‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 91 sur 754 · SANSCRIT · texte numérisé non relu

SANSCRIT

t SAMSON (san-son), ». m. Personnage biblique, juge et libérateur des Juifs; il tua mille Philistins avec une m'.choirc d'âne, || Fig. et par plaisanterie. 3 escrimer des armes de Samson, bien manger, bien jouer dos mâchoires. "* '

t SAMSON (SAINT-) (sin-san-son), ». m. Espèce de poire. ' ">!'«».<=

J .^w"?^?*^^. (sa-mi-dée), ». f. pi. pamiUe de dicotylidonées, dont le genre iamyda est lo type. t SAN ANTO.'VI (san-an-to-ni), ». m. Cépage des Pyrénées orientales.

SAN

SAN-BENITO (san-bé-ni-to), ». m. Casaque jaune que l'inquisition fait revêtir à ceux qu'elle a condamnés; le portrait du condamné y est figuré, devant et derrière, posé sur des tisons allumés, avec des flammes qui s'élèvent et des démons à l'entour. Si Newton était né en Portugal, et qu'un dominicain eût vu une hérésie dans la raison inverse du carré des distances, on aurait revêtu le chevalier Isaao Newton d'un san-benito dans un au-lo-dafé, volt. Dict. phil. Newton et Desc.

— HIST. XVI' s. La troupe des bruslez, pendus et noyez de ce siècle, tous gens mal habillez, et avec des santbenis , paintsde diables, d'aub. h'asn. iv,<7.

— ÉTYM. Espagn. «on, pour »onJo, saint, et Benito, Benoît; parce que cet habit est de la même forme que l'habit des religieux de Saint-Benoît.

t SANCI (san-si), s. m. Nom d'un diamant de la couronne de France, ainsi nommé parce qu'il avait appartenu à Nicolas Harlay de Sancy, ministre sous Henri III et Henri IV.

SANCIR (san-sir), «. n. Terme de marine. En parlant d'un navire, couler bas en plongeant d'abord son avant.

— ÉTYM. D'après Dicz, sancir vient très-probablement du provenç. sumsir , sumpsir, somsir, sompsir, qui signifie submerger, et qui est une forte altération du lat. submergere.

SANCTIFIANT, ANTE (san-kti-fi-an, an-t'), adj. Qui sanctifie. Ces œuvres, ce sont œuvres saintes et sanctifiantes ; et voilà comment le désir de salut nous sauve, BOURDAL. Pensées, t. i, p. 62. Il est fort douteux que l'âme tiède conserve, dans cet état habituel de tiédeur, la grâce sanctifiante et la justice qu'elle croit conserver, et sur laquelle elle se rassure, mass. Carême, Tiéd. i . On croit chez les Indiens que les eaux du Gange ont une vertu sanctifiante, MONTESQ. Esp. XXIV, (4.

t SANCTIFICATEUR (san-kti-fi-ka-teur) , ». m. Celui qui sanctifie. On ajoute à la foi de la présence universelle celle de Dieu comme saint et comme sanctificateur, Boss. Et. d'orais.n, 20. Donner des ministres à l'Église, et des sanctificateurs aux fidèles, Mass. Confér. Zélé c. les scandales. || Le sanctificateur, le Saint-Esprit. Il [Dieu] y envoie [dans l'âme juste] son Saint-Esprit, sanctificateur invisible de ce temple, boss. iléd. sur l'Év. la Cène, 93' jour.

— HIST. xm* s. Dieu soit saintefleur et garde de nostre peuple, jomv. 303. || xvi's. C'estoit un signe [le sabbat] dont Israël devoit cognoistre que Dieu est sanctificateur, calv. Inst. 295.

— ÉTYM. Lat. sanctificatorem, de sanctijicare, sanctifier; ital. santificatore.

SANCTIFICATION (san-kti-fi-ka-sion ; en vers, de six syllabes), ». f. \\ 1° Action et effet de la grâce qui sanctifie. Achevant l'œuvre de notre sanctification dans la crainte de Dieu, saci, Bible, St Paul, 2' éptt. aux Corinth. vu, i. La religion est moins un sujet de sanctification qu'un sujet de disputes qui appartiennent à tout le monde, montesq. Lett. pers. 75. || 2° Action de procurer ce qui sanctifie. Mais, Seigneur.... que ne pouvonsnous obtenir de votre bonté, si.... nous faisons notre principal exercice de la prédication de votre parole et notre félicité de la sanctification de votre peuple? BOSS. le Tellier. || 3° Sanctification du dimanche, des fêtes, leur célébration suivant la loi de l'Église.

— HIST. XII* s. Il emmena els el mont de la sue [sienne] saintificatiun. Liber psalm. p. no. || xvr s. Le repos, auquel nous convie ce qui est dit de la sanctification du septième jour, calv. Inslit. m-i. Si nostre sanctification consiste en renoncement de nostre propre volonté.... ID. ib. 295.

— ÉTYM. Prov. sancti'/îcado; espagn. sanctiflcacion; ital. santificaiione ; du lat. sanctificationem, de sanctificare, sanctifier.

SANCTIFIÉ, ÊE (san-kti-fi-é, ée), part. pa.isé do sanctifier. Rendu saint. Tout [chez Madame mourante] était simple, tout était solide, tout était tranquille, tout partait d'une âme soumise et d'une source sanctifiée par le Saint-Esprit, Boss. Duch. d'Orl. [Jacques Clément] D'un air sanctifié s'apprête au parricide, volt. Ilenr. v.

SANCTIFIER (san-kti-fi-é), je sanctifiais, nous sanctifiions, vous sanctifiiez ; que je sanctifie, que nous sanctifiions, que vous sanctifiiez, v. a. Il 1° Rendre saint, sacré, consacré. Les lieux que Jésus-Christ a sanctifiés par sa présence. Je vous ai sanctifié, avant que vous fussiez sorti de son sein, saci. Bible, Jérémie, i, 5. Vous aurez beau vanter le roi dans vos ouvrages. Et de ce nom sacré sanctifier vos pages, boil. Sat. ix. || 2° Rendre

SAN

saint, rendre conforme à la loi divine, en parlant des personnes. Les évêques des Pays-Bas l'appellent; et ces provinces florissantes lui doivent l'établissement de tant de maisons qui ont consolé leurs pauvres, humilié leurs riches, instruit leurs peuples, sanctifié leurs prêtres, boss. Bourgoing. C'est cette sagesse qui nous éclairera, cette sagesse qui nous sanctifiera, cette sagesse qui fera de nous des hommes parfaits sur la terre, bourdal. Ifj/jt. Épiphan. t. I, p. 4 40. Dieu sanctifia saint Louis dans la gloire, le soutint dans ses travaux.... fléch. Pan. St Louis. Dieu, dont la providence destine les juges pour gouverner son peuple, comme elle destine les prêtres pour le sanctifier, id. Lamoignon. Je nourris dans son cœur (du roi Louis XIV] la semence féconde Des vertus dont il doit sanctifier le monde, rac. Esth. Prol. \\ Sanctifier par son exemple, mettre p.ir de bons exemples dans la voie du salut et de la sanctification. || Absolument. Il faut ces doux choses pour sanctifier, peines et plaisirs, PASC. Lett. à Mlle de Roannei, 6. || 8' 11 se dit des choses en un sens analogue. Sanctifier la poésie par un ouvrage si précieux [l'Imitation de Jésus-Christ], cobn. Imit. Préf. édit. \on. Les moyens que nous donne l'Écriture pour sanctifier la grandeur par un bon usage, boss. Sermon sur l'ambition, fragm. sur le même sujet. Je viens.... vous faire admirer un homme ....qui a sanctifié l'honneur et la probité par les règles et les principes du christianisme, fléch. Duc de Mont. Le grand ouvrage de saint Augustin, qui a pour titre de la Cité de Dieu.... est.... un parfait modèle de la manière dont on doit sanctifier les études profanes, rollin. Traité des Et. 4* part, i, 2. 114° Dans l'Oraison dominicale: Votre nom soit sanctifié, que votre nom soit loué, soit honoré dignement. Il 5° Sanctifier lejourdu dimanche, le célébrer suivant la loi de l'Église. || On dit de même : Dans l'ancienne loi les Juifs sanctifiaient le sabbat. 116" Il s'est dit pour sanctionner. Le parlement voulait demander l'assemblée des chambres, et sanctifiait par conséquent tout ce que nous avions fait, RETZ, m, 24. Il 7" Se sanctifier, v. réjl. Devenir saint. La reine sanctifia sa cour en se sanctifiant elle-même; pour être appelée auprès d'elle, il ne suffisait pas de la suivre, il fallait aussi l'imiter dans ses pratiques de piété, fléch. ilar.-Thér.

— HIST. XII' s. Icest lieu seintefied fud li bers Helchana acustumiers à visiter, pur Deu depreier, flots, p. 2. Il XIII' s. Li tiers commandemens dit : Soviegne toi de saintefier les sabbas, brun. LATiin, Trésor, p. 78. || xvi' s. Les lavemens et sacrifices par lesquels les Juifs se sanctifioyent à Dieu, les separoyent d'avec les gentils, calv. Instit. 269. Et ainsi sommes sanctifiez, c'est-à-dire consacrez à Dieu en vraye pureté de vie, m. ib. aie.

— ÉTYM. Prov. sanctifiar, sanctijicar ; espagn. santificar ; ital. santificare ; du lat. sanctificare, de sanctus, saint, et faccre, faire.

SANCTION (san-ksion; en vers, de trois syllabes), s. /". Il 1° Acte par lequel, dans un gouvernement constitutionnel , le souverain approuve une loi ; approbation sans laquelle elle ne serait point exécutoire. Cette loi n'a pas encore reçu la sanction. Il 2° Approbation donnée à une chose. Ce mot n'a pas reçu la sanction de l'usage. || 3° La peine ou la récompense qu'une loi porte, décerne pour assurer son exécution. Sanction pénale. Sanction rémunératoire. || 4° Pragmatique sanction, voy.

PRAGMATIQUE t.

— ÉTYM. Lat. sanctionem, de sanctum, supin de sancire, voy. saint.

t SANCTIONNATECR (san-ksio-na-teur), adj.

m. Qui sanctionne. Pouvoir sanctionnateur, Joum. officiel, 6 avril <870, p. en , 6' col.

SANCTIONNÉ, ÉE (san-ksi-0-né, née), part, passé de sanctionner. La loi sanctionnée par le prince. Un usage sanctionné par le temps.

SANCTIONNER (san-ksi-o-né), V. a. Donner la sanction, approuver, confirmer.

— ÉTYM. Sanction.

SANCTUAIRE (san-ktu-ê-r' ; dans le xvu' siècle, le c ne se prononçait pas : Paris est le santuaire des honnêtes gens et des gens de lettres , Ménagiana, p. 406), ». m. || 1" En général, lieu fermé et consacré par la religion. Les hommes ont banni la divinité d'entre eux ; ils l'ont reléguée dans un sanctuaire; les murs d'un temple bornent sa vue; elle n'existe point au delà, dider. Pens. philos. n* 26. Il 2° Chez les Juifs, le lieu U plus saint du temple, où reposait l'arche et qui se nommait autrement le saint des saints. Dieu n'épargne pas son sanctuaire ; le beau temple, l'ornement du monde....

SAN

BOss. nisl. n, 4. Et quo de Jésabcl la fiUo sanguinaire Ne vienne allaqucr Dieu jusqu'en son sanctuaire, RAC. Athal. I, (. Il Poids du sanctuaire, se dit des poids de pierre que les prêtres gardaient pour servir d'étalons. || Kig. Peser une chose au poids du sanctuaire, dans la balance du sanctuaire, l'examiner avec toute l'attention possible, l'apprécier selon les règles de la plus sévfcre conscience. Des choses très-légères dans l'opinion du monde, mais qui , pesées dans la balance du sanctuaire, sont des abominations devant Dieu, bourdal. Sur It scandale, i" avent , p. <08. On se flatte sur ses raisons, dans le temps qu'on croit peser celles d'autrui au poids du sanctuaire, fén. t. xviii, p. 3"7. IIS" Chez les païens, il s'est dit, dans un sens analogue, du lieu le plus saint du temple. La pythie rendait des oracles dans le fond du sanctuaire. Il 4° Chez les chrétiens, l'endroit de l'église où est le maître autel, et qui est ordinairement entouré d'une balustrade. Un beau sanctuaire. Pâle lampe du sanctuaire, Pourquoi, dans l'ombre du saint lieu. Inaperçue et solitaire, Te con sumes-tu devant Dieu? lamart. Harm. i, 4. ||8°Fig. Le sacerdoce. Les lois, les prérogatives du sanctuaire. Les hypocrites me voudront mal à cause que j'attaque le vice jusques dans le sanctuaire, BALZ. liv. IV, lett. <o. Il n'osa jamais entrer dans le sanctuaire, mass. Panégyr. St Franc, de Paule. Il 6° Fig. Ce que l'on compare à un sanctuaire. J'étais convaincu, comme je le suis encore, que les mêmes lois qui nous permettent quelquefois de nous dispenser de l'obéissance exacte, nous défendent toujours de ne pas respecter le titre du sanctuaire, qui, en ce qui regarde l'autorité royale, est le plus essentiel, retz, ttém. t. m, liv. iv, p. 294, dans pouGENS. On dit que c'est l'arsenal de l'enfer [les religieuses de Port-Royal], Dieu en fait le sanctuaire de ses grâces; on les menace de toutes les fureurs et de toutes les vengeances du ciel, et Dieu les comble de ses faveurs, pasc. Pensées sur les jés. 66, édit. faugère. Que si elle [la justice] s'est construit un sanctuaire éternel et incorruptible dans le cœur du sage Michel le Tellier.... BOss. le Tellier. Elle j Marie] était dès lors destinée à être le temple vivant et le sanctuaire de Dieu, bourdal. Annonciat. de la Vierge, Myst. t. u, p. 62. C'est le palais des arts, c'est leur séjour sacré (le Louvre] ; Ils s'y rendent en foule, et dans ce sanctuaire Chaque art a son génie et son dieu tutélaire, Thomas, Pétréide, m. || Le sanctuaire des lois, de la justice, le lieu où l'on rend la justice, et, figurément, la profession de magistrat. Ne croyez pas, messieurs, qu'il fut entré sans vocation dans le sanctuaire de la justice, flécb. Lamoignon. On entrait dans le sanctuaire des lois en violant la première loi, qui veut qu'on soit instruit de sa profession, id. le Tellier. \\ Cette maison est le sanctuaire de l'honneur, des vertus, l'honneur l'habite, les vertus y sont pratiquées. Sa maison [d'Epaminondasl était moins l'asile que le sanctuaire de la pauvreté; elle y régnait avec la joie pure de l'innocence, barvhél. Ànach. ch. B. || On dit de même : Le cœur de cet homme est le sanctuaire de toutes les vertus. Un chrétien dont le cœur est le sanctuaire de la paix, BOss. Coméd. <2. Je pensais sur le bruit de son nom glorieux Que, si la vertu même habitait sur la terre, Le cœur d'Aménaïde était son sanctuaire, volt Tancr. m, 4. Il 7" Fig. Société, compagnie comparée à un sanctuaire et dans laquelle les profanes ne pénètrent pas. J'étais mis encore quelquefois d'un autre intérieur, non moins sanctuaire, par des valets trèsprincipaux, ST-siM. 239, <90. ||I1 ne faut pas essayer de pénétrer dans le sanctuaire, c'est-à-dire dans les secrets des gens puissants.

— HIST. XII' s. Sis [son] saintuaires fu désertez ausi come chose gastée, Ûachab. i, i . Parole fud que tu e li tuens [le tien] lignages servireit devant mei en mun saintuairie, flots, p. 9. || xin' s. Des saintuaires ne des hautes reliques qui i estoient ne covient il mie parler, villeh. lxxxvii. Cil aporta le seintuaire. Sur quoi durent serement faire, Ben. <4"88. Nennil, mais voisent [aillent] viseter Le saintuaire precieus Dont mon cuer est si envieus, (a Rose, 2319. {| xiv s. Sanctuaire, chose sainte, ou lieu où elle est mise ou portée, du cange, tanctuarium. || xvi* s. Le santuaire où se rendent les responses de l'oracle — les vœux et offrandes qui sont pendues aux vouttes et parois du santuaire, AMYOT, Timol. to.

— ETYM. Provenç. sanctuari; catal. tantuari; du lat. sanctuarium, qui vient de sanctus, saint.

t SANCTOS (san-ttus'J, «. m. Partie de la messe

■ SAN

qui suit la préface et précède le canon, ainsi nommée parce qu'on y chante sanctus, sanctus, Dominus Deus sabaolh. || Morceau de plain-cliant ou de musique qui se chante ou s'exécute sur les paroles du Sanctus.

SANDAL (san-dal), (. m. Voy. santal, qui est plus usité.

). SANDALE (san-da-1'), ». ^. || f Espèce de chaussure ne couvrant le dessus du pied qu'avec les cordons, dont on se servait dans l'antiquité. Voilà les caractères particuliers qui désignent le vrai esprit des vaudois, l'affectation de la pauvreté dans les sandales qui en étaient la marque, boss. Yar. xi, 82. Empcdocle avait en tout temps des sandales d'airain à ses pieds, fén. Empéd. Ne portant que des sandales, ils ne pouvaient marcher sans amasser de la poussière, fleuhy, Moeurs des Israël. tit. X, 2* part. p. US, dans pougens. || Fig. Secouer la poussière de ses sandales, quitter pour jamais, se séparer absolument. C'est fini entre ces gens-là et moi [un candidat à la députation qui n'a pas été élu] ; j'ai secoué la poussière de mes sandales aux portes de leur ville, en. de Bernard, la Cinquantaine, § 12. Il La sandale est propre aussi à certains religieux. Avec la robe de frère Juan, j'avais son rosaire et ses sandales, dont je ne me fis pas un scrupule de priver l'évêque de Cuença, LESAGE, Cil Bl. v, i . Pierre l'Ermite marchait en sandales à la tête de l'armée, volt. Mœurs, B4.

a» Dans les salles d'armes, soulier qui n'a qu'une demi-empeigne avec une forte semelle, et que l'on chausse pour tirer. || 8' Petite plaque de bois sur laquelle on appuie le pied pour faire mouvoir un soufflet d'orgues. ||4" Nom de plusieurs coquilles.

— HIST. xiii* s. Et li fist caucier [chausser] uns sollers que li clerc apielent cendales qui sencfient que il ne doit passer en vain nul pas, Chr. de liains, p. toi. Sandalium, sandales, c'est soler d'evesque quand il célèbre, ou soler à cordelier, Gloss. dans du cange.

— ÊTYM. Lat. sandalium, de oavîâ),iov, qui vient de oov5a).ov. éolien, oâjjiêaXov, sandale. On l'a tiré de oavi;, planchette ; mais la forme de (7ci(j.6aXov rend cela douteux, et Curtius croit plutôt qu'il se rattache au perse sandal, soulier ; ce serait une chaussure importée de Perse avec son nom.

t 2. SANDALE (san-da-l'), s. f. Sorte de bateau en usage dans le Levant et sur les cêtes de l'Afrique septentrionale. || On trouve aussi sandal. Cette ville communique avec la mer par un lac qui ne peut recevoir que des bateaux très-plats nommés sandals, baynal, Hist. phil. xi, 6.

— ÊTYM. Turc, sandal, qui, d'après d'Herbelot, Bibl. orientale, p. 6BB, est le grec oavSâXiov, sandale, soulier.

SANDALIER (san-da-lié; l'r ne se lie jamais), s. m. Celui qui fait des sandales.

— ÊTYM. Lat. sandaliarius, de sandalium, sandale t.

t SANDAIlACiNE (san-da-ra-si-n'), s. f. Terme de chimie. Substance résineuse particulière que renferme la sandaraqne.

SANDARAQUE (san-da-ra-k') , s. f.\\l' Résine odorante qui découle du thuya aphylla, Burmann, ou cupressoides, L. et qui, réduite en paudre, sert à diflërents us:iges;par exemple on frotte de sandaraque le papier qu'on a gratté, pour l'empêcher de boire. || 2* Il s'est dit pour réalgar.

— ÊTYM. Lat. sandaraca, grec oavSapâxn, qui signifient un sulfure rouge d'arsenic.

t SANDIII ( san-di ), s. f. Nom du système euphonique de la langue sanscrite, en tant quo résultant de la rencontre des mots entre eux.

— ETYM. Sanscr. sandhi, liaison, de sam, avec, et dhd, poser, égal à duv-TiOritii.

t SANDIS {san-dis'), interj. Espèce de jurement gascon.

— ÊTYM. Sang, et dis pour Dieu.

SANDJIAK (san-dji-ak), s. m. Voy. sangiac. SANDJ 1 A KAT (san-dj i-a-ka), s. m. Voy. SANGiACAT. t SANDRE (san-dr'), s. m. Genre de poissons qui

se rapprochent de la perche.

t SANDWICH (san-douitch), s. f. Tranche de jambon entre deux tranches de pain beurré.

— ÊTYM. Mot anglais.

SANG (san ; devant une voyelle ou une h muette, le g se lie et se prononce k; un san-k illustre; suer san-k et eau ; c'est aussi la règle que dans le xvii* siècle donne Chifflet, Gramm. p. 213), s. m. Il 1° Liquide assez épais, d'une couleur rouge tantôt

I claire et vermeille, tantôt foncée et comme noire, qui remplit le système entier des vaisseaux artériels et veineux. Le sang est employé dans les

SAN

raffineries de sucre pour clarifier les sirops. □ tombe dans son sang, corn, le Ment, rv, ). Ayant présenté les fils d'Aaron, il prit du sang du bélier qui avait été immolé, en toucha l'extrémité do l'oreille droite de chacun d'eux et les pouces de leur main droite et de leur pied droit, saci, Bibl», Lévit. VIII, 24. Gardez-vous seulement de manger du sang de ces bêtes ; car leur sang est leur vie, et ainsi vous ne devez pas manger avec leur chair ce qui est leur vie, id. ib. Veutéron. xii, 21. La belle [Fontangcs] perdant tout son sang, pâle, changée, accablée de tristesse, sÉv. 441. Les jésuites sont plus puissants que jamais : ils ont fait défendre aux pères de l'Oratoire d'enseigner la philosophie de Descartes, et, par conséquent, au sang de circuler, ID. 13 oct. 4 678. On le vit & la bauille dl Cerné charger trois fois les ennemis, couvert de sang et de poussière, flécr. Duc de Mont. Dans leur sang odieux [des Romains] j'ai pu tremper met mains, rac. Mithr. v, 6. Ai-jc besoin du sanir ies boucs et des génisses? id. Àthal. i, <. U (uo guerrier] paraissait comme le dieu Mars : des ruisseaux de sang coulaient autour de lui; les roues de son char étaient teintes d'un sang noir, épais et écumant, fén. Tél. n. Un seul de ces animaux [lions marins] auquel on coupa la gorge, et dont on recueillit le sang, en donna deux barriques, sans compter celui qui restait dans les vaisseaux de son corps, buff. Quadr. t. vi, p. 298. On a démontré que le sang mis en contact avec le gaz oxygène prend une couleur rouge très-vive, tandis que dans une atmosphère de gaz azote ou hydrogène il devient très-noir, sennebier, Ess. art d'obs. t. n, p. <39, dans P0UGENS. La température du sang artériel n'est que d'environ un degré plus élevée que celle du sang veineux, thenabd. Traité de chim. t. m, p. Boo, dans pougens. En montant à cet assaut [de Smolensk], nos colonnes d'attaque laissèrent une longue et large traînée de sang, de blessés et de morts, séguh, Hist. de Nap. vi, 4. Il Baptême de sang, le martyre souflert sans avoir reçu le baptême. || Tout en sang, couvert de sang. Une belle nuit, il [un fou] se donna cinq ou six coups de couteau, et, tout nu et tout en sang.,., SÉV. U3. J'ai vu le triste Hémon abandonner son rang Pour venir embrasser ce frère tout en sang, bac. Théb. m, 3. || Mettre en sang, battre, blesser jusqu'à ce que le sang coule abondamment. Le père [de Rosimond], fort emporté, battit cruellement son fils, et le mit en sang, fén. t. xii, p. 24. Il Fouetter, pincer, mordre jusqu'au sang, jusqu'A entamer la peau et faire paraître le sang. |{ Sï battre au premier sang, se battre en duel à condition que le combat cessera à la première blessure d'un des deux adversaires. U y a, je l'avoue, une autre sorte d'afl°aire où la gentillesse se mêle à la cruauté, et où l'on ne tue les gens que par hasard ; c'est celle où l'on se bat au premier sang ; au premier sang I grand Dieul et qu'en veux-tu faire de ce sang, bête féroce I le veux-tu boire ?j. j. Bouss. Kouv. Iléloise. || Fig. et familièrement. Suer sang et eau, se donner beaucoup de peine. Je suais sang et eau pour voir si du Japon II viendrait à bon port au fait de son chapon, rac. Plaid. m, 3. Il Fig. Je donnerais de mon sang, le plus pur de mon sang, je répandrais tout mon sang, jusqu'à 'a dernière goutte de mon sang pour..., se dit pour exprimer la grande affection qu'on a pour quelqu'un ou pour quelque chose. Je donnerais mon sang pour vous soulager et pour vous servir, maintenon, Lett. à Mme des Ursins, 4 juillet (706. Je donnerais de mon sang pour entendre dire : M. le cardinal est bien déclaré contre les jansénistes, ro. Lett. au card. de Noailles, 24 oct. <708. || On dit de même, familièrement : Je voudrais qu'il m'en eût coûté une pinte de mon sang, et que cela fiit ainsi, ne fût pas ainsi. || Fig. Je le signerais de mon sang, se dit quelquefois pour assurer la vérité d'une chose. Léonor : Me le signcrez-vousî — Uoncade : Do mon sang s'il le faut, baron, Hom. à bon. fort. m, 3. Il Fig. Le sang de râme,les larmes. Les larmes que saint Augustin appelle si élégamment le sang de l'âme, boss. Sermons, Parole de Dieu, 2. || 2' Le sang de Jésus-Christ, le sang de l'Agneau, le sang que Jésus-Christ a versé pour la rédemption des hommes, et sa présence dans l'eucharistie. Il leur dit : Ceci est mon sang, le sang de la nouvelle alliance qui sera répandu pour plusieurs, saci. Bible, Évang. St Mare, iiv, 24. On voit Madame présenter son corps à cette huile sacrée, ou plutôt au sang de Jésus-Christ, qui coule si abondamment avec cette précieuse liqueur, boss. Duch. d'Orl. Elle souhaite mille fois d'être plongée au sang de n. — 228

SAN

l'Agneau, n>. t6. Si le sang des veaux et des boucs rendait accessible le saint des saints, bien qu'une loi si rigoureuse en fermât l'entrée, le sang de l'homme-Dieu, Jésus-Christ n'ouvrira-t-il pas le sanctuaire? n>. Sermons, Ascension, (. ||8" Terme de zoologie. Animaux à sang rouge, les vertébrés. Il Animaux i sang blanc, les mollusques et autres animaux dont le sang est blanc. Le sang des insectes est une liqueur subtile, transparente et ordinairement sans couleur, et qui, quoiqu'elle ne soit pas naturellement inflammable, résiste dans quelques espèces à un degré de froid supérieur à nos plus rudes hivers, bonnet, Contempl. nat. Œuv. t. vm, p. ne, dans pougens. || Animaux à sang froid, animaux dont le sang n'est pas sensiblement plus échauffé que le milieu qu'ils habitent. \\i° Il se dit de différents états physiques définis îiar un certain état du sang. Sang allumé. Rafraîchir le sang. Le sang lui monte facilement à la îêtc, et il a des étourdisscments. De peur de troubler mon sang, je ne veux rien envisager dans l'avenii qui me puisse déplaire, sÉv. 26 août (685. On a le mal dans le sang et dans les entrailles, avant qu'il éclate par la fièvre, boss. Comédie, 8. Il 5* Fig. Il se dit de différents états de l'àme définis par un certain état du sang. Tel Sophocle à cent ans charmait encore Athènes, Tel bouillonnait encor son vieux sang dans ses veines, corn. Au Roi, 4676. Ohl si M. le chevalier avait une telle cause en main, avec ce beau sang bouillant qui fait les héros et la goutte, il la saurait bien soutenir d'une autre manière que je fais, sÉv. 684. Cette force, cette vigueur, ce sang chaud et bouillant, semblable à un vin fumeux, ne leur permet [aux jeunes gens] rien de rassis ni de modéré, BOss. Panég. St Bernard, (. Il se pique d'avoir le sang chaud et l'estomac dévorant, maintenon, Lett. à l'abbé Gobelin, 8 mai (67B. Tout mon sang de colère et de honte s'enflamme, rac. Esth. m, 4. jj 11 a le sang chaud, il est prompt et colère. || Cela rafraîchit le sang, calme la sang, met du baume dans le sang, ce qui arrive est agréable et de nature à tranquilliser. Il n'y arien qui rafraîchisse le sang comme d'avoir su éviter de faire une sottise, LA BRUY. II. Il Cela glace le sang, cela cause de l'effroi. Il Le sang se glace, on éprouve un grand effroi. Juste ciel ! tout mon sang dans mes veines se glace, rac. Esth. i, 3. X ce nom redoutable, mon sang se glaça dans mes veines, lesaoe. Cil Blas, ni, <. Il Je n'ai pas une goutte de sang dans mes veines, je suis saisi d'effroi, d'horreur. || Vous me faites tourner le sang, vous me causez des émotions pénibles. || Cela fait bouillir le sang, vous me faites bouillir le sang, cela me cause, vous me causez une impatience extrême. || Le sang bout, se dit d'une extrême impatience. Le sang me bout sur les Calas ; quand la révision sera-t-elle donc ordonnée? volt. Lett. d'Àrgental, 19 fév. (763. Il Le sang lui bout dans les veines, se dit aussi de la première vigueur de l'âge. Tant que le sang bout dans nos veines, corn. /mit. I, )3. || Cela allume le sang, cela irrite, anime excessivement. Cette lecture m'allumait le sang. || Le sang lui monte à la tête, il est près de se fâcher. || Le sang lui est monté au visage, il a été ému de honte ou de colère. Il Tout son sang bouillonne, son courroux est extrême. Il Familièrement, faire du bon sang, se faire du bon sang, prendre du plaisir, éprouver du contentement. Je ne ferai de bon sang qu'à mon arrivée, MARiv. Pays. parc, s* part. || On dit aussi : Se faire une once de bon sang, s'amuser à une chose plaisante. |{ Faire du mauvais sang, de mauvais sang, éprouver de la contrariété, prendre de l'humeur. La lecture des malheurs imaginaires de Cleveland, faite avec fureur et souvent interrompue, m'a fait faire, je crois, plus de mauvais sang que les miens, j. j. rouss. Confess. v. Je ne doute point que le mauvais sang que je me fis durant cette absence n'ait contribué à la maladie où je tombai après son retour, ID. ib. vni. || Fig. Cet homme a du sang dans les veines, il est sensible à l'injure, il est hardi, résolu; et, par la forme négative, il n'a pas de sang dans les veines, il n'est pas sensible aux injures, il est timide, irrésolu. Il Avoir du sang aux ongles, sous les ongles, au bout des ongles, savoir bien se défendre en toute manière, soit en action, soit en paroles; avoir de la force et du courage. Si nos ennemis avaient du sang aux ongles, sév. 30). ||6' Fig. u vie des hommes, en parlant de mort, de meurtre de carnage. Vous perdez en la mort d'un homme de son rang; Vengez-la par une auîre, et le sang par le ung. coBM, Cid, u, 8. La terre ne cachera plus le

SAN

sang qui a été répandu, saci. Bible, Isaîe, xxvi, 2). Seigneur, soyez favorable à votre peuple d'Israël que vous avez racheté, et ne lui imputez pas le sang innocent qui a été répandu au milieu de votre peuple, m. Deutéron. xxi, 8. Je ne veux point ici rappeler le passé. Ni vous rendre raison du sang que j'ai versé, bac. Athal. n, B. Je meurs, mais mon ombre s'envole bien accompagnée : je viens d'envoyer devant moi ces gardiens sacrilèges |les eunuques d'un sérail] qui ont répandu le plus beau sang du monde [tué une belle femme], montesq. Lett. pers. (61. Serions-nous donc pareils au peuple déicide, Qui, dans l'aveuglement do sou orgueil stupide, Du sang de son Sauveur teignit Jérusalem? lamart. Ilarm. i, 6. Il Le prix du sang, le prix payé à un homme qui a livré un condamné à mort. U ne nous est pas permis de le mettre [l'argent payé à Judas] dans le trésor, parce que c'est le prix du sang, saci, Bible, Évang. St Math, xxvii, 6. || Fig. Je [moi, Palmirc] suis le prix du sang du malheureux Zopire, volt. Mahom. n, 3. || Se baigner dans le sang, faire mourir beaucoup de monde. Dans l'infidèle sang baignez-vous sans horreur, rac. Ath. iv, 3. || Épargner le sang, épargner la vie des hommes. || Verser le sang, répandre le sang, tremper ses mains dans le sang, donner la mort à un homme, à des hommes. Personne n'ignore les dérèglements de ce prince [Henri VIII], ni l'aveuglement où il tomba par ses malheureuses amours, ni combien il répandit de sang depuis qu'il s'y fut abandonné, BOSS. Yar. vu, ). Us répandraient avec plaisir le sang du fils d'Ulysse, fén. Tél. i. Exterminez, grands dieux, de la terre où nous sommes. Quiconque avec plaisir répand le sang des hommes, VOLT. Mahomet, ni, 8. || Aimer le sang, être altéré de sang, se repaître de sang, se plaire dans le sang, aimer à donner la mort. || Il y a eu beaucoup de sang répandu dans cette guerre, beaucoup d'hommes y ont péri. |1 Faire couler le sang, être cause d'une guerre ou d'une rixe sanglante. Il Le sang a coulé, a été répandu, il y a eu des personnes blessées dans cet engagement, dans cette rixe. Il Par exagération. Inonder de sang un pays, y fiire périr beaucoup de personnes. || Metire un pays à feu et à sang, y commettre toutes sortes de cruautés. || Fig. Ils se font la guerre à feu et à sang, ils sont fort irrités les uns contre les autres et cherchent à se nuire de toutes les façons. || Laver son injure dans le sang, se venger en tuant celui de qui on l'a reçue. Ce n'est que dans le sang qu'on lave un tel outrage, corn. Cid, i, 8. Il Payer une chose de son sang, être mis à mort pour l'avoir faite ou dite. || Le sang de cet homme crie vengeance, il faut que le meurtre de cet homme soit vengé. || Fig. Son sang est sur lui, c'est sur lui que retombe la responsabilité de sa mort ou de tout autre malheur. Puisque M. Jurieu ne veut pas suivre ces belles lumières, son sang est sur lui, et son crime est inexcusable, BOss, «* avert. 2t. Il 7° De sang, de nature sanguinaire. Je pense que vous aimez particulièrement cette histoire [Judith et Holopherne], et que vous êtes bien aise de voir une action de sang et de meurtre approuvée dans l'Écriture, voit. Lett. 26. Et dont l'âme de sang, injuste et déloyale. Souille avec tant d'horreur la majesté royale, du ryer, Scévole, m, 3. Sauvez-moi de tous ces hommes de sang, saci, Bible, Psaumes, lviii, 3. Un tribunal de sang te condamne au supplice, volt. Ali. v, 4. En Saxe, Charlemagne fit des lois de sang, m. Mœurs, 82. Son insensibilité [du peuple romain] allait au point qu'au milieu des plus belles scènes [de Térence], il demandait un ours, des athlètes ou des gladiateurs; il fallait à ce peuple des spectacles de sang, CONDIL. Ilist. anc. xi, (.On se rappellera longtemps ces jours où des hommes de sang prétendirent élever des autels aux vertus sur les ruines du christianisme, ciiateaubr. Génie, i, i, 4. || Tribunal de lang, tribunal établi en (567, dans les Pays- Bas, par le duc d'Albe. || 8° Fig. Le sang, la substance du peuple, des pauvres. Je ne m'étonne point que les fripons engraissés de notre sang se déclarent contre M. Turgot, qui veut le conserver dans nos veines, volt. Lett. La Lande, (9 déc. (774. On a presque regret d'être homme quand on songe aux malheureux dont il faut manger le sang, j. j. ROuss. llél. v, 7. || Sucer le sang du peuple, s'engraisser du sang du peuple, se dit de gens en place qui s'enrichissent en appauvrissant 1*

I peuple. Il 9' Race, extraction, famille. Seigneur, je suis Romain et du sang de Pompée, corn. Cinna, v, ( . La mère sort d'un sang fécond en pro-

SAN

cureurs, hauterocbe. Bourg, de quai, i, ». Je n'ai pas reconnu mon sang dans votre style, sév. à Bussy son cousin, 9 juin (669. Il était juste que ce précieux dépôt [les princes de Condé, de Conli et de Longueville emprisonnés] demeurât entre les mains du roi, et il lui appartenait de garder une si noble partie de son sang, boss. le Tellier. Quelque glorieuse que fût la source dont il sortait, l'hérésie des derniers temps l'avait infectée; il recevait avec ce beau sang des principes d'erreur et de mensonge, flécu. Turenne. Sorti de l'ancienne et illustre maison de la Tour d'Auvergne, qui a mêlé son sang à celui des rois et des empereurs, ID. ib. Tous les liens du sang n'ont pu le retenir, RAC. Phèdre, rv, l . Je n'ai pu conserver Que la fierté d'un sang que je ne puis prouver, id. Iphig. n, (. Rome, par une loi qui ne se peut changer. N'admet avec son sang aucun sang étranger, m. Bérén. n,

2. Ce que le sang peut communiquer de dispositions et de talents est fort douteux, mairan, Elog. Bremond. Quoique le sang des Jagellons eiit régné longtemps, ces princes ne furent jamais ni absolus par leur royauté, ni rois par droit de naissance, volt. Ifœurs, ((9. Le roi [Henri VIII] fit périr par la main du bourreau la mère de ce cardinal [de Pôle], sans respecter la vieillesse, ni le sang royal dont elle était, id. i&. (36. Plus le sang de Charlemagne s'éloignait de sa source, plus il dégénérait, ID. ib. 24. Il La pureté du sang, se ditd'une famille de haute extraction dans laquelle il n'y a point eu mésalliance. La pureté du sang ne fit que servir de motif à la pureté des mœurs de Mme la Dauphine, FLÉcii. Dauphine. || En Espagne, pureté de sang, absence de toute hérésie dans une famille. || Les enfants par rapport à leurs pères, les membres de la famille par rapport les uns aux autres. Viens, mon fils, viens, mon sang, viens réparer ma honte, corn. Cid, I, 8. Ne me dis point qu'elle est et mon sang et ma sœur, id. Hor. rv, 6. N'écoulez point pour lui ces maximes cruelles: En épousant Pauline il s'est fait votre sang, œ. Poly. m, 3. N'aie point peur, je ne suis pas mort; va, tu es mon vrai sang, ma véritable fille, et je suis ravi d'avoir vu ton bon naturel, mol. Mal. imag. m, 2). Si vous dites vrai, nous la renoncerons pournotie sang, m. G. Dand. ii, 9. Enfin, vous voyez comme votre sang [votre parente] prend mon parti, id. Critiqut,

3. Adieu, mon sang, sév. à Bussy, son cousin, (9 mai (67(. Ces monstres.... Qui, prenant en dégoiit les fruits nés de leur flanc. S'irritent sans raison contre leur propre sang, boil. Sat. x. David m'est en horreur, et les fils de ce roi. Quoique nés de mon sang, sont étrangers pour moi, rac Athal. II, 7. Et, quand je veux chercher le sang qui m'a fait naître... id. ib. u, (. Songe au moins, songe au sang qui coule dans tes veines, volt. Zaïre, n, 3. Il Mauvais sang, les membres pervers d'une famille. Et quand nos vieux héros avaient de mauvais sang. Ils eussent, pour le perdre, ouvert leur propre flanc, corn. Poly. v, 4. || Ea une autre acception, mauvais sang, personne ou personnes dignes de réprobation. Et depuis quand, seigneur, la soif du premier rang Craint-elle de répandre un peu de mauvais sang? id. Sertor. i, (. |1 Les princes du sang, les princes qui sont de la maison royale ou impériale. Enfin il [M. de Pompone] ne sera plus que le plus honnête homme du monde : vous souvenez-vous de Voiture, en parlant de M. le Prince : Il n'avait pas un si haut rang ; Il n'était que prince du sang, voilà justement l'affaire, sÉv. 388. Vieillir fille est un piètre état; les princesses du sang ont bien de la peine à soutenir cet état contre nature, volt. Lett. Thiriot, 2( déc. (737. Il Droit du sang, celui que donne la naissance. Henri IV arriva au trône par le droit du sang. Il Cela est dans le sang, se dit d'une personne qui a de bonnes ou de mauvaises qualités qu'elle tient de famille. || U se dit aussi d'une bonne ou d'une mauvaise qualité qui vient du tempérament. Cela est dans ton sang d'adorer le vrai mérite, le- GRAND, Triomphe du temps futur, 3' part. se. (. || La vertu des pères ne passe pas toujours avec le sang dans leurs enfants, ne se transmet pas toujours avec le sang, les enfants n'ont pas toujours les bonnes qualités de leurs pères. || Le plus pur du sang, le membre de la famille le plus chéri. Pourquoi, moi-même enfin me déchirant le flanc. Payer sa folle amour [de Ménélas] du plu» pur de mon sang? BAC. Iphig. iv, 4. || Fig. U lui en a coûté le plus pur de son sang, il a donné le plus pur de son sang, il a sacrifié la meilleure partie de ce qu'il possédait. || 10° Le sang, les sentiments d'affection entre les membres d'une même famille. Elle est

SAN

mère, et le sang a beaucoup de pouvoir, corn. Kodog. n, 4. ...De ce soupir que Taul-il que j'augure? Du sang qui se révolte est-ce quelque murmure? RAC. Iphig. I, 3. Et le sang reprendra son empire ordinaire, m. Théb. m, s. Ceux qui l'ont connu croiront aisiment que les afTcctions communes, le sang, le nom n'avaient pas beaucoup de pouvoir sur lui, et qu'il se tenait isolé de tout sans se faire violence, fonten. Liltrt. || Le murmure du sang, la force du sang, la voii du sang, les sentiments qui parlent en faveur des membres de notre famille. La voix du sang se fit entendre, je me rappelai tous mes devoirs envers mes parents, lesage, Gil Bl. X, 2. Il Kn un sens particulier, la force du sang, les sentiments que l'on ressent quelquefois pour une personne de même sang, bien qu'on ne la connaisse pas. || La chair et le sang, même signification. Le combat d'une femme chrétienne, non pas contre les persécuteurs de la foi, mais contre la chair et le sang, contre ses proches, bourdal. <" dim. après l'Épiphan. Dominic. t. I, p. 20. La nature en cette occasion [dans une contagion] relâche beaucoup de ses droits et de ses obligations ordinaires ; les lois do la chair et du sang ne sont pas si fortes que l'horreur d'une mort presquejnévitable, fléch. Duch. de J/ont. || Terme de l'Ecriture. La chair et le sang, la nature corrompue. La multitude adore des divinités de chair et de sang, FÉN. t. xvii, p. 210. Il 11° Sang se dit de races d'hommes, par rapport aux croisements. Le sang tartare s'est mêlé d'un côté avec les Chinois et de l'autre avec les Ru-sses orientaux, buff. Uist. nat. Ilom. Œuv. t. V, p. 20. Il-Sang mêlé, se dit de populations où il y a eu des croisements. Le sort des Espagnols, dans tous les pays du monde, est d'être un sang mêlé ; celui des Maures coule encore dans leurs veines en Europe, et celui des sauvages dans l'autre hémisphère, raynal, Uist. phil. viii, 7. ||Un sangmêlé, un homme qui provient de pareils croisements. Il Au pluriel. Des sang-mêlé, c'est-à-dire des hommes à sang mêlé. On dit que les sang-mêlé sont moins prolifiques que les individus de race pure. Il Le sang est beau dans ce pays, les hommes y sont beaux et bien faits. Ce qui rend le sang si beau en Perse, c'est la vie réglée que les femmes y mènent, montesq. Lelt. pers. 34. Le sang de Géorgie est encore plus beau que celui de Cachemire; on ne trouve pas un laid visage en ce pays, buff. Ilist. nat. Ilom. Œuv. t. v, p. 94. C'est une ville fort agréable; l'air y est bon, les promenades y sont délicieuses, et le sang y est superbe, PICARD, Petite ville, rv, 5. || C'est un beau sang, ee dit d'une famille compo'-ée de beaux enfants. Il 12" Terme d'hippologie. Pur sang, ou, simplement, sang, ensemble, chez le cheval, de caractères extérieurs et de qualités innées qu'on ne rencontre que chez les races nobles. Les chevaux de pur sang ont de la distinction, de l'élégance et de la grâce dans les formes; la peau fine et souple ; les crins fins et soyeux; les muscles fermes, bien dessinés sous la peau; les os durs et compactes; les vaisseaux souscutanés très-apparents ; les allures très-rapides; le système nerveux et les facultés intellectuelles bien développés, vallon. Cours d'/iippologie. || Demisang, ou deuxième sang, produit d'un individu de pur sang avec un individu de race commune. Il Trois-quarts de sang, produit d'un pur sang et d'un demi-sang, sept-huitième, quinze-seizième de sang, en suivant le croisement dans le mime sens. Il Aujourd'hui, on s'accorde à reconnaître deux chevaux de pur sang : le cheval arabe, chez qui le sang est d'origine et un don de la nature; et le coureur anglais, qui, n'ayant du sang que par des croisements, n'en a pas moins acquis tous les caractères, et chez qui le sang est de seconde main et un don de l'hérédité. i| On ne confondra pas pur sang avec pure race, qui appartient à tout animal descendant directement de la souche de la race elle-même. || Par abréviation, un pur sang, un cheval de pur sang. || Au plur. Des pur sang, des demi-sang. On sous-entend chevaux: des (chevaux à) pur sang, des (chevaux à) demisang. Il 13° Terme de vétérinaire. Sang de rate, maladie propre aux bêtes à laine et aux bêtes à cornes. Plus d'un mal contagieux s'étend de l'animal à son gardien; il en est ainsi pour la morve, pour le sang de rate et pour d'autres maladies encore, BAYLE-MOUILLARD, Projet de code rural, page 90. Il 14° Sang-froid , voy. sano-fboid , à son rang alphabétique. || 15° Terme d'alchimie. Sang des philosophes, esprit minéral que l'on supposait être dans les métaux. || Proverbes. Bon sang ne peut mentir, les personnes nées d'honnêtes parents

SAN

ne dégénèrent point. || Il exprime aussi que l'aflection naturelle entre personnes de même sang ne manque pas de se déclarer, de se découvrir dans l'occasion. Bon sang ne peut mentir; je t'aime toujours, DANCOURT, Bourg, à la mode, i, <o. ||I1 se dit parfois, par ironie, d'une fille qui n'est pas moins coquette que sa mère l'a été ou l'est encore. Il Qui perd son bien perd son sang, perdre son bien c'est presque la même chose que de perdre la vie.

— IIIST. XI* s. Nos les ferons (nos espées] vcrmelles de chald sanc, Ch. de Roi. lxxiv. || xii' s. Ilec ■sanc de pechié covint par sanc laver, 77i. le mart. (49. Délivre mei des ovranz [ceux qui opèrent] ini- (piitet, e des humes de sanc salve mei, Liber psalm. p. 78. Il xnr s. Home de sanc et tricheur aura nostre sire Deux en contre cuer. Psautier, f 10. Tel coup que li clairs sans en conviendra issir, Berte, ira. Quant Berte l'entendi, tous li sans lui remue, ib. LU. Si te frémira tous li sans, Parole te faudra et sens, Quant tu cuideras commencier, ia Tiose, 2107. ....Si comme aucuns fiert autrui par mal talent en liu saint, ou bat, ou fet sanc, ou tue, beaum. n, <5. Il XIV" s. Boins sans ne poet falir, adès se monterra [montrera], Baud.de Seb.ix, 411. Quelconque personne soit du sang ou lignage royal ou d'autre, Ordonn. desrois de France, t. v, p. na. Garin ala devers le maire de la justice et se plaignit du sang que lui avoit fait ladite femme, du canoë, sanguis. Le suppliant frappa un petit cop de la main sur le visage ledit homme, et lui fist un pou de sang volage parmi les dens, ID. ib. \\ xv" s. X son costé dextre estoit tout le sang de France, c'est assavoir tous lesgrans seigneurs de France, comme Anjou, Berry, Bourgogne... Journ. de Paris sous Charles 71 et VII, an (431. A peu qu'il ne chut à la renverse, tant fort fut eiïrayé; et quand il eut son sang, il... LOUIS XI, Nouv. II. Quand la jeune meunière ouit qu'on trouveroit bien remède à son fait, le sang lui commença à revenir, m. ib. m. Et en lisant, le sang lui monte et le cœur lui frémit, id. ib. xxvi. || xvi" s. Il la battit à sang et à marque, marguer. Nouv. XLVi. Elles'osta la vie aussi magnanimement comme ilappartenoil à sa vertu et au noble sang dont elle estoit issue, amyot, Cat. d'Ut. 9. Gens de sang, de sac et de corde. Qui vous faites nommer zelez, Sat Mén. p. 213. Pour curer les cors, il les faut couper jusques au sang, paré, v, 21. Nul sang blanc, nulle puce blanche, leroux de lincy, Prov. t. ii, p. 368. Les seigneurs françois aimoient mieux employer à la guerre le sang de leur corps que le sang de leur bourse, ainsi qu'on l'appelle communément, FAuciiET, De l'orig. des dignitex de France, liv. n, p. 69, dans LACUHNE. Par laditte coustume lesviscontiers ont le sanc et le larron ; est à sçavoir cognoissance de meslée, do débat fait à sang courant, et du larron prins en icelle seigneurie, posé qu'il doive estre pendu et estranglé, Coust. génér. t. I, p. 045.

— ETY.M. Provenç. sang, sanc; espagn. sangre ; portug. et ital. sangue; du lat. sanguis , sanguinem.

SANG DE-DRAGON (san-de-dra-gon) ou SANG- DRAGON (san-dra-gon), s. m. || 1° Espèce de patience, rumex sanguineus, L. dont les nervures sont teintes en rouge, mais qui n'a aucun suc rouge. Il 2° Résine sèche, d'un rouge foncé et presque brun quand elle est en masse, d'un rouge de sang lorsqu'elle est en poudre; elle provient d'un palmier, le calamus draco, Wildenow; c'est un astringent employé en poudre comme hémostatique.

— IllST. XVI" s. Un peu d'eau de vie en laquelle avoit esté dissoult sang de dragon [la résine], aloës et poudre de mastic, paré, vni, 16.

— ÉTYM. Sang, de, et dragon; provenç. sang de draco ; espag. sangre de drago ; ital. sangue di dracone. Du sang que le dragon a succé des veines de l'éléphant, pour esleindre par sa froideur l'ardeur qui le brusle dans ses entrailles, et lequel sang il revomit lorsque l'éléphant tombe sur luy et qu'il l'écrase, comme le recite Pline (viii, 12), naist et se produit es isles Canaries, dites fortunées, selon Thevet et le médecin Monardcs (c. 38), l'arbre qui porte la gomme appelée sanguis draconis; en témoignage de quoy le fruict porte la figure d'un dragon si expressément empreinte, qu'on diroit y avoir esté apposé par un peintre, laurens catelan, Rare et curieux discours de la plante appelée mandragore, Paris, ( 034, p. 7.

SANG-FROID (san-froi), s. m. ||1° État de l'âme lorsqu'elle est calme, tranquillité d'esprit, présence d'esprit. Enfin l'Yssel est passé, monsieur le Prince l'a passé trois ou' quatre fois en bateau, tout paisiblement, donnant les ordres partout avec ce sangfroid et cette valeur divine que vous connaissez, SKv. <7 juin 4672. Le sang-frcid dont il me refusa,

SAN

HAMILT. Gramm. ». Suétone nous décrit les crimes de Néron avec un sang-froid qui nous surprend, en nous faisant presque croire qu'il ne sent point l'horreur de ce qu'il décrit, montesq. Goût, plaisirs de la surprise. Le sang-froid de ses extravagances me fait enrager, volt. Socrate, n, 4. Oh I si la colère du peuple est terrible, c'est le sang-froid du despotisme qui est atroce, mirab. Collection, 1. 1, p. 347. Le sang-froid qui double les moyens et les forces, STAËL, Corinne, i, 4. || 2° De sang-froid, sans emportement, sans transport. Je crois que vous ne me demandez pas que je puisse être de sang-froid en cette occasion, sÉv. 23. Faudra-t-il de sang-froid, et sans être amoureux. Pour une Iris en l'air faire le langoureux ? boil. Sal. ix. Peut-être vous faitesvous une espèce de force et de vanité déplorable de nous écouter de sang-froid? MASS. Carême, Parole. Lorsqu'on a corrompu le peuple, il devient de sang-froid [ne s'échauffe plus pour les aflTaires], montesq. Fsp. II, 2. Il Tuer quelqu'un de sang-froid, le tuer de dessein prémédité et sans être emporté par aucun mouvement de violence. Après la bataille de Jarnac, Montesquiou tua de sang-froid le prince de Condé prisonnier et blessé. Massacrer de sangfroid un enfant au berceau, Ducis, Macbeth, n, »

— REM. Est-ce song ou se-nsf On a écrit ien«: Je n'attendrai pas de sens froid cette nouvelle, sÉv. 320. D'un autre côté on a écrit sang pour sens: Et revint en son sang, froiss. liv. I, f" 9), dans lacurne. Les grammairiens ont décidé qu'il fallait dire sang-froid et sens rassis, parce que c'est le sang qui s'échauffe ou se refroidit et le teniquise trouble ou se rasseoit. Mais il est très-probable que c'est sens qu'on a entendu primitivement dans la locution (un sens froid comme un jugement froid), puis la ressemblance des significations a conduit à une méprise. Il n'y a point d'historique; on trouve bien dans d'Aubigné : Qui avoit tué de sang froid et sans aucun sujet un vieux paysan, d'aub. Vie, 21. Mais on ne peut se fier à cette édition; celle de M. Lalanne donne, p. 21 : Le soldat auvergnac qui avoit tué unvieux paysan sans raison.

■f SANG-GRIS (3an-gri),j. m. Boisson forte en usage dans les îles françaises de l'Amérique. || Infusion de 'hé dans le vin usitée sur les navires du Nord.

SA.VGIAC (san-ji-ak), s. m. || 1" Chacune dos principales subdivisions des provinces do l'empire ottoman. || 2° Gouverneur d'un sangiac. Il y avait autrefois un sangiac qui résidait à Coron, crateadbb. Itin: part. i.

— ÊrY.M. Turc, sandjak, étendard, administration d'une petite province, d'où sandjak 6ey, bey d'un sangiac, d'où sangiac, dans le français.

SANGLACAT (san-ji-a-ka), ». m. Titre, dignité du gouverneur d'un sangiac, ou le territoire même d'un sangiac.

SANGI-ADE (san-gla-d') , t. f. Grand coup de sangle, de fouet.

— ÉTYM. Sangler.

SANGLANT, ANTE (san-glan, glan-f), adj.

Il 1" Taché de sang, souillé de sang» Ce héros dans mes bras est tombé tout sanglant, rac. Mithr. v, 4. Cet Achille ....Dont la sanglante main m'enleva prisonnière, œ. Iphig. n, i. Hélas! les pauvres gens [de Rome], quand on leur présenta ma robe sanglante, voulurent me venger, fén. Dial. dit morts anc. {César, Caton). La terre, d'un pôle i l'autre, est un champ de carnage ; et la nature sanglante est assise entre la naissance et la mort, m. Memmius, m, b. || Combat sanglant, défaite sanglante, rencontre sanglante, guerre sanglante, combat, défaite, rencontre, guerre où il y a beaucoup de sang répandu. [Nos rois] occupés à soutenir de longues et sanglantes guerres, fléch. Lamoign. \\ Mort sanglante, mort violente avec eflTusion de sang. Une mort sanglante est l'unique traité Qui reste entre l'esclave et le maître irrité, rac. Bajax. iv, 7. || Sacrifice non sanglant, le sacrifice de la messe. || Plaie sanglante, plaie dont il sort actuellement du sang. || Fig. La plaie est encore toute sanglante, la douleur est encore toute récente, ou il y a peu de temps que l'injure a été faite. On trouvera toujours aisément et sans aucun doute le temps précis de l'interruption [par le protestantisme] ; le point de La rupture demeurera, pour ainsi dire, toujours sanglant, Boss. I" instr. past. (4. || 2" Viande sanglante, encore toute sanglante, viande rôtie qui n'est pas assez cuite ; on dit plusordinairement saignant, saignante. Il 3° X quoi du sang est mêlé. Us rougissent le mors d'une sanglante écume, rac. Phèdre, v, 6. De tout son corps dégoutte une sueur sanglante, n«- LU.LE, Enéide, a. || 4* Oui a la couleur du sang. U

SAN

lune sanglante Recule d'horreur, j. b. rouss. Cant. Tii. Quand César expira, plaignant notre misère, D'un nuage sanglant tu [soleil] voilas U lumière, DBULLï, Géorg. i. Il Porphyre sanglant, porphyre de couleur de sang. || 8° Fig. Qui rappelle des idées de sang, de meurtre. Mille songes affreux, mille images sanglantes.... M'ont arraché ma joie et rendu ma terreur, corn. Uor. I, 3. Le dernier acte [de la vie de l'homme] est sanglant, quelque belle que soit la comédie en tout le reste : on jette enfin de la terre sur la tête, et en voilà pour jamais, PA8C. Pens. XXIV, 68, édit. havet. Mais ne savezvous pas cette sanglante histoire? rac. Théb. v, 3. Quand je n'en aurais pas la nouvelle sanglante, m. trUhr. V, ). Il 6° Fig. Oui verse le sang. Il [le pape] donna le titre de défenseur de la foi au roi Henri VIII et à ses successeurs; et à qui le donnait-il? à celui qui devait être quelques années après le plus sanglant ennemi de Rome, volt. Mœurs, (28. jjOui doit faire verser du sang. Envieux l'un de l'autre, ils mènent tout par brigues, Que leur ambition tourne en sanglantes ligues, CORN. Cinna, ii, (. Les dieux.... Vengeant de leurs autels le sanglant privilège, rac. Iphig. i, 1. De vos ordres sanglants vous savez la rigueur, id. Esth. m, 4. Si vous aviez ouvert le paquet qui lui est adressé, vous y auriez trouvé des ordres sanglants, MONTESQ. Lett. fers. )60. || 7° Très-offensant, très-outrageux. Lionne m'apprit qu'Ondedei était arrivé avec un mémoire sanglant contre M. le Prince, retz, yiém. t. n, liv. m, p. 38B, dans pougens. Ahl mon père, c'est une pièce sanglante qu'ils nous ont faite, mol. Préc. (8. Votre P. Alby fît un livre sanglant contre lui [un curé], que vous vendîtes vous-mêmes, dans votre propre église, le jour de l'Assomption, pasc. Proti. xv. Pour moi, je ferai un mémoire sanglant contre les banqueroutiers, VOLT. lett. Mme de Fontaine, n juin Mai. Lorsque Henri IV eut changé de religion, Duplessis- Mornai lui fit de sanglants reproches, et se retira de la cour, m. Uenr. \, notes. La princesse Henriette joua un tour bien sanglant à Corneille, quand elle le fil travailler à Bérénice, m. Comm. Corn. Rem. Tite et Bér. i, 2. J'apprends qu'on a fait des vers sanglants contre le roi de Prusse, qu'on a la charité de m'impuler, id. Lett, d'Alemb. 29 nov. 17^6.

— SVN. SANGLANT, ENSANGLANTÉ. Sanglant, Couvert d'un sang qui vient de celui qui a été frappé, ou sur celui qui a frappé : il est tombé tout sanglant; les vainqueurs tout sanglants. Ensanglanté, couvert d'un sang qui vient du dehors : la terre est ensanglantée.

— HIST. XI' s. Sanglant en ert [sera] li branz [la lame de l'épée] entresqu'à l'or, th. de Roi. lxxxi. Il xn* s. Sanglans [il] ot les talons de tost esperonner, Sax. xiii. Ains qu'il soit vespres ne 11 solaus couchans, I aura molt des morts et des sanglans, Raoul de C. <54. || ziii* s. Ambedui [tous deux] s'entr'abatent tout sanglant en l'erbier, Berte, xxxvin. Et tant que li quens de Saint-Pol feri le conte Renaut de son poing sour le visage et le fist tout sanglant, Chr. de Rains, ta. || xiv»s. La femme et le suppliant se fâchèrent... elle l'appella sanjlant sourt, et lui l'appella sanglante ordure, du ;ange, sanguleatus. Denisot se courrouça, et dit par le poltron Dieu sanglant, id. ib. || xv* s. Le mal Saint Leu le puist abatre ; Dieux lui doint la sanglante estraine 1 e. desch. Poésies mss. 1° 349. Mais la sanglante mort te prangne [prenne] I m. ib. f° 282. Il XVI* s. ...Elle apperceut d'adventure sa robbe toute sanglante, dont elle entra soudain en si grande frayeur, que... amyot, Pomp. 76. Il estoit en pique contre ses moines, lesquels lui faisoient tout du sanglant pis qu'ils pouvoient, despeh. Contes, xiix. Bœuf sanglant, mouton bêlant et porc pourri, id. ib. lxxxiv. Son visage tout sanglant d'egratignures, marg. Nouv. iv. Leurs classes [des collèges] sont jonchées de Ironçonsd'osier sanglants, MONT. I, (83. Les gents de pied parfirent une très sanglante desfaicte, id. i, 307. D'aultres ont les yeulx sanglants de rougeur, m. ii, 370. Prenant de l'eau du bain toute sanglante, m. in, 4 85. Playcs récentes et encore sanglantes, paré, vn, 2.

— ÉTYM. Sang. On a voulu séparer sanglant, outrageant, et le rapporter au verbe sangler; mais l'historique ne permet pas cette disjonction ; et d'ailleurs l'emploi métaphorique de sanglant se conçoit.

SANGLE (san-gl'), s. f. \\ 1* Bande de cuir, de tissu de chanvre, etc. large et plate, qui sert à ceindre, à serrer, etc. || La sangle d'une selle, sangle qui passe sou» le ventre du cheval, et qui est fixée à la selle des deux côtés, de manière à la maintenir. || On dit de même : sangle d'un b&t.

SAN

Il 2° Bande que l'on cloue sur les bois pour former le fond d'un lit, d'un fauteuil, etc. || Lit de sangle, lit dont le fond n'est formé que de sangles tendues sur deux brancards. On tendit un lit de sangle au milieu de toutes ces merveilles [les objets antiques recueillis à Athènes, chez M. Fauvel, consul], ciiATEADBH. Itin. part. I. || 8° Bande de cuir dont les porteurs, et surtout les porteurs d'eau et les porteurs de chaises, se servent pour porter. Sangle au dos, bâton à la main; Vite, porteurs, que l'on s'ajuste; C'est pour la foire Saint-Germain, scarh. dans richelet. ||4° Terme de pêche. Corde garnie d'empilés et d'hameçons, pour prendre des soles ou autres poissons de ce genre. || Tissu de cordes, au travers duquel on passe les épaules, pour tirer les filets à terre. || 5° Nom vulgaire, dans la Vendée et la Loire-Inférieure, de la couleuvre verte et jaune, zamenis viridijlavus , Wœgl.

— HIST. XI* s. [Ils] Rumpent ces cengles, et ces seles versèrent, Ch. de Roi. CCLX. || xii" s. Li destrier vont parmi l'estor fuiant. Les sengles routes, les resnes traînant, Raoul de C. <05. ||xiii' s. Et se ferirent sous les blasons si roidement, que il rompirent poitraus et chaingles et se portèrent à terre par dessus les crupes des chevaus, Chr. de Rains, p. 65.

— ÊTYM. Wallon, seink; provenç. singla; espagn. cincha ; ital. cinghia ; du lat. cingula, de cingere {voy. ceindre). La véritable orthographe est cengle du plus ancien de nos textes. Il y a eu aussi dans l'ancienne langue sangle signifiant une étoffe mince, non double, mais alors il vient de singulus.

SANGLÉ, ÉE (san-glé, glée), part, passé de sangler. Serré avec une sangle. Un mulet bien sanglé. Car, aussi bien que ses mazettes. Il est sanglé le messager du Mans, lucerceau, Poés. Avènement du messager. || Les bœufs qui présentent une dépression au passage des sangles sont dits sangles, et sont peu estimes des engraisseurs. || Habit sanglé, redingote sanglée, habit, redingote qui serre la taille comme si c'était une sangle. || Fig. Être sanglé, être perdu, ruiné, en tenir; on dit dans le même sens : on l'a sanglé. Criant : Jupiter est sanglé, scarr. Typh. m. Ce discours fut à peine proféré, Que l'écoutant s'encourt, et, tout outré. Trouve du Mt la sangle et se l'attache. Puis va criant partout : je suis sanglé, la font. Aveux. || Terme de blason. Se dit des animaux qui ont une espèce de ceinture d'un autre émail.

SANGLER (san-glé), v. a. || 1° Ceindre, serrer avec une sangle. Ce cheval n'est pas bien sanglé, assez sanglé. Mais pour l'heure présente ils sanglaient le mulet, régnier. Sol. x. || 2° Envelopper le fromage dans des bandes de toile. {| 3 " Famiiièment. Appliquer avec force un coup. Je t'avertis que, si je te sangle le moindre coup, il ira droit au milieu du cœur, visé. Devineresse, i, 13. Ce monsieur n'aime pas la compagnie; car il m'a sanglé cinq ou six coups de fouet sur les épaules, et il m'a prié brusquement de me retirer, dancourt, l'Opéra de village, se. <5. Tout franc, je n'aime pas Qu'on se rie à mon nez et qu'on suive mes pas; Si quelqu'un vient encor se gausser davantage, Je lui sangle d'abord mon poing par le visage, REGNARD, Démocr. n, 3. Il Sangler quelqu'un, lui administrer des coups de sangle ou de toute autre chose. Mais, [ce raisonnement] n'étant que d'un simple chien. On trouva qu'il ne valait rien; On vous sangla le pauvre drille, la font. Fabl. xi, 3. Il Fig. Faire une critique violente. Le cardinal de Richelieu est étrangement sanglé dans ce petit livre, GUI patin, Nouv. lett. 1. 1, p. 32, dans pougens. Je vous promets que je m'en acquitterai à cause de vous, et que j'y sanglerai les hémophobes, id. Lett. t. II, p. 362. Il 4° Se sangler, ». réfl. Se serrer avec une sangle. Pour courir la poste à son aise, il faut se sangler, jj Familièrement. Cette femme se sangle trop, elle se serre trop dans son corset.

— HIST. xin* s. [Les femmes] Senglent estroit leur testes d'un laz ou d'un drapel, Por leur front defroncier et estendre la pel, j. de meung, Test. (273. [Femmes qui].... sunt senglées et ceintes D'unes larges ceintures, qui si pou sont estraintes, Qu'on ne cognoist sovent les vuides des enceintes,

id. tb. )2I8. Il XV* s Et furent sur le point que de

porter l'un l'autre à terre, mais ils sanglèrent les chevaux de leurs jambes et bien se tinrent, froiss. m, n, 42. Aussi fut si bien aveuglé Le povre varlet malheureux Qui fut de tout cela sanglé [battu], villon. Repue des galants sans merci. \\ xvi* s. Comme si son cheval ne fust pas bien sanglé, desper. Contes, xxviii. Pour faire un corps bien espagnole, quelle jehenne ne souffrent elles [les femmes].

SAN

guindées et cenglées, à tout de grosses ccchcs sui les costcj, jusques à la chair vilveî mont, i, 308.

— ÊTYM. Sangle; wallon, seinglé, mais xengué, zeinglé, en parlant d'un coup de fouet; provenç. cinglar; ital. cinghiare.

SANGLIER (san-gli-é; l'r ne se lie jamais; au pluriel, rsselie: des san-glié-z énormes; dans l'ancienne poésie, il était disyllabique, et l'est resU'; jusque dans le xvii* siècle; on prononçait sangU ou plus probablement sanlié comme on fait encore en Berry ; aujourd'hui sanglier est toujours de trois syllabes), s. m. || 1* Porc sauvage. Cependant un sanglier, monstre énorme et superbe. Tente encor notre archer.... la font. Fabl. viii, 27. Où pourrai-je éviter ce sanglier redoutable? mol. Prine. d'Él. i, 2. Le sanglier monstrueux s'élance contre lui, semblable aux pesantes machines qui ébranlent les murailles des plus fortes villes, FÉN. Tél. xxiii. Percez le sanglier, qui court avant l'aurore, st-lamb. Sais. m. {| Fig. et familièrement. Un homme rude, brutal. Desmarets était un sanglier tellement enfoncé dans sa bauge, qu'il ignorait presque tout ce qui se passait hors de sa sphère, st-sim. 3I7, 437. || Le sanglier des Ardennes, nom donné dans le xv* siècle à un rude seigneur, Guillaume de la Marck. |{ Les petits sangliers se nomment marcassins; à six ans on le» appelle grands sangliers; et à sept ans, grands vieux sangliers. || 2 ' Chair de cet animal préparée pour la nourriture de l'homme. Manger du sanglier. Il 3° Sanglier d'Amérique, pécari. || 4" Poisson de mer dont le museau a de la ressemblance avec celui d'un cochon. || Proverbes. Au cerf la bière, au sanglier le barbier, les blessures que font le» défenses du sanglier sont moins dangereuses que celles des andouiUers du cerf. || Assaut de lévrier, fuite de loup, et défense de sanglier.

— IilST. xii* s. Ensi est del felun cum il fu del sengler, Dunt vous avez oï en Avien cunter. Th. le mart. 41. |{ xiii* s. Au bois avec les bestes, ours, sainglers et lyons, Berte, xiv. Un sangler parcreû

e grant. Lai del désiré. || xvi* s Ayant les dents

canines fort longues, trenchantes et aiguës, semblables à celles d'un grand porc sanglier, paré, iicorne,4 4.Le sanglier n'est qu'un hoste, cotgravb.

— ÉTYM. Wallon, single ou poursai-singli ; bourguig. singlai; Berry, sanllier; provenç. stn.glar; ital. cinghiale; du bas-lat. singularius, qui vient du latin singularis (voy. singulier), porcus singularis, à cause que le mâle adulte vit seul.

t SANGLON (san-glon), s. m. |1 1° Petite sangle. Il 2° Pièce de bois qu'on met aux bateaux pour les fortifier. || 3° Terme de marine. Pièces de bois triangulaires qui s'emploient en guise de varangues.

— ÉTYM. Dérivé de sangle.

SANGLOT (sa n-glo ; le f ne se lie pas dans la conversation; au pluriel, l's se lie: des san-glo-z étouffés; sanglots rime avec travaux, repos, etc.), s. m. Contraction spasmodique, brusque et instantanée du diaphragme, qui est aussitôt suivie d'un mouvement de relâchement par lequel le peu d'air que la contraction avait fait entrer dans la poitrine est chassé avec bruit. Son cri [de l'hyène] ressemble aux sanglots d'un homme qui vomirait avec effort, BUFP. Quadrup. t. m, p. 339. || Dans le langage général, il se dit surtout au pluriel ; c'est un signe de chagrin. Le cœur gros de soupirs, les sanglots à la bouche, corn. Cinna, iv, 2. Il arriva comme elle expirait, fit des cris, poussa des sanglots, sév. 400. Et vous. Monseigneur, que pouviez-vous, que de lui percer le cœur par vos sanglots [au roi, près de la reine mourante] ? Boss. Mar.-Thér. Pleurons et gémissons, mes fidèles compagnes; S nos sanglots donnons un libre cours, rac. Esth. i, 6.

— HIST. XIII' s. Se c'est sanglons au commencement du purgier ou en le [la] fin, alebrant, f" 49. Il XV* s. Tous plourans à grans senglous de la mort de leur bon prince, ciiR. de pis. Charles Y, m, 74. Princes qui plus riches se sent En ce monde, est le plus dolent, Quant de mort lui vient le sanglons, E. desch. Poés. mss. (' 56. || xvi* s. Il n'y a pas grande différence entre la nausée et le sanglot [hoquet], veu que c'est aussi un effort sans effet de l'expultrice du ventricule; mais le sanglot est un mouvement convulsif et qui travaille bien plus le ventricule que ne fait la nausée; d'avantage par le sanglot et hocquet le ventricule se resserre en soymeme, et tire en bas de l'œsophage, paré, xx, 25.

— ÉTYM. Picard, souglot, hoquet; provenç. so?iglot, sanglut, singlot, hoquet, sanglot; cat. singCoi, espagn. soJIoio ; ital. singhiosio, singouo ; ba»lat. suggultium (dans Mai, Class. auct. t. vi, p. 545); du lat. singultus, composé, d'après M Baudry,

SAN

de gula, gosier, et sin ou sim (comme dans simplex) : contraction du gosier.

SANGLOTER (san-glo-té), V. n. Pousser des sanglots. J'aurais sangloté de tendresse, l. l. rouss. Conf. T. Qui là-bas sanglote et regarde T Eh I c'est la veuve du tambour, bérano. Vieux caporal. || Il se dit de la voix. Il entre en tremblant d'émotion, son cœur palpite, sa voix sanglote, volt. Candide, 22. Il II se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— HisT. xni' s. Jus de mente, mellés à vin de pûmes grenate», restraint le vomir et este le sougloutir, ALEBRANT, {' 60. [Elle] Bauboie le [le bégaye, un nom], en sanlotant, Partonop. v\s. de St-Germain, f- <&o, dans lacurne. {| xv* s. Je san-

glotis de joie, LOi'is xi, Nouv. c. || xvi' s Ainsi

en ses secrets Didon alloit sangloutant ses regrets, nuBELL. IV, 22, recto. Une horreur le saisit, il sanglotte son ame. Et, outré de douleur, contre terre se pasme, bons. 672. [Gargantua s'éveillant].... crachoit, toussoit, sangloutoit et esternuoi , bab. i,2(.

— ÉTVM. Sanglot; provenç. sanglotar; ital. singhiozzare , singoziare. Sougloutir de l'historique vient directement du lat. singxdtire.

SANGSUE (san-sue), t. f. || 1° Animal de la famille deshirudinées, annélides, employé en médecine de temps immémorial, pour pratiquer la saignée capillaire. Mettre des sangsues. Faire dégorger des sangsues. Étant tombé malade, un médecin lui fit, vaille que vaille, appliquer les sangsues, bour- SAULT, Lett. nouv. t. m, p. 386, dans pougens. Depuis quelques années on ne se fait tirer du sang communément que par les sangsues, genlis, Mai- $on rust. t. n, p. 225, dans pougens. || 2" Fig. Celui qui tire de l'argent dupeuple par des voies coupables. Ces sangsues d'Etat dont le nombre serait suffisant pour remplir les galères, vauban, JDtme, p. 257. Pauvre peuple, dit un homme d'une haute naissance, prêt à s'allier avec une sangsue publique, pauvre peuple, le ciel m'est témoin que... je condamne du plus profond de mon cœur toutes les voies impies par lesquelles mon futur beau-père s'est enrichi, saint-poix, Ess. Paris, Œuvr. t. iv, p. 349. Le point capital serait qu'un peuple entier ne fiit point dépouillé nar une armée d'alguazils, pour qu'une vingtaint '". sangsues de la cour ou de la ville s'abreuvassei. ''e son sang, volt. Dict. phil. Impôt. Il 3° Celui qu» ians sa profession exige une plus forte rétribution que celle qui lui revient légitimement. Cet homme de loi est une sangsue pour ses clients. || Il se dit aussi des parents, des connaissances de quelqu'un qui se font donner de l'argent par lui et vivent à ses dépens. Il prit le parti de se retirer en crevant de rage et de dépit, au lieu de rendre mille grâces au ciel de l'avoir délivré d'une si dangereuse sangsue, lesage, Guxm. d'Alf. \i, 5. Elle et ses autres enfants et petits enfants devinrent autant de sangsues, dont le moindre mal qu'ils fissent à Thérèse était de la voler, j. I. ROUSS., Conf. IX. Il 4° Sangsue volante, vampire phyllostome. |t 5° Terme rural. Petit fossé creusé dans les terres pour l'écoulement des eaux.

— HIST. XIII' s. Qui l'or vermeil et l'argent blanc Cuveite [convoite] cum sangsue sang, Edouard le conf. v. «79. Vous devés savoir qu'il ia une manière de sansues qui sont venimeuses, alebrant, f" )4. Il XIV* s. L'évacuation qui est faite 0 [avec] ventouses, l'évacuation 0 sansues, h. de monde- TiCLE, f" 43, verso.

— Etym. Pica.Td, sangsurne, sangsure, sangsourde; Berry, sangsuée, sangsuie, sangsuge ; génev. tangsuie; wallon, sânsoiD ; pTO\cnc. sanguisuga; en lat. sanguisuga, de sanguis, sang, et sugere, sucer. Au XVI* siècle on avait le verbe sangsuer, appliquer des sangsues, tirer du sang par les sangsues.

t SANGCENIE (san-ghe-nie) ou SANGCENITE (san-gue-ni-f), s. f. Voyez santoline.

SANGUIFICATION (san-gui-fi-ka-sion ; ut prononcé comme dans huile), s. f. Terme de physiologie. Génération du sang à l'aide des principes qui arrivent aux vaisseaux par l'intestin, le poumon, etc. Les observateurs... découvriront bien des choses qui reculeront les connaissances sur l'art profond que la nature emploie pour opérer la sanguificatioD, et cette assimilation des matières étrangères qui les rend propres à s'incorporer à la substance de l'animal, bonnet, Contempl. nat. Œuvr. t. VIII, p. 29, dans pougens.

— HlST. XVI* s. On rendra la partie [le foie] si lasche, qu'elle ne pourra plus suffire à la sanguification nécessaire pour tout le corps, paré, Introd. 22.

— ETVM. Lat. sanguis, sang, et facere, faire.

t SANGUIGNON (san-ghi-gnon), s. m. Plante ca-

SAN

prifoliacée dont les baies ont un sarcocarpe qui donne une huile à briîlcr. |{ On dit aussi sanguine, s.f

SANOniN, INE (san-ghin, ghi-n'), adj. \\ l'Terme d'anatomie. Qui appartient au sang. || Vaisseaux sanguins, ceux qui servent à la circulation du sang. Il Système sanguin, l'ensemble des vaisseaux artériels et veineux qui contiennent le sang. 112° En qui le sang prédomine. Les gens sanguins sont ordinairement d'une humeur gaie. || Tempérament sanguin, celui qui a pour attribut un visage coloré, des formes prononcées sans être dures, tout l'ensemble du corps brillant de santé, une imagination riunte, le cœur inconstant,, l'esprit léger. Il 3* Maladies, affections sanguines, maladies, affections occasionnées par la trop grande abondance de sang. |{ 4° Qui est de la couleur du sang. Un rouge sanguin. || Jaspe sanguin, jaspe vert marqueté de rouge.

— HIST. XIII* s. Li sanguins qui est caus [chaud] et moistes, alebrant, f* 3. Compleiion sanguine, BRUN, latini. Trésor, p. IO8. Il (les palais) sont trestot de marbre fin, Li un sont bis, l'autre sanguin, Partonop. v. 833. || xiv* s. Aux sanguins, soûlas et esbatemens; et aux melencoliques ou colériques, riolcs et despiz, ciin. de pisan, Charles V, I, <o. [Le comte Gaston de Foix estoit] sanguin et riant, froiss. ii, m, <3. || xvi* s. Phlegmons, pustules sanguines espandues par tout le corps, paré, Introd. 8. Alexandre estoit d'une température plus cholere, sanguine et ardente [que César], mont. m, 27).

— ÉTYM. Provenç. sanguini et sanguine; apcien catal. sangui; espagn. sanguino et sanguineo; port, sanguiho; it:il. sanguigno et sanguineo; du latin sanguineus, de sanguis, sang.

). SANGUINAIRE (san-ghi-nê-r'), od;. || 1° Qui se plaît à répandre le sang des hommes. Alors commencèrent les supplices indifféremment contre les catholiques et les protestants, et Henri VIII devint le plus sanguinaire de tous les princes, BOss. Var. vn, 16. Au sanguinaire Aman nous sommes tous livrés, rac. Esth. i, 3. Malgré cette haine contre la religion romaine, il est sûr qu'elle fRlisabeth] ne fut point sanguinaire avec les calhor-' liques de son royaume, comme Marie l'avait été avec les protestants, volt. Mœurs, t68. ||2°Ilse dit de ce qui a le caractère de la cruauté. Cherchant à colorer leurs desseins sanguinaires, hac. Bajaz. n, 1 . Allons, par des ordres contraires. Révoquer d'un méchant les ordres sanguinaires, m. Esth. m, 8. Perfides I contentez votre soif sanguinaire, ID. Iphig. V, 4. Léon l'Isaurien et Constantin Copronyme, morts à la vérité dans leur lit, mais après un règne sanguinaire, aussi malheureux pour le prince que pour les sujets, volt. Mœurs, 29. Après avoir honoré sa vie par des travaux utiles aux sciences et à l'humanité, par ses vertus et par un noble caractère, il [BaiUy] périt victime de la plus sanguinaire tyrannie, laplace, Exp. v, ( . Il 3* S. m. Membre d'une secte d'anabaptistes.

— HIST. XVI' s. Nous sommes contraints de rectifier le sang, c'est à dire les quatre humeurs constituans la masse sanguinaire, paré, Introd. 6. Qui rend les tyrans si sanguinaires, c'est le soing de leur seureté, mont, ni, H7. Les naturels sanguinaires à l'endroit des bestes tesmoignent une propension naturelle à la cruauté, ID. 11, 132.

— ÉTVM. Lat. sanguinarius, de sanguis, sang, t 2. SANGUINAIRE (san-ghi-nê-r'), s. f. \\ l"Nom

donné à plusieurs plantes astringentes, telles que le polygonum aviculaire, le géranium sanguine el le plantain coronope. \\ 2° S. f. pi. Nom d'un genre de papavéracées, où l'on distingue la sanguinaire canadienne, de Linné, appelée vulgairement la sanguinaire et dont le suc contient la sangui narine. Il 3* S. m. pi. Famille de mammifères qui correspond aux carnassiers carnivores.

t SANGUINAKINE (san-ghi-na-ri-n'), s. f. Terme de chimie. Substance trouvée dans la racine du sonffutnorta canadensis, L. papavéracées.

SANGUINE (san-ghi-n'j, t. f. || 1° Minerai de fer, qui est un peroxyde de ce métal, dit aussi hématite rouge, qu'on emploie pour polir certains métaux et dont on fait des crayons servant à tracer des lignes rouges. Lesdites empreintes seront appliquées avec de l'huile et du noir de fumée, à l'exception des batistes, dont les marques seront appliquées avec de l'huile et de la sanguine pulvérisée, Lett. pat. 9 août 1781, Flandre etHainaut. Il 2* Crayon en sanguine, destiné à dessiner rouge. Outre les dessins dont j'ai parlé, il y en a d'autres à la sanguine et sur papier bleu, qui sont jolis et

SAN

d'un bon crayon, omER. Salon de 1767, tEuo. t. XV, p. 24, dans pougens. || 8* Sorte de pierre précieuse couleur do sang. || 4° Voy. sanouionon.

— lllST. xvi* g. ...Les peintres en font des crayons. Il y a une autre espèce de sanguine qui est fort dure... aucuns ont fait tailler desdites pierres pour se servir à brunir ou poUir l'or et autres choses, palissy, 351.

— ETYM. Sanguin. La sanguine était aussi une étoffe de couleur rouge.

t SANGUINELLE (san-ghi-nè-l*), ». f. Cornouiller.

— ETYM. Dite ainsi i cause de son fruit rouge, couleur de sang.

t SANGUINOLE (san-ghi-no-l"), ». f. Variété de péchc. Il Variété de poire.

SANGUINOLENT, ENTE (san-ghi-no-lan, lan-f), adj. Il 1* Terme de médecine. Teint de sang. Crachats sanguinolents. Selles sanguinolentes, jj 2*Terme d'histoire naturelle. Qui est d'une teinte rouge de sang. || 3* Par plaisanterie, sanguinaire, ô de tous les vieillards le plus sanguinolent, th. corn. D. Bertr. de Cigarral, iv, 1.

— HIST. XVI* s. Une sanie tantost noire, tantost rousse ou sanguinolente, paré, v, 27. l'iaye et solution de continuité récente, sanguinolente et sans putréfaction, id. vu, 1.

— ETYM. Lat. sanguinolentut , de sanguit , sang, et le suffixe I«n(iM (voy. ...lent aax ado. n

Page 1