‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 87 sur 754 · SA · texte numérisé non relu

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humains ; Pour un plus noble usage il réserve se» saints, rac. Esth. i, 3. Souvenez-vous que le» saints ont été dans tous les siècles des hommes singuliers, mass. Carême, Pet. nombre des élus. Il La communion des saints, la communication mutuelle de biens spirituels entre tous les membres de l'Eglise, sur la terre, au purgatoire, au ciel. Il Par extension. Un des saints du paganisme, j. b. Rouss. Odes, II, 2. Il Dans un sens analogue. Sénèque était le saint de Diderot. || Les saints de glace, saint Mamert, saint Pancrace et saint Servais, dont les fêtes tombent au 4 4, 42 et 4 3 mai, jours auxquels, dans le centre de la France et de l'Allemagne, il se fait souvent sentir des froids insolites. || C'est un pauvre saint, c'est un saint qui ne guérit de rien, se dit d'un homme qui a peu de crédit. || C'est un petit saint de bois, se dit d'un hypocrite. || C'est un saint qu'on ne chôme plus, se dit en parlant d'une personne qui n'a plus d'influence, de crédit. L'honneur est un vieux saint que l'on ne chôme plus, RÉGNIER, XIII. || Familièrement. De petits saints, des personnes qui affectent l'apparence de sainteté. Tous les gens querelleurs, jusqu'aux simples mâtins. Au dire de chacun étaient de petit» saints, LA FONT. Fabl. vu, 4 . Le chat et le renard, comme beaux petits saints, S'en allaient en pèlerinage, ID. ib. IX, 44. Il Le saint du jour, se dit d'un homme qui esta la mode ou en crédit depuis peu. Il Une sait à quel saint se vouer, voy. vouer. || Prêcher pour son saint, louer, vanter une chose, une personne en vue de son intérêt personnel. || Mal de saint, l'épilepsie ; on dit aussi mal Saint-Jean. Si c'était mal de saint ou de fièvre quartaine, Régnier, So<. XI. Il Feu Saint-Antoine, voy. feu 4, n"37. Il Ile des saints, l'Irlande. || Les saints, noms que se donnaient les puritains durant la révolution d'Angleterre et sous Cromwell. || Saints du dernier jour, titre que se donnent les mormons, sectaires américains. || 7" Chez les Juifs, le saint, l'espace qui était avant le saint des saints. Le voile séparera le saint d'avec le saint des saints, saci. Bible, Exode, xxvi, 33. || Le saint des saints, la partie la plus profonde et la plus sacrée du tabernacle, et ensuite du temple de Salomon, celle on l'arche était renfermée. || Fig. L'homme n'habite que dans les parois les plus extérieures de ce temple où il adore le grand Être ; il ne lui est point permis de pénétrer dans le sanctuaire, bien moins encore dans le saint des saints, bonnet, Paling. XII, 8. Il 8" Le Saint des saints, Dieu. Avoir une dévotion pure et solide pour celle qui a été la mère du Saint des saints, bourdal. Instr. Octave de l'Assompt. Exhort. t. ii, p. 304. Dieu, qui est le Saint des saints, n'est avec les pécheurs et le» impies que par la nécessité de son être, id. 6* di'm. après l'Epiphan. Dominic. t. i, p. 223. Jésus-Christ sera grand, parce qu'il sera le Saint et le fils de Dieu, MASS. Pet. carême. Grand. deJ. C. || 9° Sciint se joint par un trait d'union avec les noms de saint, et signifie le jour où l'on célèbre la fête du saint ; il est féminin. La Saint-Jean, la Saint-Pierre, etc. || Les herbes de la Saint-Jean, voy. herbe, n° 4 . || L'église Saint-Germain, l'église Saint-Gervais, et, absolument, au masculin, Saint-Germain, Saint-Gervais, l'église qui est sous l'invocation de saint Germain, de saint Gorvais. Aller entendre la messe à Saint- Gervais. || On remarquera qu'alors on écrit Saint avec une majuscule, la Saint-Jean, tandis que, quand on nomme le saint, on ne met ni majuscule ni trait d'union, saint Jean. || Quand ces noms deviennent noms de localité ou autres, on les écrit comme pour la fête, c'est-à-dire avec un trait d'union et une majuscule à Saint. La ville de Saint- Germain. La prison de Sainte-Pélagie. La croix de Saint-André. L'ordre de Saint-Lazare. La rue Saint-Honoré. Le faubourg Saint-Jacques. La porte Saint-Antoine. || 10" Un saint Augustin, un saint Jérôme, etc. les œuvres de saint Augustin, de saint Jérôme, etc. || Proverbes, i chaque saint sa chandelle, pour s'assurer du succès d'une afl'aire, il faut se rendre favorable chacun de ceux de qui elle dépend. || Comme on connaît les saints on le» honore, on traite un homme suivant son mérite, son crédit. || Selon le saint l'encens, il faut proportionner l'hommage au mérite, à la dignité. Il II vaut mieux s'adresser à Dieu qu'à ses saints, il vaut mieux s'adresser au maître qu'à ses subalternes quand on veut obtenir quelque grâce. Sire, il y a dans tous les pays chrétiens un vieux proverbe qui dit : U vaut mieux avoir affaire à Dieu qu'à ses saints ; et je le crois plus vrai en Espagne que partout ailleurs, c. delav. D. Juan, V. 2.

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— msT. XI* s. Vus le suirezà feste Saint Michel, Ch. de Roi. iii. Plus valt [vaut] Mahum que scint Pcre de Rume, ib. Lxxil. Ne croit en Deu le fil jancte Marie, ib. cxil. Quant Caries oit [ouït] la sainte voiz del angle, ib. ccLxiv. Ne place Deu ne ses seinz ne ses angles, ib. CCLXX. || xm* s. Et que courront dire li ennemi Là oii 11 saint trembleront de doutance Devant celui qui onques ne menti ? ouESNES, Romancero, p. 86. Je sui cil qui trop se plaint; El mont [monde] n'a si caitif [chétif] saint, Fors moi, qui se [sa] fcste n'ait, Ane. poés. Vatic. n" U90, f" (72, dans lacurne. Moult erent [ils étaient] bone gent et de très sainte vie, Berte, lx. Par trestoz les sainz que l'en prie, Vos ressemblez le chien qui crie Ainz que la pierre soit cheiie, Ren. U3<. Li lieu saint, si sont cil qui sont dédié et establi por fere le service nostre Seigneur, beaum. xi, U. Les voisines de la mère dudit enfant [malade] li distrent : nos avons bons sains en nostre église de Saint Denis ; portez vostre enfant au tombel du benolet saint Loys, Miracles St Loys, p. U9. Oue il deust porter Mabilete [une enfant malade] au tombel du benoiet saint Loys.... que les sainz vouloient bien que l'en feist aucune chose pour eus.... «6. p. <68. ||xv" s. Tendre vous fault la main aux sains ; Tendez. — Voulentiers, beau compains. — Or jurez le saint sacrement, Vostre foy, vo baptisement,Tous les sains et toutes les saintes, Sans penser à paroles faintes, e. uesch. Poésies mss. i'. 374. Et par sa trez-saintime grâce, Li plaise envoler sanz espace. En présent, sanz aucun demour De ses sains ciex la digne flour, la Nativité de N. S. J. C. Mystère. Et ne sçavoit plus le connestable à quel sainct se vouer, comm. iv, h. Le corps de Jehan Galeas, un grand et mauvais tyran, est aux Chartreux.... et un natif deBourges .:. m'appela sainct; et je luy demanday en l'oreille pourquoy il l'appeloit sainct, et qu'il pouvoit voir peintes à l'entour de luy les armes de plusieurs citez qu'il avoit usurpées, où il n'avoit nul droit; il me respondit tout bas : nous appelons, dit-il, en ce pays icy saincts tous ceulx qui nous font du bien, m. vu, 9. |{ xvi* s. Mal saint Main [psora], paré, Introd. vi. Mal saint Vitus [chorce], m. Introd. vu. Fil saint Fiacre [sarcome], m. V, 2<. [La gangrené qui vajusqu'aux os] est appelée des Grecs sphacelos ou necrosis, des Latins syderation, et esthiomenos selon les modernes, et des vulgaires le feu Saint Anthoine ou Saint Marcel, m. x, < ) . Le saint de la ville n'est point oré [prié], H. est. Précell. p. te&. A petit sainct petite offrande, m. ib. p. 498. Saint ne peut mentir, leroux de lincy, Prov. t. i, p. 42. Quand Dieu ne veut, le saint ne peut, ID. ib. p. 43. Oublier Dieu parmi tous les saints, cotgrave. Il n'est miracle que de vieux saincts, ro. Le fleuve passé, le lainct oublié, m.

— ÉTYM. Provenç. sanct, sant, san; espagn. san, santo ; portug. santo, sao ; ital. santo ; du lat. tondus, qui est le participe passif de sandre, prescrire par loi, par précepte. Sandre est le dénominatif de sacer, sancus {semo sancus), dont l'étymologie est le radical sanscrit «oc, suivre, et quelquefois, dans le Rigvéda, adorer.

I SAINTE-ANNE (sin-tâ-n'), s. m. Marbre de Belgique d'un gris mélangé de blanc.

t SAINT-AUBINET (sin-tô-bi-nè), s. m. Terme de marine. Pont de corde qui couvre les cuisines et les marchandises.

4 . SAINT-AUGUSTIN (sin-tô-gu-stin), s. m. Terme d'imprimerie ; voy. Augustin.

f 2. SAINT-AUGUSTIN (sin-tô-gu-stin), s. m. Espèce de poire.

■j- SAINT-CYRIEN (sin-si-riin), s. m. Élève de l'école militaire de Saint-Cyr, voy. cyr (saint-).

SAINTE-BARBE (sin-te-bar-b'), s. f. Terme de marine. Emplacement qui, dans un vaisseau, contient les ustensiles d'artillerie (emplacement qui a toujours été distinct de la soute aux poudres). Il Abusivement on a dit ; mettre le feu à la saintebarbe pour : mettre le feu aux poudres, à la soute aux poudres. {| Fausse sainte-barbe, emplacemi nt sur l'avant de la sainte-barbe, où sont les chambres des officiers.

— ÉTYM. Ainsi dite parce que sainte Barbe est la patronne des canonniers, et que son image était dans cet emplacement.

SAINTEMENT (sin-te-man), adv. D'une manière sainte. Et, saintement rebelle aux lois de la naissance. Une fois envers toi manquer d'obéissance, CORN. Poly. y, 6. Le cardinal de BéruUe, plein de l'esprit de l'Église et du sacerdoce, n'a formé sa congrégation [de l'Oratoire] que dans la vue de ce

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dessein [l'unité] ; et le P. François Bourgoing l'a toujours très-saintement gouvernée dans cette mâme conduite, boss. Bourgoing. II avait résolu de vivre aussi saintement que je présume qu'il fût mort, FiicR. Turenne. Il [le prélat] tire du manteau sa deitre vengeresse ; II part, et, de ses doigts saintement allongés, Bénit tous les passants, en deux files rangés, boil. Luir. v. Ces fameux lévites.... De leurs plus cbers parents saintement homicides, hac. Àthal. iv, 3. || Ironiquement. Elle [une dame qui s'était adonnée à la dévotion] a saintement oublié son mari, sa fille, son père et toute sa famille, sÉv. B août 4 084.

— HIST. xiv s. Si li commanda [à une vestale absoute] le souverain prestre, que elle ne frequentast plus tielx [tels] jeux, et que elle se gouvernas! des ores mes plus saintement que cointement,

BERCHEURE, t° 00, t'erSO.

— ETYM. Sainte, et le suffixe ment; prov. sonctamen.1, sanhtamen; catal. santament; espagn. et ital. santamente.

SAINTE-NITOUCHE (sin-te-ni-tou-€h'), t. f.

Voy. nitouche.

SAINTETÉ (sin-te-té), s. f. || 1" Qualité de qui est saint. [Chez nous chrétiens] non pas un abaissement qui nous rende incapable du bien, ni une sainteté exempte du mal, pasc. Pens. xii, (5, éd. iiavet. S'ils [les jansénistes] disent que notre salut dépend de Dieu, ce sont des hérétiques.... s'il se fait des miracles parmi eux, ce n'est plus une marque de sainteté, c'est un soupçon d'hérésie, ID. ib. xxm, 27. Si, selon la doctrine de ce grand apôtre [saint Paul], on trouve la sainteté dans les emplois les plus bas.... boss. le Tellier. Est-ce que la sainteté n'est pas la vocation générale de tous les fidèles ? est-ce que pour être sauvé il ne faut pas être saint? mass. Carême, Pet. nombre des élus. Les Juifs se regardent comme la source de toute sainteté et l'origine de toute religion, MONTESQ.ieW. pers. 60. || Maisons de sainteté, les couvents. Il me semble que cela [l'annonce de la ruine de Jérusalem] prédit parfaitement le temps où nous sommes, où la corruption de la morale est aux maisons de sainteté, et dans les livres des théologiens et des religieux où elle ne devrait pas être, pasc. Lett. à Mlle de Roannez, 9. Il II se dit par excellence en parlant do Dieu. La sainteté est en Dieu une incompatibilité essentielle avec tout péché, avec tout défaut, avec toute imperfection d'entendement et de volonté, boss. Êlév. sur myst. i, 4t.||a° Qualité de ce qui est saint. Mais, pour vous dire tout, la sainteté des lieux.... Le rendant [un serment] et plus saint et plus inviolable, corn. Théod. ii, 4. Et vous, doctes interprètes des lois, fidèles dépositaires de leurs secrets, et implacables vengeurs de leur sainteté méprisée, BOSS. le Tellier. Justice envers les peuples, charité envers les misérables, sévérité envers les méchants, tendresse envers les bons ; voilà les principes sur lesquels saint Louis a fondé la gloire et la sainteté de son règne, fléch. Panég. de saint Louis. Qu'à l'instant hors du temple elle [Athalie] soit emmenée, Et que la sainteté n'en soit pas profanée, RAC. Athal. V, 7. La sainteté du mariage, MONTESQ. Esp. XXVI, 9. || 3° Titre dont on se sert en parlant du pape ou en parlant au pape (avec une majuscule à Sainteté et à l'adjectif possessif). Il plaira à Votre Sainteté. Le jubilé que Sa Sainteté a accordé. || Autrefois ce titre se donnait aux évêques et même aux prêtres. Le pape donna, par ses lettres et par ses légats, le titre de Votre Sainteté au patriarche Photius [de Constantinople], VOLT. If œurs, 34. Il Ce titre se donnait aussi aux empereurs de Constantinople. On appelait l'empereur de Constantinople Sa Sainteté ; on voit dans l'histoire que souvent Sa Sainteté était un trèsméchant homme, saint-foix, Ess. Paris, Œuvr. t. IV, p. 4 82, dans pougens. || Votre Sainteté, se dit par plaisanterie à une personne qui a la prétention de devenir sainte. Besoin n'était que Votre Sainteté, Ce lui dit-on, traversât ces campagnes, LA FONT. Diable.

— HIST. xu' s. La grandece de glorie de la tue sainteed [ils] parleront, e la tue grandece recunterunt. Liber psalm. p. 224.||xni' s. Seinteez et grandece sunt en la seinte fiance de lui [Dieu], Psautier, f' 416. Ysaies fu hom de giant santité, BRUN. LATINI, TrésoT, p. 57. Que il pleust à Sa Sainteé [il s'agit d'un évêque]... du canoë, sanclitas. La sainteé de si dévot prince [Louis IX], Miracles St Loys, p. 4 21. Il xv s. [Saint Louis] Ce est li glorieus patrons Qui par ses prières protège Ledit royaume, et qui l'alege De pluseurs maulx par sa

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sainte, B. DESCB. Poésies mt*. f 65». || xvi* s. Mesines en avoit escrit à la Saincteté du pape, lequel luy avoit promis un chapeau pour un de ses lervi-

leurs, M. DU BELL. 33.

— ETYM. Prov. tatutilat, tanetetat ; cat. fantolod; espagn. tantitad; ital. tanlUà; du lat. Mfl«titalem, de tanctus, saint.

t SAINT-GALL (sin-gal), f. m. Sorte de poire SAINT-GERMAIN (sin-jèr-min), ». m. Voy. oea-

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