RUF
cueillir, surptinede la vie, fkv. 229. || 4* Espace qui reste vide dans une carrière, après qu'on a exploité les différents bancs de pierre dont elle se compose; se dit aussi des chemins, issues, etc. qu'on pratique pour l'eiploitalion.
— HIST. II" 8. Toute» les rues ù li bourgeis estunt, Ch. de Roi. cxc. || xn* s. Oui donc veïst le duc sur un cheval gascon Poindre parmi les rues, à sa main un baston.... Sax. tiii. Es rues de Scissuns se sunt entreveû, Th. le mart. ui. || ziii* s. En ceste cité a clx grans rues, et en chascune rue x mille maisons, marc pol, p. 607. |{ iiv" s. Et de pluleurs maisons est faite une rue, et de pluseurs rues une cité.... oreshb, Eth. 263. Ens i a Bauduins le [la] grant cité cherquie (parcourue]. De rue en rue va, Baud. de Seb. xi, 46. Le suppliant se latila grant pieça par Paris en rues foraines [détournées) , DU CANQE, foraneus. \\ xv* s. Et nous fudit par les gens là presens que ledit Mons. d'Orlcans et ses gens avoient esté ainsi tuez et murdriz emmy la dicte rue [Vieillc-Rue-du-Temple] en alant leur chemin, et que ceuli qui ce avoient fait s'en estoient fouiz et laissié les corps tous mors dedens la boe emmy la rue, Bibl. des eh. 6« série, t. i, p. 2)7. L'escuyer, qui l'attendoit au tourner d'une rue [chemin] sur les champs, fhoiss. liv. l, p. 40), dans LACURNE. Ilxvi* s. Ne tirans une seule volée qu'elle ne fist des rues dans les escadrons et bataillons du camp ennemy, sully, Uém. t. i, p. 326. N'est permis de faire fumier aux rues publiques
ÎSSquelles le trompette crie chemin faisant les criées.... JVou». coust. gén. t. iv, p. 7)0. Et bien, puisqu'estes d'advis que je me mette en rue [j'entre dans la dispute].... Contes de Choliéres, î' «02,
dans LACURNE.
— ÊTYM. Provenç. espagn. et portug. rua; anc. ital. ruga; du bas-lat. ruga (rua, dans un texte du IX* s.), place, rue, que des étymologistes dans du Cango, approuvés par Diez, regardent comme tiré du lat. ruga, ride, au sens de siUon, de là rîuig, rue. Du Cange a aussi ruta, ru((a, mais le y a l'antériorité ; cependant ruia fait songer au celtique rod, rut (voy. route à l'étymologie).
2. RtlE (rue), s. f. \\ !• Genre de la famille des rutaoêes. Il Plante médicinale d'un goiit acre et amer. Il 8° Rut )j; murailles, espèce de petite fougère, genre asplénie. || Rue de chèvre, voy. oàl^oa. || Rue de chien, espèce de scrofulaire. || Rue des prés, Ihali'clrum flavum, L.
— HIST. xm* s. Prenei vin e rue e peivre. Ifs. St Jean.
— ÊTYM. Wallon, roto ; génev. roJe ; provenç. ruda, ruf/ta ; espagn. ruda; ital. ruta; du lat. ruta, qui est le grec fui^, mot du Péloponnèse, qui se rattache à piu>, la rue faisant couler les règles.
RUÉ, ÉE (ru-é, ée), part, passé de ruer. Une pierre ruée contre un chien. || Fig. Ses plus grands coups sont rués, se dit d'un vieillard dont les forces sont à bout, et aussi il se modère, il montre moins d'ardeur. Il Les plus grands coups sont rués, les plus grands efforts sont faits dans l'affaire dont il s'agit (ces phrases ont vieilli).
+ RUÉE (ru-ée), t. f. Terme rural. Amas de paille ou de chaume qu'on fait pourrir, pour le mêler ensuite avec le fumier.
— ÊTYM. fluer, à cause qu'on rue, jette en tas; plutôt, à cause de la forme, que rouir, pourrir.
RCKLLE (ru-è-r), t. f. \\ !• Petite rue Je t'attendais du côté de la ruelle; outre que c'est le plus court et le plus commode.... dancourt, Fête du village, ni, 5. || Coureur de ruelles, celui qui fréquente les lieux de débauche (à cause que les mauvais lieux sont souvent dans les ruelles). Puis les Gascons et les trois péronnelles Y concertaient sur des tons de ruelles, gress. Ver-vert, m. || 2" Fig. Ruelle du lit, ou, simplement, la ruelle, espace laissé entre le lit et la muraille. La coutume d'Espagne est de recevoir les envoyés à la ruelle du lit; et don Francisque avait témoigné désirer qu'on le traitât ainsi ; ce que l'on a déjà fait en France pour d'autre», pelusson, Lett. hist. t. I, p. 36. La fantaisie présente de son mari [le prince de Guéméné] est de sonner du cor à la ruelle de son lit, »Év. 3» déc. )879. Il 8» Se disait particulièrement des chambres à coucher sous Louis XIV, des alcôve» de ceruine» dame» de qualité, servant de »alon de conversation et où régnait souvent le ton précieux. Vous verrez courir, de ma façon dan» les belle» ruelle» de Paris, deux cnU chan- »on», autant de *onn«t», mol. Préc. to. Moi, j'irais me charger d'une (pirituelle Oui ne parlerait rien que cercle et que ruelle I m. Éc. des f. i, ). Le ityle du P. Haimbourg me déplail fort, il a ramassé
le délicat de» mauvaises ruelles. sÉv. )4 sept. t676. Tes bons mots autrefois délices des ruelles, boil. 5a(. XII. Qui saura comme lui chantera table tout un dialogue de l'opéra, et les fureurs de Roland dans une ruelle? la brut. vn. Elle m'enviait bien quand on m'emmenait dans une ruelle pour me faire quelque confidence, genlis. Urne de Maintenon, 1. 1, p. )67, danspouGENS. Il Aujourd'hui, il ne se dit plus que figurément et pour caractériser ce qui est précieux et efféminé. Il leur enseigne de traiter galamment Les grands sujets en style de ruelle, j. B. Rouss. Épigr. 11, )6. Sans le secours d'un amour impertinent et d'une galanterie de ruelle, aussi déplacés dans l'Electre qu'ils le seraient dans Cornélie, volt. Lett. Hlle Clairon, 7 août )76) . Un homme qui n'apprit à parler que dans les ruelles, j. i. houss. Ém. 1. 1| Fig. et familièrement, par dénigrement. Passer sa vie dans les ruelles, aller de ruelle en ruelle, ne s'occuper que de la société des femmes. Plus content de sa journée que tous vos chasseurs de ruelle, ID. Ém. iv. |{ Briller dans les ruelles, briller dans la convcrsalion des dames. Il 4" Terme de marine. Bordage à double cambrure, qui relie l'élambot au flanc d'un bâtiment.
— HIST. XIII* s. Abstinence, la suer Reson, Est presque seule en sa meson. Qui tant est delilable et bêle ; Si n'est pas en orde ruele, Ainz la porrez veoir à plain, buteb. ii, 62 H.xv* s. André passa la ruelle ou venelle de la maison, du cange, venella. \\ xvi* s. Quand Antigonus fut alendroit d'une ruelle, par où il faut destourner pour monter contremont au chasteau, amyot, Àrat. 20. Il avoil en la ruelle de sonliclundard, duquel.... d'aob. Fan. ni, 24. Entre le four d'un boulenger et le mur moitoyen doit avoir deux pieds de ruelle d'espace, ou contremur qui le vaille, pour eschever la chaleur et le péril du feu d'iceluy four, Coust. gén. t. i, p. 370. [Chez les anciens] les femmes couchcient au lict du costé de la ruelle, mont, i, 374.
— ÊTYM. Dimin. de rue; bourguig. roulotte; Berry, rueHe ; picard, rueieMe.
f RCELLÊE (ru-è-lee), s. f. Tranchis que le couvreur cache sous un filet de plâtre, à l'endroit d'un toit qui aboutit à un mur plus élevé.
RUELLE!» (ru-è-lé), v. a. Terme d'agriculture. Rucller la vigne, y faire des ruelles, de petits chemins, en relevant d'un et d'autre côté la terre contre les ceps.
— ÊTYM. Ruelle.
t RUËLLIE (ru-èl-lie), s. f. Genre de plantes des climats chauds, appartenant à la famille des acanthacées, et dont le nom vient de Ruelle, médecin et botaniste français.
RUER (ru-é), je ruais, nous ruions, vous ruiez ; que je rue, que nous ruions, que vous ruiez, v. a. Il 1° Jeter avec impétuosité (sens qui a vieilli). Elle sauva le ciel et rua le tonnerre Dont Briare mourut, MALH. n, 4 2. Ahl je devais du moins lui jeter son chapeau. Lui ruer quelque pierre, ou crolter son manteau, mol. Sgan. te. || 2° Ruer de grands coups, frapper de grands coups (locution qui a vieilli). Il S" V. n. Lancer une pierre. 11 gage qu'il ruera plus loin que vous (emploi vieilli). || Ruer à tort et à travers, frapper de tous côtés dans une foule. Il 4* Se dit d'un cheval, d'un mulet, etc. qui lance avec force les pieds de derrière en l'air. Il suffit de relever fortement la tête de l'animal pour l'empêcher de ruer. L'archevêque a de grandes pensées ; mais plus il est vif, plus il faut s'approcher de lui comme des chevaux oui ruent, sÉv. )9 janv. )889. M. Durnol s'emporta, il donna un grand coup de pied à l'enfant, qui lui dit en pleurant : ah 1 je conviens que l'àne de Balaam parlait, mais il ne ruait pas, volt. Uél. litt. Lettre de Cubstorf. Il Par extension. Les Hollandais racontent que le casoar se sert de ses pieds pour sa défense, ruant et frappant par derrière comme un cheval selon les uns, et selon les autres.... buff. Ois. t. 11, p. 3)6. Il Ruer à la botte, se dit de la défense du cheval qui cherche, avec l'un de ses pieds postérieurs, à frapper la jambe du cavalier au moment où il la ferme, ou lorsqu'il monte à cheval. || Ruer en vache, se dit d'un cheval qui porte le pied de derrière jusqu'à la jambe de devant, et en frappe, comme font les vaches, la personne occupée à cette jambe de devant. || Fig. Voilà une chose qui ne mord ni ne rue, se dit d'une chose qui ne peut faire ni bien ni mal. || B* Se ruer, v. réfl. Se jeter impétueusement sur quelqu'un ou sur quelque chose. Cependant on fricasse, on se rue en cuisine, LA FONT. Fahl. IV, 4. Le loup, prêt à se ruer sur la bergerie, voit les bergers armés et les chiens en
garde ; tout affamé qu'il est, il se retire pour cette fois, Boss. )" sermon, Pentecôte, 2. Et, chacun vainement se ruant entre deux, boil. Sat. m. Roguet avec sa colonne se rua brusquement sur le centre et au milieu de leur camp, où il entra pêlemêle avec eux, ségur, Hist. de Nap. i, 6. Gomorrhe, Sodome.... L'ardente nuée Sur vous s'est ruée, ô peuples pervers, v. hugo. Orientales, i. ||6*Fig. Être porté, frappé, en parlant de coups. Tous le» matins, il (Monseigneur] allait prendre du chocolat chez Mlle de Lislebonne ; là se ruaient les bons coups, sT-siM. 96, )5. Apparemment que les grands coups s'y ruaient [chez Mme de Maintenon] pour le successeur [de Cliamillarti, m. 236, 136.
— REM. M. Auguste Barbier a fait ruer monosyllabe : Que faisaient-ils, tandis qu'à travers la mitraille Et sous le sabre détesté La grande populace et la sainte canaille Se ruaient à l'immortalité? ïambes, la Curée.
— HIST. xir s. Pois [puis] ruèrent Absalon en une grant fosse de celé lande, et jetèrent pierres sur lui,IJoiS, p. )87. Il xiii" s. Et li prevoz de Paris fait jurer iceus quatre homes seur sains, que.... se il i trevent poisson porri ou mauves, que il le feront ruer en Saine, Liv. des met. 287. Tant en i vient parmi la rue. Qui n'i puet avenirs'! rue, ilen. ))022. Et li vilains qui vint après. Leva la hache quant vint près ; Son coup rua de grant air [colère] , i'j. 2073. Il XIV* s. Et si ne dois nul temps ruer De ta bouche maie parole, j. bruyant, dans Ménagier, t. Il, p. )0. Il XV* s. Si y avoit souvent des rencontres, des escarmouches et des rués par terre des uns et des autres.... froiss. i, i, ))4. Encores, quant à mariage, Tendroie cellui à plus saige Qui la laide femme prendroit. Que cil qui la belle tendroit; Car à la belle chascuns rue, e. desch. Poés. mss. V 50) . Mais grans chevaulx s'arreste et va le pas, Quant il est fait, sanz ruer en tout cas, id. Bail, des chevaux. Qui ne luy pouvoit donner luy ruoit [parlant de quelqu'un à qui tout le monde fait amitié], Aresta amorum, p. 335, dans lacurne. || xvi* s. 11 ferroyt les cigallcs, se ruoyt très bien en cuysine, rab. Garg. i, ) ). Je mors, je rue, je frappe, id. ib. I, 33. Hz se rucrent sur eulx, et taschcrent à leur ostcr leur argent, amyot, Rom. 36. Les lions, san» aucunes armes, ne faignent point de s'aller ruer au milieu d'un troupeau de bestcs timides, id. Caton, 27. Les chevaux irritez et courroucez ruoient des pieds de derrière, m. Eum 22. Pour nous garantir du coup qu'on nous rue, mont, i, 4 8. Quand je seray venu à ccsle proposition ei qu'il faudra ruer les grands coups de part et d'autre, 11. est Précell. édit. felgère,p. 38. Encores n'a pas failli qui a à rue», cotgrave.
— ÉTYM. lîerry, roucher ; du lat. ruere, pousser, lancer, pour srora, du rad. saiiscr. sru, couler : c'est faire couler, faire aller, Curlius, n* 5)7.
RUECR, EUSE (ru-eur, eù-z'), od;. Terme de manège. Qui a l'habitude de ruer. Cheval rueur.
— ÊTYM. Ruer.
RUFJEN (ru-fiin), s. m. Homme débauché, qui vit avec des femmes de mauvaise vie, ou qui en procure aux libertins. Ce vieux rufien qui ne fit pas moins de cocus que d'orphelms, balz. le Barbon.
— HIST. XIV* s. Icellui suppliant rcspondi qu'il valoit bien un ruffien, que oncques il n'avoit esté ruffien, et que les hommes mariés qui menoient ■estranges femin s par le pais estoient ruffiens, du cange, ruffiani. ||xv* s. Lequel sergent accompaignant de vint ruffians [recors] ou environ.... ib. Li josne enfant deviennent rufien. Joueurs de dez, gourmans et plein d'yvresse, E. desch. Poés. mss. !' 307. Il xvi* s. Que, sauf les ruffiens, à homme ne loise [soit permis] porter en son doigt anneau d'or ny robbe délicate [ordonnance de Zaleucus], mont I, 337. Mechmet, celuy qui subjugua Constantinople.... pareillement indefatigable ruffien et soldat, ID. m, ) 68.
— ËTYM. Provenç. ru/îon, ro/ian; catal. rufiâ ; espagn. rufian ; portug. ru/îno et refiào ; ilal. ruffiano. Des étymologistes portugais l'ont tiré de l'hébreu repht'on, mollesse, dissolution; raaiscomment ce mot hébraïque aurait-il pénétré dans les langues romanes? Du Cange le dérive du latin rufus, blond, à cause des blonds cheveux des courtisanes; mais ni le sens ni la forme ne se prêtent à la dérivation. Diez y voit un terme d'injure tiré vaguement du radical germanique ruf, qui se trouve dans ru/' signifiant teigne, rogne, ancien français ro/'iSp. dans raufen, batailler, quereller et dans Ruifer. maquereau, ruffeln, faire le maquereau. Cette étymologie parait très-bonne. Au xvi* siècle, il y avait une sorte de fortification qu'on nommait