‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 88 sur 754 · MAIN (SAINT · texte numérisé non relu

MAIN (SAINT

t SAINT-LEU (sin-leu), ». m. Voy. leu.

t SAINT-SAMSON(sin-san-son), ». m.Voy. samson.

t SAINT-SI.MONIEN, lENNE (sin-si-mo-niin, niè-n'), ». m. et f. Partisan de Saint-Simon. Quand il s'agit de me donner un grade parmi les saintsimoniens, beybaud, Jérôme Pâturât, ii. \\ Àdj. Qui appartient à Saint-Simon ou à ses doctrines. Les fonds saint-simonicns marchaient vers une baisse, et Malvina pressentait une déconfiture prochaine, ID. 16. II.

t SAINT-SIMONISME (sin-si-mo-ni-sm*), ». m. Système philosophique et social de Charles Henri comte do Saint-Simon, mort en 4825, qui consiste surtout en ce que tous les individus de l'espèce humaine doivent être associés et rangés selon leurs capacités; il devint religieux entre les mains do SCS disciples. || la réunion de ceux qui en 4834 et 4832 voulaient appliquer le système de Saint- Simon. Quand je me décidai à entrer dans le saint-simonisme, la religion avait déjà revêtu l'habit bleu-barbeau, reybaud, Jér. Pâturât, n-

SAÏQUE (sa-i-k'), s. f. Terme de marine. Nom d'une espèce de vaisseau du Levant qui n'a ni misaine, ni perroquet, ni haubans, mais qui porte un beaupré, un petit artimon, et un grand mât avec son hunier d'une hauteur extraordinaire. Elle [la petite flotte de Pierre le Grand] battit les saïques turques envoyées de Constantinople, et en prit quelques-unes, volt. Russie, l, 8.

— ETYM. Turc, shàica. Il y a en provençal tagetia, en espagn. saetia, en ital. saettia qui désignent un bâtiment léger et qui paraissent venir d'un mot arabe ; en tout cas ce n'est pas la saxque qu'ils désignent.

SAISI, lE (sé-zi, zie), part, passé. || !• Pris par une étreinte vigoureuse ou subite. Le voleur saisi au moment où il s'échappait. Eh bien ! Valérius, Ils sont saisis sans doute? ils sont au moins connus? volt. Brutus, v, 3. || 2° Retenu par acte de saisie. Ses meubles sont saisis. La partie saisie. Ma plume se refuse au détail de-ce que le public de Buenos- Ayres prétendait avoir été trouvé dans les papiers saisis aux Jésuites, bougainville, Yoy. t. i, p. 204. Il Tiers saisi, celui entre les mains duquel on a fait une saisie-arrêt, une oppcsition. || Substantivement. Le saisi, le débiteur sur lequel on a fait une saisie. Le saisi et le saisissant. || 3' Muni, nanti. Le

voleur a été trouvé saisi du vol Le greffe

tient bon, Quand une fois il est saisi des choses, LA FONT. Or. 114" Saisi d'une affaire, qui a à décider cette affaire. Le pape, saisi de l'affaire, envoya en France un légat, le cardinal Ives.... brial, Instit. Mém. inscr. et beÛes-lett. t. vi, p. B80. Lorsque les saints entraient en séance à Westminster, ils récitaient des prières, cherchaient le Seigneur des journées entières, et expliquaient l'Ecriture : cela fait, ils s'occupaient des affaires dont ils se croyaient saisis, chateaubh. Stuarts, Protectorat. Il 5» Qui s'est emparé de. Aufide, Des portes du palais saisi pour ce perfide. En fait votre prison, e^ lui répond de vous, corn. Sertor. v, 3. || 6° Fig Qui est captivé, dominé par quelque chose. Vou» m'en voyez moi-même, en cet heureux moment, Saisi d'horreur, de joie et de ravissement, rac. Iph. v, 6. J'avais tantôt rempli d'amertume et de fiel Son cœur, déjà saisi des menaces du ciel, œ. Athal. m, 3. Je me sentis saisi de respect et de honte, quand j'approchai de ces vieillards, fén. Tél. V. Il 11 se dit d'une maladie en un sens analogue. Si j'ai jamais eu un moment de désespoir dans ma vie, je crois que ce fut celui où, saisi d'une fièvre violente, je sentis que mes idées se brouillaient, chateaubh. Itin. 4" part. || 7* Frappé subitement d'une vive émotion. Le roi [Louis XI].... fit arrêter le duc de Nemours à Cariât; la duchesse, qui était en couche, en fut si saisie qu'elle en mourut, DUCLOS, Œuvr. t. m, p. 4 70. Jacquaut s'en aperçut, et voilà son petit cœur saisi de douleur et de crainte, marmontel, Cont. mor. Jfou». m^re. || Absolument. Ce pauvre doyen pénétré de douleur, le cœur saisi, disant la messe pour ce frère que voilà dans l'église.... tout mort dans ce cercueil, sÉv. 4 janv. 4600. X la vue de tant d'objeU funèbres la

SAI

nature se trouve saisie, flé^k, Xme d'Aiguillon. Amazan ne put parler, il était trop saisi, trop en fureur, volt. Ilabylone, II. En disant ainsi, le bon vieillard était tout saisi, ses yeux paternels se remplissaient de larmes, j. i. Rouss. Lév. d'Éphr. i. SAISIE (sé-zie), s. f. \\l' Terme de procédure. Acte d'un créancier qui, pour la sûreté d'une dette, met sous la main de justice les meubles ou immeubles de son débiteur. || L'acte même par lequel une saisie est juridiquement faite. L'huissier chargé de la saisie. Procéder à une saisie. Donner mainlevée de la saisie. || Saisie immobilière, anciennement saisie réelle. Il n'y a que dix-huit ans que le bien de ces orphelins est aux saisies réelles, volt. Dial. 2. 1| Saisie foraine, saisie, faite par le créancier, des effets trouvés dans sa commune, qui appartiennent à son débiteur forain. Il Saisie conservatoire, espèce de saisie préalable, avant décision judiciaire. || Saisie-arrét, opposition par laquelle un créancier arrête dans les mains d'un tiers les sommes ou effets appartenants à son débiteur. Il Saisie-brandon, saisie des récoltes et fruits pendants par branches et racines. || Saisieexécution, saisie des meubles. || Saisie-gagerie, saisie des objets qui peuvent servir de gages pour le prix d'une ferme, d'un loyer, tels que les meubles meublants. || Saisie-revendication, saisie des effets mobiliers, sur lesquels on prétend un droit de propriété ou de gage privilégié. || Saisie sur soi-même, saisie qu'une personne, qui réunit les deux qualités de créancière et de débitrice, fait entre ses mains des deniers qu'elle doit à son propre débiteur. || 2° Mise sous la main de justice des choses qui sont l'objet d'une contravention, ou les preuves d'un crime, d'un délit. Saisie d'objets prohibés, de marchandises de contrebande , de pièces de conviction, etc. || 3° Terme de marine. Capture ou prise d'un navire neutre.

— HIST. ivi* s. Les seigneurs censiors et rentiers peuvent procéder par saisie sur les héritages sujets à cens et rentes, loysel, 524. Est la saisie du seigneur préférée à toules autres [privilégiée], id. 679. Pour saisie brisée, il y a amende de 60 sols, m. 827. - —

— ÉTYM. Saisi.

SAISIE-ARRÊT, SAISIE-BRANDON, SAISIE- EXÉCUTION, SAISIE-GAGERIE, SAISIE-REVEN- DICATION, t. f. Voy. SAISIE.

SAISINE (sé-zi-n'), $. f. \\ 1° Terme de jurisprudence. Il se dit de la prise de possession ou de l'investiture qui appartient de plein droit à un héritier ; et, en général, de la possession où l'on est d'un bien. Les créanciers d'une succession doivent s'adresser à celui qui en a la saisine. || Dans l'ancien droit, complainte en cas de saisine et de nouvelleté, action qu'on intentait pour être maintenu dans la possession d'un immeuble, ou y être réintégré. |1 2» Saisine s'applique aussi à la prise de possession, sans investiture du droit de propriété, par les exécuteurs testamentaires. Le testateur pourra nommer un ou plusieurs eiéculeurs testamentaires. — Il pourra leur donner la saisine du tout ou seulement d'une partie de son mobilier, mais elle ne pourra durer au delà de l'an et jour à compter de son décès. Code Nap. art. <02B et 4020. Il 3° Terme de jurisprudence féodale. Droit de saisine, le droit dû au seigneur pour la prise de possession d'un héritage qui relevait de lui. Il 4° Terme de marine. Sorte d'allaches qui servent à opérer un remorquage. || Saisine ou risse, cordage dont op se sert pour attacher sur le pont la chaloupe ou une autre embarcation.

—- HIST. iiii* s. Et ki briseroit saisine faite par eskevins, il seroit à soixante livres de forfait, tailuar. Recueil, p. 217. Je si vous ai donné mon cuer. Que, tant que je vive, à nul fuer. Autres n'en sera en saisine, Bl. et Jeh. (849. Sire, jedemant à avoir le [la] saizine de tel héritage qui siet en tel liu, BEAUM. VI, t. Il XV s. Et en prindrent [du château] les maréchaux de l'ost possession et saisine de par le roy d'Angleterre, froiss. i, i, 58. || xvi* s. En toutes saisines [contestations pour la propriété] le possesseur est de meilleure condition, loïsel, 74). Dessaisine et saisine faite en présence de notaires et témoins vaut et cquipoUe à tradition et délivrance de possession, ro. 746. Depuis qup Dionysius eut abandonné la philosophie.... ils [les flatteurs) furent incontinent cspris d'une haine des lettres, oubUance de toute honiiestcté, et saisine de toute sottie, auyot, Comm. dite, le /loK. (5

— ÉTYM. Voy. saisir; prov. saxina, tâixina, tadina.

SAISIR (sé-zir), v. a. || !• Prendre avec vigueur,

SÂI

avec effort et tout d'un coup. Saisir quelqu'un par le bras. Mon ordre porte encor de saisir votre épée, HOTR. Bélis. v, 4. Je suis une ombre i ton service. Et non pas un corps qu'on saisisse, scabr. Yirg. y. Qu'on le saisisse, Oui, lui-même, Pharnace, allez ; et de ce pas Qu'enfermé dans la tour on ne le quitte pas, rac. Milhr. va, 2. [Lors de l'enterrement de Henri IV] les gardes saisirent un conseiller qui faisait résistance [le parlement voulait précéder les évêques] ; c'était Paul Scarron, le père du fameux poète burlesque Paul Scarron, plus célèbre encore par sa femme, volt. Hist. pari. XLv. L'athlète Cléomède entra dans une école destinée à l'éducation de la jeunesse, saisit une colonne qui soutenait le toit et la renversa, bar- TiiÉL. Anach. ch. 38. || Fig. Je suis homme à saisir les gens par leurs paroles. Et J'ai présentement besoin de cent pistoles, mol. Éc. des fem. i, 8. Il 2° Prendre un objet pour le tenir, pour s'en servir ou pour le porter. Le manche de cet outil est trop gros, on ne peut le saisir. Saisir une marmite par les anses. || Fig. Saisir le moment, l'occasion favorable, en profiter. Les Romains, saisissant l'occasion de leur ressentiment [des Etoliens] ou plutôt de leur folie, firent alliance avec eux, MONTESQ. Rom. 5. Je saisis cette occasion pour apprendre à cinq ou six lecteurs qui ne s'en soucient guère, que l'article Messie, imprimé dans le grand dictionnaire encyclopédique.... n'est pas mon ouvrage.... volt. Mél. liU. à M. de la Harpe. Pour étouffer les révolutions, il est un premier moment qu'il faut saisir, raynal, Uist. phil. xviii, 43. Il On dit dans le même sens : saisir un avantage. Je suis vaincu; Pompée a saisi l'avantage D'une nuit qui laissait peu de place au courage, RAC. Hithr. n, 3. || Saisir un prétexte, s'en servir, s'en autoriser. || 3° S'emparer de, occuper en force. Envoyez des soldats à chaque coin des rues; Saisissez l'Hippodrome avec ses avenues, CORN. Iléracl. m, 4. Nous saisissons la porte, et les gardes se rendent, ro. ib. v, 7. Pendant deux nuits il avait fait une incroyable diligence pour faire le tour d'une montagne presque inaccessible dont les alliés avaient saisi presque tous les passages, FÉN. Tél. XVI. Il 4° Unir, agglutiner. De gros sables qui furent saisis et agglutinés par la pâte d'argile, buff. Uin. t. Il, p. H4.|| Terme de marine. Lier étroitement deux objets par des cordages ou de toute autre façon. || 5° Fig. Embrasser par le regard, s'emparer par le coup d'oeil. La peinture saisit son objet en action, mais ne le présente jamais qu'en repos, marmontel. Élém. lilt. Œuv. t. IX, p. 408. Ses yeux ont d'un regard saisi le monde enti«r, delille, Parad. perdu, m. || 6° Fig. Comprendre, discerner. Le traducteur a mal saisi le sens de son auteur. Ce qu'on doit ne point voir, qu'un récit nous l'expose ; Les yeux en le voyant saisiraient mieux la chose ; Mais il est des objets que l'art judicieux Doit offrir à l'oreille et reculer des yeux, boil. Art p. m. Comme nous saisissons aisément ce qui est simple et bien ordonné et que nous apercevons sans peine les rapports des parties qui font l'ensemble.... dumarsais, Œuvr. t. v, p. 38. La plupart des jeunes gens, les plus vifs et les moins pensants, qui ne voient que par les yeux du corps, saisissent cependant merveilleusement le ridicule des figures, buff. Disc. nat. anim. Œuv. t. V, p. 364. 11 y a un âge pour bien saisir l'usage du monde, j. j. rouss. Ém. iv. Il [Dieu] est le principe de tout; il est impassible, invisible, incorruptible, il n'y a que l'entendement qui le saisisse, dider. Opin. des anc. philos. {Pythagorisme). On entend par visible ce qui est fait pour être aperçu par l'œil, et M. Hutcheson entend par beau ce qui est fait pour être saisi par le sens interne du beau, id. Œuv. t. u, p. 413, dans pougens. Il n'a pas saisi ce principe si bien développé par Locke, Hobbes, CondiUac, que nous recevons nos idées par nos sensations ; mais il l'entrevoit, cuaupagne, Instit. Mém. se. mor. et pol. t. m, p. 88. Il 7° Il se dit d'une attaque vive de maladie, d'une impression sur les sens. Un parfum saisit agréablement notre odorat quand nous y pensons le moins, fén. t. m, p. 282. A ces dernières paroles [d'une harangue au roi] la voix lui manqua [à l'avocat général Servin] ; une apoplexie le saisit, et on l'emporta expirant, volt. Uist. pari. ïlix. Le soir la fièvre me saisit; mon domestique se sentit frappé en même temps que moi, marmontel, Mém. IX. Il Fig. Un vertige soudain saisit les éléments, c. DELAv. Pana, iv, 7. |{ 11 se dit de l'impression soudaine du froid. Le grand air l'aura saisi, beauharch. Barb. dt Sév. m, la. || S* Fig. Mettre sous

SAI

l'impression vive et soudaine de quelque sentiment, de quelque passion, de quelque vue. L'impérieuse aigreur de l'âpre jalousie. Dont en secret dès lors mon âme fut saisie, corn. Sertor. i, ^ Fuyez donc les fureurs qui saisissent mon âme, m. Nicom. v, 7. Considérez la pieuse reine devant les autels ; voyez comme elle est saisie de la présence de Dieu, boss. MaT.--Thér. Les cœurs sont saisis d'une joie soudaine par la grâce inespérée d'un beau jour d'hiver, id. ib. Une sainte frayeur des jugements de Dieu le saisissait; on voyait sa foi dans ses yeux et dans ses paroles, flécu. Duc de Mont. C'est lui 1 d'horreur encor tous mes sens sont saisis, bac. Athal. n, 7. Que, malgré la pitié dont je me sens saisir. Dans le sang d'un enfant je me baigne à loisir? ro. Andr. i, 2. Va voir si la douleur ne l'a point trop saisie, ro. Bérén. m, 4. L'épouvante saisit les cœurs, fén. Tél. xvi. Veut-il [Homère] peindre deux hommes que personne ne puisse méconnaître et qui saisissent le spectateur, il vous met devant les yeux la folie incorrigible de Paris et la colère implacable d'Achille, id. t. xxi, p. 208. Il y a de certaines idées d'uniformité qui saisissent quelquefois les grands esprits, montesq. Esp. XXIX, (8. Cette formule criminelle digne tout au plus de Grégoire VII ou de BonifaceVIII, et dont la seule lecture nous saisit d'indignation: Nous réhabilitons Henri dans sa royauté [Henri IV], volt. Frag.sur l'hist. xvi. Tout ce qui saisit l'imagination des hommes ne leur permet pas une justice si exacte, duclos, Consid. mœurs, u. Je n'avais point encore été saisie par une affection qui pût me dominer, stael, Corinne, xiv, 4. || Absolument. Voilà ce qui surprend, frappe, saisit, attache, hoil. Art p. ui. Se précipitant entre les hommes et les chevaux, ils [les montagnards écossais, à Preston-Pans] tuent les chevaux à coups de poignards, et attaquent les hommes le sabre à la main; tout ce qui est nouveau et inattendu saisit toujours, VOLT. Loui't XV, 24. || 9° Être saisi, être frappé subitement de douleur ou de plaisir ou d'étonnement. Je suis encore tout saisi de cette nouvelle. Elle a été si excessivement saisie de ce procédé, qu'elle en est devenue une image de Benoit, SKV. 400. Mme de Chaulnes fut saisie du refus de ma mère; elle se tut, elle rougit, elle s'appuya, CH. DE sÉviGNÉ, dans sév. 2b juin. (689. Il 10° Faire une saisie, retenir par voie de saisie. L'huissier a saisi son mobilier. Ce fut alors que ce roi, le vainqueur et le père de ses sujets [Henri IV], ordonna qu'on ne saisirait plus, sous quelque prétexte que ce fût, les bestiaux des laboureurs et les instruments de labourage, volt. Pol. lég. Diatribe à l'aut. des Éph. M. l'abbé Terrai me saisit tout le bien libre que j'avais en rescriptions, les seuls effets dont je pusse disposer, ro. Lett. Florian, 2( mars 1770. Aucun livre ne peut entrer en France sans être saisi par les commis, qui se font depuis quelque temps une assez jolie bibliothèque, ID. Lett. à Mme du Deffant, 6 janv. <7G4. J'apprends par une lettre de mon père que ma malle a été saisie et confisquée aux Rousses, bureau de France sur les frontières de Suisse, j. j. rouss. Con[. V. On s'était attendu, en saisissant les biens des jésuites dans cette province [Bueno*- Ayres], de trouver dans leurs maisons des sommes considérables ; on en a néanmoins trouvé fort peu, bougainville, Yoy. t. i, p. 201. J'ai de la fraude en pacotille Qu'à la barrière on saisirait, BÉRANO. Portrait. \\ Absolument. Permis de saisir. Pour vendre, chez le vieux Rémi On saisissait avant l'aurore, bérang. Jacques. || 11° Mettre en possession de. Vous régnez en ma place, et les dieux l'ont souffert ; Je dis plus, ils vous ont saisi de ma couronne, cokn. Œd. 11, (. Et ceux qu'aura ma mort saisis de mon emploi. S'instruiront contre vous, comme vous contre moi, id. Sertor. m, 2. Il Terme de jurisprudence. Le mort saisit le vif, l'héritier est immédiatement investi des biens du défunt. Il 12° Saisir un tribunal d'une affaire, la porter devant lui. Us [les jésuites] disaient pour se défendre, que l'Eglise universelle était saisie de leur cause par l'appel qu'ils avaient fait au futur concile, d'alemb. Destr. des jés. Œuv. t. v, p. 77, dans POUGENS. || 13" Se saisir, v. réfl. S'empoigner l'un l'autre. Nous nous saisîmes l'un l'autre ; nous nous serrâmes à perdre la respiration, fén. Tél. V. Il 14* S'emparer, se rendre maître d'une personne ou d'une chose. Il se saisit du port, il se saisit des portes. Met des gardes partout, corn. Pomp. m, ). Vous vous saisissez par vos mains De plus que votre récompense, ro. Agés, m, «.César m'a commandé de me saisir de vous, rotb.

SAI

Bélit. V, 4. S dix heures du soir, ils [des partisans ennemis qui s'élaient avancés jusque près de Versailles] aperçurent sur le pont de Sèvres un carrosse à six chevaux, aux armes du roi [Louis XIV] et des gens avec sa livrée; c'était M. de Beringhen, premier écuyer, dont ils se saisirent, croyant que c'était M. le Dauphin, saint-foix, Ess. Paris, (Eut), t. m, p. 7a, dans pougkns. L'ordre fut donné do se saisir d'Avignon et de tout le coratat Venaissin, volt. Louis XV, 30. || Fig. Et vous TOUS saisissez d'un prétexte frivole Pour vous autoriser à manquer de parole, mol. Tart. u, 4. Il 1B° Fig. Il se dit dans un sens analogue avec un nom de chose pour sujet. Tu n'as fait, lui dit-il [à Dieu], que dclourncr ta face, Et le trouble aussitôt s'est saisi de mon cœur, corn. Imit. Il, 9. Qui ne voit que l'esprit de séduction s'est saisi de leur cœur? Boss. Hisl. ii, o. Afin que la séduction se saisisse à la fois des sens, de l'esprit et de l'âme, MARMONTEL, Oiuti. t. VIII, p. 275. || IB' Évoqucr devant soi une afl'aire. On se divisa, et le parlement d'Angleterre se saisit de la contestation, haynal, Uist. phil. XIV, 22. Il 17° S'émouvoir, être saisi. Cet homme se saisit au moindre contre-temps qui lui arrive. Ne félonne donc point de cette jalousie Dont à ce froid aQ)ord mon àme s'est saisie, corn. Sùiihon. II, i. Le beau vous touche, et ne seriez d'humeur  vous saisir pour une baliverne, rac. Épig. sur la Judith de Boyer.

— HIST. XI" S. Guencs li quens l'ad dessuz lui saisie [la lance], Ch. de Roi. Lv. Ne il n'en fut [du fief] ne vestut ne saisit, ib. ccxxxi. || xii* s. Car nessuns hom [nul homme], puis k'amours l'a saisi. Ne devroil jà si grief faix entreprendre [que la croisade], Couci, XXIV. Pour quoi Mancel [les Manceau,x] ne fussent de lor vies saisi [maîtres de la vie des messagers], Sax. xxrv. Tut saisi [le roi] en sa main e terres e mustiers, Th. le mart. 64. Les cordes de enfern [l'enfer] me unt lied, et les laz de mort m'unt saisid, Rois, p. 205. || xiu" s. Et sesist ohascun de la terre endroit soi ce qu'il pot, villeh. cxn. Et quant je serai saisis de ma terre et de ma cité, m. cxvi. [Pinçon] Qu'espervier famcilleus tient saisi en la groe [griffe], Berte, xxxui. Par le très grant avoir dont il erent [étaient] saisi [en possession], ib. cxuii. Par le [la] reson de ce que li mors saisist le vif, beaum. xli, ». || xV s. Item, Charles.... Doffin.... saesy le royaume et se fist nommer roy, fenin, U22. Je vueil ce bon boucler [bouclier] cesir, Qui pour coups ne puet desmentir, la Pass. de N. S. J. C. \\ xvi' s. Ce disant, se saisit du baston de la croix, rab. Garg. l, 27. Mon maistre est, à ta furieuse venue, saisy de grand desplaisir, n>. ib. i, 31. Il le feit saisir à des bourreaux, MONT. I, 3. La ville feut saisie [prise] par surprinse, m. i, 27. Des peuples entiers s'en veoyenl souvent saisis [de terreuri, ro. I, 64. Je saisis [je gagne] le mal que j'estudie, et le coucbe en moy, ID. I, 91. Son principal cffect [de la conscience], c'est de nous saisir de telle sorte qu'à peine soit il en nous de.... m. i, 415. Douaire coutumier saisit [les fruits et arrérages en sont dus dès le décès, sans qu'il soit besoin d'aucune demande judiciaire], loysel, U5. Les créanciers leur faisoient faux plébéiens] saisir ce peu de bien qu'ilz avoient, à faulte de payer les usures; et ceulx qui n'avoient du tout rien, estoient eulx mesmes saisis au corps, amyot. Cor. 6. Hz saisirent un quartier de la ville, ro. Agésil. 62. 11 nia qu'il l'eust prise, mais il en fut trouvé saisy, m. Anton, toi.

— Etym. Provenç. saxir, saysir ; ital. sagire et staggire; angl. to seize; gaélique, sàs; bas-lat. (dans les lois barbares) ad proprium satire, s'emparer. Comme ad proprium sacire a pour synonyme od proprium ponere, Diez pense que l'éty- • mologie est l'ancien haut-allemand sanjan, mettre, poser, l'ital. sagire s'y rapportant comme palagio se rapporte à palatium. Scheler, sans rien proposer, objecte que cette étymologie ne rend pas compte de la forme staggire ; mais il est douteux que staggire, dont le sens propre paraît être fixer, arrêter, soit le même mot que sagire; probablement staggire se rapporte à stagio, demeure, séjour, étai. Depuis, Scheler, dans un article sur l'étymologie de saison, s'est rapproché de cette dernière manière de voir sur staggire.

t SAISIR-BRANDONNER (sé-zir-bran-don-né), C. o. Exercer la saisie-brandon tvoy. saisie).

SAISIR-REVENDIQUER (sé-zir-re-van-di-ké), v. a. Exercer la saisie-revendication (voy. saisie). Dans le Dictionnaire de l'Académie, saisir-revendiquer n'est pas à son rang alphabétique; mais il est k revendiquer.

SAI

SAISISSABLE (sc-zi-sa-bl'), adj. Terme de procédure. Oui peut être saisi. Cette rente n'est pas saisissable.

— ÊTYM. Saisir.

SAISISSA^T, ANTE (sé-zi-san,san-t'),odj'.|| !• Qui saisit, qui surprend tout d'un coup. Un froid saisissant. Il Fig. Orateur saisissant. Scène saisissante. Il 2* Terme de procédure. Qui saisit, ou au nom duquel se fait une saisie. Cette femme est créancière et première saisissante. || Substantivement. Le saisissant. La saisissante. Celui qui étant débiteur est devenu créancier, depuis la saisie-arrêt faite par un tiers entre ses mains, ne peut, au préjudice du saisissant, opposer la compensation, CodeNap. art. 1298.

SAISISSEMENT (sé-zi-se-man), ». m. || 1* Action de saisir, de prendre. Son premier saisissement des rênes de l'empire [par Louis XIV] fut marque au coin d'une extrême dureté [l'affaire de FouquetJ, st-sim. 400, 64. Il Terme d'escrime. Action de prendre avec la main l'épée de son adversaire. || 2" Impression subite et violente causée par le froid. Exposé à un vent glacial, il en éprouva un saisissement qui l'a rendu malade. || 3° Fig. Émotion vive et souilaine, agréable ou douloureuse. Mon cœur est soulagé d'une presse et d'un saisissement qui en vérité ne me donnait aucun repos, sÉv. 2< juin (671. N'êtes-vous point surprise de la mort de cette grande Rarai?.... pour moi, je crois que le saisissement d'entendra toujours louer sa sœur et de n'attraper des regards et des douceurs que comme pour l'amour de Dieu l'a mise au tombeau, n>. 4" août (686. Je me trouble moi-même; et sans frémissement Je ne puis voir sa peine et son saisissement [d'Esther], rac. Esth. ii, 7. U a tourné la tête, et il l'a regardée [sa maison] de loin une dernière fois, et il est mort de saisissement, la bruy. VI. Ces incertitudes qui montrent encore la vie au mourant, et qui mêlent du moins aux tristes saisissements de la crainte les douceurs de l'espérance, MASS. Or. (un. Louis le Grand. Il [le pécheur mourant] entre dans des saisissements où l'on ignore si c'est le corps qui se dissout, ou l'âme qui sent l'approche de son juge, m. Avent, Mort du péch. Le doux saisissement d'une joie imprévue, Tous les plaisirs du cœur m'ont remplie à sa vue, GRESS. le Méch. m, 4. Voilà, sire, ce que ma douleur me dicta quelque t«mps après le premier saisissement dont je fus accablé à la mort de ma protectrice [la margrave de Bareuth], volt. Lett. au roi de Pr. décembre 4 768.

— HlST. XVI' s pleurant avec une si grande

amertume et saisissement de cœur, que la parole, sentiment et force lui défaillirent, marg. Nouv.

— ÊTYM. Saisir.

SAISON(sè-zon),s. ^. 111° Nom des quatre grandes divisions de l'année, comprenant chacune trois mois environ, et, astronomiquement, le temps employéparle soleil pour passerd'un solstice à un équinoxeou d'un équinoxe à un solstice. Les quatre saisons de l'année sont : le printemps, l'été, l'automne et l'hiver, le printemps et l'automne commençant aux équinoxes, l'été et l'hiver commençant aux solstices. Le langage ordinaire entend plus souvent les saisons dans leur sens météorologique que dans le sens astronomique; ces saisons-là commencent un mois ou six semaines avant les équinoxes ou les solstices; ainsi on dit qu'on est en hiver vers le 4 6 novembre, quoique l'hiver astronomique ne commence qu'au 20 ou 24 décembre ; on est de même en été vers le 4 5 mai au lieu du 24 juin, etc. Par là [la disposition de l'année, selon l'Église] toutes les saisons sont fructueuses pour les chrétiens; tout y est plein de Jésus- Christ, BOSS. Mar.-Thér. Un philosophe vous dira en vain que vous devez être rassasiés d'années et de jours, et que vous avez assez vu les saisons se renouveler, iD. le Tellier. On ne laisse pas de lui préférer [à un beau jour d'hiver] la constante sérénité d'une saison plus bénigne, m. Mar.-Thér. Les saisons ressemblent aux âges : Dans leurs rapports mystérieux La main invisible des dieux Cache des conseils pour les sages, bernis. Quatre sais. Print. Ce sont l'inclinaison de la terre au plan de l'écliptique et son parallélisme constant qui occasionnent les changements des saisons, brisson, Traité de phys. t. m, p. 4 37. || Robe de demi-saison, robe qui tient le milieu entre une robe d'été et une robe d'hiver. Il La saison nouvelle, le printemps. Il La belle saison, la partie de l'année où le temps est beau. Trois mois et demi constitusnt à peu près toute la belle saison de ces cimes [Pyrénées],

SÂI

RAMOND, Instit. Mém. scient. 482J, t. n, p. »». Il L'arrière-saison, l'automne, le commencement de l'hiver. || La mauvaise saison, la fin de l'au lomne, l'hiver. || La saison chaude, la saison froide, se dit des deux moitiés de l'année. || Ifarchande des quatre saisons, se dit, à Paris, de marchandes ambulantes, qui, dans chaque saison, vendent les fruits ou les objets de consommation que cette saison produit ou dont elle fait naître le besoin. || 2* Chez les Grecs, les trois Saisons (d'après une ancienne division de l'année), déesses qui présidaient i l'année. Au-dessus de U tête de Jupiter, dans la partie supérieure du trône, on voit d'un côté les trois Gr&ces qu'il eut d'Eurynomc, et les trois Saisons qu'il eut de Thémis, BARTHÉL. Anach. ch. 38. || 3" Temps où dominent certains états de l'atmosphère. La saison des pluies, des frimas. La lune, à qui on attribue le changement des saisons, le progrès des maladies, PASC. Pens vu, 47, éd. havet. S'il [le roi] marchait au milieu des hivers, l'oraison de cette princesse pénétrait les nues pour lui préparer les saisons, plécu. Mar.-Thér. Quoique l'homme civilisé ait l'industrie de s'entourer de la saison qu'il veut, U saison de la nature est toujours la plus puissante, DAiLLY, Atlantide, p. 252. || La morte saLson, la saison où la terre ne produit rien. L'inclinaison de l'axe de la terre produisant dans son mouvement annuel autour du soleil des alternatives durables de chaleur et de froid, que nous avons appelées des saisons, tous les êtres végétaux ont aussi, en tout ou en partie, leur saison de vie et leur saison de mort, BUFF. Quadrup. t. iv, p. xxviii. Pour les mortes saisons nous mettons en réserve Ceux [les fruits] que le soleil sèche et que le temps conserve, lamart. Joe. m, 407. Il Fig. Saison morte, morte saison, temps de l'année où une industrie chôme. || 4° Époque do l'année où se fait une culture, où la terre donne telle ou telle production. La saison des fleurs, des semailles, des foins, des vendanges. Des légumes de la saison. || La saison est avancée, les fruits de la saison sont plus avancés dans la maturité qu'ils ne le sont d'ordinaire à pareille époque. |{ La saison des perdreaux, des cailles, des bécasses, etc. le moment de l'année où ces oiseaux abondent le plus, sont les meilleurs à manger. || Poissons de saison, ceux qui ne paraissent sur les côtes que dans certaines saisons, ou dont la chair est meilleure en certaines saisons. {| B° La saison des amours, le temps où les oiseaux entrent en amour. Dans cette espèce [les perdrix rouges], qui est trèslascive, les mâles se battent entre eux avec acharnement dans la saison de l'amour, buff. Ois. t. IT, p. 200. Il 8° La durée variable pendant laquelle il convient de prendre certaines eaux thermales. Une saison de Vichy. Le temps de l'usage du remède s'appelle une saison; la durée d'une saison est de vingt-sept jours, nroER. Mim. Yoy. Bourbonn*. Il 7" Temps favorable pour faire quelque chose. Faire ses provisions dans la saison. En temps et saison. Les productions do la nature.... leur sont presque toujours présentées défigurées ou à contresaison, BERN. DE ST-p. ttudes, IV. La saison favorahle pour voyager dans l'intérieur de l'Afrique est depuis février jusqu'en septembre, raïnal, hist. phil. XI, 4 7. Il Fig. Jeanne, tandis que tu fus belle, Tu le fus sans comparaison; Anne, à cette heure, est de saison. Et ne voit rien de beau comme elle, MALH. rv, 4 6. Il 8" En général, moment, circonstance. Elles en avaient remis l'exécution au retour de Mme la princesse ; mais elles s'avisèrent depuis de ne pas dififérer plus longtemps, et qu'il ne fallait pas remettre des supplices à une saison qui devait être toute destinée à la joie, voit. Lett. 9. Ne t'épouvante point, tout vient en sa saison, corn. le Ment, m, 5. Le mérite des hommes a sa saison aussi bien que les fruits, la rochefouc. Max. ÏBI Un homme de moyen âge. Et tiraat sur le grison, Jugea qu'il était saison De songer au mariage, la font. Fabl. I, 4 7. Ce n'est pas la saison De m'expliquer, vous dis-je, mol. le Dép. n, î. Remettons ce discours pour une autre saison ; Monsieur n'y trouverait ni rime ni raison, ID. F. sav. iv, S. Une vaine folie enivrant la raison. L'honneur triste et honteux ne fut plus de saison, boil. Sat. v. La jeunesse à l'amour est livrée. Et l'âge mûr au soin d'établir sa maison ; Croyez-moi, le bonheur est de toute saison, collin d'harleville. Optimiste, m, ». Il De saison, en opportunité, convenable. Je ne pense pas qu'on puisse blâmer avec justice la dissimulation du comte, parce que, dans les affaires où il s'agit de notre vie et de fintérêt général de l'État, la franchise n'est pas une vertu de saisorit

SAI

BBTz, Conjur. Fiesque. C'est bien fait; la prudence est toujours de saison, mol. le Dép. v, 9. Je garde pour une autre fois mille bagatelles qui ne seraient pas de saison aujourd'hui, sÉv. io févr. «672. Quand on peut trouver qui nous aime. L'amour est toujours de saison, desmahis. Poésies, p. 4(, dans pouGENS. Il II est saison de, il est temps de. Adieu, je prendrai soin demain de votre affaire; Il est saison pour vous de voir votre lingère, CORN. Suite du Ment, iv, 7. {| Il n'est pas saison, est-il saison de, il n'est pas temps de, est-il temps de. Carlos : Quittez ces contre-temps de froide raillerie. — D. Manrique : Il n'en est pas saison quand il faut qu'on vous prie, corn. D. Sanche, i, 4. Si vous m'aviez parlé comme vous me parlez. Vous auriez obtenu le bien que vous voulez; Mais en est-il saison au jour d'une conquête...? id. rots, d'or, III, 1. Il II n'est saison que de, avec un infinitif, la saibOn ne permet que de. Seigneur^ il n'est saison que de verser des larmes, CORN. Œd. y, \0. Il Hors do saison, inopportun, qui ne convient pas. On doute pour quelle raison Les destins, si hors de saison, Do ce monde l'ont appelée, MALH. VI, M. Il fit cent efforts hors de saison, sans jamais vouloir parler, scarr. Uom. com. i, i b. Cet homme se raillait assez hors de saison, la PONT. Fabl. m, te. \\ 9° Âges de la vie. Vous entrez maintenant dans la belle saison de l'homme, mol. l'Avare, ii, 6. Homme, vante moins ta raison.... Aussi faible que toi, dans ta jeune saison Elle est chancelante, imbécile, deshoul. Réft. diverses, xiii. ||La première saison de la vie, la jeunesse. Cette première saison de sa vie où il vivait encore dans l'innocence, mass. Carême, Knf. prod. || La dernière saison de la vie, la vieillesse. Reine des long? procès.... Si, dès mes premiers ans, heurtant tous les mortels, L'encre a toujours pour moi coulé sur tes autels. Daigne encor me connaître en ma saison dernière, boil. Lutr. v. || On dit dans le même sens : la belle saison; la saison des plaisirs, des amours; l'arrière-saison. || Vie. On la voit [une herbe] sèche et morte aussitôt qu'elle est née ; Et vivre une journée Est réputé pour elle une longue saison, malii. i, 2. Pourquoi.... Passez-vous en cette amertume Le meilleur de votre saison? id. vi, 17. Il Époque. Comme les paladins de la saison antique, RÉGNIER, Sat. VI. Ajoutez à votre louange que votre âme n'a jamais pu être vaincue par les présents, et que, dans une saison oîi l'avarice règne si souverainement, vous n'avez jamais porté la main sur le gain et sur le profil, nu ryer, Trad. des quest. natur. de Sénèque, liv. iv, préface, ha. pleine découverte de ces vérités [la résurrection, la vie future] était d'une autre saison et d'un autre siècle, Boss. Hist. ii, 6. || Proverbe. Saison tardive n'est pas oisive, les printemps tardifs sont les meilleurs dans un climat où les retours du froid sont habituels et funestes.

— HIST. ni* s. Quant li estez et la douce saisons Font foille et flour et les prés raverdir, Couci, xm. La folie [d'amour] Dont je m'iece [étais] gardez mainte saison, id. xxiv. Et la guerre dura tante mainte saison, Sax. m. || xiii" s. Li rois Richars.... atourna son oirre [expédition] à grant esploit ; car il n'atendoit fors la saison dou nouviel tans, Chr. de Rains, p. 60. || xiv* s. En la morte saison, Guescl. 9236. Dites vostre voloir, veschi vo campion ; Car je vous ai servi, il a longue saison, Beaud de Seb. n, 93. || xv s. Il n'est saison qui ne paye, ne fortune qui ne tourne, ne cueur courroucé qui ne s'esjouisse, ne resjoui qui n'ait des courroux, proiss. iv, p. 169, dans lacurne. Plus n'est saison qu'à nul bien m'abandonne, eu. d'orl. Bail. 100. Bien pert son temps, son parler, sa saison. Qui me blasme mon douU loyal amy, E. DESCH. Poésies mss. f» 187. On dit qu'elle a lin de saison Pour fiUer et chanvre moult fine, id. ib. f° B13. L'an précèdent de la destruction dudit Dynant qui fut la saison que le conte de Charolois estoit venu de devant Paris.... comm. ii, l. Il eust esté besoing qu'il les eust guydez pas à pas pour la première saison [campagne], id. iv, 2. ||xvi' s. Tin beau traict est toujours de saison, mont, i, 189. En cette mesme saison de son aage, m. i, 221 Nous continuerons toujours en la mesme affection et bienveillance en vostre endroict que vous avez esprouvée et recogneue en nous en tant de diverses et periUeuses saisons, UUres missives de Henn lY, t. m, p. 780. Depuis quatre ans entiers vous m appastez ainsi ; Je vieillis cependant vous Tieillissez aussi, Et perdons de nos ans la 'saison mieux aimée, dbspobtes, Diane, n, m. De saison

tout fit bon, LEROUX DE LINCÏ, ProV. t. I, p. 130. À

SAL

bonne et maie saison doit se régler toute maison, u>. ib.

— ÊTYM. Wallon, îau/ion ; prov. saxo; espagn. saxon; port, saxâo; du latin sationem, action de semer, de serere, semer, sata, les fruits de la terre, satus, fils. La série des sens est action de semer, temps propice aux semailles, puis temps propre à n'importe quoi, puis enfin les époques diverses de l'année. L'italien dit stagione, et l'espagnol, outre saxon, dit eslacion. Scheler part de là pour mettre en doute l'étymologie par sationem; il remarque qu'il est bien difficile que les langues romanes aient eu pour saison deux dénominations aussi voisines que saison et stagione, et cependant radicalement différentes; qu'il est impossible de passer de saison à stagione; mais qu'il n'est pas impossible de passer de stagione à saison par l'adoucissement de st en s. Toutefois ces remarques n'ébranlent pas l'étymologie par sationem. Stagione et estacion représentent le latin stationem, et n'ont de commun avec soison qu'une ressemblance fortuite.

t SAISONNER (sè-zo-né), V. n. Avoir bonne saison de fruits. Le pommier ne saisonne que tous les deux ans.

— HIST. XVI' s. Entre deux [labours] est d'intervalle pour le moins trois semaines, afin de faire saisonner le gueret, o. de serres, 95. Bons ne peuvent faillir d'estre les fumiers de diverses sortes de bestes, unis et saisonnés en uç corps, les uns faisans valoir les autres, id. 98. Fruits mieux saisonnés et plus meurs que jamais, paré, Dédicace.

— r;TVM. Saison.

t SAISONNIÈRE (sè-zo-niè-r'), adj. f. Terme de médecine. Maladies saisonnières, les maladies qui sont propres à chaque saison.

— ÉTYM. Saison.

t SAKEM (sa-kèm'), s. m. Sorte de coquille, la pourpre hémastome, univalves, qui se trouve dans l'océan Atlantique.

t SAKI (sa-ki), s. m. Genre de singes d'Amérique.

f SAL (sal), s. m. Le shorea robusta, diptérocarpées, arbre de l'Inde employé dans les constructions. Le sal croît avec une remarquable rapidité, et atteint de très-grandes dimensions lorsqu'il a l'espace nécessaire pour se développer.... plus tenace encore que le teck, le bois de sal est employé dans les constructions et la charrcmnerie ; on en a fait aussi des poteaux télégraphiques et des traverses de chemins de fer, j. clavé, Bev. des Deux-Mondes, ib avril 1867, p. 852.

t SALACE (sa-la-s'), adj. Qui a de la salacité. Les boucs et les chèvres, les plus salaces de tous les animaux, Anti-ménagiana, p. 1 2.

— HIST. xvi* s. Les Méridionaux sont paillards à cause de la melancholie spumeuse et salace, charron. Sagesse, p. 166, dans lacurne.

— ÉTYM. Lat. salacem, de sal, sel, d'après l'Antiménagiana et Quicherat, mais, d'après Curtius, de satire, sauter.

t SALACITÉ (sa-la-si-té), s. f. Grande propension aux rapprochements sexuels, surtout en parlant des animaux. Certains vilains contes qui ne laissent pas d'avoir leur sel pour les cœurs corrompus.... puisque c'est de ces sels que la salacité a pris son nom, Anti-ménagiana, p. 2.

— HIST. xvi" s. Salacité, cotgrave.

— ÉTYM. Ital. salacità; du lat. salacitatem, de salax, salace.

1. SALADE (sa-la-d'), s. f. || !• Mets composé de certaines herbes ou de certains légumes assaisonnéSi,*ïec du sel, du poivre, du vinaigre et de l'huiîq, etc. Retourner, fatiguer la salade. Saladu de chicorée, de laitue, de pommes de terre (et non pas, comme on dit en quelques provinces, salade à la chicorée, à la laitue , aux pommes de terre). Pour bien faire une salade, il faut être trois personnes: un sage pour y Mettre du sel, un avare pour y mettre du vinaigre, et un prodigue pour y mettre de l'huile, richelet. La salade survint [après une truite et une omelette au thon]; j'en recommande l'usage à tous ceux qui ont confiance en moi; la salade rafraîchit sans affaiblir, et conforte sans irriter, brillât-savarin. Physiologie du goût, l'Omelette du curé. || Fig. Retourner la salade avec les doigts, être encore jeune, en parlant d'une femme; dans le siècle dernier les jeunes femmes retournaient la salade avec les doigts; cette locution a disparu avec l'usage lui-même. Il ne me reste que six mois à retourner la salade avec les doigts, j. j. Houss. Bel. vi, 2. || Fig. et populairement. Je vais te faire ta salade, je vais te dire

SAL

ton fait, te rosser. Venez promener vos belles pensées dans notre jardin, et nous vous régalerons d'une salade, destouches, la fausse Agnès, n, 2. Il a° La partie de toute herbe propre à être mise en salade, avamt qu'elle soit assaisonnée. Cueillir de la salade. Éplucher une salade. Secouer une salade. || 3° Abusivement, dans le langage des jardiniers, la plante même qui fournit la salade. Semer des salades. Planter des salades. || i* Par extension. Mets composé de fruits, de viandes froides, ou de poisson salé, et assaisonné comme de la salade. Salade de câpres, d'anchois, de volaille. Il 6° Salade d'oranges, oranges coupées par tranchi's et assaisonnées avec du sucre, de l'eau et de l'eau-de-vie. {| Salade de cerises, se dit improprement d'une portion de cerises à l'eau-de-vie. Il 6° Mélange de pain et de vin qu'on donne aux chevaux pour leur faire faire une longue traite. Il 7° Salade de blé, ou salade de chanoine, mâche, valerianella olitoria. || 8° Salade de Gascogne s'est dit pour le chanvre qui sert à faire les cordes pour pendre. Il 9" Bataillons de salade, s'est dit de bataillons formés d'hommes tirés de divers corps, par comparaison aux diverses herbes qui composent une salade. Tout le reste de son infanterie était de nouvelles levées ou des bataillons de salade ramassés des garnisons, st-sim. 40, 210. Il [Boufflers] les aguerrit [les troupes], je dis les troupes de salade qui faisaient la plus nombreuse partie de la garnison, id. 210, 76.

— HIST. XVI* s. Mais ne laissez pas la sallade; Car c'est l'appétit d'un malade, Rec. de farces, p. 331. La prophétie semble en vouloir à la Gascogne, plus curieuse à élever ce qu'on a nommé la salade de Gascogne qui a fait de mauvais tours à plusieurs du pals ; tel en a esté eslranglé qui l'a gardée en sa jeunesse, d'aub. Fxn. m, <5. Salade bien lavée et salée. Peu de vinaigre et bien huilée, LEROUX DE LiNCY, Prov. t. II, p. 216. Qui vln ne boit après salade Est en danger d'estre malade, ID. ib.

— ETYM. Saler, avec la finale ode qui est de forme espagnole; wallon, salâd.

2. SALADE (sa-la-d'), s. f. Casque que portaient les gens de guerre à cheval ; il n'est d'usage qu'en parlant des xV, xvi" et xvii» siècles. Ces quatre puces célèbres que montrait un charlatan.... il leur avait mis à chacune une salade en tète, leur avait passé un corps de cuirasse, la brut. xii. Du mot italien celata qui signifie casque, armet, les soldats français firent en Italie le mot de salade, (le sorte que, quand on disait, il a pris sa salade, on ne savait si celui dont on parlait avait pris son casque ou des laitues, volt. Dict. phil. Langues. "La salade avait son timbre arrondi, presque sphérique; elle était pourvue d'un grand couvre-nuque, en queue ; la visière, très-courte, généralement fixe, pouvait descendre un peu plus bas que le nez, Catal. du Musée d'artill. par H. le colonel Penguilly l'Haridon, p. 265. || S'est dit d'un soldat coiffé d'une salade.

— HIST. XV' s. X grant peine peusmes mettre audit duc sa cuyrasse sur luy et une sallade en la teste, comm. n, 12. À Mery Baudet, plumasseur, demeurant à Tours, pour avoir garni d'or clinquant xxvni plumeaux pour mettre sur les salades des gens du duc [de Bretagne], de laborde, Ém. p. 4ll.||ivi's. Joyeuse envoya pour secours le gouverneur de Pezenas avec 700 harquebusiers et 100 salades, d'aub. Mist. i, 1B2. Celade, oudin, Dict. Nos pères donnoient leur salade, leur lance et leurs gantelets à porter, et n'abandonnoient le reste de leur équipage tant que la courvée duroit,

MONT. Il, 93.

— ÉTYM. Corruption de l'espagn. eelada ou de l'it. celata, du lat. cxlata, sous-entendu cassii, casque ciselé.

SALADIER (sa-la-dié; l'r ne se prononce jamais ; au pluriel, l's se lie : des sa-la-dié-z élégants), s. m. Il 1° Vase où l'on sert la salade. || Ce que contient un saladier. || 2° Panier à jour pour secouer la salade qu'on a lavée. || Proverbe. La politesse est au fond du saladier, il est plus poli de se servir le premier la salade, parce que le meilleur en est au fond.

— ÉTYM. Salade t.

SALAGE (sa-la-j"), ». m. || 1* Action de saier ; résultat de cette action. || i' Action d'imbiber avec un chlorure soluble, ordinairement le chlorure de sodium ou sel de cuisine, la feuille de papier destinée à recevoir une épreuve photographique.

— ÊTYM. Saler; wallon, soiegi. Anciennement. salage signifiait un droit sur le sel.

SAL

SAL

SAL

SALAIBI! (sa-Iê-O, ». m. || 1* Payement pour

travail ou pour service. Les ouvriers onl demandé une augmcnlalion de salaires. Elle [la cigogne] jetira l'os [du gosier du loup], puis pour un si bon tour Elle demamla son salaire, la font. Fabl. ni, 9. Enfin un médecin, fort expert en son art, Le puéril [un fou].... Mai* voulant de ses soins exiger le salaire.... boil. Sat. iv. On les forçait (les cultivateurs du pays de Gex] à travailler sans salaire, eux qui ne vivent que de leur salaire, volt. Poi. et lég. Remontrances ou roi. Le salaire donc réglé, d'un côté par la concurrence des vendeurs, et par celle des acheteurs de l'autre; le salaire de l'artisan se réglera de la même manière, condil. Comm. joue, i, 8. || En termes d'économie politique, l'oavrier est un travailleur qui reçoit sur les capitaux d'autrui une rémunération stipulée d'avance, qu'on nomme salaire, pour exécuter un certain travail avec les capitaux d'autrui, levas- SEUR, Tours d'<!con. ruraie, p. <8B. ||î'Fig. Récompense. Le fils tout dégouttant du meurtre de son père, Et, sa tête à la main, demandau' iou salaire, corn. Cinno, l, 3. Mais, comme aux grands périls le salaire enhardit.... ID. Œdipe, i, 4. [Le serpent récliauiïé] Puis tâche à faire un saut Contre son bienfaiteur, son sauveur et son père. Ingrat, dit le manant, voilà donc mon salaire I la FONT, t'abl. VI, <3. Pourquoi juger si mal de son intention [d'Assuérus]? Il croit récompenser une bonne action ; Ne faut-il pas, seigneur, s'étonner au contraire Qu'il en ait si longtemps différé le salaire? RAC. Esth. III, t. Il Par antiphrase, châtiment. Ce lâche mercenaire Qui de sa perfidie a reçu le salaire, hair. Mort d'Asdrub. m, 3. Non, il faut qu'il ait le salaire Des mots où tout à l'heure il s'est émancipé, mol. Amph. m, 4. N'imputez qu'à Pallas un exil nécessaire ; Son orgueil dès longtemps exigeait ce salaire, rac. Brit. iii, 3. — HlST. xiii* s Li procureur.... doivent avoir salaire soufizant, selon les besongnes qu'il procurent, BEAUM. IV, 22. Il xiV s. i Robiert Vachot, pour sen soUaire de aidier à kierkier [charger] les beniaus.... caffiaux. Régence d' Aubert de Bavière, p. 52. La jouvence des nobles Lorrompue par telx

qu'à l'état de têtard, ou lorsepi'elle y dépose ses têtards, et à laquelle on attribuait la faculté de vivre dans le feu. C'est un préjugé général parmi les gens de la campagne que les salamandres sont des animaux dangereux, bonnet, t" mim. reprud. salamandres. Si l'on coupe les quatre jambes de la salamandre, elle en poussera quatre nouvelles, qui seront si parfaitement semblables i celles qu'on aura retranchées, qu'on y comptera, comme dans celles-ci, quatre-vingt-dix-neuf os, ID. Paltng. phil. IX, fl. La salamandre, j'ai presque honte de le dire, est si peu faite puur vivre dans le feu, qu'il est démontré aujourd'hui par les expériences de M. Spallanzani qu'elle est de tous les animaux celui qui résiste le moins à l'excès de la chaleur, ID. i6. Il 2° Partie des attributs du roi François I", qui avait pris pour emblème une salamandre avec cette devise : J'y vis et je l'éteins. || 3° Terme de la cabale. Nom donné aux prétendus esprits du feu. Quant aux salamandres, habitants enflammés de la sphère du feu, ils servent aux philosophes, DE TiLLARS, le Comte de Gabalis, i' entrelien. Les salamandres sont composées des plus subtiles parties de la sphère du feu, ID. >b. X ce spectacle s'élance, du milieu du régiment de Sans-Quartier, un poète plus brillant, plus léger qu'une salamandre, GiLB. le Carnav. des auteurs. Au frais ondin s'unit l'ardente salamandre, v. huoo. Ballades, 2. || En ce sens, salamandre est du maisculin quand on parle des esprits mâles, et féminin quand on parle des esprits femelles. Un salamandre habile à qui je confiais l'éducation du jeune prince, petis de la CROIX, les unie et un jours, t. I, p. 20l. || 4" Terme d'ancienne chimie. Sang de salamandre, vapeur rouge qui s'élève pendant la distillation de l'esprit de nitre; c'est aujourd'hui l'acide hypoazotique. Il 5" Salamandre pierreuse, nom donné autrefois à l'amiante flexible, qui ne brûle point quand on la jette dans le feu.

— HlST. xin s*. [Un évêque] Qui, autant corn la salamandre Aime le feu et la chalor. Aime curtoisie et valor, Ilist. litt. de la Fr. t. xxiii, p. 2B8. Salemandre est ressemblable à petite lisarde, de vaire color, brun, latini. Trésor, ■p. i»B. ||xvr

salaires, berciieure, f" 63, recto. Je ai brassé maint | Gians fleurs de lis, salmendies et autres enrichis-

mal et si les ai fait fayre. Je croi que biiefment en aray mon salayre, Guescl. (C399. ||xv s. J'aijà un lonc tens servi Amours en espoir de plaire ; Mes d'un trop petit salaire M'a mon service meri {récompensé], froiss. Poés. mss. p. 250, dans lacurne. Il XVI* s. 11 n'est pas raisonnable que les honneurs les plus relevez soient les salaires des crimes les plus abjects, d'aub. ¥xn. \, 9.

— ÊTYM. Provenç. solori, selari ; espagn. et ital. salaria; du lat. salarium, solde du soldat, de sal, sel, à cause que le salaire fut d'abord une indemnité pour le sel. On remarquera en Flandre le changement de l'o en o : solaire.

SALAISO.V (sa-lê-zon), s. jT. || 1° Action de saler les viandes ou autres provisions pour les conserver. La salaison du porc, du beurre. 11 faut prendre vos mesures de bonne heure pour faire faire les salaisons des chairs dans les mois de septembre et octobre, qui est la saison la plus propre pour les faire bonnes, Colbert à Jaquier, 7 juin 1670, dans jal. || Fig. On savait qu'elle [Mme de Sévigné] se passait bien des choses en causant; il se voit maintenant qu'elle se les passait en écrivant aussi; les preuves de ces libertés et de ces salaisons de langage sont des plus significatives, ste-beuve, t« Constitut. 4 6 dcc. 1864. || 2'" Viande salée, poisson salé pour l'alimentation. Vivre de salaisons. Ils [les Athéniens] aimaient beaucoup les salaisons; et, pour récompenser un certain Cha}réphile, eicellen charcutier, ils donnèrent à ses fils le rang de citoyen, levesque, Instit. Uém. scienc. mor. et pol. t. iv, p. 4 27.

— ErvM. Saler.

SALAMAI.EC (sa-la-ma-lèk), s. m. || !• Terme de plaisanterie. Au sens propre, qui n'est plus usité, salut. Après avoir, comme très-sage, Avec grande crainte et respect Dit par trois fois salamalec, SCARH. Yirg. i. || 1' Aujourd'hui et dans le style familier, révérence profonde, politesse exagérée. Faire de grands salamalecs.

— ÊTYM. Salutation arabe, de salim, saiut, et aleik , sur toi : salut sur toi.

SALAMANDRB (sa-la-man-dr'), t. f. \\ 1" Genre de batraciens urodèles nombreux en espèces, que le vulgaire redoute parce qu'il en croit la morsure venimeuse; ce qui n'est pas. || Le type du genre salamandre est la salamandre tachetée, dite vulgairement salamandre, laquelle n'habite l'eau

semcns, Bibl. de< chartes, i' série, t. m, p. 03.

— ÊTYM. Provenç. espagn. et ital. salamandra; du lat. salamandra ; grec, vaXâ^avSpa, qui parait une transcription grecque d'un mot étranger.

t SALANG.A (sa-lan-ga) ou SALANGANE (sa-langa-n'), s. f. Espèce d'hirondelle dont le nid est comestible, hirundo esculenta, L. Ce sont certaines espèces d'algues [appartenant au genre gelidium] qui fournissent aux salanganes la matière gélatineuse dont se composent leurs nids, éd. gbimard, Revue des Deux-Mondes, t" avr. )8U7, p. osi.

— ËTYM. Mot de Luçon, salamga, donné par Camelus, dans Phil. transact. n' 85, mai et juin l7oa, p. (396.

f SA LANGE (sa-lan-j'), s. m. Période de production du sel sur les marais salants, Enquête sur les sels, 1808, t. I, p. BM.

— ÉTYM Salant.

f SALANGUET (sa-lan-ghè), t. m. Nom vulgaire du e/ienopodtutn maritimum. ■

SALANT (sa-lan), adj. m. Il n'est usité que dans: marais, puits salant, marais, puits d'où l'on tire du sel. L'on a observé que les vents secs font autant et peut-être plus d'effet que le soleil sur la surface des marais salants, buff. ifi'n. t. m, p. 390.

— HlST. xvi» s. Les champs et parquetages des marais salans sont foncez de terre argileuse, pa-

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