‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 714 sur 754 · BAM · texte numérisé non relu

BAM

nn pn^sage du man. n* 1728, sup. arab. de lu Bibl. nat. I>. do.

Bamboo. Le bambou est originaire des Indes orientales. Son nom est, chez les Malais, ^a-c bambou ou j^-tf mambou. Une espèce, à bois si dur qu'il donne des étincelles sons la hache qui le coupe, porte, dans nos livres d'histoire naturelle, le nom de buîu, qui est le malais *î^ boûlouh.

Bangde. Portug. bango. C'est le chanvre de l'Inde, qui fournit l'élément principal du hachich. De l'arabe ^ bendj ou plutôt du persan .ÎJÛj beng, prononcé èa»^ par les Hindous. Ce mot désigne la plante et aussi la potion narcotique qu'on en tire. «Lorsqu'on veut, dans l'Inde, s'étourdir le cerveau , calmer ses maux ou dormir sans inquiétude, dit Bosc S on pulvérise du bangue avec de l'opium , de l'arec et du sucre, et on avale le résultat du mélange. Lorsqu'on veut être joyeux ou facétieux, on en mêle avec du musc , de l'ambre et du sucre, et on en use de même, v

La même préparation porte aussi en Orient le nom de ^jJoa* maslaq, en italien maslocco, que nos recueils de drogues appellent 7nnssac, tnalach, masasc ou masloc.

Le benJj des Arabes paraît être proprement la jusquiame. Celui des Persans est, d'après Chardin^, wunc infusion de la graine de pavot avec celle de chèncvis, de chanvre et de noix vomique. » Razi dit: *iU«e! *^. ^

JoJb «jli i^*.i)i »lij 5^j>J£ iSjééj» « toutes les espèces de bcntVj produisent ivresse, stupeur; le plus violent est le noir, il tue.» (Trait. III, chap. xxvm, man. sup. ar. ioo5, fol. h'] verso.)

Babat. «Patente de drogman délivrée parles consuls européens à des sujets du Grand-Seigneur. » (Bouillet, D'ici, scienc.) C'est le turc cj*'w barât, lettre, diplôme royal, qui accorde un privilège; de l'arabe i!w barda,

immunitas, se rattachant à la racine Lj baraa, immunis fuit.

Barbacane. Esp. barbacana, portug. barbacào, barbacane. En arabe gy barbakh, que je regarde comme une onomatopée analogue à notre glou-glou, signifie tuyau d'aqueduc, évier, trou d'égout, canal de l'urètre. Notre barbacane a des sens assez analogues et désigne entre autres choses «une ouverture longue et étroite pour l'écoulement des eaux. » (Littré.) Il semble donc assez naturel de rapprocher ces deux mots. La terminaison ane, qui n'est pas représentée dans le vocable arabe, ne ferait pas grande difficulté; car celle-là ou d'autres pareilles se trouvent dans des mots de nos langues dont l'origine arabe est hors de doute. ( Voy. par exemple Amiral.) Quant à supposer que la fin du mot représente le persan *jli. khâneh, maison, je n'y vois aucune vraisemblance.

Barde. Autrefois aubardc; esp. et portug. albarda; ital.

ni: II

barda. Tous ces mots signifient ou ont signifié hAl, telle. La présence de l'article arabe al conduit à prendre pour étymologie iifiiy barda'a, bât rembourré pour un âne ou une mule, dans le Dict.de Bocthor. Dans Freylag, c'est une couverture qu'on place sur le dos de ia béte pour adoucir le contact du bât.

Basane. Bezane, dans Palsgrave; esp. et portug. badana, bas lat. bedana. De l'arabe iulkj billtâna, qui signifie proprement doublure, la basane étant employée à doubler l'intérieur des chaussures et d'autres objets faits de cuir. (Voy. Engelmann, Gloss. p. g 3 a.)

Bavanc, Bawa.ng ou Caju-bavang, Grand arbre de l'archipel Indien. «Les fruits du bawang ont tellement l'odeur d'ail qu'on s'en servait autrefois à Aniboine pour assaisonner les aliments. » (Bosc, Dict. (fliist. nat. III, p. 33a.) C'est le malais ^^U bâivnnfr, ail, oignon, et l'arbre s'appelle ^s^yM kûyoû-bfnvang , arbre-ail.

Bayad. Poisson du Nil. «Le bayad, Silurus bnjad, est généralement d'un blanc argenté.» (Geoffroy Sainl-Hilaire\) Sonnini écrit bayalte'^. De l'arabe ^y»LJ bai/âd, même sens. Ce nom signifie blancheur.

Bazar. C'est le mot originellement persan jl)l# bàzûr, lequel est d'un usage général dans tout l'Orient*.

B^DÉGAR, Bedi'Igardou Béoéguard. Excroissance chevelue produite sur les églantiers et les rosiers par la piqûre d'un insecte. Chez nos anciens botanistes, le bédéguar est une plante du genre cchinops, le chardon de Notre-Dame". C'est l'arabe-persan i;^bG, ij^ilj, ij^blj, »>|jlaU, bndhâouard, bâdnivard, bildmvourd, badawourdé. La première forme est celle que donne l'unique man. de Razi de notre Bibl. nat. '. Gérard de Crémone , dans sa synonymie (1^81), explique bcdegar par «spina alba vel odor rosaen, ce qui indique qu'il regardait le mot comme formé du persan al; bâd, vent, souffle, et de l'arabe ij^ ouard, rose.

Bédouin. Esp. bedtilno. De l'arabe ^55^ bedaoui ou bedoul, qui demeure dans le désert, adjectif formé sur ^J^ bedou, désert, lieu sans habitations fixes.

Béue'motu. Animal extraordinaire décrit dans le Livre de Job (ch. xl, to et seq.). C'est l'hébreu nicnn behemôth, qu'on regarde comme le pluriel de nçnp bcliemah, bête. «On doit entendre par ce nom-là, selon la Vulgale, un éléphant, lequel, à cause delà grandeur de son corps, en vaut plusieurs.» (Simon, Dict. de la Bible.)

Béhen. C'est en pharmacie le nom de plusieurs racines, dont les deux principales portent les noms de béhen blanc et de béhen rouge. Béhen est une corruption de l'arabe-persan

' Dict. d'hùt. nat. l. lit, p. 337.

• Foi/, en Perte, éd. Smilli, p. a^ù.

• PnWical. ;ic l'Inslilut d'Egypte, llist. nat. I, p. 3o3.

• Và'j. eii Ffjpjph, pi. tvfii.

* Le mahis dit ym^ patar ; comp. ptutr, sMe , plof^.

* Voy. Domin. Chabré, Stirpium iconet, p. 3A8; Jean Liebault, Maito»

n.st\q\te(\Cio\), p. 3.37, etc.

' Fbl. /i 7 vers'o. Raii donne fe bëdéjjar CKmmï fiibrift/lja.

BEL

behmen. Le traité de médecine de Razi cite les deux

espèces que nous venons de mentionner; la seconde, ditil, est un aphrodisiaque : »LU ^s**^' (j*\f?'- Tourncfort rapporta de son voyage au Levant les graines d'une des plantes qui produisent le bélicn; semées à Paris, elles produisirent la centaurée dite par les botanistes cenUiurée béhcn.

Dorvault [OJflcim) dit que la statice ou romarin des marais a porté le nom de katran de béhen.

Il ne faut pas confondre béhcn avec ben (voy. ce mot), comme l'a fait Richardson, qui traduit (j^ behmen par «ben album et rubrum. »

B^LiAL. Cette expression biblique, qu'on a appliquée au démon, signifie proprement chose inutile, pernicieuse, en hébreu bv^ï:i beli-yaal, formé de ^'7^ beli, sans, et Svj ya'al, utilité, profit; c'est assez exactement notre vaurien.

Bklliîric ou Belliric. Nom d'une espèce de myrobolan. On dit aussi belléris. C'est l'arabe ^vJj belïledj, venant du persan xUb bellkh. Le mot est dans Razi, p. li'] verso.

On compte cinq espèces de myrobolans consignées dans

ces deux vers que je copie dans la botanique de Jean

Oauhin ^ :

Myrobalanorum species sunt qninque bonorum : Citrinus, Kebulus, Bellericus, Emblicus, Indus.

Dans un poëme médical du moyen âge ', on lit les mêmes noms, sauf le dernier:

Gitrini coleram purgant, hebulus atque Bellericus fleuma pellunt, queis emblicus — (?)

On trouvera plus loin l'étymologie arabe de kebulus = hebulus et de emblicus.

BELzÉiinTH. Divinité des Philistins. C'est, dans la Vulgate, Beelzcbub (Reg. IV, a et seq.), qui est la transcription de l'hébreu 3i3i V^?? ba'al zcboûb. Zeboub, en hébreu, signifie mouche, et on interprèle le nom de cette divinité par le prince des mouches. Dans l'Evangile de saint Matthieu (cap. XII, v. 2^), Belzéhutb est qualifié de prince des démons; ici. quelques scholiastes lisent ^esllc^ovX et interprètent le prince de l'ordure , d'un mot '713J zeboûl, correspondant à l'arabe Jju) zebll, fumier, ordure. (Voy. Brellschneider, Lexicon Novi Testamenti, Leipsig, i8io.)

Ben. Arbre nommé par les botanistes Moringa oleifera, dont la semence fournit une huile pour la parfumerie. C'est le yU bân des Arabes, souvent cité par les poètes*". Kn ternies d'officine, on dit ben album, et de là sans doute provient l'erreur de Richardson marquée ci-dessus à BéiiKiN. Ce ben ou aben des droguistes n'est pas une racine comme le béhen, mais la graine mdme du moringa.

Benetnach. Nom de l'étoile v de la Grande-Ourse, qui

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