‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 109 sur 403 · SYN. ATTENTION, APPLICATION, CONTENTION · texte numérisé non relu

SYN. ATTENTION, APPLICATION, CONTENTION

Trois mots qui expriment l'action voloatair» et plus ou moins forte de l'intelligence. Attention est le terme le plus général. L'application est une attention soutenue et persévérante. On fait une chose avec attention; on travaille avec application. La contention est un effort momentané comme l'attention, mais un effort violent et qui absorbe toute la

force de l'esprit. Perdu dans cet abîme de pensées désolantes, il tombe dans une si grande contention d'esprit, qu'aucun de ceux qui l'approchent n'en peut tirer une parole, ségur, Hist. de Napoléon, IX, 3.

— HIST. xiv* s. Or prenons donques nostre applicacion de la descripeion de vertu, oresme, Eth. 48. || xvi' s. Autant par le bénéfice de mon application que par le bénéfice de mon invention et de ma force, mont, i, 4 67.

— ÊTYM. Provenç. application; espagn. aplieacion; ital. applicaxione ; de applicationem , de applicare (voy. appliquer).

APPLIQUE (a-pli-k') , ». f. Terme d'art. Accessoire qu'on ajoute à une pièce pour l'orner ou la rendre solide. || En orfèvrerie, pièce d'applique, toute pièce qui s'assemble ou qui s'enchâsse avec une autre.

APPLIQUÉ, ÊE (a-pli-ké, kée) , part, passé. || 1° Mis sur. Un emplâtre appliqué sur une tumeur. || Par eitension, soufflet bien appliqué. || 2° Dont on a faitl'application, comme d'un apologue. Si vous ne trouvez cela bien appliqué et bien joli [il s'agit d'un vers italien misen inscription], sév. 445. || 8u Employé à. Argent appliqué à des dépenses utiles. || Par extension, science appliquée aux arts, science dont les principes éclairent et dirigent les procédés de l'industrie. || 4° Appliqué à, attentif, désireuv de servir. Le roi,àqui ils semblent avoir toutl'esprit et tout le cœur appliqués, la bruï.8. Votre enfant est appliquéàson devoir, sév. 533. Jevous recommande la santé de ma fille: soyez-yappliquô, id. 65. Ainsi se sont sanctifiés dans tous les siècles et dans tous les pays les solitaires pénitents, les prêtres appliqués à l'autel saint. les maîtres et les esclaves, mass. Car. Évidence. || 6° Absolument, studieux, qui fait sa besogne avec soin. C'est un jeune homme , un employé appliqué. Dans le temps qu'il est le plus appliqué, la brut. 44. Louis XIV voyait les choses avec des yeux moins appliqués, volt. Louis II V, 48. || 6° Appliquées, s. f. plur. Lignes géométriques, qui s'appellent aujourd'hui ordonnées.

APPLIQUER (a-pli-ké), v. a. || 1" Mettre une chose sur ou contre une autre. Appliquerdes échelles contre la muraille. Appliquer quatre fois des couleurs sur un tableau. || Par extension, appliquer un coup de bâton sur la tête, frapper la tète avec un bâton. || Appliquer un homme à la question, le soumettre aux tortures qu'on nommait la question. || 2° Se servir de.... pour un objet déterminé. 11 fallut appliquer à la maladie un nouveau traitement. Les instruments de la nouvelle alliance sont des instruments du Saint-Esprit qui servent à nous appliquer la grâce, boss. Doctr. de l'Église, ch. 9. N'attendez pas de moi de regrets ni de larmes, Un grand cœur à ses maux applique d'autres charmes, corn. Pomp. v, 4 Ils vous ont appliqué avec joie [comme remède j le sang de l'agneau, mass. Résur. Il nous la\e de nos souillures en nous appliquant le prix de son sang, mass. Cire. || Appliquer un système, une science, introduire dans la pratique les principes d'un système, d'une science. || Appliquer une science à une autre, faire usage des principes d'une science pour en développer une autre. Appliquer l'algèbre à la géométrie. |J 3° Transporter a quelqu'un ce qui est dit d'un autre. Appliquer un vers à quelqu'un. Appliquer un proverbe à propos. Ne vous appliquez pas ce reproche. Il s'applique à lui-même tout ce qui se dit, boss. Prédic. 2 Pour appliquer cette parole à l'homme parfait, id. Nouv. myst. Pour appliquer cette maxime à mon sujet, mass. Parole. || 4- Attribuer, imputer. S'appliquer une qualité, un avantage. S'appliquer le nom de sage. Il s'appliquait les émoluments dus au travail d'autrui. || 6° Mettre sous le coup de, infliger. On lui appliquera telle disposition de la loi. Le maximum de la peine lui fut appliqué. || 6' Occuper fortement quelqu'un à quelque chose. C'est ainsi qu'ils se donnaient mutuellement un repos qui les appliquait chacun tout entier à son action, boss. Louis de Buurbon.Un boa roi applique ses sujets à l'agriculture, fên. Tél. Y. On l'appliqua [St Benoît] à l'étude des lettres humaines pour pobrson esprit, flech. Panégi, 373. Aussi à peine le premier homme fut-il sorti de ses mains, [que le créateur] l'appliqua à la culture de ce lieu de délices qui devait être sa demeure, mass. Car. Vocation. En vain l'ordre de ceux qui ont droit de disposer de nous, nous y applique [à des fonctions qui nous déplaisent]; on allègue mille prétextes de santé, d'insuffisance, id. Conf. Zèle, vices. || Absolument, exiger une grande attention. Les échecs appbquent beaucoup. La vie de la cour est un jeu qui applique, la bruy. 8. || Appliquer son esprit, son attention à. Ce n'est dus assez d'avoir

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l'esprit bon; mais le principal est de l'appliquer bien, desc. Méth.i. Appliquer son esprit à la recherche de la vérité , Port-Boy. Logique , »• partie. || 7° S'appliquer, v. rifl. Etre appliqué, apposé sur. Les emplâtres qui s'appliquent sur la peau. || 8* Apporter une attention soutenue, X vous remettre bien je me veux appliquer, mol. F. sav. m, 6. Je me suis appliquée a chercher les moyens De lui faciliter tant d'heureux entretiens, bac. Baj. iv, 4. Achille seul, Achille à son amour s'applique, m. lphig. i, 2. Tout mon cœur s'applique Aux soins de rétablir un jour la république, corn. Serlor. m, 2. Appliquez-vous, mes frères, a ces vérités importantes, mass. Carême , Impénitence fin. Tous les citoyens s'appliquent au commerce, fên. Tél. m. Quand on s'appliqua il regarder Mentor, on découvrit dans son visage je ne sais quoi de ferme et d'élevé, n>. Tél. vi. Ne s'est-elle pas appliquée, en toutes rencontres, à conserver cette même intelligence entre la France et l'Angleterre? boss. Beine d'Anglet. Il 9° S'adapter, convenir à. Ce mot s'applique surtout à celui qui .... La clémence peut s'app iquer même aux innocents. Ceci peut s'appliquer à la grandeur royale, la font. Fab. ni, 2. |j 10° S'adjoindre, se subordonner. L'esprit d'égalité eût subsisté plus longtemps; un citoyen se fût moins appliqué à un autre, st-évrem. il, 77.

— REM. Quand appliquer signifie mettre une chose sur une autre, il régit la préposition sur: appliquer un emplâtre sur un mal. Quand il signifie faire toucher unecbose à une autre, il régit la préposition à: il appliqua la coupe à ses lèvres.

— HIST. xiv s. Et aussi ne voudrent il point que les diz biens fussent appliquez au commun prouf t, bercheure, f> 28, verso. Et ne adaptoit pas chascun lcres les sermens tt ses lois à sa volenté par interprétation, aincès appliquoit ses meurs et ses condicions à ycelles, in. f° 57, verso. Il applique la diffinicion de vertu as autres particulières vertuz et passions, oresme, Eth. 83. Et pour ce applique il sa médecine selon la complexion de chascun singul er que il entent à garir, m. t'fc. vu, 43. Quelles choses il convient apliquer à guarir le corps, m. ib. f". Election est désir appliquet à acceptacion ou e>ecucion, id. ib. 66. |j xv s. Avec lequel orfèvre le suppliant s'applica [se prit] de paroles, du cangs, applicare. || xvr s. Une médecine faible et mal fppliquée, mont, i, 425. Il n'y trouva meilleur coaseilque de s'appliquer du poison et de tuer ses jambes, ID. II, 25.

— ÊTYM. Applicare, de ad, à, et plicare, plier (voy. plier). Bourguig. epliquai; provenç. et espagn. aplicar; ital. applicare. Au xvi* siècle, d'après Palsgrave, p. 23, on prononçait les deux p.

t APPOGG1ATORE (a-ppo-dgia-tou-r'),s.f. Terme de musique. Petite note sur laquelle on appuie avant d'attaquer la note principale. || Notes plus ou moins nombreuses qui n'appartiennent point à l'harmonie et qui se trouvent aux temps forts des mesures ou aux parties fortes des temps.

— ÊTYM. Ital. appoggiatura, d'appoggiare, appuyer (voy. appuyer).

APPOINT (a-poin), s. m. Terme de commerce. ||1° Somme qui fait le solde d'un compte. || 2" Complément d'une somme en petite monnaie. Pour faire cent francs en écus de trois livres, il fallait trentetrois écus et un appoint de vingt sous.

— HIST. xvi* s. Quant il vit son appoint [sa belle, le bon moment] , il s'ei, vint devant le palais, desper. Contet, xxvi. Le jeune homme voyant son apoint, dit à sa mère.... marg. Nouv. xliv. Ils veulent asseoir leurs garnisons en plusieurs et diverses parties d'icelle, pour après, à leur apoint, l'assaillir, M. DU BELL, 228.

— ÊTYM. A et point.

t APPOINTAGE (a-poin-ta-j'), s. m. Dernier foulage des cuirs avant de les passer au suif.

APPOINTÉ, ËE (a-poin-té, tée), part, passé. || 1° Terme d'ancienne pratique. Procès appointé, procès sur lequel un appointement a été prononcé. J'y avais déjà été [à Rouen], une fois que mon procès y futappointé, st-sim. 163, 232. || Appointé que, formule dont les juges se servaient quand ils appointaient une cause. Appointé que les parties mettront leurs productions au greffe. || Ils sont appointés contraires, façon de parler proverbiale tirée du palais, et signifiant ils sont brouillés ensemble. Vous serez étonnés de voir qu'à tous moments Ils |les éléments] seront appointés contraire, la font. Fab. xii, 8. (La Fontaine a écrit contraire, c'est une faute). || S. m. Appointé en droit, synonyme d'appointement en droit. || 2* Qui a des appointements. Commis appointé. Un jardin royal dos plantes, avec

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un démonstrateur appointé, J. l. rouss. Confest. v. || 3° Appointé, s. m. Ancien terme militaire signifiant un soldat qui avait la haute paye, ou qui conservait la paye, quoique dispensé du service. || 4* En termes de blason, appointé, qui se touche par les pointes. APPOINTEMENT (a-poin-te-man),t.m. || l'Terme de palais. Règlement en justice par lequel, avant de faire droit aux parties, le juge ordonne de produire par écrit, ou de déposer les pièces sur le bureau , ou encore de prouver par témoins les faits articulés. || Appointement en droit, ordre aux parties de produire par écrit. || Appointement à mettre, ordre aux parties de mettre leurs pièces sur le bureau. On dit aujourd'hui instruction par écrit et délibéré. || t' S. m. plur. Salaire annuel d'une place, d'une fonction, d'un grade. On lui a donné les mêmes appointements qu'à la dame d'honneur, sév. 3»3. Attila recevait les appointements de général des armées de Rome, montesq. Bom. 4». S'il eût pris cette occasion de demander des appointements plus forts, s'il ne l'eût même fait naître que dans cette vue, on ne l'eût pas blâmé d'accorder son intérêt avec celui du public, fonten. Hery. || Familièrement. C'est lui qui fournit à l'appointement, aux appointements; il subvient à la dépense d'une personne, d'une maison.

— HIST. xv' s. Venus à paix et à appointement [accommodement] envers le comte, froiss. h, n, B6. Tel appointement [parti, résolution] leur sembla bon, et à celle conclusion se teinrent, Bouciq. H, ch. 29. Toutes paroles d'apoinctement s'estoient rompues, comm. i, 4 2. Hz avoient fait ung appoinctement et paix avec ledit seigneur, m. H, 4. 1| xvi* s. X la fin, conseilloyt qu'on feit appoinctement avecques Grandgousier, bab. Car. 1, 47. Et promit double paye et notable appoinctement [place, emploi] à quiconques luy en appourteroit une de broc en bouc, id. Pant. iv, 46. Je blasme les particuliers capitaines, qui vont ainsi distribuans les appointemens et les honneurs par grâce et par faveur, non par mérite, amyot, Fab. 40. Alcibiades proposa de rompre l'appointement comment que ce fust, m. Aie. 2(.

— ÊTYM. Appointer; provenç. apontamen; calai. apuntament; espagn. appuntamiento; ital. appuntamento. Appointement signifiait accommodement, résolution, fonction.

APPOINTER (a-poin-té), e. a. || 1* Terme de palais. Régler un appointement en justice. Les parties ont été appointées à fournir des débats de compte. L'affaire, ne pouvant être jugée que sur rapport, a été appointée. On appointe la cause, bac. Plaid. 1,7. L'arrêt donna gain de cause à M. de Luxembourg sur l'érection de 4 662, et l'appointa sur celle de 4 581, st-sim. 36, 462. || 2" Donner des appointements. Au premier janvier, on appointera tous les surnuméraires. || 3* Dans les troupes, appointer d'une corvée, d l'une garde, l'imposer parpunition. || 4° Appointer un procès, un différend, l'arranger. Doucement, en riant, j'appointais nos procès, bégnier, Sat. i. || 5° Rendre pointu. Appointer un bâton. || 6° Technologie. Fouler un cuir pour la dernière fois, avant de le mettre au suif. || Faire deui ou trois points à un matelas ployé en deux pour qu'il ne se déploie pas. |j Coudre les bouts d'une pièce d'étoffe afin qu'elle ne se déploie pas.

— HIST. xiii* s. Li sires défient à porter coutel apointé ou aucune armeure molue, beaum. xxx, 34. Et pour les quatre deniers, le mestre des crieurs li doit adrecier ses mesures et apointier [mettre justes] , tir. des met. 24. || xv' s. Il s'esbayroit bien tost si le cas le touchoit de quelque chose, et seroyt homme pour appointer [s'accommoder] bien legierement et nous laisser en la fange, comm. i, 6. En somme ses amis estoient si las et si foulez pour l'avoir tant attendu, que le pape avoit appointé [s'était accommodé], et les barons du royaume aussi.... id. vu, 4. Il acheta une lamproye qu'à sa femme envoya pour apointer [apprêter] , afin de festoyer son curé, louis xi, Nouv. xxxvin. || xvi* s. Un pigne grand de 4 00 cannes, appoincté de grandes dens d'elephanz toutes entières, bab. Garg.i, 37. Il est allé chez le mareschal, soy faire esguiser et appoincter les gryphes, m. Pant. iv, 47. Cestuy homme de bien appoinctoyt plus de procez que il n'en estoyt vuydô en tout le palays de Poictiers, m. ib. m, 44 . Ils ont des espées de bois appointées par un bout, mont, i, 238. D'un costé elles vont en eslargissant, et s'appoinctant et estrecissant par l'aultre, id. il, 372. On recourt à eulx pour appoincter les différends, id. m, 7. Par ceste response les Romains cogneurent bien qu'il n'y avoit point de moyen d'appointer avec ce roy Brennus, amïot, Cam. 28. Avec promesse

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de les traiter et autant avantageusement appointer que capitaines de l'armée, cabl. i, t ».

— ÊTYM. Appoint; wallon aponti, apprêter; provenç. apontar, apointar; espagn. apuntar; ital. appuntarr.

t APPOINTEUR (a-poin-teur), t. m. Celui qui arrange. Un appointeur de procès. Ces plaintes n'étaient rien au prix de l'embarras Où se trouva réduit l'appointeur des débats; Aucun n'était content ; la sentence arbitrale X nul des deux ne convenait, la font. Fab. xn, 28.

— HIST. xv* s. Si se dévoient assembler ces appoint teurs en une chapelle, froiss. i, vi, 4. || xvi's. Cornment Bridoye narra l'hystoire de l'appoincteur de procez, bab. Pant.iu, 44.

— ÊTYM. Appointer.

t APPONDURE (a-pon-du-r"), t. f. Terme d'arts et métiers. Morceau de perche servant à fortifier le chantier d'un train.

t APPONTEMENT (a-pon-te-man), *. m. Ëchaffaudage formant une espèce de pont. Des pieux chassés dans le sable soutenaient cette espèce d'appontement, qu'on eût pu croire capable de supporter les chocs les plus violents, langlois, Di< vision navale devant Kinburn, Correspondant, nouvelle série, t. xil, p. 404.

— êtym. A et pont.

APPORT (a-por), t. m. || 1* Lieu d'une ville où l'on apporte les denrées. C'est dans ce sens qu'on appelait le marché du grand Chàtelet l'apport de Paris ou Papport-Paris. || 2" Terme de droit. Biens qu'un époux apporte dans la communauté. || 3° Terme de commerce. Mise de fonds de chaque associé. Les bénéfices sont en proportion de l'apport social. || 4" En termes de pratique, action défaire le dépôt des pièces.

— HIST. xiii* s. Li pais maint présent lui fist ; Li uns cras bues, li autres pors; De mainles pars eut grans apors, Bl. et Jeh. 54 83. || xvi° s. Elle avoit esté nourrie en maison d'apport [commerce] , et savoit suivre et entretenir toutes sortes de bons propos, despeb. Contes, xvm. La ville n'est pas grande, mais fort ancienne et bien renommée pour l'apport qu'il y a, à cause de l'apparition de certaines déesses qui y sont reclamées et que l'on appelle les Mères, amyot, Marcel. 3t. Il y avoit un temple et un oracle de Pasiphaé auquel y avoil grant apport en la ville de Thalamos, id. Agésil. et Cléom. tt.

— ÊTYM. Voy. apporter.

APPORTÉ, ÉE (a-por-té, tée), part, passé. Apporté par eau ou par charroi. Les dommages apportés par les inondations. Le soin apporté à l'affaire.

APPORTER (a-por-té), v. a. || 1° Porter au lieu où est une personne. Apportez-moi le livre qui esi sur ma table. Le courrier a apporté de bonnes nouvelles. La marée apporte sur la rive les débris du naufrage. Le flot qui l'apporta recule épouvanté, rac. Phèdre, v, 6. || Absolument. Je mange chez moi; on m'apporte de chez un restaurateur assez passable, p. L. cour. Lelt. n, 4 74. || Par extension. Les vices que nous apportons en naissant. En est-ce fait, Julie? et que m'apportez-vous [annoncez]? corn. Uor. m, 2. Chimène à vos genoux apporte sa douleur, id. Cid, n , 8. Votre rivale en pleurs Vient à vos pieds sani doute apporter ses douleurs, bac. Andr. m, 3. || 2* Fournir pour sa part. Dans cette société les uns apportent leur industrie, les autres leurs capitaux. Elle apporte en mariage dix mille livres de rente. || 8° Employer, mettre. Il a apporté beaucoup de soin à l'examen de cette affaire. Quelque soin qu'on apporte à.... Depuis plus de quatre ans vous voyez quelle adresse J'apporte à rejeter l'hymen de la princesse, corn. Héracl. iv, 4. Puis nous verrons quel ordre on y doit apporter, id. Aïcom. n,2. || Apporter remède, remédier à une chose. || Apporter des obstacles à une chose, en rendre l'exécution , le succès difficile. || Apporter des facilités, rendre facile. || 4° Causer, produire. Apporter du profit. Les exemples des morts généreuses desLacédémoniens et autres ne nous touchent guère ; car qu'est-ce que tout cela nous apporte? pasc. Pens. part, n, art. 47. Si mon retour t'apporte quelque joie, Arsace, rends-en grâce à mon seul désespoir, rac. Bérén. v, 2. La fausse paix que cette confiance téméraire apporte.. .. PAScProi'. ». Pour éviter la confusion que lamultitudedes paroles apporte, id. P*ns. part, i, art. 2. Les sens abusent la raison par de fausses apparences ; et cette même piperie qu'ils lui apportent, ils la reçoivent d'elle àleur tour, id. t'6. part.i, art.«. || 6* Alléguer, citer. Saint Cyprien en apporte

la raison : c'est dit-il boubd. Carême, i, Impé-

nil. fin. 4«4. En apportant quelque mauvaise déf^te

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sur la dernière [décision], vous voulez, faire croire que vous avez répondu sur toutes les deux, pasc. flrfut. de ta rép. à la 12* lettre. La différence essentielle que St Paul apporte de ces deux états, c'est que.... fléch. m, 335.

— HIST. xi* s. De Saragoce [je] vous aporte les clefs, Ch. de Roi. lui. Maies nouveles il lui aporte et dit, il>. cclv. || xii* s. Et les escriz que je ai aportez, llnnc. p. 22. Moult firent grant folie li mis [messagers], ce m'est avis, Qui tel chose aporterent à nous en cest pays, Sax. xxv. Par ço delivrement une espée aportez, Unis, 23<i. || xm* s. Li une lui aporte à manger d'un poucin, Verte, lv. || xv* s. Et puis nagèrent à plein voile, ainsi que le temps l'apportoit, froiss. i, i, tns. || xvi* s. La parole n'est pas moins requise a la foy, que la racine vive d'un arbre pour lui faire apporter fruict, calv. Instit. 446. Ces vignes apportent du vin qui n'est pas moins estimé qu'hippocr.is, palissy, 350.

— ÊTYM. Apportore, de ad, à, et portare (voy. porter); bourguig. épotai; provenç. et espagn. apnrtir; ital. pppnrtare.

fAPPORTTONNEMENT (a-por-sio-ne-man), s.m.

Terme d'ancienne jurisprudence. Sorte de légitime, dans quelques provinces.

— ÊTYM. A et portion.

APPOSÉ, ÉE (a-pô-zé, zée), part, passé. Le timbre apposé aux feuilles d'impression.

APPOSER (a-pfl-zé), ». a. || 1° Mettre sur. Apposez votre cachet sur cette pièce. || 2° En termes de droit, apposer les scellés, appliquer juridiquement un sceau sur une porte, sur un meuble, pour empêcher de l'ouvrir. || Apposer si, signature, signer. || Apposer une clause à un contrat, l'y introduire.

— HIST. xm* s. Et encore aposerent il pechié il .1. C. Psautier, f* 93. Que il otreast [octroyât] la dite aumoune et la dite vende, et que il apousast en ceste présente charte son saiau [sceau], Bibl. des Chartes, 3» série, t. v, p. 85. || xvi* s. Et quand revint à le cacheter et y apposer son seau, amyot, l.ysand. 37. Le chirurgien prendra garde en yapposant les astelles, qu'elles ne pressent sur les jointures, paré, xm, 17. Il fut remis en son estât avec quelques conditions apposées en l'investiture, m. du

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