‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 713 sur 754 · AZO · texte numérisé non relu

AZO

rizon compris entre la rncridieiine et la trace d'un plan vertical. De l'arabe cu^uJI as-seml, que les astronomes orientaux emploient dans le môme sens', et qui est aussi le mot dont nous avons fait zénith.

AzoTH. Terme d'alchimie. Prétendue matière première des métaux. (Littré.) C'est le mercure, (^VJ\ az-zaouq. (Voy. AssoGUE.^ On trouve, dans Du Gange, azocA et azoth, substance ainsi définie, d'après Le Baillif (Dict. spagyr.) : «Universalis medicina, paucis cognita, unica medela, lapis physicus; alii putant mercurium corporis mctallici. » Dans le manuscrit latin du xiv° siècle, n° 7166, anc. fonds de la Bibl. nat., déjà cité, on lit : ««roc, id est argentum vivum,» et dans le man. 71^7 : '^ azoth vero est argentum vivum ^» Enfin, dans la synonymie qui accom-

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pagne la traduction latine de Razi, par Gérard de Crémone', on trouve ; «aaoc/i, argentum.» Ici l'absence du mot vivum est sans doute l'effet d'une erreur typographique.

AzcB. Mot très-ancien dans les langues romanes, et qui remonte, chez nous, au moins au xi* siècle. Esp. et porlug. azul, ital. azurro, bas lat. azurrum, azura, azolum. C'est l'arabe 5;^)il lazwerd, ou ij^^il ladjwerd, venu du persan â;^J^ lajouwerd. Le / initial a sans doute été pris pour l'article, ce qui explique son absence dans les mol» européens que nous venons de citer. Du reste, on le retrouve dans le bas latin lazulum, lazuritu, lazur et dans le bas grec Aa?oJpiov. Nous l'avons aussi conservé dans l'expression lapii-laiult.

Baai. Le nom de cette divinité assyrienne, que nous avons pris dans la Bible, se retrouve dans toutes les langues sémitiques: en hébreu "jy? ha'al, maître, seigneur; en arabe J*j ha'l, maître, mari. Dans l'une et l'autre langue, le verbe ba'al signifie être maître de, prendre pour femme.

Babirodssa. Espèce de porc de l'archipel Indien. On trouve ce nom écrit de diverses manières : bahirosa, habironsa, et même barbiroussa, comme s'il signifiait barbe rousse. C'est le malais (j*,^; jL bâbi-roûsa, littéralement cochon-cerf, nom qui lui vient des deux longues défenses recourbées qui traversent le dessus de son museau.

Babouche. Esp. babucha. C'est le persan (jS^l^ prlpoûch (de Lj pâ, pied, et ij<>^y> poûchiden , couvrir). Mais le changement de p en b marque que le mot nous est venu par l'arabe qui, n'ayant pns dap, écrit ji^jL bûboûch. C'est ainsi que nous avons eu pacha sous la forme bâcha ou bassa.

Bacbuc. Dans Rabelais , la dive Bacbuc est la dive bouteille : de l'hébreu p^apa baqboûq, bouteille, flacon.

Baoamier. Arbre de l'Inde qui donne des amandes d'un goût excellent. (Liltré.) Quelque plaisant a imaginé d'interpréter ce nom par bois de damier, étymologie que reproduisent tous nos dictionnaires. Le badaniier est tout simplement l'arbre qui produit les bâd'm (•lilj, c'est-àdire, en langue persane, les amandes. A Ja fin du siècle dernier, ces amandes servaient de monnaie dans Tlnde, concurremment avec les cauris. «J'ai remarqué dans mon prçmier voyage, dit Stavorinus*, que les cauris servent de petite monnaie au Bengale; à Surate, on emploie pour

cet effet des amandes appelées badams, dont la valeur, comme on se l'imagine bien, varie beaucoup plus que celle des autres pièces de monnoie. »

Badiane. Arbre de la Chine {Ilicium anitatum) dont les cap'^ules , connues sous le nom aanis étoile, servent à faire diverses liqueurs, telles que Vanisette de Hollande ou rata^a de Boulogne. Esp. hadian, badiana. Du persan (J-i^^ bâdiân, anis.

Baïrah. Fête turque qui succède au jeûne du Ramadan. C'est la transcription du turc -Lu baïrâm. Soixante et dix jours plus tard, on célèbre le grand-baïram ou courban-baîram; courban est l'arabe yLj» qourbân, sacrifice.

Bakchich. Cadeau, pourboire en Turquie, en Egypte, en Perse, etc. «Nous prenons nos billeîs et nous sommes poursuivis dans la gare par un employé arabe qui nous demande un bakchich pour nous avoir passé nos billets. » {Guill. Lejean*.) C'est un mot persan ,jS»yûJ*? bahhclnch, du verbe yJv-çûJ*? bakhchîden, donner. Bocthor (au mot pourboire) écrit (j£wkâJb baqchtch, ce qui est une orthographe corrompue.

Balais (Rubis). Esp. balax, balaxo, balaja; portug. balax, ital. balascio, bas lat. balascius. De l'arabe j«i^ balakhch, venant du persan yLij^Jo badakhchân, nom du pays d'où l'on tire ces gemmes. « C'est dans les montagnes de Badakschian que se trouve la mine de rubis que les Orientaux appellent badakhschiani ou balakhschiani , et que nous nommons rubis balays. » (D'Herbelot*.) «Pour ce qui est du rubis. . . , on l'appelle aussi balaechani, pierre de Balacchan, qui est le Pégu', d'où je juge qu'est venu

(la

> «^UU fjtiii y-i*^ Jjou ^-Ua/a |^^ ^^\ *7i>.''> {j* 0*>^ â&Jaï^ uMvaJl Ijb.i)! ïp>.l.>i vjii" ïy\i. /4/»iag'cs(e d'Abou'l-Wél'a, fol. 5i verso. (Man. ! la Bibl. nat., ancien fonds arabe, n° i i38.)

» Fol. 16 w»o.

' Édit. de 1 5 1 0 , en caractères /jf thiques.

' Voyages dans l'archipel de» Moli tqtes ( 1768 à «778). Trad. du liollanlai-- par Janseii.»* édit. l. t^,p.âo.

' D'Alexandrie à Souakin, dans le Tour du monde, a* sem. de 1860, p. 98. M. Spoll , dans son Voyage au Liban, ëcrit bachich : tt Des Arah«s de-

mi-niis nous déposent saitis et secs sur te quai moycnaant un léger

bachich.» (Le Tour du mniide, 1" sem. 1861, p. 3.)

' Iliblioth. orient, au mol bndaktchian.

' Erreur relevée par M. Defrémery, dans une note de sa tradui'iimi du Guhsluii, p. 3a&.

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le nom de balms qu'on doiiiio aux rubis couleur de rose.» (Chardin'.) Marco Polo appelle ce même pays Baiawan et les rubis lulaxi ou balasci.

On voit par ces citations combien peut varier sous une plume européenne la transcription d'un même mot oriental.

Baldaquin. Esp. baldaqui, baldaquin, baliuqumo; ital. baldacchino; bas lat. haldak'mus, baldekinus, baudakiniis, baudekinus, baldekinius. Du nom de la ville de Baghdad àl.>ob, qu'on écrivait au moyen âge Baldac ou Baudac, en italien Daldaco. Baldaquin et ses congénères sont des adjectifs formés sur ce nom ainsi altéré, et qu'il est fort inutile de vouloir tirer directement de l'adjectif arabe t5al.Xjb hairhil'di. Ce dernier mot, ainsi que baldaquin, a signifié d abord une riche étoffe fabri(|uée à Baghdad et servant à faire des tentures; delà est venue la signification actuelle.

Balj^bon ou BALi'noNG. Salle d'audience oii le souverain malais rend la justice. En malais £jjJj balârong ou ^j^ JU brde-rouang. Balé employé seul signifie de même édifice public, lieu d'assemblée, maison commune. Le balérong est généralement une grande cour entourée par les bâtiments du palais du souverain.

Ballote. Chêne à glands comestibles des côtes d'Afrique, connu aussi sur la côte d'Espagne. En arabe, Is^

balloût (dans Avicenne). En persan, Iô^LaLw châh-balloïit , chêne du roi, se dit du châtaignier.

La germandrée olTicinale, vulgairement nommée fclil chêne, à cause de la ressemblance de ses feuilles avec celles

du chêne, porte en arabe le nom de 0°)^' ^^ balloûl alardli, chêne terrestre. Chez nos botanistes, ballote, ballota, se dit oïdinairement du marrube noir, qui est une labiée comme la germandrée. Ballote, JçjL balloût, représentent le grec jSaXXwTv, qui ne se disait pas du chêne, mais seulement du marrube ou d'une plante de la même famille. Si ballote, labiée, a été pris du grec (par l'interméiliaire du latin ballote), il est certain que ballote, chêne, nous est venu des Arabes.

Dans la péninsule Hispanique, le mot arabe a donné l'espagnol bellota et le portugais belota, bolola, bolela, gland. Bellote, gros clou à tête, paraît aussi se rattacher à ces termes, par suite d'une certaine ressemblance avec un gland muni de sa cupule.

Baltadji. Officier du sérail spécialement préposé à la garde des princes et du harem. (Bescherelle.) Transcription du turC(y=2UJlj baltadji, porte-hache, formé de ajJL» bâlta, hache, et de la terminaison 3 dji, qui indique les noms de métiers. Ce nom vient, dit-on, de ce que les baltadjis étaient chargés d'approvisionner de bois les appartements du Grand-Seigneur, et leur hache représentait la cognée du bûcheron.

Balzan. D'après les dictionnaires, ce mot ne se dit plus guère que des chevaux ayant des balzanes, c'est-à-dire des

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taches blanches circulaires aux pieds. C'est ce qui avait porté Diez à signaler pour l'étyinologie l'italien baha, bordure; le wallon baltz, lacet, qui viennent du latin balteus ou ballius, baudrier. J'ai combattu cette étymologie'' au point de vue du sens et de la forme du mot, et j'en ai proposé une nouvelle, tirée de l'arabe, à laquelle M. Littré s'est rallié dans les Additions à son dictionnaire. Balzan, dans ses formes anciennes bausan, bausant, bauçant, bauceanl, etc. est un qualificatif de la robe du cheval, comme brun, blanc, rouge, fauve. C'est ce que prouvent les deux exemples du xii* et du xiu' siiîcle fili's par M, Littré, auxquels il est facile d'enjoindre boancfiup d'autres; il suffit d'ouvrir Du Cange ou le glossaire manuscrit de Lacurne de Sainte-Palaye :

Les chevax brochent bruns et bauceiis et sors.

(Bom. de Roncey.)

Ni à celi n'est auferrant corsier Bausant ou brun pour son cors aaisier.

(Rom. de Roacev.)

Et destriei's de prix hennissans, Blancs, noirs, bruns, bais, baucens et bailles.

(Will. Guiart.)

GlievauU ont gaaingné blans et baucens et sors.

(Rom. de Honcev.)

Et tant destrier bai et sor et bausant.

(Rom. d'Aubcry.)

Les costes a bauçans et fauve le crespon.

(Rom. d'AIcxand.)

Visiblement, dans tous ces passages, il ne s'agit point de tache blanche aux pieds en forme de ceinture. Le dernier surtout ne laisse aucun doute. Et en effet, un cheval bausant, dil Lacurne, est un cheval ^j'e ou baie pie. Baucens, bauceant [baucennus), dit lé Gloss. de Du Cange, «albo et nigro intcrstinctus vel bipartilus. . . Hoc vocabulum praesertim usurpant scriptores vernaculi de equis quorum pelles nigro et albo interstinclœ sunt. »

On sait aussi que l'étendard des Templiers , moitié blanc , moitié noir, était nommé bauceant dont on a fait beauséant. Du Cange a aussi ff^balsa, vexillum Templariorum. k

Quant aux formes, outre celles que nous venons de citer, on trouve bauchant et même baucant en vieux français; baucendus, bauchantus dans le bas latin. Tous ces mots, excepté bausan, ont un c et présentent un radical commun bauc = balc.

Or, le mot arabe auquel je prétonds rattacher balzan est précisément formé des trois lettres radicales b, l, q. C'est *UJij b/dqfi, féminin de l'adjectif (fXj\ ablaq, que iMeninski et Freytag traduisent ainsi : «Albo nigroque colore variegatus; usque ad femora albis pedibus praeditus (equus). »

Nous reirouvons là tout à la fois la définition du cheval biiusant et du cheval qui a des balzanes. Pour ce qui est de la terminaison â devenue an et de l'emploi du féminin, voyez ce qui en est dit ci-dessus au mot Alezan. L'expression tUXj ^j^yifavas balqil , jument bausant, se trouve dans

• Votf. en Perte.

• Revue de l'h (r. pulil. a5 janvier iSWf, p'. (1781.

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