‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 121 sur 403 · AHO · texte numérisé non relu

AHO

— ÊTYM. Le nom botanique est arnica (arnica monlana). Le genre arnica appartient à Linné. . .

t AKMCINE (ar-ni-si-n'), s. /".Terme de chimie. Résine amère extraite de l'arnica.

t AROÏDÉES (a-ro-ï-dée) , s. f. plur. Famille de plantes, qui doit son nom à l'arum.

— ÉTYM. *Apov, arum.

AROMATE (a-ro-ma-f), s. m. Toute substance qui, provenant du règne végétal, exhale une odeur pénétrante et agréable. 11 sentit son cœur s'amollir et se dissoudre, comme les aromates de son pays fondent doucement à un feu modéré et s'exhalent en parfums délicieux, volt. Pr. deliabyl. 40.

— syn. aromate, parfum. L'aromate est ce qui exhale une odeur agréable; le parfum est l'odeur agréable qui est exhalée. En ce sens, ils ne sont pas synonymes; mais ils le deviennent, quand parfum est pris pour le corps même qui parfume ; alors ils se distinguent en ce que parfum est plus général que aromate. Aromate ne se dit que des végétaux et des substances végétales ; parfum, au contraire, se dit des substances tirées des différents règnes.

— hist. xnr* s. Tu iez la verge de fumée D'aromat remis en ardure, Qui par le dezert iez montée El ciel seur toute créature, ruteb.ii, 4 2. [|xvi's. Autres [eaux] sont odorifiques, comme celles qui sont tirées des aromates, paiiê, xxvi, '•

— ÉTYM. 'Apûiierra, pluriel d'âpo)u.ot, qui signifie proprement une composition artificielle préparée avec des substances sèches odoriférantes. La forme aromat est restée usitée jusque dans le xvn's. ; on la trouve dans le dictionnaire de Furetière.

t AROMAT1CITÉ (a-ro-ma-ti-si-té) , s. f. Qualité de ce qui est aromatique.

— HIST. xvi* s. X fin que par leur aromaticité ils corroborent la vertu animale, et que parleur stipticité ils astreignent, paré, xxv, 46.

— ÊTYM. Aromatique; provenç. aromaticitat ; espagn. aromaticidad; ital. aromaticità.

AROMATIQUE (a-ro-ma-ti-k'), adj. Qui est de la nature des aromates; d'une odeur agréable.

— HIST. xiv* s. Ceulx qui se esjoissent trop en oudeurs de pommes ou de roses ou de choses aromatiques, oresme, Elh. 92. || xvt* s. Ce qui s'accomplira par choses aromatiques, paré, v, 46. Les herbes nervales, comme sauge, rosmarin, et autres aromatiques, n>. xvr, (0.

— ÉTYM. Aromate; provenç. aromalic; espagn. et ital. aromatico.

AROMATISATION (a-ro-ma-ti-za-sion) , s. f. Terme de pharmacie. Action d'aromatiser.

— ÊTYM. Aromatiser.

AROMATISÉ , ÉE (a-ro-ma-ti-zé , zée) , part, passé. Une tisane aromatisée.

AROMATISER (a-ro-ma-ti-zé) , V. a. Mêler une substance aromatique à....

— HIST. xii' s. Mais à Iloen [il] fu seveliz , Le cors bien aromatizé, En l'iglise del maistre se [siège], benoît, II, 8355. ij xin' s. Où que jesoieensepelis, Mon cors [elle] aromatisera, du cange, aromalisare. ||xv* s. Le vray Jhesus sy en oindrons, Pour son corps aromatiser, Ilésurr. de J. C. || xvi* s. On peut adjouster à la fin un peu de canello pour l'aromatiser, PARÉ, xvi, 8.

— étym. Provenç. et espagn. aromalizar; ital. aromatissare ; du latin aromatizo, de àp(i>p.cm!;w (voy. AROMATE).

AROME (a-rô-m'), s. m. Principe odorant agréable de certaines substances végétales, résidant le plus ordinairement dans un corps entièrement volatil [l'essence], qu'elles contiennent tout formé, mais quelquefois résultant de leurs principes inodores, qui se dédoublent en composés odorants, comme dans le tabac, dans les amandes amères.

— REM. Pourquoi l'Académie, qui met un accent circonflexe à dôme, à cône, n'en met-elle pas à arôme, dont la prononciation est la même, et où le mot grec a aussi un ta ?

— ÉTYM. "Apwp.a (voy. AROMATE).

ARONDE (a-ron-d'), s./". || 1" Ancien nom de l'hirondelle. ||X queue d'aronde, se dit pour exprimer un ouvrage de charpente qui sert à la jonction des parties, et qui a la forme d'une queue d'hirondelle, il Dans le génie militaire, ouvrage à queue d'aronde, sorte d'ouvrage à corne , étroit par la gorge et plus ouvert vers les faces. || 2° Terme d'histoire naturelle. Aronde aux perles , aronde perlière, dite aujourd'hui avicule aux perles, celle qui contient les plus belles perles, et dont la coquille donne beaucoup de nacre. || 3° Espèce de poisson volant.

— hist. xii* s. Par de soz lui si isnel le [son cheval] [il] trova, Plus tost li cort qu'aronde ne vola,

AHP

Raoul de C. 1 33. 1 1 xiv* s. Aussy comme une aronde seule ne signifie pas le temps de ver ne un seul biau jour ne le fait pas.... oresme, Kth. x, io. Tost envahit Fortune Hermionne; Tost fut Progné convertie en haronde, eu. d'orl. Bal. (Berlhault) 140. || xvi' s. Sur l'arbre sec s'en complaint Philomele; L'aronde en fait cris piteux et tranchans, marot, Compl. sur la mort de Louise de Savoie.

— ÉTYM. Voy. hirondelle.

f ARPAILLEUR (ar-pa-lleur, Il mouillées), s. m. Corruption d'orpailleur (voy. ce mot).

ARPÈGE (ar-pé-j'), s. m. Terme de musique. Accord dont on fait entendre successivement et rapidement les divers sons, au lieu de les frapper tous à la fois. Dans les opéras de notre ancienne école, la partie du second violon est écrite le plus souvent en batteries et en arpèges, castil-blaze, Dict. de mus.

— ÉTYM. Ital. arpeggio (voy. arpéger).

ARPËGEMENT(ar-pè-ge-man), s. m. L'action d'arpéger, et quelquefois l'arpège lui-même, j. i. roiiss. Dict. de mus. Arpège.

— ÉTYM. Ital. arpeggiamento.

ARPÉGER (ar-pé-jé. L'e, suivant la règle mauvaise de l'Académie, garde l'accent aigu, môme quand la voyelle qui suit est muette, et bien qu'alors il se prononce comme è) , v. n. Terme de musique. Faire des arpèges.

— ÊTYM. Ital. arpeggiare; au propre, jouer de la harpe; de arpa (voy. harpe).

ARPENT (ar-pan) , s. m. Ancienne mesure agraire qui contenait cent perches carrées : mais l'arpent variait beaucoup, parce que la perche variait ellemême. Les arpents les plus usités étaient celui de Paris, qui valait environ un tiers d'hectare , et celui desEaux et Forêts, qui valait un demi-hectare, à très-peu près.

— HIST. xi' s. Ainz qu'on alast un seul arpent de champ, Ch. de Roi. clxiii. || xii" s. N'est pas trois arpenz mesurez Alez avant, ce sai de voir, Quant se prent à aparcevoir Mon seingnor Noble et Ysengrin, lien. 5584. Cadrnus.... De terre ara plus d'ung arpent, Et sema les denz d'un serpent, Dont chevalier armé saillirent, la Rose, 10037. Engherans de Sainct-Pol ne s'i vout arester, Ainz broche le destrier, si le fait tost aler, En un arpent de terre le fait trois fois torner, Ch. d'Ant. viit, 309. Si que on voit que uns arpens de vigne n'est prisiés que quarante sous par an, beaum. xxiii, 8. Et l'autre manière d'arpent si est li quix contient cent vergues de vingt cinq pies le [la] vergue, et c'est li drois arpens le roi, id. xxv, 40. || xv" s. Le quartier en vault l'arpent [le jeu en vaut la chandelle], villon, Baillev. et Mallep. || xvi's. L'arpent romainestoit la terre que deux bœufs accouplez labouroient en un jour; l'arpent françois est composé de cent perches quarrées, chacune dedix-huict pieds, o. deserres, 4 4.

— ÉTYM. Provenç. aripin, arpen; anc. espagn. arepende; bas-lat. arapennis , arepennis, aripennis, arpennis, agripennus, aripendium, arpennum, arpenna, arpentium; du latin arepennis, aripennis et arapennis. Columelle dit que ce mot est gaulois. Un auteur, dans les Agrimensores , le dit espagnol. Le renseignement de Columelle, qui cite exactement d'autres mots gaulois, mérite confiance. Columelle ajoute que arepennisvlenldearare, labourer; or le radical, qui est dans arare, est celtique aussi : kymri, aru; bas-breton , arat; gaélique, ar. Quant à la 2' partie, penn ou pent, elle signifie, dans les langues celtiques, tête, chef, bout.

ARPENTAGE (ar-pan-ta-j') , s. m. || 1° Mesurage des terres par arpents, et, subséquemment, par toute mesure agraire. || 2° L'art de l'arpenteur.

— HIST. xvi* s. Es impositions, cause principale de l'invention de l'arpenterie,o. de serres, (4. Desquelles mesures n'est besoin de marquer plus subtilement, ni des diverses façons de procédera l'arpentage, id. 10. Arpentement public, id. 42.

— ÊTYM. Arpenter.

ARPENTÉ, ÉE (ar-pan-té, tée), part, passé.

ARPENTER (ar-pan-té) , v. a. |j 1° Mesurer la superficie des terres par arpents, et, subséquemment, par toute autre mesure agraire. On arpente aujourd'hui par hectares. Ses terres , il les fera arpenter pour son argent, volt. Jeannot. || 2" Mesurer géométriquement. Vous avez arpenté quelque faible partie Des flancs toujours glacés de la terre aplatie, volt. Disc. i. || 3° Fig. et familièrement, aller et venir à grands pas dans un espace. Arpenter Paris dans tous les sens. Pied chaussé, l'autre nu, main au nez, l'autre en poche, J'arpente un vieux grenier, st-amant, Poés. 2' partie.

— HIST. xvi* s. Les Getes durs à la peine Nature

AllQ

a trop mieux contentez, Qui ont leurs champs non arpentez, dubell. m, 49, verso. Que me sert voir tout le monde En papier, où je me fonde A l'arpenter pas à pas? m. m, 80, recto. Tant à grands pas les pleines ils arpentent, rons. 602. Pour les diverses figures des terres, convient les arpenter ou mesurer, o. de serres, 42.

— ÊTYM. Arpent.

ARPENTEUR (ar-pan-teur), s. m. || 1° Celui dont la profession est d'arpenter, de mesurer les terres. || 2° Terme de zoologie. Nom vulgaire du grand pluvier.

— HIST. xvi* s. Eschesnt arpentement public, gens experts sont députés pour faire l'évaluation des propriétés, qui, accompagnans l'arpenteur, tout d'une main lui monstrent les limites, tenans et aboutissans des fonds, o. de serres, 42.

— ÊTYM. Arpenter.

ARPENTEUSE(ar-pan-teû-z'), adj. et s. /'.Terme

d'entomologie. Chenille arpenteuse, ou, absolument, arpenteuse, chenille dont le corps est très-long, et qui, dans la progression, se contractant en fer à cheval et s'allongearrt alternativement, sembla mesurer le chemin qu'elle fait.

— ÉTYM. Arpenteur.

t ARPON (ar-pon), s. m. Terme de marine. Large et longue scie fort en usage dans les chantiers.

ARQUÉ, ÉE (ar-ké, kée), part, passé. || 1* Courbé en arc. Poutre arquée. C'était [ Rosen ] un grand homme sec, qui aurait fait peur au coin d'un bois, avec une jambe arquée d'un coup de canon, st-sim. 446, 3. Les Arabes ont la tête ovale, le front haut et arqué, chateaub. Itin. n, 4 92. Qu'il ait sa belle esclave aux paupières arquées, v. huoo, Orient. 45. || 2° Cheval arqué, cheval qui fléchit les genoux dans le repos, défaut qui peut venir de la conformation primitive, mais qui le plus ordinairement est l'effet de trop grandes fatigues. || 3" En géologie, stratification arquée, celle des massifs qui , constituant une montagne, s'élèvent d'un côté dans la sens de la pente, se recourbent au sommet, et redescendent avec la pente opposée.

ARQUEI5USADE (ar-ke-bu-za-d'), s. f. Coup d'aTquebuse. || Eau d'arquebusade, infusion ou macération de plantes vulnéraires, fort usitée dans le peuple. || Plaies d'arquebusade, ancien nom des plaies faites par une arme à feu.

— HIST. xvi* s. Le bruit et la fumée des harquebusades les effraye, lanoue, 323. Le sifflement des harquebusades, id. 588. Ils firent filer une scopeterie d'harquebuzade sans balles, l'un contre l'autre, plus d'une heure, carl. viii, 46. Peu d'arquebusades prirent [partirent], d'aub. Hist. i, 288. Il se jetta à l'eau dans la fumée de leurs arquebusades, m. i6. i, 286. Les playes faites par harquebusades, paré, ix, 4" Disc. Il fut blessé d'une harquebuzade, m. du bell. 23.

— ÊTYM. Arquebuse; ital. archibugiata.

ARQUEBUSE (ar-ke-bu-z'), s. f. Ancienne arme à

feu , qu'on faisait partir à l'aide d'une mèche ou d'un rouet se bandant avec une clef. Au temps de Louis XIV, l'arquebuse lançait une once sept huitièmes de plomb avec autant de poudre. || Arquebuse à croc, grosse arquebuse que l'on appuyait sur un croc pour tirer. || Jeu de l'arquebuse, exercice de tir; lieu où se réunissent les arquebusiers.

— HIST. xv* s. Nostre queue estoit défendue de trois cens Allemans, qui avoient moult largement de coulevrines, et leur portoit on beaucoup de haquebutes à cheval, et ceux là faisoient bien retirer les Estradiots, comm. viii, 7. || xvi* s. Le mari avec sa arquebuse, et elle avec des pierres, se defendoient, marg. Nouv. lxvii. L'un fait tuer en trahison son ennemi d'un coup de pistole ou harquebuze, lanoue , 248. I! fist desmonter environ 70 harquebuzes à croq de dessus leurs chevalets et les fist porter par ses gardes, carl. vi, 4 5. Et chacun une harquebuze à croc sans fourchette, Salir, mén. p. 4 3. Ils n'estoient que trente, i'espée à la main et l'arquebuë au fourreau, d'aub. Hist. i, 289. L'arquebouse à la main gauche et I'espée à la droite, m. ib. m, 4 4. 11 fut blessé d'un coup d'arquebute tout au travers du col, paré, Introd. 24. Les harquebuses à croc, que l'on ne peut bien tirer si elles ne sont liées et accrochées sur du bois — le mot gênerai [des armes à feu des gens de pied] harquebuse, mot tiré des Italiens à cause du trou par lequel le feu du bassinet entre avant dans le canon, car les Italiens nomment un trou buzio : et sa nomme arc à cause qu'on en use maintenant comme.... id. ix, Préf. Et luy fut tiré plusieurs coups, tant d'artillerie que d'arbouze, M. dubell. 38. Da ceste heure là[452ij furent inventées les harbouzei

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