TA M
(^ xounnl, adjectif formé sur ÀJL» Bouiina, règle, loi, recueil (les paroles et actes de M;ilioniet, formant pour les Sunnites un su|)|ili'mi'nt au Coran.
Tabascbir ou Tabaxir. Concrétions siliceuses qui se forment aux nœuds d'une espèce de bambou, et qui étaient autrefois employées en médecine. C'est l'arabe ^Uls labâclitr, môme sens. Ce mot signifie aussi craie, chaux, plâlve, et il s'est appliqué autrefois spécialement à l'ivoire calciné; nos alcliimistes le prenaient en ce sens : v-'lahaitir arabice est spodium», dit Martin Ruiand'.
Tabis. Sorte d'étoffe de soie. Esp. portug. et ital. tabi. De l'arabe jLx* 'aUûht, dont la première syllabe, prise sans doute pour l'article (n<, au lieu de al, devonl /), est tombée dans toutes les langues romanes, mais se retrouve dans le bas latin allahi. Quant à l'arabe 'allâbï, c'était le nom d'un quartier de Bagdad où se fabriquait cette étoffe^, et ce nom venait du prince Atlab, arrière petit-fils d'Omeyya'.
Taffetas. C'est sans doute le persan *aAj (aftah ou tcfteh, même signification, comme l'indiquait, il y a près de deux cents ans, le P. Ange de Saint-Joseph*; à moins que ce ne soit une simple onomatopée, reproduisant le bruit produit par le taffetas quand on l'agile [taj taj)^.
Talapoin. «Les bonzes ou prêtres bouddhistes, à Siam, s'appellent />/ira, grands. Les Européens les ont appelés <fl/«/jo(ns, probablement du nom de l'évenlail qu'ils tiennent à la main, lequel s'appelle talapat, qui signifie /cinV/e de palmier. Ti [W' Pallegoix, Descript. du roy. Thaï ou Siam, 185/1, t. II, p. a 3.) Ce talapat est évidemment le même mot que le malais ô^ kelâpa, en javanais «nnjtmi^ kalapa, noix de coco, cocotier. (Voy. Calapite.)
Talc. Esp. lalco, laïque, portug. talco. En arabe, jjjAk talq. Je ne sais qui avait proposé l'étymologie allemande tttl{r, suif, qu'on trouve mentionnée par Léman [Dicl. d'iiist. ml. t. XXXI I , p. 378). Le mot (^Àb se rencontre dans l'alchiniie de Gébcr, notamment au chapitre vu du II" livre. «Talcum, vox esse Arabica creditur, significans stellulas micantes», dit Martin Ruland". J'ignore à quelle expression arabe cette explication peut faire allusion.
Talisman. C'est l'arabe ^cwwU» lelesm ou telsam, qui représente le grec T^eo-fia, initiation, mystère.
Talmdd. Grand ouvrage qui contient un recueil des lois, traditions, Coutumes des Juifs. En hébreu , iio'rr ««/moW, instruction, du verbe loWamarf, apprendre, forme pi/i. nçi? limmad, enseigner.
Tamarin. Esp. et portug. tamarindo, ital. tamarindi; .Malthiole et les anciens botanistes l'appellent tamarindi. Dans un passage de Marco Polo cité par M. Littré, on lit tamarandi: «Si donnent aux marclieans à faire et à boire une chose qui a nom lamarandi, qui leur fait aller hors ce qu'ils ont au ventre.» En effet, le tamarin ou fruit du tamarinier a été souvent employé pour faire avec la casse un liquide laxaliP. C'est l'arabe ^s<yjji> yt tamr hinà, datte indienne. Le tamarinier n'est pas un dattier cl n'offre aucune ressemblance avec un arbre de cette espèce; mais son fruit est une gousse qu'on a pu comparer à la dalle. Le mot tamr, datte, se retrouve dans l'espagnol tamaras, trochet de dattes.
Tambour. Esp. tambor, alambor, portug. tambor, ital, tambitro. On disait autrefois labour ou tabur (comme aussi laboiirin au lieu de tambouriny. M. Dozy repousse l'étymologie arabe ^yJ^ lonboûr, proposée par Engelmann; ce mot, au moyen âge, désignait, dit-il, une espèce de lyre; et si les Barbaresques ont aujourd'hui un grand tambour appelé par eux alambor, c'est qu'ils l'ont emprunté aux Espagnols®. Niebuhr dit en effet que, chez les Arabes, lambura est le nom générique commun à tous les instruments à cordes. Mais il convient de remarquer que ces instruments à cordes ne sont pas sans analogie avec les tambours et les timbales, car ils sont d'ordinaire formés d'un corps creux sur lequel est tendue une peau. Niebuhr en décrit quatre ou cinq de ce genre".
Sans combattre l'opinion de M. Doïy, on peut faire observer que le persan a un autre mot -«-y lahîr, dont le sens est bien tambour, timbale^^ et qui est assurément identique à notre tahiir, labour (on sait avec quelle facilité 1 cl u (om) se remplacent). Est-ce le persan qui est passé au français ou le français qui a pénétré en Orient? Tabur est bien ancien dans notre langue, puisqu'on le trouve déjà dans la chanson de Roland, qui est du xi° siècle; mais il est bien ancien aussi en persan, puisqu'il se lit dans le Cliah-namch, dont l'auteur Firdouci est mort en l'an 1 oa 0 :
' Lexicon alchemtœ , f. 46l.
' Defi'émory, Journ. atiat. janvier 1 86a , p. 9&.
• Dozy, Glosi. p. 363.
' Ciavis Gazophyl. p. 6.
• Voy. Francisque Michel, apud Dcfrëmcry, Mémoitei d'hùt. orientale,
• Leiic. atchemia, p. 66«.
' fjia^^ J^^s! (f'XUt ji le tamarin reUrk» U vtntrt, dit n.'ii. ( Mi n. d<5jà àlé, fol. 5i verso.)
' Los formes labour, Utbourin existent encore en anglais, où l'on Irome tabrel H taliouret. Noire tabouret est pareillement un diminutif de (ntiaur.
• G/ojj.p 374, 876.
" Vo'j. en Arabie, éd. Smilli, p. 119.
" Kicbardson, Dicl.; Gatophtjl. ling. Pin.
TAN
Jjfi jsjijj LT'iWu'jj iyj^ (^Cltrest. Schmiiim. de VuIIers,p. 58, vers 6 a I ).
Les formes tambour, jj^aàL» tonbour, sont cerlainernenl des altërations de labour, jk*2 tabir. Le persan a la voyelle ou dans «iJ';^' tahoûrâk, tambourin, lequel est, suivant toute vraiseiiil)lfince, un diminutif de ;^ Uiboûr, dans lequel s'est glissé fautivement un I û. (Compar. JdJ et ii)!5AJ ; voy. au mot Lilas.)
Ta.\doib. Sorte d'instrument de chauflfnge formé d'un réchaud qui est caché sous une table recouverte d'un tapis.
C'est la prononciation turque du mot arabe-persan ^yj lainwûr, îourneau portatif, four. (Voy. Athanoiu) Le réchaud ou brasero du landour s'appelle aujourd'hui, à Conslantinople, le mangal, ce qui représente le tj-4.U;< manqâkljiq de Meninski.
Tanziiiat. «On nomme ainsi l'ensemble des réformes qui découlent du hatfi-chérif donné en 1889 parle sultan Abdui-Mi'djid pour réorganiser l'administration. » (Douillet, Scienc.) De l'arabe j^IàÂj lindlâm, mettre en ordre, dont les Turcs ont fait owvlàjo Imûmat.
Taraxacum ou Taraxacon, Nom attribué par les anciens botanistes au pissenlit ou à la chicorée sauvage, d'où la famille des taraxacées. On lui a cherché une étymologie grecque : râpa^is, trouble, àxéoixat, guérir, c'est-à-dire plante calmante, ce qui n'a aucune raison d'être; d'autres disent de rolpa^ts et de àxv'-, pointe, à cause de l'inégalité des laciniures des feuilles. (Léman'.) Ce qu'il y a de sùi', c'est que le mot (qui du reste ne figure ni dans les dictionnaires grecs ni dans les dictionnaires latins) se rencontre chez les écrivains orientaux. Freytag ne l'a point relevé, mais il est dans Richardson, yyùiow^, que ce lexicographe transcrit tarkhaslikûn et traduit « vvild endive ». J'ai vainement cherché ce yyùi>i^^ dans la longue liste de drogues et de médicaments qui termine le grand ouvrage médical d'Al-Hoceini (man. sup. pers. n'SSg); mais dans Razi on lit : ^\ ii»! i)! L.4XjL^1 Ji* ^jyuï JaJI « Le laraclwqoûq est semblable à bi chicorée, mais plus efficace^.» Evidemment il faut lire yyui-lo tarachagom, et traduire pissenlit ou bien chicorée sauvage. Dans la Synonymie arabolatine de Gér^ird de Crémone on lit aussi « Tarasacon, species cicorei^. » 11 ne faut pas oublier que Razi écrivait au x' siècle. Le taraxacon fait l'objet d'un chapitre dans l'Avicenne latin de Bàle (édit. de i563, p. 812), mais cet article et une douzaine d'autres en tête de la lettre T, manquent dans l'édition arabe de Rome.
Tarbouch. Sorte de bonnet rouge de fabrique tunisienne. Transcription de l'arabe (ji^Ja tarbouch, qui est peut-être une altération du persan i»Jjw scrpoîtch, couvreclii'f , de jm ser, tête , cl de y»XA.wjj poûchulen, couvrir.
TER
Tare. Esp. portug. ital. et provenç. tara\ on trouve aussi d;uis l'ancien espagnol alara. C'est l'arabe a^Js tar- Ija, venant du verbe ^Ja larah, rejeter. La tare est «la partie des marchandises que l'on rejette, c'est-à-dire les barils, pots, etc.; le poids de ces barils, etc. que l'on déduit quand on pèse les marchandises.» (Dozy, Gloss. p. 3i3.) Un autre mot espagnol nicrma, qui a la même signification, diminution, déchet, vient du verbe ^^^ rama, jeter, étymologie, dit M. Dozy, qui confirme celle de tare. L'espagnol mermar, éprouver un déchet, a passé dans certains dialectes de nos provinces méridionales; dans le Quercy, merma ou benna signifie diminuer, décroître.
Targe. U est admis que la forme espagnole et portugaise adarga, adnraca vient directement de l'arabe iCi^JJI nd-daraca, bouclier*; mais on attribue à large et à l'italien targa une origme germanique
Tartre. Esp. portug. ital. tartaro, lat. des alchim. tartarum; de l'arabe-persan iji, <^i;i dourd, dourdl, sédiment, dépôt, lie de l'huile, lie du vin, tartre. L'arabe iji darad se dit aussi du tartre ou de la carie des dents; l'adjectif à^^l adrad s'applique à celui qui a les dents cariées. Le mot nous est venu par les alchimistes, ce qui explique son altération. On peut en voir de bien plus extraordinaires au mot Alcuimie. M. Littré cite un passage du Glossaire de Simon de Gênes où il est dit: «Tartar, arabice tartarum. » r^^j^ tartir, qui est dans Bocthor, et figure aussi dans la Fahr. limj. arab. manque dans Freytag et Richardson. Le Gazophyl. ling. Pers. écrit -ùy tarllr M. Dozy n'a pas noté tartaro dans son Glossaire.
Tarif. Esp. et portug. tarifa, ital. tarijfa. Le mot est traduit dans Bocthor par yjoyù ta'rif, qui est le nom d'action du verbe cjjs 'arraj , faire connaître, publier. C'est là l'étymologio, indiquée déjà par le P. Ange de Saint- Joseph ( i 68/1 )^
Tasse. Esp. taza, portug. taça, ital. lazza. De l'arabe
(jU» lass, iJ!iJa lassa, qu'on rapporte au persan ov««j last, coupe.
Téréniabin ou Tringibin. Manne liquide de Perse. Dorvault [O^cine) écrit terniabin; on trouve aussi Iruitjibin, lérenjubiii, thérenjabin, et même trangebris^. C'est l'arabe yA*.:*^ terendjoubin, qui est le persan ^^^j^j^^ tcrengoubîn. Celui-ci est formé de (^+^1 engouhln, miel, et dey ter, dont le sens reste douteux pour moi; ce pourrait être l'adjectif qui signifie humide, juteux.
Une autre manne de Perse porte le nom de yx/5oti^ gezengoubïn, miel du ^ gez, le gez (prononcez guez.), espèce de tamarix, étant l'arbre qui la produit''. Par ana-
' Dict. (l'hisi. 7iat. t. XXXII, p. 464.
' iVIaii. fli'jàcité, fol. 4i verso.
• La leçon j^ij-Li^Jo, qui est assuiôrnont !a moilleiire, se hl dans le {jlos- Mirc (l'ilm al-llacliclia sur l'ouvrage de Razi. (Voy. Dozy, Gloss. p. iGO' au mot almiroii.)
» Voy. En(;!^lriiun,.67os.i. p. tti.
■• Claviê Gazophyl. p. y.
• Diclionn. de Délerville, au mot a,';ul. On peut voir encore sur le terendjàbinxinQ note de M. Defrémery. {Mcmnires d'hist. orientale, p. ;*85-386.)
' Cet arbre porte en arabe le nom de «li^ (arfâ, dont les Espagnols ont fait alarfe. H.nzi dit que de ses racines se tire le iikeiidioubîn , J^î yl^ ^j^-jjsX-J! *Lol ij* (fol. /19 reilo). (^e n'e.st pas là une niaiiiif, mais une li:|ii('ur (oxynicl), de d-. sik, viii,ii{;re. .Millier rattacbo IVsjmjjiiol taray, laïuarix, au même mot arabe laijâ. (Voy. Dozy, Glossaire, p. 318.'
THU
logie on pourrait croire que y ter est le nom de l'arbre qui donne le Iringibin. Mais les dictionnaires n'ont rien de pareil, et il ne saurait être ici quoslion du jb târ, sorte de palmier qui produit la liqueur enivrante nomunîe trtn't^jb (le tod(hj des Anjjlais)'; car cet arbre ne produit pas de manne, et Garcias dit que le truiijilnn qu'il a vu apporter à Bassora vient sur de petits buissons <5pineux assez semblables à nos genêts.
TmubaiN. Etoile de troisième grandeur dans la constellation du Dragon. C'est l'arabe yUj<S thou'bân, dragon.
TiBEB. Poudre d'or, dans le commerce africain. Les voyageurs écrivent aussi tibijar, alibar, « le lihbar ou l'or pur du Sennaar », écrit Bruce^. C'est l'arabe yju libr, même sens. La région africaine que nous nommons Cdle d'Or est appelée par les Arabes -«jJi à^ belâd al-libr, pays de la poudre d'or.
Timbale. Esp. timbal, atambal, atabal, portug. timbale, atabale, ital. timballo, taballo. De l'arabe JuL labl, avec l'article at-tabl, sorte de tambour. Il s'est glissé un m avant le b , comme dans labour devenu tambour. Il est vraisemblable du reste que les formes timbale, timbal, timballo, ont subi l'influence du latin lympanum (^TÛfinavovy Tabl est d'origine persane. On trouve un pluriel grec td^aXa, «tambour, timbale dont les Parthes se servaient à la guerre '. »
TiNCAL ou TiNKAL. Borax brut. Esp. atincar, porlug. atincal, tincal. C'est l'arabe-persan JlXJu tinkâl, ou ^\SSi linkûr'^ (en persan ;l5i) tcngâr). Le tincal nous vient principalement de l'Asie (Perse, Thibet, Inde). II semble qu'une sorte de confusion se soit établie entre le tinkâr et une autre substance appelée en arabe ^L^jj zindjâr, en persan ^Iwj zengâr ou ^Is^j jetigâr. Celle-ci est le vert-de-gris ou le vitriol vert. (Voy. Aza^ror, au mot Alchimie.) On traduit volontiers ces deux termes par chrysocolle, mot qui désignait chez les anciens une substance verte assez mal définie, employée par les orfèvres pour la soudure des matières d'or^. A l'article œrugo aurifabrorum de son Lexicon alchemiœ, Martin Ruland dit : t« Quidam banc vocant tinchar vel boracem arabice », et à la page suivante : r Arabes omnes taies aerugines vocant generali nomine zincliar''.r>
On ne comprendrait pas que le borax pût être confondu avec le vert-de-gris, si l'on ne savait que le borax brut, tel qu'on le tire de certains lacs de l'Asie, est coloré en vert par des substances étrangères.
ToHU-BOHD. Cette expression est empruntée au deuxième
TUR
verset du premier chapitre de la Genèse : «El la terre était inij inn totioù va-bohoûn, c'est-à-dire d'iprès la Vul gale, innnia et vacm. (ihacun des deux mots lohoû, bolioù, est inti'rprélé dé^-ppl. ^oliin'Ic. ri'';iri(.
Tombac. AUiagL- de ruivn; i-l di- zinc. Esp. tumhaga, portug. tambaca, ital. tombano, arabe moderne >i)[jUi t/inb'il: (dans Boclhor). C'est le malais 3)Lj: temb<lga, cuivre, qui est d'origine hindoue.
TomAN. Monnaie de compte chez les Persans. ^Toman est un mot de la langue des Yusbecs (^;^ youzbeg), qui signifie dix mille. Les Tartares comptent leurs troupes par dix mille comme nous faisons par régiments. . . ils dénotent la grandeur d'un prince par le nombre de tomnnp» qu'il a sous sa puissance.» (Chardin \) Le mot larlare est passé en arabe et en persan sous la forme yuy toûmân, avec le sens de dix mille. Marco Polo écrit tomman.
TooG ou Tocc. Etendard turc fait d'une queue de cheval portée au bout d'une pique ou d'une pen lu- En lurc ^yi tofigh.
Toutenagde. Alliage de zinc, de cuivre et de nickel Portug. tutenaga. Silvestre de Sacy dit : «Le mot toutenague vient assurément de touaû , et peut-être est-ce un mot purement persan JULùy loutlâ-nâk, substance d'une nature analogue à la tutie*. » (Voy. plus loin Tl'tie.) Thévenot aj)pclle la toutenague tulunac. ( Voy. aux Indes orient, p. » Ao".) On trouve aussi tintenague.
Tbe'pang ou Tripan. Holothurie comestible des mers de l'Inde, très-appréciée des Chinois. En malais (XÂ. y Irljuinir
TuBBiTH. Plante autrefois très-enq)Ioyée en médecine comme purgatif. Esp. turbit, lat. des botan. lurpeOtum. C'est l'arabe-persan Jyy tourbed, lirbid.
Flenimata diffugiiint, si des raedicaniiiie lurbich,
dit un poëme médical du moyen âge'"; ce qu'on peut regarder comme la traduction de cette phrase de Razi:
Le turbith minéral '* est un composé mercuriel sans doute ainsi nommé à cause de l'analogie de ses qualités purgatives avec celles de la plante.
Turc En persan ià.;s toitrk, nom appli(|ué aux peuples à peau blanche, à l'œil noir, qu'on a appelés aussi Tatars ou Tartares, en persan ^Ls taUlr. Chez les Persans, Jj tourk s'est dit d'une jeune beauté [au masculin ou au fé-
' On lirait autrefois du tari une espace de sucre nomme jagre, mot qui parait une alléralion du persan jCi chehr, sucre.
' Foi/, en l\'ubie, p. gg.
' Alexandre, Dictionnaire ijrec-français. L'auteur n'indique pas la source où le mot a élé recueilli.
* jUJJ tinkâr est l'orthographe qu'on trouve dans i'alchimie de Géber, man. n" i 080 du suppl. arabe de la Bibl. nal. fol. 5 verso et paasim.
' r- Aussi se Ireuve en plusieurs endroits d'icclle du verd rossi'inlilant au cbrysoi'olla des anciens C|iii' rinus:i|>pe!oiisanjourd'liuy barrai. 7> (liornard i'alissy, Des Pierret, édit. Cap, p. aSG.)
' Lexicon akhemiœ, tive dictionarimn alchemistimm, Francfort, iGii, p. i& et if).
' Voy. en Perae, éd. Smith, p. Jio. L'auteur ajoute que le (oroan, monnaie de compte , valait 10,000 (li'nicrs.
» Chrest.arab. t. III, p. àG'l.
• Ibid. t. III, p. /) 63.
'" Man. du xiii' siècle, ancien fonds Llin n* 7058 de la Kibl. nal. fui. 70 verso.
" Man. déjà cité, fol. 'l'i mtso.
" Sulfate et aiutjte de mercure.
TUT
minin. Voy. l'explication de Meninski). Turcoman est le persan y^y» tourkoumfm. Sur la valeur des mois turc et taUir comme noms de peuples, chez les écrivains arabes et persans, voy. la Bibliotk. orient, de d'Herbolot.
TcTiE. Oxyde de zinc, substance dont les anciens médecins faisaient grand usage dans les maladies des yeux.
VÉR
Espagnol et portugais, tutia, alutin. C'est l'arabe \jjp toûtl'l.
On j)eut voir sur la tutie un long article de Silvestre de Sucy, dans sa Clireslomathie arabe, t. 111, p. 453 et suiv. Razi n'a garde d'oublier ce médicament, excellent, dit-il, pour renforcer l'œil, yxjJ! iùyuJ .Xa:^. (mari, déjà cité, fol. lili verso).
Ubion. Genre de plantes voisin de l'igname. Lat. bot. ubium. Du malais jj! oûbi, qui se dit de toute espèce de tubercules comestibles. Ce mot, généralement transcrit ubi ou obi dans les ouvrages français, est répandu dans tout l'archipel Indien et dans une grande partie de l'Océanie. Les Malais appellent la pomme de terre Jl^ jj! oûbi bcngifilla, obi du Bengale.
Uléma ou Ocléma. Docteur de la loi chez les musulmans. Esp. uicmn. C'est l'arabe <.Lt>* 'oulemâ, pluriel de y*5l* 'âlim, savant, rjui sait.
Upas. Liane de l'archipel Indien, qui produit un suc extrêmement vénéneux. Du malais (j*»*;' oûpas (javanais «jiL.»»"^,), poison extrait des végétaux. L'arbre que nos livres d'histoire naturelle nomment boiin-upas ou bubonupas est en malais (j»*3ji ^^à^^ pohn on pôhon-oûpas , depshn, arbre.
Unoo ou plutôt OcRDon. Dialecte moderne de la langue des Hindous. Du lurç ^ij^l ordou, camp. L'urdu a été ainsi
nommé (langage des camps), à la suite de l'invasion des Mongols, qui modifia profondément le vocabulaire de la langue du peuple conquis, en y introduisant un grand nombre de mots arabes, persans et turcs. Urdu est identique avec notre borde.
UsNÉE. Genre de plantes de la famille des lichens. Lat. des botani usnea. Autrefois la médecine atlribuait des vertus extraordinaires à i'ustiée bumaine, c'est-à-dire aux lichens qui poussaient sur les crânes des morts exposés à l'air, et spécialement des pendus. «Aujourd'hui, dit Rose, on plaint l'ignorance et la barbarie de nos pères qui conservoicnt les cadavres exposés à l'air le plus grand nombre d'années possible, souvent uniquement pour avoir de l'mnée^.n «On ne paye plus i,ooo francs une once à'usnée ou prétendue usnéc humaine, lorsqu'on peut avoir pour rien celle qui pousse sur les arbres de son parc^.»
Usnée est l'arabe-persan iiJUil oucltna, mousse, lichen. Il en est parlé dans l'Almansouri de Razi, fol. 67 recto du manuscrit déjà cité.
Validé. Sultane validé, c'est-à-dire sultane mère. De l'arabe »oJI^ ouâlida, féni. de ouâîid, qui a mis au monde. Validé est la prononciation turque.
Valise. Esp. balija, ital. valigia, bas lat. (xiii° siècle) valisia. On ne connaît aucune étymologie acceptable de ce mo! (Dicz repoussant l'allemand /e//ei'sen ). Une valise est proprement un long sac de cuir. Le mot paraît avoir été employé, dans la langue commerciale, avec le sens de ballot, et le P. Germain de Silésie (1689) a fait de valiiria un synonyme defardcllo. C'est vraisemblablement le même mot que l'arabe aî«?J^ oualïba, «saccus frumentarius, cophinus magnus», et le persan *^j vuahlchè, grand sac. Mais ne connaissant ces mots que par Golius et Castell, j'ignore s'ils sont vraiment d'origine orientale ou s'ils n'ont pas été importés au Levant par le commerce italien.
Vaban. Sorte de lézard africain. Il est décrit et fi-
guré dans le grand ouvrage de la commission de l'Institut d'Egypte, sous le nom de ouaran^. C'est une altération de l'arabe Jy ouaral. En Algérie on prononce
ouran*
Vébin. Appareil à soulever les fardeaux, composé de deux vis placées dans le prolongement l'une de l'autre et engagées dans un même écrou qu'on peut faire tourner. On écrit aussi verrain. C'est assurément le même mot que l'italien verrina, l'espagnol barrena, le portugais verruma, tous mots signifiant vrille, tarière, et le bas latin vermus, vis. L'arabe a iU:-j bartma, même sens ^. Et ce dernier mot se rattache assez naturellement au verbe -^ baram, tordre , d'autant mieux que barîm se dit d'un cordon obtenu en contournant ensemble en spirale deux brins de couleurs différentes. Cependant M. Dozy attribue à bar'ima une origine persane, et à nos formes romanes une origine indoeuropéenne '.
• Dict. d'Iiist. nat. t. XXXV, p. iS?. » ftiVM. XVll,p. 56i.
• Ilist. nat. I. 1", 1" parlie, p. 1 aa.
• Voy. Clierbonneau, Dict, fr.-ar. ciii mol Utard.
' Bariina est remplacé en AIgt'rie par Sii^J~> bernina. Voy. Cherlionneau , Dict. fr.-ar. à tiri7/e. Pedro tle Alcala donne biniiia ou barrina, qui est encore en usage dans l'aralie vulgaire.
* Glost. p. 375. Le perso a .•«{ beiram, biroum, vrille.
Dans le dialecte qucicynois, on dit biroïi et birowio, dans le sens de vrille, tarière, forme qui monti-c encore une fois la facilité du changement de t en ou.
ViLAYET. Grande division territoriale en Turquie. C'est
ZÉD
la prononciation turque de l'arabe *jil^ ouilnya, pays, préfecture, provinco. (Vov. Wai.i.)
VisiB ou ViziB. (j est 1 arabe j jj5 oiiatlr. (Voyez Alcoa-