‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 705 sur 754 · ART · texte numérisé non relu

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al-maouard, l'eau de rose, où mnouard est composé de nul, eau, et ouard, rose); u° darsena re[)résente dar sinâ'a sans aucun article; 3' enfin arsenalest simplement le mot*m'î'a précédé de l'article. Je mo range ici à l'opinion de M. Defrémery, qui a fait remarquer que AcLiaJt as-sinâ'a se dit fort bien , sans le mol élr, d'un arsenal maritime *. J'ajouterai que Du Gange cite un mot languedocien arsinn qu'il explique supellex quœvis, un ustensile quelconque. Je vois là le même moi as-sinâ'a, employé h peu près comme l'est aujourd'hui notre mot confection pour telle ou telle espèce de vêtement non fait sur mesure. Et si ma conjecture est exacte, il est clair que le mot dâr n'aurait là rien à faire. Le r à' arsenal, arsina, est probablement dû à la prononciation emphatique du ^ *.

Atarazana a conservé en espagnol le sens général de fabrique. Les mots congénères, dans les diverses langues, se sont fixés au sens d'arsenal maritime. Cependant on trouve, dans l'ancien français, arsanail, «apotheca inslrumenlorum agriculturœ,» dans Du Gange.

Les Turcs, les Tunisiens et les Egyptiens paraissent avoir repris à l'espagnol ou à l'italien leur iulàtfy iarsUuina ou iiiUiy) tarsâna * actuels.

Parmi les exemples d'expressions arabes où un mot est précédé de l'article, bien que suivi de son complément, on peut citer »~!'à ir^y^^ ar-roub' dâtra, quadrant, quart de cercle. Voyez Abou'I-Wéfa, Almageste, fol. 1 1 v*. (Man. n" 11 38, ancien fonds arabe de la Ribl. nat.)

Artichaut. Ce mot, disais-je en 1866®, ne vient certainement pas d'un prétendu terme Jyi ^;! ardi cliaulà, qu'on lit à la vérité dans le Dict. fr.-ar. d'Ellious Bocthor, mais qu'on ne trouve nulle part ailleurs, et dont il serait, je crois, difficile d'établir l'authenticité. Que penser de cette singulière expression épine terrestre pour désigner l'artichaut, sans compter qu'une locution de cette forme grammaticale est chose inouïe en langue arabe. Pour moi, je n'y saurais voir, non plus que dans une autre expression i^j-ii;! ardchauka, donnée par le même ouvrage, rien autre qu'une transcription de l'italien arliciocco, articiocchi. J'en dirai autant d'un bizarre ocsîjt artitchot qu'on lit dans le Gazopk. ling. Pers.''.

Le vrai nom arabe, le plus ancien du moins, paraît êtreotii»*^ harcliaf ou ijy^j>~ hnrcluoûf, que M. Engelmann écrit Oyiyi. hkarchoûf [)3ir un kh, d'après la transcription de Pedro de Alcala*. C'est aussi l'orthographe de Bocthor et du P. Dominique Germain®, tandis que Meninski et Freytag écrivent par un ^ h, et prononcent liarcluif. Les termes espagnols alcachofa , alcarcliofa et le portugais alcacliofra, évidemment empruntés à l'arabe, semblent donner raison à M. Engelmann, car il n'existe, je crois, aucun autre exemple du ^ A rendu en espagnol par un c, tandis

' Appelé au Mai'(K, ,jour soigner le fils de l'empereur, en 1 789. (Le Tour du monde, 1. 1", p. a 19.) Dans la Irailuclion de celle relation , donnée tn 1801 parSainle-Siiîanne, on a pris Argan pour un nom propre, Orga{p. i3g)-

' Le Tour du monde, 1, p. 220.

' liouillel, Dict. des sciencei, det lettrei etdetarti, 187a.

• Juurn. asiat. avril 1867, p. il 6, et Revtu critique du afi décmibro 1868, D. 4ll.

' Voy. Dozy, Ghu. p. ao5, ao6.

' Revue de t'itutr. pM.

' L'anlcur de ce dictionnaire ilalien-pcrsan traduit encore orJicibfco p«r jJCj> 3^ kengher-i firenghi , kcnfjlier d'Kuropo, cv qui tend à pro'iver l'origine élranjjére des eipressions r|ui reproduisent noiro ailtchaut.

' Gloss. p. bj.

' Faln-. ling. arab. aux mots carcio.'o, caiciojfulo, cardoni.

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