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qu'on tiroit sur une fourchette, id. 65. Amour a faict de mon cœur une bute, Et Guerre m'a navré de haquebute, marot, i, 329. Exepté qu'à tous faisoit laisser leurs piques, espées, lances et haquebutes, rab. I, 44.
— ÉTYM. Wallon, harkibuse; bourguig. auquebulte; ital. archibuso, arcobugio; espagn. arcabul; bas-Iat. arcus busus. On tire ce mot de l'italien, de arco, arc, et de bugio, trou, comme qui diraitarc à trou. L'Arioste, au chant ix du Roland furieux, donne il est vrai le nom de ferro bugio , fer creux, à l'arquebuse. Mais si le nom ancien en français est haquebute, il est probable que le mot italien est une altération de ce mot français, altération qui ensuite a chassé le mot français de notre propre langue. Haquebute vient de l'allemand Hakenbùchse, flamand haak-bus, qui signifie arquebuse à croc, de llaken, croc, et de Bûchse, canon d'arme à feu. Pour Haken, voy. hache ; quant à Bûchse, c'est une altération du mot latin pyxis, dont une altération non moins grande a fourni notre mot boite (voy. boIte).
ARQUEBUSE, ÉE (ar-ke-bu-zé, zée), part, passé. L'amiral Bing fut condamné par une cour martiale à être arquebuse, volt. S. de Louis XV, 3).
AKQUEBUSER (ar-ke-bu-zé), v. a. Tuera coups d'arquebuse. Il y avait peu de jours où un prêtre corse n'allât arquebuser son ennemi, volt. Phil.n, 420. Leurs camarades [de ceux qui avaient fui] les arquebusèrent pour joindre la honte au supplice, id. Russie, i, 12. On les condamna à la corde, et par grâce on les arquebusa, ce qui est, dit-on, plus honorable, id. S. de Louis XV, 35.
— HIST. xvi* s. Un jeune garçon harquebusé, B'aub. Hist. i, 74.
— ÉTYM. Arquebuse; ital. archibugiare.
ARQUEBUSERIE(ar-ke-bu-ze-rie), s.f. Métier de
celui qui fait des armes à feu portatives.
— HIST. xvi* s. A ceste heure les principales actions de guerre consistent à surprendre, assaillir et défendre places, à quoy l'harquebuserie et les picques sont non seulement utiles, ains nécessaires, lanoue, 201. Après avoir logé par les pentes son arquebuserie,... d'aub. Hist. i, 273. Noz gens à la garde de leur arcbouzerie et artillerie, M. du bell. 7.
— ÉTYM. Arquebuse ; ital. archibusicra.
ARQUEBUSIER (ar-ke-bu-zié) , s. m. || 1° Soldat
qui était armé d'une arquebuse. || 2° Bourgeois qui fait partie de la compagnie formée pour l'exercice du tir de l'arquebuse. || 3° Celui qui fait des armes à feu. En ce sens on dit maintenant armurier.
— HIST. xvi* s. Un de ces deux hacquebutiers, Pour mal viser, faut lourdement, marot, m, 60. On y trouvera des lanciers, des pistoliers, harquebusiers à cheval, simples, et autres armez de cuirasses. On y void encore des arbalestiers à pied, et des hacquebutiers à rouet, lanoue, 231. Bon nombre d'arebouziers et de picquiers, m. du bell. 47. Un capitaine de harebousiers, id. 65. Quelques arquebusiers â cheval, d'aub. Hist. l, 290.
— ÉTYM. Arquebuse.
ARQUER (ar-ké). || 1° V. a. Courber en arc. Arquer une pièce de fer. || 2° V. n. Fléchir, devenir courbe. Cette poutre commence à arquer. j| 3° S'arquer, v. réft. Se courber en arc. Les jambes de cet enfant se sont arquées.
— hist. xin" s. De si très grant fais il me carche [charge], Que toute l'eschine m'en arche, Complainte douteuse, jub. h, 247. |j xvi" s. Ces pierres estaient faites en façon d'une corne de mouton , non pas si longues, ny si courbées, mais communément estoient arquées, paré, 38.
— ÉTYM. Arcuare, de arcus (voy. arc).
t ARQUET (ar-kè), s. m. En termes de tisserand, petit fil de fer fixé à la brochette qui retient les tuyaux dans la navette.
— ÉTYM. Diminutif de arc.
\ ARR.... Préfixe formé de ad, à, et d'un mot commençant par r. L'Académie a partout doublé IV , excepté dans araser.
t ARRACHAGE (a-ra-cha-j'), s. m. Terme de jardinage. Action de déplanter un arbre.
ARRACHÉ, ÉE (a-ra-ché, chée), part, passé. || 1° Tiré de terre avec la racine, et, par extension, ôté, enlevé. Arbre arraché. Olives arrachées de l'arôre. Œil arraché. Cheveux arrachés. Une épée arrachée de ses mains. Je vis par mes soldats mes aigles arrachées.... corn. Serlor. i, I. Et son sceptre arraché des mains de l'ennemi, id. Hor. iv, 2. Les dépouilles des Juifs par vos mains arrachées, rac. Bér. ni, 1. 1| 2" Séparé, éloigné. Arrachés de leur patrie. || 3- Enlevé. Arrachéau danger, au travail. || 4°Obtenu avec peine. Aveu arraché parles tortures. || 6° Terme d s blason qui s'applique non-seulement aux arbres
et aux plantes dont les racines sont découvertes, mais encore à tout ce qui paraît en lambeaux et qui semble avoir souffert quelque violence, comme s'il avait été arraché.
ARRACHEMENT (a-ra-che-man), ». m. || l'Action d'arracher. |j 2° En maçonnerie, arrachement s'entend des pierres qu'on arrache, et de celles qu'on laisse alternativement pour faire liaison avec un mur qu'on veut joindre à un autre. || 3° Au plur. Terme d'architacture. Les arrachements d'une voûte, les premières pierres engagées dans le mur, et qui commencent le cintre d'une voûte.
— HIST. xiii" s. Pour chou [ce] fist Diex l'arbre esrachier [arracher] ; Mil ans après l'aracemant, du cange , arancare.
— ÉTYM. Arracher.
ARRACHE-PIED (D') (da-ra-che-pié) , loc. adv. Sans interruption, sans discontinuer. Il a travaillé six heures d'arrache-pied.
— REM. Les gens du peuple disent souvent de rache-pied; ce qui est tout à fait mauvais.
— HIST. xvi" s. Toussez icy ung bon coup ou deuz et en beuvez neuf d'arrache-pied, puys que les vignes sont belles, rab. Pant. v, prol.
— ÉTYM. Avec un effort continué, comme celui d'un homme qui arrache un pied d'arbre.
ARRACHER (a-ra-ché), v. a. || 1" Enlever de terre avec les racines, et, par extension, ôter ou enlever quelque chose qui adhère. Arracher les plantes, les mauvaises herbes. Arracher la vigne, un arbre. Il se fit arracher une dent. Arracher les yeux, les oreilles , la langue , la queue. On arrachait les affiches. || Fig. et familièrement. Je lui ai arraché une dent, en parlant d'un avare à qui on a soutiré de l'argent. || 2° Employer effort, violence pour ôter, pour faire lâcher, faire quitter, faire sortir, au propre et au figuré. On lui arracha le poignard des mains. Arracher quelqu'un des mains des ennemis. Arracher la victoire à l'ennemi. Il ne put jamais arracher de sa mémoire les injures qu'il avait reçues. Arrachez de votre cœur la passion de l'argent. On lui arrachera le pouvoir. Arracher un prêtre de l'autel. On arracha ce citoyen de chez lui. Je l'ai arraché d'avec elle. Je viens voir si l'on peut arracher de ses bras Cet enfant dont la vie alarme tant d'États, rac. Andr. I, *. Le cruel ne la prend que pour me l'arracher, id. ib. m, *. Le ciel, dit-il, m'arrache une innocente vie, RAC. Phèd. v, 6. Tu n'auras pas regret de m'arracher la vie, mol. l'Étour. u, 7. Vous seul vous lui pouvez arracher cette envie, bac. Bérén. iv , 7 . Je te voudrais moi-même en arracher l'envie,corn. Cid, iv, 2. Arrache-lui du cœur ce dessein de mourir, id. Cinna, m, 5. Belle Charlotte, je vous aime de tout mon cœur; et il ne tiendra qu'à vous que je vous arrache de ce misérable lieu, mol. le Fest. H, 2. Ils m'arrachent d'un trône où votre choix m'élève, corn. Agésil. v, 4. Je ne vois plus en lui les restes de mon sang, S'il m'arrache du trône et la met en mon rang, id. llod. v, i. La reine Bérénice Vous arrache, seigneur, du sein de vos Etats, rac. Bérén. i, 2. Un désordre éternel règne dans son esprit, Un chagrin inquiet l'arrache de son lit, id. Phèd. i, 2. Une beauté qu'on vient d'arracher au sommeil, id. Brit. n, 2. || Arracher le cœur, causer une vive affliction. Voilà ce qui me fit écrire cinq à six lignes qui m'arrachaient le cœur, sév. 329. ij 3° Tirer quelque chose de quelqu'un, obtenir avec peine. Arracher de l'argent à quelqu'un. Elle arrachait des pleurs même aux indifférents. Arracher les réponses une à une. On ne peut lui arracher un mot. La plèbe arracha cette loi aux patriciens. Les mauvais succès sont les seuls maîtres qui peuvent nous reprendre utilement et nous arracher cet aveu d'avoir failli qui coûte tant à notre orgueil, boss. Reine d'Angl. Ces soupirs que la tristesse m'arrache, mass. Afft. Les larmes que ce souvenir lui arrache, id. Mort. Ainsi vous retombez dans les mêmes alarmes Qui vous ont dans la Grèce arraché tant de larmes, rac. ililhr. a, t. Ne te fais pas arracher les mots de la bouche, mol. Fourb. i,i. Quelques années s'écoulèrent, sans que les deux vieillards [Chactas et le prêtre] lui pussent arracher son secret, chateaub. René, <60. Je t'ai même puni de l'avoir arraché [mon secret], bac. Mithr. iv, i. Vous m'avez arraché cet affreux sacrifice, volt. Ait. i, 4. Mes bienfaits, mon respect, mes soins, ima confiance Ont arraché de vous quelque reconnaissance, id. Zaïre, iv, «.Ce secret m'importune, il faut que je l'arrache, id. Mérope, iv, 4. Tandis que des soldats, de moments en moments, Vont arracher pour lui des applaudissements, rac. Brit. iv, 4. Je ne puis arracher du creux de ma cervelle Que des vers plus forcés que ceux de la Pucelle, boil. Sat.nu
|| 4" Détourner de; faire échapper à. La vieilless» m'arrache aux affaires. L'espoir du butin les arrachait aux travaux de la terre. Arracher quelqu'un à ses travaux. On l'arracha à une mort imminente. .... Vous seul vous m'avez arrachée X cette obéissance où j'étais attachée, rac Mithr. IV, 4. ^"S'arracher, arracher à soi. Il s'arrachait les cheveux. || Familièrement. S'arracher les yeux, se disputer avec violence. Ils s'arrachaient les yeux. || Fig. S'arracher une épine du pied, se délivrer d'un embarras. || Familièrement. On se l'arrache, se dit d'une chose ou d'une personne très-recherchée. On s'arrache ce livre nouveau. Je le retrouvai brillant, les dames se l'arrachaient, i. i. rouss. Conf. iv. || 6° En termes de gravure, enlever de dessus le cuivre des parties déjà gravées qu'on veut corriger. || En termes de chapellerie, enlever, éplucher le jarre ou poil luisant qu'on remarque sur. les peaux de castor. || 7° S'arracher, v. réjl. S'éloigner, se détacher difficilement, avec peine. Je ne puis m'arracher à mes livres. Arrachez-vous d'un lieu funeste et profané, Où la vertu respire un air empoisonné, rac. Phèd. y, 4. Je l'ai vu quelquefois s'arracher de ces lieux, id. Brit. n, 2. Vous ne pouvez vous arrachera la nymphe que vous aimez, fén. Tél. vu. J'ai résolu de m'arracher de Paris, voit. Lett. it>. ||8° Fig. Se soustraire. S'arracher aux affronts. S'arracher au sommeil. || Proverbe. Il vaut mieux laisser son enfant morveux que de lui arracher le nez ; c'est-à-dire il faut tolérer un petit mal, pour en éviter ou de peur d'en faire un plus grand.
— SYN. 1. arracher, ravir. Ce qui distingue ces deux mots, c'est que arracher implique résistance de celui à qui on arrache; tandis que ravir est à la vérité un acte de violence, mais qui peut s'exercer sur des personnes ou des choses non défendues ou mal défendues. || 2. arracher de, arrachera. Arracher de indique l'endroit ou la chose d'où l'on arrache ; c'est la séparation violente d'une chose d'avec une autre à laquelle elle tenait : arracher un clou d'une muraille, arracher un homme d'un lieu. Quand on arrache de, c'est la personne ou la chose que l'on arrache qui résiste. Arracher à est suivi d'un nom de personne ou d'un nom de chose personnifiée en quelque sorte, et marque que cette personne ou cette chose est le but de l'action , que c'est à elle qu'on veut ôter l'objet dont il s'agit : arracher un œil à une personne ; un enfant à sa mère ; de l'argent à un avare; arracher quelqu'un à la mort, à la vengeance de ses ennemis. Quand on arrache à, c'est la personne ou la chose à laquelle on arrache qui résiste.
— HIST. xn" s. Quant nostre sire esracerad tuz tes enemis de la terre, Rois, 79. Moût tost rompus et arachiez Les membres du cors [ils] vous auront, La charrette, 3070. || xm" s. Il ot un fevre en Normandie Qui trop bel arracboit Iesdenz, barbazan. Fabliaux, dans VOrdene de chevalerie, p. tet. Fain, qui ne voit ne blé ne arbres, Les erbes en errache pures As trenchans ongles, as dens dures, la Rose, iot89. 11 y a encore un cas de crieme, dont je ne parloie pas devant , c'est de bonnes [bornes] esracier et puis rasseir, en autrui déshéritant por soi aheriter, beaum. xxx, 27. ||xiv" s. U se efforça de lesesracier, oresme, Eth. 44. Li diz Adam avoitarresgié une bonne [borne] en terroir de Tours, du canoë, arrancare. || xvi" s. Ce masque arraché, rapportant les choses à la raison et.... mont, i, (18. Arracher les enfants du sommeil tout à coup et par violence.... id. i, 495. On ne me pouvoit arracher de l'oisifveté, id. i, (95. On leur arrache le cœur et les entrailles, id. i, <29. Tout cela se faict pour arracher de leur bouche quelque parole. ...id. i, 242. Un soldat luy avoit arraché ce peu de bouillie qui luy restoit, id. h, 48. Elle s'airacha d'alentour de la teste son bandeau royal, amyot, Lucull. 32.... Un dueil que le temps n'a pouvoir D'arracher de ta souvenance, RONS. 399.
— ÉTYM. Provenç. araigar, araizar, arasignar, esraigar ; anc. catal. arraygar; espagn. arraigar; portug. arreigar. La forme arracher répond à abradicare; la forme esrachier à exradicare, de radia;, racine (comp. racine).
t ARRACHE-SONDE (a-ra-cbe-son-d') , s. m. Technologie. Outil servant à retirer du trou de sonde les fragments de la tige, quand elle se brise pendant le travail du forage. || Au plur. Des arrache-sonde ou arrache-sondes.
ARRACHEUR, EUSE (a-ra-cheur, cheû-z'), s. m et f. || 1° Celui, celle qui arrache. Un arracheur de dents. || Familièrement. Mentir comme un arracheur de dents, se dit d'un homme qui ment avec effronterie. || 2° Terme d'agriculture. Arracheur de pom-
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mes de terre , instrument d'agriculture. || 3" Arracheuse ou éplucheuse, ouvrière qui arraclie le jarre des peaux de castor.
— HIST. xvi* s. Plusieurs tourmentés d'une extrême douleur de dents, voyans arriver l'arracheur qu'ils avoient envoyé quérir.... pabé, lntrod. 25.
— ÊTYM. Arracher.
t ARRACHIS (a-ra-chi), s. m. ||1° Terme de jardinage. Plant arraché. || 2° Enlèvement frauduleux du plant des arbres.
— ÊTYM. Arracher.
f ARRACHOIR (a-ra-choir), s. m. Instrument de forme variable propre à arracher les racines des arbres, les perches de houblon.
ARRAISONNE , ÊE (a-rc-zo-né , née) , part, passé. Arraisonné par ses amis. || Vieux.
ARRAISONNER (a-rè-zo-né), v.a. || 1° Chercher à persuader par des raisons. Tandis que j'arraisonnais M. le duc d'Orléans, le roi consultait et sa famille et son conseil , st-sim. 24< , 209. M. du Maine me voulut arraisonner sur le lieu où nous étions Montrevel et moi, id. 34< , 215. || Vieux en ce sens. 112° En termes de marine et de police sanitaire, s'informer d'où vient un vaisseau et où il va.
— HIST. xi* s. Moût fièrement Charlon [il] enaraisune, Ch. de Roi. cclviii. || xn# s. Moût durement fu d'els [eux] araisonez, Ronc. p. <43. Charlon [ilj apele, prist l'en à arraisnier, ib. p. <85. Entre vus et le rei avez este medlé ; L'apostolies l'en ad sovent araisuné; Li prélat del reaume l'en unt amonesté, Th. lemart. 84. || xm's. LI rois puis Paraisonne moût debonairement, Berte, ex. De mainte chose i fut Berte moût araisnie, ib. exix. Comment on doit araisonner son seigneur, avant que on ait bon appel contre lui, beaum. lxii, <. || xv* s. Ils entrèrent en sa maison [à Philippe d'Artevelle] , et lui araisonerent et remontrèrent comment la bonne ville de Gand estoit en grant nécessité d'avoir un souverain capitaine, froiss.Ii, u, <02. Si advisa temps et lieu au plus brief que il put arraisonner les Genevois de ceste chose, Bouciq. m, ch. s. ,i xvr s. Il estoit singulièrement aimé et bien voulu de la commune, pour une gracieuse façon qu'il avoit de saluer, caresser et arraisonner privéement et familièrement tout le monde, amyot, Cxsar, 4.
— ÊTYM. Provenç. arrasonar; anc. catal. arrahonar; portug. arrazoar; du bas-Iat. arratiocinare (voy. À et raisonner) ; d'où la double forme arraisoner et araisnier.
ARRANGÉ, ÉE (a-ran-jé, jée), part, passé. || l^Mis dans un ordre convenable, 'fout est ici trèsbien arrangé. Il ne se passe, à l'intérieur des animaux, rien de suivi, rien d'ordonné, puisqu'ils n'expriment rien par des signes combinés et arrangés, bdff. De l'homme. || Familièrement et par ironie, qui est dans un mauvais état. Vous voilà bien arrangé! Voilàdeshabitsbien arrangés! || 2° Apprêté, affecté. Cet homme a toujours un air arrangé. Ceux qui veulent faire les articles trop arrangés et trop formels, boss. Lett. abb. 84. || 3° Réparé. Une montre arrangée par l'horloger. || 4° Rangé, en parlant des hommes. Vervins était riche, arrangé , et ne fut jamais marié, st-sim. <39, 32. Un père de famille, un homme arrangé, buff. Exp. sur les Végét. î" mém. || On dit maintenant rangé en ce sens. || 5" Terminé à l'amiable, accommodé. Duel arrangé par des amis communs. Le différend ayant été arrangé. Les deux adversaires arrangés après bien des pourparlers. || 6° Convenu. Une partie arrangée pour le lendemain.
t ARRANGEANT, ANTE (a-ran-jan , jan-t') , adj. Qui arrange, qui n'est pas difficultueux. C'est un homme arrangeant. Une marchande arrangeante.
ARRANGEMENT (a-ran-je-man) , s. m. \\ 1" Action d'arranger. Je l'ai chargé de l'arrangement de mes livres. || 2° Disposition, ordre dans lequel on place les choses. L'arrangement des mots. Par quels progrès notre corps a reçu l'arrangement et la vie, mass. Vérité. En considérant l'arrangement de l'univers entier, volt. Memnon. ||3" Ordre dans la dépense. Cet homme manque d'arrangement. Il faut mettre plus d'arrangement dans vos affaires, dans vos dépenses. Je puis me priver en trois moisde vingtcinq francs , mais non de cinquante ; chacun a son arrangement, did. Lett. à £.... || 4" Mesures prises pour arranger ses affaires ; mode de payement. Prendre des arrangements avec ses créanciers. || 5°Mesuresqu'on prend pour arriver à un but. Je viensde faire certains petits arrangements, sév. 539. L'exprès leur apprend qu'ilfaut se réfugier dansla maison d'un pauvre gentilhomme, et que la on verralesarrangements que l'on pourra prendre pour leur sûreté, volt. loué XV, 25. || 6° Conciliation. Au lieu de plaider
et de nous ruiner, faisons un arrangement. Si l'on peut venir àun arrangement. || 7' En termesde musique, disposition et presque toujours réduction d'une composition faite pour un ou plusieurs instruments, de manière qu'elle puisse être exécutée par un seul instrument ou par plusieurs instruments différents. Dans un bon arrangement on perd sans doute les effets de timbres et ceux des masses; mais la mélodie et l'harmonie doivent se retrouver entières ainsi que l'expression. || 8° En algèbre, ordre dans lequel des lettres peuvent être placées l'une par rapport à l'autre. Arrangement de six lettres, deux à deux, trois à trois. Les six lettres ab c d e f sont susceptibles de sept cent vingt arrangements.
ARRANGER (a-ran-jé), nous arrangeons, j'arrangeais, j'arrangeai, arrangeant, v. a. ||1° Mettre en ordre, disposer, régler. Arranger ses affaires. Arranger un voyage. L'art d'arranger les mots. Il n'eut pas le temps d'arranger ses raisonnements. Cet homme a bien arrangé sa vie. L'économie arrange les affaires embarrassées. Ces politiques spéculatifs qui arrangent suivant leurs idées les conseils des rois , et composent sans instruction les annales de leur siècle, boss. Duch. d'Orl. La manière dont on arrange les trois premières monarchies est visiblement fabuleuse, id. Uisl.i, 7. Tâchez d'arranger vos intérêts domestiques le mieux que vous pourrez, montesq. Corresp. 7. || 2° Mettre d'accord. Dans les bourgs, les notables arrangent les différends. Arranger un mariage. ||3° Convenir à, agréer. Il n'est aucune loi qui arrange tout le monde. Il répondit que ce mariage ne l'arrangeait pas. Cela m'arrange à bien des égards. || 4" Réparer un objet qui est en mauvais état. Envoyez cette pendule chez l'horloger pour qu'il l'arrange. || 5° Orner, parer. Tandis qu'elles se font arranger. || Ironiquement, maltraiter. Tu serais arrangé comme tu le mérites. Je l'arrangerai de la belle manière. || 6° En termes de musique, mettre à la portée d'un ou de plusieurs instruments ce qui a été composé pour un ou plusieurs instruments d'une nature différente. On arrange souvent pour le piano une ouverture d'opéra. Hummel a arrangé en quatuor deux symphonies de Beethoven. || 7° S'arranger, v.réfl. Se placer en ordre, se coordonner. Tout s'arrangea parfaitement. || 8° Se mettre dans une posture convenable pour faire quelque chose. Il s'arrangea dans son fauteuil pourdormir. || 9" Se préparer, prendre ses mesures pour. Arrange-toi pour que rien ne lui manque. Je m'arrangerai en conséquence. Comptant sur de la colère , il ne s'était nullement arrangé pour ce sang-froid, j.-j. rouss. Ém.u. || Familièrement. Arrangez-vous comme il vous plaira ; c'est-à-dire faites ce que vous voudrez, réglez vos affaires à votre guise, je ne m'en mêle pas. Au reste , arrange-toi , fais tes réflexions : Je t'ai dit ma pensée et mes conditions, gress. Le Méch.ï, 1. 1| 10° Être terminé à l'amiable, s'accorder, s'entendre. Si les choses peuvent s'arranger. On décida que les consuls s'arrangeraient entre eux pour tenir les comices. Il vaut mieux s'arranger que plaider. || 11" Se contenter de.... Je m'arrange de tout.
— syn. arranger, ranger. Arranger ne diffère de ranger que par l'adjonction de la préposition à. Arranger est donc ranger avec un certain dessein. En effet, ranger, c'est mettre une chose, une personne dans le rang qui lui appartient, et qui est déterminé d'avance : on range des livres dans une bibliothèque, on range des soldats. Arranger, c'est déterminer cet ordre même dans lequel on range.
— HIST. xii* s. François s'arengent, si se traient arier, Bat. d'Aleschans, v. 7756. Entour lui [il] voit ses homes seïr et arrangier, Sax. vi. || xin* s. Et furent tuit arengié li uns encontre les autres, villeh. en. Renart respont : or vous soufrez, Tant que li moine aient mengié, Qui as tables sont arengié, Ben. 784. Et il et ses chevaliers saillirent de la galie moult bien armez et moult bien atirez, et se vindrent arranger de coste nous, joinv. 2<5. Es vous mil chevaliers armés, Qui s'arengent sur les fossés, Blancandin.
— ÊTYM. Provenç. arengar, arrengar, arenjar; anc. catal. arengar; de ad, à, et ranger.
f ARRANGEUR (a-ran-jeur) , s. m. || 1° Celui qui donne une forme définitive à un canevas, à une ébauche, aune idée. || 2° En termes de musique, celui qui arrange une composition musicale pour un autre ensemble de voix ou d'instruments que la combinaison primitive.
— ÊTYM. Arranger.
ARRENTË, ÉE (a-ran-té, tée), part, passé. Domaines arrentés.
ARRENTEMENT (a-ran-te-man),~*."m. Action de donner ou de prendre à rente.
— HIST. xvi' s. Le vassal peut démembrer, bailler à cens et airentement son fief sans l'assens de son seigneur, jusqu'au tiers de son domaine sans s'en dessaisir, loysf.l, en. Par laps de temps leurs voisins riches, soubs noms de personnes supposées, trouvèrent moyen de transférer en eux les arrentements, amyot, Les Gracques, <0.
— ÊTYM. Arrenter; provenç. arrendamen ; catal arrendamrnt ; espagn. arrendamiento ; portug. arrendamenlo.
ARRENTER (a-ran-té), v. a. Donner ou prendre à rente.
— hist. xiv* s. Et les arrentez ou abosnez doivent, chascun an, deux moitons froment, du cange, arrentare. || xv" s. Et y establit chanoines pour Dieu servir; et les arrenta et approuvenda bien et largement, froiss. I, I, 213.
— êtym. Ad,h, elrenter; provenç. et espagn. arrendar.
ARRÉRAGER (a-ré-ra-jé), v. n. S'arriérer, être en retard de payement. 11 ne faut pas laisser arrérager ses rentes. 11 ne faut pas se laisser arrérager.
— HIST. xiii* s. S'il n'est ainsi que le [la] querele touque le segneur, et qu'il ne fust arrieragiés de son droit, par le délai des parties, beaum. lxv, 8.
— ÊTYM. Arrérages.
ARRÉRAGES (a-ré-ra-j') , s. m. plur. Ce qui est échu d'un revenu, d'une rente, d'une redevance. Pour achever de payer ses arrérages, sêv. 29. Sa grande application à entrer dans le produit effectif des revenus du roi le mit en état de faire payer, dès la première année qu'il futà la tête des finances, seize millions d'arrérages des rentes de la ville, fonten. Argenson.
— rem. Ménage signale comme mauvais arriérages que plusieurs disaient, trompés par arrière. Arriérage, qui est un archaïsme, vient en effet d'arrière ; arrérage, qui seul est adopté par le bon usage, vient d'arrère qui s'est dit autrefois. C'est une inconséquence de la langue de n'avoir pas, en bannissant arrère, banni aussi arrérage.
— hist. xni* s. Et par cest assenement me ont il clamet quite de tous les arriraghes, tailliar, Recueil, p. 308. Quant li segneur n'ont par jugement ce qui lor estoit concelé ou fortrait de lonc tans, li souget sont tenu à rendre tous les arrierages, beaum xxiv, 9. Il perdroit ce qu'il en seroitvenu et les arrierages qu'il avoit levés puis le [la] mort de son devancier, id. vu, 8. ||xiv' s. Pour cause des arrérages de trois années d'un arpent de vigne, du cange, aubenagium. || xv* s. X tant pour services et gaiges, Auront trois cens maulx jours de rente Par an, avec les arreraiges, ch. d'orl. Bal. sb.
— ÊTYM. Voy. arrière ; provenç. areurage, arreyrage.
ARRESTATION (a-rè-sta-sion ; en poésie, de cinq syllabes), s. f. || 1" Action d'arrêter une personne en vertu d'un ordre, d'un jugement. On a fait de nombreuses arrestations. || 2° Etat de celui qui est arrêté.
— HIST. xii' s. Mort [il] le trestourne sans nulle arrestison, Ronc. p. 76. Entre ci que as portes n'i ot arrestoison [de l'ennemi], Sax. vin. ||xm" s. Li serjant s'en retournent, n'i font arestoisons [ne s'y arrêtent pas], Berte, xxm. || xiv' s. Vat s'en li espaignol à coite d'esperon ; Droit de ci à Toulette, n'i fist arrestison, Guescl. 893*.
— êtym. Voy. arrêter; provenç. arrestation. Aresloison est la forme ancienne pour arrestation, cl avait le sens de arrêt, retard, dans le vieux français, qui avait aussi arestement, arestance, arestée.
ARRÊT (a-rê ; le t ne se lie que dans la prononciation soutenue: un arrêt infamant; dites : a-rêt-infamant; mais on dit sans lier : faire saisie et arrêt entre les mains de quelqu'un; on a fait arrêt en sa personne et en ses biens) , s. m. || 1° Action d'arrêter; effet de cette action. L'arrêt des affaires commerciales. Le médecin a reconnu un arrêt dans la marche de la maladie. || Fig. 11 n'a point d'arrêt; c'esf un esprit sans arrêt ; c'est-à-dire c'est un homme léger, et sur lequel on ne peut pas compter. Maiscesjer.nei bergers, si beaux et si chéris, Sont meilleurs pour amants qu'ils ne sont pour maris; Ils n'ont aucun arrêt, ce sont esprits volages, Qui souvent sont tout gris avant que d'être sages, racan, Berg. Silène, i, 3. Mais l'homme, sans arrêt dans sa course insensée, Voltige incessamment ae pensée en pensée , boil. Sat. vin. Vous êtes sans arrêt , faible , vai ne , légère, Inconstante, bizarre, ingrate et mensongère, voit. Poés. || 2° Temps d'arrêt, se dit de courts intervalles ou repos dans des mouvements qui doivent s'exécuter avec précision. || Par extension, interruption, suspension. Il y eut un temps d'arrêt dans les
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persécutions. || 3° Arrêt de roi, s'est dit autrefois pour embargo. || 4° En termes de manège, action par laquelle le cavalier arrête son cheval, et celle par laquelle le cheval s'arrête. I.'arrût doit être opéré graduellement, mais franchement, sans que le corps du cavalier se déplace d'une manière liien sensible. || 6° En physiologie, arrêt de développement, travail physiologique ou pathologique qui interrompt la formation d'un organe et l'arrête à un degré inférieur. || 6" En termes de chasse, action du chien qui arrête le gibier. Votre chien garde bien l'arrêt. Le chien est en arrêt. || 7" Pièce du harnais où un chevalier appuyait sa lance. 11 mit la lance en arrêt. || Fig. Etre la lance en arrêt, être sur lequi-vive. Je crains qu'il ne soit obligé d'être la lance en arrêt sur les côtes de Provence, sêv. 683. || 8" Petite pièce qui arrête le ressort d'une arme à feu, le pêne d'une serrure, le mouvement d'une montre. || Ganse, point placé à l'extrémité d'une ouverture, pourempècher que le linge ne se déchire. || En termes de serrurerie, petite broche en fer, portée par une chaînette, pour arrêter une persienne. Petit talon qui entre dans les encoches du pêne. || En termes de sellerie, courroie d'arrêt, celle qui est attachée au harnais de derrière, servant au cheval à arrêter la voiture. || 9° En termes de musique, point d'arrêt, point d'orgue. || 10° Dans l'escrime, coup d'arrêt, coup pris sur une marche avec opposition. || 11° Petit ados qui coupe une allée plate en travers, pour empêcher que les eaux ne la dégradent. || 12° Pieux traversés de pièces de bois, et destinés a arrêter le bois qu'on a jeté à bûche perdue sur les petites rivières. || 13" En termes judiciaires, saisie de la personne ou des biens. On a fait arrêt sur sa personne et sur ses biens. || 14" Maison d'arrêt, prison. || S.rn. plur. En termes militaires, punition, défense faite à un militaire de sortir. Condamner aux arrêts. Lever les arrêts. Senantes est aux arrêts, hamilt. Gramm. 4. Les directeurs pouvaient mettre aux arrêts, interdire même les brigadiers de cavalerie ou d'infanterie, st-sim. 25, 32. || Arrêts forcés, défense absolue de sortir; arrêts simples, défense de sortir aux heures où l'on n'est pas de service. || On a dit autrefois en arrêt ce que nous disons aux arrêts. L'abbé Dubois trouva le prince de Galles en arrêt dans son appartement, st-sim. 475, tôt. Le roi le fit mettre en arrêt en votre maison, pasc. Prov. 13. || 15° Décision rendue par une cour souveraine. Rendre un arrêt. Prononcer un arrêt de mort. Obtenez un arrêt, comme il faut que je dorme, rac. Plaid. 1,4. Pour rendre en sa faveur un arrêt injuste, pasc. Prov. 8. Selon ou plus ou moins , Jean donne ses arrêts, Régnier, Sat. xv. || Par extension. Veson lui a signifié son arrêt [lui a annoncé qu'elle n'en reviendrait pas], sêv. (48. || Décision d'une puissance, d'une autorité quelconque. Bientôt ton juste arrêt te sera prononcé, rac. Esth. m, 5. J'attendrai mon arrêt; vous pouvez commander, id. Mithr. iv, 4. Non, ne révoquons point l'arrêt de mon courroux; Qu'il périsse.... id. Andr. v, i. 11 vaut mieux que lui-même Entende son arrêt de la bouche qu'il aime, id. Brit. n, 3. Toutes.... disputant un si grand intérêt, Des yeux d'Assuérus attendaient leur arrêt, id. Esth. i, t. J'attends donc mon arrêt sans qu'on me le prononce, corn. Iléracl. ni, 2. Par un arrêt des Dieux satêteest condamnée, crébillon. Idom. m , t . Son peuple , dont il lit l'arrêt dans l'accès de sa vision , mass. Etienne.
— H1ST. xin* s. Sans demorance et sans arrest [délai], X la karole [danse] me suis pris, la Rose, 798. Biaus amis chiers, se il vous plest, Passés la haie sans arrest Por l'odor des roses sentir, ib. 2810. Je voil [veux] qu'il ait la compaignie Bel- Acueil, puisque il vous plaist; Ge n'i métrai jamès arrest, ib. 3336. Ou s'il li a fet fere arest par le segneur ou aucun empeecement sanlavle, beaum.vi,h. || xv* s. Et se départit cil conseil sans avoir nul certain arrest. fors que de tenir le siège, froiss. h, u, 3. Beaux seigneurs, ne pensez pas au fuir, montrez hui que vous soyez gens d'arrest et de- prouesse, et vendez vos corps et vos membres aux espées et aux armures, id. n, m, 49. || xvi* s. C'est un commun vice des hommes, d'avoir leur visée et arrest sur le train auquel ils sont nays, mont, i, 369. Ils vinrent chocquer les espées en arrest avec telle opiniastreté qu'ils rompirent et mirent en fuitte les trois gros, d'aub. llist. I, (69. 11 n'avoit pas reconnu deux fossez creux sans baie qui l'arresterent à 80 pas des ennemis qui firent beau l'eu sur l'arrest, comme fit aussi la courtine, id. ib. il, 258. Il n'eut pas fait 400 pas qu'il part du corps-degarde un homme qui faisoit les mesmes arrests et avances que lui, et toutes-fois l'outrepassa, de peur
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de lui donner l'allarme, lu. ib. n, 342. L'eau estant accrue par l'arrest des moulins du marais, n>. ib. m , 20. Ces deux s'estans def/iez d'un coup de lance avant mettre la main à l'espée, l'isle coucha en arrest, l'autre aima mieux se fier en sa justesse, et prenant sa carrière.... id. ib. m, tas. Un inquisiteur de la foy n'a capture ou arrest en ce royaume, sinon par l'ayde et authorité du bras séculier, p. pithoii, 37. M. de. Bourbon, averty de l'arrest [arrestation] fait sur la personne de l'evesque d'Autun.... m. du Bell. 85. Oiseau léger qui vole d'heure en heure, Sans foy, sans loy, sans arrest ny demeure, rons. 705. Estoqueaux ou arrests desdites gaschettes au milieu desquelles sont chevilles pour arrester lesdites gaschettes, paré, xvii, (2.
— ÉTYM. Provenç. arrest; espagn. et ital. arresto. On tire souvent ce mot du grec àpeoTov , qui signifie un arrêt, une résolution; mais, outre qu'on ne voit pas comment ce mot grec se serait introduit dans la langue, il est impossible da séparer arrêt d'arrêter (voy. ce mot).
f ARRÊTANT (a-rê-tan), s. m. Morceau de fer du métier à bas, empêchant un crochet de passer outre.
t. ARRÊTÉ, KB (a-rè-té, tée) , part, passé. || 1° Empêché d'avancer, d'agir. Arrêté dans sa marche, dans ses desseins. || 2° Fixé sur. Quel surcroit de vengeance et de douceur nouvelle De voir sur cet objet ses regards arrêtés, rac. Baj. iv, 5. || 3" Saisi, fait prisonnier. Arrêté dans sa fuite. || 4° Qu'on a fait cesser. Hémorrbagie arrêtée. || 6° Résolu, décidé Dessein arrêté. Plan arrêté. Puisque c'est un parti irrévocablement arrêté. C'est une chose arrêtée. Opinion bien arrêtée. Il n'a pas d'idées arrêtées. Tel est le sort du monde entre nous arrêté, volt. Triumv. i, 3. La paix avec tous deux en même temps traitée, Se trouve avec tous deux à es prix arrêtée, corn. Attila, i, 2. Sans doute ils n'ont aucun dessein d'arrêté, pasc. Prov. 5. Le Saint- Esprit descend au temps arrêté, boss. Hisl. u, 7. Ceux qu'on nomme chercheurs, à cause que dirsept cents ans après Jésus-Christ, ils cherchent encore la religion et n'en ont point d'arrêtée, id. Reine d'Anglet. || 6° En termes de peinture, ouvrage arrêté, ouvrage auquel il n'y a plus rien à retoucher. || 7° En termes de blason, arrêté est la même chose que raccourci. Ondit aussi qu'un animal est arrêté, quand il est debout sur ses quatre pieds, sans que l'un avance devant l'autre.
2. ARRÊTÉ (a-rê-té), s. m. || 1° Résolution prise dans une assemblée délibérante. || 2° Décision de l'autorité administrative ou judiciaire. || 3° Arrêté de compte, règlement définitif d'un compte.
ARRKTE-BOEOF (a-rê-te-betif), s. m. Nom vulgaire de I'ononis spinosa, plante indigène qui croît dans les terrains cultivés, et dont la racine est réputée diurétique.
— HIST. xvi* s. Arreste-bœuf , herbe cognuë du laboureur, par eux ainsi premièrement appelée, pour l'empesebement que les racines lui donnent en labourant, jusques à arrester les bœufs ; elle est des Grecs ditte ononis, o. de serres, 6(4.
— ÉTYM. Arrêter, bœuf.
ARRÊTER (a-rê-té, et nonar-té, faute commise dans plusieurs provinces), v. a. || 1* Empêcher d'avancer, de marcher, retenir. Arrêter un vaisseau. La flotte était arrêtée par le mauvais temps. La foule l'arrêta quelque temps à son entrée. Le retranchement arrêta l'ennemi. 11 faut arrêter la pendule, pour la remettre à l'heure. Dans la première enceinte il arrête ses pas, volt. Zaïre, I, 3. Ne partais-je pas. Si Titus, malgré moi, n'eût arrêté mes pas? rac Bérén. m, 4. Depuis troisansdans Rome elle arrête vos pas, id. ib. i, 3. Je me suis échappée Tandis qu'à l'arrêter sa mère est occupée, id. Brit. m, 7. Il sait qu'en peu de jours Ces flots que rien n'arrête.... bërang. Exilé. L'hiverné l'avait pas effrayée quand elle partit d'Angleterre; l'hiver ne l'arrête pas, onze mois après, quand il faut retourner auprès du roi, boss. Reine d'Anglet. Quand ce grand Dieu a choisi quelqu'un pour être l'instrument de ses desseins, rien n'en arrête le cours, id. t'6. Lieux que j'aimai toujours, ne pourrai-je jamais, Loin du mondeet du bruit, goûterl'ombre et le frais? Ohl qui m'arrêtera sous vos sombres asiles! la font. Fab. xi, (4. Vous voilà donc parti pour la belle Italie; je suppose que la galerie de Florence vous arrêtera longtemps, montesq. CorrespAl. || 2° Empêcher, en parlant des personnes et des choses. Chaque jour quelque chose m'arrête. On fut arrêté par la lettre du préfet. Que cela ne vous arrête pas. Aucune considération ne peut l'arrêter (l'empêcher d'agir comme il l'a résolu). Le chirurgien arrêta le sang qui
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coulait. Arrêter le feu ou l'incendie. La difficulté qui arrêtait le roi, fén. Télém. xiv. Ton insolent amour, qui croit m'épouvanter, Vient de hâter le coup que tu veux arrêter, rac Iphig. iv, 7. L'audace d'une femme, arrêtant ce concours, En des jours ténébreux achangé ces beaux jours, id. Alhal. I, I, Celui qui met un frein à la fureur des flots Sait aussi des méchants arrêter les complots, id. t'6. Ma fuite arrêtera vos discordes fatales, id. Brit. m, 8. J'arrêtai de sa mort la nouvelle trop prompte, id. t'6. iv, 2. Deux mots de ta bouche arrêtent sa colère, corn. Ct'd.n, 3. Ma bonté nepeutplus arrêter mon devoir, id. Iléracl. i,2. Voslâches conseils, qui seuls ont arrêté Le bonheur renaissant de notre liberté, id. Cinna, m, 2. Il faut que Dieu, par sa puissance, assujettisse et lie, pour ainsi dire, cette convoitise indocile, pour arrêter ses contrariétés et ses répugnances, flécii. Panég. H, p. 50t. Il ne faut rien exposer aux yeux de notre bienfaiteur qui puisse arrêter ses grâces, mass. Car. Prière, 2. Je ne sais qui m'arrête et retientmon courroux, rac Iphig. iv, (. Car enfin qui m'arrête? et quelle autre assurance Demanderais-je encor de votre indifférence? id. Baj. n, 1. || Arrêteravec un infinitif. Je n'ai pas laissé d'en être un peu honteux, et cela m'a arrêté de vous écrire, voit. Lettr. (96. || 3° Maintenir, attacher, fixer. Les objetslégers sontarrêtéspar des poids. Arrêter ses regardssur quelque chose. Arrêtez ce volet que le vent fait battre. Arrêter un point en cousant, faire un nœud au bout d'une couture , pour que le fil n'échappe pas. Rien ne peut arrêter cet esprit frivole. Arrêter les âmes les plus résolues et les moins nées à la servitude, faire naître en elles un amour qui.... voit. Lettr. 4. Pensez-vous qu'oubliant ma fortune passée, Sur ma seule grandeur j'arrête ma pensée? rac Bérén. m, t. Non, c'est trop sur Zaïre arrêter un soupçon, volt. Zaïre, m, (. Je cherche à l'arrêter [le marier] . parce qu'il m'est unique [fils unique], conN. Menteur, II, t. Vous ne prétendiez point m'arrêter da- 'Os fers, rac -4ndr.lv, 5. Ah! si mon cœur osait ;ncor se renflammer! Ne sentiraije plus de charme quim'arrête?Ai-je passé l'âge d'aimer?LA font Fab. ix, 2. || 4° Régler, déterminer, décider, résoudre. Arrêter le prix du blé. On arrêta le lieu du rendez-vous. Il a été arrêté qu'on se réunirait chez vous. Le ciel et Mahomet ainsi l'ont arrêté, volt. Fanât. IV, 3. || Arrêter un compte, le régler d'une manière définitive. Arrêter un marché, le conclure. || 5° En termes de peinture ou de composition littéraire, fixer les contours, les masses, les parties principales. Arrêter une esquisse. || 6° Saisir quelqu'un , le faire prisonnier. Il fit arrêter le chef. La police arrêta les perturbateurs. Quelle cause les fit arrêter [le prince de Condé et son frère] ? Si ce fut ou des soupçons ou des vérités ou de vaines terreurs, qui le pourra dire à la postérité ? boss. Le Tellier. || 7° S'assurer par précaution de quelqu'un ou de quelque chose. Arrêter un cuisinier. J'avais arrêté un logement. Avez-vous arrêté un logis? mol. Pourc.i,6. Si tu veux me servir, je t'arrête avec uioi,n>. VÉtour. ii,9. || 8° Interrompre quelqu'un. U m'arrêta là-dessus. En cet endroit il arrêta l'orateur. Léandre, arrêtez là ce discours importun, mol. VÉtour. m, 3. || 9° Terme de chasse. Le chien a arrêté une compagnie de perdrix : il en a indiqué la présence en s'arrêtant, et il les tient immobiles devant lui. || Absolument. Ce chien arrête mal. Qu'importe qu'il ait des chiens qui arrêtent bien? la bhuy. (0. || 10° Arrêter, exercer le vol sur les routes. Des voleurs ont arrêté la diligence. Ce voyageur a été arrêté. || Absolument. On arrête sur cette route. || 11° En termes d'agriculture, couper la sommité d'une tige ou d'une branche, pour y suspendre la végétation. || 12° En termes judiciaires, saisir-arrêter, faire une saisie-arrêt ou opposition.
arrêter, v. n. || l°Cesser de marcher, faire halte. Nous arrêtâmes plusieurs jours à Bordeaux. Car pour moi j'ai certaine affaire Qui ne me permet pas d'arrêter en chemin, la font. Fa6. m, 5. || En parlant d'une voiture qu'on arrête. En arrivant je fis arrêter à la grille, J. J. rouss. llél. iv, 6. ||2° Demeurer dans un lieu. Je ne puis arrêter Qu'un temps fort court, un mois, peut-être une semaine, la font. Fo6. vu, 6. Autant qu'il vous plaira, vous pouvez arrêter [rester], Madame, et là-dessus rien né vous doit hâter, mol. Mis. m, 5. || 3° Insister sur. Mais moi, mon jugement, sans qu'aux marques j'arrête, Fut qu'il n'était que cerf à sa seconde tète, mol. Fûch. n, 7. || 4° Cesser de parler, d'agir. Il n'arrête pas, il marche sans cesse, il travaille sans cesse. Ces paroles Firent arrêter l'autre; il recula d'un pas. i.a font. Fab. x, 2. Qu'on arrête, dit-il; le premier coup m'est dû, corn. Iléracl. v, 7. Qu'il meure, le
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perfide, — Arrêtez, ou ce bras en punit l'homicide, rotr. Bélis. 1, 2. Arrêtez, J'ignore quel projet, Burrhus, vous méditez, rac. Brit. m, 9. Cher Théramène, arrête, et respecte Thésée, io.Phèd.1, 4. Arrêtez [attendez] un peu là, mol. l'Étour. n, 4 2. Il 5° En termes de manège, arrêter et rendre, faire des demi-temps d'arrêt. || 6" En termes d'escrime, prendre un coup d'arrêt.
s'arrêter, v. réfl. || 1° Suspendre sa marche. L'un et l'autre rival, s'arrètant au passage, Se mesurent des yeux, boil. Lutrin, v. || Cesser d'aller. Ma montre s'estarrêtée. || Demeurer, sefixer. Chez ces gens pour toujours il se fût arrêté, la pont. Fab. vu, 8. || Fig. Ses regards ne s'arrêtaient en aucun endroit. Les suffrages ne s'arrêtèrent pas sur le plus dign e. Ma cruauté se lasse et ne peut s'arrêter, corn. Cinna, iv, 3. Que l'effet de vos yeux s'arrêterait à votre imagination, sans passer jusqu'à votre jugement, voit. Lettr. 187. || Familièrement. S'arrêter en beau chemin, renoncer à une entreprise dont le succès parait assuré. || Perdre le temps, s'amuser. Il s'arrête à tous les coins de rue. || Interrompre un voyage. Nous nous sommes arrêtés quinze jours à Genève. || 2° Cesser d'agir. Arrêtez-vous, seigneur, et d'une Ame apaisée Souffrez que je vous livre une vengeance aisée, corn. Poly. v, 6. || Cesser de parler. 11 s'est brusquement arrêté au milieu de son récit. || 3° Se fixer, se déterminer. Après avoir écouté diverses propositions, il s'arrêta à la première. Je veux l'ouïr; mon choix s'arrête à ce témoin, rac. Mithr. in, 4. || 4* Avoir égard , faire attention. Il s'arrêta à des apparences. Quoil vous vous arrêtez aux songes d'une femme, corn. Poly. i, t. Je ne m'arrêtai point à ce bruit téméraire, rac. Mithr. n, 3. Ne vous arrêtez point à ses froideurs passées, id. Baj. v, 6. Je ne m'arrêtai point à cette ardeur nouvelle, id. Ândr. iv, 6. Il ne se faut point arrêter Aux deux faits ambigus que je viens de conter, la font. Fab. vm, te. Pourquoi venez-vous vous arrêter à nos faibles talents?MASs. Paro/e. || 5° S'appesantir, insister. Il s'arrêta longtemps sur les services qu'il vous a rendus. Circonstances que je ne m'arrête pas à rapporter, pasc. Prov. t7.
— SYN. arrêter, retenir. Arrêter est plus définitif que retenir; ce qui est arrêté n'avance plus; ce qui est retenu peut avancer encore, bien que moins ou plus difficilement. Quand on retient, il reste toujours incertain si la main sera assez forte pour arrêter. Des idées arrêtées sont des opinions fixes desquelles on est décidé à ne pas s'écarter. Une imagination retenue est celle que l'on contient et que l'on empêche de s'égarer.
— hist. xi* s. Au cheval est l'espée aresteûe, Ch. de Roi. en. Car chevauchez; pourqu' [pourquoi] alez arestant? ib. cxxxn. Que [Dieu] pour lui face le soleil arester, ib. clxxv. ||xu* s. Tresqu'à Turpin [il] ne se voust [voulut] arester, Bonc. p. 5). Fer ne acier ne le put arester, ib. p. 75. Faites ma gent en ce val arester, i'!;. 4 78. Partir m'esteut de vous, sans demeurer [retard]; Tant en ai fait, ne puis plus arester. Coud, xxiv. Dreit devant l'arcevesque sunt andui [tous deux] aresté, Th. le mart. 44. Pruveires e diacnes plusurs en i ot pris, Larruns, murdreiseûrs en la rei prisun mis;C'arestô mult suvent ereut par le pais, ib. 20. || xin's. Et Tybers et la vieille n'ont cuje d'arester [de s'arrêter], Berte, xvn. [Elle] Regardoit moût souvent, et puis si s'arrestoit, ib. xxvm. Quant elle pot parler, si dist [qu'elle] n'arestera, Ne mais en une ville qu'une nuit ne gisra, ib. cxxii. L'espée [il] trait, sor lui s'areste Que il li volt couper la teste, Grégoire le grand, p. es. Et Chantecler [le coq] saut en travers, Renart choisi [apperçut], bien le conut; Desorun fumier s'arestut, Ben. 4 5448. Et se le aresté por dette fait servise à celui en cui poeir il est.... Ass. de Jér. i, 489. Li tens, qui s'en va nuit et jor, Sans repos prendre et sans sejor, Et qui de nous se part et emble Si celéement qu'il nous semble Qu'il s'arreste adès en ung point, Et il ne s'i arreste point, la Rose, 363. ||xiv* s. Et est asavoir que aucuns sont demourans et trop arrestés en leur opinion, oresme, Elh. 2(4. Tu qui vues avoir mon cheval, Je te di qu'amont et aval, Sans faillir, au tiers pas s'arreste, machault, p. su. || xv* s. La dame s'arresta sur cet avis.... froiss. i, i, 4 2. Quand messire Guillaume de Montagu vit du chastel qu'ils estoient tous passés et qu'ils n'arrestoient point au chastel.... id. i, i, 402. Et en celle pensée s'arresta totalement, Jehan de Saintré, ch. m. Je ne m'arreste point à tout ce quej'oys, G. chastel. Chr. des D. de Bourg. Il, ch. 4 3. Vint de par le roy le cardinal Balue, qui peu y aresta, et fit aucunes ouvertures, comm. il, 5. || xvi* s. Œil attrayant, œil
D1CT. DE LA LANGUE FllANÇAISE.
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arresté, De qui la céleste clarté Peut les plus clairs yeux esblouir, st-gel. 2». Arrestant obstinéement sa veue contre un milan, mont, i, 4 02. Je donne ces fantasies, non comme arrestées et réglées par l'ordonnance divine, id. i, 404. P. Bunel, ayant arresté quelques jours à Montaigne, id. ii, 436. Le rémora aresté toute sorte de vaisseaux ausquels il s'attache, id. n, 4 80. Je m'arreste aux comparaisons qui me sont plus favorables, id. h, 243. Nos loii non plus que nos vestements ne peuvent prendre aulcune forme arrestée, id. m, 64. On dit, quand il est question de marier un jeune homme : il le faut arrester; car, de fait, }« crois que nous volerions au ciel si cet arrest ne nous retenoit, yver, p. 672. Platon veut qu'elle ait esté appelée histoire, pource qu'elle arreste le flux de nostre mémoire, amïot, Préf. n, 27. Il le feist arester prisonnier avec Theseus, id. Thésée, 39. Les Pelasgiens, après avoir couru la plus grande partie de la terre habitable, s'arresterent au lieu où Rome est à présent fondée, id. Bom. 4. Cela arresté [déc^é], les conjurez.... id. Publ. 7. Les femmes arresterent entre elles qu'elles porteroient un an entier le deuil de sa mort, id. ib. 40. Lors Timoleon n'arresta gueres [ne tarda pas] à choquer, voyant le peu d'exploit que faisoient ses gens de cheval, id. Timol.3l. Il estoitfroit, reposé, constant et arresté, id. Arisl. 4. Lier une veine ou artère pour arrester un flux de sang, paré, Introd. 2. Puis tu arresteras le nœud seurement, id. x, 24. Ne vous arrestés pas à ce que vous voirés de luy, mais à son sçavoir et esperience que j'ai esprouvé bonnes, mabguer. Lctt. 4 22. Les méridionaux sont melancholiques, et, par ainsi, arrestés, constans, contemplatifs, ingénieux, charron, Sagesse, I, 49.
— ÊTYM. Bourguig. éritai ; Berry, airter, airreler; picard, arter; provenç. arreslar, arestar; ital. arrestare; de ad, à, et restare , rester, c'est-à-dire faire rester, etnon, comme le veulent quelques étymologistes, de l'allemand Rest ou Rast, repos. Une petite particularité vient en confirmation de ce qui est établi d'ailleurs : on trouve dans l'ancien français ce verbe conjugmé parfois irrégulièrement, arresteù au participe, arestut, au parfait défini; c'est qu'en effet restare se conjuguait en latin comme stare, et que, dans le vieux français, stare avait donné esteû, estut, etc.
ARRÊTISTE (a-rê-ti-sf), s. m. Auteur qui a réuni et commenté les arrêts des cours souveraines.
— ÊTYM. Arrêt. On a dit dans le siècle dernier arrestographe , mauvais mot, remplacé par arretiste.
f ARRÊT01R (a-rê-toir), s. m. Dent qui surmonte la bague d'une baïonnette.
ARRIIÉ, ÉE (a-rré, rrée) , part, passé. Une location arrhée.
ARRUEMENT (a-rre-man) , s. m. Action d'arrher.
— ÊTYM. Arrher.
ARRUER (a-rré), v. a. Donner des arrhes pour s'assurer d'un achat, d'une location, etc.
— HIST. xvi* s. Pour lequel il erra un petit logis, d'aub. Fœn. ru, 4 9.
— ÊTYM. Arrhes; Berry, airrher. Errher a été autrefois de bon usage. Il les errhe < t s'en assure pour une autre fois, balz. Disc, à la Régente.
ARRHES (a-r'), s. f. plur. || 1° Argent donné pour la garantie d'un marché. || 2° Fig. Gage. Qui donna pour arrhes un baiser, lafont. Coupe. Un tissu de cheveux Que reçut Don Fernand pour arrhes de mes vœux, corn. D. San. v, 6. Mes premiers services n'étaient à leurs yeux que des arrhes de ceux qui les devaient suivre, J. J. rouss. Prom. t. J. C. a donné à votre cœur les arrhes du St-Esprit, chateaubr. Génie, i, i, 6.
— hist. xm" s. Etsachiés bien, cui l'en otroie Le baisier, qu'il a de la proie Le miex et le plus avenant, Si a erres du remenant, la Rose, 3448. Si tost que denier Dieu en est donés, ou si tost comme ères en sont donées, beaum.xxxiv, 60. ||xvi*s. Comment ne la recevrons-nous d'une persuasion certaine et invincible, puis qu'elle nous a esté donnée avec un telle arre et confirmation 1 calv. Inslit. 45. Hz donnent gage et arre de faire encore mieux à l'advenir, amyot, Cor. 5. Il pensa qu'il n'estoit plus besoing de luy bailler argent pour le rendre ennemy des Romains, attendu que luy mesme le premier luy avoit baillé telles arres de leur estre ennemy, id. P. -Mm. 4 9. Comme il appartenoit à un personnage qui avoit donné de si grandes arres de l'affection qu'il portoit à son païs, id. Pélop. 37. Le sacre et couronnement sont les arres de nos rois, d'aub. Hist. m, 486. Si j'estois seulement en vostre bonne grâce Par l'erré d'un baiser doucement amoureux, Mon cœur au départir ne seroit langoureux,
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— ÊTYM. Berry, airrhet; picard , errhe; genev. airrhes, errhes ; wallon, aire*; rouchi, erres; provenç. etespagn. arras; ital. arre; du latin arrha ou arra, et aussi arrhabo, du grec à^agwv. Arrhes n'a présentement plus de singulier; il en avait un, autrefois. La prononciation errhes a duré jusque dans le xvn* siècle, etBouhours remarque qu'on dit arrhes au figuré, et errhes au propre : donner des errhes au coche. Comm» on voit, errhe était un archaïsme.
f ARRUIZE (a-rri-z'), adj. Terme de botanique. Qui est dépourvu de racine ou de radicule , selon qu'il s'agit d'une plante ou d'un embryon.
— ÊTYM. 'A privatif , et piÇa , racine ( comp. racine).
ARRIÈRE (a-riê-r'), adv. || 1* Exprimant qu'on rejette loin, bien loin. Arrière de moi, Satan. Arrière ceux dont la bouche Souffle le chaud et le froid, lafont. Fab. v, 7. Arrière tout respect, forçons toute contrainte, Sa menace accroît plus ma fureur que ma crainte, rotr. Bélis. il, 4. || 2° En termes de marine, vent arrière, vent qui souffle droit dans la poupe. Toujours le vent arrière, quelle bépédiction! choisy, Foyaoe de Siam, p. S. || 3" S. m. En termes de chasse, prendre les arrières, rechercher dans un défaut, avec les chiens, la voie de l'animal, en reprenant en arrière le chemin qu'il a suivi. Prendre les grands arrières, continuer ses recherches plus loin. || 4' La partie postérieure d'une chose. L'avant et l'arrière d'une charrette. On a trop chargé l'arrière. || Terme de marine. La moitié de la longueur d'un bâtiment, depuis le grand mit jusqu'à la poupe. || S* En arrière, loc. adv. Marquant un mouvement vers le côté qui est derrière. Il fit un pas en arrière. Se reuverseren arrière. Vousles auriez vus tous, retournant en arrière. Laisser entre eux et nous une large carrière, rac. Mithr. v, 4. Vous, dès que cette reine ivre d'un fol orgueil.... Ne pourra plus retourner en arrière, id. Ath. v, 3. Pégase s'effarouche et recule en arrière, boil. Épitr. iv. Devant qui le Jourdain retourna en arrière, boss. Hist. n, 3. || Derrière et à une certaine distance. Il est resté bien loin en arrière. Parle et mets ces mines en arrière [défais-toi de ces mines], mol. Mélic.1,3. Il le loue en sa présence et le déchire en arrière , c'est-à dire quand il est absent. || En retard. Il ne s'est pas mis au courant de son travail, il est eu arrière. Ce fermier est en arrière pour ses payements. || 6* En arrière de, loc. prép. Sur un plan plus reculé. La cavalerie fut placée en arrière d'un bouquet de bois. || Hors dç la présence de quelqu'un. Souvent on parle en arrière des gens autrement qu'en leur présence. || Fig. En retard. Ce jeune homme est en arrière de ses camarades. Ces gens-là sont en arrière de leur siècle.
— REM. Erricre est une prononciation provinciale que le bon usage a rejetée et dont il faut se garder.
— HIST. xi* s. Li naïfs [le serf natif] qui departet de la terre, nuls nel retenge [retienne], anz le faut venir arere à faire soun servise, L. de Guiil.33. Regarde arere, veit le glouton gésir, Ch, de Bol. xcui. || xn* s. Arrier [il] se trait demie arbarestrée , Roncisv. p. 60. Arrière [ils] tornent tost et isnelement, ib. p. 77. Je ne m'en puis partir ne traire ariere, Coud, xvm. Atant se regarda li dux Miles arrier, Sax. xi. Mais erriere s'en aillent, ainsi com sont venu, t'6. xxvm. Li messagier le rei.... Muntent en lur chevals, ariere se sunt mis, Th. le mart. 66. || xm* s. Seur ce, s'en parti li messages et s'en ala arriéres à l'empereour en Constantinoble, vtlleh. lxvii. Einsi reviendrent arriéres en l'ost, et ala chascuns à sa héberge, id. lxviu. Tant leur a dit Bertain et arrière et avant, Que tout quanque il lui plaist leur a fait entendant, Berte, 407. Et pour chou [ce] que il ne peûst estre mis ariere de son droit par defaute de segnor, h. db valenc xm. Li pies de l'eritage seroit mis arrière en le [la] cort Jehan, beaum. vi, 34. L'autre bataille des amiraus desconfist l'arriére bataille du soudanc de Damas, joinv. 271 . Et quant e roy vint à Poytiers, il vousist [eût voulu] bien estre arieres à Paris, id. 20«. || xv# s. Isabelle se voyoit toute arrière du confort et aide qu'elle cuidoit avoir du roi Charles son frère, froiss. i, i, 4 2. Et lui enjoignoit très especialement que, toutes paroles et essoines mises arrière, ilsepartist et defist son siège, id. i, i, 2»s. Des rentes du comté il [Jacques d'Artevelle] n'allouoit nulles, mais les mettoit et avoit mises toudis arrière endepost.... id. i, I, 248. || xvi* s. Il seroit honteux aux Anglois de faire un arrière pied devant une armée qui fuit.... Mérn. s. du G. ch. 9. Ils les amusèrent sur mer, tantost avant, tanlost arrière, jusques à ce que.... mont, i, 298. En nous acculant
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et tirant arrière, nous attirons la ruyne qui nous menace, id. i, 306. Elle le veid en l'arriére enfer, m. iv, 373. Il le feit trébucher en arrière au long du rocher, amyot, Cam. 47. Les adherens de Camillus repoulsoient le sergent arrière de la chaire, m. ib. 72. Entrant bien avant en la terre arrière de la mer.... n>. Péric. 40. Au reste fort aisé, et nullement en arrière; car il n'y avoit aucune debte, carl. m, 6. On eust pensé qu'il eust esté ung fort riche homme, mais il est grandement à l'arriére de ses affaires, palsgr. p. 423. Ce que bien connoissant, Vluzal:s scie de l'arriére [rame de manière à faire marcher la galère par l'arrière] , d'aub. Bist. il, 83. La Roiale, en voulant scier de l'erriere, fut aussi assablée, id. ib. n, 302.
— ÊTYM. Berry, rière, en airière; geney. et picard . errière; bourguig. areire; wallon , èri; provenç. areire, arreire, areyre , areires ; catal. arreira; de ar pour ad, et rétro, arrière.
ARR1ËRÊ, ÉE (a-rié-ré , rée) , part, passé. || 1° Mis en retard. Payement, traitement arriéré. Fermier arriéré d'un terme. || 2° Province arriérée, province où l'instruction est peu répandue. Enfant arriéré, enfant qui ne sait pas autant que les autres enfants du même âge. | 3° Il est bien arriéré, sa tâche est ioin d'être finie. || 4° S. m. Ce qui reste dû. Payer l'arriéré. || 5° Travail en retard. J'ai beaucoup d'arriéré dans ma correspondance. || Familièrement. Au retour de l'expédition, vous recevrez tout l'arriéré des coups de bâton qui vous sont dus depuis 1789, p. l. courier, h, 274.
f ARRIÈRE-ALLIANCE (a-riê-ra-li-an-s'), s. f. Alliance éloignée. Dignités tombées dans la boue par dos alliances et des arrière-alliances déjà contractées, st-sim. 297, 63. || Au plur. Des arrière-alliances.
ARRIÈRE-BAN (a-riê-re-ban), s. m. Anciennement, ban et arrière-ban, ou, simplement, arrièreban, convocation que faisait le roi de sa noblesse, tant vassaux qu'arrière- vassaux, pour aller à la guerre ; le corps de la noblesse ainsi convoqué. On a mandé le ban et l'arrière-ban. Louis XIV fut conseillé de faire marcher le ban et l'arrière-ban, volt. Louis XIV, 4 2. A la tête de son arrière-ban, dans la Basse-Bretagne, sév. 637. Mais un qui pour un temps suivit l'arrière-ban, Régnier, Sat. x. Mon père eut plusieurs fois le commandement en chef de tous les arrière-bans du royaume, st-sim. 6, 84. Saint Louis vers nos rives Eût de ses chevaliers guidé l'arrière-ban, v. HUGO, Orient. 3. Monseigneur le duc de Bretagne A pour les combats meurtriers Convoqué de Nante à Mortagne L'arriereban de ses guerriers, id. Bail. 6. || Au plur. Des arrière-bans.
— REM. Après la disparition des vassaux directs «le la couronne, les deux mots ban et arrière-ban finirent par n'avoir plus de signification pratique distincte. On exprimait, par ces mots ou par arrièreban seul, le service militaire exigé des possesseurs de fiefs. « Notre ban et arrière-ban, dit Chantereau LeFèvre, est une convocation de tous les vassaux pour servir le roi dans son armée. »
— HIST. xii* s. Faites chascun baron en sa terre envoier, Par tout l'arriére ban qu'il pourra justicier, Sax. vi. ||xm* s. Par foi, dist li barons et ses consaus tous, vous ne trouvères nului qui ne vous loe à mander vo arriere-ban dont vous avés assés, Ch. de Hains, p. 75. Brun regarde devers les rues Et voit l'arriére ban venir, Ren. 9376. Le roy ot conseil que il ne partiroit de Damiette jusques i tant que son rrere le conte de Poitiers serait venu, qui amenoit l'ariere ban de France, joinv. 218. || xiv* s. Banc et ariere banc, tout le povoir de France, Girart de Hoss. 4741.
— ÉTYM. Bas-latin, aribannum, arribannum, herebannum. Ménage, adoptant l'opinion de Caseneuve, admet que ce mot a été formé de arrière et de ban : l'arrière-ban étant proprement la convocation des vassaux qui tiennent les arrière-fiefs, et le ban étant celle des vassaux qui tiennent les fiefs mouvants du roi sans moyen. Cela est sans doute vrai; mais il est à croire aussi que le bas-latin aribannum a été cause d'une confusion par laquelle la première partie art a été assimilée au mot arrière; aribannumou herebannum a. une tout autre origine, dérivant de l'allemand Ueer, armée, etde ban, convocation (voy. ban).
ARRIÈRE-BEC (a-riê-re-bek), s. m. Terme d'architecture. L'éperon d'une pile de pont en aval. || Au plur. Des arrière-becs.
ARRIÈRE-BOUCHE (a-riê-re-bou-che) , s. f. Terme d'anatomie. Partie postérieure de la bouche. || Au piw. Des arrière-bouches,
ARRIÈRE BOUTIQUE (a-riê-re-bou-ti-k'), s. f.
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pièce en arrière de la boutique. || Au plur. Des arrière-boutiques.
t ARRIÈRE-CABINET (a-riê-re-ka-bi-nè), s. m. Cabinet placé en arrière. Qu'on se souvienne des larmes et des sanglots cachés dans le recoin de cet arrière-cabinet, où je surpris M. le duc d'Orléans la nuit de la mort de Monseigneur, st-sim. 32ti, <8. Le duc d'Orléans m'emmena dans son arrière-cabinet obscur, sur la galerie, ID. 252, 410. Le rideau du lit fut un peu tiré, et Mme de Maintenon passa dans les arrière-cabinets, id. 405, 44. || Au plur. Des arrière-cabinets.
| ARRIÈRE-CADET (a-riê-re-ka-dé) , s. m. Homme descendu d'un cadet. Le marquis de Neelle trouva pour sa sœur un arrière-cadet de Nassau, qui n'avait pas de chausses et qui servait en Flandre, st-sim. 289, 487. \\ Au plur. Des arrière-cadets.
t ARRIÈRE-CAUTION ( a-riê-re-ko-sion ) , i. f. Une caution de caution. || Au plur. Des arrière-cautions.
t ARRIÈRE-CHANGE (a-riê-re-chan-g'), s. m. L'intérêt des intérêts. Vieilli. || Au plur. Des arrière-changes.
| ARRIÈRE-CHARTE (a-riê-re-cha-rf) , s. f. Charte de renonciation réciproque à des possessions, à des demandes, à des prétentions. || Au plur. Des arrière-chartes.
t ARRIÈRE-CHOEUR (a-riê-re-keur) , s. m. Terme d'architecture. Chœur placé derrière le maître autel. \\Au plur. Des arrière-chœurs.
ARRIÈRE-CORPS (a-riê-re-kor) , s. m. || 1° Terme d'architecture. Partie verticale d'un bâtiment en retraite d'un autre. || 2" Terme de menuiserie. Lambris assemblé en renfoncement avec un autre. Il Toute partie de menuiserie faisant retraite sur une autre. || 3" Terme de marbrier. Ëvidement que l'on fait sur l'angle d'un socle ou autre partie du marbre. \\Âu plur. Des arrière-corps.
ARRIÈRE-COUR (a-riê-re-kour) , s. f. Petite cour sur l'arrière d'un bâtiment. || Au plur. Des arrièrecours.
fARRIÈRE-DEMI-FILE (a-riê-re-de-mi-fi-1'), s.m. Nom qu'on donnait autrefois aux quatre derniers soldats d'une file de huit hommes d'infanterie. || Au plur. Des arrière-demi-files
ARRIÈRE-FAIX (a-riê-re-fê), s. m. Terme d'anatomie. Ce qui reste dans la matrice après l'expulsion du fœtus, savoir : le placenta et les membranes. La superficie extérieure de la peau qu'on nomme l'arrièie-faix, desc. Fœtus, 5. || Au plur. Des arrièrefaix.
— HIST. xvi* s. L'arriere-faix a esté ainsi appelle du vulgaire, parce qu'il vient après l'enfant, et qu'il est un autre faix à la femme ; le lict, parce que l'enfant y est couché et enveloppé, et y demeure; la délivrance, parce qu'estant hors, la femme est entièrement délivrée, paré,xvhi, (8.
f ARRIÈRE-FENTE (a-riê-re-fan-f), s. f. Terme de ganterie. Fente que l'on fait sur un gant du côté de la paume de la main. || Au plur. Des arrièrefentes.
ARRIÈRE-FIEF (a-riê-re-fiéf), s. m. Fief mouvant d'un autre. Les fiefs étant devenus héréditaires, et les arrière-fiefs s'étant étendus, montesq. Espr. xxvin, 9. Il Au plur. Des arrière-fiefs.
— HIST. xm* s. Toute laie juriditions du royaume est tenue du Roy en fief ou en arrière fief, beaum. xii, 4 2. S'aucuns est semons por aidier lor signor contre ses ennemis, il n'est pas tenus, s'il ne veut, à issir hors du fief ou des arrière fiés son signeur, id. 50. Il convient que li sires suefre, par coustume, que ce qui est tenu de li en fief, viegne en partie en son arrière fief, id. xlvii.
t ARRIÈRE-FLEUR (a-riê-re-fleur),»./'. || i°Terme de jardinage. Seconde floraison. || 2° Terme de mégisserie. Reste de fleur qu'on a omis d'ôter et d'enlever de dessus les peaux en les effleurant. || Au plur. Des arrière-fleurs.
t ARRIÈRE-FOIN (a-riê-re-foin) , s.m. Terme d'agriculture. Regain. || Au plur. Des arrière-foins.
f ARRIÈRE-FROIDURE (a-riê-re-froi-du-r') , s. f. Froids qui viennent dans l'arrière-saison. || Auplur. Des arrière-froidures.
— HIST. xvi* s. Par crainte des arrière-froidures, 0. de serres, 709.
ARRIÈRE-GARANT (a-riê-re-ga-ran) , s. m. Terme de jurisprudence. Garant du garant. || Au plur. Des arrière-garants.
ARRIÈRE-GARDE (a-riê-re-gar-d'), s. f. || l°La partie d'une armée de terre qui ferme la marche. Il Dans une armée de mer, division qui fait la queue de l'armée ou qui est sous le vent. || 2°Fig. Dès qu'il eut le dos tourné, Dieu sait commeon donna sur son
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arrière-garde, hamilt. Gramm. 9. || Au plur. Des arrière-gardes.
— HIST. xi* s. S'arere-guarde [il] lairrat deriere sei , Ch. de Roi. xui. S'en [si en] rere-guarde [il] trueve le cors Rolant.... ib. xi.vi. || xn* s. Se Rolant [il] trueve reregarde faisant.... ib. p. 28. Quant en Parriere-garde se feri Baliganz.... Sax. v. ||xiii*s. Et l'arriere-garde faisoit Henri», li frères le conte Baudoin de Flandres et la soie gent,' villeh. xcix. Les Templiers, qui estoient venus au cri, firent Tarière garde bien et hardiement, joinv. 221. Il vint au roy, et li dit : Sire, mons. de Chasteillon vous prie que vous li donnez l'arriére garde, id. 228.
ARRIÈRE-GOÛT (a-riê-re-goû) , ». m. Goût qui revient après certains aliments ou certaines boissons. Ce vin laisse un arrière-goût désagréable. Il Auplur. Des arrière-goûts.
f ARRIÈRE-GRAISSE (a-riê-re-grè-ss'), s. f. Terme d'agriculture. Engrais de reste dans une terre qui, ayant été fumée, a donné sa récolte. || Au plur. Des arrière-graisses.
ARRIÈRE-MAIN (a-riê-re-min) , s. f. || 1* Le revers de la main. S'il a reçu un soufflet de l'avantmain ou de Tarrière-main, pasc. l'rov. 4 4. || En termes de jeu de paume, avoir Parrière-main belle, bien donner le coup du revers de la main. || 2° S. m. Au jeu depaume, coup de reversde la main. Gagner la partie par un bel arrière-main. (Le mot devient ici masculin, parce que arrière-main est pour coup de l'arrière-main). || 3° Terme de manège. Le train de derrière ducheval. (Le mot est ici masculin parce que arrière-main est pour train derrière la main du cavalier). \\Au plur. Des arrière-mains.
— HIST. xm* s. Au passer que le Sarrazin fist, Mons. Jehan li dona ariere main d'une espée parmi les bras, joinv. 277. || xvi's. M. de Guyse n'a voulu accepter aulcun commandement en l'armée, pour jouer son jeu à part, et user d'un terrible revers d'arriere-main surson ennemy, carl. vin, 38.
t ARRIÈRE-NARINES (a-riô-re-na-ri-n' ), s. f. plur. Ouvertures postérieures des cavités nasales, qui établissent une communication entre ces cavités et le pharynx.
ARRIÈRE-NEVEU (a-riê-re-ne-veu) , s. m.
Il 1° Le fils du neveu ou de la nièce par rapport à l'oncle ou la tante. II me reste à pourvoir un arrièreneveu, la font. Fai. vin, 4. |j 2° Auplur. Arrièreneveux, la postérité reculée. Mes arrière-neveux me devront cet ombrage. Eh bien ! défendez-,ous ausage De se donner des soins pour le plaisir d'autrui? la font. Fab. xi, 8.
— HIST. xvi* s. Nos arrierenepveux, mont, i, 86. f ARRIÈRE-NIÈCE (a-riè-re-niè-c') , s. f. La fille
du neveu ou de la nièce, par rapport à l'oncle ou à la tante. |l Au plur. Des arrière-nièces.
f ARR1ÈRE-PANAGE (a-riê-re-pa-na-g'), s. m. Terme d'eaux et forêts. Le temps où les bestiaux peuvent demeurer dans les bois après le panage (voy. panage). H Au plur. Des arrière-panages.
ARRIÈRE-PENSÉE (a-riê-re-pan-sée) , t. f. Pensée qu'on tient en arrière, qu'on dissimule. C'est un homme franc et sans arrière-pensée. || Au plur. Des arrière-pensées.
ARRIÈRE-PETIT-FILS (a-riê-re-pe-ti-fi), s. m. ARRIÈRE-PETITE-FILLE (a-riê-re-pe-ti-te-fi-11') ,s. f. Le fils, la fille du petit-fils ou de la petite-fille. || Au plur. Des arrière-petits-fils, des arrière-petites-filles.
tARRIÈRE-PETITS-ENFANTS(a-riê-re-pe-ti-zenfan), s. m. plur. Les enfants du petft-fils ou de la petite-fille.
t ARRIÈRE-PLAN (a-riê-re-plan), «. m. Plan situé en arrière d'un autre. Ces ouvertures [intervalles de montagnes] ne laissent voir qu'un arrièreplan de rochers aussi arides que les premiers plans, chateaob. Itin. u , 485. || Au plur. Des arrièreplans.
ARRIÈRE-POINT (a-riê-re-poin) , s.m. Point d'aiguille qui empiète sur celui qu'on vient de faire. || Point-arrière est plus usité aujourd'hui. || Au plur. Des arrière-points.
i ARRIÈRE-POINTEUSE ( a-riê-re - poin-teu-z' ) , s. f. Ouvrière qui fait l'arrière-point. || Au plur. Des arrière-pointeuses.
ARRIÉRER (a-riê-ré. La syllabe rie prend l'accent grave devant une syllabe muette, j'arriére, ruais non au futur et au conditionnel : j'arriérerai, j'airiérerais), v. a. ||1° Retarder. Arriérer un payement. Il faut encore interrompre ici cette matière qui arriérerait trop Jes autres, st-sim. 78, o. || 2° S'arriérer, v. réfl. Rester, demeurer en arrière. Dans une marche longue et rapide beaucoup de soldats s'arriérèrent. || 3° Être en retard des naye-
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ments arrivas à échéance. Ce fermier s'arriére d'année en année. || 4° Être en retard, en parlant d'un travail. Cet employé se néglige: il s'arriére tous les jours. Malgré mes efforts, ma besogne s'arriére.
— HIST. xiv s. Mais pour une aventure qui fu desordenée, Fu icelle entreprise défaite et arriérée, Guescl. 6S69.
— ÉTYM. Arrière.
f ARRIÈRE-RANG (a-riê-re-ran) , s. m. Dernier rang d'une troupe en bataille. \\Au plur. Des arrièrerangs.
ARRIÈRE-SAISON (a-riê-re-sè-zon) , s. f. ||i-La fin de l'automne ou le commencement de l'hiver. Dans un soir pur de l'arrière - saison , lamaht. Socrate, 809. || 2" Fig. Le dernier âge de la vie. Je regarde et n'envisage Pour mon arrièresaison, Que le malheur d'être sage, chai'L. la goutte. Aujourd'hui que nous nous trouvons dans le commencement de l'arriére-saison de la chaleur du globe.... BBFFOt» , Animaux, chap. 9. || 3° En parlant du blé et du vin, les derniers mois qui précèdent la récolte ou les vendanges. Le blé se vend plus cher dans l'arrière-saison, c'est-à-dire dans les mois de juin et de juillet. Ce vin ne se boit que dans l'arrière-saison, c'est-à-dire dans les mois de juillet et d'août. \\Au plur. Des arrière-saisons.
— HIST. xvr s. II estoit jà l'arriére saison de l'automne, et finissoit l'esté, amyot, Cam. 5. Les fourrages defaillans en l'arrière-saison de l'année, quand improvidemment l'on ne s'est bien mesuré en cest endroit, o. de serres, 283.
t ARRIÈRE-SENS (a-riê-re-san'), s. m. Terme didactique. Sens caché, intention secrète. || Au plur. Des arrière-sens.
t ARRIÈRE- TRAIN (a-riê-re-trin), s. m. || l°Dans un véhicule à quatre roues, la partie qui est avec les roues de derrière. L'arrière-train d'un carrosse. || 2" Le train postérieur d'un animal. Les bisons tiennent de l'hippopotame ou du rhinocéros par la queue et la peau de l'arrière-train, chateaub. Âmér. 46. || Au plur. Des arrière-trains.
ARRIÈRE- VASSAL (a-riê-re-va-sal),.«. m. Celui qui relevait du vassal d'un autre seigneur. Les arrièrevassaux étaient dans les mêmes termes avec les grands vassaux, montesq. Esp. xxvm, 29.
f ARRIÈRE-VASSALITÉ ( a-riê-re-va-sa-li-té), i. /•.ouARRIÈRE-VASSELAGE(a-riê-re-va-se-la-j'), s. m. L'état de l'arrière-vassal.
t ARRIÈRE - VIEILLESSE (ar-riê-re-vié-llè-s' ) , s. f. Vieillesse très-avancée; dernière limite de la vieillesse. || Au plur. Des arrière-vieillesses.
ARRIÈRE-VOUSSURE (a-riê-re-vou-su-r') , s. f. Terme d'architecture. Espèce de voûte que l'on fait derrière une porte ou une fenêtre pour couronner l'embrasure ou faire que la porte s'ouvre plus facilement. || Au plur. Des arrière-voussures.
ARRIMAGE (a-ri-ma-j'), s. m. Terme de marine. Arrangement de la cargaison d'un vaisseau. 11 a besoin de bois pour l'arrimage, il en achètera, montesq. Esp. xx, «.
— ÉTYM. Arrimer; espagn. arrumage.
ARRIMÉ, ÉE (a-ri-mé, mée), part, passé. Cargaison bien arrimée.
ARRIMER (a-ri-mé) , v. a. Terme de marine. Arranger la charge d'un vaisseau.
— ÉTYM. Espagn. et portug. arrumar. Il y a aussi en espagnol arrimar qui veut dire mettre près, et duquel Diez rapproche le français arrimer; mais il serait singulier que arrimar n'eût pas le sens d'arrimer en espagnol et l'eût pris en français. Il est beaucoup plus vraisemblable que arrimer est une altération d'arrumar, d'autant plus qu'on a dit aussi, en français, arrumer (voy. arrimeur). Maintenant si l'on cherche l'étymologie d'arrumar, on rencontre l'ancien français rum ourumb, qui signifie fond de cale, ventre de navire, et qui est le danois rummet, l'allemand Raum, avec le même sens (rum, raum, room, signifiant en général espace, dans les langues germaniques).
ARR1MEUR (a-ri-meur'), s. m. Celui qui arrime.
— ÉTYM. Arrimer. Au xvn' siècle on appelait arrumeur un officier des ports de mer, dont l'emploi consistait à ranger la cargaison d'un vaisseau, aux frais du capitaine ou des marchands; et on disait arrumer à cflté d'arrimer.
t ARRIOI ER (S') (a-ri-o-lé), ». réfl. Terme de marine. En parlant du vaisseau, voguer d'après le vent; en parlant de la mer, n'avoir qu'une lame qui suit le cours du vent.
ARRISÉ. ÉE(a-ri-zé, zée), part, passé.
ARRISER (a-ri-zé), v. a. Terme do marine. Prendre des ris.
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— ÉTYM. À, et ris, terme de marine (voy. ris); espagn. arrtxar.
ARRIVAGE a-ri-va-j'), s. m. || 1° Abord des navires et des bateaux dans un port. || 2" L'arrivée des marchandises par eau.
— HIST. xin* s. La trouse [doit] six deniers de conduit, et obole d'arivage, et se en la porte à col, si ne doit point de conduit, lit), des met. 33t. || xvi* s. Item sera tenu le preneur de faire à ses (lespens tous les arrivaiges et chariages que il conviendra faire, nu cange, arrivagium.
— ÉTYM. Espagn. arribaje; du bas-latin arripaticum, arribalicum (voy. arriver).
ARRIVÉ, ÉE (a-ri-vé, vée), part, passé. || 1° Qui a pris terre. Arrivé au port. || 2° Venu dans un lieu par eau, par voiture, achevai, etc. Arrivé en diligence. || 3° Venu , en général. Arrivé en Afrique. Vous êtes bien aise de le voir arrivé. X peine arrivé. On croyait le pnniemps arrivé. Nous nous vîmes trois mille en arrivant au port.... J'en cache les deux tiers aussitét qu'arrivés Dans le fond des vaisseaux qui lors furent trouvés, corn. Cid , iv, 3. || Son heure est arrivée, il va mourir. ||4° Fig. Qui a eu lieu. La mort de votre père arrivée pendant votre absence. L'histoire de Tobie arrivée en ce même temps, boss. Hist. n, 4.
ARRIVÉE (a-ri-vée), s. f. || 1" L'action d'arriver à destination. L'arrivée du convoi à l'heure dite. Â mon arrivée en Angleterre. || %" Fig. L'arrivée du printemps, des froids. |j 3° D'arrivée, loc. adverb. Tout d'abord. Après tous ces propos qu'on se dit d'arrivée, Régnier, Sat. vin. M. de Vendôme fait donner ses troupes d'arrivée, de cul et de tête, sans ordre et sans règle, st-sim. 201, 234. || 4° En termes de marine, mouvement d'un bâtiment qui arrive.
— HIST. xvi' s. Aultrement on les chasserait d'arrivée, mont. 1, 69. Comme il fust d'avis que d'arrivée on allast droit devant Syracuse, amyot, Nicias, 26.
— ÉTYM. Arrivé; provenç. et espagn. arribada. ARRIVER (a-ri-vé) , ». n. j| 1° Aborder. Arriver
au port. Arriver à terre. || Arriver à bon port, atteindre heureusement sa destination. || 2° Être transporté par eau, en parlant des choses. Les convois qui devaient arriver par le Rhin. Le bié arrivera par la Seine. || 3* Venir au lieu où l'on voulait aller. Dès qu'il fut arrivé dans la province. Ceux qui veulent arriver jusqu'aux maîtres. Vous arrivez à propos. Les hirondelles arrivent au printemps. On y arrive par une chaussée étroite. Il arriva au milieu de cette joie. Il arrivait de sa province. Vous n'étiez pas encore arrivé vers l'autel, volt. Scythes, m, 1. 1| 4* En parlant des choses etau figuré. Voici des présents qui t'arrivent. Il m'est arrivé une lettre de mon ami. Avant que la nouvelle de cette défaite arrivât. Si la mort arrive auparavant. L'hiver arrivait. Le temps des élections arrivait. Les idées lui arrivaient avec abondance. Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement, Et les mots pour le dire arrivent aisément, Bon.. Art p. 1. H 5° Fig. Parvenir à, atteindre à. Peu d'hommes arrivent à la vieillesse. Arriver aux plus grands honneurs. Arriver au point le plus difficile. Il arrivaàses fins. Voulant arriver à la vérité. Comme on n'arrivait à rien. Le bruit en arriva aux oreilles de la police. Il 6° Avoir lieu, se faire, survenir. 11 lui arriva malheur. Presque tout arriva autrement qu'on ne l'avait annoncé. De grands événements arrivent. S'il avait su ce qui devait lui arriver dans sa vieillesse. Je ne sais ce qui arrivera de votre ami. Voici tout ce qui vient d'arriver devant moi, rac. Baj. ni, 2. Vous par qui seule ici tout ce désordre arrive, corn. Nicom. v, 7. Le mariage ne doit jamais arriver qu'après les autres aventures , mol. Préc. 6. Il 7° Réussir. Avec delà persévérance il est rare qu'on n'arrive pas. ||8" 11 arrive, impers. Comme il arrive ordinairement. 11 arriva que je le rencontrai. S'il t'arrive jamais de passer près du palais. Quoi qu'il arrive. D'où il arrive que. S'il arrive qu'Auguste avec lui la punisse, corn. Cinna, m, I. Mais s'il arrive enfin que Laodice m'aime, m. Nicom. iv, 6. Il Être fait par quelqu'un, en parlant de quelque chose de mal. Il ne m'arrivera plus de .parler inconsidérément. Je vous promets que cela ne lui arrivera plus. Il lui est arrivé de se fourvoyer. Il On dit par menace : que cela n'arrive plus ; et iro niquement : que cela vous arrive encore. || 9" En termes de marine, faire exécuter au bâtiment un mouvement horizontal qui tend à ouvrir l'angle d'incidence du vent sur la voilure, sans qu]on change l'orientement des voiles. Les Hollandais, qui ne s'imputent pas à déshonneur d'être obligés d'arriver devant une force supérieure pour se mieux ménager,
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Belation du combat de Lipari , 1676, dans jal. Ce qui ne l'empêchait pas d'arriver, s'il eût voulu, villette, Kent, 1675, dans jal. Vander Putten, qui menait Pavant-garde des Hollandais, arriva sur nous de fort bonne grâce, m. ib. ) 690. || Laisser arriver, commander d'arriver. || Arriver sur un vaisseau, aller à ce vaisseau en obéissant au vent. Il Arriver vent arrière ou arriver tout plat, c'est arriver assez vite et àce point que l'on reçoive lèvent tout à fait de l'arrière. || Arriver en dépendant ou en arrondissant, c'est arriver graduellement et par un mouvement modéré. || Arrive , commandement fait au timonnier, quand on veut qu'il pousse la barre du gouvernail de telle sorte que le navire fasse une arrivée. || Proverbes. Un malheur n'arrive jamais seul. Il Arrive qui plante, c'est-à-dire à tout hasard. Cette locution paraît signifier : que celui qui plante arrive ; on n'a pas les intermédiaires qui expliqueraient comment cela a pu vouloir dire à tout hasard. || Arriver se conjugue avec l'auxiliaire être.
— REM. C'est commettre une faute que de dire : en arrive ce qui pourra ; il faut : en arrive ce qu'il pourra. Car l'ellipse étant remplie, on a : en arrive ce qu'il pourra arriver.
— SYN. arriver, parvenir. Arriver est composé avec la préposition à; et parvenir l'est avec la préposition par. Cela fait la différence de ces verbes. L'un exprime seulement la venue à un point quelconque ; l'autre ajoute à cette idée de venue l'idée d'effort et de percée à travers quelque obstacle. Nous arrivâmes à Paris n'exprime que notre venue; nous parvînmes à Paris exprime que cette venue était empêchée par quelque chose. Arriver peut se dire pour parvenir : mais parvenir ne peut se dire pour arriver : arrivés ou parvenus au sommet de la montagne ; mais arrivés à l'auberge.
— HIST. xn* s. Quand arriva Richart de Vermandois, Jlonc. p. 184. Or le [mon coeur] doinst Diex à droit port arriver, Car il s'est mis en mer sans aviron, Coud, x. Sainz Thomas l'endemain en sa nef en entra; Deus li donna bon vent, à Sanwiz arriva : Car Tari ver de Dovre pur l'agait eschiwa, Th. le mart. 125. || xiu* s. Cil a sa nef apareilée; Entrent dedenz; il les mena, Tant qu'ai rocher les arriva, Grégoire le Grand, p. (04. Et quant ge me senti acointe De Bel-acueil et si privés, Ge cuidai bien estre arivés, la Rose, 2894. Et en très noble lieu venue et arrivée, Berte, lxxxii. Et i puet l'en sa nef ariver, et ses cordes lier as arbres, Liv. dejust. 64. Le premier fait là où il mist son cors en avanture de mort , ce fu à l'ariver que nous feismes devant Damiette, joinv. 192. Grant grâce nous fist Dieu le tout puissant, quant il nous deffendi de mort et de péril à l'arriver là où nous arrivâmes à pié, id. 2(6. Cil qui nous conduisoient en galie, nous arrivèrent devant une héberge que le soudanc avoit fet tendre sur le flum, m. 244. || xivs. Uns vens et uns orages en la mer me leva, Qui en cheste partie mon vaissel arriva, Baud. de Seb. m, 240. ||xv* s. Angleterre est un pays moult dangereux à arriver, froiss. 11, m, 47. H xvi's. Nous serons donebien arrivés [avancés], d'avoir le titre de chrestiens, et que l'héritage céleste nous soit osté, calv. Inst. 3(5. Xmon arriver en ce lieu, j'ai trouvé Carbon et sa compaignie, marg. Lett. (16. Tous les jours vont à la mort : le dernier y arrive, mont, i, 89. S'il n'y a que moi qui t'empesche d'arriver à l'empire, m. 1, 4 30. La despense pour l'entretien de chacun n'arriveroit à trois mille escus,LAN0UE,<28. Luy mesme voulant sçavoir combien montoit tout son avoir, trouva qu'il arrivoit à la somme de sept mille cent talents, amyot, Crassus,* 2. Lesautres qui nese voulurent point desdire, poignardez etjettez dans l'Escaut, avec deffence publiée de n'en laisser arriver [aborder] aucun, d'aub. Hist. 11, 69. Et puisque, s'ils arrivoient [s'il leur arrivait] d'estre défaits, on les traiterait comme huguenots, m. t'6. in, 385.
— ÉTYM. Ad, à, et rive (voy. ce mot) : mot à mot, venir à la rive, et, anciennement, mener à la rive. Bourguig. errivé ; Berry, anriver ; provenç. aribar , arivar ; ital. arrivare.
ARROBE (a-ro-b'), s. f. Mesure de poids usitée dans les possessions d'Espagne et de Portugal. L'urrobe est de ( 1 kilog. 600.
— ÉTYM. Espagn. et portug. arroba, de l'arabe al reba'a, le quart, de l'article al, le, et de reba'a, quatrième, de arba'a, quatre, parce que ïarrobe est le quart du quintal espagnol.
ARROCHE (a-ro-ch'), s. f. Genre de plantes dont une espèce, l'arroche des jardins (alriplex hortensis, i.), dite aussi belle-dame, bonne-dame, se mange avec l'oseille.
— HIST. xvi* s. Prenez de la décoction de raifort
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ou de la semence, et semence d'arroche, de chacun trois dragmes, paré, xxiv, 41.
— ÉTYM. Berry, arrosse; wallon, aripe, drase, Mrtpe.-namurois, aurause; ital. mtrepice; d'atriplicem, atriplex, dit sans doute par corruption du grec àrpioaÇt;, arroche.
ARROGAMMENT (a-ro-ga-man) , adv. Avec arrogance. Oser arrogamment se vanter à mes yeux, D'être juste seigneur du bien de mes aïeux 1 corn. Iléracl. t, 2. Il a vu ses faisceaux Marcher arrogamment et braver nos drapeaux, m. Pomp. rv, 4.
— HIST. rv s. Et parla le dit Morvilier fort arrogamment, comm. i, I. || xvi- s. Cela le faisoit encore plus arrogamment monter en gloire et en présomptueuse opinion de soy mesme, amyot, Fait. 43. C'estoit trop arrogamment parlé, de se préférer à tous les autres, calv. Inst. 221.
— ÊTYM. Arrogant, et le suffixe ment.
ARROGANCE (a-ro-gan-s') , *. f. Orgueil accompagné de manières hautaines et de prétentions téméraires. Langage plein d'arrogance. C'est le comble de l'arrogance. Ton arrogance insigne Ne mériterait pas qu'on te fit cet honneur, volt. Tancr. m, 6. D'un peuple trop heureux l'indocile arrogance, id. Brutus,m, 4. Assez et trop longtemps l'arrogance de Rome A cru qu'être Romain c'était être plus qu'homme, corn. Pomp. i, t. La grandeur et la gloire, ces grandes paroles par lesquelles l'arrogance humaine tache de s'étourdir elle-même pour ne pas apercevoir son néant, boss. Duch. d'Orl.
— HIST. xii* s. L'orgoil, le pris e la bobance E la très sorfaite arrogance Del siècle tote [il] haï tant.... benoIt, H, 8062. || xv s. Que les envieux pussent dire que le roy eust par son arrogance perdu saseigneurie, liouciq. m, 8. || xvi* s. Et quelle arrogance est-ce, je vous prie, de condamner le juge souverain, quand il absoud gratuitement? calv. Inst. 530. Par arrogance j'enlen l'orgueil qui s'engendre d'une folle persuasion de justice, id. if». 698. Cela le remplit d'arrogance, et les soudards de témérité, encore plus que jamais, amyot, Fab. 20.
— ÉTYM. Ârrogantia, A'arrogans.
ARROGANT, ANTE (a-ro-gan, gan-t'), ad;'. Qui
a de l'arrogance. Un homme arrogant. Air, ton arrogant. Paroles arrogantes. La mort les anime et les rend arrogants, rotr. StGen.v, 6. || Substantivement. Va contre un arrogant éprouver ton courage, corn. Cid, l, 9. L'arrogante! à l'ouïr, elle est déjà ma reine, id. Pomp. n, *. À ce compte, arrogante, un fantôme nouveau Te donne cette audace et cette confiance, id. Iléracl. i, 2.
— hist. xiv s. Que vous ne soyez arrogant ne répliquant contre celluy qui sera vostre mari, Ménagier, i, 6. Moult de périls sontvenus de trop parler, par especial quant l'en prent paroles à gens arrogans, ib. i, 8. || xv s. Et y eut plusieurs paroles d'un costé et d'autre aucunement arrogantes, juven. des ursins, Charles VI, 1380. |jxvi* s. Les Grecs n'ont point eu honte d'usurper un motplus arrogant, par lequel ils signifient que l'homme a puissance de soy mesme, calv. Inst. 183. Il devint à la fin arrogant et cruel, amyot, Lysand. 35. Eux arrogans de voir leurs voiles plus enflées, Du vent de la fortune heureusement soufflées.... rons. «61.
— ÏÎTYM. Arrogans, de arrogare (voy. arroger) ; provenç. arrogan; espagn. et ital. arrogante.
ARROGER (S') (a-ro-jé), arrogeons, arrogeais, arrogeai, arrogeant, v. a. Arroger à soi, s'attribuer mal à propos quelque chose. Ils se sont arrogé ce privilège. Les privilèges que cette nation s'est arrogés. Et sansavoirpour lui les lois et la naissance, César ose des rois s'arroger la puissance, volt. Triumv. n,2. Il s'arroge une part dans leur divinité, delav. Paria, i, ».
— hist. xi V s. Le quel retourna arroguer le dit exposant, ducange, arrogare. Lequel arrogoit le suppliant de paroles injurieuses, m. ib. || xv s. Toujours [il] le arroguoitde ses dures et arrogans paroles, id. ib.
— ÉTYM. Arrogare, de ar pour ad, à, et rogare, demander pour soi , s'attribuer (voy. rogation).
ARROI (a-roi), s. m. Appareil, train, équipage. Ce personnage en magnifique arroi , Régnier , Sat. x. Tes logis tapissés en magnifique arroi , ID. Sat. xvi. Être des plaisirs de son roi, Du jeu, du bal et de la chasse, Faire exercice en bel arroi, Monter quelquefois au Parnasse, Avoir un beau gouvernement, Être cordon bleu d'espérance, Dangeau, par des hasards si grands, Si la paix dure encordix ans, Tu seras maréchal de France, Épigramme contre Dangeau. || Le mot a vieilli ; c'est dommage.
— HIST. xiv* 8. X ce le graut arroi du monde Met ses efforts et me seconde, Nature à l'alch. errant.
ami. || xv s. Et ceux y vindreot en très grand arroy, fhoiss.i, i, 61. Car jeunesse m'a dit que le verray En son estât et gracieux array, ch. d'orl. 4. Deux belles dames au cler vis, Semblables à filles de roy, Au regard de leur noble arroy, Vers moy s'en vindrent doulcement, la fontaine, 64. || xvi* s. Il ne tire pas l'aroy comme le beuf, rab. Garg. i, 40. 11 y entra environ là minuict en très effroyable arroy, amyot, Sylla, 31.... Car ainsi que les roys, De nouveau mis en leurs nobles arroys, Mettent dehors en pleine délivrance Les prisonniers vivans en espérance, marot, u, 283. Après sa mort, son vray seigneur et roy Luy ordonna ce beau funèbre arroy, id. m, 277. Voici Léon qui vient en magnifique arroy, garnier, Bradam. v, 3.
— ÉTYM. Espagn. arreo; ital. arredo ; mot hybride composé de ar pour ad, à, et du mot germanique rdt, conseil, secours, provision. Erroi ou arraij , suivant les provinces; il y avait un ancien verbe arreer ou arroger.
ARRONDI, IE (a-ron-di, die), part, passé. || 1° Rendu rond. Des galets arrondis par le frottement. || 2" De forme à peu près ronde. Feuilles arrondies. Visage arrondi, visage gros et plein. || 8° Fig. En parlant du style. Une période bien arrondie flatte l'oreille. En phrases bien arrondies. || 4° Terme de blason. Pièces arrondies, pièces de l'écu qui ont certains traits, et des ombres qui en fout paraître l'arrondissement soit naturel, soit artificiel. Un globe arrondi d'argent.
ARRONDIR (a-ron-dir), v. a. || 1° Rendre rond. Arrondir une boule, une meule. || 2" Familièrement, agrandir. Arrondir son champ, s'étendre au moyen de l'acquisition de pièces de terre contigues, qui le rendent plus régulier en faisant disparaître des pointes. Si j'arrondissais mes états? Si je pouvais remplir mescofTresdeducats?Si j'apprenais l'hébreu, les sciences, l'histoire , Tout cela c'est la mer à boire , la font. Fabl. vin, 25. || 3° Fig. Arrondir une période, en rendre les parties à peu près égales. Balzac et Patru étaient les premiers hommes de France pour bien arrondir une période. || 4° En termesde marine, arrondir une île, un cap, naviguer tout autour. || 6° En termes de peinture, arrondir des figures, en bien faire sentir les contours et les saillies. || 6° En termes de manège, arrondir un cheval, le contourner comme le cercle qu'il parcourt. || 7" En termes d'horlogerie, mettre en rond les extrémités des dents d'une roue ou d'un pignon. || 8° En termes de chapellerie, rogner l'arête du bord d'un chapeau. || 9" S'arrondir, v. réfl. Devenir rond. Toutes les gouttes s'arrondissent. || Sa taille s'arrondit, il a plus d'embonpoint; en parlant d'une femme, elle est enceinte. || Fig. Etendre ses domaines. Le plaisir de s'arrondir. Sa fortune s'arrondit, elle s'augmente. Envahir votre héritage pour s'arrondir, j. s. rouss. Ém. v.
— êtym. Ad, à, et un verbe fictif rondir, de rond.
fARRONDISSAGE (a-ron-di-sa-j') , *. m. Technologie. Opération qui consiste à arrondir une chose, et, en particulier, une lime.
— ÉTYM. Arrondir.
ARRONDISSEMENT (a-ron-di-se-man), s. m.
|| i* Action d'arrondir; état d'un objet arrondi. L'arrondissement du globe terrestre est l'effet de la gravitation. L'arrondissement de ces figures est parfait. || 2° Agrandissement. La Lorraine était un arrondissement très-sensible pour la France, st-sim. 77, 262. || 3° L'arrondissement d'une période, arrangement des membres d'une période qui lui donne le nombre etl'harmonie. Les Latins ont charmé l'oreille par l'arrondissement ingénieux de leurs périodes. || 4° Circonscription administrative. Les arrondissements d'un département. Votre royaume est composé de provinces; ces provinces le sont de cantons ou d'arrondissements qu'on nomme, selon les provinces, bailliages.... ces arrondissements sont formés d'un certain nombre de villages ou de villes, turgot, Mém. sur les municipal) lés , Œuvres, t. i, p. 604.
— HIST. xvr»s. Elles entrelacent les unes de long, les autres de travers, et adjoustent des courbes et des arrondissements, tellement qu'enfin elles en forment un vaisseau rond prest à voguer, mont, ii,
— ÊTYM. arrondir.
t ARROND1SSECR (a-ron-di-seur), *.m. Technologie. Outil servant à arrondir les dents des peignes.
f ARROSABLE (a- r6-za-bP) , adj. Oui peut être arrosé.
— hist. xiii* s. Arousable fontaine, Et deUtaVe et saine, ruteb. u. »7.
— Êtym. arroser. Arrosable dans l'ancien français est actif et signifie qui arrose.
ARROSAGE (a-rô-za-j') , s. m. || 1* Action de conduire, de diriger de l'eau sur les terres, pour les humecter. || 2" Eau qu'on verse dans les mortiers pour lier le salpêtre, le soufre et le charbon, dans la fabrication de la poudre à canon.
— ÊTYM. Arroser.
ARROSE, ÊE (a-rfi-zé, zée), part, passé. || 1* Qui a reçu de l'eau ou autre liquide. De jeunes plants arrosés tous les jours. Une plate-bande bien arrosée. || Par extension. De larmes tous les jours ses yeux son! arrosfs, bac. Iphig. m, 4. || 2* Fig. Quels lauriers me plairont de son sang arrosés? id. t'b. iv, 8. Le plus beau triomphe est arrosé de pleurs, corn. //or. 1,8.
ARROSEMENT (a-rô-ze-man) , s. m. ||t* Action d'arroser des terres, des plantes, des fleurs. L'arrosement de l'Egypte par le Nil. L'arrosement d'un parterre. || 2° Terme de jeu. Distribution de jetons ou d'argent faite par un joueur à tous les autres, ou par tous à un seul.
— SYN. arrosement, arrosage. L'arrosement est un arrosement naturel ou artificiel : l'arrosement de l'Egypte par le Nil. L'arrosage est un arrosement procuré par l'industrie humaine : l'arrosage de ces prés à l'aide de conduites d'eau.
— HIST. xii" s. Li tierz usaiges des ewes est li arrosemens, et de cestui ont mestier les noveles plantesons, st bern. 638. || xm* s. De l'arosement des fluns s'esjoïst la terre, Psauliir, f° 76. || xvr- s. Nos araes sont purgées par l'amusement incompréhensible de l'esprit, du sacré sang qui a esté espandu une fois, calv. Inslil. 4(3.
— ÉTYM. Arroser; Berry, arrousemcnl.
ARROSER (a-rô-zé), v. a. || 1° Faire tomber,
faire arriver de l'eau ou un autre liquide. Arroser les rues d'une ville, les promenades, une chambre, un parterre. Arrosez cette chambre avec du vinaigre. Quand je racle votre cuvier, Et puisque je l'arrose, la font. Cuv. || Par extension. Le rivage qu'elle arrosait de ses larmes, fên. Tél. i. J'arrosai son visage d'un torrent de larmes, id. Tél. iv Elle lui arrosa la main de quelques larmes, hamilt. Gramm. 7. Pour arroser son lit de ses larmes mass. Conc. || 2° Fig. [Je vois] Du sang des Africains arroser ses lauriers, corn. Cid, il, 5. Dût le peuple eu fureur pour ses maîtres nouveaux De mon sang odieux arroser leurs tombeaux, id. Rod. v, 1. 1| Arroser la terre de ses sueurs, travailler péniblement la terre. || Arroser son pain de larmes, vivre au sein de la misère, dans la douleur. || 3° Couler à travers les terres. Ce ruisseau arrose nos prés et les fertilise. || Par extension. Cette rivière arrose un pays charmant. Le Danube arrose beaucoup de contrées. || Fig. La providence est une source Toujours prête à nous arroser, malh. i, 6. || 4" Arroser un rôti, répandre sur la viande, pendant qu'elle rôtit, du jus, du beurre ou de la graisse. || Familièrement. Arroser des créanciers, leur distribuer des à-compte pour obtenir des délais. || Fairede petites libéralités. Ayez soin d'arroser ces gens-là. || En termes de jeu, se dit de la rétribution qu'un joueur doit à tous les autres en certains cas, ou que tous les autres lui doivent. || Ajouter, en parlant d'actionnaires ou d'intéressés dans une entreprise, à la mise de fonds pour subvenir à des dépenses imprévues. || Fig. Après que j'eus un peu arrosé le public [semé dans le public le bruit de....], je m'ouvris avec les particuliers, RETZ, m, 243.
— REM. On dit, dans quelques provinces, arroser le chanvre, le lin, au lieu de le rouir, le faire rouir. C'est une locution peu exacte.
— HIST. xii* s. Il comanda que li sacrefice qui estoient tué sur l'auter [autel] fussent arosé de celé aiguë [eau] , Jiachab. u , ch. l . En une nuit, ce savons tuit, Flori la verge et porta fruit, Sans ce que ele fust plantée, Ne moillée, ne arosée, wace, Vierge Marie, p. 51. [Rou] Qui.od le suen brant perillos, Arose de lur sancs la plaigne, benoIt, ii, 2248. Ahi ! mezine [médecine] de halte et de novele manière, ki seichet les enflées choses en rapressant, et arroset les seiches en sorlevant, Job, 607. || xiv* s. Quand on plante, l'en doit arroser le pié et la terre, non la feuille, Mènagier, u, 2. || xvi* s. En nous arrousantde sa grâce invisible, il nous rend fertiles à produire fruicts de justice, calvin, Instit. 414.
— ÊTYM. Picard, arouser; Berry, arrouser, bourguig. erbtai; provenç. arrosar, arroxar , arosar; de ad (voy. a) et un verbe fictif roser , dérivé du latin ros (voy. rosée). Palsgrave, au xvi* siècle, prononce les deux r. Au commencement du xvn , la prononciation arrouser était encore très-ordinaire :
ARS
Il n'y aurait pas moyen de défendre aux pluies les champs des sacrilèges et leur prescrire ce qu'elles arrouseraient et ce qu'elles n'arrouseraient pas, maliierb. Trad.de Sénèque, de Beneficiis. Vaugelas, remarquant que la plupart disent et écrivent arrouser, recommande arroser; et Marg. Buffet, p. (29, dit qu'arrouser est une vieille prononciation donton ne se sert plus.
ARROSOIR (a-rô-zoir'), t. m. Sorte de vase fait pour arroser. Pomme d'arrosoir, plaque de forme arrondie et percée de trous par où l'eau s'écoule.
— REM. Dans quelques provinces ou dit : Le chanvre et le lin sont à l'arrosoir. C'est au routoir qu'il faut dire.
t ARROW-BOOT(a-rô-rout'), *. m. Fécule comestible extraite du rhizome d'une plante originaire des Indesorientales(mara/tla indica, L.), et cultivée maintenant à la Jamaïque.
— ÉTYM. Angl. arrow-root , de arrow, flèche, et root, racine, parce que les indigènes regardent cette plante comme bonne dans les blessures par armes de trait.
ARRCGIE (a-rru-jie), s.f. Terme de mines. Canal pour l'écoulement des eaux dans les mines.
— ÊTYM. Arrugia, mot que Pline nous a conservé et qu'il dit être un terme des mineurs espagnols.
ARS (ar ou, suivant quelques-uns, ars'), s. m. En termes de vétérinaire, le pli qui se remarque à la réunion de la poitrine et du membre antérieur du cheval, endroit ou l'on pratique quelquefois la saignée.
— HIST. xv s. Leurs chevaulx furent en l'eau jusques esars; lors semettent à nager, Percef. t. I, f°6(. Estoyent leurs chevaulx tous espaullés, à cause qu'ilz avoient hurté au puis, des arcs de devant, ib. t. vu, f°19. Les deux chevaulx avoient chascun une lance qui leur avoit esté fichée es ars ; et leur sortoient hors l'arçon de devant la selle, ib. t. m, f° 2. Attaindirent son cheval es arcs de devant, de telle puissance que le dit cheval monstra bien comment il estoit attaint au cueur; car il cheut tantost à la terre mort, ib. t. vi, f° 19. || xvi* s. Il faut seigner le chien des deux venes qui viennent par le dedans des espaules des jambes de devant qu'on appelle pour les chevaux les arcs, du fouil- LOtix, Fe'n.f" 80. À chacune sorte de galle il est nécessaire de seigner le chien des deux jarrets du derrière des veines qui sont au dedans et des arcs, Charles ix, De la chasse, p. 82.
— ETYM. Arc, par comparaison des deux membres de devant du cheval avec un arc, une arcade. L'Académie a donc eu tort de définir ars les membres du cheval, et de donner en exemple : saigner un cheval aux quatre ars ; ars ne se disant que des membres de devant.
fARS, ARSE (ar,ar-s'),port. passé du verbe ardre ou ARDOIR.
ARSENAL (ar-se-nal), s. m. || 1* Lieu de dépôt pour les armes et les munitions de guerre. Arsenal bien muni. Les arsenaux maritimes. || 2° Lieu où est situé l'arsenal. Nous allâmes nous promener à i'arsenal, sêv. 6. || 3° Fig. Ce livre est un arsenal qui fournit des armes à tous les partis. On dit que c'est l'arsenal de l'enfer, pasc. P. j. 66.
— HIST. xvi* s. En mon arsenac de Thelaasse prenez équipage tel que voudrez, rab. m, 45. Leur arcenac fut enflammé et ars, j. harot, v, 85. Il y dressa un arcenal ou attelier àbastir galères, amyo r, Lysand. 4. Le feu brusla, quant et l'arcenal où estoient les vaisseaux, celle grande et tant renommée librairie d'Alexandrie, id. Cusar, 64. Il y feit bastir des ports, des arceneaux et abris dignes de tant de navires qui y hantoient et arrivoient ordinairement, id. ib. 76. Il brusla l'arcenal et l'armeurerie qu'avoit fait bastir anciennement Philo, id. Sylla, 33.
— REM. La prononciation a longtemps varié entre arsenal et arsenac. On lit dans Ménage :«Maynard a ditarsenal : «J'admire le cardinal : Il préfore au luth a des Muses Les flûtesde l'arsenal; »iH'a même préféré àarsenac: car il a corrigé :« Quand lirai-jedaus l'al- « manac , Que la paix fera des marmites De tout le fer « de l'arsenac? » par : « Quand sera-ce , grand cardinal, «Que la paix fera des marmites De tout le fer de l'ar- « senal? » J'ai trop bonne opinionde tant de dignes prélats qui sont en vos assemblées, pour m'imaginer qu'ils ne se contentassent pas d'employer les foudres du Vatican, mais fissent encore leur possible pour évoquer ceux de l'arsenac, Balzac. M. de Vaugelas, qui dit qu'arsenal est le plus usité, se trompe. Il y a longtemps qu'on prononce arsenac. Arsenac est préférable surtout dans le discours familier. Arsenaux plus usité pourtant qu'arsenacs; avec le temps
ARS
arsenac l'emportera. X Paris, on ne dit dans le discours familier ni arsenal ni arsenac, maisarsena. » s'est trompé; et aujourd'hui arsenac esl complètement tombé en désuétude.
— ÉTYM. Bas grec, àpa^aX-rK et ôpuâva; espagn. arsenal, darsena et aussi atarasana, ataraianal; ital. arzrnale, arsena, darsena; de l'arabe, dur essana , maison des oeuvres, des offices.
AI! S F NT A TE (ar-sé-ni-a-f), s. m. Terme de chimie. Nom générique des sels composés d'acide arsénique et d'une base. Arséniate de potasse.
— ÉTYM. Arsenic.
ARSENIC (ar-se-ni-k' ou ar-se-ni ;plusieurs ne font pas entendre le c; d'autres ne le font entendre que devant une voyelle: l'arsenic estun métal, l'arse-ni-k' est....), s. m. || 1* Métal d'un gris brillant qui, en se volatilisant au feu, répand une forte odeur d'ail, trèsfriable, volatil à (80°. Il n'est pas vénéneux tant qu'il reste à l'état métallique, mais les composés sont de violents poisons, à l'exception des alliages. || Arsenic ou arsenic blanc, nom vulgaire de l'acide arsénieux, qui est un violent poison. || Régule d'arsenic, arsenic teslacé, dit aussi cobalt testacé, sorte d'arsenic natif, en fragments écailleux; pulvérisé, il prend le nom de poudre à mouches. || 2° Terme d'alchimie. Arsenic des philosophes, le mercure ou la matière dont on tire le mercure ou le soufre.
— HIST. xiv s. Prenez une once de riagal, deux onces fin arsenic, unquarteron gressede porc....lfé'nagier, H, 3. ||xv s. En reagal, en arsenic rocher Soient frittes ces langues venimeuses.... villon, Ballade. || xvi" s. Car cueur parlant soubz bouche desloyalle N'est qu'arcenic dedans le miel logé, j. marot, v, t93. Un arsoitie si blanc qu'on legoustapour sucre, d'aub. Tragiques, Vengeances, p. 282, édition