‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 716 sur 754 · BES · texte numérisé non relu

BES

Bessi, Grand arbre do l'arcliipel Indien, un de ceux auxquels on donne vulj;airement le nom de bois de fer, qui est la traduction littérale de l'appellation malaise ^l^ (£MJ kâyou besi.

Betelgeuse. Quelques ouvrages écrivent Beleigeuse. Nom de l'étoile de première grandeur placée à l'épaule orientale d'Orion. La constellation d'Orion est nommée par les Arabes «l)^ al-djauzâ, et l'étoile dont il s'agit ici est appelée <Jlu mankib, épaule, ou ^ yed, bras '. Voici ce qu'en dit le traité d'astronomie d'Abd er-Rahman es-Soufi^ : ;OoJI ^^ y-çi)l x.*Xi^ J^ ^ÀJt ^i)| poJàJI ^1 y» jUI Làjt 1)^ iX-ij ^y-^ <-*-C.i-* ,^-<w-jj . . . J^il! «La deuxième (étoile d'Orion) est la brillante, grande, rouge, qui se trouve sur son épaule droite; elle est de première grandeur et on la nomme épaule d'Orion ou encore bras d'Orion [yed el-djauzâ).r) Betelgeuse ne peut être qu'une altération de cette expression arabe yed el-djauzâ. Toutefois, il faut observer que, dans la série des signes du zodiaque, t^^ el-djauzâ marque les Gémeaux. Or, les astrologues, pour leurs horoscopes, considèrent douze maisons du soleil (iù.sL to^ *) correspondant aux douze signes ; parmi elles se trouve donc la maison des Gémeaux, o^o !j^ beit el-djauzâ. Celte expression a dû être confondue avec yed el-djauzâ et prise pour le nom de l'étoile.

Uey. Titre chez les Turcs, gouverneur. C'est le turc Sij heg, adouci en bey. De là vient bégum, en turc ^ be-

goum, qui semble formé de beg et de l'arabe -I oumm, mère, la mère du beg.

Beylilc, province, principauté, est un substantif turc tiUsÇ formé sur bey, comme pachalik sur pacha.

Beglierbey, titre de gouverneur de province, est formé du pluriel de bey joint au singulier, ^^ J5o begler-beghi , adouci en beyler-beyi, le bey dès beys.

Bezestan. Marché public, halle ouverte, dans le Levant. Transcription de l'arabe-persan yl**-^ bezestan, mot

formé du persan jj bez (arabe vj bezz), lin, toile, bardes, et de la terminaison persane stân, qui marque le lieu où une chose se trouve (comme dans les noms de pays : Afghanistan, Beloutchistan, pays des Afghans, des Beloutchis, etc.).

Bezoard. Esp. bezoar, bezaar, bezar; portug. bezoar. De l'arabe y^'^i»^ bâdizahr ou ^jL> bûzahr, venant du persan -d>jàb pâd-zehr, qui signifie littéralement chasse-poison. Bezoar a été employé chez nos anciens auteurs, non-seulement dans son sens propre : « Lapidem bezaar magnœ virtutis et pretii*», mais encore clans le sens général de contre-poison, ainsi qu'on le voit dans ces passages d'Am-

BON

I broise Paré cités par M. Litlré : «Son bezahar ou contrepoison est le suc de mélisse. . . D'autant i|u'en parlant dos signes de chacun venin à part, nous avons nommé son antidote bezahar, il faut savoir ce que veut dire ce mot : les antidotes ou contre-poisons ont esté appelés par les Arabes en leur langue bezahar, c'est-à-dire en leur baragouin, conservateur de la vie; de là est venu que tous antidotes et contre-poisons par excellence ont été appelles bezardica. »

Le mot s'est introduit dans nos langues par les livres de médecine arabes : «Lapidem bezoarticum, de cujus efTicacissima vi adversus venena Arabes pra?sertim , vclcres eliam et juniores medici tam multa retulerunl admiranda,» dit Gaspare de los Reyes', qui cite en même temps un grand nombre d'écrivains arabes, Uds que « Rliazis, Abenzoar, Mcsue, Haly Abbas, Avicenne», etc. parmi ceux qui ont traité ce sujet.

Lui-même y a consacré vingt pages in-ii°. J'en lire les lignes suivantes à cause de la suggestion étymologicjuc qui paraît s'y trouver : «(Lapides bezoartici) qui frequenliores et communiores sunt, in ventriculis animalium quorumdam Indorum generantur, quœ caj)rœ raagnitudinmi superant et ad cervorum figuram proxime acccdunt, undc cervicaprœ communiter appellantur, et a Persis Pazan vocanlur, et ipsum lapidem Pazaar, quod anlidotura sonat, aut veneni remedium *. » Inutile de dire que Pazaar, c'està-dire Padzehr, et Pazan n'ont entre eux aucun rapport. Ce dernier nom a passé dans la nomenclature zoologi(|ue française : paseng, chèvre égagre, et pazan, nom donné mal à propos par BulTon à l'antilope oryx. Dans Meninski, y^L ou y)b bazen, pazen est simplement : «corniilus, qui mœcham habet»; mais Richardson traduit avec raison par «goalof mountain», chèvre de montagne. H y a plus de trois cents ans qu'Ambroise Paré avait fait mention de ce ruminant : « Une espèce de bouc appelé en langue pei-sicque pazainn, dans un passage dont celui de Gaspare de los Reyes semble une traduction.

Busse. Soie crue du Levant. C'est le persan ^eS^ ablcham, cocon, et dans Castell «serici crudi sordes et villi. »

BiGHiR. Poisson du Nil [Polyptère bichir). C'est Geoffroy Saint-Hilaire qui a introduit ce nom dans la nomenclature zoologique ^ J'ignore l'orthographe du mol arabe correspondant.

Bismuth. Serait-ce l'arabe J^l ithmid, antimoine? La confusion entre les deux métaux est facile à comprendre. Mais d'où viendrait le b du français, de l'espagnol bismuto, de l'italien bismulta, ou le vc de l'allemand wismuth?

BoNDUC. Plante exotique aussi nommée œil-de-chat ou

' Il serait inexact de traduire ici Jo yed par main; car l'étoile est située i la naissance du bras et foit éloignt'C de la main. On sait, du reste, que, dans le langage scientifique, yed se dit de l'ensemble du bras, depuis l'épaule jusqu'au bout des doigts.

' Man. déjà cité, fol. i3() veiso.

' Un chapitre de VAlmageste d'Abou '1-Wéra traite de la connaissance det maitoru, qu'on appelait alors, dit-il, lei Cenlru: i ïLçmÀ^ ^Hr^W '»>«^-"

l5ÎUI LljUj (Man. de la Bibliothèque nationale, ancien fonds ariib* tVii38.)

* Pelr. Texeira, Hùt. rej^um Pertitp, cap. xmii.

' Elysiiu jucundarum quteitionum eampiu, Francfort, 1670, p. QoS.

' Ouvrage de la commiss. de l'Iuslit d'Egypte, Hiit. nat. t l", 1 " part p. & i 18.

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