‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 146 sur 403 · AUN · texte numérisé non relu

AUN

venons poures à un bening aumosnier, malades au médecin, calv. Inst. 4 4 44. Homme de bien, charitable, aulmosnier, rab. Pant. m, 28. En succession directe, on ne peut estre héritier et légataire, aumosnier et parçonnier, loysel, 344. Michelle de Caignonelle damoiselle grande aumosniere : les pauvres, comme on la menoit au supplice, couraient après elle crians : vous ne nous donnerez plus l'aumosne, d'aub. Hist. i, 7<s.

— ÊTYM. Aumône; provenç. almornier, almoynier, almonier; espagn. limosnero; portug. esmolero; ital. limosiniere.

2. AUMONIER (ô-mô-nié), t. m. || i" Ecclésiastique chargé de distribuer les aumônes des personnes à qui il est attaché, etdeleurdirela messe. Les aumôniers des prélats. Le prudent Gilotin, son aumônier fidèle, boil. Lutrin, i. ||Grand aumônier, l'aumônier du souverain. I| 2° Prêtre chargé de l'instruction religieuse et de la direction spirituelle dans un corps, un établissement. L'aumônier d'un régiment, d'un collège, d'un hôpital. On aimait à voir un aumônier dans une tente ouverte près d'un champ de bataille, cuateaub. Génie, iv, i, 44.

— HIST.xn's. Duncapela li reis frère Franc l'aumosnier : Va tost à l'apostolie [papej, fait-il, ne te targier, Th. le mart. 64.

— ÉTYM. Aumône.

AUMONIÈRE (ô-mô-niê-r"), s. f. Bourse qu'on portait autrefois à la ceinture.

— HIST. xn" s. X iceles enseignes qu'hier soir [il] ot m'aumosniere, herte, xn. Nus ne mile de leur mestier ne puet ourdir ne en traçons ne en aumosnieres, ne en autre euvre, Liv. des met. 4 92. C'est l'ordenance, l'acort et l'establissement que les persones cidesouz nommées, mestressesetouvrieresdelavillede Paris, de faire aumosnieres sarrazinoises conjointement ensemble, »b. 382. Cist pèlerins qui làgisoit, Une riche aumosniere avoit, Qui iert laciée à sa coroie, Ren. 4 9298. Lors [l'amour] a de s'aumoniere traite Une petite clef, bien faite, Qui fu de fin oresmeré, la Rose, 2009.

— ÉTYM. Aumône; provenç. almosnera.

AUMUCE et AUMTJSSE (ô-mu-s'), s. f. Peau de

martre ou de petit-gris que les chanoines et les chantres portent sur le bras lorsqu'ils vont à l'office. Louis XI demanda au pape la permission de porter le surplis et l'aumusse, volt. Mœurs, 94. Déjà, l'aumusse en main, il marche vers l'église, boil. Luir. iv. Et dessous une aumusse L'ambition, l'amour, l'avarice se musse , Régnier , Sat. ix.

— KEM. L'aumuce était anciennement un bonnet de peau d'agneau avec le poil , et la chape se portait par-dessus. Ensuite on fit descendre ce bonnet sur les épaules, et par degrés jusque sur les reins. La commodité devint ensuite l'unique règle, et de là vient la variété qu'on voit dans cet habillement des chanoines, qui n'est plus même qu'un ornement pour ceux qui le portent sur le bras gauche, suivant l'usage le plus commun.

— HIST. xiii" s. Sire, fait-il, par sainte Luce, Ce! vilain à cel rouge aumuce , Je n'en oi onques autre mestre, Ben. 64 64. Car ja si grans solers n'aura, Ne ja tant faire ne saura Grant chaperon, ne large aumuce, Que nature ou cuer ne se muce, la Rose, 44243. Renart est, quant veut, abbé; Quant il veut, l'aumuce prent Tout à son commandement, La queue de Renart. || xiv" s. Puisqu'il ne l'avoit daigné saluer ne oster s'aumussete, du cange, aumucella. Pour mettre en l'aumuce qui soustint la couronne du roy, id. almucium. X leur assemblée, l'empereur osta l'aumusse et chaperon tout jus; et le roi osta son chapel tant seulement, id. ib.

— ÊTYM. Provenç. almussa; portug. mursa; ital. moizetta ; bas-lat. aumucia, aumucella, almucium, almucia, armulia; de l'allemand Uûtte, bonnet; suédois, mœssa; holland. muts; de l'ancien verbe muoxan, couvrir, orner (voy. musser). Quant au préfixe au ou al, c'est l'article arabe al, joint quelquefois, dans les langues romanes, à des mots qui ne sont pas d'origiue arabe. On trouve bien aussi dans Isidore, armilausa, sorte de vêtement militaire. Mais, outre que armilausa donnerait difficilement aumusse , l'aumusse est précisément un accoutrement de tête.

AUNAGE (ô-na-j'), s. m. || 1" Mesurage à l'aune. || 2° Nombre d'aunes d'une pièce d'étoffe. Vérifier l'aunage. || 8° Terme de féodalité. Droit de marque et d'étalonnage que payaient les marchands.

— ÊTYM. Aimer.

AUNAIE (ô-nê) , s. f. Lieu planté d'aunes.

— HIST. xiii" s. Bois, vignes, aunois, gardins, prés, ne se mesurent pas selonc la mesure des terres, beaum. xxvi, 40. || xiv" s. Ils furent reculé jus-

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