‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 711 sur 754 · AUG · texte numérisé non relu

AUG

Mecque [Joum. atiat. mai t866, p. 3oo). En réaVM, l'aufl'e n'est pas un jonc, mais une plante de ia famille des graminées, bien connue en Espagne sous le nom de espnrlo, sparte [Sti'pa lenacisstma, de Linné). Ses feuilles, longues et étroites, s'enroulent à mesure qu'elles mûrissent et deviennent cylindriques en séchant. Ceux qui ne l'ont vue qu'en cet état ne peuvent manquer de la prendre pour un jonc '. On peut être surpris qu'aucun de nos dictionnaires n'ait signalé l'identité de Xhalfa et du sparte ^. Valpha ou alfa, qu'on exploite en Algérie et dont on fait du papier, est identique au sparte d'Espagne.

Auge. Terme d'astronomie. Nom qu'on donnait autrefois à ce qu'on nomire aujourd'hui apsides, c'est-à-dire les points où une planète se trouve à sa plus grande ou à sa plus petite distance du soleil ^ Esp. auge, ital. auge. De ^}] aoudj, sommet, point culminant, que les astronomes arabes emploient dans le même sens.

AcMCSSE. Provenç. almussa, esp. almucio, portug. murca, ital. mozzelta. On tire ce mot, très-ancien dans la langue française, de l'allemand mûtze, bonnet, auquel se serait adjoint l'article arabe al. Je n'y saurais contredire. (Voy. Littré, Dict.)

Avanie. L'étymologie de ce mot est difficile. Ellious Bocthor traduit avanie par ijys-, iÇy!^ 'aivàn , 'awânîa , expressions que je ne connais point en arabe. Le P. Ange de Saint-Joseph rend le même mot par j^)!^1 et ^jl^t aivfM, awûrit, qui manquent dans les dictionnaires*. D'aulre part, M. Pihan donne pour étymologie y'j^ haivân, mépris, ce qui n'a d'autre base qu'une ressemblance de son, sans aucune concordance de sens; car le sens primitif à'avanie est sans rapport avec l'idée de mépriser. Il est facile de reconnaître que ce mot signifie simplement tribut, amende, somme à payer, droit de passage. L'idée que nous y attachons aujourd'hui est venue postérieurement, et tient sans doute à la façon vexatoire dont les avanies étaient perçues en Orient.

R Les Chiodars du Chiaïa , dit Tournefort*, vinrent nous annoncer... que tous les passages de l'empire étaient ouverts pour nous; mais qu'assurément on nous auroil arrêtés sans la lettre du Beglierbey d'Erzeron, ou qu'au moins on nous auroit fait payer une grosse avanie, comme il arrive à tous ceux qui passent de Turquie en Perse. »

«Il n'y a pas de gens au monde, dit Chardin dans un passage que je crois devoir citer tout au long *, plus aisés à tromper, et qui aient été plus trompés que les Turcs. Ils sont naturellement assez simples et assez épais, gens à qui on en fait aisément accroire. Aussi, les Chrétiens leur font sans cesse une infinité de friponneries et de méchants tours; on les trompe un temps, mais ils ouvrent les yeux; et alors ils frappent rudement et se payent de tout en une seule fois. On appelle ces amendes qu'ils font payer

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