XIII
— ÉTYM. Bas-lat. aslellare. On donnait le nom à'astelet au bois du collier des chevaux; delà atteler; ce mot vient donc de astele ou, comme nous écrivons aujourd'hui, attelle (voy. ce mot). Ainsi il faut complètement rejeter l'étymologie de pro-telum qui en latin signifie attelage ; nous ne connaissons pas en celte langue de mot attelum, qui ait pu produire le mot français; et si l'on invoquait dételer, nous remarquerions que eslele s'est dit pour astele, et que dételer est pour desteler. Comparez le Berry dte, s. /'.timon d'une voiture à bœufs.
t ATTELET (a-te-lè) , s. m. Voy. iiâtelet.
ATTELLE (a-tè-1'), s. f. || 1" Partie du collier des chevaux à laquelle les traits sont attachés. || 2° Terme de chirurgie. Lame de bois flexible, mais résistante, et garnis de linge, qui sert à maintenir les
fractures. || 8° Instrument de bois qui sert aux potiers à lever la poterie sur la roue.
— HlST. xii* s. Depeciésen astele [morceaux], R. de Cambrai, 70. || xiii* s. Pour s'amour [les chevaliers] mèneront mainte lance en astele, aud. i,b bast. Romancero, p. 18. Li vilains est coruz au feu; Si a esprise une chandoile, Et en sa main prist une astele, Et si est venuz à Primaut, Ren. 4064. || xiv* s. Lui donna un coup d'une astelle qu'il tenoit, du cange, astella. Collier de limons, garni de brasseures, d'astellets, id. ib. Le suppliant prit une atele ou coipel à terre devant lui et le jeta vers sa femme , m. astula. Le dit Filleau prist une attelle, autrement appelée bûche de moule, de laquelle il feri très oultrageusement le dit Lucas, id. t'6. || xvi* s. Il faut que les compresses et astelles embrassent toute la partie fiacturée, paré, xii, 2. Les férules ou astelles sont faites de papiers collés ensemble, ou de bois mince et délié, ou de cuir, ou d'escorce d'arbre, ou lame de fer blanc oude plomb, id. xn, 8. Adonques le vieillard esclata des astelles; Il fit trois petits feux en cerne tout en rond , rons.
— ÉTYM. Norm. hatel, s. m. bois coupé et fendu, et atelle, s. f. bâton; wallon, estale, et namurois, astale, copeau; provenç. astela; catal. astella; du latin hastella, petit bâton, de hasta, bâton, lance (voy. haste).
fATTELLEMENT (a-tè-le-man), t. m. Action d'atteler; résultat de cette action.
tATTELOIRE (a-te-loi-r*), s. f. || 1» Cheville fixant les traits du cheval au timon ou aux brancards. || 2" Poignée pour saisir un instrument.
— ÉTYM. Atteler.
ATTENANT, ANTE (a-te-nan, nan-f), adj.
|[ 1" Qui est contigu. La maison attenante. Sou jardin est attenant au mien ou du mien. || 2° Attenant, adv. Tout proche. Je demeure tout attenant. || 3° Prepos. Touchantà. Lemurattenantdelaporte, la font. Berc. Le théâtre représente une chambre attenant la galerie où se sont passés les quatre premiers actes, de belloy, Gaston et Bay. v. || On le dit aussi avec à : mur attenant à la oorte.
— HlST. xn' s. Mieux aim [j'aime] ainsi endurer Que grant roiaume atenir, Couci, p. 423. || xiii* s. Mieux aim de lui [de ma dame] dure pensée Que d'une autre greignors biens atenir, Romancero, p. 4 44. || xjv s. Olivier deMauny, qui fu son atenans, Et ses frères aussi n'i furent pas faillans, Guescl. 8250. || xv* s. Nous, considerans la prochaineté de lignage en quoy nous attient nostre très chier et très amé cousin germain Charles roy de Navarre, du cange, attinentes. \\ xvi* s. Charlemagne estoit attenu à l'evesque de Rome, d'autant qu'il estoit parvenu à l'empire en partie par sou moyen, calv. Instit. 909. La meilleure cire est la plus légère, la plus grasse, la plus attenante et moins frangible, o. de serhes, 464.
— ÉTYM. Attenant est le participe présent de l'ancien verbe atenir, de à et tenir.
f ATTENDANT, ANTE (a-ten-dan, dan-t'), adj. || !• Qui attend. || 2" En termes de musique, cadence attendante, cadence imparfaite, qui se fait eu montant d'une quinte et qui semble attendre une réponse. || 3° S. m. Sectaire qui soutient qu'il n'y a dans le monde aucune Église véritable, et qu'il faut attendre que la véritable vienne.
ATTKNDRE (a-tan-dr'), j'attends, tu attends, il attend, nous attendons; j'attendais ; j'attendis ; j'attendrai ; j'attendrais; que j'attende ; que j'attendisse ; attendant; attendu, v. a. || 1" Demeurer pour la venue de quelqu'un ou de quelque chose. Qu'attendezvouspour vous sauverïL'arméeattend impatiemment son général. Le vaisseau attend un vent favorable. Attendre les bêtes à la chasse. Attendre l'arrivée d'une lettre. Il attendait le beau temps. J'attends votre commodité. Mais attendons la fin, la font. Fab. I, 2t. Il n'attend qu'un prétexte à s'éloigner de lui, rac. Andr. u, 3. L'ingrat qui ne m'attend que pour m'abandonner, id. Iph. u, 6. La bonté de Dieu nous attend à repentance, boss. Asc. 3. Ne vous a-t-il pas attendu assez longtemps à pénitence? mass. Rech. On attend tous les jours que M. de Luxembourg batte les ennemis, sév. soo. [Elle] Attend l'ordre d'un père à choisir un époux, corn. Cid, i, 4. Qu'attendez-vous à vous soumettre? boss. llist. u, 43. Qu'attendez-vous, chrétiens, à vous convertir, et pourquoi désespérez-vous de votre salut? id. Anne do Cons. Sur cette terre déserte Qu'attends-tu? je n'y suis pasl lamart. Ilarm. n, 4. || Familièrement et par ironie. Attendez-moi sous l'orme, se dit d'un rendez-vous où l'on n'a pas dessein d'aller, d'une chose que l'on ne
ATT
veut pas faire. Attendez-moi sous l'orme; Vous m'attendrez longtemps, hegnard, Attendez-moi sous forme, 22. || Faire attendre une chose a quelqu'un, la lui retenir, différer de la lui donner. Une circonstance essentielle à la justice que l'on doit aux autres, c'est de la faire promptement et sans différer; la faire attendre, c'est injustice, la bruy. 4 2. De ces Égyptiens qui la mirent ici, Trufaldin qui la garde est en quelque souci, Et trouvant son argent qu'ils lui font trop attendre, Je sais bien qu'il serait très-ravi de la vendre, mol. l'Étour.i, 2. || 2' Compter sur, espérer; quelquefois, craindre. On ne pouvait attendre aucun secours du sénat. N'attendre son salut que de sa valeur. Je n'attends rien que de moi-même. On attend beaucoup de vous. Ce service, monseigneur, n'est pas le seul qu'on attend de vous, boss. Reine d'Anglet. S'il nous ouvre aujourd'hui le sein de l'enfer, c'est pour nous y montrer un réprouvé que nous n'y attendions point, mass. Car. Mauvais riche. Concurrent malheureux à cette place insigne, Votre orgueil l'attendait; mais en étiez-vous digne? volt. Câlin. I, 6. Quels honneurs dans sa cour, quel rang pourrais-je attendre? bac. Brit. IV, 2. Les apôtres -attendaient que leur maître délivrerait Israël du joug des nations, et qu'il les ferait asseoir eux-mêmes sur douze trônes terrestres, mass. Car. Fausse confiance. N'attendezpas que je recueille ici toutes ses actions dont une partie est presque incroyable, flêch. Panég. U, p. 366. N'attendez pas ici que j'éclate en ;njures, bac. Bér. îv , 6. Attendez tout aussi de ma reconnaissance, cobn. Sert. I, 2. Elle qui de vous seul attend son diadème, id. Pomp. m, 3. Les Juifs n'attendent rien d'un méchant tel que toi, rac. Esth. m, t>. Dans un âge si tendre Quel éclaircissement en pouvez-vous attendre? id. Alh. u, 7. Attendant tout de sa bonté pour les malheureux , mass. Prière. Il n'y a rien à attendre de la tradition des saints, boss. 3" écrit. || Attendre de, suivi d'un infinitif , espérer, se promettre. N'attendez pas de le trouver sans imperfection, fên. Tél. xii. Cher amant, n'attends plus d'être un jour mon époux, cobn. lior. i, 3. || 3° Attendre quelqu'un à.... attendre qu'il s'engage dans une difficulté dont on pense qu'il ne se tirera pas. Il est vrai, cette somme lui est due; mais je l'attends à cette petite formalité; s'il l'oublie, il n'y revient plus et il perd sa somme, la bbuy. 4 4. Il ne faut plus qu'un pas, mais c'est où je l'attends, rac. Baj. I, 3. Ne vous mettez pas en peine, j'ai des remèdes qui se moquent de tout, et je l'attends à l'agonie, mol. iléd. m. lui, m, 6. Les comédiens m'ont dit qu'ils l'attendaient sur la réponse, id. Impromptu , 3. || 4" Attendre de, différer. Si vous attendez de vous convertir à la mort, vous mourrez dans votre péché , mass. Car. Impénit. Ils attendent de n'être plus propres au monde pour être propres au royaume de Dieu, m. Etienne. Pour juger de ce qu'il est, attendez de savoir ce qu'il a fait, j. j. rouss. Ém. v. || 5" Être réservé à, menacer. Les indignes traitements qui attendent les vaincus. Estce donc là ce qui vous attend ? De nouveaux outrages vous attendaient dans votre gloire, mass. Indig. || 6" Fig. Un coup n'attendait pas l'autie, les coups se succédaient sans interruption. La valeur n'attend pas le nombre des années, corn. Cid, u , 2. Il 7" Attendre un cheval, en retarder l'éducation jusqu'à ce qu'il ait acquis de la force. || Attendre du vin, attendre qu'il soit à point. Attendre des fruits, attendre qu'ils soient mûrs. || 8° V. n. Attendez ici un moment. J'attendis longtemps sans rien voir venir. Pour ne pas attendre et pour arriver justement en ce temps-là, voit. Lett. 43. Espérer, attendre, c'est vivre? Que sert de compter et de suivre Des jours qui n'apportent plus rien? lamabt. Harm. m, 8. || Faire attendre quelqu'un, le retarder, lui faire perdre son temps. Il fait attendre ses créanciers. Préparez tout, je ne ferai pas attendre. || Se faire attendre, tarder à venir, au propre et au figuré. 11 ne se fit pas attendre. Ses bienfaits ne se ferunt pas attendre. || S'Attendre à, différer jusqu'à. 11 attend à la belle saison, au priutemps. Faudrat-il sur sa gloire attendre à m'exercer Que ma tremblante voix commence à se glacer? boil. Épit. i. Il y a des hommes qui attendent à être dévots que tout le monde se déclare impie ou libertin, la bbuy. te. César résolut d'attendre à se déterminer, qu'il fut sûr du parti qu'embrasseraient Lépidus et Plancus, vertot, Révol. rom. liv. xiv, p. 329. On attend à se convertir à l'heure de la mort, flêch. Serm. u, 28. Gardez-les pour son père [les cendres de Pisistrate] , mais attendez à les lui donner quand il aura assez de force pour les demander, fén. Tél. xxi. X me chercher lui-même attendrait-il si tard? rac. Baj.
ATT
m, s. Le feu demeure caché dans les veines des cailloux, et U y attend à éclater jusqu' à ce que le choc d'un autre corps l'excite, fén. Exist. 4 5. Il n'attendit pas à la mort à consacrer à Jésus-Christ une partie de ses richesses , flêch. M. de liant. || 10° Attendre après, avoir besoin d'une personne, d'une chose. Apporte-lui ce livre ; il attend après. Ce n'est pas avoir du respect pour le ministre que de le faire attendre après vous, boss. Ord. || 11* En attendant, Joe. adv. Jusqu'à tel moment. En attendant il s'est reposé. || En attendant que, loc.conjonct. Jusqu'à ce que. En attendant qu'il vienne. Les poètes disent quelquefois attendant que. Il satisfera, sire, et vienne qui voudra, Attendant qu'il l'ait su, voici qui répondra, corn. Cid, u, 7. Le sort de nos guerriers réglera notre sort ; Cependant tout est libre attendant qu'on le nomme, id. Hor. i, 8.
s'attendre, v. ré/l. || 1* Différer jusqu'à ce qu'on soit réuni. Nous nous sommes attendus, et nous sommes partis ensemble. |[ 2° Compter sur, espérer ou craindre. Tous s'attendent à retourner dans leur patrie. Attends-toi à essuyer des contrariétés sans nombre. Il s'attend bien àce qui doit arriver. Plutôt qu'on ne s'y attendait. Au moment qu'ils s'y attendaient le moins. L'erreur la plus pernicieuse est de nous attendre que Dieu nous attendra, bourd. Carême, u, Grâce, 243. Je sais ce qu'il faut croire de ce payslà; je ne m'attends pas du tout à m'y amuser, staël, Corinne, liv. i, ch. 3. Ils ne s'attendaient pas, lorsqu'ils me virent naître, Qu'un jour Domitius dût me parler en maître, rac. Brit. m, 8. || S'attendre à quelqu'un, compter sur quoiqu'un. Ne t'attends qu'à toi seul: c'est un commun proverbe, la font. Fab. iv, 22. Toi donc, qui que tu sois, 0 père de famille, Tattendre aux yeux d'autrui, quand tu dors, c'est erreur, iD.t'6. xi, 3. Après ce coup, Narcisse, à qui dois-je m'attendre? rac. Brit. u, 6. || Avec la préposition de et un infinitif. Cassius s'était bien attendu de trouver une opposition générale à sa proposition , de la part des grands de Home, vertot, Révol. rom. liv. m, p. 228. On lui donne une pompe funèbre où l'on s'attendait de lui dresser un triomphe, flêch. Turenne. Ulysse en fit autant : On ne s'attendait guère De voir Ulysse en cette affaire, la font. Fab. x, 3. Mes transports aujourd'hui s'attendaient d'éclater, rac. Bérén. m , 4 . || Des grammairiens ont prétendu que ce vers de Racine était fautif et que la faute avait été commandée par la nécessité d'éviter l'hiatus ; mais on voit par les exemples que la préposition de était alors aussi usitée dans ce sens que d, et que, aujourd'hui, parler ainsi, ce serait non pas pécher contre la grammaire, mais user d'une tournure dont on peut dire seulement qu'elle est présentement moins usitée. || Proverbes. On l'attend comme les moines font l'abbé; c'est-à-dire en se mettant à table et commençant toujours à dîner. || Il ennuie à qui attend. || Tout vient à point à qui sait attendre, c'est-à-dire avec de la patience on finit par trouver une occasion favorable. || Vous ne perdrez rien pour attendre; le retard sera un avantage, ou, dans un sens contraire, vous recevrez le châtiment qui vous est dû. || U faut attendre le boiteui [le messager] ; c'est-à-dire, pour être sûr d'une nouvelle, il faut en avoir la confirmation. || Qui s'attend à l'écuelle d'autrui a souvent mal dîné, c'est-à-dire il ne faut pas compter sur autrui.
— REM. i. S'attendre que régit l'indicatif quand le sens est affirmatif : Je m'attends qu'il viendra. Il régit le subjonctif quand le sens est négatif : Ne vous attendez pas que je le fasse. || 2. S'attendre, avec le sens d'espérer, compter, serait inintelligible si on ne connaissait pas à attendre un autre sens que celui qu'il a aujourd'hui. Ce verbe signifiait aussi faire attention, ce qui en est le sens propre. S'attendre, c'est donc s'appliquer à , tendre son esprit à, et de là la signification dérivée dont il s'agit.
— hist. xi* s. De Guenelon atent li reis noveles, Ch. de Roi. lii. Â grant dolur illec [il] atent son plait, ib. cclxxii. || xn* s. Baron, or atendez [faites attention |, Ronc. p. 4. Où Sarazin atendent l'ajournée, t'b. p. 33. Qui l'atendist ne fit mie que sage, ib. p. 64. Puis sont monté, n'i ont plus atendu, ib. p. 4 23. Dist l'uns à l'autre : grant joie nous atend, t'6. p. 4 35. S'onques granz biens dut estre desserviz Pourmalavoir, bien [je] doi merci atendre, Coud, y. De vous [j'] aten guerredon et merci, t'6. vu. Et tous les biens qu'on puet avoir d'aimer, Aura mes cuers qui adès s'i atent, t'6. xm. Les biens d'amour que j'ai atendus tant, t'6. || xm* s. Si me convient atendre son vouloir [de ma dame] , Et j'atendrai come loial ami, le comte d'anjod, Romancero, p. 424. En Hongrie [elle] revient, U où li rois l'aient, Berle, a.
ATT
Lors s'est couchiez lez une haie, liée atendra aventure, Ren. 771. Monseigneur Baudoin de Reins, un preudomme qui estoit descendu à terre, me manda par son escuier que je l'atendisse, joinv. 216. Ci après orrez de pluseurs persecucions et tribulacions que j'oy en Acre, desquiex Dieu, à qui je m'atendoie et à qui je m'atten, me délivra, id. 261. l| xiv s. Libéralité doit estre attendue et jugiée selon la substance et la faculté, oresme, Elh. 405. On dit que bien attent, qui point ne seuratent [n'attend trop], Guescl. 4 9694. Aussi dit-on communément Que trop ennuyé à qui atant, Liv. du bon ./eh. 465. Considerans et attendans diligemment les bons et agréables services, du cange, atlendere. || xv*s. Les aucuns disoient en chevauchant et conseilloient que on attendesist le matin et qu'il seroit tantost nuit, froiss. u, m, 20. Le roi attendit un petit à parler, id. I, I, 321. Cela fait, elle revint à sa maistresse, et lui dit que son ami n'attend qu'elle [ne pense qu'à elle, l'attend impatiemment], louis xi, Nouv. xxxix. || xvi* s. Je m'attends bien qu'il y fera son devoir, et qu'il n'y obmettra rien, maro. L. 72. J'estois bien fort mal, de mal de cueur et desvoyement d'estoumac, que j'attendois durer jusques à mercredi, qui est le bout de mon troisiesme mois, id. t'6. 414. Ne vous attendez pas qu'ils y mettent la main, mont, i, 72. Attendez vous y [faites-y attention] pendant que vous y estes, id. l, 88. Unmalada auquel je m'attends [je m'intéresse] et que je considère, m. i, 9t. Je m'attends à ce qu'elle [la science] serve d'ornement, non de fondement, id. i, 463. Quelle resverie est-ce de s'attendre de mourir de vieillesse? id, i, 406. U permet au sage d'agir à sa mode, sans s'attendre aux lois, id. iv, 429. Plus on attend, plus s'enracine le mal, lanoue, 254. Chascun commencea à luy porter envie, pource que l'on s'attendoitbien qu'il emporteroit encore le prix, amtot, Thésée, 22. Va t'en demain les avertir qu'ilz s'attendent d'avoir bientost icy les Gaulois, id. Cam. 23. Plusieurs en conceurent bonne espérance, s'attendans que, quand et la charte des vivres, deust aussi cesser la sédition civile, id. Cor. 22. Pensans tousjours à l'advenir, et attendans à quelle fin et à quelle issue la fortune conduira l'envie de prospérité présente, id. P. Mm. 46. Des esclairs si souvent recouppez, que l'un n'attendoit pas l'autre, id. Timol. 38. Ils n'avoient qu'un corps de logis, qui ne pouvoit attendre un canon, d'aub. hist. u, 4 93. Puis la cavalerie commença à passer, à s'atendre et à reprendre quelque forme, id. t'6. m, 444. Attendues les nouvelles qu'il avoit dudit ennemy, l'intention du maistre, et Testât et conséquence de ses affaires, il persistoit en cet advis, m. du bell. 36 m. Et retirant ses brebis de l'herbage, Sous un rocher attend venir l'orage, rons. 964. A celui qui attendio peult, tout vient à temps et à son vœu, gênln, Récréât, t. u, p. 233.
— ÉTYM. Bourguig. étandre ; provenç. atendre; espagn. atender ; ital. altendere ; du latin altendere, de ad, à, et tendere, tendre (voy. tendre) : mot à mot, tendre vers; de là on arrive au sens actuel. D'après Palsgrave, p. 13, on prononçait les deuxt au xvi' siècle.
ATTENDRI, IB (a-tan-dri, drie), part.passé. Une volaille attendrie. || Fig. Attendri par les supplications. Heureux l'homme pour qui la prière attendrie S'élève des lèvres d'autruil II obtient par la voix de l'orphelin qui prie Plus qu'il n'a fait pour lui , lamart. Ilarm. m, 40.
ATTENDRIR (a-tan-drir), v. a. || 1" Rendre tendre, non dur. La gelée attendrit les choux. || Par extension. Avant d'avoir attendri sa vue en se tenant en un lieu obscur, desc. Diopt. 9. || 2° Fig. Emouvoir, rendre sensible. Heureuse, si mes pleurs peuvent vous attendrir, rac. Iphig. m, 6. La vue du fils m'attendrit le cœur pour le père, fén. Tél. xv. Après donc s'être bien attendri lecœurl'unàl'autre, l'Etoile fit savoir à Destin tous les bons offices qu'elle avoit rendus à la Caverne, scarr. Rom. corn, u, 4 3. Pour ces deux étrangers laissez-vous attendrir, volt. Oreste, iv, 8. Le monologue de Mme Denis attendrit tout le monde, parce que Mme Denis a la voix tendre, volt. Leur. d'Argental, 23 sept. 4 760. H Par extension. Sansqu'une fois aumoinsvotremuse en extase Du mot de tolérance attendrisse une phrase, gilb. Apologie. Aht dites bien qu'amoureux et sensible, D'un luth joyeux il attendrit les sons, BÊRANG. Bonne vieille. Un roi qui, non content d'effrayer les mortels, Laisse aux pleurs d'une épouse attendrir sa victoire, rac. Iph. m, 4. || 3° S'attendrir, v. ré/l. Devenir tendre, non dur. Les choux s'attendrissent à la gelée. || 4° Fig. Je m'attendris sur elle, volt. Semt'r. u, 4. C'est vous seul pour qui
ATT
mon cœur s'attendrit, fên. Tél. m. Elle feignit de s'attendrir pour Ulysse, ». ib. 1.
— syn. s'attendrir SUR, s'attendrir pour. S'attendrir sur quelqu'un, c'est être sensible à son malheur, en avoir compassion. S'attendrir pour quelqu'un, c'est s'attendrir en faveur de quelqu'un, être disposé à le secourir, à le défendre.
— hist. xii* s. Rolant l'entent, li cuers li atenrie. Ronc. p. 68. ||xin* s. Durs fu li pains etcrouste et mie : Li dui n'en menjaissent demie, Se il atendri ne l'eussent, ruteb. ii, t74. Je ne voz [voulus] onques retourner les yex vers Joinville, pource que le cuer ne me attendrisist du biau cliastel que je lessoie, joinv. 20». ||xvi* s. Il n'eut onques le cueur de ce faire, tant il estoit lasclie, ains attendry par je ne sçay quelle espérance, aima mieux estre luymesme pariie de ses propres despouilles, amyot, P. jEm. 66. La perte de celuy-là seul luy attendrit le cueur, id. Péric. «». Il trouva Antonius preschant les soudarts, et eulx tout esblouis et attendris par la doulceur de son éloquence, id. Marius, 8t. Ceulx qui trempent le fer, après qu'ils l'ont amolly et attendry par le feu.... id. Comin. discerner le flatteur, «t. Ce qu'on fait premièrement en attendrissant le fruit par bouillir dans l'eau claire, o. de serres, 849. La laisser [la poulaille] mortifier et attendrir d'elle-mesme, H. est. Àpol. pour Hér.
— ÊTYM. A et tendre, adjectif; provenç. attendrir, atenrezir; espagn. aternecer. X côté d'attendrir, il y avilit atendrier, dans l'ancien français.
ATTENDRISSANT, ANTE (a-tan-dri-san , san-t') , adj. Qui attendrit, qui émeui l'âme. Spectacle, récit attendrissant. Il faut [dans Tancrède| un vieillard vert, chaud, à voix moitié douce, moitié rauque, attendrissante, tremblotante, voui.Letlr. Mlle Clairon, 24 sept. 1760.
ATTENDRISSEMENT (a-tan-dri-se-man) , s. m. || 1° Action de rendre tendre, mou. L'attendrissement de ces viandes. Il 2* Sentiment par lequel on s'attendrit. Cédant à 1 attendrissement. Mme Denis joue à peu près comme Mlle Clairon, excepté qu'elle a dans la voix un attendrissement que Clairon voudrait bien avoir, volt. Leur. Thiriot , 23 sept. 1760. Cela jette dans l'acte un attendrissement, un intérêt qui manquait, id. Lettr. d'Argental , déc. (760.
— HIST. xvi* s. Cest attendrissement du fruit sa fait par bouillir dans l'eau claire, 0. de serres, 86t.
— ETYM. Attendrir.
ATTENDU, UE (a-tan-du , due) , part, passé d'attendre. Le Messie attendu par les Hébreux. Des honneurs longtemps attendus. Quoiqu'attendu, madame, à l'empire du monde, rac. Bérén. 1, 4. Et tu vois le triomphe où j'étais attendu! id. ib. v, 4. Il En termes de cuisine, une viande attendue, une viande à point pour la faire cuire. || Attendu, Joe. prépositive. Vu, eu égard à. Il fut exempté de cette charge, attendu son infirmité. || Attendu que; Joe. conjonct. Vu que, comme. Les parents de sa femme s'étaient opposés à son mariage, attendu qu'il n'était pas gentilhomme, bern. de s. p. Paul et Virg. J'eus un maître autrefois que je regrette fort Et que je ne sers plus, attendu qu'il est mort, destouches, le Glorieux, 1, 3.
— HIST. xv* s. Attendu qu'ils ne pouvoient ignorer qu'il ne fust fils et frère du roi, monstrelet, 1, 25.
ATTENTAT (a-tan-ta; le» se lie, du moins dans le parler soutenu; au pluriel l's se lie : des attentats odieux; dites des a-tan-ta-z odieux; attentats rime avec appas, repas), s. m. Entreprise criminelle, entreprise contre les lois. De ce couple perfide J'avais presque oublié l'attentat parricide, rac. Eslh. li, 3. Et son trouble, appuyant la foi de vos discours, De tous ses attentats me rappelle le cours, id. ib. ni, 6. De grâce, apprenez-moi, seigneur, mes attentats, id. Brit. 11, 3. Il nous a déployé l'ordre dont Amurat Autorise ce monstre à ce double attentat, id. Baj. v, tt. S'attaquer à mon choix c'est s'en prendre à moi-même, Et faire un atten-
Itat sur le pouvoir suprême, corn. Ci'd, 11, 7. Ce serait.... Sur votre autorité commettre un attentat, id. Nicom. m, 4. Tout ce peuple a des yeux pour voir quel attentat Font sur le bien public les maximes d'État, id. ib. m, 2. || En termes de droit, attentat à la pudeur, tentative violente contre la personne d'une femme ou d'un enfant.
— HIST. xvr s. Hz se sentaient coulpables de telz attentats, et pretendoient à faire de telles chuses au maniement des affaires, qu'ilz avoient craint que Caton ne fust eleu prœteur, amyot, Coton d'Uli-