ARZ
que celte transcription n'est pas rare pour le ^ kh (^califa, caramo, carcajes). Ajoutons que Gfh'ard de Crénione, dans sa traduction de VAlmansouri de Razi, transcrit aussi le mot par un c ; ^Alcorsof, id est cardui capita'.»
Le P. Ange de Saint-Joseph traduit chardon par les mots jXo, jl»., wi)^, kenglmr, khâr, cliauk; khâr est persan, chauk est arabe; il serait sans doute puéril de comparer Oj-iji. kharclioûf à une juxtaposition de ces deux derniers termes où l'un semblerait expliquer l'autre.
Pour en revenir à artichaut, ilal. articiocco, latin barb. articoctus, articactus, articoccus, on peut y voir des altérations du grec dprvrtxôs, objet d'assaisonnement, Ta àpru- Tixd, têtes d'artichaut, de àpTu'w, assaisonner. (Voy.M. Defrémery, Journ. asiat. janvier i86a, p. 83.)
M. Dozy, trouvant en espagnol arracije, espèce de chardon, corrompu en arrajtz^, et arrezafe, lieu plein de chardons, croit pouvoir rapprocher ces mots de l-»**s; rastf, chaussée, disant que ïarracife est le Rcarduus vulgatissimus viarum. » Je crois qu'il n'est pas nécessaire d'aller chercher si loin l'explication. Chardon et artichaut sont tout un pour le botaniste, et nous avons vu plus haut ,xo kengher, employé en persan dans l'un et l'autre sens. Il n'est donc pas surprenant que oLû^ harchaf, plur. \,Jj)^]^ harâchîf, ait été pris en Espagne pour désigner le cardo arracife. En Algérie, le chardon comestible ou artichaut sauvage est encore appelé uxi-ài. khorchep.
Arzel. Esp, etportug. argel. De l'arabe Jii>;! arJjcl, qui, comme le français et l'espagnol, se dit d'un cheval ayant les pieds de derrière blancs. Ardjel vient de Jc^^ ridjl, pied, pied de derrière chez les quadrupèdes.
Assassin. Quoi qu'en dise l'annotateur du voyage de Benjamin de Tudolc, dans la collection des Voyages anciens et modernes publiée par M. Charton*, personne ne doute aujourd'hui que le nom d'Assassins donné aux Ismaéliens ou Bathénicns ne soit l'adjectif arabe jgSiUxa. hachâchî ou (5<iitt"*cfc. hachïchl, dérivé de jjS^aA^ hachîch, le hachich (voy, ce mol), boisson enivrante qui jouait un rôle important dans la fanatisation de ces terribles sectaires^. Vouloir tirer cette appellation de Haçan, leur chef, c'est défendre une opinion désormais insoutenable.
Le nom des Hachâchî a été apporté en France par les Croisés sous la forme Assaci qu'on lit dans Joinville. L'espagnol asesino et le portugais assassina ne semblent pas empruntés directement à l'arabe, mais reçus par l'intermédiaire du français ou de l'italien assassino^. Le Dictionnaire de Du Gange cite les formes de bas latin heisscsin, assassi, assassini, asscsini, etc.
M. Defrémery a publié en 18 54, dans le Journal asiatique, de très-intéressantes recherches sur les Assassins.
AssoGDB. C'est l'espagnol azogue, navire pour le trans-
AST
port au mercure. Le sens primitif de azogue et de son correspondant portugais azougue est mercure, vif-argent. Ces mots viennent de l'arabe (^y), (jjj!), ,^^zawaq, uloûq, zibaq, venant du persan «jj, tyjjiwah, etc. En Espagne, d'après Pedro de Alcala, on prononçait, avec l'article, az^ zaouqa.
Le même mot arabe a donné le terme d'alchimie azoth. (Voy. plus loin.)
AsTAROTH. Nom d'une divinité phénicienne. rinfUfJy'ocAtoreth, dans la Bible; Astaroth est un pluriel'.
Astronomie. Nous croyons convenable de grouper sous ce mot, comme nous l'avons fait au mot Alchimie, un certain nombre de termes que nos anciens livres d'astronomie ou d'astrologie avaient pris chez les auteurs arabes. La plupart sont aujourd'hui bien ignorés. Cependant ils figurent dans le Dictionnaire national de Bescherelle qui paraît les avoir empruntés au Dictionnaire des mathématiques de X Encyclojiêdie de d'Alembert. Les diverses publications de M. Sédillot sur l'astronomie des Orientaux nous ont été d'un grand secours pour rétablir la forme arabe de plusieurs expressions singulièrement altérées. Quant aux termes et noms d'étoiles qui sont restés en usage chez nos auteurs, on les trouvera à leur ordre alphabétique dans ce volume.
1 . Achluschémali, nom de la constellation appelée Couronne boréale. En arabe, <jl<^iJl JyJ^i)! al-iklilou'ch-chemâll, même sens (^ikbl, couronne; chemalî, boréal).
a. Adigége ou adégige, constellation du Cygne. En arabe Xa.L^.>J! ad-dadjâdja, la poule.
3. Alamac, amak, étoile y d'Andromède. C'est un m pour un n; car le nom arabe de l'étoile est ubji" jtis anâq al-ard, le blaireau (ou autre animal du même genre).
U. Algébar, elgébar, constellation d'Orion. En arabe,
•jïl al-djcbbâr, le Géant. Mgébaro est le même mot avec la terminaison casuelle o(^ou) du nominatif.
5. Algédi, étoile y du Capricorne. Chez les astronomes arabes, ^^<>^ al-djedî, le chevreau, marque la constellation entière du Capricorne, ou, pour être plus exact, le 10" signe du zodiaque.
6. Algomeiza, l'étoile Procyon. En arabe, «.Ua-y^Jt alghoumeisâ, la pleureuse, ou celle qui a mal aux yeux. Ce nom vient de ce que les Arabes appelaient Sirius et Procyon les deux sœurs de Canope. Ce dernier astre ne se levant sur l'horizon qu'au moment oili Procyon disparaît au couchant, on disait que Procyon pleurait sur l'éloignement de son frère.
7. Algorab, étoile y du Corbeau. En arabe, *->\Jà^ alglwurâb, même sens (l'oiseau et la constellation).