BENOIT
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— ÊTYM. l'royenç. Sathanas, SarfAonaj.cspagn. Salarias ; porlug. Satanai ; ital. Satan, Satanasso ; du lat. 5atan, Satanas; grec, Satavà;, do l'hébreu 5a(an, qui signifie ennemi.
t SATANAS (sa-ta-nis'), ». m. Se dit pour Satan dans le style faiiiilicr et de plaisanterie. L'ergot de messer Satanas, volt. Uule du pape.
f SATANÉ, ÉE (sa-ta-né, née), odj. Terme populaire. Digne de Satan. Quel satané farceur 1
t SATAMCLE (sa-ta-ni-kl'), t. m. Nom que les matelots donnent à l'oiseau de tempête ou pétrel.
S.VTAXiyUE (sa-ta-ni-k'), adj. Oui a le caractère de Satan, le chef et le pire des démons. Méchanceté, engeance satanique. L'esprit satanique qui vous possède, le p. simon mars, Èlyst. du roy. de Dieu, p. Î20, dans pouoens. Les médecins cherchèrent la marque satanique ; ils la trouvèrent à un petit seing noir sur une de ses cuisses (de Michelle Cbandron, sorcière], volt. Pol. et lég. Comm. délits et peines, sorciers.
— ETYM. Soton; au ivi* siècle on dit satanesque. SATELLITE (sa-tèl-li-f), S. m. || f Terme qui ne
êe prend qu'en mauvaise part. Tout homme armé qui est aux gages et à la suite d'un autre, pour exécuter ses violences, pour servir son despotisme. Mais voyant que ce prince [Ptolémée].... N'envoyait [à Pompée] qu'un esquif rempli de satellites, œa.N. Pomp. n, 2. Qui donc opposez-vous contre ses satellites [d'Athalie] ? rac. Athal. i, 2. C'est hasarder beaucoup ; ses ardents satellites Partout du Capitule occupent les limites, volt. Jf. de César, u, 4. || Fig. La faim, qui, suivie de ses deux satellites, la rage et le désespoir [dans Jérusalem assiégée].... Boss. Sermons, Bonté et rigueur de Dieu, 2. || Fig. Satellite du démon, homme pervers. Satellite du démon ! et pourquoi les prophéties ne font-elles pas autorité pour vous? j. j. Rouss. Ém. IV. Il 2° Terme d'astronomie. Planète qui fait sa révolution autour d'une autre planète plus grande, et la suit dans la révolution que celle-ci fait elle-même autour du soleil. Galilée, qui était mon mathématicien, avait découvert de certaines planètes qui tournent autour de Jupiter, auxquelles il donna en mon honneur le nom d'astres de Médicis.... mais on m'a dit qu'on ne les connaît presque plus de ce nom-là, etqu'on les appelle simplement satellites de Jupiter, fonten. Dial. K, Uorts anc. et mod. N'y eùt-il dans l'astronomie d'autre utilité que celle qui se tire des satellites de Jupiloj- [pour la connaissance des longitudes], elle justifierait suffisamment ces calculs immenses, ces observations si assidues et si scrupuleuses, ce grand appareil d'instruments travaillés avec tant de soin, ce bâtiment superbe uniquement élevé pour l'usage de cette science, m. Préf. Util, des math. Je ne crois pas que nous acquérions jamais un nouveau satellite, qui serait, ce me semble, un domestique fort importun, et qui troublerait furieusement les services que nous rend celui que nous avons depuis si longtemps, volt. Lett. Dionis du Séjour, iS janv. ("75. Ce n'est pas la première fois qu'il est question du satellite de Vénus, dont Votre Majesté me fait l'honneur de me parler, et sûrement l'Académie de Berlin ne l'ignore pas; dès 1045 un mathématicien napolitain, nommé Fontana, prétendit avoir observé quatre fois ce satellite, id. Lett. au roi de Pr. 3 nov. <764. De son temps [de Kepler], les révolutions des satellites [de Jupiter] n'étaient pas assez connues; ce fut Peiresc qui le premier fit connaître à peu près ces révolutions, bailly, Bist. astr. mod. t. u, p. (59. Dominique Cassini fixa les révolutions de ces satellites, la durée de leurs éclipses, la grandeur de leurs cercles, la position de leurs nœuds, m. ib. t. m, p. 66. Les quatre satellites de Jupiter ont été découverts par Galilée peu après l'invention des lunettes, c'est-à-dire en l'année (610; le quatrième satellite Je Saturne a été découvert par Huyghens en l'année (665, buisson. Traité de phys. t. m, p. 96. Quand Galilée eut trouvé les satellites de Jupiter, il y eut sans doute plusieurs astronomes qui en cherchèrent aux autres planètes; Huyghens croyait bien en trouver, lorsqu'il tourna ses lunettes sur Saturne, senne- BIER, Ets. art d'observ. t. i, p. 60, dans pougens. Il 3° Adj. Terme d'anatomie. Veines satellites, celles qui avoisinent les artères.
— HlST. irv s. Tantost que l'en vit luy et ses satellites, bercheure, f" 69, verso. || xvi* s. Les satelittes de son audience [d'un prédicant].... faisoient espier les prebstres.... bonivard, Advis et devis, p. 143. Tyran.... donne courage à tes satellites et à tes bourreaux, homt. ii, 22.
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— ÊTYM. Lat. tatellitem, que l'on compare i
jTaîpo;, qui est pour otTolpoc, compagnon.
SATIÉTÉ (sa-si-é-tc), I. f.\\\' Réplétion d'aliments qui va jusqu'au dégoiit. || Dégoiit pour une chose dont on a beaucoup usé. || 2° État moral comparé au dégoût physique. Jamais l'&me n'a satiété des voluptés de la vertu, Marivaux, dans desfon- TAINES. La grandeur et la richesse Dans /âge mûr m'ont natté; Les embarras, la tristesse, L'ennui, la satiété Ont averti ma vieillesse Que tout était vanité, volt. Ecclés. précis. Ah, jeune homme 1 jeune homme ! s'écria Bélisaire, vous ne connaissez pas la maladie de la satiété, marhontel. Délis, vin. On est tout surpris, un beau soir, de trouver la satiété oi» l'on cherchait le bonheur, BEAUMARCil. Mar. de Figaro, v, 7. || Jusqu'à satiété, jusqu'à fatiguer, ennuyer. [L'abbé de Saint- Pierre] s'obstinant à estimer les hommes au delà de ce qu'ils s'estimaient eux-mêmes; ne cessant de rabâcher jusqu'à satiété ce qu'il croyait bon, voïer MARQUIS d'argenson, Uém. p. 84, dans pouoens.
— IlIST. XII' s. Il enveia sazicted es anemes [âmes] d'els. Liber psalin. p. (59. jjxvi' s. Nos appétits sont rares en la vieillesse ; une profonde satiété nous saisit aprez le coup, mont, in, 27(. L'abondance des viandes se nomme saturité ou satiété, paré, [ntrod. (7.
— ÉTVM. Provenç. saciedad ; ital. saxietà ; du lat. satietatem, de satius, qui est le comparatif complet à c6té de satis, assez, comme magius à côté de magis.
t SATIF, IVE (sa-tif, ti-v*), adj. Qu'on sème, qui vient de graines semées par l'homme. || Plantes salives, se dit quelquefois par opposition à plantes agrestes.
— ÉTYM. Lat. sativus, qui vient de semis, de satum, supin de serere, semer.
SATIN (sa-tin), s. m. \\ 1° Étoffe de soie plate qui est fine, moelleuse et lustrée. Satin de Lyon. Satin plain ou mieux satin nni. Gros satin. Petit salin. Vos pieds dans le satin N'osent fouler l'herbette, BÉRANG. Lisette. Dans le satin de ce boudoir, Vous souriez à mille glaces, id. Rosette. || Satin simple, satin avec envers, par opposition à satin double. Il Familièrement. Avoir la peau douce comme un satin, comme du satin, avoir la peau douce et fort unie. || Fig. Avoir une peau de satin, avoir la peau très-douce. || On dit de même : le satin de la peau. Écho l'admire ; aux trésors répandus Sur le satin d'une peau blanche et fine On le prendrait pour le fils de Vénus, malfil. Narcisse, iv. Il 2° Toute étofl"e satinée. || Satin de laine, étoffe brochée et croisée employée pour robes et manteaux. Il 3° Fig. Il se dit de choses que l'on compare à du satin. Ces nues.... se déroulaient en zones diaphanes de satin blanc, cuateaubr. Génie, l, v, (2. Les prés.... au gazon de satin, v. hugo, F. d'automne, 36. Il 4' Satin pâle, espèce de champignon.
— HlST. iiv s. X Jehan de Malines, merchier, pour deux aunes et un quartier de satin vreaicil, CAFFiAUX, Abattis de maisons, p. (7. Hxvs. Dix aulnes de satin turquin, estimée l'aulne deux escuz et demi, Bibl. des ch. »' série, t. i, p. 347. Nulle rien ne me rapportez Fors bona dies en latin. Vieille relique en vieil satin j De telz prescns vous déportez, CH. d'orl. Rond.
— Éf VM. Port, setim; ital. se(tno; du lat. seta, soie. SATINADE (sa-ti-na-d'), s. (. Étoffe de soie trèsmince qui imite le satin.
— ÉTYM. Satin.
SATINAGE (sa-ti-na-j'), I. m. Action de satiner; résultat de cette action. Le satinage du papier.
— ETYM. Satiner.
SATINÉ, ÉE (sa-ti-né, née), part, passé de satiner. Il 1° Qui a reçu l'apprêt du satinage. Papier satiné. Ruban satiné. || 2° Qui a l'apparence du satin. Des écureuils se jouaient dans les branches de ces beaux arbres [les tulipiers], et des perruches siffiaient sous leurs feuilles satinées, cuateaubr. \atch. n. Le deutoiyde de strontium est blanc, brillant, satiné, tuenaro, Inslit. Uém. scienc. t. ni, p. 472. Il Une peau satinée, une peau douce comme du satin. || Tulipe satinée, tulipe d'un trèsbeau blanc do satin. || 3° Se dit, chez les joailliers, des pierres qui sont taillées de manière à paraître très-claires. U est opposé à velouté. || 4" S. m. Le satiné, ce qui fait qu'une chose est satinée. || Terme de tapisserie. Ouvrage fait en argent ou en cuivre doré imitant la broderie, et que l'on rapporte dans les franges et autres garnitures pour meubles.
t SATINÉE (sa-ti-née), ». f. Nom vulgaire du lunaria rediviva.
SATINER (sa-ti-né), «. a. i| 1* Donner à une
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étoffe, i an ruban, à du papier, le lustre du satin. U est rare qu'on fasse satiner toute une édition. Il 2* y. n. Terme de fleuriste. Cette tulipe satine, elle a le brillant, l'éclat du satin.
— ETYH. Satin.
t SATLVET (sa-ti-né), ». m. Étoffe de sole «t coton rayée.
t SATINEUR (sa-ti-neur), s. m. Ouvrier qui $a^ tine le papier.
SATIRE (sa-ti-r"), ». f. \\ 1* Primitivement, i Rome, sorte de pièce dramatique, où il y avait un mélange de musique, de paroles et de danse, d'où lenomde lali'ra ou satura, proprement farcissure ; cette satire ne se développa pas; mais le nom resta et passa à la satire proprement dite, qui fut inaugurée par Lucilius. || 2" k Rome, et, par suite, chez les modernes, ouvrage en vers, fait pour censurer, pour tourner en ridicule, les vices, les passions déréglées, les sottises des hommes. C'est ce qui m'a contraint de librement écrire. Et, sans piquer au vif, me mettre à la satire, récnier, Sat. l. Regarde cet homme négligemuient habille et assez malpropre; lise nommera Régnier, sera neveu de Desportes, et méritera beaucoup de gloire ; il sera le premier qui fera des satires en français, u"' de scudéry, délie, t. viii, suite de la 4* partie, liv. 11, p. 587. Je vais composer contre eux une satire en style de Juvénal, qui les déchirera de la belle façon, mol. Bourg, gent. u, 6. L'ardeur de se montrer, et non pas de médire. Arma la vérité du vers de la satire, boil. Art p. n. Je veux dans la satire un esprit de candeur , Et fuis un effronté qui prêche la pudeur, id. «6. Muse, changeons de style, et quittons la satire ; C'est un méchant métier que celui de médire, m. Sat. va. La satire en leçons, en nouveautés fertile. Sait seule assaisonner le plaisant et l'utile ....Elle seule, bravant l'orgueil et l'injustice, Va jusque sous le dais faire pàlir le vice. Et souvent, sans rien craindre, à l'aide d'un bon mot, Va venger la raison des attentats d'un sot, id. ib. tx. Boileau a-t-il appris à quelqu'un que la Pucelle est un mauvais ouvrage ? non, sans doute ; à quoi donc ont servi ses satiresîà faire rire aux dépens de dix ou douze gens de lettres, àTaire mourir de chagrin deux hommes qui ne l'avaient jamais offensé.... VOLT. Mél. litt. Uém. sur la sat. Despréaus. Racine, Corneille, Molière, etc. ont été accablés de leurs temps par des volumes de satires; qui est-ce qui en connaît aujourd'hui une seule? d'alemb. Éloges, Despréaux, Noie 40. La satire, arme dont il semble qu'il ne doit être permis do se servir que contre ceux qui par leur rang ou leur pouvoir sont à l'abri de tout autre châtiment, CON- D0RCET, Daller. Distinguons deux espèces de satire : l'une politique, et l'autre morale; l'une et l'autre ou générale, ou personnelle, uarmontel, (Eue. t. X, p. (24. Il Fig. Sa conduite fait la satire de la vôtre, en voyant sa bonne conduite on remarque davantage les torts de la vôtre. Sa conduite (du père de Boileau] dans le palais.... Mieux que leur plume [de ses fils] si vantée Fit la satire des Rollets, boil. Poés. div. x. J'ose agir sans rien craindre, ainsi que j'ose écrire; Je fais le bien que j'aime, et voilà ma satire, tolt. Ép. 95. || 8' U se ait aussi de certains ouvrages mêlés de vers et de prose qui sont faits dans la même intention. Les Satires de Varron. La Satire de Pétrone. La Satire Ménippée, satire que Varron avait inventée en mêlant agréablement la prose avec les vers, le sérieux avec l'enjoué , et qu'il avait nommée Ménippée, parce que Ménippe le cynique avait traité avant lui des matières graves d'un style plaisant et moqueur, rolun, Dist. anc. liv. xxv, ch. I, n, 3. Il Par antonomase, la Satire Ménippée, recueil de pièces mordantes ou railleuses faites en faveur d'Henri IV et contre les ligueurs. Il 4* Tout discours, tout écrit qui reprend, qui raille. Ces sortes de satires [les comédies] tombent directement sur les mœurs, et ne frappent les personnes que par réflexion, mol. Critique, 7. Le» rieurs sont pour vous, madame, c'est tout dire ; Et vous pouvez pousser contre moi la satire, m. Uis. u, 5. Je voudrais bien savoir où il prend ces sortes de pensées, et ces tours nobles et galants, qui font d'une satire la chose du monde la plus obligeante, sév. 398. La satire est sans yeux pour tout ce qui est bon ; qu'arrive-t-il 1 les satires passent, comme dit le grand Racine, et les bons écrits qu'elles attaquent demeurent, volt. Lett. Marmontel, (6 juin (749. Si ses armes sont la satire. Mon bouclier c'est le mépris, desjhhis, Poés. D. 23. dans pouoens.
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— REM. On ne confondra pas orthographiquemont satire, de tatira, et satyre, de aàtupoç, l'un un poème, l'autre une divinité.
— ÉTYM. Lat. tatira ou satura, satire, proprement plat de différents mets, de satur, farci, rasiasié. Comparez la racine sat, qui est dans satur et dans satis, avec le gotb. sath, allem. satt, rassasié, et l'homérique 4^>iv, assez.
SATIRIQUE (sati-ri-k*), adj. || 1* Oui appartient à la satire, qui tient de la satire. Poésie satirique. Trait satirique. L'aristocratie est le gouverneiiient qui proscrit le plus les ouvrages satiriques, mont. Esp. xn, i 3. Il 2° Enclin, porté à la satire, à la médisance. Son humeur satirique [de Célimène] est sans cesse nourrie Par le coupable encens de votre flatterie, mol. Mis. n, 5. Rien n'échappait à sa liberté satirique [de Diogène], fén. biog. Une femme satirique ressemble à Méduse et à Scylla, deux beautés changées en monstres, yolt. Louis XIV, Écrivains, Oeshouliéres. Vous le rendrez [un enfant] méchant et satirique, J. J. ROuss. Ém. IV. Une autre preuve moins équivoque du caractère satirique de Racine, c'est l'épigramme qu'il fit contre le Sésostris de Longepierre, d'alemb. Éloges, Despréaux. || 3° Qui compose des satires. Monseigneur, il faut que je vive, disait un malheureux auteur satirique au ministre qui lui reprochait l'infamie de ce métier : Je n'en vois pas la nécessité, lui repartit l'homme en place, J. I. Eouss. Ém. m. \\ Substantivement. Nous autres satiriques. Propres i relever les sottises du temps, Nous sommes im peu nés pour être mécontents, boil. Épit. vin. Pascal, le premier des satiriques français, car Dcspréaui ne fut que le second, était intimement lié avec ces illustres et dangereux solitaires [de Port-Royal], TOti. Louis Zlr, 37.
— ÊTVM. Satire.
SATIRIQL'EMENT (sa-ti-ri-ke-man), adv. D'une manière satirique. La pièce est surchargée de personnages épisodiques, tous plus ou moins satiriquement dessinés, lahabpk, Corresp. t. v, p. 76.
— HIST. XVI* s. Satyriquement, cotoravb. ^ ETYM. Satirique, et je suffixe ment.
SATIRISË , ÉE (sa-ti-rf-zé, zée), part, passé de
satirlser. Je vous laisse à penser si tous ceux qui so croient satirisés par Molière, ne prendront pas l'occasion de se venger de lui, mol. Impr. se. 3.
SATIRISER (sa-ti-ri-zé), V. a. Lancer des traits de satire contre quelqu'un ou quelque chose. Cela lui apprendra à vouloir saliriser tout, mol. Impr. se. 3. Il satirise même les femmes de bien, is. ib. C'est âmes yeux une horrible injustice Qu'un libertin satirise aujourd'hui D'autres mondains moins vicieux que lui, volt. Prude, a, 4 . || Absolument. U aime à satiriser. Satiriser fiiaement.
— ÉTYM. Satire.
SATISFACTION (sa-ti-sfak-sion; en vers, de cinq syllabes), (. Z'. Il 1' Sentiment agréable que nous éprouvons quand les choses sont à notre gré. Il y a des personnes si peu raisonnables, qu'on n'en peut avoir de satisfaction de quelque manière qu'on agisse avec eux, pasc. Prov. xi Mascaron, Bourdaloue me donnent tour à tour des plaisirs et des satisfactions qui doivent pour le moins me rendre sainte, sÉv. 23. Avec quelle chaleur s'intéressait-il à leurs satisfactions [de ses amis], ou à leurs peines? fléch. Duc de Mont. Utile sans intérêt, vertueux sans vouloir se faire honneur de sa vertu, il s'acquitta de ses devoirs pour la seule satisfaction de s'en être acquitté, id. Lamoignon. Des secours continus, des satisfactions réciproques [dans la famille], uider. Père de famille, n, 2. En les louant [les anciens] à l'excès sans vouloir trop leur ressembler, il a tout à la fuis la satisfaction si douce de médire de son siècle et la prudence si nécessaire de rechercher son suffrage, d'alembeht. Mélanges, t. v. Réflexions sur l'histoire. La réputation est une belle chose; mais la satisfaction intérieure de soi-même vaut encore mieux, genus. Th. d'éd. le Magistrat, n, 4. || 2'' Réparation d'une offense qu'on a faite à quelqu'un. Le rang de l'offensé, la grandeur de l'offense, Demandent des devoirs et des soumissions Qui passent le commun des satisfactions, corn. Cirf n, ). Cela est juste, et c'est l'ordre des procédés : allons, faites gatisfaction i monsieur. — G. Dandin : Comment satisfaction? mol. G. Dandin, i, 8. U retenait la noblesse dans l'ordre; il étouffait les querelles dans leur naissance.... compensant les satisfactions avec les injures, Tticu. Duc dt Mont. U a ajouté qu'une demi-satisfaction était indigne d'un homme de courage, qu'il U fallait complète ou
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'nulle, de peur qu'on ne s'aviltt sans rien réparer, 1. 1. ROUss. liél. i, «0. Il Donner satisfaction, accepter un duel avec une personne qui se prétend offensée. |1 8- Terme de dévotion. Ce qu'on est obligé de faire pour réparer les péchés qu'on a commis. Ces satisfactions doivent être proportionnées à la qualité, quantité et grièveté des péchés, LE P. SIMON MARS, M\jst. du roy. de Dieu, p. 225, dans POUGENS. Quand elle [l'Église] impose aux pécheurs des œuvres pénibles et laborieuses, et qu'ils les subissent avec humilité, cela s'appelle satisfaction, Boss. Exp. de la doctr. de l'Égl. s. Faites sentir aux pécheurs l'horreur du crime qu'ils ont commis, par quelque satisfaction convenable, et tâchez par là de les retenir dans la voie de perdition dans laquelle ils se précipitent, id. Sermons, Satisfaction, 2. || ^° Satisfaction par les œuvres, doctrine de ceux qui pensent que les œuvres suffisent à mériter la grâce divine.
— HIST. XII' s. Mais li autre prélat e si dui compaignun.... Voleient repairier à satisfactiun. Faire à lur arcevesque e dreiture et raisun. Th. le mart. 132. Il ziii* s. Autant fet satisfacion comme fere gré. Livre de jost. «7. Si vous requérons, sire, que vous commandez à vos baillifs et à vos serjans, que il contreignent les escommeniez an et jour, par quoy ils facent satisfecion à l'Eglise, joinv. 290. Il IV' s. Et Dieux, qui vengence suelt querre Des mauves, fist les desloyaulx Tous nuz traîner sur les carriaux En satisfaction condigne, E. desch. Miroir de mariage, p. U9. || ivi' s. Par ci devant on a fait publier des livres traduits d'italien en françois, qui traitent des injures, satisfactions et duels, LAN0UE, 355. Comme en matière de bienfaicts, de mesme, en matière de mesfaicts, c'est par fois satisfaction que la seule confession, mont, m, 3<s.
— ETYM. Provenç. satisfactio ; espagn. satisfaccion ; ital. satisfazione ; du lat. satisfactionem, de satisfacere, satisfaire.
t SATISFACTIOXNAIRK (sa-ti-sfa-ksio-nô-r') , s. m. S'est dit, dans les querelles religieuses du XVI' siècle, de ceux qui étaient partisans de la satisfaction par les œuvres.
— HIST. XVI' s. En tel sens que le prennent ces nouveaux satisfactionnaires, calt. Inttit. 620.
— ÉTYM. Satisfaction.
SATISFACTOIRE (sa-ti-sfa-ktoi-r'), adj. Terme de dogmatique. Qui est propre à réparer et à expier les fautes commises ; il se dit de la mort de Jésus-Christ, et des œuvres de pénitence. La mort de Notre-Seigneur est satisfactoire pour tous les hommes. Il faut peser la condition sous laquelle Dieu oublie nos crimes et se réconcilie avec nous; c'est à charge que nous subirons quelque peine satisfactoire, pour reconnaître ce que nous devons à la justice infinie, Doss. Sermcms, Satisfaction, i. Impossibilités qu'on imagine et dont on se prévaut contre tout ce qui peut ou captiver l'esprit ou mortifier la chair, c'est-à-dire contre les œuvres les plus satisfactoires et les plus méritoires, bour- DAL. Pensées, t. i, p. 339.
— HIST. xvi" s. Christ a mis son ame en sacrifice satisfactoire pour le péché, calv. Jnstit. 394. Excommunications avec clause satisfactoire qu'on appelait anciennement super obligatione, p. Pi- THOU, 36. Il [un vieillard à qui sa famille cache tout] ne veoid ses affaires que par une image disposée et desseignée, et satisfactoire le plus qu'on peult, pour n'esveiÙer son chagrin et son courroux, MONT. II, 80.
— ÉTYM. Voy. SATISFAIRE.
SATISFAIRE (sa-ti-sfê-r'. Marguerite Buffet au XVII' siècle, Observ. p. I39, dit: Plusieurs coupent ici une s, disant satifaire et satifation ; il faut sonner une s et dire satisfaire et satisfaction), v. a. Il se conjugue comme faire. || 1' Causer le sentiment que nous recevons quand les choses sont à notre gré (avec un nom de personne poursujct et pour régime). Un enfant qui satisfait son père et sa mère. Le pauvre satisfait Dieu par ses souffrances, et le riche par ses charités, bourdal. 8* dim. après la Pentecôte, Dominic. t. ta, p. 4 28. Vous aurez satisfait une mère, une sœur. Et vous aurez surtout satisfait votre honneur, raC. IVi^b. n, 3. || Satisfaire ses créanciers, leur payer tout ce qui leur est dii. Il Satisfaire un homme qu'on a offensé, lui faire réparation. Mon frère, un père enjoint que je vous satisfasse, rots. Yeneesl. i, 2. Il a nié : c'est satisfaire les personnes ; et l'on n'a nul droit de se plaindre de tout homme qui se dédit, mol. C. Dand. i, 8. Je suis certain que vous me satisferez du mal que je souffrirai, montesq. Lett. pert. t1. Il Donner une explication suffisante. Je vous
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puis sur ce point aisément satisfaire, oorn. D. Sanche, y, 3. Notre grand Hurtado de Mendoza, dit le père, vous y satisfera sur l'heure, pasc. Prov. VII. Approchez-vous, Néron, et prenez votre place ; On veut sur vos soupçons que je vous satisfasse, RAC. Brit. IT, 2.112» Avec un nom de personne pour sujet et un nom de chose pour régime, donner satisfaction à.... Quand l'Église ouvre la bouche des prédicateurs dans les funérailles de ses enfants, ce n'est pas pour accroître la pompe du deuil par des plaintes étudiées, ni pour satisfaire l'ambition des vivants par de vains éloges des morts, boss. Toi. de Monterby. Tous les mauvais désirs naissent dans un cœur qui croit avoir dans l'argent les moyens de les satisfaire, m. la Valliére. Il méprisa ces âmes qui n'apportent d'autres préparations à leurs charges que celle de les avoir désirées... qui n'achètent ces titres vains d'occupation et de dignité que pour satisfaire leur orgueil et pour honorer leur paresse, PLÉcii. le Tellier. Hâtez-vous, dit-elle, mon cher Télémaque, de satisfaire ma curiosité, fén. Tél. rv. Il est aisé d'irriter l'amour, quand on ne le satisfait pas; et fort mal aisé de ne pas l'éteindre, quand on le satisfait, fonten. Dial. 6, Iforlt mod. Et j'ai cru satisfaire en cet affreux séjour Deux vertus de mon cœur, la vengeance et l'amour, volt. Alz. a, 4. Il y a beaucoup moins de danger à satisfaire la curiosité de l'enfant qu'à l'exciter, i. i. rouss. Ém. iv. || Satisfaire l'attente de quelqu'un, répondre à ses vœux, à ses désirs. Il Satisfaire un besoin, faire ce que la nécessité commande. Lieu où l'on satisfait les besoins naturels, y Satisfaire sa passion, sa colère, son ambition, sa vanité, etc. se laisser aller aux impulsions de sa colère, de son ambition, de sa vanité, etc. Il 3* Avec un nom de chose pour sujet, assouvir. Le sang de Polyeucte a satisfait leurs rages, corn. Poly. I, 3. Il Plaire, être agréable. Satisfaire l'esprit, le cœur, les sens, la vue, l'oreille. Son discours ne m'a pas satisfait. Peut-être.... Que, se voyant tromper, elle fermait les yeux. Et qu'un peu de pitié la satisfaisait mieux, corn. Rodog. i, 7. Voilà tous les honneurs que vous aurez de moi ; S'ils ne vous satisfont, allez vous plaindre au roi, m. Nicom. m, 3. Il Absolument. Voilà, mes frères, à quoi se réduisent toutes les espérances mondaines; faut-il s'étonner si elles ne peuvent satisfaire? fléch. Serm. Samaritaine. \\ 4° Lever les doutes. Je ne toucherai à présent qu'à ce qui regarde cette dernière [la comédie], qu'Aristote définit simplement, une imitation de personnes basses et fourbes; je ne puis m'empêcber de dire que cette définition ne me satisfait point, corn. 4" dise. Je supplie qu'on lise sur cette matière [le sentiment des bêtes] le chapitre de l'étendue des connaissances humaines, de M. Locke [Essai sur l'entendement humain] ; si ce qu'a dit ce sage et modéré philosophe ne satisfait pas, rien ne satisfera, volt. Mél. litt. au /'. Tournemine, 2* lettre. \\ 6' Y. n. Donner satisfaction à, obéir à. En vain, pour satisfaire à nos lâches envies, Nous passons près des rois totit le temps de nos vies À souffrir des mépris et ployer les genoux, malh. i, 3. Grande reine, je satisfais à vos plus tendres désirs, quand je célèbre ce monarque [Charles I"], boss. Reine d'Ànglet. Toute autre place qu'un trêne eût été indigne d'elle ; i U vérité, elle eut de quoi satisfaire à sa noble fierté, quand elle vit qu'elle allait unir la maison de France à la royale famille des Stuarts, a. Reine d'Àngl. Il Satisfaire aux besoins naturels, faire ce qu'ils commandent. Vous ne pouvez satisfaire ici à vos besoins, retenez-vous, Dict. de l'Àcad. au mot retenir. Satisfaire aux nécessités de la nature, ib. au mot nécessité. || 8° Faire ce qu'on doit par rapport à quelqu'un ou à quelque chose. Pourrai-je entre vous deux régler alors mon âme? Satisfaire aux devoirs et de sœur etde femme? corn. }Ior. a, ». Mais, quitte envers l'honneur, et quitte envers mon père, C'est maintenant à toi [Chimène] que je viens satisfaire, ro. Cid. m, 4. Je vous déclare que je ne prétends point qu'il [Pourceaugnac] se marie qu'au préalable il n'ait satisfait à la médecine, mol. Pourc. n, 2. Pendant qu'il [le fils de Condé] s'occupe à relever le prince abattu, il est blessé entre les bras d'un père si tendre, sans interrompre ses soins, ravi de satisfaire à la fois à la piété et à la gloire, boss. Louis de Bourbon. Pour satisfaire i certaines lois du monde, que n'abandonne-t-on pas, et de quoi ne se prive-t-on pas? BOURDAL. Purif. de la Vierge, Myst. t. n, p. 4 86. Ce que j'admire, madame, c'est que vous satisfaites à tout, volt. Lett. à Catherine U, M ma"
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4773. J» Tais achever la conquête du monde, Et voir dans l'Orient le trône de Cyrus Satisfaire, en tombant, aux mânes de Crassus, m. M. de Ces. i, 3. Il Absolument. La mort de Noire-Seigneur étant le sacrifice de prii infini par lequel il avait satisfait et payé pour nous, boss. Vor. lu. Plus la satisfaction est rude, moins il y a d'empressement à satisfaire, FLÉcu. Serm. Médis. || Donner satisfaction, réparation. Commandez que son bras... Répare cette injure à la pointe des armes; Il satisfera, sire; et vienne qui voudra, Attendant qu'il l'ait su, voici qui répondra, corn. Cid, n, 7. || Satisfaire i la conscription, tirer au sort pour le recrutement de l'armée. || 7° Répondre. Mon cher et grand philosophe, je satisfais, autant qu'il est en moi, aux questions que vous me faites, d'àlehb. Lett. à Voltaire, 8 mai 1760. || 8" Lever un doute, une difficulté. La censure ne satisfait pas aux objections, PASC. Prov. m. \\ En mathématique, satisfaire aux conditions d'une équation, se dit d'une construction, d'une solution, qui est conforme aux conditions imposées par la question. || 9" Se satisfaire, ». réfl. Donner satisfaction au désir qu'on a de quelque chose. De force ou de gré, je veux me satisfaire, corn. Héracl. l, 2. Si on ne se satisfaisait soi-même en faisant du bien, je ne sais pas pourquoi vous m'en feriez, scarh. Lettres, Œuv. t. I, p. 223, dans POUGKNS. Je vais me satisfaire en les punissant, SAa, Bible, Osée, x, )0. || 10- Être apaisé. Nos deux frères sont morts, ma mère suit leurs pas, Et le ciel toutefois ne se satisfait pas, ROTR. Àntig. m, 6. || Se satisfaire soi-même, se venger soi-même d'une offense. || 11' Se donner à soi-même une explication suffisante. Les causes, comme à vous, m'en semblent fort obscures; Je ne me satisfais d'aucunes conjectures, CORN. //or. i, 1.
— HIST. XIV s. Et ne les auroient de quoy satisfier [payer], du canqe, satisfacere Nous fussieines sateffié de autel pourfit que esdites terres nous deussiemes avoir eu, id. ib. Je veut et ordonne que mes debtes soient paies et satisfiés des plus apparilhiés de tous mes biens, Testament de Robert de Namur (comm. par M. Caffiaux). || xv s. Mais homme de soy nullement Satefier si n'en povoit. Et nul autre ne le devoit, Convers. de St Denis. Monseigneur... pour satisfaire à la rcqueste qu'il vous a pieu me faire.... comm. Prolog. ||iv:* s. Allez vous en satisfaict, mont, i, 8S. Quant je suis allé le plus avant que je puis, sine me suis je aulcunement satisfait, m. I, (B5. Il est plus aysé de satisfaire parlant de la nature des dieux, que de la nature des hommes, id. i, 247. Antisthenes me semble avoir satisfaict à celuy qui luy reprochoit... id. i, 274. Mes escripts ne contiennent nulle certitude qui me satisface à moy mesme, id. n, 227. Nous trouvasmes que toute la despense estoit payée et satisfaicte, CARL. vin, 29. L'argent qui leur restoit après avoir satisfait à leurs nécessitez, amyot, Caton, 7. Le premier qui se prit à courir pour charger, fut Caius Crassianus, voulant satisfaire à une grande promesse qu'il avoit faite à César, id. Pomp. loi, Ses parcns lui conseillèrent d'espouser cette jeune fille, à fin que des biens d'elle il peust satisfaire à ses créanciers, id. Cicéron, 62.
— ETYM. Provenç. sad's/ar; ca tal. so(is/er ; espagn. latisfacer; portug. satisfaxer; ital. salisfare; du lat. satisfacere, de satis, assez, et facere, faire. Dans satis-facere, satis est le complément direct de facere; c'est pour cela que satisfacere est un verbe à complément indirect.
SATISFAISANT, ANTE (sa-ti-sfe-zan, zan-t"), adj. Qui satisfait. Une conduite satisfaisante. Des raisons satisfaisantes. Ceux-ci ne se proposent dans leurs questions et dans leurs doutes, que de se dire à eux-mêmes qu'au fond tout est incertain; qu'on n'a rien de satisfaisant à leur répondre, mass. Myst. Passion, 2. Rien n'est plus satisfaisant que de voir deux grands artistes s'honorer d'une estime mutuelle, dider. Observ. sur la sculpt. Œuv. t. iv,
p. 318, dans PO0GENS.
SATISFAIT, AITE (sa-ti-sfè, fè-t'), part, passé de satisfaire. || i' Pour qui il a été fait assez. C'en est assez pourvoir qu'il ne faut pas que je m'accoutume à vouloir être satisfaite, ni sur les petites, ni sur les grandes choses, sÉv. (9 juillet <677. Calme ton âme inquiète ; Némésis est satisfaite. Et ton tribut est payé, j. B. Bouss. Odes, ly, fl.||2» A quoi on a donné satisfaction. Sa vengeance était satisfaite; mais son amour ne l'était pas, ha- HILT, Gramm. 9. [L'homme] Plus grand que son destin, plus grand que la nature. Ses besoins satisfaits ne lui suffisent pas; Son âme a des destins qu'aucun œil ne mesure^ Et des regards portant
plu< loin que le trépas, lahart. Earm. n, < o. Il 3' Dont les désirs ont été remplis. Un sage assez semblable au vieillard de Virgile, Houime égalant les rois, homme approchant des dieux, Et, comme ces derniers, satisfait et tranquille, la font. Fabl. III, ïo. Heureux qui, satisfait de son humble fortune.... RAC. Ipk. I, ). Dans quels yeux satisfaits Ai-je goiité déjà le fruit de mes bienfaits T lo. Béréri. IT, 4. Nul remords du passé n'empoisonne ma vie ; Satisfait du présent, je crains pou l'avenir, CHAUL. Retraite, Œuv. t. I, p. 33, dans pougens. Pour être satisfait, il faut avoir désiré; on peut être content sans avoir désiré rien, d'alemb. Synon. Œuv. t. m, p. 289, dans pougens. || i* En chimie, affinités satisfaites, se dit quand les principes d'un corps composé ne sont plus capables de recevoir aucune nouvelle quantité d'un des composants. Il B° Mal satisfait, qui n'est pas satisfait. Chavigny était très-mal satisfait du cardinal, retz, n, <4 5. Je suis mal satisfait de mon fils, mol. VÈt. I, 9. Ouais I il semble qu'ils sortent mal satisfaits d'ici, ID. Préc. 2.
— REM. « J'ai lu dans un écrit public : te roi mal satisfait vis-à-vis de son parlement ; c'est un amas de barbarismes; on ne peut être mal satisfait, mal est le contraire de satis, qui signifie assex.... Mal satisfait est de l'ancien style des bureaux; des écrivains peu corrects se sont permis cette faute, t volt. Diet. phil. Franc, Langue fran^ çaise. Cette remarque de Voltaire n'est pas fondée : on dit moi satisfait comme mot content ; Retz et Molière sont de bonnes autorités.
t SATISFl-XIT (sa-ti-sfé-sit'), s. m. Billet de satisfaction donné par le maître à son élève. Il a eu deux satisfecit.
— ÉTYM. Lat. satisfecit ; il a satisfait, de satisfacere, satisfaire.
SATRAPE (sa-tra-p'), s. m. || 1° Titre des gouverneurs de province chez les anciens Perses. Un des premiers soins du prince était de faire fleurir l'agriculture; et les satrapes dont le gouvernement était le mieux cultivé, avaient la plus grande part aux grâces, aoss. Uist. ni, 6. L'empire des Perses se divisait en cent vingt-sept gouvernements; ceux qui en étaient chargés s'appelaient satrapes, rol- UN, Hist. anc. Œuv. t. n, p. 366, dans pougens. Les satrapes, dans les provinces éloignées du monarque, étaient en quelque sorte des souverains; car l'usage leur avait donné plusieurs prérogatives de la souveraineté, condil. Hist. anc. n, 7. || 2' Fig. Se dit d'un homme fieret despotique. Je suis fort aise de me voir loué par un homme comme vous ; cela pourra engager les satrapes de la littérature à me laisser en paix, P. l. cour. Lett. n, 26. Le directeur de l'Opéra lui-même, ce satrape industriel, comme nous l'appelions, ne capitulait pas, reybaud, Jér. Paturot, i, 6. Malheur donc 1 oh ! malheur au mendiant qui frappe. Hypocrite et jaloux, aux portes du satrape 1 v. hugo, Odes, m, t.
— ÊTYM. Lat. satrapes, du grec oaxpàitiri? ; inscriptions grecques, è^aiOpaneûovTE; ; hébreu, athschadraphnim; du zend chôithrapaiti, chef de région, de chôitra, sanscr. kschetra, région, et paiti, sansor. pati, chef ( burnouf, îaçna, p. 645).
SATRAPIE (sa-tra-pie), s. f. Gouvernement d'un satrape. La satr.ipie de lîabylone, qui était la plus étendue et la plus opulente de toutes, rouj.n, Hist. anc. Œuv. t. ii, p. 390, dans pougens.
— ÊTYM. Lat. satrapia, de satrapes, satrape.
t SATCUABILITÉ (sa-tu-ra-bi-li-té), s. f. Terme de chimie. Qualité de ce qui est saturable. Les lois de la saturabilité, foubcroy, Conn. chim. t. i, p. ci.
t SATURABLE (sa-tu-ra-bl'), adj. Terme de chimie. Qui est susceptible de saturation.
t SATURANT, ANTE (sa-tu-ran, ran-t") , adj. Qui a la propriété de saturer, d'absorber.
t SATUKATICUR (sa-tu-ra-teur), s. m. Terme de chimie. Appareil pour saturer une eau d'acide carbonique.
SATURATION (sa-tu-ra-sion), «. f. |1 1° Terme de chimie. Le terme où, les affinités réciproques des deux principes d'un corps binaire ctantsatisfaites, aucun des deux principes n'est plus susceptible de s'unir avec une nouvelle quantité de l'autre. La saturation des alcalis par les acides. Quand on sature l'acide arsénique de magnésie, il se forme une matière épaisse vers le point de saturation, FOURCROT, Conn. chim. t. v, p. 83. || Il se dit aussi d'un liquide qui ne peut pas dissoudre une quantité plus considérable d'une substance soluble; d'un gaz qui ne peut pas recevoir une plus grande quantité de vapeur. La saturation de l'eau par le sucre. La saturation de l'air par l'humidité. Il Point
de saturation, quantité d'humidité que l'air peut dissoudre i une température donnée. || %° Saturation du sol des cimetières, condition qui provient de ce que, des cadavres nouveaux y étant incessamment inhumés avant que les cadavres plus anciens aient eu le temps de se consumer, le sol devient impropre i opérer les changements qui constituent la putréfaction. Il S' En physique, aimanter i saturation un morceau d'acier, lui donner le plus haut degré possible d'aimantation. M. (Epinus suppose que l'on veuille augmenter jusqu'au degré de saturation la vertu de quatre barres déjà douées de magnétisme,
BUFF. Min. t. IX, p. 488.
— ÊTYM. Lat. saturationem, de taturare, saturer.
SATURÉ, ÉF, (sa-tu-ré, rée), part, passé de saturer. Il 1" Terme de chimie. On dit qu'un corps est saturé d'unautre, lorsqu'il est combinéavec toute la quantité possible de celui-ci, tiienard. Traité de chim. 1. 1, p. 2), dans pougens. || E^u de chaux saturée, eau dans laquelle on a mis la quantité de chaux vive qu'elle peut dissoudre. \\ Air saturé d'humidité^ air qui ne peut en recevoir davantage. Il 2° Fig. Etre saturé d'une chose, en être rassasié. Il Le public est saturé de ce genre d'ouvrages, on eu a tant publié qu'il ne veut plus en lire, en acheter. || Marché saturé de telle denrée, marché où elle surabonde. || 3" Être saturé d'un sentiment, en avoir l'ime pleine, en jouir pleinement. Je partis de Turin la bourse légèrement garnie, mais le cœur saturé de joie, et ne songeant qu'à jouir de l'ambulante félicité à laquelle je bornais désormais tous mes projets, j. j. rouss. Con^ III. Alors, saturé de sentiments affectueux et tendres, et n'étant susceptible d'aucun autre, je ne voyais dans ces aigres sarcasmes que le mot pour rire, id. tb.
SATURER (sa-tu-ré), v. a. || 1° Terme de chimie. Produire la saturation entre deux substances. Saturer un acide, un alcali. Quand on sature l'acide fluorique de potasse, fouhcroy, Conn. chim. t. m, p. 306. Il 2° Néologisme et fig. Se dit, en général, pour rassasier. On l'a saturé de fêtes. || S" Se saturer, V. réfl. Devenir saturé. D'autres vapeurs suspendues au-dessus des vastes campagnes se saturent des feux de l'astre du jour, bkhn. de st. p. Ilarm. liv. i, Tobl. génér.
— 8TYM. Lat. saturare, dénominatif de satur (voy. satire).
SATURNALES (sa-tur-na-l'), ». f. pi. || 1* Terme d'antiquité. Fête que les Romains célébraient à l'honneur de Saturne, pendant laquelle les esclaves portaient les habits de leurs maîtres, s'asseyaient à table avec eux, etc. pour rappeler le souvenirdu siècle d'or, où toutes les conditions étaient égales. Il Fig. Depuis le moment qu'on prend le métier de vendangeur jusqu'à celui qu'on le quitte, on ne mêle plus la vie citadine à la vie rustique; ces saturnales sont bien plus agréables et plus sages que celles des Romains, j. i. rouss. Hél. v, 7. Il 2° Fig. Temps de licence, de désordre. Les jours gras sont de véritables saturnales. Les saturnales de l'anarchie. || Il se dit aussi des excès où tout frein est ôté. Au milieu de ces saturnales de la grandeur, il [Galérius] fait tous ses efforts pour déguiser sa première nudité sous l'effronterie de son luxe, chateaubr. ifort. iv. Young habille la Mort d'ornements pompeux ; je crois même qu'il la fait danser; mais, après ces caprices d'imagination, ces saturnales de mélancolie, il reprend une pompe monotone, villemain, Litt. franc. *»' siècle, 2* part. 2' leç.
— HIST. xiv* s. Et ceubt jours furent institués que l'en appelé les saturneles, bercheube, ^ ti,
recto.
— ÉTYM. Lat. saturnalia, de Saturnus, Saturne.
SATURNE (sa-tur-n'), s. m. || 1° Terme de la religion des Latins. Un des grands dieux qui précéda Jupiter ; il était fils d'Uranus ou le Ciel. || 11 n'avait le trône qu'à la condition de dévorer tous ses enfants mâles ; il les dévora en effet, sauf Jupiter, Neptune et Pluton, que Rhée sa femme lui déroba. [La nature] Être sans attributs, force sans providence, Exerçant au hasard une aveugle puissance, Vrai Saturne, enfantant, dévorant tour à tour. Faisant le mal sans haine et le bien sans amour, LAMART. Uarold, 1. 1| Le temps de Saturne et de Rhée, l'âge d'or, qui dura tant que Saturne eut le sceptre du monde. || 2° Il est pris quelquefois pour le Temps. || 8° Terme d'astronomie. Une des planètes du système solaire, dont la révolution se fait en 29 ans et demi , dont la rotation se fait en 40 heures 4/2. et oui est à 446 millions de mvria-
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(nÈtres du soleil (on met une S majuscule). Nous serions bien étonnés, si nous étions dans Saturne, de voir sur nos têtes pendant la nuit ce grand anneau qui irait en forme de demi-cercle d'un bout 4 l'autre de l'iiorizon, font. Ifond. 4* soir. Saturne est environ dix fois plus loin que nous du soleil, BAILLY, Ilist. astr. mod. t. n, p. 4 57. Saturne est environné d'un anneau fort mince et sensibleblemenlplan, qui paraît comme un prolongement de son éqiiateur, mais qui partout est séparé du corps de la planète, delambre. Abrégé astron. 18' J«fon. Saturne a six satellites qui tournent à fort peu près dans le plan de l'anneau, qui est aussi le plan de l'équateur, m. ib. || En astrologie, Saturne est une planète froide, malfaisante, ennemie de la nature de l'homme et des autre? créatures. || 4" Ancien terme de chimie. Le plomb (avec une S majuscule). Dans l'alchimie, on a comparé le plomb à Saturne, non-seulement par ce qu'on a cru ce métal le plus vieux et le père des autres, mais encore parce qu'on le regardait comme très-froid, four- CROY, Conn. chim. t. vi, p. 60. || Plomb fulminant ou Saturne tonnant, ancien nom d'un sel de plomb qui décrépite, fourcroy, Conn. chim. t. vi, p. 88. Il Sel de Saturne, sucre de Saturne, anciens noms de l'acétate neutre de plomb. || Extrait de Saturne, ancien nom du sous-acétate de plomb en solution.
— ÉTYM. Lat. Saturnus, probablement dieu des semailles, de sata, les semailles, regardé comme le premier roi du Latium et, en raison de cela, assimilé au Krono» grec.
I SATURME (sa-tur-nie), S. f. Genre de papillons.
+ SATURNIEN, lENNE (sa-tur-niin, niè-n'), adj. Qui appartient à Saturne. Le raisonnement d'une personne qui, s'imaginant que la peste était un mal saturnien, prétendait qu'on avait guéri des pestiférés en leur pendant au cou un morceau de plomb que les chimistes appellent Saturne, Logique de Porl-Royal, p. 429, dans pougens. |1 Vers saturnien, espèce de vers latin très-ancien, remontant, disait-on, au temps où Saturne régnait dans le Latium. M. Ouicherat a indiqué en quoi consistait la seule harmonie de ces vers, par la remarque qu'il a faite que la césure y paraît constante. Il 2° Terme de géologie. Période saturnienne, se dit des temps antérieurs à la révolution qui a donné aux continents leur forme actuelle. || 3° Saturnien, s'est dit d'une personne d'humeur triste, morose, à cause des propriétés attribuées par l'astrologie à la planète Saturne, par opposition à jovial, voy. ce mot. ||4"S. m. Nom que Voltaire a donné aux habitants de Saturne, dans son Micromégas. Comme le Sirien [habitant de Sirius] avait un bon esprit, il comprit bien vite qu'un être pensant peut fort bien n'être pas ridicule pour n'avoir que six mille pieds de haut; il se familiarisa avec les Saturniens après les avoir étonnés, volt. Microm. 1 .
— HIST. xvr s. Celui qui est d'une humeur joviale meine l'amour gayement et avec plus d'allégresse, et le saturnien avec une plus grande crainte, pasouier, Lett. t. i, p. 33.
— ÈTYM. Saturne.
t SATURNIN, INE (sa-tur-nin, ni-n'), adj. Terme de médecine. Oui a rapport au plomb ou à ses composés. Il Maladies saturnines, celles qui se développent chez les ouvriers fondeurs en caiactères, potiers de terre et autres qui manient les alliages de plomb, les poussières de céruse, minium, litharge, minerais de plomb, etc.
— ETYM. Saturne, dans le sens de plomb.
t SATURNITE (sa-tur-ni-f), s. f. Terme de minéralogie. Variété de plomb sulfuré.
t. SATYRE (sa-ti-r'), j. m. || !• Terme de la religion des Grecs et des Romains. Demi-dieu qui habitait les bois et qui avait des jambes et des pieds de bouc. Au fond d'un antre sauvage. Un satyre et ses enfants Allaient manger leur potage Et prendre l'écuelle aux dents, la font. Fabl. v, 7. Les satyres sortaient des forêts pour danser autour de lui, fén. Tél. n. Il Dans l'antiquité, petites statues qui représentaient des satyres, et qui, s'ouvrant, servaient de boîtes. Il (Tristram Shandy, de Sterne] ressemble à ces petits satyres de l'antiquité qui renfermaient des essences précieuses, volt. Dict. pfttJ. Conscience, 3. ||a« Fig. et familièrement. Homme cynique, très-adonné aux femmes. Il voulut un peu patiner, galanterie provinciale qui tient plus du satyre que de l'honnête homme, scarr Rom. com. t, to. Heudicourt, le fils, était une espèce de satyre, fort méchant et fort mêlé dans les hautes intrigues galantes, st-sim. (65, 24. Un vieux •atyre, usé de débauche, j. j. bouss. Ém. iv.
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Il 8° Grand singe anthropomorphe. Le satyre ou l'homme des bois, qui, par sa conformation, paraît moins différer de l'homme que du singe, buff. Quadrup. t. m, p. 4 87. Nos voyageurs font sans façon des bêtes sous les noms de pongos, de mandrills, d'orang-outangs, de ces mêmes êtres dont, sous le nom de satyres, de faunes, de sylvains, les anciens faisaient des divinités, j. j. rouss. Inég. note 4. Il i' Genre de lépidoptères diurnes, créé par Latreille aux dépens des papiJio de L. || 6* Champignon nommé aussi phallus.
— ÉTYM. Lat. satyrus, du grec airopo^. On trouve satirel dans la Rose, v. 4 84 68 : Et li satirel et les fées. On en a rapproché l'arabe schathira, singe.
2. SATYRE (sa-ti-r'), t. f. Terme d'antiquité. Chez les Grecs, pièces de théâtre dont les principaux personnages étaient des satyres, et qui n'avaient point de ressemblance avec la satire des Romains. La satyre devint une œuvre d'art pour la première fois entre les mains de Pratinas, vers l'an 600 avant l'ère chrétienne. Ces satyres étaient proprement des farces honnêtes où les spectateurs et les acteurs étaient joués indifléremment, rollin, Ilist. anc. liv. xxv, ch. i, 2. La satyre est une petite pièce qu'on donne après la représentation des tragédies, pour délasser les spectateurs, barthél. Anach. ch. 69.
— ÊTYM. SÔTupo;, qui, signifiant le satyre, signifiait aussi la satyre ou drame des satyres; il était masculin.
SATYRIASIS (sa-ti-ri-a-zis'), s. m. Terme de médecine. État d'exaltation morbide des fonctions génitales caractérisé par un penchant irrésistible à répéter l'acte vénérien, avec la faculté de l'exercer sans s'épuiser.
— HIST. XVI' s. Satyriasis, maladie ainsi appelée à cause que l'on a toujours la verge tendue comme les satyres, paré, Introd. 24.
— ÊTYM. SaTupiaffi;, de eraTupo;, Satyre 4 . SATYRION (sa-ti-ri-on), s. m. Plante de la famille
des orchis qui exhale une odeur de bouc fort désagréable, et dont les racines tuberculeuses ont de la ressemblance avec un scrotum, satyrium hircinum, L.
— ÉTYM. Sarûpiov, de odtTupoi;, satyre 4.
4. SATVRIQUE (sa-ti-ri-k'J, adj. Terme d'antiquité. Qui appartient aux satyres. || Danse satyrique, danse qui consistait en postures lubriques.
— HIST. XVI* s. Comme si c'eust esté des gens qui eussent dansé, ainsi que l'on fait es festes de Bacchus, avec mouvement et saltations satyriques, AMY. Ant. 98.
— ÉTYM. Satyre 4.
2. SATYRIQUE (sa-ti-ri-k'), adj. Qui appartient à la satyre des Grecs. Le poëme satyrique, nom tiré des satyres, divinités champêtres qui en faisaient toujours l'âme, et nullement de la satire, sorte de poésie médisante qui ne ressemble en rien à celle-ci, et qui lui est fort postérieure, holun, Ilist. anc. Œuv. t. v, p. 407, dans pougens. || Le drame satyrique, synonyme de satyre 2. Le CJxlope d'Euripide est un drame satyrique. || Jeux satyriques, espèces de farces qu'on jouait à Rome avant les grandes pièces et qui étaient une imitation des satyres grecques. || Par extension, au masculin, le satyrique, le geure de la poésie pastorale (inusité en ce secs aujourd'hui). [Racan] le premier poète de la France pour le satyrique, costah, its(e des hommes de lettres à qui on pourrait accorder une pension, 4 662.
— ÉTYM. Satyre 2.
SAUCE (sô-s'), s. f. Il !• Assaisonnement liquide où il entre du sel et des épices. Après cela, Quanto [Mme de Montespan] voulut manger, elle donna une pièce de quatre pistoles pour acheter ce qu'il fallait pour faire une sauce qu'elle fit elle-même, et qu'elle mangea avec un appétit admirable, sÉv. 269. Quand on parle de sauce, il faut qu'on y raffine, boil Sat. iii. Le plus exquis detousleurs mets [desLacédémoniensjétaitce qu'ils appelaient la sauce noire; et les vieillards la préféraient à tout ce qu'on leur servait sur la table, ROLUN, Hist. anc. Œuv. t. n, p. 624. De petits oiseaux sur lesquels on jeta une sauce toute chaude, composée de fromage râpé, d'huile, de vinaigre et de silphium, bartuél. Anach. ch. 25. Vous ne trouvez le laurier bon Que pour la sauce et le jambon, bérang. Gourm. || Sauce douce, sauce faite avec du sucre et du vinaigre ou du vin. Il Sauce courte, sauce peu abondante. || Cette sauce n'est pas faite, n'est pas assez faite, elle n'a pas assez bouilli, n'est pas assez liée. || Sauce blanche,
SAU
voy. BLANC 4. Il Sauce verte, sauce faite avec du blé vert, avec du jus d'herbes crues (suivant l'Académie, voy. à REMOULADE Une autre sauce verte). Pour une sauce verte avec de l'échalote. Et tel» ingrédients fins, vifs et délicats, du cerceau. Poésies, la Ravigote. || Sauce-Robert, sauce où les oignons dominent; ils sont revenus jusqu'à la couleur blonde, ensuite on y ajoute du bouillon, du jus et de la moutarde au moment de servir. Boucingo, dès son âge tendre, Posséda la sauce à Robert , Avant même qu'il pût apprendre Ni son Ave ni son l'ater, chapelle. Chanson sur Boucingo. \\ Sauce piquante, sauce faite avec du vinaigre, du thym, du laurier, ail et échalote, mouillée avec du bouillon, réduite à moitié et un peu épaissie avec du beurre manié d'un peu de farine. Il Sauce à ou au pauvre homme, sauce froide, faite avec de l'eau, du sel et de la ciboule. || Familièrement. Donner ordre aux sauces, aller dans la cuisine, prendre soin que tout soit bien apprêté pour le repas. || En termes de cuisine, le mot sauce se sous-entend quelquefois : une maître-d'hôtel, une béchamel, pour une sauce à la maître-d'hi'itel, à la béchamel. || Fig. Le prédicateur [le P. Gaillard] reprit son discours avec tant de prospérité, que, mêlant sur la fin Philisbourg, Monseigneur, le bonheur du roi, et les grâces de Dieu sur sa personne et sur tous ses desseins, il fit de tout cela une si bonne sauce, que tout le monde pleurait; le roi et la cour l'ont loué et admiré, sÉv. 476. Il 2° Fig. et familièrement. Accessoire, addition. Dès le jour même, elle [Mme de Bury] entra dans le carrosse de la reine; cette sauce rend cette place des meilleures, sÉv. 24 janv. 4 680. Mme de BuUion perdit son procès avec toutes les sauces, et avec une acclamation générale, st-sim. 66, 4 76. Je trouvai un homme [Argenson] effarouché du poids des finances, mais bien flatté de la sauce des sceaux, m. 480. 2(3. ||La sauce vaut mieux que le poisson, l'accessoire vaut mieux que le principal. Il On dit dans le même sens : La sauce fait manger le poisson. Un certain misérable serpent, nommé Magdelain, qui se dit médecin de Montpellier, c'est la sauce sans laquelle le poisson ne se mangerait pas.... gui patin, Lett. t. n, p. 424. Il 3» Fig. et familièrement. Il se dit pour le mode de disposer des personnes ou des choses. Vous me faites trop d'honneur et à mes pauvres lettres; je suis ravie cependant que vous me trouviez bonne quelquefois à certaines sauces, sÉv. 23 oct. 4 680. On se trouvera toujours fort bien de notre ami [Corbinelli], à quelque sauce qu'on le mette, ID. 20 oct. 4 682. Il Vous ne sauriez faire une bonne sauce à cela, mettre une bonne sauce à cela, se dit en parlant d'une aflfaire, d'une action à laquelle on ne saurait donner une apparence satisfaisante. Il On dit de même : Cela ne vaut rien à quelque sauce qu'on le mette. En apparence, un département fort étendu fut donné à M. de la Force, avec assez d'autorité; mais, à quelque sauce que cela se put mettre, ce n'était être, en bon français, qu'intendant des finances un peu renforcé, st-sim. 476, 93. Il On ne sait à quelle sauce le mettre, on ne sait que faire de lui, à quoi l'employer. || Mettre quelqu'un à toutes sauces, l'employer à toutes sortesde services. || On dit de même : être bon à toutes sauces. Il 4' Populairement. Donner une sauce à quelqu'un, faire la sauce à quelqu'un, apprêter une sauce à quelqu'un, le réprimander vertement. Tout vilain cas, dit-elle, est reniable; Ces serments vains et peu dignes de foi Mériteraient qu'on vous fit votre sauce, la font. Confid. C'est dans le fond un impie qui, pour faire sa cour aux persécuteurs de France, s'est déchaîné sur nous.... M. AUix devrait lui apprêter sa sauce, bayle, Lett. à Minutolt, Sjuill. 4 686. Il 6° Sauce du tabac, eau salée dans laquelle on a mis quelques autres ingrédients et dont on se sert pour la préparation du tabac en poudre. || 6° Terme d'orfèvrerie. Liqueur pour donner la couleur à l'or. || Dorure à la sauce, dorure légère obtenue par la simple immersion des oh jets dans un liquide aurifère. || 7° Terme de dessin. Crayon tendre dont on se sert pour estomper. Il Proverbes. Il n'est sauce que d'appétit, la faim est le meilleur assaisonnement. || Une sait à quelle sauce manger le poisson, il ne sait comment supporter cette affaire, comment prendre un discour» qu'on lui tient, un procédé qu'on a avec lui. |1 II a fait la faute, nu'il en boive la sauce, qu'il en subisse les fâcheuses conséquences.
— HIST. xii* s. Ki metlera la salce, mult la bevra amere. Th. le mart. 463. ||xni' s. Ausinc cum fel li bons lechierres Qui des morsiaus est congnois-
SAU
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•lerrcs, Et de phisors viandes tasle En pot, en rost, en soiist, en paste, la Rose, aisaa. Malc-Boiiche soit maleois [maudit] I Sa langue desloiaus et fausse M'a porchaciée ceste sauce, »b. 3804. Et la terre portant fruit fist Dieux revenir i lause [saltuginem]. Psautier, f" )34. || xiv s. En yver toutes saulces doivent estre plus fortes qu'en esté, Ménagier, ii, b. Une sausse blanche de poisson, «6. ii, 4. Les quatre piez et les orilles et le groing, en 80U7. de perresil etd'espicos détrempé do vin aigre, Bibl. desch. B* série, t. I, p. in. || xvi* s. X chair de loup sauce de chien, cotobave. Robert, cestuy fut inventeur de la saulse Uobort, tant salubre et nécessaire aux connils roustiz, canars, porc frais, Bîufz pochez, merluz saliez, et mille autres telles viandes, rab. iv, 40. Pantagruel leur donna.... un mortier à piler la saulse.... et [Anarche] fut aussi gentil crieur de saulse verte qui fut oncques veu en Utopie, ID. ii, 32. Ainsi est de tous homes : en quelle sausse qu'ils soient acoustrez, soit de la messe ou de l'évangile, ils demeurent tousjours hommes, bonivard. Noblesse, p. 3I9.
— ÊTYM. Provenç. espagn. et ital. salsa ; du lat. talsus, salé, de sal (voy. sel) : talsa aqua, eau salée.
SAUCÉ, fiE (sô-sé, sée), part, passé de saucer. Il 1° Trempé dans une sauce. Manger son pain saucé. Il Fig. et familièrement. Mme de Coulangesm'a écrit une grande lettre toute pleine d'amitiés etdenouvelles.... elle dit que le voyage de Fontainebleau est assuré, elle parle de la meilleure santé de Mme de la Fayette; tout cela saucé dans mille douceurs, sÉv. 28 août (677.112'' Trempé dans un liquide quelconque. Je mis hier moi-même une rose dans la fontaine bouillante [de Vichy], elle y fut saucée et ressaucée, je l'en tirai comme dessus la tige, SÉv. 4 juin )676. Il Feuilles saucées, se dit des feuilles du tabac aspergées légèrement avec de l'eau de mer. || 3° Familièrement. Mouillé jusqu'aux os. Je suis arrivé saucé et à une heure de nuit, M-* d'espinat, Mém. t. n, p. 296, dans pougens, Lett. de J. J. Rousseau. \\ 4° Terme de numismatique. Médaille saucée, celle qui, ayant été battue en cuivre, a été ensuite argentée ou couverte d'une feuille d'étain.
SAUCER (sô-sé; le c prend une cédille devant « et 0 ; sauçant, sauçons), ». o. || 1° Tremper dans la sauce. Saucer sa viande, son pain. || 2" Par extension. Tremper dans un liquide quelconque. Saucer des branches dans de l'eau. || 11 a été saucé dans la boue, dans le ruisseau, dans la rivière, il est tombé dans la boue, dans la rivière, il a été traîné dans le ruisseau. || Fig. Il a été saucé dans la boue, dans le ruisseau, on l'a traité avec mépris, avec insulte. || 3° Fig. et populairement. Saucer quelqu'un, le gronder, le réprimander fortement. Il 4° Se saucer,», réft. Se tremper dans l'eau. Les oiseaux en mer se sauçant. Ce sont les plongeons, ce me semble, scarr. Virg. v.
— llisr. xiv s. Saucier, condire, Glots. du P. Labbe. \\ xvi" s. Il ne saucera son pain en ma
SOUppe, COTGRAVE.
— ÊTYM. Sauce; wallon, sdssi.
fSAUCEUlE (s«-se-rie), s. f. Office de saucier,
dans les grandes maisons, au moyen ige.
■(■ SAUCIEK (sô-sié), ». m. || 1° Celui qui compose ou qui vend des sauces. Ce cuisinier est un excellent saucier. Dans le moyen ftge, l'office de saucier avait une certaine importance; les attributions de cet officier domestique sont fixées par les ordonnances de l'hfltel ; il avait sous lui des clercs, varlets et galopins de saucerie, de laborde, JÉmaux, p. 494. Il 2" Terme de marine. Morceau de bois creusé, dans lequel on fait porter le pied d'un étançon, pour l'empdcher de glisser. ij Massif de bois creusé placé sur les ponts pour recevoir le bout de la mèche d'un cabestan. j| Plaque de fer servant au même usage.
— IIIST. xv s. [Hardy] s'addressa à ung des serviteurs du roy, ayant charge en sa cuisine de faire saulces, et auquel ledit Jehan Hardy avoir eu cognoissance , durant que ledit saulcier et Hardy avaient esté en l'hostel, Jean de troïes, Chron. 4473.
— ÊTYM. Sauce.
SAUCIÈRE (sô-siè-r"), ». f. Vase creux dans lequel on sert des sauces. Saucière d'argent, de porcelaine. Dans le moyen âge, les sauces se servaient à table, dans des pots appelés saucières, dont la forme se rapprochait de celle que nous avons conservée, DE I.ABORDE, Émaux, p. 494.
— llIST. xiv s. Quatorze saussieres d'argent prisiées Lxvij lib.,DE laborde, .Ém. p. 494. ||iv's. Ung petit moustardier et quatre petites saussieres d'argent, Bibl. des ch. 6* série, t. i, p. 437.
OICT. DS U LANOUS FRANCAISK.
— ÊTYM. Sauce; wallon, sassi, s. m. On trouve dans E. DESciiAMPS, sausseron.
SAUCISSE (»ô-»i-s'), 1. f. Il 1" Boyau de porc rempli de viande crue, hachée et assaisonnée. Saucisses longues. Saucisses plates. Il y avait, à dix lieues de là, une autre lie, où il y avait des mines do jambons, de saucisses et de ragoûts poivrés, FÉN. t. XIX, p. 3«. L'hydre que je nourris [c'est Paris qui parle de sa populace), épouvante de tous. S'apprivoise au premier qui caresse ses goiits; On le soûle de vin, de lard et de saucisses, lemerciEH, la Panhypocrisiade, v. || Fig. et populairement. Attacher ses chiens avec des saucisses, faire des dépenses folles, jeter l'argent par les fenêtres. Cette expression ne s'emploie qu'à la forme négative, pour dire : très- serré dans ses dépenses. 11 n'attache pas ses chiens avec des saucisses. |] 2* Il s'est dit pour saucisson. Et je possède encore une énorme saucisse Où Boulogne [Bologne] la grasse a dispensé l'épice, scahh. Poésies div. Œuv. t. vii, p. (77. 113» Il se dit pour saucisson, terme d'artillerie.
— HIST. XIII" s. Que nulz ne puisse faire saucisses de nulle char que de porc, Liv. des met. <77. Il XVI' s. De mesme paîs [le Poitou] encore sont sorties les saucisses et autres artifices qui ont porté malheur à ceux qui i leurs despens les ont essayez, d'aub. Uist. n, 350.
— ÊTYM. Ital. salsiccia; du lat. salsicia, saucisson, de salsus, salé (voy. sel).
t SAUClSSIER(sô-si-sié), s. m. Terme ancien, aujourd'hui hors d'usage. Celui qui fabriquait des saucisses. Les statuts des saucissiers et charcutiers portant.... BARCHANQT, Trislan le voyageur, ch. Lxvni.
SAUCISSON (sô-si-son), ». m. || 1° Sorte de grosse saucisse de très-haut goût. Saucisson de Bologne, de Lyon. Saucisson cru. Saucisson cuit. D'un saucisson à l'ail faisons provision, baron, École des pères, IV, 3. Comptez, monsieur, que, tant que je vivrai, je serai fâché que les truites du lac de Genève soient si loin des saucissons de Bologne, volt. Lett. Albergati, I" mai t7G).||2° Terme d'artificier. Artifice de garniture qu'on place dans le pot de fusées volantes, afin de faire plus de bruit; on le fabrique avec des bouts de cartouches tamponnés aux deux extrémités. || Saucisson volant, sorte de pétard allongé pour contenir un peu de composition qui le fait pirouetter, et qui finit par le faire éclater. || Saucisson luisant, saucisson ordinaire, enveloppé d'étoupes imbibées de pâte d'étoiles. Il 3" Terme d'artillerie. Longue charge de poudre mise en rouleau dans de la toile goudronnée, qu'on attache à une fusée lente qui sert d'amorce pour faire jouer une mine. || Fig. La' mine se chargeait sous leurs pieds [de Mme la Duchesse et des siens], sans qu'ils s'aperçussent que le feu était déjà au saucisson, ST-siM. 288, )29. \\i' Terme de fortification. Faisceaux de brins de bois, cylindriques, réunis par des harts en bois ou en fil de fer, employés pour revêtir les batteries, les traverses. Il B° Saucissons ou turbans, nom que les droguistes et les épiciers donnent à la gomme gulte en rouleaux.
— HIST. XVI' s. Un charnier tous-jours fourni de lard, do jambons, de saucissots, o. de serres, 381.
— ÊTYM. Saucisse.
SAUF, AUVE (sôf, s*-v'), adj. || £• Qui n'est point endommagé, qui est hors de péril. L'honneur est sauf. Que la seule Rahab courtisane ait la vie sauve, avec tous ceux qui se trouveront dans sa maison, saci, Bible, Josué, vi, (7. || Il se joint souvent à sain : sain et sauf (voy. sain). || 2° Sauf, prép. Sans blesser, sans porter atteinte à. En vérité, sauf le re, pect que je te dois, je crois que nous nous trompons, volt. Amabed, T lettre. \\ Sauf votre respect, sauf correction, ou révérence parler, locutions du dernier bourgeois, de caillières, 1890. Il Sauf votre respect, sauf respect, sauf le respect de la compagnie, se disent quelquefois pour adoucir, pour excuser des paroles trop hardies ou trop librt s. Il Les paysans disent sauf votre respect quand ils parlent à une personne respectable d'un sujet qu'ils jugent bas et indigne d'elle, par exemple de leur fumier, de leur cochon, etc. IlSSans préjudice, avec réserve de. Vous devez payer cette somme , sauf votre recours contre qui de droit. Je pense, sauf correction , qu'il a le diable au corps, mol. Avare, l, 3. || Terme de palais. Adjudication sauf huitaine, sauf quinzaine, sans préjudice de pouvoir enchérir dans la huitaine, dans la quinzaine. || Sauf l'appel, sans préjudice de l'appel. || Terme de finance. Sauf erreur de calcul, sauf erreur ou omission, san»
préjudice du droit de revenir acompte, s'il y a erreur dans le calcul. || Terme do chancellerie. Sauf en autre chose notre droit et l'autrui en toutes, se disait pour exprimer que le roi n'entendait ni perdre ses droits ni prejudicier i ceux d'autrui. || 4' Hormis, excepté. 11 lui a légué tout son bien, sauf une terre. || 6' Sauf 4, loe. prép. A la réserve de, sans empêcher, quitte à. Faite* vite, sauf i corriger plus tard. Faites-le ainsi, sauf à recommencer. || Sauf i... de, même sent. Sauf à TOUS d'admettre ou rejeter mon opinion, quand vous saurez sur quoi je la fonde, j. j. Rouss. Dial. 2. Il 6* Sauf que, loc. ton), avec l'indicatif, hormis que. Tout se passa bien, sauf qu'un moment on s'égara.
— REM. On trouve quelquefois dans les écrits du jour sauf que, avec le subjonctif, pour i moins que. Cela est mauvais.
— HIST. xi- s. Si [il] recevrat la nostro lei [religion] plus salve, Ch. de Roi. xin. ||xn' s. Qu'il revenroil à lui san3detrier[retarder]. Se il pooit sains et saus rcpairier. Bat. d'Aleschant, y. 7768. Quitlcmenl aler s'en poreient, Salvs lur membres e salvs lui cors, flou, T. 9600. Il un* s. Si distrenl que il rendroient i li la cité et toutes les choses, sauves lor vies, villeii, xlvu. Qu'il venist i lui au parlement i Pieronne, sauf alant et sauf venant, Chr. de Raim, I70. Sire, sauve vostre grâce, je n'entens que je tel ajornement deie acuillir come voz me faites, il»», de J. i, 8t. Et por ce acordons noz o'on mete en sauve main, por le [la] partie des enfans à naistre, por trois enfans, beaubi. zi, 4. Quant li rois done, ou conferme, ou otroie aucunne coze, il est entendus, sauf le droit d'autrui, n>. XLvi, 3. Il XIV* s. Le droit de noslre seigneur et le nostre sauf en autres choses, et l'autrui en toutes. Lettre de Charles V, Bibl. des ch. *' série, t. m, p. 426. Il XV* s. Et fut bien dansé et bien jouté par l'espace de quinze jours, sauf tant que un moult gentil noble et jeune bachelier y fut tué au jouter, qui eut grand plainte, froiss. i, n, (92. Le temps que le fruit est meur, cueilly et mis en sauf pour en proufitablement user, CBB. db pis. Charles V, l, 4 3. || xvi' s. Donne-moi sauve assurance De tant d'ennemis inhumains, marot, iv, 237. Les truyes en leur gesine, saulve l'honneur de toute la compagnie.... rab. rv, 7. Sauf sa femme et ses enfants, aulcun ne parle au roy, mont, i, H 4. Je regarde non tant ce qu'on m'oste, que ce qui me reste de sauve, id. it, 20«.
— ÊTYM. Génev. »au»e, adj. des deux genres ; provenç. salv, salf, sal; ancien cat. sal; espagn. et ital. »aI»o; du lat. tal»ui, qui se rattache sanscr. »ar»o, entier.
SAUF-CONDUIT (sôf-kon-dui), s. m. || 1* Permis d'aller en quelque endroit, d'y séjourner, d'en revenir, sans crainte d'être arrêté. Violer un saufconduit. Les sauf-conduits nécessaires, car on était alors dans la guerre qui co>.imença en 4688, furent bientôt expédiés, toutes les difficultés furent aplanies, font. Saurin. Le e juillet de l'année 441 B, Jean Hus, confesseur de la reine de Bohême, docteur en théologie, est brillé vif par sentence des pères du concile [de Constance], malgré le sauf-conduit très-formel que Sigismond lui avait donné, volt. Ann. Emp. Sigismoiid, 444B. || Il se dit aussi de la permission de laisser passer un paquet, un ballot. J'allai donc... chez mon ami Orceau à la poste, il regarda ce cordon et cette croix; nous les remîmes dans la petite boite, dont nous fîmes' un paquet; j'écrivis le dessus; il y mit un mot de sa main, qui est le sauf-conduit, sÉv. 64 «. Il 2" Sauvegarde temporaire accordée par les magistrats aux débiteurs exposés à la contrainte par corps. Il 3* Permission qu'un officier donne, en temps de guerre, de passer sur le terrain que sa troupe occupe. Que les femmes de qualité auraient des sauf-conduits pour se retirer où bon leur semblerait, pelusson, Lett. hist. t. m, p. 24 4. Il 4' Terme de marine. Lettre en forme de laissezpasser délivrée à un bâtiment de nation ennemie. Il Au plur. Des sauf-conduits.
— HIST. xni*s. Et mandèrent à l'empereur que il voloient à lui parler de pais, mais qu'il eussent sauf-conduit alant et venant, Chans. de R. p. 4 21. Il xiT* s. Et par bon sauf-conduit une place bailler. Pour savoir s'on porroit ceste chose apaisier, Guesel. BB07. || it* s. Sachez que, si ce ne fust pour mon honneur et que je vous ai donné saufconduit, je vous fisse à tous trancher les testes [le comte de Flandre aux Flamands], prciss. n, n, B«
— ÊTYM. Sauf, et conduit.
SAUGE (sô-j'A ». f. Il 1° Nom d'un genre de U
SAU
famille dei labiées. On y dislingue : le talvta off,cinniù, t. plante aromatique, qui a deux variétés, la «auge à larges leuiUes ou grande sauge, et la (auge à petites feuilles, ou petite sauge, ou thé de France. Le roi prenait depuis fort longtemps deuz tasses de sauge et de véronique, st-sim. 403, 262. Il Sauge sauvage ou des prés, talvia pratensis, L. Il Fig. Il n'y a ni sel ni sauge, se dit d'une chose qui est fade, sans goût. j| 2' Sauge en arbre, nom vulgaire du phloinis fructicosa, labiées. 1| Sauge de Jérusalem, nom vulgaire du pulmonaria officinalis, borraginées. || Sauge d'Amérique, nom vulgaire du tarchonanthut camphoralus , syiianthérées, qui porte improprement le nom d'Amérique, car il est non pas d'Amérique, mais du cap de Bonne-Espérance, LEGOARANT. || 3° Sauge amère, ou sauge des bois, teucrium tcorodonice, L. || 4* Poire de sauge, fruit du sauger, sorte de poire assez grosse dont on fait du cidre; on ne peut la manger que quand elle est blette, elle ressemble alors un peu à la nèfle.
HIST. un* s. Onquesn'i quistne seine sauge ;
Encor ançois que il s'en auge [aille], Getera il son ameçon, Rcn. 839. ||ivi' s. Il sçavoit bien que la jeunesse de la cour ne se pourroit passer, car c'estoient les jours de caresme prenant, de luy donner quelques algarades duchappeau de saulge, et d'aultres risées [parce qu'on lui avait enlevé sa future], CARLOix, v, 39.
— ■ ËTYM. Provenç. espagn. et ital. talvia ; portug. salva; du lat. talvia, de salvus, sauf, à cause des vertus attribuées à cette plante.
t SADGEOIRE (s6-joi-r'), i. f. Instrument pour mettre le sel dans des paniers.
ISACGER(sô-jé), t. m. Sorte de poirier sauvage ou à peu près, ainsi nommé parce que les feuilles rappellent, par leur Tillosité blanchâtre, celles de la sauge commune.
t SAUGERETrB (sô-je-rè-f), ». f. Nom normand du salix repens, L. Il n'y a point de sol qui n'ait dans le régne végétal un corrélatif approprié à sa nature : la saugerette est celui des fondrières liquides du Cotentin, baude, Étudet sur les côtes de France.
t SAUGRENÉE (sô-gre-née) , ». f. Au xvf siècle, nom d'un assaisonnement des pois et des fèves, avec du beurre, des herbes fines, de l'eau et du sel.
— ÊTYM. Sel, et grain.
SADGRKNU, UE (sô-gre-nu, nue), od;. Terme familier. Absurde, ridicule. Franchement, ces motslà sont un peu saugrenus, boursal'lt, Jfot» à la mode, se. a. Le comte : Savez-vous lire, docteur.... Barbe à l'eau î — Bartholo : Autre question saugrenue, beabmarch. Barb.deSév.u, (3. Est-cequ'il vouiadit quelque chose de saugrenu?TH. leclercq, Proverb. t. m, p. 28R, dans pougens.
— HEH. Le Dictionnaire de l'Académie dit que saugrenu ne s'applique qu'aux choses. Cependant on le trouve, en parlant des personnes : Eh I oui, vous dis-je encor; quel homme saugrenu I brst, la Uaison, n, 6.
— IIIST. ivi* s. Où diable avoit-il trouvé celui là [jurement] et autres que je nommerois plus saugreueui que ceux-là ? brant. Capit. franc, t. i. p. (02. J'en eusse allégué d'autres [contes] encore bien plus saugreneux et meilleurs, id. Damei gai. 1. 1, p. 298. Saugrenu, oimiN, Cunoi. franc.
— ÊTYU. Sel greneux ou grenu, dit figurément pour salé, piquant, amusant et plus tard, inversement, absurde, ridicule.
t SAL'GRENUITÊ (sô-gre-nu-i-té), ». f Qualité de ce qui est saugrenu. Il y a au moins dans le saintsimonisme elle fouriérisme, au milieu de rêveries et de saugrenuités, des tentatives et des efforts pour arriver à un but de réorganisation sociale, alph. KARR, les Guêpes, août 1840.
t SAULAIE (sô-lé), ». f. Ueu planté de saules. Oiaeun a bâti à neuf quelque grange ou quelque pressoir avec jardin, chènevière, saulaie autour de sa demeure, P. L. cour Gas. du village, n° 4.
— HIST. XIV». Je Fouquet de la Rochefoucault escuier tiens une saulaie.... du cange, sauleia. ||xvr s. Il n'eut loisir que d'avancer le capitaine Piegros dans une saulaie pour se flanquer à main gauche, d'aub. llist. i, 321.
— ÊTYM. Soute.
SACLK (>A-r), ». m. Il 1- Nom d'un genre de la famille de» sahcinées. |1 »• Arbre qui croît ordinairement dans les prés et le long des ruisseaux lalixalba, L. Le saule blanc est ordinairement exploité en lélard comme bois de chauffage. Le ciel permit qu'un saule se trouva. Dont le branchage après Dieu le sauva (un enfant tombé à l'eau], la roNT. Fabl. i, t». Les chênes à la longue vie, aux écorcM rudes.... inspirent, sous leur ombre, des
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sentiments d'une tout autre nature que ces saules au feuillage léger, qui vivent peu et qui ont la fraîcheur desondesoii ils puisent leur sève, cbatbaubb. Dessin. || 3" Saule pleureur, espèce de saule dont les branches sont pendantes, »aiii babylonica, L. Les rois seuls [de Taîti] peuvent planter devant leurs maisons l'arbre que nous nommons le saule pleureur, BOUGAiNviLLE, Vox). t. n, p. (09. Les lieux chers aux vivants sont aussi cbers aux morts; Qui vous empêchera déplacer sur ces bords, Près d'un ruisseau plaintif, sous un saule qui pleure. D'un ami regretté la dernière demeure? delille, //. des champs, i. Mes chers amis, quand je mourrai, Planiez un saule au cimetière; J'aime son feuillage éploré ; La pâleur m'en est douce et chère, A. de MUSSET, I, Poés. nouv. Lucie. \\ 4' Se dit de certains arbustes ou arbrisseaux. Saule cendré. Saule des sables. Saule des dunes. || 6° Feuilles de saule, nom donné, dans le soleil, à une sorte de compartiments oblongs, de formes irrégulières et changeantes, séparés par des rangées de points moins brillants (grains de riz). || 6° Saule marin, nom vulgaire do plusieurs espèces de gorgones.
— HIST. irv* s. Mais se s'amie l'appejast, Li nices tantost s'enalast, Ledosli tournast et l'espaule. Et s'en alast penre [prendre] à la saule, Pour li monstrer corne il valoit Et comment contremont saloit, tiACHAUT, p. 44. Il zvi* s. Le saule ou saulx : les diversités des saules se remarquent à la couleur, aucuns estans blancs, les autres tendans sur le rouge et tané, en leurs feuilles, o. de serres, 800.
— Etym. Génev. et lorrain, la saule; Berry, siaule ; de l'anc. haut-allemand salahha, contracté en saia, d'après Diez. Le lat. salix, salicem ne peut donner saule, il avait donné saux ou sali (es salz suspendîmes nos organes, Liber psalm. p. 2I3), qui a duré jusque dans le ivi' siècle et qui persiste dans tous les patois : wallon, sd, tau ; norm. saux ou sas; Berry, saulx (prononcé sô) et aussi sauge de saligneus; picard, tau. Salicem, en particulier, avait donné tautte ; le village de Sausse-Uesnil, près Cherbourg.
t SAULËE (s6-lée), t. f. Rangée de saules. Il rêvait le long de cette saulée.
f SAULET (s6-lè), ». m. Moineau franc.
SAUMATRE (sô-mâ-tr'), od;. Qui a un goût approchant de celui de l'eau de mer. Elle [la Mecque] est dans un désert de sable, l'eau y est saumâtre, on y meurt de faim et de soif, volt. Dict. phil. Arabes. Il [le grand lamentin] habite constamment les eaux salées ou saumàtres, buff. Quadrup. t. zj, p. 268. Je la trouvai [l'eau du Jourdain] un peu saumâtre, chateaubr. Itin. 3" part. || Goût saumâtre, saveur qui ressemble au goût de l'eau de mer.
— HIST. iiii* s. Il prennent une manière de terre qui est moult saumastre et en font grans
mons, HAHC POL, p. 438.
— ËTYM. Ital. salmastro ; d'un mot altéré salmaster, au lieu de salmacidus, qui a donné le génev. saumache et le provenç. samaciu. En Normandie, sur le bord de la mer, on dit saumacre.
SAUMON (sô-mon), t. m. jj 1° Poisson de mer qui remonte les rivières, et dont la chair est rouge, talmo talar, dit aussi saumon commun, et, absolument, saumon. Une darne, une tranche de saumon. Une hure de saumon. Les saumons, dont la peau sert à leur habillement [d'une peuplade sauvage], ne se pèchent pas en été, et pèsent trente ou quarante livres, laperouse, Yoy. t. m, p. 69, dans POUGENS. Il en est qui nous assurent que les saumons ont l'adresse de creuser, dans le lit des fleuves, des fosses spacieuses pour y déposer leurs œufs et empêcher ainsi que le Courant ne les entraîne, bonnet, Contempl. nat. xu, 27. || S" Genre de poissons malacoptérygiens dont toutes les espèces sont alimentaires. On y distingue, outre le saumon commun : le salmo fario, qui est notre truite commune ; le saumon truite ou truite saumonée. Il 3° Saumon se dit de la nuance rouge du saumon. Rouge saumon. Étoffe saumon. || 4* Masse de métal et particulièrement de plomb ou d'étain, telle qu'elle est sortie de la fonte. L'étain d'Angleterre en gros saumons, bdfp. Min. t. v, p. 192. Il Masse de fer, de fonte, de plomb ou d'étain d'un poids d'environ 100 kilogr. ||5' Terme d'orfèvrerie. Gros morceau d'argentfondu. || 6° Vase dans lequel le cirier fond la cire.
— HIST. xm« s. Ne queroient saumons, ne luz [brochets]. Et vestoient les cuirs veluz, la Rose, 8425. Il XV" s Pain et fromage ou pastés de saumons, de truites et d'anguilles, enveloppées de belles petites blanches touailles, fsoiss. n, m, 93. I Il xvi* s. Pour gualentir les nerfx, on luy avoyt faict I
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deux grosses saulmones de plomb, chacune du
poys de 87oo quintaulx, rab. Garg. i, 23 Qu'il
ne falloit pas perdre la prise de tant de saumons pour une sardine, d'aub. llist. a, 343. Saumons comme le sermon En quaresme ont leur saison, LEROUX de lincy, Prov. t. I, p. 204. Il faut perdre un veron pour pescher un saulmon, cotgraïe.
— ETYM. Wallon, sdmon; provenç. loimo; espagn. salmon; ital. salamone; du lat. tatinonem, duquel on peut conjecturer qu'il vient de tolire, sauter : le sauteur.
SAUMONÉ, ÉE (sô-mo-né, née), adj. Qui a de la ressemblance avec le saumon. || Il se dit de certains poissons et particulièrement des truites qui ont la chair rouge comme celle des saumons. Une truite saumonée.
SAUMONEAO (sô-mo-nô), t. m. Petit saumon. Près de quarante mille saumoneaux obtenus dans mon laboratoire ont été portés par mes soins dans leseaux de l'Hérault et de sesaffluents principaux, GERVAIS, Acad. des se. Comptes rendus, t. iiv, p. (47.
— HIST. ivi* 8. Saulmons, saulmonneaux, daulphins, RAB. Pont, rv, 60.
— ÉTYM. Dimin. de toumon.
t SAUMURAGE (sô-mu-ra-j*), f. m. Action de mettre dans la saumure.
SAUMURE (s6-mu-r'), ». f. || f Liqueur formée de sel fondu et du suc de la chose salée. || 2° Il se dit aussi d'une eau qu'on a saturée de sel. On laisse tremper, dans la saumure ou la dissolution saturée de sel, des légumes, quelques fruits surtout légumineux, des graines ou semences, des racines, des feuilles et même des fleurs délicates, fourcroy, Conn. chim. t. vn, p. (03. || Eau saturée de sel qu'on fait évaporer pour obtenir du sel dans les salines.
— HIST. XIV' s. Saumuyre, salsugo, Gloss. du P. Labbe. || xn' s. Boire un grand plein verre de saumure d'anchois, paré, xxiv, 27.
— ÉTYM. Wallon, »omeur; espagn. sal-muera ; ital. »aJo-moja; du lat. laJ, sel, et muria, saumure, qui a donné le génev. mouare ou moire ; comparez le grec à)(iijpi;, à).(tuf.è;, de SX;, sel, et (ivipà;, saumure ; comparez |j.ûpov, huile, essence, ixûpt», distiller, dégoutter.
t SAUMURÉ, ÉE (sô-mu-ré, rée), adj. Qui • séjourné, trempé dans la saumure || Fig. Les affections d'un sang saumuré et d'organes desséchés qui ont perdu leur ressort et leur mollesse, tolt. Lett. Bagieux, (0 avr. (752.
— HIST. ivi' S. Saulmuré, cotgrave.
SAUNAGE (s6-na-j'), t. m. || 1° Action de faire du
sel. Il 2° Débit, trafic de sel. Faire le saunage. Il 3° Faux-saunage, contrebande qui se faisait sur le sel en France, de province en province. Le bon marché du sel dans une province et la cherté i l'excès dans une autre y causent deux maux considérables, dont l'un est le faux-saunage qui envoi» quantité de gens aux galères, vaub. Dtme, p. (04, Les femmes et les filles coupables de faux-saunage seront condamnées pour la première fois en (00 livres d'amende, Ordonn. mai (680. Le fauxsaunage continua à faire des désordres; des cavaliers le firent à force ouverte, st-sim. (87, 24». Il y avait plus de 60uo de cesfaux-saunlcrsqui faisaient le faux-saunage haut à la main, en Champagne et en Picardie, m. 620, (6(.
— ÊTYM. Voy. saunier.
t SAUNAISON (sô-nê-zon), ». f. Action de faire la sel. Il Temps de l'année pendant lequel on fait le sel. En Provence la saunaison commence au mois de mai. Il est occupé à la saunaison.
— ÉTYM. Sauner.
SAUNER (sô-né). || f T.n. Produire du sel. Les salins de Peccais pourront seuls sauner, demeurant tous les autres salins interdits, à cause des grands larcins qui se commettent dans les saunages. Bail Gautier, « mars (660. || Se déposer en sel. La table va sauner, se dit, dans les marais salants, du bassin qui va donner du sel. || 2" V. a. Mettre en production de sel. Les propriétaires des marais salants seront tenus de les entretenir et sauner suffisamment, Ordonn. sur le sel, de (680.
— ÉTYM. Voy. saunier.
SAUNERIE (s6-ne-rie), ». f. -Le lieu, les bâtiments, les puits, les fontaines et les instruments propres à la fabrique du sel. Ledit Boutet jouira de la grande saunerie de Salins, Bail Boutet, lett. pat. 27 juin (680.
— HIST. xrv" s. Marchans qui amèneront sel pour vendre à la saulnerie à Paris, Ordonn. des rois d« Fr. t. n, p. 373. .
— ÊTYM. Sauner.
SAUNIER (s6-nié ; l'r ne se lie jamais; au pluriel,.
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l'i se lie : des sA-nié-z actifs], t. m. |{ 1* Ouvrier qui
fait lo sel. || î' Colon partiaire cultivant les marais salants, Enquête $ur les sels, t. l", p. &to. Il 3° Celui qui débite, qui vend le sel. || Celui qui transporte du set, soit à dos de mulet, soit autrement, pour en trafiquer dans les campagnes où souvent on l'échange contre du grain. || Se faire payer comme un saunier, se disait autrefois pour : se faire payer comptant, à la rigueur. {| 4° Kauxsaunier, celui qui faisait la contrebande du sel entre les différentes provinces de France et le vendait en fraude. Les faux-sauniers à porte-col sans arme, condamnés pour la première fois en 200 livres d'amende, Ordonn. mai lo«o. Déjà il [Alberoni] faisait filer secrètement dans lo royaume quelques troupes déguisées en faux-sauniers, conduites par un nommé Colineri, volt. Louis IV, t.
— lliST. xui* s. Sauniers cl sauiiieres qui vendent sel à mines ou à buissiaus, à fcnestres ou à estai.... Liv. des met, 297.
— ÊTY.M. Provenç. satiner, salinier; espagn. îolinero; du lat. salinarius, de sal, sel.
SAUMP.IIE (sô-niè-r'), s. f. \\ !• Vaisseau, coffre, souvent pendu à la cheminée où l'on conserve le sel. Il î" Composition d'argile et de sel que l'on place dans les parcs à cerfs, daims et chevreuils.
— ÊTYM. Voy. SAUNIER.
t SAL'PE (sô-p'), s. f. Poisson de mer qui ressemble à la dorade.
— ETYM. Lat. salpa.
SACPIQUKT (sô-pi-kè; le i ne se lie pas), ». m. Sauce piquante, ragoût qui excite l'appétit. Ha Dieu ! pourquoi faut-il que mon esprit ne vaille Autant que cil [Homère] qui mit les souris en bataille. Oui sut à la grenouille apprendre son caquet. Ou que l'autre [Virgiledans le Jforeton] qui fit en vers un saupiquet? Régnier, Sot. vi.
— HIST. xrv* s. Le saupiquet pour connin ou pour oiseau de rivière, Jf^nagier,n,5. || iv* s. Ferme, duyt et rusé du stile, Esveillé comme un saupiquet, COQUILL. le Monologue de la botte de foin. |] ïV!" s. Je prie toutes les honnestcs dames qui liront dans ce chapitre aucuns contes, si par cas elles y passent dessus, me pardonner s'ils sont un peu gras en saupicquets, brant. Dames gai. t. i,
p. 296, dans LACURNE.
— ÊTYM. Set, et piquet : piquet, pointe de sel; provenç. espagn. et portug. salpicar.
SAUPOUDUÉ, ÉE (sô-pou-dré, drée), part, passé de saupoudrer. Poudré de sel. De la viande saupoudrée. Il Fig. et famil. Critique saupoudrée de quelques éloges, critique où l'on a mêlé quelques éloges. Cette pièce est saupoudrée de sel attique, le p. du CERCEAU, dans DESFONIAINES. Toutcelacstsaupoudré d'un petit vernis de pédantisme, M"* d'épinay, Mém. t. m, p. 213, dans pouoens.
SACPOCDKER (sô-pou-dré), «. o. jl !• Poudrer de sel. Il Fig. et familièrement. Le pâle jeune homme Jun poète romantique] commençait à sentir l'encens dont le baron avait habilement saupoudré son exorde, CR. de Bernard, la Chasse aux amants, § X. Il 2° Par extension, poudrer de farine, de poivre ou de toute autre poudre. Seize onces d'amidon saupoudraient seize onces de cheveux étrangers qui cachaient dans leur épaisseur le buste d'un petit homme, volt. Dict. phil. Blé, 4. Ilssaupoudrèrent une hostie de sublimé corrosif, id. Pol. et lég. Digression sur les sacrilèges. S'il me tombe entre les mains un poisson dont la chair est ferme, j'ai soin de le saupoudrer de fromage râpé et de l'arroser de vinaigre, BARTHÉL.Anoc/i. 26. || 3" Terme d'horticulture. Couvrir légèrement de fumier.
— HlST. XV" s. Du sel puis bien saupoudrer.... s. DEScn, Poésies mss. f 230. || xvi" s. L'un contre l'autre adonc se met en poinct. Ses mains saupoudre, et d'huile son corps oingt, amyot. Pompée, 77. Saupoudrer de sel fort menu, paré, xvm, 47. I';lle3 [les femmes romaines] se saulpoudroient de quelque pouldre pour reprimer les sueurs, mont, i, 374.
— ÊTYM. Génev. saupoudrer; de sel, el poudre. SAUR (sor), adj. m. Voy. saure.
SAURAGE (so-ra-j'), i. m. Terme de fauconnerie. Première année d'un oiseau avant qu'il ait mué.
— ETYM. Soure.
SACRE (so-r'), adj. \\ 1° D'une couleur jaune qui tire sur le brun; ne se dit guère qu'en parlant des chevaux. Un cheval saure. || 2° Hareng saure ou saur, le hareng salé, séché à la fumée. || On dit aussi hareng sauret. 1| Un homme, une femme maigre comme un hareng saur, un homme, une femme très-maigre. ||3" En fauconnerie, oiseau saure, celui qui, étant dans sa première année, n'a point perdu son premier pennage, qui est roux.
— HIST. zi* s. Li Harganices sist sur un ceval sor, Ck. de Roi. cxun. || xiii* s. Ricbece ot sus ses tresses sores Ung cercle d'or... la Rose, Ui9l. Il XV* s. Le visnige est de belle forme en toutes façons sur le clair brun, assez coulouré, et bien barbu et de poil brun sur le sor, Bouctq. ir, (. Sor est appelé i sa couleur sorette celui [faucon] qui a volé et prins devant qu'il ait mué, do Cànqb, saurus.
— ETYM. Prov. tour, tor; ital. tauro; bas-lat. saurus et sorius, origine incertaine. Diez le tire du néerlandais, joor, sec, prenant pour primitive l'acception de hareny laur, hareng desséché; mais cela est peu probable, les anciens textes étant relatifs non à la dessiccation, mais à la couleur. Uahn le tire du basque xuria, cUuria, blanc. On peut aussi songer au latin saurex ou torex, souris (une nuance prise pour une autre).
SAURÉ, ÉE (so-ré, rée), part, passé de saurer.
f SAURKL (sô-rèl), t. m. Nom vulgaire, sur les côtes de Picardie et de Normandie, du caranx trachurus, poisson.
SAURER (so-ré), V. a. Faire sécher à la fumée. Saurer des harengs.
— ÊTY,M. Saure; provenç. saurar. On disait aussi taurir au xvi* siècle.
SAURET (so-rè), adj. Le même que saure, dont il est un diminutif. Maigre comme un hareng sauret, très-maigre. De monsieur Rémond, voici le portrait ; Il a tout à fait l'air d'un hareng sauret [chanson faite sur un certain Rémond, qui disait avoir été formé par Ninon de l'Enclos]..., je suis hareng sauret comme M. Rémond; mais n'ayant pas été formé par Mlle de l'Enclos.... volt. Mél. litt. Mlle de l'Enclos.
SAURIENS (sô-rien), s. m. pi. Terme d'histoire naturelle. Deuxième ordre des reptiles, renfermant des animaux à peau grenue ou écailleuse, pourvus de deux et le plus souvent de quatre membres, et ayant le corps terminé par une queue allongée et quelquefois prenante. Le lézard, le crocodile , le caméléon sont les types les plus connus de cet ordre.
— ÊTYM. EaOoa, lézard.
t SAURLV (so-rin), s. m. Hareng saur, laite et nouveau.
fSAURIR (so-rir), v. a. || l'Saurir les harengs, les étendre sur des claies dans un lieu clos, et leur donner de la fumée de feuilles ou de tan. || 2* En Normandie, saurir un jambon, le fumer.
— ÊTYM. Le même que saurer.
f SAURIS (so-ri), s. m. Saumure de harengs, bouillie avec des laitances de ce poisson.
t SAURISSAGE (sô-ri-sa-j'), t. m. Action de saurir, de jaunir les harengs.
t SAURISSERIE (sô-ri-se-rie), I. f. Endroit où l'on saurit.
t SAURISSEUR (sô-ri-seur), ». m. Celui qui saurit les harengs.
t SAUROGRAPUIB (sô-ro-gra-fie), ». f. Traité ou description des lézards.
— ÊTYM. S«Opa, lézard, et -ypiçtiv, décrire.
t SAUROPIIAGE (sô-ro-fa-j'), adj. Terme de zoologie. Oui vit de lézards et autres reptiles.
— ÊTYM. ïaûpa, lézard, et çoYetv, manger.
t SAURURÉES (sô-ru-rée), s. f. pi. Famille de plantes dicotylédones, dont le type est le genre saururus, dit en français lézardelle, dont les chatons aigus ont été comparés à la queue d'un lézard ((Tciûpa, lézard, et oOpà, queue).
SAUSSAIE (sô-sê), ». f. Lieu planté de saules. La saussaie encor fraîche el de pluie arrosée, deulle, Hom. des ch. iv.
— HIST. xiY* s. La moitié de tous les aunois, sauchois.... du cange, saucetum. Delez une sausoie, Guescl. 177)0. || xv s. À Cenfort dis : jusqu'à demain Ne me laissiez, car je pourroye Me forvoier, pour tout certain Par desplaisir, vers la saussoye Où est vieillesse, ch. d'orl. Départie d'amour en bail. Il XVI* s. Qu'aux lieux plus bas soient les estangs, saussaies, peuplaies deserres, 16.
— ÊTYM. Berry, sauliaie, prononcé saulaie; bourguig, sôco ; provenç. sauzeda ; espagn. salceza ; du lat. salicetum (quicberat, Addenda) , de salix, saule.
t SACSSURITE (s6-su-ri-te), ». f. Terme de minéralogie. Matière minérale trouvée pour la première fois sur les bords du lac de Genève, et dite aussi lémanite, jade de Saussure.
SAUT (s6 ; le t ne se lie pas dans la conversation; au pluriel, 1'» se lie : des sô-z agile; au xvi* siècle, Paisgrave écrit saultz, mais prononce sauz), ». m. Il 1* Action de sauter, ou, en termes de phy-
siologie, mourement brusque par lequel un corps vivant se détache du soi, au moyen de l'eitensiun brusque d'une ou plusieurs parues de son corps préalablement fléchies. Ce cheval ne va que par sauts et par bonds. Le saut de la carpe. Le voyezvous, dit-il [Daniel), ce conquérant [AleiandrelT... semblable dans ses sauts hardis et dans sa légère démarche i ces animaux vigoureux et bondissants.... Boss. Louis d» Bourbon. Elle est vive et légère, elle aime à sauter; il danse avec elle et change ses sauts en pas, j. j. bouss. Èm. t. Lois galloises : DynwaI mesura toute l'Ile en partant de la longueur d'un grain d'orge : trois grains font un pouce; trois pouces, un palme; trois palmes, un pied ; il y a trois pieds dans un pas ; trois pas, dans un saut; trois sauts, dans un sillon; mille sillons forment un mille, miciielet, Ori'j;. du droit, p. lue. Il Saut de Leucade, voy. leucaoe. Il Franchir un fossé de plein saut, le franchir en un seul saut, sauter d'un bord à l'autre. {| En un saut, en trois sauts, en une course très-rapide. Dans trois sauts je suis hors du temple, J. J. Rouss. Èm. n. Il Par extension. Ne faire qu'un saut d'un endroit à un autre, se rendre d'un endroit en un autre avec une extrême promptitude. Nous avions si grand'peur d'arriver trop tard chez le vieux licencié, que nous ne Tunes qu'un saut du cul-de-sac à sa maison, lesace, Gil Bl. n, 4. Je ne fis qu'un saut de la chambre à la porte, mariv. Pays, parv, t" part. || Fig. Le reste [des sonnets], aussi peu lu que ceux de Pelletier, N'a fait de chez Sercy qu'un saut chez l'épicier, boil. Art p. n. Il Fig. N'aller que par sauts elpar bonds, parler avec une vivacité précipitée, sans ordre, ou agir avec précipitation, sans réflexion. Sa muse déréglée [d'un poêle sans art), en ses vers vagabonds, Ne s'élève jamais que par sauts et par bonds, BOii.. Art p. m. Ce style [biblique] ampoulé, incompréhensible, incohérent, qui va par sauts et par bonds, VOLT. Bibl. exp. llach." l' ig. et familièrement. Faire un grand saut, aller s'établir dans un endroit très-éloigné de celui où l'on était. || Faire un grand saut, se dit aussi quand un homme, d'un emploi petit ou médiocre, parvient tout d'un coup à un emploi important. || Fig. 11 y est monté d'un saut, d'un plein saut, il a été élevé i une place importante, à une haute dignité, sans passer par les degrés inférieurs. || On dit de même : De simple soldat il devint capitaine, d'un saut, d'un plein saut. Il 2° Terme de danse. Espèce de pas de ballet. Il Saut simple, action de s'élever en l'air. |{ Saut battu, se dit quelquefois de l'entrechat. H Saut de Basque, saut pendant lequel on tourne sur soimême. Il 3° Saut périlleux, celui qu'exécutent les danseurs de corde quand leur corps fait un tour entier en l'air, ainsi dit parce qu'il est difficile et dangereux. J'ai été à la messe à Saint-Victor avec l'évêque; de là par mer voir la Réale, et l'exercice et toutes les banderoles, et des coups de canon, et des sauts périlleux d'un Turc, sÉv. 458. || Par extension. Saut périlleux, chute périlleuse. Les chevaux, ayant pris le mors aux dents, entraînaient la belle dans un précipice; son nouvel amant.... coupa les traits avec une adresse merveilleuse; les six chevaux blancs firent seuls le saut périlleux, volt. CrocheJeur borgne. \\ Fig. Saut périlleux, résolution, action hasardée. C'est demain que je fais le saut périlleux [Henri IV à Ga brielle d'Estrées, sur son abjuration], volt. Uœurt 174. Il Saut de carpe, certain sautqueles baladin exécutent à plat ventre, en s'élevant horizontale ment. |) Saut de mouton, jeu d'adolescents, où, après avoir pris son élan, en appuyant les mains sur les épaules d'un camarade, on saule par-dessus sa tête qu'il a baissée d'avance. || 4* Terme de manège. Saut de mouton, saut capricieux par lequel un cheval, en s'enlevant, baisse la tête, voûte l'épine dorsale, ramène les extrémités sous le ventre, et se jette de côté de manière souvent à désarçonner son cavalier. Il Saut de pie, petit mouvement du cheval, que l'on regarde ordinairement comme un signe de faiblesse. || Pas et le saut, air relevé qui s'exécute en trois temps: premier temps, un galop raccourci ; second, une courbette ; troisième, une cabriole, et ainsi alternativement. || Donner un saut à la gourmette, voy. gourmette. || B* Chute d'un haut lieu comparée à un saut. Le sautétait d.ingereui. Tomber d'un deuxième étage esiun terrible saut. Le roi [père de Frédéric H] crut d'abord que la princesse Guillemine sa fille était du complot.... il la jeta à coups de pieds par une fenêtre qui s'ouvrait jusqu'au plancher; la reine mère, qui se trouva i cette expédition dans le temps que Guil-
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Irmine allait faire le saut, la retint par ses jupons, tOLi. mémoires. || Faire le saut en l'air, être pendu. Il Fig. et familièrement. Faire ou franchir le saut, prendre une résolution qui coûte, où il y a de la difficulté, du péril. Antiochus était à Éphèse, non encore bien résolu à la guerre contre les Romains; sa venue [d'Annibal] lui fit franchir le saut, mal». le xxxiir livre de Tile Live, ch. 48. Est-ce là l'hérésie des jansénistes, de nier qu'i chaque fois qu'on fait un péché, il vient un remords troubler la conscience, malgré lequel on ne laisse pas de franchir le saut et de passer outre, comme dit le P. Bauny, PASC. Prov. iv. De là je vais à Port-Royal; j'y trouve un certain grand solitaire que vous connaissez, qui commence par me dire:» Eh bien I ce pauvre oison a signé [le formulaire]; enfin Dieu l'a abandonnée, elle a fait le saut •, sÉv. à M. de Pompone, 20 nov. «604. || Faire le saut, signifie aussi succomber, ne pas résister. Son honneur a fait le saut. Le pauvre diable en a tout autant qu'il enfaut. Et toute sa morale a, parbleu, fait le saut, REGNARD, DéiTiocrite, II, 8. Il On dit dans un sens analogue qu'une terre a fait le saut, quand elle a été vendue pour payer des dettes. Sur mon honneur, la terre a fait le saut ; Et cette maison-ci sera bientôt vendue, destouch. Dissip. n,2. |l Fig. Faire faire le saut à quelqu'un, lui faire perdre son emploi. Il Saut de Breton, le saut, la chute d'un homme qu'on fait tomber par un certain tour de lutte (les Bretons étaient et sont encore renommés pour la lutte). || 6° Au saut du lit, au moment qu'on se lève. Le fameux duc do Valstein que l'empereur Ferdinand fit si proprement tuer au saut du lit par quatre honnêtes Irlandais, volt. Lett. au roi de Prusse, 2 septembre (742. jj 7° Terme de musique. Passage d'un son à un autre par degrés disjoints. Il Sautrégulier, celui qui se fait sur un intervalle consonnant, par opposition au saut irrégulier qui se fait sur un intervalle dissonant. Il 8° Fig. Interruption dans la marche continue et graduelle des phénomènes. Les grands principes [de Leibnitz] étaient que rien n'existe ou ne se fait ■ans une raison suffisante ; que les changements ne se font point brusquement et par sauts, mais par degrés et par nuances, comme dans des suites de nombres ou dans des courbes, fonten. Leibnitx. On commence, je crois, à comprendre comment l'analogie nous conduit de proche en proche; on le comprendra mieux encore dans la suite, et on sera bien convaincu qu'il n'y a point de saut dans l'esprit humain, condil Lang. cale, n, 3. ||Saut dans le raisonnement, espèce de sophisme qui consiste à sous-entendre une des prémisses, quand cette prémisse est fort contestable. L'auteur demande qu'on passe, pourainsi dire, d'un seul saut par dessus toute la doctrine luthérienne sur la justification, et il prétend que cela se peut, sans blesser les principes les uns des autres, boss. Projet de réunion, Réfl. sur l'écrit de Uolanus, n, vi, ). Il 9° Chute d'eau, au courant d'une rivière. Le fameux saut de Niagara, qui, par sa hauteur, sa largeur, sa forme et par la quantité et l'impétuosité de ses eaux, passe avec raison pour la plus étonnante cataracte du monde, ratnal, Hist. phil. xri, <3. Il Saut de moulin, chute d'eau qui fait aller un moulin. || 10 Terme de haras. Action de l'étalon qui saillit une jument. L'étalon a donné trois sauts à la jument. |l 11° Saut de loup, fossé assez large pour n'être pas franchi par un loup, et qu'on creuse au bout des allées d'un parc pour les fermer sans ôter la vue de la campagne. || là°Terme de marine. Choc, en parlant d'un cordage qu'on Teut filer ou mollir un peu. || 13° De plein saut, Joe. adv. Tout i coup, sans intermédiaire. Ce n'est mon goût; je ne veux de plein saut Prendre la ville, aimant mieux l'escalade, la font. Fer. D'Aquin avait un fils abbé, pour lequel il osa demander Tours ae plein saut, ST-sm. U, <56. U Brusquement.... de grâce. Ralentissez un peu cette amoureuse audace ; X vous voir on vous croit partir pour un assaut; Et chez les gens tinsl s'en va-t-on de plein sautT rbgnard, le DUtr. I, «.
— HiST. xr s. [Un chien) Que vint 1 Caries les galop» et les lalz, Ch. de Roi. vn, \\ xm* s. Il [Us Bénétriers] fesoient trois merveilleus sauts; car en leur metoit une touaille desous les piez et tournoient tout en esUnt (debout), joinv. 269. Se Re- ^art sot onques barat, Il lor fera, queque il tarde Tel saut dont ne se prendront garde, Ren. (saoe! Ce dit Renart li desloiaux; Atant s'en tome les graoz saux, ib. (8«2. Plut que roussin qui est en ' saut [en rut], Fabliaux mst. p. (4), dans lacurne.
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Il nv* 8. Li uns [amant], en son désir venant. De hardi cuer son convenant [intention] Dist à sa dame de plain saut, j. de condé, t. n, p. 298. || xv° s. Que je li donnasse de sault [tout d'un coup, de plein saut] L'amour de moi sans autre assaut.... fhoiss. Poésies mss. p. 401, dans lacuhne. Jean, Jean, venez par ces fenestres parler à nous, et nous vous recueillerons; faites le beau saut, .... il vous couvicnt faire ce saut, id. n, 11, 95. Elle ne fitqu'unsaut jusquesdans sa chambre, Loms xi, Nouv. xxxv. {| xvi° s. Mon beau printemps et mon esté Ont fait le saut par la fenestre,MAROT,iii, (38. Le saultn'est passi lourd du mal estre au non estre, comme.... mont, i, 82. Ils cherchent à se recommander par des saults périlleux, ID. n, 104. Au sault du lict, lo. rv, 262. Sa très-puissante main [de Dieu] est aussy preste de nous ruer de hault en bas, comme elle a esté de nous enlever de bas en hault, et de tant plus hault nous fera prendre le sault-brissault plus lourd, BONiVARD, Cliron. de Genève, m, t. Contemplons donc, Thiard, cestc grand voûte ronde; Mais ne tenons les yeux si attachez en haut, Que, pour ne les baisser quelquefois vers la terre. Nous soyons en danger, par le hurt d'une pierre. De nous blesser le pied ou de prendre le saut [tomber], DU BELLAY, p. 419, dans LACURNE. Les pechez sus-mentionnez sont les vrayes causes, qui la préparent [la France] à prendre un grand saut [faire unogrande chute), LANGUE, (7. C'est trop présumer de penser d'un plein saut emporter ceste superbe cité, ID. 432. Pour empeschcr de.faire le saut de la messe à ceux qui balançoient encores, d'aub. Ilist. n, 62. Jamais nul ne luy put tenir pied [au roi Henri II] que feu M. de Bonnivet, et principalement au plein saut; car c'estoit toujours vingt trois ou vingt quatre grands pieds ou semelles; mais c'estoit à franchir un grand fossé plein d'eau où il se plaisoit le plus, brant. Capit. franc, t. n,
p. 60, dans LACURNE.
— ÉTYM. Provenç. saut; catal. soit; espagn. et ital. salto; du lat. saltus, desalire, sauter, monter; comparez le grec S>,),£(rOai, sauter, sanscr. sar, aller.
t SAUTAGE {sô-ta-j'), s. m. \\ 1° Action de fouler les harengs dans la caque, les poissons paqués dans les barils. || 2° Action de faire sauter. Le sautage des mines. Presse scient. (865, t. ii, p. 250.
t SAUTANT, ANTE (sô-tan, tan-t'), adj. Terme de blason. Se dit du bouc et de la chèvre, lorsqu'ils sont représentés debout.
SAUTE (sô-t'), s. f. Terme de marine, employé seulement dans cette locution : Saute de vent, déplacement inattendu du vent, qui, de la direction dans laquelle il était établi, passe subitement dans une autre. Les vents sautèrent du sud au nord avec assez de violence, sans que cette saute de vent eiit été annoncée par aucun nuage, LAPÉROUSE, Voy. t. Il, p. 389, dans pougens.
— £tvm. Substantif verbal de sauter.
SAUTI5, ÉE (sô-té, tée), part, passé de sauter.
Il 1° Franchi par un saut. Un fossé sauté à pieds joints. Il Terme de danse. Le sauté, l'action de s'élancer en l'air. || 2° Par-dessus quoi on a passé. Une page sautée. Dans cette science [la métaphysique], comme dans celle du calcul, lo moindre chaînon sauté détruit toute la liaison qui conduit à l'évidence, STAËL, Allemagne, in, (. {[ 3° Terme de cuisine. Rognons sautés au vin de Champagne. Il S. m. Un sauté, manière de cuire les viandes tendres telles que lapin, foie de veau, filet. On les coupe en petits morceaux minces, on les met sur un feu ardent avec du beurre tiédi, une fois les morceaux raidis des deux côtés tout en les sautant, et fermes sous le doigt, on jette une sauce dessus au moment de servir. Un sauté de chevreuil.
t SAUTE-EN-BARQCE (sô-tan-bar-k'), t. m.
Il 1° Ancienne sorte do vêtement. Quinze cents cabans de Salonique, savoir cinq cents des grands, qui valent de (( à (2 piastres, et même (4 avec la pluche ; cinq cents »aute-en-barques à 6 piastres, et autant de petits saute-en-barques sans manches, en forme do camisoles, de 2 piastres à 2 J la pièce, peyssonnel. Traité sur le commerce de la mer Noire, n, 57. || 2° Aujourd'hui, grosse veste à l'usage des canotiers de la Seine. || Nom donné actuellement à un petit manteau à manches assez court, que portent les femmes.
— ÉTVM. Sauter, en, et barque.
t SAUTE-EN-BAS (sô-tan-bà), t.m. Sorte de veste dont on se sert quand on va en partie de bateau, de cheval, etc.
I — fiTYM. Soûler, «n, bat.
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SAUTELLE (sô-tè-l'), s. f. Sarment que l'on couche en terre pour garnir une place vide ; elle diffère du provin en ce que celui-ci est constitué par le marcottage de tous les sarments d''un cet» ou de plusieurs d'entre eux, tandis que la sautelle résulte du marcottage d'un seul sarment.
— HIST. xvi* s. Plus profitent les chevelues, ou sautcUes dites aussi margotes, que les maillots ou crocetes, pour l'avantage des racines qu'elles ont, 0. de serres, (60.
— ÊTYM. Sauter.
SAUTER (sô-té), ». n. || 1° S'élever de terre avec effort, faire un saut. Sauter en croupe. Sauter de joie. Sauter à cloche-pied, à pieds joints. Il a fait à la fin comme un homme qui se jetterait dans un précipice pour acquérir la réputation de bien sauter, balz. lett. (4, liv. I. Pourquoi, montagnes, avez-vous sauté comme des béliers; et vous, collines, comme les agneaux des brebis T saci. Bible, Psaum. cxni, 6. La penaille, ensemble enfermée. Fut en peu d'heure consumée. Les maris sautant à l'entour, la font. Cordel. On dit.... que ton corps goutteux, plein d'une ardeur guerrière. Pour sauter au plancher fit deux pas en arrière, boil. Lutr. i. Eh quoi? monsieur, tout seul vous sautez de la sorte, regnard, Joueur, rv, ((. Ohl la prairie I que j'y sauterai de bon cœurl... ah 1 j'oubliais de vous dire, il est défendu de sauter aux Tuileries, genus, Thédt. d'éduc. la Colombe, se. 3. Ils courent sur un sable profond, lancent des javelots, sautent au delà d'un fossé ou d'une borne, tenantdans leurs mains des masses de plomb, bar- THÉL. Ànach. ch. 26 Nous promettons, pour cette grâce. De sauter pour les gens en place, béhang. Requête des chiens. \\ Fig. Le cœur sautant de joie et triste d'apparence, régnier, SoJ.vm. || Sauter en selle, monter sur un cheval sans mettre le pied à l'étrier. || Sauter à bas de son lit, descendre de dessus son lit avec vivacité. J'ai beau sauter du lit plein de trouble et d'effroi, boil. Sat. vi. || Fig. Sauter par-dessus quelque objet ne pas s'embarrasser des obstacles. Vous sautiez ainsi pardessus les hommes que vous ne connaissiez pas, pour aller aux génies, font. Dial. 2, Uorts mod. Il Fig. Sauter à pieds joints par -dessus une chose, voy. JOINT l, n°(.||Fig. Sauter aux nues, voy. NUE, n° 4. Il Sauter au plancher, s'impatienter, s'irriter. Il sauta au plancher quand on lui fit la proposition. Vous me feriez sauter au plancher. Il Fig. Il recule pour mieux sauter, voy. reculer (, n° ((. Il Au propre, reculer pour mieux sauter, tomber plus tard, mais n'en tomber pas moins. C'eût été reculer pour mieux sauter, si l'Olive ne l'eût pas retenu par ses chausses, scahr. Tiom. corn, ii, 7. ||2' Terme de manège. Sauter entre les piliers, se dit du cheval qui fait des sauts sans avancer ni reculer, étant attaché aux deux piliers du manège. || On dit de même : sauter de ferme à ferme. || Sauter en liberté, se dit du cheval à qui l'on a appris à faire le pas et le saut. Il 3° Terme d'escrime. Se dit des personnes qui, dans le développement, levant le pied trop haut, décrivent un cercle et non une ligne droite. Il 4° S'élancer d'un lieu à un autre. L'écureuil saute de branche en branche. Un troisième laquais.... ne manqua pas de dire à son maître qu'il venait de voir sauter un homme de la muraille du jardin dans la rue, scarr. Rom. com. I, (&. En disant ces paroles, il [l'ambassadeur de France] donna la main au roi [Charles XII allant contre les Danois], qui sauta dans la chaloupe où le comte de Piper et l'ambassadeur entrèrent, volt. Charlet XII, 2. Nous sautâmes sur le rivage, et l'on mit le navire à sec, barthél. Anach. ch. "3. || Familièrement. Faire sauter quelqu'un par la fenêtre, le jeter par la fenêtre. Jamais ces faux amis ne deviendraient nos maîtres; Et je les ferais tous sauter par les fenêtres, destouch. Dissip. i, (.|| Terme de Hiarine. Sauter à l'abordage, passer sur un bâtiment ennemi pour s'y battre corps à coq)s. || Fig. et familièrement. Sauter de branche en branche, passer brusquement et sans liaison d'un sujet à un autre. |{ 6° S'élancer vivement pour saisir quelqu'un ou quelque chose. Sauter au collet, à la gorge, au visage de quelqu'un. Il sauta à ses pistolets pour se défendre. Il a sauté sur lui pour le frapper. || Sauter au cou de quelqu'un, l'embrasser avec empressement. Candide et Cacambo sautèrent au cou de Sa Majesté, qui les reçut avec toute la grâce imaginable, volt. Candide, (8. Il Sauter aux yeux de quelqu'un, se jeter sur lui pour le battre. Elle lui sauta aux yeux, furieuse comme une Uonne à qui l'on a ravi se»
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petits, SCARR. Rom. com. n, 7. || Fig. Sauter aux yeux, frapper la vue tout d'un coup et sans peine. Dans cette disposition, son nom me sauta aux yeux en ouvrant votre lettre, sÉv. '> février t89ii. Faites-vous envoyer les Fables de la Fontaine ; elles sont divines ; on croit d'abord en distinguer quelques-unes, et, à force de les relire, on les trouve toutes bonnes.... mandez-m'en votre avis et le nom de celles qui vous auront sauté aux yeui les premières, m. 20 juill. «079. || Sauter aux yeux, être manifeste, évident. Je n'ai attrapé de leur manière de réciter que ce qui m'a d'abord sauté aux yeux, mol. l'Impromptu, i. Son impertinente vanité, qui d'abord vous sautera aux yeux, BOURSAULT, Lelt. nouv. t. n, p. t75. J'y ferai des portraits qui sauteront aux yeux, ohes- SET, le lléch. n, 3. Pour peu qu'on réfléchisse, l'impossibilité saute aux yeux [d'une lettre imputée à Voltaire] ; d'ailleurs je suis accoutumé à la calomnie, volt. Lett. d'Argental, io oct. 4702. Une évidence qui saute aux yeux, 1. 3. houss. ^in. n. Il 6° 11 se dit des choses qui éprouvent un mouvement comparé à un saut. Le bouchon sauta en l'air. Un jour il lui fit sauter un bouton de son pourpoint en lui disant : M. le cardinal vous fera sauter quand il voudra, comme je fais sauter ce bouton, RETZ, Mém. t. n, liv. m, p. 354, dans pougens. Il Faire sauter un œil hors de la tête, porter un coup qui fait sortir l'oeil hors de la tête. || Faire sauter la tête à quelqu'un, le décapiter. || Terme de jeu de billard. Faire sauter une bille, la faire tomber, en jouant, hors de la table du billard, et aussi lui faire faire un saut sur le billard et même par-dessus une autre bille. || La bille a sauté, elle est tombée hors de la table da billard. ]| Faire sauter la coupe, rétablir avec dextérité un jeu de cartes dans l'état où il était avant qu'on eût coupé. Il Fig. et familièrement. Faire sauter les bouteilles, boire beaucoup. || 7° Terme de marine. Faire une saute. Les vents ayant sauté à l'estsud-est dans l'après-midi, lapéhouse, Voy. t. 11, p. 33B, dans pouGENS. || Sauter sur la lame, se dit d'un navire qui fait des tangages courts et fréquents. Il 8° Faire sauter, communiquer un mouvement en haut, comparé à un saut. Ils [les gens qui me bernaient] recommencèrent à me faire sauter mieux que devant, voit. Lett. 0. || Fig. et familièrement. Faire sauter quelqu'un, lui faire perdre son emploi. {| Faire sauter signifie aussi se débarrasser de. Pour la vieille qui l'a attiré chez elle, et la jeune dont il a la tête tournée, il y a beaux jours que j'aurais fait sauter tout cela, Di- DEH. Père de famille, ni, 7. || Faire sauter la charge, la terre de quelqu'un, le forcer à la vendre par voie de justice. ||0n dit de même : Cette folie lui colite cher; sa place en a sauté. || 9° Voler en îclats, faire explosion. Le bâtiment, la poudrière a sauté. Les troupes du roi donnèrent à M. le Prince le temps de faire sauter la tour de Tonnay- Charente, la rochefouc. Uém. 202. Insolence des bourgeois d'Anvers, qui, dans un feu d'artifice, représentèrent le Grand Turc, un prince de l'Europe et le diable, ligués tous trois, qu'on faisait sauter en l'air, racine, Fragm. hist. Il [Mortier] avait ordre de défendre le Kremlin, puis, en se retirant, de le faire sauter et d'incendier les restes de la ville, SÉGUR, Hist. de Nap. a, 6. || Se faire sauter, provoquer une explosion qui tue. C'est un vrai miracle que Rouelle [le chimiste], faisant ses essais presque toujours seul, parce qu'il voulait dérober ses arcanes.... ne se soit pas fait sauter en l'air par ses inadvertances continuelles, grimm, Cotresp. t. I, p. 249. Il Particulièrement, se faire sauter, faire sauter son vaisseau. || Faire sauter la cervelle à quelqu'un, lui casser la tête d'un couf^ de pistolet. || Par exagération. L'autre qui depuis trois heures éternue à se faire sauter le crâne et jaillir la cervelle, beaumarch. Barb. de Sév. m, 6. Il Faire sauter un mauvais lieu, une maison de jeu, fermer un mauvais lieu, une maison de jeu. Il 10° Se déplacer rapidement, passer brusquement d'un lieu à un autre. Je ne voulais pas qu'elles [les Précieuses ridicules] sautassent du théâtre Bourbon dans la galerie du Palais, mol. Préc. préf. Rien n'est si plaisant que la promptitude de ce changement de climat, qui le fait sauter [le duc do Chaulnes] d'Auray à deux lieues de Grignan, sÉv. 4 sept. «68». || 11" Aller rapidement d'un endroit d'un livre, d'un discours à un autre. Je regardai de loin, à mesure que je la lisais [une lettre], s'il n'y avait rien dedans qui fiit janséniste ; je vis vers la fin le nom de M. Nicole, et ie sautai bravement, ou, pour mieux dire, lâche-
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ment par-dessus, rac. Lett. «5 à BoiUau. Le jeune homme, frappé de l'objet qu'on lui présente, s'en occupe uniquement, et saute i pieds joints pardessus vos discours préliminaires, J. J. HOUSS. Conf. V. Sautez tout de suite aux vingt dernières pages de Clarisse, dider. Élog. de Riehardton. Au reste, si mes notices ne conviennent pas à quelques lecteurs, je leur dirai : Sautez par-dessus, A. DUVAL, le Vieil amateur. Notice. \\ 12° Passer subitement d'une chose i une autre qui est toute difl'érente. Qu'il [Montaigne] l'évitait [le défaut de méthode] en sautant de sujet en sujet, qu'il cherchait le bon air, pasc. Peut, n, 33, édit. havet. 1 13* Terme do musique. Passer brusquement d'un ton, d'une clef à une autre. Lorsqu'il est question de sauter d'une clef à l'autre, j. j. rouss. Ditsnt. sur la mus. mod. || Sauter d une octave, octavier. Il Faire sauter le ton, forcer l'air dans le tuyau d'un instrument à vent et faire résonner ainsi une des harmoniques du ton. || Sauter d'une partie à une autre, se dit quand on chante sur la partition et qu'on veut exécuter deux ou plusieurs parties qui se succèdent. || 14* Parvenir à une place élevée sans passer par les degrés intermédiaires. Il a sauté du grade de capitaine à celui de colonel. Cet écolier a sauté de la troisième en rhétorique. Ce qui devait réjouir l'âme d'un paysan de mon âge qui, presque au sortir de la charrue, pouvait sauter tout d'un coup au rang honorable de bon bourgeois de Paris, mariv. Pays. pari). 2* part. Il 15" Fig. Être dépensé, être perdu. Il en colite trop cher, voilà plus de dix écus qui sautent à l'achat de ce batelet, Corresp. du gén. Klinglin, l, 2B8. La maison sauterait plutôt que j'en sortisse, colun d'harlev. Yieux célib. n, 6.
Faire sauter, dépenser en prodigue. Des chevaux, des valets, une bonne cavel comme je ferais sauter tout celai picard, les Deux Philiberts, n, <t. Il Aux jeux de hasard, faire sauter la banque, gagner tout l'argent du banquier. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir. Cependant la Fontaine l'a conjugué avec le verbe être; ce qui n'est plus usité : ....sa joie amoureuse N'ose éclater; soyez sûr qu'à mon cou. Si j'étais seul, elle serait sautée, la font. Calend. \\ 16° V. a. Franchir. Sauter un fossé. Je saute vingt ruisseaux, j'esquive, je me pousse, doil. Sat. vi. ||Fig. et familièrement. Sauter le pas, le fossé, prendre une résolution extrême, hasardeuse. Il faudra que tu dises que c'est Nicolette qui t'y a fait entrer, et que tu as promis de l'épouser; si l'on veut t'obligcr à tenir la parole, tu sauteras le fossé, lesage, Cuim. d'Àlf. m, <<. Il Fig. Sauter le bâton, faire quelque chose qu'on ne voulait pas faire, le faire malgré soi. Mon cher maître, je crois qu'il faudra que je saute le bâton, mariï. Surpr. de l'amour, n, 5. || 17" Fig. Omettre, passer quelque chose en lisant ou en copiant. Je saute vingt feuillets pour en trouver la fin [d'une description], boil. Art p. i. Comment compter cette la Varenne parmi les seize quartiers à prouver? comment la sauter? st-sim. 76, 235. J'ai fini Cléopatre ; j'en ai sauté les deux tiers. M"' DU deffant, Lett. à H. Walpole, t. m, p. 33, dans POUGENS. Il 18° Familièrement. Faire sauter. Sauter un enfant au maillot. Ensuite, il ouvre une fenêtre, il prend son coussin, il le saute et le baise, dider. Lett. à Riccoboni. || 19° Terme de cuisine. Sauter ou faire sauter, mettre dans une casserole plate à grand feu pour faire cuire rapidement une viande tendre et l'apprêter bonne à manger en très-peu de temps. Sauter un lapin. Sauter des filets. || 20° Presser le poisson dans les barils en montant dessus. || 21* Terme de haras. Couvrir une jument, en parlant de l'étalon. Cet étalon a sauté tant de juments.
— HIST. XV' s. Les gens du roy Charles sautèrent sur eux par nuit et les ruèrent jus, ienin, (4)7. Et ne vites-vous pas, ce dit Orton, quand vous saulsistes hors de vostre lit, aucune chose? froiss. n, m, 22. Il XVI' s. Onrecullepour mieulx saulter, ma- HOT, n. IM. Ce chariot par le ciel haut et large Saute et ressaute, et l'air le pousse et guide, ro. iv. 65. Les Flamens, qui nousaimoyent, et lesquels on a contrains de nous haïr, de quelle allégresse nous sauteroyent-ils à dos? langue, 24. Nous avons fait sauter nos loix par la fenestre, pource qu'elles par-
loyent trop haut, m. <64 Qu'on avoit quitté
les Tourelles exprès, les ayant rempli de poudre pour les faire sauter, id. 602. Et si nous avons affaire à gens qui n'ayent pas le courage de fouiller l'équipage, nous faisons sauter [nous volons] ce que nous pouvons, d'aub. F.rn. m, i. Fervaques fit donner son guidon, qui sauta la muraille, m.
SAU
Hxtt. n, 423. Lors il luy saulta au col et la baisa, AMY0T, Anton. 4 4. Aussitost prest qu'un chien auroit sauté un escalier, cotorave.
— ETVM. Wallon, tdtU; provenç. Mutar; esp. saltar ; iul. taltare; du lat. laltare, dénominatU de laltum, supin de talire (roy. sailur).
4. SACIEBEAU (sô-te-rô), ». m. Petit morceau do buis qui remue et fait sonner la corde d'ur clavecin, d'une épinette, par le moyen d'un peti bout de plume qu'on met dans la languette.
— ÊTVM. Sauver.
t 2. SAUTKREAD (s«-te-rô), t. m. Ancienne bouche à feu légère, non renforcée à la culasse.
— HIST. xvi' s. Un canon de baterie léger, et de ceux qu'on appelle sautereaux, d'aub. Hitt. III, 21.
SAUTERELLF. (sô-te-rè-l'), ». f. || 1° Insecte ail* du genre locuste qui s'avance en sautant, famille des orthoptères sauteurs. Depuis BaWel-Mandeb jusqu'à Bara, on enfile les sauterell» pour les porter au marché, buff. Suppl. à l'hisi. nat. Œuv. t. XI, p. 262. Il 2° Abusivement, il se dit pour le criquet {voy. criquet, 4) qui est un insecte déva»tateur. Le matin, ce vent brûlant fil élever le» sauterelles, SAa, Bible, Exode, x, 4 3. L'excommunication des sauterelles et des insectes nuisibles aux moissons a été très en usage, et subsiste encore dans plusieurs rituels ; l'usage est passé, on laisse en paix Aristoté, les sorciers et les sauterelles, VOLT. Pol. et lég. Traité sur la tolér. comment elle peut être admise. || 8° Sauterelle de mer, la squille mante. |{ Il se dit aussi de la crevette. || 4° Synonyme de fausse équerre, voy. ÉQUERRE, n° 2. Il 6° Terme de serrurier. Branche de bascule droite. || 6° Terme rural. Partie de la marcotte qui est hors de terre et qui tient à la main. || 7° Nom donné à de petits mécanismes que l'on peut faire sauter sur-le-champ, et qui servent à rattacher les barres de séparation dans les écuries et étables aux cordes qui les soutiennent. Il 8° Synonyme de sauteroUe.
— HIST. III' s. Il duna à mil [rouille] le fruit d'els, et les lur travalz à salterele. Liber psalm. p. 4 09. Ilxiv s. Yraignes, sautereaux, papillons, ifénagier, 11, 6. ||ivi« s. Les sauterelles nobles du pays broutent ceux du tiers estât, mcsme le pauvre laboureur, froumenteau. Finances, m, p 276. Soudain que le niveau eut fini son propos, voicy la sauterelle [fausse équerre] qui s'esleve en disant : ....je fay des actes que nul ne sauroit faire, et je vous demande, sçauriez-vousconduire un bastiment en une place biaise ? palissy, 92.
— ÊTYM. Berry, sauteriau ; provenç. sautarella ; de sauter. Dans le xv siècle sauterelle signifiait aussi une sorte de danse.
t SAUTERIE (sô-te-rie), î. f. Action de sauter, petits sauts répétés. || Petite soirée dansante, sans apprêt et sans façon. Venez ce soir, ce n'est pas un bal, c'est une sauterie.
— HIST. zn' s. Inventions de supplices que je n'avois jamais oui, et surtout les sauteries de Mascon, d'aub. Hist. 1, (BB.
— ÊTYM. Sauter.
f SAUTERNE (so-tèr-n'), t. m. Vin blanc renommé du Bordelais.
t SAUTEROrXE (sô-te-ro-1') ou SAUTERELLB (sô-te-rè-l'), s. f. Sorte de piège pour les petits oiseaux. On les prend aussi [les rouges-gorges] à la rive du bois sur des perches garnies de lacets ou de gluaux ; mais les rejets ou sauterelles fournissent une chasse plus sûre et plus abondante, BUFF. Ois. t. IX, p. 294.
— f.TYM. Sauter, la sauterolle faisant ressort.
t SAUTE-RUISSEAU (s')-te-rui-sô), ». m. Petit clerc chargé des courses dans une étude.
SAUTEUR, EUSE (sô-teur, teù-z'), ». m. et f. 111" Celui,. celle qui saute, dont la profession est de faire des sauts et des tours de force. || Vous êtes un habile sauteur, se dit pour se moquer d'un hâbleur qui se vante. || Fig. et familièrement. C'est un sauteur, c'est un homme sans consistance, sans caractère. Il 2° Cheval de manège dressé à sauter, et qu'on fait monter aux personnes qui apprennent l'oquitation. Le sauteur entre les piliers ou dans les piliers, et le sauteur en liberté. || 8° Tonnelier qui arrange le poisson dans les barils. || 4° Sauteur de rocher, nom donné à une espèce d'antilope. Il 5° S. f. Sauteuse^ nom d'une sorte de danse, d'une sorte de valse. || 6° Adj. Se dit des animaux dont la progression s'effectue par sauts. Les faux pucerons du buis se transforment en moucherons qu'on nomme sauteurs, parce qu'ils sautent comme les puces, bonnet, Observ. puceron*.
SAU
— HIST. XYï's. Un cheval grand saulteur, d-aub. Mém. tbSH.
-Ktym. Sauter; wallon, talleu.
f SAUTILLAGE (sô-ti-lla-j', Il mouillées), ». m. Action de sautiller, de sauter & petits sauts. Gâter une dansa par le sautillage.
SAUTILLANT, ANTE(sô-li-llan, llan-t', ti mouillées, et non s6-li-yan), adj. Qui sautille, qui ne fait que sautiller. Des enfants sautillants. || Fig. Une sorte de modulation qui fait que le discours n'a rien de dur ni de lâche, rien de trop long ni de trop court, rien de pesant ni de sautillant, d'olivet, Prot. franc, v, 2. 11 [l'auteur de l'A B C] trouve Fénelon trop languissant, et Montesquieu trop sautillant, VOLT. Lett. Saurin, 28 déc. <708. Par là TOUS voyez que sa conduite doit être inégale etsautillante, quelques instants impétueuse et presque toujours molle ou nulle, J. J. nouss. Dial. ii. L'abbé léger, l'auguste prélat, l'officier sautillant, GRIMM, Corresp. t. ii, p. <fi2. L'anapeste, alors assujetti par la gravité du spondée, n'est plus que coulant et rapide, et cesse d'être sautillant, hahmontël, (Eut), t. V, p. 2)8.
SAUTILLEMKNT (sô-ti-lle-man , Il mouillées, et non s6-ti-ye-man), s. m. Action de sautiller.
— HIST. ïvi" s. Il sort de l'artère un sang subtil..., avec pulsation et sautellement, paré, xi, <.
— ÊTYM. Sautiller.
SAUTILLER (sô-ti-llé; Il mouillées, et non s6-tiyé), V. n. Il 1° Faire de petits sauts; s'avancer par petits bonds. Il fait trois serpents de deux coups, ....L'insecte, sautillant, cherche à se réunir, la FONT. Fabl. VI, )3. Le moineau a le vol pesant et toujours assez court; il ne peut aussi marcher qu'en sautillant assez lentement et de mauvaise grâce, BUFF. Ois. t. vi, p. 230. || Par extension. Mon cœur à les imiter Aussi s'empresse. Et je le sens sauter, Sautiller sans cesse, favart, Kinette, X, 4. Déjà votre cœur sautille. Au nom du jeune Colin, BÉRANG. Mère av. || 2" Fig. Avoir dans le style une manière comparée au sautillement. 11 [Montesquieu] sautille plus qu'il ne marche, il amuse plus qu'il n'éclaire, il satirise quelquefois plusqu'il ne juge, tolt. Pol. et lég. Idées républ. 5t. || 8"Fig. Changer brusquement de sujet en parlant ou en écrivant. J'ai écrit de suite ce qui le regarde [Pierre I"] pour cette année, pour ne pas sautiller sans cesse d'une matière à une autre, st-siu. 64, 445. Il II se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— REM. Sauteler est la forme ancienne qu'on disait encore du temps de Régnier: D'échelle en échelon il falloit sauteler, Sat. xi.
— HIST. xn* s. Quant [je] recort à loisir Sesieuz, son vis, qui de joie sautele, Couci, xvin. Oui donc veïst le paile venteler Et les reliques frémir et sauteler, De grant mervelle li poïst ramenbrer, Raoul de Camb. 4 94. || xiv* s. Com fait le sain [graisse] en la paelle. Oui par force defeusautelle, ). bruyant, dans Minagier, t. ii, p. 6. || xvi« s. Tant que le cœur de plaisir nous sautelle, marot, ii, 2a. L'histoire qui traitte plusieurs choses est contrainte à cela, ou il faudroit qu'elle sautelast sans cesse et n'achevast aucun discours, d'aub. Uist. ii, «70. C'est mal-heur de rencontrer une pie vous tournant le dos en sautellant, o. de serres, 44.
— Etym. Fréquentatif de sauter. Le provençal dit sautiquiar.
SAUTOIH(3Ô-toir),s. m. || 1° Anciennement, pièce du harnais du chevalier, qui lui servaitd'élrierpour sauter sur son cheval. || 1' Aujourd'hui, la figure que présentent deux ou plusieurs objets disposés de manière à imiter une croix de saint André (X). On ne l'omoloie guère que dans la locution adverbiale : en sautoir. Deux pièces de bois mises en sautoir. || 8° Porter un ordre en sautoir, en porter le cordon en forme de collier tombant en pointe sur la poitrine. L'ordre de la Toison d'or et celui de Saint-Lazare se portent en sautoir. Les prélats ne portent les ordres qu'en sautoir. || Par extension. Porter quelque chose en sautoir, le porter sur le dos à l'aide d'une ou de deux bretelles passant sur la poitrine. J'ai quitté Madrid, et, mon bagage en sautoir, parcourant philosophiquement les deux Castilles.... BEAUiiARCH.Borb.deSt'e.i,2. || 4*Terme de blason. Pièce honorable formée de la bande et de la barre, en lorme de croix de saint André ; les branches s'en étendent aux angles del'écu. Porter d argent au sautoir de gueules. || En sautoir Cinq besanls posés en sautoir. Il y a deux bâtons passés en sautoir derrière l'écu des maréchaux de France. Il 6* Terme de modes. Petite pointe d'étoffe que les femmes portent autour du cou, en nouant les deux bouts sur la poitrine. |j 6' Pièce de la cadralure
SAU
(Tune montre ou d'une pendule à répétition. Il 7* Espèce de casserole, très-peu profonde comme une tourtière. Préparer un lapin dans le sautoir.
— HIST. XIV* s. Pour fai/-e les tissus et aiguillettes ausdits harnois, faire sautoueres, du cange, saltatoria. Il XV* s.... Les armes de l'Eglise, la bannière de St Pierre, de gueules à deux clefs d'argent en sautoir, fhoiss. ii, ii, 207. Une petite croix de bois en manière d'un sautoer, laquelle est de la croix oii saintAndry fu crucefié, de laborde. Émaux, ^. 478.
— ÉTYM. Bas-lat. saltatoria, de sallare, sauter. La forme du sautoir à l'aide duquel on sautait sur le cheval, a fourni la locution en sauiotr.
SAUVAGE (sô-va-j'), adj. || 1° Se dit des animaux qui vivent dans les bois, dans les déserts. Les cerfs, les daims sont des animaux sauvages. [Dans un désert) un silence affreux et terrible, qui n'était interrompu que par les cris des bêtes sauvages, Boss. l'anég. St Benoit , 1 . Kous appelons sauvages des bêtes qui ne sont pas apprivoisées, et qui s'enfoncent dans les forêts, et de là nous avons donné le nom de sauvage à l'homme qui vit dans les bois, volt. Dial. 8. L'antipathie entre les oiseaux sauvages et domestiques, buff. Ois. t. xiii, p. .150. Il 2° Qui n'est pas apprivoisé, se dit par opposition aux animaux domestiques. Un chat sauvage. Les chevaux sauvages de l'Amérique proviennent de chevaux apprivoisés qui y furent abandonnés. || 3* Il se dit des hommes qui vivent en petites sociétés, dans des huttes, et qui, n'ayant ni agriculture proprement dite ni troupeaux, nes'sntreticnnent guère que du produit de la chasse. Le penchant pour la chasse ou la guerre nous est commun avec les animaux : l'homme sauvage ne sait que combattre et chasser, buff. Chien. M. Fabry.... qui a fait un très-long voyage dans la profondeur des terres au nord-ouest du Mississipi où.... les nations sauvages n'ont pas été détruites, m'a assuré que cette partie de l'Amérique est si déserte qu'il a souvent fait cent et deux cents lieues sans trouver une face humaine, id. Uist. nat. Ilom. Œuvr. t. v, p. <76. Jadis dans les forets les sauvages humains Souvent l'un contre l'autre avaient armé leurs mains, st-lamb. Sais. iv. Il 4" Par extension, se dit des lieux incultes et inhabités. Un site sauvage. Venez, fuyez l'aspect de ce climat sauvage, rac. Mithr. i, 3. Un lieu sauvage plaît par sa mâle âprelé, delille, Imag. iv. Liberté, liberté, seule amante des sages. C'est toi qui nous rends bons, c'est toi qui nous fais grands; Tu peuples les déserts, et sur les monts sauvages Tu revêts les rochers de la robe des champs, masson Ilelvét. u. Il Fig. Hélas 1 ma fille, que mes lettres sont sauvages l où est le temps que je parlais de Paris comme les autres? sÉv. 67. || 5» Fig. Qui se plaît à vivre seul, qui évite la fréquentation du monde. Ne demande donc plus par quelle humeur sauvage, Tout l'été, loin de toi, demeurant au village. J'y passe obstinément les ardeurs du Lion, BOIL. Sat. VI. Mme la Dauphine, naturellement sauvage et sérieuse, genlis. If"* de ilatntenon, t. u, p. 161, dans pougens. Dans votre jardin public il y a toujours tant de monde, et je suis si sauvage, m. Tkéât. d'édue. Aveugle de Spa, se. 3. Il 6" Oui a quelque chose de rude, de farouche. Ce Nonnus était un Égyptien, dont le style est sauvage et monstrueux; c'était un peintre de chimères et d'hippocentaures, balz. Dissert, critiques, 7. De ce gaillard entretien La reine n'entendit rien; Elle l'eût pris pour outrage; Car en ce siècl» ignorant Le beau sexe était sauvage, la font. Cand, Et [je] ne suis point du tout pour ces prudes sauvages Dont l'honneur est armé de griffes et de dents, MOL. Tart. iv, 3. Mais pourquoi, dira-t-on, cette vertu sauvage Qui court à l'hûpital et n'est plus en usage ? boil. Sat. i. Quelles sauvages mœurs, quelle haine endurcie Pourrait en vous voyant n'être point adoucie? rac. Phèdre, u, 2. Comme autrefois David, par ses accords touchants. Calmait d'un roi jaloux la sauvage tristesse! id. Esth. in, 3. Que Joad mette un frein à son zèle sauvage, id. Alhal. n, 5. Point de "ariété dans les descriptions, point d'unité dans le dessin; ce poème [l'Araucana] est plus sauvage que les nations qui en font le sujet, volt. Ess. poès. ép. 8. On sait que les ennemis de Molière voulurent persuader au duc de Monlausier, fameux par sa vertu sauvage, que c'était lui que Molière jouait dans le Misanthrope, 10. Vie de Molière. Cette ville.... ne fut longtemps que l'entrepôt des sauvages richesses qu'on y portait de l'intérieur des terres, raïnal, Uist. phil. ix, )8. || Une façon de parler sauvage, un procédé sauvage, une manière
SAU
de parler ou d'agir rude, contre l'usage. Vous fuir dès le premier instant? pourquoi donc, monsieur? cela serait bien sauvage, uariv. Serm. indiscr. m, 7. Il 7° Cruel, barbare. Peu de prudence eurent les pauvres gens [les pigeons] D'accommoder [de concilierjun peuple si sauvage [les vautours), la font. Fabl. vn, 8. Le ciel avec horreur voit ce monstre sauvage, RAC. Phèdre, v, 6. || Rigoureux outre mesure. Ces conférences [des Anglais et des Hollandais] ne durèrent pas longtemps après des propositions si sauvages, sr-sm. 9(, 4 98. || 8* En parlant des plantes, des fruits, qui vient sans culture. Pommier sauvage. Il s'attendait qu'elle [une vigne] porterait de bons fruits, et elle n'ena porté que de sauvages, SACi, Bible, Isaie, v, 2. Vous [gentils] avez été détachés de l'olivier sauvage où la nature vous avait fait naître, pour être entés dans l'olivier franc contre l'ordre naturel, boss llisl. n, 7. || Chicorée sauvage, voy. chicorée. || Goût sauvage, goût âpre. Ce fruit a un goût sauvage. || Huile sauvage, huile qui a un petit goût amer, ce qui ne la rend que meilleure. || 9° Populairement, feu sauvage, sorte de gale qui vient parfois au visage des petits enfants. || 10* Eau sauvage, celle qui coule sur la surface du globe immédiatement après y être tombée de l'atmosphère, et sans être contenue dans un lit. || Filons sauvages, ceux qui sont formés de substances pierreuses, dures. || 11* S. m. et f. Celui, celle qui appartient aux populations sauvages. Les sauvages de l'Amérique du Nord disparaissent rapidement devant l'extension des blancs. L'objection à cela [qu'il faut qu'il y ait une véritable religion, puisqu'il y en a de fausses], c'est que les sauvages ont une religion; mais on répond à cela que c'est qu'ils en ont ouï parler, pasc. Pens. xxin, 23, édit. havet. On pourrait avancer sans crainte de se tromper, que, dans une seule ville comme Paris,. il y a plus d'hommes qu'il n'y a de sauvages dans toute cette partie de l'Amérique septentrionale comprise entre la mer du Nord et la mer du Sud, depuis le golfe de Mexique jusqu'au nord, BUFF. hist. nat. Ilom. Œuvr. t. T, p. 170. L'on n'a trouvé des animaux domestique» que chez les peuples déjà civilisés; cela ne prouve-t-il pas que l'homme dans l'état de sauvage n'est qu'une espèce d'animal incapable de commander aux autres? id. Quadrup. t. m, p. (75. De tous les sauvages que j'ai vus dans ma vie, les Pécherais sont les plus dénués de tous; ils sont exactement dans ce qu'on peut appeler l'état de nature, bouoainville, Yorj. t. i, p. 294. Il devint plus sévère avec elle; cette rigueur effraya la gentille sauvage, chateaubr. Natch. 2* part. {| Fig. Les vrais sauvages sont les ennemis des beaux-arts et de la philosophie.... ouïes vraissauvages sont les calomniateurs des gens de lettres, volt. Lett. Damilaville, 4 nov. (765. |] 12° Fig. Celui, celle qui évite la fréquentation du monde. Son père est un sauvage à qui je ferais peur, rac. Plaid. 1, 5. Oui, je suis un pauvre sauvage Errant dans la société, BÉRANG. Indèp.
— SYN. SAUVAGES, BARBARES. Le nom de barbares a été donné par les anciens soit à des races qui, comme les Perses, avaient une civilisation différente de la civilisation gréco-romaine, soit à des populations qui, comme les Gaulois, les Germains, les Scythes, n'avaient qu'une société peu avancée, sans lettres et sans sciences. Les modernes donnent le nom de sauvages, par comparaison aux animaux, à des populations qui vivent dans les forêts en une condition inférieure à celle des barbares.
— HIST. xn* s. La douce voiz du loussignol sauvage Qu'oi [que j'ouis] nuit et jour coinloier et teutir, Couci, xix. Tant par vous truis [je vous trouve] toz tens sauvage et dure, id. xi. (Je] Ne vueill morir n'afoler. Quant de la terre sauvage [des Sarrasins] Ne voi nului retorner, ib. Dame de Faiel. X prendre lui convient [il faut] vie d'home sauvage. Et gésir mainte nuit al vent et al orage, Sax. XXVI. ]| xiii* s. Biele fille, vous avez un homme pris avec lequel vous vos en alez, qui est auques sauvages, h. db valenc. xn. Li bon baron de France ne vourent arester, Eu estranpes pal» s'alerenl déserter, Là devinrent sauvage por lor âmes sauver, Ch. d'Ànt. i, m. Sire, si vos fustes sauvages Viers moy, je n'i pris mie garde, on CANGE, sylvaticut. || iiv s. Ptolomée dit que e» extrémités de la terre habitable sont gens sauvages, ORESMB, Bth. 84. Il XV* s. Et portoient la litière deux forts hommes, ordonnés et appareillés très proprement comme hommes sauvages, FROiss. m, IV, 4. Se logèrent cette nuit moult à mesaise, sur dure terre et nierres sauva-
SAU
ges 6t toujours arm^s [les Anglais en Ecosse], id. i, I, 42. Au dernier il y avoit une aventure assez sauvage [une surprise de convoi avec grands combats et pertes de part et d'autre], id. i, i, UO. [Jean de Vienne) se trouvoit hors do tout confort el enclos de la mer, et veoil les Escots de sauvage opinion, m. il, ii, 23». {| xvi" s. Faute do s'enlre-visiter quand les occasions le requièrent, fait que nous devenons sauvages les uns aux autres, LANOUE, 60. Le sauvage et le franc [arbre],
— Etym. lierry et bourg, sauvaige; wallon, idvag ; provenç. salvalge, salvage; esp. salvage ; port, salvagem; ilal. selvaggio; du lai. silvaticus, de silva, foret, le même que le grec iiXri, bois.
i SAUVAGEMEIST (s6-va-je-man) , adv. D'une manière sauvage. M. Boileau [non lo poète] vivait claquemuré et le plus sauvagement du monde dans son cloître Saint-Honorc, st-sim. 87, 130.
— HIST. xiir s. Sire, si sauvagement One parler ne vous vi, Bibl. des ch. 4* série, t. v, p. 28. || xv s. [Edouard II) fut couronné après lui, qui point ne le ressembla de sens ne de prouesse, ainçois gouverna et maintint son royaume moult sauvagement par le conseil d'autrui, fboiss. i, i, 2. Irlande est un des malaisés pais du monde à guerroyer et à soumettre; car il est fermé estrangement et sauvagement de hautes forests, de grosses eaux.... id. liv. IV, p. 200, dans lacurne.
— ETYM. Sauvage, et le suffixe ment; provenç. salvatjamen.
SAUVAGEON (sô-va-jon), s. m. )| 1» Arbre venu spontanément, dans les bois, dans les haies, de pépins ou de noyaux de fruits sauvages ; les rameaux en sont presque toujours armés d'épines, et les fruits ont trop d'àpreté pour être bons à manger. Ce n'est pas qu'il y ait aucune de ces bonnes et nouvelles espèces qui ne soit originairement issue d'un sauvageon, buff. 7* ép. nat. Œuv. t. xii, p. 38». Cultivés, protégés par vos secours propices. Ces jeunes sauvageons croîtront sous vos auspices, DEULLE, Uom. des ch. Var. et add. ch. i. I) t'ig. Vous condamnez cette proposition-ci : l'homme d'esprit sait que les hommes sont ce qu'ils doivent être, que toute haine contre eux est injuste, qu'un sot porte des sottises comme un sauvageon porte des fruits amers; ahl sauvageons de l'école, vous persécutez un homme parce qu'il ne vous hait pas, volt. Dict. phil. Homme. )) 2° Terme de jardinage. Tout arbre qui n'a pas été greffé, et qui peut servir de sujet pour la greffe. J'avais un arbuste inutile Qui languissait dans mon canton, Un beau jardinier de la ville Vient de greffer mon sauvageon, volt. Lett. en vers et en prose, 148. I) Fig. Vous faites le plongeon. Petit noble à nasarde, enté sur sauvageon, regnard, le Joueur, ui, 11. C'est-à-dire que sa coquetterie est entée sur un sauvageon de vertu, legrand. Épreuve récip. se. i.\\3' Adj. Fig. On entrevoit en quoi Diderot tenait d'elle [sa sœur] et en quoi il en différait : elle était la branche restée rude et sauvageonne, lui le rameau greffé, cultivé et adouci, épanoui, sainte-beiite, dans le Dict. de dochez.
— HiST. ïiv s. Avec ce a esté compaignon de prendre quatre sauvargons aux champs, lesquels il planta ou jardin de l'ostcl là où il demouroit, du CANGE, sylvaticus: \\ ivi* s. Et comment le sçaurois je, dis je, qui n'entend ny en quelle terre il faut planter.... ny de quelle grandeur les sauvageons doibvent estre...? la boétie, 241.
— ETYM. Sauvage. 0. de Serres dit sauvageau. SAUVAGERIE (sô-va-je-rie), s. f. )| !• Période de
l'histoire du genre humain, pendant laquelle les hommes ont vécu dans l'état sauvage. )| Cet état lui-même. )) i' Fig. Humeur, manières sauvages. Elle adressa à M. de Melun plusieurs plaisanteries sur sa sauvagerie, genlis, Mlle de Clermont, p. 41, dans pouGENS. Les vieilles gens disaient que la cour de la reine Christine de Suède était une merveille de bienséance en comparaison do cette sauvagerie tarlare [la cour de Russie sous Pierre le Grand], DECoimcHAMP, Souven. marq. de Créquy, t. n, ch. 1.
— ETYM. Sauvage. On trouve tauvageté dans
COTGBAVE.
t SAUVAGfiSIÉES (sô-va-jé-zi-ée), ». f. pi. Famille de plantes dicotylédones, dont le type est le genre sauvagesia, ainsi dit du médecin Saucages.
t SACVAGESSE (sô-va-jè-s"), ». ^. |) !• S'est dilpar plaisanterie pour femme sauvage. Vous voulez donc que ce soit la nature qui ait fait les femmes faibles ! el les sauvagessesT OAUAm, Dialogue sur les femmes, dans Correspondance. En me parlant
SAU
des Indiens, il [le maître de danse] me disait toujours : ces messieurs sauvages et ces dames sauvagcsses, chateaub. /lin. part. 7. )) 2' Femme sans culture, sans monde. J'ai des bijoux, j'apprends je ne sais combien de belles choses, je ne suis plus du tout une sauvagessc, mérimek, Columb<i, p. 166. SAUVAGIN, INE{sô-vajin,ji-n'), od;. Il se dit du goût, de l'odeur de quelques oiseaux de mer, d'étang ou de marais. Goût sauvagin. Le blanc de baleine, purifié.... a une odeur particulière, fade et sauvagine, qu'il ne faut pas confondre avec la rancidité, fol'hcroy, Con». chim. t. x, p. 29». )) i'ubtt. Sentir le sauvagin.
— ETYM. Sauvage.
SAUVAGLNE (sfl-va-ji-n"), S. f. )| 1° Oiseaux do mer, d'étang ou de marais qui ont le goiit sauvagin. On trouve parmi ces étangs beaucoup do sauvagine. )| 1° Il se dit aussi de l'oileur, du goût, de ces oiseaux. La chair de l'huîtrier est noire et dure, avec un goût de sauvagine, buff. Ois. t. xv, p. 193. )) 3° Terme de commerce. Peaux de quelques bétessauvagesdonton fait des fourruroscommunes.
— HlST. xin* s. Nuz no nule ne puet ne ne doit comporter ne faire conporter volaille ne sauvagine morte pour vendre fors que à la porte de Paris, Liv. des met. 179. Cent arpens bien en i avoit. Moult de sauvagine i avoit Et plusieurs bestes à plenté, Ren. 220I6. N'a cinq lieues de toutes parts, Fors sauvechines [lieux déserts] et essars, DU CANOË, sylvaticus. \\ xv* s. Moult est plaisante la matinée qui me donna volonté d'allerchasscrlasauvagine, Percefor. t. iv, f" 102. ))xvi* s. Il n'espargnera le labeur à ces vignes, pour adoucir la sauvagine de leur naturel, 0. de serres, 192. Par leur naturelle sauvagine les petis paonneaui n'osent au commencement approcher des grands, m. 371. Les abeilles appartiennent au premier occupant comme toute autre sauvagine, id. i'''2.
— ÊTYM. Sauvagin; provenç. salvaggina, salvazina; anc. eatal. saLvatgina ; espagn. salvagina; portug. salvriginha; ilal. salvaggina.
SAUVÉ, ÉE (sô-vé, vée), part, passé de sauver. I) 1° Mis hors de péril, en sûreté. Poursuivie par ses ennemis implacables qui avaient eu l'audace de lui faire son procès, tantôt sauvée, tantôt presque prise, Boss. Reine d'Anglet. L'Hébreu sauvé du joug de ses injustes maîtres, boil. ilr( p. m. Rome sauvée, titre d'une tragédie de Voltaire. I| 2' Rendu éternellement heureux dans le ciel. Ces confessions prouvent expressément que Ravaillae aurait commis son parricide dans l'espérance d'être sauvé, VOLT. /)isser«. mort Henri IV.\\Subst. Vous êtes tenté d'incrédulité à la vue du petit nombre des sauvés, BOss. Élevât, sur myst. xvii, B. On a démontré qu'il [Jurieu] met des idolâtres reconnus pour tels par lui-même, non-seulement au nombre des sauvés, mais encore au rang des plus grands saints, id. 3' avert. 13.
1. SAUVEGARDE (sô-ve-gar-d'), ». f.\\i° Protection accordée par une autorité quelconque. Le magistrat l'a pris sous sa sauvegarde. )[ 2° La garde, le détachement qu'un chef militaire envoie dans un lieu pour le garantir du pillage. S'il vient jamais assiéger Abbeville, soyez sûrs qu'il vous donnera des sauvegardes ; mais il n'en donnera pas à tout le monde, volt. Lett. Florian, 9 juin 4707.)) Titre ou écrit par lequel une sauvegarde est accordée. \\S. m. S'est dit, dans l'ancienne monarchie, de cavaliers qui portaient sur leur uniforme sauvegarde du roi, et qui étaient employés à prévenir les désordres des soldats débandés. Un garde du maréchal de Joyeuse, et bien reconnu pour tel avec ses marques et en sauvegarde, fut battu, dépouillé et chassé, st-sim. 29, 88. )) 3° Anciennement, lettres qu'on accordait à quelqu'un pour l'exempter de loger des gens de guerre. )) 4° Fig. Ce qui sert de garantie ou de défense contre un danger. Son obscurité lui servit de sauvegarde contre la proscription. Il [Rntz] a été reçu à Saint- Michel avec des transports de joie; tout le peuple était à genoux, et le recevait comme une sauvegarde que Dieu leur envoie, sÉv. 194. La philosophie , bien loin d'être , comme l'imbécile méchanceté l'en accuse, l'ennemie des rois el des peuples, est au contraire leur sauvegarde la plus assurée, par l'horreur qu'elle inspire pour la tyrannie qui rend les souverains odieux, d'alemb. éloges, Vaux de St-Cyr. Se dérobe-t-il aux occasions dangereuses?... fait-il d'une humble défiance de lui-même la sauvegarde de sa ve.-tuî j. J. Rouss. Ilél. VI, a. )) 5° Terme de marine. Tout cordage destiné à empêcher qu'on ne tombe 4 U mer. I) Sauvegardes du gouvernail, gros cor-'
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dages qui le retiennent en cas d'accident. )| 8" Terme de relieur. Bande de papier blanc do la longueur du volume qu'on plie en deux et qu'on coud avant la garde du commencement, et après la garde de la fin de chaque volume; elles servent à garantir les gardes; on les enlève avant de terminer la reliure et au moment où l'on ra cuUer les gardes sur les cartons.
— Hl.ST. XIV' s Et ne fay doute Ou'en ce cai
[les dames] en ta sauvegarde Doient estre.... machaut, p. 115. |)xvi* s. 0 combien lors ceux-là seront heureux. Qui se seront mis en sa sauvegarde I uabot, IV, 229. Ayant conduit l'œuvre totale i chef, j'ai pris la hardiesse de la faire sortir soubs la sauve-garde de voslre très illustre nom, ahyot, Ép. p. 21. De Saint-Denis le prince avoit saisi Argenteuil, Busanval et autres biquoques, les unes par escailade, les autres en y portant des sauvegardes, les autres d'emblée, d'au», llist. i, 211. Les habilans peuvent demeurer en bonne protection et sauve-garde, ro. ib. 11, 158. Sauve-garde n'est pas enfrainle par parole, mais par fait, loysel, 7»«.
— ÊTYM. Sauf, et garde : garde qui rend sauf; wallon, sdv-gdr; provenç. salvagarda, salvagardia ; espagn. salvaguarda; ital. salvaguardia.
t 2. SAUVEGARDE (sô-ve-gar-d"), ». m. Deuxième division du genre monitor, renfermantdes reptiles de ce genre distingués par l'absence de crêtes caudales et par une queue comprimée.
+ SAUVEGARDER (sô-ve-gar-dé), V. a. Néologisme. Défendre, protéger, mettre comme sous une sauvegarde.
— REM. Ce néologisme incorrect n'est pas à imiter ; sauvegarde ne peut se transformer en verbe; le verbe serait sauf-garder, non sauvegarder.
t SAUVE-L'UONNEUH (sô-ve-lo-neur), ». m. Ce qui sert de consolation, ce qui masque, adoucit une disgrâce, en un mot ce qui sauve l'honneur. Naples et Sicile, dont l'éloignement et le peu de revenu étaient plutôt un embarras el un sauvel'honneur qu'un accroissement, st-sim. 77, 252. Mme de Mailly cria tant auprès de Mme de Maintenon, qu'au bout d'une quinzaine on lui rendit quelques sauve-l'honneur, id. 319, 108.
— ETYM. Sauner, le, el honneur.
t SAUVEMENT (sô-ve-man), s. m. Terme de féodalité. Droit payé pour l'entretien des murailles du bourg. )) Somme d'argent due en rémunération d'une protection spéciale, et payable en bloc chaque année.
— iilST. IX' s. Pro deo amur, et pro Christian poblo el nostro commun salvament, Serment.
— ËTYM. Sauver. Salvament, »aut-emen( était un mot très-usité, signifiant l'action de sauver; il dure encore dans le Rerry avec le sens de : action de se sauver, salut.
SAUVER (s('i-vé), V. a. Il 1* Tirer hor» de péril, mettre en sûreté, avec un nom de personne ou objet personnifié pour régime direct. Josué sauva Rahah courtisane, et la maison de son père avec tout ce qu'elle avait, saci. Bible, Jotué, vi, 25. Quand il [Dieu] voulut sauver la ville de Béthulie, Boss. Reine d'Anglet. Vous verrez avec quelle prudence elle traitait les affaires; et une main si habile eût sauvé l'État, si l'État eût pu être sauvé, ro. ib. Comment est mort cet homme puissant qui sauvait le peuple d'Israël? FiicH. Turenne. Lorsque avec jugement et avec fierté il sauvait les restes des troupes battues à Mariendal, 10. ib. Sauvons-le malgré lui de ce péril extrême, HAC. Raj. IV, 7. Tout est perdu, seigneur, si vous ne nous sauvez, ro. Iphig. m, 7. Tout ce que peut faire un grand homme d'Etat et un grand capitaine, Annibal le fit pour sauver sa patrie, montesq. Rom. 5. Les Romains, ajoutait-il [Napoléon], donnaient des couronnes civiques à ceux qui sauvaient des citoyens; lo duc de Trévise [laissé à Moscou] en méritera autant qu'il sauvera de soldats, sÉouB, Uist. de Nap. a, ». )| Avec un nom de chose pour régime direct, et de personne pour régime indirect. Vous m'avez sauvé l'honneur. Qu'il eût volontiers sauvé la vie au brave comte de Fontaines! mais il selrouvapar terre parmi ces milliers de morts dont l'Espagne sent encore la perte, BOss. Louis de Bourbon. N'y aurait-il pas moyen de me sauver les deux cent mille francs? jevous parle à cœur ouvert, mariv. le Legs, 10. || 2° Etre cause de salut, en parlant d'une chose qui sauve. L'opération sauva le patient. Merci voitsa perte assurée;ses meilleurs régiments sont défaits ; lanuit sauve les restes de son armée, BOSS. iouti de Bourbon, j) 3" Il se dit simplement pour préserver. N'attaquez plus ma gloire avec tant de douleurs. Et laissez-moi sauver
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ma vertu de vos pleurs, corn. Hor.'a, 6. Quelque maligne joie en son cœur s'élevait, Dont sa gloire indignée à peine le sauvait, m. Pomp. m, I. Sauvemoi de l'affront de tomber à leurs pieds, m. Rodog. f 4. Sauvez-moi des Romains, je suis encore à vous, ro. Sophon. ni, 6. Je m'en vais.... me disposer à faire demain mes piques : il faut au moins tâcher de sauver cette action de l'imperfection des autres, sév. <5 avr. )072. || Sauver de, avec un infinitif. La reine a sauvé la folle [une femme qui passait pour folle] d'être chassée, sÉv. 22 octobre <677. ||4' Procurer le salut éternel. Sauver son âme. Il n'y a rien ici de rude pour elle, puisque Dieu la sauve par le même coup qui nous instruit, Boss. Duch. d'Orl. Je viens, dit Jésus- Christ, comme un voleur.... comme un voleur, dites-vous, indigne comparaison? n'importe qu'elle soit indigne de lui, pourvu qu'elle nous effraye, et qu'en nous effrayant elle nous sauve, m. Mar.-Thér. Pour être sauveur, rien ne lui paraît [à Jésus] difficile;pour être sauvés, toutnousdevientimpossible, BOURDAL. Hysl. Circoncision de J. C. t. i, p. 67. Il 5° Empêcher d'être perdu. Le navire a échoué, on a sauvé les marchandises. Prends soin, je te prie, de m'en sauver le plus que tu pourras [des plats servis à table], pour le renvoyer au marchand, MOL. l'Avare, m, )5. J'y trouvai [dans la rue, pendant un incendie].... plusieurs meubles et vaisseaux d'argent qu'on sauvait chez lui [l'ambassadeur de Venise], sÉv. 20 févr. <67l. Voulez-vous sauver quelque chose de ce débris si universel, si inévitable? donnez à Dieu vos affections, BOSS. Duch. d'Orl. Et tout ce que des mains de cette reine avare. Vous avez pu sauver et de riche et de rare, Donnez-le.... rac. Àth. v, <.||Il se dit des personnes en un sens analogue. Le roi son fils n'a rien trouvé de plus ferme dans son service que ces catholiques si haïs, si persécutés, que lui avait sauvés la reine sa mère, boss. Reine d'Anglet. \\ Fig. Vouloir sauver la chèvre et le chou, vouloir ménager des intérêts différents ou opposés. || G" Sauver une chose à quelqu'un, faire qu'il ne la subisse pas. Je vous le dis encor, sauvez-moi cette honte, CORN. Théod. m, 6. Troïle est utile à ceux qui ont trop de bien.... il leur sauve la peine d'amasser de l'argent, la bruy. v. Nous ne manquerons pas de joueurs, sur ma parole; et ton mari nous sauvera les amendes, dancourt. Bourg, à la mode, m, 7. Cela suffit; je vais vous sauver sa visite, destouch. Philos, marié, i, 4. Est-ce qu'on désoblige Madame quand on lui rend service, et qu'on lui sauve les reproches de toute sa famille? MARrv. Marianne, part.vn. Je lui ai sauvé la Bastille [au libraire Jore]; mais je n'ai pas été fort éloigné d'y aller moimême, VOLT. Lett. Formont, lo déc. <73t. Il devint pour moi une espèce de gouverneur qui me sauva «eaucoup de folies, i. J. Rouss. Confess. v. Au toit du pauvre il [le chansonnier Béranger] répand rallegressB; X l'opulence il sauve des ennuis, BÉHANG. Tailleur. \\ En cet emploi, on dit souvent aussi éviter; c est mal parler (voy. la rem. à éviter). Il 7° Conserver intact. On sauve en quelque façon la suite de l'histoire sainte, boss. Hist. i, 7. Et je tâche en fuyant de sauver mon devoir, quin. Pausan. i, 7. Les dernières paroles de l'empereur à Lauriston furent [à Moscou] : Je veux la paii, il me faut la paix, je la veux absolument; sauvez feulement l'honneur, ség Hist. de Nap. vin, ». Il 8° Justifier. Quelque excuse qu'on allègue, on ne peut sauver cette action. Qui peut croire que M. de Paris, que M. de Chartres, avec qui je suis uni dans tous les actes publics, me fussent contraires en secret, jusqu'à détourner M. de Cambrai d'approuver mon livre, qu'ils ont eux-mêmes approuvé, jusqu'à s'unir pour sauver le sien qu'ils rejetaient avec moi comme plein d'erreurs ! boss. Remarques sur la réponse de U. de Cambrai, avant-propos. Il sauvait son ignorance par un aveu libre et ingénu, qui, pour dire le vrai, ne devait pas coiiter beaucoup à un homme plein de talents, fonten. Renau. || 9" Pallier, masquer ce qu'il y a de défectueux. Us ont travaillé à sauver les inconvénients de ce système, boss. Variât, l'réf. Voyez que l'on vous amuse, non-seulement en vous proposant des questions hors de propos, mais encore en sauvant une erreur par une autre, au lieu de les condamner toutes deux, id. i« tnilr. pastorale, <l. C'est qu'un abîme en attire un autre; on ne tombe dans ces excès que pour sauver d'autres excès oii l'on était déjà tombé, id. Var. iv, 8«. Us anciens avaient imaginé je ne sais combien de cercles différemment entrelacés les uns dans les autres, par lesquels ils Huvaient toutes ces bizarreries [résultant del'opi-
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iiion que la terre était au centre du mouvement les corps célestes], fonten. les Mondes, \" soir. Vir- ;ile ....dans ses Géorgiques, où il sauve le fond de lA matière, qui m. tout à fait sèche, par des di- ,'ressions fréquentes et souvent fort agréables, id. l/ond. Pré(. On ne pouvait excuser de telles promesses [de Louis XII àMaximilien] que par le dessein de ne les pas tenir; c'était sauver une imprudence par une honte, volt. Ann. Emp. Maximilien, 1504. Le plus grand effort de l'art consiste souvent à sauver la difficulté, dider. Pensées sur la peint. Œuv. t. xv, p. <75 dans pougens. Où tout doit être pressenti, préparé, sauvé, montré, annoncé, ID. Salon de ) 767, Œuv. t. irv, p. <28. Ces hardiesses [en poésie], lorsqu'elles sont bien sauvées, comme les dissonances en musique, font un effet très-brillant, CHATEAUBR. Génie, u, I, 3. Il Sauver une contradiction, concilier deux passages, deux propositions contraires. || Sauver les défauts de la taille d'une personne, cacher, par la manière de l'habiller, quelque défaut qui est dans sa taille. || 10° Terme de musique. Sauver une dissonance (voy. dissonance). Il 11" Terme de scolastique. Sauver les apparences, expliquer les phénomènes selon les principes de quelque hypothèse. || Fig. Sauver les apparences, ne rien laisser paraître au dehors qui puisse blesser ou scandaliser. Tous ceux qui ont passé le Styx après moi m'ont assuré que tu n'as pas même sauvé les apparences, fén. Dial. des morts anc. Romulus, Tatius. Pourquoi cherchezvous toujours à mettre quelques raisons spécieuses de votre cêté .... et sauver, pour ainsi dire, encore les apparences avec Jésus-Christ? mass. Carême, Salut. Il On dit dans un sens analogue : Sauver les dehors. Que tu perds lâchement de ruse et d'artifice, Pour.... sauver les dehors d'une adroite vertu. Dont aux yeux éblouis tu parais revêtu I CORN. Perthar. rv, 4. || 12° Familièrement. Sauver le premier coup d'oeil, ne pas laisser paraître l'étonnement, l'impression désagréable que cause la première vue d'une personne laide ou mal faite. Il II faut sauver le premier coup d'oeil, se dit d'une personne qui ne plaît pas au premier aspect, mais qui plaira quand on l'aura vue davantage. Le roi avait une impatience extrême de savoir comme elle [la Dauphine] était faite ; il envoya Sanguin comme un homme vrai et qui ne sait pas flatter : Sire, dit-il, sauvez le premier coup d'oeil, et vous en serez fort content, sÉv. )3 mars IC80. || 13" Au jeu de paume, sauver la grille, sauver le dedans, parer les coups qui poussent la balle dans la grille ou dans le dedans. || Sauver à quelqu'un la grille, le dedans, lui faire l'avantage de ne pas compter ce que l'on gagne quand on place la balle à la grille ou au dedans. || 14° Terme de jeu de billard. Sauver à quelqu'un une blouse, deux blouses, etc. lui faire l'avantage de ne pas compter les points que l'on gagne en faisant la blouse, les deux blouses, etc. || 15° Terme de jeu de trictrac. Sauver la bredouille, empêcher l'enfilade. || 16° Se sauver, v. réfl. Se mettre en siireté, à l'abri. Se sauver d'un péril. Sauvez-vous d'une vue à tous les deux funeste, corn. Poly. n, 2. Plus cruel que les Lombards même, il [Constant] ne vint à Rome que pour en piller les trésors : les églises ne s'en sauvèrent pas, boss. Hist. i, H. Après s'être sauvée des flots, une autre tempête lui fut presque fatale : cent pièces de canon.... id. Reine d'Anglet. J'adorerais un dieu sans force et sans vertu. Reste d'un tronc par les vents abattu, Qui ne peut se sauver lui-même? rac. Esth. u, 9. Quoi! Pyrrhus, je te rencontre encore.... Percé de tant de coups, comment t'es-tu sauvé? ro. Andr. v, 6. C'est une étrange chose que l'amour, répondit-elle en riant; il se sauve de tout, il n'y a point de système qui lui puisse faire du mal, fonten. Jlfond. 5» soir. Il Se sauver de quelqu'un, échapper à son souvenir qui nous obsède. Je ne sais où me sauver de vous; notre maison de Paris m'assomme encore tous les jours, et Livry m'achève, sÉv. à M" de Grignan, 24 mars (67(.||Se préserver. Une âme de rocher ne s'en fût pas sauvée [d'aimer une belle femme], CORN, le Ment, n, 5. Ils se sauvent tout ensemble de la folie et de l'erreur, pasc. Proti. n. La reine s'est sauvée de ces défauts, fléch. Mar.-Th. Charles de Sainte-Maure se sauva, par la miséricorde de Dieu, de cette corruption commune [ne pas se dire la vérité les uns aux autres], ID. Duc de Mont. Tant il est difficile aux plus grands hommes et même aux plus modestes, de se sauver des illusions de l'amour-propre, volt. Œdipe, Ictt. 4. Perdre sa jeunesse, sa beauté, ses passions, c'est le vrai malheur; voilà pourauoi
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tant de femmes se font dévotes à cinquante ans, et se sauvent d'un ennui par un autre, ro. Dial. 3, Il 17° Faire son salut éternel. En sauvant le prochain, vous vous sauverez vous-même, bolrdal. -t' di'm. après Paq. Dominic. t. n, p. 63. S'engageant dans ces emplois avec une incapacité absolue, comment pourra-t-il s'y sauver? id. Oim. de la Septuagés. Dominic. t. i, p. 371. Peu de gens se sauvent, parce qu'on ne peut comprendre dans ce nombre que deux sortes de personnes : ou celles qui ont été assez heureuses pour conserver leur innocence pure et entière; ou celles qui, après l'avoir perdue, l'ont retrouvée dans les travaux de la pénitence, mass. Carême, Petit nomb. des élut. Il 18° Se tirer d'embarras. La cour romaine se sauvait par des équivoques, volt. Ifœurs, 48. || 19° S'échapper. Il se sauva de prison. Vous allez voir par la nouvelle d'aujourd'hui, comme le roi d'Angleterre s'est sauvé de Londres, apparemment par la bonne volonté du prince d'Orange, sÉv. 603. Je ne te retiens plus, sauve-toi de ces lieux, rac. Andr. IV, 5. On a trouvé une clef en dedans de la petite porte du parc, par où sans doute elle s'est sauvé.e; ainsi tout prouve que c'est sans violence, genus, Thédt. d'éduc. Zélie, v, 10. || Se sauver à la nage, s'échapper en nageant. Je me sauve à la nage et j'aborde où je puis, boil. Disc, au rot. |{ Fig. et familièrement. Se sauver à travers les broussailles, se sauver par les vignes, par les marais, se tirer d'embarras comme on peut. || 20° Prendre la fuite. Se sauver à toutes jambes. Un soldat qui se sauve quand il faut combattre est puni, volt. l'R. aux quarante écus, sur les moines. || Elliptiquement, sauve qui peut, se sauve, se tire du péril qui pourra. Les premiers qui dans l'aile de gauche de Miranda crièrent sauve qui peut et la débandèrent. .. louvet de convRAY, Mém. p. 67, dans pougens. Il Fig. Le duc de Villeroi a écrit ici des lettres dans le transport de sa douleur, qui sont d'une telle force qu'il les faut cacher; il met au premier rang de toute sa fortune d'avoir été aimé de ce héros [Turenne], et déclare qu'il méprise toute autre sorte d'estime après celle-là : sauve qui peut, sÉv. 204. Quelquefois de fâcheux arrivent trois volées, Qui du parc à l'instant assiègent les allées; Alors sauve qui peut.... boil. Ép. vi. Ce monde-ci est un vaste naufrage; sauve qui peut; mais je suis bien loin du rivage, volt. Lett. Cideville, 28 janv. (754. || Substantivement. Ce fut un sauve-qui-peut général (avec traits d'union). Il 21° Familièrement. Se retirer prorupteraent. En passant par devant la chambre d'Angélique, j'ai vu un jeune homme avec elle, qui s'est sauvé d'abord qu'il m'a vue, mol. Mal. imag. n, <o. Mon Dieu, je me sauve, il est midi trois quarts, genlis, Théâtre d'éduc. Tendresse matern. se. 2. Je ne veux pas être témoin de ce que vous allez lui dire; je me sauve, picard. Manie de briller, n, 46. Il 22° Se réfugier en un lieu, y chercher un asile. Pendant que le choléra était à Paris, nous nous sauvâmes & la campagne. Toute l'Irlande est au roi [Jacques II], il eût bien fait de s'y sauver, SÉV. 5)3. Déjà prenait l'essor, pour se sauver dans les montagnes, cet aigle dont le vol hardi avait d'abord effrayé nos provinces, fléch. Turenne. Il 23" Se dédommager. Un marchand qui vend à bas prix, se sauve sur la quantité. André : Hélas! je suis fils d'un paysan, je l'ai été moimême. — Hassan : Bon! c'est sur ceux-là que je me sauve, chamfort. Marchand de Smyrne, se. tO.
— SYN. SAUVER QUELQUE CHOSE X QUELQU'tm,
Épargner quelque chose X quelqu'un. Sauver, épargner quelque chose à quelqu'un, c'est l'en dispenser, l'en préserver. Ces deux locutions onl un sens extrêmement voisin. La seule nuança qu'on y remarque, c'est que épargner implique d» vantage l'idée de ménagement, et sauver celle d| préservation.
— HIST. IX* s. Si salvarai eo [je] cist meon fradre Karlo, Serment. Il XI' s. [Qu'ils] Salvent le rei e gardent la reine, Ch. de Roi. cia. || xir s. Mais ore en convenoit un sul à mort livrer Al piler del mustier, pur le pueple salver, Th. le mart. (49. Por pecheors salver e mettre à salvaison, Rou, v. 4407. Il sait [qu'il sauve] Marsile et son barnage, Rofxe. p. I24.||xiirs. Hé las! se nuls se doit sauver [faire son salut] dolans, quesnes. Romancero, p. «6. Si celui qui fait hommage, si comme est dessus dit, ou chief seignor, a fait avant hommage en ligesse à homme ou à femme, qui ne soit homme dou chief seignor, il le doit sauver [réserver] à l'hommage faire, pour ce que nul qui est homme d'autruy r.e peut après faire horomaee i autre se i.' ne sauva
SAU
SAV
SAV
jon premier seignor, do cànqe, talvare. Li fili Dieu glorieus, par U sien nom sainlisme, Me doint, se ii li plaist, par toute ceste rime, Li locr, moi sauver, edeficr mon prisme [prochain], J. uf. IIEUNO, Test. 31. Il iiv* s. Aussi comme se superhabundance et deffaute corrurapissent la bonté de l'œuvre et le moien (le juste milieu] la salvast, ORESME, i:th. 44. Il XV s. Saulve soy qui pcult, GERSON, Harangue au roi Charles VI, p. *"■ Il ivi* s. U feut impossible de la sauver [elle en mourut], MONT. I, fui. Pour se sauver de continuelles et curieuses recherches qu'on faisoit de luy, ID. I, (38. C'estoit à se saulve qui pcult, car- LOix, T, 26. Quelques Troyens, s'estant sauvez de l'espée, s'embarquèrent sur des vaisseaux qu'ilz trouveront d'adventure au port, amyot, Rom. \. Si n'y eut rien qui la sauvast qu'elle ue fut promptemenl mise à mort que les prières de la fille du roy, ID. ib. *. Si par cas d'adventure elles [les vestales) rencontrent quelque pauvre criminel que l'on mené à la mort, elles luy sauvent la vie, ID. Numa, 18. U se jetta dedans la rivière du Tybre, et se sauva à nage jusques à l'autre rive, ID. Public. 32. Quant à ses biens, ses amis en destournerent et sauvèrent une bonne partie, id. Thém. 48. Les uns se sauvèrent de vistesse.... ilz [les Itomains] envoyèrent ceulx qui s'estoienl sauvez à (cuir, en la Sicile, m. Uarcell. i». En quoi faisant, il sauva la ville d'estre saccagée, id. f'iomin. et Philop. 8. Les larmes de l'enfant eussent sauvé la mère ! rons. 673. L'empoisonneur se sauva à la fuitte, et ainsi fut-il descouvert, crétin, Imposl. des diables, 60.
— ETV.M. Wallon, sdvé; provenç. et espagn. »o^ «or ; ital. salvare ; du lat. saivare, dénominatif de ïoIiJus, avec le sens causatif.
\ SAUVE-RABANS (sô-ve-ra-ban), ». m. Terme de marine. Garniture entourant les basses vergues.
SAUVETAGE (sô-ve-ta-j'), s. m. Terme de marine. Action de retirer des flots les débris d'un naufrage. Il Se dit aussi de l'action de sauver des hommes tombes à la mer. j| Action de retirer de l'eau les personnes en danger de se noyer dans les lacs, le» rivières, etc. || Pompes de sauvetage, pompes pour vider l'eau qui remplit les navires échoués. Il Bouée de sauvetage, plateau de liège garni de bouts de corde, qu'on jette i. un homme tombé à l'eau. || Ceinture de sauvetage, appareil pour se tenir flottant sur les eaux.
— Etvm. Sauver, par l'intermédiaire de tauveté. SACVETÊ (sô-ve-té), i. [. Terme vieilli, mais
qui serait à remettre en usage. Etat d'une personne ou d'une ckiose mise hors de péril. Ses marchandises sont en lieu de sauveté. Cette menace pourrait donner de la crainte à un autre, et ferait songer à un plus sage que moi à se mettre en sauveté, voit. tell. 3. Mme Ticquet fut assez folle pour s'être laissé arrêter, et n'être pas déjà en pays de sauveté, st-sim. 73, 206. On ne se crut en sauveté qu'au Rhin et au bout du pont de Strasbourg, id. <38, 268.
— HisT. x!i* s. Li chaitif fil d'Adam nen ont cure de veriteit ne de celés choses k'à lorsalveteit apartienent, st bern. p. bïi. \\ im' s. Et se Diei leur douoit qu'il i poissent venir, làseroient il i sauveté, VU.LEH. CLvi. Et si tost qu'ele pot, ele se mist hors de son pooir por estre à sauveté, beauu. ixx, 95. Il iv s. S'estoient tous retraits dedans les forests .... et y avoient tout attrait et mis à sauveté, PROiss. I, l, 57. Nous tournions le dos à nos ennemis, et prenions le chemin de sauveté, comm. viii, 7.
— ÉTYM. Prov. salvetat, saubelat ; esp. talvedad; du lat. fictif talviiatem, de salvus (voy. sauf).
t SACVETER (sô-ve-té), V. a. Terme de marine. Faire un sauvetage.
t SAUVETERRE (sô-ve-té-r'), t.m. Marbre noir veiné de blanc et de jaune, et marqueté de blanc.
— ÊTVM. Nom de lieu.
\ SAUVETEUR (s6-ve-teur), t. m. Celui qui
prend part à un sauvetage. || Embarcation, appareil ou moyen quelconque de sauvetage. || Adjectivement. Bateau sauveteur.
SAUVEUR (sô-veur), t. m. || 1° Celui qui sauve. Qu'il soit à d'autres yeux le sauveur de l'empire, VOLT. Irine, ni, 5. Entendre un peuple entier vous nommer ses sauveurs, c. delav. Vêpres sicil. iv, 4. Il U se dit aussi des choses. Ce remède a été mon sauveur. {| Adj. Un dieu sauveur. || V Terme de marine. Se dit de ceux qui ont sauvé ou repêché des marchandises. || 3° Par excellence, le Sauveur [avec une majuscule), Jésus-Christ. Nous l'avons ouï nous-mêmes, et nous savons qu'il est vraiment le Sauveur du monde, saci. Bible, Évang. St Jean,
IV, 42. Sauveur, pîre, sacrifloateur, hostie, nourriture, roi, sage, législateur, affligé, pauvre, pasc. Fent. xviii, 16, édit. havet. Elle a aimé en mourant le Sauveur Jésus; les bras lui ont manqué plutôt que l'ardeur d'embrasser la croix, boss. Duch. d'Orl. Voici donc le Sauveur du monde entre les mains d'un traître, iiass. Carême, Passion. Il II sa dit quelquefois en forme d'exclamation pieuse. Ah I Sauveur I quel coup de tonnerre 1 je n'ai pas une goutte de sang dans les veines, oen- Lis, Thédt. d^éduc, la Curieuse, v, 8.
— iliST. XII' s. La mcie aneme [mon âme] s'esleecerat [se réjouira] el Seignur, e deliterad sur Sun salvedur. Liber psalm. p. 43. Benoiz soies, salverres de Israël qui.... Machab. i, 4. ||xiii*s. Seigneur, or escoutés que Diex vous a promis; Ce dist li vrais sauveres, qui en la crois fu mis. Si fil le vcngcroient as brans d'acier fourbis, Ch. d'Ànt. K, 495. Il XV* s. Et furent les rues parées comme à la Saiiit-Sauveur [à la fête du Saint Sacrement], DH CANQE, sacrum. Il XTi* s. 0 vrai sauveur, marot,
— ÊTYM. Bourg, sauveu ; provenç. salvaire, Salvador; espagn. et portug. Salvador; ital. loJtioture; du lat. salvatorem, de salvare, sauver. Le français salvere et le provenç. salvaire sont le nominatif, du latin salvdtor; salveor et Salvador sont le régime, de salvatorem.
SAUVE-VIE (sô-ve-vie), J. f. Espèce de petite fougère, aspUnium ruta muraria, L. dite aussi rue des murailles. || Au piur. Des sauve-vie.
— HIST. XTi* s. SauTO-Tie, cotoratb.
— ÊTYM. Sauter, vie.
t SAUVIG.VO.V (sô-vi-gnon), ». m. Cépage estimé de la Charente et i\x Bordelais.
I SAVALLE (sa-va-l*), ». m. Nom que porte à la Martinique la dupée cyprinoide.
SAVAMMKNT (sa-va-man), adv. D'une manière
savante Sur ce point si savamment touché.
Desmares dans Saint-Uoch n'aurait pas mieux prêché, BOIL. Sat. X. Plus savamment cruel, par quelques grains de poudre L'homme imite l'éclair, son bras lance la foudre, delille, Trois rêgn. i. Il Parler savamment d'une chose, en parler avec connaissance.
— liisT. ivi* s. Sçavantement. scavamment,
COTGRAVB.
— ÊTYM. Savant, et le suffixe ment.
SAVA.XE (sa-va-n'), ». f. || l" Nom, dans les
Antilles, la Guyane et ailleurs, des prairies et de toutes les plaines qui produisent' de l'herbe pour la nourriture des bestiaux; c'est ce dernier sens qu'on lui donne d'ordinaire dans le langage général. Savane, prairie, campagne, Dict. de PeVleprat, Paris, 1665. {| Savanes noyées, celles qui sont sur le bord de la mer. Derrière ce rideau sont des savanes noyées par les eaux pluviales qui n'ont point d'écoulement; et ces savanes se prolongent toujours latéralement au rivage, dans une profondeur plus ou moins considérable, selon l'éloignementou le rapprochement des montagnes, baynal, Ilist. phil. III, 21. il i' Au Canada, nom de forêts d'arbres résineux, dont le fond est humide et couvert de mousse. Tous ces sauvages, quoique de cinq ou six nations différentes, sont connus, dans les relations françaises, sous le nom de 5ai'anoii, parce que le pays qu'ils habitent est bas, marécageux, mal boisé, et qu'au Canada on appelle savanes ces terrains mouillés qui ne sont bons i rien, CHARLEVoix, Ilist. de la Nouv. Fr. t.m, p. 18).
— ÊTYM. Espagn. savana, proprement drap de lit, qu'on trouve avec le sens de savane pour la première fois dans oviedo, Ilist. de las Indias, xiv, 2; port, sabena, drap de lit; bas-lat. sabana, dans un texte de 781, dérivé du lat. <abanum, linge, serviette, qui est le grec oiSïvov, toile, linge.
SAVANT, ANTE(sa-van, van-t'), adj. || 1' Qui sait beaucoup, qui est versé dans les matières soit d'érudition, soit de science. Il est savant en histoire, en mathématique, en chimie. Les sociétés savantes. Les corps savants. N'étant point de ces rats qui, les livres rongeants. Se font savants jusques aux dents, LA FONT. Fabl. viii, 9. Mais j'aimerais mieux être au rang des ignorants. Que de me voir savant comme certaines gens, mol. Femm. sav. ir, 3. Et les femmes docteurs ne sont pas de mon goijt; Je consens qu'une femme ait des clartés de tout; Mais je ne lui veux point la passion choquante De se rendre savante afin d'être savante, id. ib. I,
3 Je vous suis garant Qu'un set savant est sot
plus qu'un sot ignorant, m. ib. rv, 3. Ne paraissez
point si savant; de gricel humanisez votre dis-
I cours, et parlez fiour être entendu, m. Critique, 7.
Les entreliens spirituels que saict Louis avait presque tous les jours avec les plus saints et les plu* savants hommes de son siècle, flécii. Pantg. St Louis. L'étude qu'il fit de cette noble et savants antiquité, qu'il regardait comme la source de la raison et de la politesse do nos siècles, id. Vue d» Mont. Il est savant, dit un politique, il est donc incapable d'afl'aires, je ne lui confierais pas l'état de ma garde-robe, et il a raison, la brut. xn. Qu'est-ce que l'homme savant, s'il n'est que savant, sinon assez souvent un homme vain, entêté, plein de lui-même, méprisant tous les autres, et, pour le dire en un mot, un animal de gloire T c'est ainsi que Tertullien définit quelque part les savants du paganisme, rolun, Traité des Et. v, 1" part. $ 6. Croyez que M. Abauzit, auteur de l'article Apocalypse et d'une partie de Christianisme, est non-seulement un des plus savants hommes de l'Europe, mais, à mon gré, le mieux savant, volt. LeH. d'Àrgental, <4 nov. 1784. Ayez, mademoiselle, le courage d'être savante; il ne faut que des exemples tels que le vôtre pour inspirer le goiit des langues anciennes, didki, Lett. sur Ut Sourds et muets. Aristippe eut un disciple célèbre dans sa fille Arété, elle se distingua parmi les femmes savantes, cond. Ilist. ane. ni, is. Le plus savant n'est pas toujours le mieux savant, caubacÉRÈs, Insl. Uém. scienc. mot. et pol. t. m, p. 44.
Il Fig Les grandes imes, qui, ayant parcouru tout
ce que les hommes peuvent savoir, trouvent qu'ils ne savent rien, et se rencontrent en cette même ignorance d'où ils étaient partis; mais c'est une ignorance savante qui se connaît, pasc. /'en», m, 18, édit. UAVET. || 2° Où il y a soit de la science, soit de l'érudition. De savants travaux. Des recherches, des notes savantes. Savants et immenses recueils où il renferma la jurisprudence ancienne et nouvelle, rLÉcu. Lamoignon. \\ Armei savantes, l'artillerie et le génie, ainsi dites à cause des études mathématiques qu'elles exigent. Près de lui [dans la retraite de Moscou], des officiers des armes savantes aissertaient encore : dans notre siècle, que quelques découvertes encouragent à tout expliquer, ceux-là, au milieu des souflTrances aiguës que leur apportait le vent du nord, cherchaient la cause de sa constante direction, séoub, Ilist. de Nap. xi, 40. || Langues savantes, les langues anciennes et celles qui ne sont connues que d'un petit nombre de personnes, l'hébreu, l'arabe, le sanscrit, etc. et non,- ainsi qu'on le dit quelquefois i tort, les langues synthétiques, comme étant d'une structure compliquée et plus systématiques que les nôtres. || 8* Bien instruit, bien informé de quelque chose. Où avez-vous appris cela? vous êtes bien savact. Me voici bien savant sur ce chapitre, PASC. Provinc. vn. Je trouve ici les chrétiens trop savants : Chrétien, tu sais trop la distinction des péchés véniels d'avec les mortels, BOSs. Mar.-Thér. Voilà donc saint Pierre changé, et sa chute l'a rendu savant, m. Panég. St Pierre, 2. Il Cette jeune fille est trop savante, est bien savante, elle sait des choses qu'elle devrait ignorer. Il i" Qui a de l'habileté en quelque chose. Le plus savant s'y trompe, et deux yeux voient mieux qu'un, ROTR. Ântig. iv, 8. || Savant i, même sens. Un homme si savant au langage des yeux Ne doit pas demander que je m'explique mieux, corn. Suivante, m, ». Censeur un peu fâcheux, mais souvent nécessaire. Plus enclin à blâmer que savant à bien faire, boil. Art p. iv. t| Savant en, dans, qui est habile en, versé en. Accoutumée au meurtre et savante en poison, cobn. Médie, iv, 3 Que les douleurs l'ont rendue savante dans la science de l'Évangile, et qu'elle a bien connu li religion et la vertu de la croix, quand elle a uni le christianisme avec les malheurs! boss. iietns d'Anglet. Tantôt, savant dans l'art par Neptune inventé. Rendre docile au frein un coursier indompté, RAC. Phèdre, l, t. Lausus, savant dans l'art de dompter les coursiers; Lausus, après Turnus, le plus beau des guerriers, deulle. En. vn. Il Chien savant, chien dressé i certains exercices. Il On a dit savant de, ce qui n'est plus guère usité. Quoiqu'il fiJt très-savant de son humeur et de ses tromperies, si ne se put-il empêcher de se plaire à ses flatteries, d'urfé, Astrée, i, B. Sans le péché du premier homme, nous naissions tous savants des arts et des sciences nécessaires pour notre conservation, racan. Harangue à l'Académie. Tes protestations ne font que m'ofTenser; Savante, i mes dépens, de leur peu de durée. Je ne veux point en gago une foi parjurée, corn. Milite, v, 3. 11 6° Où il y a de l'art, de l'habileté. L'organisation
SAV
gavante d'une machine. Une main savante. Les siège», les assauts, les savantes retraites, cohn. Sertor. m, '2. Ou'en savantes leçons votre muse fertile Partout joigne au plaisant le solide et l'utile, boil. Art p. IV. Il 6" S. m. etf. Personne versée soit dans l'érudition, soit dans les sciences. Les curieux et savants ont pour objet l'esprit, pasc. Pens. xxv, 181, édit. HAVET. Les faux savants ne sont pas les seuls qui veulent paraître ne rien ignorer; presque tous les hommes ont ce défaut, principalement ceux qui ont quelque lecture et quelque étude, malebr. Rech. vér. rv, 8. C'est cette savante Ou'estime Roberval, et que Sauveur fréquente, boil. Sot. x. 11 est vrai qu'il faut craindre de faire [des filles] des savantes ridicules, FÉN. t. XVII, p. 4. Un savant illustre qui est populaire et familier, c'est presque un prince qui le serait aussi, FONTEN. Leibnitt. Les savants du premier ordre auraient peine à le devenir, s'ils n'étaient passionnés pour leur science, et possédés par un goût supérieur i tout, iD. Bernimlli. Cette savante (Mme Dacier], n'étant encore que Mlle Lefèvre, avait dédié un livre au roi qu'elle ne pouvait lui présenter, personne n'osant l'introduire auprès d'un prince qui ne voyait point sans indignation un sujet assez téméraire pour être d'une autre religion que la sienne, d'alemb. Éloges, Fléchier, note 8. Quatre cent soixante savants qui s'étaient réfugiés dans des montagnes avec ce qu'ils avaient pu emporter de leurs bibliothèques, furent pris et expirèrent au milieu des flammes, dider. Opin. des anc. philos. ( Chinois). Les savants, qu'on appelle aussi érudits, ont joui autrefois d'une grande considération ; on leur doit la renaissance des lettres; mais, »omme aujourd'hui on ne les estime pas autant qu'ils le méritent, le nombre en diminue trop, et c'est un malheur pour les lettres, duclos, Consid. mœurs, <(. Il y a un autre ordre de savants qui s'occupent des sciences exactes, on les estime, on en reconnaît l'utilité, on les récompense quelquefois; leur nom est cependant plus à la mode que leur personne, id. tb. || Savant en us, savant qui a une teinte de pédantisme, à cause que, anciennement, les érudits latinisaient leurs noms et leur donnaient la finale us. Oui, je suis un savant charmé de vos vertus. Non pas de ces savants dont le nom est en us, mol. Fdch. m, 2. Permettez-moi de vous représenter qu'aujourd'hui même encore ce ne sont point, comme vous vous le figurez, les Schrévélius, les Pérarédius, les Ménagius, ni, pour me servir des termes de Molière, les savants en us, qui goûtent davantage Homère, Horace, Cicéron, Virgile, boil. Lelt. à Perrault. Vous n'êtes point savant en us ; D'un Français vous avez la grâce; Vos vers sont de Virgilius, Et vos épitres sont d'Horace, volï. Poés. mél. 200. || Demi-savant, homme dont les connaissances sont superficielles. Des demi-savants qui sont de tous les sots les plus importuns aux yeux d'un homme sensé, condil. Art. de rais, i, 8. La oharlatanerie, qui sait se mettre à la portée des ignorants ou des demisavants, se prêter à leurs préjugés comme à leurs intérêts, condorcet, Duhamel.
— REM. AuiTi' siècle et au xvii", on écrivait sçavant, sçavamment, sçavoir, par une fausse analogie avec science, ou une fausse dérivation du latin scire.
— SYN. SAVANT ROMHE, HOMUE SAVANT. Un Savant
homme est un homme dont la mémoire est remplie de beaucoup de choses. Un homme savant est un homme versé dans quelque matière particulière de l'érudition, ou des sciences proprement dites.
— HlST. ivi' s. Il falloit s'enquérir qui est mieulx sçavant, non qui est plus sçavant, mont, i, 4 43. Il est sçavant jusques aux dents, il a mangé son bréviaire, ouDiN, Curi'oJ. franc.
— ÊTYM. Forme participielle du verbe savoir.
SAVANTAS (sa-van-tâ) ou, plus souvent aujourd'hui, SA VANTASSE (sa-van-ta-s'), s. m. Terme de dénigrement. Celui qui affecte de paraître savant, mais qui n'a qu'un savoir confus. Et des gens comme vous doivent fuir l'entretien De tous ces savantas qui ne sont bons i rien, mol. Fdch. m, 3. Vous me représentez plaisamment votre savantas; il me fait souvenir du docteur de la comédie [le docteur Panorrce, dans le Mariage forcé], sév. 24 janv. (889. Grands savantas, nation incivile, Dont Calepin est le seul ustensile, deshoul. Boil. à M. Charpentier. Si vous en croyez des personnes aigries l'une contre l'autre et que la passion domine, l'homme docte est un savanUsse, le magistrat un bourgeois, la bbuy. xn. Longepierre, fade savantassa, st-sih. 440, 431. Saumaise e«t un savantasse qui a rendu des services à la littérature, mikabsad, Utt. orig. t. m, p. 78.
— ËTYM, Savant) et la désinence péjorative as
SAV
ou asse. Savantasse esl un augmentatif; Montaigne a dit savanteau, qui est un diminutif : Ces sçavanteaux ausquels les lettres ont donné un coup de marteau, l, 4 46.
t SAVANTISSI.ME (sa-van-ti-ssi-m'), adj. Trèssavant; se dit par plaisanterie. Est-il bien possible que vous soyez ce savantissime, ce bel esprit dont la réputation est si grande en ce pays-ci î LF.SAGE, Cil Blas, I, 2.
t SAVART (sa-var), s. m. Nom, en Champagne, des terres crayeuses pauvres.
— HIST. XV* s. Un roy est comme un jardinier qui a un bel et grand jardin plein de beaux arbres portans bons fruits; s'ils sont bien labourés, ils apportent grands profits, et ne les doit pas laisser en friche, savart ou désert, duclos, Preuves de Louis il, p. 290, dans lacurne.
— KTYM.Ba.s-lat. sovorda, donton ignore l'origine. SAVATE (sa-va-f), ». f. || 1" Vieux soulier fort
usé. Je me soucie d'une paire de bottes neuves comme d'une savate, disait le pauvre débotté, SCARR. Hom. corn, n, 2. J'entends un bruit de savates de femme dont le pas inégal annonçait une boiteuse, genlis, les Porreniis, t. 11, p. 238, dans POLGENS. || Familièrement. Traîner la savate, être dans le vagabondage, dans l'indigence. J'avais une grande disposition à traîner la savate, et à courir les rues comme tant d'autres, comte de CAVLUS, JUém. des colporteurs, Œuvr. t. x, p. 236, dans POUGENS. || 2° Nom qu'on donne quelquefois à un soulier neuf ou vieux dont le quartier est rabattu. Mettre ses souliers en savate. || 3* Jeu de la savate : une douzaine d'écoliers s'asseyent en rond, levant les genoux et se serrant étroitement les uns contre les autres; sous leurs genoux ainsi haussés et juxtaposés, ils font passer un soulier que l'un d'eux, debout au milieu du cercle, cherche à saisir au passage. Celui entre les mains de qui elle est saisie , pi-enant la place de celui qui l'a saisie, cherche la savate à son tour. Il 4° Battre la savate, sorte de jeu ou d'exercice pour se réchauiïer quand il fait froid; on dit plutôt : battre la semelle (voy. semelle). || 6° Populairement. Espace de gymnastique qui a pour objet de passer la jambe à celui qu'on attaque ou par qui on est attaqué, et qui consiste à appliquer entre le mollet et la cheville de son adversaire un coup de pied qui lui fait perdre l'équilibre. {[Sorte de manière de se battre à coups de pied. Les règles de la savate. || 6° Correction militaire appliquée par les soldats entre eux pour certains délits non justiciables d'un conseil de guerre, et qui consiste en ceci : le patient, couché sur le ventre, est étendu sur un banc, la chemise retroussée, et chaque soldat de la compagnie lui applique trois coupsd'un soulierneuf et bien ferré. Recevoir la savate. || 7" Anciennement, dans le service de la poste, celui qui va à pied porter les lettres dans les endroits éloignés des grandes routes; on dit aujourd'hui piéton. || 8° Terme de marine. Morceau de hois épais, plat et creusé, dans lequel on fait entrer le bec de l'ancre pour le garantir, quand il repose sur la pierre d'un quai, ou pour protéger le bordage quand l'ancre est fixée au côté du navire. || On dit aussi semelle. || Pièce de bois qu'on passe de bout en bout sous la quille d'un navire qu'on veut lancer.
— HlST. xin' s. Si com Escos [Écossais] qui porte sa cavate, De palestiaus sa chape ramendée, Deschaus, nus pies, affublés d'une nale, Hist. Utt. de la Fr. t. xxiii, p. 752. || iiv s. Tant qu'à un chavetier Bauduins s'arresta. Qui chavates cousoit.... Boud. deSeb. xn, )72. ||xvi* s. I.e beau soulier devient enfin savate , cotgrave.
— ÊTYM. Picard, chorale; espagn. xapata et Xapato, soulier; ital. ciavatta. Origine incertaine. Souza le tire de l'arabe sahata, chausser, mais on ne trouve pas ce verbe dans Freitag. D'après Mahn, il vient du basque lapata, soulier, xapatu, mettre le pied, xapatain, cordonnier.
t SAVATELLE (sa-va-tè-l'), s. f. Espèce de champignon.
SAVATERIE (sa-va-te-rie), s. f. Lieu où l'on vend de vieux souliers.
— lllST. xv s. Que les maistres dudit mesticr de cordonnerie ne se meslcront point du mestier de savaterie, Ordonn. juillet 1486.
— KTYM. Savate.
SA VETE, ÊE (sa-ve-té, tée), part, passé de saveter. C'est de l'ouvrage saveté.
SAVETER (sa-ve-té; le I se double quand la syllabe qui suit est muette : je savette, je savetterai), V. a. G&ter un ouvrage en le faisant ou en le rac-
SAV
commodant malproprement, comme un savetier rapetasse un vieux soulier.
— ETYM. Savate.
SAVETIER (sa-ve-tié; l'r ne se lie jamais; au pluriel, l's se lie : des sa-ve-tié-z adroits), s. m. Il l'Ouvrier qui raccommode de vieux souliers. Un savetier chantait du matin jusqu'au soir, la FONT. Fabl. VIII, 2. Je veux pour espion qui soit d'exacte vue, Prendre le savetier du coin de notre rue, MOL. Éc. des fem. iv, b. Ce pape [Jean XXII] est un grand exemple de ce que peut le simple mérite dans l'Église; car il faut sans doute en jvoir beaucoup pour parvenir de la profession de sjvetier au rang dans lequel on se fait baiser les pieds, VOLT. Mœurs, 68. || Fig. Je ne sais s'il faut intituler la pièce le Triumvirat; le titre me ferait soupçonner; on dirait que je suis le savetier qui raccommode toujours les vieux cothurnes de Crébillon, VOLT. Lett. d'ArgerUal, 27 sept. 1763. || Fig. et populairement. C'est un savetier, ce n'est qu'un savetier, c'est un mauvais ouvrier. || J" Marchand de vieux souliers. || 3° Épinoche.
— HlST. xm' s. Nus [nul] ne puetestre cavalier» à Paris, se il n'achate le mestier dti roy, Liv. de* met. 233. Il xrv' s. Là [devant Dieu] tendra on aussi grant compte D'un savettier comme d'un conte, BRUYANT, dans Minagier, t. n, p. 31. |]xv's Les quarreleurs et savetiers ne feront aucun ouvraige de cuir neuf, mais le tout de vieil cuir, Ordonn. juin 1480 savetier, chien Suy appeliez, chascun m'injure, E. descii. Poés. mss f 324. ||xTi' s. Les âmes des empereurs et des savatiers sont jeclées à mesme moule, mont, ii, 19i.
— ÉTY.M. Savate; wallon, savti; picard, chavetier ; en Savoie, Chavoutier, nom propre.
SAVEUR (sa-veur), s. f. Qualité qui est perçue par le sens du goût. Les sels fixes, les soufres, les huiles, dissous et atténués par quelque liquide, principalement par la salive, sont la cause matérielle des saveurs, bonnet, Ess. psychol. 23. Toutes les fois qu'on servira un mets d'une saveur distinguée et bien connue, on observera attentivement les convives, et on notera comme indignes tous ceux dont la physionomie n'exprimera pas le ravissement, BRILLAT-SAVARIN, Physiologie du goût, Médit. XIII. Il Cela n'a ni goût ni saveur, se dit d'un mets insipide. || Fig. Il n'y a là ni goût ni saveur, se dit d'une composition littéraire dépourvue de charme et d'agrément.
— HIST. XII' s. Et joie a povre savor. Qui en tel lieu est gastée, Couci, i. || iiii* s- En aventure de lui prendre Me mis por ce que jel vi tendre, Jaunet et de bone savor, Ben. 7237. Car encor ai ou cuer enclose La douce savor de la rose, la Rose, 3788. Il xiv s. X ce qu'elle [la langue] face devision entre les savourset les représente aucommunsens, H. DE mondeville, f° 19. Le pigeon est chaude viande à l'esprevier qui vole, car la saveur luy en demeure longuement, Ménagier, m, 2. || xv s. En l'eau n'y a saveur; prendrai-je pour breuvage Ce qui n'a point de goustî... basseun, n. |1 ivr s. La saveur mesme et délicatesse se treuve, à nostre goust mesme, excellente, à l'envi des nostres, en divers fruicts de ces contrées là [Amérique], sans
culture, MONT, i, 234.
— ÊTYM. Prov. et esp. sabor; ital. îopor*; du lat. saporem, de sapere, avoir du goût (voy. savoir).
t SAVINIER (sa-vi-nié), s. m. Un des noms vulgaires de la Sabine, juniperus sabina, L.
— HIST. xvi'^ s. De deux sortes de savinier y a-il, dont la plus prisée a le feuillage approchant du cyprès, à telle cause appelle des anciens cyprès de Candie, o. de serres, 657.
— ËTYM. Dérivé de sabine.
1. SAVOIR (sa-voir; Palsgrave, p. 22, écrit scavoir, mais prononce savoir), je sais, tu sais, il sait, nous savons, vous savez, ils savent; je savais; je sus, nous sûmes; je saurai; je saurais; sache, sachons, sachez; que je sache, que noyt sachions, que vous sachiez; que je susse, qu'il sût; sachant, su, ». o. || l* Avoir connaissance de. Il 2" Qui TOUS savez, que vous savez. || 3° Je sais ce que c'est. || i' Savoir une personne, une chose, savoir que cette personne, cette chose existe, peut être trouvée. || 6" Ne savoir qu'une chose, être uniquement préoccupé d'une chose. || 6' Je ne sais qui, et, substantivement, un je ne sais qui. || 7* Je ne sais quoi, et, substantivement, un je ne^sais quoi. Il 8* Je suis tout je ne sais comment. || 9° Par manière de doute et d'interrogation, que savezvousî qu'en savez-vousT que sais-jeT|l 10° Dieulo sait. Dieu sait I Dieu sait comme 1 1| 11' Je ne sa- I che. Que je sache. || 12* Savoir gré. il 13» Posséder
SAV
uns science, un art, un métier. |{ li« Savoir, suivi d'une infinitif, être habile, être accoutumé à faire quelque chose. || 15° Ne pas hésiter à. {| 16' Savoir à l'impératif, et suivi d'un infinitif, ne fait que renforcer l'impératif. || 17' Parvenir à, réussir à, avoir la force, le moyen de. || 18° Au conditionnel et au plus-que-parfait du subjonctif, il s'emploie pour pouvoir. || 19* Être informé do quelque chose, apprendre. |1 20° Je le sais, vous le savez, nous le savons, etc. s'emploient souvent en parenthèse. Il 21' Avoir dans la mémoire. || 22" Absolument, avoir l'esprit orné, rempli de connaissances. || 23° Faire savoir, instruire, informer quelqu'un. || 2i* Faire à savoir. || 25° C'est à savoir, ou à savoir, ou, simplement, savoir. Il 26° V. réft. Se savoir, être su. Il 27° Se connaître soi-même. || Proverbes.
1° Avoir connaissance de. Comme ils ne savaient pas le pays, vaugel. Q. C. 348. Et, pour dernier outrage.... Il faut vous voir mourir et n'en savoir la cause, corn. Perth. rv, )5. Seigneur, je sais que je ne sais qu'une chose; c'est qu'il est bon de vous suivre, et qu'il est mauvais de vous offenser, pasc. Prière u. Un berger qui savait très-bien les chemins do ce pays, sÉv. (6 aoiit t676. Je vous quitte, je m'éloigne : voilà ce que je vois, et je ne sais pas l'avenir, id. à Mme de Crignan, (O oct. 1«73. Je sais le plaisir d'orner une chambre ; j'y aurais succombé, sans le scrupule .... ro. (3 juin (685. Il tire d'un déserteur, d'un transfuge, d'un prisonnier, d'un passant, ce qu'il veut dire, ce qu'il veut faire, ce qu'il sait, et, pour ainsi dire, ce qu'il ne sait pas; tant il est siir dans ses conséquences! Boss. Louis de Bourbon. Qui ne sait où son rare mérite et son éclatante beauté, avantage toujours trompeur, lui firent porter ses espérances [la princesse Marie, qui devint reine de Pologne]? ID. Ann. de Gom. Quoi I attendre à commencer une vie nouvelle, lorsque, entre les mains de la mort, placés sous ses froides mains, vous ne saurez si vous êtes avec les morts ou encore avec les vivants I ID. ib. Vous, riches, vous qui vivez dans les joies du monde, si vous saviez avec quelle facilité vous vous laissez prendre aux richesses que vous croyez posséder, si vous saviez par combien d'imperceptibles liens elles s'attachent et, pour ainsi dire, s'incorporent à votre cœur.... m. le Tellier. Sachez, mes frères, que, si nous voulions bien nous juger nous-mêmes, nous ne serions jamais jugés de Dieu, BOURDAL. Sévér. de la pénit. i" avent, p. 197. C'est [l'esprit] une puissance orgueilleuse qui.... laissant souvent la vérité pour le mensonge, n'ignore que oe qu'il faudrait savoir, et ne sait que ce qu'il faudrait ignorer, flécii. Duc de Mont. Personne ne discernait plus [avant l'établissement d'un grand hôpital à Paris] les pauvres de nécessité d'avec ceux de libertinage ; on no savait en donnant l'aumône si l'on soulageait la misère, ou si l'on entretenait l'oisiveté, m. Aiguillon. Que si quelqu'un, mes vers, alors vous importune Pour savoir mes part'nts, ma vie et ma fortune, Contez-lui.... boil. Épttre X. Elle [Agrippine] sait son pouvoir, vous savez son courage, rac. Brit. m, ). je sais de ce palais tous les détours obscurs, id. Andr. m, l. Du moins, si je ne sais le secret de lui plaire, Je sais l'art de punir un rival téméraire, m. Brit. m, 8. Ils racontent une religion, une police, une manière do se nourrir, de s'habiller, de bâtir et de faire la guerre, qu'on ne savait point, des mœurs que l'on ignorait, la bruy. Disc, sur Théophraste. Apprenez seulement ce que savait Socrate : Sachez que vous ne savez rien, lamotte, Fabl. iv, 17. Je sais votre mérite, je sais mes talents, je vous conduis, et l'on vous aimera, toute raisonnable qu'on est, mariv. Fauss. confid. i, 2. La seconde guerre punique est si fameuse que tout le monde la sait, MONTESQ. Rom. 4. Oui, je sers Dieu, je crois en Dieu, et je veux qu'on le sache, volt. Lett. d'Argental, 30 janv. (70). Ho I vous en voulez trop savoir, vauven. Dial. Catilina, Sénécion. De vices, j'avoue que je ne vous en sais point, d'alemb. Vortr. de Mlle de VEspinasse. Chinois, qu'est-ce qui soutient le monde? Un gros éléphant. Et l'éléphant, qui le soutient? Une tortue. Et la tortue? Je n'en sais rien, dider. Suffis, de la nat. n* 22. |1 Absolument. D'où vient ce silence ? est-ce de l'oubli? est-ce une parfaite indifférence? je ne sais : que voulez-vous que je pense? à quoi ressemble votre conduite? sÉv. Lett. au prés, de Moulceau, 6 juin 1695. U eut plusieurs enfants qui furent tous rois, comme chacun sait, VOLT. Zadtg,( 2. Il 11 ne sait rien de rien, il n'est pas averti de ce <jui se passe. Il Familièrement. U ne sait ce qu'il «eut, se dit d'un homme indécis ou dont les ré-
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solutions sont inconstantes. || Il ne sait ni ce qu'il fait, ni ce qu'il dit, il ne fait ni ne dit ce qu'il devrait dire ou faire, soit par ignorance, soit par trouble d'esprit. Pour M. le prince de Conti, il était transporté, il ne savait ni ce qu'il disait ni ce qu'il faisait, sÉv. 304. || Il sait mieux qu'il ne dit, il parle contre sa propre connaissance. || Il sait le fin du fin, se dit d'un homme habile i[ui a connaissance des affaires les plus secrètes. || 11 en sait bien long, il en sait beaucoup, il a beaucoup de finesse, d'adresse. X vous dire le vrai, vous en savez beaucoup, corm. 5ui(e du Ment, ii, 3. Vous en savez trop long pour moi, vadé, Nicaise, se. ) 7. Il II en sait plus d'un, il en sait plus d'une, il a plus d'un tour d'habileté à sa disposition. Nous en savons plus d'un, dit-il en les gobant; C'est tour de vieille guerre; et vos cavernes creuses Ne vous sauveront pas, je vous en avertis, la font. Fabl. m, (8. || Savoir qu'en dire, voy. dire n' 8. Il 2* Qui vous savez, que vous savez, se dit quand on ne veut pas nommer la personne ou la chose à une personne qui la connaît bien. Ne mandez point à Paris que je n'irai pas iitôt; ce n'est pas que je craigne que quelqu'un ne se pende, mais c'est que que je ne veux pas donner cette joie à qui vous savez, SÉV. 237. Le mariage que vous savez ne va pas bien, hainten. Lett. au D. de Noaill. <5 juillet (707. Passez chez votre notaire pour ce que vous savez, DANC0URT, Chev. à la mode, i, 8. Demoulin m'est venu trouver dans ma retraite, et m'a confirmé qu'il croyait l'homme que vous savez, coupable de cette trahison (une édition d'œuvres de Voltaire), volt. Lett. Formant, 5 juin (734. Cet argent, voilà ce qu'il faut que j'ajoute, Vient de qui vous savez, pour ce que vous savez, v. Huoo, Ruy Blas, IV, 3. Il Ce que vous savez, sert à désigner, par euphémisme, des choses qu'il ne serait pas trèsdécent de nommer. Son père me l'a accordée ; mais je crains un peu ce que vous savez, la disgrâce dont on ne plaint personne, mol. ifar. forcé, G. Vous êtesvous mis en tête qu'un homme de soixante et trois ans ait si peu de cervelle, et considère si peu sa fille que de la marier avec un homme qui a ce que vous savez? id. Pourc. u, 7. || 3° Familièrement. Je sais ce que je sais, se dit quand on ne veut pas s'expliquer. U suffît que nous savons ce que nous savons, et que lu fus bien heureuse do me trouver,