‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 107 sur 403 · A PO · texte numérisé non relu

A PO

t APOSTOLIN (a-po-sto-lin) , ». m. Nom des religieux d'un ancien ordre, qui se prétendait institué par saint Barnabe; Sixte-Quint les unit aux Ambroisiens.

APOSTOLIQUE (a-po-sto-li-k'), adj. || 1* Qui procède des apôtres. Doctrine, tradition apostolique. Le saint-siége apostolique. Mission apostolique, la mission des apôtres. || 2° Qui tient des apôtres. Vie, zèle apostolique.Que par une règle inviolable, ceuxlà demeurent exclus de l'épiscopat, qui ne veulent pas y arriver par des travaux apostoliques , boss. Le Tellier. Ces deux vertus jointes ensemble qui font le tempérament d'un homme apostolique , ont été le caractère de saint Ignace, fléch. Pantg. Il, 202. Xavier, cet homme apostolique, ou pour mieux dire cet apôtre, n>. t'6. 224. 11 n'est pas difficile au Seigneur de porter sur ses ailes, à travers les mers, des liommesapostoliques, mass. Car. Fausse confiance. Par les soins des hommes apostoliquescoulaient des fleuves de charité, id. Car. Aumône. Il permet que nous succédions à ces hommes apostoliques , m. Parole. On fit dans noscampagnesdescoursesapo- Btoliques; les pauvres furent évangélisés, id. Villars. || 3* Qui dépend ou émane du saint-siége. Nonce apostolique. Bref apostolique. || 4" Notaire apostolique, notaire qui, dans chaque diocise, était autorisé à rédiger les actes en matière ecclésiastique. || 6° Les Hongrois donnent le nom d'apostolique à leur royaume et celui d'angélique à leur couronne. || 6* S. m.plur. Apostoliques, hérétiques du xiirsiècle, dont l'erreur consistait à prétendre que tout le monde devait renoncer au mariage et aux biens du monde, comme les apôtres.

— HIST. XV s. Il leur fit lire plusieurs lettres patentes apostoliques et impériales noblement et authentiquement de plomb et d'or scellées, froiss. m, rv, 80. || xvi* s. Ceux qui négligent l'un et l'autre, faussement prétendent d'estre en Testât apostolique, calv. Inst. 849.

— ÉTYM. Apostalicus, de apostolus (voy. apôtre). APOSTOL1QCKMKNT (a-po-sto-li-ke-man), adv.

X la manière des apôtres.

— ÊTYM. Apostolique, et le suffixe ment. APOSTROPHE (a-po-stro-r), s. f.\\l' Terme de

rhétorique. Figure par laquelle l'orateur, s'interrompant tout à coup, adresse la parole à quelqu'un ou à quelque chose. || 8* Trait mordant lancé à quelqu'un. Il ne s'attendait pas à cette dure apostrophe. || 3* Familièrement, coup. À ces cris redoublés et dont je riais fort, J'accours et je vous vois étendu sur la place Avec une apostrophe au milieu de la face, regnard, Folies amour, se. 4t. || 4°Terme de grammaire. Petit signe f] qui marque l'élision. L'enfant, l'homme, pour le enfant, le homme.

— étym. 'AitonTooyn , de &r.6, et de o-tpoep^ (voy. strophe), tour; motàmot, détour, c'est-à-dire détour par lequel le discours quitte la personne à qui il s'adressaiteten interpelle une autre. L'apostrophe, marque orthographique, aété ainsi nommée parce qu'elle détourne et remplace la lettre élidée. Cette marque n'est pas ancienne dans notre langue; nos anciens manuscrits ne la connaissent pas. Jacques Peletier (xvi* siècle), dans son Dialogue sur l'orthographe, dit qu'elle a été inventée de son temps. Des grammairiens ont dit que apostrophe, signe grammatical, devait être masculin; en effet apostrophus en latin est masculin, mais par une erreur; car l'apostrophe se dit en grec r) àttôo-Tpoçoç, sous-entendu <myu.r|, ce qui veut dire la marque qui détourne. Il n'y a donc rien à changer dans le genre.

APOSTROPHÉ. ËE (a-po-stro-fé, fée), part. passi1. Durement apostrophé par son adversaire.

APOSTROPHF.R (a-po-stro-fé), V. a. || 1* Adresser directement la parole. Ici Ver-vert , en vrai gibier dégrève, L'apostropha d'un : la peste te crève, gress. Ver-vert. ch. iv. Un pédant qu'à tout coup votre femme apostrophe Du nom de bel esprit, mol. F. sav. h, ». || 2* Adresser à quelqu'un quelque parole désagréable , mortifiante. || 3* Familièrement. Apostropher quelqu'un d'un soufflet, lui appliquer un soufflet. Un magister s'empressant d'étouffer Quelque rumeur parmi la populace, D'un coup dans l'œil se fit apostropher, j. b. rouss. Épigr.

— ÉTYM. Apostrophe.

APOSTUME (a-po-stu-m'), s. f.\\i- Abcès. J'ai, dit la bête chevaline, Une apostume sous le pied, la font. Fabl. y, 8 (Des éditions portent un apostume). || 2» Fig. Il ne me persuada pas [le duc do Noailles| contre ce que je savais, mais je crus saga de ne pas presser une telle apostume. st-sim. 878, «49. Je suis ravi de vous voir en colère, c'est signa que j'ai m« le doigt sur l'apostume, id. 3'jo, 6. || Il feut que l'apostume crève, se dit figurément de quelque chose qui doit éclater.

— rem. L'Académie fait ce mot masculin. Mais tous les auteurs anciens et modernes et les dictionnaires de Furetière et de Richelet le font féminin.

— HIST. xiu* s. Sire, ne sai quel maladie, Ou fièvre ougoute ou apostume, la Rose, 44S64. Je envoiai querre ma gent, et leur di que je estoie mort, que j'avoie l'apostume en la gorge, joinv. 240. Car cil qui d'autri bien se duelent et mal paient, De mortel apostume navrent leurs cuers et plaient, j. de meung. Test. 4067. || xiv* s. Si comme le médecin conseille se il guérira l'empostume par evacuacion et par prendre médecine, oresme, Eth. 68. || xv* s. Si lui prit une grosse apostume au corps, froiss. il, m, 85. J'ay une apostume en la gorge, la Passion de N. S. J. C.\\ xvi* s. Ce vénérable Ilot fut averti De quelque argent que m'avez départi Et que ma bourse avoit grosse apostume, marot, Ép. au roi pour avoir été dérobé par mon valet. Une apostume, M. du bell. 476.

— ETYM. Berry, postume, pus, sanie. Apostume par corruption pour apostème (voy. ce mot), Mortel apostume dans J. de Meung est au féminin, suivant l'ancienne règle des adjectifs, et ne fait point exception au genre usité chez les autres auteurs.

APOSTUME, ÉE (a-po-stu-mé, mée), part, passi. Une tumeur apostumée. Vieux ; on dit aujourd'hui abeédée.

APOSTTJMER (a-po-stu-mé), v. n. Venir à suppuration. Votre abcès apoatumera bientôt. || Vieux. On dit aujourd'hui, la tumeur abeédera.

— HIST. xv* s. Jà est celle détestable playe [le schisme] comme apostumée et tournée en accoustumance, christ, de pisan, Charles V, m, ch. 64. 1 1 xvi* s. Et où ces glandules s'apostemeroient, on fera apertion avec la lancette, pare, vi, 6. Elle sont cause d'enfiamber la playe et la faire apostumer,iD. vn,*>. Ces endroitss'apostumerent, etjetterentassez grande quantité de boue.D.vm, 44. Lesdents peuvent apostumer et pourrir comme les autres os, id. xv, as.

— ÊTYM. Apostume.

+ APOTHÊC10N (a-po-té-sion), s. m. ou APO- THÉSIE (a-po-té-zie), *. f. Terme de botanique. Corps fructifère, femelle des lichens.

— Etym. 'A-Kofrfi%r\, réservoir (voy. apothicaire). t APOTHÈME (a-po-tê-m'), s. m. ||1* Terme de

géométrie. Perpendiculaire menée du centre sur le côté d'un polygone régulier. || La hauteur d'une quelconque des faces triangulaires d'une pyramide régulière. || 2* Terme de chimie. Précipité brun qui se forme peu à peu dans les dissolutions des extraits végétaux.

— ÉTYM.'A7cà, de, etTi8ïi|M, poser ; action de mener en bas, de déposer (voy. thème).

APOTHÉOSE (a-po-té-ô-z'), *. f.\\f Mise au rang des dieux; réception parmi les dieux. On lui décerna l'apothéose. L'apothéose des empereurs romains. Mais à parler sans fard de tant d'apothéoses, corn. Poly. iv, 6. || 2* Par extension. J'ai vu que le fils de Pépin, Redoutant son apothéose [IamortJ, Disait à l'évêque Turpin, béhang. Mort de Charlem. || 3° Honneurs, éloges extraordinaires dispensés par l'opinion publique. Les sages feront votre apothéose de votre vivant, volt. Lett. à Cath. 4 0.

— SYN. apothéose, déification. Donner l'apothéose, c'est mettre au rang des dieux; déifier, c'est transformer en dieu. On donnait l'apothéose aux héros et aux rois, aux empereurs, en les agrégeant aux êtres célestes; c'était une divinité de plus. On déifie en attribuant un pouvoir divin, une nature divine à ce qui n'a rien de tel. Quand la crainte ou l'espérance déifiaient les objets naturels, elles n'en faisaient pas l'apothéose.

— ÊTYM. 'AiroôÉuxjtç, de àtià, et 6eèç, Dieu (voy dieu).

t APOTHÉRAPIE (a-po-té-ra-pie), s. f. Terme de médecine. Chez les anciens, terminaison de la cure par les bains et autres soins.

— étym. 'Aitè, indiquant ce qui vient après, et (tEpaciieia, thérapie.

t APOTHÈSE (a-po-tê-z') , s. f. || 1« Terme de chirurgie. Position qu'il convient de donnera un membre fracturé, après que la fracture a été réduite et maintenue par un bandage. || 2° Terme de rhétorique. Chute finale, trait piquant.

— étym. 'AnôOeo-tc, mot à mot, disposition, de «tio, et Béent; (voy. thèse).

f APOTHÉSIE (a-po-té-zie), ». f. Voy. apothécion.

APOTHICAIRE (a -po-ti-kê-r") , ï. m. Celui qui prépare et vend des médicaments. Pharmacien est présentemunt plus usité. || Familièrement. M. de Brissac av.iit infiniment d'esprit, avec une figure

de plat apothicaire, st-sim. 64, 66. || Mémoire d'à» pothicaire, compte sur lequel il y a beaucoup à rabattre. || Faire de son corps une boutique d'apothicaire, faire abus ^e médicaments. || Un apothicaire sans sucre , un homme qui n'est pas fourni des choses de sa profession.

— hist. xm* s. Tuit cirier, tuit pevrier, et tuit apotecaire,seil metent avant au samedi es haies ou u marchié, chascun doit obole de coutume, Liv. des met. 322. Fisicien, n'apoticaire, Ne ma puent doner santé, ruteb. 37.

— ÉTYM. Bas-lat. apothecarius , du latin apotheca, du grec àTto8r,xir), boutique, de àrco, indiquant la mise à l'écart, en réserve, et de tiSritu, mettre (voy. thème et boutique).

APOTHICAIRERIE(a-po-ti-kè-re-rie), ï. /. || l'Officine ou magasin de drogues pour médicaments. || 2° Art de l'apothicaire. On dit aujourd'hui de préférence pharmacie. || 3° Le lieu d'un couvent où l'on met les drogues.

— ÉTYM. Apothicaire, qui devrait former apolhicairie; apothicairerie supposant un substantif apothicairier.

t APOTHICAIRESSE (a-po-ti-kê-rè-s'), «. f. Religieuse qui prépare les remèdes pour les malades de son couvent.

t APOTOME (a-po-to-m') , s. m. || 1* Ancien terme d'algèbre. Reste de deux grandeurs incommensurables dont l'une est retranchée de l'autre. || 2° Ternie de musique ancienne. Partie du ton, tantôt plus grande, tantôt plus petite que le semi-ton moyeu. Les Grecs distinguaient plusieurs apotomes.

— ÊTYM. 'Anozoy.it, retranchement, de àno, indiquant séparation, et tout), action de couper (voy tome).

APÔTRE (a-pô-tr"), s. m. ||1* Nom donné au» douze disciples que Jésus-Christ chargea de prêcher l'Evangile. Après la mort de N. S. on donna le nom d'apôtre à saint Mathias, élu pour remplacer Judas, à saint Paul et à saint Barnabe. Les apôtres tiennent le concile de Jérusalem, où saint Pierre parle le premier, comme il fait partout ailleurs, boss. Hist. I, 40. Les apôtres (c'était encore au temps de la passion), assemblés autour de leur maître, lui montraient le temple et les bâtiments d'alentour, n. t'6. n, 9. || L'apôtre des gentils, des nations, le grand apôtre ousimplement l'apôtre, saint Paul. | ( Le j > des apôtres, saint Pierre. || Les princes des apôtres, saint Pierre et saint Paul. ||2" Par extension, celu; qui le premier a prêché la foi dans un pays. Saint Denis est l'apôtre de Paris. || Prêcher en apôtre, comme un apôtre; prêcher avec onction. || 3° Nom qu'on donne aux douze pauvres à qui on lave Ici pieds le jeudi saint. || 4° Fig. Celui qui, par ses paroles ou ses exemples, propage une doctrine, un.: opinion. Il s'est fait l'apôtre de cette doctrine nouvelle. || 6° Familièrement. Si Bacchus, dont je sui3 l'apôtre. Ne m'inspire un joyeux transport, iiérang. Mort subite. Mes bons amis, que je vous prêche a table, Moi, l'apôtre de la gaieté, id. Mes cheveux. || 6" Ironiquement et par antiphrase. Bon apôtre, homme fin et de mauvaise foi. Tout Picard que j'étais, j'étais un bon apôtre, rac. Plaid. ï, l. Grippeminaud le bon apôtre, Jetant des deux côtés la griffe en même temps, Mit les plaideurs d'accord en croquant l'un et l'autre, la font. Fab. vu, itt. Là. Cormoran le bon apôtre.... Vous les [poissons] prenait sans peine, id. ib. x, t. Il doit l'avoir gagn*: ; car c'est un bon apôtre, id. Orais. j| Faire le bou apôtre, contrefaire l'homme de bien.

— HIST. xi* s. Dès les apostles ne fut hom tel prophète, Ch. de Roi. clxiv. [Il] Reclame Deu et l'apostle de Rome [le pape], t'6. ccxm. jjxii's. Saint et martir, apostre et innocent Se plainderoient de vous au jugement, quesnes, Romancero, p. 402. L'apostole [le pape] s'apreste pour la messe chanter, Sax. xm. L'apostoiles de Rome fu en mi le palais, t'6. xv. || xm* s. Se tu lui fais nul mal, pn: Tapostre saint Pierre.... Berte, xx. || xiv* s. Clément, par la divine pourveauce apostole de l'église de Rome, du cange, apostolicus. De nostre pet ■.; l'apostoile Voulsisse qu'il semblast l'estoile Oui ne se muet [je voudrais que le pape ressemblât à l'étoile], id. t'6. || xv* s. Là tins-je de la foy escole Comme pastron et apostole De France et do tout le pais, Mir. de sainte Genev. ||xvi*s. Tous ministres de l'Eglise se peuvent nommer apostres, d'autant qu'ils sont envoyez de Dieu, et sont ses messagers, calv. Instit, 849.

— ÊTYM. Apostolus, de ànéffroÀot, de àno, in diquant envoi, mission, et oréV/w, disposer, en voyer (voy. stole). Provenç. apostol; espagn. aj,o ttol; ital. apostolo. Dans le vieux français, le pape st

APP

disait Tapostle ou Vapnslole; cette dernière forme est ou bien un mot relativement moderne calqué sur le latin apostolus, ou une dérivation exacte d'une forme non latine apostolius. Dans la vraie formation française, apostolus, ayant l'accent sur pii, n'a pu donner que apostle, apostre.

APOZÈME (a-po-zê-m') , s. m. Terme de médecine. Décoction ou infusion d'une ou de plusieurs substances végétales, à laquelle on ajoute divers autres médicaments simples ou composés.

— HIST. xvi* s. Quant aux medicamens cholagopiios comme apozemes et potions, seront ordonnés par le prudent et docte médecin, paré, v, <2.

— ÊTYM. 'An6ÇE|j.o,de ànoCÉio, bouillir, de àttè, et Ç&>, bouillir; provenç. apozisma; ital. apozema.

f APP.... L'Académie écrit par deux p les mots composés de ad, à, et d'un mot commençant par un p; elle écrit par un seul p les mots composésde même qui précèdent; anomalie qui ne sert qu'à compliquer l'orthographe (voy. la remarque à apaiser).

t APPÂLISSEMENT (a-ppâ-li-se-man), s. m. Action de rendre pâle ou de devenir pâle. L'appâlissement des caractères (dansunpoême), barth. st-hilaire, /. dessav. (860, 6' article sur le Rdmdyana.

APPARAÎTRE (a-pa-rê-tr'), j'apparais, j'apparaissais, j'apparus, j'apparaîtrai, apparaissant, apparu, v. n. || 1° Devenir visible, se montrer. Si ce rameau d'or apparaissait à mes yeux!... Etoiles apparaissant tout à coup. Une voile apparaît à l'horizon. La nouvelle terre qui apparaissait à Christophe Colomb. Il apparaît de temps en temps des génies qui.... Votre digue moitié, couchée entre des fleurs, Tout près d'ici m'est apparue , la font. Fab. vin, <4. Il n'apparaît qu'à ses disciples, il ne se montre que dans les lieux solitaires et écartés, mass. Car. Jour de Pdques. Les patriarches lui dressèrent des autels [à Dieu] en certains endroits où il leuravait apparu, id. ib. Respect. || 2° Fig. La mort lui apparaissait glorieuse. Quand du sein de la nuit qui les recèle encore, Apparaîtront au jour ces funestes secrets, m. j. chén. ÛEdiperot,ii,2. || 3° Être clair, évident. Cela apparaît. ||4° Sembler. Il m'apparalt que vous êtes là, et il me semble que je vous parle ; mail il n'est pas assuré que cela soit, mol. Uar. forcé, 8. || 5° Terme de chancellerie. Faire apparaître de ses pouvoirs , les notifier selon les formes. || En termes de palais, s'il vous apparaît que cela soit; si, examen fait, vous trouvez que cela soit ainsi. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir et l'auxiliaire être : Ces spectres m'ont apparu ou me sont apparus; ils m'ont apparu au moment où j'éteignais ma lumière; ils me sont apparus, et j'ai pu longtemps les contempler.

— REM. On a employé autrefois ce verbe avec se; c'estun archaïsme, commeon peut voir à l'historique. Il était naturel que J. C. glorieux s'apparut à celui qui devait enseigner J.C. crucifié, flécii. i, 147. L'ange du Seigneur s'apparut à lui [Jochin] avec une grande lumière, volt. Phil. v, tto. Il faudra voir l'endroit où les Muses se sont apparues à vous, balz. liv. iv, lett. i 7. Alors s'apparaît à elle la belle et véritable idée d'une vie hors de cette vie, boss. Connaiss. v, 6.

— HIST. xi* s. Moût grant domage lui estapareût, Ch. de Roi. cl. || mi* s. Deu [il] reclama qui fut aparissant Aux trois Maries.... Ronc. p. too. Passe la nuiz, si aparist li jours, ib. p. lis. [Vous, Jésus-Christ] Apareiistes [à vos disciples] loiaument sans boizdie [fraude], ib. p. 1 73. ||xnr s. 11 reprouvent le service que il ont à nous fait, tel come toute la gent sevent, et come il est aparissant, villeh. xciv. Si s'aparust [l'amour], et sor mon chief Me mist sa main.... la Rose, 10347. Tout fust il ainsi que nus ne se fust aparus contre eus, beau». 54. Mult s'enfui isnele- •îuent, Et cil la suit apertement, Cui n'aparoit point .-e vieillece, De faintisenede perece,RUTEB. u,t32. Il xv* s. Et toujours se tenoit le siège, sans ce que aucunes gens apparussent de par messire Charles de Blois pour lever le siège, proiss.i, i, 208 || xvi* s. De ses dens il rumpit dudict tymbre un morceau, comme très bien apparoyst, rab. Pont. Il, *. L'ombre au matin nous voyons ainsi croistre, Sur le midy plus petite apparoistre, Puis s'augmenter devers la fin dujour,DUBELL. v, 3«, verso. Lanuict en dormant, la déesse Vesta s'apparust àluy, qui lui défendit de le faire, amyot, Rom. 4. On dit qu'il apparut àRemus sixvaultours, etàRomulus douze, m. Rom. 14. L'on disoit qu'il y apparoissoit des fantasmes, id. Solon, *9. On dit qu'il s'apparut en l'air une grands flamme, id. Thém. 2».

— ÊTYM. Apparescere, de ad (voy. A), et un mot uon latin parescere, paraître; provenç. aparer, apareysser; catal. apareier; espagn. aparecer.

APPARAT (a-pa-ra), s. m. \\i° Pompe et solen-

APP

nité. Discours, festin d'apparat. Il fait tout avec apparat. Le second fils de M. de Bouillon était élevé pour l'Eglise, et soutenait une thèse en Sorbonne en grand apparat, st-sim. ( 10, 186. On opina d'apparat, et il est constant que cette matière [admettre ou non la récusation du premier président] fut épuisée, retz, iii,48. || 2* Livre rédigé en forme de dictionnaire pour faciliter l'étude d'une langue, et surtout d'un auteur classique. L'apparat de Cicéron, le dictionnaire des mots et des locutions qu'il a employés. On dit aussi apparatus. || Apparat royal, Petit dictionnaire français-latin à l'usage des commençants.

— SYN. apparat, appareil. Ces deux mots n'ont rien de commun parl'étymologie, le premier venant de parare, préparer, et le second de pareil, disposition des choses pareilles, appareil pour une opération. Ils se rencontrent dans le sens de magnificence. Mais en raison de leur étymologie, apparat, signifiant préparation, indique le soin qu'on a pris, la recherche, et un certain excès qu'on est disposé à blâmer. Rien de semblable n'est dans appareil. Un festin d'apparat, c'est un festin où l'on déploie sa magnificence. L'appareil d'un festin, c'est la disposition d'un grand festin.

— HIST. xvi* s. 11 alla à la messe à S. Denis le vingt-uniesme juillet, avec tout l'aparat que le lieu et le temps permettoient, d'aub. But. m, 294.

— ÊTYM. Apparatus, préparation; de ad (voy. i) et parare, préparer (voy. parer).

APPARAUX (a-pa-rfl) , s. m. plur. Mot que tous les marins instruits regardent comme le pluriel d'appareils. On entend par apparaux ou appareils la réunion de diverses machines funiculaires ou autres, nécessaires pour une grande opération. Les agrès et appareils ou apparaux d'un bâtiment sont la collection de son gréement et de ses machines. Ceux qui ont fourni les agrès, les apparaux, les vivres, montesq. Esp. xx, 6.

— REM. On voit que Montesquieu a employé apparaux dans le vrai sens et non dans celui que l'Académie lui donne : voiles , vergues, ancres, etc.

— HIST. xvi* s. Le prince qui ne pouvoit entrer demeura sur le havre sans artillerie et sans apparaus, d'aub. Hist. n,304 (voy. appareil).

— ÊTYM. Pluriel de appareil.

APPAREIL (a-pa-rêll. Il mouillées),*. m. || 1° Disposition de ce qui a grandeur ou pompe. Appareil de guerre. Appareil de fête. Elle était née dans une cour où la majesté se plaît àparaltre avec tout son appareil, boss. Marie-Thérèse. Les traités de paix ne sont que comme l'appareil d'une nouvelle guerre, mass.

L'uis le Grand ont de ce grand hymen suspendu

l'appareil, volt. Zaïre, m, t. Le tyran règle tout: il semble qu'il apprête L'appareil du carnage et non pas d'une fête, id. Mérope, iv, 6. Je montrai le premier au peuple du Mexique L'appareil inouï pour ces mortels nouveaux De nos châteaux ailés qui volaient sur les eaux, volt. Ali. i, 1. ||8* Pompe, magnificence. Quand la bienséance exigeait de lui en certaines occasions de la dépense et de l'appareil , il était magnifique sans aucun regret et de trèsbonne grâce, fonten. Newton. Je fuis des cours le pompeux appareil, bérang. Nouv. Diog. Vous avez fait un dîner de grand appareil, sév. 236. N'empruntant rien de l'appareil, devant tout à lui-même, mass. Conty. Et vous allez au temple Y changer l'allégresse en un deuil sans pareil, La pompe nuptiale en funèbre appareil, corn. Rodog. v, 6.... Pour haut appareil d'une pompeuse gloire, id. Hor. Il, 6. Vous même avez dicté tout ce triste appareil, rac. Esth. m, 4. J'ai moi-même ordonné La suite et l'appareil qui vous est destiné, m. Mithr. m, l. || 3° Fig. Un monde où vous ne servez plus que d'un appareil incommode , mass. Prod. || 4* Terme de sciences et d'arts. Assemblage de pièces, d'instruments propres à une opération. || En physique, collection des instruments et ustensiles nécessaires pour faire une expérience et vérifier les lois d'un phénomène. || En chimie, assemblage méthodique de vases, de tubes et d'ustensiles destinés à une opération chimique. || 5* En chirurgie, assemblage méthodique de tous les instruments et objets nécessaires pour pratiquer une opération ou faire un pansement. || Par extension. Plateau à compartiments sur lequel sont placées les diverses pièces d'appareil nécessaires pour les pansements, telles que bandes, compresses, etc. ||L'ensemble des pièces de pansement qu'on applique pour une lésion. Un appareil à fracture. Nous lui avons mis le premier appareil que nous lèverons demain, sév. 70. Le premier appareil avait été levé, id. 44. || Fig. Vous m'aiderez à mettre quelque appareil sur les blessures de ce cœur

APP

malade, J. j. rodss. Réloïse, n, J. Souffrir sans murmure est le seul appareil Qui peut guérir l'ennui.... malh. vi, 2. L'absence est aussi bien un remède à la haine Qu'un appareil contre l'amour, la font. Fabl. x, t2. || On désigne sous les noms de Haut ou Grand appareil, Bas appareil, les diverses méthodes suivant lesquelles on pratique la lithotomie. || 6" En anatomie, les appareils sont des subdivisions très-complexes du corps, constituant un tout coordonné, et se subdivisant à leur tour en parties plus simples de diverses natures, appelées organes, ou, réciproquement, un appareil est un assemblage d'organes divers. L'appareil digestif. || 7° En termes d'architecture, l'art de tracer, de disposer la pose des pierres dans les constructions suspendues, comme voûtes, arcades, dômes.|| Les maçonspomment appareil, l'épaisseur d'une pierre. Une pierre de grand appareil, c'est-à-dire fort épaisse. || Bel appareilles assises qui sont de hauteur égale et dont les joints sont bien faits. || 8" En termes de marine, l'appareil de la pompe signifie lepiston. || 9° Les meuniers donnent le nom d'appareil à de petites planches dont ils se servent pour retenir l'eau. || Locution proverbiale qui vieillit : Faute de bon appareil ou autrement, c'est-à-dire faute de soins ou de quelque autre façon.

— SYN. appareil, préparatifs, apprêts. Lespréparatifs se font d'avance pour une opération qui peut être fort éloignée. Les apprêts sont des préparatifs qui se font pour une opération immédiate. Les préparatifs de la guerre ; les apprêts de la bataille. L'appareil se déploie et porte l'attention sur la grandeur et la complication des moyens.

— HIST. xm* s dist à ses senescaus Que voi-

sent en la vile es plus maistres casaus, Et gardent que moult soit riches ses aparaus, Ch. d'Ant. i, 764. || xv' s. Entrementes que le roi d'Angleterre faisoit son appareil pour recevoir seigneurs, dames. ...froiss. i, i, 2t4. Le jour devant, si fis mon appareil De me couchier, sitost que le soleil Je vy retrait et sa clarté mussée, ch. d'orl. Bal. 73. Dans le four est mis l'appareil, Tu en doibz avoir un pareil, la fontaine, 781. Chacun dessupplians ayant son appareil ou charrue de bœufs pour labourer, du cange, apparamenta. Les Turcs firent très grant appareil, mais ce fut si celéement que oneques le roi n'en sceut rien, Rouciq. I, 24. Ainsi fit là son appareil moult grandement et très honorablement Messire Bouciquaut, ib. i, 16. Estant en ce povre appareil, le duc de Lorrayne.... comm. v, 7. || xvi' s. Le barbier, qui, aiant accommodé son premier appareil, me' lava.... d'aub. Foen. n, to. De la manière d'extraire les pierres aux hommes, qu'on appelle le grand et haut appareil, paré, xv, 45. Hommes d'armesarmezà hault appareil, amyot, Lucul. 75. J'ay pensé qu'il falloit jà faire grant appareil pour le soupper, m. ib. 81.

— ÊTYM. Voy. appareiller. Provenç. aparelh; anc. catal. aparelt; espagn. aparejo; portug. a;>parelho; ital. apparecchio. Dans le vieux français, le mot était à-pareils, apareux, aparaux, au nominatif singulier; apareil, au régime singulier; et au pluriel, appareil au nominatif, et apparaux au régime; c'est ce qui explique la forme apparaux dans le langage de la marine.

f APPAREILLADE (a-pa-rè-lla-d', Il mouillées), s. f. Terme de chasse. Formation des couples de perdrix pour la reproduction.

— ÊTYM. Appareiller.

APPAREILLAGE (a-pa-rè-lla-j', H mouillées), s. m. || 1* Terme de marine. Préparatifs pour mettre à la voile. Faire son appareillage. || 2" En économie rurale, choix de deux ou plusieurs animaux d'après leur conformation, leurs aptitudes, leur taille, leurs forces, pour les faire travailler au même joug, à un service commun.

— êtym. Appareiller.

APPAREILLÉ, ÉE (a-pa-rè-llé, liée, Il mouillées), part, passé. Des chevaux appareilles. Ne t'alarme pas trop d'être appareillé avec un criminel au char de la vie, chateaub. Natch. v, 219.

APPARE1LLEMENT (a-pa-rè-lle-man , Il mouillées, et non a-pa-rè-ye-man) , s. m. | i* Action d'appareiller deux objets. || 2° En économie rurale, choix raisonné, selon le but qu'on se propose, de deux animaux domestiques , soit pour la reproduction, soit pour le travail. On dit aussi appatronnement.

— HIST. xm* s. Tous armés de blans garnimens Et de tels appareillemens, Com li blans chevaliers avoit, Robert le Diable, dans du cange, apparamenta. L'apparillement c'on fait, si com de saler, d« mangier rostis, fris, en ewe.... alebrant, f°«3.

— ÊTYM. Appareiller; provenç. aparelhamen.

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apareïlamen; anc. espagn. aparejamiento; ital. apparecchiamento.

APPAREILLER (a-pa-rê-llé, Il mouillées), v. a. || 1° Trouver un pareil à. quelque «hose. Il faut appareiller ces gants, ces souliers, ces pistolets. j| 2° En termes d'architecture, marquer les pierres selon qu'elles doivent être taillées. || 3" En économie rurale, et en parlant des animaux domestiques, choisir deux individus pour les faire concourir simultanément à un but commun. On dit aussi appatronner. || 4*" En termes de pêche, appareiller un filet, le disposer pour la pêche. || 5* Technologie. Apprêter le mélange des poils et des laines pour faire un chapeau. || 6* Joindre ensemble des planches de même longueur et de même épaisseur. || 7* V. n. Terme de marine. Mettre à la voile. Nous appareillâmes le lendemain pour retourner en Angleterre, volt. Jenni, 4 2.||11 se conjugue avec l'auxiliaire avoir. || 8° S'appareiller, v. réfl. Se joindre à un de ses pareils. Ils sont dignes de s'appareiller. || 9° S'accoupler, en parlant des oiseaux. Quand la tourterelle a perdu sa compagne, elle ,ne s'appareille plus avec une autre, iuchelet.

— HIST. xi s. L'aveir Carlon est-il apareillez? Ch. de Roi. l. Et de bataille sont tuit apareillez, %b. lxxxviii. || xii* s. Plus grant navie [flotte] ne fut apareillée, Ronc. p. 4 48. De bêles armes [ils] furent aparellié, t'6. p. 4 80. Le terme vous dirai de vous aparoillier; D'hui cest jour en un an soiez prest d'ostoier [entrer en campagne], Sax. xvi. || xm* s. Et l'empereres Alexis avoit appareillies grans gent pour assaillir aus trois portes, villeh. lxxxi. Ménestrel s'apareillent pour fai re leur mestier , fierté , xi. Son afaire [elle] appareille, mains [moins] qu'ele peut, detrie [tarde], ib. lxxh. Et lors fu moût trèstout appareillies li lis [le lit], ib. lxxv. Nous sommes tout aparelliet de deffendre le roiaume et vous ut nous et nos hommes, Chr. de Rains, 24. Et li vénères moult se peine De ses lévriers apareillier, Rcn. 22209. Lors te vendra en remembrance Et la façon et la semblance ï cui nule ne s'apareille, la Rose, 2447. Especialment l'espée temporel doit toz jors estre apareillie por garder et deifendre Sainte Eglise toutes les fois que mestiers est, beaum. xlvi, 4 2. En ce point que je appareilloie pour mouvoir, joinv. 208. Ainçois manjoit ce que ses queus li appareilloient devant li, m. (93. || xv* s. La dame fit appareiller toutes ses besognes, et payer et délivrer aux hostes.... froiss. i, i, 4 2. Où le roy Philippe estoit tout appareillé de le recevoir [Edouard à Amiens], m. 1, I, 62. Pour éviter tous ces grans perilz qu'il veoit appareiller contre luy, comm. iv, 8. Noz œuvres envers luy [Dieu] ne d'ung costé ne d'autre n'estoient point dignes de recepvoir cette longue paix qui nous estoit appareillée, 1D. v, 43. || xvi' s. Si estoit le peuple prest et appareillé de procéder par la pluralité des voix au bannissement de l'ostracisme, amyot, Aie. 20. Surprendre les ennemis en desarroy, estans ecnpeschez à faire leur logis et appareillez à soupper, id. Timol. <6. Ilz le firent adverlir qu'il se g;irdast du poison qu'on luy avoit appareillé, id. Flamin. 41. Les ./Egyptiens qui s'appareilloient pour voguer aprèz eulx, iu. Pomp. 410. La merci est appareillée à toutes fautes, quand le pécheur se retourne par devers la clémence du Seigneur, calv. Instit. 437. Cela donna moien à Lansac, appareillant de bon matin, de prendre sa place au siège, d'adb. llist. 11, suo.

— ÊTYM. À et pareil; mettre ensemble des choses pareilles, assortir, arranger; provenç. apare- Ihar; espagn. aparejar; ital. apparecchiare.

APPAREILLEUR (a-pa-rè-lleur, Il mouillées), s. m. Il 1" Chef-ouvrier qui trace la coupe de la pierre à ceux qui la doivent tailler. || 2° Ouvrier qui apprête les bas et les bonnets. || 3* Ouvrier qui prépare les soies pour fabriquer les étoffes.

— ETYM. Appareillir.

APPAREILLEUSE (a-pa-rè-lleû-z', Il mouillées) ,

t. fi Terme injurieux. Femme qui s'entremet dans de mauvais commerces d'amour.

— ETYM. Appareilleur.

APPAREMMENT (a-pa-ra-man) , adv. ||1° Manifestement. Ce sens a vieilli; il a été très-usité autrefois. Un psaume qui apparemment est de Salomon, boss. Polit. Quoi qu'il en soit, deux choses sont assurées, l'une que le miracle de l'apparition de l'étoile servit de règle à Hérode pour étendre son massacre ; l'autre que celui qu'il cherchait fut le seul apparemment qui lui écbappa.iD. Élévations sur les mystères, 4 9* semaine, 4. Ce discours apparemment véritable, vaugel. Q. C. 273. || 2" Selon les apparences, vraisemblablement. C'est la nécessité de ce concours de tant de qualités.... qui fait apparem-

ment que le génie est toujours si rare, vauvenargues, Du génie. || 3° En apparence. Le coadjuteur ne laissa apparemment d'employer la dignité de son caractère et ses persuasions pour calmer les orages, i.arochep. Mém. 3o. Tant que Galba vivra, le respect de son âge, Du moins apparemment, soutiendra son suffrage, corn. Othon, m, 6. Une puissance apparemment assurée, st-evrem. ii, 459. En public elle me persécutait apparemment avec plus d'animosité que les au'res, scarr. Rom. cnm. 11, (4. 0 ciel I ta providence, apparemment prospère, Au gré de mes soupirs de deux fils m'a fait père, uotrou, Venr.esl. iv, o.

— REM. On le met au commencement d'une phrase ou après le verbe : apparemment il viendra, ou il viendra apparemment. On dit aussi : apparemment qu'il viendra.

— HIST. xvi» s. Ces injustices-ci et autres semblables, si apparemment mauvaises, ne sont gueres commandées, si ce n'est par quelques-uns qui ont l'esprit et le cœur barbares, lanoue, 2)8.

— ÊTYM. apparemment est pour apparentement, de apparent mi féminin, suivant l'ancienne déclinaison des adjectifs, et le suffixe ment (voy. ment).

APPARENCE (a-pa-ran-s'), 1. f. Ni* Ce qui apparaît d'une chose. Une faut pas toujours juger sur les apparences, sév. 401. L'apparence nous trompe, et je sais en effet.... corn. Iléracl. iv, 8. L'apparence t'abuse, il m'aime au fond de l'âme, id. Sert. 11, 3. De votre changement la flatteuse apparence M'avait rendu tantôt quelque faible espéranoe, rac. Bérén. v. 7. Son esprit était éclairé d'une foi constante et inébranlable que les apparences humbles et pauvres ne pouvaient blesser, flêch. 1, 4 48. Vous le pourriez avec d'autant plus d'apparence de raison que.... fên. Tél. xx. Non, non, vous vous laissez tromper à l'apparence, mol. Tart. m, 6. Elle donnerait au public quelques apparences en faveur du duc, hamilt. Gramm. 8. || 2* Absolument, belle apparence, belles apparences. Dans le hameau, cette maison a quelque apparence, 1. 1. rouss. Ém. v. Le règn" de Dieu ne viendrait point avec apparence, flêch. Sera. 1, 20. Il ne fallait que la revêtir [l'idolâtrie] de quelque apparence et l'expliquer en paroles dont le son fût agréable à l'oreille pour la faire entrerdanulesesprits, boss. llist. u, 4 2. || Sauver les apparences, ne laisser rien apercevoir de blâmable. Pourvu qu'elles sauvent les apparences, mol. Impr. 4 . Il tâche de sauver les apparences, boss. ii, Ptnit. 3. Ils ne lui donneront un baiserde paix que pour sauver les apparences, mass. Pass. Tous ceux qui ont passé leSlyx après moi [T'atius] , m'ont assuré que tu [Romulus] n'as pas même sauvé les apparences [de mon assassinat], fên. xix, 4 64. Afin d'en sauver à tout le moinsl'apparence.... vous direz .... que c'est la traduction d'une ode, balz. Liv. vu, lett. 27. On garde encore à la vérité les apparences, mass. Pardon. Il 3° Forme, figure. Sous une apparence mortelle, il 4° Marque, vestige. Il ne reste à cette femme aucune apparence de beauté. Sans qu'il y ait jamais eu aucune apparence de danger, sév. 249. || 5° Vraisemblance, probabilité. Peut-être, et ce soupçon n'est pas sans apparence, corn. Poly. m, 5. Il y avait quelque apparence qu'il n'en était pas échappé, m. Ex. du Cid. C'est elle dont je tiens cette haute espérance Oui flatte mes désirs d'une illustre apparence, id. Pomp. iv, 3. Croyais-tu que son cœur, contr.î toute apparence. Pour la persuader trouvât tant d'éloquence? Rtc. Baj. m, 3 Un roi qui naguère avec quelque apparence De l'aurore au couchant portait son espérance, id. ttiihr. m, 4. ....cetteguerre, Arcas, selon toute apparence, Aurait dû.... id. Iph. 1,4. Parmi tous ces discours dépourvus d'apparence, rotr. Antigone. iv, 5. Ils n'étaient pas moins en admiration de leur rétablissement fait contre toute apparence, boss. llist. 11, t.. N'est-ce pas une témérité insupportable d'avancer des impostures si noires non-seulement sans la moindre preuve, mais sans la moindre ombre et sans la moindre appareuce? pasc. Prov. 2. Vous n'avez pu donner la moindre apparence à une accusation qu'il n'eût été permis d'avancer qu'avec des preuves invincibles, id. ib. 46. Je le quittai, et je ne vois guère d'apparence d'y retourner, id. ib. 10.11 va à droite et à gauche, selon qu'il y voit de jour et d'apparence, la bruy. 6. Son voyage finira bientôt, selon toutes les apparences, id". 223. Je le croirais bien, il y a toutes les apparences du monde, mol. Préc. rïi. se. 6. Je vois trop d'apparence à tout ce qu'il a dit, id. leDép. 1,6. U n'y a nulle apparence à cela, id. Préf. de Tart. On peut juger avec grande apparence One.... la font. Rien. Je ne vois pas d'apparence qu'ils disposent de

moi, hamilt. Gramm. s. Selon les apparences, ils perdirent courage, fen. Te7. vi. ||H y a apparence que.

Iln'y aurait point d'apparence qu'un particulier fit

desc. Méth. U y a apparence que je me ressentirai de votre faveur, balz. Liv. vi, lett. 2. Il y a de l'apparence que nous lui gagnerons son argent , hamilt. Gramm. 3. Il y a apparence qu'on ira voir cette personne, sêv. 408. Je la crois telle aujourd'hui qu'elle a toujours été, et il n'y a pas d'apparence qu'elle se perfectionne jamais.... dider. Lett. sur let sourds et muets. Il n'y a pas d'apparence que je puisse vous voir sitôt, bos. Le«. Corn. 34. Quelle apparence y avait-il qu'ils [les mages] demeurassent dan» leurs palais, tandis que Jésus-Christ était dans sa crèche I'fléch. Serm. 1, 208. Quelle apparence y a-t-il qu'on puisse les réduire et les ramener à Dieu [ses sens et ses pensées] quandon veutïiD. Panég.ii, 23». Il Iln'y a pas apparence de avec un infinitif. Iln'y a point d'apparence d'être prodigue dans la pauvreté, balz. Liv. v, lett. 9. Il n'y avait pas d'apparence d'abandonner mon ami dans un si grand accablement d'affaires, scarr. i, 4 04. || Elliptiquement. Mais l'apparence, ami, que vous puissiez lui plaire, Teintdusang de celui qu'elle aime comme un père? corn. Cinna, n, 2. Quelle apparence de pouvoir remplir tous les goûts? la bruy. Disc, sur Théophr. Quelle apparence de dire que je veux envoyer des troupes? fên. Tel. xii. Quelle apparence qu'il vienne dans une lie si éloignée ? id. ib. xiv. Quelle apparence de s'en prendre à un pécheur qui se repeat? flêch. Serm. 1, 289. Mais quelle apparence de m'étendre davantage sur un sujet où, si je veux me louer de votre bonté.... pellisson, Disc, à VAcadé Il 0* Faux-semblant. Ils couvrent leurs passions sous une apparence de piété, flêch. Lam. Vices déguisés sous les apparences de la vertu, fên. Tél. LU. Allons chercher fortune autre part, je vois bien qu'on n'aime ici que la fausse apparence, mol. Préc. rid. se. 4 8. N 7* En apparence, loc. adv. D'après ce qui parait, ce qu'on voit. La condition la plus heureuse en apparence a ses amertumes. Qu'elles le soient effectivement et non en apparence, boss. Polit. Du prince, en apparence, elle reçoit les vœux, Mais elle les reçoit pour les rendre à Roxane, rac. Raj. 1, 4. Hermione, seigneur, au moins en apparence, Semble de son amant dédaigner l'inconstance, id. Andr. 1, 4. Et qui croira qu'un cœur, si grand en apparence.... id. Rrit. m, 6. Si l'on guérit le mal, ce n'est qu'en apparence, corn. Cid,u, 3. || 8° En perspective, l'apparence d'un objet est le point par lequel on suppose que passe une ligne qui vient directement à l'œil.

— REM. L'Académiedit : sous apparence de l'amitié. Cela ne parait pas conect; il faut, ou sous l'apparence de l'amitié, ou sous apparence d'amitié, m sous une apparence d'amitié.

— HIST. xiii* s. Se uns estranges areste en une vile un an ou deus, sans fere aparance de voloir y demorer, beaum. lvi, 3. En tel cas il poent estro prové a bastart par l'aparance du fet, t'6. xvm, 14. Il xiv* s. Et souffist parler de ceulx qui de prime face ont aucune apparence, ohesme, Eth. 4 114. || xv* s. Et veulent dire les aucuns que ce dimanche, selon les apparences que on y vit depuis, le duc de Bretagne ot traité aux Anglois, froiss. 11,11,215. Les apostres ne le doulz Jhesu Crist Ne portèrent draps de grant apparance, e. desch. L'habit ne fait pas l'homme. || xvi* s. Chose qui eust eu apparence [qui eût semblé vraie] en un autre siècle, mont, i, 27. Ambassadeur par effect, mais par apparence homme privé, id. i, 3». On peut dire avecques apparence que.... id. 1, 424. Il n'y a pas grande apparence que cette isle soit ce monde.... id. i, 232. L'altération des sainctes escritures est deffendue.non sans apparence [raison], m. 1, 399. Cest argument certes a apparence; neantmoins.... lanoue, 230. Le François est prompt d'embrasser les choses où il void quelque apparence d'y recevoir louange, id. 235. Un autre dessein fut tenté par lui (qui ne fut non plus exécuté) auquel il y avoit, ce me semble, plus d'apparence, id. 653. Tant en apparence qu'en effect, id. 605. Il n'y a point d'apparence que je m'y doive fier, cari., iv, 44. Que les affaires delà rebgion estoient beaucoup plus en apparence d'avoir pis qu'en espérance de mieux avoir, m. dubell. 4 85. Je porte la peine de ce que je ne suis pas beau filz ny homme de nulle apparence, amyot, Philop. 3.

— ÊTYM. Provenç. apparencia, aparensa ; espagn. apariencia; ital. apparenia; du latin apparentia, de apparens. apparent.

APPARENT, ENTE (a-pa-r<,n, ran-t'), adj.|| i*Visible, évident, manifeste. Des vices apparents. Bourgeon bien apparent. Apparent et croyable attentat.

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rotr. Mts.iv, 4. 11 est apparent qu'ils [M. le duc du Maine et Mme de Maintenon] essuyèrent des scèncsdu roi, st-sim. 304, 52. || 2" Remarquable entre les autres. Il a la maison la plus apparente de la ville. Une troupe de nymphes la vint recevoir jusque par delà le perron ; et aprèsuneinclination très-profonde, la plus apparente lui fit une espèce de compliment, la font. Psyché, liv. I, p. 36. Il Substantivement. Les plus apparents, ceux qui occupent le principal rang. Les plusapparents étaient de l'avis de Perdiccas, vaugel. Q.C. 673. N 3" Spécieux. Voilà ce qu'on pourrait direde plus apparent pour soutenir cet état, boss. Lclt. quiél. 4 2. || 4° Oui n'est qu'en apparence. Un prétexte apparent. Une piété apparente. Le mouvement apparent du soleil autour de la terre. Le sens apparent de l'Écriture. || En astronomie , le diamètre apparent d'un astre, l'angle sous lequel le diamètre en est vu. Hauteur apparente, hauteur au-dessus de l'horizon en ne tenant pas compte de la réfraction et de la parallaxe. || 6* En jurisprudence, servitudes apparentes, celles qui s'annoncent par des ouvrages extérieurs, tels qu'une porte, une fenêtre, un aqueduc.

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