‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 148 sur 403 · AUR · texte numérisé non relu

AUR

gis de votre maltresse, mol. Méd. m. lui, 111, 4. Je l'ai vu périr tout auprès de moi, fén. Tél. xvïi. Le cardinal Alberoni autrefois curé de village auprès de Parme.... volt. S. de Louis XV, 4. || Fig. La dépense du maréchal a été tout auprès d'être ridicule, sév. 597. 11 fut un peu auprès de la cadence [il dansa un peu contre la mesure], id. 79. Il 3° Il exprime l'assiduité à l'égard d'une personne. Reprends auprès de moi ta place accoutumée , corn. Cinna, v, 3. Curius s'était ruiné auprès d'elle, et il lui avait été agréable tant qu'il lui avait été utile, vertot, Uévol. rom. 1. xn, p. 470. || 4* Fig. Dans l'esprit, dans l'opinion de. Trouver de la faveur auprès des gens de bien. Bienvenu auprès de ses concitoyens. Usant de son autorité auprès du maître de la maison. C'est passer trop longtemps pour traître auprès de lui, corn. Héracl. iv, 6. US" En comparaison de. Heureux auprès de nous. Ils trouvaient cette perte légère auprès des premières. Qu'avais-je à me plaindre auprès des craintes que j'ai présentement? sév. 382. Les ans d'Abraham et d'isaac, qui ont fait paraître si courts ceux de Jacob, s'évanouissent auprès de la vie de Sem , que celle d'Adam et de Noé efface, boss. le Tellier. || Proverbe. Si vous n'en voulez point, couchez-vous auprès, se dit familièrement à une personne qui refuseuneoffre raisonnable.

— SYN. 1. auprès de, près de. Ils expriment une idée de proximité. Mais près marque une proximité plus vague; et auprès une proximité plus déterminée. Il demeure près d'ici veut dire que sa demeure n'est pas éloignée : et, il demeure auprès d'ici, signifie que sa demeure est très- peu éloignée. Il 2. auprès de, au prix de. Auprès de est plus général que au prix de, qui ne se dit que des choses ou des personnes qui peuvent se priser. Ainsi on dira : mes malheurs ne sont rien auprès de ceux qui m'attendent; mais on ne dirait pas, au prix de. Au contraire, ou dira également: ma maison n'est rien auprès de la vôtre, ou, au prix de la vôtre; seulement avec cette nuance, que auprès exprime la comparaison de l'apparence extérieure, et au prix exprime la comparaison de la valeur intrinsèque.

— HIST. xvi* s. Une fille d'auprès de Pise, mont. 1, 402. Nous les tenons pour bien fournies, parce qu'elles ont un homme auprez, id. m, 327. Ella destroussoit ceulx qui passoient par auprès du lieu où elle se tenoit, amyot, Thésée, 44. Archimedes ne se soucioit point de tout cela, comme aussi n'estoitce rien auprès des engins qu'il avoit inventez, id. Marcel. 24.

— ÉTYM. Au et près. On disait, dans l'ancien français, emprès.

f AURA (ô-ra), t. f. Terme de médecine. Sensation d'une sorte de vapeur qui semble sortir du tronc ou des membres, avant l'invasion des attaques d'épilepsie et d'hystérie. Aura épileptique, hystérique.

— ÉTYM. Latin, aura, souffle (voy. orage). fAURANTIACÉ, ÉE (Ô-ran-si-a-sé, sée), adj.

Terme de botanique. Qui ressemble à l'oranger. ||S. f.plur. Les auran tiacées, famille de plantes dont l'oranger est le type.

— ÉTYM. Voy. ORANGE.

f AURATE (ô-ra-f), s. m. Terme de chimie. Sel dans lequel le peroxyde d'or joue le rôle d'acide (acide aurique).

— ÊTYM. Aurum (voy. or).

t AUREILLON (ô-rè-llon, «mouillées), s. m. Partie du métier à fabriquer les étoffes de soie.

— étym. Voy. oreille.

t AURÉLIËRE (ô-ré-liê-r'), s. f. Un des noms vulgaires du perce-oreille.

— ÉTYM. Oreille.

t AURÉ0LA1RE (ô-ré-o-lè-r') , adj. Terme didactique. Qui imite une auréole.

— étym. Auréole.

AURÉOLE (ô-ré-o-1'), s. f. || 1* Cercle lumineux dont les peintres entourent ordinairement la tète aes saints. Il Par extension. Qui peut me dire où luit son auréole? De son exil Dieu l'a-t-il rappelé? bérang. Ange exilé. 0 palais, sois béni ! sois bénie, ô ruinel Qu'une auguste auréoleà jamais t'illumine ! v. hugo, Hayons et oui bres, 11. 1 1 2" Le degré de gloi re qui distingue les saints dans le ciel. L'auréole des martyrs. Il 3°Terme d'astronomie. Couronne simple ou double qui se voit surtout dans les éclipses.

— étym. Auréola, sous-entendu corona , couronne d'or, d'aurum, or (voy. ce mot).

f AUR1CARBE (ô-ri-bar-b'J, adj. Terme de zoologie. Qui a une barbe dorée.

— étym. Aurum, or, eibarbe.

t AURICOLLE (ô-ri-ko-1') , adj. Terme de zoologie. Qui a le cou d'un jaune doré.

— ÊTYM. Aurum, or, et collum, cou.

AUK

AURICULAIRE (ô-ri-ku-lê-r') , adj. || 1" Qui a rapport, qui appartient à l'oreille. Nerf, conduit auriculaire. || 2" Témoin auriculaire, celui qui a ouï ce qu'il raconte. || Confession auriculaire, confession qui se fait à l'oreille du prêtre. La confession auriculaire, l'extrême-onction, le mariage, montesq. Esp. xix, 48. || 3° Doigt auriculaire, le petit doigt, qu'on peut introduire dans l'oreille, ou s. m. l'auriculaire. || Plumes auriculaires, plumes qui garnissent les oreilles des oiseaux. || 4° Diphthongues auriculaires, les diphthongues véritables, celles qui font entendre deux sons, comme ut dans huile, par opposition à diphthongue oculaire, diphthongue qui n'est que pour l'œil, comme ou.

— HIST. xvi* s. Le cuboïde soustient le doigt annulaire et auriculaire, PARÉ, IV, 38.

— étym. Auricularius , d'auricula (voy. oreille).

t AURICULE (ô-ri-ku-1'), t. f. || 1* Terme d'anatomie. L'oreille externe ou pavillon de l'oreille. || 2" En botanique, auricules, petits appendices arrondis qu'on observe à la base des pétales, étamines, feuilles ou pétioles de certaines plantes; de là l'expression feuilles auriculées, pétioles auricules. || Oreille d'ours, jolie primevère. || 3° Terme de zoologie. Bouquet de plumes placé sur les yeux de certains oiseaux.

— étym. Auricula, petite oreille (voy. oreille). t AURICULE, ÉE (ô-ri-ku-lé, lée), adj. Terme

didactique. Qui est muni d'auricules ou d'oreillettes.

— étym. Âuricule.

t AURIÈRE (ô-ri-ê-r'), s. f. Terme d'agriculture. fausse orthographe pour oriere.

t AURIFÈRE (o-ri-fê-r'), adj. Qui contient de l'or. Terrain ou pays aurifère. Fleuve aurifère.

— ÉTYM. Aurum, or (voy. or), et ferre, porter.

t AURIFICATION (6-ri-fi-ka-sion), s. f. Terme de chirurgie. Opération qui consiste à obturer les dents creuses avec des feuilles d'or.

— ÉTYM. Aurifique.

t AURIFIER (ô-ri-fi-é), v. a. Terme de chirurgie. Pratiquer l'aurification.

t AURIFIQUE (ô-rifi-k'), adj. Qui a la puissance de produire de l'or ou de changer quelque chose en or; vertu que les alchimistes attribuaient à leur poudre de projection.

— étym. Aurum, or, etfacere, faire. AURILLARD (ô-ri-llar) , adj. Voy. orillard.

f AURIOL (o-ri-ol), s. m. Nom vulgaire du loriot commun.

— étym. Aureolus, de couleur d'or (voy. loriot).

t AURIPEAU (ô-ri-pô) , s. m. Voy. oripeau. { AURIPENNE (ô-ri-pè-n'), adj. Terme de zoologie. Qui aies ailes dorées.

— ÉTYM. Aurum, or, etpenna, aile.

4 . AURIQUE (ô-ri-k') , adj. Terme de marine. Il se dit des voiles qui ont quatre côtés, ou ralingues, sans être carrées. - -

— ÉTYM. Le Dictionnaire de Jal ne donne aucune étymologie.

2. f AURIQUE (ô-ri-k'), adj. Terme de chimie. Qui se rapporte à l'or. Acide aurique.

— étym. Aurum, or.

fAURISCALPE (ô-ri-skal-p'), s. m. Cure-oreille.

— ÉTYM. Auriscalpium, de auris, oreille (voy. oreille), etscalpere, gratter (voy. scalpel).

fAURIVENTRE (ô-ri-van-tr'), adj. Terme de zoologie. Qui a le ventre doré.

— étym. Aurum, or, et ventre.

AUROCHS (ô-roks), *. m. Un des noms vulgaires du bœuf unis, qui est un bœuf des prairies et des bruyères.

— ÉTYM. Mot allemand composé de Auer pour Âue, plaine, et Ochs, bœuf: bœuf de plaine; sanscr. uxan, bœuf, taureau, cheval, probablement du radical rah, porter (voy. véhicule).

AURONE (Ô-ro-n'), s. f. Nom vulgaire d'une espèce du genre armoise, nommée aussi garde-robe, s. f. et aurone des jardins (arlemisia abrotonum, L.). || Aurone femelle, petit cyprès et garde-robe, noms vulgaires de la santoline (voy. santoline).

— HIST. xiii' s. Abroigne, une herbe qui bone est au mouton, But. occid. des Croisades, t. n, p. 682. || xvi* s. Absinthe, aurosne et tenasie, paré, xxii, 6. L'auronne, ditte menu cyprès, pour le grand rapport qu'elle a avec cest arbre, autrement appellée garderobe, se plante par rejettons enracinés, à faute desquels suppléera la semence, o. de

— ÉTYM. Wallon , lèvrone; rouchi , ivrone; picard, avrogne; de àbrotonum, do àCfêtovov.

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AURORE (o-ro-r'), s. f. || 1" Lalueur qui précède, à l'horizon, le lever du soleil. Nous eûmes le plaisir, tout le long du chemin, de voir le coucher et l'aurore du soleil en même temps; il se coucha, ce jour-là, à onze heures, et se leva à deux, regnard, Voy. en Laponie, p. 204. C'est un plaisir de voir lever l'aurore, sév. 290. Demain, sans différer, je prétends que l'aurore Découvre nos vaisseaux déjà loin du Bosphore, rac. Mithr. m, 1. Quand l'été vient, le pauvre adore! L'été, c'est la saison de feu, C'est l'air tiède et la fraîche aurore.... v. hugo, Voix intér. v. || Fig. Une personne [dans nos tragédies] trèsimparfaite est nommée un soleil, ou tout aumoins une aurore, fén. xxi, 212. || 2° Jour de la vie. Les ravages, l'exil, la mort, l'ignominie, Dès ma première aurore, ont assiégé ma vie, volt. Mérope, v, t. Apprenez que Ninus, à sa dernière aurore, Sûr qu'un poison mortel en terminait le cours.... id. Sémiram. iv, 3. Mais jusqu'àsa dernière aurore , En buvant frais, s'épanouir, Mes amis, ce n'est pas vieillir, bérang. Vieillesse. Comme une fleur qui n'a vu qu'une aurore, rac. Esth. i, 5. Le poète voit ses aurores Se lever sans trouble et sans pleurs, v. hugo, Odes, i, 4. || 3° Fig. Commencement de certaines choses. Ces sectes ne sont qu'une ébauche et comme l'aurore de la réforme, boss. Var. 4 5. Les Français, sous Louis XIII, commencèrent à se rendre recommandables par les grâces et les politesses de l'esprit; c'était l'aurore du bon goût, volt. Mœurs, 4 76. Le jour qui vous éclaire est pour vous à l'aurore, id. Zaïre, m, 4. Ils n'éclipseront pas le jour qui vient d'éclore, Et dont l'Europe entière a vu briller l'aurore, st. lamb. Saisons, Hiver. Rayon divin, es-tu l'aurore Du jour qui ne doit pas finir? lamart. Uéd. I, 4. || 4° Poétiquement, l'orient, les pays situés à l'orient. Qu'un vent vienne à souffler du soir ou de l'aurore, lamart. Harm. i, 6. Embrasez par nos mains le couchant et l'aurore, rac. Jft(?ir.iH,4.Un roi qui naguère, avec quelque apparence, De l'aurore au couchant portait son espérance, id. ib. m, 1. Il sied mal de venger l'affront de Théodore X celle qui régit le couchant et l'aurore, rotr. Bélis. i, 3. Les brigands du midi, du nord et de l'aurore, volt. Tancr.i, 4. || 6* Adj. invar. De couleur orangé clair. La couleur aurore; une teinture aurore; des rubans aurore; des garnitures aurore. La prunelle est chez eux [les Albinos] d'une couleur aurore très-brillante , volt. Ch. de notre globe, 4 77. || S. m. La couleur aurore. L'aurore de votre robe est plus beau que celui de votre capote. || 6" Aurore boréale, météore lumineux qui est très-fréquent dans les régions polaires. || 7° Dans l'horticulture, renoncule jaune. Aurore naissante, nom d'un œillet violet.

— HIST. xvi* s. Sus l'heure que la joyeuse aurore aux doigtz rosatz dechassera les ténèbres, rab. Pant. m, 13.

— étym. .-turora, dit pour ausora, du sanscrit ush, brûler (voy. ustion).

f AURURE (ô-ru-r'), s. m. Terme de chimie. Combinaison de l'or avec un autre métal, en proportions définies.

— ÉTYM. Aurum, or.

AUSCULTATION (ô-skul-ta-sion), s. f. Terme de médecine. Action de prêter l'oreille pour percevoir les sons qui se produisent dans la poitrine, dans le cœur et dans les vaisseaux.

— ÉTYM. Auscultatio, d'auscultare , écouter (voy. ce mot).

f AUSCULTÉ, ÊE (ô-skul-té, tée), part, passé. La poitrine auscultée avec soin.

t AUSCULTER (ô-skul-té), v. a. Terme de médecine. Écouter les bruits qui se produisent dans la poitrine, le cœur ou les vaisseaux.

— ÉTYM. Voy AUSCULTATION.

AUSPICE (ô-spi-s'), s. m. || 1° Terme d'antiquité romaine. Divination de l'avenir, surtout d'après le vol des oiseaux. Prendre les auspices. Sous de bons, sous de mauvais auspices. Annoncer des auspices contraires. Lieu consacré par les auspices. Un simple officier du peuple, qui n'avait ni auspices ni juridiction, J. J. rouss. Contrat, iv, B. ||2° Fig. Heureux auspice. Auspice favorable. Auspice malheureux, triste ou fâcheux. Né sous les plus heureux auspices. Jamais hymen formé sous un plus noir auspice, rac Mithr. i, 2. Nous autres réunis sous de meilleurs auspices, corn. Nie. v, 40. Qu'on redouble demain les heureux sacrifices Que uous leur offrirons sous de meilleurs auspices, id. Cinna, v, 3. || 3e Sous les auspices de quelqu'un, sous la direction, par l'influence de quelqu'un.... Vous marchiez nu camp conduit sous mes auspices, rac. Prit. iv. 2. Nous somi i ûreté sous ses auspices, sév. 226.

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Mon attachement pour votre excellence et mon goût pour l'ouvrage entrepris sous vos auspices, tolt. Lettr. Schouvalof, 9 nov. I76(.

— HIST. xiv* s Auspice, ce n'est autre chose à dire mes aùr [heur] ou fortune ou félicité ou bon commencement, bmcheure, f° i, verso.

— ÉTYM. Auspicium , de avis, qui a donné oiseau (voy. ce mot), et de spicere, considérer (voy. spectacle).

AUSSI (fl-si), adv. || 1« Pareillement, de même. II y avait aussi un de mes amis. Je l'aurais trompé aussi. Lui et les autres aussi. Et moi je fus aussi pasteur dans l'Arcadie, delisle, Jardins, IV. Si le plaisir me fuit, aussi fait le sommeil, malh. v, ib. Si vous entrez partout, aussi font les profanes, la font. Fab. iv, 3. || 2° Encore, de plus, en sus. Comptez aussi les dépenses accessoires. Il dit aussi qu'il avait du poisson chez lui. Celui qui met un frein & la fureur des flots Sait aussi des méchants arrêter les complots, rac. Ath.l, 4. || 3° Autant, devant un adjectif et un adverbe. Rien n'est aussi populaire que la bonté. Aussi bon père de famille que bon citoyen. Si le soleil est aussi grand qu'il le paraît. Je suis presque aussi en peine que lui. Cette maison est aussi fréquentée que jamais. En aussi petit nombre que possible. Aussi longtemps que.... Tu les connais aussi bien que moi. L'âne est de son naturel aussi humble, aussi patient, aussi tranquille que le cheval est fier, ardent, impétueux, buff. Âne. Aussi vivant par l'esprit qu'il était mourant par le corps, boss. le TeUier. || 4° Tellement. Dans une patrie aussi glorieuse. Avec une sagesse aussi rare. Etant aussi sobre. Je ne me propose point d'autre ordre dans une matière aussi importante, mass. Car. Petit nombre. La voyant dans une situation aussi brillante, je l'ai suppliée de vous envoyer quelques secours, bern. de st pierre, Paul et Virg. || 5" Conj. C'est pourquoi , à cause de cela. Il me priait de t'écrire; aussi le fais-je. Il secourut toujours l'infortune ; aussi a-t-il à son tour trouvé des amis, ou bien, aussi il a trouvé à son tour des amis. Aussi faut-il donner à l'animal un point Que la plante après tout n'a point, la font. Fab. x, 4. Les pierres ont été formées pour être taillées et pour en faire des châteaux; aussi monseigneur a un très-beau château, volt. Candide, 4. Aussi, dans le discours que vous venez d'entendre, Je parlais pour l'aigrir et non pour medéfendre, corn. Cinna, v, 2. Aussi ferai-je et cette nuit même, beaumarch. Barb. de Sivilû, IV, t. || 6° Aussi bien, loc. adv. Dans le fait. Il ne s'agit pas de réfuter ces rêveries des Platoniciens qui, aussi bien, tombent d'elles-mêmes, boss. Hist. univ. u,!2. Aussi bien, en un seul, voici desmaux sans nombre, corn. Itod. n, 3. Vous êtes, aussi bien, le véritable roi, corn. Nicom. n, 2. Qu'il périsse; aussi bien il ne vit plus pour nous, rac. Androm. v, 4. Aussi bien ces soupçons, ces plaintes assidues Ont fait croire à tous ceux qui les ont entendues.... id. Brit. iv, 2. Aussi bien ce n'est pas la première injustice Dont la Grèce d'Achille a payé le service, ID. Andr. I, 2. Au lieu de ces mœurs mondaines qui aussi bien vous damneront, refusez... mass. Salut. Car aussi bien quel est le grand salaire D'un écrivain audessus du vulgaire? J. b. rouss. Épit. I, liv. I, Aux mvses. || 7° Aussi bien que, loc. conj. De même que. L'absence est aussi bien un remède à la haine Qu'un appareil contre l'amour, la font. Fab. x, 2. Et que tout l'univers, sachant ce qui m'anime, S'étonne du supplice aussi bien que du crime, corn. Cinna, v, 2. Perdez-en la mémoire aussi bien que la vue. id. Mithr. îv, 4. || Quand deux substantifs sont liés par aussi bien que, on peut mettre le verbe au singulier ou au pluriel, en le rapportant soit aux deux ensemble, soit à l'un seulement. Cela n'empêche pas que toute sa divinité, aussi bien que toute son humanité , n'y soit dans une conjonction nécessaire, pasc. Prov. 46. Celui qui écoute aussi bien que celui qui parle, seront enveloppés dans une même ruine, fléch. Serm. i, 36t.

— REM. i. Aussi se met dans le sens afûrmatif : je le veux aussi. Dans le sens négatif, on dit : non plus. Vous ne le voulez pas, ni moi non plus. Tel est l'usage d'à présent; mais les meilleurs auteurs du xvne siècle ont employé aussi avec la négation. Cette tournure a vieilli, il est vrai; mais il est encore bon d'en étudier les exemples. Comme ils n'avaient ni cupidité ni intérêt, ils n'avaient aussi ni division ni jalousie, fléch. Pancg.i, p. 37(. Il n'y a point d'état plus noble ni plus relevé que celui des prêtres ; il n'y en a point aussi qui demande plus de préparation, id. ib. il, p. 390. Ce n'est pas aussi aux ] sages conseils qu'il faut attribuer les heureux suc- Marie-Thér. Si je ne goûte pas les dé-

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lices dont vous jouissez, au moins n'ai-je pas aussi ces lieures de chagriu et d'accableinent , voit. Lett. 4o. Il ne faut pas que l'homme ne voie rien du tout; il ne faut pas aussi qu'il en voie assez pour croire qu'il possède la vérité, pasc. Pensées, part, ii, art. 4 7. Donc je ne suis pas un être nécessaire, je ne suis pas aussi éternel ni infini ; mais je vois bien qu'il y a dans la nature un être nécessaire, éternel, infini, id. ib. I, 4. L'homme ne pouvant reposer dans aucun de ces vices par ses raisonnements, ni aussi les fuir tous, id. ib. part. I, art. 4). Comme la religion n'y était plus intéressée, je ne m'y intéressai plus aussi, id. Prov. <7. Sachez donc que leur objet [des jésuites] n'est pas de corrompre les mœurs, ce n'est pas leur dessein, mais ils n'ont pas aussi pour unique but celui de les réformer, m. Prov. 6. Ces paroles ne peuvent donc servir qu'à vous convaincre vous-même d'imposture, et elles ne servent pas aussi davantage pour justifier Vasquez, id. Réfut. de la rép. à ta 4 2* lett. Je ne demande pas d'avoir une plénitude de consolation sans aucune souffrance, c'est la vie de gloire ; je ne demande pas aussi d'être dans une plénitude de maux sans consolation ; car c'est un état de judaïsme, id. Pensées, part, il, art. 4 9. Le fidèle qui ne souffre rien ici -bas, ne saurait aussi rien espérer pour l'avenir, mass. Myst. Résurr. Si ce n'est pas un goût déréglé qui doit décider du choix d'un état, ce n'est pas aussi un respect humain, id. Car. Foc.On se persuade que , comme ce n'est pas une affaire d'en être coupable [de certains défauts] , il n'y a pas aussi grand mal d'en être censeur, id. ib. Médis. Et comme la honte qui découvre les misères de notre conscience n'est presque plus sensible, la douleur aussi qui les déteste n'a jamais de suite, id. ib. lnconst. Et comme on ne peut rien ajouter à l'excès de son amour, rien ne manque aussi à l'excès de sa douleur et de son martyre, id. ib. Passion. Comme il n'est personne qui ne veuille être applaudi, il n'est presque aucun aussi qui ne se fasse un art et un mérite de médire, id. ib. Médis. Comme elle ne souhaite pas l'estime des hommes, elle ne craint pas aussi leur mépris, id. Avent, Bonh. des justes. Nous ne savons pas ce qu'il souffre , et je ne prétends pas auui vous l'expliquer, ni affaiblir par des peintures vulgaires une image si effrayante, id. Car. Mauv. riche. Il n'en est pas [de vérités] de plus sublimes, il n'en estpasausside plus ignorées, lo.Car. Petit nombre. Qui ne sent pas ces nobles mouvements qui nous font aspirer aux grands postes, ne sent pas aussi ceux qui nous font oser de grandes actions, id. Petitcar. Drapeaux. || 2. Avec ne.... que, ou met non plus ou aussi. 11 lit incessamment ; je ne fais non plus que lire; ou : je ne fais aussi que lire. La tradition du peuple juif et celle du peuple chrétien ne font ensemble qu'une même suite de religion; et les écritures dos deux Testaments ne font aussi qu'un même corps et un même livre, boss. Hisl. unie, u, 4 3. Comme il n'y a que l'esprit de l'homme qui sache ce qui se passe dans l'homme, il n'y a que le cœur aussi qui puisse savoir ce qui se passe dans le cœur, mass. Car. Lazare. || 3. Suivant des grammairiens, après la conjonction que, placée après aussi, si un adjectif suit, il faut faire précéder le verbe de Je: elle n'est pas aussi douce qu'elle le semblait : et Roilin, qui a dit : une place aussi forte qu'était Corinthe, aurait dû dire, que l'était Corinthe. Malgré cette décision , la phrase de Rollin est correcte , et pourrait être imitée, puisque ce cas présente un» ellipse très-facile : aussi forte que Corinthe était forte. || 4. Aussi.... que ne se met que devant un adjectif ou un adverbe ; cependant on dit communément : il a aussi soif que vous. La locution moins négligée serait : il a soif autant que vous, ou autant de soif que vous. || 6. Au xvu* siècle, on disait, conformément à l'usage des siècles précéden ts, aussi comme, pour lequel nous disons présentement aussi que. Ma foi seule aussi pure et belle Comme le sujet en est beau, malh. v, la. Tant qu'a duré laguerre, on m'a vu constamment Aussi bon citoyen comme parfait amant, corn. Il or. i, s. Peut-être que tu mens aussi bien comme lui, id. Ment, iv, 7.

— SYN. aussi, autant. Aussi venant de sic, ainsi, marque la similitude; autant venant de tantum, marque l'égalité. On dit : il est aussi riche que vous, il a parlé aussi sagement que vous, et, moins ordinairement, autant riche, autant sagement. On dit : il l'aime autant que vous l'aimez, et non aussi que; il a autant de force que vous, et non aussi de force. En un mot, la règle générale est que aussi s'emploie avec les adjectifs et les adverbes, et autant avec les verbes. || Il est singulier que disant : aussi riche que vous, ou ne di*a pas : il l'aime Misa que

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vous. Voici un essai d'explication de cette anomalie. Dans l'ancien français on a dit autant comme, aussi comme, marquant la comparaison non par que, mais par comme. Toutefois autant, formé de tantum qui a le corrélatif quantum, a pu très-bien avoir que pour corrélatif, comme cela est arrivé. Il n'en est pas de même de aussi qui est formé de sic; là, le corrélatif ne pouvait être que comme et ne pouvait être que. Néanmoins que a fini par remplacer comme pour aussi, ainsi que pour autant. Cette substitution étant faite, il aurait fallu être conséquent et la poursuivre partout. Mais ce qui arrive le plus souvent c'est que, quand on modifie une locution dans une langue, la conséquence fait défaut; et l'oreille, hésitant entre la nouvelle forme et l'ancienne, introduit des variations fondées dès lors non sur la grammaire, mais sur l'usage; c'est ainsi que, disant aussi riche que vous, on ne dit pas, il l'aime aussi que vous; comme si l'oreille avait accepté l'usage de aussi avec que, quand aussi était séparé de que par un adjectif ou par un adverbe, mais non quand le que aurait dû suivre immédiatement aussi. Bref, l'histoire des locutions est ce qui les explique. Jadis on disait aussi comme soit avec les adjectifs soit avec les verbes. Dans le passage de l'ancien français au français moderne, que ayant remplacé comme, aussi que s'est dit avec les adjectifs ou les adverbes et ne s'est plus dit avec les verbes. Voilà le fait, que j'essaye d'expliquer eu disant que, aussi ne comportant pas étymologiquement le corrélatif que, cette circonstance a empêché la modification de s'étendre à tous les cas que présentait l'ancien français.

HIST. xi' s. Si Penchaeinent altresi coma un

ours, Ch. de Roi. cxxxv. Altresi blanche corne neif [neige] sur gelée, ib. ccxl. ||xn* s. Blanche [il] ot la barbe aussi comme hoqueton, Ronc. p. 4 25. Durs [ils] ont les cuirs autresi comme fers, ib. p. 428. Mahom [il] reclame, Tervagant altresi, ib. p. 444. Altresi [semblablement] fit Judas, ce sai-je bien et croi, ib. p. 4 99. Ausi com vous le me poez doner, Quand vous plaira, le me poez retraire, Coud, n. Et s'ausi est que pour lui [elle] mourir [je] doie [doive] , Ce est la mort dont mieux mourir [je] devroie, ib. p. 4 28. Maugré tous sains et maugré Dieu aussi Revient Quesnes, et mal soit-il venans, Romancero,?. 403.Au départir de li [elle] , [il] l'a doucement baisie, Et ele lui ausi.... Sax.vu. Ausicom en la mer est puissanz la balaine, Si est leur poestez en terre souveraine, ib. xxx. ||xiii* s. Et nous vous jurerons que nous, en aussi bone foi, vous servirons en l'ost corne nous feïssions lui, villeh. xxiv. L'histoire de Berlain et de Pépin aussi, iierfe , i. [Ils] Surent près d'aussi bien le françois de Paris Com se il fussent né au bourg à St-Denis, ib. v. Tout aussi com [à] Symon [elle] l'avoit reconneO [déclaré], ib. U. Le roy Flore son père [elle] regrete moût aussi , ib. ux. Quand Berte voit son père et sa mère autresi, ib. cxxvn. Blanchefleurs s'est dressée, aussi fit U rois Flores, ib. cxxvni. Fors de la forest issir [il] voit Quatre vins dames tôt alsi, Lai du trot. ||xv* s. Le fiun de la mer [qui faisait refluer la Somme] estoit adonc tout plein : si ne purent passer : aussi bien convenoit-il au roi attendre ses gens qui venoieut après lui, fhoiss. i, i, 27a. Aussi froids d'aider à la dame comme ils en avoient esté en grand désir, id. i, i, 40. On dit, et voir est, que toutes grosses rivières sont faites et rassemblées de plusieurs ruisseaux et fontaines : aussi les sciences sont extraites et compilées de plusieurs clercs, id. Prol. Aussi bien [d'un autre côté] il y a des peuples qui offencent contre leur seigneur, comm. v, 48. Chacune dit : c« ne fut pas à moi — n'a moi — ne à moi aussi, louis xi, JVouw. in. || xvi* s. Il ne faut point aussi attribuer aux estoiles les vengeances de Dieu qui surviennent pour telles causes, calvin, 41». Ce n'est pas à eux de reformer Testât commun du peuple, nul aussi ne les en requiert, id. 223. Si pour moy avez du soucy, Pour vous n'eu ai pas moins aussi, mahot, ii, 328. Sil avoyt quelques imperfections, aussy avez vous, aussy avons nous, rab. Pant. lu, Prol. Personne n'a interest en sa ruyne; aussi bien ne prestoyt il rien ; aussi bien n'eust il par aprez rien preste, id. ib. m, 3. Pleust à Dieu que l'empereur s'essayast de passer le Ro.sne ! mais je croy qu'il ne l'entreprendra pas, ny aussy d'assaillir te camp, marg. L. 127. Et puisque Parlamente ne Ta voulu nommer, aussi ferai-je, marg. Nouv. x. Comme la folie ne sera jamais contente , aussi est la sagesse contente de ce qui est présent, mont, i, 12. Aussi bien qu'homme de France, id. i , tua. Je n'ay point faulte aussi d'exemple domestique, in. i, 47. Mais

AUS

aussi à ce compte.... id. i, 26. Chrysippus n'eust pas esté de cet advis; et moy aussi peu, id. i, 29. Aussi [c'est pourquoi] la peur surmoute-clle en aigreur tous.... id. i, 63. Ceulx qui estiment chose malséante, que d'estre loué, ne font aussi rien qui mérite que Ton les loue, amyot, Préf. vi, 32. Ils n'usent point de fondes en bataille Ny d'arcs aussi, mais d'estoc et de taille, m. Thésée, 6. Il s'en retourna, emmenant quand et luy les autres jeunes enfans d'Athènes, et Ariadne aussi , id. Thésée, 22. La mer est bien à craindre, aussi est bien le feu, Et le ciel quand il est de tonnerres esmeu, Ronsard, 4 25.

— ÉTYM. Bourguig. ossi. L'ancienne forme altresi, alsi montre l'origine : alterumsic, aliud sic, autre ainsi (pour alterum, aliud, voy. autre , et pour sic, voy. si, adv.).

fAUSSIÈRE (ô-siê-r*), *. f. Terme de marine (voy. haussiùbe).

AUSSITÔT (ô-si-tô), adv. || 1* Dans le moment même. J'irai aussitôt. Aussitôt après votre départ. Tout aussitôt, et cet aussitôt fut un peu étrange, on apporta sur le lit du roi une espèce de livre ou de petite table, st-sim. 406, 43. || 2* Aussitôt que, aussi vite que.... Votre père y sera aussitôt que vous, fên. Tél. i. Aussitôt fait que dit, la font. Fab. vin, 40. J'en cache les deux tiers aussitôtqu'arrivés, corn. Cid, iv, 3. || Elliptiquement. Aussitôt la lettre reçue, vous partirez, c'est-à-dire aussitôt que vous aurez reçu la lettre. Aussitôt le jour, aussitôt que le jour parait. || Fig. et familièrement. Aussitôt pris, aussitôt pendu, se dit de toute chose qui se fait immédiatement, sans retard. || 3° Aussitôt que.... loc. conj. Dès que.... Aussitôt que la nouvelle se répandit.... Aussitôt que le khan de Tartarie a dîné, un héraut crie que tous les autres princes de la terre peuvent aller dîner si bon leur semble, montesq. Lett. pers. 44. Aussitôt que le char chemiue, Elle [la mouche] s'en attribue uniquement ktgloire, la font. Fab. vu, 9. Pour moi, tout aussitôt que je l'en vis parée, Je ne fis plus état de la toison dorée, corn. Médée,u, 5. || 4* Aussi bien. Dieu a toujours pris un soin si particulier de la conservation de votre maison.... qu'il laisserait aussitôt toucher à ses autels.... qu'à des personnes qui lui sont chères comme vous êtes, balz. liv. m, lett. 4.

— HIST. xvi* s. Aussi tost qu'il y a tant soit peu d'apparence que le dangier soitesloingné, mont, ii, 93. 11 est parfaict aussi tost que conceu, du bellav, m, 46, recto. Sur Bollongne vendue un tel exploit il fit, Qu'aussi tost qu'il l'eut veue, aussi tost il la prit, id. vm, 26, recto.

— ÉTYM. Bourguig. osseto; de aussi, et tôt. On a dit, dans le xvu* siècle, aussitôt comme.... 11 rendra leursdesseins....Aussi-tost confondus comme délibérés, malh. ii, 4.

AUSTER (ô-stèr), s. m. Nom que les Latins donnaient au vent du midi.

— êtym. Ausler, du grec aû«, dessécher : vent desséchant, brûlant.

AUSTÈRE (ô-stê-r'), adj. || 1* Qui a une saveur âpre et astringente. Le coing a une saveur austère. || 2" Fig. Sévère moralement. Un homme austère. Mener une vie austère. Une austère vertu. Jeûne austère, rac. Esth. i, 3. Combien voit-on de gens austères pour les autres, doux pour eux-mêmes ! flêch. i, p. 196. Austère devoir, rac. Andr. m, 4. Austère tutelle, id. Phèd. H, 2. Austère fierté, id. Brit. ii, 2. Austère conseil, id. Jphig. v, 6. || En termes de beaux arts, qui rejette les ornements, les agréments. Le genre austère est opposé au genre gracieux. Ces champs qui, l'hiver même, ont d'austères appas, v. hugo, Voixinlér. xix.

— HiST. xiv* s. Poure vie menoient très dure et très austère, Girart de Ross. 2315. Comme Robert Briseteste feust très austers [violent] , merveilleux et merancolieux, ducange, auslerilas. I| xvi* s. Auquel jour se célèbre à Athènes la feste de Cerès, qui s'appelle Thesmoplioiia, qui est la plus austère et la plus triste solennité de toute Tannée, amyot, Vémosth. 44. Gros vin noir et austère, paré, vi, 19. Ils proposent des images de vie relevés ou bien si difficiles et austères, que la praticque en est impossible, charron, Sagesse, l, 53.

— ÉTYM. Austerus; grec, où(rtr)poç , au propre, qui rend la langue sèche, puis astringent, puis sévère, rude. Aê<roîpo: vient de aûo>, dessécher, et est, par conséquent, pour le sens primitif, le même qu'auster, vent du midi.

AUSTÈRKMENT (ô-stè-re-man), adv. Avec austérité. 11 a vécu austèrement.

— HiST. xvi* s. Ils aiment mieulx vivre mollement à leur plaisir, comme leur maistre Menede-

mus, que durement et austerement, comme je les enseigne, amyot, Di la tranq. d'âme, 28. Je croy que la conversion et religion de cet empereur ne fut jamais dissimulée ; car il en porta l'habit tris austerement, brant. Charles-Quint.

— ÊTYM. Austère, et le suffixe ment.

AUSTÉRITÉ (ô-sté-ri-té), s. f. || 1- Manière de

vivre rigoureuse à soi-même. Homme plein d'auslérité. Je sais qu'en vous quittant, le malheureux Titus Passe l'austérité de toutes les vertus, bac. Bérén. iv, 5. Fuyez de mes plaisirs la sainte austérité, id. F.sth. prol. Mais la franchise plaît, et non l'austérité, volt. Taner. l, 2. Et des vœux les plue saints blftmant l'austérité, boil. Sot. xii. || 2" Mortification. Prêtres, persévérez dansvosaustérités, delav. Paria, II, 4. Les vues défaire desaustéritésme sont devenues suspectes, boss. Letl. Corn. 84. Elle aimait tout dans ]a vie religieuse, jusqu'à ses austérités et à ses humiliations, id. Anne de Gont. Eudore redoublait de prières et d'austérités, chateaub. Mart. 268. 11 redoubla lui-même ses austérités pour fléchir le courroux céleste, flêch. Panég. n, 4 27. Dans les austérités de sa vie, il ne pensait qu'à réparer l'injure qu'il avait faite à la majesté divine, ID. ib. p. 487. Versant par mille endroits un sang que ses austérités n'avaient pas assez amorti, id. ib. i, 383. Ce n'est plus l'usage de pleurer ses péchés ou de les expier par des austérités péiîlbles, id. ib. il, 399. On méprise ceux qui ne font pas les austérités, id. ib. 604. On fera des austérités de surérogation, id. Serm. n, 464. Il est assez rare non qu'un philosophe soit un bon chrétien, mais que la même action soit une observation curieuse de philosophie et une austérité chrétienne, et serve en même temps pour l'Académie et pour le ciel, fonten. Dodart.

— SYN. austérité, sévérité. Austérité a un sens plus restreint que sévérité. L'austérité est la sévérité de mœurs, et on est surtout austère pour soi; la sévérité concerne aussi autre chose que les mœurs, et est surtout tournée vers les autres.

— HIST. xiv s. Thevenon doubtanz la grant austérité [violence] du dit Pionnier, qui estoit homme estrange, picart et de mauvaise vie, ducange, austeritas. || xvi* s. Il n'y avait orateur qui s'ozast présenter pour défendre ce pauvre Roscius, ains s'en tiroit chascun arrière, parce qu'ilz craignoient l'austérité et la cruaulté de Sylla, amyot, Cicéron, 4.

— ÉTYM. Austeritas, de austerus (voy. austère). AUSTRAL, ALE (ô-stral, stra-1'), adj. Qui est

du côté d'où souffle l'auster ou le vent du midi. || Terres australes, terres situées vers le pôle antarctique. Terre australe ou magellanique, s'est dit autrefois d'un continent que l'on supposait dans la zone antarctique. || Latitude australe, latitude des pays situés au midi de l'équateur. || Constellations australes, celles qui sont situées au midi de la ligne équinoxiale. || Signes austraux, les six derniers signes du zodiaque.

— ÉTYM. Australis, de auster (voy. auster). AUTAN (ô-tan), s. m. || 1° Vent du midi. |j 2" En

poésie, un vent violent. Qu'importe à l'heureux solitaire Que l'autan dévaste la terre S'il ne fait qu'agiter ses bois? v. hugo, Odes, iv, 2.

— étym. Provenç. autan; de altanut, qui signifie vent de la terre, vent de la haute mer, et vent du sud-ouest; sans doute de altus, haut(voy. haut), soit que l'on considère la terre qui est plus haute que la mer, soit que l'on considère la mer qui se disait en latin altum.

AUTANT (ô-tan) , adv. [| 1" Sans complément, également, semblablement. Valoir autant. Acheté autant. Je vous en rendrai mille fois autant. Autant vaudrait parlera un sourd. Cela vaut cent francs; j'en veux tout autant. Cela est fini, ou autant vaut. Bon passe-port contre ladent, Contre la griffe tout autant, la font. Fables, n, 44. || Flliptiquement, autant faire cela sur-le-champ; pour : autant vaut faire.... 11 me doit 99 fr. 60 c. autant dire 400 francs. 112° Autant que, de même quantité que, de même façon que, de même que, comme. Vous en avez tout autant que nous. Je vous aime autant que vous m'aimez. Je dois défendre sa vie autant que la mienne. J'ai fait pour la patrie autant que je devais. Il blâme leur arrogance autant qu'il admire.... Autant qu'homme du monde. Quel esprit ne bat la campagne? Autant lessa- ■çesqueles fous , la font. Fabl. vu , 4 0. Tout fut perdu ; pétait un enfant autantque mort, J. i. rouss. Ém. u. H Elliptiquement. Autant qu'il y a de toile dans votre magasin, jeprends tout. Autant que vous êtes, venez avec nous. Autant que nous sommes qui n'avons pu vous suivre, vaugel. Q. C. 623. || 3° Autant devant un adjectif; cette manière de parler a un peu vieilli , mais il n'y a aucune faute à s'en servir, et elle est

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autorisée. Ésope conte qu'un manant Charitable autant que peu sage, la font. Fabl. vi, 4 3. Songez bien seulement X vivre s'il se peut heureuse autant que belle, volt. Ép. 4. Votre refus est juste autant que ma demande, corn. Rodog. iv, 4. Votre belle âme est haute autant que malheureuse, n>. Poly. iv, «. Autant que l'un fut grand, l'autre sera cruelle, id. Rodog. il, 2. Cornélius Nepos, auteur ancien et judicieux autant qu'élégant, boss. But. i, 62. La solitude de Ste-Fare autant éloignée des voies du siècle que sa bienheureuse situation la sépare de tout commerce du monde, id. Anne de Gom. De là vient la peine qu'on a de situer dans l'histoire grecque les rois qui ont eu le nom d'Assuérus, autant inconnu aux Grecs que connu aux Orientaux, id. Ilist. i, 44. Le peuple de la Bétique est autant difficile à subjuguer qu'il est incapable de vouloir subjuguer les autres, fén. Tél. vm. Il est autant impossible que ce qui pense en moi soit matière qu'il est inconcevable que Dieu soit matière, la bru y. 4 6. Une infinité d'autres maux autant ou plus grands que celui-ci.... pellisson, ii, 440. Un jour autant heureux que je l'ai cru funeste, rac. Brit. v, 3. Un raffinement d'intempérance autant indigne de mes éloges qu'une artificieuse simplicité , J. l. rouss. Dise, contre les sciences. || Dans cet emploi , autant se met plus volontiers après l'adjectif ou le participe ; cependant il se met aussi avant, employé non-seulement devant des participes, mais encore devant des adjectifs comme aussi : autant impossible, autant heureux, etc. || 4" Autant.... autant, mettant en regard et en comparaison deux membres de phrase. Autant il a de vivacité, autant vous avez de lenteur. Autant le toucher concentre ses opérations autour de l'homme, autant la vue étend les siennes au delà, J. J. rouss. Ém. II. || Quelquefois on met autant que, au premier membre de phrase, et autant au second; cette tournure, qui a un peu vieilli, peut s'employer dans la poésie et la prose élevée. Autant de fois que la parole de l'Évangile ne vous a pas touché jusqu'à la pénitence, autant de fois elle vous a rendu plus indigne d'obtenir la grâce du repentir, MASS.Cor.Paroie. Mais autant que son âme est bienfaisante et pure, Autant leur cruauté fait frémir la nature, volt. Ali. n, 4 4. Autant que ses armées navales [de la Hollande] étaient disciplinées, autant ses troupes de terre étaient mal tenues et méprisables, id. S. de L. XIV, 40. Autant que de David la race est respectée, Autant de Jézabel la fille est détestée, rac. Athal. i, 2. Autant que de Joad l'inflexible rudesse De leur superbe orgueil offensait la mollesse, Autant je les charmais par ma dextérité, id. ib. m, 3. Autant que mon amour respeote la puissance D'un père.... Autant ce mêma amour, id. Mithr. i, 4. Autant que sa fureur s'est immolé de têtes, Autant dessus la sienne il croit voir de tempêtes, corn. Héracl. i, 4. Autant que ce dessein était utile , autant l'exécution en était pénible, pasc. Prov. 7. Autant que votre procédé est juste selon ce biais, autant il est injuste.... id. P. jés. 9. Autant que Minerve est au-dessus de Mars, autant une valeur discrète surpasse-t-elle.... fan. Tél. x. Autant que le pouvoir du clergé est dangereux dans una république, autant est-il convenable dans une monarchie, montesq. Esp. Il, *- Il S* Autant que, en tant que, selon que. Une action juste n'a ce caractère qu'autant qu'elle est volontaire. Autant qu'il est en moi. Autant que l'a permis le malheur des circonstances. Autant que je puis me rappeler. Autant que j'en puis juger. Autrement vos Etats à ce prince livrés Ne seront en ses mains qu'autant que vous vivrez, corn. Nicom. IV, 3. Tu n'as crédit ni rang qu'autant qu'elle t'en donne , m. Cinna, v, 4. 11 n'est plus mon sujet qu'autant qu'il le veut être, ip. Nicom. n, 4. Que vous ne respirez qu'autant que je vous aime, bac. Baj. Il , 4. Vous qui ne respirez qu'autant que mon courroux , Retenu trop longtemps, s'est arrêté sur vous, volt. Mort de Ces. i, S. || 6" D'autant, de cette quantité, dans la même proportion. Augmenter d'autant la somme. Soulager d'autant ton chagrin. J'ôte le superflu, dit l'autre, et l'abattant, Le reste en profite d'autant, la font. Fabl. xii, 20. Tous trois burent d'autant, id. ib. n, 10. X mesure que, dans chaque nation, une de ces causes agit avec plus de force, les autres lui cèdent d'autant, montesq. Esp. xix, 4. Il fallait rester à table une partie de la journée et boire d'autant, J. 3. rouss. Hél.i, 23. Je n'aurais qu'àchanter, rire, boire d'autant, boil. Sat. n. X l'égard de votre Linant, Il vous approuve et dort d'autant , volt. Letl. rers , 49. || Familièrement. X la charge, à charge d'autant, à condition de rendre la pareille. || 7° D'autant que, loc. ronjonct. Vu que. n'autant qu'elle est la

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seule chose qui nous rend hommes, desc. Mtlh. i, j. D'autant qu'ils se confiaient à la disposition du lion où l'on combattait, vaugel. Q. C. 332. D'autant qu'il m'a semblé inutile de chercher bien loin des raisons, je me suis résolu de me servir.... boss. Bonté et rigueur de Dieu. || 8" D'autant plus, sans conséquent. Il fut d'autant plus facile de le repousser. Le temps presse, et votre heur d'autant plus se diffère, corn. Rod. v, 3. 11 connaît d'autant mieux les dangereux amis, id. Nie. m, 2. || 9* D'autant plus que, d'autant moins que, sans comparatif dans l'autre membre. Ce que vous faites est inutile, d'autant plus que nous savons fort bien.... Le philosophe est d'autant plus méprisable qu'il pèche sciemment. Mais je le poursuivrai d'autant plus qu'il m'évite, rac. Brit. 1,1. Et je dois d'autant moins oublier sa vertu Qu'elle même s'oublie.... id. Esth. n, 8. || D'autant plus que, d'autant moins que, avec un comparatif dans le second membre. Le regret est d'autant plus vif que la faute est plus grave. L'air est d'autant plus épais qu'il se trouve plus près de la terre. Le carnage fut d'autant plus grand qu'ils étaient plus nombreux. Et mon cœur soulevant mille secrets témoins M'endirad'autantplusque vous m'en direz moins, RAC.^ndr. iv,e. || 10° Autant, s. m. Terme de paléographie. Copie, duplicata d'un acte. || Proverbes. Autant de têtes, autant d'avis. || Autant lui en pend à l'oreille; la même chose peut lui arriver. || Autant en emporte le vent, se dit de tout ce qui demeure sans effet. || Il en a autant qu'il en peut porter, se dit d'un homme qui a trop bu, qui a été bien battu. || Autant comme autant, en même quantité. Il en meurt tous les ans autant comme autant.

— REM. 1. On a dit, jusque dans le xvn* siècle, autant comme, locution aujourd'hui tombée en désuétude. Voici des exemples : Qu'il fasse autant pour soi comme je fais pour lui, corn. Poly. m, 3. Une flamme pieuse autant comme chétive, id. Pomp. v, 4. Ce beau feu vous aveugle autant comme il vous brûle, id. Rodog. m, 4. Et toi que me veuxtu, Tendresse dangereuse autant comme importune? in. ib. v, 4. Jesuis aimé d'Eudoxe autanteomme je l'aime, id. Iléracl.i, 4. Votre intérêt m'arrête autant comme le mien, id. Sertor. iv, ». Sa probité stupide autant comme farouche, id. Othon, m, 4. Il vaut communément autant comme il se prise, id. le Ment. i,4.Tousles rois ne sont rois qu'autant comme il vous plaît, id. Nie. in, 2. 11 y a autant de divers cieux comme il y a d'étoiles, desc. Monde, 8. Autant malins comme ils étaient bons, boss. Démons, 4. || 2. Dans le xvn' siècle, au lieu de plut.... plus, on a dit aussi d'autant plus que.... d'autant plus. Et d'autant que l'honneur m'est plus cher que le jour, D'autant plus maintenant je te dois de retour, corn. Cid, ni, a. D*autaut plus que les choses sont de conséquence , d'autant plus nous avons besoin.... boss. Serm. Quinq. 2. D'autant plus soigneusement j'examine ces choses, d'autant plus clairement je connais qu'elles sont vraies, desc. Médit. 3.

— HIST. xi* s. Après icels [il y] en aurat arrêtant, Ch. de Bol. eexv. || xii' s. E restore altant chevaliers cume ocis i furent de ta privée maignée, Sots , p. 328. L'empereris [impératrice] d'or fin deus somiers leur envoie, Et l'emperere autant, ains que partir les voie, audefr. le bast. Romancero, p. 26. || un* s. Les lettres disoient que autant les creïst on comme lor seigneurs, villeh. x. Aime les tous autant cum un, Au mains de l'amor du commun, la Rose, 6474. Autant peut dire nostre seigneur de nous, comme il dit des filz Israël.... joinv. 216. Chacun aime autretant sa vie comme je faiz la moie, id. 4 93. Il xv' s. Autant de bien que j'ay de desplaisance, ch. d'orl. Bal. 4 4.0 tintamare plaizant Et doulcement rezonnant Des tonneaux que l'on relie ! Signe qu'on boira d'aultant, basselin, l. Le parlement [en Angleterre] qui vault autant comme les trois estatz.coMM. îv, t. Autant qu'il aymoit parfaictement ceste dicte maison de Lenclastre, il hayoit celle de Hyort, id. m, 4. Et firent très grand chère qui ne se passa pas sans boire d'autant et d'autel [autel, ancien français pour semblable], louis xi, Nouv. vu. H xvi« s. Je dors salle, et le dormir m'a valu autant de jambon, rab. Garg. 1, 22. Autant vault homme comme il s'estime, id. 16. n, 29. Autant que je vous en tireray par la dille, autant en entonneray par le bondon, id. ib. m, Prol. Ces exemples me semblent plus à propos, d'autant qu'on veoit.... mont. 1, 3. Mais d'autant que c'est un philosophe, id. 1, 66. Ayant combattu autant qu'il eut de force, id. i, 4 6. 11 s'en sentoit d'autant allégé, m. 1, ai. Autant qu'il estoit en son autorité, iu. I, 22. Il y en a trois fois autant, id. i, 4 82. Il perdit

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la bonne grâce d'Alexandre pour n'avoir voulu boire d'autant à lui, m. i, 185. Autant reformé à Sparte, comme voluptueux en Ionie, m. i, 4 85. Cette occupation est aussi pénible que toute aultre, et autant ennemie de la santé, ro. 1, «83. Et d'avoir plusieurs maistres, c'est autant que d'avoir autant de fois à estre extrêmement malheureux, la boëtie, 8. Qu'on mette d'un costé cinquante mille hommes en armes, d'un autre autant, id. 46. Ces herbes servent dès lorsd'autantde fumier à la terre, m. 230. La lecture profite plus d'autantqu'elle délecte, et délecte davantage d'autant qu'elle profite, AMYOT,Pre/. 25. Appelez Autochthoues, qui vault autant à dire, comme nez de la terre mesme, ir>. Thésée, 3. Il leur bailla non tact de gens comme Polybius en met, ains autant que Nasica luy mesme dit en une siene missive, id. P. £m. 24. J'avais cent fois juré de ne les voir jamais, Me parjurant autant qu'autant je le promets,

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