‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 123 sur 403 · JANNET · texte numérisé non relu

JANNET

— ÉTYM. Provenç. arsenic; espagn. et ital. arsenico; du latin arsenicum, du grec àpuevixov ou àpoEvty.ôv, de l'adjectif àpirevixôi; , mâle, ce métal ayant été ainsi nommé à cause de ses propriétés puissantes. On remarquera arsoine dans l'historique. Arsoine est la forme ancienne; arsenicum, avec l'accent tonique sur se, donnant arsoine, mot où l'accent tonique est sur la même syllabe.

ARSENICAL, ALE (ar-se-ni-kal, ka-P), adj. Qui contient de l'arsenic. Savon arsenical. Les sels arsenicaux. || S. m. plur. En termes de pharmacie, les arsenicaux, les composés d'arsenic : ce sont à la fois de violents poisons et des médicaments héroïques, qui tiennent une place importante parmi les altérants, les antipsoriques et les caustiques.

f ARSENICOPIIAGE (ar-se-ni-ko-ra-j'), s. m. Mangeur d'arsenic. L'usage de l'arsenic est assez répandu dans les montagnes de l'Autriche, de la Styrie, et surtout à Salzbourg et dans le Tyrol , parmi les paysans de ces divers pays; on le fait manger aussi aux bestiaux. Il passe , dans ces pays , pour donner de l'appétit et des forces.

— ÉTYM. Arsenic, et çayeiv, manger (voy. pha-

GÉUÉN1QIIE).

t ARSÉNIÉ, ÉE (ar-sé-ni-é, ée) , ARSÉNIFËRE (arsé-ni-fè-r') ou ARSÉNIQUÉ, EE (ar-sé-ni-ké , kée), adj. Qui contient de l'arsenic. Gaz hydrogène arsénié.

t ARSÉNIEUX (ar-sé-ni-eû) , adj. Terme de chimie. Acide arsénieux , acide composé d'arsenic et de moins d'oxygène que l'acide arsénique.

f ARSÉNIFÈRE, adj. Voy. arsénié.

ARSÉNIQUE (ar-sé-ni-k') , adj. Terme de chimie. Acide arsénique, acide composé d'arsenic et d'oxygène.

t ARSÉNIQUÉ, ÉE, adj. Voy. ARSÉNIÉ.

ARSÉNITE (ar-sé-ni-f), s. m. Terme de chimie. Nom générique des sels composés d'acide arsénieux et d'une base. L'arsénite de potasse, d'ammoniaque.

+ ARSÉNIURE (ar-sé-ni-u-r'),s.m. Terme de chimie. Combinaison d'arsenic avec un autre corps simple.

f ARSIN (ar-sin), adj. En termes d'eaux et forêts, bois arsin, bois où le feu a pris, de quelque manière qu'il y ait été mis.

— HIST. xii" s. Parmi l'arcins [l'incendie], Raoul de C. 60. || xiii* s. Après l'arsin [il] prent et degete Les tisons aval et amont, l'Escoufle. || xv s. Depuis la destruction et arsin de la ville, froiss. n, u, 148.

— ÉTYM. Ars ou ards, participe passé du verbe ordre.

fARSIS(ar-sis'), s. f. Terme de métrique ancienne. Il signifie le levé par opposition au frappé, avec cette observation que le levé, chez les anciens, marquait le temps fort ou la syllabe accentuée. Dans (agi l'arsis est la syllabe fa , sur laquelle on appuie en la prononçant. Appliquée aux mots, l'arsis signifiait aussi tout le commencement du mot, jusques et

ART 205

y compris la syllabe accentuée; ainsi dans avenu, l'arsis comprend les deux syllabes ave, et la thésis na seulement. Appliquée au pied d'un vers, l'arsis voulait due la syllabe accentuée de ce pied isolé, ou le commencement de ce pied jusques et y compris cette syllabe.

— ÉTYM. !\p<n;, action de lever, de alpsiv, lever. I. ART (ar; le ( ne se lie pas : l'art oratoire,

dites : ar oratoire, et non l'ar-t oratoire; au pluriel l's ne se lie pas, les arts et les sciences, dites : les ar et les sciences; cependant cette liaison plaît a quelques-uns, qui disent : les ar-z et les sciences), s. m [| 1° Manière de faire une chose selon certaine méthode, selon certains procédés. Les arts de la paix. L'art oratoire, l'art de la parole. L'art musical. L'art militaire, l'art do la guerre. Les principes de l'art grec. La logique est l'art de raisonner. Posséder un art. Selon les règles de l'art. Les hommes de l'art. Parler avec art, sans art. Cet ouvrier est très-habile dans son art. La plupart des espèces d'animaux, comme les abeilles, les araignées, les castors, ont chacun un art particulier , mais unique, et qui n'a point parmi eux de premier inventeur; les hommes ont une infinité d'arts différents, qui ne sont point nés avec eux et dont la gloire leur appartient, fonten. des Billettes. Le grand art de la guerre attend quelquefois l'âge, corn. Sert, m , 2. Mettant leur Apollon aux gages d'un libraire , Ils font d'un art divin un métier mercenaire, boil. A. poét. iv. || Les maîtres de l'art, les plus habiles dans la matière dont il s'agit. || 2° Au pluriel et absolument, la poésie et tous les arts libéraux et mécaniques. Il fit fleurir les arts, boss. Hist. i, 10. Et ses justes faveurs aux mérites données Feront ressusciter l'excellence des arts, malh. ii, i. || Les arts libéraux, ceux qui sont du ressort de l'intelligence, de l'esprit. || Les beaux-arts, la musique, la peinture, la sculpture, l'architecture, l'éloquence et la poésie avant tout, et, subsidiairement, la danse. L'académie des beaux-arts. Le plaisir instruisant par la voix des beaux-arts Embellira la vie au sein de nos remparts, m. j. chenier, Charles II, H, 3. || Les arts d'agrément, le dessin , la musique et la danse considérés au point de vue de l'amusement. || Arts mécaniques, ceux qui exigent surtout ie travail de la main. || 3° Art par opposition à nature. L'art imitera la nature. Démosthène devait plus à l'art, Cicéron à la nature. Ville fortifiée par la nature et par l'art. || 4" Adresse dans les moyens employés pour obtenir un résultat. Je sais l'art de punir un rival téméraire, rac. Brit. m, 8. Il instruira ses fils dans l'art de commander, id. Phèd. m , t. Absente de la cour je n'ai pas dû penser, Seigneur, qu'eu l'art de feindre il fallût m'exercer, id. Brit. n, 3. Vous avez trouvé l'art d'être maître des cœurs , corn. Cinna, v, 3. Son faux art de clémence, ou plutôt sa folio, Qui pense gagner Rome en flattant Cornélie, id. Pcmp. iv, l. L'art le plus innocent tient de la perfidie, volt. Zaïre, iv, 2. Elle eût avec plus d'art trompé ma confiance, id. ib. LU, 7. On s'est fait un art de se ruiner les uns les autres, fléch. Lam. Elle a l'art de me plaire, mol. Mis. i, 1. 1| 5° S. m. pi. Autrefois, dans les universités, les humanités et la philosophie. Faculté des arts. Mattre es arts, celui qui avait pris ses degrés, et pouvait enseigner la philosophie et les lettres. || 6° Titre donné à quelques ouvrages didactiques en prose et en vers. L'Art poétique d'Horace, de Boileau. || 7° Art sacré ou grand art, nom donné aux doctrines et pratiques des philosophes hermétiques qui cherchaient la pierre philosophale. C'est un synonyme d'alchimie.

— HIST. xi* s. Barbarins [il] est et de moût maies arz, Ch. de Roi. lxix. | xii* s. Marsile sut des ars bien la maistrie, Ronc. p. 24. Laissez ester vostre ire, qui vient de mauvais art, Sax. xix. Li reis est riches huem, sages et de grant art, Th. le mari. 68. || xin" s. Bien [elle] semble gentis femme et sans nul mauvais art, Bcrtc, xxn. Je l'oî dire à un veillart.Qui sages iert et de grant art, Ren. (9(80. Tant ont fait que là sont venu; Mes il seront moult irascu, Ainz qu'il s'en partent, se Renart Ne les en gietapar son art, id. (3292. || xrV s. Il entent par art science pratique, et par doctrine science spéculative, oresme, Elh. n. || xvi" s. Que devient cette belle art? mont, i, 36. Cette tant célébrée art de deviner des Thoscans, id. i, 45. Les licences de l'art, id. i, (66. Maistre ez arts, id. i, (88. Entre les arts libéraux, commenceons par l'art qui nous faict libres : ailes servent toutes à... id. i, 173. En un art qui.... id. i, 286. Un si bel art, id. i, 387. Si j'estois du mestier , je naturaliserais l'art , autant comme ils artialisent la nature, id. m, SS6. Cesiuy Thaïes avoit bruit d'estre poète lyrique, etprenoit le

ART

Mitre de cest art là, amyot, Lyc. 4. Aujourd'huy que

l'astrologie est beaucoup plus parfaitement cn-

|u elle ne l'estoit alors, IB, Arisi. 47. Ve-

, 'le l'art militaire, Véyèce, Fronton, etc. tra-

an français, 1636, f" I. Du faiet de la guerre

el art militaire, par vallo, 1654. Art de la guerre,

composé en sept livres par Macchiavelli, Paris, 1646.

Art militaire par Onosandre, traduit par vioenlt.k,

— ÊTYM. Provenç. art; espagn. et ital. arte; du latin an; grec, <5po>, disposer, arranger. Le genre de art a varié dés les premiers temps de la langue : on le trouve, dans les plus vieux textes, tantôt féminin (ce qui est le genre étymologique), tantôt masculin; il n'était pas encore fixé au xvr» siècle ;aujourd'hui, le masculin a prévalu.

f 2. ART (ar), *. m. Terme de pêche. Sorte de filet, dit ordinairement boulier.

f ARTABAN (ar-ta-ban), *. m. Nom d'un roi des Parthes qui , ayant remporté des victoires sur les Romains, s'en glorifia tellement, que de là est venu le proverbe : Kier comme Artaban.

f ARTELLE (ar-te -1') , s. f. Terme de plombier. Morceau de bois de chêne concave, servant à verser la soudure.

f ARTÉMONIEN (ar-té-mo-niin) , s. m. Sectaire qui niait la divinité de Jésus.

— ÉTYM. Artimon, auteur de cette hérésie. ARTÈRE (ar-tê-r'), >. f. || 1° Terme d'anatomie.

Les artères sont des vaisseaux destinés à porter le sang soit du ventricule droit du cœur au poumon, soit du ventricule gauche du cœur à toutes les autres parties du corps. La grande artère qui envoie ses branches par tout lecorps, desc. iléth. 6. || 2° Kg. Grande voie de communication. Cette rue est une artère pour la ville. Ce fleuve est une artère pour le pays.

— HIST. xui's. 11 i adesvainesqueli phisiqueapiele artaires, ce sont les vaines qui latent, ai.ebuand, f° 41. || xvi* s. L'artère venant du cœur, paré, i, 9. L'artère est vaisseau à sang (comme la veine), mais plus spirituel, et est nommée artère, pource qu'elle contient plus largement d'esprit, m. 1,10. Un aneurisme à l'artère veineuse (veine pulmonaire), id.

— ÉTYM. Provenç. et ital. arteria; du grec àpir»ipia. Ce mot a d'abord été employé pour signifier la trachée-artère et ses ramifications; puis il a été appliqué aux artères proprement dites; il vient de àptâw, suspendre, et signifie ce qui est suspendu, dénomination qui convient assez à la trachée (comp. aorte).

f ARTÉMALISAT10N far-té-ri-a-Ii-za-sion), s. f. Terme de physiologie. Transformation du sang veineux en sang artériel, dans son passage à travers le poumon.

| ARTÉRIAI.ISÊ, ÉE (ar-té-ri-a-li-zé, zée), part. passé. Le sang veineux artérialisé dans les vésicules pulmonaires.

f ARTÉUIAL1SER (ar-té-ri-a-li-zé), V. a. Terme de physiologie. Changer en sang artériel.

ARTÉRIEL, ELLE (ar-té-ri-èl, 6-1'), od/. Oui appartient aux artères. || Sang artériel, sang rouge, ainsi dit parce qu'il est charrié par les artères. |i Système artériel ensemble des artères considérées'depnis leur origine au cœur jusqu'à leur terminaison dans les divers organes. || Canal artériel, tronc vasculaire qui n'existe que chez le fœtus, et par lequel l'artère pulmonaire, après avoir fourni doux petites branchesaux poumons, se termine dans l'aorte près de sa crosse. || Trachées artérielles, dans les insectes, celles qui naissent immédiatement des stigmates, reçoivent l'air d'une manière directe, et le transportent tout de suitedans toutes les parties du corps.

— xvi« s. Le cœur comme estant l'officine du sans; artériel, paré, Licorne, 17. Si le sang est arter.al. les signes seront semblables à ceux des aneurismes, id. vi, (3.

— ÉTYM. Artère.

t ARTÉRIEUX, EUSE (ar-t4-ri-eû, eû-z'), adj. Oui tient de la nature de l'artère. || La veine artérieuse, nom ancien de l'artère pulmonaire. La veine artérieuse, qui a été ainsi mal nommée, desc. Vilh. 6.

— HIST. xyi* s. Les uns [des muscles] sont dits nerveux, veineuz et arterieux, pour ce qu'ils ont sensiblement nerf, veine et artère, paré, i, 8. Le cœur a connexion avec les poulmons par la veine artérieuse et artère veineuse, id. il, H.

— ÊTYM. Arterinsus, de arteria (voy. artère). ARTÉR10LE (ar-té-ri-o-1'), s. f. Petite artère, artère trop petite pour être décrite et dénommée.

ART

— êtym. Diminutif A' arteria.

ARTÉRIOI.OGIE (ar lé-ri n In gie), I. f. Partie

de l'anatomie qui traite des artères.

— ÉTYM. 'Apr/ipia (voy. artère), et aôyo;, traité (voy. logique).

ARTÉIUOTOMIE (ar-té-ri-o-to-mio), s. m. Terme de chirurgie. Saignée pratiquée à une artère.

— HIST. xvi' s. Phlebotomie est incision de veine évacuant le sang avec les autres humeurs, comme l'incision de l'artère est dite acteriotomie, paré,

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