‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 108 sur 403 · SYN. APPARENT, VRAISEMBLABLE, PROBABLE · texte numérisé non relu

SYN. APPARENT, VRAISEMBLABLE, PROBABLE

plausible. Ce qui est apparent a une certaine apparence en sa faveur. Ce qui est vraisemblable est conforme au train ordinaire des choses; il n'y a ni contradiction, ni impossibilité. Ce qui est probable a en sa faveur un commencement de preuve positive. On voit que ces trois expressions désignent trois degrés croissants de crédibilité. Plausible signifie digne d'être applaudi, digne d'assentiment. Ui.e opinion plausible, une excuse plausible, c'est une opinion, une excuse à laquelle nous devons ou pouvons acquiescer; on voit que dans plausible on considère moins l'apparence, la vraisemblance ou la probabilité que l'effet que la chose plausible produit sur nous.

— HtST. xii' s. Mal guerredon leur en fuaparant, Jlonc. p. 4 4. Va s'en la nuiz, li jors est aparanz, tb. p 24. || xui" s. Mais l'eu puet tiex songes songier Qu' ne sunt mie mençongier; Ains sunt après bien apj tirant, la Rose, 6. Je me puis bien fere partie de ce où je voi mon damace aparant, beaum. ni, 4 2. || xv* s. Ils cheminent par apparent ainsi que gens qui demandent bataille, froiss. h, il, 66. Et ne veoient apparent de confort de nul costé, id. i, i, 234. En vertu d'une procuration apparent suffisamment, qui là futapportée de par le roi d'Angleterre, id. i, i, 46. Et si aprochoit l'hiver, et si ils n'avoient encore fait nul fait d'armes, ni apparent n'estoit du faire, id. i, 1, 8(. L'orgueil serait si grand en toutes communautés que tous gentilshommes s'en douteraient, et jà en avoit-on vu l'apparent en Angleterre, m. n, li, 203. Tousjours les sages veullent chercher quelque bonne couleur et ung peu apparente, comm. m, t. Et alloit ce pays en granl trouble, et a esté jusques icy et est apparent de faire.... m. vi, 3. || xvi" s. Il est mieulx deu aux plus apparents de se faire attendre [au rendez-vous], mont. i, 6t. Une si grossière et apparente ou ignorance ou couardise, id. i, 66. Sans cause apparente, id. i, 64. Les plus apparents de la court.... id. i, 440. Ii avoit desjà pourveu au places où il estoit apparent que l'ennemy s'attaquerait, M. du bell. 84. Il créa cent conseillers-, les plusapparents et les plus gens de bien de la ville, lesquelz il appela Patriciens, amyot, Rom. 4 9. Il estoit apparent que le combat y serait aspre et pénible, à cause de la malaisance du lieu, id. Rom. 27. Cela le rendit grandement, et non sans apparente raison, suspect d'avoir esté luxurieux, id. Arist. et Caton comp. '2. Cherchant quelque occasion apparente de nous faire la guerre, m. Lucull. 26.

— ÉTYM. Apparens, de apparere (voy. apparoir). APPARENTÉ, ÉE (a-pa-ran-té, tée), part, passé.

|| 1° Oui a une parenté. Bien apparenté , mal apparenté, qui a une parenté en bonne, en mauvaise position. L'abbé de Citeaux se trouvait lors une fort bonne tête et fort apparenté dans la robe, st-sim. 06, 88. Un M. de G***, capitaine en France et apparenté dans le conseil , J. i. rouss. Conf. i. C'est une femme fort à son aise qui a de bonnes rentes sur la ville, des maisons à Paris; Lucile est fort bien apparentée au uoins, begnard, le Retour imprévu , 2. || 2- Fig. Bonaparte avoit d'abord admiré les feux fde Moscou] comme un spectacle apparenté à son imagination, chateaub. Outre-tombe, t. vi, p. 78, 4849.

APPARENTER (a-pa-ran-té), v. a. || 1* Donner parenté par alliance. Bien, mal apparenter ses enfants. Voilà ce qui commença à apparenter et à mettre dans le monde le grand-père du cardinal d'Estrées, st-sim. S70, ne. H 2" S'auuarenter, v. Ttp. Prendre pflrwnté. S'apparenter à la" bourgeoisie.

APP

— HIST. xui's. Povresparenz nus [nuljn'aparente, ruteb. 226. || xv* s. Devers le pore, je ne fois [fais] doubte qu'il ne soit bien aparenté, Lett. du temps de L. XI. Bibl. des Chartes , 4" série, 1. 1, p. 1 9. Avoit grandes intelligences au pays dudit duc, où il estoit fort apparenté, comm. m, ' 1. 1| xvi" s. Sous la faveur de la duchesse, laquelle estant du sangroial, apparentée de ceux de Guise.... d'aub. Ilist. i, 293. J aurais beaucoup de parents, si tous les enfans de ceux qui ont espousé des princesses de sang me vouloient apparenter, carl. m, 3.

— ÉTvm. à et parent.

t API ..RESSER (a-pa-rè-sé) , v. a. || l'Rendre paresseux. Je ne voulais pas leur montrer [au duc et à la duchesse d'Orléans] tous mes ressorts pour ne les pas ralentir et apparesser par compter trop sur mon industrie, st-sim. 267, 405. ||2° S'apparesser, v. re'/î. Devenir paresseux.

— HIST. xvi* s. Pour garder que les forces de notre estomach ne s'apparessent, mont, h, 4 5. Le corps et l'esprit s'apparessent en moi par la repletion, ID. iv, 288.

— ÉTYM. À et paresse.

t APPARIATION (a-pa-ri-a-sion) , s. f. Action d'apparier, de mettre en comparaison.

— HIST. xvi' s. Nostre arrogance nous remet tousjours en avant ceste blasphenieuse appariation, mont. II, 268.

— étym. Apparier.

APPARIE, EE (a-pa-ri-é, ée), part, passé. Mispar paire. Des bœufs appariés.

APPARTEMENT ou APPARÎMENT (a-pa-ri-man) , *. m. Action d'apparier, d'unir par couple, d'assortir par paire.

— ÉTYM. Apparie'-.

APPARIER (a-pa-ri-é), v. a. || 1° Assortir par paire ou couple. Apparier des chevaux de carrosse, de labour. Apparier des gants, des bas. || 2° Mettre ensemble le mâle et la femelle ; ne se dit que des oiseaux, et en particulier des pigeons et des tourterelles. || Par plaisanterie. Ah! par ma foi je crois qu'il en fera de belles, Si le diable vous tente et veut vous marier, Qu'il cherche un autre objet pour vous apparier, regnarù, Légal, i, 5. || 3° S'apparier, v. rêfl. Se mettre par couple de mâle et de femelle. Dans cette saison , les tourterelles s'apparient. || 4* Par extension. Ils travaillent un mois à chercher comme à fils Pourra s'apparier la rime de Memphis, Théophile, Élégie à une dame, 84.

— hist. xv* s. Ce serait une belle paire, Et Diex doinst qu'amour nous apaire , froiss. Espinette amour. ||xvi* s. Cecy se pourrait apparier [comparer] à ce qu'on veit dernièrement, mont, i, 6. Ceulx qui apparioient Piaule à Terence, id. h, 402. En quoi la tourterelle, qui jamais ne s'apparie qu'à un, leur doit faire grand honte, yver, p. 669. Il n'y en avoit point que nous luy puissions plus raisonnablement apparier que Eumenes, amyot, Sert. t.

— ÉTYM. À et paire; provenç. apariar; espagn. aparear.

f APPARIEUR, EUSE (a-pa-ri-eur, eu-z'), s. m. et f. Celui, celle qui apparie. Une marieuse de gens, on appelle vulgairement cela une apparieuse, tallemant, vm.p. 70.

— étym. Apparier.

APPARITEUR (a-pa-ri-teur), s. m. || 1" Sergent d'une cour ecclésiastique. || 2° Huissier attaché à une faculté. || 3° En général, huissier. Coriolan, naturellement fier et hautain, ayant renvoyé l'appariteur avec mépris , comme les tribuns l'avaient bien prévu.... vert. Rév.rom. n, 442.

— ÉTYM. Appartfor, mot à mot celui qui est présent, par conséquent qui surveille ; de apparere (voy. apparoir).

APPARITION (a-pa-ri-sion ; en poésie, de cinq syllabes), *. f. || 1* Manifestation d'un phénomène. Apparition des astres, du soleil. X l'apparition de la nouvelle lune. || 2* Action de se produire, arrivée, séjour. Alors notre ami fit son apparition. Sa brusque apparition les surprit. Il ne fit là qu'une courte apparition. D'Effiat ne venait presque jamais à la cour, et encore en apparition, st-sim. 393, 86.113" Fig. Naissance, commencement. Le tribunat, dont l'apparition eut lieu au milieu des guerres civiles. Dès l'apparition de la maladie. Depuis l'apparition de la philosophiede Descartes. || 4" Manifestation d'un objet qui se rend visible. Les apparitions dès dieux. Apparition nocturne. L'apparition d'un spectre. Au plus haut point de sa gloire, sa joie est troublée par la triste apparition de la mort, boss. Le Tellier. Tu n'y vécus pas seul; sous des formes divines, Tes apparitions peuplèrent ce beau lieu ;Tu voyais tourà tour passer lli'nes L'esprit de i, tempête et le souffla

APP

de Dieu, lamart. Harm. i, 44. Ces apparitions sont comme les images.... Tristan, Mariane, i, 2. || 6° Spectre, vision, fantôme. Il y a dans les campagnes bien des gens qui croient encore aux apparitions.

— HIST. xv* s. Et mesmes, pour plus grant apparucion montrer, le Dauffin mist hors ceux qui lui avoient donné ce conseil, fenin, 44 4 9. || xvi" s. Ledit cabinet semblera estre tout d'une pièce, parce qu'il n'y aura aucune apparition [apparence] de jointures, palissy, 60. Ceste apparition miraculeuse.... amyot, Timol. 44.

— ÉTYM.^pporftt'o, de apparere (voy apparoir). On a dit aussi apparufton, qui est tombé en désuétude.

APPAROIR (a-pa-roir), v. impers. Usité seulement à l'infinitif et à la troisième personne du singulier du présent de l'indicatif: il appert. Terme de palais. Etre constaté. Comme il appert parjugement du tribunal. U a fait apparoir de son bon droit. Votre respectable père signa toujours de Rony, ainsi qu'il appert sur votre propre extrait de baptême, p. l. courr. ii, 368. Appert-il mieux des dispositions des hommes que par un acte signé de leur main? la bruy. 4 4.

— REM. X l'infinitif, ce verbe ne se dit qu'au palais; cependant La Bruyère a dit, ch. 7 : Ne faire qu'apparoir dans sa maison. C'est un archaïsme.

— HIST. xi* s. Tresvait la nuit, et apert la claire aube, Ch.de Roi. lvh ||xiii* s. Devant l'aube aparant, ains qu'il fust ajourné, Berte,xv. [Que] Leur maie traïson devant tous en appert, tb. xxxiv. Ains que gueres de jour là en droites apere.... ib. xliv. Car quant ainsinc apert par air, la Rose, 6961. Or sus, or sus, font-il, barons; Se tantost armés n'aparons, Por secoure ce fin amant... tb. 45282. Et cil qui povres apparront, Lor propres frères les harront, t'o. 8247. Jevins à ore et à tens por mon jor garder, et l'ai gardé si come je dei, trusque as esteiHes aparans el ciel, Ass. de Jér. 80. || xiv* s. Si comme entre innombrables exemples peult apparoir de ceste très commune proposition, oresme, Eth. Prol. Par quoy il appert clerement que nostre bon roy Charles peult estre dit Charles grant en sagesse , in. tb. Et pour ce comme il apperra après par Aristote, ceste science appartient par especial et principalement aus princes.... m. tb. Et ce que dit est que prudence est vers choses singulières, il peut apparoir par signe, id. tb. 48t. || xv* s. Les archers anglois traioient si ouniement et si roidement que à peine ne s'osoit nul apparoir, froiss. i, i, 208. Il ne parle pas cjirestien Ne nul langage qui appere, Patelin. Ils ne se montraient ne apparoient, sachant.... loois xi, Notiv. xxvi. || xvi* s. Cacher mon dueil, afin que mieux appere, marot, u, sto. Or voy je bien, amy, et bien appert Ou* maugré toi en cestuy bois désert Suis demourée , m. n , ». Au reste comment Dieu fleschitettourneçà et làtousevenemens par la bride de sa providence, il nous apperra par un exemple notable, cal v.Inst. 44». Alors touteequi estencelieu nous appert ou vert, ou jaune, ou violet, mont, ii, 374 . Hz n'avoient que l'honneur et le nom de roys tant seulement, sans autre qualité qui les feist apparoir par dessus le commun populaire, amyot, Lyc. 7. Solon feit apparoir aux juges que.... id. Sol. 46. Par lesquels discours apperra clairement de la richesse de ceste nouriture, o. de serres, 459. Les lieux moites, y apparant l'eau tant peu que ce soit, es grandes sécheresses d'esté, id. 758.

— ÉTYM. Provenç. aparer ; ital. apparere; du latin, apparere, de ad, à, et parère (comp. paraître). Il apert n'est point une irrégularité de conjugaison ; au contraire c'est la forme régulière : apparere, avec l'accent en latin sur re, donne apparoir avec l'accent sur la même syllabe en français; appdreo, appdret, appdret, avec l'accent sur pa, donnent j'aper, tu apers, il apert, avec l'accent en français sur la même syllabe.

APPARTEMENT (a-par-te-man), s. m. || 1* Logement composé de plusieurs pièces. Un b?l appartement. L'appartement du premier. Madame, retournez dans votre appartement, rue. Rrit. i, 4. ^"Autrefois, cercle qui se tenait chez le roi. Le roi tient appartement aujourd'hui. Le soir, il y avait appartement; ce qu'on appelait appartement était le concours de toute la cour, depuis sept heures du soir jusqu'à dix, st-sim. 2, 45. ||On di! aujourd'hui cercle dans ce sens. || On disait aussi tenir appartement, recevoir compagnie ohez soi avec les formalités établies par l'usage.

— HEM. Loeut. vicieuse : U loge au second appartement; dites au second étage. Ne dites pas non plus appartement pour une «impie chambre.

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— Étym. Bas-liit. apparliamentum, qui signifie division, de ap pour ad, et de partiri, partager (voy. partir) ; mot à mot , ce qui est partagé , divisé , d'où le sens actuel d'appartement.

APPARTENANCE (a-par-te-nan-s') , s. f. j] 1* Ce qui appartient à une chose, ce qui en dépend. Faire les lois, donner les dispenses sont des appartenances de l'autorité souveraine, boss. n, Conc. 4. Souhaitant que le feu du ciel ne laissât dans les appartenances du Carmel aucune trace d'une grandeur et d'une magnificence séculière, flêch. Panég. n, 260. Il fallait [à Marly] des cuisines aux princesses, et d'autres appartenances, st-sim. 268, 4(3. || 2° Les appartenances de la selle, les parties qui ne la composent pas essentiellement. Les appartenances de la selle sont : les sangles, le surfaix, le poitrail, la croupière, les étriers; la housse est un accessoire.

HIST. xn# s. Tûtes les choses ki furent Saill,

e sun maisnil, e tûtes les apurtenances, tut rend al fiz tun seignur, Rois, 4 50. || xiti's. Il auroient Andrenoble et toutes les apartenances, villeh. eux. Car icel jor, bien le recors, Ne noustoldra fors que le cors, Et toutes les apartenances De par les corporex sustances, la Rose, 8173. S'il brise ou depiece ou port aucune coze qui est des apertenances du pressoir, beaum. xxxviii, (9. Et ces deux frères tindrent du conte Henri touz leur héritages et leur apartenances, joinv. 205. || xiv* s. La qualité et la quantité de la fortune, et l'appartenance ou procheneté et valour de la personne, oresme, Eth. 26. Yconomie est art de gouverner ung hostel et les appartenances pour acquérir richesses, id. ib. 44. || xv* s. Lille, Douay et Bethune et toutes les appartenances qui doivent estre tenues de la comté de Flandres, froiss. i, i, 97. || xvi* s. La remission des péchez, sans laquelle nous n'avons aucune alliance ni appartenance avec Dieu, calv. Instit. 82». Ils avoient une maison spacieuse accompagnée de grands jardins et appartenances, d'aub. Hist. Il, 462. La béatitude remplit toutes les appartenances et advenues de la vertu, mont, i, 70. Ces cognoissances ne sont pas de leur appartenance, id.ii, 278. Seulement luy laissa l'on par pitié le royaume de la Macédoine, avec les appartenances, amyot, Aralus, 64.

— étym. Appartenir; provenç. apartenensa; ital. appartenenza.

APPARTENANT, ANTE (a-par-te-»an , nan-t'), adj. || 1* Terme de droit. Qui appartient de droit. Maison à lui appartenante. Domaines à lui appartenants. Le peuple pilla plusieurs maisons appartenantes aux sénateurs soupçonnés de favoriser les Autrichiens, volt. Louis XV, 2). Le pape avait pris les duchés de Castro ei de Ronciglione appartenants à Odoard Farnàse, duo de Parme, id. ib. 39. || 2° Qui dépend de. La philosophie et les questions appartenantes.

— hem. La langue du droit a conservé à ce participe l'accord semblable à celui des adjectifs, accord que tous les participes avaient autrefois; mais il est évident que, dans les exemples cités de Voltaire, on pourrait se servir du participe présent indéclinable, comme le veut la syntaxe actuelle.

— hist. xii' s. Les trives [ils] donnent devant midi sonnant; Par la bataille vont les mors reversant; Qui trova mort son père ou son effant, Neveu ou oncle ou son apertenant.... Raoul de C. 4 26. || xiv s. Et sera mort bien et selon raison appartenante à félicité, oresme, Eth. 22. || xv* s. D'esmouvoir guerre au roi d'Angleterre, ce n'estoitpas chose qui fust appartenante, froiss. i, i, 8. ||xvi*s. Ilz l'envoyèrent sommer de leur rendre la ville de Fidenes, comme à eulx appartenante, amyot, Rom.39. Quand il faisoit aucune chose appartenante à l'office de celle presbtrise, id. P. Mm. 5.

APPARTENIR ( a-par-te-nir) , j'appartiens, nous appartenons, vous appartenez, ils appartiennent; j'appartenais; j'appartins, j'appartiendrai; appartenant ; appartenu, v. n. 11 se conjugue avec l'auxiliaire avoir. || 1* Être la propriété de. L'Algérie appartient à la France. Tout cela m'appartient. Rendre à chacun ce qui lui appartient. || Fig. Je m'appartiens. Il faut que l'âme s'appartienne à elle-même. || 2" Être le droit ou le privilège de, être le propre, le caractère particulier. Le droit de grâce appartient au souverain. Chez les Gaulois, le jugement appartenait aux druides. Cette qualité n'appartient qu'à vous. L'inconstance appartient à la fortune. La parole n'appartient qu'à l'homme. C'est un trait de vertu qui n'appartient qu'à vous, corn. Poly. îr, 5. ||- 3' Être au service de quelqu'un; être attaché ou dévoué à quelqu'un. Cet uoinnie vous appartient. Je ne savais pas que ce

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laquais vous appartint. Tu m'écris que tu lui appartiens corps et âme. |f 4" Faire partie de. Il n'appartient d'aucun côté à la famillo de.... Il appartenait à d'honnêtes bourgeois. Ce qui suivit appartient à l'année où.... Cet animal appartient à tel genre. || 6" Avoir rapport à, concerner. Comme si cela n'appartenait en rien à la religion. Choses qui appartiennent à la philosophie. || 6* Impersonnellement. Il appartient, il est de convenance, de devoir. Il m'appartient de.... Il appartient à un bon juge de.... C'est à la cour qu'il appartient de statuer. Je ne sais trop ce qu'il m'appartient de fai:o. 11 n'appartient qu'à un roi sans religion et sans amour pour ses sujets d'entreprendre la guerre pour contenter son ambition, pellisson. Conversât, de Louis XIV devant Lille, p. 46. Il n'appartient qu'à la religion d'instruire et de corriger les hommes, pasc. dans giraolt-duvivier. Il ne m'appartient point de vous offrir l'appui De quelques malheureux qui n'espéraient qu'en lui, rac. Daj.y, 4). || Par antiphrase. Il vous appartient bien de parler de générosité, il ne vous convient pas, il vous sied mal. Il vous appartient bien, après cela, de venir accuser les justes, mass. Car. Injustice. || 7° Terme de palais. Ainsi qu'il appartiendra, c'est-à-dire selon qu'il sera convenable. ||X tous ceux qu'il appartiendra, à tous ceux qui y auront intérêt ou qui voudront en prendre connaissance. || Dans le langage général, avec le même sens. Aux dépens de qui il appartiendra, sév. 230. Mon père dit au porteur de la dépêche, qu'il retint bien, pour en avertir où il en appartiendrait , que , si on se jouait encore à lui , il ne ménagerait rien, st-sim. ix, 409. Je me suis résolu d'être médecin aux dépens de qui il appartiendra, mol. Mid. m. lui, m, 4.

— hist. un" s. [Je vis] caiens [céans] une pucele entrer; Ne sai se li apartenés: Par ma foi, vous la resanlés, FI. et 111. 4 535. Mes héritages de par mon père ne revient pas à me [ma] mère, ançois esquieut [échoit] au plus prochain qui m'apartient de par le père, beaum. xiv, 23. || xiv's. Et ce appartient meismement as philosophes, oresme, Eth. n, 4 0. Et de telles operacions aucunes sont où il ne appartient pas loenge, id. t'b. 49. || xv* s. Et n'aymoit nulle chose qui y appartinst [à la guerre], comm. I, 4. ||xvi*s. Cela appartient à celuy qui donne la loy, non à.... mont, i, 59. Ceulx qui sont exercitez à lire l'histoire ainsi qu'il appartient, deviennent.... amyot, Préf. vu, 33. Puisque tu es divin, aye pitié de moy : Il appartient aux dieux d'avoir pitié des hommes, rons. «37.

— ETYM. Provenç. apertener; ital. appartenue; de ad, à(voy.A), etpertinere, appartenir (voy. pertinent).

APPARTENU (a-par-te-nu) , part, passé invariable d'appartenir.

APPARU, UE (a-pa-ru, rue), part, passé d'apparaître. On parlait du spectre apparu à cet homme épouvanté.

APPAS (a-pâ; Vs se lie), s. m. plur. ||i° Les beautés qui dans une femme excitent le désir. Cette ardeur que j'ai pour ses appas, Bérénice en mon sein l'a jadis allumée, rac. Bérén. n, 2. Ses périls, ses respects et surtout vos appas, Tout cela de son cœur ne vous répond-il pas? id. Baj. i, 3. Une maltresse serait sans appas pour vous, hamilt. Gramm. 6. Et déjà leurs appas ont un charme si fort.... malh. Sonnet au Dauphin. Mais n'est-ce point assez célébrer notre belle? Quand j'aurai dit les jeux, les ris et la séquelle, Les grâces, les amours, voilà fait àpeu près! — Vous pourrez dire encor les charmes, les attraits, Les appas, la font. Clymène, 462. D'Estrée à son amant prodiguait ses appas, volt. Henr. ix. || 2* En parlant des choses, attraits. Arbres épais, et vous, prés émaillés, La beauté dont l'hiver vous avait dépouillés, Par le printemps vous est rendue; Vous reprenez tous vos appas, mol. Princ. d'Él. Interm. m, 2. Si pour vous la retraite avait quelques appas, ld. l'Êtour. v, s. Ce nœud n'a-t-il pas des appas? id. F. sot), i, t. Tous les biens de ce monde ont pour moi peu d'appas, id. Tart. iv, 4. Mais l'argent, dont on voit tant de gens faire cas, Pour un vrai philosopha a d'indignes appas, id. F. sav. v, 4. Suivant de l'honneur les aimables appas, malh. n, 4. Seigneur, ainsi qu'à vous la liberté m'est chère; Quoique né sous un roi, j'en goûte les appas, volt. Brutus, n, 2. Y trouver des appas [aux plus cruels supplices], corn. Poly. i, t.

— REM. Appas est le pluriel de appât. L'ancienne orthographe était appast; au pluriel, appasts ou appas. La faute a été de faire de ce mot unique deux mots différents. De là toute sorte d'irrégularités qu'on trouve dans les auteurs ; d'abord la plus forte

APP

de toutes, qui est appas au singulier. Qui dort en sûreté sur un pareil appas, Et le plaint, ce galant, des soins qu'il ne prend pas, mol. Éc. des femmes, i, t. Si jamais une flamme eut pour vous quelque appas , corn. Sert, m, 4. Puisappasdit pour appâts; mais

ceci n'est qu'une affaire d'orthographe ce h\v

couvrait d'un lacs Les menteurs et traîtres appas, la font. Fab. ix, 2. Enfin l'emploi àcappas pour exprimer les attraits qu'un homme peut avoir: Si Votre Majesté Est curieuse de beauté , Qu'elle fasse venir mon frère; Aux plus charmants il n'en doit guère.... Là-dessus Astolphe répond.... Voyonssi no? beautés en seront amoureuses, Si ses appas le mettront en crédit, la font. Joe. Le seul remède aujourd'hui à apporter à la confusion serait d'assigner à appas, substantif pluriel , le sensspécialde beautés qui attirent; puis, cela fait, de ne voir aucune différence entre appas et appâts, au pluriel, pour signifier ce qui amorce, ce qui charme, ce qui attire; fusion qui, ne faisant que rétablir la réalité du fait, aurait l'avantage d'ôter l'apparence d'irrégularité au cas où nos bons auteurs ont dit appas ce que nous disons aujourd'hui appâts.

APPÂT (a-pâ; le l ne se lie pas; au plur. Vs se lie comme dans appas), s. m. |j 1* Terme de chasse ou de pêche. Pâture pour attirer et prendre le gibier ou le poisson. Aux appâts d'un hameçon perfide. J'amorce en badinant le poisson trop avide, boil. Ép. «. Quand à quelques-uns [poissons] l'appât serait fatal, Mourir des mains d'Annette est un sort que j'envie, la font. Fabl. x, 44. Amusez les rois par des songes, Flattez-les, payez-les d'agréables mensonges, ©uelque indignation dont leur cœur soit rempli, Ils goberont l'appât, vous serez leur ami, in. ib. vin, 49. || 2* Ce qui attire. Quand une fois on a trouvé le moyen de prendre la multitude par l'appât de la liberté, boss. Reine d'Angl. Se voir expose aux yeux de toute l'Europo comme sur un gran<l théâtre, s'y voir par son éloquence dans les premiers rangs : Calvin ne s'en peut taire; c'est pour lui un doux appât, et c'est celui qui a fait tous les hérésiarques, in.Fariaft'ons,9. [Il] Mord si bien à l'appât de cette faibleruse, mol. l'Étour. m, 2. Ce marchand déguisé, Introduit sous l'appât d'un conte supposé. id. ib. iv, 7. Mais perdez cette erreur dont l'appât vous amorce, boil. Êpit.x. Je reconnais l'appât don i ils m'avaient séduite, rac. Baj. iv, 5. Les spectacles, les dons, invincibles appâts, Vous attiraient les cœurs du peuple et des soldats, id. Prit, iv, 2. Sous le vain appât d'un songe ridicule, id. Athal. l, 4. Je ne vois sous l'éclat dont il est revêtu Que de traîtres appâts qu'il tend à ma vertu, rotr. Vcncesl. n, 4. Et sous l'indigne appât d'un coup d'oeil afTété. corn. Rodog. m, 3. Quelque appât que lui-même il trouve en Laodice, LD. S'icom. iv, 2. C'est trop semer d'appâts et c'est trop inviter Par son impunité quelque autre à l'imiter, id. Cinna, n, 2. Mon cœur, d'un saint zèle enflammé. Ne goûte plus l'appât dont il était charmé, 10. Poly. iv, 2. J'apprenais à mes yeux à former des appâts, Régnier, Dial. Ta funeste bonté, qui fait aimer tes fers, Et qui n'est qu'un appât pour tromper l'univers, volt. M. de Ces. n, 5. Examine-le bien, ce plaisir prétendu Dont l'appât tâche à te séduire, lafare, Odes, vu, 90.

— SYN. appAt, lelrre. L'appât est une pâture que l'on offre et qui cache un hameçon. Le leurre est un objet apparent que l'on montre, qui attire, et qui cache un piège. L'appât a de trompeuses douceurs; le leurre a de trompeuses apparences.

— HIST. xvi* s. Bestes toujours sont prinses aux appastz, j. marot, v, ioo. En lieu d'appaist et bonne nourriture. Ils vont donnant esventée pasture À leurs troupeaux, marot, i, 346. On leur apprenoit à se demesler des appasts de la volupté, mont, i, (62.

— ÉTYM. À et l'ancien français past (voy. PAttre).

APPÂTÉ, ÊE (a-pâ-té, tée), part, passé. || 1* A qui on a présenté un appât. Des poissons appàtds. || 2° Fig. Où se serait emporté un peuple appâté île sang, boss. Déf.

APPÂTER (a-pâ-té), v.a. || i-Attireravecun appât. Appâter des poissons, des oiseaux. || 2* Mettre h; manger dans le bec des petits oiseaux. || 3" Famil ment. Donner à manger à quelqu'un qui ne peut pas se servir de ses mains. 11 faut l'appâter comme u-enfant.

— HIST. xvi* s. C'est le tumbeau, là où res vers s'appastent Du bon vieillard.... marot, m, 200. Et tous les arts dont la vieille rusée Sçait appaster la jeunesse abusée, dubell. vh, a, verso. Ils en faisoient provision et les appastoient [nourrissaient], mont, i, 106. Un gendre qui sceust appaster como>

APP

dément mes vieux ans, et les endormir, m. rv, 75. Nous appastons le cheval dos lors qu'il est nay, pour l'apprivoiser à servir, id. iv, 356. Il ne faignitpas de leur jetteràchascun quelque grosse somme d'argent, pour les attraireet appaster, amyot, Phor. 30. Il fut apasté d'un bon evesché; mais il est de l'humeur de ceux qui tirent l'eschelle après eux; car il a trouvé l'invention de mettre les appas si avant dans l'hameçon, que le poisson est pris, sans que l'ippas soit avalé, d'aub. Conf. i, ».

— ÊTVM. Appât. Dans le xvi* siècle on disait aussi appasteler.

f APPATRONNEMENT (a-pa-tro-ne-man), ». m.

Voy. APPAREILI.EMENT.

t APPATRONNER (a-pa-tro-né), v. a. Terme d'économie rurale. Synonyme d'appareiller.

— ÊTYM. A e' patron, modèle.

APPAUMÉ. L'E (a-pô-mé, mée), adj. Terme de blason, qui signifie une main ouverte, dont on voit la paume ou le dedans.

— êtym. A et paume.

APPAUVRI, IE (a-p8-vri, vrie), part, passé. || 1* Rendu pauvre. Un pays appauvri par la guerre. Ce ménage appauvri par la maladie de l'homme. Sol appauvri. Langue appauvrie. L'ame raisonnable, née riche parles biens que lui avait donnés son auteur, et appauvrie volontairement pour s'être cherchée soi-même, boss. la YaVicre. \\ 2* Le sangestappauvri , quand il est pâle et sans consistance, qu'il contient moins de globules et d'albumine. On appelle au contraire sang riche celui qui a une couleur vermeille et qui se coagule facilement. Ils n'ont pour principe qu'un sang épuisé et appauvri, I. I. rouss. Ém. nr.

APPAUVRTR (a-pô-vrir), v. a. || 1* Rendre pauvre. Ses dépenses l'ont appauvri. || 2' Fig. D'abord qui t'a parlé, sophiste insidieux, D'appauvrir les autels et le culte des dieux? M. i. chên. Gracques, a, 3. Souvent trop d'abondance appauvrit la matière, boil. Art p. in. || Appauvrir une langue, la rendre moins abondante. I| Appauvrir un terrain, l'épuiser, en diminuer la fertilité. Songez-y, les enfants divisés par la haine, Appauvrissent bientôt le paternel domaine, mu.EY.Jalous. littér. || 3° S'appauvrir, v.ré/l. Devenir pauvre. Les riches qui se sont appauvris pour aider les pauvres, boss. Ilist. a, 7. | 4* Fig. Cette terre s'appauvrit d'année en année. || Un filon s'appauvrit lorsqu'il devient moins épais ou moins riche en parties métalliques. || On s'appauvrit en peu de temps par la vaine ambition d'imaginer, vauven. Max. cclxxii. || Proverbe. Donner à Dieu n'appauvrit jamais; c'est-à-dire l'aumône, la charité n'est jamais une perte.

— HIST. ni* s. De trois cent Francs en fu France apovrie, Rone. p. (42. Deus les ad à neent remis et apovris, Th. le mart. 75. || xm* s. Et bien furent mort en celé voie quarante chevalier ; dont li os fu durement afebloiés et apovris, vtlleh. cxxii. Et la terre en fu moût en maint lieu apovrie, Berte, lx. Se il les lessast bienapovrir, il ne M courroient pas sus sitost, comme se il estoient bien riche, joinv. 292. || xv* s. Et le pays durement foulé et appovri, froiss. i, I, 261 . || xvi* s. Cela est fascheux de s'appauvrir par ces extravagantes folies et puis encore estremocqué, lanoue, te*. Quand cauteleusementon apourit son prochain, en le trompant et décevant, calv. Inst. 306. Il appauvrit et espuisa la ville de Rome d'or et d'argent, amyot, Syllaet lys. 6.

— êtym. A et pauvre ; provenç. apaubrir. Il y avait dans l'ancien français une forme apourier, apmroier.

APPAUVRISSEMENT (a-pô-vri-se-man), $, m.

|| 1* Réduction à l'état de pauvreté. L'appauvrissement d'une famille, d'un peuple. || 2° Par extension, appauvrissement du sol, état d'une terre épuisée. || Appauvrissement d'une langue, état d'une langue devenue moins abondante , moins expressive. || Appauvrissement du sang, état du sang qui a perdu une partie de ses principes constituants. || Détérioration des caractères et des qualités d'une race domes-

— HIST. xvi* s. En après les guerres civiles sont survenues, et en ceste manière est venu son apauvrissement [la ruine de la noblesse], lanoue, 159.

— ÊTYM. Appauvrir.

APPEAU(a-pô),s.m. || l'Engin imitant le cri des

oiseaux, et servant à les appeler et à les attirer dans un piège. || 2' Fig. Et ce beau cuisinier armé d'un grand couteau ? Reviendrais-tu pour cet appeau ? la font. Fab. vm, 21. j| 3* Oiseau dressé à attirer les autres. || 4* Petit timbre qui sert à sonner les quarts et les demi-heures. || Au pluriel, des appeaux.

PTCT. DI LA tANOTTE FRANÇAISE.

APP

— HIST. xv* s. Aussi il fist si bonne mine Qu'il fut esleu sans nul appeau Pour estre varlet de cuysine, Villon, Repues fr. Leurs maris, qui avoient assez bien bu le soir, et qui s'attendoient à l'appeau [appel] de leurs femmes, dormoient au plus fort, louis xi, JVoue. xxx.

— ÊTYM. Appel, dans l'ancien français, fait au nominatif singulier apeh, apex, apax, prononcé apeu ou apau; de là le mot appeau (voy. appel).

APPEL (a-pèl) , s. m. || 1* Action d'appeler. Ce cri est un appel. || Faire un appel à la générosité de quelqu'un, à la charité publique, l'invoquer, en réclamer des secours. || 2' Vérification de présence obligée des membres d'une assemblée, d'un corps. Faire l'appel; manquer à l'appel; ne pas répondre à à l'appel. |l Appel nominal, appel des membres d'une assemblée délibérante, pour que chacun donne son vote. || Fig. Je vais faire le recensement de l'Amérique septentrionale: beaucoup de tribus manqueront à l'appel , chateaub. Amer. 253. || 3* Signal donné par la trompette ou le tambour pour assembler les soldats. On sonne à trois heures le premier appel. || 4* Terme d'escrime. Attaque faite par un simple battement du pied. || 5' Provocation en duel. Je m'en pris à lui [au comte d'Harcourt] ; je lui fis un appel à la Comédie, retz, i, 3. Cherche! si l'on vit un seul appel quand elle [Rome] était couverte de héros, J. j.rouss. Hél.i, 67. Maintenant on emploieplus ordinairement cartel. || 6' Terme de manège et de chasse. Appel de langue, action d'exciter un chien ou un cheval en donnant de la langue. ||7* Manière desonnerducorpouranimerleschiens. || En musique, appel de cors, traits de cors dans une symphonie qui offre quelque ressemblance avec les appels de châsse. || 8* En termes de conscription, action d'appeler sous les drapeaux. On fera au mois de janvier prochain l'appel de la classe de cette année. || 9* Terme de finances. Appel de fonds, demande du versement de nouveaux fonds à des actionnaires ou à des associés. I| 10" Terme de procédure. Recours à un juge supérieur. Cour d'appel.

— HIST. xi* [que] Il volge [veuille] doner wage e trover plege à persuir soun apel, L. de Guill. 25. || xm* s. Parla cit d'Antioche font lor apel soner, Plus de soixante mil se courent adober, Ch. d'Ant. v, 4t3. Qui veaut [veut] faire apeau de murtre, il doit savoir que est murtre, Ass. de 1er. 85. Et il a grant différence entre les apiax qui sont fet desjugemens des baillis et les apiax qui sont fet des jugemens des homes, beaom. 30. Puisque la sentence est passée sans apel, id. ib. xvm, )6. ||xiv" s. X son moustier revient li predons honnorés, Il a dit à son clerc : or tost l'apel sonnés, Baud. de Seb. xn, 398. || xvi' s. Des sentences feut appelle par les parties condemnées : toutes feurent confirmées : les appeaulx renversez et à néant mis, rab. Pant. m, 36. L'amende du fol appel, loysel, 860. Ce qui est avoir mis tout l'avantage de l'appel [cartel] de mon costé, d'aub. Vie, xlvii.

— ÊTYM. Voy. APPELER.

t APPELABLE, adj. Donton peutappeler. Instance appelable, de brosses, Lettr. Ital. i, 2.

APPELANT, ANTE (a-pe-lan , lan-t'), adj.

|| 1* Terme de palais. Qui appelle d'un jugement. Je suis appelant. Elle se rend appelante. || 2* Subst. L'appelant et l'intimé. || 3* Fig. Pour être reçu appelant de la soumission de tant de siècles, mass. Doutes. || 4* Oiseau tenu en captivité pour appeler les autres et les attirer dans le piège. On dit aussi appeleur. || 5° Nom donné aux évoques et aux prêtres qui avaient interjeté appel au futur concile de la bulle Unigenitus. || Il ne se met qu'après le substantif : la partie appelante.

—HIST. xiv s. La loi de talion fut introduite, tant contre l'appellant,que contre l'appelle, loysel, 8)9. Que tout appellant comme estant celui qui blesse le droit du roy, fust dégradé de noblesse, d'aub. Fan, i, 9.

— ÊTYM. Appeler. On disait dans l'ancien français apeleur.

APPELÉ, ÊE (a-pe-lé, lée), part, passe". || 1* Qu'on fait venir. Appelé par son nom. Les ministres appelés successivement chez le roi. Nos vaisseaux par les vents semblaient être appelés, rac. Iphig. i, 1. || 2* En parlant de la prédestination, beaucoup d'appelés, et peu d'élus. || En un sensanalogue, appelé à de hautes destinées. Cet état où tout le monde n'est pas appelé, boss. Préf. || 3» Qui a tel nom. Octave appelé ensuite Auguste.

— SYN. appelé, nommé. Appelé, employé substantivement, comme dans la phrase suivante : je l'ai vu avec l'appelé Richard , n'est pas bon. On dira : je l'ai vu avec le nommé Richard. Appelé, pris substanti-

APP

vement, garde sa signification primitive: les appelés et les élus.

APPIXER (a-pe-lé). e. a. j'appe'le, tu appelles, il appelle, nous appelons, vous appelez, ils appellent; j'appelais, nous appelions; j'appelai, nous appelames; j'appellerai, nous appellerons; j'appellerais, nous appellerions; appelle, appelons, appelez; que j'appelle, que tu appelles, qu'il appelle, que nous ap. pelions, que vousappeliez, qu'ils appellentjque j'appelasse; appelant, (l'Académie exprime ici par ell le passage de IV muet à IV ouvert; ailleurs elle rend ce passage par èle, comme dans je gèle; il serait bien utile d'adopter pour tous les cas une orthographe uniforme). || (• Crier pour faire venir quel» qu'un; prononcer à haute voix une suite de noms; faire signe de venir. 2* Mander, inviter, au propre etau figuré; admettre, attirer. 3* Provoquer, défier. *• Citer quelqu'un en justice; procéder au jugement d'une cause. 5* Convoquer sous les drapeaux. 6° Invoquer. 7° Choisir pour une fonction , désigner. 8* Réclamer, eiiger, nécessiter. 9* Donner un nom, désigner parun nom, nommer, to* V. n. Recourir à un tribunal supérieur. <<• En appeler, ne pas se soumettre; en appeler à, avoir recours à. )2» En termes de marine, une manoeuvre appelle. )3" V.réfl. s'appeler, avoir pour nom. || 1* Appeler quelqu'un à haute voix. Appeler chacun par son nom. Qui m'appelle T || Appeler les lettres de l'alphabet, les nommer successivement l'une après l'autre. || En termes de palais, appeler une cause, dire à haute voix le nom des parties. || Appeler son chien, l'appeler de la voix ou en sifflant. || 11 se dit des animaux. La brebis appelle son agneau; la poule appelle ses poussins. || Absolument. Il appelle, et personne ne vient. || Fig. Appeler à son aide sa vertu. Celui qui sent sa faiblesse, appelle à son secours le manège et l'intrigue. Il appelle les idolâtres à la connaissance de Dieu, boss. Hist. n, 7. Quelquefois elle appelle Oreste à son secours, rac. Andr. i, l. Par les dieux qu'ea pleurant tes serments appelèrent, Régnier, Élég. il. Il appelait à témoin les dieux et les hommes que la république était trahie, vertot, Rivol. rom. m, 274. || Appeler des oiseaux, les attirer en se servant d'un appeau. || Absolument, en termes de chasse. Quelque terrier, dit-il, a sauvé mon galant; Mes chiens n'appellent point au delà des colonnes, la pont. Fab. xn, 23. || Ce chien appelle en faux, il aboie dans l'endroit où les perdrix ont été, ou à la rencontre du frai des perdrix. || 2° Louis XIV appela Colbert dans ses conseils. Si tu appelles le médecin. Les destinées nous appellent. Appeler la bienveillance par ses bons offices. La corneille appelle la pluie. Le coq appelle le jour. Une fourberie en appelle une autre. N'est-ce pas vous enfin de qui la voix pressante Nous a tous appelés aux campagnes du Xanthe? rac. Iphig. i, 3. Les cloches dans les airs de leurs voix argentines Appelaient à grani bruit les chantres à matines, boil. iutr. n. Nos vaisseaux sont tout prêts et le vent nous appelle, rac. Andr. m , t. Et nos champs, malheureux par leur fécondité, Appellent l'avarice et la férocité Des brigands du midi, du nord et de l'aurore, volt. Taïur* i, l. Au pied de ses remparts quel intérêt m'appelle? rac. Iphig. iv, H. L'infidèle en nos murs appelle l'étranger, volt. Tancr. n, *. Enfin, las d'appeler un sommeil qui le fuit.... rac. Esth.u, l. Argos nous tend les bras, et Sparte nous appelle, id. Phèdr. v, t, || Par extension. Dieu vient de l'appeler à lui, il vient de mourir. Je sens que Dieu m'appelle a lui, je sens que ma fin approche. || 3° Appeler un adversaire au combat. Appeler à une lutte de talents. || Appeler en duel ou simplement appeler, provoquer à un combat singulier. Je l'irais appeler comme mon adversaire, Régnier, Sat. vi. Il fit appeler le duc de Buckingham , hamilt. Gramm. 1 1 . Je sais de bonne part qu'on t'a fait appeler, mol. Fdch. in, 4. || 4* Appeler quelqu'un en justice. Les uns sont condamnés, les autres ne sont pas même appelés. || Appeler quelqu'un en témoignage ou comme témoin. || Appeler quelqu'un en garantie. || 5° Appeler des soldats sous les drapeaux. Appeler les vétérans. On appelle le contingent de cette année. || 6' Tous les voeux l'appellent. Appeler le maihenr, la vengeance du ciel sur quelqu'un. Armée qui appelle le combat de tous ses vœux. Appeler sur quelqu'un les bénédictions du ciel. Il appelait sur vous la haine et le mépris. || 7* Appeler quelqu'un à une charge. Il fut appelé au trône. Être appelé au consulat. Appeler quelqu'un à siéger dans le sénat. Appeler à une chaire un professeur habile. Il ne faut pas résister quand Dieu nous appelle. Le génie de Turenne l'appelait au commandement des armées. Quoil vous à qui Néron doit le jour qu'il respire,

APP

Qui l'avez appelé de si loin à l'empire.... rac. Bril. i, 4. 1| 8° Celle conduite appelle votre sévérité. Les affaires intérieures appelèrent son attention. Ce crime appelle la vengeance des lois. Ton audace à la fin appelle ma vengeance, lamart. Médit, u. 18. || 9° Appeler une chose de plusieurs manières. Appeler quelqu'un le sauveur de la patrie. Je n'appellerai jamais libre un homme.... J'appelle un chat un chat et Rollet un fripon, boil. Sat. i. 11 n'y a point de particulier qui ne se voie autorisé par cette doctrine à adorer ses inventions, à consacrer ses erreurs, à appeler Dieu tout ce q 'il pense, boss. Heine d'Anglet. || Familièrement. Appeler le» choses par leur nom, ne pas affaiblir par des mots ce que certaines vérités peuvent avoir de dur. || 10° V. n. Appeler de , recourir à un tribunal supérieur, appeler d'un jugement. Loi qui permit d'appeler a«- peuple des consuls, boss. Uisl. 1, ». Et nous faire désirer au moins que Dieu existât, à qui nous pussions appeler du jugement des hommes, la hi.i'y. I«, U lui remontra qu'encore qu'il n'y ait point de juge à qui l'on puisse appeler de lui, il faut qu'il eu appelle lui-même au tribunal de sa conscience, FLÊcii. l'anég. u, p. 81. || Appeler comme d'abus, appeler d'un tribunal (fcclêsiastique à l'autorité laïque. || Fig. Appeler de, ne pas se soumettre. J'appelle de votre décision. Jupin. de ton arrêt j'appelle; Ta balance et tes poids sont faux, békanu. Muets. || Avec le sens actif, en droit féodal, appeler son seigneur de faux jugement, c'était dire que son jugement avait été faussement rendu, montesq. Esp. xxvm, 27. || 11° Eu appeler. Celui qui n'a pas fait sa fortune à la cour, est censé ne l'avoir pas dû faire ; on n'eu appelle pas, la bhuy. 8. Vauban est infaillible; on n'en appelle point, id. 42. || F.n appeler à, s'en référer à, recourir. Souffrez, mes frères, que j'en appelle à votre conscience, mass. Évid. Charles 1 était brave ; il pouvait en appeler à l'épée, chateaub. Stuarti, 187. || Familièrement Il en a appelé, se dit d'un homme qui a échappé a une maladie dangereuse. || 12° En termes de marine, une manœuvre appelle droit, si elle arrive directement an point où la force est appliquée; elle appelle de loin, quand le lieu où elle est amarrée est éloigné || 13* V. réft. Avoir pour nom. Comment t'appelles-tu? Parce que je m'appelle lion. Cette maladie s'appelle avarice. I-a mort ne peut s'appeler un mal. || Voilà qui s'appelle un témoignage de véritable amitié; c'est là un témoignage de vérilable amitié. D'après de Caillières, voilà qui s'appelle, était une locution de la cour. || Voilà qui s'appelle parler, voilà un langage ferme et franc. Nous disons aujourd'hui de préférence : Voilà ce qui s'appelle. Je vais, victime de mon zèle, N'envelopper dans ma vertu. — Voilà, voilà ce qui s'appelle Être légèrement vêtu, mëry et Barthélémy, le Congrèsdesminislrrs. Il Se donner un titre. Le monarque de la l'erse s'appelle dans ses inscriptions le roi des rois. || S'appeler, s'inviter l'un l'autre avenir. Pour ne pas se séparer dans le bois, ils s'appelaient de temps en temps. || Proverbe. Il est comme le chien de Jean de Nivelle, il s'enfuit quand on l'appelle, se dit en parlant d'un homme qui ne fait rien de ce que l'on souhaite.

— KEM. Il y a des personnes qui confondent appeler, terme de justice, et rappeler. On dit appeler et non rappeler d'un jugement.

— BIST, xi* s. Se alquens [aucun] est apeled de larecin u de roberie.... L. deGuill. 4. Que est forfeng en angleis apeled, ib. 6. Dist Blancandrins : apelez le franceis, Ch. de Roi. xxxvii. A sei [il] apele son fil et les deus reis, ib. ccxxxvm. || xu° s. Vecz mei ici, kar tu m'apelas, Rois, p. 4 2. Lafist Joyeuse Charles mai ne apeler [son épée], Ronc. p. 4 41. Tel chose [le comte Tibaut] a faite en sa vie Dont [il] deùst estre apelés [en champ clos], hues de la ferté, Romancero, p. 4 87. Salomons les ape'.e devant le duc Richart , Sax. xxix. Quant veit li arcevesques, prist sei à purpenser, La curt à l'apostolie li estut apeler, Saveir s'il se purreit par issi délivrer. Th. le mari. 44.||xm* s. Et après i envoia un cardonnal qui est appelés maistre Pieron de Capes, villeh. i. Constance à ce conseil fu moût tost apelée, Ëerte, cxv. De la moiepart le desfie; Si l'apele de félonie, Ren. 48H8. Pintain [il] apele, où moult se croit; X une part l'a apelée, ib. 4422. Nus ne doit fere enqueste seus [seul], qu'il n'apial bonegent avecli porferel'enqueste, beaum. xl, 47. S'on apele du jugement et li jugemans est trovés malvès, in. 28. S'il apeloit son borne de murdre ou de traïson, in. 36. Le capitre qui parole des deffenses à l'apelé , id. vi, 18. Quant il aprochoit de la mort, il appela les sains pour li aidier et secourre, joinv. 3U3. |j xiv* s. Du dittateur ne pooit on apeler bu peuple, bercheure, f* a, verso. I| xvi* s. llz en

APP

appelloyent à Rome, calv. Intt. 800. Faisant requeste à Dieu de l'appellera lui, mont, i, 252. Il l'appella deux ou trois fois par son nom pour l'e.vveiller. m. i, sa». Appellant sur eulx la vengeance divine, m. il, 33. Nations moins barbares en cela que la grecque qui les en appelle, in. n, 48. Il se fou porter où le besoing l'appeloit, ID. m, 84. J'ay ma clievance mieull logée qu'en des coffres appelant sur moy la haine, 10. lv. 14. Cela est ce vivre heureusement? cela s'appelle il vivre? la uur.TiE>67. Aux provinces où il y a un satrape qu'ils appellent, celuy là a le soin et superintendance de l'un et de l'auire, m. 137. Pourtant t'appelle je mon père, ne trouvant autre appellation plus vénérable, amyot, Fab. 28. Il s'alla camper près du bourg qui s'appelle Cannes, ni. ib. 31. La vieille injure appelle la nouvelle, bons. i;n7.

— ETYM. liourguig. aiprlai; provenç. appellar; espagn. apelar ; ital. apeilare; du latin appellare, de «ci, à (voy. i),etpeJ/are, inusité et signifiant parler.

tAITKl.KT (a-pe-lè), s. m. Voy. aplet. { Al'PKI.F.l'R (a-pe-leur), s. ut. Terme de chasse. Oiseau qui sert d'appeau.

— Ety.m. Appeler,.

APPELLATll', lVE(a-pèl-la-tif, ti-v') , adj. Terme de grammaire. Nom appellalif, nom qui convient à toute une espèce Nom commun, qui a le memesens, est plu-, usité.

— liisr. xvi° s. [Ce titre, Satire menippée] S'est fait commun et appellatif, au lieu qu'il estoit auparavant propre et particulier, Satire ilén. p. 226.

— kivm. Provenç. appellatiu; espagn. apilatù'o,-i! il. oppellativo ; i'appeUaliyus (voy. appeler).

APPELLATION (a-pél-la-sion; en poésie, de cinq syllabes), t. f.\\i° Appel à haute voix. Appellation des lettres de l'alphabet, action d'appeler les lettres de l'alphabet. || 2" Terme de palais. Appel d'un jugement. La cour a mis l'appellation au néant. Les plébéiens établirent que ce serait devant eux que les appellations seraient portées, montesq. Esp. xi, 48. || 3° Nom donné à une chose. C'est un coteau à qui l'on fera porter quelques-unes de ces douces appellations de la patrie, chateaub. Génie, i, v, 4. Hélas! j'ai vu s'animer de mille appellations charmantes lus arbres, les fontaines, bern. de s. p. Paul et Yirg.

— HIST. xii* s. Obédience olfristes ainz e subjectiun; En relui de ço faites puis appellatiun, Th. le mari. Sa. lixiv* s. Et pour ce que l'appellacioii et notacion est faite stlon le plus.... oresme, Elh. 278. || xvi* s. Ils en appelloyent à Rome; et les evesques estoient plus convoiteux de recevoir telles appellations qu'il n'eust esté de besoin, calv. lnst. 804. Les appellations sont personnelles, loïsel, 878. Il prolongéâ par refus et appellations, selou ies ad vis [des avocats], d'aub. Hist. i, 402.

— ÉTYM. Provenç. appellation; espagn. apelacion; ital. appellaiione ; d'appellationem (voy. appeler).

t APPENDANCE (a-ppan-dan-s') , s. f. Ternie didactique. Chose qui est appendue, qui tient à....

— HIST. un" s. Por le conmun profit de elles, de leur mestier, des apartenances et appendances de nostre seingneur le roy et de tous marchans, Liv. des met. 383. Ilxv* s. Lille et Douay et les appendances, PROtss. i, i, 310. || xvi* s. Sacrement n'est jamais sans que la parole de Dieu précède; mais est à icelle adjoustée comme une appendance ordonnée pour la signer, la confirmer et de plus fort certifier envers nous, calv. Inst. 4 027.

— ETYM. Appendre.

t APPENDANT, ANTE (a-ppan-dan , dan-t') , adj. Terme didactique. Qui est suspendu à.

— ETYM. Appendre.

APPENDICE (a-pin-di-s' ; plusieurs disent a-paudi-s'), ». m. ||1* Partie qui semble appendue, ajoutée à une autre plus grande. || 2° Supplément qui sejointàla fin d'un ouvrage. Ces feuilles peuvent être regardées comme un appendice de mes confessions, 1. 1. rouss. Prom. i. || 8* Partie dépendante d'une autre. La trigonométrie n'est qu'un appendice de la géométrie. || 4* En anatomie, partie adhérente ou continue à un corps, auquel elle est comme surajoutée. L'appendice xiphoïde ou sternal. || 5° En botanique, prolongement de la fleur ou de la feu. .te qui accompagne le pédoncule ou le pétiole. || 6° En histoire naturelle, partie ajoutée symétriquement sur les côtés du tronc d'un animal quelconque.

— REM. l.Ce mot, qui est aujourd'hui masculin, a varié, et on le trouve souvent féminin d'après le latin. Les bras des polypes sont comme des appendices faites en manière de boutons formés en façon

APP

de tasse, dont le bord est dentelé, perraut, Essai* , t. i, dans RiciiELKr. || 2. On disait autrefois aussi appendix. C'est ce qui est rapporté dans l'appendixdes actes de ce concile, volt. l'Itil. n, 3uo.

— hist. xvi" s. La matrice est liée à ces parties pu plusieurs petites appendices fibreuses qui procèdent du péritoine, paré, i, 34. Le rayon a deux epipbysesou appendices.... m. iv, 26.

— ÉTYM. Ap]icndix, de appendire (voy. appendue).

t AI'PENDICIFORME (a-ppin-di-si-for-m' et aussi a-ppan-di-si-for-m') , adj. Terme didactique. Qui ressemble à un appendice.

— ETYM. Appendice et forme.

t APPEMUCILAIKE (a-ppin-di-ku-lê-r' et aussi a-ppan-di-ku-lè-r') , adj. Qui est de la nature appendices ou qui appartient à un appendice- ' nés appunditujaiies. |l En botanique, les feuilles, écailles, bractées, sépales, pétales, étamines ei carpelles, sont des organes appeudicui

t APPENDICULE ( a-ppin-di-ku-1' et aussi appan-di-ku-1'), s. m. Terme d'histoire naturelle. Diminutif d'appendice, petit appeudice.

t APPENDICULE , ÉE (a-ppin-di-ku-lé , lée et aussi a-ppan-di-ku-lé, lée), adj. Terme d'histoire naturelle. Garni d'un ou de plusieurs appendices.

APPENDUE (a-ppan-dr'), v. a. Suspendre quelque chose, ordinairement avec une idée de liité. Appendre des étendards à la voûte de l'église.

— IIIST. Xlll* s. Le uoir escu bendé de nuit Ut Larrecio au col pendu, Et d'unes forches apendu, i'x. n° 70)6, t. il, f° 484, dans bte-palaye!

— ÉTYM. À et pendre. 11 y avait, dans l'ancien français, un verbe très-semblable dans une n

de la conjugaison : il apeut, il apuidoit, apeudant; il signifiait appartenir, et venait de appendere, lundis que appendre vient de appendere.

APPE.NUU, UE (a-ppau-du, due), part, passé (i'appendre. Une offrande appeudue aux colonnes du temple.

t APPENSION (a-ppan-sion) , s. f. Terme didactique. Suspension d'une partie à l'aide d'une écharpe ou de tout autre moyeu.

— ÉTYM. Appendre.

APPENTIS (a-pan-li), t. m. Demi-comble en auvent, à un seul égout, appuyé à une muraille et porté par des piliers. Il est dit que les prêtres logeaient dans «les appentis de bois adossés à la muraille, volt. Mœurs, Temples. Cei appentis couvert et vitré fut ordonné avec tant de hâte, que les fêtes et les dimanches ne furent pas exceptés de ce l;avail, ST-S1M. 364, 474.

— HIST. xii* s. E devers Je temple ert [étaitl uns apentis cume encloislres sur columpnes levez, liais, 260. || xv* s. [Les Anglais étaient venus jusqu'à St- Cloud] Adouc s'esmut le roi Philippe, et fit abattre tous les appentis de Paris, pour chevaucher plus aisément parmi Paris.... fhoiss.i, i, 273 Et avecque ce, firent abattre plusieurs appentis d'aucunes maisons, afin que par les rues on pust plus à plain traire [tirer], monst. liv. i,ch. 26. || xvi's. 11 feit aussi édifier auprès, comme un appenty de son theaire, une autre maison, amyot, Pump. 57. Ceux qui d'assaillans estoient devenus assaillis, n'eurent en partage qu'un appeuli, la porte duquel estoit brûlée.... d'aub. Hist. Il, «31. Les maisons estoient des trouz enterre couvers de quelques appentis de paille ou de chaume, m. du bell. 643.

— ÉTYM. lias-lat. appendicium; de uppendere, appendre.

APPERT (IL) (a-per), v. impers. Voy. apparoir.

APPESANTI. LE (a-pe-zan-ti , tie) , part, passé. Il 1° Rendu pesant. Les yeux appesantis. Corps appesanti par l'intempérance de la veille. Appesanti par sa blessure. Il soulevait eucor sa main appesantie, rac. Milhr. v, 4. Consumé de travaux, appesanti par l'âge, volt. Aïs. 1, 4. Il semble que de Dieu la main appesantie.... corn. Héracl. 11, 2. Votre main sur eux appesantie X leurs persécuteurs les livrait sanssecours, rac. Eslh.m, 4. || 2° Fig. i appesanti. Ces hommes si appesantis vers la terre nous écouteront-ils, quand nous ne parlerons que de croix et de mort? eénel. nu, 4 6ii.

APPESANTIR (a-pe-zan-ti r), t). o. ||1* Rendre plus pesant. La pluie avait appesanti ses habits. Il Par extension. Le sommeil n'avait pu appesantir ses paupières, eén. Tél.xvu. |i 2° F'ig. Dieu a appesanti son bras sur ce peuple, il l'a frappé de châtiments terribles. Quand il a voulu appesantir sa main sur elles, mass. Afft. 11 appesan lissait sa main sur une infinité de malheureux, m. ib. César at-il jamais De son pouvoir sur vous appesanti le faix? volt. Mort de Ces. m, K. || 3" Rendre moins agile, moins actif. La vieillesse et l'oisiveté appe-

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gratinent le corps. L'âge n'a point <»neore appesanti son esprit. Sommeil léger qui n'appesantit pas l'esprit et qui n'interrompt presque point les actions, boss. La Vallière. Un coeurque mille désirsterrestres appesantissent, mass. Profession, »• sermon. Les affections terrestres qui nous appesantissent, flécii. m, 1 10. || 4* S'appesantir, v. rifl. Devenir pesant. Les ailes des oiseaux ont des plumes avec un duvet qui s'enfle à l'air et qui s'appesantirait dans les eaux, fén. Emit. t». Chargés d'un feu secret, vos yeux s'appesantissent, nAC.I'hèd. i,l. Le joug de ces malheureux s'appesantit, boss. Hist. n, 9. La main de Dieu s'est visiblement appesantie sur cette flotte, sév. 47s. Une main céleste qui allait s'appesantir pour le frapper, fén. Tél. xx. |j 5° Insister sur une chose, en parler trop longuement. Au lieu de s'appesantit [nos historiens] surles siégesdequelqueschfUeaux.... volt. Mœurs, 50. || Familièrement. Je veux bien ne pas m'appesantir là-dessus, ne pas examiner la chose à fond.

— HlST. xvi» s. Appesantis de leurs corps pour avoir mangé à panse pleine, amyot, Marins, as.

— ÊTYM. A et priant.

APPESANTISSEMENT (a-pe-zan-ti-se-man), s.m.

|| 1° Etat d'une personne appesantie, soit de corps, soit d'esprit. Saint Augustin se comparait à un homme endormi qui se réveille, et qui voudrait se lever, mais que l'appesantissement où il est replonge aussitôt 'lans son premier sommeil, bourd. Pensées, t. ii, p. »:>4. || 2* Action d'appesantir. C'est un appesantissement delà main de Dieu, pasc. Préf. 9.

— ET Y M. Appesantir.

APPÉTÉ, ÉE (a-ppé-té, tée), fart, passé. Désiré. Les objets appétés par l'ame.

APPÉTENCE (a-ppé-tan-s'), t. f. Terme didactique. Sentiment particulier qui porte l'animal à rechercher ce qui peut satisfaire les besoins de son organisme.

— SYN. appétence, appétit. Appétence est beaucoup plus général qu'appétit, d'abord parce qu'il se dit aussi bien des animaux que de l'homme, tandis que appétit est réservé à l'homme plus particulièrement ; ensuite, parce que appétence est un terme didactique qui exprime une inclination innée sans la qualifier aucunement; tandis que appétit, appartenant davantage au langage général, exprime ce qu'il y a de plus sensuel, de plus grossier parmi les appétences de l'homme.

— étym. Appetentia, de appetere (voy. appéter). APPÊTER (a-ppé-té. La syllabe pé prend l'accent

grave devant une syllabe muette : il appète, excepté au futur et au conditionnel où l'accent aigu est gardé : il appétera, ce qui est un» contradiction, puisque la prononciation est la même que dans il appète), v. a. Terme didactique. Les êtres vivants appâtent ce qui est nécessaire à leur existence. || Absolument, avoir des appétences. L'homme doit plus connaître qu'appéter, et l'animal doit plus appéter que connaître, buffon, Nature des animaux.

— iiist. xiv* s. Et sont aucuns telx qui ne appetent pas les choses des autres, oresme, Eth. no. Toutes sciences et ars appetent et désirent aucun bien, m. ib. vm (13). La partie [de l'àmejqui congnoist peut estre appellée sens, et celle qui appete est nommée appétit sensitif, id. to.32. || xvi* s. N'ostre nature s'ennuye et se fasche bien tost de ce que nagueres elle avoit ardemment appeté, amyot, Préf. xiii, H. La volonté, de laquelle l'office est d'appeler ce que l'intelligence lui propose, calv. Inst. 129.

— ÉTïM. Appetere, de ad, et petere, demander (voy. pétition). Provenç. appetar; espagn. apetecer; ital. appetere.

t APPÉTIMLITE (a-ppé-ti-bi-li-té), s. f. Terme didactique. Faculté d'appéter. Si l'essence du bien est mise dans l'appétibilité ... mol. Mar.for.tt,

— Etym. Appetibilis, de appetere (voy. appéter). (• APPÉTU1LE (a-ppé-ti-bl'), adj. Terme didactique. Qui peut être appété.

— hist. xiv* s. Telles delectacions sont choses appetibles, oresme, Thèse de meunier.

APPÉTISSANT, ANTE (a-pé-ti-san, san-t'), adj. Qui excite l'appétit, en parlant des mets. Mets appétissant. || Familier, ment. Elle est appétissante, se dit d'une jeune personne qui a de la fraîcheur et de l'embonpoint. Votre petit nez fripon, vos lèvres appétissantes, mol. Slar. forcé, 4.

— iiist. xiv s. Lait de vache est plus appétissant, Ménagier, n, 5. || xvr s. Qu'elles mangent peu de ce qui est trop appétissant, despeh. Contes, i.

— ÉTYd. Appétit

^ APPÉTIT (a-pé-ti; le t ne se lie pas; au pluriel, l> se lie : des appétits insatiables, dites des a-péti-z insatiables; il faut se garder de la mauvaise

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prononciation a-pti), t. m. || 1* Désir d'un objet en vue de la satisfaction des sens. J'ai taché de mortifier mes appétits sensuels, ross. Ronrg. 2. Les appétits, qui consistent à remplir les organes corporels, se finissent, à cause que les organes sont bornés, boss. Pensées détachées, 30. Qui pour dieu ni pour loi n'ont que leurs appétits, Régnier, Sot. xii. La voix du devoir succédant à l'impulsion physique, etle droit àl'appétit, J. J. rouss. Contr.i, 8. ||a*Dans le langage de la philosophie, principe d'action quia pour origine un besoin du corps, et qui par conséquent est non continu, mais intermittent. || Appétit concupiscible, faculté par laquelle l'Ame se porte vers ce qu'elle croit un bien. || Appétit irascible, faculté par laquelle l'ame s'éloigne de ce qu'elle croit un mal. || 3° Goût, inclination. Or, sans me tourmenter de divers appétits, Régnier, Sat. v. Paul et elle s'amusaient avec transport de leurs jeux, de leu» appétits et de leurs amours, bern. de s. P. Paul et Virg. || 4* Passion, vif désir. Notre esprit dont l'appétit est de savoir. Mais quoi! rien ne remplit Lej vastes appétits d'un faiseur de conquêtes, la font. Fab. vm, 27. Et soûlent du butin son avare appétit, mair. Sophon. il, 4. Ni rancune, ni appétit de vengeance, perrot d'abl. Tac. 387. Ayez appétit de ce pain céleste, boss. Par. de Dieu. || 5' Désir amoureux. Fille pleine de suc et donnant appétit, la font. Serv. \\ S' Désir de manger.Donner de l'appétit; mettre en appétit. On peut à moins gagner de l'appétit, la font. Or. Je mange avec appétit, sév. 2B7. On ne laisse pas quelquefois d'avoir bon appétit, desc. Pnss. niu. Mon appétit s'ouvre, Et mon œil découvre Les portes d'un Louvre En tourte arrondi, bérano. Cocag. La liberté m'enchante, Mais j'ai grand appétit, m. Focuti'on. || Fig. Ou de tout leur pouvoir, de tout leur appétit Dormaient les deux pauvres servantes, la font. Fab. v, e || Bon appétit, formule dont on se sert en parlant à quelqu'un qui va manger. |) Familièrement. Chercher ses appétits, prendre ses appétits, choisir les mets pour lesquels on a le plus de goût. Cette locution vieillit. || Fig. C'est un homme de bon appétit, se dit de quelqu'un qui prend places, argent, et à qui tout semble bon. Il n'est bon courtisan s'il n'a bon appétit, Régnier, Sot. xn. Saumery avait plusieurs enfants et de l'appétit, st-sim. 30«, no. || C'est un cadet de grand appétit, c'est un jeune homme à qui tout est bon. || Avoir l'appétit ouvert de bon matin, désirer prématurément une chose. Vous avez l'appétit ouvert de bon matin, corn, le Ment, i, 1. 1| Demeurer sur son appétit, limiter ses désirs, ses prétentions. || 7* Appétits, nom qu'on donne vulgairement au hareng fumé, à la ciboule, et autres substances qui aiguisent l'appétit. || 8" X l'appétit de, locut. adrerb. Par désir d'avoir. Il a laissé tomber un mur à l'appétit de quelques centaines de francs qu'il fallait dépenser pour le réparer. Pâlir dessus un livre à l'appétit d'un bruit [ réputation] , Régnier, Sat. îv. || Proverbes. L'appétit vient en mangeant, c'est-à-dire, plus on a, plus on veut avoir. |f II n'est chère que d'appétit, c'est-à-dire la faim est le meilleur assaisonnement.

— SYN. appétit, faim. La faim est essentiellement l'expression d'un besoin, elle ne peut être ni provoquée ni excitée, comme l'appétit. Celui-ci se prononce pour tel aliment de préférence à un autre ; lafaimappelle également toute espèce d'aliment pour lequel on n'a pas de répugnance. En mangeant on apaise toujours la faim, tandis qu'on donne quelquefois lieu à l'appétit de se développer.

— HIST. xin* s. Il ara petit appétit de mengier et grant talent de boire, alebrant, Pmo. Ainsinc, estil, biau filz, par m'ame, De tout homme et de toute famé, Quant à naturel apetit, Dont loi les retrait ung petit, la Rose, U289. ||xiv s. Il convient à entendre et regarder à quelles chosesnous sommes par notre appétit enclins et de legier mouvables, ohesme, Eth. 54. Encor appert il que l'appétit sensitif obeist aucunement à raison, id. ib. 32. L'en pardonne plus volentiers, et raison est, as choses qui sont faites par appetis naturels que as autres, id. ib. 206. Où chascuns fu, ce m'est avis, X point honnourez et servis Aussi de vin et de viande, Com corps et appétit demande, machault, p. 87. || xv* s. X apetit d'aucuns fault estre duit Et que francs cuers au félon s'umilie, E. desch. Douleur advenant à ceux.... Les biens et les honneurs ne se départent point à l'appétit de ceulx qui les demandent, comm. Prolog. Et se douloit de quoy il luy avoit ainsi couru sus à l'appétit d'autruy, id. m, 3. Nostre dict frère et cousin, à l'apetit de qui que ce soit, a puis nagueres recueilli ung grant nombre de gens de guerre vivans sur nostre peuple, Lettre de Charles Vlll,

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Bulletin du Comité de la langue, t. m, p. 689. || xvi« s. Ils divisent l'appétit en concupiscence et volonté, calv. Instit. 129. Fuir ou appéter est une semblable chose en l'appétit, que nier ou approuver en l'entendement, id. ib. (30. L'appétit de manger et de boire... mont, i, 98. C'est une incivile importunité de chocquer tout ce qui n'est pas de nostre appétit [goût], id. i, ton. Mon appétit est accommodable indifféremment à toutes choses de quoy on se paist. in. i, 184. Qu'il n'y avit nul propos de les faire geler tous, l'espace d'une longue nuict, à l'an petit d'un soupçon, peut estre, mal fondé, lanoue, 589. Ils ont toujours l'appétit ouvert, comme la bourse d'un médecin, tver, p. 598. Si ce pont fust esté faict à l'appétit de peu [pour peu de dépense], brant. t. m, p. 244, édit. de Montmerqué.

— Etym. Bourguig. aupetit; provenç. appétit, apetit ; espagn. apetito; portug. apetite; ital. appetito; d'appetitus, à'appetere (voy. appéter).

\ APPETITIF, IVE (a-pé-ti-tif, ti-v'), adj. Qui fait appéter. Pensez-vous que le libre arbitre soit une puissance appétitive 7 volt. Phil. ign. (3.

— iiist. xiv" s. Selon Aristote, cinc puissances ou parties de l'am» sont, c'est assavoir la végétative, la sensitive, l'appetitive, l'intellective, la motive, oresme, Thèse de meunier. || xvr s Quel'une [faculté] soit nommée appétitive, laquelle combien qu'elle n'ait point de raison en soy, toutesfois, estant conduite d'ailleurs, obtempère à raison; l'autre soit nommée intellective, calv. Instit. 129. Des trois actions de l'ame, l'imaginatifve, l'appetitifve et la consentante, les pyrrhoniens reçoivent les deux premières, MONT. II, 230.

— ÊTYM. Provenç. appetitiu; espagn. apetitivo; ital. appelilivo; d'appetitirus , d'appetere (voy. aptétfr).

t APPÉTITION (a-ppé-ti-sion), ». f. Action d'appéter.

— HIST. xvi* s. Les passions de ceste partie do l'ame sont inclinations, consentements, appetitions, mouvements, amyot, de la Vertu morale, 15.

— ÊTYM. Apprtitio, d'appetere (voy. appéter.)

f APPIËCEMENT (a-piè-se-man), *• «*• Action de rapiécer.

— ItEM. L'Académie, bien que ce mot ne soit pas dans son dictionnaire, force de l'écrire avec un accent aigu malgré la prononciation et en vertu de la double règle contradictoire qui, dans les verbes où l'accent aigu est radical, le change en accent grave au présent, et le conserve partout ailleurs.

— ETYM. A et pièce.

f APPILER (a-pi-lé) , v. a. Technologie. Mettre en pile.

— ETYM. À et pile.

APPLAUDI, IE (a-plô-di, die), part, passé. Discours, acteurchaudement applaudi parles assistants. Applaudi de tous sesamis. Mais d'un aveu trompeur voir ma flamme applaudie, mol. Mis. îv, 3,

APPLAUDIR (a-plô-dir). || 1° V. n. Se conjugue avec l'auxiliaire arot'r. Battre les mains en signe d'approbation. X son entrée tout le monde applaudit. Tel vous semble applaudir, qui vous raille et vous joue, boil. Art p. i. On ne le vit pas briguer des auditeurs pour lui applaudir, FLÊr.n. n, 68. Ainsi dit le renard, et flatteurs d'applaudir, la font. Fall. vu, (. || 2° Donner approbation. Pourvu qu'on n'applaudisse pas à leurs crimes, mass. /'rosp.Il s'anéantit lui-même tandis que tout l'univers lui applaudit, fléch. il, lis. Va chercher des amis dont l'estime funeste Honore l'adultère, applaudisse à l'inceste, rac. Phèd. i», 2. Et lorsqu'à mes désirs elle a feint d'applaudir, corn. /Vïcom. iv, 5. || 3° V. a. Accueillir par des applaudissements. Applaudir un orateur. Cette tirade fut applaudie. Le public dédaigneux hait ce vain artifice; Il siffle la coquette, il applaudit l'actrice, dorât, la Déclamation, ch. i. Tout le peuple à grands cris applaudit sa victoire, sahrin, Sparte., n, ). Son armée à grands cris applaudit son courage, delille, En. x. || 4* Fig. Je dois de votre coeur me montrer satisfait, Et l'applaudir ici du beau choix qu'il a fait, mol. Sgnnar. 21. Ce sénat... Qui vient vous applaudir de votre cruauté, rac, JSérén. v,5. Combien Bossuet n 'eût-il pas applaudi l'instruction si sage et si touchante que notre jeune monarque adressa aux curés de son royaume I d'alemb. ii, 291. ||5# S'applaudir, -v. réfl. Se vanter, se glorifier. Il est seul à s'estimer et à s'applaudir. Un coeur noble est content de ce qu'il trouve en lui Et ne s'applaudit point des qualités d'autrui, boil. Épit. ix. Il 6* Se féliciter. Je m'applaudis du parti que j'ai pris. Il s'applaudissait d'avoir si bien deviné Je m'applaudissais de retrouver en vous,

Ainsi que les vertus, le cœur de mon époux, volt.

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Œdipe, îv, 4. Son grand cœur s'applaudit d'avoir au champ d'honneur Trouvé des ennemis dignes de sa valeur, id. Henr. ch. vm. Ma fille.... Peut-être s'applaudit des bontés de son père, rac. Iphig. 1,4. Laissez-le s'applaudir d'un triomphe frivole , id. Esth. m , 1. Je m'en applaudissais quand soudain Polyclète.... cobn. Cinna, iv, ». Tandis que de leur rang l'inutile fierté S'applaudit d'une vaine et fausse égalité, id. Sertor. u, 4. Vis-tu ces temps d'innocence, Où, quand rien n'était maudit, Dieu, content de sa puissance, Fit le monde et s'applaudit? v. hugo, Odes, iv, 9.

— REM. 1. Faut-il dire : Ils se sont applaudi ou Us se sont applaudis de cette action T Sans doute, on pourrait écrire, applaudir étant aussi verbe neutre, ils se sont applaudi, c'est-à-dire ils ont applaudi a eux, comme on écrit , ils se sont succédé. Mais une observation décide la question. L'usage ne permet pas : applaudir à quelqu'un d'une action ; mais il permet : applaudir quelqu'un d'une action. Par conséquent on écrira : ils se sont applaudis de cette action, c'est à-dire qu'on accordera le participe avec le sujet. || 2. Les auteurs de synonymes ont essayé de trouver une différence entre applaudir, i\ a. et applaudir v. n. disant qu'avec le premier c'est faire effectivement l'action propre, physique, m arquée par le verbe; et qu'avec le second, c'est, dans un sens étendu, moral, idéalisé, y adhérer, y donner assentiment. Les exemples qui sont ici rapportés montrent que cette distinction n'est pas réelle.

— HIST. xiv* s. Thomas dist qu'il l'avoit frappé d'une fourche, combien que en vérité il n'en feust riens; mais le dist pour aplaudir et colourer son l'ait, du canoë, applausivus. || xvr s. Ceulx qui la laissent faire et qui lui applaudissent, mont, i, 94.

— ÊTYM. Espagn. aplaudir; ital. applaudire et applaudere; du latin applaudere, de ad (voy. 1) et l'iaudere (voy. plausible). La s* conjugaison latine a été changée an 4* dans Us langues romanes.

APPLAUDISSEMENT (a-plô-di-se-man) , *. m.

|| 1* Manifestation d'approbation par des battements do mains. Un tonnerre d'applaudissements. || 2* Approbation, louange accordée avec éclat. Opinions reçues avec applaudissement, rASC. Préf. Vide. Les machines qui l'avaient guindé ai haut par l'applaudissement et les éloges, sont encore toutes dressées pour le faire tomber dans la dernier mépris, la brut. 8. Plusieurs de nos symphonies et surtout nos airs de danse ont trouvé plus d'applaudissements chez les autres nations, volt. Louis II V, Musiciens. Pour s'attirer les applaudissements du monde, mass. Viriti. Je connais mal Junie ou de tels sentiments Ne mériteront pas ses applaudissements, rac. Urit. m, 8. M. l'abbé Mongin, vainqueur dans trois concours, fit encore, avec l'applaudissement de la compagnie, un autre essai de son éloquence, d'ai.èmb. v, 342. Dans un applaudissement général de tout l'empire, Auguste ne pouvait résister à de petits chagrins, st-évrem. h, 406. Ils sentent le génie avec une vivacitéqui devrait faire naître beaucoup de grands hommes, s'il suffisait de l'applaudissement pour le produire, staél, Corinne, u, 4. La cour, qui lui préparait à son arrivée les applaudissements qu'il méritait, boss. Louis de Bourbon.

— SYN. applaudissement, louange. La louange s'accorde à des objets très-divers, aux qualités par exemple aussi bien qu'aux actions des personnes ; les applaudissements ne s'accordent qu'aux discours ou aux actions. La louange s'exprime par la parole ; les applaudissements, qui signifient proprement le battement des mains pour exprimer le contentement, n'impliquent pas l'idée du langage articulé. La louange vante, célèbre, glorifie; les applaudissements ne font qu'approuver, mais avec une certaine vivacité que la louange ne suppose pas toujours.

— hist. xvie s. Ne cherchons honneur n'y applauseraent des hommes, mais la vérité seule, rab. Pant. u, 48. Par tout le discours du tournoy précèdent feut le bruyt et applausion des spectateurs grand en toute circumference, id. Sciomachie. Tous feirentapplausement de joye et alaigresse, id. t'6.

— ÊTYM. Applaudir.

APPLAUD1SSEUR (a-plô-di-seur) , ». m. Celui qui applaudit. Des applaudisseurs à gages.

— ÊTYM. Applaudir.

t APPLICABILITÉ (a-pli-ka-bi-li-té) , *. {. Qualité de ce qui est applicable.

— ÊTYM. Applicable.

APPLICABLE (a-pli-ca-bl'), adj. || f Qui doit ou qui peut être appliqué. Cet édit est applicable ici. Argent applicable à cette dépense. Le vers du poète est applicable à bien des personnes. || 2° Susceptible

d'être mis en pratique. Ce procédé n'est pas applicable. || Il ne se met qu'après son substantif.

— ÊTYM. Appliquer.

t APPLICAGE (a-pli-ka-j'), *. m. Technologie. Action d'appliquer quelque chose pour l'ornement ou la solidité.

— ÊTYM. Appliquer.

t APPLICATA (a-ppli-ka-ta), ». m. plur. Terme d'hygiène. Les applicata, les choses qui sont appliquées à la surface du corps, comme les vêtements, les cosmétiques, les bains, etc.

— ÊTYM. Applicata, nominatif neutre pluriel, les choses appliquées (voy. appliquer).

t APPLICATIF, IVE (a-pli-ka-tif, ti-v'), adj. Terme de botanique. La préfoliaison est applicative, lorsque les feuilles, avant leur épanouissement, sont appliquées face à face, sans être roulées ou pliées.

APPLICATION (a-pli-ka-sion; en poésie, de cinq syllabes), s. f. || 1" Action d'appliquer une chose sur une autre; superposition. L'application d'un topique sur le lieu malade. || En termes d'arch lecture, action d'appliquer des matières d'ornement sur la pierre, la brique, le moellon ou le bois. || 2» Chose appliquée. On me tint deux jours avec des applications dessus [le bras] pour dissiper le mal, st-sim. 430, 490. || Familièrement. Chien d'homme I ohl que je suis tenté d'étrange sorte, De faire sur ce mufle une application [y appliquer un soufflet], mol. Dépit amoureux, u, 7. || 3° Fig. Action d'appliquer à quelqu'un ou à quelque chose un apologue, une parole, un vers, etc. Des vers dont on faisait l'application au favori. L'application de l'apologue me semble dangereuse, voit. Leur. 91. Ils suppriment les noms pour détourner les applications, la brut. t. Sans donner lieu aux applications les plus odieuses, dider. Ess. sur Claude. Le monde en a fait des applications particulières, sév. 236. Je trouvai cela plaisant, et j'en fais l'application, id. 285. J'ai fermé le temple de Janus; il me semble que voilà qui est fort bien appliqué ; ce sont vos Carlhages qui m'ont engagée dans cette application, id. 44». i l'application [prenez ceci pour vous], ma chère Pauline, id. 603. Il est temps que nous fassions une application de cette belle doctrine, boss. Amb. 4. Elle fit l'application de la comparaison aux vérités de la religion, id. Anne. Vous devez à l'autorité de cette parole un esprit de sincérité «t d'application sur vous-même, mass. Car. ParoledtDieu. On convient de la règle ; on s'abuse sur l'application , id. Revenus ecclésiastiques. On ne fait aucune application sur soi desdevoirs de la piété, flkch. Sert». 1,4 45. || 4* Eu théologie , l'application des mérites de J. C. le bienfait par lequel J. C. transfère aux chrétiens ce qu'il a mérité par sa vie et par sa mort. || 5° Mise en pratique, mise en usage, mise à eiécution. L'ap plication , opposée à la théorie. Des règles dont o prévoit l'application. Ce mot n'a d'application qu'ei. parlant des personnes. Toutes ces choses sont d'une application étendue. L'application rigoureuse de la loi. || 6° Attribution d'une somme à telle dépense. Cet argent a son application. || 7* En mathématiques, l'application de l'algèbre à la géométrie, cette branche des mathématiques qui est due à Descartes, et dans laquelle on eiprime les quantités géométriques par des équations algébriques. || 8* Action d'appliquer l'esprit à. Mettre son application aune chose. Il est capable d'application. Cela ne se peut faire sans quelque application de mémoire, pasc Prov. 9. Je fus élevé avec un grand soin et une grande appUcation, st-sim. 4, 20. Si chacun avait application à faire cet acte, boss. Ord. Quelle application n'eut-il pas pour établir la discipline parmi.... fléch. Or. (un. de Lamoign. L'application qu'elles avaient à sa parole [les troupes de gens qui savaient J. C], id. m, 345. L'esprit de Dieu est en nous un principe d'action, de mouvement et d'application pour notre salut, id. iu, 414. L'extrême application que les prêtres avaient à fourber....PONTEN. Or. i, 4 2. S'il servait avec application, on aurait soin de lui, sév. 500. Ce que je désire, c'est que vous ayez de l'application à votre santé, id. 80. J'ai la dernière application pour sa santé, id. s. Plaire au roi , c'est son unique application ,

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