marqué par la lettre ^ , lequel n'a d'équivalent dans aucun autre idiome. Les dérivés arabique, arabesque, arabine, etc. sont de pure formation romane.

Arack. Esp. arac, erraca; portug. araca, araque, orraca, rac. En arabe, (^yS. 'araq signifie sueur et aussi lait, d'après le Qamous; *«0I ^3vS araq at-tamr est le suc extrait du dattier, qui, par la fermentation, acquiert des qualités alcooliques. De ce liquide, le nom 'araq ou araql ï^ est passé à toute sorte de boissons enivrantes. Aussi désigne-t-il des liqueurs très-différentes suivant les pays: dans l'Inde et la Malaisie, c'est un spiritueux obtenu avec du riz fermenté, du lait de coco, de la sève de cocotier; à Bourbon, c'est de l'alcool de canne à sucre. Le mot populaire riquiqui pour eau-de-vie est peut-être une corruption de 'araqî.

Ardeb. Mesure de poids et de capacité en Egypte. Transcription de l'arabe t»ijl ardeb. On peut voir dans la Cltrest. arab. de S. de Sacy (t. 11, p. q8) les évaluations très-variées de l'ardeb, d'après Venture et Varsy. Je ne sais d'après quelle autorité le Dict. national de Bescherelle et le Dictionnaire des sciences de Bouillet (éd. de 1872)

' Dioicoridmpharmncnrum libri YJII , iSag, fol. 46 verso. Marcello Ver- (;ilio dit aussi : RSucciniiin , quod elcclrum vctorcs, nostii ambram diciinl.» Ibid. fol. '17 reclo. Ces coinrnenlalciirs raii([ent sons la nicme dénominalioii l'ambre jaune et Painbre gris «quod pisces devoravere»

' Gl<M. p. 16&.

' Du Cangc.

* (i/oss. p. 1()6.

' M.in. de la Bibl. nat. sup. arabe, n° ioo5, fol. '19 recto.

• Ibid. fol. 5o recto.

' Voy. Martin Ruland, Lexkon alcltcmia.

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