RAO
q6.) C'est la transcription de l'hébreu onia j^oûrlm, plur. de pour, sort.
OoiNTAL. Esp. et portufj. quintal, ital. quintale, bas lat. quintale, quintallus, quinlde. De l'arabe ^UaJu» qinfylr, qui
s'est dit de divers poids et en particulier de loo rail ou livres.
Rabbin. Docteur juif. De l'hébreu 13-1 rahhn, formé de rah, maître, et de i, pronom affixe de la 1" personne :
mon maître, monseigneur.
Uaca. «Qui autcm dixerit fratri suo, raca, reus erit concilio.» (Evangile de saint Mathieu, chap. v, 22.) C'est un mot chaldéen, terme d'injure de signification douteuse. Il pourrait se rattacher à pT raq, cracher, et marquer un homme sur qui l'on crache, ou bien à Np^^T rïqà, vide, sans valeur (en arabe, i^jj rïq, cracher; raïq, vain, futile).
Racahoot des Arabes. Fécule nourrissante à laquelle on attribue des propriétés analeptiques. (Littré.) Dans le Livre des facéties cyUJyt» cjU^ de Sadi , on lit : (<\) il ylj-Jl J^t^
v:aj-ï îlt **aA> ^ (^^- (jia-)) ca^lJL il! «le manger du rôti ne s'achève qu'avec le raqaul, et le ventre des affamés ne se rassasie qu'avec la nourriture. » Ce cajSlj râqaut, ràqoût ou r/'iqaoul, qui manque dans les dictionnaires, est-il notre racahout? Car nous savons que les Orientaux faisaient usage d'une matière féculente amsi nommée dans laquelle entraient du salep, de la vanille, etc. (Voy. l'OJîcine de Dorvault, au mot racahout.) Ce cajil^ pourrait d'ailleurs n'être que notre mot ragoût importé en Orient à l'époque des croisades.
Raia. Transcription de l'arabe iilcj ra'xya, au pluriel Llsj ra'âyn, peuple, paysans, sujets, troupeau, venant de j^ rda, faire paître '. Rxjott, paysans de l'Inde (Liltré), est le même mot iUs-j prononcé à la manière indo-persane et orthographié à l'anglaise. Dans l'empire ottoman, «on appelle rayas tous les sujets non musulmans du Grand- Seigneur. » (Tancoigne''.)
Ramadan ou Ramazan. Esp. ramadan, portug. ramadan, remedâo. C'est l'arabe yLki*; ramadan, nom du neuvième mois de l'année musulmane. Ramazan est la prononciation turque et persane. On dérive le mot de la racine ^jo*^ rame^/, «torruit, ferbuit ardore solis », en disant qu'à l'époque où ce nom fut adopté, le mois de ramadan tombait au moment des fortes chaleurs do l'été. Mais actuellement,
l'année musulmane étant une année lunaire, sans intcrcalations, le mois passe successivement par toutes les saisons.
Rambootan. Plante et fruit de l'archipel Indien {Nephelium ecliinatum ou euplioria). Quelques botanistes écrivent à tort rampostan. Loureiro avait appelé ce végétal Dimocarpus criniia, à cause de ses baies entourées de poils. Le nom malais (^>*«j ramboûtan, traduit la même idée; car il dérive de c*.).*; ramhout, poil, chevelure.
Ramb. Vieux français rayme, esp. et portug. rezma, ital. risma. De l'arabe m'^^ rizma, qui a signifié paquet de hardes, ballot'', puis rame de papier (dans Rocthor).
Cette étymologie, proposoù par Sousa, combattue par Diez qui préfère la dérivation dpt6(i6s, nombre, de Muratori, a été appuyée et mise hors de doute par M. Dozy. [Gloss. p. 333 et suiv.) J'ajouterai que rame s'est dit, même en français, dans un sens qui correspond à ballot. Ce sens n'est pas indiqué dans les dictionnaires français; mais en voici deux exemples pris dans Tournefort : « Le coton en coque, c'est-à-dire enveloppé de son fruit, vaut un sequin le quintal , et jusqu'à 1 0 ou 1 a francs lorsqu'il est en rame, c'est-à-dire épluché et sans coque*. » «Nos marchands tirent de Smyrne le coton filé ou caragach, le coton en rame, les laines fines, etc.*.» Je ne sais trop comment Miiralori et Diez accommoderaient leur àpt6fjt6s à ce coton épluché.
Rizma est devenu par la chute du z (comme dans rayme, rame) le portugais rima, amas, tas, monceau; il ne faudrait point vouloir tirer de là notre verbe arrimer qui a une tout autre origine.
Raquette. Esp. et portug. raqueta, ital. racketta. Avant d'être l'instrument dont on se sert pour jouer à la paume ou au volant, la raquette était la paume de la main ellemême; et de ce dernier sens, le mot n'a pas eu de peine à passer au premier : «Lorsque les tripots furent introduits par la France, dit Pasquier ", on ne savoit que c'estoit que de raquette, et y jouoit on seulement avec le plal de la main. »
' ti Bâaya veut dire troupeaux : ler peuples sont des moutons que les pachas loiidenl et écorchent.» ()5°° de Kralïï, Promenade dart la TripoUlain», — Tour du monde, i" sem. i8tii, p. 70 )
' Voyage de Consianlinople o Smyrne et dam l'Ue de Candie , dans la collect, Smith, t. XI, p. 390, aote a.
* jy^lj vP i LfÀ^ j^ U Jg) uLfiâ ^ iUj^, passage de Zamokhehari, cité par M. Dozy.
* \'oy du Levant, i. I", p. iSg.
» ibid.t. m, p. 373.
* Richêrchei, iT, i5, dans le Diet. de Liltré.
RAC
Rachette, raaquelle, dans l'ancienne anatomie, désigne le carpe ou le tarse, et le portugais a encore rasqueta, carpe , jointure de la paume de la main et du bras. En chiromancie, on appelle rascette ou rwisette l'endroit où plusieurs lignes transversales sont tracées à la jointure intérieure de la main et du bras. Tous ces mots, d'après M. Littré , sont des diminutifs du bas latin racha qui vient de l'arabe. En effet racha correspond parfaitement à l'arabe *».!; râha, paume de la main. Mais rascette, rasquetle, et le portugais rasqueta, ont subi, je pense, l'influence d'un autre mot arabe ^^ rousgh {rasgh .?) qui est le vrai nom anatomique du carpe et du tarse : (^S\ ^^a UJ^ yÏJoJI^
JàsS AxiLê ^ «-*^T* (j^y^ • • -(j^y ti' * ''l^s deux fociles s'étendent du coude au rousgh .... le rousgh comprend huit os»; Jàs.\ iuiS ^y* o»3y»j^^ J^^^ Ç^) ^Is rousgh du pied, lequel est composé de trois os^. » Ces deux passages de Razi correspondent à deux citations de M. Littré : «Les os de la rachette de la main qui sont huit» (H. de Mondeville); «la rasquette du pied est composée de quatre os lyés ensembre avenanment» (Lanfranc). Gérard de Crémone, du reste, explique ce ^^ rousgh par rasceta ou rascete.
M. Dozy, soit qu'il n'ait pas aperçu, soit qu'il n'accepte pas les rapprochements étymologiques que je viens de présenter, ne donne dans son Glossaire ni raqueta ni rasqueta.
Raze (Huile de). «Les Provençaux distillent en grand le galipot. Us en tirent une huile qu'ils nomment huile de raze. » (Rose'.) C'est l'arabe ;jt arz, nom qui s'applique au pin et à divers autres arbres résineux. Le même naturaliste dit que le suc résineux du pin, séché sur l'arbre en masses jaunâtres, se nomme barras : n'y a-t-il pas là le même mot arz = raze ?
En espagnol , alerce, venant aussi de j^SII al-arz, est le mélèze ou le cèdre.
Razzia ou mieux Razia. Portug. gazia, gaziva. C'est un mot que nous avons emprunté depuis peu d'années à l'arabe algérien iyjU gluizïa (prononcé en Algérie razia), incursion militaire. Ce mot, donné par M. Cherbonneau*, manque dans Freytag et Richardson, aussi bien que sy^À ghazwa, son congénère, qui a fait le portugais gazua. (Voy. Dozy, Gloss. p. 276.)
RéALGAR. Vieux franc, réagal, riagal, esp. rejalgar, ital. risigalh. De l'arabe jUJt £^ rehdj al-ghâr, littéralement poudre de caverne, nom que portait l'arsenic chez les Arabes du Maghreb *.
Rebec. Instrument de musique de la famille du violon. Vieux franc, rebebe, esp. rabel, portug. rabel, rabil, arrabil.
RIG
raheca, rebeca, ital. ribeca, ribeba. De l'arabe t>lj^ rabnb, iùLi^ rabâba, même signification*. Il ne faut pas oublier que la dernière consonne arabe mal entendue par l'oreille est souvent altérée en passant dans les langues européennes. Quant au changement de « long en i, c'est une exagération de ce qu'on nomme VimaU (adoucissement de a en e), laquelle est fréquente dans la péninsule Hispanique.
R^bi. Nom de deux mois, le troisième et le quatrième, du calendrier musulman : en arabe *aj^ rebi, mot qui signifie aussi printemps; mais rebi premier et rebi second (c'est ainsi qu'on nomme ces deux mois) tombent successivement dans toutes les saisons, comme tous les mois de l'annéelunaire arabe. Dans les Le«r.^;ers. de Montesquieu, le mot est généralement écrit rebiab, probablement mis pour rebiah.
Récamer. Rroder en relief. Esp. et portug. recamar, ital. ricnmare (esp. et portug. recamo, ital. ricamo, broderie en relief). Ces mots viennent du verbe **; raqam, qui a la même signification et qui a donné aussi à l'ancien espagnol le verbe marjomar. (Voy. Dozy, Gloss. p. 819, 820 et 829.) L'origine arabe de récamer avait été indiquée parM. Defrémery dans le Journal asiatique de 1867. *
RéciF. Qu'on trouve aussi écrit rcscij et ressif. Esp. arracije, arrecife, portug. arrecije. De l'arabe Uom^ rasîj, chaussée dans l'eau ou sur un chemin ''. L'identité de arrecife, écueil, et arrecife, chaussée, a été reconnue par Diez.
Redjeb. Septième mois de l'année musulmane, en arabe (-.o>.^ redjeb. Nos écrivains du xvii* et du xviii' siècle disent regeb, regheb.
Réis. Capitaine de navire. Esp. arraez, portug. arraes,
arrais. De l'arabe (j>**j) rats, chef, dérivé de ^jJ^ ras, tête. (Mot resté dans l'cspngnol res, tête de bétail.) On écrit aussi raïs. «Le raïs maure, à la barre, crie aux rameurs.» (Tour du monde, 1" vol. p. 91 5.)
RiBEs. Nom botanique des groseilliers. Chez les anciens botanistes, ribes, ribasium, ribesium. C'est l'arabe j»Lj^ nbâs, ainsi expliqué par Golius ; « Lapatbi acetosi spccies, cujus rubicundus acidusque succus ad tertias coctus rob de ribes * vulgo dicitur. » On trouve aussi )L!j; ribâz, ij-^^.) fitvâs, en persan ^L?; ribâdj. Le mot est dans Razi: (jiÂJi JsU jj-LuJl «le ribes resserre le ventre» (p. ^3 verso).
RiGEL. Etoile de première grandeur dans le pied occidental d'Orion. De l'arabe J=».; ridjl, pied. «La trente-cin-
' Razi , Almamouri, man. déji cité.
• Razi , ibid.
' Dict. d'hùt. nat. t. XII , p. 388.
• Din.fr. -arabe, au mot incurnon , car razzia ne »'y trouve pas comme mot français.
• Voy. Dozy, Glotê. p. 35a.
• (iDn a'nezé récite-t-il des vers, il s'accompagne d'une espèce de guir tare appelée rébaba, seul instrument de mnsi(jUL> |iossédé dans le désert.» ( Voy. en Arabie, dans la collect. Smith, t. XI, p. 3a4.)
' Dozy, Joum. asiat. i844, i" sera. p. 6i3; et Engelmann, GJom p. «98.
' Et non ribut, comme dit Freytag.
RIP
qui^me (d'Orion), dit le traite? d'astronomie d'Abd er- Rahman es-Soufi', est la grande brillante qui se trouve sur le pied gauche; elle est de première grandeur et on la nomme ridjl al-djauzâ, pied d'Orion :y^ y^iJUJl^ n«-«^
C'est une des quinze étoiles de première grandeur citées par Alfergani (éd. Golius, p. 76).
RiPOP^E. En parcourant l'article du Dictionnaire de Littré sur ce mot, on voit que ripopé ou rippopé (ce sont les anciennes formes et le mot était masculin) signifiait une médecine à prendre en boisson. Je copie deux des exemples cités : «Une très-bonne médecine, boire devez du ripopé» (dansFr. Michel, Dict. d'argot^; «J'en porterai quatre prises avec moi (d'antimoine), que je veux faire prendre à M""' la duchesse d'Aiguillon, car il n'y a point de ripopé qui fasse de si bons effets i^ (Voltaire, Lettr.). Remarquez aussi qu'on a dit ripopé en parlant du marc de café sur lequel on a versé de l'eau. Il me semble que, dans ces sens, ripopé se rattache suffisamment à rob (voy. ce mot) pour qu'il soit possible d'y voir le pluriel cjys^ rouboub ou <>Ij; ribab, qui avaient passé dans les traductions latines et par là avaient pu s'introduire dans le langage pharmaceutique. On sait que les pharmacopoles ont toujours affecté de prendre des mots étrangers, inconnus au vulgaire, pour désigner leur» drogues, et on peut en voir plusieurs exemples dans le présent travail. Le changement de b en p se montre également dans l'espagnol arrope (qui est peutêtre la vraie origine de notre ripopé).
Risque. Peut-être est-ce abuser du droit de faire des conjectures que de hasarder un rapprochement entre risque et l'arabe (i,)) rizq. C'est pourtant ce que je veux tenter, non sans espoir d'amener le lecteur à incliner vers mon senliment.
Risque est en espagnol r?(?sfl'o^ portug. risco, ital. rischio, risico, bas lat. riticus , risigus, etc. Comme forme, il n'y a aucune difficulté; tous ces mots s'accordent très-bien extérieurement avec l'arabe rizq. Le dillicile est de faire concorder les sens. Voyons cependant. Rizq est, d'après les dictionnaires, «une portion, toute. chose qui vous est donnée (par Dieu) et dont vous tirez profit; tout ce qui est nécessaire pour vivre»; plus tard, «la solde des soldats, les attributions en nature aux officiers^», ce que nous nommons aujourd'hui rations. (j^nJl (^^J\ ar-rizq al-hasan, le bon risq, ce sont les biens inattendus, qui arrivent hors de toute prévision et de tout effort*; nous dirions les bonnes chances, comme dans ce passage des Merveilles de l'Inde'^ : Dans un poisson qu'on vient d'acheter, on trouve une grosse perle, sur quoi un des assistants s'écrie : l«XA Oyju» <j! ^1 AïL. ij)^ «c'est un risq, un don fortuit, que Dieu envoie à Saïd!» ce qui se traduirait fort bien par
ROM
«c'est une bonne chance p6ur Saïd.» Le qualificatif ^Ï5w« marzofiq, pourrait presque se rendre |)ar noire expression populaire chançard.
Voyons maintenant le sens de notre risque. Risque n'est pas absolument synonyme de péril, danger. Un exem[)le de M. Littré, pris dans d'Aubigné, nous le montre dans le sens de coup de main, tentative tuvsnrdcuse ; presque partout, il signifie hasard, chance, il est vrai d'ordinaire on mauvaise part; cependant on dit fort bien : «Qui risque do gagner risque de perdre»; courir le risque, tenter le risque (dans Brantôme). Le portugais risco, l'espagnol riesuo signifient de même hasard; a todo risco, a lodo riesgo, à tout hasard.
Bref, le mot arabe et le mot de nos langues convergent vers une même idée de chance bonne ou mauvaise.
Si maintenant nous pouvions découvrir quelque forme européenne munie de l'article arabe, l'assimilation que je propose ne laisserait pas d'acquérir une certaine probabilité. Or cette forme, elle existe dans l'espagnol arrisco, dont le sens est identique à celui de risco et de riesgo, cl qui semble la copie exacte de l'arabe (3)^1 ar-rizq. Un autre mot espagnol, arriscador, semble dériver de ar-rizq pris dans son sens ordinaire; un arriscador est «celui qui ramasse les olives qui tombent», c'est-à-dire, à ce que je pense, un homme pauvre qui recueille le fruit tombé comme un risq, un don fortuit de la providence (?).
RisTE. Ancien nom d'une espèce de fil de chanvre, dans le midi de la France. (Littré.) Ce terme de commerce paraît être le persan *xi; richtch, fil (de ^JX^y richtcn, filer), mot d'un usage général, au xvu* siècle, dans tout l'empire ottoman.
Rob. Esp. rob, arrope, portug. robe, arrobe, ilal. rob,
robe. De l'arabe 4»; robh, sirop ou gelée de fruits. Ce terme paraît être d'origine persane, rob par un seul b; les Arabes auraient doublé cette lettre pour donner au mot la forme trilitère ordinaire aux mots de leur langue.
Rock. En arabe ^^ rokh, oiseau gigantesque dont il est question dans les Mille et une Nuits, dans les anciennes relations de voyages aux pays orientaux, dans Marco Polo, qui l'appelle rue, et jusque dans la relation du vovage de Magellan par Pigafetta. D'après M. de Saulcy, rokh serait la dernière syllabe d'un mot assyrien nesrokh, aigle tout-puissant, divinité primordiale de la théogonie assyrienne '.
M. Defrémery pense que du nom de l'oiseau rokh vient celui du roc, pièce du jeu des échecs que nous appelons la tour. (Voy, Roquer.)
Romaine. Instrument de pesage. Esp. et portug. romana. On disait autrefois un romman, et les Italiens ont
' Man. n° 964 da suppl. ar. de la Bibl. nat. fol. 189 verso.
• Voy. Sacy, Chresl. arabe, I, 387.
' «Res quas invenimus neqiic experlatas nec in computo relata» neque data opéra acqiiisilas.i (Freylag.)
* .>JL^I i^^l^, man. de la coll. de M. Schefer, p. 75.
* Bévue dti deux Motide$, t. XX, p. £57, nid par M. Lillré. En maloia rS)\ rouq-roHq (que le Dict. de l'abbé Favrc prononce rouwaq-rouwaq ) désigne un oiseau de proie. On ne pcnl douter que ce ne soit le même nioL — M. Giuseppe Biaiuoui, de Bologne, dans aea études sur répiorots, a recueilli toutes les traditions relatives au rock.
60 ROQ
aussi le masculin romano. Dans le Quercy, on dit encore indifféremment roumano (fém. ) et rou7)w (mosc). C'esl
l'arabe ajU; rommâna, qui a le même sens. (Voy. Bocthor.) Primitivement, rommâna no désignait pas la balance romaine même, mais seulement le poids mobile qui sert à faire les pesées, pondus stalerœ que lihranlur alia, dit Freytag. C'est encore le sens de l'italien romano, dans le Dictionnaire d'Anlonini, qui le définit ainsi : Quel contrapeso elle è infilato nello slilo délia stadera.
Ce romano et le vieux français romman semblent indiquer qu'on a dit aussi en arabe yl*j rommàn, sans le » a final. Cette lettre n'est ici en effet que le s d'unité; car
rommâna, poids, n'est autre chose que yCi; rommân, la grenade, et l'assimilation est si naturelle que je suis fort surpris d'être le premier à la proposer. On ne saurait jeter les yeux sur une de ces vieilles romaines si employées naguère dans les campagnes, sans être frappé de la ressemblance de forme qui existait encore entre le poids mobile et le fruit du grenadier.
Roquer. Ce terme du jeu des échecs vient de roc, ancien nom de la pièce appelée aujourd'hui tour, esp. et portug. rojue (d'où enrocar, roquer); ital. rocco; et tous ces mots viennent de ^^ rokh, qui désigne la même pièce chez les Arabes et les Persans. Quant à j-; rokh, c'est, dit d'Herbelot, un mot de la langue des anciens Persans, lequel signifie «un vaillant homme qui cherche des aventures de guerre, un preux, un chevalier errant^.» On a proposé plusieurs autres élymologies qu'on trouvera indiquées dans la préface de l'excellent Traité dii jeu des échecs de M. de Basterot. Cet auteur explique ainsi le change-
SAF
ment de nom qu'a subi chez nous le roc dos échocs : (tDans les jeux fi:briqués dans l'Inde, cette pièce était ordinairement représentée sous la forme d'un éléphant portant une tour; peu à peu on supprima l'éléphant, et la tour seule est restée pojr représenter cette pièce; ces changements successifs expliquent l'anomalie de faire représenter par une tour une des pièces les plus actives du jeu '^. » Il est possible aussi que ce nom soit dû seulement à la position des tours qui, au début de la partie, occupent les quatre coins de l'échiquier.
Rotin ou Rotang. Arbrisseau des Indes orientales dont on fait les cannes appelées joncs ou rotins, les sièges des chaises dites de canne, etc. Du malais yjjj rOtan. La lettre finale étant un n et non un * ng, c est à tort qu'on écrit rotang. «Les fruits du rotang zalacca (t^l« (^jj; rôlansâlaq de Java, sont alimentaires.» (Douillet, Dict. des sciences.
Roupie. Monnaie d'or ou d'argent. Du persan xo^^ roûpiya, mot d'origine hindoue.
RusMA. Préparation dépilatoire chez les Orientaux. Je ne cite ce terme que pou;* corriger l'erreur des dictionnaires qui donnent pour étymologie un mot arabe, rusma, trace. Sans m'arrêter à rechercher quel est ce mot rusma, je me contenterai de faire observer que notre rusma, pâte dépilatoire, est une corruption du turc **3iyi- khorozma, qui n'est lui-même que la transcription du grec )(^p7a-iJLa, onguent, fard, lat. ecclés. chrisma, dont nous avons fait chrême, le saint chrême. Dans le commentaire d'Herni. Barharo sur Dioscoride (iiv. I", chap. li), on trouve (juelques mots sur l'espèce d'onguent appelé chrima ou chrisma'.
Sabaoth. Transcription, dans les traductions latines, de l'hébreu rTixav tsehaôlh, pluriel de xas tsabâ, armée : Deus sabaoth, Dieu des armées.
Sabbat. C'est l'hébreu naW chabbalh, de la racine chabath, se reposer. Mais il nous est venu par le latin sabhatum, qu'on trouve déjà chez les classiques (Ovide, Justin, etc.).
Sacre. Espèce de faucon. Esp. et portug. sacre. De l'arabe Jùo sa^r, même sens, r M. Diez, dit Engelmann, donne à ce mot une origine latine; il le considère comme la traduction du grec k'paÇ, tandis que les Arabes auraient emprunté leur saqr aux langues romanes; mais comme il est de fait que saqr, loin d'être un mot moderne et particulier au dialecte vulgaire, était déjà en usage parmi les anciens Arabes du désert (cf. Le divan des Hodzaïlites, p. 3 08), cette opinion est tout à fait erronée.» (Gloss. p. 338.)
Sadder. Livre religieux des Parsis ou Guèbres. Du
persan ji >yjo saà-der, les cent portes , de sad, cent, et ier, porte, chapitre du Zendavesta.
Safar. Deuxième mois de l'année musulmane; saphar, dans les ouvrages du siècle dernier. En arabe yU» safar.
Safran. Esp. azafr<mo, portug. açafrâo, ital. zajferano. On trouve, en vieux français, sajleur, sajlor. De l'arabepersan y'r»*3 za'Jerân (avec l'article az-za' ferân) , même sens. Le mot est dans Razi (man. déjà cité, p. Zi5 recto).
Saphe ou Saffre. C'est aujourd'hui un oxyde de cobalt. En espagnol, zafre est un oxyde de bismuth. Ces substances, employées l'une et l'autre dans la poterie ou la cristallerie, ont pu être aisément confondues. L'oxyde de cobalt, qui lui-même est d'un gris noirâtre, sert à faire un verre bleu très-foncé, le smalt, lequel, réduit en poudre très-fine, forme une substance colorante employée dans les arts sous le nom d'azur. C'est pourquoi plusieurs élymologistes tirent le mot safre de saphir'^. Cela s'appli-
* Bîbliolh. oi-ienl. au mol rokh.
» P. 1 8 et 1 9.
» Dioscoridœ pharm. lib. VIIl, Strasb. >5ag, fol. 91 verso.
* (Le sapbyr est, comme dessus, une eau bien pure, mais parce qu'elle
SAG
qiieroit Hifficilement au znfre espa^jnol qui donne une coloration non pas hloue, mais jaune; et M. Dozy propose de rapprocher zafrc de l'arabe yLo sofr, cuivre jaune liojra, couleur jaune), qui a donné l'espagnol azofar, laiton. Peut-éire saffre, zafre et l'italien zajj'tra sont-ils simplement le mot y'jift; za'ferdn, safran, privé de sa finale', comme dans le pluriel -ilc) za'âjir. Les alchunistcs appelaient safran de mars 1 ocre rouge de fer; et le safran des métaux était une préparation pharmaceutique où entraient du soufre et de l'oxyde d'antimoine.
Sagod. Fécule extraite de la moelle du palmier sagu,i (sagouier ou sagoulier). C'est le nom malais de cet arbre, ^Lw sâgou, qui pousse spontanément dans l'archipel Indien.
Saïqub. Sorte de barque ou de navire. Du turc a*jLw cluTiqa.
Salamalbc. C'est la salutation musulmane ^iLI* ^Uw $alâm 'aleik, salut sur toi [salâm, salut; 'alu, sur; ka, loi); ,»SLvU J.2U1 salâm 'aleikoum, salut sur vous, en «'adressant à plusieurs personnes.
Salep. Substance alimentaire préparée avec les bulbes d'orchis. Esp. salep, portug. salepo. Bocthor traduit salep par ,.Aâ: sahlab, et orchis par t-*X^I caL» nebât as-sahlab; et Richardson donne oJ^ sahlab comme la plante orchis elle-même. Ce mot arabe n'est pas dans Meninski ni dans Freytag, et quelques philologues le regardent comme une corruption de <Jj«S tha'leb (prononcé saleb par les Persans et les Turcs), qui signifie renard. En effet, l'orchis porte entre autres noms celui de i-J*iJ! ^^xaà. khosa ath-lha'leb, testicules de renard^. C'est de là, suivant l'opinion de M. Dozy, que vient notre salep. (V. Gloss. p. 338.) Cette expression pour désigner l'orcliis est, du reste, assez ancienne chez nous, car on la trouve dans un antidotaiie en vers latins, compris dans le man. n° 7o58, ancien fonds latin de la Bibl. nat. (p. 65), lequel est du xni° siècle :
Vulpis lesticulus sopita cupidinis nrraa Aplat et affectiim Veneri . , . dat.
Il est même singulier que la locution ait été prise au sens propre par des médecins du xvf et du xvii° siècle, qui recommandent vulpis testes avec ceux d'autres animalia salacia comme aphrodisiaque '.
Sambac. Arbrisseau nommé aussi jasmin d'Arabie. « Dans le climat de Paris, dit Bosc, où l'on en voit beaucoup, on est obligé de le tenir dans l'orangerie pendant l'hiver. . , On répand les fleurs du mogori sambac dans les appartements, sur les lits; on les mêle parmi le linge pour l'imprégner de son odeur qui passe pour être amie des nerfs
SAR
et du cerveau ... On en prépare une huile fort odorante (pi'on a anciennement débitée sous le nom d'huile de jasmin*. » Les naturalistes écrivent aussi sambnch et zamhach. C'est l'arabe ^j.v^ zanbaq, (^oleum jasmini, jasminum album, lilium iris sambac» (dans Freytag).
Sandal ou Santal. Esp. portug. ilal. tamlah. Malgré le grec a-avTcCkov, il paraît probable que soudai et sandnlo (pii ont un d et non \\u t sont venus par l'arabe Jos-Us sandal, ou du moinfi ont subi son influence. Le mol est d'origine indienne.
Sangiac. Division territoriale administrative, flans l'empire ottoman. Du turc ^jtjtfv*. sandjôq, étendard, particulièrement celui qu'on porte à la suile des gouve.'neurs de province, d'où fa province elle-même.
Sansal. «Ancien nom d'agents do banque ou do change; dans le Midi, intermédiaire entre le vigneron et le marchand.» (Littré.) M. Littré, en donnant ces définitions, aurait pu faire remarquer que sansal est une simple variante orthographique de cernai, courtier. (Voy. ce n.ot.)
Sapa» ou Sappan. Arbre de teinture, plus connu sous le nom de bois dr Brésil (^Cœsalpinia sappan, de Linné). C'est le malais ^m, sapang, même sens.
Saphène. Nom de deux veines de la jambe. Esp. safnn, portug. safena (mots qui n'ont pas été relevés par M. Dozy). C'est l'arabe y-s^w sajîn ou y*iLi sâfin, même sens, lequel pourrait bien être, comme l'indique Ambroise Paré, le grec araÇri'vns, visible, apparent, à cause de la situation de ces veines.
Saragocsti ou Sarancocsti. Terme de marine. Mastic pour recouvrir les coutures des bordages. Ce doit être le persan j^i.i*So!« sarangouchtl, qui désigne un plat préparé avec des morceaux de pâte pétris du bout des doigts^ (de -w sar, tête, extrémité, et oiÂiil angoucht, doigt).
Sarbacane. «La forme correcte est sarbatane, qui se trouve dans Balzac (xvii* siècle). Le changement de sarbatane à sarbacane est dû sans doute à l'influence de canne qu'on croyait y retrouver. 7) (Littré.) Esp. cebratana, cerbatana, zarbataua; portug. sarahatana, saravalana; itai. eerbotlana, grec moderne ÇapaêoTaW. De l'arabe ^iUa;) zab<htâna, mot d'origine persane qui a le même sens*.
On peut supposer que le son emphatique du I0 ( a amené l'intercalation d'un / devenu ensuite r et puis déplacé, donnant ainsi les formes successives zabaltana, zabartana, cebratana, cerbatana, sarabatana. Au commencement du XVI* siècle, Pedro de Alcala écrit le mot arabe par un r, zarbatâna, comme M. Dozy en a fait la remarque';
a passé par quelque minière de $aphre, elle tient un peu de la couleur et teinture dudit saphre.n Bernard Paligsy, Recepte véritable, p. 5a de l'édit. C;ap(i844).
' Comme chute de la finale comparez tebe$te venant de (jtr... ;,«. iebestàn.
' Bocthor, àêatyrion, donne aussi i JJDl ^.^-^ khota al-kelb, testicules de chien, ce qui est la traduction iilliTale du H\jvoafipj(^is de Diosron'de. Dorvault (Officine, f. A06) dit qu'aulierois on lirait exctusiveraeut le talep de la Perse.
* Voy. par exemple, Gaspare de lo» Beyes, Elyiiui Jucmidarum qu»ilii>num campus, p. h'io.
* Dict. d'hist. nat. t. XXI, p. t38.
* Voy. Castell ou Meninski.
* On peut se demander si ifibaISna a quelque rapport avec le malais jjX,jâ.<v. toumpitan, qui a le même sens et qui parait venir d'- oju» < fit, étroit, d'nù l::^âA« mtgnmimpit, «ou£Ber dans une urbacane.
* CioM. p. a5i.
SAT
cette Jettre s'était donc glissée dans le mot du dialecte parlé en Espagne.
Satan. Mot hébreu, jçt? satan, qui signifie ennemi, adversaire, d'où le chef des nvges rebelles (en arabe, yllauyi chéltfln). Ce mot n'est entré dans le latin que par la littérature chrétienne.
Satin. Portug. seltm. Il est assez remarquable que l'équivalent de ce mot ne se trouve pas en espagnol. Mais y manque-t-il réellement? Et ne serait-ce pas le terme setuni, aceititni, que M. Dozy a relevé dans (]lavijo comme désignant une étoffe de fabrication chinoise? Le mot est tombé en désuétude, peut-être par la nécessité d'éviter une confusion avec aceùune, accytum, olivâtre, venant de y^j^ zeitoûn, olive. Aceituni, étoffe, vient d'un adjectif identique de forme, JiyjjJ' az-zeitoûnî , mais dérivant ici du nom de la ville de Zettoun, qui est la ville chinoise de Tseu-Tliourig , où se fabriquaient, dit M. Dozy, «des étoffes damassées de velours et de satin qui avaient une trèsgrande réputation et qui portaient le nom de zeitouni. v
Bien que M. Dozy n'en suggère point la pensée, il ne serait pas impossible que ce zeiloûni, setuni, fût l'origine du portugais selim et de notre satin (qu'on a essayé de tirer du latin setn, soie de porc, par l'intermédiaire d'un adjectif fictif, setinus). Le changement de om en i est assez fréquent pour ne faire ici aucune difficulté.
Schbat ou Sead. Etoile de deuxième grandeur, /S de Pégase. De l'arabe <xcL, sffid, qui signifie proprement avant-bras. Voltaire écrit slieat : « Dès que la brillante étoile skeat sera sur l'horizon. » {^Zadig, ch. xni ^.)
ScHEVA Terme de grammaire hébraïque, sorte d'e muet. Transcription de l'hébreu nw chevâ, qu'on rattache à une racine dont le sens est vain, nul.
Schibboleth. Transcription de l'hébreu nh^p chihbolelh, qui signifie proprement épi (correspondant à l'arabe iCLjU». sounboida). Le Livre des Juges, ch. xii, raconte que les gens de Galaad, poursuivant les fuyards de la tribu d'Ephraïm, reconnaissaient les hommes de cette tribu à cela qu'ils ne pouvaient prononcer lecA de chibboleth, qu'ils rendaient par un s : «Interrogabant eum : Die ergo scibboleth . . . Qui respondebat sibbolelh . . . Statimque apprehensum jugulabant. » C'est ainsi que, durant le massacre des Vêpres siciliennes, les Français trahissaient leur nationalité par la difficulté de prononcer correctement le mot ciceri. Par allusion à l'aventure des Ephraïmites, le mot schibboleth a pris le sens de dijiculté insurmontable, épreuve conciliante, signe de ralliement, mot d^ordre.
ScHiiTK. Sectateur d'Ali. De l'arabe jj^ chiya'i, adjectif formé AeijuJi chiijaa, secte, en général, et plus particulièrement secte des Schiites.
SÉR
SiÎBESTE. Fruit du sébestier, arbre d'Egypte et de l'Inde. Il était naguère d'un grand usage en pharmacie. Les Grecs le connaissaient sou.s le nom de fxîi^ov. <r.Sebeslen vulgo olïicinis, Arabicam appellationem magis quam Graecam (myxa, tA fxv^a) retinere malentibus», dit J. Bauhin*. C'est en effet l'arabe yU*»**» sebestàn.
SiiBiLE. On a proposé l'arabe-persan Juj) zebbîl ou JxAjj zenbîl, qui signifie une corbeille de feuilles de palmier, une bourse de cuir, un panier d'osier, de sparte, une boîte à mettre les aiguilles , etc. (en mal. Si^>^ soumboul, corbillon^.
Secacul ou Seccachul. Sorte de panais: «Ses racines et ses graines, qui diffèrent peu de celles du panais cultivé, sont réputées, chez les Arabes, comme propres à augmenter leurs facultés prolifiques '. » C'est l'arabe JïU-i chaqnqoul, que Sprengel appelle Tordylium secacul, et Bosc Pastinaca dissecla.
Séide. Nom commun, vient de Séide, nom propre, personnage de la tragédie de Mahomet àe Voltaire, lequel a été pris pour type d'un serviteur dont le dévouement va jusqu'au fanatisme et au crime. Séide, suivant la remarque
de M. Defrémery*, ne vient pas de J^lw seyid, seigneur, qui a donné cid, mais de Oy) zeid, nom d'un affranchi de Mahomet.
Sélan ou Sélam. Bouquet de fleurs dont l'arrangement forme un langage muet. De l'arabe ^»5Ur salâm, salut, mot qui commence la formule de salutation musulmane.
(Voy. Salamalec.)
Séné. Arbuste d'Egypte, d'Arabie, de Syrie. Esp. sen, sena, senes, portug. sene, senne, ital. senn. De l'arabe lu» senâ. Dans le commerce, on distinguait plusieurs sortes de séné, telles que le saïdi (^o^ju» (du Saïd), le gébéli J^+a^ (de montagne), le bélédi ,^0^ (du pays égyptien), aussi nommé hahrouyi isiy^ (du Nil), le liedjazi t^jl^ (du Hedjaz), aussi nommé séné de la Mecque, etc.
Séphiroth. Terme de la cabale, désignant certaines perfections de l'essence divine. Transcription de l'hébreu nliDC chcfirôth, pluriel de chcfer, beauté, splendeur, de la racine ^çç; chajar, briller, plaire (en arabe yu* safar).
Seqdin. Esp. cequi, portug. seqtiim, ital. zeccliino. C'est de fitalien que sont venues les autres formes romanes, et zecchino vient dezecca, atelier monétaire, en espagnol seca,
mot pris de l'arabe aXw sikka, coin à frapper la monnaie. La Fabrica ling. arab. traduit même l'italien zecca par
aX*. sikka. Le sequin lui-même ne porte pas ce nom au Levant; mais sikka se dit de ia monnaie en général. (Voy. Bocthor à monnaie.)
Sérail. Esp. serrallo, portug. serralho, ital. sarragïio. On disait aussi chez nous autrefois serrait ou sarrail.
» Volt. (Euvr. compl. édit. Lahure (i86a), t. XV. p. i5. * hittor. plant, univen, t. I", p. 198.
• Dicl. d'hitt. nat. de Détcrville, t. XXIV, p. 447.
* Joum. <utal. août 186 p- 187
SÉR
comme pour rapporter le- mol au verbe serrer, tneltrc en stlrelé. C'est le persan ^Lw serai, palais, demeure royale, ia cour.
Séraphin. Le latin cccl(5sinslique seraphim, d'où nous avons pris ce mot, est la transcription de l'hébreu D'Oit scrafim, plur. de f)^© saraj, anges du feu, de la racine saraf, brûler, être en feu.
Sérasquif.r ou Skraskier. Chef militaire en Turquie. Le moi Sjé^ jm scr'asker, est formé du persan -«. ser, tête, chef, et de l'arabe j5C«».s 'askcr, armée. Les Turcs font toujours sentir un t Irès-bref après la consonne là k.
Serdar. Chef militaire chez les Turcs et les Persans. Du persan ^'^t*- serdâr, qui est formé de y» ser, tête, et ^b ddr, qui possède (du verbe (jj^^b d/lcluen, avoir), celui qui tient la tête, qui est à la tête.
Sesban ou Sesbane. Genre de légumineuse dont le nom a été pris d'une espèce égyptienne, en arabe yU^^A** scisebân, mot d'origine persane. Dans Richardson, sisnbân est, à tort probablement, la quintefcuille ou potentille, plante de la famille des rosacées.
Siamang. Singe anthropomorphe, connu dans les forêls de Sumatra. Du malais ^Uw siâmang.
SicLE. Poids et monnaie chez les Hébreux. Ce mot, qui nous est venu par le latin de la Bible, siclus, est l'hébreu ■jp?? cheqel, qui se rattache à la racine chaqal, peser, en arabe JJt> thaqal. (Voyez au mot Mescal.)
SiMOON ou Semoun. De l'arabe ^yew semoiim, vent brûlant de l'Afrique, ainsi nommé de la racine Jiw samm, empoisonner. «C'est un coup de simoun qui nous arrive. Confortablement pelotonnés sur nos banquettes, nous sommes à l'abri des dangers du fameux venl-poison si redouté des caravanes. » (Guill. Lejean^)
SiRoc ou Sirocco. Vent du sud-est. Provençal siroc, eyssiroc, issalot, catal. xaloc, esp. siroco, jaloque, xaloquc, xirque, portug. xaroco, ital. scirocco, scilocco. Dans l'édition de Marco Polo publiée par la Société de géographie, on trouve yscloc: «Et ala six jornée por yseloc por montagnes e por valés» (p. 176); dans celle de Pauthier, sicloc et seloc.
Tous ces mots viennent de l'arabe i^yi ckarq, orient; et cette dérivation n'est pas anssi difficile à comprendre qu'elle le paraît au premier abord. Remarquons en effet que les mots arabes de forme analogue à charq éprouvent d'ordinaire, lorsqu'ils passent dans les langues romanes,
SOF
un changement qui consi^lc dans l'introduction d Hnu voyelle entre les deux consonnes Hnalcs, el l'accent tonique se trouve fréquemment transporté sur cette voyelle ad\ enlice'^. Ainsi cxp« semt devient zénilh, uii' an/"devi>'iit eni/, «j^ hedjra se transforme en liéfprc, .0 tibr en tihcr. tibar, JaJo tabl en atabal, timbale, tJaJJl nl-qoutb en alchilot , ^j,.^ al-habs en alhabo», etc. De la même manière, ^]j-i charq deviendra cluirac, cherae, avec l'accent sur la finale; et comme la consonne (j q tend toujours à assourdir la voyelle qui la précède, nous aurons naturellement chnroc, clicroc, d'où xaroco, siroc, siroco, scirocco, et par le changement si commun de r en /, xaloc , jaloque , scilocco.
Parmi les formes précédemment citées, trois ont gard<5 la mar<|ue de l'article: eyssiroc, issalot, j/w/oc ='^3JAJl eclicliarq. La forme espagnole xirque paraît venir do l'adjectif iy^ charq'i, orientai, employé par les Arabes dans le sens de sirocco, et auquel Engelmann, sans autre explication, rattache tous les termes ci-dessus notés.
A côté de ï-i charq't, l'arabe moderne présente liJjJU» chelouk^ ou (jjjii chetouq'^. M. Dozy [Gloss. p. 356) pense que ce n'est là rien autre que le mot européen repris p.ir les Arabes qui n'avaient garde d'y reconnaître leur chnrql. Peut-être aussi l'ont-ils confondu avec leur (jjj^ citouroûq, lever du soleil, car en arabe comme dans nos langues, r et l permutent volontiers^.
Sirop. Vieux français cssyrot (xiii' siècle), ysserop (xv* siècle), provenç. emarop, issarop, yssiirop, esp. xarabe, axarabe, axarave, axaropc, jarab, jarope, portug. xnrope (^surrapa, zurappa, vin qui a perdu sa force*), ital. siroppo, sciroppo, sciloppo, bas lat. syrupus, siruppus, sciruppns. De l'arabe v!x^ '^''«'■^^> boisson, vin, café, venant du verbe cj-i charib, boire. On voit qu'un grand nombre des formes citées ont conservé l'article [ach-cltarâb)\ plusieurs ont pu être faites sur çj^-iJl ach-charoub, boisson.
Le mot arabe cliarâb a aussi signifié sirop, comme on peut le voir par les dérivés jLi charâht, « syruporum venditor», jLj'yi charâbâa'', (^qui syrupos conficit aut vendit. «(Freytag.) Voy. aussi Dozy, Gbss. p. qi8.
Smala ou Zmala. Ce mot nous est venu d'Algérie; c'est l'arabe iJL«;l azmala ou iJU) zamala (prononcé ttnala par les Algériens), qui signifie la famille d'un chef et son mobdier'^, venant de la racine J») zamal, porter. De cetle même racine est venu iiUlJI az-zâmila, qui a donné l'espagnol accmila, bête de somme, en portugais azemela. azimela, azemêla, azemala.
Soda. Ancien terme de médecine , violent mal de tête. De l'arabe ^S-s^s sodî', même sens, qui se rattache à J.X*» ijdda, fendre en deux.
Sofa ou Sopha. Portug. sofa. De l'arabe àIk» soffa.
' D'Alexandrie à Souahn. (L? Tour du monde, a' semcslre, i86o,
p. gS.)
' Dans lus langues hispaniques, souvent i'adjo;iclioD de la voycl e ne déplace pas l'accent; ainsi jmiJl!! al-qi'r, chÂlea J fort, devient ahàior, f tamr, dalle, devient U'imoeras, etc.
' Dans Bocthor.
• Dans la Fabrica ting. arab. qui donne Jyi mil» oiieiXale, êurtu, el
j^^ icirocco, euroiwlux.
» Compar. ô> = c '*• "S* = é*' "'y' = •*^' ''?* ' '"***' *"^*
• Surappa, zurappu ma i|iii iil d.ms le Olo$i. de M. Doij. » l'Iiarmacien , dans Boc liiii, nu nioltpatul».
• C'csi-i-dire tout ce qu'il cinmène avec lui.
C>li
SOF
même sens, dans Boclhor et dans Cherbonneau, scamnum discuhhorium dans Freyiog, et aussi le siège de la selle.
SoFTA. Étudiant en théologie et en droit, chez les Turcs. Alféralion du persan xjn^yut soûkhtch, qui briîle, ardent (participe passé de ij*^y^ soûkhlen, brûler, être en feu), c'est-à-dire brûlant d'amour pour la divinité.
Solive. Ce terme de charpenterie, dont l'origine ne paraît se rattacher ni au latin ni aux langues du même groupe, offre une grande analogie de son et de sens avec l'arabe «-Aw salah, salib, arbre d'une longueur notable, et <-aJIw saltb, arbre dépouillé de branches. Est-ce une pure coïncidence? Rappelons que l'art du charpentier a emprunté un certain nombre de mots à la langue arabe.
Soriii. «Le nom de sophi donné aux souverains de la Perse, pendant les xvi" et xvif siècles, dit M. De'rémcrv', doit son origine à tsy^ sejewl, adjectif relatif ou patronymique, dérivé du nom du cheikh Séfi, sixième ancêtre du cliali Ismaïl, fondateur de la dynastie des Si^s ou mieux Séfcvis. » On a dit sophi sans doute par confusion avec le terme soufi, ci-après.
SoRUET. Esp. sorbele, portug. sorvcte, ital. sorbetlo. De l'arabe *oyi chorba, prononcé en Turquie chorbct, venant de la même racine que sirop.
SouFi. Transcription de l'arabe jj>*5 souf., sage, religieux, qu'on veut tirer de (jj-e souf, laine, les soufis étant tenus de porter des vêtements de laine et non de soie; d'autres disent du grec ao(^6s, sage.
Sourate. Verset du Coran. De l'arabe ë^^ soûra, prononcé saurai lorsque le mot est en connexion avec celui qui suit.
Spahi. Du persan ^Lw sipâhî, cavalier, soldat. C'est le même mot que cipaye.
Sucre. Le sucre vient originairement de l'Inde, du Bengale, suivant l'opinion du géographe Karl RlUer; son nom est en sanscrit farAarâ, primitivement grfliHs (?e saWe, de la racine çri, briser. De là le mot est passé dans toutes les langues. Les Grecs en ont fait aduyapov, que les Latins ont transcrit saccharum. Les Arabes ont changé le premier
a en ou, et ont dit Sm souhkar. Ce changement se montre également dans les langues modernes de l'Europe : ital. zucchero, anglais sugar, allemand zukker, holland. suiker, danois 2u/c/rer, hongrois tzukur, polonais sukier, etc. L'espagnol azucar et le portugais açucar, assucar, viennent direclemenl de l'arabe, comme ie montre la syllabe initiale qui représente l'article as pour al. Quant aux autres formes européennes, y compris notre mot sucre, je pencherais à