‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 89 sur 754 · LISSY · texte numérisé non relu

LISSY

— ÉTYM. Saler.

t SALARD (sa-lar), s. m. Nom donné en Savoie à certains granités micacés qui ont la propriété de résister au feu le plus violent.

■f SALARIAT (sa-la-ri-a), ». m. Néologisme. État, condition d'une personne salariée. Le salariat lui-même [à la Guyane], là où il existe, est restreint au cadre inflexible d'un engagement annuel, j. DUVAL, Rev. Deux-Mondes, a sept. I86(, p. 434.

— ÊTYM. Salarier.

SALARII^, ÉE (sa-la-ri-é, ée),por{.passrf de salarier. Il l-Les ouvriers, les employés sont salariés. Il Substantivement. Celui qui reçoit un salaire, il 8° Abusivement, il s'est dit de toute espèce de payement en retour d'objet vendu ou de service rendu. Il suffit de remarquer ici qu'à Pexccption de ceux des propriétaires qui ne font rien, tous les citoyens sont salariés les uns à l'égard des autres; si l'artisan et le marchand sont salariés du colon auquel ils vendent, le colon l'est à son tour de l'ar-

tisan et du marchand auxquels il vend, et chacun se fait payer de son travail, condil. Comm. gouv. i, 8. SALARIER (sa-la-ri-é), je salariais, nous salariions, vous salariiez; que je salarie, que nous salariions, que vous salariiez, v. a. Donner le salaire qui est dÂ. Tous les évêques, chanoines et curés sont salariés par le gouvernement, lapérouse, Voy. t. II, p. 3BI, dans pouoens. J'entends i ce mot salarier beaucoup de murmures, et l'on dirait qu'il blesse la dignité du sacerdoce; mais, messieurs, il serait temps que l'on abjurât les préjugés d'ignorance orgueilleuse qui font dédaigner les mots salaires et salariés; je ne connais que trois manières d'exister dans la société : il faut y être mendiant, voleur ou salarié ; le propriétaire n'est lui-même que le premier des salariés, muu- BEAU, Collection, t. n, p. 13.

— HlST. XV' s. Ainsi fut le pauvre amoureux curé salarié du service qu'il fit i Amour, louis H, Nouv. Lxxxv. Il XVI* s. Je trouve à cette heure occasion de l'en salariser et reconnoistre, en lui faisant présent de ma prisonnière, tver, p. B43. Voicy entre autres un grand deffaut en la justice distributive de punir seulement et non salarier, CHARRON, Sagesse, p. 470, dans laci;iine. Ses édifices s'avancent, car il a salairié plus d'ouvriers, PALSGR. p. «7».

— ETYM. Solatr*; ital. salariare.

SALAUD, AUne (sa-lô, lô-d'), ». m. et f. Terme populaire et injurieux. Personne sale, malpropre. Un salaud. Une salaude. || Adj. Cet homme est bien salaud.

— HlST. iTi* s. Toutes les femmes estant faschées de quoi leurs maris avoient oui parler d'une si salaude femme, bouchet, Serées, t. u, f° î49, dans pouGBNS.

— ÊTYM. Dérivé de sale.

t SALAUDERIE (sa-lô-de-rie), ». f. Acte, parole de salaud.

— HIST. XVI" 8. La reyne luy ayant demandé un jour quelques mots en espagnol pour les dire i l'ambassadeur d'Espagne, et luy, ayant dit quelque salauderie en riant, elle l'apprist aussitost..,. BRANT. Dames ill. p. (2, dans lacurne.

t SALBANDE (sal-ban-d'), s. f. Surface latérale d'un filon, celle qui le sépare de la roche environnante.

t SALDANITE (sal-da-ni-f), t. f. Sulfate d'alumine observé sur les bords du Rio Saldana, en Colombie.

f SALDE (sal-d'), t. f. Genre d'insectes hémiptères, propres à l'Europe, du latin saito, je saute.

f SALDO (sal-do), (. m. Mot italien qui signifie arrêté de compte, solde, et qu'on emploie quelquefois en langage de finance. Il est assez étrange qu'en face de ces déficit continus on ne rencontre jamais la trace des saldos, que laisse une année..,, la période de I8:il à <85a devait laisser un saldo de 66,737,086 florins en monnaie de convention, t. >. HORN, Annuaire intern. du crédit public, <8SI, p. 81, à l'art. Autriche.

SALE(sa-r), ad]. || 1* Plein d'ordures, malpropre. Une chambre sale. Avoir les mains sales. Un homme sale. Une femme sale. Quelques hommes et des femmes d'une figure dégoûtante et atroce se montrent tous armés sur ses murs [du Kremlin] ; ils exhalent une sale ivresse et d'horribles imprécations, SÉG. Ilist. de Nap. viii, 5. || Fig. Nous ne manierons point les choses sacrées avec des mains sales, nous n'apporterons point nos défauts dans le plus haut état de perfection, balz. le». <«, liv. VI. Il Bandes sales, lignes noires formant des courbes paraboliques ou ogivales qu'on aperçoit sur la glace des glaciers, et dont la convexité est tournée en aval. || Substantivement. Fi, le sale I Il a- Gris sale, gris terne qui n'a pas l'œil du gris ordinaire. Ces boiseries sont peintes en gris sale. Il On dit de même : vert sale, blanc sale. || S" Terme de peinture. Couleur sale, couleur désagréable i l'œil, composée de couleurs ennemies. ||Son pinceau est sale, se dit d'un peintre dont les teintes sont mal fondues. || Se dit des estampes qui sortent mal nettes des presses. || 4* Terme de marine. Vaisseau sale, vaisseau dont le fond extérieur est couvert de coquillages, d'herbes qui s'y sont attachées. Il Côte sale, côte le long de laquelle il y a des roches, des ecueils caches sous l'eau. || 6* Fig. Qui blesse la pudeur, la modestie. Mais le plus beau projet de notre académie.... C'est le retranchement de ces syllabes sales Qui dans les plus beaux mots produisent des scandales, mol. Femm. sav. m, a. L'on n'y exaltera plus tant ces divinité» fabuleuses, dont les noms portent avec eux les plus sen-

SAL

«uelles idées, et «xpriment le» plus grossières et les plus sales passions, bourdal. 6' dim. après la Pentecôte, Dominic. t. m, p. 40. Mme Guyon avait épuré ses sentiments, du moins en apparence. de tout ce qui était reproché de sale et de honteux à cette doctrine [quiétisme], si-siM. 45, )2. Il 6° Fig. Contraire à l'honneur, à la délicatesse. On sait que ce pied plat, digne qu'on le confonde. Par de sales emplois s'est poussé dans le monde, HOL. Jfi't. I, 4. Le concile de Nicée, qui dépose les clercs qui rechercheront les sales gains de l'avarice, en prêtant à usure contre le précepte divin, B0S3. Usure, 3, Tout ce qu'il y aura eu de plus lâche, de plus indigne, de plus malin, de plus sale, et de plus corrompu dans leurs sentiments, boubdal. 24" dim. upr. la Pentec. Dominic. t. iv, p. 449. || Une sale affaire, aiïaire où la probité, la loyauté sont violées. Il Son cas est sale, se dit d'un homme qui est justement menacé des poursuites de la justice.

— lllST. xiu' s. Du mautemps ert [était] sa robe un peu pesant et sale, Berte, xxvii. || xvi' s. Le doigt sale, cotghave. Actions.,,, deshonnestes et sales, mont, m, 244.

— ÉTVM. Génev. sale. Diez le tire de l'anc. hautallem. salo, pâle, trouble, terne ; angl. sallow ; Chevallet, du gaélique sal, ordure, salaich, salir. Il est difficile de se prononcer entre ces deux étymologies.

S.\LÊ, ÉE (sa-lé, lée), porï. possfi de saler. || l''Asgaisonné avec du sel. Manger salé. Depuis que vous êtes hors d'ici, je n'ai point trouvé de viande qui ne fût trop salée, ni d'homme qui ne le fût trop peu, VOIT. Lett. U5. || Familièrement. Cela est salé comme mer, cela est très-salé. || Fig. Nous savons que, dans le séjour de l'horreur et du désespoir, la victime sera salée avec un feu éternel, mass. Carême, Mauv. riche. || Fig. Autant de frais que de salé, ni de l'un ni de l'autre. || 5. m. Le salé, la chairde porc salée. Des côlelettesdesalé. || Petitsalé, la chair de cochon nouvellementsalée. Le riche papiste qui aura eu sur sa table pour cinq cents francs de poisson sera sauvé ; et le pauvre, mourant de faim, qui aura mangé pour quatre sous de petit salé, sera damné, tolt. Dict. phil. Carême. || 2° Qui contient du sel. On sait que l'eau salée peut, sans »e geler, devenir beaucoup plus froide que l'eau douce glacée, buff. Uist. nat. Preuv. Ihéor. terre, Œuvr. t. I, p. 316. Il Eaux, sources salées, celles dont on extrait du sel. || La plaine salée, la mer. Il faut en la plaine salée Avoir lutté contre Malée.... MALH. m, 3. Il Pré salé, voy. pré, n° i.\\ 3° Fig. et familièrement. Qui agit sur l'esprit comme le sel sur la langue. J'ai vu hier une de vos lettres entre les mains de l'abbé de Pontcarré; c'est la plus divine lettre du monde ; il n'y a rien qui ne pique et qui ne soit salé, sÉv. (9 juill. («75. Pour M. Trouvé, je l'aime toujours ; ah I que nous avons ensemble de bonnes conversations bien salées I id. 6 mars 1683. C'est une espèce de dictionnaire dont les articles sont courts, mais où il y en a un grand nombre de très-plaisants et de très-salés, d'alemb. Lett. à Voltaire, u août 4767. || Il se dit aussi des personnes qui ont du sel, qui ne ménagent rien. J'aime fort tout ce que me mande Montgobert; elle me plaît toujours; je la trouve salée, et tous ses tons me font plaisir, sÉv. 6 cet. 4 675. Je ne voudrais pas que M. de Grignan eût entendu ce Père [le P. Morel de l'Oratoire] ; il ne croit pas qu'on puisse, sans péché, donner à ses plaisirs quand on a des créanciers.... vraiment c'est un homme bien salé, il ne fait aucune composition, m. 6 oct. 4679. La femme de Villars avait de l'esprit infiniment, plaisante, salée, ordinairement méchante, st-sim. 3, 64. Vous êtes assurément, mon divin Protagoras, un des plus salés philosophes que je connaisse, tolt. Lett. d'Alembert, 4 3 août 4 760. Il 4- Oui pique l'esprit par quelque chose de trop libre, d'un peu obscène. Épigramme salée. Mme la duchesse [de Chartres], qui, avec bien de la grâce et de l'esprit, a l'art des chansons salées, en fit d'étranges sur ce ton, st-sim. 32, 4 22. IIB' Dans le style familier, il se prend pour fort excessif, très-désagréable. Il a été condamné à deux mille francs d'amende; cela est salé. Il a six mois de prison; c'est un peu salé. || 6° Bourguignon salé, sobriquet qui vient , dit-on, de ce que les Bourguignon» ont eu beaucoup de différends a cause de leurs salines.

tSALÉBREUX, EOSE (sa-Ié-breû, breû-z') adi Utinisme qui n'est pas entré dans l'usage Raboteux, âpre, en parlant de chemins. N'allez ni à Tulle, ni & Sarlat, ni même i Manol; vous trouveriez des chemins salébreux et ennemis des roues tén.Lett. ài'abbéde Beaumontenvoyagtfiuin iin'.

SAL

— ÉTYH. Lat. salebrosus, de salebrx, endroit où l'on saute, venant de talire, sauter.

t SALÈGRE (sa-lè-gr'), s. m. || 1° Masse saline qui s'attache au fond des poêles, pendant la cuisson du sel. Défense à tous salpêtriers et verriers [de retirer le sel des chaudières].... et, sur les mêmes peines, de faire aucune vente desdits sels, ni de faire aucun salcgre. Bail Gautier, e mars 4 660. Il Pierres provenant d'une exploitation de sel gemme, que certains fermiers suspendent dans les étables pour les faire lécher par les bœufs ou les moutons. || 2° Sorte de pâtée qu'on donne aux serins, et qui se fait en écrasant de la graine de millet, d'alpiste et de chènevis, mêlée avec un peu de sel et pétrie avec un peu de terre grasse.

SALEMENT (sa-le-man), adv. D'une manière sale. Ils sont très-propres dans l'apprêt de leurs viandes ; mais ils mangent très-salement, le grand d'aussy, Instit. Mém. se. mor. et pol. t. v, p. 528.

— ÉTYM. Sale, et le suffixe ment.

SALEP (sa-lep'), s. m. ||1° Substance alimentaire qu'on tire des tubercules de tous les orchis indistinctement. || Salep des Indes occidentales, un des uoms de l'arrow-rool. || Salep des pauvres gens, salep préparé avec de la pomme de terre. Le salep de pommes de terre de M. Parmentier, avec des tablettes de bouillon et du pain, forme la nourriture la plus restaurante, Saussure, Voy. Alpes, t. vni, p. 345. Il 2° Boisson que les Orientaux font avec les bulbes des orchis. Après avoir dépouillé les bulbes de leur enveloppe, ils les jettent dans l'eau froide, et les en retirent au bout de quelques heures pour les faire cuire ; puis ils les enfilent et les font sécher. Lorsqu'on veut s'en servir, on les réduit en poudre, et l'on jette par-dessus de l'eau bouillante à laquelle on ajoute du lait ou du miel ; cela donne une boisson analeptique.

— ÊTYM. Arabe, tsaleb, renard; la plante porte le nom de testicules de renard, d'où, en abrégé, renard.

SALER (sa-lé), ». o. ||1° Assaisonner avec du sel. Saler une soupe. La cuisinière a trop salé ce ragoût. Il Absolument. Il ne faut pas trop saler. Il Saler le pot, mettre du sel dans le pot où cuit la viande. Je ne sais ce que c'est qu'un reproche qu'on fait à nos petits Etats [du pays de Gex], d'avoir traité de couronne à couronne avec la république de Berne pour saler notre pot, volt. Lett. Dupont, 23 févr. 4776. || 2° Mettre du sel sur les viandes crues, les poissons crus, pour les conserver. La p'che du hareng et l'art de le saler ne paraissent pas un objet bien important dans l'histoire du monde ; c'est cependant ce qui a fait d'un pays méprisé et stérile [la Hollande] une puissance respectable, volt, iloeurs, 464. || Fig. Tuez, il est bon à saler, se dit d'une affaire qu'il est temps de faire. Il Fig. Mettre en réserve une chose, pour l'exécuter plus tard, pour la retrouver. J'ai d'autres affaires.... il faut donc saler toutes ces propositions [de voyage], sÉv. 7 août 4675. || 3° Fig. et populairement. Faire payer trop cher. On l'a salé dans ce magasin. || Ce marchand sale bien ce qu'il vend, il vend sa marchandise très-cher.

— Hl.ST. XIII* s. Aide, Dieu, fait-ele, qui feïs mer salée, Berte, xlvi. Que toutes chars qu'il vendront soient cuites, salées et appareilliées souffisamment.... Liv. des met. 477. Se trancbanz espérons n'avez. Et bon cheval por tost aler. Cil vilain vos vodront saler, Ren. 8660. ||xvi* s. Us salèrent si bien sa noblesse [ils la lui firent payer si cher], qu'elle n'avoit garde de sentir puant, st-julien, Mesl. hist. p. 635, dans lacurne.

— ÊTYM. Provenç. ei espagn. salar; portug. salgar ; ital. salare ; du lat. salire, saler, de sal, sel.

SALERGX (sa-le-ron), s. m. La partie creuse d'une salière, celle où l'on met le sel. Les salières seront marquées et contre-marquées au collet et au saleron, Réglem. du 30 déc. 4 679.

— Hisr. XV' s. Une salière d'or, à ung ymage fait en façon de pucelle, et sont les deux sallerons de serpentine, labohde. Émaux, p, 494.

— ETYM. Salière.

SALETÉ (sa-le-té), s. f. || i' Qualité de ce qui est sale. La saleté de ses habits, de cette maison. La saleté des rues. ||2° Choses sales, ordures. Otcz toutes ces saletés. || 3° Fig. Obscénité. Mais pour un faux plaisant à grossière équivoque. Oui pour me divertir n'a que la saleté.... boil. Art p. m. Il Parole, image sale et obscène. Je soutiens encore un coup que les saletés y crèvent les yeiu [dans l'Ecole des femmes], mol. Crit. 3.

— RTVM. Sale.

SA LEUR, KUSE (sa-leur, leû-z'), ».m.et f. Celui, celle QUI sale. C'est là qu'elle [la moruel est salée

SAL

et rangée en piles ; le saUur a l'attention d'observer qu'il y ait, entre les rangs qui forment les piles, assez de sel pour que les couches de poisson ne se touchent pas, mais qu'il n'y en ait que ce qu'il faut, RAYNAL, Hist. phil. xvii, (3.

— HIST. XVI* s. Ceux qui estoient députés pour embaumer les corps morts, qu'on appelloit saleur» ou embaumeurs, paré, Mumie, 4.

— ÊTYM. Saler.

t SALUYURAMIDE (sa-li-dra-mi-d'), s. f. Composé quaternaire obtenu en dissolvant à froid de l'hydrurc de salicyle dans trois ou quatre fois son volume d'alcool.

SALI, lE (sa-li, lie), part, passé de salir. Rendu sale. Et dans quatre mouchoirs de sa beauté salis [elle] Envoie au blanchisseur ses roses et ses lis, BOIL. Sat. X.

t SALIAIRE (sa-li-ê-r'), adj. Terme d'antiquité romaine. Oui appartient aux prêtres saliens.

SALICAIRE (sa-li-kê-r'), s. f. Genre de plantes salicariées dont l'espèce à épis, lythrum salicaria, L. est astringente, mais peu usitée.

— ÊTYM. Lat. salix, saule (voy. ce mot), à cause de la ressemblance des feuilles à celles du saule.

t SALK'.ARIÉES (sa-li-ka-ri-ée), ». f. Famille de plantes dont le lythrum salicaria est le type ; on dit plutôt lythrariées.

t SALICIEOLIÉ, ÉE (sa-li-si-fo-li-é, ée), adj. Terme de botanique. Dont les feuilles ressemklent â celles du saule.

— ÊTYM. Lat. salix, saule, et folium, feuille.

t SALICLNE (sa-li-si-n'j, s. (. Terme de chimie. Substance qui se trouve dans l'écorce du saule, salix alba, L.

t SALICLMÎES (sa-li-si-née) , ». f. Famille de plantes dicotylédones, dont le saule est le type.

t SALICITE (sa-li-si-t'), s. f. Terme de minéralogie. Pierre figurée imitant une feuille de saule.

— ÉTYM. Lat. salix, saule.

t SALICOLE (sa-li-ko-r), adj. Oui cultive le sel, qui produit le sel. Les plaines salicoles, Rev. des Deux-Mondes, 4" nov. 4808, p. 202. l^s réclamant» repoussent avec énergie l'allégation souvent reproduite que la décadence des sels de l'Ouest tient surtout au défaut d'organisation et aux procédés surannés de l'industrie salicole dans cette région.... votre gouvernement, sire, n'avait pas attendu jusqu'ici pour se préoccuper de la situation des producteurs salicoles de l'Ouest, Rapport à l'Empereur par le Ministre de l'agriculture, Moniteur, 21 mars 4 866. Il sera, dans les marais salants du bassin de Guérande (Loire-Inférieure), sur un développement de 4 3,860 mètres, établi au frais de l'État trois routes salicoles. Décret impérial du 25 août 4867.

— ÊTYM. Lat. sal, sel, et colère, cultiver. SALICOQUI-: (sa-li-ko-k'), s. f. Petite écrevisse de

mer, d'un excellent goût, dite aussi crevette ou chevrette.

— HiST. XVI* s. Salecoque, salcoque, cotgbatb.

— ÊTYM. Origine inconnue.

SALICOR (sa-li-kor), s. m. ou SALICORNE (sali-kor-n'), ». f. Plante qui croît sur le bord de la mer, et dont on retire de la soude, salicornia herbacea, L., famille des chénopodées. || Nom donné i la soude en Languedoc et dans le RoussiUon. Le salicor ou soude de Narbonne provient de la combustion du saiicomio annua, qu'on cultive sous le nom de salicor aux environs de Narbonne, thb- NARD, Traité de chim. t. n, p. 376, dans pougens. Il On dit aussi salicot.

— HIST. xvr s. On y tire la matière du verre de certaines pierres, de quelques herbes, comme soude, feugicre, salicor, par les arabes dit salcoran,

— ÊTYM. Origine inconnue.

f SALICCLTURE (sa-li-kul-tu-r'), ». f. Production artificielle du sel, exploitation des salines.

t SALICYLEUX (sa-li-si-leù), adj. m. Terme de chimie. Acide salicyleux, corps retiré des fleurs de reine des prés par distillation avec l'eau.

t SALICYLIQCE (sa-li-si-li-k'), adj. Terme de chimie. Acide salicylique, corps obtenu en chauffant l'acide salicyleux avec tin excès d'hydrate de potasse.

t SALICYLITE (sa-li-si-li-f) , ». m. Terme de chimie. Nom des sels de l'acide salicyleux.

t. SALIENS (sa-liin), adj. m. piur. Terme d'antiquité romaine. Il se dit des prêtres de Mars, et des hymnes chantés en son honneur. Prêtres saliens. Chants saliens. t| Substantivement. Le collège des saliens.

— ETYM. Lat. soJtï, sauteurs, à cause des danses (.(rit)uc<>uin\ au'ib exécutaient avec leurs chanta.

SAL

1 2. SALIENS (sa-liin), adj. m. pi. Francs saliens, ûom d'une tribu des Francs.

— ETVM. Voy. SALIQUE.

SALIÈItE (sa-life-r'), s. f. || i' Pièce de vaisselle pour mettre du sel. Salifcro de faïence, d'argent. Il Une superstition vulgaire regarde une salière renversée comme une annonce de malheur. 11 [Montrevel] avait les misères des femmes qui l'avaient fait subsister : il ne craignait rien tant qu'une salière renversée, st-sim. 447, 24t. Verrons-nous, sans pâlir, tomber notre salière? L. rac. Religion, v. Il 11 ouvre les yeux grands comme des salières, se dit quand un homme regarde attentivement et avec avidité quelque chose. || Dans le moyen âge, la salière, avec la nef, était, sur la table, la pièce importante, et ce rôle lui resta si tard, que François I", ayant sous la main le plus grand orfèvre de l'Italie, ne sut mieux faire que de lui commander une salière, de laborde. Emaux, p. 489. La salière servait aussi à faire l'éprouve ou l'essai des mets, et, àcetelTet, elle était entourée de langues de serpent, ID. ib. p. 489. Il 2" Petit vaisseau de bois où l'on met du sel ; on le pend au jambage de la cheminée de la cuisine pour tenir le sel sèchement. 1| 3° L'enfoncement plus ou moins profond qui se remarque audessus de l'œil dans le cheval. Les vieux chevaux ont ordinairement les salières creuses ; mais cet indice est équivoque, buff. Quadrup. t. i, p. 6o. Si c'est pour la selle qu'on achète le cheval, on examinera s'il a la tête petite, sèche et bien placée, les salières élevées, oenlis. Mais. rust. 1. 1, p. <89, dans pouGENs. Il 4° Populairement. Le vide qui existe derrière la clavicule, chez les personnes maigres. Cette femme montre ses salières. || B° Outil de lapidaire.

— HIST. XIII' s. Tant qu'il fu ore de mangier. Et que les napes furent mises. Et desus les tables asises Et les salières et li pains, Ren. 22773. || xiv* s. La grande salliere, à façon d'une nef, que la ville de Paris donna au roy, de laborde. Émaux, p. 490. Il XV* s. Une salliere d'agathe, dont le couvercle est d'or, assise sur quatre roes d'or, en manière d'un chariot, et au bout du moyeu de chacune roe a une perle, ID. ib. La salière doit être au milieu de la table, ro. ib. || xvi* s. [chez le cheval] Les salières de dessus les sourcils sortans en dehors ; grande gueule et bien fendue pour le facile bridement, o.

DESERRES, 301.

— ÊTYM. Wallon, salir, coffre où l'on garde le sel; provenç. saliera, saleira ; ilul. saliera ; du lat. sal, sel.

t SALIFÈRE (sa-li-fè-r'), adj. Qui renferme du sel, du chlorure de sodium.

— ÉTYM. Lat. sa!, sel, et ferre, porter. SALIFIABLE (sa-ii-fi-a-bl'), adj. Terme de chimie.

Se dit des substances qui sont susceptibles de former des sels en se combinant avec un autre corps, comme les oxydes métalliques avec les acides, les sulfures entre eux, le chlore avec le sodium, etc.

— ETYM. Salifier.

t SALIFICATIO.V (sa-li-fi-ka-sion), s. f. Terme de l'ancienne chimie. 'Toute opération dans laquelle se produisait un sel ou un corps cristallisé.

— ETYM. Salifier.

\ SALIFIER (sa-li-fi-é), je salifiais, nous salifiions, vous salifiiez ; que je salifie, que nous salifiions, que vous salifiiez, v. a. Convertir en sel.

— ETYM. Lat. sal, sel, et le composant ficare, faire.

SALIGAUD, AUDE {sa-li-gô, gô-d'), ». m. et f. Personne sale, malpropre.

— ETYM. Dérivation irrcgulière de sole.

\ .SALIGÉiVINE (sa-li-jé-ni-n'), ». f. Substance qui se produit par la métamorphose de la silicine sous rinfiuencc de la synaptase du saligot.

SALIGNON (sa-li-gnon), s. m. Pain de sel fait d'eau de fontaine salée.

— iilST. xvr s. Nul ne peut vendre en la ville de Chastillon sel à estail, qu'il ne donne i nos seigneurs une mesure de sel à chacun pour une fois ; et s'il vend premier salignons, il doit à ung chascun de nos seigneurs un salignon pour une fois, DU CANGE, saligium.

— ETYM. Dérivé du lat. JoJ, sel.

t SALIGOT (sa-li-go), ». m. L'un des noms vulgaires du trapa natans, L.

SALIN, INE (sa-lin, li-n'), ». f. || !• Qui contient du sel, qui est de la nature du sel. Concrétion saline. Goût salin. || i' Qui croît dans des terres imbibées d'eaux salées. || 3° Marbre salin, marbre d'une texture grenue. || 4" Dans l'ancienne chimie, salin se disait des substances acides, alcalines et de quelques autres. Les matières salines sont celies qui ont de la saveur; mais d'où letir vient cette

SAL

propriété qui nous est si sensible, et qui affecte le sens du goiit, do l'odorat et même celui du toucher? BUFP. Ilin. t. III, p. 204. Les principes salins, qu'on peut réduire à trois, savoir l'acide, l'alcali et l'arsenic, ID. ib. t. viii, p. (96. || Aujourd'hui, les corps salins, les sels. Les corps salins forment un des ordres les plus importants, les plus chargés en espèces, les plus connus, et qu'il est le plus utile de bien étudier, fourcroy, Conn.chim. 1. 1, p. iiv. Il 5° S. m. Un salin, un marais salant. || Cour de salin ou des salins, juridiction qui fut établie à la Rochelle, vers 4 035, pour connaître des différends qui s'élevaient à l'occasion de la possession des salines. Il 6* Baquet dans lequel on met le sel destiné à la vente en détail. || 7° Le produit brut qu'on obtient en faisant évaporer la lessive des cendres végétales. 118" Salin de betteraves, dit aussi, dans le commerce, salin de potasse ou potasse brute, produit retiré, par incinération, des vinasses qui restent dans les appareils où l'on a distillé les mélasses après fermentation. Les salins provenant de betteraves de l'Aisne ou de l'Oise sont les plus riches en potasse à l'état de carbonate; celles du Nord contiennent une plus forte proportion de soude et de chlorures. Les salins se vendent à tant de la quantité p. t'/o de carbonate de potasse qu'ils contiennent. Il 9" Terme de verrerie. Nom des alcalis fixes propres à la fusion des sables. Du verre pur, semblable à celui que nous faisons avec du sable et du salin, buff. Àdd. théor. terr. Œuvr. t. xii, p. 466.

— HlST. xvi* s. Ceste numeur communique sa qualité et saveur à la viande : sçavoir, l'amertume quand l'humeur est bilieuse, la saline quand c'est une pituite sallée, paré, xx bis, <3.

— ETYM. Lat. salinus (qu'on peut supposer puisqu'on trouve salinje, saline, et salin,um, salière), de sal, sel.

f SALINAGE (sa-li-na-j'), s. m. Opération qui consiste à faire cristalliser le sel.

— ÉTYM Salin.

t SALIN'DRE (sa-lin-dr'), s. m. Sorte de grès qui renferme des grains calcaires.

SALIXE (sa-li-n'), s. f. \\ l' Terme peu usité. Toute salaison soit de viande, soit de poisson. La saline, dit-on, ne vaut rien aux goutteux. || 2" Particulièrement. Poisson salé. Un marchand de saline. On apporte, de Panticapée et des différentes côtes du Pont-Euxin, des bois de construction, des esclaves, de la saline, du miel, de la cire, de la laine, des cuirs et des peaux de chèvre, barthél. Anach. ch. 6B. || S° Lieu où l'on fabrique le sel en évaporant l'eau des puits ou marais salants. La saline de Salins. Les salines de Lorraine. On n'avait découvert qu'au xiii* siècle les salines de Cracovie, qui font une des richesses du pays, volt. Mœurs, < (9. Il 4* Rocher, mine de sel gemme. || 5° Portion du marais salant comprenant les fares, les adernes et les œillets. Enquête sur les sels, t.l, p. 5H.

— HIST. XV* s. La royne Jeanne donna au prieur et aux religieux [de la Grande-Chartreuse] en aumosne cent salines ou charges de sel, du cange, salina. || xvi* s. On void aussi aux salines, que l'art avec l'eau de la mer, aidé de la chaleur naturele du soleil, donne forme au sel, langue, 47). Chair de cerf vieil et de bœuf, salines, espiceries et moustardes, paré, xx, 18. De quelle tyrannie usa il [Henri II] à cause des salines.... en sorte qu'il leur donna [à ses sujets] occasion de se rebeller et à luy d'en faire décapiter des gentz de bien, boni- VARD, Noblesse, p. sic.

— ETYM.Sodn.

t SAUNER (sa-li-né), «. n. Terme vieilli. Produire du sel. Jouiront les officiers desdites salines de Rozièreset Dieuze, quand la saline satinera.... des exemptions.... tant à l'égard des ouvriers salinants exerçant la profession, que.... Bail Boutet, Lett. pat. 27 juin U80.

— HIST. IV* S. Pour ce que la gabelle du sel a esté mise sus en nostre pays de Languedoc, la faculté a esté ostée aus laboureurs salinans de vendre leur sel à voulentc, du cangb, salinare.

— ETYM. Salin.

t SALINIF.K (sa-li-nié), ». m. || 1* Celui qui fabrique le sel. Dès )860, le gouvernement s'était montré attentif aux plaintes des saliniers de l'Ouest , BOUDET, Rapport au sénat, Monit. uni». 28 mars (868, p. 455, 5" col. Il 2° Se dit, dans le Midi, pour marchand de sel. || 3- Celui qui extrait l'alcali des soudes.

— HIST. xrv* s. Le salinier [devra] d'un sextier de sel une manée de l'aide, du canoë, »alinert«».

— ETYM. Salin.

t SALINITÉ (sa-li-ni-té), ». {. Qualité saline. La

SAL

quantité moyenne de tous les sels contenue dam la mer, ou, si l'on veut, la salinité des eaux marines, RECLUS, Rtv. du Detuc-Kondet, tMi, t. ir,

SALIQUE (sa-li-lc*), adj. || Qui appartient aiu Francs .saliens. Marculfe prescrit de n'admettre pour témoins dans un procès en revendication du droit plein et entier do franchise que les Francs bien saliques; il y avait donc des Francs qui n'étaient pas entièrement saliques, nauuet, Inttit. Mém. inscr. et belles-lett. t. viii, p. 472. || Terre saliqu», enceinte qui dépendait de la maison du Germain; c'était la seule propriété qu'il ciit, hontesq. Etp. xviii, 22. Il Loi salique, corps de loi des Francs saliens. La loi salique veut que, lorsqu'un homme laisse des enfants, les mâles succèdent à la terre salique au préjudice des filles, montesq. Etp. xviii, 22. La loi salique.... était une loi purement économique qui donnait la maison et la terre dépendante de la maison aux mâles qui devaient l'habiter et à qui par conséquent elle convenait U mieux, id. ib. L'article de cette ancienne lui qui ôte toute hérédité aux filles en terre salique, semble ne la leur ravir que parce que tout seigneur salien était obligé de se trouver en armes aux assemblées de la nation, volt. Mœurs, 76. Nous avons deux éditions de cette loi salique, l'une par un nommé Hérold, l'autre par François Pithou, et toutes deux sont différentes, id. Dict. phil. loi salique. Il Particulièrement, loi salique, la disposition qui exclut les femmes de la couronne de France, et qui fut consacrée lorsque la ligne directe des Capétiens manqua, et que les Valois furent appelés au trône. Après ce que nous venons de dire, on ne croirait pas que la succession perpétuelle des mâles à la couronne de France piit venir de la loi salique ; il est pourtant indubitable qu'elle en vient, MONTESQ. Esp. xviii, 22. Celui qui a dit que la loi salique fut écrite avec une plume des ailes de l'aigle à deux têtes par l'aumônier de Pliaramond, au dos de la donation de Sbnstantin, pourrait bien ne s'être pas trompé, volt. Viet. phil. Loi salique.

— HIST. xvi* s. Par la loi salique les royaumes, duchés, comtés, marquisats et baronnies ne se démembrent pas, LOYSEL, 638.

— ETYM. Saliens (les Francs), ainsi dits de la rivière Sala, aujourd'hui l'Yssel, dont ils habitaient les bords.Au contraire, Montesquieu adoptant l'opinion d'Échard, fait venir ladijue de l'ancien hautallemand sala, demeure, maison, de sorte que la terre salique serait la terre dé la maison.

SALIR (sa-lir), v. o. ||1* Rendre sale. La moindre ombre se remarque sur ces vêtements qui n'ont pas encore été salis; et leur vive blancheur en accuse toutes les taches, boss. Mar.-Tliér. U ne reste plus à l'homme [mourant] que le néant et le péché : pour tout fonds, le néant; pour toute acquisition, le péché; le reste, qu'on croyait tenir, échappe, semblable à de l'eau gelée, dont le vif cristal se fond entre les mains qui le serrent et ne fait que les salir, m. Ànn. de Gonz. || Terme de peinture. Salir une couleur, lui ôter sa vivacité, la rompre avec d'autres plus brunes ou plus grises. Il 2" Fig. Laisser une tache morale. Fruit du travail, tout l'argent de la caisse Sans les salir a passé par ses mains, bérano. Écriv. publ.|| Salir le papier, écrire des choses basses, vulgaires. Vous dites que je ne suis point avec vous, ma bonne; et pourquoi? hélasl qu'il me serait aisé de vous le dire, si je voulais salir mes lettres des raisons qui m'obligent à celle séparation, des misères de ce pays [les Rochcrsl, de ce qu'on m'y doit, de la manière dont on me paye... I sÉv. 16 nov. <«84. j| Salir la réputation de quelqu'un, y porter atteint» par des discours, des calomnies. Vos soupçons, Romains, n'ont pas sali ma gloire, le p. catrou, dans desfontainf.s. Il II a sali son blason par cette action, il s'est déshonoré. || 3* Souiller par des idées, des images obscènes. Une pièce qui tient sans cesse la pudeur en alarme, et salit à tout moment l'imagination, mol. Critique, 3 Et jamais juge, ordonnant le congrès. De ce burlesque mot n'a sali ses arrêts, boil. Sat. viii. Je sais que d'un conte odieux Vous avez comme moi sali voire mémoire, ID. ib. ï. Il 4" Se salir, v. réfl. Se rendre sale. Prenez garde de vous salir. || Devenir sale. Les étoffes blanches se salissent très-vite. || 6* Fig. Contracter quelque tache morale. L'importance est que vous ne vous êtes point sali en maniant de sales matières, et que parmi les ordures de la politique votre morale s'est conservée en sa pureté, BALZ. Liv. xn, lett. 21. Notre sage prince.... qui ne se salit point de la boue des choses terrestres,

SAl

a. le Prince, xi. Il 11 s'est sali, se dit d'un homme qui a fait quelque action nuisible à sa réputation.

— illST. x»r s. Sire Dieux, genz mescreanz vinrent en ton eritage, et si salirent li tien saint temple, Psautier, f 97. Et ce ont ordené li preudome par la raison de ce que, quant en porporte lex fuz, Il ordisent et salisent, Liv. des met. 2)8.

— f.TYM. Sale; Berry, salexir. SALISSANT, ANTE (sa-li-san, san-f), adj.

Il 1° Oui salit. Il y a des élofTes teintes qui sont galissanles quand on les porte pour la première fois. Il 2"' Qui se salit aisément. Le blanc est une couleur fort salissante.

SALISSON (sa-ll-son), S. f. Terme populaire. Femme, lille malpropre. Quoi! tu gardes cette Tieille saiisson-là, carmontelle, le Legs, se. 4.

— Hisr. xTi* s. Maintes fois celuy qui aura une belle femme s'ira accointer de sa chambrière, qui géra une salisson, une gaupe, ciiolières. Contes, t. I, J/o(iJi. V, p. <62, dans pougens.

— ETYM Salir.

SALISSURK (sa-li-su-r"), ». f. Ce qui salit. Ce n'est pas une tache, ce n'est qu'une salissure, Dict. de l'Acad.

— HlsT. XVI' S. Salissure, cotohave

— ETYM. Salir.

tSAI.irKE(sa-li-tr'), t. m. Sulfate de magnésie.

SALIVAIKH (sa-li-vê-r'), adj. Terme d'anatomie. Qui a rapport à la salive. Glandes salivaires. Les sucs salivaires mêlés avec les aliments, J. J. Rouss. Ém. I. Il Fistules salivaires, ouvertures fistuleuses résultant d'une lésion du canal excréteur principal d'une glande salivaire. || Calculs salivaires, concrétions qu'on trouve quelquefois dans les glandes lalivaires.

— ÊTYM. Lat. talivarius, de saliva, salive. Paré dit salivai.

t SALIVANT, ANTE (sa-li-van, van-t'), adj. Synonyme de sialagogue.

SALIVATION (sa-li-va-sion), i. f. Terme de médecine. Flux surabondant de salive provoqué par des masticatoires ou par une maladie, et surtout par les préparations mercurielles.

— HiST. XVI* s Faire frotter le malade dudit

liniment, jusques à la salivation, paré, v, m.

— ETYM. Lat. salivationem, de salivare, saliver.

SALIVE (sa-li-v'), s. f. \\ 1° Humeur inodore, insipide, transparente, un peu visqueuse, sécrétée par les glandes parotides, sous-maxillaires et sublinguales, versée dans la bouche, et destinée à imprégner le bol alimentaire et à lui faire subir, à l'aide de la mastication, un commencement d'élaboration. Avaler sa salive. L'un des effets de la salive est de ramollir les aliments, de les dissoudre quelquefois, et de les rendre, par cela même, d'une plus facile digestion, thenabd. Traité de chimie, i. m, p. 56B, dans pougens. || Fig. Avalez votre salive, se dit à quelqu'un qui vient de dire un mot un peu trop libre, et à qui l'idée suscitée par ce mot a fait venir l'eau à la bouche. |{ 2° Salive abdominale , nom donné quelquefois au suc pancréatique, au liquide sécrété par le pancréas.

— HIST. XII* s. E la salive li curut aval la barbe. Rois, p. 85. Il xin* s. Et se vous ne poés plorer, Covertement, sans demorer. De vostre salive prengniés. Ou jus d'oignon.... la Rose, 7505. || xvi* s la salive d'un chcstifmastin [enragé], versée sur la main de Socrates, secouer toute sa sagesse et toutes ses grandes et si réglées imaginations, mont, n, 300.

— ETYM. Prov. espagn. et ital. saliva; du lat. taliva, qui tient au grec vlaXov, salive. Comparez le gaélique seile, salive,

SALIVER (sa-li-vé), v. n. Rendre beaucoup de lalive. Le mercure fait saliver. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— ETYM. Prov. et espagn. salivar; ital. soJttare ; du lat. salivare, de saliva, salive.

SALI.K (sa-l'), s. {. Il 1° Grande pièce dans un appartement. Une grande salle, une belle salle. Il Salle de compagnie, salle où l'on reçoit la compagnie. Cette terrasse plus élevée que celle du

château sur laquelle j'avais apprivoisé des

multitudes d'oiseaux, me servait de salle de compagnie pour rscevoir M. et Mme de Luxembourg, J. J. Houss. Con/'cjî. 1. 11 Salle à manger, la pièce dans laquelle on prend ses repas. || Salle du commun, le heu ou, chez les grands seigneurs, les domestiques mangent. 1| Salle do billard, salle où l'on ioue au billard. || Salle d'audience, de réception le ieu où les personnes constituées en dignité donnent audience. || Salle d'audience s'entend surtout aujourd'hui de la salle où le tribunal rend la justice. U Salle de conseil ou du conseil, le lieu ou

SAL

se tiennent les séances d'un conseil. |{ Salle à faire noces, ou salle des festins, grande pièce où les traiteurs font des festins pour les noces, pour des réunions nombreuses de convives. |{ Salle de bal, de concert, grande pièce où l'on donne des liais, des concerts. || Salle du trône, le lieu où est placé le trâne. || Salle des gardes, le lieu où se tiennent les gardes du corps du souverain. || Ce garde est de salle aujourd'hui, il est aujourd'hui de garde à la salle. || 2" Par métonymie, la salle, les maîtres qui occupent la salle, par opposition aux domestiques Cet altercas Mil en combustion la salle et la cuisine, la font, t'abl. xii, 8. Il 3 II s'est dit pour ce qu'on nomme aujourd'hui un salon. L'Anti-Ménayiana dit toujours la salle de M. Ménage. || 4° Salle de danse, pièce où les professeurs de danse donnent leurs leçons. Il 5' Salle d'armes ou salle d'escrime, lieu où l'on enseigne publiquement à faire des armes. Le petit secrétaire, qui avait deux ou trois ans de salle, me désarma comme un enfant, lesage, Gil Bl. iv, 9. Il Prévôt de salle, celui qui donne les leçons d'escrime sous le maître d'armes. \\6° Salle d'artifices, lieu destiné à la confection des artifices de guerre. Il Salle d'armes, espèce de galerie qui renferme des, armes rangées en bon ordre et bien entretenues. Il 7° Terme de marine. Salle des gabarits, salle sur le plancher de laquelle les constructeurs tracent les profils des pièces courbes qui entrent dans la construction d'un navire. || 8" Salle de police ou de discipline, lieu où l'on fait subir aux soldats de courtes détentions pour les fautes légères. || 9° Lieu vaste et couvert destiné à un service public ou à une grande exploitation. Une salle de spectacle. Une salle de danse. Le cardinal de Richelieu, qui recherchait toute sorte de gloire et qui avait fait bâtir la salle des spectacles du Palais-Uoyal pour y représenter des pièces dont il avait fourni le dessin, VOLT. Mérope, Lett. || On dit dans un sens analogue : les salles d'un musée. || La grand'salle ou la salle des pas perdus, grande salle qui se trouve au palais de justice à Paris. Entre ces vieux appuis dont l'aff'reuse grand'salle Soutient l'énorme poids de sa voûte infernale, boil. Lutr. v. Le feu qui sortait de toutes les bouches [lors de la querelle des parlements] prit malheureusement à la cervelle d'un laquais nommé Damiens, qui allait souvent dans la grand'salle, volt. Uém. Volt. \\ 10° Dans les hôpitaux, espèce de galerie où sont les lits des malades. La salle des hommes. La salle des femmes. Il est à la salle Saint-Jean, tel numéro. || 11° Salle d'asile, se dit de certains établissements publics qui ont pour objet de réunir les enfants de deux à six ans que leurs parents ne peuvent surveiller pendant le jour. {| 12° Dans un jardin, lieu entouré d'arbres qui forment un couvert. Une salle d'ormes, de tilleuls. Il Salle de verdure, salle verte, réduit entouré de charmilles épaisses ou d'arbrisseaux serrés, et qui a d'ordinaire la dimension d'un salon de compagnie. || Salle d'eau, fontaine placée plus bas que le rez-de-chaussée, et au niveau de laquelle on descend par quelques marches. Il 13° Anciennement, à la cour des Bourbons, une sorte de service. La salle est une espèce de soucoupe de vermeil sur laquelle les boîtes, étuis, etc. de la reine lui étaient présentés couverts d'un lafi^etas brodé, qui se lève en la lui présentant, ST-siM. 124, 4 25. Mme la duchesse de Berry donna la chemise à la Daupbine, et, à la fin de la toilette, lui présenta la salle, m. 296, 44. |{ 14» Donner la salle, se disait quand on fouettait un écolier en public pour quelque faute. || 15° Nom donné quelquefois aux abajoues ou poches placées de chcique côté de la bouche dans beaucoup de singes. — HIST. XI* s. [Il] Monte al palais, est venut en la sale, Ch. de Roi. cclxx. |i xii* s. Tut dreit devant la sale est à pié decenduz; Laiens en est entrez. Th. le mart. 38. || xiii* s. Fu rois Charles Martiaus en sa sale voutie, Berte, li. Au perron de la sale la royne descent, ib. ix. Il vient devant Pépin en la sale pavée, ib. Lxvui. Ou milieu est li palais qui est moult grans et moult beaux ; il y a xx sales belles et grans, MARC pol, p. B07. || xiv* s. Les religieux, abbé et couvent de Chaalis ont fortifié une sale ou grosse maison, située et assise ou pourpris et closture de ladite abbaye, du cange, sala. || xv* s. Les nouvelles furent sceues à Valenciennes ; et les sceut le comte Guillaume, qui se dormoit en son hostel, que l'on dit en la salle, fhoiss. liv. i, p. 55, dans LACURNE. De tant que plus y a riot, Et qu'on l'oit [l'entend] plus en mi la rue, La feste en est meilleur tenue ; Noble chose est de bruit en sale, E. DBSCH. Poésies mtt. f 653. Le mardy jour

SAL

de Noël le duc tint salle, le jeune duc de Gheldres mangea avec lui, godefroy, Louis SI, t. iv, p. 37<, dans LACURNE. Il xvi* s. En esté ils [les Romains] faisoient souvent en leurs sales basses couler de l'eau fresche et claire dans des canaux au dessoub» d'eulx où il y avoit force poisson en vie, que le» assistants cboisissoient et prenoient en la main pour le faire apprester, mont, i, 373

— ÉTYM. Bourg, saule ; prov. espagn. et ital. sala; de l'ancien haut-allem. sal, maison, dcmeure; golh. salrjan, demeurer; allem. mod. Saal; suéd. sal.

t SALLERAN (sa-le-ran), s. m. Ouvrier qui, dans une papeterie, trie et nettoie le papier lorsqu'il est bien sec. || S. f. Sallerane, femme chargée d'étendre le papier.

— ETYM. Salle; le talleran étant appelé aussi ntoître de salle.

t SAL.^IAKE (sal-ma-r'), s. m. Nom donné par Beudanl au sel marin.

t SALMIAC (sal-mi-ak), s. m. Nom donné autrefois, par corruption, au sel ammoniac.

SALMIGONDIS (sal-mi-gon-dî), s. m. || 1" Ragoiit de plusieurs viandes réchauffées. El puis des membres rebondis Du fils faire un salm gondis. Le servir à table à son père, scarr. Virg. rv. Il 2° Fig. et familièrement, se dit de choses qui n'ont ni liaison ni suite, de personnes réunies au hasard. Sa conversation, cet ouvrage n'est qu'un salmigondis. Le comte de Brion faisait un salmigondis perpétuel de dévotion et de péchés, retz, i, 45. Ce salmigondis de dieux, CYR. de berg. l'éd. joué, I, < . Vous ne m'avez jamais parlé de Mme de Montferrat ; c'est pourtant un joli salmigondi» dedévotion et de coquetterie, volt. Lett. d'Àryental, 2 déc. <757.

— HIST. XVI* s. Salmiguondins, rab. Pant. rv, B9 Donnant Pantagruel ordre au gouvernement d» toute Dipsodie, assigna la chastellerie de Salmigondin à Panurge.... id. ib. m, 2.

— ETYM. D'après Ménage, du latin salgama, choses confites dans la saumure, et cond tus, assaisonné. Cela esl bien douteux; on serait plutôt tenté d'y voir salmis avec la syllabe gondis ou gandin qui serait de fantaisie.

SALMIS (sal-mî), s. m. Ragoût de pièces de gibier déjà cuites à la broche. || Fig. Ces sortes de salmis [pièces comme le Tarare de Beaumarchais où l'on mêle tous les tons] plaisent toujours à la multitude pendant quelque temps; et le singulier prend pour un moment la place du beau, la- UARPE, Corresp. t. v, p. <94.

— ÊTYM. Origine inconnue; tout historique manque.

t SALMONE (sal-mo-n'), s. m. Genre de poissons de la division des abdominaux.

— ÉTYM. Lat. salmo, saumon.

SALOIR (sa-loir), i. m. || 1" Vaisseau de bois dans lequel on met le sel. || 2° Vaisseau de bois, ou grand pot de grès, destiné à recevoir les viandes qu'on veut saler.

— HIST. XIV* s. Lesvault mieux tenir [les lards] ou [au] salouer, comme il font en Picardie, ilénagier, u, 5. || xvi' s. L'on estend le lard sur le lardier ou saloir (qui est une grande et large table, aiant des bords autour, assise sur des estaudis, pendante d'un costé), o. de serres, 835. Toutes lesquelles pièces, grasses et maigres, dites espis et liesches, sont ntises saler sur un grand saloir, appelle mère, composé de plusieurs aix joints ensemble, contenans trois ou quatre pas en quadrature, aiant des bords es environs pour garder de verser la saumeure, id. 838.

— ETYM. Saler ; wallon, saleu.

SALON (sa-lon), s. m. || 1 Pièce d'un appartement, ordinairement plus grande et plus ornée que les autres, et où l'on reçoit la compagnie. Salon d'hiver. Salon d'été. Et ce salon pompeux est le lieu du festin, RAC. E.sth. m, 4. Au milieu des jardins, entre deux cascades, s'élevait un salon ovale de trois cents pieds de d.amètre, volt. Babyl. 3. Il Salon à l'italienne, celui qui comprend deux éiages, dont un attique, et qui tire son jour de l'étage supérieur ou d'une espèce de coupole. Il 2" La. maison où l'on reçoit habituellement compagnie, et, particulièrement, bonne compagnie, et où l'on cause. Le salon de Mme Geofl'rin, de la marquise du Deffant ont été célèbres au xvui' siècle. La liberté.... C'est une bégueule enivrée Oui dans la rue ou le salon. Pour le moindre bout de galon. Va criant à bas la livrée! bérang. Refus. || Par extension. La bonne compagnie, les gens du monde. Il £céquente les salons. Un poète de salon. De*

SAL

SAL

SÂL

nouvelles de salon. L'hostilité des salons contre le gouvernement. Les plus grandes dames [de Venise] recevaient toutes leurs visites dans les cales de la place Saint-Marc, et cetti .onfusion bizarre empêchait que les salons ne devinssent trop sérieusement une arène pour les prétentions do l'amourpropre, stakl, Corinne, xv, 8. Les salons avaient tant de grâce [au xvm* s.], qu'on n'ouvrait pas la fenêtre pour regarder les champs, villem. Litt. franc, t»' s. 2* part. 2* leç. Dans cette cour sérieuse et nouvelle [de Napoléon 1"], on parlait peu; tout était classé sévèrement, de sorte qu'un salon ignorait l'autre, sÉo. Ilist.Nap. ii, 5. || 3- Absolument. La galerie du Louvre où se fait l'exposition des ouvrages de peinture, de sculpture, gravure, etc. des artistes vivants. On voit tout Paris occupé de tableaux exposés au salon, volt. IHal. XXIV, 3. Je veux porter mon art à la perfection, Et dès l'été prochain exposer au salon, picard. Amis de collège, m, 9. || Aujourd'hui, le mot salon s'applique, dans le même sens, au Palais de l'imlustrie où se font les expositions de peinture. || L'exposition même. Il a exposé ce tableau au dernier salon. Il Compte rendu d'une exposition artistique. Les Salons de Diderot. || 4" Salle où l'on expose des figures en cire. Tenant un salon de figures en cire. Il 5" Terme de turf. Salon des courses, établissement où l'on s'assemble pour parier et régler les paris. || 6" Excavation creusée dans l'argile salifère, pour y rassembler l'eau nécessaire à la dissolution du sel que ces roches contiennent (par un jeu de mot entre salon et saler}.

— ETYM. Salle.

tSALONNlER (sa-lo-nié), s. m. Néologisme. Littérateur qui rend compte du salon, d'une exposition de peinture.

SALOPE (sa-lo-p'), adj.\\l' Terme populaire. Oui est sale et malpropre. Un enfant salope. Cette personne est salope. [Il] N'expose à mes regards qu'une mine de singe, Salope, dégoûtante, CHAMPMESLÉ, Cvispin ckcvalier, se. 4. Il se piquait d'être stoïcien, et faisait gloire d'être salope en l'honneur de la profession, hamilt. Gramm. iv. Il 2' Substantivement, au féminin. C'est une vraie salope. N'est-ce pas bien raisonner? vous êtes une salupe, oiiERARDi, Théâtre Hal. Arlequin miaanthr. Proi. Il Fig. et par injure. Une femme de mauvaise vie. 11 écrivit au pasteur dont la salope était paroissienne, et fit en sorte d'assoupir l'affaire, j. J, Bouss. Confess. xii. || 3" Terme de marine. Uarie-salope, voy. marie-salope, à son rang.

— HiST. xvi* s. Saloppe, cotgrave.

— ÊTYM. Diez propose l'anglais sloppy, boueux, fangeux. Il faut en effet expliquer la finale ope; et peut-être sale s'est-il fait sentir pour la transforrnation du mot ang ais.

SALOPE.MENT (sa-lo-pe-man), adv. Terme familier. D'une manière malpropre. Couché salopement.

— f.rvM. Salope, et le suffixe ment.

SALOPEUIU (sa-lo-pe-rie), s. f. \\ 1° Terme familier. Grande malpropreté. Il vit dans la saloperie. C'est pour avoir applaudi à ces saloperies de M. de Vendôme qu'Alberoni a fait sa fortune, voyer MABQ. d'argenson, Mém. p. 286, dans pougens. Il 2" Discours, propos orduriers. 11 ne dit que des saloperies. || 3° Mauvaise marchandise, ouvrage mal fait. Cela n'est que de la saloperie.

— ÉTVM. Salope.

SALOKGE (sa-lor-j'), s. m. Amas de sel.

— Hisr. XVI* s. Gabelles, et greniers à sel, salorges, prevostez.... sully, llém. t. x, p. 229. Salorge, mayaizino di sale, oudin, Dict.

— ETYM. Lat.sot, avec une désinence inexpliquée, t SALPËTRAGE (sal-pê-tra-j'), s. m. Formation

du salpêtre, dans les nitrières artificielles.

SALPÊTRE (salpè-tr'), s. m. || 1° Nom vulgaire du nitre ou azotate de potasse, dit parfois salpêtre de l'Inde, qu'on tire souvent des plâtras des étables, des vieilles murailles, des vieilles démolitions. Je ne m'étonne pas que les Chinois aient inventé la poudre quinze cents ans avant nous; leur terre est pleine d'un salpêtre excellent, et nous ne savons encore que gratter des caves, volt. Lett. d'Alembert, 5 nov. (77B. On a vu la France entière, avertie par cette réunion d'hommes éclairés de l'immense quantité de salpêtre que la nature avait déposée dans son sein, convertie en ateliers de salpétriers, FOt;RCROY, Conn. chim. t. i, p. xxi. Il La culture du salpêtre, les procédés à l'aide desquels on en provoque la formation. Lorsqu'on se livrera à la culture du salpêtre, Instruct. sur la ^abr. du salpêtre, <820, p. 9. || Salpêtre de houstage, voy. nitbb. || 2° Par extension et poétique-

ment, poudre à canon. C'était peu que sa main jde l'homme], conduite par l'enfer. Eût pétri le salpêtre, eût aiguisé le fer, boil. Sat. vin. Dans ces globes d'airain le salpêtre enflammé Vole avec la prison qui le tient enfermé, volt. Henr. IV. Il Familièrement. Faire péter le salpêtre, faire beaucoup de décharges de canons, de fusils, de pétards, en signe de réjouissance. || Fig. et familièrement. Ce n'est que salpêtre, que du salpêtre, il est pétri de salpêtre, se dit d'une personne, d'un enfant extrêmement vif. Pontchartrain, qui était tout salpêtre, st-sim. <7I, 28. Mme de Levi avait infiniment d'esprit et beaucoup de piété solide, avec cela une vivacité de salpêtre, lo. B23, 3)8. La personne est sanguine? — Oui, très-sanguine; c'est un salpêtre, picard. Collatéral, i, ii. 113" Salpêtre du Chili, azotate de soude. || Salpêtre terreux, azotate de chaux qui est en efflorescences salines sur les murs humides. || 4° Sédiment provenant de plâtras et gravois de démolitions qui ont été lessivés pour en extraire le salpêtre, et qui sert comme mortier pour sceller les pavés.

— HIST. xV s Fut le doyen des tisserands

[à Gand] accusé de trahison ....on alla en sa maison ; si trouva-t-on la poudre de salpêtre toute nouvelle, FROiss. Il, II, vu.

— ETYM. Bas-lat. salpetra, du lat. sal, sel, et petra, pierre.

SALPËTUÉ, ÉE (sal-pê-tré, trée), port, passé de salpêtrer. Pénétré de salpêtre. Des murs salpêtres.

SALPËTltER (sal-pê-tré), V. a. \\ 1° Répandre du salpêtre sur un espace de terrain, le mêler avec la terre, et battre fortement, pour rendre ce terrain dur et imperméable à la pluie. Salpêtrer une allée de jardin, une cour. || 2° Faire naître le salpêtre. L'humidité salpêtre les murs. (| 3" Se salpêtrer, V. réfl. Être pénétré de salpêtre. Cette cave se salpêtre. La facilité avec laquelle elle [la chaux] se salpêtre, Instr. fabr. du salpêtre, <820, p. 21.

— ETYM. Salpêtre.

t SALPÊTRERIE (sal-pê-tre-rie), ». f. Fabrique de salpêtre.

t SALPÊTREUX, EUSE (sal-pê-treû, treû-z'), adj. Oui contient du salpêtre.

SALPËTRIER (sal-pê-tri-é ; l'r ne se lie jamais), s. m. Ouvrier qui travaille à faire du salpêtre. || Se dit aussi de celui qui a des ouvriers sous ses ordres.

— REM. On trouve selpetrier et selpetre. X peine, contre lesdits selpestriers et poudriers, de punition exemplaire, et contre les gentilshommes qui les employèrent, de confiscation des selpestres, poudres, moulins et ustancilles, Le<(. pat. conseil d'État, 30 noV. <077.

— HIST. XVI* s. Jehan Defresnes nostre salpestreur demeurant à Paris, du cange, salpetra. Il XVI* s. Salpestriers, pouldriers, faiseurs de flasques, charrettes, et forgeurs, paré, viu, 24.

— ETYM. Salpêtre.

SALPÊTRIÈRE (sal-pê-tr-i-è-r'), s. f. \\ i' Lieu OÙ l'on fait du salpêtre. || 2° Particulièrement. La Salpê- Irière, hospice de Paris où l'on reçoit les femmes âgées et infirmes. || On y renfermait autrefois les femmes de mauvaise conduite. Crispin : Ne faites point la fière ; On peut aussi vous mettre à la Salpétrière. — Lisette : X la Salpêtrière. — Crispin : Oui, m'amie, et sans bruit; De vos déportements on n'est que trop instruit, regnard, le Légat, m, 8.

— ÉTYM. Salpêtre.

t SALPÊTRISATION (sal-pê-tri-za-sion) , s. f. Action de salpêtrer, de se salpêtrer; résultat de cette action.

t SALPICON (sal-pi-kon), s. m. Mets composé de toutes sortes de viandes, et de légumes comme truffes, champignons, culs d'artichauts, le tout d'égale proportion et cuit chaque partie à part pour que la cuisson soit égale.

t SALPINGO-MALLÉEN, ENNE (sal-pin-go-mallé-in, lè-é-n'), adj. Terme d'anatomie. Le muscle salpingo-malléen, le muscle interne du marteau.

— ETYM. SàXniïÇ, trompe d'Eustache, et maliens, marteau.

t SALPINGO-PUARYNGIEN, ENNE (sal-pin-gofa-rin-jiin, jiè-n'j, adj. Terme d'anatomie. Oui a rapport à la trompe d'Eustache et au pharynx.

— ÊTYM. SiXitcY^, trompe d'Eustache, et pharyngien.

t SALPLICAT (sal-pli-ka), s. m. Vernis du Japon qui est mêlé d'or en poudre.

t SALSE (sal-s'), ». f. Espèce de volcan qui lance de la boue et une eau très-salée.

— ÉTYM. Lat. salsus, salé.

SALSEPAREILLE (sal-se-pa-rè-ll'. Il mouillées),

». f. Plante d'Amérique, dont la racine est dépura-

tive et sudorifique, smilax lalsaparilla, t. famille des smilacinécs (liiiacécs). || Salsepareille d'Allemagne , la laicbe des sables, tmilax atpera, L.

— HIST. xvi* s. Si les nations desquelles nous retirons le gayac, la salseperille.... ont des médecins, combien pensons nous par cette mesme recommandation de l'estrangeté... , qu'ils facent feste de nos choulx et de nostre persil? mont, tu, 2<6.

— ETYM. Espagn. lariaparrilla, de zarza, ronce, et Parillo, nom du médecin qui l'a employée le premier.

t SALSEPAHINE (sal-se-pa-ri-n*), ». f. SubsUnce, dite aussi smilacine, contenue dans la salsepareille.

SALSIFIS (sal-si-fi), ». m. || 1' Nom vulgaire du tragapogon porrifolium, L. qui est le salsifis blanc ou salsifis commun de l'Académie et la plante cul* tivée par les jardiniers sous le nom de salsifis. Il Salsifis ooir ou salsifis d'Espagne, dénominations vulgaires de la scorsonère. || Salsifis sauvage, tm des noms vulgaires du tragnpogon pratense, dit encore barbe de bouc et salsilis des prés. {| Salsifis sauvage est aussi le nom du geropogon giabrum, synanthérées. Il 2° Nom qu'on donnait, quand ou réforma la grande perruque à la Louis XIV, i une longue mèche de cheveux ou queue que l'on entourait d'un ruban.

— HIST. XVI* s. Une autre racine de valeur est aussi arrivée en nostre cognoissance peu de temps en ça, tenant rang honorable au jardin; c'est le sercifi, dont la graine, estant fort menue, ne peuton semer que trop espessement, o. ue serres, 6ï<.

— ETYM. Ital. sassefrica; norm. sercifi. t SALSOLÉES (sal-so-lée), ». f. pi. Tribu de la

famille des atriplicinées, ayant pour type le genre salsnla ou soude.

t SALSORIE (sal-sorie), ». f. Nom vulgaire du salsola tragus, L.

t SALSIGINEUX, ECSE (sal-su-ji-neù, neû-z'), adj. Imprégné de sel marin. Terres salsugineuses. Il Terme de botanique. Qui croit dans des terrains imprégnés de sels.

— ETYM. Provenç. salsuginot ; ital. salsuginoso, du lat. salsugo, saumure, de sal, sel.

t SALTARELLE (sal-la-rè-1'), ». f. Danse vénitienne à trois temps, qui a beaucoup d'analogie avec la tarentelle.

— ETYM. Ital. saltarella, de saltare, sauter.

SALTATION (sal-ta-sion ; en vers, de cinq syllabes), ». f. Terme d'antiquité. Art qui comprenait la danse, la pantomime, l'action théâtrale, l'action oratoire, etc. Il ne faut pas restreindre le sens de saltation à celui que nous donnons dans notre langue au mot de danse, rollin, llisl. anc. Œuv. t. XI, <■• part. p. 266, dans pougens. Ils s'appela rent pantomimes, parce qu'ils imitaient et exprimaient tout ce qu'ils voulaient dire, avec les gester qu'enseignait l'art de la .saltation, id. ib. p. 279.

— - HIST. XIV* s. Par saltacion il entent tripudiei ou trescher, caroler, dancier, oresme. Thèse dt MEUNIER. Il XVI* s. Comme si c'eust esté des gens qui eussent dansé, ainsi que l'on fait es festes de Bacchus, avec mouvement et saltations satyriques, AMYOT, Ant. 98.

— ETYM. Lat. sai(o(ion«m, de sollare (voy.SAUTEB).

t SALTATRA (sal-la-tra), adj. Se dit des descendants des nègres et des blancs, lorsque depuii les premiers parents il y a eu un nouveau mélange de sang noir.

t SALTIGRADE (sal-ti-gra-d'), adj. Terme de zoologie. Qui marche en sautant.

— ETYM. Lat. saltus, saut, et gradi, marcher.

SALTIMBANQUE (sal-tin-ban-k'), ». m. || 1° Bateleur, charlatan, ordinairement placé sur des planches pour faire ses exercices et débiter ses drogues. || Par extension. Mais pour le singe, animal inutile. Malin, gourmand, saltimbanque indocile.... VOLT. Pauvre diable. || 2" Fig. et par dénigrement. Bouffon de société, mauvais orateur dont les gestes sont outrés et ridicules ; charlatan. M. d'Elbœuf, qui était grand saltimbanque de son naturel, commença la comédie par la tendresse qu'il avait pour le nom français, retz. II, 240. Grâce à l'extrême confiance que j'ai en ma raison, ma foi n'est point à la merci du premier saltimbanque, DmEB. Pens. phil. 60. || Adj. C'était sur les sermons de ce prédicateur saltimbanque [Roquette, évêque d'Aulun, et oncle de l'abbé Roquette] que Despréaux avait fait cette épigramme [On dit que l'abbé Roquette Prêche les sermons d'autrui : Moi, qui sais qu'il les achète. Je soutiens qu'ils sont à lui], d'alemb. Éloges, Roquette.

— ÉTYM. Ital. sallimbanco, de taltare, sauter, in, en, et banco banc.

SAL

SALUA DE (sa-lu-a-d'), ». {. Terme vieilli. Action de saluer en faisant la révérence. Il me fit une grande saluade. Crispin, après avoir rebuté les saluades de Marin, hautehocue, Crispin médecin, l, 7.

— lilST. xvr s. Saluade, cctgrave.

— ÉTYM. Saluer.

SALUIlRK (sa-lu-br'), adj. Qui entretient la banté. Une alimentation, un régime, un air salubre.

— lllST. XVI* s. On doibt ensucrer les viandes «alubres à l'enfant, mont, i, <84. Ce précepte [traiter les «mis comme s'ils devaient être un jour des ennemis], abominable en ceste souveraine amitié, est salubre en l'usage des amitiez ordinaires, ID. 1, 2<5. Toute chose qui se treuvc. salubre à nostre vie se peull nommer médecine, ro. m, 208.

— ÉTVM. Lat. salubris, salus, salut (voy. SAtUT). t SALCBUKMENT (sa-lu-bre-man), adv. D'une

manière salubre.

— HIST. XVI' s. Salubrement, cotgrave.

— ÉTYM. Salubre, et le suffixe ment ; provenç. talubramens.

SALUBRITÉ (sa-lu-bri-té), s. f. || l' Qualité de ce qui est salubre. La salubrité de ce pays. L'air et l'eau ont également besoin d'être agités sans cesse pour conserver leur salubrité, buff. J/t'n. t. Il, p. 300. Cette salubrité renommée de l'air qu'on respire à Béziers, marmontel, Mém. vu. || 2" Particulièrement Tout ce qui est utile en vue de la santé publique. Mesures de salubrité. || Salubrité publique, partie de l'hygiène publique qui embrasse ce qui concerne les soins de propreté des villes, l'éclairage, la surveillance des halles et marchés, la vente des comestibles, les falsifications et sophistications des aliments et des boissons; les inhumations, constructions des rues, habitations, égouts, canaux, institutions et établissements publics divers, les prisons, les hôpitaux, hospices, salles d'asile; la prostitution; les mesures concernant les épidémies, les vaccinations.

— msr. XVI' s. Une isle.... commode en fertilité de toutes sortes d'arbres et fruicts et salukrité d'air, mont, i, 400.

— ÊTYM. Lat. salubritatem , de salubris, salubre. SALUÉ, ÉE (sa-lu-é, ée), part, passé de saluer.

Salué par une personne de connaissance.

SALUER (sa-lu-é), je saluais, nous saluions, vous saluiez; que je salue, que nous saluions, que vous saluiez, v. a. || 1° Donner à quelqu'un que l'on ' aborde, que l'on rencontre, etc. une marque extérieure de civilité, de respect. Saluer la compagnie. Saluer de la main, du geste, de la voix. Allons, saluez monsieur, mol. ilal. imag. ii, 6. D'où vient qu'Alcippe me salue aujourd'hui, me sourit et se jette hors d'une portière de peur de me manquer? LA BRUY. XI. Les g»inds sont entourés, salués, respectés; les petits entourent, saluent, se prosternent; et tous sont contents, id. ix. Venez, mademoiselle, et saluez les gens, regnaro, le Distr. i, 4. [ÀFontenoy] les officiers anglais saluèrent les Français en ôtant leurs chapeaux; le comte de Chabanes, le duc de Biron, qui s'étaient avancés, et tous les officiers des gardes-françaises leur rendirent le salut, volt. Louis XY, if>. Et, revenant avec la chaloupe, il salua le vaisseau de son mouchoir, aussi longtemps qu'il le put, stael, Corinne, xvm, t. \\ Absolument. Les manières de saluer sont différentes selon les différentes nations. En Europe les hommes saluent en ôtant leur chapeau et en s'inclinant. Vous voyez des gens qui entrent sans saluer que légèrement, qui marchent des épaules, la bruy. viii. Ils laissent croître leurs ongles comme les Chinois; ils saluent comme eux, et l'on sait que ce salut con- •iste à se mettre à genoux et à se prosterner jusqu'à terre, lapérouse, Voy. t. m, p. 4(, dans POUGENS. Il 2" On dit par civilité saluer, en abordant ou en quittant une personne. Je vous salue. J'ai l'honneur de vous saluer. Je vous salue très-humblement. |{ Je vous salue, j'ai l'honneur de vous saluer, est aussi une manière de terminer une lettre. || 3' Saluer quelqu'un, faire visite à quelqu'un, lui rendre ses devoirs. Le» officiers de la garnison sont allés saluer le gouverneur. Voilà nous dit-il, un honnête homme et courtois- ce n est pas aujourd'hui seulement que je l'ai connu Civil comme cela; il m'a toujours fortsalué, et m'est venu ICI souvent entretenir, Théophile Œuv V part. p. (10, dans lacurne. Monsieur, je viens «aluer, reconnaître, chérir et révérer en vous un •econd père, mol. Mal. imag. ii, 6. Je ne vois pas ce qui pourrait m'emjiécher de venir, dans les beaux jours, saluer lEioile du nord et maudire le Croissant, volt. Lett. à Catherine II, s sept. «76»

SAL

II*" Faire ses compliments par lettre. Je vous prie de le saluer de ma part. Je lus hier une lettre du bonhomme la Maison... il ne m'en dit pas un mot (du mariage de Monsieur], et salue toujours madame la comtesse, comme si elle était encore à mes côtés, sÉv. 95. || 6" Donner des marques de respect, à la vue de certaines choses. Saluez ces pénates d'argile, la font. Philém. et Baucis. Il meurt, comme Moïse, avant d'avoir pu passer le Jourdain; il salue de loin, comme lui, cette terre heureuse.... mass. Panég. Si Louis. Les oiseaux en chœur se réunissent et saluent de concert le père de la nature [le soleil], j. i. rouss. Ém. m. || On le dit particulièrement dans certaines occasions de cérémonie. Saluer l'autel. Saluer le catafalque, la représentation. || On disait de même autrefois : saluer les armes. Saluer le lit du roi. Saluer la nef du couvert du roi. || Fig. Son retour fut salué par d'immenses acclamations. On salua son avènement au trône par de grandes marques de joie. Il 6° Il se dit de la manière dont se rendent certains honneurs militaires sur la terre ou sur la mer. Saluer de l'épée, du drapeau, en défilant devant le général. On salue à la mer en tirant le canon ; on salue aussi quelquefois en baissant le pavillon. Il La mer salue la terre, les vaisseaux qui mouillent devant une forteresse doivent la saluer en tirant le canon. || Terme de marine. Saluer de la voix, c'est crier vive le roi, la république, l'empereur, suivant le régime; ce cri est poussé par l'équipage, ordinairement monté dans les haubans. Il Fig. Saluer un grain [sorte de tempête], se mettre en mesure contre sa force. || 7° Proclamer, en parlant des anciens qu'on élevait au trône. Us saluèrent Baléazar comme leur roi, et le firent proclamer par des hérauts, fén. Tél. vin. Ils trouvèrent dans un lieu obscur un homme tremblant de peur, c'était Claude; ils le saluèrent empereur, MONTESQ. Rom, <5. Il Saluer empereur, s'est dit aussi pour donner le salut en nommant empereur, général, le Romain à qui on s'adresse. Septime se présente, et, lui tendant la main. Le salue empereur en langage romain, corn. Pomp. n, 2. Il 8' Se saluer, v. réfl. Se faire l'un à l'autre un salut. Ils se saluèrent en s'abordant. Les navires se saluèrent de tant de coups de canon. || Fig. Nous nous saluons, mais nous ne nous parlons pas, se dit quand on est en froideur avec quelqu'un.

— HIST. XI* s. S'il saluèrent par amur et par bien, Ch. de Roi. viii. || xii* s. Si tost cum s'entrevirent, lues [aussitôt] se sunt encontre ; E 11 reis Henris l'a, e il li, salué. Th. le mort. <U. ||xiii's. Et nos François la vont sagement saluer, Berte, m. Quant Berte voit l'hermite, de Dieu [elle] l'a salué, ib. xlv. Li rois.... i envoia ses gens et dix chevaliers preudomes et sages qui passèrent mer, et troverent le roi Phelippe à Montleon et le saluèrent de pai: le roi Henri, Chr. de Rains, p. <2. Il XV' s. Que je vous y trouve, ou autrement tenez vous pour salué [congédié]. Petit Jehan de Saintré,

p. 4 9, dans LACURNE.

— ÈTYM. Wallon, salowé; provenç. et espagn. saludar; portug. saudar ; ital. salutare; du lat. salutare, de salus, salut.

f SALUKUR (sa-lu-eur), s. m. Celui qui salue.

— HlST. XVI* s. On lui altitroit des salueurs qui lui faisoient de grandes révérences et barettades, DESPER. Contes, xxix.

SALURE (sa-lu-r'). s. f. Qualité que le sel communique. Les fleuves et les rivières prennent la salure de la mer en entrant dans l'Océan, patru. Plaid. 4, dans RICHEL. La salure des eaux et des aliments rend le peuple [en Arabie] très-susceptible des maladies de la peau, montesq. Esp. xxiv, 25. Halley attribue la salure de la mer uniquement aux sels de la terre que les fleuves y transportent, et pense même qu'on peut reconnaître l'ancienneté du monde par le degré de cette salure des eaux de la mer, buff. Add. théor. terre Œuv. t. xii, p. 407. Tout annonçait que nous étions à l'embouchure d'une très-grande rivière, puisqu'elle changeait la couleur et la salure de la mer à deux lieues au large, LA pérouse, Yoy. t. ii, p. 142, dans pougens.

— HIST. xiii's. Lasaleûre est de l'avier [la masse des eaux] Dont li boivre sunt si amer, ïmage du monde, m, Comment la mer est salée. \\ xiv s. Se un jambon est salé de longue saleure comme d'un mois, Ménagier, n, 5. || xvi* s. Toutes choses aiguës, comme saleures, espiceries, ails, etc. paré, XV, 21. Le temps chaud est le moins propre pour les saleures, G. DE serres, 833.

— ETYM. Saler; wallon, saleur; prov. et espagn. taladura.

SAL

SALUT (sa-lu; le ( no se lie pas dans la conversation; au pluriel, l'j se lie : des sa-lu-z échangés), s. m. Il l" Mise hors de mal, hors de péril. Pendant que notre ministre travaillait à ce glorieux ouvrage où il y allait de la royauté et du salut de l'Etat, boss. le Tellier. Quel fut [à Rocroy] l'étonnement de ces vieilles troupes [espagnôles] et de leurs braves officiers, lorsqu'ils virent qu'il n'y avait plus de salut pour eux qu'entre les bras du vainqueur [le prince de Condé] I D. L. de Bourb. Dans de telles extrémités [après Cannes], Rome dut son salut à trois grands hommes, ID. Ilist. II, 8. Un vrai roi, qui est fait pour ses peuples, et qui se doit tout entier à eux, doit préférer le salut de son royaume à sa propre réputation, fén. Tél. XII. Le salut du peuple est la suprême loi, montesq. lisp. -xwi, 23. À peine eurent-ils [le prince Charles-Edouard et ses compagnons] vogué deux milles qu'ils furent entourés de vaisseaux ennemis; il n'y avait plus de salut qu'en échouant entre de» rochers sur le rivage d'une petite île déserte et presque inabordable, volt. Louis XV, 26. Il II se dit, dans le style élevé, de la personne même qui est la cause du salut. Mortel chéri du ciel, mon salut et ma joie. Aux conseils des méchants ton roi n'est plus en proie, rac. Esth. m, 7. Il 2° Félicité éternelle. Dieu a voulu racheter les hommes, et ouvrir le salut à ceux qui le chercheraient, PASC. Pens. XX, i, édit. iiavet. Je pourrai bien vous parler, la première fois, des douceurs et des commodités de la vie que nos pères permettent pour rendre le salut aisé et la dévotion facile, ro. Prov. VIII. Se retirer, et songer uniquement aux affaires de son salut, sÉv. 109. Rien n'est si bon ni si solide que la pensée de son salut, id. 47 mai 4 074. Quand il [Henri IV, protestant] pressait ses théologiens, ils avouaient de bonne foi pour la plupart qu'avec eux l'état était plus parfait, mais qu'avec nous [catholiques] il suffisait pour le salut, Boss. 3* avert. 4 6. Tout le salut vient de cette vie, dont la fuite précipitée nous trompe toujours, ID. Mar.-Thér. Les hommes de tous les états, et autant les gens de bien que les autres, ont vu la reine emportée avec une telle précipitation dans la vigueur de son âge, sans être en inquiétude pour son salut, ID. ib. Une famille.... où les pères ont plus de soin du salut de leurs héritiers que de l'accroissement de leurs héritages, fléch. Lamoignon. || Fig. Le vrai salut est la bienfaisance, volt. Lett. au roi de pologne Poniatowski, a févr. 4 767. Il Faire son salut, mériter par sa vie la félicité éternelle. Vous croyez pouvoir faire votre salut en calomniant vos ennemis? pasc. Prov. xv. C'est une erreur intolérable, qui a préoccupé les esprits, qu'on ne peut être dévot dans le monde; ceux qui se plaignent sans cesse que l'on n'y peut pas, faire son salut, démentent Jésus-Christ et son Evangile, boss. Panégyr. St Franc, de Sales, 4. Je meurs d'envie de faire mon salut; mais l'orgueil et la paresse me donnent bien de la peine, maintenon, Lett. à l'abbé Gobelin, 2 juin 1 682. Il 3° Fig. Point de salut sans, se dit d'une condition indispensable pour réussir en quelque chose. Il conclut qu'il n'y avait point de salut pour une jambe sans bas verts, hamilt. Gramm. 8. Point de salut au théâtre sans la fureur des passions, volt. Lett. d'Argental, 25 oct. 4777. || 4° Démonstration extérieure et commune de civilité, d'amitié, de respect faite aux personnes qu'on rencontre, qu'on aborde, qu'on visite (ainsi dite parce que saluer c'est souhaiter le salut). Un salut gracieux. Le salut des armes. Le salut du drapeau, de l'épée. Je saluai le roi, comme vous me l'avez appris ; il me rendit mon salut, comme si j'avais été jeune et belle, SÉV. 299. Si vous le saluez quelquefois, c'est le jeter dans l'embarras de savoir s'il doit rendre le salut ou non; et, pendant qu'il délibère, vous êtes déjà hors de portée, la bruy. ii. Une froideur ou une incivilité qui vient de ceux qui sont au-dessus de nous, nous les fait haïr; mais un salut ou un sourire nous les réconcilie, m. ix. Un salut respectueux, que j'ai appris depuis être plus fait pour flatter la vanité que pour contenter le cœur, marit. Paysan paru, o* part. A peine j'ose vous promettre De vous rendre cncor vos saluts, bérang. Trembleur. Il Salut militaire, salut que font les soldats à leurs chefs. Il On termine quelquefois les lettres et les billets par cette formule : Salut et amitié. Pendant la Révolution les lettres se terminaient souvent par cette formule : salut et frate/nité. Il 6° Terme de marine. Échange de politesses entre navires de nations différentes ou de la même nation, entre navires et places de guerre. || Salut da

SAL

mer, coups de canon tirés par un vaisseau pour rendre honneur à un autre vaisseau, à une flotte, etc. ou pour en reconnaître la supériorité. Il Traiter du salut, s'informer, avant de saluer, des conditions du salut. || 6* Salut se mettait quelquefois en tète d'une lettre. Quelle petitesse pour Alexandre, de retrancher de ses lettres, depuis qu'il eut défait Darius, le mot grec qui signifie salut 1 HOLLiN, llist. anc. Œuv. t. vi, p. 0)3, dans POUGENS. Il 7° Terme qu'on emploie dans le préambule des lois, dans les lettres patentes des souverains, dans les mandements des évêques, etc. envers ceux auxquels ils sont adressés. A tous ceux qui ces présentes verront, salut. N. archevêque de Paris, i tous les fidèles de notre diocèse, salut et bénédiction. |{ 8" Dans le style élevé ou poétique, on l'emploie comme expression exclamativc. Salut, champs que j'aimais, et vous, douce verdure, Et vous, riant exil des bois; Ciel, pavillon de l'homme, admirable nature. Salut pour la dernière fois ! GILBERT, Ode imitée de plusieurs psaumes. Salut, s'écria-t-il, terre longtemps promise 1 Salut, dieux des Troyens I delille. En. vu. Salut I bois couronnés d'un reste de verdure 1 Feuillages jaunissants sur les gazons épars! Salut! derniers beaux jours, LAMART. iléd. I, 29. |{ 9" Dans la poésie de la langue d'oil et de la langue d'oc, salut d'amour, pièce de vers qui commençait par une salutation à la dame dont le poi'te faisait l'éloge. || 10" Terme de liturgie. Prières chantées dans l'après-midi ou le soir dans les églises. Le 26 mars <685 : j'appris que S. M. a fondé dans la chapelle de Versailles un salut pour les dimanches et les jeudis, et la feue reine pour les fêles de la Vierge, la Saint-Louis et Sainte-Thérèse, dangeau, i, m. Négliger vêpres comme une chose antique et hors de mode, garder sa place soi-même pour le salut, la bruy. xiii. Qui annoncera un concert, un beau salut, un prestige de la foire? m. vu. Qu'on ne voudrait pas manquer à un salut, et qu'on ne compte pour rien de manquer aux choses les plus essentielles, mass. Carfmc, Pâques. Au sortir du salut, Brissac lui conta [au roi].... st-sim. 194, 90. || 11° Salut d'or, ancienne monnaie du temps de Charles VI, ainsi dit parce qu'il portait gravée la salutation de l'ange à la sainte Vierge. || 12" Nom vulgaire des silures. Il Proverbe. À bon entendeur salut, voy. entendeur.

— SYN. SALUT, SALUTATION. lA salutation est l'action de saluer, et salut le souhait de salut, avec les gestes qui l'accompagnent. Cette nuance est sensible dans l'emploi que l'usage a réservé à salutation : il se dit surtout d'une action de saluei particulière : une froide salutation; une profonde salutation. X la fin d'une lettre on présente ses salutations, ses salutations respectueuses. Salut n'est pas usité en ce cas.

— HIST. x* s. Et ne doceiet [n'enseignait] lor salut [conservation), Fragm. de Valenc. p. *68. Il XI' s. Par bêle amur malvais saluz li firent, Ch. de Roi. cxci. Il xu* s. Nulle saluz n'i est trovée, Quise, cerchée ne donée, benoît, n, 6056. Altrement ne puet pas li reis avoir salu Pur tute sa grant force ne pur sa grant vertu, Nis [même] se tuit li règne erent par li sul maintenu. Th. le mart. 91. ||xin' s. Il est escrit que de grant conseil vient grant salus, bbun. latini. Trésor, p. 6uo. Por la salu de nos armes [Ames] et de trestot nostre lignage, Bibl. des chartes, 3* série, t. v, p. 84. Comme sage et courtoise [à] chascun son salut [elle] rent, Berte,jx. [X] Floire et Blanchefleur [ils] font de par Pépin salus, ro. ib. 3C£iv. Car se tu n'en peûsses traire Fors seulement ung biau salu, la Rose, 2388. A toz chiax [ceux] qui ches [cesj présentes letres verront ou orront, li baillis de Clermont salus, beaum. iv, 4. || xivs. J'ai puis trois mois conquis cinquante fors ou plus. Et vous lor avez fait aussi un fier salut, Guescl. <7349. || xv" s. .... Et enfin paya pour sa rançon quatorze mille galuts d'or, un cheval de vingt queues de vin ou autre tel prix et estimation, monstrel. n, 4 64. Il XVI' s. Ils continuèrent à occire tous ceux à qui Marius ne rendoit point de salut, amyot, Marius, 79. Hz se retiroient au camp de Sylla, ne plus ne moins qu'en un port de salut, ro. Sylla, 47. Voyons maintenant à qui il appartient d'avoir soin du salut universel, langue, 389.

— Etym. Prov. soiu«; espagn. soJud ; ital. solute; du latin salutem. Comparez AXoàç, qui est salvus, 8)io;, entier, sanscr. sarva; salutem répond au sanscrit sarvatûti, intégrité: salut, intégrité conservée. On remarquera dans l'historique que talut (salu) a été féminin conformément à l'élymologie et à l'analogie des autres dérivés des sub-

SAL

stantifs latins en tut, tutis; il devient d'abord masculin pour l'action de saluer; puis le féminin s'efface tout à fait.

SALUTAIRE (sa-lu-tê-r'), adj. || !• Utile pour la conservation de la vie, de la santé, de l'honneur, pour le salut de l'ime, etc. Le quinquina est fort salutaire contre la fièvre. Et [il] prévient, par un ordre à tous deux salutaire. Ou les maux qu'il prépare, ou ceux qu'il pourrait faire, corn. Nicom. u, i . Les grâces pudiques de la reine Esther eurent un effet aussi salutaire [pour le peuple de Dieu), mais moins violent [que l'action do Judith], boss. Reine d'Anglet. Jésus laisse la joie au monde comme un présent qu'il estime peu ; et le partage de ses enfants, c'est une salutaire tristesse qui ne veut point être consolée par les plaisirs, ID. Sermons, 3* dim. après Pdq. l'rovid. préambule. Dieu voyant que nous étions contraints d'aller puiser en divers endroits les ondes salutaires de la vérité, II). Panég. St Rernard, préambule. Le conseil le plus prompt est le plus salutaire, rac. Bajax. i, 2. Quelle voix salutaire ordonne que je vive ? ID. Eslh. Il, 7. Ces paroles étaient salutaires; mais je n'étais pas as.sez prudent pour les écouter, fén. Tél. i. \\2' S. m. Le. Sauveur, Jésus-Christ. Élevons avec joie et nos cœurs et nos voix Au vrai Dieu, notre Salutaire, corn. Trad. du ps. xxiv. || Fig. C'est ce triomphe de la raison [la toléiance] qui est mon salutaire, VOLT. Lelt. à Catherine II, 29 janv. )708.

— HIST. XV* s. Faire euvre salutaire tant pour le bien publique comme autrement, 1/s. fonds français, n° <327,f' ), Bibl. imp. \\ xvi' s. Que dirai plus? Dieu est le salutaire Des bien-vivans.... marot, IV, 280. L'ignorance pure et remise tout en aultruy estoit bien plus salutaire et plus sçavante que n'est cette science verbale et vaine [traduction en langue vulgaire des saintes Ecritures], nourrice de presumption et de témérité, mont, i, 398.

— Etym . Lat. salutaris, de salus, salut. SALCTAIREMENT (sa-lu-tê-re-man), adv. D'une

manière salutaire. On se propose d'intimider salutairement et d'abattre le pécheur, en lui représentant les horreurs d'une mort plus prochaine peutêtre qu'il ne pense, rollin. Traité des El. iv , ii, < .

— Etym. Salutaire, et le suffixe ment.

SALUTATION (sa-lu-ta-sion ; en vers, de cinq

syllabes), s. f. \\ 1" Action de saluer. C'est un adoucissement à la dureté du refus, une sorte de salutation qu'on leur rend [aux pauvres], J. 3. bouss. Hél. V, 2. Il Recevez mes salutations, mes salutations respectueuses, amicales, etc., formules pour terminer les lettres, les billets. || 2" Il se dit le plus souvent avec une épitbète et pour désigner une manière de saluer un peu extraordinaire. Il m'a fait de grandes salutations, une profonde salutation. 113° Salutation angélique, l'Ave Maria. Cromwell défendit d'enseigner dans l'Eglise anglicane la salutation angélique, le symbole des apôtres, MAUCBOix, Schisme d'Anglet. dans riciielet. Comme il [Louis XI] avait une dévotion particulière à la Vierge, il voulut que tous les jours, à midi [en mai], on récitât trois fois la salutation angélique, un genou en terre, duclos, Œuv. t. ii, p. 464.

— HIST. xV s. Mais ceste tout premièrement Vers moy feit inclination. Me donnant salutation, la Font. 266. Il XVI' s. Ce ne furent que salutations et embrassades, langue, B57. Et après les premières caresses de la salutation, comme Philippes lui demandast.... auyot, Alex. 4 5.

— ETYM. Provenç. et espagn. salutacion ; portug. saudacâo ; ital. salutaiione ; du lat. saiuto- Itonem, de salutare, saluer.

t SALVADOKACÉES (sal-va-do-ra-sée), s. f. pi. Famille de plantes voisine des plombaginées, dont le type est le salvadora indica.

SALVAGE (sal-va-j'), s. m. Terme de marine. Il n'est usité que dans cette locution : Droit de salvage, droit sur ce qu'on a sauvé d'un bâtiment naufragé. || On dit aujourd'hui : droit de sauvetage.

— ETYM. Lat. salvare, sauver (voy. sauver). SALVANOS (sal-va-nôs'), *. m. Terme de marine.

Bouée de sauvetage.

— REM. Pourquoi l'Académie, qui écrit custodinos avec un trait d'union, écrit-elle salvanos sans trait d'union?

— Etym. I.at. salva, sauve, et nos, nous.

t SALVATELLE (sal-va-tè-1'), t. f. Terme d'anatomie. Veine qui commence sur la surface dorsale des doigts et de la main par un grand nombre de radicules qui se réunissent près du bord interne.

— HIST. XVI' Et est appelée [une veine] en la main destre salvatelle ou epatique, b. de mon-

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