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ARN

ARMILLAIRE (ar-mil-lê-r'), adj. Usité seulement dans sphère armillaire, instrument de cosmographie, représentant le monde tel que les anciens le conce- Taient : savoir la terre au centre et, autour d'elle, avec le soleil et la lune, les principaux cercles de la sphère céleste, les colures, l'équateur^ les tropiques, les cercles polaires et le zodiaque; l'horizon sert de supportàcette sphère. Quand la sphère armillaire représente le monde selon les modernes, le soleil est au centre, et autour de lui tournent toutes les planètes; mais cette représentation ne peut pas être exacte.

— Stym. Armilles.

t ARMILLÉ, ÉE (ar-mil-lê, lée), adj. Terme didactique. Oui est entouré d'un anneau.

— ETYM. Armilles.

ARMILLES (ar-mi-U', II mouillées), s. f. phir. |[ 1° Terme d'architecture. Petites moulures qui entourent le chapiteau dorique. || 2° Terme d'astronomie. Instrument ancien d'observation.

— HIST. xiV s. Au départir le duc Richard donna à l'un une armille [bracelet] de fin or quatre livres pesant, Chron. de Si-Denis, Collect. des Hist. de France, p. 360.

— ÉTYM. Provenç. espagn. et ital. armiïla; du latin armilla, bracelet, qui vient de armus, qui signifie le bras, l'épaule. Armus répond à l'allemand Arm, bras, et tient au grec àojio;, qui veut dire ajustement, articulation, et qui vient d'âpw, disposer.

f ARMINTANISME (ar-mi-ni-a-ni-sm'), s. m. Doctrine des Arminiens.

f ARMINIEN (ar-mi-niin),*. m. Terme d'histoire religieuse. Sectateur d'Arminius, docteur protestant qui enseignait dans l'université de Leyde, vers la fin du xvr siècle, une doctrine opposée à celle de Calvin sur la prédestination.

ARMISTICE (ar-mi-sti-s'), t. m. Suspension d'armes.

— rem. Armistice ne commence à se trouver dans les dictionnaires de l'Académie qu'à partir de il«2, où il est féminin; l'Académie, dans sa dernière édition, a rectifié cette erreur, armistice ne devant pas plus être féminin que solstice. Richelet, édtt. 1759, le fait correctement du masculin, ajoutant qu'il se trouve dans les traités de paix et de guerre et dans quelques gazettes, mais que peu de gens l'approuvent. Aujourd'hui l'usage l'a pleinement reçu et approuvé.

ÉTYM. Arma, armes, et stitium inusité, arrêt, de stare, s'arrêter (voy. station).

ARMOIRE (ar-moi-r"), s. f. || 1° Grand meuble garni de tablettes, fermé par une ou deux portes, et destiné le plus souvent à contenir les hardes ou le linge. || 2" En menuiserie, toute devanture servant à masquer un renfoncement à côté d'une cheminée.

— rem. Le genre de ce mot a été longtemps incertain, si bien que Ménage le tenait pour masculin et féminin. Aujourd'hui l'usage est fixé au féminin.

— HIST. xii' s. Un almarie ki esteit el porche del temple ù l'iim meteit les oblatiums numéement,que li reis soleient faire as sabatz e as jurs festivals, Rois, 400. Cist livres est cum armarie des secreiz Deu; plein est de figure et de signefiance, ib. 4. || xin* s. Mais puis leur fait-il si desclore leur aumaire.... Berte, lxjx. Et Renart qui moult sot de frape, Garde derrier l'autel saint Jasques, Tantost a trovée une aumoire , Iten. 3259. [La sainte Vierge] Terre empreignie sanz semance, Et lumière de veritei, Etaumairesdesapience, Et ysopes d'umilitei.... ruteb. n, 16. il xv s. Aumaires.... Fermans à clef très-bien et fort, ch. d'obl. Rond. || xvr* s. Accommodant la brique plate à la mode d'armoires, o. de serbes, 386. Et par ce moien les ventres des pots [pour nids de pigeons] se trouveront en deux mains, cWme les deux armoires d'un buffet, m. 387. En dedans, vers le logis, est fait un armoire fermant avec son huis, pour vendanger et nettoyer les rusches; aucuns ajoustent à l'armoire une vitre, in. 437. Plusieurs font leurs caprieres dans les murailles regardantes le midi, où aians laissé des trous ou armoires y logent ces plantes ci, id. 649. Demeurant l'auge close par un huis, comme celui d'un armoire ou d'un coffret, fermant à clef, id. 779.

— êtym. Bourguig. omoile , ormère , ormele, ormoire, amère; Berry, ormoire, armoise; provenç. armari; espagn. et ital. armario ; d'armarmm , de arma, armes, lequel, signifiant chose qui s'adapte, transmet son sens à armarium. Dans les anciens textes, almarie, armarie est une forme orthogra-

{)hique reproduisant le latin, mais ne valant, pour a prononciation, que almaire ou armaire, comme

la mesure des vers le prouve pour ce genre de finales.

ARMOIRIES (ar-moi-rie), s. f. plur. En termes de blason, signes symboliques qui distinguent les personnes, les familles, les peuples, les villes, etc.

— syn. armoiries, armes. Armes, quand ila le sens de signes symboliques, est synonyme d'armoiries; mais c'est un sens détourné; au lieu qu'armoiries est le mot direct. Aussi "n se gardera de substituer armes à armoiries, luutes les fois que quelque doute pourra exister sur le sens. Ainsi on dira : Le blason est la science des armoiries; et non, ce qui aurait une signification toute différente : la science des armes.

— HIST. XV s. Enrichi de entailleures, paintures, armoiries, et autres menueriesplaisans àl'ueil, a. ciiart. Quadrilogue. || xvr* s. Il fist mettre les armairies de tous les deux aux verrières des salles, carl. ni, 23. Comme les criminels poursuivis ont recours aux autels et sepulchres des morts, ainsi ceux-cy, destitués de tout mérite, ont recours à la mémoire et armoiries de leurs majeurs, charron, Sagesse, i, 61.

— Etym. La véritable orthographe seraitarmotVn'e, qui vient de l'ancien verbe annoter, signifiant faire la guerre et armorier (voy. l'historique de armorier). Les armoiries ont été ainsi nommées parce qu'elles se peignaient sur les armes, sur le bouclier ou écu.

I. ARMOISE (ar-moi-z'), s. f. Terme de botanique. Plantes de la famille des synanthérées, dont plusieurs sont toniques et emménagogues. C'est à l'armoise vulgaire (artemisia vulgans , L.) que l'on donne, dans le langage commun, le nom d'armoise.

— HIST. xiH" s. Por la maladie des vers garir, la meilleur herbe qui soit elz quatre parties dou monde, ce est l'ermoize, ruteb. 257. || xvr* s. L'armoyse, la pervenche, paré, xvi, 35.

— ÉTYM. Provenç. artemezia, arsemisa, arcimiza; espagn. artemisa; ital. artemisia; du latin artemisia, du grec àc<TE|it<ria, d'Apte^i;, nom de Diane en grec. Comme Artémis secourait les femmes dans leurs maladies, la plante en question, qui passait pour utile dans ces affections, reçut le nom de la déesse.

f 2. ARMOISE (ar-moi-z'), 4. f. Voy. armoisin. f ARMOISEUR (ar-moi-zeur), s. m. Celui qui fabrique de l'armoisin.

— HIST. xv" s. Lesquelz entrèrent en la maison d'un armoiseur, et là prindrent chacun une buvette ou capeline, du cange, ermisinus.

— ÉTYM. Armoise, 2.

ARMOISIN (ar-moi-zin), s. m. Taffetas léger et peu lustré. L'armoisin venait d'Italie. On en fait à Lyon, où il est aussi appelé armoise. || Armoisin des Indes, espèce de taffetas fabriqué aux Indes orientales, plus faible et de moindre lustre que l'armoisin d'Europe.

— ÉTYM. Ital. ermisino, ermesino ; bas-lat. ermisinus.

ARMON (ar-mon), s. m. Pièce du train d'un. carrosse, où s'attache le gros bout du timon.

— ÉTYM. Origine inconnue, à moins qu'on ne le rapporte à artemo qu'un glossaire dans du Cange explique par temo, timon.

ARMOIUAL (ar-mo-ri-al). || 1° Adj. m. Qui traite d'armoiries, et qui contient les armes de quelques personnes. Un livre armoriai. Le Mercure armoriai a été recherché en son temps. || 2° S. m. Livre contenant les armoiries de la noblesse d'un pays. Les armoriaux de ces deux provinces.

— ÉTYM. Armoirie.

f ARMORICAIN (ar-mo-ri-kin), s. m. Terme de philologie. Langue parlée dans l'Armorique ou Basse- Bretagne. L'armoricain est un dialecte celtique, se rapprochant beaucoup du kymri ou langue du pays de Galles, en Angleterre.

— ÉTYM. Armorique, du celtique ar, sur, et mor, la mer : qui avoisine la mer.

ARMORIÉ, ÉE (ar-mo-ri-é, ée), part, passe". Un écu armorié.

ARMORIER (ar-mo-ri-é), v. a. Peindre ou appliquer des armoiries sur quelque chose. Armorier sa vaisselle. Et pour toute vertu fit au dos d'un carrosse, X côté d'une mitre armorier sa crosse, boil. l.utr. vi. Au sein de Paris même, encor plein de sa honte, Épouser les aïeux d'un marquis ou d'un comte, Armorier son char de glaives, de drapeaux Et se masquer d'un nom porté par des héros, gilb. Apologie.

— hist. xv s. Et mirent leurs pennons avant, armoyésde Saint George.... froiss. i, i, *vs Et le

repos ou il fut couché enfant, armoyédeses armes, m. n, il, 163, Pire, respondit le sire de Bracquemont, nous avons et de l'un et de l'autre, car toujours ne peut-on pas jouer ni toujours armoyer [faire la guerre], in. n, m, 32. || xvi' s. La pluspar avec les torches ardantes et armoyées, carl. ii, u Les quatre bannières armoiées des armes des susdict barons, m. m, 2.

— ÊTYM.ylrmoin'e. Les auteurs de blason disaient jadis de préférence armoier, qui signifiait armorier et faire la guerre.

ARMORISTE (ar-mo-ri-sf), s. m. Celui qui fait des armoiries, qui sait et enseigne le blason.

— ÉTYM. Armoirie.

ARMDRE (ar-mu-r'), t. f. || 1« L'ensemble des armes, et surtout des armes défensives qui couvrent le corps. Armure légère, pesante. Les pièces d'une armure. L'armure que Narbas apporta de ces lieux, volt. H&ope, n, 6. Rien d'humain ne battait sous ton épaisse armure, lamart. Bonaparte. L'enfant d'un air enjoué, Ayant un peu secoué Les pièces de son armure [son are etses fiecbes],LA pont. l'Amour mouillé. || Fig. Il n'a plus besoin d'armer cette tête qu'il expose à tant de périls; Dieu lui est une armure plus assurée ; les coups semblent perdre leur force en l'approchant, boss. louis de Bourbon. || 2° En physique, assemblage de lames de fer doux qu'on associe aux aimants naturels, et qui exercent sur eux une réaction capable non-seulement de conserver la vertu magnétique, que le temps affaiblit quand on les abandonne à eux-mêmes, mais encore d'augmenter en eux cette vertu. || 3° En termes de marine, la dernière des jumelles qui s'endente sur un mat, une vergue ouun ban pouren compléter les dimensions. || 4° Technologie. Toute piècede ferquisert à la conservation ou aux usages d'une charpente, d'une machine, etc. || Petite pièce de fer qui garnit chacun des bouts d'une navette. || 5" En termes de chasse, peau très-épaisse que les sangliers ont audessus et au défaut de l'épaule.

— SYN. armure, armes. Bien que les armes soient offensives ou défensives et que l'armure ne soit d'ordinaire que défensive, néanmoins ce qui distingue vraiment armes et armure, c'est que, avec armes, on considère chaque arme en particulier, et que, avec armure, on considère l'ensemble, même quand on dit une armure de tête, une armure de cuisse, où il s'agit encore de ce qui arme complètement la tête, la cuisse.

— HIST. xui s. El vit lonc de lui reluire l'or et l'asur des armeûres, Chron. de Bains, p. 69. Sire, je présente mei et mes armeûres à vos et à la court, Ass. de Jér. i, 167. Li sires deffent à porter coutel apointé ou aucune armeûre molue, beaum. xxx, 34. Le chevalier lessa son cheval au roy et s'armeûre, et s'en ala de l'ost, joinv. 267. C'est nostre divine armeûre. Oui devers Dieu nous asseûre , j. de meung, Tr. <65. Son escu et s'autre armeûre, Chausces et janbieres bien fêtes, Ben. 14583. Li cuens nous doit aidier en la terre de Hainau et en la contée de Flandres à mil armures [soldats armés] de fer, du cange, arma. || xiv s. Quérir peccune ou faire armeûres, oresme, Eth. 68. ||xv s. Si entendirent les dessus dits seigneurs à faire armer et appareiller et pourvoir d'armures chacun selon son estât, fboiss. i, i, 266. Ils ne furent, tous comptés, quand ils entrèrent en mer à Dourdrech, que trois cents armures de fer, qui firent si hardie entreprise, ID. I, I, 22.

— étym. Provenç. espagn. et ital. armadura; du latin armalura, de armare (voy. armer).

t ARMURERIE (ar-mu-re-rie) , s. f. Profession d'armurier; forge, boutique d'armurier.

— ÉTYM. Armurier.

ARMURIER (ar-mu-rié) ,s. m. Celui qui fabrique et qui vend des armes. || En termes de marine, ouvrier de l'arsenal, embarqué pour diverses réparations.

— HIST. xin* s. Armuriers et fournisseurs, Queue de Benart. || xiv s. Si comme l'armeurier tent affin que le cheval soit bien armé, et le chevalier le veult affin que il se combate, oresme, Eth. M. || xv* s. Les brodeurs, armoyers et forbisseurs de nostre bonne ville de Paris, du cange, armeator. || xvi* s. Les armes pendues es boutiques des armeuriers et fourbisseurs, amyot, Pélop. 23.

— ÉTYM. Armure. On a dit aussi dans l'ancien français armoyer, de l'ancien verbe armoier (voy.

ARMORIER).

t ARNICA (ar-ni-ka) ou ARNIQUE (ar-ni-k') , s. f. Genre de plantes de la famille des composées. L'arniquo des montagnes est réputée tonique et stimulante; toutes les parties en sont fréquemment em. ployées par les habitants des montagnes.

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