‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 117 sur 403 · AK1J · texte numérisé non relu

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Tel main qu'en vodroit qu'el fust arse, ib. 74(7. Se uns simples chevaliers a un manoir delès une forest, et en celé forest uzages li est otroiés dou seigneur por son ardoir et por son mesonner et por pasture à ses bestes.... beaum. xxiv, (8. Et s'il ne les veut croire, ancois se veut tenir en se [sa] malvese erreur , il soit justiciés comme bougres et ars, ta. xi, 2. Avec les autres villes que le conte de Champaingne ardoit, ardi il Espargnay et Vertus et Sezenne, joinv. 204. La chandelle ardi tant que le feu se prist en la touaille.ro. 203. Elleli respondi qu'elle vouioit du feu ardoir paradis, et de l'yaue esteindre enfer, id. 258. || xv* s. Ardit et gasta [Rok. Bruce] grand partie du royaume d'Angleterre, rnoiss. i, i, 2. [| xvi* s. Le feu du ciel eust ars toute l'abbaye, rab. Pont, in, (». Trop meilleur est soy marier que ardre on feu de concupiscence, n>. ib. ni. 3». Le temple d'Apollo fut ars et bruslé parles Medois, amyot, Numa, (7. Il oublia d'esteindre les lampes qui ardoient la nuict en sa chambre, id. Pélop. 22. Il ardoit et brusloit de désir qu'il avoitde s'en aller vistement à la guerre, id. Marcel. 46.

— ÉTYM. Ardere; picard, arder, atir; provenç. ordre;espagn. arder; ital. ardere.

f ARDKRET (ar-de-rè), s. m. Voy. ardenet. ARDEUR (ar-deur), s. f. || i* Chaleur vive. Ardeur de la fièvre. L'ardeur du soleil. Je ne dis rien des ardeurs éternelles qui lui sont destinées, MASS.Prod. L'impie va trouverdes ardeurs dévorantes, un supplice sansfinetsansmesure,m. Car. Ter. d'un aven. Une invincible ardeur en mes veines s'allume , Qui d'un secret effort jusqu'aux os me consume, rotr. Ântig. 11, 4. Dans l'ardeur de sa peine, elle maudira éternellement le jour qui la vit naître, mass. Car. Mauv. riche. || 2° Désir violent. Il n'estrienqui ne cède à l'ardeur de régner, corn. Nicom. n, ( . Je sais bien que l'ardeur de venger vos parents.... id. lliracl. 11, 2. L'ardeur de voir de près un si fameux héros, in. Sertor. m, 2. Et son illustre ardeur d'oser plus que les autres, id. Uor. 11, (. De l'ardeur d'obéir son âme est dévorée, volt. Fanât, iv, t. Quoi ! l'ardeur de régner en sa place Rend déjà Xipharès ennemi de Pharnace, id. Mithr. 1, i. J'attends avec ardeur Cette eau sainte, cette eau qui doit guérir mon cœur, volt. Zvïre, m, 4. J'avais toutes les ardeurs du monde d'euîrer dans votre alliance, mol. Pourc. m, ». Cette suspension d'un jour que ma reconnaissance lui demande ne fera qu'augmenter l'ardeur que j'ai de le satisfaire [l'honneur], id. Fest. m, «. Il 3° Grande activité, passion vive, chaleur, vivacité. Telle était l'ardeur de leur zèle. Ardeur au jeu. Travailler avec ardeur. Pleins d'ardeur pour recouvrer la liberté. Enflammer ou exciter l'ardeur de quelqu'un. Doubler l'ardeur du soldat. Cavaliers lancés avec trop d'ardeur. Le combat reprit de l'ardeur. Refroidir l'ardeur. Vive source de flamme où j'ai pris une ardeur Qui toute autre surmonte, malh. v, (. Certaines ardeurs qu'on éprouve dans la résolution d'une vie nouvelle, mass. Pdq. Les ardeurs d'une piété fidèle, id. Car. Tiédeur. Les premières ardeurs d'une conversion d'éclat, id. ib. Ecoutez un peu moins ces ardeurs généreuses, corn. Hor. m, 6. Va, ne t'eipose point aux premiers sentiments Que poussera l'ardeur de ses ressentiments, id. Cid, m, (. C'est un homme que Jésus-Christ a choisi lui-même pour répandre dans le monde la lumière de ses vérités naissantes, et les premières ardeurs de l'amour divin qu'il y venait établir, flécii. n, 1 44. Les funestes ardeurs de leurs convoitises, m. Serm. I, 82. 114° Amour, passion. Je n'imiterai point ceui qui ne témoignent de l'ardeur pour leurs maîtresses que durant les fiançailles, pelliss. Disc, lorsqu'il succède à de Porchères. Le mien [cœur] savait vous rendre une ardeur mutuelle, corn. Sertor. v, 7. L'amour a ses pareils ne donne point d'ardeur Qui ne cède aisément aux soins de leur grandeur, id. Pomp. n, 4. Douter de ses ardeurs, Vous qui la pouvez mettre au faîte des grandeurs, id, ib. m, 3. Mon importune ardeur ne s'est point ralentie, rac. Baj. v, 6. Cette

ardeur que j'ai pour ses appas, id. Bérénice, n, 2

Des mêmes ardeurs dès longtemps enflammé, in. ililhr. m, 2. Tant de soins, tant de pleurs, tant d'ardeurs inquiètes, id. Andr. 1, 4. Après tant de bontés, de soins, d'ardeurs extrêmes, Tu ne saurais jamais prononcer que tu m'aimes! id. Baj. iv, 5. Est-ce là cette ardeur tant promise à sa cendre? id. Andr. iv, t. Ce n'est plus une ardeur dans mes veines cachée , C'est Vénus tout entière à sa proie attachée, rac. Phèd. 1, 3. || 5° En termes de mystiques, une classe d'anges dans la hiérarchie céleste. Parmi tant de séraphins, de trônes, d'ardeurs nul ne se sentit assez de force pour s'offrir en

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sacrifice, chateaub. Génie, I, 1, 4. || 6* Vivacité, 1 en parlant de certains animaux. Ce cheval a de l'ardeur. L'ardeur de ces chiens. i| 7° Salacité. L'ardeur du tempérament. || 8° En termes de médecine, ardeur d'urine, sentiment de chaleur ardente que l'on éprouve au col de la vessie ou dans le canal de l'urèthre,lors de l'émissionde l'urine. || Ardeur d'estomac, sentiment de brûlure qu'on éprouve dans ce viscère.

— HIST. xin* s Se j'estoie montés sor mon ceval et le feroie des espérons parmi enfans ou par presse de gent, et mes cevaus, par l'ardeur de li, en tuoit aucun, beaum. lxix, 6. Des puiz d'enfer ist celé ardurs, Où nos dampnez seront tuz jurs, marie, Purgatoire, (286. Ce lour a fait force d'amour, Dont ont eue grant ardour, Bl. et Jeh. 6308.

Il xiv* s. De telle ardeur [elle] se remuoit Qu'à pou que le sang ne suoit, bruyant dans Ménagier, t. n , p. 37. Volenté desordonnée et ardeur de acquérir les biens de ce monde, Ménagier, 1, S. || xvr* s. Ceste cause a esté démenée par ardeur impétueux, plustost que par une modération et gravité judiciaire, calv. Inst. dédie. Il y en a qui sont transportez de tel ardeur, que.... id. ib. ((25. L'autre à sa dame estendoit la ramée Pour la garder de l'ardeur du soleil, MAROT, (82.

— êtym. Ardorem (voy. arder) ; provenç. et espagn. ardor; ital. ardore. Lexvi* siècle fit, contre l'usage et par zèle étymologique, ardeur du masculin.

f ARDEZ (ar-dé),mot populaire. Regardez. Ardez, voire, Régnier, Sat. xi. Ardez le beau museau, Pour nous donner envie encore de sa peau, mol. Dép. ont. iv, (4.

— HIST. xiv s. Suer Clémence arregardoit l'air qui estoit très-bel et très-serain, du cange, avidere. Agarde ce larron meurtrier prouvé, comment il parle, id. ib. Elle dit en riant : agardez quel oisel, id. ib.

— ÉTYM. Corruption de aregardef, qui s'est dit jadis pour regarder (voy. regarder).

f ARDIER (ar-dié) , s. m. Terme de tisserand. Corde qui se met autour de l'ensuple , et qui sert à la faire tourner.

ARDILLON (ar-di-llon, Il mouillées, et non ardi-yon), s. m. || 1° Pointe qui dans une boucle sert à l'arrêter. Cette boucle a deux, trois ardillons. Il 2° Technologie. Pointe servant à fixer exactement sur le tympan la feuille qu'on imprime.

— HIST. xiii* s lechevillon, Qui est lié d'un har-

dillon, Dont li cloiax estoit fermez, Ren. 27877. HardiUon, J. de garlande, p. 688. || xvi* s. Le depaignant de tant et telles sortes qu'il ne luy manquoit boucle ny hardillon, D. Flores de Grèce, f" clx. L'escorce d'un chesne, sur laquelle il escrivoit avec l'ardillon d'une boucle , amyot , Pyrrh. 4.

— êtym. Picard et génev. orguiflon;bas-lat. hardelonus ; provenç. ardalhon; anc. catal. ardillon; ital. ardiglione. Palsgrave, p. (8, écrit hardillon, et Vh est dite aspirée. Sans discuter l'étymologie de âpôiç, pointe, ni celle de Ménage qui le rapporte à dard par l'intermédiaire d'un mot tel que dardillion, on voit que l'orthographe ancienne est hardillon, ce qui est le diminutif de l'ancien français harde ou arde, bâton (voy. du cange, arda); hardillon, proprement petit bâton, et puis petite tige métallique. Harde paraît être le même que hart.

f ARDITO (ar-di-to), adv. Terme de musique. Marque l'énergie et l'éclat dans l'exécution.

— ÉTYM. Ital. ardito, hardi (voy. hardi).

| ARDOIR (ar-doir) , v. a. Voy. arder.

ARDOISE (ar-doi-z'), s. f. || 1" Pierre d'un gris noir ou bleuâtre, qui sert à couvrir les maisons. Il 2° Dans la peinture en bâtiments, couleur composée avec du blanc et du noir. || 8° En termes de marine, en ardoise, se dit des manteletsdes sabords, quand ils ne sont ouverts ou relevés qu'à moitié.

— hist. xv* s. Ung cent d'erdoice, du cange, ardesia. Quand nous eusmes bien remiré l'église Clere com jour, et couverte de bise Pierre ardoise.... christ, de pisan, Dit de Poissy. || xvr* s. Couleur d'ardoize, gris ramier, gris perlé.... d'aub. Fœn. 1, 2. Ils firent du pain de paille hachée et d'ardoise, id. Hist. n, 67.

— ÊTYM. Bas-lat. ardesia, ardosia, ardesius lapis. Origine inconnue. Cependant il serait possible qu'il y eût là un radical celtique signifiant de couleur foncée : kymri, orddu, ardwn, très-sombre; ardenna, nom d'une vaste et sombre forêt des Gaules; arduina, ardoina, surnom de Diane dans une inscription gauloise; norm. ardenne, nom du bluet.

ARDOISE, ÉE (ar-doi-zé, zée) part, passé. Il 1* Couvert d'ardoises. || 2* Adj. Qui est de la couleur de l'ardoise. Les œufs du bouvreuil sont ardoi-

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