AUN
ques & ut aunoy, Guescl. * 4990. || xv s. Et toujours passoient gens d'armes, et se mettoient.... en un aulnoy, et là se quatissoient à la couverte, et attendoient l'un l'autre, froiss. ii, ii, 484. || xvi* s. Qu'aux lieux plus bas soient les estangs, saussaies, peuplaies, tremblaies, aunaies, ozeraies et semblables bois aquatiques, o. le serbes, 4 6.
— ÊTYM. Alnetum, d'alnus, aune, arbre.
4. AUNE (4-n'), s. f. || 1° Mesure ancienne de s pieds 7 pouces 40 lignes 6/6, équivalant à r, 482. || 2° La chose mesurée. Une aune de soie, de drap, de galon. || 3° Fig. Savoir ce qu'en vaut l'aune, connaître par expérience les difficultés, les périls, les peines d'une chose. || Familièrement. Ta bouche déjà s'ouvre large d'une aune [tu bâilles et ouvres une grande bouche] , boil. Épitr. xi. Le visage allongé d'une aune [visage exprimant le désappointement] , sëv. 686. || Tout du long de l'aune, excessivement. C'est véritablement la tour de Babylone, Car chacun y babille, et tout du long de l'aune, mol. Tari. I, 4. Il en aura tout le long de l'aune, c'est-à-dire on lui fera tout le mal qu'on pourra. 1 1 On dit d'un grand mangeur qu'il a toujours dix aunes de boyaux vides pour festoyer ses bons amis. || Proverbes. Les hommes ne se mesurent pas à l'aune ; ce n'est pas d'après la taille qu'on les apprécie. || Mesurer les autres à son aune ; juger des autres d'après soi. || Au bout de l'aune faut le drap ; toutes choses ont leur fin.
— H1ST. xii* s. Dedans [il] l'en [lui en] boute [de la lance] une aine et un quartier, Ronc. p. 97. Seisante aines out li temples de iung, e vint de led, Jlois, 246. H xm* s. Quant li postaus et li contes le sorent, si en furent moult dolant, car il savoient bien combien c'estoit l'aune, Chr. de Rains, 4 48. Aie fu querre une droite aune, Dont il voloit son drap auner, lien. 14 996. Sans faille ce n'est pas merveille, S'ous [si vous] n'en savés quartier ne aune; Car vous avés trop le bec jaune, la Rose, 43017. || xv" s. Il prit à son usage une longue espée qui avoit deux aunes, froiss. ii, ii, 48. Les autres y vinrent pour piller ce que les dits Anglois avoient laissé; car ils n'avoient emporté fors or, argent, vestements précieux, haubers et aunes de grand valeur, monstrel. liv. i, oh. 4 66.
— ÉTYM. Provenç. alna, auna; ital. auna. Ce mot ne vient pas directement du latin ulna; il passe par l'intermédiaire du bas-latin alena, qui vient du goth. aleina; anc. haut allem elina; allem. Etle, avant-bras; qui, à leur tour, se rattachent à ulna, avant-bras, grec ùXévt) , coude, de û).o;, coude. Ulna est l'avant-bras et, comme mesure, la coudée, qui a en effet la longueur d'un avant-bras; et c'est par extension que cette dénomination a été donnée à l'aune qui, d'après Saigey, est le quadruple du pied romain.
2. AUNE (ô-n'), s. m. Arbre qui croît dans les lieux humides (beiula alnus, £.). Les vallées étaient plantées de myrtes , d'aunes et de sycomores , ciiateaubr. ilart. 65. || Aune noir, nom vulgaire de la bourdaine (voy. bourdaine).
— hist. xiv* s. J'ay entendu par aucuns : qui semé sa chambre de feuilles d'aune, les puces s'y prennent, Ménagier, I, 7. ||xvi's. Nous avons plusieurs arbres desquels la teinture est noire, aussi bien comme des noix de galle, entre autres les aulnes ou vergnes apportent teinture noire, palissy, 290. Autant qu'autre arbre aquatique , s'allonge l'aune , en d'aucuns endroits appellée verne ; de l'escorce de cest arbre, les chapeliers et tanneurs se servent à taindre leur ouvrage en couleur noire , o. de serres, 800. Du pied des vieilles aunes, tirera-on des rejettons enracinés, m. 803.
— ÊTYM. Alnus; wallon, onai, aunai; namur. ournta; rouchi, auniau, auniche.
t AUNEAU (ô-nô), s. m. Terme d'agriculture. Arcure qu'on forme avec un sarment de vigne de l'année précédente pour lui faire produire plus de fruits.
— ÉTYM. Est-ce une forme vulgaire de anneau ? AUNE, ÊE (6 -né, née), part, passé. Mesuré à
l'aune. Une pièce d'étoffe bien aunée.
4 . AUNÉE (ô-née), s. f. Plante méd icinale dont la racine est aromatique et amère [inula helenium, t.).
— ÉTYM. Du latin fictif, helenata, de helenium, nom latin de la plante, d'après Scheler; de l'aune, d'après Bescherelle. Inula paraît être une corrup- Von d'èXéviov.
t 2. AUNÉE (ô-née), s. f. L'étendue d'une aune. On dit ordinairement, en ce sens, aune.
— ÉTYM. Auner.
AUNER (6-né), v. a. Mesurer à l'aune et, subsidiairement, avec toute mesure du môme genre. On aune aujourd'hui avec le mètre. Auner du drap,
AUP
Fig. et familièrement. Auner l'habit de quelqu'un, lui donner des coups de bâton.
— HIST. xm* s. Atant estes-YOS le vilain Qui l'aune tenoit en sa main; Son drap à auner encommence, Ren. 4 2024. Cil qui seroit pris aunant à trop petite aune, beaum. xxvi, 4 6. Bien fu li mastins deceûz; Des gardes fu aparceUs; 0 macues et o tiniaus Li ont bien aune sesburiaus [habits], Ren. 4 3993.
— ÉTYM. Aune 4.
AUNEUR (ô-neur), s. m. Officier préposé autrefois à l'inspection de l'aunage.
— HIST. xm* s. Et li corratier ne porront estre marcheant ne auneeur, ne auneeur ne pourront estre marcheant ne corratier, Liv. des met. 392.
— ÊTYM. Auner.
AUPARAVANT (6-pa- ra- van), adv. Dans un temps antérieur. Quelques mois auparavant. L'hiver d'auparavant. Puissé-je auparavant fléchir leur injustice, rac. Iphig. h, 2. Et si Rome est encor telle qu'auparavant, corn. Pomp. iv, 3. Ta rage auparavant sera seule punie, volt. Mérove, iv, 2. On expose son salut aux dangers d'auparavant, flech. Serm. n, 232. Une compagnie qui prenait des partis auxquels elle n'avait pas pensé le jour d'auparavant, et dont elle s'étonnait ensuite , volt. S. de Louis XIV, s. Au lieu de trente vaisseaux qu'on avait joints l'année d'auparavant à la flotte anglaise, on en joignit quarante, id. ib. 4 4. La terreur des choses passées Faisait prévoir àleurs pensées Plus de malheurs qu'auparavant, malh. ii, 4.
— REM. Dans la langue actuelle, auparavant est adverbe, et ne prend pas de complément. On ne dit plus auparavant l'année prochaine; ni auparavant de faire ni auparavant qu'il fit :ce sont des archaïsmes. C'est Vaugelas qui a établi que auparavant devenait adverbe et cessait d'être préposition ou conjonction. Mais pour Corneille et ses contemporains, ces deux emplois étaient corrects et usités. En voici des exemples : La ville d'Agen fut tranquille et soumise en apparence, comme auparavant la sédition, larochef. Mém. 224. Je ne sais que l'archevêque de Bourges à qui cela [être archevêque sans avoir été évêque] fut arrivé auparavant lui [l'abbé de Mailly], st-sim. 4 50, 185. Apprenez-moi le crime auparavant l'arrêt, rotr. Bélisaire, v, 5. Je vais par un chemin d'épines et de flamme, Mais qu'auparavant moi Dieu lui-même a battu, rotr. SI Gen. iv, 4. C'est M. le conseiller, madame, qui vous souhaite le bonjour, et, auparavant que de venir, vous envoie des poires de son jardin, mol. Comtesse d'Esc. 4 3. Et l'eût mise en état, malgré tout son appui, De s'en plaindre à Pompée auparavant qu'à lui , corn. Pomp. H, 4. Pesez, auparavant que de rien intenter, La juste occasion qui doit vous y porter, rotr. Bélisaire, iv, 6. Auparavant que sortirde la vie, la font. Mul. Auparavant que j'examine cela plus soigneusement, desc. Médit. 3.
— HIST. xv* s. Et moût en y eut qui paravant avoient tenu le parti au duc Phelipe et au duc Jehan, fenin, 4 420. Il fut de rechef averti que le curé alloit esteindre le feu comme auparavant de la défense, louis xi, Nouv. lxxiii. H xvi* s. Auparavant que lui faire aucune prière pour nous et nos nécessitez, nous lui requérons premièrement que sa volonté soit faite , calv. Instit. 732. Je ne trouve point que ce nom ait esté en usage auparavant, id. ib. 94 9. Et lors sont faicts debteurs qui paravant estoyent presteurs, rab. Pant. m, 4. L'office descouvre l'homme; au paravant, on ne sçayt pour certain quel il est, id. ib. m, 48. X tous accidens non soubsrnnez, nos sens pâtissent plus énormes perturbations, que si eussent auparavant esté preveuz, m. ib. iv, 4. Quelques années auparavant, mont. 1, 49. Cette pie print à desdaing tout ce qu'elle sçavoit dire auparavant, id. 11, 475. Ces barbares, sans conserve d'aucunes lettres, avoient la cognoissance des choses advenues bien 800 ans auparavant, amyot, Préf.m, 27. Ce qui est auparavant n'est plus que fiction estrange, id. Thésée, 1. Sa mère, tout le temps au paravant luy avoit celé qui estoit son vrai père, id. ib. 6. Au paravant deluy, JeauFroissard et Enguerrant de Monstrelet mirent par escrit.... M. du bell. Prolog. On doit sçavoir que vingt ans au paravant on n'avoit senti un si dur hiver que celui qu'il faisoit lors, lanoue, 669.
— ÊTYM. Au, par et utiant.
AUPRÈS (ô-prê; ï's se lie; auprès était une maison; dites : ô-prê-z était), adv. || 1* Dans le voisinage. Être ou se tenir tout auprès. Être situé tout auprès. Monsieur, si vous n'êtes auprès, Nous aurons de la peine à retenir Agnès, mol. Éc. des f. v, 3. Il 2° Auprès de, prép. Sa maison estauprès de la mienne. Allez toujours m'attendre auprès du lo-