‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 98 sur 754 · V.OL. Méd. m. lui, i, ( Mais gardons le silence · texte numérisé non relu

V.OL. Méd. m. lui, i, ( Mais gardons le silence

je sais ce que je sais, le p. brumoy. Boite de Pandore, m, 7. Il 4° Savoir une personne ou une chose, savoir que cette personne, cette chose existe, peut être trouvée. Je sais un paysan qu'on appelait Gros-Pierre, uol. Ec. des f.i, \. L'on sait des gens qui avaient coulé leurs jours dans une union étroite.... la bruy. v. On m'a dit, ma bonne, que tu savais quelquefois des carrosses à vendre, dancourt, la Femme d'intrigues, m, 8. Du reste, manquant rarement d'argent quand il en savait dans la bourse des autres, j. J. rouss. Confess. ii. || Savoir avec un participe ou un adjectif, savoir que la qualité indiquée par le participe ou l'adjectif est dans l'être auquel ils se rapportent. Je ne vous savais pas malade. Quand je vous ai su à Paris. Vous aurez su M. de Vivonne pour huitième maréchal de France, PELLissoN, Lett. hist. t. ii, p. 383. Savait-elle une famille opprimée? elle animait la justice contre l'oppression, ?léch. Aiguillon. Quand il les sut arrivés sur les frontières de ses Etats, rollin, Hist. anc.Œuv. t. ix, p. (03, dans pougens. C'est pourquoi, n'étant point encore sorti de sa chambre, il [l'aveugle de Cheselden] disait que, quoiqu'il la sût plus petite que la maison, il ne comprenait pas comment elle pourrait le lui paraître à la vue, CONDILL. Traité sens, m, 6. || 5° Ne savoir qu'une chose, être uniquement préoccupe d'une chose. Les Spartiates ne savaient qu'une chose, c'était le dévouement à la pairie. || On dit en un sens analogue : Ne savoir qu'une personne. L'abbé et moi nous pétillons, et nous sommes résolus.... do nous en aller en Provence.... pour moi, je ne sais que vous, et j'ai une telle impatience de vous aller voir, que mes sentiments pour les autres n'ont pas bien toute leur étendue, sÉv. à Mme de Grignan, c avr. (672. Il En termes de dévotion, ne savoir que Jésus- Christ, être uniquement occupé de conformer sa vie aux doctrines de l'Évangile. Ne voulant plus savoir que Jésus-Clirist. || 6° Je ne sais qui, et, substantivement, un je ne sais qui, un homme peu connu ou peu considéré. Qu'est-ce que ce grand je ne sais qui va penser d'elle, mariv. Pays. parv. 6* part. Il On dit de même : Un je ne sais quel homme est venu me trouver. On peut juger quelle était l'arrogance féroce des seigneurs croisés par le trait que 1

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rapporte la princesse Anne Comn^ne de je ne saii quel comte français qui vint s'asseoir à côté de l'empereur sur son trône, dans une cérémonie publique, VOLT. Mœurs, 64. || »• Je ne sais quoi,

I quelque chose que l'on ne connaît pas. Que même de son maître on dit je ne sais quoi, cobn. Cinna, IT, 5. C'est un M. Ameline, qui est je ne sais quoi i Notre-Dame, maintenon, Lett. au cardin. d» Noailles, 22 oct. (0»5. ||Je ne sais quoi de, suivi d'un substantif. Vous maudirez peut-être un jour

■ cette victoire Qui tient je ne sais quoi d'une action trop noire, corn. Poly. t, 4. || Par extension. Je ne

! sais quoi, quelque chose d'indéfinissable, en par-

I lant d'une qualité ou d'un sentiment. Je ne sais

I quoi pourtant dans mon cœur en murmure, cork.

Iléracl. V, 8. On se sent, à ces vers, jusquesau fond

de l'âme Couler je ne sais quoi qui fait que l'on se

j pjnie, MOL. Femm. tav. m, i. Il avait je ne sais

j quoi dans ses yeux perçants qui me faisait peur,

FÉN. Tél. IT. Ces deux hommes sont bien différents,

: le jeune a je ne sais quoi de vif et d'aimable, id.

, ib. IX. Je ne sais quoi de grand s'imprime à mes

pensées, st-lamb Sait. II. || Substantivement.

Qu'on rêve avec plaisir quand notre âme blessée

Autour de ce qu'elle aime est toute ramassée !

^ Vous le savez, seigneur, et comme à tous propos

1 Un doux je ne sais quoi trouble notre repos, coRN.

, Pulch. II, (. Les âmes assorties S'attachent l'une i

j l'autre, et se laissent piquer Par ces je ne sais quoi

I qu'on ne peut expliquer, m. Rodog.i, 7. Le sixième

[discours] est de M. de Gombauld, sur le je ne sais

quoi, PELLISSON, Hist. Acad. ni. La France le vit

^ alors accompli par ces derniers traits et avec ce

[je ne sais quoi d'achevé qur les malheurs ajoutent

aux grandes vertus, boss. touis de Bourbon. Il

j [notre corps, après la mort] devient un je ne sais

quoi qui n'a plus de nom en aucune langue, id.

Duch. d'Orl. Je ne suis, si l'on veut, ni belle ni

jolie; Mais j'ai certains je ne sais quoi Qui me

■ font préférer à la plus accomplie, th. corn. [l'inconnu, v, 2. L'amour, ne vous déplaise, est

un je ne sais quoi. Qui vous prend, je ne sais ni par où, ni pourquoi; Qui va, je ne sais où; qui fait naître en notre âme Je ne sais quelle ardeur que l'on sent pour la femme ; Et ce ie ne sais quoi, qui parait si charmant, Sort enfin de nés cœurs, et je ne sais comment, regnard, Démucritt,

1, 5. U s'est formé dans l'esprit des particuliers un ! certain je ne sais quoi qu'on appelle point d'honneur, MONTESQ. Lett. pert. »o. Je prie l'honnête homme qui fera Matière [dans l'Encyclopédie], de bien prouver que le je ne sais quoi qu'on nomme

I matière peut aussi bien penser que le je ne sais

I quoi qu'on appelle esprit, volt. Lett. d'AUmbert,

j juillet 1757. U y a dans tous les arts un je ne sais

quoi qu'il est bien difficile d'attraper, lo. Lett. Di-

j derot, 20 avr. (773. Il On dit dans un sens analogue:

je ne sais quel. Un je ne sais quel charme encor

vers vous m'emporte, corn. Poly. n, 2. Agité de

ces je ne sais quelles inquiétudes dont les hommes

ne savent passe rendre raison à eux-mêmes, b^es.

le Tellier. Je ne trouve qu'en vous je ne sais quelle

grâce Oui me charme toujours.... rac. Eslh. u, 7. Il

nous reste encore je ne sais quel désir vague, je ne

sais quelle inquiétude, qui nous avertit sans cesse

que noussommes peu do chose, volt. Micromégas,

2. C'était un mélange de génie et de tendresse, une beauté [Fénelon], ne sais laquelle, que jamais peintre n'a pu exprimer, cuateaubr. Natch. liv. vu.

II 8' Familièrement. Je suis tout je ne sais comment, j'éprouve un malaise que je ne puis définir. li 9" Par manière de doute et d'interrogation. Que savez-vous? Qu'en savez-vous? Que saisje? Que sait-on ce qui arrivera? La question est de savoir si.... Reste à savoir si.... Qui sait môme, qui sait si le roi votre père Veut que de son absence on sache le mystère? rac. Phèdre, i, 1. 1| Savez-vous, savez-vous bien, a, à peu près le sens de : ne vous y trompez pas. Savez-vous qu'un si grand retardement donne le temps à tout le royaume de parler? SÉV. 12. Savez-vous bien que je suis fort mécontente de la conduite et des manières de ma nièce? regnard, le Retard impr. (. || Que sait-on, se dit pour exprimer que l'on soupçonne quelque chose qui n'est pas su. Peut-être a-t-il démêlé dans votre vie quelque intrigue que vous espériez qui ne serait pas connue, que sait-on? fûnten. Dial. 3, morts anc. ||10" Dieu le sait, se dit pour exprimer notre ignorance dernière sur une chose. Nous naissons, nous vivons, bergère. Nous mourons sans savoir comment; Chacun est parti du néant. Où va-t-il ? Dieu le sait, ma chère, volt. Stances, 24. Nous savons très-bien que les tourbillons ne

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peuvent causer la pesanteur; nous gavons ce qui n'est pas, et Dieu sait ce qui est, m. Mél. Utt. À Jf»**. Il Dieu saltl Dieu sait comme! locution familière et elliptique dont on se sert pour donner une grande idde de quelque chose. Il a des écus, Dieu sait I Ensuite on s'est mis à boire, mais boire. Dieu sait, sét. 77. Entre nous, les Moscovites ne sont pas des peuples bien raffiné»; c'est leur folie que de prétendre ressembler aux anciens Grecs; mais Dieu sait sur quoi cela est fondé, FONT. Dial. 4, Morts mod. || 11* Elliptiquement, avec la négation et le subjonctif. Je ne sache personne, je ne sache rien, je ne connais personne, rien. Vapeurs.... auxquelles je restreindrai le nom d'exhalaisons, à cause que je n'en sache point de plus propre, desc. Ilétéor. î. Je ne sache aucun orthodoxe qui ait osé dire que.... Boss. Avert. repr. idolâtrie, <7. Je ne sache rien au monde qui ne soit le monument de quelque sottise des hommes, ponten. Ifojid. 2* soir. Je ne sache personne mieux partagé qu'il le sera, marit. Marianne, part. 6. Cause que je ne sache pas qu'on ait encore remarquée , MONTESO. Esp. ivii, 3. Des enfants étourdis deviennent des hommes vulgaires, je ne sache point d'observation plus générale et plus certaine que celle-là. I. J. Bouss. Ém. 1. 1| Que jesache, locution dont on se sert à la fin d'une phrase pour indiquer que, si un fait est autrement qu'on ne le dit, on l'ignore. Est-il venu quelqu'un, que vous sachiez, que tu saches T II n'est venu personne, que nous sachions. Il n'a point été à la campagne, que je sache. Il vaudrait autant être amoureux de la femme de Malhusalem; était-elle jolie, que vous sachiez? font. Lelt. gai. n, 20. Ne descendant, que je sache, d'aucun Franc qui ait ravagé les Gaules avec Ildovic nommé Clovis, volt. Lelt. La Chalotais, u juillet 4702. || 12* Savoir gré, voy. GRK, n* 3. Il 13' Posséder une science, un art, un métier. Savoir la grammaire. Il sait le latin. Il ne sait pas son métier. Quand je dis qu'Ergaste écrit bien, Tu me réponds qu'il ne sait rien; Mais ton erreur est infinie; Il sait ce qu'il n'apprit jamais; Et toi qui n'as point de génie. Tu ne sais pas ce que tu sais, oombaut, dans richelet. Il y a longtemps que j'ai dit que, pour savoir quelque chose, il le faut écrire, pkllisson, Lett. hist. t. m, p. 270. Et l'en sait tout chez moi, hors ce qu'il faut savoir, MOL. Femm. tav. n, 7. Il a des vieux auteurs la pleine intelligence. Et sait du grec, madame, autant qu'homme de France. — Du grec, 6 ciel, du grec ! il sait du grec, ma sœur, id. ib. m, 6. Les Romains ignoraient les arts de la Grèce, et se contentaient de savoir la guerre, la politique et l'agriculture, boss. Hist. i, 10. Dans un âge où l'on ne sait pas encore sa religion, il défendait déjà la sienne, flkch. Duc de Mont. Un esprit avide de tout savoir et capable de tout apprendre, ro. Lamoignon. Ce que l'on sait est peu de chose en con-paraison de ce qu'on ne sait pas ; quelquefoi? même ce que l'on ne sait pas est justement ce qu'il semble qu'on devrait le plus tôt savoir, PONTEN. Préf. util, des math. On ne sait bien que ce que l'on apprend soi-même, dumabs Œuv. t. I, p. 28. Plusieurs ont dit : que ne sais-je pasT Montaigne disait: que sais-jeT volt. Dict. phil. Bornes. \\ Absolument. Laisse ce qu'à tes yeux le ciel défend de voir : Ton sort est d'admirer, et non pas de savoir, deulle, Parad. perdu, viii. Il Ne savoir ni A ni B, être fort ignorant. || Il en sait trop, c'est un homme trep habile, dont on se défie. Ahl pour en être digne, il l'est, et plus que tous; Mais aussi, pour tout dire, il en sait trop pour nous, cobn. Othon, n, 4. || Fig. Savoir la carte du pays, ou, absolument, savoir la carte, savoir, connaître parfaitement les intrigues, les intérêts, les manières du monde, d'un quartier, d'une société. Il Savoir bien le monde, ou savoir bien son monde, savoir bien la manière de vivre dans la société. Madame, M. Jourdain sait son monde, hol. Bourj;. gent. m, t». || Dans un sens analogue. Laissez-moi faire : je suis homme qui sais ma cour, ID. Am. magn. n, 2. Le reproche en un sens le plus honorable que l'on puisse faire à un homme, c'est de lui dire qu'il ne sait pas la cour, la bruï. vin. Un homme qui sait la cour, est maître de son gesU, de ses yeux et de son visage ; il est profond, impénétrable, m. vni. || 14- Savoir, suivi d'un infinitif, être habile, être accoutumé à faire quelque chose. Savoir jouer du violon. Il ne sait pas danser. Il sait plaire. Il sait plaisanter. Tu sais vaincre disait un brave Africain au plus rusé capitaine qui fui jamais [Annibal], mais tu ne sais pas user de ta

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victoire, BOss. Reine d'Anglet. Loin du commerce des affaires et de la société des hommes, ces âmes sans force aussi bien que sans foi, qui ne savent pas retenir leur langue indiscrète, boss. Duch. d'Orl. La sainte abbesse, qui savait donner le lait aux enfants aussi bien que le pain aux forts, boss. Anne de Gonx. Que personne ne savait mieux estimer les choses louables, ni mieux louer ce qu'elle estimait, pléch. Duch. de Mont. Sainte Tliérèse eût voulu ne savoir écrire que pour publier ses défauts, flécii. Panég. Ste Thér. \\ Il ne sait pas distinguer sa main gauche de sa main droite, il est sans intelligence. || Savoir vivre, savoir se conduire dans le commerce du monde. Tant les savantas savent peu vivre et ce qu'on appelle le décorum I Anti-ménagiana, p. 4 03. || 15" Ne pas hésiter à. Il faut savoir faire un sacrifice. Je leur savais bien dire, et m'attirais la haine De tous ces gens si peu soigneux, la pont. Fabl. vu, 2. Eh bien, il faut paraître, il faut vous découvrir X ceux qui pour leur roi sauront du moins mourir, volt. Oreste, m, 8. Il 16° Savoir à l'impératif, et suivi d'un infinitif ne fait que renforcer l'impératif. Sachons nous taire, c'est-à-dire taisons-nous. J'obéis à mon dieu ; vous, sachez m'obéir, volt. Fanât. 11, 3. || 17- Parvenir à, réussir à, avoir la force, le moyen de. Je saurai bien me défendre. X deux milles d'ici j'ai suie rencontrer, CORN. Sertor. v, 2. Qu'il est beau, après les combats et le tumulte des armes, de savoir encore goûter ces vertus paisibles et cette gloire tranquille.... boss. Louis de Bourbon. II faut savoir se donner des heures d'une solitude effective, si l'on veut conserver les forces de l'àme, ro. Mar.r/i^r. Accessible, accueillant, honnête, sachantemployer son temps et quelquefois même le perdre, FLÉCH. le Tellier. Celui qui met un frein à la fureur des flots Sait aussi des méchants arrêter les complots, BAC. Athal. I, 1. Il 18" Au conditionnel et au plus-que-parfait du subjonctif, il s'emploie pour pouvoir. L'un dit: je n'y vas point : je ne suis pas si sot; L'autre : je ne saurais.... la font. Fahl. u, 2. Dans tous les entretiens on les voit s'introduire; Ils ne sauraient servir, mais ils peuvent vous nuire, mol. Mis. n, 8. Elle avait ouï dire que M. de Grignan était le plus beau garçon qu'on eût su voir, sér. 68. Vous ne sauriez faire trop de liaisons avec Vauban ; l'estime de cet hommelà est plus glorieuse que celle de tous les courtisans, maintenon, Lett. à d'Aubigné , s juillet, t. I, p. 4)8, dans pouGENS. Ne saurait-il rien voir qu'il n'emprunte vos yeux? bac. Brit. 1, 2. Si vous voulez, restez, reprit Mme de Miran ; non, dit-il, je vous suis obligé, je ne saurais, j'ai quelque affaire, MARiv. Marianne, 6' part. On ne saurait avoir une taille mieux prise, un plus beau teint, j. J. bouss. Ém. V. Il 19' Etre informé de quelque chose, apprendre. Sachez que ma fille se marie. Afin que vous le sachiez. Si j'avais su qu'en mains il a de telles armes... mol. Tart. v, 3. Je ne sais point qu'elles soient retranchées [ses pensions], je crois que sa terre lui vaut dix mille livres de rente, je mets tout cela ensemble et je dis.... sév. 6O8. On sait, me«sieurs, que la reine a souvent exposé sa perjjane dans ces conférences secrètes, boss. Heine d'Anglet. Ne sais-je pas, mesdames, qu'ayant Sbandonné le monde pour mener une vie plus sainte et plus cachée dans la retraite, vous ne prétendez plus qu'à l'honneur d'être de la famille de Jésus-Christ? pléch. Duch. de Mont. Et qui saurait sans moi que Cotin a prêché? boil. Sat ix. Seigneur, vous savez trop avec quel artifice Un faux Astyanax fut offert au supplice, bac. Andr. i, 2. Chère Œnone, sais-tu ce que je viens d'apprendre? id. Phèdre, rv, 6. || Dans le même sens, avec un infinitif. Il marche contre les ennemis, qu'il savait avoir passé la rivière, vaugel. Remarques. Il fit du bien à tous ceux qu'il savait avoir aimé son fils, id. ib. || Familièrement. Vous savez ou vous ne savez pas, c'est une chose que je vous apprends. Vous savez, ou vous ne savez pas Qu'autrefois ce monsieur que Léandre l'on nomme. Lui fit certain billet d'une certaine somme, boissy. Impatient, ï, 2. || 20' Je le sais, vous le savez, nous le savons, etc. s'emploient souvent en parenthèse. Cet art de donner agréablement, qu'elle avait si bien pratiqué durant sa vie, l'a suivie, je le sais, jusqu'entre les bras de la mort, boss. Duch. d'Orl. Seigneur, vous le'savez, sou avis salutaire Découvrit de Tharès lecomplot sanguinaire, bac. Esth. n, i. Il 21* Avoirdans la mémoire. Usait sa leçon. Le moyen de jouer ce qu'on ne sait pas, hol. l'Impromptu, i. Ce que je sais le mieux, c'est mon commencement, u.c. Plaid, ai, s. La

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veme au jour marqué, je savais mon discours par cœur; je le récitai sans faute; je le remémorai toute la nuit dans ma tête, j. j. rouss. Conf. xii. Lorsqu'on lui demandait [à Massillon] quel était celui de ses sermons qu'il croyait le meilleur, il répondait: celui que je sais le mieux, d'alemb. Éloges^ Mass. Est-elle sue [la pièce]? — Laurette : Quant à moi, je sais mon rôle, picard. Comédiens amb. II, 2. Il Fig. Savoir quelqu'un par cœur, ou, absolument, le savoir, connaître parfaitement son caractère, ses habitudes. Elle sait notre syndicat, notre procureur, notre gratification... comme elle sait la carte et les intérêts des princes, c'est-à-dire sur le bout du doigt, sév. <74. || 22° Absolument. Avoir l'esprit orné, rempli de connaissances. Il y a moins de différence entre le chaos et le monde, qu'entre la manière dont il sait et celle dont il faut savoir, balz. le Barbon. Il [l'homme] veut être heureux et assuré de quelque vérité, et cependant ilnepeutni savoir, ni désirer de ne point savoir, fasc. Pens. riv, 37, édit.HAVET.Voilà notre état véritable [être borné de tous côtés] ; c'est ce qui nous rend incapables ds savoir certainement et d'ignorer absolument, m. ib. I, 2. Un amour curieux des livres, une avidité de savoir .... ont été des passions de sa jeunesse, FLÉCH. Duc de Mont. N'est-ce pas savoir beaucoup que de savoir qu'on ne sait rien? fén. Dial. des morts anc. {Pyrrhon, son voisin). [Valincourt] C'était un homme d'infiniment d'esprit et qui savait extraordinairemenl, st-sim. 68, 404. Rica et moi noussommes peut-être les premiers que l'envie de savoir ait fait sortir de leur pays, montesq. Lett.pers. t. Il 23» Faire savoir, instruire, informer quelqu'un. Je lui ai fait savoir comment cela est arrivé. Faislui, fais-lui savoir le glorieux dessein.... corn. Sertor. n, i. J'ai fait à Josabeth savoir sa volonté, BAC. Athal. m, 5. || Savoir faisons, formule de chancellerie et de palais. || 24* Faire à savoir, voy. faire, n° B3. Il 25' C'est à savoir, ou à savoir, et, plus ordinairement, savoir, locutions qui servent à spécifier ce dont il s'agit. Son revenu a plusieurs sources, à savoir sa place, le produit de sa terre, etc. L'armée était composée de quinze mille hommes, satvoir : dix mille hommes de pied et cinq mille chevaux. Nous n'en trouverons [des corps] que deux.... qui puissent être comptés parmi les principales parties [du monde], c'est à savoir le soleil et les étoiles, DESC. Monde, b. J'oubliais de vous avertir que je lai ai auparavant dit encore une particularité qui l'a assez agréablement surpris, c'est à savoir que je prétendais n'avoir proprement fait autre chose dans mon ouvrage que mettre en rimes la doctrine qu'il venait de nous débiter, boil. Lett. à Racine, mercredi 4 697. || On s'en sert aussi pour marquer du doute. 11 part bien tard, c'est à savoir s'il arrivera à temps. Il ne tiendra qu'à vous que nous vivions en bonne intelligence ensemble. — Rustaud . c'est à savoir, legband, Galant coureur, se. (3. Il En ce sens on dit substantivement : C'est un à savoir. || 26° Se savoir, v. réft. Être su. Tout se sait tôt ou tard, et la vérité perce, gresset, Méchant, m, 5. || 27* Se connaître soi-même. Lorsqu'il se sait à fond, il s'évertue sur le Ulent qu'il croit reconnaître en lui, le p. courbeville, dans desfontaines. Un valet veut tout voir, voit tout et sait son maître, Comme à l'observatoire un savant sait les cieux. Et vous même, monsieur, ne vous savez pas mieux, piron, Métrom. n, 4. || Proverbes. Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait, si la jeunesse avait de l'expérience, si la vieillesse avait de la force. || Il sait son pain manger, il sait plus que son pain manger, c'est un habile homme, un rusé compère. |l Qui plus n'en sait, plus n'en dit. Il II fait bon vivre et ne rien savoir, on apprend toujours quelque chose. || Qui ne sait son métier l'apprenne. || Qui ne sait rien ne sait guère, se dit pour s'excuser d'ignorer une chose survenue à notre insu, {j On dit encore qu'il en sait plus que le chien de Barthole, qui avait mangé un sac d'écritures, carmontelle, Prov. Entr'actes, t. iv, p. Lixv, dans pougens.

— REM. 1. Après savoir, pris dans le sens de pouvoir, on doi't toujours supprimer pas ou point. Je ne saurais en venir à bout. || Après ce même verbe précédé de la négation, et signifiant être incertain, le mieux est de les supprimer. Je no sais que devenir. Il ne sait ce qu'il veut. Mais il faut employer pas ou point, quand savoir est pris dans son vrai sens. Je ne savais point ce que vous racontez. || 2. En vers on écrit quelquefois je sa* au lieu de je sais. Ce n'est point une licence poétique; c'est un archaïsme, parfaitement réguliej d'ailleurs, sapio donnant je sai et non je sais; l'

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est là un barbarisme que l'us.igo a consacré. Il 3. Dans la locution je ne sache pas, comment expliquer le subjonctif? On a dit que c'était non le subjonctif, mais l'indicatif représentant jopio. L'explication ne peut être admise, car sapio a donné tai; et sache vient de sapiam. D'ailleurs le sens dénote un subjonctif plutfit qu'un indicatif; car je ne sache pas impliijue quelque chose de plus dubitatif que je ne sais pas; et ce doute, on l'exprime en substituant le subjonctif à l'indicatif. C'est pour cela qu'on ne se sert jamais de cette tournure qu'à la première personne. Elle parallêtre née au xvi- siècle, voy. l'historique. On peut conjecturer que ceux qui les premiers l'ont employée ont sous-entendu : j'ose dire, l'usage étant au XVI* siècle de mettre le subjonctif avec dire, quand l'affirmation n'était pas absolue. || 4° J. J. Rousseau a dit : Je ne sache pas d'avoir vu, de ma vie, un pays plus antipathique à mon goût que celui-ci [Montpellier], Lett. à Mme de Warens, 23 oct. (737. La phrase est incorrecte; le d' est de trop; il faut dire : Je ne sache pas avoir vu....

— HIST. x" s. [11] saveiet co que.... Fragm. de Yalenc. p. 468. || xi' s. Par serment nommé, co est à savoir quatorze homes leals par nom, Lois de GuiU. te. Ço dist Marsiles : Gucnes, par veir saccz.... Ch. de Roi. xxxix. Il n'en set mot, n'i a culpes li bers, ib. xc. Ben [il] set parler et dreite raisun rendre, ib. cclxxv. || xu* s. Tu siez bien que il pensent faire de nos, Uachab. i, 3. Car preu le savent et de moult fier courage, Rone. p. (82. Tuit mi penser sont à ma douce amie, Puisque je sai mon cuer en sa baillie. Coud, li. Je ne m'en sai venger fors au plorer, ib. vi. Dame, merci; car à trop grant dolor [je] Muir et languis; vostre pitié le sache, ib. xi. Encor [elle] me saura gré De mon travail et de ma longue peine, ib. xiv. Quar sa Diautez me fait tant esbahir. Que je ne sai devant li nul langage, ib. xix. Il lui saront bien estre et félon et gaingnart. Et simple corne aignel et fier corne liepart, Sax. xxu. [{ xiu* s. Se je Savoie un courtois chevalier Qui de ses armes fu loués et prisiés. Je l'ameroie de gré et volenlicrs, AUUEFR. LE BAST. Romancero, p. 7). 11 mandèrent maçons vaillans. Bons ouvriers et bien sachans, ib. p. 57. Sachiés que il reprouvent le service que il ont à vous fait, tel corne toute la gent sevent, et corne il est aparissant, villeh. xciv. Et li Yenicien , qui plus savoient de la mer, distrent que li corans les menroit par force contreval le bras, m. cm. Li maistres dit : femes sevent celer ce que eles ne sevent, brun, latini. Trésor, p. 361. Bien savez qu'on ne peut pas trestous jours durer, Berte, m. [Us] Sorent près d'aussi bien le françois de Paris.... ib. v. Car bien estoit letrée et bien savoit escrire, ib. xiv. Puisque ele ot seû que [vous] la veniez veoir, «b. Lxxix. Coîement, que les gens n'en seùssenl nouvele, ib. lxxxvi. Sauriez-vous ci près maison ne casement Oii je peûsse avoir aucun rassencment [indication du chemin]? ib. ex. llueques l'ont li chien guerpi, N'en sevent mes ne vent ne voie, Ren. 19I7. Si avient bien à bacheler Que il sache de vicier, De fleùter et de dancier; Par ce se puet moult avancier, la Rose, î2)8. Ne l'en doit pas mal gré savoir. Ne ge ne l'en saurai jà voir, tb. 4)77. Lors me porpensai que j'avoie Ung compagnon que ge savoie Moult à loial... tb. 3120. Tant que celui veigne en la présence dou seignor et de la court et olfre à faire dreit de ce que l'on li saura que demander.... Ass. de J. <39. Je, Pierres, de tel lieu, fes savoir à toz presens et à venir que je.... beaum. xii, 68. Cil qui sunt baillie auditeur.... doivent mult regarder et entendre comment li tesmong respondent as demandes qui lor sunt fêtes, ou par savoir, ou par croire, ou par quidier, id. xl, 12. Quant il dist: Je sai de certain, ID. ib. Et comme tel cas ne soit pas puis avenus que noz saçons, nos créons que s'il avcnoit, que cilqui....iD. XXX, toi.Le [la] première reson, c'est à savoir que Dix [Dieu] commanda que on amast son proisme comme soi-meisme, m. Prologue. Le roy y envola savoir par un messager chevalier, joinv. ï«B. Ilxiv's. Envolez ung héraut ou [au] chastel par delà Pour parler au roi Piètres, savcr comment il va, Guescl. 16179. Li rois Piètre d'Espaigne si vault pis qu'uns Juifs ; Et vous le savez bien, si le dittes envis, ib. 100(2. ||xv' s. Quand les nouvelles vinrent en l'ost que nul ne savoit à dire que le comte d'Armagnac estoit devenu, si furent tout esbahis, et ne savoient que dire ni que penser, FBOiss. III, IV, 20. Routes [bandes] de Bretons qui prenoient et pilloient quant ils trouvoient, et rien ne •avoient que c'estoitde payer, id. u, m, (8. Il leur

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dit qu'il savoit tout le pays et connoissoit, n). i, i, 133. si ils sevent un chemin, j'en sçais bien un autre, m. i, i, (38. Je suis do toiLS maulx bien garny. Autant que nul qui soit en France, Dieu scet en quel mauvais party, ch. d'orl. Bail. 22. Ils avoient envoyé leurs messaigiers... pour annoncer et faire savoir la venue du mareschal, Bouciq. ii, (9. Sartan, dessus ma leauté Vous jur que mal ne vous fcray. Ne pis pour ce ne vous voudray : Dites ce que vous en savez. Nativité de fi. S. J. C. Uyslire. Legicr semblez-vous vraynient; Je vous retien mon mesagier. Maistre Sartan, sanz plus targier, Envoiezle où vous savez, ib. J'ay escript et mis par mémoire.... le plus près de la vérité que j'ay peu et sceu avoir souvenance, comm. Prol. Et à moy est presque estrange que une personne sage sceust estre [put être] ingrate de grant bénéfice, ID. II, 3. La moitié de l'Europe ne l'cust sceu contenter [tant il était ambitieux], id. ni, s. À ce qu'il entreprenoit, il y pourvoyoit si bien, que à grant peine eust-il sceu faillir à estre le plus fort, id. II, (0. Fait Dieu grant grâce i ung prince quant il sçait bien et mal, id. i, (o. C'est la femme que je sache qui plus se haste de s'en venir [des fêtes] quant elle y est. Les (5 joyes de mariage, p. (8. Au long aller fault que tout soit sceu, ib. p. 68. Ce roi et cette reine que vous querez sont par adventure mors ou tant anciens que dejuyt n'est de les veoir. Haa, madame, dist Ourseau, vous sçavez mieuli que vous ne dites, Perceforest, t. iv, f' (4(. Il XVI* s. Nous savons bien de nostre vocation, mais de nostre élection nous en sommes incertains, CALV. Inst. 780. Et fut conclud que on envoyeroit quelque homme prudent devers PichrochoUe, sçavoir pourquoy.... eab. Garg. i, 28. Phaeton, ne sçavant ensuyvre la line ecliptique.... id. Pant. ii, 2. Le livre n'est encores imprimé, que je sçaiche, tb. n, )5. J'en sçay qui.... mont, i, 29. Le sçavoir mourir nous affranchit de.... id. i, 77. Sans nostre sceu, id. i, 97. Je vouidrois que chascun escrivist ce qu'il sçait, et autant qu'il en sçait, id. i, 234. Savoir de certaine science que.... id. i, 203. Ces vers ont je ne sçay quoi de plus vif, id. i, 222. L'ignorance qui se sçait, et qui se condamne, id. Il, 230. On y trouva des nations n'ayant, que nous sçachons, ouï nouvelles de nous, id. u, 334. On ne peut contraindre celuy qui sçait mourir, d'aub. Conf. II, 7. Je ne saiche en ma vie l'avoir offensé, CARLOix, IV, 3. Aussi osé-je dire que je ne sache homme si chatouilleux, qui ne.... paré. Dédicace au lecteur. Je ne sache homme si peu versé en astrologie qui.... m. ix, 2* dise. C'est bien le tiltre le plus auguste qui sçauroit estre donné à un monarque souverain, auyot, Éptt. Au demourant, qu'il ait esté en Afrique et en Espagne, et jusques aux Indes, je ne sache personne qui l'ait escrit, id. Lyc. 6. Assez sçait qui sçait vivre et se taire, cotorave. Il ne sçait rien qui ne va par villes, id. Il ne sçait rien qui ne veut bien faire, id. De vos beautés sçav'ous que j'en dirois, ou bellay, p. S64, dans LACURNE {sçav'ous, pour savej-vous, abréviation qui s'était produite au xvi* siècle).

— ÊTïM. Bourguig. sçaivoi ; wallon, joeeur; provenç. sober, saper; espagn. et portug. saber ; ital. savere, sapere;dii lat. sapêre (avec changement d'accent, sapêre), avoir de la saveur, avoir le goût bon, et fig. être sage, judicieux, savoir connaître. C'est par une fausse étymologie qu'on s'est mis au xv* et au xvi* siècles i écrire sçavoir, comme si le mot venait du latin tctre.

». SAVOIR (sa-voii), t. m. usité seulement au singulier. Connaissance acquise par l'étude, par l'expérience. Et ce qu'ont fait pour vous mon savoir et ma main M'a fait un ennemi de tout le genre humain, corn. Médée, va, 3. Laissez dire les sots : le savoir a son prix, la font. Fabl. vin, 19. On s'y fait [à la cour] une manière d'esprit qui, sans comparaison, juge plus finement des choses que tout le savoir enrouillé des pédants, UOL. Critique, se. 7. Ils ont voulu dire que Valclo était un homme de savoir, boss. Yar. ((. Que lui manquait-il pour un si glorieux, mais si difficile ministère [gouverneur du Dauphin]? du savoir? il avait acquis par ses lectures continuelles des habitudes dans tous les pays et dans tous les siècles, FLECil. Duc de Mont. M. Dacier n'étant pas seulement un homme de grande érudition et d'une critique très-fine, mais d'une politesse d'autant plus estimable qu'elle accompagne rarement un grand savoir, boil. Longin, Subi. Préf. Le savoir fait partie du mérite personnel; il mène souvent à la fortune, et est toujours d'une' grande ressource dans l'adversité, duhabsais, Œuv. 1. 1, p. 287.

SAV

Les hommes, abrutis par leur vain savoir, ont fermé leur esprit à la voir de la raison, et leur cœur à celle de la nature, j. j. nouss. Lett. à d'Àlemb. Le savoir que l'auteur [Dumarsais] y a répandu, la précision des règles et la justesse des applications, ont fait regarder avec raison celle partie de l'Encyclopédie comme une des mieux traitées, d'alem. Éloges, Dumarsais. N'étant pas ei> core aguerri contre les incertitudes du savoir, ma peur avait été celle d'un enfant qui se trouve potir la première fois dans les ténèbres, babtiiél. Anach. di. 2*. C'est à dater de la mort de Louis XV que le véritable savoir gastronomique et, par conséquent, la science du cuisinier s'en sont allés dégringolant, decourciiaiip, Souvenirs de la marquise de Créquy, t. iv, ch. 6. || Demi-savoir, savoir incomplet en étendue ou en profondeur.

— HlST. IX* s. In quant Deus savir et podir me dunat. Serment. || xi* s. Li amiralz est mult de grant saveir, Ch. de Roi. ccxxxvm. || xn* s. Car j'i met tout, cuer et cors et désir. Sens et savoir.... Couct, XIX. L'arcevesque Thomas, qui mult eut grant saveir. Th. le Mart. 6(. || xin' s. Fai je savoir ou folie. Qui me tien en la baillie D'amours...? Us. de poésies fr. avant (300, t. iv, p. (4(3, dans LACURNE. N'ai pas creû la voix, si n'ai pas fait savoir. Fabliaux, jubinal, t. i, p. (29. ||xv* s. Fleurs portent odeur et sentence [senteur]. Et savoir vient d'estudier, ch. d'orl. Rondeau. Il est à croire que le sçavoir amende plus tost ung homme que l'empirer, comm. v, (8. || xvi* s. Demetrius, personnage renommé pour son emineat sçavoir, amyot, Préf. xvii, 45. Mais quiconque a le sçavoir, Celuy doit l'honneur avoir, rons. 380. Mieulx vault sçavoir que grand avoir, bob. est. Gramm. p. (24, dans lacurne. Quelque sçavoir que soit en l'homme, s'il n'a de l'argent, on s'en moc-

que, COTGRAVE.

— ÊTYM. Savoir i ; provenç. espagn. et portug. taber; ital. sapêre.

SAVOIR-FAIRE (sa-voir-fè-r"), t. m. || I* Habileté dans un art quelconque. Je vous demande en grâce de ne pas laisser sortir de vos mains ma pauvre Crète [tragédie des Lois de Minos], jusqu'à ce que j'aie épuisé tout mon savoir-faire, volt. Lett. Richelieu, 4juill. (772. Il 2' Particulièrement. Habileté à faire réussir ce qu'on a entrepris. Le savoir-faire est nouveau : un homme qui a du savoir-faire; il en est venu à bout par son savoir-faire; quoique ce terme exprime assez bien, les personnes qui parlent le mieux ne peuvent s'y accoutumer; il n'y a pas d'apparence qu'il subsiste, et je ne sais même s'il n'est point déjà passé; aussi est-il très-irrégulier, et même contre le génie de notre langue, qui n'a point de pareils substantifs, bouholrs, Entret, d'Ariste et d'Eug. i. Son savoir-faire nous garantira de leurs mauvais desseins, bussy-rabl'tin, Lett. t. III, p. (03, dans pougens. Suivez-moi dans le logis, et reposez-vous sur mon petit savoir-faire, dancourt, la Parisienne, se. 9. Je commençais même à comprendre que, pour gagner du bien, le savoir-faire vaut mieux que le savoir, beauiubch. Jfar. de Figaro, v, 3.

— ÊTYM. Soroir (, et ^atre. On remarquera la condamnation, injuste d'ailleurs, de ce mot par Bouhours. Les mots savoir-faire, savoir-vivre et autres semblables sont composés de deux infinitifs dont l'un régit l'autre.

SAVOIR-VIVRE (sa-voir-Ti-vr"), i. m. \\ l'Habileté à conduire sa vie. Le bonheur tient au savoirvivre; De l'abus naissent les dégoûts, bérang. P. coups. Il 2* Particulièrement. Connaissance des usages du monde, et des égards de politesse que les hommes se doivent en société. On trouve chez eux une prévention toute établie contre les savants, à qui ils ôtenl les manières du monde, le savoirvivre, l'esprit de société, et qu'ils renvoient ainsi dépouillés à leur cabinet et à leurs livres, la brut. XII. J'étais alors dans notre chambre avec Mlle Toinon, qui me montrait de belles bardes, et qui sortit par savoir-vivre dès qu'il fut entré, MARiv. Jfon'onne, C* part. Je lui ai fait valoir d'abord la bonté, l'éloquence, la politesse, le savoirvivre que vous avez employé pour m'instruire, VOL». Quest. mir. 4. On voulut auparavant me laisser acquérir la bonne grâce du maître i danser, m'instruire de ce qu'on appelle le savoir-vivre, la politesse, M"* de tenon, Os'uvr. t. iv, p. S6, dans

POL'GENS

— REM. Bouhours fait sur ce mot la même observation que sur savoir-faire.

— ÊTYM. Savoir, et vivre.

tSAVOISlEN, ENNE (sa-voi-iiin, tih-n"), adj.

SAV

Qui appartient à la Savoie. Si le soleil luit le jour de la Chandeleur, l'ours rentre pour quarante jours dans sa Unnifere, dit un proverbe savoisien. || Les Savoisiens, les liabitants de la Savoie.

— ETVM. Mot assez mal fait de Savoie, pour éviter Saeoi/ard, qui déplaît aux gens du pays. Boniyard disait mieux Savoyeu [Advis et devis des langues, p. 73).

SAVON (sa-von), ». m. || 1° Composition résultant de l'action de la potasse ou de la soude sur les corps gras, et servant à blanchir, à nettoyer. Savon de toilette. Bulle de savon. On emploie ordinairement oinq J six livres de savon pour une lessive du poids de eu. I cents livres, oenlis. Maison rust. t. n, p. 2) , dans POUGENS. Dans les mains d'un enfant, un globe de savon Dès longtemps précéda le prisme de Newton, DELiLLE, Trois rég. i. 1| 2" Savon blanc, savon préparé en grand à Marseille, avec l'huile d'olive et la soude artificielle pure. || Savon marbré, savon commercial renfermant un savon à base de fer disposé par couches dans la pâte, qui est blanche; il contient souvent aussi du sulfure de fer provenant de la réaction du sel de fer qu'on ajoute, sur les sulfures alcalins contenus dans la soude artificielle brute; c'est ce savon qui sert aux usages domestiques. || Savon vert ou noir, savon mou. Le cent posant de savon noir et vert, mol et liquide, 5 livres. Tarif, < 8 avril 1007. Ou fabrique les plus communs qu'on nomme savons verts ou noirs, avec les marcs d'huile d'olive, de noix, de navette, et les alcalis caustiques traités par l'ébullition, fol'rckoy, Conn. chim. t. vu, p. 331. 1] 3' Savon amygdalin ou médicinal, savon officinal qu'on prépare à froid en traitant l'huile d'amandes douces par la lessive caustique des savonniers. Il Savon végétal, poudre composée de huit parties de gomme arabique et d'une de bi-carbonate de potasse. || Savon animal ou de moelle de bœuf, savon préparé avec la moelle de bœuf purifiée, et de la lessive de savonnier. || Savon sulfureux, savon à base d'huile d'olive, avec du sulfure de potassium et du sulfure de sodium; il s'emploie surtout en bains. || On prépare d'une façon analogue des savons iodurés et des savons camphrés. || Savon de Starkcy, savonule qui résulte de la combinaison de la soude et de l'essence de térébenthine. Il 4' Savonnage. Ceux-là [collets] sont assez beaux, mais de mauvais service ; En moins de trois savons on ne les connaît plus, corn. Caler, du Pal. I, c. Il Fig. et populairement. Donner un savon à quelqu'un, le réprimander fortement. Le Moulin à vent [désignation cryptographique d'un officier d'ordonnance] a eu un bon savon. Correspond. du gén. Klinglin, l, 426. || h° Savon de Bécœur, préparation pour préserver des insectes la peau des animaux empaillés. || 6° Savon des verriers, bioxyde de manganèse, qui sert à blanchir le verre. || 7° Savon naturel, espèce d'argile très-fine. Il Savon de soldat, savon minéral, pierre à détacher. Il 8" Terme d'alchimie. Savon des philosophes, le mercure. || 9° Nom d'un poisson de l'-île de Bourbon, centropristis saponaceus. Val.

— HIST. xiw s. Savelon, j. de garlande, p. 688. Il xvi* s. Une once de savon noir, 0. UE serres, 970.

— ÊTYM. Picard, savelon ; provenç. sabo ; espagn. iabon;port. sabào; ital. sapone; du lat. saponem; grec, oâTtMv, mot que l'on croit d'origine gauloise : Galliarum hoc inventum, dit pline, xxxiii, )2, 5).

SAVONNAGE (sa-vo-na-j') , s. m. Nettoiement, blanchissage au moyen du savon. Il y a un gros savonnage à faire cette semaine.

— ÉTVM. Savonner.

SAVONNÉ, ÉE (sa-vo-né, née), part, passé de savonner. Barbe bien savonnée est à moitié faite.

SAVONNER (sa-vo-né), c. a. || V Nettoyer, blan chir avec du savon. Mlle de la Saverne s'amusa à savonner son collet sale, et tint compagnie à son hôtesse, scarr. Rom. com. i, i. || î" Savonner quelqu'un, lui frotter le menton de savon pour le raser. Il 3' Fig. et populairement. Réprimander vivement. Comment, Henri IV sauvé, lui qui était en péché mortel!... je vous réponds que Ribaud'er et Cogé vous laveront la tête, et Christophe vous savonnera, VOLT. Letl. Gaillard, 2 mars 1769. ||4° Fig. Nettoyer le corps à l'intérieur. Les eaux et la douche de Vichy m'ont si bien savonnée, que je crois n'avoir plus rien dans le corps, sÉv. ("juill. 1676. Il i' Se savonner, t>. réfi. En parlant des tissus, supporter le savonnage. Cette dentelle se savonne.

— HIST. xvi* s. Elle avoit pris une petite fille pour lui aider à savonner le linge de la reine MAao. Nouv. LXI. '

~ ETYM. Savon ; wallon, tavné.

SAV

SAVONNERIE (sa-vo-ne-rie), t. f. || 1° Lieu où l'on fait le savon. Il y a aussi [à Rotterdam] des savonneries de savon noir ou verdâtre, qui se fait d'huile do baleine, de vieux beurre et de cendres qui viennent d'Allemagne, p. giraudeau, la Banque rendue facile, p. \n. \\ i° Absolument. L-i Savonnerie, manufacture à Chaillot, dans Paris, où l'on fabriquait autrefois des ouvrages de tapisserie veloutés, et des tapis façon de Perse, qui se font aujourd'hui aux Gobelins, et qu'on nomme toujours tapis de la Savonnerie. Non, madame, tous ces tapis Qu'a tissus la Savonnerie.... volt. Ép. Les tu et les vous. || Aujourd'hui on fabrique à la Savonnerie des éloff'es de laine longue et brillante, Dict. de l'Acad.

— ETYM. Savon; wallon, savonnrei.

SAVONNETTE (sa-vo-nè-f), s. f. || 1' Petite boule

de savon préparé pour rendre la barbe plus tendre au rasoir. Savonnette de Greisso. Permettons auxdils barbiers-baigneurs, étuviste», perruquiers, de faire savonnettes, poudres de senteurs, pâtes et autres choses semblables pour leur usage, £dit, mars (073. Je ne mets dans mon sac que des munitions de bouche, avec mes rasoirs et une savonnette, lesage, Gil Blas, II, 6. Il Fig. Savonnette à vilain, charge qu'on achetait pour s'anoblir. 11 a acheté une savonnette à vilain. Un tas de gentiUitres mal décrassés par la sawnnette à vilain de leurs grands-pères, CH. DE BERNARD, Un Acte de vertu, iv. || 2* Savonnette à barbe. Voy. blaireau. |i 3° Cavité que l'on fait lorsque, par le douci, on veut enlever un défaut qui existe à la surface d'une glace. || 4° Savonnette de mer, masses d'œufs de mollusques, qu'on trouve à la surface de la mer ou sur le rivage.

— ÉTYM Savon.

t SAVONNEUR (sa-vo-neur), s. m. Ouvrier qui savonne les cartons des cartes à jouer.

SAVONNEUX, EUSË (sa-vo-neû, neil-z'), adj. Qui tient de la qualité du savon. La Provence.... Forme la grasse olive aux liqueurs savonneuses, A. CHÉN. Hymne à la France. \\ Terre savonneuse, terre argileuse, fine et douce au toucher, telle que la terre à foulon. || Les savonneux, les préparations médicinales où entre du savon. Administrer les savonneux.

— ÉTYM. Savon.

SAVONNIER (sa-vo-nié ; l'r ne se lie jamais), s. m. Il 1° Fabricant de savon. || 2° Savonnier des Antilles, sapindus saponaria, L. arbre de la famille des sapindacées, dont le bois, la racine et les fruits sont imprégnés d'un principe amer qui communique à l'eau la propriété de mousser fortement et de produire sur les étoffes un effet analogue à celui du savon.

— HIST. XVI' s. Savonnier, cotgrave.

— ETYM. Saison.

t SAVONNIÈRE (sa-vo-niè-r'), $. f. Plante qui se nomme autrement saponaire.

f SAVONNOIR (sa-vo-noir), s. m. Sorte de feutre pour savonner les cartes à jouer.

f SAVONULE (sa-vo-nu-l'), s. m. Terme de chimie. Nom générique donné à des combinaisons que l'on croyait, à tort, analogues aux savons, et que forment quelques essences seulement au contact des alcalis.

— ÈTY.M. Diminutif de savon.

SAVOURÉ, ÊE (sa-vou-ré, rée), part, passé de savourer. Regards, soupirs, quelques baisers encor Donnés, rendus, savourés en cachette, Malgré les soins de l'aveugle Mentor, malfil. Narcisse, 11.

SAVOUREMENT (sa-vou-re-man), s. m. Action de savourer. Le savourement des viandes.

— HIST. XVI* s. Savourement, monet, Dict.

— ÉTYM. Savourer.

SAVOURER (sa-vou-ré), v. a. 1| 1' Goûter avec attention et avec plaisir. Savourez bien ce vin-là. Il Absolument. Convives aimables, savourant avec une attention vraiment philosophique, et donnant à cette étude [la dégustation des mets] tout le temps qu'elle exige, brillât-savarin, Physiologie du goât. Médit, xxix. || 2° Fig. Jouir d'une chose avec délices. Les gens grossiers ne virent que les ordures [dans Rabelais], et les savourèrent, volt. Dial. )0. Si je l'eusse pu savourer à mon gré, ce baiser.... j. j. rouss. Ilél. l, l. Enchantés du présent, calmes sur l'avenir. Savourant du passé l'aimable souvenir, st-lamb. Sais. i. Il est des jours de paix, d'ivresse et de mystère Où notre cœur savoure un charme involontaire, v. iiuGO, Odes, v, 10. Il Par antiphrase, il se dit des choses douloureuses, pénibles. C'est briiler à petit feu, ce me semble, que de savourer ainsi dix ou douze jours une violente inquiétude, sÉv. M août 1076. À qui

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