AUM
— HIST. xn" s. Puisque mes cuers ne s'en vuet revenir De vous, dame, pour qui il m'a guerpi, Aumône aurez, se'l daigniez retenir, Couci, ix. Tous H clergés et li home d'eage Qui en aumosne et en bienfais mainront [demeureront], quesnes, Romancero, p. 94. Ço que à saint iglise unt si ancesur dune, En parmenable almosne li unt tut graanté , Th. le mari. 46. Grant almosne est, fait il, que li fel est ocis; Ne fu aine si buens faiz à faire mais enpris, ib. 4 65. || xiii" s. J'iroie ains d'uis en uis mes aumosnes rouver, Berle, xliii. Car me monstrez la voie, si aurez fait aumosne, ib. xlvi. Nulle fillaresse de soie aux grans fuiseaus ne puet ne ne doit ouvrer à jour de feste, ne en quaresme, puis que l'aumosne est sonée à Saint Martin des Chans, Liv. des met. Si. Et par quelque manière il soient venu, noz poons entendre que grant aumosne fet li sires qui les oste de servitute et les met en francise, beaum. xlv, 32. Je voil bien que tu saches que tu n'anporterasjàplusdecestsiegleque honor et aumosne, merlin, f° 69, verso. || xiv" s. Et vous aventurez pour recevoir tel don , Com ce premiermontant [à l'assaut] aprisenguerredon ; Car à telles aumosnes tel presse ne vit-on, Guescl. 2(789. || xv"s. Si est aumône etgloire à Dieu et au monde de adresser et reconforter les deconfortés et déconseillés, froiss. i, i, 4 7. Et monta à cheval et s'en vint sur les rues ; et détourna ce jour a faire cruauté et plusieurs horribles faits qui eussent esté faits , si il ne f ust allé au devant , dont il fit aumône et gentillesse, id. i, i, 272. [Eustache de St-Pierre se lève et dit :] Seigneurs, grand pitié et grand meschef serait de laisser mourir un tel peuple que ici a, par famine ou autrement, quand on y peut trouver aucun moyen; et si serait grand aumône, et grand grâce envers Notre Seigneur, qui de tel meschef le pourroit garder, id. i, i, 321.
|| xvi" s. Je vous apporterai cent doubles ducats à deux testes dès demain pour expier le péché, et faire des aumosnes si secrettes que personne ne s'en appercevra, d'aub. Hist. n, 332. La ligue qui demandoit l'aumosne avec une espée à deux mains, id. ib. n, 438. Les novices, pour aumosne, lui monstrerent à lire et à escrire, m. ib. n, 462.
— ÊTYM. Picard, amone; Bourguig. armône ; provenç. elemosina , elimosina , almosna , almorna ; espagn. limosna; portug. esmola; ital. limosina; de eleemosyna, du grec iXtr\\i.ois\>\ri, pitié, miséricorde, bienfait, aumône, de è/erjuwv, miséricordieux, de èXeéw, avoir pitié. On voit dans l'historique que aumône avait fini par prendre le sens général de bonne action.
AVMÔNÉ, ÉE (ô-mô-né, née), part, passé. Une somme aumônée aux hôpitaux.
AUMÔNER (ô-mô-né), d. a. Terme de pratique ancienne. Être condamné judiciairement a payer une somme au profit des pauvres.
— HIST. xiii" s. Par le [la] resonde ce qu'à sainte Eglise appartient le [la] garde des cozes ammosnées et amorties heritavlement, beaum. lyi, 6. Guillaume aquesta le dit héritage, et le peust donner, aumosner ou vendre sans retraite, id. xliv, 2. Li tiers cas qui apartient à sainte Eglise , si est de toz les biens et de toutes ammosnes qui sont données, ammosiftes ou amorties, por sainte Eglise servir et soustenir, id. xi, 4.
— ÊTYM. Aumône; provenç. almornar; anç. espagn. almosnar; portug. esmolar; ital. limosinare.
AUMÔNERIE (ô-mô-ne-rie), ». f. || 1° Charge d'aumônier. || 2° Dans les abbayes, office claustral affecté à la distribution des aumônes. || 3° La grande aumônerie de France, la charge de grand aumônier. || L'hôtel du grand aumônier.
— HIST. xn" s. De l'apostolie [pape] esteit frère Franc mult privez, E à s'aumosnerie esteit il aturnez; En sun servise esteit nuit e jur aprestez, Th. le mart. 66.
— étym. Aumôner; provenç. almonaria.
4. AUMÔNIER, IÈRÏ (ô-mô-nié, niê-r), adj. || 1° Qui fait souvent l'aumône. Vieux et peu usité. Helvétius était un bon et honnête homme, charitable, patient, aumônier, droit, et qui ne manquait ni d'esprit ni de sens, st-sim. 22(, 248. || 2° S. m. Terme d'argot. Se dit d'une variété de voleurs qui se sert d'un mendiant compère.
— HIST. xn" s. Cis paradis où sont li aumosner, Ronc. p. 98. || xiii" s. Et moût [elle] ert [était] preude femme et très-bonne aumosuiere, Berle, cxxx. Le roy fu si large aumosnier, que partout là où il aloit en son royaume, il fesoit donner ans poures esglises, à maladreries, à mesons Dieu, à hospitaulz.... joinv. 293. || xv" s. Il estoit doux, courtois et débonnaire, vierge et chaste de son corps, et large aumônier, froiss. lu, lu, 96.||xvi"s. Nous