‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 731 sur 754 · HAS · texte numérisé non relu

HAS

Razi consacre rjiielques mois à l'harmale' : Sm^j, ^^^

e».»Iall 'j»>vj Jpt ^vfr?j ;»X««»j^ « l'harmale enivre^ et donne le vertige, excile le vomissement et provoque les menstrues. » Dans le grand ouvrage médical persan de Zein ed-din abou *l-fadl Ismaïl ben Hasan al-Hoceini de Djoiirdjan^, on lit : ^^ k^T^ '^^N^^^ ^y' *N^i■>Y} t'y '~*^ f-^ j^ J'*y^- Jj^jU» |^;Uj^ <jj^ jb^jjjj «XjLiîjÀ. «il y a deux sortes d'harmale, le rouge et le blanc; l'espèce blanche est appelée liarmale arabique, en grec moli et en persan sandnl ...» Je cite ce passage pour les curieux qui recherchent ce que peut être le moly , ij.û\v, que Mercure donna à Ulysse comme préservatif contre les enchantements de Circé. ^Odyssée, chant X.)

Hasard. Esp. et portug. azar, ital. azzardo, la zara, bas lat. nznrdum, azarum , azarrvm. La signification primitive esl jeu de dés, ainsi que le démontrent les nombreux exemples cités dans le Dictionnaire de M. Liltré. (Voy. aussi Du Gange.) Aussi le tirc-t-on de l'arabe yûJl az-za/tr, dé à jouer. Malbt ireuscment ce mot, qu'on trouve chez Bocthor, manque dans les dictionnaires classiques. ( Le Gazophyl. ling. Pers. écrit ^Ijj zâr, qui figure dans Meninski comme purement turc.) Cela laisse des doutes. M. Defrén)ery accepte l'étymologie sans faire aucune réflexion sur l'authenticité da ji>'^ zalir. Le Glossaire de MM. Engelmann et Dozy n'en dit pas davantage. Je n'ai moi-mcme aucun argument nouveau à fournir pour ou contre.

Hatti-cukrif. Ordonnance royale qui porte une marque de la propre main du souverain. C'est une expression persane ob-û îâi. khatt-i-clierïf, formée de deux mots arabes ^Ai^khaU, ligne, écriture, et Uo,Ji, chenf, illustre. L't qui jomt les deux mots marque en persan l'union du substantif à son adjectif. On dit dans le même sens ;j^l$ lïLi. hhall-i-houm'tyoûn , prononcé hatti humayoun, du persan houmfiyoûn, royal.

Hkgirk. Esp. hegira. De l'arabe 5»â. hcdjra, fuite, de Mahomet à Médine, le 1 6 juillet 692 , époque à parlir de laquelle se comptent les années du calendrier musulman.

Helbe, Hebbe ou Helbeh. Fenugrec. De l'arabe iCJ^ houlba.

Henné. Arbuste d'Afrique et d'Asie, dont les feuilles sécliées et réduites en poudre servent aux femmes de l'Orient à se teindre les ongles en jaune safran. C'est l'arabe

»^-ï-a. Iiinnâ, qui, précédé de l'article, a donné l'espagnol allima. M. Dozy ne semble pas s'être aperçu que le portugais alfena, alfeneiro, troène, est le même mot (il n'a point

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noté ces deux termes dans son Glossaire, non plus que l'espagnol alcana, même sens); le henné porte aussi le nom de troëne d'J'Jfrypte. Gérard de Crémone, qui traduisait YAbnansouri de Hazi, vers le milieu du xn" siècle, prononce alchaimn : «Alchanna pustulis (|uae sunt in ore et adustioni ignis remcdium affort» (lib. III, cap. xxvui*). En italien, on dit encore alcanna et alclwuna.

HoQUETON. Vieux français auqueton. On a reconnu depuis longtemps l'identité de ce mot avec l'espagnol al~ colon, algodon, coton, représentant l'arabe (jkJil! al-qolon. Du nom de la matière, le mot est passé à l'étoffe qu'on en fabriquait et ensuite à un vêtement fait de celte étoffe. Si l'on ne connaissait à ce terme que le sens de casaque, on comprendrait malaisément que l'auteur du Roman de Roncevaux en eût pu faire un objet de comparaison avec une barbe blanche dans ce vers * :

Blanche ot la barbe aussi corne auqueton.

Horde. C'est un mot tartare; en turc, ^i j^l ordou, camp.

Hopanna. C'est l'hébreu N'ri^^ÇMn hôcluanâ, deuxième personne du singulier de l'impératif intensif du verbe ^^■tàSn hôchî'a (forme hiph. de i't?';), sauve, délivre, porte secours. Le N'3 n« final est une particule précative, qui a le sens du latin quœso, je vous prie. Les Grecs ont transcrit Clvavvci, et saint Jérôme Hosanna.

HouKA. Pipe turque ou persane peu différente du nar-

ghileh. (Liltré.) De l'arabe iJirw houqqa, ou, si l'on veut,

du persan ajù». houqqa, vase, bocal, et spécialement : n the botlle through which the fumes pass when smoking tobacco» (Richardson), le flacon où passe la fumée du tabac avant d'arriver à la bouche du fumeur.

Houle. Bien que Jal {^Dicl. de Marine) ait indiqué pour ce mol le hollandais /to//e, creux, je ne puis m'empêcherde signaler la coïncidence au moins remarquable de ce terme avec l'arabe Jy6 haul^, auquel les dictionnaires ne donnent d'autre sens que celui de terreur, objet terrifiant, innis qui, dans maints récits de tempêtes ou d'aventures maritimes se traduirait tout naturellement par houle ou quelque chose d'approchant. En voici trois exemples empruntés à l'ouvrage intitulé ■y^^\ (-^jI^ Merveilles de l'Inde, dont il a déjà été question. Au milieu d'une tempête, un marin s'écrie : A=>!y»!j jiSSÎ' Ij^ ^y^ J^^ ^ ^Nc vois-tu pas le h/iul de cette mer et ses vagues?» (p. 1 8). Et plus loin , au sujet d'une troupe d'esclaves qui, emmenés de la côte africaine dans un navire, se sauvent en sautant par-dessus bord, mal-

le pass.ij;e ijieiilioniié dans le Thesiiiir. d'Hinri Eslieiine : hijaaaa, a-aépfui Se iaTiv èv y-vpicf yevviijjLCvov tov àypioxi vsityivov, 6 Si) oi êvToTiiot (ïp(/aAo MaXoOaiv. (Édit. Didol.)

' Mai), déjà cilë, folio 49 reclo.

' Je lis ^Cj bien que le man. porte (jS^. qtii ne concorde point avec hi suite.

^ Man. persan, n° 889 d;i sup|)lémcnl. Bibliotlièque nationale, folio 1 18 verso.

' Ce qui coiTi'spond au fol. 48 verso du man. de Razi déjà cite : aà^j ^-^^

' Dicl. de M. Liltré. — M. A. de Clievallet, dans son Orig. de la tatigut fr. (t. 1", p. 544), faisait de lioqueton un diminutif de liuque, houque , el lui donnait une origine gornianique.

' L'élymolojpc est su(;i;érée par M. Pihan et par M. Cherbonneau, mail sans aucun argument ù Tappui. M. Cherbonneau traduit mtr hoaleiiie par

Jj^ jaf baftr mouliaaeL

HOU

gré IVtat a{ji((5 de la mer : ^^J jtooiL 3\ vJJi *4A»yU) LA** L« y*sll ^i> Jyû J^ ï' Ils ne se sont liasardt's à cela, dit le capitaine, que parce qu'ils sont en état de lutter contre le liattl de cette mer» (p. 26). Et enfin, dans cette phrase : ^jy?. ^ cjUrJ! til (•4«jy *=?-!r»'j j^' <V*^ «V y5«>^^ L« « Ils ne virent plus aucun moyen de se diriger, et le hiul de la mer et ses vagues les élevaient jusqu'aux nues» (p. 16); estil possible de traduire hnul autrement que par un mot voisin comme sens de notre houle?

Ajoutons que dans le porlugaisyôWa (folla da mar)', le y correspondrait parfaitement au » A de liaid; car on sait que, dans les langues hispaniques,/ transcrit fréquemment les aspirations arabes ^, ^, » A, M, h.

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Hounr. L'ancienne forme arabe est »|;^»» luiurâ, plur. j^js». Itoùr, qui a les yeux noirs de la gazelle. Les Persans en ont fait ^^j^y». Iioûr't avec le ^^ i d'unité, et les Arabes ont repris ce mol sous la forme ajji^»- lumrïn. (Voy. Dozy, Glosa, p. 387.)

HcLLA. Celui (|ui, d'après la loi musulmane, doit épouser une épouse divorcée, avant que son mari puisse la reprendre en mariage. (Liltré.) C'est un dérivé de la racine arabe J». hall, qui, à la deuxième forme JJLw hallal, signifie : ^Ter rcpudiatam duxit, ut post repudium a primo conjuge repi-fi posset", » L'épouse reprise ensuite par son premier mari est appelée *JilU> halila.

IcoGLAW. Page du sérail. Du turc y5Uy g:l ttch-oghlân, formé de Itch, intérieur, et oghlân, jeune garçon, page.

Pouqueville écrit tcholan : «Les pages ou icholans du vizir voulurent nous régaler d'un concert à leur manière'.»

Iman ou Imam. Transcription dp. l'arabe -Ul tmâtn; aussi

disons-nous imamat et non imanat, pour désigner les fonctions religieuses de l'iman.

Iharet. Sorte d'hôtellerie turque où les élèves des dif-

férentes écoles vont prendre leurs repas. Les pauvres y trouvent aussi gratuitement des vivres. (Litlré.) Transcription, d'après la prononciation turque, de l'arabe i;l» 'imâra, fondation pieuse, édifice public.

ÏRADé. Décret impérial en Turquie. Prononciation turque de l'arabe »i!^! iràda, volonté, désir.

Islam. Transcription de l'arabe -SU»! isldm, religion musulmane, proprement, résiliation à la volonté de Dieu,

IzARi. — Voy. AuZARI.

Jacre. — Voy. Térémabin.

Jambosk ou Jaaibosier. Arbre des Indes (^Etigenia jambos) qui produit un fruit comestible appelé pomme de rose; en malais ^a5T (//Vnnio!/. Une espèce porte, chez les Malais, le nom de ^ié yjir djamhou-hliyig , ce qui marque qu'elle est originaire de la côte de Coromandel {hling, en malais).

Le jambolonguc ou jami on gue de l'île de France, lejambolane et le jamrosade de Saint-Domingue, sont des espèces ou des variétés de jambosier importées des Indes dans ces colonies. Les trois premiers de ces noms correspondent au malais (^->2r djambelan; le dernier est formé de djambou et du mot rose, à cause de l'odeur de rose des fruits de celte espèce, qu'on nomme aussi, aux Antilles, pommier-rose.

Janissaire. Du turc isj-^f^. yeni-tcheri, formé de ij!^. yeni, nouveau, et ^g-ù- tcheri, soldat, milice.

Jarde. Tumeur qui se développe à la partie externe du jarret du chevaL Ital. giarda. Dans un ouvrage d'hip-

piatrique écrit en latin au moyen âge, je trouve les deux iormcs guirda , jnrda : n Quasi mollis sulllalio ad magnitudinem ovi aut amplius. .. nascitur in garrelis*. » C'est l'arabe S^ djaradh, même signification ( Tumor omnis natus in sujfragine jumenti aut inferiore pcdis nervo, dit Meninski).

C'est par erreur que le Dictionnaire de Handjéri traduit y^rari parce même mot i*f^; les javarts n'ont aucun rapport avec la jarde.

Jargon. Gemme de couleur jaune tirant sur le rouge, souvent confondue avec Miyacinthe. Le minéralogiste llaûy a réuni ces deux sortes de pierres sous le nom commun de zircon. liai, giargone. Jargon et zircon, dont personne, à ma connaissance, n'a encore établi l'étymologie, sont certainement identiques à l'espagnol azarcon. D'après le Dictionnaire de l'Académie espagnole, azarcon, en peinture, signifie orangé vif : «el color naranjado muy encendido, color aureus;n ce qui s'applique très-exactement à l'hyacinthe. Azarcon s'est dit aussi, comme le portugais zarcâo, zarquâo, azarcâo, de l'ocre rouge. Et tous ces mots

• L'euprcssion /oflo da mar semble calquée sur j^l Jy».

' La fkr.Tie régulière ne poiil être que JJ-s:. On dit aussi Jjc!-~». Cf. la note io de Lane sur le cliap. xi de sa traduction des A/i//e «J une Nuitê. (Cb. Del.émery.)

' Voyage en Morée et à Comlantinnpie , éd. Smith, l. XII, p. Ssg.

* Liher de cuia equorum, coinpotitus a Jnrdano Ruffo, milile Caiiidrenn, man. lat. ancien fonds de la Bibl. ual. n° 7UÔ8. Ce ni.-iiiuscril est da xm' siècle.

JAR

correspondent à un terme arabe, yyi;) zarqoûn, avec l'ar- I ticle az-zarqoûn, qui se disait du minium et d'autres substances de couleur tirant sur le rouge. Mais quelle est l'onijine de ce zarqoûn, qui ne paraît pas très-ancien dans la langue arabe? On trouve un certain nombre de termes très-voisins de celui-là, tels que i^yJ^Uw stlqoûii, (jyjt^jw senqoUn, yyb-«.l asrïqom, etc. correspondant au bas grec (Tvptxév, et à notre vieux mot azuric, vitriol rouge, et s'appliquent aussi au minium, au cinabre. D'autre part, Pline a d«5jà syricum ou sirucum^ dans le même sens, et sirqoûn se trouve également en syriaque. Ceci prouve, comme l'a fort bien fait observer M. Dozy^, que le mot en question était connu en Orient et en Occident avant que les Arabes pussent avoir aucune action sur les langues du monde civilisé.

Si le mol n'est point arabe, il peut être persan. M. Dozy suggère y>S^)' âzar-gom, couleur de fou (de ^i5 ou;)^ àznr, feu, et ij^ goûn, couleur). Je préférerais y j2Jjj zargoûn, couleur d'or, qui me semble mieux convenir aux formes arabes et correspond très- exactement à yj.»;) zarqoûn. Il semble que l'Académie espagnole ait songé à cette étymologie, lorsqu'elle explique azarcon par color aureus.

Dans tous les cas, notre yar^on me paraît venir de cette expression persane qui détinit très-exactement la couleur de la gemme. N'oublions pas (|ue celle-ci est originaire de Ceylan, de l'Inde et du Pégu.

Jarre. Esp. jarra, jarro; porlug. jarra, zarra; ital.

giara, giarro; dans l'Archipel, iarros^. De l'arabe à^adjarra, <xdsjarres, grands vases de terre, dont chaque maison (au Caire) est pourvue pour mettre l'eau. » (Niebuhr*).

Jaseran. Esp. jacer'ina, portug. jazerina, ital. ghiazzerino. Voir les étymologies arabe et persane pro[)osées par M. Dozy [Gloss. p. 989) et par M. Defrémery [Revue crit. 26 déc. 1868, p. /107, et Journ. asiat. mai-juin 1869, p. 529 , 53o).

Jasmin. Esp.jazmin, porlug. jasmin, ha\. gelsoniino ; chez les botan. jesminhim, jesseminiiun , gelscminum, gelsetnium, etc. De (jysfwl^ yûscmîn, que les Arabes ont emprunté aux Persans.

Javaris. «Es|)èce de sanglier d'Amérique.» (Nouv. Vocal), de l'Acad. franc. ^.) On écrit mieux y«rart. C'est l'espagnol jahali, sanglier, nom appliqué en Améri([ue au pécari. Jahali est l'arabe Jt+s- djabali, montagnard, formé de Juja^ djahal, montagne, le sanglier étant appelé porc des montagnes. (Voy. Engelmann, Glose, p. 288.)

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