‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 81 sur 754 · LOIX, VI · texte numérisé non relu

LOIX, VI

t RUFINE (ru-fi-n"), 1. (. Terme de chimie. Produit de l'action de l'acide sulfurique sur la salicine à la température ordinaire.

— ÊTYM. Lai. ru(us, roux.

t RUKINO-SULFURIOUK ( ru-fi-no-sul-fu-ri-k' ) , adj. Terme de chimie. Acide rufino-sulfurique, un des produits indirects delà décomposition °de l'indigo par l'acide sulfurique.

t RUGINATION (ru-ji-ua-sion), t. f. Action de ruginer.

Rl'GlNE (ru-ji-n'), ». f. Terme de chirurgie. Instrument dont on se sert, dans les opérations chirurgicales, pour racler ou ratisser les os.

— HIS T. xvi* s. Rugines ou raspatoires, paré, vin, ♦.

— ÊTYM. On ne trouve pas d'où provient ce mot, à moins que ce ne soit une altération du lalin runcina, rabot. Au lieu de rugine, au xiv* siècle on disait roisne : Faire de tous ces perluis [pratiqués au crâne) un o [avec] la lenlicle ou o la roisne, H. DE mondkville: et roi'gne : [après la trépanation] ilz roignent le costé aspre o une roigne, lan- KRANC, ^ 24, rerso. Roisne ou roigne est rouanne (voy. ce mot).

KUGI.NÉ, ÉE(ru-ji-né, née), part, passé de ruginer. Un os ruginé pour en détacher le périoste.

RUGIiNEK (ru-ji-né), V. a. Racler, ratisser avec la rugino.

— IIIST. XVI* s. Faut essuyer l'os et voir si l'encre sera entrée dedans, qui se fera en ruginant et raclant l'os avec rugines, paré, vm, 4.

■ — ÊTYM. Rugine: au xiv siècle, on disait roisner : L'instrument de quoi l'en roisne , h. de mon-

DEVILLE, f" 55.

RCGIR (ru-jir), v. n. |{ 1* Pousser des rugissements. Le lion rugit-il dans une foret, sans qu'il ait trouvé de quoi repaître sa faim? saci, Bible, Amos, III, 4. Le quadrupède écume, et son œil étincelle ; Il rugit ; on se cache , on tremble à l'cnviron, LA FONT. Fabl. ii , 9. Les lions sont très-ardents en amour; lorsque la femelle est en chaleur, elle est quelquefois suivie de huit ou dix miles, qui ne cessent de rugir autour d'elle et de se livrer des combats furieux , bupf. Quadr. t. m , p. 1(9. Il Familièrement. Rugir comme un lion, pousser (les crii de fureur. À la moimlie injure qu'on nous fait, nous rugissons de colère comme des lions , LE r. SIM. MARS, iltjst. du roy. de Dieu, p. 38, dans ?OLGENS. || 2° Il se dit de cris comparés à des rugissements. Ils (de saints pénitents] allaient chercher les lieux solitaires pour donner un cours plus libre à leur douleur; on les entendait non gémir, mais hurler et rugir dans les déserts, boss. Sermons, Vérit. conversion , l. Plus loin, la torche en main, et rugissant de joie, Alecton.... delille, En. IV. Il Fig. Le Seigneur rugira du haut de Sion, et sa voix retentira du milieu do Jérusalem, saci, Bible, Joël, m, )fi. Ce lion subjugué qui rugit dans sa chaîne. S'il ne vous aimait pas, parlerait moins de haine, volt. Orphel. v, ). || 3" Il se dit de bruits comparés à des rugissements. En vain autour de lui les vents ligués rugissent, delille. En. VII. Fils de la bnce, la bataille rugira sans Armor, CHATEAUB. Vargo, ch. i. || Fig. Naguère cncor, toi qui vivais d'aumônes, Déjà l'orgueil rugit dans tes discours, bérano. Alchim. \\ Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir. ||4° Activement. Prononcer avec un bruit comparé à un rugissement. Il roule des yeux si féroces en lui parlant, qu'elle en perd connaissance ; ne dirait-on pas qu'il s'apprête à l'emporter dans son antre pour la dévorer? que diantre peut-il lui rugir? eu. de Bernard, la Femme de 40 ans, IX.

— llisT. xn* s. Travailez sui e humiliez sui mult, rujowe del gémissement de muncuer, Liber psalm. p. 50. Li chael [les petits] des leons rugianz, ib. p. )52. Il xiii* s. Il aouvrirent seur moi leur boches si comme lions ravisans et ruianz. Psautier, f° 29. Si com lion qui prant et ruit, Psaumes en vers, dans liber psalm. p. 275. || xv s. Si trèstostque ces bourgeois.... aperçurent ces bannières et ces pennons à grand' foison ventiler et baloier, et ouïrent ces archers ruire.... si furent effrayés, kroiss. i, i, 272.

— f.TVM. Provenç. et esp.ign. rugir; ital. ruggire; du lat. rugire, où semble se trouver un radical ru, ru-dere, ru-mor, avec des détermiiiatifs différents. L'ancienne conjugaison était : il ruit, au présent, et ruto»(, au participe. Dans le dialecte normand, rujowe représente une forme barbare rugiabam ; riigiebam aurait donné rujeie.

RUGISSANT, ANTE (ru-ji-san, san-f), adj. Qui rugit. Une lionne .rugissante. Un moment a changé

ce courage inflexible ; Le lion rugissant est un agneau paisible, rac. Ésth. n, 9.

RUGISSEMENT (ru-ji-se-man), s. m. Cri des animaux féroces, tels que le lion, le tigre, la panthère. Il [un lion] poussait des rugissements qui faisaient retentir toutes les forêts, fén. Til. u. Le rugissement du lion est si fort que, quand il se fait entendre par échos, la nuit, dans les déserts, il ressemble au bruit du tonnerre, bufp. Quadrup. t. m, p. 123. Il Fig. Bien loin d'eux vont mourir les clameurs populaires Et le rugissement des factions contraires, deulle. Trois règ. v.

— IIIST. XII' s. El mes rujemenz est alst com aiwes enundanz.... Job, p. 470. || xiv' s. Un lion.... par un rugissement haultain et espoventable ,

MONT. Il, 192.

— ÊTYM. Rugir. Rugement est formé de rugir; rugissement, de rugissant.

RUGOSITÉ (ru-gô-zi-té), i. f. Rides sur une surface raboteuse. Avec les moules en terre dont on se servait auparavant [avant Montalembert et ses moules en sable], la surface des canons était toujours chargée d'aspérités et de rugosités, buff. Itist. nat. Introd. part. exp. Œuvr. t. vm, p. 149. L'on voit, suf les os des jambes [des tigres], des rugosités qui marquent des attaches de muscles en.core plus fortes que celles du lion, m. Quadrup. t. III, p. 247. Il En artillerie, défaut de fabrication des bouches à feu en fonte.

— HIST. XVI' s. Les rugosités du fond de l'estomac, PARÉ, I, 29.

— ÊTY.M. Provenç. rugoiitat; espagn. rugosidad; du lat. rugosilatem, de rugosus, rugueux.

RUGUEUX, EUSE (ru-gheù,gheû-z'),odj. || l'Oui a des rugosités. || Feuille rugueuse , feuille dont la surface offre des proéminences irrégulières comme dans la sauge. || 2" S. m. Terme d'artillerie et d'artifice. Rugueux, petit fil de laiton aplati et dentelé à une de ses extrémités, qui sert, dans les étoupilles et les amorces fulminantes, à déterminer par le frottement l'inflammation d'une composition spéciale.

— IIIST. XVI' s. Rugueux, cotgrave.

— ÉTYM. Provenç. rugos; espagn rugoso ; du lat. rugosus, de ruga, ride.

RUILÉE (rui-.'ée), s. f. Bordure de plâtre ou de mortier qui sert à lier une rangée de tuiles avec un mur.

— ÊTYM. Ane. franc, ruile ou riule, règle, rang, du lat. régula (voy. règle).

fRUH-ER (rui-lé) , v. a. Remplir une tranchée avec du plâtre que l'on façonne d'un mur à l'autre.

— ÊTYM. Voy. rlilée.

RUINE (ru-i-n') , s. f. || 1' Destruction d'un bâtiment qui tombe de lui-même ou qu'on fait tomber. Celte prédiction de la ruine du temple réprouvé, qui figure la ruine de l'homme réprouvé qui est en chacun de nous , pasc. IMtr. à Ulle de Roannex, 9. Toutes les ruines sont réparées [en Judée], les villes et les bourgades sont magnifiquement rebâties, boss. Jlisl. ii, 6. Ces barbares [les Germains], dont l'art et le génie n'étaient guère d'attaquer les villes, et encore moins de les défendre, en laissèrent tomber les murailles en ruine, MONTESQ. Rom. 20. Le palais de votre capitale [Paris] menace ruine; la façade en est cachée par des masures, VOLT. Pol. et lég. Ce qu'on ne fait pas. Chaque jour, je trouvais sur ma route des champs abandonnés, des villages désertés, des villes en ruines, voLNEY, les Ruines, i. || Fig. U [l'homme] est tombé en ruine par sa volonté dépravée, le comble s'est abattu sur les murailles , et les murailles sur le fondement, boss. la Yalliére. \\ Battre une place en ruine, la battre avec la grosse artillerie, la bombarder, jl Fig. Battre en ruine quelqu'un, chercher à détruire son crédit, sa position, sa puissance. Il tient que la France est battue en ruine par la plume de cet écrivain [dans la Gazette de Hollande], mol. Comtesse, i. || Fig. Tomber de ruine en ruine, tomber d'un état grave dans un état pire. C'est en cette sorte que les esprits une fois émus, tombant de ruines en ruines, se sont divisés en tant de sectes, boss. Reine d'Angleterre. \\ Fig. Les ruines du visage, état d'un visage dévasté par la vieillesse. Assurez-vous que, quand vous n'aurez plus que de l'éloquence, personne ne la viendra chercher dans les ruines de votre visage, balz. liv. m, lett. 20. Les ruines d'une maison Se peuvent réparer : que n'est cet avantage Pour les ruines du visage I la font. Fabl. VII, 6. Il 2* Il se dit aussi de toute espèce de destruction Le Scythe alors lui demanda [au jardinier qui taillait ses arbres] : Pourquoi cette ruine : était-il d'homme sage De mutiler ainsi ces pauvres habitants? la font. Fabl. xn, 20. On peut

suirre la ruine de» continents terrestre» et leur abaissement sous les eaux, en parcourant les Iles de la mer du Sud, buff. Jfi'n. t. ix, p. 18. || 8* Les débris, les reste» d'un édifice, d'une ville. Voilà une belle ruine. Cyrus.... Nous rendit et no» lois et nos fêtes divines; Et le temple déjà sortait de ses ruines, rac. Esth. m, 4. Si quelque reste de» arts asiatiques mérite un peu notre curiosité , ce sont les ruines de Persépolis, décrites dans plusieurs livres et copiées dans plusieurs estampes, VOLT. J/ffuri, 6. Deux chose» nous annoncent notre sort et nous font rêver : les ruines anciennes et ta courte durée de ceux qui ont commencé de vivre en même temps que nous, omER. Lett. à Mlle Yoland, 14 aoîlt 1759. Les ruines doivent être solennelles, m. Salon de 1767, (Euv. t. xiv, p. 284, dans pouGENS. Près du Liban était Héliopolis, nommée depuis Baalbeck , fameuse encore par ses ruines subsistantes, bailly, .4lion«iV/«, p. 123. Au sortir de cette vallée, j'aperçus dans la plaine la scène de ruines la plus étonnante, volney, les Ruines, 1. Les ruines répandent un singulier charme sur la campagne d'Italie, stakl, Corinne, vin, 4. || Fig. Infortuné le peuple.... Oui voit.... périr son nom et Sun orgueil. Sans qu'un beau souvenir reste sur sa ruine, v. hugo, Odes, rv, 4. || Fig. Ce n'est plus qu'une ruine, se dit d'une personne qui a perdu, en vieillissant, sa beauté ou son talent. || Pierres de ruines, pierres figurées, sur lesquelles on voit des représentations de vieilles ruines , aussi naturelles que si elles étaient l'ouvrage du pinceau. || 4° Terme de peinture et d'architecture. Représentation des édifices ruinés. Une belle ruine. Les ruines de ce peintre sontestimées.Ornerunjardin de ruines pittoresques. On n'y voit point ces tombeaux vides et ces ruines toutes neuves qui ne retracent aucun souvenir, GENLis, Mères riv. t. i, p. 3. || 5" Fig. Il se dit des États, de la puissance, des institutions, des grandeurs, des croyances que la dcstruclion atteint. Ainsi, par la vertu de la croix, la religion païenne, confondue par elle même, tombait en ruine, boss. Ilist. n, 12. On appela [lors des guerres de religion] les étrangers de toutes parts au sein de la France , comme à un pays de conquête ; et on mit ce fiorissant royaume, l'honneur de la chrétienté, sur le bord de sa ruine , id. 6' avert. 6. Tout est perdu, c'est fait de l'État, il est du moins sur le penchant de sa ruine, la ehuy. i. Vous ne trouvez plus ici maintenant que les tristes restes d'une grandeur qui menace ruine , fén. Tél. m. Ithaque ne se relèvera jamais de sa ruine! ro. ib. xviii. Lee malheurs et la ruine entière de Jérusalem, MaSS. Petit car. Obstacl. Si jamais les jésuites sont détruits en France , Tellier (jésuite confesseur de Louis .XIV] auraété le principal auteur de leur ruine, duclos, Œuv. t. v, p. 118. Il On dit dans un sens analogue : la ruine des affaires. || Il se dit souvent au pluriel dans ce sens. S'ensevelir sous les ruines de sa patrie. Élever le déisme sur les ruines du christianisme, pasc. Prov. xvi. Des ruines do cet empire [de Sardanapale] on voit sortir trois grands royaumes, boss. Hist. i, 7. ô mère, ô femme, 6 reine admirable.... vous avez soutenu l'État, qui e»t attaqué par une force invincible et divine; il ne reste plus désormais, sinon que vous teniez ferme parmi les ruines, m. Reine d'A nglet. Fêtes sacrées, mariage fortuné, voile nuptial, bénédiction, sacrifice, puisje mêler vos cérémonies et vos pompes avec les pompes funèbres, et le comble des grandeurs avec leurs ruines? id. ilar.-Thér. Ce roi, fils de David, où le chercherons-nous ? Le ciel même peut-il réparer les ruines De cet arbre séché jusque dans ses racines? rac. Ath. i, 1. Il craignait d'augmenter sa misère [de Protésilas] en lui montrant la prospérité d'un ennemi qu'on allait élever sur ses ruines, fén. Tél. xiv. || 6* Perte de l'honneur, du crédit, du pouvoir, de la vie, etc. Quel chemin Exupère a pris pour sa ruine 1 corn. Iléracl. V, 7. Ils [les anges rebelles] n'ont plus voulu reconnaître Dieu; et, quittant cette première bonté, qui n'était pas moins l'appui nécessaire i^.e leur bonheur que le seul fondement de leur être, tout est allé en ruine , uoss. l" sermon, Démons, i. Les pertes et les ruines entrent par trop d'endroits dans la fortune des hommes pour pouvoir cire arrêtées de toutes parts, ID. Sermons, Ambition , 2. Cet emploi me tiendra lieu d'un établissement selon !e monde ; mais il serait en même temps ma ruine selon Dieu, bourdal. 14' dim. après la Pentecôte, Dominic. t. ni , p. 40«. Il faut que sa ruine (de Britannicus] Me délivre à jamais des fureurs d'Agiippme, RAC. Brit. rv, 3. Corinne, il fut des anges révoltés.... Doux, mais fragile, un seul dans leur

RUI

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ruine Contre ses maux garde un p jissant secours : Il reste armé de sa lyre divinc,BÉRANG. Ange exilé. Il 7" Particulièrement. Perte de la fortune, des biens. Si jamais je me brouille, ce ne sera qu'après la ruine totale de M. Turcaret, lf.sage, Turcaret, i, (!. Lcf ruines amenées subitement ou par le jeu, ou par la dissipation, ou par des entreprises mal calculées, raynal, Ilist. pliil. v, (9. || 8" Ce qui cause la ruine, la destruction. Les excès sont la ruine de la santé. Hélène fut la ruine de Troie. Ij 9' Ce qui cause une très-grande dépense. Le jeu est une ruine. On me mande que ce régiment est une distinction agréable; mais n'est-ce point aussi une ruine? sÉv. i" nov. <07).

— liisr. XIV' s. Les ruines et embrasemens de la cité prise, BKRCiiELnp, , f" 112, verso. \\ xvi* s. Tu as défait mes ennemis, Le mcschant en ruine mis, MAROT, IV, 241. Kt falloit qu'ilz marchassent par dessus les ruines ardentes, amyot, Dion, 67. Geste sale me semble, dit-il, petite, pourrie et preste à aller en ruine, m. Anton. 20. Pyrrhus tourna Panlauchus en fuitte, en laquelle il occit grand nombre de gens et prit cinq mille prisonniers : ce qui fut la principale ruine de Denietrius, id. Vémétr. Bfi. Dieu, qui a préservé nos ancestres de tant do ruines, veuille nous garantir des maux qui nous menacent I lanole, 40.... Qui sont des erreurs qui souvent font trebuscher en de manifestes ruines ceux qui les suyvent, ro. 328. Un pan de ruine qui tomba en accabla plusieurs, d'aub. Ilist. n, 65. Tirer sans bracqucr ny myrer, mais seulement à coups perdus et en ruyne, cahl. v, 26.

— F.TVM. Bourguign. reugne; prov. roina, ruina; espagn. ruina; ital. rovina, ruina; du lat. ruina, forme participiale de ruere, tomber (voy. ruer).

1 . RUINfi, ÉE (ru-i-né, née), part, passé de ruiner t . Il l' Qui est en ruine. N'est-ce pas plutôt [l'homme] un reste de lui-même.... un édifice ruiné qui, dans ses masures renversées, conserve encore quelque chose de la beauté etilo lagranileur de sa première forme? Boss. la Vallière. || On dit dans un sens analogue : des chemins ruinés. || 2* Fig. OJi a perdu sa force, sa vigueur. Un homme ruiné de débauche. Il est ruiné d'honneur et de réputation. Cette ville pompeuse [une ville toute composée de riches], sans avoir bssoin d'autres ennemis, tomberait enfin par elle-même, ruinée parson opulence, boss. Serinons, Sepluag. (. On dit : ma fortune est ruinée, je suis perdu, ID. la )'alliére. Le premier soin de Scipion à son arrivée fut de rétablir parmi les troupes la discipline, qu'il y trouva entièrement ruinée, bollin, Ilist. anc. Œuvr. t. i, p. 543. Hélas 1 on va si loin pour le monde, pour la fortune, pour les plaisirs ; on tire d'une santé faible et ruinée tout ce qu'on peut et au delà, mass. Confér. Jubilé. H arrivait qu'un oracle était ruiné pour un temps, et qu'ensuite il se relevait; car les oracles étaient sujets à diverses aventures, fonten. Oracl. n, 2. Il Terme d'hippiatrjque. Cheval ruiné, cheval dont les forces son', usées. || Bouche ruinée, bouche qui n'a plus de sensibilité, en parlant d'un cheval. || On dit dans le même sens que les jambes d'un cheval sont ruinées. || 3° Oui a perdu sa fortune.Aussi disait-il qu'il y avait peu de différence entre un juge méchant et un juge ignorant.... pour ceux qui sont ruinés, il importe peu que ce soit ou par un homme qui les trompe, ou par un homme qui s'est trompé, FLÉCH. Lamoignon. Je me trouve dans le cas des gens ruinés sans qu'il y ait de leur faute ; tout le monde les excuse, personne ne les assiste, DiDEB. Claude et fier, n, ) . Oii avez-vous vu que les gens ruinés eussent des amis ? picard. Marionnettes, n, 4. Il Substantivement. Il y a plus de ruinés que de parvenus, j. 1. rouss. Em. i.

t 2. RUINÉ, fiE (rui-né, née), part, passade ruiner 2. Oui porte des ruinures.

t RCINEMENT (ru-i-ne-man), s. m. Action de ruiner.

— . HIST. xvi* s. Ruinement, cotorave.

— f.TYM. Ruiner i ; ital. rovinamento.

<. UUINKK (ru-i-né), v. o. || 1» Mettre en ruine, démolir, détruire. On se dispose à mettre une batterie sur l'ouvrage à corne, pour ruiner leurs remparts qui sont peu de chose, pfxlisson, Lett. hist. t. I, p. 341. Scipion ifimilien rétablissait la discipline militaire; et ce grand homme, qui avait détruit Carthage, ruina encore en Espagne Numance, la seconde terreur des Romains, boss. Ilist. i, 9. Il n'y eut point d'inventions cl de stratagèmes dont les a-ssiégés ne s'avisassent pour ruiner les travaux des ennemis, rollin, llisl. anc. Œuvr. t. vi p. 272, dans poi'OENS. U ville de Calane, qui est au vied de la montagne [Etna|, a été souvent niioée

par les torrents des laves qui sont «orties.... BtiPP. Add. Théor. terr. Œuvr. t. xiii, p. 63. ri faut ruiner un palais pour en faire un objet d'intérêt, dideh. Salon de 1767, Œuv. t. XIV, p. 421, dans pougens. La mer Baltique a gagné peu à peu une grande partie de la Poméranie; elle a couvert et ruiné le fameux port de Vineta, buff. Hist, nat. preu». théor. terr. Œuvr. t. 11, p. 433. Le résultat de ce mémoire est que Cyrus bâtit le palais de Persépolis, qu'Alexandre n'en brûla qu'une partie, et que la ville de Persépolis, aujourd'hui Issthakar, ne fut ruinée que par les généraux d'Aly à l'époque où l'islamisme se répandit dans la Perse, monoez, Instit. SIém. litt. et beaux-arts, t. m, p. 302. || Absolument. Sans qu'on pense que pour cela cette liberté [le libre arbitre] soit détruite, puisqu'il n'y a rien qui convienne moins à celui qui fait, que de ruiner et de détruire, BOSS. Lib. arb. 40. ||a° Ravager. La grêle a ruiné toutes les vignes. Le sanglierde la forêt l'a toute ruinée, saci. Bible, Psoumes, Lxxix, 14. Il b^ur donna ordre d'aller dans le pays de Juda et de ruiner tout, selon que le roi l'avait commandé, m. ib. Machab. 1, m, 3D. Les Russes ruinaient également amis et ennemis [en Pologne] ; on ne voyait que des villes en cendre, VOLT. Charles XII, 3. 113" Fig. Perdre, effacer, détruire, en parlant de choses que l'on compare à des édifices qu'on ruine. Je ne dis pas ceci pour ruiner la révérence que nous devons à ceux qui nous ont engendrés, malh. le Traité des bienf. de Sénéque, m, 30. Plusieurs expériences ont ruiné toute la créance que j'avais ajoutée à mes sens, desc. Médit, VI, 8. Mais souvent un instant ruine une entreprise, rotrou. Délit, n, 8. La loi de Dieu est ruinée par cette décision, pasc. Prot». xm. Vous tâchez de ruiner ma réputation, id. 16. vii. Ah, fi 1 comme vous dites, des mauvaises têtes, cela gâte tout, et ruine même la société, sÉv. 29 janv. 4 890. Ce redoutable parti [de Catilina] fut ruiné par l'éloquence de Cicéron, boss. Ilist. i, 9. En déplorant vainement les fautes qui ont ruiné nos affaires, id. Reine d\lnglet. Gratien avait entrepris de ruiner la religion des païens, que son père, par politique, avait toujours épargnés, flécii. Ilist. de Théodose, m, 4. Une source de désordres qui ruinent presque inévitablement la charité et la justice parmi les hommes,'nouRDAL. 4 0* Vim. après la l'entée. Domin. t. m, p. 4 95. Toute l'assemblée émue lui demanda comment il osait dire qu'une action qui donnerait une victoire certaine à la ligue pourrait la ruiner, fén. Tél. XX. On y avait mêlé [à l'Église] des traditions humaines qui en ruinaient l'esprit, mass. Panégyr. St Bernard. Après avoir détruit les armées d'un prince, ils [les Romains] ruinaient ses finances par des taxes excessives ou un tribut, MONTESQ. Rom. 6. || 4" Infirmer, en parlant de raisonnements, d'arguments, d'hypothèses. Par ce mot seul je ruine tous vos raisonnements, pasc. Juifs, 6, éd. FAUGÈRE. L'un [Épictète] établissant la certitude, l'autre [Montaigne] le doute, l'un la grandeur de l'homme, l'autre sa faiblesse, ils ruinent les vérités aussi bien que les faussetés l'un de l'autre, id. Entret. avec M. de Saci. Toute expérience, comme tout raisonnement, ruine les tourbillons [de Descartes], volt. Phil. Newt. m, 2. Il [saint Justin] exposa leur doctrine [des chrétiens] ; il ruina les calomnies dont on les noircissait.... CONDIL. Ilist. anc. xv, 6. || Ruiner quelqu'un, lui ôter son crédit, sa réputation. Certes c'est mériter le mal qu'on nous destine. Que de laisser debout celui qui nous ruine, du ryer, Scévole, v, 6. Ce n'est qu'un péché véniel de calomnier et d'imposer de faux crimes pour ruiner de créance ceux qui parlent mal de nous, pasc. Prov. xv. || Ruiner quelqu'un auprès d'un autre, le discréditer auprès de cet autre. Pour le vidame de Chartres, il fut ruiné auprès d'elle, lafayette, Princ. de Clèves, Œuvr. t. n, p. 4 62, dans pougens. On ne doutait pas qu'il [Meizarin] n'etil ruiné la reine mère dans l'esprit du roi aussi bien que b aucoup d'autres personnes; mais on ignorait celles qu'il y avait établies, ro. Ilist. Ilmr. d'Angl. \\ 6' Faire perdre la fortune. Tu es assez furieux pour te prendre à Dieu, à sa providence, de toutes les bizarreries d'un jeu excessif qui te ruine, boss. Sermons, Sécess.de la pénit. 4. Abréger les mauvais jouis que le procès donne à des misérables, qui ne sont pas moins ruinés par la longueur des procédures que par l'erreur des jugements, fléch. Je TeUier. Pour obtenir les privilèges des jurisconsultes, il suffisait d'avoir de quoi les acheter.... les fortunes des particuliers tombaient entre les mains de ces ignorants volontaires à qui le pouvoir de les défendre

était un titre pour les ruiner, a. ib. \\ Absolument. Vous souvenez-vous quand nous disions quelquefois : il n'y a rien qui ruine comme de n'avoir point d'argent, nous nous entendions bien? SÉv. 604. Il 6* User, détériorer, en parlant du corps, de la santé. Jusqu'à passer les nuit« entières dans la contemplation des choses divines, jusqu'à s'exténuer et se ruiner le corps par leurs fréquentes et sanglantes austérités, bourdal. Pensées, t. i, p. 374. J'en ferais bien autant, si je voulais ruiner ma santé et un libraire, montesq. Lettr. pers. 408. Cette méthode ruine le tempérament, j. i. rouss. Ém. IV. Il Par extension. L'attachement à une même pensée fatigue et ruine l'esprit de l'homme, PASC. Pass. de l'amour. || 7' Il se dit des chevaux en un sens analogue. La chasse a ruiné ce cheval. Le pavé ruine les pieds des chevaux. || 8* Se ruiner, v. réfl. Tomber en ruines. Ces murailles à demi élevées, qui se ruinent parce qu'on néglige de les achever, boss. Panég. de sainte Cather. 4. Il Fig. C'est par là que se ruinèrent les afl"aires de l'Assyrie et d'un si grand roi, boss. Polit, x, m, 4. Il 9» Perdre sa fortune, sa santé, etc. Le corps se ruine )iar les grandes fatigues. Ceux qui se ruinent me font pitié ; c'est la seule affliction dans la vie, qui se fasse toujours sentir également, et que le temps augmente, au lieu de la diminuer, sÉv. 62. Je me suis un peu ruiné, mon cher ami, en bâtiments et en châteaux, volt. Lett. Thiriot, 5 déc. 1759. Perdant son argent en dupe, il s'est ruiné sans éclat et comme un sot, genlis, Veill. du chdt. 1. 1, p. 349, dans pougens. || On dit demême : La santé se ruine par les débauches. || 10* Être l'un pour l'autre cause de ruine. Depuis que la justice gémit sous un amas de lois et de formalités embarrassées, et qu'on s'est fait un art de se ruiner les uns les autres par la chicane, fléch. Lamoignon. Il Fig. Elles [les passions de l'ambition et de l'amour] s'affaiblissent l'une l'autre réciproquement, pour ne pas dire qu'elles se ruinent, pasc. Pass. de i'amour.

— HIST. XIV* s. Nul ne ruine ou abat son mur pour se nuire, ne nul ne emble à soy meisme ce qui est sien, oresme, Eth. les. ||xv« s. Mais cuer et corps et finance ruiner M'a fait du tout femme artificieuse, e. desch. Femme et enf. \\ xvi" s. Si ti. maison debvoyt ruiner, fallait il.... RaB. (Torg. i,3i. A grandz coups abattit et tours et forteresses; et ruyna tout par terre, id. ib. i, 34. Il avoit préservé la ville de Rome, et gardé de ruiner l'empire romain, AMYOT, Cicér. 27. Peu après il s'apperccut bien qu'il s'cstolt ruiné luy mesme, et avoit quant et quant perdu la liberté de son païs, n». t'b. 58. D's machines d'artillerie pour ruiner f t demoUir les villes, id. Démétr. 69. S'appuyer sur un fondement ruiné, lanoue, 549. Une amitié molle et indlscrette, en laquelle il advient ce qui se veold au lierre, qu'il corrompt et ruyne la paroy qu'il accole, MONT. IV, 4 51.

— KTYM Ruine; Berry (Ouest), rouiner ; prov. rcunar ; espagn. et port, rutnor; ital. rovinare, ruinare.

t 2. RUINER (rui-né, v. a. Terme de charpenterie. Ruiner une solive, y faire des ruinures, l'entailler par les côtés.

— ETYM. Quelque métaphorique que soit souvent le langage des gens de métier, il est difficile de croire qu'il s'agisse ici du verbe ruiner. Probablement ruiner a été dit par assimilation et erreur pour l'ancien ruiler, tracer des raies, de ruiie (voy. règle). Kuiier est encore usité en maçonnerie (vov. ruiler).

t RUINEUR (ru-i-neur), t. m. Celui qui ruine. Et grand- mineur de famille, scarr. Virg. iv.

— HisT. xvi* s. [Je veux qu'il] Soit de ma vie mineur. Et mette à néant mon honneur, marot, iv, 238.

— ETYM. Tliiiner 4 ; ital. rovinatore.

t RUINEUSEMENT (ru-i-neii-ze-man), adv.

D'une manière ruineuse, coûteuse. Votre pauvre frère est toujours tristement et ruineusement à Rennes, sÉv. 10 julU. 1689.

RUINEUX, EUSE (ru-i-neû, neû-z'), adj. \\ f Qui menace ruine. Comme une colonne, dont la masse solide paraît le plus ferme appui d'un temple ruineux, BOSS. Heine d'onglet. L'orgueil, qui monte toujours, après avoir porté ses prétentions à ce que la grandeur humaine a de plus solide ou plutôt de moins ruineux.... ro. «ar.-r/i^r. || Fig. Ou que par une aveugle témérité nous nous laissions flatter d'une espérance ruineuse ou mal fondée, BOURDAL. Pensées, t. i, p. 61. Il Fig. Bâtir sur des fondements ruineux, fonder ses espérances sur des choses peu solides, et aussi établir un système sur des bases qui manquent de consistance. ||1' Fig- U

RUI

RUM

RUM

se dit de raisonnements peu silides. Les ministres Dc pouvaient s'élever assez sontre des principes si ruineux à la réforme, Boss. G* avert. i. Suite du raisonnement de saint Athanase, et combien il est ruineux aux prétentions du ministre [Jurieu], lo. «6. 50. Il 8° Oui cause du dommage par des dépenses excessives. Un hiver est impraticable à Grignan et très-ruineux à Aix, SKV. 400. Laissez-les jouer un jeu ruineux, la iiruï. xiii. C'est un beau spectacle di^ voir l'étersbûurg naître au milieu d'ujie guerre ruineuse, et devenir une des plus belles et des plus grandes villes du monde, volt. Lett. d'Argentai, tfl août (757. La défense du Canada, colonie ruineuse par sa situation, pour une nation accoutumée à négliger sa marine, haïnal, llist. phil. x, (7.

— Hisr. XV' s. Icellui de Lanchos tenoit tous les gens de la ville eu telle subjetion, pour ce qu'il esloit fort craint, ruyneui et dangereux, DU GANGE, ruinosus. Un acin [enclos] ou pourprins, auquel seulement a une grange bien ruyneuse, id. ascinus. \\ xvi' s. Quand Lion par une belle harengue leur eut donné à entendre combien les tyrannies sont rurineuses et mal fondées, amyot, Dion, 28. Les autres craignent d'habiter en maisons ruineuses, calv. Instit. U7. Ceux qui osent proposer des desseins ruineux à [pour] l'Estat, langue, 37.

— ETYM. Provenç. ruy nos ; cat. ruinas; espagn. rut'noso; ital. rovinoso, ruinoso; du lat. ruinosus, de ruina, ruine.

t IIUINIFORM E (ru-i-ni-for-m'), adj. Terme de minéralogie. Oui offre des dessins imitant des ruines.

RULNURE (rui-nu-r'J, s. f. Terme de charpenterie. Entailles qui se font aux côtés des solives et des poteaux, pour retenir la maçonnerie dans une cloison.

— ETYM. Ruiner 2.

RUISSEAU (rui-sô ; au xvi' siècle Bèze dit : « On prononce ruisseo [eo faisant diphthongue] ; un e fermé s'entend avec o ; ne prononcez pas ruissiau comme les Parisiens •), s. m. || 1" Courant d'eau peu considérable. On remarquera, dans celui [campement] de Chatenoy , l'éminence qu'occupa ce grand capitaine, et le ruisseau dont il se couvrit sous le canon du retranchement de Selcstad, BOSS. iouts de Bourbon. Ruisseau, nous paraissons avoir un même sort ; D'un cours précipité nous allons l'un et l'autre. Vous à la mer, nous à la mort, DESiioUL. Ruisseau, idylle. J'aime mieux un ruisseau qui sur la molle arène Dans un pré plein de fleurs lentement se promène , boil. Art p. i. Tel qu'un ruisseau docile Obéit à la main qui détourne son cours, rac. Esth. n, 9. Nous traversons plusieurs de ces jolis ruisseaux qui coulent sur la glace dans des lits qu'ils se creusent à sa surface, SAUSSURE, Voy. Alpes, t. m, p. si, dans pougens. Près de la ville de Nonacris est un rocher très-élevé, d'où découle .-^ans cesse une eau fatale qui forme le ruisseau du Styx, bahtuél. Anach. ch. 62. Un docile ruisseau, qui sur un lit pierreux Tombe, écume, et, roulant avec un doux murmure. Des champs désaltérés ranime la verdure, delille, Géorg. i. Sur un ruisseau rapide Vers la France entraîné. Il [l'exilé] s'assied l'œil humide Et le front incliné, bé- RANG. l'Exilé. Alors [en] marchant sur Moscou] le Wop, qu'il traversa, n'était qu'un ruisseau ; on l'avait à peine remarqué ; [en revenant de Moscou] on y retrouva une rivière, sÉoun, //is(. de Nap.ix, 13. fj Fig. Et ce n'eût point été, comme on a dit autrefois.... exciter des orages sur un ruisseau, balz. liv. vn, lett. 60. Il i' Canal par où passe un courant d'eau. Le ruisseau est à :sec. Elargir, curer un ruisseau. ||3" Eau qui coule au milieu ou sur les deux côtés de la chaussée d'une rue. Il tomba dans le ruisseau. Il a été traîné dans le ruisseau. Et les nombreux 'torrents qui tombent des gouttières, Grossissant les ruisseaux, en ont fait des rivières, boil. Sat. vi. || Cette chose est traînée dans le ruisseau, traîne dans le ruisseau, elle est commune, triviale. De proverbes traînés dans les ruisseaux des halles, mol. Fenim. sav. ii, 7. || Cette nouvelle est ramassée dans le ruisseau, elle a été prise dans le bas peuple. || L'endroit par où l'eau s'écoule dans les rues. Il y a un ruisseau de chaque côté de la chaussée. Quelque .galante que soit la cour de Lorraine, je m'y trouve aussi seul que je faisais il y a huit mois dans les voyages de la Beauce, et je me souviens d'avoir vu quelquefois meilleure compagnie dans les ruisseaux de Paris, que je n'en ai encore rencontré dans la chambre de la duchesse, voit. /.eu. 8. || Terme de paveur. Ruisseau en biseau, celui qui n'a ni caniveaux ni contre-jumelles. Il Fig. Laisser quelqu'un dans le ruisseau, le laisser dans une position basse, misérable. Tressan laissa cet abbé en habit rapiécé et

son autre neveu dans lo ruisseau, st-sim. 320, 478. Il 4' Toute chose liquide qui coule en abondance. Et combien de ruisseaux coulèrent de mes yeux I CORN. //or. I, 3. Et nous faisons courir des ruisseaux de leur sang, Avant qu'aucun résiste ou reprenne .son rang, id. Cid, iv, 3. Au premier bruit de ce funeste accident, toutes les villes de Judée furent émues ; des ruisseaux de larmes coulèrent des yeux de tous leurs habitants, fi.écii. 7'uren««. En vain à liver tout les valets sont fort prompts, Et les ruisseaux de vin coulent aux environs, boil. Sat. m. Les vaches donnent des ruisseaux de lait, FÉN. Exist. IX. Les Saxons avaient été baptisés dans des ruiss aux de sang par Charlemagne, volt. Mœurs, (38. || Par extension. Mille flambeaux.... Et, se réfléchissant sur le bronze ou la pierre, Font serpenter au loin des ruisseaux de lumière, la- MART. Chant du sacre. \\ Fig. De là ces ruisseaux d'amertume qui se répandent dans tous les états, et qui empoisonnent, dans le cœur des pères, des mères, des enfants, les sources du bonheur domestique, marmontel, ûi'utir. t. xvii, p. 2(7.

— HlST. xu' s. De sanc i oorent grant roisseaus, BENOIT, n, 2262. Et li douz sons de ruissel sur giavele, Coud, xviii. L'awe [l'eau] del ruysel, st- BERN. p. 563. || xiii* S. 11 dutent [craignent] que 11 roisseus preinne De la saveur de la funtaine, Edouard le Conf. y. ((99. Ce dist dou leu [loup] e dou aignel. Qui beveient à un rossel, marie. Fable 2. ||xiv' s. Du sanc des detrainchiés un russiaux y coroit, Girart de Ross. v. 4680. || xv* s. Sa robe de veloux bien large, Et son cheval et couverture, Esloient de mesme à feuillage De ruisseaulx d'argent et brodure. Vigiles de Charles VU, t. n, p. 76, dansLACUHNE. Il xvi* s. Dessus, et près de ces ruisseaux courans, Les oiselets du ciel sont demourans, marot, iv, 3(2.

— ËTYM. Berry, riau , roussiau (avec le primitif ry, ris); bourguig. russéa ; picard, rio, riou, riu, (c'est le primitif); ital. ruscello (dérivé du français) ; du lat. fictif rivicellus, diminutif de rivus (voy. ru) .

RUISSELANT, ANTE (rui-se-lan , lan-t'), adj. Oui ruisselle. Des eaux ruisselantes. Un sang ruisselant. Et César, dans la pwce Ruisselante au sang dc cette populace, corn. Pomp. v, 4 [Le pilote qui était tombé dans l'eau] Reparait, et, montant sur la roche prochaine, S'assied tout ruisselant,

DELILLE, En. T.

RUISSELER (rui-se-lé), v. n. Il se conjugue comme appeler. || l" Couler à la manière d'un ruisseau. L'eau ruisselait par divers endroits. Le sang des victimes fumait de tous côtés ; on le voyait ruisseler dans les profondes coupes d'or et d'argent, FÉN. Tél. IX. Atcll... il n'est donc plus? une sueur mortelle De son front pâlissant sur ses membres ruisselle, gilb. M. d'Ab. viii. || Le sang rui.sselle, des meurtres nombreux sont commis. On a vu ruisseler le plus pur sang des c'-toyens par d'innombrables proscriptions, fén. Dial. des morts anc. {César, Caton). Le sang ruisselle à Rome, Octave dort en pai.x, volt. Triumv. iv, 3. ||Par extension. Il [l'Indien] s'incline, il chante, il adore L'astre d'où ruisselle le jour, lamart. Ilarm. ii, 8. || Fig. Cette iniquité publique et scandaleuse qui repoussait loin des dignités du sanctuaire la portion saine et laborieuse de l'ordre ecclésiastique, qui faisait ruisseler, dans le sein de l'oisiveté et de l'ignorance, tous les trésors de la religion et des pauvres.... Mirabeau, Collection, t. iv, p. 336. || 2° Il se dit des corps sur lesquels un liquide coule. ....Eh ! mon Dieu n'est point un Dieu cruel ; On ne voit point de sang ruisseler son autel, chaul. À la Fare, (.||Fig. Tout l'empire ruisselait du sang des martyrs, boss. Uist. i, (O. || Il se conjugue avec l'auxiliaire oDotr.

— HIST. XVI* s. Et que l'eau qui ruisselle Console la querelle Des oiseaux voyageurs, yvf.b, p. 574. Las 1 je n'esteins par mes pleurs fuisselans De ses beaux yeux une seule estincelle, desportes. Amours d'Uippolyte, xxxii.

— ÊTYM. Ruisseau, par l'intermédiaire de rutssel; Berry, riauler.

t RUISSON (rui-son), s. m. Petit canal servant à vider le marais, linquHe sur les sels, (808, t. i, p. 5( (.

— ETYM. Même racine que pour ruisseou, avec suffixe différent.

RUM (rom'), s. m. Voy. rhum.

RUMR (ronl)'), s. m.\\ 1° Terme de marine. Quantité angulaire comprise entre deux des trentedeux aires de vent de la boussole. Vous avez bien la mine d'avoir pris tout cela mot à mot dans un livre; car je jurerais que vous n'avez jamais su qu'à cette heure ce que c'est qu'un rumb de vent, voit.

Lett. «(, à Costart (il écrit rbomb). Les distances y sont marquées [dans les routiers] selon les rumbs de vent, auxquels on ne peut se fier s'ils ont été pris sans la boussole, fonten. Dt Litle. || 2* Ligne dc rumb, courbe que décrit un vaisseau, en faisant toujours le même angle avec le méridien. Comme la courbe appelée loxodromique, décrite par un vaisseau qui suit toujours le même rumb du vent, fait aussi toujours le même angle avec tous les méridiens, il s'ensuit que, si les méridiens étaient des lignes droites concourantes au pôle, la loxodromique deviendrait la spirale logarithmique, poNTEN. Bernoulli. \\ 3' Il est ordonné aux pêcheurs de garder les rumbs les uns des autres, c'est-à-dire qu'aucun d'eux ne doit jeter ses filets aux endroits où il pourrait nuire i ceux qui sont arrivés les premiers.

— HIST. xvi* s. Voguer de rumb en rumb, cot- GRAVE. Arrumer une carte, c'est à dire tirer en icelle les rums du vent, nicot, Dict.

— ÊTYM. Rumd, rund et rumb, dans J. Devaulx, ((683), cité par jal; rum dans Nicot, en (606; rumi», rumbe, run, dans le P. Fournier, (043 ; espagn. rumbo, porlug. rumo, ital. rombo, angl. rhumb, tous mois venant du français d'après jal, qui tire rumb du germanique : anglo-sax. rum, ail. raum, espace : un rhumb, en parlant des vents, étant l'espace compris entre deux vents. Le b a été attiré par l'm, qui est labiale.

t RUMBË, ÊE (ron-bé, bée), adj. Règle rumbée, instrument à l'aide duquel on peut résouxire trèssimplement et très-rapidement les principaux problèmes de navigation qui se traitent sur la carte

t RUMEN (ru-mèn'), s. m. Premier estomac des ruminants, dit aussi panse ou herbier.

— ÈTYM. Lat. rumen, qui signifie mamelle et aussi gosier, et qui, joint à rucJa, gosier, parait indiquer un radical rue ou rug, qui est dans ru«- (ore, dans erugere et iftd^ia.

RUMEUR (ru-meur), s. f. || I' Bruit sourd et général, excité par quelque mécontentement, annonçant quelque disposition à la révolte, i la sédition. Exciter ce la rumeur. Apaiser la rumeur. De sourdes rumeuis. Des rumeurs menaçantes. En ce temps un petit écrit de Luther mit en rumeur toute l'Allemagne, boss. Var. iv, (. Toute la ville est en rumeur; toutes les bouches crient vengeance, volt. Dict. phil. Crimes. || Fig. Des passions en vous les rumeurs ont cessé, sainte-beuve, .Ép. à Lamartine. Il 2° Bruit qui s'élève tout à coup, et qui a pour cause un accident, un événement imprévu. Tout le monde était aux fenêtres, il semblait qu'il y avait eu une rumeur, ou quelque accident considérable, Marivaux, i/artannc, ((' part. Il 8* Bruit confus de plusieurs voix. Destin allait commencer son histoire, quand [ils entendirent une grande rumeur dans la chambre voisine, scarr. ilom. com. i, (2. En nos murs tout remplis d'une rumeur guerrière, BRiFF. A'inuj //, m, 4. || 4* Réunion des opinions ou des soupçons du public contre quelqu'un. Larumeur publique l'accusait de cet assassinat. Cependant la rumeur commençait ; on brûla le livre je ne sais où, i. j. rouss. Conf. xii. || 5* Bruits qui courent, qui se répandent. J'avouerai les rumeurs les plus injurieuses, rac. Brit. m, 3. Quoi! monsieur, une rumeur odieuse [contre Marie de Médicis] l'emportera sur les pièces authentiques du procès de Ravaillacl VOLT. Philos. Cons. à if. Bergier. De sorte que huit rumeurs, qui ne sont qu'un écho d'un bruit mal fondé, peuvent devenir une preuve complète ; et c'est à peu près sur ce principe que Jean Calas fut condamné à la roue, id. Pot. et lég. Comm délits et peines, procéd. crim. Ne jugez pas Timon d'après de faibles rumeurs accréditées par ses ennemis, mais d'après ces efl'usions de coeur que lui arrachait l'indignation de la vertu, bartiiél. Anach ch. 73. Ces petits intérêts, ces nouveautés futiles. Oui des grandes cités composent les rumeurs, delille, Contîers. Prolog. || 6" Il se dit quelquefois de quelque grand bruit physique. Bientôt je distinguai, confuses et voilées. Deux voix dans cette voix [la voix de l'océan] l'une à l'autre mêlées. De la terre et des mers s'épanchant jusqu'au ciel.... Et je les distinguai dans la rumeur profonde, Comme on voit deux courants qui se croisent sous l'onde, y. uugo Feuilles d'automne, 6.

— HIST. XI* s. De quinze liues en ot [ouit] hom la rimur, Ch. de Roi. lxiii. || xiii* s. Ti oil [tes yeux] soient sans legiereté, et tes riz [ton rire] sanz huchier, et ta voiz sans cri, t'aleure sans rumor, BRUH. LATiNi, Trésor, p. 386. Quant il [les mangonneaux] furent dreciez, si furent tenduz ; si getterent chascun une pierre dedens la cité, et feu-

RUM

rent les pierres aux maisons, et rompirent et confondirent tout, et firent moult remour et grant tempeste, marc pol, p. «72. || xv s. Jehan de Lille et Gilles Marcel Furent mors et occis ce jour Semblablcment en la rumour, Comme le prevost [Marcel] dessus dit, E. desch. Miroir de Mariage, p. <60. Il XVI* s. Tellement que la servante du sieur Fagoet entendant ce rumeur d'une chambre haute.... LE siEuit de boufflehs, dans fr. Michel, Argot. Aristippus cstablitdes opinions si hardies en faveur de la volupté et des richesses, qu'il meit en rumeur toute la philosophie à rencontre de luy, MONT, n, 124.

— ETVM. Prov. rumor, rimor; espagn. rumor; ilil. romore, rimore; du lat. rumorem.

t KUMEX (ru-mèks'), s. m. Nom moderne du genre patience, polygonées. || Le rumex patience, dit vulgairement patience et parelle. {| Le rumex aigu, appelé patience sauvage, herbe aux teignes, chou gras et raguette. || Le rumex alpin de Linné, rhubarbe des moines, giande patience, rhubarbe des montagnes, leooabant.

— ÉTYM. Lat. rumex, patience, de rumex, pointe de dard, à cause de la forme hastée des feuilles dans plusieurs espèces.

fRU.MFORI) (ron-for), s. m. Physicien et philanthrope anglais. || Soupe à la Rumford, soupe économique. Il Cheminée à la Rumrord, cheminée économique.

t UUMICINE (ru-mi-si-n'), s. f. Terme de chimie. Principe retiré de la racine de patience, rumex patieiUia, L.

RUMINANT, ANTE (ru-mi-nan, nan-t'), adj.

Terme d'histoire naturelle. Oui rumine. Les animaux ruminants. || S. m. Les ruminants, famille de mammifères comprenant ceux qui ont les membres en colonnes, terminés par des sabots, avec ou sans semelle calleuse. Les ruminants forment le septième ordre de la classification des mammifères de Cuvier. Je doute qu'on eût deviné, si l'observation ne l'avait appris, que les ruminants auraient lous le pied fourchu, et qu'ils seraient les •euls oui l'auraient, cuvier. Révolutions, p. iOi.

RUMINATION (ru-mi-na-sion; en vers, de cinq syllabes), i. f. Fonction particulière à un certain nombre de mammifères, et qui consiste dans le retour des aliments de l'estomac à la cavité buccale, où ils sont soumis à une seconde mastication après •laquelle ils sont avalés de nouveau. Spallanzani remarque que la rumination divise les herbes mangées par les animaux, et que leur division favorise l'action du suc gastrique, sennebier, Ess. art d'objero. t. ni, p. 39.

— ÈTYM. Ruminer.

RUMINÉ, NÉE (ru-mi-né, née), port, passé de ruminer. Les aliments ruminés. || Fig. Un projet longtemps ruminé dans sa tête.

RUMINER (ru-mi-né), v. a. \\ 1* Opérer la rumination. Les bœufs ruminent ce qu'ils ont mangé. || Fig. Il y a compensation à tout : si mes

laisirs sont rares et courts, je les goûte aussi plus vivement, quand ils viennent, que s'ils m'étaient plus familiers; je les rumine, pour ainsi dire, par de fréquents souvenirs, j. i. rquss. Promen. 9. Il Absolument. Vous mangerez de tous les animaux qui ont la corne divisée en deux et qui ruminent; mais *ous ne devez point manger de ceux qui ruminent et dont la corne n'est point fendue, SACI, bible, Deutéron. xiv, 6. Le pourceau aussi vous sera impur, parce qu'encore qu'il ait la corne fendue, il ne rumine point, m. ib. xiv, 8. || 2* Fig. et familièrement. Penser et repenser à une chose. Le bœuf vint à pas lents; Ouand il eut ruminé tout le cas en sa tête. Il dil que du labeur des ans Pour nous seuls il portait les soins les plus pesants, la Fom. Fabl. x, 2. Les manichéens.... inféraient qu'il y avait un principe commun de tout mal, un souverain mal, pour ainsi parler, un dieu méchant dont tout le plaisir est de nuire, ruminant toujours en soi-même quelque dessein tragique et funeste, Boss. 2' sermon. Démons, i . Ruminez en vos esprits ce petit mot d'Origène : ne croyez pas qu'il suffise de s'être renouvelé une fois, il faut renouveler la nouveauté même, ro. t" sermon, Pâques t. Si vous êtes à FonUinebleau, mon cher ange, je vous prie de ruminer tout cela dans votre tête très-sage, et de le confier i votre bon cœur VOLT. Lettr. (TArgental, 18 oct. 1778. || Neutralement. Il »vait dans la terre une somme enfouie Son cœur avec, n'ayant d'autre déduit Que d'y ruminer jour et nuit, la po«t. Fabl. iv, îo. Kt quoique là-dessus je rumine sans fin, mol. le Dép. ii 4. Pensif et arrêté sur mon cheval, je ruminais sur

RUP

un fait si singulier, st-sih. h, (28. || Absolument. Je crains quelque révolte en son &me agitée ; Le voilà qui rumine, mair. Sophon. v, 3. Qu'as-tu à ruminer? mol. l'Àv. v, 2.

— HIST. xiii* s. Quant il i a grant quantité de forage devant eux [les bœufs], il mangent lour saiilée, et puis soient et ronngent, Bibl. des chartes, 4' série, t. ii, p. 308. Cil moine, cil abbé croulant Doivent touz jours lez un piler Siaumes [psaumes] rungier et mormeler, Gautier de coincy, p. 306. Il XIV" s. Sain [graisse] de bestes qui ne rungent pas si comme porc, ousius [suif] de bestes qui rungent si comme buef, ii. de mondeville, f" lo. Il XVI* s. Mesme pour le labour, les bœufs ne cessent de ruminer, remaschans à loisir ce qu'en peu de temps ils ont mangé, o. de serres, 295. Je ruminerai ceste matière à par moy, et prendray advis à mon oreiller, palsgr. p. 6U8. Les plus jeunes [rossignols] ruminent pensifs [en écoutant les autres], et prennent à imiter certains couplets de chanson, mont. II, 174. Il n'y a rien, selon moy, plus illustre en la vie deSocrates, que d'avoir eu trente jours entiers à ruminer le décret de sa mort, ID. ii, 38C.

— ETYM. Picard, roumir; Berry, rouinger, runger, roincer, roinger ; norm. runger ; Nancy, ringer; Jura, roingi ; prov. romiar, rominar ; espagn. ruminar; ital. ruminare; du lat. ruminare ou rumigare, de rumen, gosier (voy. rumen).

t RUNCAIRES (ron-kô-r'), s. m. pi. Nom qui a été donné aux Vaudois, ainsi dits du bas-lal. runcaria, broussailles (voy. ronce), parce qu'ils s'assemblaient dans les lieux incultes.

t RUNCINÉ, ÉE (ron-si-né, née), adj. Voy. roncink.

I RUNES (ru-n'), s. f. pi. Caractères dont se servaient les Scandinaves, et que l'on trouve graves sur des rochers, sur des pierres, en Danemark, en Suède, en Norvège

— ÉTYM. Suéd. riîno, lettre ancienne; goth. runa, mystère, secret.

RUNIQUE (ru-ni-k'), adj. Oui a rapport aux runes ; qui est écrit en runes. Caractères runiques. Poésies runiques.

— ÊTYM. Runes.

t RUNOLOGUE (ru-no-lo-gh'j, s. m. Savant qui s'occupe de l'étude dos runes.

\ RUOTTE (ru-o-l'), s. f. Terme rural. Rigole creusée entre les rangées du colza ou de la pomme de terre

— ETYM. Dimin. de rue l

t RUPÉAL (ru-pé-al), s. m. Terme d'anatomie. L'os du rocher considéré comme un os distinct. Les rupéaux.

— ETYM. Lat. rupes, rocher.

t RUPESTRE (ru-pè-str'), adj. Terme de botanique. Oui croit sur les rochers. Plantes rupesties. Il Qui habite les rochers, qui vit parmi les rocheis. Dans le genre labre, poissons acanthoptérygiens, il y a un labre rupestre.

— ÉTYM. Lat. rupes, rocher, qui, selon Corssen, se rattache à rumpere, et signifie proprement roche brisée, éboulis.

t RUPIA (ru-pi-a), s. m. Terme de médecine. Inflammation particulière de la peau, caractérisée par de petites bulles dont la base est d'un rouge vif, et dont la croûte est d'apparence sale.

— t;TYM. 'PJnoc, ordure.

t RUPICOLE (ru-pi-ko-l'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui croît ou qui vit sur les rochers.

— f.TYM. Lat. rupes, rocher, et colère, habiter.

t RUPIN (ru-pin), s. m. Terme d'argot. Gentilhomme, dans GRANDVAL, Cartouche, p. <57. ||Ce mot est devenu un terme populaire pour désigner des gens bien mis.

t RUPTILE (ru-pti-l'), adj. Terme de botanique. Oui s'ouvre en se déchirant d'une manière irrégulière, par l'effet du grossissement des parties renfermées.

— ÈTYM. Lat. ruptum, supin de rumpere, rompre, t RUPTILITÉ (ru-pti-li-té), ». f. État ou qualité

de ce qui est riiptile

t RUPTINERVE (ru-pti-nèr-v'), adj. Terme de botanique. Dont les feuilles se rompent parallèlement aux nervures, de manière à former des lanières disposi'es en palmes, par exemple les palmiers.

— EïYM. Lat. ruptus, rompu, et nerf.

■f RUPTION (ru-psion), s. f. Ancien terme de peinture. Voy. rupture, n* 7. Il faut distinguer deux sortes de peinture, celle qui se contentait de rehausser un dessin par des couleurs employées entières et sans ruption; ei celle qui, après de longs efforts, est parvenue à rendre fidèlement la nature, BAHTUÉL. Anach. ch. 37.

— ÊTYM. Lat. ruptiontn, de rumpere, rompre.

RUP

RUPTOIRB (ru-ptoi-r'), ». tn. Antien terme de chirurgie. Cautère potentiel, qui brûle et produit une solution de continuité.

— HIST. XVI* s. Où le malade seroit craintif et ne voudroit endurer le fer, tu useras plustost d'un ruptoire, c'est à dire cautère potentiel, paré, v,

— ETYM. Ital. rottorio; du lat, ruptum, supin de rumpere, rompre.

RUPTURE (ru-ptu-r') , ». f. \\ !• Action par laquelle une chose est rompue ; état d'une chose rompue. La rupture d'une porte, d'un coffre. Le comte Marsigli était condamné à être déposé de tous honneurs et charges , avec la rupture de l'épée, FONTEN. Marsigli. La rupture et l'affaiblissement des cavernes par l'effort des feux sous-marins, BUFF. Add. théor. terr. Œuv. t. xiii, p. 48. ||î' Terme de médecine. Solution de continuité survenant par suite de contractions musculaires ou de distension exagérée d'un organe creux. La rupture d'un tendon. La rupture de la vessie, de la matrice, du cœur. Il 3* 11 s'est dit pour hernie. || 4* Fig. Division qui survient entre des personnes unies par traité , par amitié, etc. Il nous produit ceux qui l'ont commencé [le schisme grec] au milieu du onzième siècle, un Michel Cerularius qui en est l'auteur, un Siméon de Thessalonique , qui a vécu tant de siècles après la rupture ouverte, boss. Véf. de la trad. sur la communion, ii, 40. Ne craignez pas que je vous fasse un triste récit de nos divisions domeslique.s, et que je parle ici.... de prisons et de liberté, de réconciliations et de ruptures.... fléch. Je Tellier. Je ne doute pas que M"* de Montespan n'eût été charmée d'une rupture éclatante ; je ne lui donnerai jamais ce plaisir, maintenon , Letl. à Mme de Fontenai , t. n, p. I66, dans pougens. Je suppose qu'il n'y ait que deux hommes sur la terre, qui la possèdent seuls, et qui la partagent toute entre 'îux ; je suis persuadé qu'il leur naîtra bientôt quelque sujet de rupture, quand ce ne serait que pour les limites, la bruy. v. On ne reprocha pas à l'élégant Racine l'amour insipide et les expressions bourgeoises; mais on s'aperçut bientôt que presque toutes ses pièces et celles des auteurs suivants contenaient une déclaration, une rupture, un raccommodement, une jalousie, tolt. Mél. litt. Chang à l'art trag. Je m'étais aperçu que les ruptures secrètes tournaient à mon préjudice, en ce qu'elles laissaient le masque de l'amitié à mes plus cruels ennemis, j. i. Rouss. Confess. x. Il faut éviter de se brouiller; une rupture fait du bruit, et nuit toujours à la réputation des deux personnes qui se désunissent, genlis. Ad. et Th. t. m, p. 263, dans POUGENS. En observant dans les ruptures certaines règles de bienséance, on s'en tire toujours avec honneur, id. Jf^re» riv. 1. 1, p. <32, dans pougens. Il 6* Annulation d'un traité, d'un acte, etc. La rupture de la paix. L'empereur Napoléon savait à merveille que, pour les esprits incapables de discernement, c'est toujours celui qui tire le premier coup de fusil qui est l'auteur de la rupture.... pour rendre la cour de Vienne responsable devant l'Europe de la rupture qu'il avait lui-même provoquée, il imagina.... P. lanfret, Uist. de Nap. !", t. IV, ch. 12. Il Rupture d'un mariage,

rupture d'un projet de mariage Pour rompre

un hymen qu'avec peine elle endure, Elle en veut à vous-même imputer la rupture, corn. Rodog. m, 2. Ma Providence me sert admirablem nt dans ces occasions ; elle a fait souffrir héroïquement i Mlle le Camus la rupture de son mariage, set. 583. Il Rupture de ban, action par laquelle un homme condamné à demeurer en un certain lieu, quitte cette résidence. || 6* Séparation des membres d'une assemblée. Votre syndic sera fait, avant qu'on entende parler ici de la rupture de votre conseil, sÉv. 8déc.l873. || Renonciation àun projet, à une partie. Bien des gens sont persuadés qu'il n'en arrivera [d'un départ pour l'arméej que le retardement, c'est-à-dire la rupture du voyage de Fontainebleau, sÉv. <0 août 4 677. || 7* Terme de peinture. Action de mélanger les couleurs, les teintes sur la palette. || 8' Anciennement. Rupture do la table , se disait quand on cessait de tenir table, de recevoir beaucoup de monde à sa table. Ou ne parle ici que de la rupture entière de la table de M. de la Rochefoucault; c'est un grand événement à Versailles ; il a dit au roi qu'il en élait ruiné , et qu'il ne voulait point tomber dans des injustices: et non-seulement sa table est disparue.... SÉV. 484.

— HIST. XIII* s. De foie eschaufei, de roulure [hernie] Gariz je tout à desmesure, huteb. 25k.

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^|zv* s. Car ou millicu il a une closture, Oui le mousticr sépare sans roupture, christ, de pisan, Dit de l'oissy. Comme ou dit qu'aucuns pays se disposent en romplures de coufedorations et alliances, MONSTBEL. II, 195 A couvenu faire une ouverture et louturo en la maison du maire et muraille par lo devant, Bibl. de l'Éc. des chartes, 3' série, t. iv, p. 3H5. Ledit duc de Bourgongne disoit pour excuse, que lesdilz Lyegeois l'avoienl assailly, et que la rompure de la trcfve venoit d'eulx

et non pas de luy, comm. il, 2. || xvi* s (moi

Annibal) Minai, et mis les rochers i n rompture. Qui sont hauts murs massonnez par nature, mahot, it, 4-26. Toutes les vieilles rompures et desnoueures s'esmeuvent eu nostre corps, soudain qu'il lui advient quelque nouveau mal, amïoï, Comm. discern. U flat. M. La rupture de la trelve , d'aub. llist. i,

î5 A la rupture [dissolution] du camp d'Estrée-

au-pont , CARL. V, 2. Doconfiture est quand le detteur fait rupture et faillite, ou qu'il y a apparence notoire que ses biens, tant meubles qu'immeubles, ne suffiront au paiement de ses dettes, loysel, 687. Kigure d'un homme qui auroit une rupture [hernie] d'un seul costé, avec un braycr, paré, vi,

— ETYM. Lat. ruptura, do rupfuiii, supin de rumpere, rompre.

IIUHAL, ALE (ru-ral', ra-l'), adj. Qui appartient aux champs, à la campagne. Biens ruraux. La vie rurale. Les mœurs rurales. Esprits ruraux volontiers sont jaloux, la font. Féronde. || Doyen rural, curé commis par l'évcquo pour avoir inspection sur les curés d'un certain district. || Code rural, ensemble de règlements concernant les biens de la campagne. X la même époque [1749], un jurisconsulte, M. Boucher d'Argis, introduisait un mot nouveau dans le langage législatif, en donnant le titre de code rural à un recueil de maximes et de règlemonts concernant les biens de campagne, bayle- MouiLLARD, Projet de code rural, session I8G8 du Corps législatif, p. 5.

- HIST. XIV* s. Un dieu rural appelé Pan, ores- ME, Thèse de meunier. Ainsi comme, entre nous gens ruiaulx, disons le jour depuis l'aube du jour jusques à la nuit, Ménagier, i, ). || xv' s. Molineau, qui n'estoit et n'est pas noble , mais de rural condition, DU GANGE, Turalilas. Il ivi* s. J'ay veu des courti.<ians les endurer [les fatigues de la guerre] aussi bien, ou mieux supporter que les plus robustes rurals soldats de l'armée , brant. Capit. franc, t. iv, p. 239 , dans lacurne. Les deux extrêmes, des hommes philosophes et des hommes ruraux, mont. IV, 170.

— ÈTVM. Provenç. et espagn. rural; ilal. rurale; du lat. ruralis, de rus, ruris, la campagne.

t RUUALEHKN'T (ru-ra-le-nian), adj. D'une manière rurale.

— HlST. XIV* s. Je parle un peu ruralcment, Tr. d'alch. 957. Il XVI' s. Biens ruraux et ruralement tenus [en roture], Nouv. coust. gén. t. iv, p. 005.

t UCRALITÉ (ru-ra-li-té), s. (. Condition des

campagnards , des biens de campagne Qu'il est

préférable de reviser les actes législatifs concernant la ruralité.... bayle-mouiliard, Projet décode rural, session <8G8 du Corps législatif, p. n.

— ETYM. Rural.

t UURICOLE (ru-ri-ko-l") , adj. Terme de zoologie. Oui vit dans les champs.

— ÉTYM. La(. rus, campagne, et colère, habiter. RUSE (ru-z') , s. f. \\ 1° Détours, expédients du

lièvre, du cerf, du renard, quand on les chasse (ce qui est un des sans primitifs). Les ruses et les moyens que les animaux sauvages mettent en œuvre pour se dérober à la recherche, ou pour éviter la poursuite et les atteintes des chiens, sont peutêtre plus merveilleux que les méthodes les plus fines de l'art de la chasse, bupp. Quadrup. t. i, p. 359. Il i' Moyen qu'on emploie pour tromper. La ruse la mieux ourdie Peut nuire à son inventeur Et souvent la perfidie Relourne sur son auteur, la font. Fabl. iv, U. Tu prétends être fort habile; En sais-tu tant que moi? j'ai cent ruses au sac, id. ib. ix , ^^. Ce n'est plus que la ruse aujourd'hui qui l'emporte, mol. Mis. v, t. Osez - vous recourir à ces ruses grossières , El croyez-vous les gens si privés de lumières? in. tii. IV, 3. La ruse est un talent naturel au sexe; et, persuadé que tous les penchants naturels sont bons et droits par eux-mêmes, je suis d'avis qu'on cultive celui-là comme les autres; il ne s'agit que d'en prévenir l'abus, j. j. houss. Ém. v. || De ruse, par la ruse. Aiusi du genre humain l'ennemi VOIS abuse : Ce qu'il ne peut de force, il l'entre-

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prend de ruse, coiiN. l'oUj. i, «.||Fig. A partir des choses les plus simples dans la vie, il serait aisé de prouver que nous ignorons tout, et nous voulons pénétrer dans les ru.scs de la sagesse I C11ATF.AUB. Génie, i, 1, 3. || Ruse de guerre, moyen qu'on emploie pour tromper les ennemis sur ses desseins, sur ses opérations, etc. Gélon était fort habile dans le métier de la guerre, surtout pour les ruses, rollin, Hisl. anc. Œuv. 1. 1, p. 252, dans rouoENS. Une lettre de Bcrthier à Kutusof, datée dii premier jour de cette marche do fianc, fut à la fois une dernière tentative de paix et peut-être une ruse de guerre, séour, llist. de Xap. ut, i. || Buses innocentes, petites finesses dont on se sert à bon dessein. || Ruses de l'enfer, les suggestions insidieuses du démon. Après m'avoir montré celte soif du baplôme. Pour opposer à Dieu l'intérêt do Dieu même. Vous vous joignez ensemble I ahl ruses de l'enfer ! cohn. Poly. v, 3.

— HiST. xiv* s. Comment li chiens sont si sages, qu'ilz deffonl toutes les ruses que les cerfs font, Modus, f" '24, rerso. || xv* s. Et quand ledit Jean estolt hors de la prison.... il rentroit en sa ruse comme devant, froiss. il, n, <oo. Ruses de commères, dist Passalion, trop ay entendu, Perceforest, t. iv, f" U)9. Le suppliant, tout par ruse [jeu] et par esbat, comme dit est, recula un bien peu, du cange, rusare.

— ÉTYM. Voy. ruseb; Berry, ruse, reculemenl, pièce du harnais d'un cheval de trait (le sens de reculer est un des sens primitifs de ruser) ; picard, ouorr des ruses, avoir beaucoup de mal à faire quelque chose.

RUSÉ, ÉE (ru-zé, zée), adj. \\ 1* Qui a de la ruse. Attendez, leur dit-il, couple lâche et rusé, BOIL. Lutr. V. Auguste, rusé tyran, les conduit doucement à la servitude, montesq. Rom. (3. Il faut avouer que ce berger est un rusé coquin, bruevs, Avoc. Pat. m, 6. Il Familièrement. C'est un rusé compère, c'est un homme adroit et artificieux. || On dit de même : c'est une rusée commère. || Substantivement. Un rusé. Une rusée. Du palais d'un jeune lapin Dame belette un beau matin S'empara; c'est une rusée, la pont. Fabl. vu, 40. Voyez-vous la petite rusée? oh 1 çà, çà, je vous pardonne pour cette fois-ci, pourvu que vous me disiez tout, mol. Mal. imag. u, H. || 2" Qui annonce de la ruse. Avoir l'air rusé. || 3* Ancien terme de marine. Se disait d'une ancre dont les pattes n'enfoncent pas bien dans le fond.

— HIST. XII* s. Moût fut dolamz quand voit Franzois rusez [reculés]. Les rens peciez, er» trois lius estroez, Ronc. p. <43. || xiii* s. Li amant en sunt excusé. Et li déduit d'amors rusé [reculé], la Rose, 7540. Il XIV* s. Aucunes vieilles qui sont rusées et font les sages, Ménagier, i, 7. || xv* s. La greigneur partie [des routiers] et les plus rusés [les plus habiles] de piUerie, et les plus renommés estoientde Bearn, froiss. n, ni, 90. Je croy que homme n'est si rusé. Qui n'y laissast linge et drapelle, villon, Grand test. Double ballade. 1 1 xvi" s. [Lo duc de Guise] Sur les bornes de Gaule affrontant sa jeunesse Aux desseins plus ruzés de la grise vieillesse D'un si caut empereur [Charles-Quint], rons. Poèmes, liv.i. L'homme rusé par long usage N'est folement avantureux,

dubell. III, 90, verso Et, peu ruzéaumestier de

la chasse, Ores ceux-cy, et ores ceux-là passe, m. iv, <o, verso. U est rusé en cela [il y est habile], H. EST. Précellence, p. 79. Homme rusé tard abusé , coTORAVE. Les plus rusez sont les premiers prins, ID.

— ÉTYM. Ruse; bourguig. érusé. Les sens historiques sont reculé, repoussé, habile, rusé (voy. ruskr).

RUSER (ru-zé), V. n. || 1* Employer toutes sortes de détours et d'expédients pour échapper aux chiens, en parlant du renard, du lièvre, du cerf, etc. (ce qui est un des sens primitifs). Le renard a long temps rusé. || Fig. C'est une des belles chasses qu'il est possible de voir, que celle que nous faisons après M. de Bellièvre et M. de Mirepoii; ils courent.... ils rusent, mais nous sommes toujours sur la voie, sév. I2 juill. !()76. || i' User de ruses,

de moyens de tromper Il faut ruser pour avoir

cette proie; Rusons donc... la font. Fabl. t, 8. I.e roi, qui fit servir M. du Maine dans son armée où son ancienneté le faisait le second lieutenant général, rusa pour qu'il fiit le premier, st-sim. «08, (46. Il faut ruser avec la négligence des hommes, ainsi qu'avec leurs passions, bartiikl. Anach. ch. 75. J'ai voulu ruser avec eux ; ils m'ont traité comme un enfant, beaumahcii. ilar. de Figaro, v, I». Il 11 se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

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— HIST. xn* s. k la feie Engleiz rcuserent [reculèrent], El à la feie retomerent, itou, v. fitm. Bien crci qu'à celé feiz saint Thomas s'aira De ço que cil Reinalz le destraist e sacha: Si ad cnpamt Reinalt qu'arioro rcbusa. E le corn del mantel hors des mains li sacha, Th. m mari. U8. || xiu* s. Dicx, qui lo mont [monde] puel sauver, Gart France de raiiser, iiuf.9 uk la ferij, Uonuine. p. tga. Kotre l'iave et le mont [ils] vont paiens encontrer, 0 les bransacerins les fisent reiiser, Ch.d'Ant. viii, )332. Comment que mou temps aie usé, M'a ma conscience acusé Et tous dis loé [conseillé] le mcillour, El tant le m'a dit et rusé Que j'ai tout soûlais refusé Pour tendre à venir à bonour, babbazan, Fabliaux, 2' édit. I, p. 410. C'est ua homs qui ment de legier Et maint prod'omme a reusé, la Rot», 3584. Si m'en vcnist miex reiiser, Mes ne pooie refuser Ce que mes cuers me commandoil, ib. 4 764. il XIV* s. Et de premier assaut l'ost des Romains les fist ruser arrere, berciieure, ^ 5U, recto. Ainsy y doi mon senlement Mettre et mon entendement, Cuers, corps, pooir et quanque j'ay; Ne je ne pris [prise] un bec de jay Ceuls qui s'en vorroient ruser (écarter], hacuaut, p. 7. Quant on ot rusé longuement [quand on se fut longuement ébattu] , Uns chevaliers isnellement Hucba le vin cl les espices, m. p. 88. Adonr ma dame jura fort Que j'iroio ; et, quant vint au fort. De li m'approchai en rusant [tergiversant], Et tous dis en moy escusanlQue ce à moi n'appartcnoit lO. p. 48. Rusez vous du chemin, car je ne puis tenir mon cheval, du cange, rujor» Par ma foi, chastelain, on ne doit pas ruser; Se je dévoie ci 0 ma gent demourer, Si n'en porrez vous jà un denier enbourcer, Guescl. 5(40. Il XV* s. [Le comte de Foix] avoit usage de ruser, de solacier et de gaber, rsoiss. u, m, 4 8. Mais plus y suis et moins ay de puissance, Et suis de tous escharnis et rusez, e. desch. Poés. mss. f* 239. Or ïeons se li boms refuse Sa femme à aucun qui la ruse [pourchasse] Plus grand de li.... ID. ib. f* 499. [Une femme] Tant se scet de la langue aidier, Qu'cle ara droit, par son plaidier, Encontre cellui qui l'accuse ; Il n'est rien que femme ne ruse, m. 16. f° 509. Des longicmps icellui Simon rusoit, frequantoit et repairoit icelle Ysabel- Ict, soubz umbre et faintise de la prendre en mariage, DU CANGE, rusore. || xvi* s. Esjouys-toi, ne te mesle de guerre ; Car tu as chief qui les haulx au bas ruse, Crainct et doublé plus que cil de Méduse, J. marot, v, 49. Ne vous fiez point en luy, il se ruse avec tous ceulx i qui il a afaire, palsgr. p. 734. Si je ne puis la combattre [une idée pressante], je luy eschappe; et, en la fuyant, je fourvoyé, je ruse, mont, ui, 299.

— ÉTYM. Provenç. rahusar, gruger (d'après Raynouard), mais plutôt tromper. Mot très-difficile. Au III* siècle, reuser signifie reculer, repousser, écarter. Au xiii*, il signifie repousser, mais il s'y joint le sens de tromper et celui de rebatlre; au XIV*, repousser, écarter, tergiverser, s'ébattre; au xV, s'ébattre, repousser, tromper, pourchasser, fréquenter; au XVI*, à côté du sens de repousser qui se trouve dans j. Marot, on a celui de avoir de la ruse. Diez a montré que rertser, congénère i l'ital. rifusar» et à l'espagn. rehu^ar, était né d'un mélange de refutare et de recusare. Lo sens primitif de reuser, qui est repousser, tient à refutare, qui signifie repousser, rejeter. Du sens de repousser, ce verbe, pris neutralement, a passé à celui de reculer, puis de s'échapper par des détours, en parlant du gibier, et finalement de tromper, ruser. Des sens accessoires à s'échapper par des détours sont tergiverser, s'ébattre; d'où sont venus aussi les sens de fréquenter une personne, la pourchasser.

t RCSECR (ru-zeur), s. m. Celui qui emploie la ruse, qui se plait à en faire usage. Comme je hais souverainement les ruseurs, j. j. rouss. Confess. x.

— IllST. IT* s. Car tant savpit de menterie, Qu'il se departoit franchement, Sans paino, de ses accuseurs, Tenir les faisoit pour ruseurs [trompeurs], El ainsi demouroil en grâce, E. desch. Poét. mtt. {• 483.

t RUSIOCIIINE (ru-zi-o-chi-n*), ». f. Terme de chimie. Produit de l'action du chlore sur le sulfate de quinine.

t RUSMA (ru-sma), i. m. Préparation dépilatoire dont se servent les Orientaux, composée principalement de réalgar et de chaux vive.

— ÉTYM. Arabe, rtisma, trace.

RUSTAUD, AUDE (ru-sl6, stô-d'), adj. Terme familier Qui tient du paysan, de la campagne. U [M. de Peruis] est ravi de votre portrait; je vou-

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drais que le mien fût un peu moins rustaud; il ne me paraît point propre à être regardé agréablement ni tendrement, sév. 7 août <675. S'il [le jeune Grignan] est bien fort, l'éducation rustaude est fort bonne, ro. <4 juill. <fi77. ||S. m. Un gros rustaud, un gros paysan. || Fig. C'est un rustaud, c'est un homme chez qui la brusquerie se joint à l'impolitesse, à la grossièreté.

— SYN. RUSTAUD, BUSTRE. On est rustaud faute d'éducation, faute d'usage, par l'habitude de vivre toujours avec des campagnards; on est rustre par caractère, jiar humeur, par goût, par caprice, par mécontentement.

— ÊTYM. Dérivé de l'anc. français ruste (voy. rustique).

t RUSTAUDE.MENT (ru-slô-de-man), adv. X la manière des rustauds. On m'a dit que vous sollicitiez de demeurer sur la frontière cet hiver; comme vous savez, mon pauvre cousin, que je vous aime un peu rustaudement, je voudrais qu'on vous l'accordât, sÉv. d Bussy, 26 nov. <obs.

■[ RnSTAUDERIlî(ru-st6-de-rie), »./■. Air, manières de rustaud. Mon air délicat serait encore la rustauderie d'un autre, tant j'avais un grand fonds de cetle belle qualité, sÉv. aa août teia. Je ne sais si ma santé ne me rendra point ma rustauderie, ID. 20 juin (676.

— lliST. XVI* s. Rustauderie, cotgrave.

t RUSTICAGE (ru-sti-ka-j'), ». m. Mortier trèsclair qu'on jette sur un mur avec un balai, pour le crépir, le rustiquer.

RUSTICITÉ (ru-sti-si-té), ». f. || 1* Manières rustiques, apparence rustique. Après que nous eûmes dîné très-bien, malgré la rusticité de mon château.... SÉV. 21 oct. 1673. La simplicité, l'oserai-jo dire, une sainte rusticité dans ces nouveaux adorateurs [les bergers] que l'ange vous amène fà Jésus, dans la crèche], boss. Élevât, sur myst. xvi, 7. Si.... Tu t'allais engager à polir un écrit.... Qui sût même aux discours de la rusticité Donner de l'élégance et de la dignité, boil. Ép. xi. J'ai peur qu'en qualité de ministre accoutumé aux cérémonies il n'ait été un peu choqué de ma rusticilé, volt. /.«((. Mme du Deffant, b juin t772. || î* Manières rustiques poussées iusqu'à la grossièreté. Il semble que la rusticité n'est autre chose qu'ignorance grossière des bienséances, la brut. Théophr. iv. C'est rusti- 1 cité que de donner de mauvaise grâce ; le plus fort et le plus pénible est de donner; que coûtet-il d'y ajouter un sourire T ID. tiii. Refuser des présents en gibier d'un prince du sang, qui de plus met t*nt d'honnêteté dans l'envoi, est moins la délicatesse d'un homme fier qui veut conserver son indépendance, que la rusticité d'un mal-appris qui se méconnaît, j. j. rouss. Conf. x. || 3» Terme d'agriculture et de jardinage. Rusticité d'une plante, qualité qu'elle a de ne pas craindre les intempéries des saisons.

— f.TYM. Provenç. rusticital, rustat; espagn. nuti'cidad; ital. rusticilà; du lat. rusticitatem, de rusticus, rustique.

t RUSTINE (ru-sti-n'), ». m. Face de derrière d'un creuset dans lequel on affine la fonte. Celle [la face] par oii sort la matière en fusion s'appelle le devant du fourneau ; celle qui lui est opposée, et par où on porte la mine dans le fourneau se nomme pied de rustine, ou, simplement, rustine, Dict. dt$ or(* e( met. Forger.

BCSïlÇtUE (ru-sti-k'), adj. \\ !• Qui appartient aux manières de vivre de la campagne. Je vois bien que vous n'êtes pas né pour vous reposer, et que nos plaisirs rustiques ne méritent pas d'amuseruns imede la forme de la votre, balz. Lett. il, liv. Tl. Ajouter quelques politesses de l'art aux agréments rustiques de la nature, fléch. le Tellier. Une table, au retour, propre et non magnifique. Nous présente un repas agréable et rustique, boil. Ép. VI. On dirait que Ronsard, sur ses pipeaux rustiques, Vient encor fredonner ses idylles gothiques, tD. Art p. n. Vous n'aimez pas la chose rustique, et j'en suis fou; j'aime mes bœufs, je les caresse, ils me font des mines, volt. Lett. d'Argental, t9 mars 476(. Il y a certaines chansons rustiques qui conviennent aux bœufs, par préférence i, toutes autres, et ces chansons renferment ordinairement le» noms des quatre ou des six bœufs qui composent l'attelage, buff. Suppl. à l'hist. nol. IKuv. t. XI, p. 494. Avant que l'art eût façonné nos manières et apprit i nos |>assions i parler un langage apprêté, nos mœurs éUienl rustiques, mais naturelles, ;. J. bouss. Dite, réiabl. des sciences. Il Maison rustique, ensemble de tous les objets indispensables au cultivateur. || La Maison rustique,

titre d'un ouvrage d'agriculture. || S. m. Le rustique, ce qui est rustique. || La Fontaine a écrit rustic : Nous autres gens aurions voulu peut-être Du délicat ; ce rustic ne m'eût plu, la Jument. Il 2° En parlant des personnes, qui a un caractère d'homme de la campagne. Je suis rustique et fier, et j'ai l'âme grossière, noiL. Sat. i. || S. m. Paysan, campagnard. Eh quoi I cette musique [de Philomèle] Pour ne chanter qu'aux animaux. Tout au plus à quelque rustique! la font. l'abl. m, tB. Le rustique une fois marié peuplera infiniment, mon- TESQ. te», pers. 122. Qui pense à ces paysans laissés en Russie? ces rustiques sont-ils contents d'avoir été à la grande bataille sous les murs de Moscou? CUATEAUBR. Mémoires, t. vi, p. io4. Il 8" Terme d'agriculture et de jardinage. Se dit des arbres, des plantes qui bravent le chaud et le froid, la sécheresse et l'humidité, ou de végétaux exotiques qui supportent le climat comme s'ils étaient indigènes. || 4* Inculte, sauvage, sans art. Apprends qu'on devine Dans ces rustiques lieux ton illustre origine, volt. Scythes, l, 3. Je garde pour asile une maison rustique, m. j. chén. Gracques, II, 3. Virgile.... était faible do corps, rustique d'apparence, ciiateaub. G^nie, 11, 11, io. \\ Dans les parcs, dans les jardins, banc, siège rustique, banc, siège taillé ou façonné avec une sorte de simplicité rustique. || B* Terme de charpente. Se dit du bois dont les fibres sont ondulées, tortues et nouées les unes avec les autres; plus souvent rebours. Comme ils [les ébénistes] emploient des bois durs et pleins de nœuds, qu'ils appellent bois rustiques, ils ont des rabots autrement disposés que dans la menuiserie ordinaire, Dict. des arts et met. '^b^ntsfe. Il 6° Terme d'architecture. Ouvrage, genre rustique, ouvrage en pierres brutes ou imitant les pierres brutes. || L'ordre rustique, ou, substantivement, le rustique, celui dont les colonnes et l'entablement sont travaillés de manière à présenter une apparence brute, par un bossage uni ou piqué. Le palais du Luxembourg, à Paris, offre un exemple de l'ordre rustique. || 7° Fig. Grossier, impoli, rude. Mais, direz-vous, j'ai à converser avec cetle sœur qui est d'une humeur si rustique et si incivile, qu'il me faut toute ma patience, pour no la choquer ni rebuter quand elle est dans sa mauvaise humeur, boss. Instruct. aux ursul. sur le silence, 2. || 8° Langue latine rustique, langue romaine rustique, se dit du latin corrompu qui se parlait dans les pays latins, après l'invasion des barbares.

— HIST. xii* s. Fièrent Franzois par ruistes poestez, Ronc.'f. 69. || xiii* s. I ot maint ruiste cop doné, Et moût en i ot de receu, Ben. v. 2722B. || xiv' s. Deux pastours acoustumé à user de ferremens rustiques et non pas d'armes, bercheure, f' 20, verso. Li chevaliers chantoient et disoient rimes et vers rustiques et mal composées, en quelles il reprenoient le consul, lu. f° 93, verso. \\ xvi* s. Desjà pourtant je faisois quelques noltes i)e chant rustique.... MAROT, i, 216. Rustique séjour, st-gel. 209. En l'ancienne Rome, Testât rustique devançoit l'urbain ; là les premières places estoient pour les rustiques, 0. de serres, 257.

— ÉTYM. Provenç. ruste, et rustic, rostic; catal. rustic; espagn. et ital. rustico ; du latin rusticus, qui vient de rus, campagne. Rusticus, avec l'accent sur ru, avait donné ruste, ruiste ; rustique a été refait sur le latin au xiv* siècle.

RUSTIQUE, ÊE (ru-sti-ké , kée), part, passé de rustiquer. Pierres rustiquées. || Se dit d'une coquille bivalve, quand les côtes perpendiculaires dont sa surface est garnie se trouvent coupées en travers par des stries d'accroissement.

RUSTIQUEMENT (ru-sti-ke-man) , adj. D'une manière rustique. Notre Emile, plus rustiquement élevé, et à qui nous donnons avec tant de peine une conception dure, n'écoutera rien de tout cela, J. J. ROUSS. Ém. m. |{ D'une manière grossière. 11 parle rustiquement.

— HIST. XVI* s. Rustiquement, monet, Dict.

— ÊTYM. Rustique, et le suffixe ment; ital. ruslicamente.

RUSTIQUER (rus-ti-ké), V. a. Je rusliquais, nous rustiquions, vous rustiquiez ; que je rustique, que nous rustiquions, que vous rustiquiez. Terme d'architecture. Travailler ou crépir la surface d'une construction dans le genre rustique. || Rustiquer des pierres, les tailler do manière à leur donner une apparence brute en les piquant avec la pointe du marteau.

— ETYM. Rustique. Dans le xvi* siècle, rusiiquer voulait dire être a la campagne, du lat. rusticari.

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