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Perse : « On y a partout, en automne et en hiver, des auberrés, gros comme des poulets d'Inde, dont la chair est grise et aussi délicate que le faisan. Le plumage en est beau, les plumes longues, et sur la tête il a un bouquet comme un panache.» (Ed. Smith, Voyage en Perse, p. 919.) Le commandant Duhousset parle du même oiseau, sous le nom de houbara : «Un houbara (petite outarde) fut notre première victime *. »
Aubergine. L'aubergine est une plante originaire de l'Orient, ainsi que l'atteste Dominique Chabré qui, dans son Stirpium icônes (1678), l'appelle Melongena Arabum et ajoute : «Melongena in Arabum codicibus primum celebrata fuit. » Le nom arabe-persan yl^^'ilj bâdindjân serait assez difficile à reconnaître dans notre aubergine, si nous n'avions comme points de repère l'espagnol berengena et le portugais berivgela, bringella^. On trouve aussi, avec l'article arabe, alberengena qui correspond à aubergine, comme berengena correspond aux autres formes françaises, mérangène, mélongène. Du Gange cite, dans le bas latin, merangolus, melangolus; les Italiens ont mclangoh et melanzana, dont le Gazopli. ling. Pers. signale déjà l'analogie de son avec (jU^iU bâdindjân. Quant à melongena, c'est du latin de bolaniste.
On trouve encore, dans le français provincial, bélingèle, albcrgaine, albergine et albergame. Rondelet, dans son admirable livre sur les Poissons^, a donné le nom ^albergame de mer à une espèce d'holothurie de la Méditerranée, à cause de la ressemblance de ce mollusque avec le fruit de l'aubergine.
La diversité de tous ces mots, identiques au fond, se retrouve jusqu'à un certain point dans les noms orientaux de l'aubergine , arabes ou persans , yb<i>lj , ylioiL) , yLi^lj , (jbiijL!, sbijob, bâdindjân, bâdingân, bâdildjân, pâtingân, pâlingâli. Chardin écrit hadinjan : «On a aussi ce fruit qu'ils appellent badinjan, que nous appelons 'pomme d'amour^.r> Le man. unique de Razi, de la Bibl. nat., porte yL<i>lj bâdindjân; le célèbre médecin arabe dit que ce fruit brûle le sang et fait naître des pustules dans la bouche, -oàJ! -Ai)^ r.^1 i3v=?r, à moins qu'on ne le fasse cuire avec du vinaigre ^. L'aubergine n'a pas aujourd'hui une aussi détestable réputation.
Adffe. Espèce de jonc dont on se sert au Levant pour faire des cordages de navire, des nattes, des filets. C'est l'arabe iCAL». halfa ou pLiLs. haljâ , que Freytag donne simplement comme une plante aquatique, sans s'expliquer davantage, mais nui est le jonc dans le Dict. d'Ellious Boclhor. M. Cherbonneau '" donne aussi halfa, jonc aquatique employé à faire des nattes; et M. Sanguinetti : ptiX:*. arundo epigeios, iJC* ïJiXs^ jonc odorant, roseau de la
' Ane. fonds ar. de la Bilil. nal. n" 1 1 38. Voy. fol. 20 recto, ligne 5 : asy^ IbUajiJI moitri 'l-'idâda, indicateur de l'alidade. Ailleurs le mot est sans
lOU.
• Voy. Cherbonneau {Dict. ar.-Jr.) qui écrit sarad.
^ Comme si le mot venait du latin ovum, et, en elfet, dans un dictionnaire espagnol que j'ai sous les yeux, ov?ro est explique ttio que es de color de Inievo.Ti
* Doxy, GUu*. p. a 86.
' Let chaînes en Perse, dans le Tour du monde, a* sera. i86a, p. 1 14.
• Ce mot est revenu en Orient, chez les Malais, sous la forme Jt.??'*f berindjâla.
' De Piscibus marinit lib. XVIÏl, inquibus vivœ piscium imaginée exposiUM tunt. Lyon, i55'i.
• Voy. en Perse, éd. Smilh, p. 9o4.
• Sup. ar. n" ioo5, p. lu verso.
" Diet. ur.Jranç. ^Dict./ranf.-ar. au inoljome.