CXV11I
— ETYM. Wallon, aise; bas-lat. astracum, astrum. Papias (xn* s.), dans son glossaire, donne à afriuirt le sens de cuisine, et de là pourrait être venu le mot âtre; mais l's, qui se trouve dans aislre, dans le wallon aise, et dans le bas-latin, rend cette étymologie difficilement acceptable. On a dans l'ancien haut allemand Aslrih , allemand moderne Estrich, plancher carrelé; c'est là qu'est l'étymologie.
t .... ÂTRE, désinence minorative ou affaiblissante, comme dans blanchâtre, verdâtre , etc., etqui est la désinence latine aster.
t ATIIÊS1K (a-tré-zie), s. f. Terme de chirurgie. Occlusion des ouvertures naturelles. Synonyme d'imperforation.
— ÉTYM. 'A privatif, et xp-ijai;, perforation (comp, trou).
fATRlCACDE (a-tri-kô-d'), adj. Terme de zoologie. Qui a la queue noire.
— ÉTYM. Ater, noir, et cauda, queue.
t ATRICHIE (a-tri-kie), s. (. Terme didactique. Absence de poils, de cheveux.
— ÉTYM. 'A privaflf, et 6pi£, vpixo;, poil, cheveu.
ATR
ATT
ATT
t ATR1PÊDE (a-tri -pè-d'), adj. Terme de zoologie. Qui a les pieds noirs.
— ÊTYM. Aler, noir, et pe» , pied.
t ATRIPLETTE (a-tri-plè-f), s. f. Un des noms vulgaires de la petite fauvette rousse.
+ ATRIPLICEES (a-tri-pli-sée), s. f. plur. Terme de botanique. Famille de plantes dont fait partie répinard.
— ÊTYM. Atriplex (voy. arroche).
fATRIROSTRE (a-tri-ro-str') , adj. Terme de
écologie. Oui a le bec noir.
— ETYM. Ater, noir, et rostrum, bec.
t ATRICM (a-tri-om'), s. m. Terme d'antiquité romaine. Sorte de portique couvert situé dans l'intérieur de l'édifice.
— HIST. xr s. [Ils] Enfouiront nus [nous] en aitresde moustiers, Ch. de Roi. cxxx. ||xu« s. E dunad à sun fiz Salomun les mesures del temple et des porches et des chambres entur et des aitres et de tut cel grant apareil, Rois, 244. || ira' s. Armes et paveillons [ils] font tout laiens entrer, E les crestiens mors en atres enterrer, Ch. d'Antioche,
— ÊTYM. Atrium; grec, aïdptov.
ATROCE (a-tro-s'), adj. || 1° Oui est d'une grande cruauté, ou qui indique une grande cruauté. Crime, perfidie atroce. Un homme, une âme atroce. || 2° Excessif en mal. Une douleur atroce. || 3° Familièrement et par exagération. C'est un homme atroce, très-méchant. 11 fait un temps atroce, très-mauvais.
— HIST. xvi* s. Cause de douleur atroce, rabel. Pant. m, 42.
— ÊTYM. Atrox. Ce mot signifie proprement cru, et vient du grec, à privatif, etTpuryw, manger; mot à mot ce qui ne se mange pas. C'est ainsi que cruel vient de crudtts, cru.
ATROCEMENT (a-tro-se-man) , adv. Avec atrocité.
— ÊTYM. atroce, et le suffixe ment.
ATROCITÉ (a-tro-si-té), j. f. \\ 1° Le caractère
cruel et odieux d'une chose. L'atrocité d'une action, d'un crime. || 2" Action atroce. Et c'est un crime affreux dont on doit vous punir, Qu'à tant d'atrocités l'amour ait pu servir, voit. Catil. m, a. Quelle politique, quel intérêt d'Etat, de seconder les atrocités d'un scélérat I id. Mœurs, 44 4. || Chose atroce. Puissions-nous imiter les Anglais dans leur marine, dans leur commerce, dans leur philosophie, mais iamais dans leurs atrocités dégoûtantes [de théâtre] ! volt. Lettr. Le Kain, 28 oct. 1760. || 8° Atrocité de lame, du caractère, extrême cruauté de l'âme, du caractère Chez qui je ne vois qu'un orgueil inflexible,Une atrocité morne, voltaire, Seythes,v, 4.
— HIST. xvi* s. 11 fist remonstrer l'attrocité de ''injure, des accords, Bigarr. Equiv. françoit.
— ÊTYM. Atrocitas, de atrox (voy. atroce).
t ATROPE (a-tro-p'), adj. Terme de botanique. Ovule atrope, ovule droit, c'est-à-dire dont le niicropyle occupe l'extrémité diamétralement opposée au hile.
— ÊTYM. "Arponoç, qui ne tourne pas, de à privatif, et tps'iteiv, tourner (voy. trope).
ATROPHIE (a-tro-fie), s. f. Terme de médecine. Amaisçriséement et diminution d'une partie du corps qui ne prend pas de nourriture soit par cause naturelle (atrophie naturelle des organes provisoires), soit par maladie.
— HIST. xvi' s. La partie demeure languide et devient en atrophie, ou elle se meurt du tout, paré, vm, «i.
— ÊTYM. Atrophia, du grec drepoçia, de à privatif, et de Tpéçu, nourrir.
ATROPHIÉ, ÊE (a-tro-fi-é, fi-ée), part, passé. Terme de médecine. Qui est affecté d'atrophie.
— hist. xvi' s. Lorsque la partie alfligée de paralysie demeure atrophiée, paré, vu, 42.
— ÊTYM. Atrophie.
t ATROPHIER (a-tro-fi-é), v. a. |l 1° Terme de médecine, ôter la nourriture, amaigrir. La compression atrophie les muscles. || 2° S'atrophier, «. rifl. Perdre de son volume par défaut de nourriture, en parlant d'un organe.
— ÊTYM. Atrophie.
t ATROPHIQUE (a-tro-fi-k'), adj. Qui a rapport à l'atrophie.
t ATROPINE (a-tro-pi-n"), s. f. Terme de chimie. Nom donné à un principe immédiat qu'on retire de la belladone {atropa beltadona).
+ ATROPOS (a-tro-pos') , s. f. || 1» Terme de mythologie. Parmi les trois Parques , celle dont l'office est de couper le fil de la vie humaine. || 2° Terme de zoologie. Assez beau papillon de nuit appelé aussi tête de mort.
— ÊTYM. "ATpojto; , qui ne tourne plus , parce
que le fuseau tenu par Lachésis ne tournait plus quand le fil était coupé; de à privatif, et tpÉireiv, tourner (voy. trope).
t ATT.... Préfixe composé de la préposition ad et d'un mot commençant par un t. L'Académie double partout le l, excepté dans atermoyer et dans alourner, qui se trouvent ainsi soustraits à l'analogie du reste.
t ATTABALE (a-ta-ba-P), t. m. Espèce de tambour dont se servent les Maures.
— ÊTYM. Espagn. atabal, timbale; de l'arabe oi, le, et thabal, tambour.
ATTABLÉ, ÉE (a-ta-blé, blée), part, passé. Tous les quatre attablés autour d'un tapis vert.
ATTABLER (a-ta-blé), v. a. || 1" Faire asseoir à table. Attabler quelqu'un. || 2° S'attabler, v. réfl. Se mettre à table pour manger ou pour jouer. On conclut Qu'il ne fallait s'attabler davantage , la font. Rém.
— ÊTYM. X et table; bourguig. s'étaulai.
t ATTACCA (a-tta-ka). Terme de musique. Mot dont on se sert pour indiquer qu'un morceau doit suivre le précédent sans aucune interruption. On dit souvent aussi attacea subito, attaquez tout de suite.
— ÊTYM. Ital. attacea, à l'impératif, attaque.
t ATTACCO (a-tta-ko), s. m. Terme de musique. Petite partie de la fugue étrangère au sujet principal.
— ÊTYM. Ital. attacco, chose attachée, appendice.
ATTACHANT, ANTE (a-ta-chan, chan-t'), adj. Qui attache, qui captive. Cette lecture est fort attachante, sév. 308. Alzire est une tragédie fort attachante, CHATEAUB. Génie, h, n, 7. Et ne voilà-t-il pas une intrigue bien attachante que l'embarras de quatre chevaliers...? volt. Lettr. d'Argental, 22 oct. 1769.
ATTACHE (a-ta-ch*), t. f. \\ 1" Tout ce qui sert à attacher. L'attache d'un lévrier. Mettre un chien à l'attache. Chien d'attache, chien de cour. || Fig. Philis tient mon cœur à l'attache, mol. Princesse d'Él. I" Interm. || Fig. Etre toujours à l'attache, être assujetti par un emploi, des occupations. Le seigneur d'un château.... Sans nulle attache et sans souci, la font. Fiane. || 2" Attache de diamants, assemblage de diamants formé de plusieurs parties unies ensemble. J'admire votre attache ; les diamants en sont fort nets, baron, l'Homme à bonnes fortunes, n, 6.
Il 3° Droit d'attache, droit d'attacher ou de fixer à la rive opposée , à travers un cours d'eau , l'extrémité d'une digue ou de tout autre barrage. || Taxe que les communes perçoivent sur les moulins à eau, bateaux de blanchisseuses et autres embarcations.
Il 4° Terme d'anatomie. L'endroit où l'extrémité d'un muscle s'attache. || Terme de peinture et de sculpture. L'endroit où un membre est joint à un autre, où un muscle s'attache à un os. || 6* Petit morceau de peau qui sert à attacher la matrice des caractères d'imprimerie au bois de la pièce de dessus le moule. Il Grosse pièce de bois qui fait le centre des moulins à vent, et autour de laquelle ils peuvent tourner. || Lien d'osier pour consolider ensemble le bord et le corps de la pièce. || Fil de fer qui attache les morceaux de la faïence cassée. || Petits morceaui de plomb fixant les verges de fer dans les panneaux des vitres. || Bas d'attache , grand bas de soie qui s'attachait au haut des chausses, et dont on ne se sert plus que dans certains costumes de théâtre.
Il Prendre des chevaux à l'attache, les garder à l'attache moyennant rétribution. || 6° Fig. Tout ce qui captive l'esprit. Ces grandes attaches qu'il a au péché, boss. Habit. 1. On n'aurait plus d'attache aux richesses, id. Imp. 1. Le sacrement libérateur [extrême-onction] rompt peu à peu les attaches du fidèle, chateacb. Génie, 1, 1, 41. Qu'est-ce qui aurait pu le séparer et le désunir d'avec son sauveur? quelque attache secrète au monde ? fléch. Panég. 11, p. 409. Une application et une attache à cette vie présente, in. Serm. n, 145. Une des plus grandes preuves de sa piété [de St Thomas] et du peu d'attache et de goût qu'il avait pour les choses de la terre, mass. 51 Thomas. Pour moi je n'ai pu y prendre d'attache , pasc. Proph. 1. Et cependant cette attache vicieuse [pour les faux honneurs] qui serait capable de souiller les actions les plus saintes si on les rapportait à cette fin, sera capable de justifier les plus criminelles, parce qu'on les rapporte à cette fin,iD. Prov. H. || Sentiment qui attache. D'ailleurs pour cet enfant leur attache est visible, rac. Athal. m, 3. Plus elle mettra en Dieu seul son attache et sa confiance, boss. Lett. 33. Vous aimez cette maîtresseavecattache.iD. Purif. 4. Et sa puissante attacheaux choses éternelles, mol. Tart. 11, 2.
Jen'al d'attache sur la terre qu'à la seule Eglise cath lique, apostolique et romaine, dans laquelle je veux vivre et mourir, pasc. Prov. 4 7. || Avoir de l'attache à l'étude, pour l'élude, avoir un goût extrême pour l'étude, y 7°I.ettresd'attache , lettres que le roi donnait pour l'exécution des bulles du pape, ou des ordonnances d'un chef d'ordre hors du royaume. Il Commissions qu'on expédiait soit à la chambre des comptes, soit ailleurs, pour l'exécution de quelque arrêt, de quelque ordonnance. || Ordonnance que rendait un gouverneur de province pour faire mettre à exécution les ordres du roi qui lui étaient adressés. I! Lettres qu'expédiait le connétable, le grand amiral, le colonel général ou le mestre de camp général d'une armée, en vertu des brevets ou commissions accordés par"le roi aux officiers qui devaient servir sous eux. Ces lettres étaient ainsi nommées parce qu'on les attachait aux pièces. || 8° Fig. Consentement, agrément. Ils s'imaginent que, parce qu'ils ne demandent maintenant qu'une simple attache, la plus douce du monde, le parlement se prendra à ce piège, pasc. Prov. 19. Le public ne doit trouver ni mauvais, ni étrange que nous demandions l'attache des théologiens, d'alemb. Académie franc. Dignités, charges, postes, bénéfices, pensions, honneurs, tout leur convient [aux hypocrites] et ne convient qu'à eux; ils ne comprennent pas que sans leur attache on ait l'impudence de les espérer, la bkuy. 4 6.
— SYN. attache, attachement. Sans parler de ce que attache s'emploie au propre, et que attachement ne s'emploie qu'au figuré, on voit que l'usage a introduit cette différence, que attache exprime toute espèce de lien qui astreint, toute espèce d'intérêt qui captive ; tandis que attachement exprime un goût, une affection. On a de l'attache au jeu, et non de l'attachement. Et quand Racine dit que Joad et Josabeth ont de l'attache pour l'enfant qui est dans le temple, il veut dire non précisément qu'ils l'aiment, mais qu'ils tiennent à lui par un motif quelconque.
— HIST. xin's. X trancher les ataches à quoi tient tes mantiaus , Renart et Vairon. Et dessus la crespine [il] attache Une moult précieuse atache, Et par dessus la crespinete Une corone d'or greslete, la Rose, 2)224. Il xiv* s. Le suppliant prit un baston ou attache [échalas] de vigne duquel il frapa icelluy prestre, du cange, atacheia. \\ xvT s. Il faisoit couvrir des hommes de peau d'ours et de sangliers, et puis lascher des lévriers d'attache sur eulx, qui les deschiroient en pièces, amyot, Pélop. 63. Tout cela bien farci de poudres, avec quelques perthuis pour faire tomber des mesches quand elles auroient bruslé l'estache du fillet, d'aub. Hist. u, 48 f. Appendix ou attache aux deux premiers tomes, id. ib. 485. Qu'il y vouloit luy-mesme apposer son attache pour le valider davantage , et servir d'approbation d'une acte si nouveau, carl. vi, 35.
— ÊTYM. Berry, étache; picard, attake; wallon, atèche, épingle; provenç. attacha (voy. attacher).
ATTACHÉ, ÉE (a-ta-ché, chée), pari, pansé. Il 1° Fixé par une attache. Attaché au poteau, à la croix. Les mains attachées derrière le dos. Bancs attachés avec des clous. Trois sceptres à son trône attachés par mon bras, corn. Nicom. 1, 3. Heureux qui, satisfait de son humble fortune, Libre du joug superbe où je suis attaché, rac. Iphig. 1, 4.|| En termes de peinture et de sculpture, lié, joint par l'attache. || 2° Fig. Fixé. Tenir ses yeux attachés à la terre. Une âme attachée aux biens terrestres. Télémaque ayant les yeux attachés sur lui, fén. Tél. xxi. Quand je verrai ces yeux armés de tous leurs charmes. Attachés sur les miens, rac. Rérén. 1, 4. Lorsque d'un saint respect tous les Persans touchés N'osent lever leurs fronts à la terre attachés.... id. Esth. n , 4. Et je verrais leurs fronts attachés à la terre, volt. Fanât, u, 5. C'est Vénus tout entière à sa proie attachée, rac. Phèd. 11, 3. Mais sa haine sur vous autrefois attachée , id. ib. 1, 4. Aux hasards de ces nuits ne livrons pas nos voiles, Sur le phare immortel veillons l'œil attaché, lamart. Harin. 11, 6. Il 3* Qui accompagne, suit ou cherche. Attaché aux pas de quelqu'un. Un homme depuis I temps attaché à sa personne. Attaché près de moi par un zèle sincère, rac. Phèd. 1, 4. || Substantivement. Il faut finir ses jours comme on les a commencés; il y a tantôt quarante -cinq ans que je me compte parmi vos attachés, volt. Lettr. à d'Argenson, 1748, 49 juill. H 4° Liépar l'affection. Attaché à quelqu'un par les liens de l'amitié. 11 m'est très-attaché. Attaché au parti de la noblesse. 11 est attaché aux Romains. Le roi qui, dès son enfance, l'avait vu toujours attentif au bien de l'Etat et tendrement attaché à sa personne sacrée.... boss. te Tellier. L'un à
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'l'autre attachés depuis notre naissance, volt. Zaïre, n, a. Je suis fort attachée à sa personne, sêv. 188. Il n'était point attaché aux richesses, fên. Tél. xvi. Cassien, quoique fort attaché aux Grecs, leur préfère saint Jérôme, boss. Préf. || 5° Qui tient à, qui s'occupe à. Être trop attaché à la vie. Attaché à l'argent. Très-attaché à la justice. Très-attaché à ses idées. Une esclave attachée à ses seuls intérêts, rac. Baj. n, 6. Et j'ai vu sa valeur à me plaire attachée, id. Hithr. H, '. Vous m'avez vue attachée à vous nuire, id. Phèd. il, 6. Vous seul, seigneur, vous seul, vous m'avez arrachée X cette ohéissance où j'étais attachée, ID. Hithr. îv, 4. || Absolument. Absorbé dans une occupation. Il avait à ses pieds maint volume, Et ne vit presque pas son ami s'avancer, Attaché selon sa coutume, la font. Fab. vin, 26. || 6* Inhérent à, dépendant de. Leur fortune est attachée à celle de l'Etat. Leur salut y est attaché. Beaucoup de soucis sont attachés au pouvoir. Et plaignant les malheurs attachés à l'empire, rac. Brit. iv, 3. Contre la défiance attachée au malheur.... id. Jfit/ir. n, 4. Puisque cette grandeur à son trône attachée.... corn. Nicom. n, 3. Mille et mille douceurs y semblent attachées [à la couronne] Oui ne sont qu'un amas d'amertumes cachées, id. Héracl. l , i. Aux douceurs du mystère le calme est attaché, i. B. Ronss. Calùto. Le bonheur n'est pas attaché à l'éclat des rangs et des titres, mass. Malheur. Non, mes chers frères, la vertu de la parole de la croix n'est pas attachée à celle du ministre qui l'annonce, id. Car. Fausse conf. Le bonheur et le repos de notre vie y est attaché, mass. Voc. || 7° Absolument. Attaché à l'argent. C'est peu, en uiimot, de n'être plus profane, mondain, voluptueux, mou, fier, attaché, il faut être grave, doux, humble, ferme, chaste, fidèle, chrétien, mass. Disp. à la comm. Si vous n'êtes ni moins ambitieux, ni moins attaché, ni moins sensuel, id. If yst.i'urt/icattoB, 2. [|8°S. m. Un attaché d'ambassade, fonctionnaire qui fait partie d'un»1 ambassade.
— syn. 1. attaché, avare, intéresse. L'avare est celui pour qui accumuler est une passion, sans
I aucun désir d'employer à des jouissances les richesses amassées. L'intéressé cherche son intérêt, gagne autant qu'il peut dans les affaires qu'il fait, et donne du sien le moins qu'il peut. L'intéressé, qui n'est point nécessairement avare, diffère en cela de l'attaché qui accumule, qui fuit la dépense et fait des épargnes, mais n'a pas, comme l'avare, l'argent pourn'en rien faire. || 2.attachéà, attaché auprès. Attaché auprès ne marque qu'un simple engagement au service dequelqu'un. Attaché à marque affection, passion, zèle. Il en est de même de attachemeut auprès et de attachement à ou pour : l'attachement qu'il a auprès du prince est une vraie servitude. Il a pour elle un grand attachement.
t ATTACHE-BOSSETTE (a-ta-che-bo-sè-f), s. m. Dans l'éperon, morceau de fer conique à ses deux bouts, qui sont creusés pour conserver la tête du clou. \\Au plur. Des attache-bossette, ou bossettes.
— ÊTYM. Attacher, et bossetle.
ATTACHEMENT (a-ta-che-man), s. m. || i° Sentiment d'affection qui lie, qui attache. C'est une bonne et honnête fille, qui me sert depuis vingt ans avec l'attachement d'une fille à son père, plutôt que d'une domestique à son maître, J. i. rouss. Lett. 426. Dire les derniers adieux aux attachements de ma jeunesse, id. Hél. vi, 3. Pour la première fois de sa vie il prit un attachement, id. ib. m, 20. D'où vient l'attachement qu'on a pour les confesseurs, sév. 238. Ce profond attachement que nous avons à nous-mêmes, boss. Hist. n, a. L'excès de l'attachement que nous ne sentons pas dans la possession, se fait sentir dans la perte, id. le Tellier. L'attachement qu'on a à cette vie, flêch. Or. fun. 52. (Jctavius les remercia de leur fidélité et de leur attachement pour la mémoire de son oncle, vertot, Révol. rom. liv. xiv, p. 294. Honteux attachement de la chair et du monde.... corn. Poly. iv, 2.... Je suis au-dessus de ces attachements, id. Sert, m, 4. Nos pertes ne deviennent si douloureuses que par les attachements outrés qui nous liaient aux objets perdus, mass. Avent,Af(lict. Quand la vertu n'aurait que le privilège de diminuer nos douleurs en diminuant nos attachements, id. Car. Dégoûts. La semence sainte trouve en eux [les pauvres] bien moins d'opposition du côté des attachements de la chair et du sang que dans les grands et les riches du siècle, m. Conf. Salut des âmes. Ceux qui ont des attachements au monde qui les y retiennent, pasc. Prov. 6. || 2° Grande application. Avoir de l'attachement à l'étude. Un grand attachement au travail. Peut-on avoir plus d'attachement à tous ses
devoirs? sêv. a. L'attachement au salut devant nous mettre souvent en danger de manquer à ces devoirs extérieurs du monde, bourd. Dominic. m, Éloign. du monde, 48. Leur attachement inviolable aux intérêts du peuple, vertot, Réiol. rom. liv. ix, p. 330. || 3* Absolument, liaison avec une femme. Il a un attachement. || 4° S. m. plur. Terme d'architecture. Notes que l'on prend des ouvrages faits, lorsqu'ils sont encore apparents, et qui serviront au règlement des mémoires. || 6° En termes d'art militaire, anciennement, attachement de mineur, l'action de mettre le mineur après le corps du mur.
— Etym. A ttacher.
ATTACHER (a-ta-ché) , v. a. || 1* Joindre , fixerune chose avec une autre. Attacher avec des clous. Attacher au poteau. On lui attacha les mains. Attacher la vigne aux échalas. || 2° Fig. Attacher les yeux sur quelqu'un. Il attachait les regards de la foule. Il ne manque souvent à un ancien galant, auprès d'une femme qui l'attache, que le nom de mari, labruy. ï. Et qu'est-ce que l'homme, pour que vous y attachiez votre cœur ?chatea«b. Harl. 66. Maisdéroberson âme à de si doux appas Pour attacher son cœur àce qu'on n'aime pas, corn. Othon, i, 3. Si sa beauté dès lors n'eût allumé nos feux, Le devoir auprès d'elle eût attaché nos vœux, id. Rodog. iv, 3. L'hymen qui nous attache en une autre famille, id. Hor. m, 4. Un père à qui le sang l'attache, id. Jlérael. m, t. Pour mieux assurer la honte de leurs fers, Tous voulaient à leur chaîne attacher l'univers, id. Cinna, 1,3. Je n'attendais pas moins de cet amour de gloire Qui partout à vos pas attache la victoire, rac. Bérén. n, 2. Un oracle effrayant m'attache à mon erreur, id. Iphig. n, t. Non que pour Octavie un reste de tendresse M'attache à son hymen et plaigne sa jeunesse, id. Brit. u, 2. C'est lui, seigneur, c'est lui dont la coupable audace Veut, la force à la main, m'attachera son sort, id. Mithr. I, 2. Vous que l'amitié seule attache sur ses pas, id. Bérén. m, t. Montrez à l'univers, en m'attachant à vous, Que, quand je vous servais, je servais mon époux, id. Baj. n, i. S'il ne m'attache à lui par un juste hyménée, id. ib. i, 3. Plus fier de t'attacher ce nouveau diadème, Plus grand de te servir que de régner moi-même, volt. If. de Ces. I, 4. Tu te fais une joie orgueilleuse et cruelle D'attacher sur mon front une honte éternelle, delav. Vêpres Sicii. m, 2. Il se vantait insolemment qu'il avait trouvé le secret d'attacher à Métellus un remords et une furie vengeresse, vertot, Rév. rom. liv. ix, p. 396. || 3" Faire dépendre de. X votre tête , Les dieux ont d'Hion attaché la conquête, n\c.Iphig. 1,2. Le ciel n'a point aux jours de cette infortunée Attaché le bonheur de votre destinée, id. t'b. v, 2. Rome n'attache point le grade à la noblesse, corn. Sertor. u, 2. Peste soit qui premier trouva l'invention De s'affliger l'esprit de cette vision Et d'attacher l'honneur de l'homme le plus sage.... mol. Sganar. il. || 4° Donner, attribuer. Attacher de l'importance ou du prix à quelque chose. Attacher une peine à. Quoiqu'on attache à ce mot une idée de justice. Il attache à ce mot un tout autre sens que vous. Rome, à ce nom si noble et si saint autrefois, Attacha pour jamais une haine puissante, rac. Bérén. n, 2. || 6° Intéresser, plaire. Attacher les esprits. Les fables ne vous attachent pas. .... nous attachant à des récits Qui mènent à son gré les cœurs et les esprits, la font. Fab. vu, dédie. Un enfant qu'à six ans les romans attachent, j. j. rouss. Confess. IL, Inventez des ressorts qui puissent m'attacher, boil. A. poét. III. Si le monde n'attachait les hommes que par le bonheur de leur condition présente, comme il ne fait point d'heureux, il ne feraitpoint d'adorateurs, mass. Dauphin. || Absolument. Vous dites que vous ne contez pas bien ; je ne connais personne qui attache autant que vous, sêv. 35. || 6° Lier par l'affection, par le devoir. Tout ce qui attache à la vie. Il fallait attacher le peuple au nouveau gouvernement. S'attacher quelqu'un par de bons offices. || 7" Adjoindre, associer. 11 a attaché son sort à la fortune de Rome. Attacher son nom à un événement. 11 l'attacha à son service, il le prit pour domestique. Ce jeune homme sera attaché au ministère. 11 s'attacha cet officier.
s'attacher, v. rèfl. || 1° Se joindre, se fixer à. La glu s'attache à la main. La vigne s'attache à tout ce qu'elle rencontre. Si vous saviez par combien d'imperceptibles liens les richesses s'attachent et, pour ainsi dire, s'incorporent à votre cœur.... boss. le Tellier. || 2° Fig. Ne pas quitter, suivre, se fixer à. S'attacher aux pas de quelqu'un. Je m'attacherai à vous. S'attacher à la poursuite de l'ennemi. S'attacher à la fortune, à la destinée de quelqu'un. Un puissant intérêt s'attache à ces souvenirs. Sur les
deux combattants tous les yeux s'attachèrent, volt. Ilenr. x. Plus la nuit est obscure, et plus mes faibles yeux S'attachent au flambeau qui pâlit dans les cieux, lamart. Ilarm, m, b. Quelque terme où nous puissions nous attacher et nous affermir, pasc. dans cousin. Les esprits de la cour s'attachent par les yeux, malh. vi, t. Non, non, c'est à Dieu seul qu'il faut nous attacher, rac. Ath. m, 6. Dont l'esprit léger s'attache évidemment Aux attraits captieux de mon déguisement, corn. Rod. iv, 5. Mais elle-même, hélas ! de ce grand nom charmée, S'at» tache au bruit heureux que fait sa renommée, id. Sert, l, t. Je remarquai un homme dont la simplicité me plut : je m'attachai à lui, il s'attacha à moi ; de sorte que nous nous trouvions toujours l'un auprès de l'autre, montesq. Letl.pers.i8. Qu'est-ce que l'épiscopat, quand il se sépare de l'Eglise, qui est son tout, aussi bien que du saint-siége qui est son centre, pour s'attacher contre sa nature à la royauté comme à son chefl boss. Reine d'Angl. \\ i° Se lier par affection, par devoir. Nous nous attachâmes l'un à l'autre. S'attacher à une femme. S'attacher à la personne des rois. C'est ainsi que les peuples s'attachent aux maisons royales, boss. Polit. Je m'attache un peu moins aux intérêts d'un homme , corn. Hor. i, t. Et je soupçonnerais un crime dans les vœux D'un homme qui s'attache à tout ce que je veux! id. Othon, v, 1. 1| 4° S'appliquera, rechercher. S'attacher à la vertu. Il s'attache à la philosophie. S'attacher à perdre quelqu'un. Cet écrivain s'attache particulièrement à être clair. Les hommes ne s'attachent pas assez à ne point manquer les occasions de faire plaisir, la bruy. a. Tout le mien [mon esprit] s'attachait aux périls de la paix, corn. Sertor. iv, 3. On ne s'attache point sans un remords bien rude X tant de perfidie et tant d'ingratitude, id. ib. v, 4. L'âme, de son dessein jusque-là possédée, S'attache aveuglément à sa première idée, id. Cinna, m, 2. Achillas et Septime S'attacheront peut-être à quelque autre maxime, id. Pomp. i, i. En vain à l'observer jour et nuit je m'attache, rac. Phèd. i, 2. X vous faire périr sa cruauté s'attache, id. Athal. Vf, 2. Elle s'attache à ôteranx prophéties leurs auteurs, boss. Hist. n, t3. Je me suis attaché à vous découvrir les causes, id. t'b. m, 7. Ne s'attachant [ne faisant attention] qu'à l'étroite signification d'efficient, desc. Rép. t. Le sort dont la rigueur à m'accabler s'attache, volt. Brut, m, 5. || 5° En termes de manège, un cheval s'attache à l'éperon, quand, au lieu de céder, il se pousse du côté où le cavalier approche l'éperon.
— HIST. xi' s. X une estache l'ont atachet cil serf, Ch. de Roi. cclxxii. ||xu* s. [L'enseigne] As fers de lances atachée et levée, Ronc. p. 70. || xm* s. Et chascune galie fu atachie à un huissier [sorte d'embarcation] pour passer seûrement, villeii, lxx. Celé [dame] m'a si fort atachié, Que [je] n'en puis estre deslachié, Lai d'Ignaurcs. Et por ce voil que tu le saches Que por riens ton cuer n'i ataches, la Rose, 5374. || xvi* s. Dieu prendra à cœur tous les outrages que nous feront les tyrans, comme s'ils s'estoient attachés [attaqués] à son propre fiis, calv. 247. Comme si la destinée avoit attaché la victoiro à ses membres, mont, i, tt>. Il attache une chorde à l'un des bras du prisonnier, id. i, 239. Si vous leur attachez un bon coup d'espée en la poictrine, id. h, t47. Le rémora arreste les vaisseaux ausquels il s'attache, ID. n, <80. Après suyvoient douze cens harquebusiers en quatre troupes, ayans charge d'attacher [attaquer] les corps de garde de l'iufanterie ennemie, puis donner dans leur quartier, lanoue, 5«7. 11 fit attacher une escarmouche, id.«63. Craignant que le grand nombre de sa flotte ne fust cause de les faire fouir en terre avant qu'il les peust attacher, il.... Les ennemis s'attachèrent incontinent à les investir et combattre; mais ilz ne furent pas plus tost attachez, que ceulx qui estoient démolirez derrière arrivèrent, amyot, Aie. 58. X la porte y avoit un chien attaché, qui faisoit le guet et estoit terrible à tout le monde, id. Pélop. 65. Antiochus ne demandoit que quelque occasion de s'attacher [s'attaquer] aux Romains, id. Flamin.il. Il se joignit avec Aristides, et s'attacha à Ephialtes [prit parti contre lui], id. Cimon, il. Quelques uns s'attachent [tiennent] à la cadence des périodes, d'auu. Hist Préf. 3. Il assiège Mouzac, qui avoit double fossé, quatre espérons de terre attachez de quatre courtines, id. t'b. n, 4 61.
— ÊTYM. À et tacher; bourguig. étaiché; picard , atlaker. On verra au mot tacher le sens propre de tache , tacher , qui explique celui d'attacher ou d'o(taqier, mots qui ne diffèrent que par la prononciation.
ATT
ATT
AIT
-(■ ATTACHEUR, EUSE (a-ta-cheur, cheu-z"), s. m. et f. Technologie. Ouvrier, ouvrière qui attache.
— ÊTYM. All'irher.
ATTAQUABLE (a-ta-ka-bl'), adj. Qui peut être attaqué.
— HIST. xvi* s. Les assaillans regardèrent aussi, de leur part, aux endroits qui leur sembloyent les plus attaquables, lanoue, 632.
— ÊTYM. Attaquer.
ATTAQUANT (a-ta-kan), s. m. Celui qui attaque. Les attaquants furent repoussés.
ATTAQUE (a-ta-k') , s. f". || 1* Action d'attaquer, de commencer le combat. Attaque vigoureuse , imprévue. || En termes d'escrime, attaques, mouvements que l'on fait pour ébranler son adversaire. || 2° Assaut. On donnera l'attaque au point du jour. || En termes de guerre, les attaques d'une place sont tous les travaux des assiégeants pour l'emporter. Une fausse attaque est une attaque feinte. Les attaques droites sont les travaux réguliers. || 3° Fig. Agression, atteinte. Les attaques de la critique. Les attaques contre la société, le gouvernement. L'astronomie n'étant pas suffisante pour détruire la chronologie de l'Écriture, on revient à l'attaqua par l'histoire naturelle, chateaub. Génie, i, lv, 4. Faisons de notre haine une commune attaque, raC. Andr. u, a. Vous sou-tenez en paix une si rude attaque, id. ib. v,2. Les attaques que le inonde livrait à sa foi vont être enfin terminées, mass. Ilort du pécheur. 11 me donne mille attaques sur l'attachement que j'ai pour vous, sêv. 42. || 4" Paroles lancées pour sonder l'intention de quelqu'un. Il m'a fait, mais inutilement, une ou deux attaques làdessus. || 6* En termes de médecine, accès subit d'un mal périodique ou non. Attaque de goutte, d'apoplexie. C'est ramasser toutes ses forces, c'est unir tout ce qu'elle [la mort] a de plus redoutable, que de joindre, comme elle fait, aux plus vives douleurs l'attaque la plus imprévue , boss. Duch. d'Orl. || Attaque de nerfs , spasmes accompagnés ou non de mouvements violents ou convulsifs, de cris et de pleurs, accidents qu'on observe particulièrement chez les fecimes et les individus très-irritables.
— étym. Voy. attaquer jprovenç. atactta ; catal. alaco; ital. attacco.
ATTAQUÉ, ÉE (a-ta-ké, kée), part, passé. Attaqué de toute part. Quoi donc ! n'est-ce pas assez que nous soyons attaqués au dedans et au dehors par toutes les puissances temporelles? boss. le Tellier. Sa faveur, attaquée par tant d'endroits, est si hautement rétablie que.... id. t'6. Votre cœurpar un maître attaqué chaque jour, volt. Zaïre, iv,6. || Atteint, affecté. Attaqué d'une maladie soudaine. Il a le poumon attaqué. |j Proverbes. Bien attaqué, bien défendu; c'est-à-dire la défense n'est pas moins vigoureuse que l'attaque.
ATTAQUER (a-ta-ké) , v. a. ||1" Diriger un acte de violence sur, engager un combat, une lutte. Attaquer l'ennemi. Attaquer une place. Des voleurs l'attaquèrent sur la grande route. Croyez-moi, plus j'y pense, etmoins je dois douter... Que deJésabella fille sanguinaire Ne vienne attaquer Dieu jusqu'en son sanctuaire, bac. Athal. i, t. Plus vous la pouvez accabler d'infamie, Plus elle vous attaque en mortelle ennemie, id. Nicom. m, 4. ||2° Fig. Attaquer quelqu'un par la corruption. Attaquer les droits de quelqu'un. Cet ouvrage attaque la religion, les mœurs. Le ministère fut vivement attaqué dans les chambres. Celui qui ne défend pas un ami qu'on attaque. Définition qui a été attaquée par plusieurs philosophes. C'est une opinion qu'on attaquera vivement. || 3° Attaquer quelqu'un en justice, intenter une action. || Attaquer un acte, en contester la validité. || 4" Surprendre, saisir, en parlant d'une maladie. Le scorbut attaqua la flotte. Il fut attaqué subitementd'une paralysie. || 5° Nuire à quelque chose, endommager, léser. La rouille attaque le fer. Le blé fut attaqué par les charançons. Dans cette opération, il faut craindre d'attaquer l'artère. || S'Entreprendre, commencer. Sujet que j'attaquerai. J'aime a attaquer certains chapitres avec de certaines gens, sév. 230. || Entamer. Attaquer un poisson servi sur la table. || Attaquer quelqu'un de conversation, lui adresser la parole pour l'exciter à parler. La reine m'attaqua la première, sév. ut). Je ne suis point personne à reculer lorsqu'on m'attaque d'amitié. — Et lorsque c'est d'amour qu'on vous attaque? mol. Scapin, ni, 1.|| En termes de manège, piquer un cheval des deux éperons à la fois. || En termes de musique, bien attaquer la note, donner juste avec vigueur une note à laquelle on passe vivement. || Eu termes de marine, attaquer une Ile, un
cap, s'en approcher pour les reconnaître. || En termes do chassa, lancer la bête en mettant les chiens sur sa trace. || En termes d'exercice militaire, attaquer l'arme, saisir vivement le fusil dans les divers exercices. || 7" S'attaquer, ». réft. Diriger une attaque contre. S'attaquer aux honnêtes gens. S'attaquer à plus fort que soi. Le mal s'attaqua si violemment aux poumons. Un valet qui s'attaque à son maître, mol. Amph. m, 2. S'attaquer à mon choix, c'est s'en prendre à moi-même, corn. Cid, u, 7. Ou souffre aux entretiens ces sortes de combats, Pourvu qu'à la personne on ne s'attaque pas, mol. F . sav. iv, 3. || 8' Être attaqué, en parlant des choses. Le poumon s'attaque. || 9° S'attaquer, en parlant de plusieurs. Ils s'attaquèrent l'un l'autre avec violence.
— REM. La locution s'attaquer à n'est explicable que par cette remarque que attaquer est le mêm» que attacher (voy. tache et tacher). S'attaquer à ne se comprendrait pas; mais s'attacher à se comprend très-bien avec le sens particulier que l'usage y a donné.
— syn. attaquer quelqu'un, s'attaquer A quelqu'un. Attaquer quelqu'un, c'est diriger contre lui une attaque, qui est un acte momentané. S'attaquer à quelqu'un, c'est le prendre à partie, en faire l'objet d'une poursuitequi peut durer longtemps.
— HIST. xvi' s. Attaquer à [s'en prendre à, se jeter sur], mont. 1, 2i. Nous n'attaquons pas une beste ou une pierre quand elle nous blece, id. m, ( 10. On ne doit point désirer que si puissans monarques s'entr'attaquent, lanoue, 396. Là s'attaqua une très-grosse escarmouche , id. 687. Attaquer , d'attacher qui est le vray mot et nayf, h. est. Du nouu. lang. p. 81.
— ÊTYM. Bourguig. étaquai ; espagn. atacar ; ital. attaccare. Attaquer n'est que la prononciation picarde et flamande d'attaclier (voy. ce mot).
t ATTAQUEUU (a-ta-keur) , s. m. Celui qui attaque.
— HIST. xvie s. Il y a de si pauvres attaqueurs do place, qu'ils travailleroyent deux mois à former seulement un ravelin, lanoue, 340.
— ÊTYM. Attaquer.
t ATTARDÉ, ÉE (a-tar-dé, dée), part, passé. Attardé et surpris par la nuit. || Fig. Poètes, par nos chants, penseurs, par nos idées, Hâtons vers la raison les âmes attardées, v. hugo, Voix, 2.
t ATTARDER (a-tar-dé), t). a. || l- Mettre en retard. || 2° S'attarder, v. réjl. Se mettre en retard. || Se trouver hors de chez soi à une heure avancée du soir ou de la nuit.
— HIST. xi' s. Mais Blancandrins qui envers lui s'atarge, Ch. de Roi. xxvn. || xii* s. Ne vous atargez mie, Jicfic. p. 14. Chevauchez, rois, ne soiez atarjans, ib. p. 84. Vint uns mes [messager] à la court, qui ne s'atarda mie, Sax. xxin. || xin* s. Dont se dressa li roys, n'i volt [voulut] plus atargier, Berte, xi. Et li dus de Venise ne s'atarja mie, villeh. lxxvi. On ne doit pas le plet alongier, ne atargier outre l'espasse de deus assizes, beaum. xxxix, 65. || xiv s. L'epervier se effroidit et attardist , quant il est foulé ou grevé par les oiseaulx, Ménagier, m, 2. || xv* s. Le roi respondit que follement deux fois ils [les seigneurs anglais] avoient chevauché outre sa défense; pourquoi ils l'avoient courroucé et attargiô leur payement, froiss. ii, ii, 442.
— ÊTYM. À et larder; picard, alarger; wallon, s'astargi; namurois, s'astaurgt; rouchi, s'atarger. La forme targer suppose un bas-latin tardiare.
t ATTE1GNEMENT (a-tè-gne-man) , s. »». Action d'atteindre et résultat de cette action.
ATTEINDRE (a-tin-dr1) , j'atteins , nous atteignons, ils atteignent; j'atteignais; j'atteignis; j'atteindrai; j'atteindrais; atteins, atteignons; que j'atteigne, que nous atteignions; que j'atteignisse ; atteignant; atteint, v. a. || 1* Arriver à toucher, au propre et au figuré. Cet enfant brise tout ce qu'il atteint. La vigne atteintlepremierétage. || Fig. Vous n'avez pas encore atteint l'ageoù je cours, rac. P/iè<i. m, 6. || Le blé a, cette année, atteint un prix trèsélevé. Les perlesn'atteignent pas le prix du diamant. || 2° Frapper de loin. Atteindre le but en visant. Atteindre avec la fronde. Être atteint par le feu du ciel. || Atteindre son but, réussir. I Fig. Toucher, léser, concerner. Ce coup atteignit beaucoup d'hommes de bien. Il fut atteint d'une maladie. Ce soupçon ne peut atteindre un pareil caractère II a été atteint dans sa fortune par les événements politiques. || 3° Joindre en cheminant, en chemin. On eut beau courir, on ne put atteindre le voleur. On l'atteignit malgré l'avance qu'il avait. Nous atteindrons le village avant la nuit. || Fig. Pour atteindro
ceux que nous regardons comme supérieurs. D'une belle ardeur ta jeunesse animée Par cette grands épreuve atteint ma renommée, corn. Cid, m, o. Ils perdent de vue leurs égaux et atteignent les plus grands seigneurs, labruï. 6. || 4° V.n. Parvenir avec effort, difficulté. Vous ne pourrez pas atteindre au dernier rayon de cette bibliothèque. A peine la vue peut-elle atteindre à discerner la partie du ciel qui les sépare [deux étoiles] , la bruy. 1 0. Et sans atteindre au but où l'on no peut atteindre , malh. v, 30. Un seul jour peut atteindre à tant de renommée, Et ce beau jour luira bientôt, a. ciién. ïambe 4. La découverte du calcul infinitésimal, que Newton a faite, a donné lieu de dire au savant Halley qu'il n'est pas permis à un mortel d'atteindre de plus près à la divinité, volt. Louis XIV, ch. 34. Les mauvais écrivains de Rome sentaient bien qu'il était plus aisé d'imiter la bouffissure des orateurs de l'Asie, que d'atteindre à l'éloquente simplicité de Démosthène, la harpe, Cours de littér. t. u, p. 37». || 5° S'atteindre, v. réjl. Se frapper, se blesser. Eu voulant atteindre son adversaire, il s'est atteint luimême.
— SYN. 1. atteindre, v.a. et atteindre,*;, n. On doit aire atteindre un certain âge, parce qu'on atteint les années sans difficulté, sans effort. On doit dire atteindre à la perfection , parce que, pour parvenir à la perfection, il y a des difficultés à vaincre, des efforts à faire. Atteindre Paul et atteindre à Paul voudront dire : le premier, que l'on court après Paul et qu'on le rejoint; le second, que Paul est placé hors de notre portée, et que nous arrivons jusqu'à lui avec effort. En un mot, atteindre, verbe actif, a une signification générale, et peut aussi bien se dire quand il n'y a pas effort que quand il y a effort ; atteindre à a une signification plus particulière et implique un effort quelconque.
H 2. atteindre, aveindre. Quand on touche seulement une chose, on l'atteint. Quand on la prend et qu'on l'amène à soi, on l'aveint. La distinction est très-précise ; et c'est une faute grave que de dire atteindre pour aveindre.
— HIST. xi* s. Et se de ço [il] fuist atint de la justice lu roi.... L. de Guill. 2. Nés [il ne les] poet garder que mais ne lui ateigne, Ch. de Roi. i. Vers Saragoce il les vont ateignant, t'6. clxxvi. Il xn" s. Cui il ataint, tostestà mort livrez, Ronc. p. 79. Se jà [je] pourrai jusqu'à s'amour ataindre, Couci, xi. Que cil ne soit atains de l'heresie [en amour], Qui désormais ne vous vorra amer, quesnes, Romancero, p. t09. Tantost [il] fait la pucelle despouiller [déshabiller] etdesçaindre, Et la batitd'uufrein làoù [il] la put ataindre, audefr. le basï. Romane, p. 4 4. Et si ne poras atignre à lei [elle] , st bern. 628. || xiu* s. Un lien [elle] a ataint, [à] Tybert [elle] l'a présenté, Berte xv. Car si l'avoit atainte et la pluie et la bise, ib. xxxi. Uns rainsiaus l'ot atainte parmi sa destre joue, ib. xxxiu.Pour qui ferai mais ne chançon, ne chant, Quant je ne bée à nula amour ataindre? anonyme dans Couci. Et gastoient blés et vuignes et gardins et destruisoient quankes ilataignoient, Ch. de Rains, p. 74. Renart li dist : amie chiere, Por quoi vos voi-je si ateinte? /toi. 24365. Et se il ainsi ne le peutprover, il est ataint de force faite au seignor, Ass. de 1er. i, 231. Celui qui viaut [veut] son plait ataindre deit dire ce que besoin lui est à briof paroles, t'6. 74. Il sera ataint et prové corne home qui défaut de venir faire dreit à home qui se claime de lui, t'6. 95. Quiconques est pris en cas de crieme et atains du cas si comme de murdre ou de traîson, d'omicide ou de femme efi'orcier, il doit estre trainés et pendus, beaum. xxx, 2. Li sires qui le veut ataindre de servitude, le doit sivir par devant le segneur sor qui il est couquans [couchant] et levans.... id. xlv, 5. || xiv* s. Et se telle fin peut estre atainte par plusieurs moiens , les sages regardent par lequel ce peut estre fait plus legierement et mieux, oresme, Eth. 07. || xv* s. Tant chevaucha le comte de Hantitou et Coruouaille, qu'ils actaindirent les Doffinois, et frappèrent sur eux biiudement, fenin, 4449. || xvi* s. Après avuir tasché de tout dire, je voy bien qu'il s'en faut beaucoup que je n'atteinde à l'excellence, calv. Instit.
4 099. La fortune parfournit ce à quoy l'art n'&voit peu attaindre, mont, i, 264. Voilà l'extrême punit où la cruauté puisse attaindre, id. u, 431. Il feit haulser l'huile plus prez du bord, où il la peust attaindre, id. il, 4 76. Quand on est attainct d'une bonne fiebvre.... in. iv, «7. Tarpeius fut aussi luy mesme atteint et convaincu de trahison à la poursuite de Romulus, amyot, Rom. 26. Le lac alla toujours ainsi croissant au long des cousteaux, jusques à ce qu'il altaignit au plus hault, id. Cam. 5. Péri-
ATT
ATT
ATT
nu
des fut alors attaint de la peste, id. Péricl. 72. Il n'est point raisonnable, que celuy qui ne tire point attaigne au blanc, id. P. Mm. 32.
— 6TYK. Wallon, aiére ; proyenç. ateigner ; à'attingsre, de ad, à, et tangere , toucher (voy.