‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 720 sur 754 · CUR · texte numérisé non relu

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ticle Alchimie, on ne sera pas surpris fie l'alldration de qaninn en canna, kymenna, ciienne, cuinc.

CoRcuMA. Esp. portug. et ital. curcuma. On trouve culcumn dans un tarif français du xvii° siôcle. (Lillré.) C'est ÏMdhc ^i^^iiS,^ ko uriioum, kourkouma (héb. QS"!?), même siijnificalion. L'Avicenne de Rome donne la leçon U«jJjï qourqounuï [p. m), que les dictionnaires n'ont pas relevée.

Cuscute. Esp. et portug. cuscuta, itai. cuscutn, cvssuta. Cette dernière forme nous donne l'étymologie du mot:

noR

:si

c'est l'arabe s^yi^ koxichoûi, ou byi^ kourhoûtâ , qui désigne la mémo plante '. On trouve les variantes ortiiograpliiques \ù>yJiS, byiiS kourhouth, kotichoûtlu'i. Lvs termes arabes vienneni du gn-c naenjjas ou d'une autre forme du même mol. Le Dicl. d'Iiitt. nat. de Détervillc donne, romme se trouvant dans Tliéophrasle, catsylha (qu'on traiisirirnit xaavOu, en arabe ^J^A^). Les formes cuMiila, ca»»iui, des botanistes modernes semblent, par leur» voyelles, dériver directement de la forme grecipic. Il en est de même de cassite, nom d'une autre famille de plantes parasites assez analogues à la cu&cute.

Damas. Éfoiïc; tire son nom delà ville de Syrie, en arabe (^.i^^i drmachq. Le q final fait comprendre la forme des dérivés damasquiné, damasquette , etc. à côté des mots plus modernes damassé, damassade, etc. composés directement sur le nom français de Damas.

Dame-jeanne. Le dictionnaire françnis-arabe de Bocthor traduit damc-jeannc par ëjis^ii damdj'.na ou damadjûna; ce mot, M. Liltré (dans les Addil. au Dict.) le donne pour étymologie de dame-jeanne. 11 joint une citation de Niebuhr^ de laquelle il résulte (]ue damajane signifie en Orient un grand flacon de verre. Le Dictionn. arabe-franc, de Kasimirski a recueilli cette expression. J'ignore, pour moi , si *jU2i est d'origine orientale. La fin du mot rappelle l'arabe HJy^djoHna, cruche, «capsa vitraria » dansGolius, «a glass phial » dans Richardson , qui met un haniza sur le ^ ; et ce djowia fait songer à noire vieux mot gonne, futaille «t mettre des liquides, du poisson salé, du goudron, etc. On peut comparer damdjûna à l'hébreu njsJSî tsintseneth, bouteille.

Darse. Esp. et ital. darsena. Pour l'étymologie de darsena, voy. Arsenal.

Denab. Etoile de première grandeur, a du Cygne, (/est ï' arabe <^i> dlicnab ou dheneb, queue; les astronomes arabes nomment en effet cette étoile iCa^U-oJ! t-*jà dhenab ed-dadjâdja, la queue de la poule, à cause de sa situation sur la queue de l'oiseau qui figure la constellation.

Dey. D'après M. Garcin de Tassy^, ce mot viendrait de l'arabe ^b dut, celui qui appelle, missionnaire. Mais M. Defrémery établit que le mot est d'origine turque*. Il fait judicieusement remarquer que, dès la fin du xvn° siècle, les deys d'Aîger s'intitulaient ^^Li dffi ou <^llo dJuli, dans les lettres écrites en arabe, et ^glà dûl duns les lettres en turc, toujours sans ^ . ^gii d/'ti en turc signifie rncle maternel^.

Dinar. Monnaie arabe. Transcription de l'arabe jLua

dlmr. Mais l'esp. d'mero, le porlug. dmhriro. l'ital. davaro, dennro, comme notre denier, viennent du Lilin dennrins^. Le mot arabe lui-même n'est autre que le grec Stivdptov.

DiRHEM. Monnaie arabe. Transcription de -Pjà dirhcm, en grec Spax[J^v, drachme. Les Espagnols ont pris le même mot sous la forme adarame ou adarme, avec le sens de demi-drachme.

Divan. C'est un terme que nous avons pris aux Turcs, qui l'ont reçu des Arabes ou des Persans, car le mot ^jyJ,:> dîvoân est d'origine persane. On peut voir ses nombreuses significations dans les Dictionnaires de Meninski, Richardson, Bianchi. (Voy. plus loin Douane.)

DivANi. Sorte d'écrilure en caractères arabes. C'est un adjectif j|yi diwilni, formé sur dia^nn, (|ui regarde le divan, parce que cette écriture est spécialement employée dans les bureaux du Divan, dans l'empire ottoman.

Djebid. Transcription de l'arabe «Xjy^. djerîd, qui signifie «une tige de palmier dépouillée de ses feuilles», d'oii javelot et enfin l'exercice guerrier qui porte ce nom. «Le javelot des exercices qu'on appelle g'eri</, c'est-à-dire branche de palmier, parce qu'il est fait des branches de [)almier sèches, est beaucoup plus long qu'une perlui.><ane et est fort pesant, de manière qu'il faut une grande force de bras pour le lancer. » (Chardin '.)

Djinn. Mot arabe, (js.. djinn, nom collectif qui désigne les génies, les démons, les êtres surnaturels, par opposition à l'homme.

DoLiHAN ou Dolman. Sorte de vêtement turc; du turc x«i|^ dvllma, ou yL«i'j:> dolïmàn; en polonais doloman (dans iMcninski).

DoRONic. Genre de plantes de la famille des synanthérées. Esp. doronica, portug. doromco (ces deux termes

' Voy. Freylag cl Bocthor. Ccllo ëlymolofpe est aussi indiquée par M. Defrémery [Rev. crititj. numéro de déceiiibre 18G8, p. 'lo^ij, qui rcproclic justement à M. Dozy de l'avoir ouljlii'e dans son Clostaire.

' Ce passage se trouve p. a 33 de l'édition Smitli; te mol est écrit daiiuu-

jin.i:

' Jl/c'm. sur les noms propres et les lib-es mtuulmans , 1 8.^4.

* Jour». rt»iVi(. janvier iSCa, p. 85.

» Ibiil iioi'il 1.807, p. 180.

• Voir puiirlaiil Oory, Gloss. p. a58.

' Vo\). en Pers», éd. Smith, p. iSg.

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