‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 79 sur 754 · XXV · texte numérisé non relu

XXV

RUBÉFIÉ, ÉE (ru-bé-fi-é, ée), part, passé à» rubéfier. La peau rubéfiée par un sinapisme.

RUBÉFIER (ru-bé-fi-é), v. a. Je rubéfiais, nous rubéfiions, vous rubéfiiez ; que je rubéfie, que nous rubéfiions, que vous rubéfiiez. Hen<lre rouge, enflammé par l'application de rubéfiants.

— HIST. XV* s. Car on le doibt rubifier, Et ce est le labour premier, la Font. (I4i3), 513.

— ÉTYM. Lat. rubefacere, de ruber, rouge, et facere , faire ; provenç. et espagn. rubificar ; ital. rubificare.

t RUBÉOLE (ru-bé-o-r), t. f. Terme de médecine. Synonyme de roséole.

— ÉTYM. Lat. ruber, rouge.

t RUBÉOLIQUE (ru-bé-o-li-k'), adj. Terme de médecine. Qui a rapport à la rougeole.

t RUBESCENT, ENTE (rubè-ssar., ssan-t'), adj. Terme didactique. Un peu rouge , qui commence à rougir.

— ÉTYM. Lat. rubescere, devenir rouge.

RUBIACÉES (ru-bi-a-sée) , s. f. plur. Famille de

plantes dont quelques-unes fournissent une teinture rouge.

— ÉTYM. Lat. rubia, garance, de rubere, être rouge.

t RUBLACIQUE (ru-bi-a-si-k') , adj. Terme de chimie. Acide rubiacique , acide incolore retiré de la garance {rubia).

RUBICAN (ru-bi-kan), adj. m. Se dit de tout cheval noir, bai ou alezan, dont la robe présente des poils blancs disséminés çà et là. || On ajoute rubican au nom de la robe ; par exemple : bai clair rubican. || S. m. Le rubican, la couleur d'un cheval rubican.

— HIST. XVI* s. Le cheval bay, appelé rupricam, aiant poil gris en quelque endroit, mesmes à la queue, sera bien marqué s'il a des poils blancs depuis la main en arrière, 0. de serres, 302.

— ÈTYM. On a proposé le lat. ruber, rouge, et conus, blanc; mais ce paraît être l'adj. bas-lat. rubricantem, rougeâtre, de rubrica, rubrique.

I RUBICELLE (ru-bi-sè-l'), s. f. Voy. ruuace. j RUBICOLLE (ru-bi-ko-r), s. f. La saxicole ru^ bicolle, oiseau.

— ETYM. Lat. rub*r< rouge, et coUum, cou.

RUB

RUB

RUC

t HDBICON (ru-bi-kon), ». m. Petit fleuve d'IUlie qui servait de limite entre la Gaule Cisalpine et l'Italie proprement dite, et qu'il était défendu de passer à la tète d'une armée ou d'une légion ; César le franchit quand il commença la guerre civile. Il Fig. Passer le Kubicon, se décider à qucli|ue chose de hasardeux, d'irrévocable. Je représentai au régent que mollir serait sa perte, que le Kubicon était passé, sr-siM. 6(3, 4(. Je faisais, en l'honneur du célibat, des prosopopées autrement éloquentes que les tiennes; et pourtant j'ai fini par passer le Rubicon [je me suis marié], en dk ueb- NARD, Un acte de vertu, § v.

— KKM. M. Thicrs a employé ce mot dans un sens que la langue n'admet pas : Il [Napoléon] était au bord de ce fleuve [le Niémen], qui, on peut le dire, était le Rubicon do sa prospérité, llist. de l'emp. xxv.

RUBICOXl), ONDE (ru-bi-kon, kon-d'), adj. Qui est rouge, en parlant du visage, de ta face, ou qui a la face rouge, en parlant d'une personne. Il est rul)icond. Le licencié qui l'accompagne, cette face rubiconde, se nomme don Chérubin Tonto, c'est un chanoine de l'Église de Tolède, lesage, Gil Bl. vn, (3. Nous ne sommes de fer ni vous ni moi; mais, avec du régime, nous existons; et je vois mourir à droite et à gauche de gros cochons à face large et rubiconde, volt. Lett. Mme de Fontaine, 18 mars «752. D'un sot à face rubiconde Ils [nos fils] feront un épicurien, bérano. Uge (ut.

— ÉTYM. Lat. rubicundxu, qui est le participe du verbe rubico, dénominatif d'un rubicus, tous deux ne se retrouvant pas et dérivés de ruber, rouge.

t RCBtCOT (ru-bi-ko), s. m. Voy. ptérope.

t RCBIUIUM (ru-bi-di-om'), i. m. Nom d'un nouveau métal découvert par MM. Bunsen et Kirchhoff, et donnant, dans le spectre, deux raies rouges. Le corps ainsi découvert [par l'analyse spectrale].... fut nommé rubidium, pour rappeler les belles raies rouges que contient son spectre, et qui ont servi à le faire connaître, delaunay, Ann. du Bur. des longit. 1869, p. 5(5.

— ÊTYM. Lat. rubidus, rouge brun.

t Hl'BIKTTE (ru-bi-è-t'), ». f. Voy. rossignol, n' î.

t RUBIGINEUX, EDSE (ru-bi-j i-neii, neù-z'), adj. Terme didactique. .Qui est plein de rouille. Il t^ui est de la couleur de la rouille. Elles [les parties calcaires d'une roche] se dissolvent dans les acides avec une vive etTcrvescence, et laissent un sédiment de terre rubigineuse assez volumineux, SAUSSURB, Voy. Alpes, t. vm, p. 98.

— ÊTYM. Lat. rubiginosus , de rubigo (voy. rouille).

RUBINE (ru-bi-n'), ». f. Ancien terme de chimie. Préparation de métaux dont la couleur est d'un rouge approchant de celle du rubis. |{ Rubine d'antimoine, ancien nom de l'oxysulfure d'antimoine contenant 6 à 8 atomes d'oxyde pour ( atome de sulfure. Il Rubine d'argent ou argent rouge, anciens noms sous lesquels on a Cunfondu deux espèces minérales appartenant à la famille des sulfurides et au genre sulfure ; ces espèces sont l'argyrythrose et la proustite. || Rubine d'arsenic, sulfure d'arsenic composé d'un atome de chaque substance. Il Rubine de soufre ou rubis de soufre, c'était un mélange de soufre avec une huile fixe, leocarant.

— ETYM. Voy. RUBIS.

t RUBINIQUE (ru-bi-ni-k"), adj. Terme de chimie. Acide rubinique, acide obtenu en même temps que l'acide japonique, lorsqu'on traite la catéchine par les alcalis.

RUBIS {ru-bî ; 1'» ne se prononce pas même devant une voyelle, ce que Chifflet remarque aussi au xvii' siècle, Cromm. p. 2(6), ». m. ||1' Pierre précieuse, rouge et transparente. Telle qu'une bergère aux plus beaux jours de fcte De superbes rubis ne charge point sa tête, boil. Art poét. n. Son turban disparait sous les feux des rubis, volt. Scythes, I, ) . Le plus gros rubis qu'on connaisse dans le monde fut apporté de la Chine au prince Gagarin, p.issa depuis dans les mains de MenzikofT, et est actuellement un des ornements de la couronne impériale, id. flussie, II, <2. Les royaumes de Pégu, d'Ava, d'Aracan, de Lagos, où l'on trouve les plus beaux rubis de la terre, raynal, His<. p/iil. iv, (2. L'usage du rubis est borné, àcause de sararetéet de son peu de volume, aux bijoux et à l'horlogerie, FOURcnOY, Conn. chim. t. ii, p. 293. Â grosseur et à qualité égales, le diamant a plus de prix que le rubis, le rubis plus que le saphir, thenakd, Traité de chimie, t. ii, p. 203. || Rubis oriental, la première des pierres de couleur pour le prix comme

PICT. DS Li LANGUE FRANÇAISS,

pour la beauté (couleur du rayon rouge du spectre solaire). Les anciens les nommaient earbuneulos, escarboucles. || Rubis balais, celui qui est d'un rouge léger. |{ Rubis spineile, rubis plutôt rose que rouge. Il Rubis blanc, variété de corindon qu'on nomme aussi saphir blanc; pierre blanche à quatre pans. Il Rubis de Bohème, grenat d'un beau rouge; variété de quaitz hyalin. || Rubis du Brésil, nom donné à des topazes de ce pays chaulTées jusqu'à les faire rougir. || Rubis de Sibérie, tourmaline rouge. Il 2* Faire rubis sur l'ongle, boire et vider le verre de façon qu'il y reste à peine une goutte de vin, qui, mise sur l'ongle, repréiîente un rubis. Je sirote mon vin, quel qu'il soit, vieux, nouveau ; Je fais rubis sur l'ongle, et n'y mets jamais d'eau, REGNARO, toi. amour, m, 4. || Fig. Rubis sur l'ongle, exactement. Kaire payer rubis sur l'ongle. La sottise en est faite ; Il faut la boire : aussi la buvons-nous Rubis sur l'ongle, piron, Conl*». Ij 3* Faux rubis, variété transparente de fluorine ayant la couleur de rubis. || 4* Rose rubis, voy. rose, n' a. Il 6* Un oiseau-mouche. || 6* Fig. et poétiquement. Il se dit des choses qui ont laforme ou la couleur du rubis. Et leurs pieds, en glissant sur la terre arrosée. En liquides rubis dispersent la rosée, delille. Pitié, iv. || 7° Rubis de soufre, voy. rubine. Il 8* Fig. et populairement. Boutons ou élevures rouges qui viennent au nez et sur le visage. Où maints rubis balais tous rougissants de vin.... RÉGNIER, Sat. X. Charmé de revoir l'Aurore, Le verre en main, je lui dis : Vois-tu sur la rive more Plus qu'à mon nez de rubis? maître adah (le menuisier de Nevers), Chans(m bachique.

— HIST. XII' s. [Charles] Qui des rois crestiens est topaze et rubis, Sax. xxvi. Hxiii* s. Li covercles est d'un rubi Qui à le [la| coupe se joint si, Partonop. v. (026. En ceste isle [Ceylan] treuve l'en les rubis, et en nulle autre contrée du monde ne croissent, fors que en ceste isle, marc pol, p. 686. Por celi [celle] servir qui li samble Li rubis de toutes biaulez, toi de l'ombrt. || xv* s. Beau nez, dont les rubis ont cousté mainte pippe De vin blanc et clairet. Et duquel la couleur richement participe Du rouge et violet, basselin, Yau de Pire, 6. || ivi* s. Pour les lentilles, rubis ou safirs qui sont au visage, appelles à Paris tanes, l'on usera de ces remèdes, 0. DE SERRES, 969.

— ÊTYM. Prov. robi et robino; espagn. rubi; port, rubi, rubim; ital. rubino; du lat. ruber, rouge. Le français devrait être rubt'n ; sous sa forme, il provient probablement du provençal; 1'» qui y est restée est le signe de l'ancien nominatif.

RUBRICAIRE{ru-bri-kê-r'), ». m. Homme qui sait bien les règles, les rubriques du bréviaire. Si le rubricaire sortait de ses bornes, et que, devenant docteur, il décidât.... respectons néanmoins ce rubricaire, quel qu'il soit, à cause de l'autorité des auteurs qui l'ont rapporté au huitième ou neuvième siècle, Boss. Déf. de la trad. sur la communion, n, 4u.

— ÊTYM. Rubrique.

t RUBRICATEUR (ru-bri-ka-teur), ». m. Artiste qui écrivait les mots en couleur. || Celui qui peignait les miniatures, dans les manuscrits du moyen âge.

— ÊTYM. Rubriquer.

t RUBRIFIOCE (ru-bri-fi-k'), adj. Terme didactique. Oui rend rouge. Des rayons rubrifiques, jaunitiques, c'est-à-dire excitant la sensation du rouge, du jaune, volt. Phil. Newt. ii, 8.

— ÉTY.M. Lat. ruber, rouge, et facere, faire. RUBRIQUE (ru-bri-k'), s. f. || 1" Terre rouge dont

les chirurgiens se servaient autrefois pour étancher le sing. 112' Sorte de craie rouge dont les charpentiers frottent la corde avec laquelle ils marquent ce qu'il faut ôter des pièces de bois à équarrir. Il Ocre rouge artificielle. || 3» Titres des livres de droit civil et canon, qu'autrefois on écrivait en rouge. Si vous avez besoin de lois et de rubriques. Je sais le Code entier avec ses Authentiques, corn. Uent. 1, 6. Il 4* Dans l'Église, les rubriques, les règles selon lesquelles on doit célébrer la liturgie et l'office divin, parce que, dans les missels, les rituels, les bréviaires, etc. on les a communément écriies en lettres rouges. Il sait les rubriques par cœur. Sur la parole de celui qui a écrit les rubriques de l'Ordre romain, je ne nie point du tout qu'on ait mêlé le pain sacré dans du vin qui ne l'ctail pas, Boss. Déf. de la Irad. sur la communion, u, 40. || Petites règles, imprimées ordinairement en ronge dans le corps du bréviaire, ei enseignant ce qu'il faut dire dans les divers temp' de l'année à chacune des heures canoniales. || 5" Pa' exlension. Titre, date qui, dans les journaux, in dique le lieu d'où une nouvelle est venue Cetk

noarelle est sous la rubrique da Londres. || Indication fausse du lieu de la publication d'un livre. Beaucoup de livres imprimes en France portent la rubrique de Genive, de la Haye ou de Londres. Il 6' Familièrement. Méthodes, règles, pratiques anciennes. On n'y sait guère alors que la vieille rubrique, corn. Gal«rie, l, 7. Les grands en toutes choses se forment et te moulent sur de plus grands, qui, de leur part, pour n'avoir rien de commun avec leurs inférieurs, renoncent volonti'jrs à toutes les rubrique* d'honneuri et de distinctions dont leur condition se trouve chargée, LA BRUT. XIT. Moins circonspect à son égard [d'une dame] qu'au mien, il mettait en œuvre avec elle les rubriques communes de la galanterie, W Dl STAAL, Uém. t. I, p. 72. Voilà sis sots discours, toujours même rubrique, dufrbnï. Dédit, i, t. Il 7' Fig. et familièrement Ruses, finesses. Il n'a pas affaire à un sot, et vous savez des rubriques qu'il ne sait pas, hol. if^d. malgré lui, m, 7. Vous y savez, monsieur, d'admirables rubriques, th. corn. Amour à la mode, i, 3. C'est dans cette occasion qu'il me fit voir qu'il était consommé dans toutes sortes de rubriques, lesage, Guxm. d'Alf. vi, 3.

— HIST. XIII* s. Et totes les rubriches estoient escrites, chascune par soi vermeilles, Ass. de Jerus. I, 25. Il xiv s. La première rebriche est de l'ordenance du premier traitié, H. de uondevillb, f* ).|| XV* s. Et en eflet, de ces droitz cy. Toute la première rubriche. C'est, de jure naturali, co- QuiLL. Droits nouv.

— ÉTYM. Provenç. espagn. et ital. rubrica; du lat. rubrico, [terre] rouge, de ruber, rouge.

t RUBRIQUER (ru-bri-ké), V. a. Marquer à la rubrique, à la couleur rouge. En corrigeant les épreuves, en rubriquantles exemplaires, en repassant à la plume les passages mal venus, il [Schaffer] étudie cet art nouveau [l'imprimerie], cii. triartk, lfontt«ur unitier. 22 oct. <868, p. U05, 6* col.

— ÊTYM. Lat. rubrtcor», colorer avec la rubrique. , t RUCHAIRE (ru-ché-r'), ad;'. Terme de zoologie.

Épithète donné à un insecte byménoptère qui construit des ruches.

RUCHE (ru-ch'), ». f. Il 1* Demeure où les abeilles vivent et font le miel. Les ruches des abeilles étaient aussi bien mesurées il y a mille ans qu'aujourd'hui, et chacune d'elles forme cet hexagone aussi exactement la première fois que la dernière, PASC. Fragm. sur It vide. Une ruche est d'une structure sans comparaison plus ingénieuse que la cabane d'un Huron, fontbn. Sur la poés. en génér. (Euvr. t vin, p.S(8. Quel abîme aux yeux du sage qu'une ruche d'abeilles I quelle sagesse profonde se cache dans cet abîme 1 bonnet, 2* in^m. abeilles. \\ Particulièrement. Logement des abeilles qui reçoivent les soins de l'homme, c'est ordinairement un panier en forme de cloche. |{ Ruche de verre, ruche vitrée en forme de pyramide tronquée, dans laquelle on met les abeilles pour observer leurs travaux. || 2* Le panier et les abeilles qu'il contient. Il a tant de ruches. Une ruche est une république où chaque individu ne travaille que pour la société, buff. A'o<ur« des anim. Il Châtrer une ruche, voy. chAtrer. || Fig. U ne faut point fâcher une ruche, il ne Tant pas s'attirer une multitude de petits ennemis. || 8* Habitation des insectes, des vers qui vivent en société. Il 4* Ruche marine ou aquatique, éponge habitée par des animaux aquatiques. || 6* Terme de marine. Carcasse d'un bâtiment neuf, avant qu'il soit ponté. Il 6* Terme de pêche. Sorte de machine pour prendre le poisson. Faisons aussi défenses de se servir de ruches, paniers et autres engins, pour prendre crevettes depuis le î" mars jusques au dernier du mois de mai, Ordonn. août test. Il 7* Dans les salines de Normandie, la ruche était une mesure contenant environ cinquante livres de sel. {| 8* Bande pllssée d'étofTe, de tulle ou de dentelle qui, dans la toilette des femmes, sert d'ornement à différents ajustements, tels que bonnets, collerettes, chapeaux, robes ; ainsi dite par comparaison avec la gaufre des ruches. || Ruche chicorée, bande d'étofl"e de soie, ou de laine ou de percale déchiquetée à l'emporte-pièce en forme de dents de scie ou autres, que l'on plisse à doubles ou à triples plis.

— HIST. XIII* s. Et si poet bom pestre huit rouchcs de tout l'hiver d'un galoun [gallon] de meel, Biil.

de* Chartes, v série, t. n, p. S67 Sunt essain»

plus grans que de mouches Qui se recueillent en lor rouches, la Rose, 87«2. ||iv* s. Rucques ou vaisseaulx de mouches à miel et cire, du cange, ru»ca. Il ivi* s. L'on façonne les rusches de bois,

tl. — 223

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de pierre, de terre cuite, de brique, d'eseorce d'arbres, de paille; on les enferme dans les murailles.... 0. DE SERRES, 435. Les Portugais pressants la ville du Tamly.... les habitants d'icelle portèrent sur la muraille grand'quantité de ruches, de quoy ils sont riches ; et à tout du feu chasseront les abeilles si vifvement sur leurs ennemis qu'ils les meirent en roule, mont, ii, I90.

— ÉTYM. On fait venir ce mot du celtique: basbiet. rusken, écorce et ruche; gaélique, rusg, écorce; cornouaillais du ix* siècle, ruse, écorce : les ruches étant faites d'écorce d'arbres. En provençal rusca veut dire écorce. D'un autre côté des gloses anciennes donnent l'anc. haut-ail. rusca, panier, corbeille.

f RUCIIËli; (ru-chée), ». f. Produit d'une ruche. Il Population entière d'une ruche.

— HIST. xvi« s. Quant à la nichée d'abeilles qui se vint poser sur la pouppe de la navire de Dion.... AMVOT, Dion, 30. Nous communiquons une question ; on nous en redonne une ruchéc, mont, iv, 239.

4. HUCUKR (ru-ché; Vr ne se lie jamais), s. m. Endroit où son. les ruches. On doit exposer le rucher au midi et le garantir de la pluie et de la trop grande ardeur du soleil, genus, Uaison rust. t. I, p. 36(, dans POUGENS. H Lieu où il y a beaucoup de ruches.

— HIST. XVI' s. Si le païs est aucunement sujet aux vents, l'apier ou ruschier sera hautement fermé de muraille.... o. de serres, 432. Nous fournirons le ruscher de toutes sortes de plantes.... lo. 433.

— ETYM. Ruche.

t 2. RUCHEK (ru-ché), v. a. Se dit, chez les lingères et les couturières, de l'action de faire une ruche. Rucher du tulle, du ruban.

— ÉTY.M. Ruche.

t RUCUEUR (ru-cheur), s. m. Ouvrier qui met le foin en petites meules.

— ÉTYM. Ruche, par comparaison de forme.

t RUCHOTTER (ru-cho-té), V. o. Terme de culture flamande. Labourer de manière à déplacer en huit années toute la terre d'un champ.

— ÉTYM. KuchoUe, diminutif inusité de rue y^f, buellër).

RCDÂNIER, 1ÈRE (ru-dà-nié, niè-r'}, adj. Terme populaire, peu usité au masculin. Oui est rude à ceux à qui il pau-le. Adieu, beauté rudânière, mol. G. Dandin, ii, t.

— HIST. xvi* s. X rude asne, rude asnier, h. est. Précell. p. <7».

— ÊTYM. Rude, et 4nt«r.

RDDE (ru-d'), odj. ||1° Qui n'est pas dégrossi, qui est brut, inculte (sens propre et étymologique). Vous avez ouï parler de cet amas rude et indigeste [le chaos] qui précéda la disposition et la jioauté des choses que nous voyons, balz. le Barbon. S'ils (les versj n'étaient remplis d'une certaine beauté qui se fait sentir aux personnes même les plus rudes et les plus grossières, pelusson, Hist. Acad. iv, l'Estoile. D'esprit, j'en ai fort peu; mais on l'aurait bien rude Si l'on ne profitait d'une longue habitude, hauterocue, Bourg, de quai, ui, 8. Les chiens du Kamtschatka sont grossiers, rudes et demi-sauvages, comme leurs maîtres, buff. Quadrup. t. viii, p. 173. Il Des mœurs rudes, des moeurs d'une simplicité grossière. || 2' Par extension du sens de non dégrossi, ipre au toucher. Avoir la bai'be rude. Une brosse fort rude. Qu'était-ce donc que son vêtement? un rude cilice, bourdal. Exhort. sur sainte Viérése, t. i, p. 300. || Couvert de petites saillies ou aspérités nombreuses et sensibles au toucher. Avoir la peau rude. || Se dit des plantes qui présentent au tact une aspérité insensible à l'oeil. Il 8" Apre au goût. Vin rude. || 4" Apre et difficile, en parlant des chemins. Chemin rude. || Fig. Le rude sentier de la vertu. Le juste, sévère à luimême.... ne peut pas même obtenir ç[ue le monde le laisse en repos dans ce sentier solitaire et rude, où il grimpe plutôt qu'il ne marche, Boss. Reine d'Anglet. || B* Qui cause de la fatigue, de la peine. Un rude métier. Il a entrepris une rude tâche. Notre sort est beaucoup plus rude Chez les grands que chez les petits, mol. Amph. i, t. Brontin.... Sort à l'instant, chargé d'une triple bouteille.... L'odeur d'un jus si doux lui rend le faix moins rude, boil. iutr. n. Mais je ne trouve point de fatigue si rude Que l'ennuyeux loisir d'un mortel sans étude, m. Êp. xi. Ce travail [le Siècle de Louis XIV i est rude; il y a trois ans qu'il m'occupe et qu'il me tue, sans presque aucune diversion, VOLT. Lett. Caperonnier, i" juin )7«8. Qu'il y ail parmi nous un homme [Damiensj qui ait osé attenter à la vie de son souverain.... qu'on l'ailcondamné i être déchiré avec de* onulet de fer.... dé-

RUD

membre par des chevaux; qu'on lui ait lu cette sentence terrible, et qu'après l'avoir entendue, il uit dit froidement : la journée .sera rude, dider. Lelt. à Ulle Voland, is ocl. I7ao. Ma chaise [voiture] était rude, et j'étais trop incommodé pour pouvoir marcher à grandes journées, j. j. Rouss. Conf. XI. Presque en toutes choses les commencements sont rudes, m. ib. m. \\ Ce cheval est rude, il a le train rude, fatigant. || Ce barbier a la main rude, il ne rase pas légèrement, {j Ce cavalier a la main bien rude, il mène durement son cheval. || 6° Par extension, désagréable à voir, à entendre, à prononcer, etc. Avoir le visage, l'air, le regard, la voix

rude Sollicitude à mon oreille est rude, mol.

F. sav. II, 7. La colère et la tristesse les rendent [les traits du visage] plus rudes, et leur donnent un air ou plus farouche ou plus sombre, Boss. Connaiss. n, I2. Par ce sage écrivain [Malherbe] la langue réparée N'ofl'rit plus rien de rude à l'oreille épurée, boil. Art p. i. La raison quittant son ton rude Prendra le ton du sentiment, gresset, Charlr. Il Ce peintre a le pinceau rude, il peint d'une manière dure et sans grâce. || 7" 11 se dit de la rigueur des saisons. Un froid rude. Le rude hiver des années dernières acheva de la dépouiller de ce qui lui restait de superflu, boss. Ann. de Goni. La Haie est un séjour délicieux l'été, et la liberté y rend les hivers moins rudes, volt. lell. d'Argcnson, 8 août (743. Il Fig. Temps rudes, temps où le travail manque, et où la misère est grande. || 8° Où il y a effort violent, lutte violente. Après avoir achevé le rude siège de Besançon, boss. Louis de Bourbon. Vous avez soutenu de rudes guerres, je l'avoue, FÉN. Dial. des morts anc. Dial. 29. D s richesses capables de fournir à toutes les dépenses d'une rude et longue guerre, rolli.n Ilist. anc. Œuv. t. I, p. 343, dans pougens. La mêlée fut rude d'abord, chaque parti faisant des efforts extraordinaires de bravoure pour soutenir l'honneur de sa nation, m. ib. t. vi, p. 413. Le combat fut rude et très-opiniâtre, vertot, Rev. rom. xii, 2(5. \\9' Impétueux, intense. Une rude secousse. Essuyer une rude tempête. Vous soutenez en paix une si rude attaque, rac. Andr. iv, 2. Nous lui donnons quelquefois de rudes coups [au gouvernement anglais], mais nous ne le cassons pas, volt. Dial. xxiv, <5. Il Fig. Un coup rude, une chose qui cause beaucoup de peine. Ce coup sera sans doute assez rude pour elle, CORN. Ilor. iv, 3. 11 se forme parmi les grandeurs une nouvelle sensibilité pour les déplaisirs, dont le coup est d'autant plus rude, qu'on est moins préparé à lo soutenir, BOSS. Uar.-Thér. || Fig. C'est un rude coup pour lui, cet événement est très-fàchoux pour lui. || 10° Fig. Qui cause du mal, de la souffrance.- Deux choses dont la privation m'est bien rude, sÉv. 297. Il y a des endroits dans la vie qui sont bien amers et bien rudes à passer, id à Bussy, 1 4 mai 1675. Qu'on ne dise donc plus que l'obéissance est rude ; au contraire, ce qui est rude, c'est d'être livré à soi-même et à ses désirs, boss. Sermons, Oblig. de l'état relig. 2. Chrétiens, ne murmurez pas si Madam > a été choisie pour nous donner une telle instruction; il n'y a rien ici de rude pour elle, puisque Dieu la sauve par le même cijup qui vous instruit, id. Duch. d'Orl. X la journée de Senef, le jeune duc... vient dans les plus rudes épreuves apprendre la guerre aux côtés du prince son père, id. Louis de Bourbon. Quand on a assez d'élévation de génie et d'éloquence pour gouverner , il est bien rude de passer sa vie dans la dépendance d'un peuple capricieux, fén. Dial. des morts [Solon, Pisislrate). Je travaille depuis vingt ans à recouvrer cette estampe, et je désespère enfin d'y réussir ; cela est bien rude ! la bruy. xiii. Un écrit trop long est un impôt très-rude qu'on met sur la patience du lecteur, volt. Pol. et lég. Lelt. à M. T'". Le doute en mon malheur est iin tourment trop rude, m. Œdipe, v, 2. || Fig. Une rude épreuve, une situation dil^ficile et délicate, ou dangereuse pour le mafhtien de l'amitié. Vous mettez notre amitié à une épreuve trop rude, LESAGE, Diab. boit. 13. ||11" Familièrement. Il se dit de ce qui se fait vivement sentir. J'arrivai, sur le soir, au village <i'Al:iquinès, avec un très-rude appétit, LESAGE, Cil lll. II. 7. Il Une rude tentalion, une tentation à laquelle il est difficile de ne pas succomber. J'eus une rude tentation de le confondre en public. Il Cela me parait rude, se dit d'une chose difticile à croire. || Ce trait est un peu rude, ce propos, ce procédé est difficile à supporter, à dissimuler. Serait-il possible que les bontés de M. le duc de Choiseul pour ma colonie m'eussent fait tort, et que je fusse à la fois ruiné et opprimé

RUD

pour avoir fait du bien? cela serait rude, voit. Lett. d'Argental, il oct. < 77 1. || On commence aujourd'hui en ce sens à dire raide pour rude, tant par confusion que par besoin de varier les locutions. Il 12' Dur, fâcheux, en parlant des personnes. Un père rude à ou envers ses enfants. Au moins, Seigneur, pardonne à cette multitude, À ce peuple ignorant; ne lui sois point si rude, oarn. Jes Juitieî, IV. Je croyais avoir été trop rude de refuser ce portrait à Mme de Fontevrault, sÉv. 23 oct. 1676. La trouvant de jour en jour plus rude pour lui, par le chagrin qu'elle avait d'ailleurs, la faï. Princesse de Monlpensier, Œuv. t. n, p. 322, dans pougens. Non que tu sois pourtant de ces rudes esprits Qui regimbent toujours, quelque main qui les flatte, BOIL. Ép. IX, à Seignelay. Vous savez, monsieur, que nous avions tous conseillé à Clarico d'affecter de paraître sévère et rude aux domestiques, en présence de M. Grichard, afin de gagner ses bonnes grâces, buueys. Grondeur, i, <2. C'est un rude homme que M. André, quand il a affaire à cette espèce méchante et sotte, volt. l'Homme aux »o écus , Scélérat chassé. Las! j'épousai bien jeune encor La liberté, dame un peu rude, bé- RANG. Refus. Il II est rude aux pauvres gens, à pauvres gens, se dit quand un homme prend avantage de sa supériorité pour maltraiter un inférieur. Ah ! que tu es rude à pauvres gens I fi I que cela est malhonnête de refuser les personnes I mol. G. Dand. 11, I.||I1 se dit des choses en un sens analogue. Il reçut un traitement bien :ude. Une rude réprimande. Pour ne vous faire pas de réponse trop rude, corn. Nicom. iv, 5. Elle (la reine] lui fit à lui-même, dès l'après-dînée, des reproches aussi rudes et aussi violents, que s'il lui avait fait toutes les perfidies imaginables, retz, Mém. t. n, liv. m, p. 479, dans pougens. Je ne sais comme vous avez pu imaginer qu'il fût honnête de refuser une telle chose [un cadeau du cardinal de Retz] ; ou je radote et ne sais plus vivre, ou c'eût été la plus rude et la moins respectueuse action que vous eussiez jamais pu faire, sÉv. à Mme de Grignan,

22 août 1076 Ah! qu'il m'explique un silence si

rude, RAC. Bér. 11, 6. || 13" Rigide, austère. La règle de cet ordre est bien rude. || 14° Redoutable. Un rude adversaire. Le pays délivré d'un si rude ennemi, corn. Cid, iv, 3. Il avait souvent dit à Mm i de Senantes, en parlant de MatU, que c'était la plus rude épée de France, hamilt. Gramm. 4. Il C'est un rude joueur, une rude joueuse, se dit d'une personne qui ne sait pas .jouer ou folâtrer sans faire du mal. || Fig. et familièrement. C'est un rude joueur, c'est un homme à qui il ne fait pas bon se jouer. || C'est un rude jouteur, c'est un homme avec qui il n« fait pas bon se mesurer, au propre et au fguré. Ce n'est qu'un.... essai [la traduction d'un livre de Tacite].... un si rude jouteur m'a bientôt lassé, j. i. rouss. Trad. du i" livre des Histoires, Avert. || Populairement. Un rude lapin, un homme courageux, hardi. |1 16° S. f. Espèce de couleuvre.

— HIST. xin° s. Li rudes hom fet la rude œuvre ; Se rudes est, rudes est bues [le bœuf] ; Rudes est, s'a nom Rudebues; Rustebucs œvre durement, ruteb. 329. Il XIV' s. Rudes, malgracieux jamais plus ne sera; Il bat, il fiert, il rue les enfants de deçà, Guescl. 118. Semblant doulx et courtois vers tous, Et,encucr,faulx, rude et estons [arrogant], bruyant, dans Ménagier, t. 11, p. 26. Il avoit enseigné les letres aus gens de la terre qui erent [étaient] rudes et simples, bercheure, f° 9, verso. Oroison rude et

mal composée, id. f" 89. || xv° s Et ne soyons

pas si rudes et si rebelles, que nous fassions perdre davantage, puisque bellement.... nous pouvons venir à paix, froiss. n, m, 42. Posons encore que l'homme soit de rude entendement, si est-ce, comme dict le proverbe, que l'usage rend maistre, Bouciq. IV, 10. Comment sont li noble si rude Qu'ilz ont la science en despit? Dont ilz sont devenu petit, E. DEscii. Miroir de mariage, p. <10. Un soir, qu'il faisoit fort rude temps.... louis xi, Nouv, XIV. Laquelle femme ne fu aucunement visitée.... mais par gens rudes, ignorans, et non pas e\pers dumestier de cirurgerie, ducange, niditos. Il xvi* s. Estant ainsi devenu de prince populaire tyran violent, il en fut estimé non seulement rudo et rigoureux, mais, qui pis est, déloyal et ingrat, AMYor, Pynrh. 51. C'est une croppe de montagne rude et aspre de tous costez, id. Sylla, 38. C'a esté un zèle desordonné de quelques rudes et idiots, CALVIN, Avertissement sur les reliques. 11 en fera une rude vengeance, m. Instit. 66. Un rude tireur le floret au poing, mont, i, 4 64 Des nations assise»

RUD

RUD

RUD

soubs bien plus rude ciel que le nostre, id. i, 269. i rude chien dur lien, cotgrave.

— ETYM. Provenç. rude; espagn. rudo ; it. rud» ; du latin rudis.

RIIUKMKNT (ru-de-man), adj.\\i' D'une manière rude, violente. Certainement, rien ne nous heurte plus rudement que cette doctrine [le péché originel], et cependant, sans ce mystère, le plus incompréhensible de tous, nous sommes incompréhensibles à nous-méuics, pasc. Pens. viii, éd. IIAVKT. Elle [la cavalerie des Thébains] chargea judement les Athéniens, hollin, Ilist. anc. Œuv. t. V, p. 442, dans pouoens. Hier matin, comme j'étais au lit, j'entendis frapper rudement à ma porte, MONTESQ. i.ett. pers. 45. || Fig. Aller rudement en besogne, travailler vigoureusement. {| Kamilièrement. 11 y va rudement, se dit d'un homme qui l'ait quelque chose avec un excès d'ardeur, avec violence. Il 4" Avec dureté, sans ménagement. Je lui demandai s'ils ne décideraient pas formellement que la grâce est donnée à tous; mais il me rebuta rudement, et me dit que ce n'était pas là le point, pasc. Pruv. i. Je parlai bien rudement à Mme d'Aubigné sur ses mauvaises habitudes, maintenon, Lett. à il. d'Aubigné, t. I, p. <il3, dans POLCENS. Leclerc ayaiit soutenu l'opinion de Huct et n'étant point évêque, [l'abbé] Boileau tomba plus rudement encore sur Leclerc, qui lui répondit de même, volt. Pot. et lég. Fragm. hist. sur l'Inde, 23. Je m'exposais à me faire demander rudement, mais sans injustice, de quoi je me mêlais, j. i. rouss. Confess. ix. || 3° Sans ménagement. 11 [le chevalier de Grignan] a été rudement saigné; il résista à la dernière fois, qui fut la onzième, mais les médecins l'emportèrent, sÉv. ^o févr. 1672. Il i" Populairement. Il mange, il boit rudement, beaucoup.

— HIST. xni* s. Se Rustebues rudement rime Et se rudece en sa rime a. Prenez garde qui la rima, BUTED. n, 225. Il XIV* S. Et ne scel l'en ceste chose geter si rudement ne si souef, qu'elle ne chiece [tombe] tousjours en une meisme manière, oresme, Elh. 24. Il XV' s. Les Allemands.... sont rudes et vivent rudement, comm. vi, 3. ||xvi' s. Ili le chargèrent si rudement, qu'ilz le tournèrent en fuitte, AMYOT, Philop. 31. Moyse donc parlant rudement comme le simple populaire, calv. InstU. <03. Ainsi comme un vieux chesne agité rudement Par deux vents ennemis, despobtes, Angéliqtte, i.

— ÊYTM. Rude, et le suffixe ment; prov. rudament.

RUDENTÉ, ÉE (ru-dan-té, tée), adj. Terme d'architecture. Il se dit des pilastres et des colonnes dont les cannelures sont remplies, jusqu'au tiers de leur hauteur, d'une espèce de bâton uni ou sculpté. Il Se dit aussi des cannelures elles-mêmes.

— UIST. XVI* s. Rudenté, cotgrave.

— ETYM. Lat. rudens, cordage.

\ RUDENTER (ru-dan-té), V. a. Tailler des ornements dans les cannelures des colonnes.

— ÉTYM. Voy. rudenté

RDDENTCRE (ru-dan-tu-r'), s. f. Terme d'architecture. Espèce de bâton ou de câble uni ou sculpté, dont les cannelures des colonnes sont remplies par le bas. Il II y a aussi des rudentures de relief, c'est-à-dire sans cannelures.

— HIST. XVI* s. Rudenture, cotgrave.

— ÊTYM. Voy. rudenté.

RDDERAL, ALE (ru-dé-ral, ra-l'), adj. Terme de botanique. Se dit des plantes qui croissent dans les décombres.

— ÉTYM. Lat. rudus, rudens, décombres.

t RUOÊRATION (ru-dé-ra-sion), s. f. Terme de construction. Pavage en cailloux ou petites pierres. Il Enduit grossier sur le parement d'un mur. || Action d'appliquer cet enduit.

— HIST. xvi* s. Ruderation, oudin, Dict.

— RTY.VI. Lat. ruderationem, de rudus, ruderis, gravois.

RUDESSE (ru-dè-s'J, s. f. || 1* Qualité de ce qui est brut, de ce qui n'est pas dégrossi, poli. Et que serait-ce, bon Dieu I si j'allais rechercher toutes les impertinences de cet ouvrage, les mauvaises façons de parler, les rudesses, les incongruités, les choses froides et platement dites qui s'y rencontrent partout! boil. Disserl. sur Joconde. Mais du discours enfin l'harmonieuse adresse De ces sauvages mœurs adoucit la rudesse, id. Art p. rv. J'aimerais mieux maintenir par les lois la rudesse du peuple vainqueur, qu'entretenir par elles la mollesse du peuple vaincu, icontesq. Esp. x, 12. Leurs poètes [des peuples libres] auraient plus souvent cette rudesse originale de l'invention qu'une certaine délicatesse que donne le goiit, D. ib. zjx, 37. Laoépède, dont la douceur bé-

nigne et la poiitesse.... n'avalent eu d'autre tort que de se tourner en adulation un peu fade devant la rudesse du premier empire, villemain. Souvenirs contemporains, les Cent-Jours, xiii. Il i' Qualité de ce <iui est rude, âpre au toucher. La rudesse de la peau. La rudesse d'une toile neuve. Il 3" Par cxtensioii. Il se dit de ce qui est désagréable à voir, à entendre, i lire, etc. U rudesse de la voix, des traits, du style. La rudesse de son pinceau. || 4" Rigueur, en parlant des saisons. La rudesse de la saison.... me fait trop de peur pour me laisser sortir de lachambie, balz. liv. iv, lett. 17. || II seditaussi de ce qui afflige. Et des afflictions regarde les rudesses Comme des traitements dus à ta lâcheté, CORN. /mil. I, 21. Il 6* Fig. Ce qui, dans le caractère, dans l'humeur, dans les manières d'agir, est comparé à l'action des corps rudes. 11 ne faut pas.... vous figurer que ce présent [du cardinal de Retz à Mme de Grignan] soit autre chose.... qu'une pure bagatelle, dont le refus serait une très-grande rudesse, sÉv. 24 juillet 1675. I.a sincérité passe pour incivilité et pour rudesse, yLÉcii. Duc de Mont. Qu'il était éloigné de ceux qui, joignant à la sévérité de leur profession la rudesse do leur humeur.... id. le Tellier. De Joad l'inflexible rudesse De leur superbe oreille [des princes] offensait la mollesse, bac. Alh. m, 3. Nourri dans les forêts, il

en a la rudesse, ID. l'héd. m, i Que puissent

nos chants Du cœur d'Assuéi-us adoucir la rudesse I ID. Esth. m, 3. Il [Viviani] n'avait point cette rudesse et une certaine fierté sauvage que donne assez souvent le commerce des livres sans celui des hommes, fonten. lïtiiont. || Poétiquement. Insensibilité. J'ai poussé la vertu jusques à la rudesse, RAC. PMd. IV, 2. Il 6° Action, parole dure, choquante. Reprends, reprends, Jason, tes premières rudesses; Leur coup m'est bien plus doux que tes fausses tendresses, corn, la Tois. d'or, m, 3. La privation des rudesses me tiendrait lieu d'amitié en un besoin, sÉv. 6 nov. 1 680. Je lui dis [à Mlle du Plcssis] des rudesses abominables, m. 29 sept. 1075. Je ne puis lui pardonner [à la fortune] les rudesses qu'elle a pour nous tous, id. 8 avr. 1676. Ne vous ai-je point parlé d'une rudesse qu'avait faite l'ami de Quanto [le roi] au fils de M. de la Rochefoucauld [Marsiliac] ? m. 23 oct. 1075. Le ris sur son visage est en mauvaise humeur.... Ses mots les plus flatteurs paraissent des rudesses, BOiL. 5at. XI.

— HIST. xm* s. Puisque chascuns maintenant par rudece Veut estre amés ains que raisons l'adresse.... mâtzneb, p. 60. Il XIV" s. La rudece de l'ancien langage seurmonter, bercheure, f* 7. La rudesce de leur entendement, oresme, Thèse de meunier. Il XV* s. Et fist plusieurs rudesses audit hostel à dame Ambroise de Loré, J. de troyes, Chron. 1460. Il XVI* s. Phllopœmen falsoit comme le bon pilote, qui résiste le plus qu'il peultà la rudesce du temps et à la force des undes, amyot, Philop. 30. Et ne doit-on repputer, après l'injure et la rudesse du temps, le deslogement de l'empereur [Charles- Quint] qu'à vous et à vos armes, carl. v, 24. Et si l'erreur de ma jeunesse Mérite la grande rudesse Des traits contre moy décochez, desportes, Œuvres chrestiennes, Plainte de l'autheur. N'ayant jamais receu de moy que rudesse, ny senty qu'une façon tyrannique [Montluc parlant de son fils mort], MONT. II, 82. Antiochus, estonné de la rudesse d'un si pressamt commandement [Popilius et son cercle],

ID. m, 103.

— ETYM. Rude; prov. et esp. rudeia; catal. rudesa. On a dit aussi rudert«.

RUDIMENT (ru-di-man) , t. m. || 1* Premières notions , premiers principes d'une science, d'un art. Les premiers rudiments sont, en tout genre, plus lents chez les hommis que les grands progrès, volt. Mœurs, introd. || 2* La partie la plus élémentaire de la grammaire. Savoir les déclinaisons et les conjugaisons dans les langues anciennes, avec les premières règles de la syntaxe; chez nous, les premières règles de la syntaxe, les conjugaisons et la définition des espèces des mots, c'est savoir le rudiment. {| Particulièrement. Petit livre qui contient les éléments de la langue latine. Le rudiment de Lhomond. Trouvez-moi un faiseur de fagots qui.... comme moi.... ait su dans son jeune âge son rudiment par cœur, mol. Méd. malgré lui, I, 1. Il Fig. et familièrement. En être encore au rudiment, être encore novice dans un art, dans une profession. || Il faut le renvoyer au rudiment, il faut le renvoyer aux premières notions de cet art, de celte profession. || S'Termed'histoire naturelle. Pre- I miers linéaments de la structure des organes. Les

premiers rudiments des os dans le corps humain sont do vrais cartilages, fourchot, Conn. chim. t. IX, p. 271. Il Organes réduits, dans de certaines espèces, à de très-petites dimensions. Dans l'espèce humaine, le mâle n'a qu'un rudiment de mamelle. L'espèce de trompe qu'il [le tapir] porte au bout du nez n'est qu'un vestige ou rudiment de celle de l'éléphant, bufp. Quadrup. t. z, p. s.

— HIST. XVI* s. De laquelle [l'Eglise rom&ine] la chrestlenneté tient ses rudiments et institutions en la foy, du cange, rudire.

— ÊTYM. Lat. rudimenlum, apprentissage, par sens figuré de rudi», non dégrossi (voy. rude).

tRUOLMENTAlUE (ru-dl-man-tê-r'), adj. || l'Qui appartient au rudiment, aux premières règles du langage. || 2* Terme d'histoire naturelle. Se dit de toute partie qui n'existe qu'ébauchée d'une manière plus ou moins Imparfaite.

— ÊTYM. Hudiment.

t Rl'DISTES (ru-dl-sf), ». m. pi. Ordre de la classe des accphalophores renfermant ceux dont la coquille est épaisse, grossière et extrêmement irrégulière.

— ETYM. Rud».

fRUDOLPHINES (ru-dol-fl-n*), adj. Voy. RODOL- PUINES.

RUDOYÉ, ÉE (ru-do-ié, iée), part, passé de rudoyer. Un enfant rudoyé par son maître.

t RUDOYEMENT (ru-doî-man), f. m. Action de rudoyer.

— HIST. XTi* s. Le» rudoyements desdaigneux,

mont. IV, 238.

RUDOYER (ru-do-ié; plusieurs prononcent rudoi-ié), V. a. Il sa coiijugue comme employer. Traiter rudement, ordinairement en paroles. Et quoiqu'il ait deux fol» payé. N'a laissé d'être rudoyé, SCAHR. Ftrgi. ti. Je n'aime pas qu'on me rudoie, moi, dancoubt, Moul. Javelle, se. 32. Comme vous rudoyez le pauvre monde ! beaumarch. Barb. de Sév. m, 5. || Rudoyer un cheval, le frapper du fouet, le piquer de l'éperon, etc.

— HIST. XVI* s. Mechmet ayant oultrageusement rudoyé Chasan chef de ses janissaires, mont, u, 6.

— ET'i'M. Rude ; Berry, rudeyer, rudéger.

1. RUE (rue), s. f. || 1" Chemin bordé de maisons ou de murailles dans une ville, dans un bourg, etc. Rue Saint-Honoré. Rue Notre-Dame-des-Victoires Envoyer des soldats à chaque coin des rues, corn Héracl. m, 4. Pour traverser la rue au milieu de l'orage. Un ais sur deux pavés forme un étroit passage, boil. Sot. vi. Pour dormir dans la rue on n'ofl'ense personne, rac. Plaid, i, 1. Il est bon de commencer de la rue à se faire écouter par le bruil du carrosse et du marteau qui frappe rudement la porte ; cet avant-propos prévient pour le reste du discours, montesq. Lett. pers. 82. La ville [Rome] n'avait pas même de rues, si l'on n'appelle de ce nom la continuation des chemins qui y aboutissaient, id. Rom. i. Si le mur du jardin qui donne sur la rue.... M. j. ciién. Fénel. ii, 4. Venise n'a point de rues ; toutes les maisons sont entourées d'eau, forfait, Instit. Uim. scienc. t. v, p. 2(8. La colonne s'arrête; ses derniers chevaux couvrent encore la campagne ; son centre est engagé dans une des plus longues rues de la ville [Moscou]; sa tête touche au Kremlin, ségl-b, Uist. de Nap. vni, 4. Ceux qui avaient parcouru la ville [Moscou], assourdis par la tempête, aveuglés par les cendres, ne pouvaient plusse reconnaître, puisque les rues disparaissaient dans la fumée et sous les décombres, id. «6. 7. || Avoir pignon sur rue, voy. PIGNON. Il Ce cheval a pris un clou de rue, voy. CLOU, n" 2. Il Être fou à courir les rues, être extrêmement fou. Il [Cl. Tardy] est à la veille de courir le» rues, de folie et de présomption, ou d'être ealermé dans les Petites-Maisons, ouï patin, Lett. t. ii, p. 175. Il Cette histoire, cette nouvelle court les rues, elle est connue de tout le monde. Je serais inexcusable si j'entreprenais de décrire l'action du monde la plus héroïque sur des mémoires qui courent les rues, RETZ, Vf, 171. || L'esprit court les rues, il est commun ; tout le monde en a. || Être vieux comme les rues, être fort vieux. || Cela est vieux comme les rues, se dit d'une chose qui n'est plus à la mode. Il Le bout de la rue fait le coin, se dit pour se moquer du galimatias de quelqu'un || Fig. Les rues en sont pavées, se dit de choses extrêmement communes. || Être bon à jeter dans la rue, n'être plus bon à rien. Je ne suis pas à jeter dans la rue, LA font. Gag. \\ 2* La grande rue, ou la grand' rue, rue principale d'une ville de province. || 3* Les habitants d'une rue. [X Rennes| On a cha.ssé et banni toute une grande rue et défendu de les r«r

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