‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 734 sur 754 · MOT · texte numérisé non relu

MOT

du verbe chanah, être changé, modifié. (Voy. Munk, Palestine, p. 607.)

MiSTiQOE ou MisTic. Catal. mestech, esp. mislico. Sorte de barque. De l'arabe ^k~«w« mistah, plateau à porter îe pain, grande poêle à griller le blé, etc. dans Golius, ou mosatt'ih, barque armée. (Voy. Dozy, Gloss. p. 3i4, 3i5.) Je présume que les deux mots ont dû se confondre dans l'usage, sans quoi mosatlah eût difficilement dc.iné mistic ou mestech.

MoBED. Ministre de la religion de Zoroastre. En persan «Xjj,» moûhed.

MoHARREM. Premier mois de l'année musulmane; maharram dans les Lettr. pers. de Montesquieu. En arabe

-ys! mouharram, qui signifie sa/ré, interdit (de la même racine qui a donné harem), parce que, avant Mahomet, il était interdit de faire la guerre durant ce mois.

MoHATRA. Sorte de contrat usuraire. Esp. mohatra, portug. mofalra. C'est l'arabe iLbl^ mokhâtara, ha.sa.d, chance, risque, pari, ainsi que l'indique le Dictionnaire d'Ellious Boclhor, qui traduit mohatra par s-Lsli^ xaj bi mokhâtara, littéralement vente hasardeuse. Cette étymologie est appuyée par MM. Defrémery *, Dozy*, etc.

MoiRE. Ce mot a signifié primitivement une étoffe en poil de chèvre ou d'autres animaux. Quelques étymologistes ont voulu le tirer de l'anglais mohair; mais les meilleurs lexicographes anglais tirent au contraire leur mohair

du français moire *. Bocthor traduit moire par S^ mokhayyar, et ce terme arabe paraît être la véritable étymologie. Il correspond à l'italien mocajardo ou mucajardo, « una

sorta di tela di pelo. » S^ mokhayyar, comme bien d'autres expressions, manque dans Freytag; mais il est dans Richardson : «A kind of coarse camelot or hair-cloth», et dans Meninski: «Cilicii panni telaeve vilioris species, capripilium. »

Moïse. Terme de charpente : pièces de bois plates assemblées deux à deux, parallèlement, par des boulons, et servant à maintenir la charpente. Je suis porté à croire que moise, moisine (comme on disait au xv* siècle), représentent l'arabe <5)!p> mowâzl, parallèle. M. Gaston Paris a fait remarquer que moise peut correspondre au latin mensa, table, comme toise à tensa. Cela est vrai; mais pourquoi ces deux pièces parallèles constituant la moise (il n'y a pas de moise sans les deux) auraient-elles été appelées mensa? De plus, il y a en espagnol un vieux terme de charpenterie, musa, apparemment identique à nwise, qui ne peut venir de mensa, et que M. Dozy regarde

aussi comme une altération de ^5)!^ mowazt. Mon hypo-

' M. Defrëmery me signale J,>» avec le sens de massue des pehlcvân ou lutteurs.

' L'auteur de l'Index qui termine l'édit. des Letlr. pcr>. de Montesquieu par André Lefôvre, rapproche mirza de mord ■>y», homme. C'est une erreur à corriger.

' Joum. atiat. janvier 1869, p. 91.

• Gloss. p. 3 16.

' Voy. par exemple le Dictionn. de Samuel Johnson qui définit le mot s itThreail or stuff made of camel's or otlier liairn , et donne pour élyinolog'e le français moiiaire. Voy. cependant rarlirlc moire dans le Dict. de M Lillré.

MOK

thèse reste donc assez vraisemblable. J'ajoulcrai qu'on trouve amoise comme synonyme de moise; l'a initial représenterait l'article arabe al.

Moka. Espèce de café, tire son nom de la ville du Yémen nommée en arabe ^ Mokhâ.

Mollah^. De l'arabe J^ tnaulâ, maître, seigneur, magistrat, écrit souvent i)^ et prononcé vulgairement en Turquie mollâ. C'est de ce même mot , suivi du pronom ^^ f de la première personne, t^^y* maulâ-l, mon seigneur, que nous avons fait muley, titre précédant le nom des empereurs du Maroc et souvent pris à tort pour un nom propre.

MoLOCH. Dieu des Ammonites , dans la Bible. En hébreu , ^hn molek, mot phénicien qui a ses congénères dans toutes les langues sémitiques, avec la signification de possesseur, maître, roi; la dernière voyelle est changée en o dans la traduction des Septante, MoX($x, et dans celle de saint Jérôme, Molocli, d'où nous l'avons pris.

Momie. Esp. momia, portug. momia, mumia, ital. mummia. De l'arabe iU^y ou Ly«^ moumta, qu'on tire de l'arabe-persan -j^ moum, cire. « Mumie est persan, dit Chardin, venant de moum qui signifie cire, gomme, on^iient'^.v

«La médecine. ... fit jadis usage de la momie (ou mumie) dans plusieurs maladies, soit qu'elle espérât en tirer quelque avantage physique, soit plutôt qu'elle voulût agir sur l'imagination des hommes, souvent plus difficile à guérir que le corps. Mais les momies du commerce ne sont point d'anciennes momies égyptiennes; ce sont des cadavres préparés par quelques Juifs et Arméniens qui cherchent à tirer parti de tout. . . On emploie aujourd'hui cette momie en appât pour attirer les poissons, n (Virey'.)

La mumie ou momie des alchimistes (amalgame de plomb) est le même mot.

MoBiNGE. Arbre d'Asie. Le Moringa oleifera est le même que le hen. C'est l'arabe gy» prononcé mirnedj par Golius, qui le donne pour une espèce d'agalloche. Agalloche ou bois d'aloès est une expression vague par laquelle on a désigné un assez grand nombre de bois de senteur ou de végétaux d'origine orientale servant à la parfumerie. Dans Richardson, mirnedj devient ^y»mirnah, et, dans Freytag, il se transforme en morannnh. Le mot vient de l'Inde; Léman écrit moringlia , morunga, morungu.

Mortaise. Esp. mortaja. Je pense que ce mot, comme quelques autres termes de l'art du charpentier, nous vient

de la langue arabe. Le verbe j^ razz signifie planter, insérer; il se dit, par exemple, de la sauterelle qui plante

son oviducte dans la terre pour y pondre ses œufs, aj^ ra2za est dans Meninski «foramen ferreum quo pessulus

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